#psychiatrie

  • Panthère Première » HP, l’ère du vide
    https://pantherepremiere.org/texte/hp-lere-du-vide

    par Sila B.

    Dans l’unité fermée où les patient·es passent 24h/24 pendant des semaines, parfois des mois, se trouvent leurs chambres, des chiottes, des douches, des bureaux pour les consultations (avec un psychiatre, deux internes et une psychologue) et pour les infirmières, ainsi qu’un « lieu de vie ». Pas franchement conviviale, cette grande pièce évoque plutôt des bureaux. Une partie est dotée de tables à tout faire dont la principale activité : manger trois fois par jour. Dans un coin, une télévision reste toujours branchée sur TF1 et la clope est autorisée à l’intérieur – c’était dans les années 2000. Regarder Le maillon faible avec des gens qui vont mal et à qui la famille n’a pas pu ou voulu payer de meilleurs soins dans une clinique privée, voir l’animatrice humilier le maillon faible et les pubs qui défilent où il n’est question que de beaux cheveux, d’intérieurs bien tenus et d’automobiles filant dans des décors de cinéma. Regarder la télé et éprouver l’ennui absolu d’une discussion entre « cas psy » comme moi. L’administration n’a pas prévu de nous faire faire un tour dehors, en plein air, ni une activité physique ou créative qui donne un peu de plaisir et de fierté – ou qui, tout bêtement, maintienne dans une santé physique correcte. Maillon faible tu es, maillon faible tu resteras, avec un peu plus de gras autour du bide et des muscles atrophiés. Nous faisons l’objet d’injonctions contradictoires : il faut s’habiller avec ses propres vêtements et ne pas rester en pyjama mais les fringues sales mettent dix jours à revenir de la buanderie ; il faut passer la ma­tinée en-dehors des chambres mais il n’y a rien à faire dans les parties communes.

    #psychiatrie #HP #handicap #dépression #exclusion

    https://seenthis.net/messages/780911 via Panthère Première


  • #Hopsyweb & #FSPRT : gravissime entaille au secret médical.
    (Gérard Collomb c’est vraiment degueulasse)

    Radicalisation et psychiatrie : les données de deux fichiers pourront être consultées par les préfets
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/05/07/radicalisation-et-psychiatrie-les-donnees-de-deux-fichiers-pourront-etre-con

    Ce texte a « pour objet la prévention de la radicalisation ». Il autorise le croisement de deux fichiers de données à caractère personnel (identité, date de naissance, etc.). L’un, nommé Hopsyweb, concerne les personnes subissant des « soins psychiatriques sans consentement », et l’autre est le Fichier des signalements pour la prévention et la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT).

    Le décret en question : https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000038442383&dateTexte=&categorieLie
    /.../

    Ce décret s’accompagne d’un avis de la CNIL (Commission nationale de l’informatique et des libertés), organisme chargé de s’assurer du bon usage des données personnelles. L’autorité « souligne la différence profonde d’objet entre les deux fichiers en présence, l’un faisant état d’antécédents psychiatriques d’une certaine gravité, l’autre ayant la nature d’un fichier de renseignement ».

    L’avis en question : https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=8466993850EE662404573215C63A3DCF.tplgfr32s

    On peut retrouver les origines de tout ça dans cet article de août 2017 alors que Gérard Collomb avait affirmé

    /.../ en matière de terrorisme, certains actes viennent de « gens qui se radicalisent brutalement avec souvent des profils psychologiques extrêmement troublés ». « À peu près un tiers » des personnes signalées pour radicalisation « présentent des troubles psychologiques », selon une autre de ses déclarations. Il a dit souhaiter « mobiliser l’ensemble des hôpitaux psychiatriques et les psychiatres libéraux de manière à essayer de parer à cette menace terroriste individuelle » et mettre en place des protocoles « lorsqu’un certain nombre de gens ont des délires autour de la radicalisation islamique ».

    L’article lui répond clairement :
    Psychiatrie et terrorisme : quand les patients miment les symptômes d’une société
    https://www.slate.fr/story/150297/psychiatrie-terrorisme-patients-miment-symptomes-societe

    #psychiatrie #terrorisme

    https://seenthis.net/messages/779581 via ¿’ ValK.


  • *Petit guide de lecture (Jean Pierre Martin : Emancipation de la psychiatrie)*

    Cet écrit est un essai qui ne fait pas traité, où le « je » rends compte de mes élaborations et le « nous » celui des équipes avec qui j’ai travaillé. Ce livre prolonge des ouvrages précédents, dont l’objet a été les pratiques d’une politique de secteur psychiatrique alternative à l’hôpital asilaire qui mette fin à une médecine spécifique par l’enfermement. Dès mes premiers pas de praticien en psychiatrie, j’ai rencontré cette condition aliénante pour tous ceux qui s’y retrouvaient sous contrainte, enfermés et laissés en dépôt dans leur propre étrangeté. Les tentatives de transformation radicale de cette condition aliénante sont la rencontre avec « les mondes » de la folie, dont le langage échappe et fascine, apprentissage d’être là en cheminant pour élucider les symptômes et élaborer des connaissances nouvelles.

    https://entreleslignesentrelesmots.blog/2019/04/25/petit-guide-de-lecture-jean-pierre-martin-emancipation-

    #santé #psychiatrie


  • The Challenge of Going Off Psychiatric Drugs | The New Yorker
    https://www.newyorker.com/magazine/2019/04/08/the-challenge-of-going-off-psychiatric-drugs
    https://media.newyorker.com/photos/5c9d308ada8d423b16ba7897/16:9/w_1200,h_630,c_limit/190408_r34035.jpg

    Laura had always assumed that depression was caused by a precisely defined chemical imbalance, which her medications were designed to recalibrate. She began reading about the history of psychiatry and realized that this theory, promoted heavily by pharmaceutical companies, is not clearly supported by evidence. Genetics plays a role in mental disorder, as do environmental influences, but the drugs do not have the specificity to target the causes of an illness. Wayne Goodman, a former chair of the F.D.A.’s Psychopharmacologic Drugs Advisory Committee, has called the idea that pills fix chemical imbalances a “useful metaphor” that he would never use with his patients. Ronald Pies, a former editor of Psychiatric Times, has said, “My impression is that most psychiatrists who use this expression”—that the pills fix chemical imbalances—“feel uncomfortable and a little embarrassed when they do so. It’s kind of a bumper-sticker phrase that saves time.”

    Dorian Deshauer, a psychiatrist and historian at the University of Toronto, has written that the chemical-imbalance theory, popularized in the eighties and nineties, “created the perception that the long term, even life-long use of psychiatric drugs made sense as a logical step.” But psychiatric drugs are brought to market in clinical trials that typically last less than twelve weeks. Few studies follow patients who take the medications for more than a year. Allen Frances, an emeritus professor of psychiatry at Duke, who chaired the task force for the fourth edition of the DSM, in 1994, told me that the field has neglected questions about how to take patients off drugs—a practice known as “de-prescribing.” He said that “de-prescribing requires a great deal more skill, time, commitment, and knowledge of the patient than prescribing does.” He emphasizes what he called a “cruel paradox: there’s a large population on the severe end of the spectrum who really need the medicine” and either don’t have access to treatment or avoid it because it is stigmatized in their community. At the same time, many others are “being overprescribed and then stay on the medications for years.” There are almost no studies on how or when to go off psychiatric medications, a situation that has created what he calls a “national public-health experiment.”

    Roland Kuhn, a Swiss psychiatrist credited with discovering one of the first antidepressants, imipramine, in 1956, later warned that many doctors would be incapable of using antidepressants properly, “because they largely or entirely neglect the patient’s own experiences.” The drugs could only work, he wrote, if a doctor is “fully aware of the fact that he is not dealing with a self-contained, rigid object, but with an individual who is involved in constant movement and change.”

    A decade after the invention of antidepressants, randomized clinical studies emerged as the most trusted form of medical knowledge, supplanting the authority of individual case studies. By necessity, clinical studies cannot capture fluctuations in mood that may be meaningful to the patient but do not fit into the study’s categories. This methodology has led to a far more reliable body of evidence, but it also subtly changed our conception of mental health, which has become synonymous with the absence of symptoms, rather than with a return to a patient’s baseline of functioning, her mood or personality before and between episodes of illness.

    Antidepressants are now taken by roughly one in eight adults and adolescents in the U.S., and a quarter of them have been doing so for more than ten years. Industry money often determines the questions posed by pharmacological studies, and research about stopping drugs has never been a priority.

    Barbiturates, a class of sedatives that helped hundreds of thousands of people to feel calmer, were among the first popular psychiatric drugs. Although leading medical journals asserted that barbiturate addiction was rare, within a few years it was evident that people withdrawing from barbiturates could become more anxious than they were before they began taking the drugs. (They could also hallucinate, have convulsions, and even die.)

    Valium and other benzodiazepines were introduced in the early sixties, as a safer option. By the seventies, one in ten Americans was taking Valium. The chief of clinical pharmacology at Massachusetts General Hospital declared, in 1976, “I have never seen a case of benzodiazepine dependence” and described it as “an astonishingly unusual event.” Later, though, the F.D.A. acknowledged that people can become dependent on benzodiazepines, experiencing intense agitation when they stop taking them.

    In the fifth edition of the DSM, published in 2013, the editors added an entry for “antidepressant discontinuation syndrome”—a condition also mentioned on drug labels—but the description is vague and speculative, noting that “longitudinal studies are lacking” and that little is known about the course of the syndrome. “Symptoms appear to abate over time,” the manual explains, while noting that “some individuals may prefer to resume medication indefinitely.”

    Audrey Bahrick, a psychologist at the University of Iowa Counseling Service, who has published papers on the way that S.S.R.I.s affect sexuality, told me that, a decade ago, after someone close to her lost sexual function on S.S.R.I.s, “I became pretty obsessive about researching the issue, but the actual qualitative experience of patients was never documented. There was this assumption that the symptoms would resolve once you stop the medication. I just kept thinking, Where is the data? Where is the data?” In her role as a counsellor, Bahrick sees hundreds of college students each year, many of whom have been taking S.S.R.I.s since adolescence. She told me, “I seem to have the expectation that young people would be quite distressed about the sexual side effects, but my observation clinically is that these young people don’t yet know what sexuality really means, or why it is such a driving force.”

    #Psychiatrie #Big_Pharma #Addiction #Anti_depresseurs #Valium

    https://seenthis.net/messages/771614 via Articles repérés par Hervé Le Crosnier


  • Aurions-nous tout faux au sujet de la #dépression ? - ★ ZINZIN ZINE ★
    http://www.zinzinzine.net/tout-faux-depression.html

    Annotations :

    L’exception du deuil semblait avoir créé une faille dans l’affirmation voulant que les causes de la dépression seraient déjà scellées dans votre crâne. Cela laissait entendre qu’il existait des causes dans l’environnement extérieur, et qu’elles devaient être appréhendées et résolues dans cet environnement. Ce fut un débat que la #psychiatrie traditionnelle (à quelques exceptions près) ne voulu pas avoir. Donc, iels répondirent d’une manière simple – en réduisant petit à petit l’exception du deuil. À chaque nouvelle édition du manuel, iels réduisirent la période de deuil permise avant d’être étiqueté·e comme souffrant de maladie mentale – jusqu’à ce qu’elle ne soit plus que de quelques mois et pour ensuite finir par disparaître complètement. (...)

    #travail #médicaments #Science

    https://seenthis.net/messages/756368 via Ghald


  • Les soignant·es en lutte de l’#hôpital_psychiatrique du Rouvray occupent l’administration depuis cette après-midi. Leur communiqué :
    https://blogs.mediapart.fr/solidarite-rouvray/blog/310518/communique-des-soignant-es-en-lutte

    Aujourd’hui, jeudi 31 mai à 15h, une centaine de salariés du Centre Hospitalier du Rouvray (hôpital Psychiatrique Rouen, Normandie 76) occupent l’administration pour réclamer notamment 52 postes supplémentaires pour prendre en charge correctement la souffrance psychique de nos concitoyens. Ils appuient ainsi l’action de 7 de leurs collègues en grève de la faim DEPUIS 10 jours !!!

    Nous rappelons que le mouvement de grève a débuté depuis le 22 mars 2018. Et que nous recevons pour seule réponse que du mépris !

    Défendons un service public de Santé de qualité sur tout le territoire !!!

    Z’hôpital public A Défendre !

    L’intersyndicale : CFDT, CGT, SUD, CFTC, Comité de grève, #blousesnoires.

    Pour les Rouennais·es : appel à venir en masse samedi à 14 sur place.

    La direction, elle, avait décampé des lieux au préalable et préparé un autre bâtiment. Prévoyante, mais pas pressée de regarder en face le mouvement social qui la concerne au premier chef. Un article pas mal du tout sur l’après-midi :
    https://actu.fr/normandie/sotteville-les-rouen_76681/greve-faim-lhopital-rouvray-pres-rouen-locaux-direction-occupes_17059763.html

    Les sept grévistes de la faim sont unanimes sur les réponses données par le ministère et son pendant régional. Quand Agnès Buzyn estime que le problème de l’hôpital est le recrutement de psychiatres, ils estiment que ce n’est « pas la priorité et pas ce qu’on demande », résume Marc-Aurélien : « Plus de psychiatres, ça veut dire du rendement. Cela ne nous décharge pas, nous soignants. » Jean-Yves Herment, autre gréviste de la faim, explique :

    Structurellement c’est de soignants dont on a besoin, du personnel au quotidien, à proximité des patients. Sur du long terme, bien sûr, l’un n’empêche pas l’autre. Nous c’est l’urgence qu’on veut gérer, là.

    Julie, salariée simple gréviste, appuie son analyse : « Ils vont recruter des médecins étrangers, en leur disant qu’ils auront une place qu’ils n’auront jamais et feront du chiffre. » L’autre pendant de la « logique comptable » dénoncée par les grévistes est la création d’une « mission d’audit flash » par l’ARS, annoncée mercredi 30 mai. Ils fustigent cette décision, « le troisième audit en trois ans, qui ont coûté 330 000 euros, pour des problèmes connus ».

    #psychiatrie #travail #CH_du_Rouvray

    https://seenthis.net/messages/698685 via intempestive


  • « Grève de la faim à Saint-étienne-du-rouvray. La colère monte... »
    https://rouendanslarue.net/greve-de-la-faim-ser

    https://www.youtube.com/watch?v=16RYPo_VNYw

    Le personnel de l’#hôpital_psychiatrique de Saint-Etienne du Rouvray est en grève depuis le 22 mars. L’intersyndicale dénonce la dégradation des conditions d’accueil et de prise en charge des patients et demande la création de postes, l’ouverture d’une unité spécialisée pour adolescent puisque à l’heure actuelle des jeunes de 14 ans peuvent se retrouver sur un lit de camp dans la même chambre que des adultes. Elle demande aussi l’agrandissement de l’unité accueillant des personnes incarcérées. Le conflit a démarré par une grève reconductible et ils ont multiplié les actions comme par exemple l’occupation des locaux de l’ ARS, l’agence régionale de santé, d’où ils ont été délogés par les CRS. Organisés en intersyndicale, des syndiqués et des-non syndiqués se sont réunis dans le collectif « les blouses noires ».

    Voir aussi le texte de François Ruffin sur le site du comité de soutien aux grévistes
    https://blogs.mediapart.fr/solidarite-rouvray/blog/290518/communiques-et-lettres-de-soutien-aux-grevistes-du-rouvray-au-30-mai

    Nous avons joint le délégué CFDT, Jean-Yves Herment, par téléphone :

    "Nous sommes obligés de faire dormir des patients dans des lits de camp, de les installer dans les couloirs, dans des bureaux. Des jeunes ados, de douze ans, se retrouvent dans des services adultes, faute de place. Mais ça n’est pas le pire. Le pire, c’est que j’en ai marre d’enfermer des gens parce qu’on manque de personnel. On met des malades en #chambre_d'isolement, pas pour des raisons médicales, pas pour leur apporter un soin, mais juste pour des raisons administratives, par manque de temps. On ne soigne plus, on enferme, et je n’ai pas choisi ce métier pour ça.
    Depuis le 22 mars, on a tout essayé, mais ni la direction, ni l’Agence Régionale de Santé, n’ont répondu à nos demandes. C’est le mépris. Alors, ça a suscité une telle colère, on s’est dit : ’Il ne nous reste plus que ça, la grève de la faim, nous mettre en danger."

    À Amiens, à l’hôpital Philippe Pinel, la situation, pourtant déjà critique, s’est encore dégradée : deux psychiatres viennent de démissionner, laissant les services médicalement exsangues. Près de quarante postes sont aujourd’hui vacants. Et les mêmes causes produisent (à peu près) les mêmes effets : « Par manque de places, des patients doivent parfois dormir en chambre d’isolement, en contradiction avec tous les protocoles. »

    #vidéo #psychiatrie #contention #maltraitance_institutionnelle

    https://seenthis.net/messages/698236 via intempestive


  • La psychiatrie en grande souffrance, Journal officiel de tous les pouvoirs

    Ecrasés par les restrictions budgétaires, les soignants se disent à bout et dénoncent une « perte de sens » de leur travail

    Il y a chez eux de la fatigue, du désarroi et de la colère. Depuis des mois, des médecins et des soignants du secteur psychiatrique multiplient grèves et lettres ouvertes aux autorités sanitaires pour alerter sur la dégradation de leurs -conditions de travail en raison des restrictions budgétaires. Et, par conséquent, sur la détério-ration de la prise en charge des malades.

    Après des années de restructurations et de non-remplacement systématique des départs, plusieurs responsables syndicaux estiment que ce service public est désormais « à l’os ». « On nous pressurise depuis des années, on est arrivé à un point de bascule », assure Jean-Pierre Salvarelli, membre du Syndicat des psychiatres des hôpitaux (SPH) et chef de pôle au Vinatier, à Lyon, l’un des plus gros hôpitaux psychiatriques de France. L’année dernière, 52 postes de soignants ont été supprimés dans cet établissement. « Les infirmières et les aides-soignantes se démultiplient pour boucher les trous, dit-il. Mais les équipes n’en peuvent plus. »

    Turnover et absentéisme

    D’un bout à l’autre de la France, les mêmes maux et les mêmes symptômes : des taux d’absentéisme élevés, un fort turnover des personnels, des postes de médecins non pourvus (il manquerait 900 à 1 000 psychiatres, selon le SPH), des lits en nombre insuffisant dans certains services, notamment aux urgences, et des patients à accueillir toujours plus nombreux.

    Entre 2010 et 2016, près de 300 000 personnes supplémentaires ont été suivies en psychiatrie. « Les ressources n’ont pas augmenté proportionnellement à la croissance de la file active, constate Magali Coldefy, géographeà l’Institut de recherche et de documentation en économie de la santé (Irdes). Faute de moyens, la psychiatrie a tendance à se replier sur l’intra-hospitalier et la gestion de la crise et de l’urgence. »

    Signes extérieurs du malaise ambiant, les établissements -d’Allonnes (Sarthe), Bourges (Cher) ou Rennes (Ille-et-Vilaine) ont connu ces derniers mois des mouvements de grève. Le 5 janvier, sept anciens psychiatres de l’hôpital Philippe-Pinel, à Amiens (Somme), ont écrit à la ministre de la santé Agnès Buzyn pour lui expliquer pourquoi la « dégradation continuelle des conditions de prise en charge des patients » avait pesé dans leur choix « douloureux » de quitter l’hôpital public. Dans leur courrier, ils dénoncent un « hôpital en déshérence » et une « souffrance éthique et professionnelle à son paroxysme ».

    La gravité de la crise commencerait-elle à être perçue au-delà des enceintes des hôpitaux psychiatriques ? La députée (La République en marche) de la Somme Barbara Pompili a dit sa « honte » après avoir visité l’établissement d’Amiens le 3 novembre 2017. « La faiblesse hallucinante des effectifs transforme cet hôpital en gigantesque garderie, avec toutes les conséquences que cela peut avoir pour ceux qui sortent, comme pour ceux qui ne sortent pas », avait-elle écrit. Quant à François Ruffin (La France insoumise), l’autre député du département, il a récemment publié un livre (Un député à l’hôpital psychiatrique, Fakir éditions) dans lequel il raconte les difficultés et les dysfonctionnements de ce même hôpital.

    Les restrictions budgétaires ont différents types de conséquences. Au sein même des hôpitaux, de nombreux infirmiers, dont les témoignages ont été recueillis après un appel lancé sur le site du Monde, disent ne plus avoir le temps de parler avec les patients hospitalisés ou d’effectuer avec eux des activités thérapeutiques. « On est accaparé par l’urgence et le quotidien. Nous n’avons plus le temps de faire des entretiens avec les patients, de prendre un café avec eux, ou de les accompagner pour qu’ils puissent téléphoner. Cela génère des situations d’agressivité et de violence plus fréquentes. Et nous, on a le sentiment de mal faire notre travail, d’être maltraitants », raconte Marion, 25 ans, infirmière dans un gros hôpital de province.

    Motivation en berne

    « Quand je suis arrivé à l’hôpital il y a quelques années, on faisait encore des sorties au musée, au cinéma ou au cirque, témoigne-Cyril, infirmier dans un hôpital du sud de la France. Cette année, nous n’avons pas prévu d’en faire car nous arrivons à peine à tenir le planning et à assurer la continuité du service. » " Je ne suis qu’un garde-fou, nous n’avons plus les moyens et la motivation d’être soignant « , estime un infirmier à Agen, résumant ainsi la » perte de sens « ou l’amertume racontées au Monde par de nombreux professionnels de santé.

    Car pour répondre à la violence, lorsque les effectifs manquent, les recours à la chambre d’isolement (une pièce sécurisée avec matelas fixé au sol) et à la contention peuvent augmenter. En 2016, le contrôleur général des privations des lieux de liberté avait dénoncé la » banalisation « de ces pratiques.

    Après avoir fermé près de 15 000 lits de psychiatrie entre 1997 et 2015, les hôpitaux n’arrivent pas aujourd’hui à prendre en charge correctement tous les patients. Face à la hausse du nombre d’hospitalisations sous contrainte (92 000 personnes en 2015), il n’est pas rare que des unités de soins prévues pour 20 patients en accueillent davantage. » C’est la course aux lits, pour faire de la place, on fait sortir les malades dès qu’ils ne représentent plus un danger direct pour eux ou pour les autres, raconte Marie, 41 ans, psychiatre dans un établissement de la région parisienne. L’absence de lits est devenue un critère dans la durée de soins des patients, autant, voire parfois plus, que l’aspect médical. « 
    Une autre infirmière exerçant dans un hôpital du sud de la France fait état de patients obligés de rester en chambre d’isolement, » alors qu’ils n’en ont plus besoin au niveau psychiatrique « , par manque de place.

    Jean Vignes, le secrétaire général du syndicat SUD-Santé-Sociaux, juge d’ailleurs la situation » tellement tendue « qu’il plaide pour la réouverture » au moins de façon provisoire « d’un millier de lits. Pour justifier cette revendication en demi-teinte, il explique que son organisation était historiquement » pour la diminution du nombre de lits « , mais » à condition d’avoir les moyens d’assurer le suivi en extra-hospitalier « .

    Or, c’est cette prise en charge, assurée hors des murs des établissements psychiatriques, par notamment les centres médico-psychologiques (CMP), émanations de l’hôpital présentes partout sur le territoire, qui semble aujourd’hui le plus souffrir des restrictions budgétaires. » On a mécaniquement tendance à alléger l’ambulatoire - le suivi à l’extérieur - et à rapatrier les ressources vers les services d’hospitalisation. C’est l’hôpital qui prime, c’est un retour à l’asile « , déplore Isabelle Montet, la secrétaire générale du SPH.
     » On est obligé de se retirer des endroits où vivent les gens parce que nous sommes contraints de centrer nos efforts sur ce qui est incontournable pour la société, c’est-à-dire accueillir les patients qui relèvent de soins non consentis « , explique le docteur Marie-José Cortes.

    Une nouvelle organisation

    Un poids grandissant de l’hôpital, vu comme un retour en arrière par de nombreux professionnels, qui heurte aussi les associations de patients. » Je ne pense pas qu’il y ait un manque réel de moyens, de personnels et de lits « , estime ainsi Claude Finkelstein, la présidente de la Fédération nationale des associations en psychiatrie (Fnapsy). Pour elle, » on travaille encore à l’ancienne « dans le domaine de la psychiatrie, et » trop de gens sont à l’hôpital parce qu’on ne sait pas où les mettre « . » Il ne faut pas colmater, mais réfléchir à une nouvelle organisation des soins « , ajoute -Fabienne Blain, porte-parole du collectif Schizophrénie, qui demande une vaste réallocation des moyens consacrés à la psychiatrie.

    François Béguin

    Pour les enfants, jusqu’à un an d’attente avant un rendez-vous

    Du côté des petits patients, des délais d’attente inadmissibles pour une première consultation et un manque de lits d’hospitalisation. Du côté des pédopsychiatres, une crise démographique et universitaire, qui rend la spécialité de moins en moins attrayante. La psychiatrie des enfants et des adolescents est » sinistrée « , selon le sénateur (LRM) et médecin Michel Amiel, rapporteur, en mai 2017, d’un volumineux rapport d’information parlementaire sur la psychiatrie des mineurs en France.

    Le repérage et la prise en charge précoce des troubles psy des jeunes sont considérés comme une priorité. Mais au regard de la forte hausse des besoins et aux nouveaux défis liés notamment au décrochage scolaire, au harcèlement ou aux traumatismes liés aux attentats, » le nombre de structures de prise en charge et leurs effectifs ont très peu augmenté « , constate ce rapport. Les CMP (centres médico-psychologiques) et CMPP (centres médico-psychopédagogiques), bien souvent structures d’entrée dans le parcours de soins psychiatriques, sont engorgés. Le délai pour une première consultation dépasse un an dans certains départements, désespérant familles et professionnels. » On a des demandes de 2016 auxquelles on n’a pas répondu. On a honte. On voit tous les dégâts qu’on aurait pu éviter, les souffrances qu’on aurait pu atténuer « , témoigne une pédopsychiatre exerçant dans un CMP de province.

    Le nombre de lits d’hospitalisation en pédopsychiatrie est en augmentation depuis 2001, mais les capacités sont encore trop limitées, avec de fortes inégalités territoriales, souligne le rapport. Le délai d’obtention d’une place en hôpital de jour – l’essentiel des prises en charge hospitalières des mineurs – est lui aussi jugé important.

    Cercle vicieux

    Quant au nombre de pédopsychiatres inscrits en tant que tels au conseil de l’ordre des médecins, il a été divisé par deux en dix ans. De 1 235 en 2007, il est passé à 593 en 2017, dont 80 % ont plus de 60 ans. Certes, ces chiffres sont à prendre avec précaution, car le dénombrement précis de ces praticiens est complexe,la pédopsychiatrie n’étant pas une spécialité médicale distincte de la psychiatrie. Mais la désaffection est indéniable, et contribue à un cercle vicieux. Moins il y a de pédopsychiatres, moins il y a de formateurs et donc de nouvelles vocations.

    En France, une faculté de médecine sur cinq n’a pas de professeur d’université en pédopsychiatrie. » A Nantes, je suis le seul enseignant universitaire de psychiatrie de l’enfant pour la soixantaine d’internes en psychiatrie. Comment les former convenablement et quelle perspective de carrière académique puis-je proposer aux jeunes qui voudraient travailler avec moi ? « , s’interroge le professeur Olivier Bonnot, chef du service de pédopsychiatrie du CHU. » Le constat est connu, la solution aussi, mais on reste souvent dans l’injonction paradoxale, regrette le pédopsychiatre et chercheur Bruno Falissard. Les politiques demandent de nommer un professeur de pédopsychiatrie dans chaque université, mais celles-ci sont autonomes, ce sont elles qui jugent si le cursus d’un candidat est suffisant. « 
    Sandrine Cabut

    Agnès Buzyn : » Il faut préserver les moyens de la psychiatrie « 

    La ministre de la santé annonce un plan comportant des mesures de formation, de hausses de tarifs et la création d’indicateurs de qualité

    La ministre de la santé Agnès Buzyn présente, vendredi 26 janvier, un plan de douze mesures d’urgence en faveur de la psychiatrie. Dans un entretien au Monde, elle livre son constat sur ce secteur, » paupérisé « et » en souffrance «  : » En psychiatrie, il y a le pire et le meilleur. « 
    Plusieurs grèves ont eu lieu ces derniers mois dans les -hôpitaux psychiatriques pour dénoncer les conditions de -travail et la dégradation de -l’accueil des patients. Y a-t-il une » crise « de la psychiatrie ?

    C’est une discipline qui s’est paupérisée et sur laquelle il n’y a pas eu un vrai investissement depuis des années. Pourtant les besoins sont en constante augmentation, parce que la société est de plus en plus dure, qu’il y a plus d’addictions, moins d’accompagnement des familles… On peut dénoncer des conditions de travail parfois très dures, ainsi que des conditions d’hospitalisation parfois dégradées, mais il faut être attentif à ne pas généraliser les -situations dramatiques que l’on peut observer dans certains endroits. Ce -serait dévaloriser le travail -formidable qui est fait dans beaucoup d’établissements de santé mentale. En psychiatrie, il y a le pire et le meilleur.

    Qu’allez-vous faire face à un tel constat ?

    Ces cinq dernières années, il y a eu six rapports sur la situation de la psychiatrie. Les constats et les recommandations étaient souvent les mêmes. Je me suis dit qu’il n’était donc pas nécessaire d’en commander un nouveau. Les douze mesures d’urgence que je présente aujourd’hui sont issues des propositions formulées en décembre par l’ensemble des représentants de la psychiatrie française. Il me semble important de donner un signal de prise en compte de cette souffrance générale, des professionnels et des malades. Ce faisant, je veux parvenir à déstigmatiser ces derniers, et rendre leur dignité à ceux qui sont pris en charge dans des conditions déplorables. Le regard de la société sur ce secteur doit changer.

    Le manque de moyens financiers mis en avant par les soignants est-il une réalité ?

    Dans beaucoup d’endroits, les psychiatres tirent la sonnette d’alarme sur les moyens parce que leur activité est la variable d’ajustement du budget du reste de l’hôpital. Vu la faiblesse et la souffrance du secteur psychiatrique, je souhaite que les moyens de cette discipline soient préservés. Cela n’a pas de sens - pour un établissement - de compenser une baisse d’activité dans des services de médecine ou de chirurgie par un prélèvement sur la psychiatrie. Par ailleurs, cette discipline doit totalement être intégrée au monde de la santé, avec la même exigence de qualité, de sécurité des pratiques et de pertinence des soins qu’ailleurs. Or aujourd’hui des patients hospitalisés en psychiatrie n’accèdent pas suffisamment à des soins somatiques, ce qui peut être délétère pour leur santé. Leur espérance de vie est plus courte, ce n’est pas tolérable. Il faut que les filières de soins s’organisent et que ces malades puissent bénéficier du même suivi que les autres.

    Vous dites que les budgets hospitaliers seront » préservés « . Donc pas augmentés…

    Annoncer des moyens sup-plémentaires n’est pas toujours -l’alpha et l’omega en matière de bonnes pratiques. C’est même parfois la solution de facilité. Il vaut mieux d’abord faire en sorte que les professionnels s’organisent et se parlent plutôt que de systématiquement rajouter des moyens dans des endroits qui sont mal organisés ou qui ne respectent pas les bonnes pratiques.

    Comment remédier à cette -hétérogénéité des pratiques et de l’offre ?

    L’organisation en secteurs, créée dans les années 1960 pour garantir un accès aux soins sur tout le territoire, doit être maintenue mais améliorée. Il faut que les psychiatres de secteur, les généralistes et les acteurs du médico-social se parlent et mettent en place des filières de prise en charge. Les différentes chapelles de professionnels de santé mentale doivent aussi un peu baisser la garde, car nous avons besoin de tout le monde pour assurer les soins sur le territoire. D’ailleurs j’ai décidé de créer et de présider un comité stratégique de la santé mentale et de la psychiatrie, qui va remplacer l’actuel conseil national de santé mentale.

    Jusqu’ici la psychiatrie a » échappé « à tout système d’évaluation…

    Il y a trop peu d’indicateurs de qualité en psychiatrie. Il faut pouvoir mesurer l’usage de médicaments, la précocité des diagnostics ou la rapidité d’une prise en charge. On ne peut pas restructurer une discipline sans avoir une vision claire de l’état des pratiques. Quand j’étais présidente de la Haute Autorité de santé (HAS), j’ai lancé cette démarche sur les recours à l’isolement ou à la contention, dont le contrôleur général des lieux de privation de liberté avait dénoncé la banalisation. Aujourd’hui ministre, j’ai demandé à la HAS de travailler sur des nouveaux indicateurs pertinents. Mon objectif est que partout en France, on ait les mêmes chances d’accéder à une filière de qualité.

    Qu’en est-il de la pédopsychiatrie, où jusqu’à un an d’attente est parfois nécessaire pour un premier rendez-vous ?

    La démographie est en chute libre dans cette spécialité. Les professionnels sont débordés, et les universitaires ne peuvent plus faire d’enseignement et de recherche tellement il y a de patients à prendre en charge. C’est un cercle vicieux, plus personne ne veut s’investir. Il y a des régions entières où il n’y a pas de formation. Je souhaite donc qu’il y ait au moins un poste de professeur de pédopsychiatrie par faculté de médecine. C’est un premier pas indispensable pour retrouver l’attractivité.

    Cela suffira-t-il à résoudre une situation aussi critique ?

    Nous allons, avec l’Assurance-maladie, réévaluer les tarifs d’un certain nombre de consultations qui ne sont pas assurées en libéral aujourd’hui parce que trop longues par rapport au tarif de la Sécurité sociale. Recevoir un enfant, cela prend du temps. Résultat : on ne trouve pratiquement pas de pédopsychiatres en ville. Ce sera également le cas pour les consultations complexes de psychiatrie en médecine générale. Le suivi ambulatoire est souvent perçu comme moins stigmatisant que le suivi hospitalier, il va permettre de réduire les ruptures de soins

    Quel doit être le rôle des médecins généralistes ?

    Ils sont plus ou moins bien armés vis-à-vis des problèmes de santé mentale, notamment des enfants. Il faut qu’ils soient formés de manière à les repérer, puis qu’ils sachent à qui adresser les malades. Beaucoup de situations pourraient être prises en charge en médecine générale. C’est pourquoi tous ces futurs praticiens effectueront un stage obligatoire en psychiatrie au cours de leurs études. Trois ou six mois, les modalités restent à discuter.

    La suppression il y a vingt-cinq ans de la spécialisation des infirmiers en psychiatrie est pointée comme un problème. Faut-il revoir leur formation ?

    Je souhaite que les infirmiers qui exercent dans ces services acquièrent une » sur-spécialité « dans ce domaine, par le biais des pratiques avancées. Sans pour autant recréer un corps spécifique, cela permettra de répandre la bonne pratique dans les établissements, et d’assurer certaines tâches aujourd’hui dévolues aux psychiatres.

    Les prisons traversent une grave crise. Or autour d’un quart des détenus souffre de troubles psychiatriques. Que doit-on faire avec eux ?

    Il existe des unités hospitalières spécialement aménagées pour recevoir des détenus présentant un trouble de santé mentale. La première unité s’est ouverte à Marseille en septembre 2017 avec 440 places. La stratégie nationale de santé prévoit de poursuivre la création de ces unités.

    Propos recueillis par François Béguin, Sandrine Cabut, et Laetitia Clavreul

    LES MESURES
    Agnès Buzyn, la ministre de la santé, présentait vendredi 26 janvier son plan d’action

    Stage obligatoire
    Un stage sera obligatoire en -psychiatrie ou en santé mentale pour tous les futurs médecins généralistes lors de leur -internat

    Formation continue » Sur-spécialisation " des infirmiers travaillant en psychiatrie, via la formation continue [la suppression du diplôme d’infirmier psychiatrique date de 1994 nec
    http://psychiatriinfirmiere.free.fr/formation/infirmier/psychiatrie/infirmier-secteur-psychiatrique.htm

    Bonnes pratiques
    Mise en place d’indicateurs de la qualité des soins et de recommandations de bonnes pratiques en psychiatrie

    Révision des tarifs
    Revalorisation du montant des consultations de pédopsychiatrie et des consultations complexes de psychiatrie en médecine générale lors d’une prochaine révision de la convention médicale

    Budget des hôpitaux
    Préservation des budgets consacrés à la psychiatrie au sein des -groupements hospitaliers de -territoires et dans les hôpitaux généraux d’ici la fin d’année

    De la psychiatrie vers la santé mentale, Rapport de mission , Dr Eric Piel, Dr Jean-Luc Roelandt, juillet 2001
    https://www.cairn.info/revue-vie-sociale-et-traitements-2001-4-page-9.htm

    Entre 1990 et 1997, dans le secteur public, l’évolution des pratiques de prise en charge s’est traduite à la fois par une augmentation du nombre de places d’hospitalisation partielle (+25 %) et par une forte baisse du nombre de lits d’hospitalisation complète (-32 %). La hausse des capacités d’hospitalisation partielle (+4 861) n’a toutefois pas compensé la diminution des lits d’hospitalisation complète (-26 711), d’où un recul de la capacité totale en lits et places de 21 % sur sept ans.

    #psychiatrie #soin #management

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  • La grande misère des hôpitaux psychiatriques - Le Point
    http://www.lepoint.fr/sante/la-grande-misere-des-hopitaux-psychiatriques-05-01-2018-2184213_40.php
    http://www.lepoint.fr/images/2018/01/05/12734975lpw-12736249-article-francehealthsocialpsychiatryserviceshospitalstrike-jpg_4885197.jpg

    10 à 20 % des Français sont concernés, mais la psychiatrie publique est le parent pauvre de la médecine. À Rennes, les soignants sont en grève.

    « Le patient est devenu un objet. Je dis aux jeunes de fuir », se désole Michel Roy, infirmier à l’hôpital psychiatrique de Rennes, en grève depuis deux mois. La psychiatrie publique, parent pauvre de la médecine, traverse un malaise profond : soignants, patients et familles réclament un plan ambitieux. À l’entrée principale de l’établissement Guillaume-Régnier, dans la capitale bretonne, le ton est donné : « hôpital sans lits », « redonnons du sens à notre travail », « souffrance au travail » figurent parmi les nombreuses banderoles accrochées aux grilles.

    Les pathologies relevant de la psychiatrie sont en France au troisième rang des maladies les plus fréquentes, après le cancer et les maladies cardiovasculaires. Entre un dixième et un cinquième de la population risque d’être atteint par un trouble mental à un moment quelconque de la vie, selon le rapport de la Cour des comptes de 2011. Pour la ministre de Santé Agnès Buzyn, « la santé mentale est un enjeu important des besoins de santé des Français ». « Cette discipline a été un peu trop délaissée ou mise à l’écart ces dernières années », a-t-elle affirmé jeudi à l’AFP. Malgré un constat unanime, les acteurs du secteur se sentent abandonnés par l’État.

    « On n’en peut plus », déplore Jean-Pierre Salvarelli, membre du bureau national du Syndicat des psychiatres des hôpitaux (SPH) et chef de pôle au CH du Vinatier, près de Lyon. Il est l’un des signataires de l’appel des psychiatres et médecins pour dénoncer une dégradation de la prise en charge des patients et la « tyrannie des économies comptables », en février 2017.

    Soit on supprime des postes, soit on supprime des lits.
    Des praticiens du CH de Montfavet, près d’Avignon, se sont associés en avril à leurs collègues lyonnais et plusieurs mouvements de grève ont émergé ces derniers mois, notamment à Rennes, Allonnes (Sarthe), Amiens (Somme), Bourges (Cher) et Cadillac (Gironde). « On est sans cesse en train de se restructurer. Aujourd’hui, notre idée est d’entrer en résistance et d’interpeller les pouvoirs publics. Les impacts budgétaires, c’est soit on supprime des postes, soit on supprime des lits », expose le Dr Salvarelli, psychiatre depuis vingt-cinq ans au Vinatier, structure de 750 lits, 2 500 membres du personnel hospitalier et 22 500 patients suivis chaque année.

    C’est l’un des trois plus gros hôpitaux de France en psychiatrie avec Sainte-Anne à Paris et Guillaume-Régnier à Rennes. Dans cet établissement breton, « le ras-le-bol et la tentative de suicide d’une collègue » ont décidé les syndicats à lancer un mouvement de grève, explique Goulven Boulliou, de Sud Santé Sociaux.

    Il n’est pas rare de retrouver un collègue seul à 23 heures pour gérer 15 personnes. (...)

    Pour mémoire, c’est la gauche gouvernante des années 80 qui a commencé à supprimer des milliers de lits en psychiatrie. C’est aussi la « gauche plurielle » qui a supprimé la formation d’infirmier psy. La politique sécuritaire est venue s’ajouter au manque de moyens, avec le retour de la #contention.

    #folie (pas de droit à la) #psychiatrie #logique_comptable #sous_effectifs #maltraitance #grève

    https://seenthis.net/messages/657501 via colporteur


  • Pour une approche politique de la #santé_mentale
    http://www.contretemps.eu/approche-politique-sante-mentale

    Hazel Corft est historienne, écrivaine et militante communiste. Elle vit à Londres. Elle prépare en ce moment un livre sur la santé mentale civile en #Grande-Bretagne pendant la Seconde Guerre Mondiale. L’article original (en anglais) est paru en juillet 2017 sur le site de Revolutionary Socialism in the 21rst century (RS21), organisation communiste révolutionnaire britannique : https://rs21.org.uk/2017/07/29/the-politics-of-mental-health [consulté le 16 octobre 2017].

    #Diaporama #Stratégie #Angleterre #capitalisme #néolibéralisme #psychiatrie #santé


  • Pratiquée jusque dans les années 80, la lobotomie visait surtout les femmes
    http://www.lemonde.fr/sciences/article/2017/09/12/les-femmes-premieres-victimes-des-lobotomies_5184188_1650684.html

    Sur les 1 340 opérations menées en France, Belgique et Suisse entre 1935 et 1985, 84 % des patients étaient des patientes. Retour sur une des pages les plus noires de l’histoire de la psychiatrie.

    #sexisme #psychiatrie #medecine #violence_masculine #femmes #paywall

    https://seenthis.net/messages/629196 via mad meg


  • Hongrie : une institution psychiatrique accusée de mauvais traitements va fermer
    https://hu-lala.org/hongrie-institution-psychiatrique-accusee-de-mauvais-traitements-va-fermer

    Une ONG dénonce les tortures et les mauvais traitement infligés aux patients d’une institution psychiatrique publique en Hongrie et réclame une enquête.

    #Société #Article_payant #Psychiatrie #Topház #une-sous #Zoltán_Balog


  • L’hôpital psy lyonnais du Vinatier vent debout contre la réforme
    https://www.mediapart.fr/journal/france/030417/l-hopital-psy-lyonnais-du-vinatier-vent-debout-contre-la-reforme

    Les professionnels de la #pédopsychiatrie de l’hôpital du Vinatier, dans la région lyonnaise, refusent de sacrifier la proximité des soins au nom de l’efficacité budgétaire. Une mobilisation sans précédent agite le premier hôpital psychiatrique de #France, en grève lundi 3 avril.

    #Le_Vinatier #Lyon #Ondam #psychiatrie #sante #Santé_mentale #sectorisation


  • La #pédopsychiatrie lyonnaise vent debout contre une réforme des soins de proximité
    https://www.mediapart.fr/journal/france/030417/la-pedopsychiatrie-lyonnaise-vent-debout-contre-une-reforme-des-soins-de-p

    Les professionnels de la pédopsychiatrie de l’hôpital du Vinatier, dans la région lyonnaise, refusent de sacrifier la proximité des soins au nom de l’efficacité budgétaire. Une mobilisation sans précédent agite le premier hôpital psychiatrique de #France, en grève lundi 3 avril.

    #Le_Vinatier #Lyon #Ondam #psychiatrie #sante #Santé_mentale #sectorisation


  • La #pédopsychiatrie lyonnaise vent debout contre une réforme du soin de proximité
    https://www.mediapart.fr/journal/france/030417/la-pedopsychiatrie-lyonnaise-vent-debout-contre-une-reforme-du-soin-de-pro

    Les professionnels de la pédopsychiatrie de l’hôpital du Vinatier, dans la région lyonnaise, refusent de sacrifier la proximité des soins au nom de l’efficacité budgétaire. Une mobilisation sans précédent agite le premier hôpital psychiatrique de #France, en grève lundi 3 avril.

    #Le_Vinatier #Lyon #Ondam #psychiatrie #sante #Santé_mentale #sectorisation


  • La petite différence qui fait toute la différence - Mon patron est proféministe
    http://blog.monpatronestprofeministe.eu/post/La-petite-difference

    Confort et conformisme sont les traits les plus marquants de ces années de psychothérapie. Conformisme pour le paillassonnat au féminin, le chômage acceptable et les injonctions à une féminité stéréotypée (avec des « rondeurs »). Confort pour l’alloc qui permet de vivre dans une pauvreté de bon aloi (de 500 à 800 euros par mois depuis 2003 que je touche l’allocation adulte handicapé-e (1)) et les traitements médicamenteux bricolés pour que mes plaintes restent à un niveau acceptable. Les molécules en question marchent plus ou moins mal et me font une caverne de Platon où la température est tantôt acceptable et tantôt insupportable. Mais il faut que mes plaintes au sujet du froid mordant ou de la chaleur suffocante atteignent des niveaux sonores pénibles pour que le psy teste un nouveau bricolage.

    Présentées comme une aide temporaire me mettant en mesure de réussir ma thérapie et de reprendre pied dans mes activités, ces prescriptions rendent tolérable un provisoire qui dure. Étudiante avec un passage à vide, je suis devenue une malade administrée.

    #psychiatrie #dépression #psychiatrisation #ergothérapie #féminité #conformisme

    https://seenthis.net/messages/577338 via Aude


  • #Beckomberga, souvenirs de la maison des fous
    https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/071216/beckomberga-souvenirs-de-la-maison-des-fous

    © Johan Fredin-Knutzen En un roman kaléidoscopique et fluide, rêveur et acéré, #Sara_Stridsberg relate l’amour entêté d’une fille pour son père dépressif et l’histoire de Beckomberga, le plus grand hôpital psychiatrique de #Suède, né avec l’État-providence et disparu en même temps que celui-ci. Superbe. Extrait du livre en fin d’article.

    #Culture-Idées #Etat-providence #Gallimard #Littérature #psychiatrie #rentrée_littéraire_septembre_2016


  • Les autistes, otages de petits intérêts et de grosses embrouilles
    https://www.mediapart.fr/journal/france/180916/les-autistes-otages-de-petits-interets-et-de-grosses-embrouilles

    L’annonce du 4e plan #autisme a relancé les hostilités entre les associations de parents qui militent pour le développement des méthodes comportementales, et les psychiatres qui défendent une approche pluridisciplinaire qui inclut souvent la psychanalyse. Chaque camp s’accuse de vouloir capter, ou conserver, les faibles moyens alloués à l’autisme.

    #France #psychiatrie #sante


  • UNE #PSYCHIATRIE MONDIALISÉE. Comment l’Occident exporte ses troubles mentaux | Courrier international
    http://www.courrierinternational.com/article/2010/03/04/comment-l-occident-exporte-ses-troubles-mentaux
    http://www.courrierinternational.com/sites/ci_master/files/styles/image_940/public/assets/images//illustrations/article/2010/03/1009-otto-A.jpg?itok=1rdWAF9d

    Les psychiatres et les anthropologues médicaux qui étudient la maladie mentale dans différentes cultures ont constaté depuis longtemps que les troubles mentaux n’étaient pas uniformément répartis dans le monde et ne se manifestaient pas partout de la même façon. Malheureusement, aux Etats-Unis, pays qui domine le débat international sur la classification et le traitement des pathologies, les professionnels de la santé mentale font souvent peu de cas de ces différences. Pis, les pathologies mentales s’uniformisent à un rythme vertigineux.

    https://seenthis.net/messages/520674 via Agnès Maillard


  • A #Calais, l’impossible résilience de certains #migrants
    https://www.mediapart.fr/journal/france/060816/calais-l-impossible-resilience-de-certains-migrants

    Calais. À l’entrée de la « jungle », en hommage aux victimes de Nice © Haydée Sabéran / MP Ils ont connu l’horreur dans leur pays d’origine, puis sur la route de l’exil, parfois aussi en #France. Souffrant de stress post-traumatique, d’anxiété, de dépression, une centaine de personnes sont suivies en santé mentale dans le bidonville de Calais par des médecins hospitaliers ou humanitaires. Lesquels constatent que les conditions de vie dans la « jungle » empirent, « alimentant une impression d’être persécuté ».

    #immigration #psychiatrie


  • Hôpitaux : la #psychiatrie est-elle soluble dans la technocratie ?
    https://www.mediapart.fr/journal/france/170616/hopitaux-la-psychiatrie-est-elle-soluble-dans-la-technocratie

    Le 1er juillet, les 1.100 hôpitaux publics doivent se regrouper en 150 #groupements_hospitaliers_de_territoire. La ministre de la santé présente cela comme une « révolution ». Les praticiens hospitaliers sont attentistes, à l’exception des psychiatres, qui dénoncent une réforme technocratique et autoritaire. Les syndicats de personnels non médicaux craignent des suppressions de postes et de services.

    #France #Economie #GHT #Marisol_Touraine #sante


  • Un rapport fustige les dérives d’hôpitaux psychiatriques - Libération
    http://www.liberation.fr/france/2016/05/25/un-rapport-fustige-les-derives-d-hopitaux-psychiatriques_1455035

    Cela se sait, cela le voit. Depuis quelques années, se multiplient des pratiques de contention et d’isolement systématiques dans les services de psychiatrie en France. Et il ne se passe rien. Ou si peu. On laisse faire, on regarde ailleurs. A l’exception de quelques personnalités comme le député (PS) Denys Robiliard, cela se poursuit dans une relative indifférence des pouvoirs publics. Le ministère de la Santé, ainsi, ne réagit pas. Est ce que le rapport que publie, ce mercredi la contrôleure générale des lieux de privation de liberté (CGLPL), Adeline Hazan, va changer la donne ?

    Un rapport clair, ferme, et inquiétant. Pour la première fois depuis sa création en 2008, le CGLPL a établi un bilan thématique de ses 121 visites dans 112 établissements de santé mentale représentant 40% des sites spécialisés en psychiatrie. Il porte sur deux pratiques anciennes qui « connaissent une recrudescence depuis une vingtaine d’années », « l’isolement » ou le placement d’un patient dans un espace fermé qu’il ne peut ouvrir et la « contention mécanique », qui consiste à l’immobiliser par des liens, attaches ou camisoles. « La grande majorité des unités de soins visitées disposent d’une, voire de deux chambres d’isolement et de matériel de contention », explique le rapport.

    Pour le CGLPL, le développement de ces pratiques s’explique par « une réduction des effectifs », « la présence insuffisante des médecins », « une évolution de l’approche psycho pathologique » et « un manque de réflexion d’ensemble sur la liberté de circulation des patients ». « L’impératif de sécurité » est également mis en avant, souligne Adeline Hazan, pour qui le malade mental « ne bénéficie pas de la représentation qui s’attache à toute maladie : souffrance, fragilité, besoins de soins, compassion » en raison d’un présupposé sur sa dangerosité, « plus alimenté par le traitement médiatique d’événements exceptionnels que par une réalité statistique d’un quelconque danger ».
    Défaillances dans la surveillance

    Parmi ses observations, elle constate un détournement de l’utilisation de ces outils, prévus pour faire face à des situations de crise limitée dans le temps, à des fins disciplinaires ou de sanction, « certains services allant jusqu’à établir un barème en jours d’isolement en fonction de la transgression à des règles fixées ».

    #psychiatrie #santé #prison #violence #violence_d'état #violence_médicale #médecine

    http://seenthis.net/messages/493084 via mad meg


  • Debout : pour une psychiatrie à visage humain - jeudi 14 avril à République
    http://www.cip-idf.org/article.php3?id_article=8107

    « Psychiatrie debout »
    « Divers gens debout »

    RÉUNISSONS-NOUS POUR DÉCIDER DE NOS PROCHAINES ACTIONS le JEUDI 14 AVRIL 2016 dès 20H place de la République

    Nous travaillons en #psychiatrie et désirons porter haut et fort notre mécontentement en ce qui concerne la loi de #santé (Loi Touraine) instaurant les Groupements Hospitaliers de Territoires (GHT), la disparition du secteur psychiatrique, la dégradation des moyens pour accueillir et soigner, les pratiques de contentions et la restriction à une conception neuro-biologique de la pathologie psychique et sa sur-médicalisation majoritaire en psychiatrie.

    Nous sommes solidaires avec toutes les luttes engagées contre la destruction des acquis sociaux. Nous partageons le constat d’une dérive néo-libérale qui engendre de façon insidieuse, mais massive, la destruction du service public, éloignant du #soin les personnes les plus fragiles et participant à un processus toujours plus marqué de leur #précarisation, de leur exclusion et de leur #enfermement.

    http://www.cip-idf.org/local/cache-vignettes/L534xH342/image-3a8b0.png

    http://seenthis.net/messages/479496 via colporteur



  • Maloya lé pa malad... Tir sa ! - 7 Lames la Mer
    http://7lameslamer.net/maloya-le-pa-malad-tir-sa-1686.html
    http://7lameslamer.net/IMG/arton1686.png

    « Nout mobilizasyon i komans ! Maloya sé moin, sé ou, sé nou... Maloya lé pa MALAD. Tir sa ! » Le message est clair : l’hôpital de Saint-Pierre qui a choisi de baptiser son unité de soins psychiatriques du nom de « Maloya » est prié de revoir sa copie : « tir sa ! »

    #laréunion #maloya #esclavage #psychiatrie #hôpital