• #Cybersécurité, #Reconnaissance_faciale et #Réseaux_Sociaux :
    Social Mapper, quand la reconnaissance faciale devient trop accessible… voire un danger
    https://www.presse-citron.net/social-mapper-quand-la-reconnaissance-faciale-devient-trop-accessible

    Ce petit logiciel permet en effet de faire du tracking à travers différents réseaux sociaux. LinkedIn, Facebook, Twitter, Instagram…peu ou prou tous les réseaux sociaux sont au menu. Il suffit d’un nom et d’une photo. Ce petit logiciel permet de retrouver n’importe qui sur les différentes plateformes de façon automatique.

    Ce logiciel est en open-source, sous licence gratuite, il est disponible sur GitHub sans aucune limitation ou presque quant à son usage. Ce sont les chercheurs de Trustedwave SpiderLabs qui l’ont mis en ligne. L’idée est bien sûr d’aider les chercheurs en sécurité.

    Complément : Un outil de reconnaissance faciale traque les profils sur les réseaux sociaux
    https://siecledigital.fr/2018/08/09/un-outil-de-reconnaissance-faciale-traque-les-profils-sur-les-reseaux-
    https://sd-cdn.fr/wp-content/uploads/2018/08/outil-de-reconnaissance-faciale-770x515.png

    Sur son blog officiel, #Trustwave a déclaré : « Et si cela pouvait être automatisé et réalisé à grande échelle avec des centaines ou des milliers de personnes ? »

    https://seenthis.net/messages/713954 via ¿’ ValK.


  • [Appli] Carto.metro.tramway.funiculaire | F. Jarrier

    Voila un site assez impressionnant vu la précision et le niveau de détail de ces différents réseaux (infrastructures) de transport, portant sur plusieurs villes françaises, quelques unes d’Europe et du monde.

    L’application est accessible ici : http://carto.metro.free.fr/cartes/rer-idf

    https://pic.infini.fr/5a9cEf8E/ciyrmu47.PNG

    #réseau #transport #infrastructure #application #RER #métro #Villes

    https://seenthis.net/messages/712177 via fbahoken


  • [Appli] Pittsburgh Bus Bunching | Mark Egge

    Cartographie du trafic en bus qui apporterait leur lot de mauvaises nouvelles : des bus pleins, surchargés et d’autres vides ; un problème de fréquence qui engendrerait des temps d’attentes trop importants... liés à un « regroupement » de bus.

    Est-ce que ce « regroupement » de bus à certains endroits de la ville suit un modèle prévisible ? Pour explorer cette hypothèse, le projet propose de géo visualiser les fréquences spatio-temporelles des trajets en bus (ex. de Pittsburgh, pour le mois de mars 2016). L’objectif général étant de montrer les zones de concentration des bus, de congestion en fonction de l’heure de la journée, pour tenter d’anticiper les problèmes de gestion du trafic et des flux de passagers qui en découlent.

    Deux types de représentations créées par M. Egge (http://www.markegge.com) sont proposées.
    – la première présente une application interactive permettant de visualiser sous la forme de matrice d’information géographique ordonnée (cf. matrice-Bertin), chacune des lignes de bus. En ligne figurent les stations et en colonnes, les horaires ; la cellule est teintée d’un rouge +/- intense qui correspond à la part (en %) de voyages supportés par la station sur la tranche horaire, par rapport à l’ensemble de la journée (rouge pur : voyage > 80%).
    – la seconde représentation est une carte animée du trafic de l’ensemble des bus. La carte présente un rendu de type type carte de chaleur, avec un effet arc-en-ciel dont on est pas sûre qu’il ait été choisi par l’auteur (puisque une teinte correspond à un bus, ce qui est exact sur le plan #semio). Le rouge sur la carte indique par exemple la présence de bus de la ligne 61 (61A, 61b, 61C, 61D).

    Les représentations ont été créées dans le cadre du projet The When and Where of Pittsburgh’s Bunched Buses accessible ici :http://www.markegge.com/the-when-and-where-of-pittsburghs-bunched-buses

    Le code de l’application est disponible ici : http://bunching.github.io
    https://pic.infini.fr/YQMcruZq/coCm5R6Z.PNG
    https://pic.infini.fr/JuDCXnEt/WOOP50cN.PNG

    #réseau #transport #bus #carte_de_chaleur #matrice_ ordonnée #Pittsburg #matrice_Bertin

    https://seenthis.net/messages/712181 via fbahoken


  • Inside China’s Vast New Experiment in Social Ranking
    https://www.wired.com/story/age-of-social-credit/?mbid=social_twitter

    In 2015, when Lazarus Liu moved home to China after studying logistics in the United Kingdom for three years, he quickly noticed that something had changed : Everyone paid for everything with their phones. At McDonald’s, the convenience store, even at mom-and-pop restaurants, his friends in Shanghai used mobile payments. Cash, Liu could see, had been largely replaced by two smartphone apps : Alipay and WeChat Pay. One day, at a vegetable market, he watched a woman his mother’s age pull out (...)

    #Alibaba #Tencent #WeChat #Baidu #carte #smartphone #réseaux #StateControl #contrôle #SocialNetwork #prédictif #journalisme #surveillance #vidéo-surveillance #web #marketing (...)

    ##profiling
    https://media.wired.com/photos/5a299c2a41e00716c855cfa0/191:100/pass/Social_Score_Platforms_Horizontal.jpg

    https://seenthis.net/messages/710183 via etraces


  • [Appli] Vitesses de circulation sur le réseau ferroviaire français | Pierre Bellon

    Cette application permet de géo visualiser les vitesses de circulation sur les différents tronçons du réseau français. Réalisée par Pierre Bellon à partir des données ouvertes de la SNCF (data.sncf.com), son développement ainsi que les données sont disponibles librement sur sur le dépôt de l’auteur (ic :i https://framagit.org/pbellon/reseau-ferroviaire)

    https://pic.infini.fr/PRr8oV2D/EtdzBudV.PNG

    Lien vers l’application : https://pbellon.frama.io/reseau-ferroviaire)

    #cartographie #réseau #ferroviaire #vitesses #circulation #France

    https://seenthis.net/messages/707938 via fbahoken


  • Twitter rend-il bête et méchant·e ? @aude_v
    http://blog.ecologie-politique.eu/post/Twitter-rend-il-bete

    Il y a quelques mois je me suis inscrite sur Twitter, mue par diverses motivations. La première était bassement intéressée, il s’agissait de promouvoir les deux ouvrages que je venais ou m’apprêtais à publier. La seconde était que j’avais déjà tweeté pour de basses raisons mercenaires et que je n’étais pas contre l’idée de refaire ça un jour, il ne fallait pas trop perdre la main. La plus excitante était de m’habituer à écrire en deux cent et quelques signes, une écriture concise mais qui aurait quand même un peu de sens, soit un petit défi. Et enfin je venais de quitter un réseau social beaucoup trop intéressant : les discussions avec le cercle d’habitué·es avec qui j’avais pris l’habitude d’interagir me prenaient trop de temps.

    #twitter #seenthis #réseaux_sociaux #violence #paraitre

    https://seenthis.net/messages/702409 via RastaPopoulos


  • L’Inde s’apprête à jouer les « Big Brother »
    https://www.lemonde.fr/m-actu/article/2018/06/12/l-inde-s-apprete-a-jouer-les-big-brother_5313379_4497186.html

    En attendant le logiciel de surveillance pour lequel il vient de lancer un appel d’offres, le gouvernement indien de Narendra Modi s’appuie sur l’appli NaMo pré-installée sur les smartphones de l’opérateur Jio. Le gouvernement indien a autant d’imagination que George Orwell. Sauf qu’il ne s’en sert pas pour écrire des fictions, mais pour concevoir un logiciel de surveillance, un vrai. Comme vient de le révéler l’agence Bloomberg, il a publié en avril un appel d’offres, auquel a eu accès Le Monde, pour (...)

    #manipulation #réseaux #écoutes #contrôle #contrôle #données #surveillance #web #BigData #algorithme #smartphone #marketing #profiling #NaMo #Jio (...)

    ##CleverTap
    https://s1.lemde.fr/image/2018/06/12/644x322/5313376_3_f94b_l-operateur-jio-est-detenu-par-mukesh-amb_d7e2bba32743406fbf26d9b553c35591.jpg

    https://seenthis.net/messages/701483 via etraces



  • Are you ready? This is all the data Facebook and Google have on you | Dylan Curran | Opinion | The Guardian

    https://www.theguardian.com/commentisfree/2018/mar/28/all-the-data-facebook-google-has-on-you-privacy
    https://i.guim.co.uk/img/media/2c967a570e20258286a3d0722effabdca6c1cb2e/0_92_1046_628/master/1046.jpg?w=1200&h=630&q=55&auto=format&usm=12&fit=crop&crop=faces%2Centropy&bm=normal&ba=bottom%2Cleft&blend64=aHR0cHM6Ly91cGxvYWRzLmd1aW0uY28udWsvMjAxOC8wMS8zMS9mYWNlYm9va19vcGluaW9ucy5wbmc&s=bdb3b96570859d80e590f17df760e003

    Want to freak yourself out? I’m going to show just how much of your information the likes of Facebook and Google store about you without you even realising it.
    Google knows where you’ve been

    Google stores your location (if you have location tracking turned on) every time you turn on your phone. You can see a timeline of where you’ve been from the very first day you started using Google on your phone.

    Click on this link to see your own data: google.com/maps/timeline?…

    #réseaux_sociaux #big_brother #données_personnelles #contrôle #surveillance

    https://seenthis.net/messages/681563 via Reka




  • En Chine, un mauvais score sur le Social Credit System peut empêcher de prendre un avion ou un train
    https://www.nextinpact.com/brief/en-chine--un-mauvais-score-sur-le-social-credit-system-peut-empecher-de-

    La Chine travaille depuis plusieurs années sur un système de notation pour ses citoyens : SCS (Social Credit System). Il fonctionne sur le principe des bonus-malus. Vous avez des bons points lorsque vous vous comportez comme un « citoyen modèle », en achetant des produits chinois ou en vantant les mérites du pouvoir en place. Au contraire, votre note baisse en cas de comportement suspect, de condamnations judiciaires ou si vous affichez une opinion politique dissidente. Reuters explique que les (...)

    #contrôle #réseaux #SocialNetwork #surveillance #profiling #SocialCreditSystem #voyageurs

    ##voyageurs

    https://seenthis.net/messages/677764 via etraces


  • « Vous voyez bien que vos collègues likent ! » : les profils perso au service du boulot, une fatalité ?
    https://www.numerama.com/tech/336702-vous-voyez-bien-que-vos-collegues-likent-les-profils-perso-au-servi

    La frontière entre le privé et le professionnel tend à se brouiller sur les réseaux sociaux. A-t-on le droit de refuser une mise à profit de son image numérique pour son entreprise ? Comment les plateformes gèrent-elles ces situations ? Reportage. Par souci de confidentialité, certains prénoms ont été modifiés. « Au fait, j’ai vu que vous n’aviez pas liké le post que nous avons publié sur Facebook la semaine dernière. Comment ça se fait ? » Les propos de sa cheffe, Marie les rapporte ainsi à Numerama, (...)

    #Facebook #LinkedIn #réseaux #travail #contrôle #SocialNetwork #travailleurs

    https://seenthis.net/messages/677753 via etraces


  • Palantir a secrètement mis en place un programme de prédiction des crimes à La Nouvelle-Orléans
    https://www.stuffi.fr/palantir-programme-prediction-crimes-nouvelle-orleans

    Depuis 2012, la société privée Palantir travaille aux côtés de la police de La Nouvelle-Orléans afin de mettre en place un programme de prédiction du crime. Les élus de la ville n’étaient pas au courant. Bienvenue dans Minority Report. Palantir à la rescousse après Katrina Pour rappel, Palantir Technologies est une société américaine spécialisée dans l’analyse et la science des données. Co-fondé en 2004 par l’entrepreneur Peter Thiel, l’entreprise travaille aux côtés de bon nombre d’agences du renseignement (...)

    #DGSI #Palantir #algorithme #réseaux #criminalité #sécuritaire #surveillance #MinorityReport #NSA #CIA (...)

    ##criminalité ##FBI

    https://seenthis.net/messages/673870 via etraces


  • Will China weaponise social media ?
    https://www.hindustantimes.com/opinion/will-china-weaponise-social-media/story-7jOQIAIU2KDH7wWvPji6RN.html

    For example, China is exploring how artificial intelligence (AI) and big data can be used to monitor everything from social media to credit-card spending, and it plans to assign all citizens a social-reliability rating to weed out potential troublemakers. Ever since the 2016 US presidential election, with its revelations about Russian meddling, European officials have been on the lookout for similar attacks. But Europeans aren’t the only ones paying attention. So, too, are China’s leaders, (...)

    #Tencent #WeChat #Weibo #algorithme #réseaux #données #SocialNetwork #surveillance #web #BigData #CCTV #vidéo-surveillance #Alibaba (...)

    ##HonyCapital

    https://seenthis.net/messages/667620 via etraces


  • Je hais Internet / I Hate the Internet, Jarett Kobek | Fayard
    https://www.fayard.fr/je-hais-internet-9782720215544
    https://www.fayard.fr/sites/default/files/images/livres/couv/9782720215544-001-T.jpeg

    Titre provocateur, texte volontairement décousu mais très drôle. J’ai adoré la VO : http://weheardyoulikebooks.com/releases/i-hate-the-internet

    Après avoir commis « la seule faute impardonnable du début du XXIe siècle » – exprimer publiquement une opinion impopulaire –, Adeline, célèbre illustratrice de bande dessinée, devient la cible d’attaques haineuses sur les réseaux sociaux. Ellen, une jeune femme de vingt-deux ans sans histoires, subit le même sort lorsque des photos de ses ébats sexuels avec son petit ami du lycée se propagent de manière virale sur la toile. Dans le San Francisco de 2013, elles ont fait l’erreur d’être des femmes au sein d’une société qui déteste les femmes.
    Dans Je hais Internet, #Jarett_Kobek pose un regard satirique sur une société hyper-connectée, tout acquise au virtuel, intrusive. Il s’en prend à l’idéal libertaire aux origines d’Internet, et se demande comment les géants du net ont réussi à générer des milliards de dollarsen exploitant la créativité d’internautes impuissants, sans rencontrer d’opposition. À l’ère du sacre des réseaux sociaux, un récit jubilatoire et salutaire.

    #internet_evangelism #réseaux_sociaux #Facebook #Google

    https://seenthis.net/messages/666672 via David Sharp


  • Pour poursuivre une veille déjà bien fournie sur seenthis concernant la #synthèse_vocale et la #synthèse_vidéo (assistées par « #intelligence_artificielle ») : « Du porno aux fausses informations, l’intelligence artificielle manipule désormais la vidéo », une compilation des derniers développements en la matière :
    http://www.lemonde.fr/pixels/article/2018/02/04/du-porno-aux-fausses-informations-l-intelligence-artificielle-manipule-desor

    Des vidéos intégrant des visages de célébrités dans des films X pullulent en ligne à cause d’un programme accessible à tous et qui pose question au-delà de la pornographie.

    De fait, au-delà de l’exemple emblématique du #porno (voir à ce propos https://motherboard.vice.com/en_us/article/gydydm/gal-gadot-fake-ai-porn), c’est toute la manière de produire et de recevoir des informations qui s’en trouve modifiée. La polémique autour des #fake_news n’est que la partie émergée de l’iceberg, la remise en question du rapport aux #médias (et je ne parle pas ici des seuls organismes institués, mais des supports eux-mêmes) se montrant bien plus profonde.

    La chose se trouve d’ailleurs abordée de façon systématiquement catastrophiste (cela entre en collision frontale notamment avec le #droit_à_l'image et peut servir à alimenter le #complotisme), mais elle pourrait avoir un impact positif sur le développement de la #critique_des_médias et la façon de penser le lien entre #vie_privée et #réseaux_sociaux.

    L’approche catastrophiste n’est pas anodine : elle sert un discours de légitimation plus général (symptomatique, à cet égard, que Le Monde, par ailleurs propriétaire du tragico-comique #Decodex, consacre un tel article à la question). Si les médias s’emparent de cette nouveauté, c’est pour brandir une sacro-sainte ligne de démarcation entre les #vraies_infos (labellisées par eux-mêmes) et les fausses. En réalité, leurs « vraies infos », la façon dont ils les fabriquent et les mettent en scène, est tout aussi construite que celle de la synthèse par IA.

    L’on découvre notamment dans ce papier que le #DeepFake devient un genre en soi sur Reddit et Youtube, avec un grand jeu pour mettre #Nicolas_Cage dans plein de films :

    https://www.youtube.com/watch?v=2jp4M1cIJ5A

    Et l’on constate également qu’#Obama est devenu une sorte de mètre-étalon du #vrai-faux discours : on estime qu’il est honnête (c’est-à-dire on se fait une représentation de lui comme portant un discours clair et franc), donc il peut servir de base à un #détournement, contrairement à Trump :

    https://www.youtube.com/watch?v=dw6Zj2FDuzA

    Les deux avaient néanmoins été mis en vedette par #Lyrebird :

    https://soundcloud.com/user-535691776/dialog

    #falsification #leurre #faux-semblant

    https://seenthis.net/messages/665822 via intempestive


  • Le Président Jupi-Taire invente la #censure Libérale, par Jacques-Marie Bourget
    https://www.initiative-communiste.fr/articles/culture-debats/president-jupi-taire-invente-censure-liberale-jacques-marie-bo

    Jacques-Marie Bourget est un écrivain et journaliste français. Il a obtenu en 1986 le prix Scoop pour avoir révélé l’affaire Greenpeace. A failli mourir en 2000 à Ramallah, victime d’un tir de l’armée israélienne. Bienheureux que nous sommes, nous voici face à une nouvelle version du Jupiter : le Jupi-taire. Un dieu propre à faire […]

    #5-CULTURE_DEBATS #articles #fake_news #google+ #internet #liberté_d'expression #macron #médias #réseaux_sociaux #Totalitarisme


  • Usul. Qui en veut à la #démocratie ?
    https://www.mediapart.fr/journal/france/020118/usul-qui-en-veut-la-democratie

    Pour démarrer 2018, Usul et Cotentin se demandent ce qu’ils peuvent faire pour la démocratie. Il se pourrait en effet que, dans les mois à venir, les tensions entre l’élitisme des classes dominantes et les aspirations démocratiques populaires nous forcent à muscler notre défense… de l’idée démocratique elle-même.

    #France #Emmanuel_Macron #La_France_insoumise #laurent_Delahousse #loi_travail #parti_socialiste #Raphaël_Enthoven #réseaux_sociaux


  • #Enki_Bilal : « On se bat avec des #technologies qui prennent notre #concentration »

    https://usbeketrica.com/article/enki-bilal-on-se-bat-avec-des-technologies
    https://static.usbeketrica.com/images/thumb_840xh/5a363dd902702.png

    Nous sommes en 2041 et toutes nos données numériques ont disparu d’un coup. Les #smartphones, les #ordinateurs et les voitures autonomes sont encore là, mais leur contenu s’est volatilisé. Sans data, plus de carburant pour faire tourner la machine du monde moderne. Tel est le scénario imaginé par Enki Bilal dans son nouvel album, Bug, paru le 22 novembre aux éditions Casterman. Un album apocalyptique, peu amène envers une espèce humaine en perdition dès qu’on lui retire Facebook... Nous avons discuté avec l’auteur de cette trame très sombre et, plus largement, de l’impact du #numérique sur notre cerveau et sur nos vies.

    #réseaux_sociaux

    https://seenthis.net/messages/653641 via Reka


  • "Very dysfunctional"

    Un ancien cadre de Facebook défend à ses enfants de toucher à «cette merde»
    https://www.francetvinfo.fr/internet/reseaux-sociaux/facebook/un-ancien-cadre-de-facebook-defend-a-ses-enfants-de-toucher-a-cette-mer

    « Vous ne le réalisez peut-être pas, mais vous êtes programmés. » Longtemps, Chamath Palihapitiya a travaillé comme vice-président en charge de la croissance de l’audience de Facebook. Aujourd’hui, il a tiré un trait sur le réseau social, au point d’interdire à ses enfants de l’utiliser. Il utilise au minimum « cette merde », a-t-il expliqué lors d’un débat organisé en novembre à la Stanford Graduate School of Business, signale The Verge (en anglais).

    #Facebook #zuckerberk #réseaux_sociaux

    https://seenthis.net/messages/651781 via Sombre Hermano


  • Comment Facebook achète la presse française | Mediapart

    https://www.mediapart.fr/journal/france/011217/comment-facebook-achete-la-presse-francaise

    https://static.mediapart.fr/files/2017/12/01/facebook-euros.png

    Comment Facebook achète la presse française
    1 décembre 2017 Par Nicolas Becquet (Observatoire européen du journalisme)

    TF1, Le Figaro, Le Parisien, Le Monde... Depuis 2016, Facebook verse des millions d’euros à plusieurs grands médias français pour produire des contenus vidéo sur son réseau social. Une pratique qui pose la question de la dépendance des rédactions et ouvre la voie à un système à deux vitesses pénalisant les « petits médias ».

    Facebook a gagné. Les médias français sont bel et bien devenus dépendants. Triplement dépendants, en fait : élargissement gratuit de l’audience, utilisation des outils de production et de diffusion et acquisition de revenus complémentaires. L’écosystème de publication du réseau social est devenu un outil vital pour le secteur médiatique.

    De l’innocente et ludique chasse aux « likes » des débuts, à la production sur-mesure et rémunérée de formats vidéo aujourd’hui, le dealer d’audience a bien fait son travail. Dose après dose, les éditeurs ont scellé un pacte tacite avec la plateforme, un pacte aux allures de mariage de raison. Il faut dire que le trousseau de la mariée est bien garni avec ses deux milliards d’utilisateurs. Le marié désœuvré ne pouvait espérer mieux.

    Asphyxiés financièrement et désertés par leur lectorat historique, les médias traditionnels ont en effet trouvé dans l’audience apportée par Facebook un ballon d’oxygène inespéré. À force de shoots aux statistiques flatteuses, les éditeurs se sont convaincus de leur succès naturel auprès d’une audience manifestement ultra réceptive à leurs contenus : l’eldorado providentiel des internautes.

    Mais la descente est déjà en vue. Facebook a visiblement l’intention de faire éclater cette bulle enchantée en faisant passer à la caisse ses consommateurs les plus accros aux « likes » et au trafic généré sur leur site via le réseau social. Dans les rédactions, on travaille quotidiennement à la production de contenus conçus pour la plateforme de Mark Zuckerberg.

    Quelles sont les implications d’une telle servitude volontaire pour le fonctionnement quotidien des rédactions, grandes ou petites ? Quelles sont les conséquences sur le travail des équipes chargées « d’alimenter » Facebook, notamment en vidéos et en « lives » ? Et surtout, comment le réseau social est-il parvenu à convaincre autant de médias économiquement à bout de souffle de travailler pour sa plateforme ? Zoom sur une redoutable stratégie qui met à l’épreuve l’agilité des rédactions.

    La stratégie des VIP–VRP

    Fin octobre, Facebook a donné un coup de semonce à ceux qui pensaient avoir trouvé une voie directe et gratuite vers une audience captive de masse. En testant la possibilité de créer un fil d’actualité séparé pour les publications non sponsorisées des pages professionnelles (en marge du fil d’actualité classique dédié aux posts des proches, aux contenus sponsorisés et aux publicités), Facebook a clairement lancé un avertissement aux marques, entreprises, institutions, ONG et médias en quête de visibilité : rien n’est gratuit. Cette stratégie intervient alors que les éditeurs n’ont jamais autant travaillé pour le réseau social et jamais autant créé de contenus sur mesure venant alimenter les « timelines » des utilisateurs.

    Les volumes d’audience en jeu n’expliquent pas à eux seuls cette productivité spontanée et inégalée. À partir de juin 2016, plusieurs grands médias américains ont été rémunérés pour inonder les fils d’actualité de contenus originaux et servir de laboratoire technique et publicitaire à Facebook. En effet, pour donner envie aux médias, Mark Zuckerberg a mis en place un véritable réseau de représentants VRP capables de faire la démonstration de l’incroyable efficacité des nouveaux formats mis sur le marché.

    Le New York Times, CNN, le Huffington Post, Buzzfeed, Vox, Mashable ou encore Condé Nast… le fondateur de Facebook a rassemblé des représentants VIP dans sa « dream team ». Modèles de réussite sur le marché digital, ces médias portent une solide réputation. Ils sont capables de produire à grande échelle et leurs contenus sont lus dans le monde entier.

    Pour les convaincre, Facebook a dû se montrer très persuasif. Selon un document révélé par le Wall Street Journal en juin 2016, Mark Zuckerberg a ainsi fait un chèque de 50 millions de dollars répartis en 140 contrats de partenariats avec des médias et des célébrités, dont 17 de plus d’un million de dollars (près de 3 millions pour le New York Times et Buzzfeed, 2,5 millions pour CNN). Une goutte d’eau comparée aux 10 milliards de dollars de recettes trimestrielles de Facebook, soit 47 % de plus qu’au même trimestre de l’année précédente.

    Le deal est simple : en échange d’une certaine somme, le partenaire doit produire massivement des contenus à haute valeur ajoutée sur la plateforme : vidéos, « Facebook Live », reportages à 360°, « Instant Articles »… Les grands médias américains ont donc été rémunérés pour inonder les fils d’actualité de contenus originaux et ainsi convaincre l’ensemble des éditeurs d’en faire autant.

    Des millions d’euros versés aux principaux médias français

    Cette stratégie s’est avérée très efficace puisque la renommée des médias enrôlés, combinée à un puissant soutien des algorithmes, a contribué à imposer de nouveaux formats en moins d’un an et à l’échelle mondiale. Alléchés par la masse de clics, les éditeurs du monde entier se sont lancés dans l’aventure… couronnant de ce fait la stratégie de Facebook.

    Un système spécifique aux États-Unis ? Pas du tout. En Europe, les grands médias français participent par exemple à cette manœuvre de séduction à grande échelle. TF1, Le Figaro, Le Parisien ou les titres du groupe Le Monde font également partie des éditeurs qui touchent de l’argent pour produire des contenus vidéo pour Facebook. Et les sommes donnent le tournis, entre 100 000 et 200 000 euros par mois sur des périodes renouvelables de six mois, d’après les diverses sources interrogées. Sachant que la plupart des médias cités (liste non exhaustive) ont déjà reconduit une fois leur partenariat, on parle ici de millions d’euros distribués aux médias hexagonaux par Facebook.

    Il va sans dire que dans les rédactions contactées, on est peu disert sur les détails de ces accords confidentiels. Mais si les conditions varient d’un média à l’autre, le principe reste le même : en échange de l’argent versé, chaque média s’engage à produire un volume précis de vidéos et/ou de « lives » sur une période donnée, d’après les informations que nous avons pu récolter.

    À LCI par exemple, la rédaction doit produire 14 heures de direct par mois et chaque « live » doit durer entre 6 et 20 minutes. Un timing précis qu’il vaut mieux respecter car les contrôles sont stricts, explique-t-on en interne. Il faut dire que la chaîne a tout intérêt à garder de bonnes relations avec son mécène. Selon un salarié, l’argent de Facebook versé sur la période aurait financé les deux tiers de la rédaction web. Mais les contributions financières de Facebook ne s’arrêtent pas là. Il a participé au financement d’un studio flambant neuf pour que la chaîne puisse réaliser des « Facebook Live » lors de la campagne présidentielle. Une dépendance financière qui s’ajoute à celle du trafic généré sur le site, via le réseau social, qui représente entre 30 et 40 % des visites.

    RTL a également bénéficié des euros de Facebook pour son studio dédié aux lives, au même titre qu’Europe 1 pour installer une « Facebook Room » et un « Story Studio Instagram » dans le bus qui a sillonné la France pendant la campagne électorale.

    Enfin, la firme de Menlo Park apporte un soutien aux médias sous la forme de conseils techniques pour exploiter au mieux l’algorithme chargé de hiérarchiser les publications et comprendre les subtilités des statistiques d’audience, notamment avec la mise à disposition de CrowdTangle, une solution propriétaire d’analyse du trafic.

    Du côté de Facebook, on assume ces contributions financières, mais on en minimise l’importance : « Voir les collaborations de Facebook uniquement à travers des partenariats rémunérés est réducteur. Notre rôle au quotidien est de travailler conjointement avec les médias au développement d’outils destinés à enrichir leur expérience sur Facebook. Cela passe par beaucoup d’échanges et des phases de tests durant lesquels il a pu nous arriver d’indemniser nos partenaires. Les médias prennent du temps pour utiliser nos nouveaux produits et partager leurs retours avec nous et il nous semble donc normal qu’ils obtiennent une compensation pour cela. Cela s’inscrit toujours dans un cadre temporaire le temps de l’expérimentation », explique Edouard Braud, le directeur des partenariats médias pour l’Europe du sud.
    Un système gagnant-gagnant ?

    Après des débuts laborieux, une communication maladroite et des cahiers des charges trop contraignants, Facebook a massivement investi dans ses relations avec les médias à partir de 2010. Désormais, la « Media Partnership Team » multiplie les initiatives comme le « Facebook Journalism Project » ou le « Listening Tour », débuté en juin 2017, dans les rédactions.

    Alors que la sphère médiatique s’alarme régulièrement de la dépendance aux « actionnaires milliardaires » ou de la proximité avec le pouvoir politique, la dépendance à Facebook ne semble pas émouvoir outre mesure. Au contraire, les partenariats sont vécus comme de belles opportunités pour expérimenter et se rapprocher de l’audience.

    À L’Obs, Aurélien Viers, responsable du pôle visuel est très enthousiaste : « Ce partenariat nous permet d’aller plus loin dans nos expérimentations sans bouleverser notre organisation. Grâce aux outils fournis, nous avons pu créer des formats vidéo originaux qui connaissent de beaux succès en ligne. La pratique régulière du "Live social", depuis le terrain, a instauré une nouvelle relation avec l’audience, plus spontanée et plus dynamique. On peut dire que Facebook condense tous les nouveaux défis liés à la vidéo, en termes de storytelling, de créativité et de capacité à se démarquer dans un environnement très concurrentiel. »

    Mais en coulisses, dans les médias partenaires, les dents grincent, notamment du côté des régies publicitaires et des services commerciaux impliqués dans une lutte acharnée et vaine contre leur principal concurrent, l’ogre Facebook. « Devant les "valises de billets" apportées par Facebook, les régies n’ont pas leur mot à dire, explique un journaliste en off. Et lorsque Facebook teste ses nouveaux formats publicitaires mid-roll sur nos propres productions, l’exaspération est à son comble. »

    L’efficacité de la plateforme désespère les éditeurs englués dans des stratégies (trop) complexes de rétention de l’audience, comme l’explique ce cadre en charge du numérique : « Quand un internaute, avant de pouvoir finalement regarder une vidéo sur un site, doit cliquer sur un lien, attendre de longues secondes le chargement de la page puis fermer une ou deux fenêtres de pub pour finalement devoir patienter devant une publicité de trente secondes, le constat est sans appel, on ne peut pas rivaliser. On ne joue pas dans la même division que Facebook et son autoplay instantanée. »

    Michaël Szadkowski, rédacteur en chef du site et des réseaux sociaux du Monde, explique n’avoir fait aucune concession éditoriale et garder un contrôle total sur le contenu, une condition sine qua non du partenariat. « L’argent versé n’a pas fondamentalement changé notre façon de travailler. La production de vidéos était déjà une priorité pour nous, avec une équipe de quinze personnes dédiées. On poste plus de contenus qu’avant sur la plateforme, c’est sûr, mais je préfère que Facebook fasse vivre les médias plutôt qu’il se mette à créer et à imposer ses propres contenus. Facebook a changé de dimension, ses dirigeants ont compris qu’on ne pouvait plus demander aux médias de produire gratuitement des contenus et de la valeur, pour ensuite les monétiser auprès des annonceurs. » Un constat valable pour les seuls partenaires et pour une durée limitée.

    Guillaume Lacroix, cofondateur de Brut, un média vidéo présent uniquement sur les réseaux sociaux, ne tarit pas d’éloges sur sa collaboration avec Facebook. Il s’agit d’un « partenariat de travail » qui ne comporte aucun volet financier. « Facebook nous donne beaucoup de conseils utiles pour faire décoller l’engagement sur nos vidéos. Il nous informe également sur les formats en vogue dans le monde entier. En septembre, nous avons par exemple été invités à Dublin pour participer à une conférence où étaient réunis 35 médias nés en ligne. Les échanges ont été très enrichissants. Enfin, Facebook met à notre disposition CrowdTangle, un outil très performant qui permet d’analyser l’engagement de l’audience sur les réseaux sociaux. Si on devait payer pour l’utiliser, pas sûr qu’on pourrait se le permettre. »

    Comme pour Le Monde et L’Obs, Brut perçoit la collaboration avec Facebook comme un véritable avantage concurrentiel et croit à la pérennité de son modèle : « Cela ne nous fait pas peur d’être Facebook dépendant, pas plus qu’un producteur qui travaille avec une chaîne de télévision. Par ailleurs, il ne nous donne pas d’argent et pourtant Brut sera rentable en 2018, c’est qu’il existe bien un business model sur les réseaux sociaux. »

    Edouard Braud l’affirme, Facebook fait tout pour donner le maximum d’autonomie aux médias : « Tous nos produits sont faits de telle sorte qu’ils ne créent pas de dépendance. Nous les concevons pour qu’ils enrichissent l’expérience des médias et les aident à créer de la valeur grâce à Facebook. Cela peut se faire à la fois au sein de notre environnement mais également en dehors. C’est pourquoi nous développons notamment des outils qui permettent de générer de la valeur dans les environnements propriétaires des médias comme sur "Instant Articles" avec les modules d’abonnement aux newsletters, de téléchargement d’applications… »

    Un miroir aux alouettes et un danger pour les « petits médias »

    En dehors des médias partenaires, rares sont les rédactions disposant des ressources et de la flexibilité nécessaires pour faire face aux exigences de Facebook. En l’absence d’incitation financière ou de revenus récompensant les contenus produits pour le réseau social, les petits médias s’essoufflent à force de vouloir tirer profit de l’audience et des redoutables outils mis à disposition. Résultat, un écosystème à deux vitesses s’est progressivement mis en place, doublé d’une stratégie kamikaze des médias, dont la production vidéo est un exemple éclairant.

    Passage en revue des raisons pour lesquelles la plupart des médias n’ont que peu d’intérêts à se lancer dans la production de vidéos sociales :

    La production de vidéos est complexe, chronophage et coûteuse, surtout pour les titres de presse écrite dont ce n’est pas le métier. Mettre en place un workflow spécifique et former ou embaucher des journalistes capables de tourner et de monter des vidéos sociales représentent un coût considérable. Dans le domaine, la rentabilité reste souvent un concept.
    La professionnalisation fulgurante des contenus. Les vidéos postées sur le réseau social ressemblent de plus en plus à des productions télévisuelles, ce qui tend à disqualifier les médias incapables de suivre les standards de qualité en vigueur. Aujourd’hui, la majorité des « lives » Facebook est réalisée avec plusieurs caméras, à l’aide d’une régie.
    La versatilité des formats recommandés. Pendant six mois, Facebook nous incite à produire des vidéos de moins d’une minute consultable sans le son. Le mois suivant, il faut produire des séquences d’une minute trente minimum, sans quoi l’algorithme pourrait bouder nos contenus. Trente petites secondes de plus qui imposent de repenser les formats et réorganiser sa chaîne de production.
    Le paradoxe de l’engagement. Par expérience, les contenus vidéos postés sur Facebook sont ceux qui apportent le moins de trafic sur les sites. Ils suscitent un fort engagement, mais sont consultés exclusivement dans le fil d’actualité, et peu sur les sites. Pourtant, les médias redoublent d’efforts pour produire des vidéos natives et non rentables. Enfin, comme sur YouTube, l’actualité est loin de faire partie des contenus les plus consultés sur Facebook.
    La supercherie des données d’audience. Comprendre et analyser les chiffres d’engagement fournis par le réseau social demande de la patience et des compétences solides. Des chiffres dont la fiabilité est sujette à caution. En 2016, Facebook a admis avoir surévalué les statistiques de consultation des vidéos de 60 à 80 %, et ce, pendant deux ans ! Une « erreur technique » a été invoquée. Une excuse grossière qui pourrait faire sourire si elle n’avait pas un impact énorme sur les investissements publicitaires et sur les moyens mis à disposition par les médias pour produire des vidéos. Quand on culmine à plusieurs centaines de milliers voire des millions de vues par vidéo, les marges d’erreur n’ont pas de grandes conséquences, mais lorsqu’une stratégie vidéo est évaluée sur la base de quelques milliers de clics, alors dans ce cas, les implications peuvent être sérieuses.
    Le chantage au « reach » et la tentation du « boost ». La présence de tous les acteurs sur la plateforme engendre une course à l’attention inédite qui aboutit à une saturation des « timelines » et à une baisse de la visibilité des contenus, intelligemment orchestrée par Facebook. Une chute importante de la portée des publications peut contribuer à déstabiliser les fragiles « business model » des médias. Et la tentation de payer pour maintenir sa popularité, généreusement offerte par la plateforme, n’est plus une exception dans les rédactions. Les contenus sponsorisés se multiplient et les médias se transforment en client de la régie publicitaire de Facebook.

    Facebook a gagné. Les nombreux paradoxes évoqués ci-dessus en sont les meilleures preuves. La servitude volontaire dont font preuve les médias peut être analysée au prisme de leur situation financière, mais difficile de dire quelles en seront les conséquences à long terme. Des sacrifices nécessaires sur l’autel de la transition numérique ? Peut-être, mais attention, la dépendance n’est pas seulement financière, elle est également technique pour l’accès aux outils de production et de diffusion de l’information, elle pèse aussi sur les contenus et contribue à l’uniformisation des formats à l’échelle mondiale et surtout, elle influence et rythme le quotidien et l’organisation des rédactions.

    Le paysage médiatique français s’alarme régulièrement du manque d’indépendance des médias face aux actionnaires-industriels-milliardaires. Pourtant, ces mêmes médias permettent l’instauration progressive d’une menace tout aussi toxique pour l’avenir des médias et de la démocratie, celle du soft power, de l’argent et de l’écosystème des GAFA (Google, Amazon, Facebook et Apple).

    #réseaux_sociaux #facebook #presse #médias #naufrage

    https://seenthis.net/messages/649163 via Reka


  • Pourtant, quand on regarde un peu le fonctionnement des services en ligne, force est de constater qu’à mesure qu’elle nous est assénée comme notre avenir le plus certain, la personnalisation ressemble chaque jour un peu plus à une illusion. En fait, ce qu’on tente d’adapter, ce n’est pas notre unicité à un service, mais les caractéristiques d’un service à de grands ensembles d’utilisateurs auxquels les systèmes tentent de nous faire correspondre peu ou prou. La publicité en ligne ne nous cherche plus nous, internautes uniques dans l’océan des logs, elle cible les cohortes auxquels nous correspondons : cohortes d’âges, de revenu, de résidences, d’intérêts… Hormis quand nous revenons d’un magasin en ligne, où elle s’affole pour nous montrer les produits qu’on a le plus souvent déjà acheté, la publicité nous montre, au mieux ce qu’ont vus nos cohortes d’amis, ce qu’ont vus des cohortes de gens censés nous ressembler, au pire ce que voit n’importe qui.

    Après avoir longtemps cherché à découvrir nos singularités, les grandes machineries du web semblent même avoir fait machine arrière sur la question de la personnalisation. Le moteur de recommandation de YouTube en fournit une très bonne illustration : les outils de personnalisation comme l’historique où les abonnements à des chaînes ont été peu à peu abandonné au profit d’outils qui produisent du consensus, de l’adhésion, de l’engagement. Le Time Watch, le temps passé des autres utilisateurs, et la fraîcheur des contenus, sont devenus les critères principaux de la recommandation. On vous recommande ce que les autres ont vu, viennent de voir, ce qu’ils sont censés avoir le plus apprécié seulement parce qu’ils y ont passé du temps. On en revient – ou on ne sort pas – au plus lu, au plus vu, au plus recommandé… La personnalisation semble en passe de devenir rien d’autre qu’un prétexte pour adapter les contenus les plus vus à notre réceptivité. Elle ressemble de plus en plus à une optimisation de l’audience qu’à une personnalisation.

    La personnalisation visait originellement à moduler les services numériques auxquels on accédait selon ses caractéristiques et préférences personnelles. Son objectif était de rendre chaque service unique, adapté aux besoins et goûts de l’utilisateur. Mais est-ce vraiment cela que proposent les services en ligne ? Cherchent-ils à donner à chacun une information unique depuis ce qu’ils savent de nous ? Force est de constater que ce que les systèmes poussent jusqu’à chacun ce n’est pas le spécifique, mais bien ce qui est le plus commun. Nous ne sommes pas devant une personnalisation, mais bien confrontés à son contraire : une dépersonnalisation. Nous sommes fondus dans les cohortes et catégories auxquelles nous sommes reliés. Plutôt que d’être individualisés, nous sommes généralisés… ce qui participe largement à la polarisation et aux discriminations dont se font l’écho chaque jour les informations sur nos rapports aux services numériques et réseaux sociaux du web.

    http://internetactu.blog.lemonde.fr/2017/11/11/la-personnalisation-un-mythe
    #personnalisation #reseauxsociaux #numérique #internet #publicite #youtube