#meetoo

  • « La Ligue du LOL pourrait être notre affaire Weinstein »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/02/15/la-ligue-du-lol-pourrait-etre-notre-affaire-weinstein_5423700_3232.html
    https://img.lemde.fr/2019/02/13/0/0/3500/1748/1440/720/60/0/f4316c4_ymW3IVoi1Egn_GsyB_U0nlt9.jpg

    Il aura donc fallu attendre une bonne année pour que l’affaire Harvey Weinstein éclabousse la France. Il aura fallu un article de Libération, publié le 8 février, pour apprendre qu’une trentaine de membres d’un groupe nommé Ligue du LOL, baignant dans la culture numérique et les réseaux sociaux, souvent journalistes, pour la plupart des hommes, se sont livrés à du harcèlement, le plus souvent contre des femmes, entre 2009 et 2012. Et la déflagration est énorme.

    Sans Weinstein, il n’y aurait sans doute pas d’affaire de la Ligue du LOL. Et cette dernière pourrait être notre affaire Weinstein. « Un #meetoo à la française », jugent plusieurs titres de la presse étrangère.

    A la manière du « dîner de cons », certains chassent en meute, en « boys club », comme il y eut la vogue des « boys band » musicaux, et cisèlent des phrases-chocs (punchlines), sur le modèle du stand-up au théâtre ou de la sitcom télévisuelle. Ils manient le photomontage porno, le canular téléphonique, créent des petites performances tyranniques. Bref, c’est bien une nouvelle culture.

    Un membre de la Ligue du LOL a dit : « On trouvait ça cool. » Ce cool a broyé des femmes, il s’est traduit en haine, moqueries, injures et humiliations en tous genres, notamment sur le physique, provoquant douleurs ou dépressions.

    Ce qui mène à ceci. Pour Weinstein comme pour la Ligue du LOL, le harcèlement n’est pas une spécialité culturelle ou médiatique, mais un attribut du pouvoir. Leurs auteurs tiennent une place et ils en abusent. En revanche, le combat à mener pour y remédier est culturel. Aussi, comme après le grand déballage qui a suivi Weinstein, nul ne sait jusqu’où va aller l’affaire de la Ligue du LOL. Pour l’instant, l’émoi est fort dans le monde de la presse et des écoles de journalisme. Mais il pourrait s’étendre ailleurs dans la société.

    #Ligue_LOL #Cyberharcèlement

    https://seenthis.net/messages/760465 via Articles repérés par Hervé Le Crosnier


  • "Ce mouvement est historique. Cette parole nous permet enfin de considérer ces violences comme réelles et structurelles, relevant d’un rapport de force politique. C’est un processus de politisation des conditions d’existence d’un groupe social – les femmes – qui subissent au quotidien un continuum de violences dont la caractéristique est qu’elles sont licites. Quand bien même elles sont constituées comme un délit, elles sont licites : pour la plupart des gens, ce n’est pas vraiment une violence, ce n’est pas vraiment une agression, ce n’est pas vraiment un viol…"
    Elsa Dorlin, à propos de son livre : Se défendre, une philosophie de la violence politique.
    « #Meetoo et #balancetonporc s’apparentent à des techniques de sabotage féministe »

    https://www.bastamag.net/Meetoo-et-balancetonporc-s-apparentent-a-des-techniques-de-sabotage-femini


  • #Claire_Potter : Harvey Weinstein et la question des complices
    https://tradfem.wordpress.com/2017/12/04/claire-potter-harvey-weinstein-et-la-question-des-complices

    https://tradfem.files.wordpress.com/2017/12/imrs.jpg Moi, j’aimerais savoir ce qu’aurait dit Andrea Dworkin à propos de Harvey Weinstein.

    Cela fait un demi-siècle que #Dworkin – participante controversée à la première génération de féministes radicales à réfléchir aux violences sexuelles – et ses consœurs de la deuxième vague du féminisme ont amorcé la conversation contemporaine à propos de ces violences, et j’ai parfois l’impression que cette conversation piétine. Voyez par exemple le fait que les agressions sexuelles répétées de #Weinstein contre les femmes étaient un secret de polichinelle dans le monde du cinéma, du journalisme et de la politique depuis au moins 30 ans. C’est dire que des centaines de personnes ont conspiré pour dissimuler son comportement de prédateur.

    Oui, conspiré. C’est cette conspiration, ainsi que la façon dont elle a pris fin, qui m’amène à me demander ce que Dworkin elle-même aurait pu écrire dans ce contexte. Féministe souvent rejetée et vilipendée par les féministes libérales, Dworkin comprenait que les collègues et les camarades de travail, les amis et les membres de la famille des prédateurs jouent un rôle clé pour permettre et dissimuler la #violence_sexuelle. Mais elle croyait aussi que le son de la voix des femmes était un puissant antidote contre ce qu’elle reconnaissait comme une forme d’oppression omniprésente.

    Dworkin aurait sans doute trouvé dans l’affaire Weinstein une certaine confirmation de son analyse.

    C’est notamment vrai parce que la conspiration entourant Weinstein s’est effondrée lorsque les femmes se sont mises à parler.

    Traduction : #Tradfem
    Version originale : https://www.washingtonpost.com/news/made-by-history/wp/2017/10/20/harvey-weinstein-and-the-problem-of-collaborators

    Claire Potter est professeur d’histoire et rédactrice en chef de la revue Public Seminar à la New School.
    #meetoo

    https://seenthis.net/messages/649501 via Tradfem