• L’hégémonie de la race : de Gramsci à Lacan. Entretien avec Richard Seymour – Revue Période @periode
    http://revueperiode.net/lhegemonie-de-la-race-de-gramsci-a-lacan-entretien-avec-richard-seymou

    Même dans ses interprétations les plus sophistiquées, le #marxisme a une fâcheuse tendance à lire le #racisme de façon instrumentale. Telle idéologie est adoptée par une série d’acteurs parce qu’elle est conforme à certains intérêts, parce qu’elle consolide une forme ou une autre d’hégémonie, parce qu’elle entretient des privilèges blancs. Pour le journaliste et chercheur indépendant Richard Seymour, ces explications sont insuffisantes. Issu d’un parcours militant au sein de la gauche révolutionnaire, Seymour montre dans cet entretien combien il est fâcheux pour les marxistes de rationaliser à outrance les comportements parfois les plus irrationnels, tels que les lynchages, les formes de violence de masse racistes. Pour faire face à ce défi théorique, il convoque Poulantzas, Stuart Hall et même Lacan. Au-delà de ces préoccupations, Seymour nous propose ici une véritable leçon de rectification, d’autocritique, pour être à la hauteur de la contre-révolution préventive des classes dominantes.

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  • Gérard #Noiriel : « Eric Zemmour légitime une forme de délinquance de la pensée »

    L’historien de l’immigration s’attache dans son dernier livre, « Le Venin dans la plume » (La Découverte), à montrer comment la rhétorique identitaire du polémiste est comparable aux imprécations antisémites d’Edouard Drumont. Il détaille son travail dans un entretien au « Monde ».

    Propos recueillis par Nicolas Truong

    Historien et directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS), Gérard Noiriel est l’auteur de nombreux ouvrages sur l’histoire de l’immigration en France, sur le #racisme, sur l’histoire de la classe ouvrière et sur les questions interdisciplinaires et épistémologiques en #histoire. Après Une histoire populaire de la France. De la guerre de Cent Ans à nos jours (Agone, 2018), il publie Le Venin dans la plume . Edouard Drumont, Eric Zemmour et la part sombre de la République (La Découverte, 252 pages, 19 euros, à paraître le 12 septembre), dans lequel il compare la grammaire identitaire des deux pamphlétaires nationalistes.

    On compare souvent la situation politique actuelle à celle des années 1930. Or, dans ce livre, vous expliquez que, pour comprendre la rhétorique réactionnaire d’aujourd’hui, il faut partir des années 1880. Comment avez-vous eu l’idée de croiser ces deux figures que sont Zemmour et Drumont ? Quelles sont les ressemblances qui vous ont le plus frappé et les divergences les plus notables ?

    L’histoire montre que, depuis le XVe siècle et la redécouverte de l’imprimerie en Europe, les révolutions de la communication ont toujours eu des conséquences extrêmement importantes sur la vie économique, sociale et politique. L’explosion de l’Internet, des réseaux sociaux et la multiplication des chaînes d’information en continu illustrent une nouvelle révolution de ce type, comparable à celle que les Français ont connue à la fin du XIXe siècle, lorsque le triomphe de la presse de masse a provoqué une profonde restructuration de l’espace public. Je montre dans ce livre que l’important écho rencontré par des polémistes comme Drumont, à la fin du XIXe siècle, et Zemmour aujourd’hui est la conséquence de ces révolutions communicationnelles. Les années 1930 ont porté au paroxysme les effets politiques du discours antisémite de Drumont et consorts, mais c’est à la fin du XIXe siècle qu’il a été élaboré.

    J’avais déjà beaucoup travaillé sur les écrits d’Edouard Drumont dans mes précédentes recherches. Ce qui m’avait permis de repérer un point commun avec Eric Zemmour : le recours constant aux polémiques, aux scandales pour exister dans l’espace public. Toutefois, c’est seulement lorsque je me suis attelé à la rédaction du présent livre que j’ai comparé minutieusement les discours de ces deux polémistes. J’ai découvert alors, avec stupéfaction, que les points communs allaient bien au-delà de ce que je pensais au départ. Certes, il y a des différences indéniables dans leur prose car, aujourd’hui, on ne peut plus insulter les gens de la même manière que Drumont le faisait au XIXe siècle. Néanmoins, si l’on analyse ce que j’appelle la « grammaire », c’est-à-dire les règles qui sous-tendent leur discours identitaire pour dire le vrai et le faux, on constate qu’elles sont quasiment identiques ; sauf que Drumont s’en prend aux juifs et Zemmour, aux musulmans.

    Peut-on mettre l’antisémitisme de Drumont et l’islamophobie de Zemmour sur le même plan ? Est-il possible de comparer la haine d’un peuple avec la crainte d’une religion ?

    Je sais bien que certains considèrent que le génocide perpétré contre le peuple juif au XXe siècle interdit qu’on puisse comparer l’antisémitisme et l’islamophobie. Mais, dans mon livre, j’utilise le mot « antisémitisme » au sens que lui donnaient les adversaires de Drumont à la fin du XIXe siècle. Notamment Anatole Leroy-Beaulieu, qui définissait l’antisémitisme comme une « doctrine de haine » tournée contre les juifs. J’utilise le mot « islamophobie » pour désigner la « doctrine de haine » qui s’attaque aux musulmans. En ce sens, la comparaison me semble légitime. Je montre que la stigmatisation des musulmans qu’alimente Zemmour dans ses livres mobilise le même genre de rhétorique identitaire que celle de Drumont à l’égard des juifs.

    Quels sont les méthodes, thèmes et exemples récurrents de l’histoire identitaire ? Quelles sont les règles de leur « grammaire identitaire » ?

    Sans pouvoir détailler ici l’analyse que j’ai développée dans le livre, je voudrais insister sur le rôle capital que joue la rhétorique (entendue comme l’art de la persuasion) dans la diffusion du type d’histoire identitaire qu’a inventé Drumont et que Zemmour a adaptée au contexte d’aujourd’hui. Je reproche à mes collègues universitaires qui ont travaillé sur ces questions de se limiter le plus souvent aux arguments avancés par les auteurs réactionnaires, en laissant de côté la réception de ces discours dans le public.

    Les journalistes polémistes comme Drumont ou Zemmour n’ont fait que reprendre à leur compte des thèmes qui ont été mis en circulation par d’autres avant eux. Leur art (on pourrait même dire leur talent) se situe au niveau des techniques de persuasion qu’ils mobilisent pour diffuser ces thèses dans le grand public. Ce qui m’a frappé, c’est qu’Eric Zemmour utilise aujourd’hui les mêmes recettes qu’Edouard Drumont il y a cent trente ans. Il s’agit d’une histoire identitaire qui met en scène des personnages (et non des individus réels) et qui est tout entière centrée sur le clivage entre « eux » (les étrangers) et « nous » (les Français). La France est elle-même présentée comme une personne possédant une identité immuable, cimentée par la religion catholique ; ce qui explique que l’étranger soit défini lui aussi par référence à la religion.

    Cette histoire identitaire prend la forme d’une tragédie. Elle annonce la disparition de la France vaincue par « le parti de l’étranger », en faisant constamment le lien avec l’actualité. Son efficacité tient au fait qu’elle mobilise le sens commun, c’est-à-dire ce que tous les Français savent car ils l’ont lu dans le journal ou qu’ils l’ont vu à la télévision. D’où l’importance capitale accordée aux faits divers, aux crimes, aux attentats, etc. Plutôt que de parler de « racisme », je dirais qu’il s’agit de deux formes de nationalisme : au nationalisme antisémite de Drumont a succédé le nationalisme islamophobe de Zemmour. Il faut toutefois préciser que la force de persuasion de ce type de discours tient aussi au fait que la dénonciation de la menace étrangère s’inscrit dans une vision plus globale de la société, centrée sur le thème de la décadence. Comme on le sait, Zemmour s’en prend aussi aux femmes, aux homosexuels, aux universitaires, etc. Mais on a oublié que Drumont s’attaquait déjà aux mêmes cibles.

    En quoi la « rhétorique de l’inversion » – qui fait des dominés des dominants – est-elle si importante à leur entreprise idéologique ?

    J’ai été frappé, en effet, de constater que nos deux polémistes nationalistes mobilisaient constamment la rhétorique de l’inversion dominants/dominés. Autrement dit, ils ne nient pas l’existence des relations de pouvoir, mais ils les renversent. C’est une pièce maîtresse dans un discours qui vise à avoir toujours le dernier mot. Drumont et Zemmour prétendent élaborer une contre-histoire, qu’ils opposent à « l’histoire officielle ». Elle consiste à présenter les minorités qui ont été persécutées au cours du temps comme des dominants qui mettaient en péril l’identité de la France. Comme Drumont l’avait fait avant lui, Zemmour va jusqu’à justifier la Saint-Barthélemy ou le massacre des protestants de La Rochelle par Richelieu.

    Cette « contre-histoire » a bien sûr pour but de légitimer la politique répressive qu’ils prônent à l’égard des minorités du présent (les juifs pour Drumont, les musulmans pour Zemmour). La rhétorique de l’inversion dominants/dominés permet aussi à ces polémistes omniprésents dans les médias de faire croire à ceux qui les lisent ou qui les écoutent qu’ils sont eux-mêmes des dominés, victimes des universitaires « bien-pensants ». Drumont dénonçait les « élites enjuivées », Zemmour s’en prend aux « islamo-gauchistes » ; les mots ont changé mais la rhétorique est identique. Dans les deux cas, il s’agit de discréditer les vrais savants en les présentant comme des dominants qui ont falsifié l’histoire de France pour servir ce que Zemmour appelle « le parti de l’étranger ». L’analyse que j’ai faite, dans mon livre, des commentaires mis en ligne sur les sites qui font la promotion des thèses de Zemmour montre clairement l’efficacité de cette rhétorique. Tous ceux qui s’efforcent de lutter contre ces discours de haine sont présentés comme des « collabos » au service des islamistes.

    Vous écrivez que ce que vous avez vous-même éprouvé en lisant les pages de Destin français (Albin Michel, 2018) consacrées à votre communauté professionnelle est comparable à « ce que ressentent les membres des communautés musulmanes quand Zemmour discrédite leur religion, ou les homosexuels quand il s’en prend au « lobby gay » ». Quels ont été les ressorts émotionnels de votre indignation ? Pourquoi vous était-il impossible d’entonner personnellement, comme Eric Zemmour, la rengaine du « C’était mieux avant » ? Pourquoi était-il important de parler de vos propres origines sociales ?

    L’autonomie qu’ont acquise progressivement les sciences sociales est indispensable au progrès de la connaissance, mais elle incite les chercheurs à voir la société comme une immense salle de cours. C’est ce qui explique le peu d’attention qu’ils accordent à la réception du savoir. Tous ceux qui se préoccupent de ce qu’on appelle « la fonction civique de l’histoire » devraient pourtant tenir compte du rôle essentiel que jouent les émotions dans l’adhésion ou le rejet d’un discours public.

    C’est ce souci qui m’a incité à commencer le livre en évoquant ma propre trajectoire. Dans les quelques pages de cet avant-propos, je me suis placé finalement sur le même terrain que Zemmour, qui ne cesse de mettre en avant ses origines populaires pour discréditer les universitaires et nous seriner que « c’était mieux avant ». Comme je suis issu d’un milieu plus populaire que le sien, il m’a semblé que j’étais bien placé pour rappeler tous les obstacles qu’ont dû franchir les « transclasses » de ma génération afin d’échapper au destin social que l’école républicaine leur avait fixé. Quand on me dit : « C’était mieux avant », je réponds : « Ça dépend pour qui. » Si nous étions dans un monde où seul compte l’échange d’arguments, je n’aurais pas eu besoin d’évoquer mon parcours. Je l’ai fait parce que je sais que cela aura un impact dans le public, surtout auprès de ceux qui n’ont pas les compétences pour arbitrer les querelles historiographiques.

    C’est ce qui m’a poussé aussi à informer les lecteurs des raisons subjectives qui m’ont conduit à écrire ce livre, à savoir le sentiment d’indignation que j’ai ressenti quand j’ai lu les pages du Destin français où les enseignants-chercheurs de mon genre sont traînés dans la boue. Je ne pouvais pas admettre que le monde savant auquel j’ai eu accès au prix de mille sacrifices et d’efforts soit piétiné sans aucune preuve par un journaliste qui distille continuellement son venin avec la complicité des médias les plus puissants.

    Pourquoi la structuration du champ médiatique est-elle déterminante pour comprendre leur émergence ?

    Ce n’est pas un hasard si La France juive , publié en 1886, a été le premier best-seller des livres politiques de la IIIe République. La presse de masse s’impose à ce moment-là en introduisant la logique capitaliste dans l’univers de la communication. De nouveaux quotidiens voient le jour, qui peuvent toucher jusqu’à un million de lecteurs, tout en se livrant une concurrence acharnée. Les recettes qu’ils inventent pour élargir leur audience sont toujours en vigueur aujourd’hui. Elles relèvent de ce que j’appelle la « fait-diversion de l’actualité ». Les crimes, les catastrophes, les scandales occupent une place de plus en plus grande car ce sont des thèmes porteurs.

    Drumont a été le premier à exploiter cette logique nouvelle. Il fait scandale en insultant ses adversaires pour que ces derniers le provoquent en duel ou le traînent en justice, ce qui alimente sa notoriété et son statut de victime. C’est ainsi que Drumont est devenu un « bon client » pour les journalistes de son temps. La majorité d’entre eux n’étaient sans doute pas antisémites. Mais comme ses scandales à répétition permettaient de gonfler les tirages, la grande presse les a amplement relayés, légitimant du même coup la prose de Drumont. Il faut dire que personne ne pouvait imaginer à cette époque les horreurs auxquelles conduiraient ces délires.

    Eric Zemmour utilise aujourd’hui les mêmes recettes, mais en les adaptant à l’âge d’Internet et des chaînes d’info en continu. Les duels ne se déroulent plus au petit matin dans le bois de Boulogne mais le soir sur les plateaux télévisés. Les journalistes d’aujourd’hui qui relayent complaisamment les obsessions zemmouriennes ne les partagent pas toujours, mais comme c’est bon pour l’Audimat, ils les diffusent eux aussi sans état d’âme.

    De la tuerie de Christchurch, en Nouvelle-Zélande, à celle de Dayton, aux Etats-Unis, les idées de l’écrivain Renaud Camus sur le « grand remplacement », dont certaines sont partagées par Eric Zemmour, sont lues et revendiquées par des terroristes suprémacistes. Les mots de ces polémistes d’extrême droite sont-ils des mots qui tuent ?

    Curieusement, ceux qui ne cessent d’affirmer que le Coran est la source de tous les attentats commis par les terroristes se réclamant de l’islam réfutent énergiquement ce genre d’arguments quand leurs adversaires accusent Camus ou Zemmour d’inspirer les terroristes suprémacistes. Là encore, le chercheur doit se tenir à distance de ces polémiques pour analyser au cas par cas comment ces criminels s’approprient les discours racistes qui sont à leur portée, le plus souvent pour justifier leurs actes. Il est certain qu’un livre à lui seul ne suffit pas pour déclencher un passage à l’acte. Cela n’empêche pas que les flots de haine qui sont diffusés par ces pamphlétaires et leurs alliés peuvent être reçus par les extrémistes comme une légitimation de la violence à l’égard des « étrangers ».

    Par conséquent, je ne dirais pas que les mots d’Eric Zemmour sont des mots qui tuent, mais je suis bien obligé de constater que, d’un côté, ses propos insultants humilient ceux qui en sont les cibles et que, d’un autre côté, ils confortent la vision du monde de ceux qui sont envahis par la haine de l’autre. Dans mon livre, j’ai fait une petite analyse des commentaires concernant Eric Zemmour mis en ligne sur des sites d’extrême droite comme Riposte laïque. C’est assez terrifiant. On constate que les écrits du polémiste libèrent chez ces lecteurs des pulsions que le droit actuel s’efforce de contenir. En répétant sans cesse qu’il est victime des « bien-pensants », que la liberté d’expression est bafouée par ses contradicteurs, Eric Zemmour légitime une forme de délinquance de la pensée comparable à celle que Drumont légitimait à l’égard des juifs.

    Edouard Drumont a prolongé son engagement de polémiste en se lançant dans la politique active, puisqu’il fut élu député en 1898. Pensez-vous qu’Eric Zemmour suivra la même voie ?

    Ses partisans annoncent « une première grande convention de la droite, qui a vocation à devenir le lieu incontournable des débats philosophiques et politiques de demain » pour le 28 septembre, en présence de Marion Maréchal, la petite-fille de Jean-Marie Le Pen, et d’Eric Zemmour (Le Monde du 5 septembre). On verra ce qu’il en sortira. Mais je doute fort que le polémiste du Figaro franchisse le pas. La tentative de Drumont pour fonder un parti antisémite fut un échec et sa carrière de député prit fin à l’issue de son premier mandat. Plus prudent, Zemmour se contentera sans doute de jouer les éminences grises de cette nouvelle droite extrême.

    Comment contrer Zemmour et ses avatars aujourd’hui ?

    Le principal message que j’ai voulu faire passer dans ce livre est le suivant : je suis absolument convaincu que si nous voulons éviter qu’à brève échéance un Trump, un Johnson, un Salvini ou un Bolsonaro made in France s’installe à la tête de l’Etat, tous ceux qui ont l’immense privilège de pouvoir parler en public – experts, artistes, journalistes, universitaires, politiciens, etc. (je m’inclus évidemment dans le lot) – doivent aujourd’hui s’interroger sans faiblesse sur leur propre rôle.

    Dans son dernier livre, intitulé Destin français , Zemmour a accusé les historiens comme moi d’obéir à une « logique mafieuse », de tenir « les manettes de l’Etat », de manipuler une « grande machinerie » qui « euthanasie la France ». Ce livre a bénéficié, à l’automne 2018, d’une formidable campagne de promotion ; non seulement dans Le Figaro et ses filiales, mais aussi à la radio, sur les chaînes d’info en continu (BFM-TV, CNews, LCI), sur plusieurs chaînes de la TNT. A ma connaissance, aucun de ces journalistes n’a demandé à Zemmour quelles étaient les preuves qu’il pouvait produire à l’appui de ces accusations contre les historiens. Aucun d’entre nous n’a été invité pour défendre la dignité de notre profession face à ces calomnies.

    L’entretien publié dans Le Point pour faire la promotion du livre de Zemmour a repris en titre l’une de ses phrases affirmant : « La plupart des historiens n’assument plus l’histoire de France ». Bel exemple de « fake news », puisque rien qu’entre 2016 et 2018 trois volumineuses histoires de France ont été publiées par des universitaires, notamment la mienne, parue en même temps que l’ouvrage de Zemmour, mais dont Le Point n’a évidemment pas dit un mot. Il s’agit de Les Luttes et les rêves. Une histoire populaire de la France de 1685 à nos jours , de Michelle Zancarini-Fournel (La Découverte, 2016) ; Histoire mondiale de la France , sous la direction de Patrick Boucheron (Seuil, 2017) ; Une histoire populaire de la France. De la guerre de Cent Ans à nos jours (Agone, 2018).

    Voilà comment ces journalistes conçoivent le pluralisme ! Comment, dans ces conditions, prendre au sérieux leurs propos quand ils affirment combattre le populisme et les fausses nouvelles ?

    Mais le plus inquiétant, c’est que les institutions qui représentent notre communauté professionnelle ne se sont pas mobilisées, elles non plus, pour défendre les enseignants-chercheurs mis en cause par le polémiste. Beaucoup d’universitaires estiment en effet qu’ils n’ont pas à répondre à ce genre de provocations. C’est une lourde erreur car nous ne sommes pas des chercheurs de droit divin. Nous avons des comptes à rendre aux citoyens puisque c’est grâce à leurs impôts que nous percevons nos salaires. Si, comme le dit encore Eric Zemmour, dans Le Figaro, « la plupart des historiens qui se prétendent scientifiques sont devenus de nouveaux prêtres qui servent les nouveaux dieux », autant fermer tous les départements d’histoire dans les universités. Mais si le métier de journaliste se résume à faire la promotion commerciale de la prose des pamphlétaires nationalistes parce que c’est bon pour l’audience, autant fermer aussi les écoles de journalisme et recruter des animateurs en CDD.

    Le grand point commun entre les dirigeants populistes qui sont aujourd’hui au pouvoir dans le monde, c’est que leur nationalisme s’accompagne toujours d’un puissant anti-intellectualisme. Si on laisse le champ libre à Zemmour pour labourer le terrain, il ne faudra pas s’étonner du résultat. Marc Bloch a écrit son Apologie pour l’histoire ou métier d’historien (1949), livre dans lequel il défend le métier d’historien, pendant la Résistance, au moment où il combattait l’occupant nazi les armes à la main. Défendre la science historique était à ses yeux, en effet, une autre manière de résister. Dans ce livre, il déplore le repli de ses collègues universitaires dans leur tour d’ivoire et leur « ésotérisme rébarbatif ». Ce qui conduit « à livrer sans défense la masse des lecteurs aux faux brillants d’une histoire prétendue, dont l’absence de sérieux, le pittoresque de pacotille, les partis pris politiques pensent se racheter par une immodeste assurance ». Et les noms qui s’imposent sous sa plume pour illustrer ce type d’histoire réactionnaire sont Charles #Maurras et Jacques Bainville, les deux « historiens » dont se réclame constamment Eric #Zemmour dans ses livres.

    #antisémitisme #islamophobie

    https://seenthis.net/messages/800868 via kaparia


  • Myths of Christian Zionism Exploded By Daniel Hummel – The Forward
    https://forward.com/culture/430251/why-everything-you-think-you-know-about-christian-zionism-is-wrong
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    Très intéressant compte-rendu d’un livre (dont l’auteur s’appelle Daniel Hummel) qui affirme que les chrétiens sionistes ne sont pas du tout des antisémites comme présentés traditionnellement (notamment par des « juifs libéraux »), et sont des sionistes convaincus. Ils partagent avec leurs homologues juifs sionistes leur #ultra-nationalisme, leur #racisme anti-arabe et leur #islamophobie ; ces derniers attributs, affirme l’auteur du compte-rendu, sont probablement les raisons pour lesquelles les « juifs libéraux » préfèrent les présenter comme des chrétiens d’extrême-droite pseudo sionistes et antisémites.

    Hagee and Falwell are no longer the most important Christian Zionist leaders. The center of the movement has shifted overseas. When Hummel visited the “International Christian Embassy’s Feast of Tabernacles celebration,” he heard a Nigerian preacher addressing an international audience, with only a muted American presence. The global movement emphasizes Jewish-Christian “reconciliation” and a shared biblical inheritance, often rejecting end-times prophecies. They also associate Israel with far-right, ultra-nationalist politics, as when the Brazilian Pentacostalist Rene Terra Nova “administered a mass baptism in the Jordan river to a group of Brazilian tourists before leading a chant in support” of fascist leader Jair Bolsanaro — a gathering that reached large Brazilian audiences through social media.

    Hummel has written a masterful, very readable book that manages at once to mount a surprising argument and tell compelling narrative history. Nor is he an apologist for Christian Zionism: he emphasizes repeatedly the “dark underside of reconciliation” between Jews and Christian Zionists in “the erasure of concern for Arab Christians and… Palestinians.” That critique is inescapable and damning, though of course it applies to Graham, Falwell, and Hagee not because they are Christians, but because they are Zionists.

    Reading Hummel, I realized that liberal Jews prefer to imagine Christian Zionists as anti-Jewish because we find it painful to confront the sincerity and integrity of their Zionism. We would prefer to think of their Islamophobia and imperialism as “Christian” and quarantine the American right from Jewish concerns and interests. We would prefer not to reckon with the fact that Israel has become the central symbolic cause of the world’s political right. We would prefer to deny what Christian Zionists announce loudly and repeatedly — that they reject Christian anti-Semitism and love Jews — because we are ashamed to be loved by such people. Progressive Jews caricature Christian Zionism only partly because we so poorly understand evangelicalism. More deeply, we do so because we would rather not understand why Zionism is so attractive to the Christian Right, for to do so would prompt too many questions about our own Zionism .

    #sionisme

    https://seenthis.net/messages/798960 via Kassem


  • Traités de « singes », les Papous se soulèvent et érigent l’animal en symbole révolutionnaire
    https://observers.france24.com/fr/20190821-indonesie-papouasie-papous-manifestations-singes-symbol
    https://scd.observers.france24.com/files/imagecache/1024x576/article_images/west_papua_monyet.jpg

    Une vague de #manifestations violentes secoue actuellement la #Papouasie, une région d’#Indonésie où le peuple #papou réclame depuis plusieurs dizaines d’années son #indépendance. Ce regain de tensions fait suite à un incident devant un dortoir d’étudiants papous, traités de « #singes » par des militaires et des civils. Depuis, cet animal est devenu le symbole du mouvement protestataire.

    Lundi 19 août, dans la matinée, des manifestants se sont réunis dans les capitales administratives des provinces de #Papouasie et #Papouasie_occidentale, #Jayapura et #Manokwari. Dans la première, plusieurs milliers de personnes ont défilé pacifiquement, d’après des habitants contactés par la rédaction des Observateurs de France 24, tandis que la situation a été plus tendue à Manokwari, où un journaliste de l’Agence France-Presse a dénombré plusieurs milliers de manifestants.

    #racisme #discrimination #exploitation

    https://seenthis.net/messages/798694 via odilon


  • Vulgarité, #Masculinisme : équation pour un avenir politique
    https://joellepalmieri.wordpress.com/2019/08/23/vulgarite-masculinisme-equation-pour-un-avenir-politique

    Salvini, Trump, Johnson, Bolsonaro… la liste est longue des chefs d’État dont les xénophobie, homophobie, #Racisme et sexisme sont dénoncés par les commentateurs et parfois par quelques homologues. Banalisés, fers de lance des différentes campagnes électorales, ces axes de haine sont conjoints. Ils ont de plus en commun de placer la sexualité (masculine hétérosexuelle) au … Lire la suite →

    #Humeurs #Afrique_du_Sud #Brésil #Etats-Unis #Fascisme #Italie #Royaume_uni #Traditionalisme #Violences
    https://joellepalmieri.files.wordpress.com/2019/08/img_1527.jpg
    https://0.gravatar.com/avatar/9756ba41fe8333157071419a20733f4a?s=96&d=https%3A%2F%2F0.gravatar.com%2Fa
    https://joellepalmieri.files.wordpress.com/2019/08/img_1037-1.jpg?w=225

    https://seenthis.net/messages/798266 via demeter


  • “How Does It Feel To Be a White Man?”: William Gardner Smith’s Exile in Paris | The New Yorker
    https://www.newyorker.com/books/page-turner/how-does-it-feel-to-be-a-white-man-william-gardner-smiths-exile-in-paris
    https://media.newyorker.com/photos/5d38a91df44ee80008cc740f/16:9/w_1200,h_630,c_limit/Shatz--William-Gardner-Smith.jpg

    In 1951, the novelist Richard Wright explained his decision to settle in Paris after the war. “It is because I love freedom,” he wrote, in an essay titled “I Choose Exile,” “and I tell you frankly that there is more freedom in one square block of Paris than in the entire United States of America!”

    [...]

    Baldwin, who moved to Paris in 1948, two years after Wright, embraced the gift at first but came to distrust it.

    While blacks “armed with American passports” were rarely the target of racism, Africans and Algerians from France’s overseas colonies, he realized, were not so lucky. In his essay “Alas, Poor Richard,” published in 1961, just after Wright’s death, Baldwin accused his mentor of celebrating Paris as a “city of refuge” while remaining silent about France’s oppressive treatment of its colonial subjects: “It did not seem worthwhile to me to have fled the native fantasy only to embrace a foreign one.”

    Baldwin recalled that when an African joked to him that Wright mistook himself for a white man, he had risen to Wright’s defense. But the remark led him to “wonder about the uses and hazards of expatriation”:

    [...]

    #exil #racisme #liberté #France

    https://seenthis.net/messages/796975 via Kassem


  • The Mississippi Delta’s History of Black Land Theft - The Atlantic
    https://www.theatlantic.com/magazine/archive/2019/09/this-land-was-our-land/594742
    https://cdn.theatlantic.com/assets/media/img/2019/07/WEL_Newkirk_Opener/facebook.jpg?1565200354

    Major audits and investigations of the USDA have found that illegal pressures levied through its loan programs created massive transfers of wealth from black to white farmers, especially in the period just after the 1950s. In 1965, the United States Commission on Civil Rights uncovered blatant and dramatic racial differences in the level of federal investment in farmers. The commission found that in a sample of counties across the South, the FmHA provided much larger loans for small and medium-size white-owned farms, relative to net worth, than it did for similarly sized black-owned farms—evidence that racial discrimination “has served to accelerate the displacement and impoverishment of the Negro farmer.”

    #agriculture #terres #Delta_du_Mississippi #racisme #discrimination #vol_de_terres #Louisiane

    https://seenthis.net/messages/796909 via odilon


  • *Si vous êtes fatigué e d’entendre parler du sexisme et du racisme, imaginez celles et ceux qui les vivent tous les jours*

    https://entreleslignesentrelesmots.files.wordpress.com/2019/07/feminisme-noir-chroniques_djamila-ribeiro_anacaona_kr.jpg

    Le Brésil, le racisme et le machisme. Dans ses chroniques, Djamila Ribeiro nous propose des analyses percutantes mais non dénuées d’humour.

    Note sur : *Djamila Ribeiro : Chroniques sur le féminisme noir*

    https://entreleslignesentrelesmots.blog/2019/07/30/si-vous-etes-fatigue-e-dentendre-parler-du-sexisme-et-d

    #féminisme #racisme #brésil


  • RTL info - Vive émotion en Italie après le meurtre sordide d’un gendarme : il a été tué de 8 coups de couteau par deux jeunes touristes (vidéo)
    https://www.rtl.be/info/monde/europe/vive-emotion-en-italie-apres-le-meurtre-sordide-d-un-gendarme-il-a-ete-tue-de-8-

    « Vive émotion » tant qu’on pensait que les assassins étaient des « Maghrébins »,

    Alors que les médias italiens décrivaient les suspects comme maghrébins, une partie de la classe politique a embrayé et les internautes se sont déchaînés.

    [...]

    Un déferlement qui s’est nettement atténué après l’annonce de l’arrestation des suspects dans l’hôtel quatre étoiles où ils séjournaient.

    Selon un communiqué diffusé samedi matin par les carabiniers, il s’agit de deux Américains de 19 ans qui s’apprêtaient à rentrer aux Etats-Unis le soir même.

    #émotion_frelatée #racisme #air_du_temps #sans_vergogne

    https://seenthis.net/messages/794670 via Kassem


  • Wilson, défiguré par la police en rentrant du travail - Bondy Blog
    https://www.bondyblog.fr/reportages/au-poste/wilson-defigure-par-la-police-en-rentrant-du-travail

    https://www.bondyblog.fr/app/uploads/2019/07/67775067_351147568915294_6118570393671303168_n-e1564130592179.jpg

    Par Ilyes Ramdani
    Le 26/07/2019

    Le 9 mai dernier, Wilson a été violemment interpellé par un équipage de police dans son quartier, à la limite d’Aubervilliers et de Saint-Denis. Bilan : un nez cassé, un œil gonflé et ensanglanté et le souvenir d’une violence inouïe. Ce responsable associatif reconnu à la Plaine a décidé de porter plainte à l’IGPN et de raconter ce qui lui est arrivé. Pour que cela serve à d’autres. Témoignage.

    Comme tous les jours, Wilson sort du travail, un peu après 18 heures. En bon banquier qui se respecte, il est en costard. Mais, avant d’aller retrouver sa femme et ses deux enfants, Wilson ne peut pas s’empêcher de faire un petit détour au quartier. C’est qu’il a un sacré match à débriefer avec ses potes : la veille, Tottenham a éliminé l’Ajax Amsterdam en demi-finale de la Ligue des champions grâce à un but inscrit dans les toutes dernières secondes. Sur les coups de 18h30, lorsqu’il prend la direction de la Plaine Saint-Denis, là où il a grandi, Wilson ne se doute pas qu’une heure ou deux plus tard, il serait placé en garde à vue, en train de pisser le sang, dans une cellule de dégrisement du commissariat voisin.

    #violence-Policière #brutalité_policière #brutalité_macronienne et #racisme

    https://seenthis.net/messages/794555 via Reka


  • *Les discriminations racistes et la construction des frontières intérieures*

    Après de nombreuses décennies de négation, la question des discriminations racistes (1) est depuis près de deux décennies l’objet de nombreuses publications, théorisations et recherches (2). Quelques constats et conclusions récurrents ressortent de ce progrès récent du savoir et de la recherche : les discriminations racistes existent, elles sont massives et systémiques, elles ont un impact particulièrement destructif pour les sujets qui les subissent, et elles ne se limitent plus aux « étrangers » ou « immigrés », mais s’étendent désormais à des citoyens de nationalité française, caractérisés par certains marqueurs « identitaires » (nom, couleur, religion, etc.). Après avoir apporté quelques précisions conceptuelles, nous nous pencherons sur l’ampleur du phénomène, son inscription dans l’histoire, sa fonction sociale et économique et enfin ses effets sur les victimes, mais aussi sur l’ensemble de notre société.

    https://entreleslignesentrelesmots.blog/2019/07/18/les-discriminations-racistes-et-la-construction-des-fro

    #racisme #discrimination


  • SNU : l’autoroute électoral du pouvoir politique
    https://joellepalmieri.wordpress.com/2019/06/28/snu-lautoroute-electoral-du-pouvoir-politique

    Lancée le dimanche 16 juin 2019, une édition « expérimentale » du Service national universel (SNU), pilotée par le secrétaire d’État en charge de la jeunesse auprès du ministre de l’Éducation nationale (EN), Gabriel Attal, a duré douze jours. Le gouvernement se défend à grands renforts de médias d’instaurer une nouvelle formule de service militaire (suspendu en 1997), … Lire la suite →

    #Humeurs #domination #Europe #France #militarisation #racisme
    https://joellepalmieri.files.wordpress.com/2019/06/img_1431.jpg
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    https://seenthis.net/messages/789858 via demeter


  • Question du jour : y a-t-il une modération à La Dépêche du Midi ? Commentaires racistes, violents, ragots, #complotisme, publiés sur le site de @ladepechedumidi en toute tranquillité... Un exemple. #presse #racisme #pqrpic.twitter.com/SXTQhPwE0z
    https://twitter.com/vslonskamalvaud/status/1141273088761442310

    https://pbs.twimg.com/media/D9ad0g2XkAEGonG.jpg

    Question du jour : y a-t-il une modération à La Dépêche du Midi ? Commentaires racistes, violents, ragots, #complotisme, publiés sur le site de @ladepechedumidi en toute tranquillité... Un exemple. #presse #racisme #pqr pic.twitter.com/SXTQhPwE0z



  • #Terrorisme : encore le #nationalisme, encore le #racisme, encore lourdement armé... et avec un gendarme !

    Ils voulaient s’en prendre à des musulmans et des juifs : un groupe d’ultra droite démantelé

    L’enquête avait débuté avec l’arrestation le 7 septembre 2018 d’un homme dans le cadre d’une enquête diligentée par le parquet de Grenoble. Le suspect est un gendarme volontaire adjoint dont le contrat arrivait à expiration. A son domicile, les enquêteurs retrouvent des munitions de kalachnikov, des produits explosifs, un pistolet de marque Glock et un fusil. A l’issue de sa garde à vue, il a été placé sous contrôle judiciaire pour détention d’armes et produits explosifs.

    https://www.bfmtv.com/police-justice/ils-voulaient-s-en-prendre-a-des-musulmans-et-des-juifs-un-groupe-d-ultra-dro

    https://seenthis.net/messages/786954 via ¿’ ValK.


  • *Processus ségrégatifs et discriminatoires*

    https://entreleslignesentrelesmots.files.wordpress.com/2019/05/9782849500705-200x303-1.jpg

    Dans sa préface, Emmanuelle Le Chevalier parle, entre autres, des blessures au quotidien, du travail d’accueil de la fédération de Paris du Mrap, du racisme qui enferme « dans un statut différent », de la systématisation des pratiques discriminatoires, de la nouvelle insulte que représente les nombreux classements sans suite par la justice…

    « Il n’y avait rien de plus terrible que son regard… »

    Note sur : *Emmanuelle Le Chevalier et Didier Daeninckx (coord .) : Il n’y avait rien de plus terrible que son regard…
    Le racisme vécu, les discriminations au quotidien*

    https://entreleslignesentrelesmots.blog/2019/05/27/processus-segregatifs-et-discriminatoires

    #racisme


  • *Nous, melons, bamboulas, ritals, espingouins, portos, niakoués, polaks, youpins, romanos, métèques…*

    Nous sommes les filles et les fils de ce que Louis-Ferdinand Céline désignait comme « ce grand ramassis de miteux, de chassieux, puceux, transis, qui ont échoué ici poursuivis par la faim, la peste, les tumeurs et le froid, venus vaincus des quatre coins du monde ».

    Nos parent-e-s et nos grands-parent-e-s ont figuré sur l’affiche rouge un jour de 1944 ou ont été jetés dans la Seine un jour de 1961. Nous sommes les enfants de celles et ceux que les Papon ont arrêté-e-s, déporté-e-s, raflé-e-s, ratonné-e-s, interné-e-s aux Milles, à Argelès ou à Drancy.

    https://entreleslignesentrelesmots.blog/2017/02/18/nous-melons-bamboulas-ritals-espingouins-portos-niakoue

    #racisme #égalité


  • « #Blackface » : le théâtre de la question raciale
    par Éric Fassin — L’AUTRE QUOTIDIEN
    https://www.lautrequotidien.fr/articles/2019/5/17/1i52wjrklqtkir54f3jgzdm3syfa0v
    http://static1.squarespace.com/static/50c5786ce4b0e98ba8ac5583/55b9af91e4b05305c86c16e4/5cde8772aaf03700011d07c3/1558088318472/genet.jpg?format=1500w

    Dès lors, la question n’est plus uniquement de savoir si tel ou telle, au fond, est raciste ; on considère les choses du point de vue des personnes dites « racisées », car assignées à leur couleur ou leur origine par des logiques de racialisation qui dépassent les intentions et idéologies, bonnes ou mauvaises. Pour combattre les violences de genre, on a fini par l’accepter, mieux vaut se placer dans la perspective des victimes. On commence à le comprendre, il en va de même du racisme : l’intention n’est pas tout.
    Le monde de l’art n’est pas épargné : si nul ou presque n’y est raciste, alors que tout le monde ou presque y est blanc, ne faut-il pas se poser, avec les personnes qui en sont exclues, la question du racisme en effet ?

    #racisme #racisme_systémique #art #theatre

    https://seenthis.net/messages/782129 via ¿’ ValK.



  • La radicalisation n’existe pas, ce qui ne veut pas dire qu’elle ne soit rien

    Les sciences sociales à l’appui d’une nouvelle raison d’État

    Par Hamza Esmili

    Le discours sur la radicalisation s’est amplifié depuis les attentats de 2015 à Paris. Un champ de recherche s’est constitué autour de cette notion confuse, nourri de savoirs produits par des chercheur·es en sciences sociales. Contestables, ces savoirs ont l’avantage d’être prêts à l’emploi pour toutes sortes d’instances, des services sociaux à l’institution pénitentiaire, et sont mobilisés aussi bien dans les discours politiques qu’administratifs.
    Hamza Esmili, doctorant en sociologie, revient sur l’élaboration de ce concept bancal qui permet utilement de dépolitiser la violence qu’il cible et de réaffirmer l’ordre libéral et les contours souverains de la nation.

    https://www.jefklak.org/la-radicalisation-nexiste-pas-ce-qui-ne-veut-pas-dire-quelle-ne-soit-rien

    https://www.jefklak.org/wordpress/wp-content/uploads/2019/05/Une_Radicalisation2_SiteJK-page001-1050x527.jpg

    #radicalisation #islamophobie #prison #discrimination #islam #racisme

    https://seenthis.net/messages/778512 via Jef Klak



  • Si vous ne deviez lire qu’un seul article aujourd’hui :

    Violences policières : Sihame Assbague, une « lanceuse d’alerte » invisibilisée ?

    « Et cette rigueur, c’est même pas une rigueur journalistique, c’est une rigueur militante. Parce qu’on ne blague pas avec les histoires de violences policières. Et parce qu’on ne veut pas que nos erreurs aient une quelconque répercussion sur ce combat. Alors, on prend le temps. »

    Interview sur Ehko : https://ehko.info/interview-de-sihame-assbague-une-lanceuse-dalerte-invisibilisee #racisme #violencespolicieres

    https://seenthis.net/messages/774103 via ¿’ ValK.



  • L’enfant : « alors, quand tout s’effondrait, vous avez fait quoi pour vous entre-aider ? »
    La vieille : « certains semaient des pierres sur des champs de bitume... »

    #Trelaze : Un parking transformé en champ de pierres pour écarter les gens du voyage : https://www.ouest-france.fr/pays-de-la-loire/trelaze-49800/pres-d-angers-un-champ-de-pierres-pour-ecarter-les-gens-du-voyage-63054 #racisme #tsiganophobie #honte

    https://seenthis.net/messages/773810 via ¿’ ValK.


  • Contre le #racisme #Antitsiganisme. A l’occasion de la Journée Internationale Des #Roms, plusieurs initiatives et articles intéressants :

    Reportage (interactif) en immersion dans le #bidonville de Méry-sur-Oise où une trentaine de familles Roms tentent de survivre malgré les problèmes d’accès à l’eau, à l’électricité, aux transports, à un travail,...
    Les oubliés du bidonville de la Butte
    https://www.secours-catholique.org/les-oublies-du-bidonville-de-la-butte
    https://www.secours-catholique.org/sites/scinternet/modules/sc_custom/sc_bvrom/css/images/section1/sec1_image_4.jpg

    Une lettre ouverte très importante de l’association Aset 93 au ministre de l’Éducation et au recteur de l’académie de Créteil, après les (37 !) agressions contre des habitants de bidonvilles de Seine-Saint-Denis suite à la circulation d’une fausse rumeur sur les réseaux sociaux le 16 mars dernier, ne faisant que révéler violemment l’état d’esprit général vis-à-vis de la communauté Rom :
    Nous appelons à un plan de lutte contre l’antitsiganisme dans nos écoles
    https://www.politis.fr/articles/2019/04/nous-appelons-a-un-plan-de-lutte-contre-lantitsiganisme-dans-nos-ecoles-4025

    Une expo #photo hyper complète et émouvante : « Mondes #Tsiganes » au MNHI, le Musée national de l’histoire de l’immigration, à Paris jusqu’au 26 août :
    http://www.histoire-immigration.fr/musee-numerique/expositions-temporaires/mondes-tsiganes
    http://www.histoire-immigration.fr/sites/default/files/styles/moyen-demi/public/thumbnails/image/04_stesmaries_462.jpg?itok=gUtOsFNA

    Un article dédié à l’entreprise de mode de Erika Varga à Budapest :
    Romani Design, seule maison de mode Rom au monde, rend hommage aux différences
    https://m.culturebox.francetvinfo.fr/amp/mode/romani-design-seule-maison-de-mode-rom-au-monde-rend-homma
    https://m.culturebox.francetvinfo.fr/sites/default/files/styles/artcile_view_mobile_full/public/assets/images/2019/04/000_1eb9ap.jpg?itok=3TIq1FVW

    (j’avoue que la tonalité de certains passages me fout un peu mal à l’aise...)

    Et puis ce soir à Paris une projection speciale du #film #documentaire « 8, avenue Lénine - Heureuse comme une Rom en France » réalisé par Valérie Mitteaux et Anna Pitoun à 20h au cinéma Studio Galande.

    (Comme souvent je complèrai un peu plus tard dans la journée / soirée)

    https://seenthis.net/messages/773064 via ¿’ ValK.