#rénovation_urbaine

  • Renouvellement urbain au Sanitas : « On ne laissera pas les gens se faire manipuler ! »
    http://larotative.info/renouvellement-urbain-au-sanitas-2447.html

    http://larotative.info/home/chroot_ml/ml-tours/ml-tours/public_html/IMG/jpg/20170529113406-b741dbb7-me.jpg

    Suite des entretiens avec des habitantes du quartier du Sanitas mobilisées contre les destructions d’immeubles. Yamina évooque les conditions de relogement des occupants des immeubles qui vont être détruits, l’avenir des commerces, la réputation du quartier et la question de la mixité sociale.

    L’un des arguments avancés pour justifier ce projet de rénovation urbaine, c’est le besoin de mixité sociale. Mais elle est là, la mixité ! Dans mon immeuble, elle est déjà là. Il y a des Marocains, des Algériens, des Tunisiens, des Gabonais, des Béninois, des Chinois, des Français... Il y a de tout. Il y a des employés, des agents de la SNCF, des chômeurs, des retraités... Si notre immeuble était remis en état, on serait content, parce qu’on s’apprécie, tout le monde s’entend bien. En cinq ans, j’ai souvenir d’une seule dispute de voisinage. Les gens ont des relations de voisinage normales, ils ne vont pas s’agresser parce qu’ils n’ont pas la même couleur de peau ou la même religion.

    Du point de vue des décideurs, il n’y a pas de mixité. Mais quand on vit dans ces immeubles, elle est bien là. C’est sûr qu’on n’est pas riches, mais il y a bien une mixité, chacun vit avec ses moyens et on vit ensemble. On nous considère comme les plus pauvres des pauvres, mais il n’y a pas que des RMIstes dans le quartier, il y a beaucoup de gens qui partent travailler tous les matins. Ces gens-là sont bien dans ce quartier, pourquoi iraient-ils ailleurs ?

    #rénovation_urbaine #renouvellement_urbain #mixité_sociale #insécurité #délabrement #HLM

    https://seenthis.net/messages/636168 via La Rotative


  • Tout savoir sur la #rénovation_urbaine sans s’interroger vraiment sur ses conséquences - Métropolitiques
    http://www.metropolitiques.eu/Tout-savoir-sur-la-renovation.html
    http://www.metropolitiques.eu/IMG/arton960.jpg?1460370535

    On remarque ainsi qu’aucun des auteurs ne rappelle que la rénovation urbaine, avec sa mesure phare qu’est la #démolition (suivie, certes, le plus souvent d’une reconstruction partielle), revient à détruire un patrimoine de #logements jusqu’alors accessibles aux populations les plus #modestes. Cet oubli tient au fait que la structure de l’ouvrage se révèle plus thématique et descriptive que problématique, plus attentive à déployer les logiques institutionnelles et les jeux des acteurs décisionnels qu’à interroger les conditions économiques et sociodémographiques aussi bien que les cadres d’appréhension et d’énonciation sous-tendant l’existence même de la rénovation urbaine. Il en résulte que ce volume présente et discute les modalités pratiques d’opérations de rénovation ayant abouti à la démolition de 200 000 logements très sociaux sans vraiment examiner les causes et les raisons, explicites ou non, d’un tel chantier. Ce faisant, et bien que certains contributeurs aient pu par ailleurs développer une approche critique du lexique institutionnel, il semble adopter les catégories de raisonnement de l’action publique et se rendre aux évidences proclamées par les décideurs publics : ces quartiers sont « indignes » (Fijalkow 2014) et constituent des « #ghettos » [2], les bâtiments et l’urbanisme sont « obsolètes » (Duarte 2010), la concentration de populations défavorisées est « pathogène »…

    Toutes ces affirmations, conformes au sens commun et constitutives de la doxa institutionnelle, servent de justification pour des opérations de démolition que l’on pourrait pourtant considérer comme problématiques à plus d’un titre : quelles solutions pour le logement des catégories les plus modestes pourront être proposées une fois qu’aura été démoli un parc de logements non convoités par les autres catégories, plus intégrées, de la population « éligible » au logement social ? Quelles sont les conséquences de cette politique entraînant un « manque à loger » net (comme dans le monde de l’entreprise on parle de « manque à gagner ») pour les populations modestes, sachant que les reconstructions ne s’effectuent qu’à 15 % avec des logements de type prêt locatif aidé–insertion (PLAI), c’est-à-dire destinés à la couche sociale qui résidait dans les immeubles dynamités ? Quelle est la rationalité économique et budgétaire de démolir des logements très sociaux anciens et amortis, dont le loyer d’équilibre pourrait donc être sensiblement abaissé, et qui très souvent avaient fait l’objet de plusieurs campagnes de réhabilitation afin d’en corriger les insuffisances techniques ? Une fois que l’on se sera privé de ce parc de logements très sociaux, comment compte-t-on remplir les obligations du droit au logement opposable (DALO), surtout quand on sait que, d’ores et déjà, seul un quart des ménages de la tranche des 10 % les plus pauvres réside en HLM et que la situation va empirer à cause de l’arrivée à l’âge de la retraite de salariés avec de très modestes pensions, puisqu’ils auront été victimes du chômage de masse sévissant au cours des quarante dernières années ?

    http://seenthis.net/messages/478745 via Agnès Maillard