• Déclin sociétal, effondrement émotionnel ?
    http://4emesinge.com/declin-societal-effondrement-emotionnel

    Dialogue après avoir déconstruit certaines des évidences (notamment la Culture) qui constituent notre société et qui, par le fait que nous les tenons comme acquises, nous semblent si banales que nous ne leur prêtons pas attention. « Avez-vous fait du tourisme pendant vos voyages ? » Je le regardai d’un air stupide. « Du tourisme ? » – Oui, avez-vous quitté l’itinéraire prévu pour aller […]

    #Articles #Billet_d'humeur #Psychologie #Société #courbe_du_deuil #Effondrement_systémique #émotions


  • La psychiatrie en grande souffrance, Journal officiel de tous les pouvoirs

    Ecrasés par les restrictions budgétaires, les soignants se disent à bout et dénoncent une « perte de sens » de leur travail

    Il y a chez eux de la fatigue, du désarroi et de la colère. Depuis des mois, des médecins et des soignants du secteur psychiatrique multiplient grèves et lettres ouvertes aux autorités sanitaires pour alerter sur la dégradation de leurs -conditions de travail en raison des restrictions budgétaires. Et, par conséquent, sur la détério-ration de la prise en charge des malades.

    Après des années de restructurations et de non-remplacement systématique des départs, plusieurs responsables syndicaux estiment que ce service public est désormais « à l’os ». « On nous pressurise depuis des années, on est arrivé à un point de bascule », assure Jean-Pierre Salvarelli, membre du Syndicat des psychiatres des hôpitaux (SPH) et chef de pôle au Vinatier, à Lyon, l’un des plus gros hôpitaux psychiatriques de France. L’année dernière, 52 postes de soignants ont été supprimés dans cet établissement. « Les infirmières et les aides-soignantes se démultiplient pour boucher les trous, dit-il. Mais les équipes n’en peuvent plus. »

    Turnover et absentéisme

    D’un bout à l’autre de la France, les mêmes maux et les mêmes symptômes : des taux d’absentéisme élevés, un fort turnover des personnels, des postes de médecins non pourvus (il manquerait 900 à 1 000 psychiatres, selon le SPH), des lits en nombre insuffisant dans certains services, notamment aux urgences, et des patients à accueillir toujours plus nombreux.

    Entre 2010 et 2016, près de 300 000 personnes supplémentaires ont été suivies en psychiatrie. « Les ressources n’ont pas augmenté proportionnellement à la croissance de la file active, constate Magali Coldefy, géographeà l’Institut de recherche et de documentation en économie de la santé (Irdes). Faute de moyens, la psychiatrie a tendance à se replier sur l’intra-hospitalier et la gestion de la crise et de l’urgence. »

    Signes extérieurs du malaise ambiant, les établissements -d’Allonnes (Sarthe), Bourges (Cher) ou Rennes (Ille-et-Vilaine) ont connu ces derniers mois des mouvements de grève. Le 5 janvier, sept anciens psychiatres de l’hôpital Philippe-Pinel, à Amiens (Somme), ont écrit à la ministre de la santé Agnès Buzyn pour lui expliquer pourquoi la « dégradation continuelle des conditions de prise en charge des patients » avait pesé dans leur choix « douloureux » de quitter l’hôpital public. Dans leur courrier, ils dénoncent un « hôpital en déshérence » et une « souffrance éthique et professionnelle à son paroxysme ».

    La gravité de la crise commencerait-elle à être perçue au-delà des enceintes des hôpitaux psychiatriques ? La députée (La République en marche) de la Somme Barbara Pompili a dit sa « honte » après avoir visité l’établissement d’Amiens le 3 novembre 2017. « La faiblesse hallucinante des effectifs transforme cet hôpital en gigantesque garderie, avec toutes les conséquences que cela peut avoir pour ceux qui sortent, comme pour ceux qui ne sortent pas », avait-elle écrit. Quant à François Ruffin (La France insoumise), l’autre député du département, il a récemment publié un livre (Un député à l’hôpital psychiatrique, Fakir éditions) dans lequel il raconte les difficultés et les dysfonctionnements de ce même hôpital.

    Les restrictions budgétaires ont différents types de conséquences. Au sein même des hôpitaux, de nombreux infirmiers, dont les témoignages ont été recueillis après un appel lancé sur le site du Monde, disent ne plus avoir le temps de parler avec les patients hospitalisés ou d’effectuer avec eux des activités thérapeutiques. « On est accaparé par l’urgence et le quotidien. Nous n’avons plus le temps de faire des entretiens avec les patients, de prendre un café avec eux, ou de les accompagner pour qu’ils puissent téléphoner. Cela génère des situations d’agressivité et de violence plus fréquentes. Et nous, on a le sentiment de mal faire notre travail, d’être maltraitants », raconte Marion, 25 ans, infirmière dans un gros hôpital de province.

    Motivation en berne

    « Quand je suis arrivé à l’hôpital il y a quelques années, on faisait encore des sorties au musée, au cinéma ou au cirque, témoigne-Cyril, infirmier dans un hôpital du sud de la France. Cette année, nous n’avons pas prévu d’en faire car nous arrivons à peine à tenir le planning et à assurer la continuité du service. » " Je ne suis qu’un garde-fou, nous n’avons plus les moyens et la motivation d’être soignant « , estime un infirmier à Agen, résumant ainsi la » perte de sens « ou l’amertume racontées au Monde par de nombreux professionnels de santé.

    Car pour répondre à la violence, lorsque les effectifs manquent, les recours à la chambre d’isolement (une pièce sécurisée avec matelas fixé au sol) et à la contention peuvent augmenter. En 2016, le contrôleur général des privations des lieux de liberté avait dénoncé la » banalisation « de ces pratiques.

    Après avoir fermé près de 15 000 lits de psychiatrie entre 1997 et 2015, les hôpitaux n’arrivent pas aujourd’hui à prendre en charge correctement tous les patients. Face à la hausse du nombre d’hospitalisations sous contrainte (92 000 personnes en 2015), il n’est pas rare que des unités de soins prévues pour 20 patients en accueillent davantage. » C’est la course aux lits, pour faire de la place, on fait sortir les malades dès qu’ils ne représentent plus un danger direct pour eux ou pour les autres, raconte Marie, 41 ans, psychiatre dans un établissement de la région parisienne. L’absence de lits est devenue un critère dans la durée de soins des patients, autant, voire parfois plus, que l’aspect médical. « 
    Une autre infirmière exerçant dans un hôpital du sud de la France fait état de patients obligés de rester en chambre d’isolement, » alors qu’ils n’en ont plus besoin au niveau psychiatrique « , par manque de place.

    Jean Vignes, le secrétaire général du syndicat SUD-Santé-Sociaux, juge d’ailleurs la situation » tellement tendue « qu’il plaide pour la réouverture » au moins de façon provisoire « d’un millier de lits. Pour justifier cette revendication en demi-teinte, il explique que son organisation était historiquement » pour la diminution du nombre de lits « , mais » à condition d’avoir les moyens d’assurer le suivi en extra-hospitalier « .

    Or, c’est cette prise en charge, assurée hors des murs des établissements psychiatriques, par notamment les centres médico-psychologiques (CMP), émanations de l’hôpital présentes partout sur le territoire, qui semble aujourd’hui le plus souffrir des restrictions budgétaires. » On a mécaniquement tendance à alléger l’ambulatoire - le suivi à l’extérieur - et à rapatrier les ressources vers les services d’hospitalisation. C’est l’hôpital qui prime, c’est un retour à l’asile « , déplore Isabelle Montet, la secrétaire générale du SPH.
     » On est obligé de se retirer des endroits où vivent les gens parce que nous sommes contraints de centrer nos efforts sur ce qui est incontournable pour la société, c’est-à-dire accueillir les patients qui relèvent de soins non consentis « , explique le docteur Marie-José Cortes.

    Une nouvelle organisation

    Un poids grandissant de l’hôpital, vu comme un retour en arrière par de nombreux professionnels, qui heurte aussi les associations de patients. » Je ne pense pas qu’il y ait un manque réel de moyens, de personnels et de lits « , estime ainsi Claude Finkelstein, la présidente de la Fédération nationale des associations en psychiatrie (Fnapsy). Pour elle, » on travaille encore à l’ancienne « dans le domaine de la psychiatrie, et » trop de gens sont à l’hôpital parce qu’on ne sait pas où les mettre « . » Il ne faut pas colmater, mais réfléchir à une nouvelle organisation des soins « , ajoute -Fabienne Blain, porte-parole du collectif Schizophrénie, qui demande une vaste réallocation des moyens consacrés à la psychiatrie.

    François Béguin

    Pour les enfants, jusqu’à un an d’attente avant un rendez-vous

    Du côté des petits patients, des délais d’attente inadmissibles pour une première consultation et un manque de lits d’hospitalisation. Du côté des pédopsychiatres, une crise démographique et universitaire, qui rend la spécialité de moins en moins attrayante. La psychiatrie des enfants et des adolescents est » sinistrée « , selon le sénateur (LRM) et médecin Michel Amiel, rapporteur, en mai 2017, d’un volumineux rapport d’information parlementaire sur la psychiatrie des mineurs en France.

    Le repérage et la prise en charge précoce des troubles psy des jeunes sont considérés comme une priorité. Mais au regard de la forte hausse des besoins et aux nouveaux défis liés notamment au décrochage scolaire, au harcèlement ou aux traumatismes liés aux attentats, » le nombre de structures de prise en charge et leurs effectifs ont très peu augmenté « , constate ce rapport. Les CMP (centres médico-psychologiques) et CMPP (centres médico-psychopédagogiques), bien souvent structures d’entrée dans le parcours de soins psychiatriques, sont engorgés. Le délai pour une première consultation dépasse un an dans certains départements, désespérant familles et professionnels. » On a des demandes de 2016 auxquelles on n’a pas répondu. On a honte. On voit tous les dégâts qu’on aurait pu éviter, les souffrances qu’on aurait pu atténuer « , témoigne une pédopsychiatre exerçant dans un CMP de province.

    Le nombre de lits d’hospitalisation en pédopsychiatrie est en augmentation depuis 2001, mais les capacités sont encore trop limitées, avec de fortes inégalités territoriales, souligne le rapport. Le délai d’obtention d’une place en hôpital de jour – l’essentiel des prises en charge hospitalières des mineurs – est lui aussi jugé important.

    Cercle vicieux

    Quant au nombre de pédopsychiatres inscrits en tant que tels au conseil de l’ordre des médecins, il a été divisé par deux en dix ans. De 1 235 en 2007, il est passé à 593 en 2017, dont 80 % ont plus de 60 ans. Certes, ces chiffres sont à prendre avec précaution, car le dénombrement précis de ces praticiens est complexe,la pédopsychiatrie n’étant pas une spécialité médicale distincte de la psychiatrie. Mais la désaffection est indéniable, et contribue à un cercle vicieux. Moins il y a de pédopsychiatres, moins il y a de formateurs et donc de nouvelles vocations.

    En France, une faculté de médecine sur cinq n’a pas de professeur d’université en pédopsychiatrie. » A Nantes, je suis le seul enseignant universitaire de psychiatrie de l’enfant pour la soixantaine d’internes en psychiatrie. Comment les former convenablement et quelle perspective de carrière académique puis-je proposer aux jeunes qui voudraient travailler avec moi ? « , s’interroge le professeur Olivier Bonnot, chef du service de pédopsychiatrie du CHU. » Le constat est connu, la solution aussi, mais on reste souvent dans l’injonction paradoxale, regrette le pédopsychiatre et chercheur Bruno Falissard. Les politiques demandent de nommer un professeur de pédopsychiatrie dans chaque université, mais celles-ci sont autonomes, ce sont elles qui jugent si le cursus d’un candidat est suffisant. « 
    Sandrine Cabut

    Agnès Buzyn : » Il faut préserver les moyens de la psychiatrie « 

    La ministre de la santé annonce un plan comportant des mesures de formation, de hausses de tarifs et la création d’indicateurs de qualité

    La ministre de la santé Agnès Buzyn présente, vendredi 26 janvier, un plan de douze mesures d’urgence en faveur de la psychiatrie. Dans un entretien au Monde, elle livre son constat sur ce secteur, » paupérisé « et » en souffrance «  : » En psychiatrie, il y a le pire et le meilleur. « 
    Plusieurs grèves ont eu lieu ces derniers mois dans les -hôpitaux psychiatriques pour dénoncer les conditions de -travail et la dégradation de -l’accueil des patients. Y a-t-il une » crise « de la psychiatrie ?

    C’est une discipline qui s’est paupérisée et sur laquelle il n’y a pas eu un vrai investissement depuis des années. Pourtant les besoins sont en constante augmentation, parce que la société est de plus en plus dure, qu’il y a plus d’addictions, moins d’accompagnement des familles… On peut dénoncer des conditions de travail parfois très dures, ainsi que des conditions d’hospitalisation parfois dégradées, mais il faut être attentif à ne pas généraliser les -situations dramatiques que l’on peut observer dans certains endroits. Ce -serait dévaloriser le travail -formidable qui est fait dans beaucoup d’établissements de santé mentale. En psychiatrie, il y a le pire et le meilleur.

    Qu’allez-vous faire face à un tel constat ?

    Ces cinq dernières années, il y a eu six rapports sur la situation de la psychiatrie. Les constats et les recommandations étaient souvent les mêmes. Je me suis dit qu’il n’était donc pas nécessaire d’en commander un nouveau. Les douze mesures d’urgence que je présente aujourd’hui sont issues des propositions formulées en décembre par l’ensemble des représentants de la psychiatrie française. Il me semble important de donner un signal de prise en compte de cette souffrance générale, des professionnels et des malades. Ce faisant, je veux parvenir à déstigmatiser ces derniers, et rendre leur dignité à ceux qui sont pris en charge dans des conditions déplorables. Le regard de la société sur ce secteur doit changer.

    Le manque de moyens financiers mis en avant par les soignants est-il une réalité ?

    Dans beaucoup d’endroits, les psychiatres tirent la sonnette d’alarme sur les moyens parce que leur activité est la variable d’ajustement du budget du reste de l’hôpital. Vu la faiblesse et la souffrance du secteur psychiatrique, je souhaite que les moyens de cette discipline soient préservés. Cela n’a pas de sens - pour un établissement - de compenser une baisse d’activité dans des services de médecine ou de chirurgie par un prélèvement sur la psychiatrie. Par ailleurs, cette discipline doit totalement être intégrée au monde de la santé, avec la même exigence de qualité, de sécurité des pratiques et de pertinence des soins qu’ailleurs. Or aujourd’hui des patients hospitalisés en psychiatrie n’accèdent pas suffisamment à des soins somatiques, ce qui peut être délétère pour leur santé. Leur espérance de vie est plus courte, ce n’est pas tolérable. Il faut que les filières de soins s’organisent et que ces malades puissent bénéficier du même suivi que les autres.

    Vous dites que les budgets hospitaliers seront » préservés « . Donc pas augmentés…

    Annoncer des moyens sup-plémentaires n’est pas toujours -l’alpha et l’omega en matière de bonnes pratiques. C’est même parfois la solution de facilité. Il vaut mieux d’abord faire en sorte que les professionnels s’organisent et se parlent plutôt que de systématiquement rajouter des moyens dans des endroits qui sont mal organisés ou qui ne respectent pas les bonnes pratiques.

    Comment remédier à cette -hétérogénéité des pratiques et de l’offre ?

    L’organisation en secteurs, créée dans les années 1960 pour garantir un accès aux soins sur tout le territoire, doit être maintenue mais améliorée. Il faut que les psychiatres de secteur, les généralistes et les acteurs du médico-social se parlent et mettent en place des filières de prise en charge. Les différentes chapelles de professionnels de santé mentale doivent aussi un peu baisser la garde, car nous avons besoin de tout le monde pour assurer les soins sur le territoire. D’ailleurs j’ai décidé de créer et de présider un comité stratégique de la santé mentale et de la psychiatrie, qui va remplacer l’actuel conseil national de santé mentale.

    Jusqu’ici la psychiatrie a » échappé « à tout système d’évaluation…

    Il y a trop peu d’indicateurs de qualité en psychiatrie. Il faut pouvoir mesurer l’usage de médicaments, la précocité des diagnostics ou la rapidité d’une prise en charge. On ne peut pas restructurer une discipline sans avoir une vision claire de l’état des pratiques. Quand j’étais présidente de la Haute Autorité de santé (HAS), j’ai lancé cette démarche sur les recours à l’isolement ou à la contention, dont le contrôleur général des lieux de privation de liberté avait dénoncé la banalisation. Aujourd’hui ministre, j’ai demandé à la HAS de travailler sur des nouveaux indicateurs pertinents. Mon objectif est que partout en France, on ait les mêmes chances d’accéder à une filière de qualité.

    Qu’en est-il de la pédopsychiatrie, où jusqu’à un an d’attente est parfois nécessaire pour un premier rendez-vous ?

    La démographie est en chute libre dans cette spécialité. Les professionnels sont débordés, et les universitaires ne peuvent plus faire d’enseignement et de recherche tellement il y a de patients à prendre en charge. C’est un cercle vicieux, plus personne ne veut s’investir. Il y a des régions entières où il n’y a pas de formation. Je souhaite donc qu’il y ait au moins un poste de professeur de pédopsychiatrie par faculté de médecine. C’est un premier pas indispensable pour retrouver l’attractivité.

    Cela suffira-t-il à résoudre une situation aussi critique ?

    Nous allons, avec l’Assurance-maladie, réévaluer les tarifs d’un certain nombre de consultations qui ne sont pas assurées en libéral aujourd’hui parce que trop longues par rapport au tarif de la Sécurité sociale. Recevoir un enfant, cela prend du temps. Résultat : on ne trouve pratiquement pas de pédopsychiatres en ville. Ce sera également le cas pour les consultations complexes de psychiatrie en médecine générale. Le suivi ambulatoire est souvent perçu comme moins stigmatisant que le suivi hospitalier, il va permettre de réduire les ruptures de soins

    Quel doit être le rôle des médecins généralistes ?

    Ils sont plus ou moins bien armés vis-à-vis des problèmes de santé mentale, notamment des enfants. Il faut qu’ils soient formés de manière à les repérer, puis qu’ils sachent à qui adresser les malades. Beaucoup de situations pourraient être prises en charge en médecine générale. C’est pourquoi tous ces futurs praticiens effectueront un stage obligatoire en psychiatrie au cours de leurs études. Trois ou six mois, les modalités restent à discuter.

    La suppression il y a vingt-cinq ans de la spécialisation des infirmiers en psychiatrie est pointée comme un problème. Faut-il revoir leur formation ?

    Je souhaite que les infirmiers qui exercent dans ces services acquièrent une » sur-spécialité « dans ce domaine, par le biais des pratiques avancées. Sans pour autant recréer un corps spécifique, cela permettra de répandre la bonne pratique dans les établissements, et d’assurer certaines tâches aujourd’hui dévolues aux psychiatres.

    Les prisons traversent une grave crise. Or autour d’un quart des détenus souffre de troubles psychiatriques. Que doit-on faire avec eux ?

    Il existe des unités hospitalières spécialement aménagées pour recevoir des détenus présentant un trouble de santé mentale. La première unité s’est ouverte à Marseille en septembre 2017 avec 440 places. La stratégie nationale de santé prévoit de poursuivre la création de ces unités.

    Propos recueillis par François Béguin, Sandrine Cabut, et Laetitia Clavreul

    LES MESURES
    Agnès Buzyn, la ministre de la santé, présentait vendredi 26 janvier son plan d’action

    Stage obligatoire
    Un stage sera obligatoire en -psychiatrie ou en santé mentale pour tous les futurs médecins généralistes lors de leur -internat

    Formation continue » Sur-spécialisation " des infirmiers travaillant en psychiatrie, via la formation continue [la suppression du diplôme d’infirmier psychiatrique date de 1994 nec
    http://psychiatriinfirmiere.free.fr/formation/infirmier/psychiatrie/infirmier-secteur-psychiatrique.htm

    Bonnes pratiques
    Mise en place d’indicateurs de la qualité des soins et de recommandations de bonnes pratiques en psychiatrie

    Révision des tarifs
    Revalorisation du montant des consultations de pédopsychiatrie et des consultations complexes de psychiatrie en médecine générale lors d’une prochaine révision de la convention médicale

    Budget des hôpitaux
    Préservation des budgets consacrés à la psychiatrie au sein des -groupements hospitaliers de -territoires et dans les hôpitaux généraux d’ici la fin d’année

    De la psychiatrie vers la santé mentale, Rapport de mission , Dr Eric Piel, Dr Jean-Luc Roelandt, juillet 2001
    https://www.cairn.info/revue-vie-sociale-et-traitements-2001-4-page-9.htm

    Entre 1990 et 1997, dans le secteur public, l’évolution des pratiques de prise en charge s’est traduite à la fois par une augmentation du nombre de places d’hospitalisation partielle (+25 %) et par une forte baisse du nombre de lits d’hospitalisation complète (-32 %). La hausse des capacités d’hospitalisation partielle (+4 861) n’a toutefois pas compensé la diminution des lits d’hospitalisation complète (-26 711), d’où un recul de la capacité totale en lits et places de 21 % sur sept ans.

    #psychiatrie #soin #management

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  • La grande misère des hôpitaux psychiatriques - Le Point
    http://www.lepoint.fr/sante/la-grande-misere-des-hopitaux-psychiatriques-05-01-2018-2184213_40.php
    http://www.lepoint.fr/images/2018/01/05/12734975lpw-12736249-article-francehealthsocialpsychiatryserviceshospitalstrike-jpg_4885197.jpg

    10 à 20 % des Français sont concernés, mais la psychiatrie publique est le parent pauvre de la médecine. À Rennes, les soignants sont en grève.

    « Le patient est devenu un objet. Je dis aux jeunes de fuir », se désole Michel Roy, infirmier à l’hôpital psychiatrique de Rennes, en grève depuis deux mois. La psychiatrie publique, parent pauvre de la médecine, traverse un malaise profond : soignants, patients et familles réclament un plan ambitieux. À l’entrée principale de l’établissement Guillaume-Régnier, dans la capitale bretonne, le ton est donné : « hôpital sans lits », « redonnons du sens à notre travail », « souffrance au travail » figurent parmi les nombreuses banderoles accrochées aux grilles.

    Les pathologies relevant de la psychiatrie sont en France au troisième rang des maladies les plus fréquentes, après le cancer et les maladies cardiovasculaires. Entre un dixième et un cinquième de la population risque d’être atteint par un trouble mental à un moment quelconque de la vie, selon le rapport de la Cour des comptes de 2011. Pour la ministre de Santé Agnès Buzyn, « la santé mentale est un enjeu important des besoins de santé des Français ». « Cette discipline a été un peu trop délaissée ou mise à l’écart ces dernières années », a-t-elle affirmé jeudi à l’AFP. Malgré un constat unanime, les acteurs du secteur se sentent abandonnés par l’État.

    « On n’en peut plus », déplore Jean-Pierre Salvarelli, membre du bureau national du Syndicat des psychiatres des hôpitaux (SPH) et chef de pôle au CH du Vinatier, près de Lyon. Il est l’un des signataires de l’appel des psychiatres et médecins pour dénoncer une dégradation de la prise en charge des patients et la « tyrannie des économies comptables », en février 2017.

    Soit on supprime des postes, soit on supprime des lits.
    Des praticiens du CH de Montfavet, près d’Avignon, se sont associés en avril à leurs collègues lyonnais et plusieurs mouvements de grève ont émergé ces derniers mois, notamment à Rennes, Allonnes (Sarthe), Amiens (Somme), Bourges (Cher) et Cadillac (Gironde). « On est sans cesse en train de se restructurer. Aujourd’hui, notre idée est d’entrer en résistance et d’interpeller les pouvoirs publics. Les impacts budgétaires, c’est soit on supprime des postes, soit on supprime des lits », expose le Dr Salvarelli, psychiatre depuis vingt-cinq ans au Vinatier, structure de 750 lits, 2 500 membres du personnel hospitalier et 22 500 patients suivis chaque année.

    C’est l’un des trois plus gros hôpitaux de France en psychiatrie avec Sainte-Anne à Paris et Guillaume-Régnier à Rennes. Dans cet établissement breton, « le ras-le-bol et la tentative de suicide d’une collègue » ont décidé les syndicats à lancer un mouvement de grève, explique Goulven Boulliou, de Sud Santé Sociaux.

    Il n’est pas rare de retrouver un collègue seul à 23 heures pour gérer 15 personnes. (...)

    Pour mémoire, c’est la gauche gouvernante des années 80 qui a commencé à supprimer des milliers de lits en psychiatrie. C’est aussi la « gauche plurielle » qui a supprimé la formation d’infirmier psy. La politique sécuritaire est venue s’ajouter au manque de moyens, avec le retour de la #contention.

    #folie (pas de droit à la) #psychiatrie #logique_comptable #sous_effectifs #maltraitance #grève

    https://seenthis.net/messages/657501 via colporteur


  • Pour une approche politique de la #santé_mentale
    http://www.contretemps.eu/approche-politique-sante-mentale

    Hazel Corft est historienne, écrivaine et militante communiste. Elle vit à Londres. Elle prépare en ce moment un livre sur la santé mentale civile en #Grande-Bretagne pendant la Seconde Guerre Mondiale. L’article original (en anglais) est paru en juillet 2017 sur le site de Revolutionary Socialism in the 21rst century (RS21), organisation communiste révolutionnaire britannique : https://rs21.org.uk/2017/07/29/the-politics-of-mental-health [consulté le 16 octobre 2017].

    #Diaporama #Stratégie #Angleterre #capitalisme #néolibéralisme #psychiatrie #santé


  • #Critique_communiste : numéro 6 – Avril-mai 1976
    http://www.contretemps.eu/critique-communiste-numero-6

    Grâce au remarquable travail réalisé depuis plusieurs années par l’association Radar [Rassembler et diffuser les archives des révolutionnaires], Contretemps va mettre à disposition dans les mois à venir les archives de la revue Critique communiste.

    #Théorie #Alain_Badiou #armée #communisme #LCR #Lénine #léninisme #psychanalyse #stalinisme #surréalisme


  • - Venons-en justement aux sciences humaines, à la psychanalyse en particulier...

    – Le cas de la psychanalyse est effectivement intéressant. Elle s’est établie contre un certain type de psychiatrie (celle de la dégénérescence, de l’eugénisme, de l’hérédité). C’est cette pratique et cette théorie -représentées en France par Magnan -qui ont constitué son grand repoussoir. Alors, effectivement, par rapport à cette psychiatrie-là (qui reste d’ailleurs la psychiatrie des psychiatres d’aujourd’hui), la psychanalyse a joué un rôle libérateur. Et, dans certains pays encore (je pense au Brésil), la psychanalyse jouait un rôle politique positif de dénonciation de la complicité entre les psychiatres et le pouvoir. Voyez ce qui se passe dans les pays de l’Est. Ceux qui s’intéressent à la psychanalyse ne sont pas les plus disciplinés des psychiatres...

    Il n’en reste pas moins que, dans nos sociétés à nous, le processus continue et s’est investi autrement... La psychanalyse, dans certaines de ses performances, a des effets qui rentrent dans le cadre du contrôle et de la normalisation.

    Si l’on arrive à modifier ces rapports ou à rendre intolérables les effets de pouvoir qui s’y propagent, on rendra beaucoup plus difficile le fonctionnement des appareils d’État...

    Autre avantage à faire la critique des rapports au niveau infime :

    à l’intérieur des mouvements révolutionnaires, on ne pourra plus reconstituer l’image de l’appareil d’État.

    « Pouvoir et corps », Quel corps ?, no 2, septembre-octobre 1975, pp. 2-5. (Entretien de juin 1975.)

    Dits Ecrits tome II texte n°157

    http://1libertaire.free.fr/MFoucault219.html
    #psychanalyse #pouvoir #corps #foucault


  • Le glaive ou le pont ? Le masculin et le pouvoir de vie | Cairn.info
    https://www.cairn.info/revue-mouvements-2004-1-page-75.htm

    Les hésitations et les tergiversations de Freud, puis les confirmations par Lacan de ses choix les plus contestables, ont conduit la plus grande partie des psychanalystes à enfermer les hommes et les femmes dans des postures immuables. Le masculin serait condamné à sempiternellement représenter et incarner la loi, à se dresser en travers d’un féminin réduit à une pure affectivité. Corrélativement le père aurait pour mission principale de trancher le lien avec l’enfant, que la mère voudrait toujours empêcher d’exister. Monique Schneider nous montre que l’œuvre de Freud permet une autre lecture, à travers laquelle il existe une possibilité, pour le masculin et le paternel, de sortir des apories de la loi avec un grand L ou de l’institution avec un grand I, qui sont souvent les meilleurs prétextes pour ne rien changer aux rapports sociaux.
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    Inscrire le pouvoir de vie dans le masculin revient, si on respecte le code freudien, à introduire une dimension officiellement placée en territoire féminin. Un féminin qui, dans le sillage de L’Homme Moïse, serait à situer du côté du « sensible » auquel initie la mère, alors que le masculin, sous l’égide du père, commanderait l’accès au « nouveau règne de la spiritualité (Geistigkeit) ». Le passage d’un règne à l’autre constituerait le grand « progrès » (Fortschritt) de la civilisation. La construction de l’idée de paternité est elle-même emportée dans un certain nombre de mutations. Or la pensée psychanalytique actuelle a tendance à envisager les mutations sous l’angle de la dégradation. Nous assisterions, selon certains, à une perte des repères – perte due en particulier aux nouvelles possibilités de procréation offertes par les techniques médicales –, à une « désymbolisation ». Dans cette perspective, la symbolisation attenante au régime actuel, attribuant au père une fonction essentiellement séparatrice, devrait être regardée comme une symbolisation adéquate, fondée sur la nature des choses et sur une droite différenciation du partage sexué. C’est ce postulat qu’il s’agira, dans un premier temps, de remettre en question, pour questionner les processus de symbolisation et de désymbolisation qui président à l’édification des repères psychanalytiques. L’impact des nouvelles techniques médicales pourra alors se trouver réenvisagé.

    #psychanalyse #sexisme #misogynie #freud #symbole #fraternité

    https://seenthis.net/messages/644808 via mad meg



  • Quels patients serons-nous demain ? Promesses de personnalisation : des médecines douces au #transhumanisme. Table ronde le 7 octobre à Pantin : Pharmacritique
    http://pharmacritique.20minutes-blogs.fr/archive/2017/10/06/table-ronde-quelle-medecine-pour-demain-939101.html
    http://size.blogspirit.net/20minutes-blogs.fr/pharmacritique/560/media/01/01/210992544.jpg

    La #misogynie et la #gynophobie de la #psychanalyse seront abordées maintes fois, et l’on se demandera aussi pourquoi les femmes - et ayant un certain niveau d’#éducation - sont beaucoup plus nombreuses à succomber aux promesses de l’empire naturo-psycho-holistique. Les #femmes sont aussi plus médicalisées que les hommes pour des raisons que des études ont montré, en rapport avec leur position dans la sphère domestique, en charge des affaires privées (dont la santé) de toute la famille, et surtout de la petite enfance. Ce sont elles qui livrent l’immense majorité du bataillon des #aidants, elles qui doivent être contrôlées, sédatées ou stimulées par des psychotropes, pour se conformer aux rôles socio-économiques et accepter que toute rébellion soit traitée comme un signe de #maladie mentale ; elles qui sont soumises au disease mongering (invention de maladies, voire les articles en descendant sur cette page, à commencer par celui-ci) sur leurs états physiologiques, aux diktats des modes, du jeunisme, donc subissant des injonctions à « ne pas se laisser aller », à user de la chirurgie esthétique et de la médecine régénérative, etc. Cette dernière étant au croisement entre la #médecine conventionnelle et les pseudo-médecines (alternatives, complémentaires, douces et autres termes abusifs, vu qu’il ne s’agit aucunement de médecine).

    Les intérêts de beaucoup d’industries dépendent de l’emprise des #stéréotypes et clichés sexistes et différentiels (sur les capacités différentes, donc des fonctions différentes) sur les femmes. Donc, en fin de compte, ces intérêts dépendent de l’emprise des théories psychanalytiques sur tous les domaines impliqués d’une façon ou d’une autre dans la discussion de la nature des femmes et les conséquences (applications diverses). D’autant que, étant un manque, une absence, un négatif, une énigme au sens péjoratif du terme, une perverse sans surmoi, envieuse du pénis, hystérique par définition, etc. toute femme doit vivre des problèmes psychiques, à cause de la destructivité inhérente à sa nature, à ses débordements d’affects amorphes, et ainsi de suite. Tout cela découlant d’une anatomie reconstruite par la psychanalyse en fonction des besoins de la cause, et érigée en destin : l’absence d’organes sexuels externes (?!), car la psychanalyse voit la femme comme un trou anatomique, doublé d’un « trou dans la culture et la civilisation »...

    Il faut barrer la femme, dit Jacques Lacan, puisqu’on ne peut que « mi-dire » de cette chienne décrite par l’absence de toutes les capacités proprement humaines, détenues par les hommes (raison, logique, forme (versus affects amorphes), capacité d’abstraction, éthique et morale) qui sont les seuls à mettre en place et à pouvoir perpétuer l’ordre symbolique, la Loi de l’espèce humaine, garantie par l’équation visant à placer le Nom-du-Père sur le désir de la mère... Equation que Yann Diener, autre lacanien en position de pouvoir et sur les deniers publics que les psychanalystes ne veulent pas perdre, nous rabâche régulièrement dans Charlie Hebdo, avec d’autres dogmes et quelques citations du maître charlatan Jacques Lacan. Il a dit tout et son contraire.

    https://seenthis.net/messages/635525 via Agnès Maillard



  • Pratiquée jusque dans les années 80, la lobotomie visait surtout les femmes
    http://www.lemonde.fr/sciences/article/2017/09/12/les-femmes-premieres-victimes-des-lobotomies_5184188_1650684.html

    Sur les 1 340 opérations menées en France, Belgique et Suisse entre 1935 et 1985, 84 % des patients étaient des patientes. Retour sur une des pages les plus noires de l’histoire de la psychiatrie.

    #sexisme #psychiatrie #medecine #violence_masculine #femmes #paywall

    https://seenthis.net/messages/629196 via mad meg



  • #PMA : aux sources du débat français
    https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/020717/pma-aux-sources-du-debat-francais

    Après l’avis du Comité d’éthique sur la PMA et la #GPA, le débat sur l’homoparentalité et, plus généralement, sur la filiation n’a pas tardé à resurgir. L’historienne américaine Camille Robcis décortique dans un livre passionnant les spécificités du débat français sur la question. Un débat où se mêlent tradition familialiste issue du catholicisme et universalisme républicain, mais aussi #structuralisme et psychanalyse. Entretien.

    #Culture-Idées #homoparentalité #psycanalyse


  • Physicians for Human Rights - Nuremberg Betrayed: Human Experimentation and the CIA Torture Program
    http://physiciansforhumanrights.org/library/reports/nuremberg-betrayed-humanex.html

    PHR researchers show that #CIA contract psychologists James Mitchell and Bruce Jessen created a research program in which health professionals designed and applied torture techniques and collected data on torture’s effects. This constitutes one of the gravest breaches of medical ethics by U.S. health personnel since the #Nuremberg Code was developed

    #psychologues #tortures #Guantanamo #États-Unis

    https://seenthis.net/messages/609019 via Fil


  • Plongée dans la tête des kamikazes
    http://abonnes.lemonde.fr/societe/article/2017/06/07/dans-la-tete-des-kamikazes_5139774_3224.html?h=11
    http://img.lemde.fr/2017/05/29/805/0/3827/1910/644/322/60/0/b883f1c_32740-5j6vnl.0gzz8y3nmi.jpg

    Le Califat, promesse de réparation historique

    Ce sentiment d’impuissance face aux souffrances des musulmans a atteint son acmé avec le déclenchement de la guerre civile syrienne. Il trouvera concomitamment une issue avec la proclamation du « califat », le 29 juin 2014, perçu comme une promesse de réparation des humiliations passées.

    Dans son message à sa mère, Ibrahim El Bakraoui présente ainsi l’EI comme un espoir de revanche historique : « Maintenant, nous, gloire à Dieu, depuis des centaines d’années, on a perdu l’Andalousie, on a perdu la Palestine, on a perdu, euh, tous les pays musulmans en fait, l’Afghanistan, l’lrak, la Syrie, le Maroc, il est gouverné par un tyran, la Tunisie, l’Algérie tous les pays, gloire à Dieu, il y a un Etat islamique qui a été créé. »

    Cette fierté retrouvée de l’oumma (la communauté des musulmans), près d’un siècle après l’abolition du dernier califat ottoman, en 1924, Khalid El Bakraoui tente de l’expliquer à son épouse dans une lettre d’adieu manuscrite : « Sache Nawal qu’il y a toujours eu des Etat islamique. Le dernier a été detruit début des annes 1920, mais ensuite les gens ont abandonner le djihad et Allah depuis n’a cesser de nous humilier (…) Mais aujourd’hui nous avons un Etat islamique qui a remporter beaucoup de victoir. »

    « Pourquoi nous vous haïssons »

    Cette exportation du « djihad défensif » vers l’Occident sert aujourd’hui d’alibi à un « djihad offensif » qui ne dit pas son nom, l’objectif affiché de protection de l’islam devant, à terme, mener à sa propagation. Ce glissement a été formalisé par l’EI dans un article intitulé « Pourquoi nous vous haïssons, pourquoi nous vous combattons », publié par l’organe de propagande Dabiq, en juillet 2016.

    L’article développe son titre en six points. Les trois premiers ont trait à la nature de l’Occident : « Nous vous haïssons, d’abord et avant tout parce que vous êtes des mécréants » ; « Nous vous haïssons parce que vous vivez dans des sociétés libérales et sécularisées qui autorisent ce qu’Allah a interdit » ; « Pour ce qui concerne la frange athée, nous vous haïssons et vous faisons la guerre parce que vous ne croyez pas en l’existence de notre Seigneur ». Les trois points suivants font référence aux actions prêtées à l’Occident : les « crimes contre l’islam », les « crimes contre les musulmans » et « l’invasion » des terres musulmanes.

    La liste se conclut sur cette clarification : « Ce qu’il est important de comprendre ici, c’est que même si certains assurent que votre politique extérieure est à l’origine de notre haine, cette cause est secondaire, raison pour laquelle nous ne l’exposons qu’en fin de liste. En réalité, même si vous cessez de nous bombarder, de nous emprisonner, de nous torturer, de nous diffamer, de prendre nos terres, nous continuerons à vous détester parce que la cause principale de cette haine ne cessera pas tant que vous n’aurez pas embrassé l’islam. »
    Le ressort psychologique : impuissance et culpabilité

    Ainsi la propagande de l’EI fait-elle insensiblement dériver ses soldats d’un combat humanitaire vers sa finalité totalitaire : l’annihilation de toute altérité. La seule paix envisagée est la pax islamica. Ce basculement ne séduit cependant qu’une minorité de candidats, mettant en lumière les ressorts psychologiques propres au processus de radicalisation. Une dimension intime évidemment rejetée par les intéressés.

    « Quel était l’état d’esprit des EI Bakraoui ?, demande à Osama Krayem la juge belge chargée de l’enquête sur les attentats de Bruxelles.

    – Ce sont des gens ordinaires. D’ailleurs lbrahim me disait que sans cette coalition, ces musulmans qui se font opprimer là-bas, il aurait eu une vie ordinaire avec des enfants. Je crois qu’à un certain moment il a changé de comportement. (…) Khalid El Bakraoui, sa femme était enceinte. (…) Le terrorisme n’est pas une personnalité, en fait. Vous pouvez lire l’histoire des musulmans, à aucun moment ce sont les musulmans qui ont pris l’initiative d’attaquer ou de faire du mal. »

    Osama Krayem affirme que le terrorisme n’est pas « une personnalité ». Mais qu’est-ce qui a finalement convaincu Ibrahim El Bakraoui de renoncer à sa « vie ordinaire » et son frère Khalid d’abandonner sa femme enceinte pour se faire exploser ? Comme nombre de candidats au djihad, les frères El Bakraoui étaient des délinquants, très éloignés de la religion, avant leur conversion à l’islam radical.

    « Beaucoup de délinquants se sentent en réalité coupables, explique le psychanalyste Fethi Benslama, auteur d’Un furieux désir de sacrifice. Le surmusulman (2016, Seuil). Or, les religions monothéistes jouent sur la culpabilité. En arabe, religion se dit din, qui signifie “dette”. Leur entrée dans le djihad peut atténuer ce sentiment en leur offrant une cause. Il s’opère ensuite ce qu’on pourrait appeler un renversement moral de culpabilité : l’hostilité intérieure se transforme en hostilité extérieure et autorise l’agression d’autrui dans un sentiment de toute- puissance. »

    #djihadisme #EI #Al-Queda #psychologie #impérialisme


  • Hongrie : une institution psychiatrique accusée de mauvais traitements va fermer
    https://hu-lala.org/hongrie-institution-psychiatrique-accusee-de-mauvais-traitements-va-fermer

    Une ONG dénonce les tortures et les mauvais traitement infligés aux patients d’une institution psychiatrique publique en Hongrie et réclame une enquête.

    #Société #Article_payant #Psychiatrie #Topház #une-sous #Zoltán_Balog


  • How Uber Uses Psychological Tricks to Push Its Drivers’ Buttons - by Noam Scheiber; graphics by Jon Huang -
    The New York Times
    https://www.nytimes.com/interactive/2017/04/02/technology/uber-drivers-psychological-tricks.html

    Employing hundreds of social scientists and data scientists, Uber has experimented with video game techniques, graphics and noncash rewards of little value that can prod drivers into working longer and harder — and sometimes at hours and locations that are less lucrative for them.

    (…) To keep drivers on the road, the company has exploited some people’s tendency to set earnings goals — alerting them that they are ever so close to hitting a precious target when they try to log off. It has even concocted an algorithm similar to a Netflix feature that automatically loads the next program, which many experts believe encourages binge-watching. In Uber’s case, this means sending drivers their next fare opportunity before their current ride is even over.

    (…) pulling psychological levers may eventually become the reigning approach to managing the American worker [Nota: pourquoi American, on sait pas]

    https://static01.nyt.com/images/2017/03/27/business/00UBERDRIVER5/00UBERDRIVER5-popup.jpg

    (…) other “gig economy” platforms are also involved. Uber’s main competitor, Lyft, and popular delivery services like Postmates rely on similar approaches. So do companies and individuals posting assignments on crowdsourcing sites like Amazon Mechanical Turk (…)

    Of course, many companies try to nudge consumers into buying their products and services using psychological tricks. But extending these efforts to the work force is potentially transformative.

    (…) Some local managers who were men went so far as to adopt a female persona for texting drivers, having found that the uptake was higher when they did.

    (…) whether they enjoy it is separate from the question of #agency — whether they have it, or whether the company does.

    (…) Kelly Peters, chief executive of BEworks, a management consulting firm specializing in behavioral science, argued that the same data that makes it easier for Uber to nudge drivers into working an additional 30 or 60 minutes also makes it hard to escape the obligation to look after them.

    (…) It is … not too hard to imagine a future in which massive digital platforms like Uber have an appetite for tens of millions of workers

    #gamification #manipulation #psychologie @taxi
    l’article est aussi intéressant pour sa #simulation #visualisation

    https://seenthis.net/messages/585607 via Fil


  • L’hôpital psy lyonnais du Vinatier vent debout contre la réforme
    https://www.mediapart.fr/journal/france/030417/l-hopital-psy-lyonnais-du-vinatier-vent-debout-contre-la-reforme

    Les professionnels de la #pédopsychiatrie de l’hôpital du Vinatier, dans la région lyonnaise, refusent de sacrifier la proximité des soins au nom de l’efficacité budgétaire. Une mobilisation sans précédent agite le premier hôpital psychiatrique de #France, en grève lundi 3 avril.

    #Le_Vinatier #Lyon #Ondam #psychiatrie #sante #Santé_mentale #sectorisation


  • La #pédopsychiatrie lyonnaise vent debout contre une réforme des soins de proximité
    https://www.mediapart.fr/journal/france/030417/la-pedopsychiatrie-lyonnaise-vent-debout-contre-une-reforme-des-soins-de-p

    Les professionnels de la pédopsychiatrie de l’hôpital du Vinatier, dans la région lyonnaise, refusent de sacrifier la proximité des soins au nom de l’efficacité budgétaire. Une mobilisation sans précédent agite le premier hôpital psychiatrique de #France, en grève lundi 3 avril.

    #Le_Vinatier #Lyon #Ondam #psychiatrie #sante #Santé_mentale #sectorisation


  • La #pédopsychiatrie lyonnaise vent debout contre une réforme du soin de proximité
    https://www.mediapart.fr/journal/france/030417/la-pedopsychiatrie-lyonnaise-vent-debout-contre-une-reforme-du-soin-de-pro

    Les professionnels de la pédopsychiatrie de l’hôpital du Vinatier, dans la région lyonnaise, refusent de sacrifier la proximité des soins au nom de l’efficacité budgétaire. Une mobilisation sans précédent agite le premier hôpital psychiatrique de #France, en grève lundi 3 avril.

    #Le_Vinatier #Lyon #Ondam #psychiatrie #sante #Santé_mentale #sectorisation


  • La petite différence qui fait toute la différence - Mon patron est proféministe
    http://blog.monpatronestprofeministe.eu/post/La-petite-difference

    Confort et conformisme sont les traits les plus marquants de ces années de psychothérapie. Conformisme pour le paillassonnat au féminin, le chômage acceptable et les injonctions à une féminité stéréotypée (avec des « rondeurs »). Confort pour l’alloc qui permet de vivre dans une pauvreté de bon aloi (de 500 à 800 euros par mois depuis 2003 que je touche l’allocation adulte handicapé-e (1)) et les traitements médicamenteux bricolés pour que mes plaintes restent à un niveau acceptable. Les molécules en question marchent plus ou moins mal et me font une caverne de Platon où la température est tantôt acceptable et tantôt insupportable. Mais il faut que mes plaintes au sujet du froid mordant ou de la chaleur suffocante atteignent des niveaux sonores pénibles pour que le psy teste un nouveau bricolage.

    Présentées comme une aide temporaire me mettant en mesure de réussir ma thérapie et de reprendre pied dans mes activités, ces prescriptions rendent tolérable un provisoire qui dure. Étudiante avec un passage à vide, je suis devenue une malade administrée.

    #psychiatrie #dépression #psychiatrisation #ergothérapie #féminité #conformisme

    https://seenthis.net/messages/577338 via Aude



  • Le #syndrome_du_grand_méchant_monde
    https://4emesinge.com/le-syndrome-du-grand-mechant-monde

     Comme toute personne ayant regardé attentivement un journal télévisé, vous vous êtes certainement questionnés sur les raisons qui poussaient les journaux d’informations à se focaliser sur les informations négatives. Cette #peur abondamment véhiculée durant chaque journal télévisé, dans la presse écrite, dans les discours politiques, etc. Cette peur générée par le monde qui nous entoure… Où plutôt devrais-je dire, […]

    #Conditionnement_/_Manipulation #Documentaires_/_reportages #Marketing/Publicité #Médias #Psychologie #Vidéos #hacking_social #horizon-gull #manipulation_médiatique


  • #Wilhelm_Reich et la #révolution absente. Penser l’entre-deux-guerres avec Marx et Freud
    http://www.contretemps.eu/reich-revolution-absente

    Pour un intellectuel communiste germanique tel que Wilhelm Reich (1897-1957), les années d’entre-deux-guerres sont évidemment...

    #Diaporama #Histoire #Théorie #Aliénation #Allemagne #fascisme #freudisme #Karl_Marx #marxisme #nazisme #psychanalyse #révolution_allemande #sexualité #Sigmund_Freud


  • The data World that turned the world Upside Down

    http://motherboard.vice.com/read/big-data-cambridge-analytica-brexit-trump

    Psychologist Michal Kosinski developed a method to analyze people in minute detail based on their Facebook activity. Did a similar tool help propel Donald Trump to victory? Two reporters from Zurich-based Das Magazin (where an earlier version of this story appeared in December in German) went data-gathering.

    On the same day, a then little-known British company based in London sent out a press release: “We are thrilled that our revolutionary approach to data-driven communication has played such an integral part in President-elect Trump’s extraordinary win,” Alexander James Ashburner Nix was quoted as saying. Nix is British, 41 years old, and CEO of #Cambridge_Analytica

    http://motherboard-images.vice.com//content-images/contentimage/41599/148549974002845.jpg

    His company wasn’t just integral to Trump’s online campaign, but to the UK’s Brexit campaign as well.

    What Kosinski did not know at the time: SCL is the parent of a group of companies. Who exactly owns SCL and its diverse branches is unclear, thanks to a convoluted corporate structure, the type seen in the UK Companies House, the Panama Papers, and the Delaware company registry. Some of the SCL offshoots have been involved in elections from Ukraine to Nigeria, helped the Nepalese monarch against the rebels, whereas others have developed methods to influence Eastern European and Afghan citizens for NATO. And, in 2013, SCL spun off a new company to participate in US elections: Cambridge Analytica.

    “Pretty much every message that Trump put out was data-driven,” Alexander Nix remembers.

    Our smartphone, Kosinski concluded, is a vast psychological questionnaire that we are constantly filling out, both consciously and unconsciously.

    Macron tenterait-il le même genre d’approche ? Qui d’autre encore ?

    #Trump #big_data #Psychometrics #psychologie #manipulation #Strategic_Communication_Laboratories

    https://seenthis.net/messages/565551 via 0gust1