#mecsplication

  • #BalanceTonPorc : elles parlent, ils mecspliquent… | Ladies & gentlemen | Francetv info
    http://blog.francetvinfo.fr/ladies-and-gentlemen/2017/10/18/balancetonporc-elles-parlent-ils-mecspliquent.html
    http://blog.francetvinfo.fr/ladies-and-gentlemen/files/2017/10/iStock-175176212-2.jpg

    En moins de 48 heures, plus de 160 000 femmes (j’en suis) ont témoigné de harcèlement et d’agressions sexuelles dont elles ont été victimes. Ainsi le hashtag #BalanceTonPorc est devenu en moins de deux jours, un mouvement. Celui d’une libération de la parole de toutes celles qui, parfois depuis plusieurs années, voire décennies, gardaient sur le coeur ou bien réservaient aux conversations chuchotées dans l’intimité craintive de représailles, la vérité sur les violences dont elles ont fait l’objet.

    Et l’on découvrit ce que le déni renvoyait lâchement à des cas isolés, des rencontres malheureuses, des quiproquos (de mon c...) : on découvrit — ou fit semblant de découvrir — un fait social massif. Le harcèlement sexuel touche un nombre incalculable de femmes. Celles qui l’ont directement subi, indiscutablement très très très nombreuses ; celles qui ont intériorisé le risque que ça leur arrive et vivent avec ce sentiment d’insécurité, adaptent leur comportement en fonction, espérant y échapper en évitant de « provoquer » (culture du viol, quand tu nous tiens). A savoir, à l’arrivée, presque toutes les femmes.

    Une foule de représentantes de la moitié de la population parle pour dire le traumatisme vécu, mais aussi la défiance permanente dans laquelle le fait social massif de harcèlement lié à leur genre les tient, au travail, dans la rue, dans l’espace public comme dans l’intimité conviviale ou familiale. Et les hommes influents n’ont rien de mieux à leur retourner que du #mansplaining. En français : de la #mecsplication. C’est à dire des petites leçons condescendantes sur la façon dont on s’y prend (mal) et dont on devrait plutôt s’y prendre.

    https://seenthis.net/messages/638284 via Agnès Maillard


  • Quand les hommes m’expliquent - Mon blog sur l’écologie politique
    http://blog.ecologie-politique.eu/post/Quand-les-hommes-m-expliquent

    Certes, il arrive à tout le monde de s’emporter dans une discussion, de vouloir à tout prix avoir le dernier mot, et je ne suis d’ailleurs pas la dernière à ce jeu. Mais ce qui tient au genre, à la manière dont on enseigne différemment la vie aux filles et aux garçons, c’est que, si les hommes ont une grande variété d’attitudes, les femmes partent presque toutes avec le même handicap. Qu’est-ce donc qui fait qu’une écrivaine a pour première réaction d’admettre la possibilité qu’un livre important sur le même sujet que le sien ait été publié sans qu’elle l’ait su ? Que l’éditrice d’un paquet de journaux politiques, en français ou en anglais, photocopiés ou imprimés en quadri, s’interdise de penser qu’elle sait aussi bien que ce doctorant qui sort pour la première fois de l’école ce que doit être un édito ? C’est le doute… la possibilité qu’éventuellement une information nous ait échappé, l’angoisse de la ramener en disant une bêtise. Solnit raconte comment, des années après la première mésaventure, elle va chercher sur Internet, suite à une malheureuse rencontre avec un interlocuteur trop assertif, la confirmation d’un fait dont elle a déjà rendu compte dans un ouvrage d’histoire très proprement documenté. Simplement parce que son interlocuteur avait l’air très assuré, d’une confiance en soi agressive. Tous les hommes n’agressent pas ainsi les femmes mais presque toutes les femmes se remettent en cause dans le cas d’une telle controverse. Même quand elles ont été validées dans leur métier ou leurs connaissances, le doute et l’angoisse sont toujours là.

    #mecsplication #sexisme

    https://seenthis.net/messages/633714 via Aude


  • Des femmes qui se battent sur les deux fronts

    Quelques années après l’idiot d’Aspen, j’étais à Berlin pour donner une conférence quand l’écrivain marxiste Tariq Ali m’invita à un dîner où étaient présent·es un écrivain et traducteur ainsi que trois femmes un peu plus jeunes et qui allaient rester révérencieuses et quasiment silencieuses pendant tout le repas. Tariq était formidable. Peut-être le traducteur était-il énervé que j’insistasse pour participer modestement à la conversation mais quand je fis allusion à la façon dont Women Strike for Peace (Femmes en grève pour la paix), l’extraordinaire et méconnu groupe anti-nucléaire et pacifiste fondé en 1961, contribua à la chute de la commission de la Chambre des représentants sur les activités anti-américaines (HUAC), M. Très important II se moqua de moi. La commission HUAC, insistait-il, n’existait pas au début des années 1960 et d’ailleurs aucun groupe de femmes n’avait joué un tel rôle dans sa chute. Son dédain me réduisait à néant et son assurance était si agressive que débattre avec lui semblait un exercice bien vain, l’occasion seulement de se faire insulter.

    Je crois que j’en étais à neuf livres à l’époque, dont un qui exploitait des sources de première main et des entretiens avec des membres-clefs de Women Strike for Peace. Mais les hommes qui expliquent persistent à me prendre pour une sorte de réceptacle vide attendant d’être rempli avec leur sagesse et leur savoir. Un freudien dirait qu’ils ont et que je manque mais l’intelligence n’est pas située dans le bas-ventre – même si vous êtes capable d’écrire dans la neige avec votre zizi l’une de ces longues phrases mélodieuses de Virginia Woolf sur la manière dont les femmes sont subtilement subjuguées. De retour dans ma chambre d’hôtel, j’ai fait une petite recherche en ligne et découvert qu’Eric Bentley, dans son ouvrage de référence sur la commission HUAC, reconnaît que Women Strike for Peace a « porté un coup crucial dans la chute de la forteresse HUAC ». Au début des années 1960.

    J’ai donc entamé un essai (sur Jane Jacobs, Betty Friedan et Rachel Carson) pour The Nation en rendant compte de cet échange, en partie comme un cri à la tête d’un des hommes les plus déplaisants qui m’ait un jour expliqué des choses : Mec, si jamais tu lis ces lignes, sache que tu es un furoncle sur le visage de l’humanité et un obstacle à la civilisation. Honte à toi.

    Lors de la bataille avec les hommes-qui-expliquent-des-choses, tant de femmes ont été piétinées – des femmes de ma génération, de la génération pleine de promesses dont nous avons un criant besoin, ici et au Pakistan, en Bolivie et à Java, sans compter les femmes innombrables qui nous ont précédées et qui n’ont pas eu leur place dans un laboratoire ou une bibliothèque ou une conversation ou la révolution ou même la catégorie que l’on nomme être humain.

    Après tout, Women Strike for Peace a été fondée par des femmes qui en avaient marre de faire le café ou de prendre les notes et de ne pas avoir droit de parler ou de participer à la prise de décision dans le mouvement anti-nucléaire des années 1950. La plupart des femmes se battent sur deux fronts, l’un étant celui en question et l’autre pour le simple droit de parler, d’avoir des idées, de voir reconnaître qu’elles ont avec elles des faits et des vérités, qu’elles ont de la valeur, qu’elles sont des êtres humains. Les choses s’améliorent mais cette guerre ne prendra pas fin de mon temps. Je la mène encore, pour moi assurément mais aussi pour toutes ces femmes plus jeunes qui ont quelque chose à dire, dans l’espoir qu’elles arrivent à le dire.

    #crédibilité_féminine #mecsplication #mansplaining

    https://seenthis.net/messages/627237 via Aude