• « L’#Europe a construit sa #domination en écrivant l’#histoire des autres »
    https://bibliobs.nouvelobs.com/essais/20171222.OBS9679/l-europe-a-construit-sa-domination-en-ecrivant-l-histoire-des-au
    https://media.nouvelobs.com/referentiel/1200x630/16370374.jpg

    Les Espagnols ont fait entrer les Indiens dans une chronologie qui est celle du calendrier chrétien, avec un passé qui commence en l’an 0, et une conception du temps qui se découpe entre passé-présent-futur. Les Européens ont obligé les Indiens à penser leur monde à travers leurs « lunettes », ils ont marginalisé les modes d’#expression indigènes, ils ont domestiqué leurs #imaginaires. L’un des piliers de ce processus d’#occidentalisation du monde est la cristallisation de la parole sous la forme du #livre. La #suprématie de l’#écrit a bouleversé l’#imaginaire jusque-là prédominant.

    Ce qui se joue est symboliquement et intellectuellement très violent. En imposant un cadre de #pensée, les Européens ont colonisé ces populations définitivement. Ils ont aboli leur monde. Dès lors, ces autres peuples ne pouvaient plus se regarder que dans le miroir de l’#Occident : ils ont été sommés d’imiter le #modèle européen.

    https://seenthis.net/messages/656033 via Kassem


  • Mort de #Liu_Xiaobo : au-delà des hommages, l’Occident se tait
    https://www.mediapart.fr/journal/international/140717/mort-de-liu-xiaobo-au-dela-des-hommages-l-occident-se-tait

    Liu Xiaobo est mort le 13 juillet. Depuis son décès, les responsables occidentaux multiplient les hommages à l’égard du #Prix_Nobel_de_la_Paix. Pourtant, alors que la répression contre les défenseurs des droits de l’homme en #Chine se durcit, l’Occident se fait discret, tant la Chine est devenue une puissance incontournable.

    #International #diplomatie #Droits_de_l'homme #Occident


  • « Le Destin de l’Occident » : une réponse libérale au #populisme
    https://www.mediapart.fr/journal/economie/130517/le-destin-de-l-occident-une-reponse-liberale-au-populisme

    Le livre de #Bill_Emmott recoupe les enjeux électoraux aux États-Unis, en Grande-Bretagne et en France. Pas d’ouverture sans égalité des droits et des chances.

    #Economie #croissance #Donald_Trump #égalité #libéralisme #Mancur_Olson #Occident #ouverture #société_ouverte #Suède #The_Economist


  • De la Bible à l’électricité, l’#occidentalisation du monde : l’exemple de l’Afrique – Le Partage
    http://partage-le.com/2016/12/de-la-bible-a-lelectricite-loccidentalisation-du-monde-lexemple-de-lafri
    http://partage-le.com/wp-content/uploads/2016/12/electricafrica-1-573x315.png

    Dans un précédent article, nous analysions les conséquences de l’implantation d’une centrale solaire sur les îles Tokelau, et, plus largement, de l’électrification de l’archipel. Aujourd’hui, nous nous intéresserons à une série d’articles publiée par l’illustre quotidien Le Monde, intitulée « Traversée d’une Afrique bientôt électrique ». Ce que nous essaierons de souligner dans le texte qui suit, c’est que l’électrification de l’Afrique découle directement de l’expansion et de l’ancrage du mode de vie, de penser et d’être, mais surtout d’avoir, profondément antiécologique et aliénant, de la culture occidentale dominante. Que les multiples cultures et les différents modes de vie des populations d’Afrique aient été détruits par l’essor d’états impérialistes africains (royaumes ou empires), puis par le colonialisme, et enfin par le présent néocolonialisme n’est pas tant la question. Ce qu’on remarque, en étudiant le phénomène de l’électrification de l’Afrique (ou d’ailleurs), c’est qu’elle découle de la volonté de populations déjà relativement déracinées, acculturées et aliénées (proches, en cela, des populations occidentales), persuadées que le confort technologique et les « rêves que porte l’électricité » leur apporteront le bonheur. Cependant, ces aspirations ont dû leur être suggérées, certainement par les quelques centres urbains du continent, où le rêve américain, avec son cinéma, son bling-bling, ses télévisions en couleur allumées en permanence et ses appareils électroménagers, transmuté en un « africapitalisme », hypnotise les foules. En philanthropes chevronnées, les multinationales qui exploitent actuellement l’Afrique sont donc aussi les premières à encourager et à subventionner son électrification, dans une perspective d’élargissement du marché mondial (de leur empire), d’obtention de main d’œuvre et de profits financiers.

    https://seenthis.net/messages/555267 via Agnès Maillard


  • L’individualisme, une invention de l’Occident
    #podcast #radio #FranceCulture

    https://www.franceculture.fr/cruiser-production/2016/10/af546fab-3cff-4bc3-9cbf-007f0629a9a5/510_054_lehd8033.jpg.pagespeed.ce.wRsTrT1XTS.jpg

    La Grande Table convie Jérôme Baschet, historien médiéviste et maître de conférences à l’EHESS, qui signe « Corps et âmes : une histoire de la personne au Moyen Âge », chez Flammarion.

    https://www.franceculture.fr/cruiser-production/2016/10/cfd74605-ca0b-48da-918c-42f68278da2b/250_1540-1.jpg.pagespeed.ce.HGYkt8jswO.jpg

    L’idée d’une conception relationnelle de la personne est de penser que la personne n’existe qu’à travers ses relations.

    Jérôme Baschet

    http://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-2eme-partie/lindividualisme-une-invention-de-loccident

    #occident #individualisme #philosophie #société #Moyen-Âge #dualisme #Jérôme_Baschet

    https://seenthis.net/messages/532601 via Anthony


  • Le dernier Rapport d’Oxfam décrit pire que les Panama Papers

    But what is new in this report is the aspect of lobbying, and the implications that can be drawn from these corporation’s relationships with politicians.

    The total lobbying amount detailed in the report is around $2.6bn – or, as Oxfam themselves explained it: “For every $1 spent on lobbying, these 50 companies collectively received $130 in tax breaks and more than $4,000 in federal loans, loan guarantees and bailouts”.

    A case in point would be Morgan Stanley. Named the 21st most powerful company in the world in a 2011 study by the Swiss Federal Institute of Technology, they (according to Oxfam) have held over $7bn offshore, received more than $2tn in state handouts – all while paying an effective domestic tax rate of 7.9 per cent.

    When you compare these figures to the (relatively) paltry $23m they spent on lobbying, it would mean that for every $1 dollar they spent pushing the US Government on laws and regulations important to them, they got back an eye watering $92,000. Money extremely well spent, you could say. Neither is their lobbying particularly discreet, as paying $225k to Hillary Clinton for just one speech could be seen as questionable - when she had just stepped down as Secretary of State after pushing through free trade agreements which were touted as being platforms for easier tax avoidance and offshore accounting.

    https://www.commonspace.scot/articles/3847/beyond-panama-why-oxfam-s-latest-tax-haven-report-matters

    #lobbying #lobby #fraude-fiscale #paradis-fiscaux #Etats-Unis #occident #Multinationales

    http://seenthis.net/messages/480152 via Stephane M


  • De l’expression « judéo-chrétien »

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    Revenant sous toutes les plumes, au détour de chaque phrase, l’expression « judéo-chrétien » ne suscite aucune question, tant la juxtaposition de ces deux adjectifs paraît relever de l’évidence. Il n’en a pourtant pas toujours été ainsi, et la fortune de ce terme est plus suspecte que son actuelle banalité tendrait à le faire croire.

    Certes, ses occurrences savantes remontent loin dans le temps, et il doit, entre autres, son existence à l’antériorité historique du judaïsme et du christianisme sur l’islam, dernier-né de la révélation monothéiste. Sans prétendre entrer dans un débat théologique ou historique, on gardera également à l’esprit que l’Europe est « fille de la Bible et de la Grèce », pour reprendre la définition qu’en donne le philosophe Emmanuel Levinas. Mais le passage de l’expression dans le langage courant, où elle se signale depuis une vingtaine d’années par son omniprésence, a pris un tout autre sens, si on veut bien examiner l’usage politique qui en est fait.

    Tout, dans la civilisation occidentale, est désormais judéo-chrétien, si bien qu’elle se résume à peu près totalement dans cette double matrice dont les deux composantes semblent être siamoises. Ses valeurs, ses fondements, sa culture en découlent entièrement. Les hommes politiques s’en réclament pour justifier leurs actions. Un candidat à l’élection présidentielle américaine de 2000 [3] assurait ainsi qu’« être la seule superpuissance donne aux États-Unis des responsabilités, en particulier celles d’intervenir à l’extérieur pour protéger les valeurs judéo-chrétiennes ».

    Le monde est partagé entre les « cultures judéo-chrétiennes » et les autres. En France, on consacre en 1998 un colloque à « L’intégration politique des Français musulmans et leur place dans l’espace judéo-chrétien ».

    Écrit-on sur l’économie ? On y fait référence. Sur la culture ? La référence devient obligée. Et, toujours, ce double adjectif renvoie exclusivement à l’aire occidentale. La littérature actuelle ne repère, en effet, nulle trace de « judéo-christianisme » hors des frontières que l’Occident s’est données. Ce succès sans équivalent - même le mythe surexploité du « matin grec » n’en a pas connu de tel - ne semble pouvoir s’expliquer que par le triple processus d’ occultation , d’ appropriation et d’ exclusion qu’autorise l’usage systématique de ce terme.

    D’occultation d’abord, si l’on veut bien considérer que cet accouplement permet de jeter un voile sur près de deux millénaires de haine antijuive et sur la longue négation par l’église catholique de sa filiation abrahamique. Chacun peut convenir, en effet, qu’une civilisation ne saurait haïr ce qu’elle désigne comme une part d’elle-même. L’instauration puis la sacralisation d’une identité « judéo-chrétienne » ont permis de clore sans autre forme de procès l’ère de l’antijudaïsme chrétien. Les pays de tradition chrétienne peuvent ainsi s’exonérer à bon compte de leur passé, et d’une partie de leur présent.

    Mais l’essentiel n’est peut-être pas là. Cette nouvelle identité collective que l’Occident se donne officiellement, après avoir si longtemps répudié le cousinage entre ces deux versions de la révélation abrahamique, permet surtout d’annexer le juif au seul espace occidental et de s’assurer du même coup la propriété exclusive de la part d’universel dont il est crédité.

    De fait, l’émergence du judéo-chrétien comme sujet collectif escamote le juif, cette éternelle incarnation de l’autre qu’on fait venir d’un lointain d’ailleurs oriental [4], mais dans lequel il fallait bien reconnaître le premier énonciateur historique de l’universel monothéiste. Finies les questions insolubles de filiation ou d’héritage, l’avènement d’un « judéo-chrétien » indifférencié fait apparaître l’Occident comme l’inventeur unique de l’universel, toutes les racines y étant, par ce procédé, rapatriées. Quand il ne peut être rejeté dans une totale altérité, l’autre est en quelque sorte absorbé, avec l’ensemble de ses propriétés.

    Érigé en noyau dur de l’identité occidentale, et d’elle seule, le « judéo-chrétien » fonctionne enfin comme une machine à expulser. L’islam devient en effet, grâce à cette construction, le tiers exclu de la révélation abrahamique, donc de cet universel monothéiste dont on a fait l’annonciateur des droits profanes et de la modernité. Hors quelques cercles oecuméniques à l’audience limitée, il ne viendrait à l’idée d’aucun utilisateur de l’objet courant judéo-chrétien d’y inclure l’islam ou, au moins, d’établir des correspondances avec lui.

    Qu’il soit - en termes de pratiques religieuses et d’interdits qui l’accompagnent - plus proche du judaïsme qu’aucun des deux du christianisme, qu’il y ait puisé une part essentielle de son inspiration, que le texte coranique soit truffé de références aux deux révélations qui l’ont précédé n’y font rien.

    L’universel judéo-chrétien, dont l’Occident s’est institué le seul propriétaire, renvoie à l’islam à son altérité et lui désigne son territoire, celui de la spécificité. À supposer qu’on la reconnaisse, l’existence d’un triptyque abrahamique est strictement confinée à la sphère religieuse. Elle ne déborde ni dans les champs de la culture, ni dans ceux du politique où l’institution de la césure entre les trois versions de la révélation renforce la frontière entre le Nord, patrie des deux premières, et les Suds, où campe la troisième.

    Si cette annexion-exclusion a connu le succès que l’on sait, c’est cependant qu’au-delà de l’Occident l’ensemble des protagonistes concernés par l’affaire se sont emparés de l’objet pour pousser à l’extrême son instrumentalisation. En l’utilisant systématiquement pour les besoins de son argumentaire nationaliste et de sa lutte contre Israël, le monde arabe a largement contribué à en élargir l’usage. Le « complot judéo-chrétien », dont la création de l’État hébreu - corps étranger installé par les armes au coeur du Dar El Islam - est l’illustration la plus scandaleuse, est ainsi devenu un élément central de son discours anti-occidental. De l’Iran au Maroc, toutes les composantes de la nébuleuse islamiste en font depuis des décennies un usage débridé.

    Le « judéo-chrétien », voilà l’ennemi dont la redoutable puissance est tout entière consacrée à affaiblir l’Islam, l’ultime prophétie, ayant seule vocation à devenir universelle.

    À l’occidentalisation du « judéo-christianisme » a donc correspondu sa diabolisation par un Islam cadenassé dans ses spécificités et refusant de se reconnaître dans un universel avec lequel il pourrait pourtant légitimement revendiquer sa filiation.

    Mais l’usage généralisé de l’expression dans le monde arabe n’est pas seulement d’ordre réactif. Par un processus inverse à celui de l’Occident, il s’en est également servi pour expulser de lui-même sa part juive. La désignation du judéo-chrétien comme fait de culture exclusivement occidental a permis d’y ensevelir le judéo-arabe, de censurer l’existence historique du judaïsme oriental et d’en effacer les traces des mémoires collectives.

    Chassé de l’universel occidental par la fortune politique d’un terme à l’étonnant destin, le monde arabe s’en sert lui aussi pour occulter et pour exclure.

    Le monde juif, quant à lui, paraît à première vue se tenir éloignés de cet objet qu’il est le seul à ne pas sacraliser. Il n’a pas moins aidé à la généralisation de son usage en rompant, lui aussi, avec sa part d’Orient. Ses expressions politiques dominantes ont vu dans la captation du judaïsme par l’Occident à un des moyens d’ancrer leur destin à ce dernier et de renforcer, face à l’ennemi arabe, des solidarités fondées sur un solide euro-centrisme et porteuses des mêmes exclusions. Né d’un nationalisme moderne et d’une idée de l’État-nation dont l’Europe a été l’accoucheuse, fondé et gouverné pendant des décennies par les représentants juifs de l’intelligentsia européenne, l’État d’Israël n’a cessé de se vouloir occidental, s’attachant avec constance à conjurer tout risque d’orientalisation.

    Ses élites ont fidèlement intériorisé, pour ce faire, un discours de la suprématie élaborée pour d’autres dominations.

    Si les Palestiniens - citoyens de seconde zone d’Israël ou habitants occupés de Cisjordanie - continuent d’en faire les frais, sa population juive venue du monde arabe s’est également vue confiner dans une profonde marginalité intellectuelle et politique et dans un total déni d’existence culturelle. Et ses intellectuels, y compris quand ils se situent dans le camp de la paix, ont le plus grand mal à placer leur pays dans un Orient dont tout l’éloigne, sauf sa position géographique. Le danger qu’il y glisse ne peut être prévenu, estiment-t-il, que par des signes d’appartenance sans équivoque à la planète occidentale. Tous ces signes, quel qu’il soit, sont donc les bienvenus.

    [Sophie Bessis , "L’#Occident et les Autres"]

    [3] John McCain, cité par Le Monde, 17 février 2000
    [4] dans toute la littérature occidentale jusqu’à l’époque contemporaine, le juif et une des incarnations de l’Oriental, dans ses attributs vestimentaires comme dans ses habitudes alimentaires, et le ghetto est le plus souvent décrit comme une épave d’Orient poussée au coeur de la cité européenne. La quasi-totalité des écrits antisémites propose d’ailleurs, quand il n’envisage pas de les exterminer, de renvoyer les Juifs « en Asie », comme le souhaitait Proudhon.

    http://seenthis.net/messages/469268 via Le Bougnoulosophe


  • Combattre le terrorisme avec les armes du droit

    Quand François Hollande parle de « guerre », il tient le même discours que George W. Bush après le 11-Septembre. Si l’on veut éteindre leu feu terroriste, il est temps d’apporter une réponse conforme au droit international, estime Marcelo Kohen, professeur de droit international à l’Institut de hautes études internationales et du développement (Genève).

    Extraits

    Il y a presque une quinzaine d’années, six jours après les attentats du 11 septembre, j’ai publié un article d’opinion dans ces mêmes colonnes sous le titre « L’arme de la civilisation, c’est le droit ». Entre-temps, il y a eu les guerres d’Afghanistan, d’Irak, de la Libye, du Mali et d’autres régions d’Afrique. Le conflit israélo-palestinien s’enlise dans sa spirale quotidienne de violence sans que la communauté internationale ne fasse quoi que ce soit pour le régler une fois pour toutes. Depuis lors, non seulement le terrorisme n’a pas été vaincu, mais il s’est développé de façon exponentielle. A Al-Qaïda s’ajoute maintenant les Daech et autres Boko Aram. Le terrorisme contrôle désormais une partie du territoire de deux Etats au Moyen-Orient et des Européens sont embrigadés par centaines, voire par milliers.

    Mon article dans « Le Temps » du 17 septembre 2001 était un plaidoyer pour combattre le terrorisme avec les armes du droit, tant sur le plan interne qu’international. Malheureusement, le droit a été sans cesse laissé de côté. Recours à la force et renversement des régimes sans autorisation du Conseil de sécurité ou détournant cette autorisation ; maintien du camp de détention de Guantánamo, lequel jette l’opprobre sur l’état de droit et les droits humains sans pour autant renforcer d’un pouce la sécurité des Etats-Unis.

    Echanges d’hypocrisies entre Russes, qui ont enlevé un morceau de territoire à l’Ukraine, en Crimée, et Occidentaux, qui avaient auparavant enlevé un morceau de territoire à la Serbie, au Kosovo. Les uns et les autres se rappelant l’existence de certains principes fondamentaux de droit international, tel celui du respect de l’intégrité territoriale, uniquement quand cela les arrange....
    ... Peuples européens se laissant tromper par les chants des sirènes xénophobes qui poussent à combattre le tchador ou la construction de nouveaux -et impossibles- minarets, au lieu de se concentrer sur l’essentiel, accentuant le clivage même que les terroristes appellent de tous leurs vœux.
    L’unilatéralisme militaire ne mène nulle part

    Presqu’une quinzaine d’années après le 11-Septembre, les réflexes ataviques se manifestent à l’identique. François Hollande a tenu, presque mot par mot, le même discours que George W. Bush. Son maître mot a été « la guerre ». Certes, la situation aujourd’hui n’est pas la même qu’en 2001. Il faut se battre aujourd’hui contre un ennemi ayant désormais une assise territoriale. Or, bombarder massivement la vile syrienne faisant office de fief de Daech en raison de l’attentat terroriste n’est pas précisément la démonstration d’une politique raisonnée. Assimiler la lutte contre le terrorisme à la « guerre » est un chemin semé d’embuches. Cette qualification ne rend pas en soi la lutte plus efficace. Le terroriste est un criminel, pas un combattant. L’unilatéralisme militaire ne mène nulle part.

    Les conditions sont réunies depuis un bon moment pour que les grandes puissances utilisent une fois pour toutes les moyens de la sécurité collective décrits par la Charte des Nations unies. Pour ce qui est de la situation en Syrie et en Irak, il semble qu’il ait fallu le 13 novembre pour que certains dirigeants s’aperçoivent qu’il fallait travailler d’entente avec la Russie. ...

    ... Le mot d’ordre devrait, d’abord, être celui d’en finir avec le contrôle territorial de Daech ; ensuite pourra-t-on parler de la nécessaire démocratisation de la Syrie. Cela exige une action concertée au sein du Conseil de sécurité, dans le cadre du Chapitre VII de la Charte, qui vise non seulement l’indispensable volet militaire, mais aussi les volets économique et politique. Car il n’est un secret pour personne que certains Etats de la région favorisent, ou à tout le moins laissent agir, Daech.

    Une situation due aux errements des grandes puissances

    Que personne ne se trompe. La situation actuelle n’est pas le résultat des « imperfections » du droit international ou du prétendu angélisme de ceux et celles qui prônent son respect. L’afflux des réfugiés qui fuient ceux-là même qui commettent les attentats est le résultat des errements des grandes puissances en Irak, en Libye et en Syrie depuis des années. Les moyens de la sécurité collective sont là à la disposition des Etats depuis belle lurette. L’arsenal des instruments internationaux de lutte contre le terrorisme aussi. Que certains gouvernements décident d’agir seuls ou dans une coalition organisée autour du commandement exclusif et incontesté d’une seule puissance est un choix politique dont les conséquences se font durement sentir aujourd’hui.
    ...

    Lorsqu’on laisse de côté le droit pour combattre le terrorisme, c’est parce que le terrorisme a imposé sa vision des choses.

    Certes, tout système juridique est perfectible. Il n’est toutefois pas besoin d’adapter le droit humanitaire aux conditions de la lutte anti-terroriste pour mener celle-ci efficacement. Le terroriste qui se trouve en Europe est un criminel de droit commun qui doit être arrêté, jugé et condamné. Les terroristes qui font partie des forces combattantes en Syrie et en Iraq et qui commettent les pires exactions imaginables contre les populations civiles et les forces armées qui les combattent commettent des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité qui méritent d’être traités comme tels. Les outils sont là. Il ne manque que la volonté politique pour les utiliser.

    http://www.letemps.ch/opinions/2015/11/18/combattre-terrorisme-armes-droit

    Repris ici :
    http://lesactualitesdudroit.20minutes-blogs.fr/archive/2015/11/21/combattre-le-terrorisme-avec-les-armes-du-droit

    #France #attentats #politique-étrangère #Hollande #États-Unis #Bush #occident-qui-tue #refus-du-droit #refus-du-droit-international

    http://seenthis.net/messages/430897 via Stephane M