#mansplaining

  • #BalanceTonPorc : elles parlent, ils mecspliquent… | Ladies & gentlemen | Francetv info
    http://blog.francetvinfo.fr/ladies-and-gentlemen/2017/10/18/balancetonporc-elles-parlent-ils-mecspliquent.html
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    En moins de 48 heures, plus de 160 000 femmes (j’en suis) ont témoigné de harcèlement et d’agressions sexuelles dont elles ont été victimes. Ainsi le hashtag #BalanceTonPorc est devenu en moins de deux jours, un mouvement. Celui d’une libération de la parole de toutes celles qui, parfois depuis plusieurs années, voire décennies, gardaient sur le coeur ou bien réservaient aux conversations chuchotées dans l’intimité craintive de représailles, la vérité sur les violences dont elles ont fait l’objet.

    Et l’on découvrit ce que le déni renvoyait lâchement à des cas isolés, des rencontres malheureuses, des quiproquos (de mon c...) : on découvrit — ou fit semblant de découvrir — un fait social massif. Le harcèlement sexuel touche un nombre incalculable de femmes. Celles qui l’ont directement subi, indiscutablement très très très nombreuses ; celles qui ont intériorisé le risque que ça leur arrive et vivent avec ce sentiment d’insécurité, adaptent leur comportement en fonction, espérant y échapper en évitant de « provoquer » (culture du viol, quand tu nous tiens). A savoir, à l’arrivée, presque toutes les femmes.

    Une foule de représentantes de la moitié de la population parle pour dire le traumatisme vécu, mais aussi la défiance permanente dans laquelle le fait social massif de harcèlement lié à leur genre les tient, au travail, dans la rue, dans l’espace public comme dans l’intimité conviviale ou familiale. Et les hommes influents n’ont rien de mieux à leur retourner que du #mansplaining. En français : de la #mecsplication. C’est à dire des petites leçons condescendantes sur la façon dont on s’y prend (mal) et dont on devrait plutôt s’y prendre.

    https://seenthis.net/messages/638284 via Agnès Maillard


  • Des femmes qui se battent sur les deux fronts

    Quelques années après l’idiot d’Aspen, j’étais à Berlin pour donner une conférence quand l’écrivain marxiste Tariq Ali m’invita à un dîner où étaient présent·es un écrivain et traducteur ainsi que trois femmes un peu plus jeunes et qui allaient rester révérencieuses et quasiment silencieuses pendant tout le repas. Tariq était formidable. Peut-être le traducteur était-il énervé que j’insistasse pour participer modestement à la conversation mais quand je fis allusion à la façon dont Women Strike for Peace (Femmes en grève pour la paix), l’extraordinaire et méconnu groupe anti-nucléaire et pacifiste fondé en 1961, contribua à la chute de la commission de la Chambre des représentants sur les activités anti-américaines (HUAC), M. Très important II se moqua de moi. La commission HUAC, insistait-il, n’existait pas au début des années 1960 et d’ailleurs aucun groupe de femmes n’avait joué un tel rôle dans sa chute. Son dédain me réduisait à néant et son assurance était si agressive que débattre avec lui semblait un exercice bien vain, l’occasion seulement de se faire insulter.

    Je crois que j’en étais à neuf livres à l’époque, dont un qui exploitait des sources de première main et des entretiens avec des membres-clefs de Women Strike for Peace. Mais les hommes qui expliquent persistent à me prendre pour une sorte de réceptacle vide attendant d’être rempli avec leur sagesse et leur savoir. Un freudien dirait qu’ils ont et que je manque mais l’intelligence n’est pas située dans le bas-ventre – même si vous êtes capable d’écrire dans la neige avec votre zizi l’une de ces longues phrases mélodieuses de Virginia Woolf sur la manière dont les femmes sont subtilement subjuguées. De retour dans ma chambre d’hôtel, j’ai fait une petite recherche en ligne et découvert qu’Eric Bentley, dans son ouvrage de référence sur la commission HUAC, reconnaît que Women Strike for Peace a « porté un coup crucial dans la chute de la forteresse HUAC ». Au début des années 1960.

    J’ai donc entamé un essai (sur Jane Jacobs, Betty Friedan et Rachel Carson) pour The Nation en rendant compte de cet échange, en partie comme un cri à la tête d’un des hommes les plus déplaisants qui m’ait un jour expliqué des choses : Mec, si jamais tu lis ces lignes, sache que tu es un furoncle sur le visage de l’humanité et un obstacle à la civilisation. Honte à toi.

    Lors de la bataille avec les hommes-qui-expliquent-des-choses, tant de femmes ont été piétinées – des femmes de ma génération, de la génération pleine de promesses dont nous avons un criant besoin, ici et au Pakistan, en Bolivie et à Java, sans compter les femmes innombrables qui nous ont précédées et qui n’ont pas eu leur place dans un laboratoire ou une bibliothèque ou une conversation ou la révolution ou même la catégorie que l’on nomme être humain.

    Après tout, Women Strike for Peace a été fondée par des femmes qui en avaient marre de faire le café ou de prendre les notes et de ne pas avoir droit de parler ou de participer à la prise de décision dans le mouvement anti-nucléaire des années 1950. La plupart des femmes se battent sur deux fronts, l’un étant celui en question et l’autre pour le simple droit de parler, d’avoir des idées, de voir reconnaître qu’elles ont avec elles des faits et des vérités, qu’elles ont de la valeur, qu’elles sont des êtres humains. Les choses s’améliorent mais cette guerre ne prendra pas fin de mon temps. Je la mène encore, pour moi assurément mais aussi pour toutes ces femmes plus jeunes qui ont quelque chose à dire, dans l’espoir qu’elles arrivent à le dire.

    #crédibilité_féminine #mecsplication #mansplaining

    https://seenthis.net/messages/627237 via Aude


  • Rebecca Solnit | The Guardian
    https://www.theguardian.com/profile/rebeccasolnit
    https://i.guim.co.uk/img/static/sys-images/Guardian/Pix/pictures/2015/5/19/1432058092769/Rebecca-Sonit-circle.jpg?w=140&q=55&auto=format&usm=12&fit=max&s=14946d9d4b51ba2b6b73e663fd47f5f3

    Rebecca Solnit is a Guardian US contributing opinion writer, an historian, activist and contributing editor at Harper’s magazine. She is the author of Hope in the Dark: Untold Histories, Wild Possibilities

    Je découvre cette auteure, dont je pense traduire le court essai de 2008, Men Explain Things to Me. Ça commence avec l’histoire de cette homme qui lui demande avec condescendance sur quoi elle écrit et quand elle explique de quoi parle son dernier bouquin il l’interrompt pour lui en raconter un autre sur le même sujet qui est apparemment plus important que le sien. Son premier mouvement est de se dire qu’elle a dû louper un truc mais sa copine finit par comprendre que le vieux mecspliqueur parle de son bouquin à elle, dont il s’est contenté de lire une recension. Et elles arrivent à faire taire le bonhomme mais pas à lui extorquer un mot de regret. Elle continue son essai en associant cette manière qu’ont certains hommes de marcher sur les femmes en en faisant une identité ou un droit de l’homme à la violence contre les femmes et c’est un tableau effrayant, @mad_meg. Trop envie de partager ça, ça me parle de trucs bien moches qu’elle explique bien et j’ai l’impression qu’il n’a pas été traduit, @tradfem. J’ai un édition de 2014 largement augmentée mais ça commence par ce petit essai qui a reçu une réception enthousiaste lors de laquelle a été créé le terme #mansplaining (pas par elle, précise-t-elle). Je vais me mettre au boulot, encouragée par une commande de trad de @reka dont je m’étais bien tirée...

    https://seenthis.net/messages/623764 via Aude



  • Femmes et dirigeantes - 10/12/2015 - ladepeche.fr
    http://www.ladepeche.fr/article/2015/12/10/2235295-femmes-et-dirigeantes.html
    http://static.ladepeche.fr/content/media/image/zoom/2015/12/10/201512101385-full.jpg
    Ça, c’est du #mansplaining, voire pire : pas de #discrimination ou de #domination, si les #femmes ne réussissent pas, c’est de leur faute, parce qu’elles n’ont pas confiance en elles.
    #facepalm

    « Nous voulons dire aux femmes, reprend M.Delachoux, que les difficultés qu’elles rencontrent viennent davantage d’elles-mêmes, de leur manque de confiance, de leur peur d’échouer, d’emprunter. Parce que, pour le reste, elles réussissent autant que les hommes, elles ont le même soutien des banques. Par contre, c’est vrai qu’elles se lancent en grande majorité dans certains domaines : le service, et notamment le service à la personne, la santé, la coiffure si on parle d’artisanat, et beaucoup moins dans le conseil aux entreprises, l’industrie ou l’agroalimentaire. »

    http://seenthis.net/messages/438477 via Agnès Maillard