• Eric Fassin : « L’#appropriation_culturelle, c’est lorsqu’un emprunt entre les cultures s’inscrit dans un contexte de #domination »

    Dans un entretien au « Monde », le sociologue Eric Fassin revient sur ce concept né dans les années 1990, au cœur de nombre de polémiques récentes.

    Des internautes se sont empoignés sur ces deux mots tout l’été : « appropriation culturelle ». Le concept, né bien avant Twitter, connaît un regain de popularité. Dernièrement, il a été utilisé pour décrire aussi bien le look berbère de Madonna lors des MTV Video Music Awards, la dernière recette de riz jamaïcain du très médiatique chef anglais #Jamie_Oliver, ou l’absence de comédien autochtone dans la dernière pièce du dramaturge québécois #Robert_Lepage, #Kanata, portant justement sur « l’histoire du Canada à travers le prisme des rapports entre Blancs et Autochtones ».

    Qu’ont en commun ces trois exemples ? Retour sur la définition et sur l’histoire de l’« appropriation culturelle » avec Eric Fassin, sociologue au laboratoire d’études de genre et de sexualité de l’université Paris-VIII et coauteur de l’ouvrage De la question sociale à la question raciale ? (La Découverte).
    la suite après cette publicité

    D’où vient le concept d’« appropriation culturelle » ?

    Eric Fassin : L’expression apparaît d’abord en anglais, à la fin du XXe siècle, dans le domaine artistique, pour parler de « #colonialisme_culturel ». Au début des années 1990, la critique #bell_hooks, figure importante du #Black_feminism, développe par exemple ce concept, qu’elle résume d’une métaphore : « manger l’Autre. » C’est une approche intersectionnelle, qui articule les dimensions raciale et sexuelle interprétées dans le cadre d’une exploitation capitaliste.

    Un regard « exotisant »

    Cette notion est aussi au cœur de la controverse autour de #Paris_Is_Burning, un film #documentaire de 1990 sur la culture des bals travestis à New York. Une autre critique noire, Coco Fusco, reprochait à la réalisatrice #Jennie_Livingston, une lesbienne blanche, son regard « exotisant » sur ces minorités sexuelles et raciales. Pour elle, il s’agissait d’une forme d’#appropriation_symbolique mais aussi matérielle, puisque les sujets du film se sont sentis floués, dépossédés de leur image.

    Comment définir ce concept ?

    E. F. : Ce qui définit l’appropriation culturelle, comme le montre cet exemple, ce n’est pas seulement la circulation. Après tout, l’emprunt est la règle de l’art, qui ne connaît pas de frontières. Il s’agit de #récupération quand la #circulation s’inscrit dans un contexte de #domination auquel on s’aveugle. L’enjeu n’est certes pas nouveau : l’appropriation culturelle, au sens le plus littéral, remplit nos #musées occidentaux d’objets « empruntés », et souvent pillés, en Grèce, en Afrique et ailleurs. La dimension symbolique est aujourd’hui très importante : on relit le #primitivisme_artistique d’un Picasso à la lumière de ce concept.

    Ce concept a-t-il été intégré dans le corpus intellectuel de certaines sphères militantes ?

    E. F. : Ces références théoriques ne doivent pas le faire oublier : si l’appropriation culturelle est souvent au cœur de polémiques, c’est que l’outil conceptuel est inséparablement une arme militante. Ces batailles peuvent donc se livrer sur les réseaux sociaux : l’enjeu a beau être symbolique, il n’est pas réservé aux figures intellectuelles. Beaucoup se transforment en critiques culturels en reprenant à leur compte l’expression « appropriation culturelle ».

    En quoi les polémiques nées ces derniers jours relèvent-elles de l’appropriation culturelle ?

    E. F. : Ce n’est pas la première fois que Madonna est au cœur d’une telle polémique. En 1990, avec sa chanson Vogue, elle était déjà taxée de récupération : le #voguing, musique et danse, participe en effet d’une subculture noire et hispanique de femmes trans et de gays. Non seulement l’artiste en retirait les bénéfices, mais les paroles prétendaient s’abstraire de tout contexte (« peu importe que tu sois blanc ou noir, fille ou garçon »). Aujourd’hui, son look de « #reine_berbère » est d’autant plus mal passé qu’elle est accusée d’avoir « récupéré » l’hommage à la « reine » noire Aretha Franklin pour parler… de Madonna : il s’agit bien d’appropriation.

    La controverse autour de la pièce Kanata, de Robert Lepage, n’est pas la première non plus — et ces répétitions éclairent l’intensité des réactions : son spectacle sur les chants d’esclaves avait également été accusé d’appropriation culturelle, car il faisait la part belle aux interprètes blancs. Aujourd’hui, c’est le même enjeu : alors qu’il propose une « relecture de l’histoire du Canada à travers le prisme des rapports entre Blancs et Autochtones », la distribution oublie les « autochtones » — même quand ils se rappellent au bon souvenir du metteur en scène. C’est encore un choix revendiqué : la culture artistique transcenderait les cultures « ethniques ».

    Par comparaison, l’affaire du « #riz_jamaïcain » commercialisé par Jamie Oliver, chef britannique médiatique, peut paraître mineure ; elle rappelle toutefois comment l’ethnicité peut être utilisée pour « épicer » la consommation. Bien sûr, la #nourriture aussi voyage. Reste qu’aujourd’hui cette #mondialisation marchande du symbolique devient un enjeu.

    Pourquoi ce concept fait-il autant polémique ?

    E. F. : En France, on dénonce volontiers le #communautarisme… des « autres » : le terme est curieusement réservé aux minorités, comme si le repli sur soi ne pouvait pas concerner la majorité ! C’est nier l’importance des rapports de domination qui sont à l’origine de ce clivage : on parle de culture, en oubliant qu’il s’agit aussi de pouvoir. Et c’est particulièrement vrai, justement, dans le domaine culturel.

    Songeons aux polémiques sur l’incarnation des minorités au théâtre : faut-il être arabe ou noir pour jouer les Noirs et les Arabes, comme l’exigeait déjà #Bernard-Marie_Koltès, en opposition à #Patrice_Chéreau ? Un artiste blanc peut-il donner en spectacle les corps noirs victimes de racisme, comme dans l’affaire « #Exhibit_B » ? La réponse même est un enjeu de pouvoir.

    En tout cas, l’#esthétique n’est pas extérieure à la #politique. La création artistique doit revendiquer sa liberté ; mais elle ne saurait s’autoriser d’une exception culturelle transcendant les #rapports_de_pouvoir pour s’aveugler à la sous-représentation des #femmes et des #minorités raciales. L’illusion redouble quand l’artiste, fort de ses bonnes intentions, veut parler pour (en faveur de) au risque de parler pour (à la place de).

    Le monde universitaire n’est pas épargné par ces dilemmes : comment parler des questions minoritaires, quand on occupe (comme moi) une position « majoritaire », sans parler à la place des minorités ? Avec Marta Segarra, nous avons essayé d’y faire face dans un numéro de la revue Sociétés & Représentations sur la (non-)représentation des Roms : comment ne pas redoubler l’exclusion qu’on dénonce ? Dans notre dossier, la juriste rom Anina Ciuciu l’affirme avec force : être parlé, représenté par d’autres ne suffit pas ; il est temps, proclame cette militante, de « nous représenter ». Ce n’est d’ailleurs pas si difficile à comprendre : que dirait-on si les seules représentations de la société française nous venaient d’Hollywood ?

    https://img.lemde.fr/2018/08/24/0/0/2652/3000/950/0/72/0/b02507e_QxMb93jNjJO-ZvtZjyLRqk5P.jpg
    https://mobile.lemonde.fr/immigration-et-diversite/article/2018/08/24/eric-fassin-l-appropriation-culturelle-c-est-lorsqu-un-emprunt-entre-
    #géographie_culturelle #pouvoir #culture #Madonna #exotisme #peuples_autochtones #film #musique #cuisine #intersectionnalité #Eric_Fassin

    https://seenthis.net/messages/717781 via CDB_77


  • Savoir-Pouvoir : Analyse des Sociétés Disciplinaires par Michel Foucault
    https://secession.fr/societes-disciplinaires
    https://secession.fr/wp-content/uploads/2018/06/foucault-examen.jpg

    Régime de savoir-pouvoir des sociétés disciplinaires

    Dans « Surveiller et punir », Michel Foucault s’intéresse aux mécanismes de pouvoir, dans le cadre des sociétés disciplinaires. C’est ainsi que le philosophe dénomme les sociétés qui apparaissent en Europe occidentale, au tournant des 18-19èmes siècles et connaissent leur apogée au 20ème.

    A travers le cas exemplaire des systèmes judiciaire et pénal, il met au jour les formes concrètes - notamment l’examen et les disciplines - que le pouvoir utilise pour imposer sa vérité et orienter les conduites des sujets.

    #sociologie #philosophie #politique #foucault #pouvoir


  • « La violence des riches atteint les gens au plus profond de leur esprit et de leur corps » (Monique Pinçon-Charlot, BastaMag)
    https://portail.bastamag.net/Monique-Pincon-Charlot-La-violence

    C’est une forme d’#esclavage dans la liberté. Chacun est persuadé qu’il est libre d’organiser son destin, d’acheter tel téléphone portable, d’emprunter à la banque pendant 30 ans pour s’acheter un petit appartement, de regarder n’importe quelle émission stupide à la télévision. Nous essayons de montrer à quel système totalitaire cette #violence aboutit. Un système totalitaire qui n’apparaît pas comme tel, qui se renouvelle chaque jour sous le masque de la démocratie et des droits de l’homme. Il est extraordinaire que cette classe, notamment les spéculateurs, ait réussi à faire passer la #crise financière de 2008 – une crise financière à l’état pur – pour une crise globale. Leur crise, est devenue la crise. Ce n’est pas une crise, mais une phase de la guerre des classes sans merci qui est menée actuellement par les #riches.
    […]
    C’est une #domination dans les têtes : les gens sont travaillés en profondeur dans leurs représentations du monde. Cela rend le changement difficile, parce qu’on se construit en intériorisant le social. Ce que vous êtes, ce que je suis, est le résultat de multiples intériorisations, qui fait que je sais que j’occupe cette place-là dans la société. Cette intériorisation entraîne une #servitude involontaire, aggravée par la phase que nous vivons. Avec le #néolibéralisme, une manipulation des esprits, des cerveaux, se met en place via la publicité, via les médias, dont les plus importants appartiennent tous à des #patrons du CAC 40.
    […]
    C’est pour cela que cette classe est tout le temps mobilisée : les riches ont sans cesse besoin de légitimer leur fortune, l’arbitraire de leurs #richesses et de leur #pouvoir. Ce n’est pas de tout repos ! Ils sont obligés de se construire en martyrs. Un pervers narcissique, un manipulateur, passe en permanence du statut de bourreau à celui de victime, et y croit lui-même. C’est ce que fait l’#oligarchie aujourd’hui, par un renversement du discours économique : les riches seraient menacées par l’#avidité d’un peuple dont les coûts (salaires, cotisations...) deviennent insupportables. On stigmatise le peuple, alors que les déficits et la dette sont liés à la baisse des impôts et à l’optimisation fiscale.

    #inégalités #violence_sociale #lutte_des_classe

    https://seenthis.net/messages/672229 via Benjamin Shevek


  • Pouvoir du numérique : la leçon des hommes infâmes
    https://secession.fr/la-lecon-des-hommes-infames
    https://secession.fr/wp-content/uploads/2018/02/hommes-infames-sociologie-secession.jpg

    Pouvoir du numérique : la leçon des hommes infâmes
    A partir de petits textes issus d’archives de l’administration royale (18ème siècle), Michel Foucault file une réflexion sur l’articulation entre le discours, le quotidien et le pouvoir.
    Ses conclusions demeurent pertinentes pour décrire comment les entreprises du numérique exercent leur pouvoir.

    #foucault #internet #pouvoir #politique #web #sociologie #philosophie #société


  • Don, contre-don et capital symbolique
    https://secession.fr/don-contre-don-et-capital-symbolique
    https://secession.fr/wp-content/uploads/2018/01/don-capital-symbolique.jpg

    Don, contre-don et capital symbolique
    Le don oblige. A ce titre, il a partie liée avec le pouvoir et la domination. C’est l’un des enseignements que livre l’ Essai sur le don (1924), de Marcel Mauss.
    C’est en poursuivant l’analyse de la logique du don et du contre-don que Pierre Bourdieu a forgé la notion de capital symbolique. Ce concept occupe une position centrale parmi les instruments de sa pensée.

    #sociologie #anthropologie #pouvoir #bourdieu


  • « L’Opus Dei est devenue une multinationale financière »  Elodie Blogie | Le Soir (30.01)

    http://plus.lesoir.be/137079/article/2018-01-30/philippe-lienard-lopus-dei-est-devenu-une-entreprise-de-conquete-du-pouv

    Si l’institution catholique est en déclin, son pouvoir économique est immense
    ELODIE BLOGIE Entretien

    Philippe Liénard, juriste de formation, franc-maçon revendiqué (auteur de nombreux ouvrages sur ce thème), publie un livre sur l’Opus Dei. Il tente d’y faire la lumière sur le pouvoir réel de « l’Œuvre ».

    L’Opus Dei est plutôt sur le déclin...
    On observe une chute des vocations de prêtres, car cela implique des contraintes qui ne sont plus compatibles avec une vie au XXI e siècle : porter le cilice, faire cinq prières par jour, etc. Mais c’est précisément car il y a une chute des vocations que l’Opus Dei a multiplié les centres de formation. On en trouve 80 en France, une vingtaine en Belgique. Il y a une volonté de formater la jeunesse. On trouve par exemple deux résidences à Bruxelles, un à Liège, un près de Walcourt, etc. Cela représente quelques centaines de jeunes. Ce qu’on demande à ces enfants en termes de pression scolaire, d’obligations spirituelles est lourd. Or formater la jeunesse, c’est formater l’avenir.

    Au-delà des fantasmes, vous dites que le pouvoir de l’Opus Dei est surtout financier.
    L’Opus Dei est devenue aujourd’hui une multinationale financière très bien structurée. Selon ses statuts, l’Œuvre doit être « pauvre ». Or, l’Opus Dei n’ayant rien mais possédant beaucoup, il y avait une incohérence. La réponse est à chercher du côté de cette galaxie de personnes morales, d’associations, de fondations que l’Opus Dei a développée partout, en Espagne, en France, beaucoup en Suisse, mais aussi en Belgique. Ensuite, à travers ses coopérateurs, l’Opus Dei a pu engranger des sommes extraordinaires. Ces coopérateurs ne sont pas membres ; ils vivent dans la société civile, sont mariés, pères de famille, chefs d’entreprise, mais sont proches des idées de l’Opus Dei et y versent des dons.

    Vous citez les noms d’Etienne Davignon, de Maurice Lippens. Sur quoi vous fondez-vous pour soupçonner qu’ils sont des coopérateurs ?
    Dans les deux cas, je peux développer les sources et faire la démonstration. Je ne le fais pas dans ce livre car je ne voulais pas en faire un livre à scandale. J’ai beaucoup de respect pour ces deux messieurs. S’ils veulent attaquer le livre, ils peuvent le faire. Mais dans l’ouvrage, j’use du conditionnel et de beaucoup de précautions : je ne dis rien qui offre le profil d’une certitude absolue.

    Ces coopérateurs usent de leur position pour faire avancer les idées de l’Opus Dei ?
    En Belgique, l’Œuvre est présente dans le monde judiciaire, dans celui des entreprises, dans la politique aussi, mais de façon marginale, c’est-à-dire uniquement par personne interposée. Dans tous ces cas, les coopérateurs et proches de l’Opus Dei véhiculent évidemment un projet de société particulier et se servent de leur fonction pour le faire aboutir, d’une façon ou d’une autre. L’Œuvre est sortie de son rôle spirituel « pur jus » : c’est devenu une entreprise de conquête d’un pouvoir économique. J’ai chiffré les recettes de l’Œuvre à 100 millions de dollars par jour. L’Opus Dei a compris avant tout le monde que les Eglises avaient une durée de vie et qu’il fallait que l’Œuvre survive à l’Eglise. Or, dans nos sociétés de consommation, le pouvoir de demain appartient à ceux qui ont des sous. Un peu plus de la moitié des entreprises du CAC 40 sont dirigées par des proches de l’Opus Dei. L’entreprise Renault, par exemple, a toujours été dirigée par des proches, voire par des membres, dont certains ne se cachent pas.

    En Belgique, le terreau n’est pas très fertile... Vous comparez – pour mieux les opposer – franc- maçonnerie et Opus Dei. Le lobbying franc-maçon n’a-t-il pas plus de portée que le lobbying opusien ?
    On parle beaucoup de la maçonnerie comme pouvoir d’influence, mais c’est parce que les franc- maçons ne sont pas secrets (contrairement à l’Opus Dei), juste discrets. Si vous connaissiez les difficultés rencontrées par les loges pour payer les factures d’électricité, vous comprendriez qu’on est loin du grand complot mondial. L’Opus Dei, par contre, a développé des structures mondiales. Les tentatives d’être présent sur le terrain politique existent, en Belgique aussi. L’Opus Dei joue-t-il un rôle politique majeur et décisif pour autant ? Non. Mais la Belgique n’est pas une île, elle subit les influences de ses voisins. Il faut comprendre que l’Opus Dei vit dans l’intemporalité. Ils ont tout le temps. Ce qui n’est pas le cas de nos politiques. Je ne connais aucune institution qui ait une telle vision froide, sur le long terme, avec une redoutable efficacité de ramification dans tous les milieux.

    #opus_dei #argent #pouvoir #religion #Michelin #extrême_droite #sexisme #école #France #Suisse #Belgique #Espagne #finance #multinationale #Bilderberg #pouvoir-économique #cac40 #renault #secte #opus_dei #esclavage #traditionalistes

    #etienne-davignon #Commission-européenne #bilderberg #Suez-Tractebel #Brussels-Airlines
    https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89tienne_Davignon

    • Président de la Table ronde des industriels européens ( #ERT ), de l’AG et du CA de l’ICHEC Brussels Management School de la Société générale de Belgique, Union minière du Haut Katanga (UMHK), de la Compagnie maritime belge, de la Compagnie des wagons-lits, Recticel, SN Airholding.
    • Vice-président d’Accor, Arbed, Tractebel, Fortis Belgique, Umicore, Sibeka.
    • Membre du conseil d’administration de Anglo American Mining, Gilead Sciences, ICI, Pechiney, Foamex, Kissinger Associates, Fiat, Suez, BASF, Solvay, Sofina, Recticel, CMB, Cumerio, Brussels Airlines, BIAC, Petrofina, Real Software.
    • Président de l’Association pour l’union monétaire en Europe depuis 1991, de la Fondation Paul Henri Spaak et d’EGMONT.
    • Membre de la Commission Trilatérale et de la Fondation Ditchley.
    • Membre du directoire du think tank Centre for European Policy Studies.[1] [archive] Ainsi que président de Friends of Europe, un think tank influent.
    • Président du comité de direction du groupe Bilderberg de 1998 à 2010

    #Maurice-Lippens #suez #total #Bilderberg
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Maurice_Lippens
    RAPPEL :
    https://seenthis.net/messages/137701
    https://seenthis.net/messages/628373
    https://seenthis.net/messages/407809
     
     
     
     

    https://seenthis.net/messages/665460 via BCE 106,6 Mhz


  • Anatomie du pouvoir, par Charles Wright Mills
    https://www.monde-diplomatique.fr/mav/122/MILLS/56836
    https://www.monde-diplomatique.fr/IMG/arton56836.jpg

    (…) Comme le cercle des hommes qui décident se rétrécit, comme les moyens de décision se centralisent, et comme les conséquences des décisions prennent une ampleur énorme, le cours des grands événements dépend souvent des décisions prises par certains cercles déterminables. Cela ne signifie pas forcément que le même cercle d’hommes dirige le fil des événements d’un bout à l’autre, au point que l’histoire tout entière soit le résultat de leur complot. Le pouvoir de l’élite ne signifie pas nécessairement que l’histoire n’est pas forgée aussi par une série de petites décisions, dont aucune n’est mûrement pesée. Il ne signifie pas que la politique en cours et l’événement vivant ne sont pas soumis à mille petits arrangements, compromis et adaptations. L’idée d’une élite au pouvoir n’implique aucune conception du processus de décision en tant que tel : c’est une tentative de délimiter les domaines sociaux dans lesquels ce processus, quel qu’il soit, se déroule. C’est la recherche des hommes qui sont impliqués dans ce processus. (…)

    Si l’#histoire a un sens, c’est « nous » qui le lui donnerons par nos actes. Pourtant le fait est que, si nous sommes tous dans l’histoire, nous n’avons pas tous le même pouvoir de faire l’histoire. Prétendre le contraire est une absurdité sur le plan sociologique, et une marque d’irresponsabilité sur le plan politique. C’est une absurdité parce que tout groupe et tout individu sont limités, avant tout, par les moyens de pouvoir techniques et institutionnels dont ils disposent ; nous n’avons pas tous le même accès aux moyens de pouvoir qui existent, ni la même influence sur l’usage qu’on en fait. Prétendre que « nous » faisons l’histoire est une marque d’irresponsabilité politique, parce que cela nous empêche de savoir à qui incombe la responsabilité des grandes décisions prises par ceux qui ont accès aux moyens de pouvoir.

    En étudiant l’histoire de la société occidentale, même d’une façon très superficielle, nous voyons que le pouvoir des décideurs est avant tout limité par le niveau technique, par les moyens de pouvoir, de violence et d’organisation qui existent dans une société donnée.

    Sous le même angle, nous voyons aussi dans toute l’histoire de l’Occident une ligne ascendante, et pratiquement ininterrompue : les moyens d’oppression et d’exploitation, de violence et de destruction, comme les moyens de production et de reconstruction, se sont progressivement élargis et centralisés.

    Comme les moyens institutionnels de pouvoir et les moyens de communication qui les relient entre eux sont de plus de plus efficaces, ceux qui les dirigent sont à la tête d’instruments de domination sans précédent dans l’histoire de l’humanité.

    #conspirationnisme #pouvoir #politique

    Extrait de l’ouvrage L’Élite au pouvoir, (préface de François Denord), réédité aux éditions Agone, Marseille, 2012.

    https://seenthis.net/messages/664576 via tbn


  • Penser la #politique. Un entretien avec Daniel Bensaïd
    http://www.contretemps.eu/penser-la-politique-daniel-bensaid

    Il y a 8 ans, le 12 janvier 2010, Daniel Bensaïd nous quittait. Nous republions ici un entretien peu connu mais passionnant qu’il avait accordé en 2006 à la revue […]

    #Diaporama #Théorie #Alain_Badiou #communisme #crise #Daniel_Bensaid #David_Harvey #gauche #Holloway #Laclau #léninisme #marxisme #Negri #néolibéralisme #pouvoir #Rancière #révolution #socialisme #stratégie #Walter_Benjamin


  • La #France insoumise entretient son vivier pour gouverner un jour
    https://www.mediapart.fr/journal/france/100118/la-france-insoumise-entretient-son-vivier-pour-gouverner-un-jour

    Malgré une échéance institutionnelle encore lointaine, le mouvement de #Jean-Luc_Mélenchon continue de faire vivre un groupe de hauts fonctionnaires qui prendraient des responsabilités en cas d’alternance, en complément du groupe d’élus à l’Assemblée nationale.

    #gouvernement #La_France_insoumise #pouvoir


  • Fonder ou créer la #démocratie ? #Cornelius_Castoriadis et Richard #Rorty
    http://www.contretemps.eu/democratie-philosophie-castoriadis-rorty

    Est-il nécessaire pour la #philosophie d’assurer à la démocratie un fondement qui puisse garantir sa légitimité, ou bien un projet d’émancipation démocratique résulte-t-il seulement d’une activité de création à travers laquelle les hommes cherchent à se libérer de la domination, par un geste où ils ne s’autorisent que d’eux mêmes et de leur double désir d’égalité et de liberté ?

    #Diaporama #Théorie #Habermas #Platon #politique #pouvoir


  • La #démocratie : un projet révolutionnaire ? Penser l’autonomie avec Castoriadis
    http://www.contretemps.eu/democratie-revolution-autonomie-castoriadis

    « L’objectif de la #politique n’est pas le bonheur, c’est la liberté. » (C. Castoriadis, Les carrefours du labyrinthe, tome 4, p. 226) On imagine aisément l’étonnement de certains à […]

    #Diaporama #Théorie #autonomie #Cornelius_Castoriadis #institutions #philosophie #pouvoir #révolution


  • Pouvoir d’achat : le gouvernement affiche sa nervosité
    https://www.mediapart.fr/journal/economie/211217/pouvoir-d-achat-le-gouvernement-affiche-sa-nervosite

    Le gouvernement a très vivement réagi aux doutes de l’Insee quant à l’effet des mesures fiscales sur le pouvoir d’achat des ménages. Il se défend en publiant un simulateur qui ne traduit qu’une partie de la réalité.

    #Economie #baisses_d'impôts #budget #consommation_des_ménages #PLF_2018 #pouvoir_d'achat


  • Pouvoir d’achat : le gouvernement affiche sa nervosité
    https://www.mediapart.fr/journal/france/211217/pouvoir-d-achat-le-gouvernement-affiche-sa-nervosite

    Alors que le #budget 2018 est adopté au Parlement, le gouvernement a très vivement réagi aux doutes de l’Insee quant à l’effet des mesures fiscales sur le pouvoir d’achat des ménages. Il se défend en publiant un simulateur qui ne traduit qu’une partie de la réalité.

    #France #Economie #baisses_d'impôts #consommation_des_ménages #PLF_2018 #pouvoir_d'achat


  • - Venons-en justement aux sciences humaines, à la psychanalyse en particulier...

    – Le cas de la psychanalyse est effectivement intéressant. Elle s’est établie contre un certain type de psychiatrie (celle de la dégénérescence, de l’eugénisme, de l’hérédité). C’est cette pratique et cette théorie -représentées en France par Magnan -qui ont constitué son grand repoussoir. Alors, effectivement, par rapport à cette psychiatrie-là (qui reste d’ailleurs la psychiatrie des psychiatres d’aujourd’hui), la psychanalyse a joué un rôle libérateur. Et, dans certains pays encore (je pense au Brésil), la psychanalyse jouait un rôle politique positif de dénonciation de la complicité entre les psychiatres et le pouvoir. Voyez ce qui se passe dans les pays de l’Est. Ceux qui s’intéressent à la psychanalyse ne sont pas les plus disciplinés des psychiatres...

    Il n’en reste pas moins que, dans nos sociétés à nous, le processus continue et s’est investi autrement... La psychanalyse, dans certaines de ses performances, a des effets qui rentrent dans le cadre du contrôle et de la normalisation.

    Si l’on arrive à modifier ces rapports ou à rendre intolérables les effets de pouvoir qui s’y propagent, on rendra beaucoup plus difficile le fonctionnement des appareils d’État...

    Autre avantage à faire la critique des rapports au niveau infime :

    à l’intérieur des mouvements révolutionnaires, on ne pourra plus reconstituer l’image de l’appareil d’État.

    « Pouvoir et corps », Quel corps ?, no 2, septembre-octobre 1975, pp. 2-5. (Entretien de juin 1975.)

    Dits Ecrits tome II texte n°157

    http://1libertaire.free.fr/MFoucault219.html
    #psychanalyse #pouvoir #corps #foucault


  • Le chef est un faiseur de paix : anthropologie du pouvoir
    http://secession.fr/le-chef-est-un-faiseur-de-paix
    http://secession.fr/wp-content/uploads/2017/10/secession_sociologie_paix.jpg

    Le chef est un faiseur de paix
    Dans les sociétés à États qui sont les nôtres, les gouvernants peuvent s’adosser à la violence pour imposer leurs décisions. Il en va tout autrement, dans les sociétés indiennes d’Amérique du Sud où les chefs sont tenus d’agir en « faiseurs de paix ».

    #sociologie #politique #pouvoir #anthropologie


  • Philippe Briand et les danseuses de samba : éléments d’analyse d’un buzz
    https://larotative.info/philippe-briand-et-les-danseuses-2471.html

    https://larotative.info/home/chroot_ml/ml-tours/ml-tours/public_html/local/cache-vignettes/L700xH512/arton2471-51b6d-f5d1e.jpg?1508580956

    Retour sur l’inauguration de la station d’épuration de Luynes et le sexisme qui s’est donné à voir à cette occasion.

    A l’inverse, le premier adjoint à la mairie de Luynes, Gilles Ferrand, s’est élevé dans un post Facebook contre « les réactions de certains pisse-froid », et faisait mine de s’inquiéter :

    « Il y a une quarantaine d’années nous aurions vu pour la même occasion des majorettes avec des jupettes pas plus large qu’un cache-nez mais personne ne s’en serait offusqué ! Je pense que nous nous dirigeons vers une société où l’on va finir par interdire les carnavals avec leurs danseuses (...) car "l’image de la femme" y est dégradée... Probablement nous aurons des danseuses en niqab car ce doit être plus "politiquement correct" pour certains. »

    Pour l’élu UDI, la dénonciation du sexisme serait forcément une forme de soumission au rigorisme religieux — musulman en l’occurrence —, et on n’est pas loin des thèses d’extrême-droite sur le grand remplacement. Cette sortie, à la fois raciste et sexiste, n’est pas sans rappeler certains propos qui avaient fleuris suite à l’affaire DSK, accusé de viol par une femme de chambre d’un hôtel new-yorkais : le pauvre homme n’avait rien fait de mal, il était simplement victime du « puritanisme américain » [1]. Même son de cloche récemment, à l’occasion de la vague de dénonciations d’agressions sexuelles sur les réseaux sociaux via le hashtag #balancetonporc : pour l’intellectuel médiatique Alain Finkielkraut, « on est en train de transformer la France en province de l’Amerique néo-puritaine » [2]. Les hommes comme Gilles Ferrand veulent des femmes à moitié nues et livrées à leur convoitise : les autres sont renvoyées dans les rangs des religieux-ses, des pisse-froid et des peine-à-jouir.

    (...)

    En comparaison du buzz provoquée par la photo sur laquelle figurent les deux danseuses, cet article est passé relativement inaperçu. Alors que la présence sur la photo de femmes en jupes et brassières a énormément fait réagir (et à juste titre), la publication régulière de photos dont les femmes sont totalement absentes semble avoir été intégrée comme une situation normale. Ce sont pourtant les mêmes dynamiques sexistes qui sont à l’origine de l’absence totale de femmes ou de leur présence en qualité de faire-valoir.

    #sexisme #métropole #genre #pouvoir

    cc @reka @mad_meg

    https://seenthis.net/messages/638985 via La Rotative


  • Les #Fonctionnaires, souffre-douleur du gouvernement
    https://www.mediapart.fr/journal/economie/181017/les-fonctionnaires-souffre-douleur-du-gouvernement

    En décidant de seulement compenser la #hausse_de_la_CSG pour les fonctionnaires et de geler le protocole de revalorisation des carrières, le gouvernement confirme que les agents publics sont pour lui des actifs de deuxième ordre. Une vision traditionnelle de la droite française.

    #Economie #Fonction_Publique #PLF_2018 #pouvoir_d'achat



  • La #Domination_Masculine

    « Je veux que les spectateurs se disputent en sortant de la salle », c’est ce que disait Patric Jean en tournant « la domination masculine ».

    Peut-on croire qu’au XXIème siècle, des hommes exigent le retour aux valeurs ancestrales du #patriarcat : les #femmes à la cuisine et les #hommes au #pouvoir ? Peut-on imaginer que des jeunes femmes instruites recherchent un « compagnon dominant » ? Que penser d’hommes qui subissent une opération d’allongement du #pénis, « comme on achète une grosse #voiture » ?

    Si ces tendances peuvent de prime abord sembler marginales, le film nous démontre que nos attitudes collent rarement à nos discours. L’illusion de l’#égalité cache un abîme d’#injustices quotidiennes que nous ne voulons plus voir. Et où chacun joue un #rôle.

    A travers des séquences drôles, ahurissantes et parfois dramatiques, le film nous oblige à nous positionner sur un terrain où chacun pense détenir une vérité.

    « La Domination masculine » jette le trouble à travers le #féminisme d’un homme qui se remet en question. Une provocation qui fera grincer des dents…

    Après le déterminisme social (Les Enfants du Borinage, lettre à Henri Storck) et la criminalisation de la pauvreté (la Raison du plus fort), Patric Jean s’attaque à nouveau à un phénomène social tabou : le patriarcat.

    https://www.youtube.com/watch?v=22e8cI6Q9Ww

    #film #documentaire #domination_masculine #féminisme

    Site du film :
    https://ladominationmasculine.wordpress.com

    https://seenthis.net/messages/620845 via CDB_77


  • Je suis surpris de la violence verbale de tous ceux qui, hier, appelaient à barrer la route au fascisme, mais qui n’hésitent pas à recourir à la scatologie pour dénoncer Hanouna. Outre que l’insulte abaisse celui qui la profère, je suis toujours gêné de constater la myopie des mécanismes de diabolisation individuelle. Le succès de TPMP s’explique avant tout par un principe de mise en spectacle réflexif et décomplexé de la PME dirigée par l’animateur, où le #patron a tous les droits sur des employés sous-payés qui s’écrasent avec le sourire. Je ne comprends pas que tous ceux qui dénoncent le ressort de l’#humiliation ne voient pas qu’il s’agit d’un mime des relations sociales du monde du #travail. Le problème n’est donc pas de glisser Hanouna sous le tapis, mais de comprendre qu’il incarne aux yeux du plus grand nombre une nouvelle image du #pouvoir, celle des chefs d’#entreprise, des Bolloré ou des Arnault, littéralement sans limites, sans éthique ni responsabilité, se moquant des lois. Mettez un de ces milliardaires à la Maison Blanche, et vous vous apercevez que leur pratique du pouvoir contredit les règles les plus élémentaires de la démocratie (heureusement, celle-ci résiste mieux que les employés de l’entreprise Trump). Hanouna, son succès et sa #violence sociale, n’est qu’un reflet du monde macronisé – celui où l’on apprend à dire « Merci patron » à celui qui vous tient la tête sous l’eau…

    https://www.facebook.com/andre.gunthert/posts/10154597069311623

    https://seenthis.net/messages/600214 via Agnès Maillard





  • #Pouvoir_d'achat : sur le pavé, les retraités
    https://www.force-ouvriere.fr/pourvoir-d-achat-sur-le-pave-les-retraites

    Pour protester contre la baisse de leur pouvoir d’achat et réclamer une revalorisation de leurs pensions, quasi gelées depuis cinq ans, les retraités ont manifesté dans toute la France le 30 mars, à l’appel de nombreuses organisations syndicales et associations. Aperçus à travers le pays

    Toute l’actualité

    / #Retraite, UCR-FO (Union confédérale des Retraités - FO), Pouvoir d’achat, #CASA

    #Toute_l'actualité #UCR-FO_Union_confédérale_des_Retraités_-_FO_