• Pour une pratique féministe de la visualisation de données - Catherine D’Ignazio
    https://visionscarto.net/visualisation-donnees-feministe

    Ce texte sans prétention claque en fait comme un manifeste et un programme d’action.

    Si les infographies — je ne parle pas ici des outils de recherche et d’exploration, mais des représentations publiques et populaires — excellent à présenter des mondes entièrement contenus, elles ne savent pas représenter visuellement leurs limites. Où sont les lieux où l’enquête n’est pas allée, qu’elle n’a pas pu atteindre ? Comment les indiquer ? Comment représente-t-on les données manquantes ?

    https://visionscarto.net/local/cache-vignettes/L1154xH792/31652599563_f2cd-1d45a.png?1485109421

    Ce qui donne à cette carte son caractère dissident, c’est le titre, formulé par les jeunes Noirs qui ont produit la carte. « Où les banlieusards qui rentrent du boulot écrasent les enfants noirs ». Un titre qui n’est pas neutre. On est loin de « Localisation des accidents de la route dans le centre de Detroit », titre qui aurait probablement été donné à la carte si elle avait été élaborée par des consultants extérieurs employés par la ville. Mais du point de vue des familles noires dont les enfants avaient été tués, il ne faisait aucun doute que les enfants étaient noirs, les banlieusards blancs, et les événements décrits comme des « meurtres » plutôt que des « accidents ».

    #cartographie_critique #méthodologie #féminisme #savoirs_situés

    traduit par @fil — en mémoire de Nathalie Magnan, traductrice de Donna Haraway (https://monoskop.org/Donna_Haraway)

    https://seenthis.net/messages/563016 via visionscarto


  • Forêts et filières courtes, 1ère partie
    Radio Zinzine
    http://www.zinzine.domainepublic.net/?ref=2644#

    N°21 (60 mn) le 15 novembre 2016 [ Entre cimes et racines ]
    La filière #bois tend vers une concentration de la transformation dans de grosses unités, avec comme conséquence l’homogénéisation des peuplements forestiers et la standardisation des produits finis. Sur différents territoires, des initiatives résistent à cette évolution et proposent des alternatives. Elles cherchent à renouer des liens entre les différents acteurs de la filière, entre propriétaires forestiers, entreprises de travaux forestiers, scieurs, artisans, bûcherons, débardeurs, et également avec des consommateurs locaux. La 12ème rencontre du Réseau pour les Alternatives Forestières (13-15 octobre 2016 à Laurac en Ardèche), co-organisée par le Collectif Bois 07, était consacrée à cette thématique. Présentation de trois initiatives locales en Ardèche, en Dordogne et en Bretagne. (21ème émission de la série Entre cimes et racines)

    #forêt #exploitation_forestière #construction #savoirs_faire

    L’occasion de coller un inédit, l’évolution de l’utilisation de bois rond
    https://pbs.twimg.com/media/CxezcsYXEAELA7i.jpg

    https://seenthis.net/messages/544165 via odilon


  • Portrait des économistes en dentistes comme les autres - Une heure de peine...
    http://uneheuredepeine.blogspot.fr/2016/11/portrait-des-economistes-en-dentistes.html

    Cette importance, c’est celle du #contrôle, pour ne pas dire du #monopole, sur ce qu’il faut bien appeler un #savoir d’Etat, pour reprendre une expression utilisée notamment par Yves Dezalay. Ce terme désigne, d’une façon générale, les #sciences de gouvernements qui, au travers de leurs exportations et leurs importations, permettent d’imposer les formes politiques légitimes et dominantes. L’#économie en fait désormais partie, au côté de son grand frère le droit : l’une comme l’autre sont perçues comme indispensables à la formation des élites politiques et économiques, qu’elles soient nationales ou internationales - ce qui est loin d’être le cas, par exemple, de la #sociologie ou de l’histoire. Les gains économiques et politiques qu’il y a à imposer sa vision des choses dans de telles savoirs d’Etat sont dès lors, on le comprend bien, tout à fait important, et il n’est guère étonnant que les luttes pour en acquérir le contrôle soient âpres, et politiques. Leur #violence apparente ne signifie pas pour autant un rejet du principe général : à savoir que l’économie est et doit être, pour tous les combattants, la discipline par laquelle se modèle les choix collectifs et les orientations politiques. C’est d’ailleurs ce que relève Philippe Steiner dans une recension (à lire absolument) du dernier ouvrage de Jean Tirole, le prix Nobel d’économie français que le monde nous envie (parait-il) :

    Dans l’économie du bien commun, l’économiste joue un rôle clé en établissant les #systèmes d’incitation susceptibles « d’aligner les intérêts », c’est-à-dire de faire en sorte que, malgré leurs intérêts différents, les acteurs agissent dans le sens du bien commun, de l’intérêt collectif. La différence entre l’État et le marché s’efface, puisque ce sont deux modalités d’inciter, de distribuer des informations et de responsabiliser (c’est-à-dire souvent de « faire payer ») l’acteur économique. Plus important encore, cela signifie que l’économiste ne s’occupe plus tant de décrire un monde économique déjà là que de le fabriquer. À l’instar d’Eric Maskin, son directeur de thèse au MIT et récipiendaire du prix de la Banque de Suède en 2007, Jean Tirole défend l’idée selon laquelle la tâche de l’économiste est de construire les systèmes d’incitation pour conduire les acteurs vers le bien commun. L’économiste devient un constructeur de système d’échange : « l’économiste ne modélise pas l’acteur économique, mais celui-ci fait ce que le théoricien modélise ». Après Eric Maskin, Leonid Hurwicz, Roger Myerson, les théoriciens des nudges, et bien d’autres, Jean Tirole s’engouffre dans une voie qui est au cœur du néo-libéralisme contemporain. (italiques par votre serviteur)

    https://seenthis.net/messages/544320 via Agnès Maillard


  • Combien de pages pour une maîtrise ou un doctorat ? | Acfas
    http://www.acfas.ca/publications/decouvrir/2016/11/combien-pages-maitrise-doctorat

    http://www.acfas.ca/sites/default/files/inline-images/Pasted%20Graphic%202_0.jpg

    Combien de pages pour une maîtrise ou un doctorat ?

    Jean-Hugues Roy
    École des médias, UQAM
    Rubrique : Recherches
    16 novembre 2016
    Oui, mais combien ?

    Si vous avez déjà rédigé un mémoire de maîtrise ou une thèse de doctorat, vous vous êtes certainement posé ces questions :

    Combien de pages à pondre ?
    Est-ce que j’en fais suffisamment ?
    Est-ce que j’en fais trop ?
    Et puis, quelle est la longueur moyenne d’un mémoire ou d’une thèse ?

    Rares recommandations

    Les universités québécoises offrent bien peu de réponses aux étudiants des cycles supérieurs qui se posent ces questions. HEC Montréal , par exemple, recommande à ses étudiants au deuxième cycle de ne pas dépasser 150 pages. En sociologie à l’UQAM , on leur demande de se limiter à 120 pages. À l’Université McGill , toujours pour les étudiants à la maîtrise, la limite suggérée est de 100 pages. Au doctorat, il n’y a qu’à l’UQTR où j’ai trouvé des indications. L’université mauricienne suggère à ses doctorants en administration de rédiger « entre 200 et 400 pages ». Lorsque vient le temps de jouer du clavier, donc, la plupart des futurs maîtres et des thésards avancent dans le brouillard.
    Analyse de 55,000 mémoires et thèses

    Ce qui n’aide pas, c’est qu’on ne possède aucune donnée sur la longueur des mémoires et des thèses déposés au Québec. Dans le reste du monde, les chiffres sont aussi rares. Le chercheur Marcus Beck, de l’Université du Minnesota, a fait un exercice qui semble donc assez unique. Il a récolté des données sur près de 4 000 thèses et mémoires publiés dans son institution depuis 2007. Il en a produit de très intéressantes visualisations . Elles permettent notamment de voir la longueur des thèses ou mémoires en fonction du département où ils ont été publiés. Mais ce travail reste confiné à une seule université.

    J’ai donc tenté pour ma part de faire une opération semblable le printemps dernier et de couvrir l’ensemble des institutions de la province. J’ai recueilli des informations dans les 18 dépôts institutionnels des universités québécoises. Les données sur les thèses et les mémoires étaient suffisantes dans 13 de ces dépôts. Un travail de moissonnage à l’aide d’une douzaine de scripts Python, puis de nettoyage de données, a été effectué. Au final, j’ai pu constituer un échantillon d’un peu plus de 55 000 documents.
    Résultats : 133,3 pour un mémoire et 251,3 pour une thèse

    Le mémoire de maîtrise rédigé au Québec au cours des 25 dernières années fait en moyenne 133,3 pages. La médiane est cependant inférieure : 124 pages. Toujours dans le dernier quart de siècle, la thèse de doctorat déposée au Québec compte, quant à elle, 251,3 pages en moyenne. Ici encore, la médiane est inférieure avec 226 pages.

    #sciences #éducation #thèse #connaissance #savoir #nombre_de_page

    https://seenthis.net/messages/543632 via Reka


  • Ce qui tue l’#école, c’est qui ? C’est quoi ?
    http://charmeux.fr/blog/index.php?2016/10/09/304-ce-qui-tue-l-ecole-c-est-qui-c-est-quoi

    Quand on parcourt la liste de ceux « qui ont tué l’école », on découvre qu’il s’agit de ceux qui, dans la lignée de tous les grands noms de l’histoire de l’école (1), œuvrent depuis longtemps (pour certains depuis les années 70), au sein d’instituts de recherche divers, à ce qu’on appelle la « refondation de l’école », c’est-à-dire, qui tentent de comprendre comment on pourrait rendre l’école un peu plus juste et donc plus efficace pour tous.
    Ils ont mené des recherches approfondies et expérimenté d’autres approches de la transmission des #savoirs, en s’appuyant sur les données des #sciences fondamentales qui concernent le métier d’enseignant : la psychologie des enfants, la psychologie des processus d’apprentissage, et, pour le français, la linguistique, la psycholinguistique et la sociolinguistique, à qui l’on doit les connaissances indispensables sur le fonctionnement de la langue, tant à l’oral qu’à l’écrit. Ils ont publié des rapports et des ouvrages développant ces #travaux. ils ont défini des démarches précises, concrètes.
    Il est vrai qu’ils sont relativement peu nombreux : d’après la liste, une poignée, mais qui ont tous, sous des formes diverses présenté le même objectif à leur recherche : celui de lutter contre l’échec scolaire, notamment contre les aspects sociaux de cet échec, le fait que celui-ci frappe majoritairement les enfants de milieux socio-culturellement défavorisés. Aucune logique, en effet, ne justifie ce lien, prouvé pourtant par les faits et les statistiques. Force est d’admettre l’hypothèse que la cause doit résider dans les pratiques d’enseignement, sacralisées par l’usage et soutenues par les hautes instances de l’Éducation Nationale.

    https://seenthis.net/messages/531850 via Agnès Maillard


  • Quelle est la bonne distance pour comprendre le monde ?

    http://www.franceculture.fr/emissions/du-grain-moudre/quelle-est-la-bonne-distance-pour-comprendre-le-monde

    C’est le truc qui me préoccupe depuis à peu près 35 ans. Petite dédicace pour l’ami @alaingresh :) qui se souviendra avec nosalgie des interminables discussions sur « quel angle va-t-on donc bien pouvoir prendre pour aborder cette question » ha ha !

    https://s3-eu-west-1.amazonaws.com/cruiser-production/2016/06/afd45c48-5321-4a3b-a110-ade3b03c38d0/600x337_maxpeopleworld865823.jpg

    Le monde est multipolaire. Pourtant, nous continuons à le regarder avec nos lunettes d’hier, celles d’un ordre international qui n’existe plus. Mais où faut-il se placer pour avoir le bon point de vue ?

    #géopolitique #perception #visualisation #géographie #cartographie #enseignement #savoir #connaissance #production_du_savoir

    https://seenthis.net/messages/520157 via Reka


  • #savoirs et pouvoirs : un nouveau récit
    https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/291215/savoirs-et-pouvoirs-un-nouveau-recit

    L’historien #Dominique_Pestre dirige une impressionnante #Histoire des #sciences et des savoirs dont il explique les enjeux en vidéo, à l’aide de nombreuses illustrations et images, et avec un talent oratoire certain. Ce récit innovant montre à quel point sciences et savoirs se sont inscrits dans la #politique, la société ou la culture, en même temps qu’ils façonnaient ces domaines en retour.

    #Culture-Idées #Essais #gouvernement


  • 20h10, j’épluche les carottes, riiiiiing riiiiing
    – comment voir le site que tu m’as installé ?
    – ben tu as bien le nom de domaine acheté ensemble sur biiiip
    – oui mais je vois rien sur biiiip
    – ? … ben tu colles ce nom dans la barre d’adresse
    – je sais pas ce que c’est
    – pardon, oui, tu ouvres un navigateur
    – je vais sur google c’est ça ?
    – oui, on va dire ça (…)

    #jargon_informatique #savoir_dire_non

    http://seenthis.net/messages/417806 via touti


  • Souleymane Bachir Diagne : « La transmission de la philosophie antique fut aussi une affaire africaine »

    La pensée africaine a longtemps été niée par la philosophie européenne. Pourtant, les échanges commerciaux et intellectuels transsahariens ont permis la transmission des connaissances grecques et latines antiques. Lors d’une conférence au Festival Philosophia à Saint-Emilion, le 30 mai dernier, le philosophe Souleymane Bachir Diagne a rappelé le rôle de centres culturels comme Tombouctou au Mali dans l’histoire de la philosophie.

    http://www.lemondedesreligions.fr/images/2015/07/09/4858_bachir-mdr_440x260.jpg

    http://www.lemondedesreligions.fr/actualite/la-transmission-de-la-philosophie-antique-fut-aussi-une-affaire-

    Peut-on parler de philosophie africaine en singulier ?

    Au singulier, « philosophie africaine » possède un aspect très général et essentialiste qui ne convient pas. Quand on pense à la philosophie africaine, on cherche le prolongement de l’entreprise ethnologique d’approche d’une société sans écriture. Pourtant, le cas de Tombouctou indique bien qu’il y a une tradition écrite. « Philosophies en Afrique » signifie aussi l’enseignement de textes de logique aristotélicienne à Tombouctou ou à Djenné, également au Mali. Je ne suis pas totalement hostile à l’expression de philosophies africaines, à condition qu’on l’utilise au pluriel. Il existe plusieurs aspects de l’histoire intellectuelle sur le continent africain. Les traditions d’érudition écrite en font partie. La Translatio studii, c’est-à-dire le transfert de la philosophie antique, n’est pas simplement une affaire européenne. Elle a aussi été une affaire africaine.

    Comment s’est opérée cette Translatio studii ?

    Il y a d’abord eu une Translatio studii du monde grec et romain au monde arabo-musulman. Celui-ci a développé un certain nombre de centres intellectuels. Plusieurs pratiques disciplinaires se sont répandues. Tombouctou était un point d’aboutissement des voies caravanières et des routes transsahariennes. L’idée même d’un isolement physique et intellectuel de l’Ouest africain est une idée fausse. Il faut le rappeler : le Sahara n’est pas un mur. Au contraire : cet espace a toujours été traversé de tous les côtés par des populations, des biens, des idées, des manuscrits... En regardant ainsi, on voit très bien la continuité spatiale entre une Afrique de l’Ouest dite subsaharienne et une Afrique du Nord elle-même en connexion avec le sud de l’Espagne, le Soudan, l’Égypte et la Péninsule arabique.

    Après l’indépendance, de nombreux régimes africains autoritaires se sont servis de cette expression de « philosophie africaine » pour renforcer un pouvoir holistique, à visée globale.

    Il est intéressant d’observer les usages politiques de cette expression. Les pouvoirs africains ont créé de toute pièce l’idée que la philosophie africaine, expression de la culture africaine, mettait davantage l’accent sur la collectivité et les droits qui lui appartiennent. Le collectif devait être représenté par un parti unique, dirigé par un chef, tel un patriarche, dont on ne questionne pas les directions ni le pouvoir. Cette notion de philosophie africaine a été utilisée par les régimes les plus autoritaires et les plus despotiques, pour justifier que le collectif soit tout et que l’individu ne soit rien. Les dissensions étaient considérées comme un crime contre un consensus qu’on estimait être la marque des cultures africaines.

    #Afrique #Mali #Tombouctou #Translatio_studii #Antiquité_classique #philosophie #pensée #savoirs #culture #histoire #dip

    http://seenthis.net/messages/389105 via Zalama



  • La fabrication d’un « regard éloigné », Philippe Descola, Jean-Louis Fabiani et alii
    http://www.liberation.fr/debats/2015/06/18/la-fabrication-d-un-regard-eloigne_1332170

    ...nos disciplines doivent savoir résister à une double tentation. La première est de répondre à l’injonction qui leur est souvent faite de produire un #savoir utilitaire, directement « valorisable ». Or la façon dont est formulée une « question sociétale » est rarement, pour ne pas dire jamais, pertinente pour une analyse des dynamiques qui travaillent en profondeur les sociétés. Ni la définition d’un seuil de tolérance des étrangers, ni celle du meilleur modèle d’organisation familiale ne sont des questions sociologiques. La seconde tentation est de céder aux sirènes militantes du dévoilement critique, et de transformer ainsi le projet politique et émancipateur que les sciences sociales ont hérité des Lumières en prophétisme académique.

    Les #sciences_sociales ont en effet une ambition plus complexe dans leur rapport au présent. Comme l’a rappelé Michel Foucault dans sa lecture de l’opuscule de Kant Qu’est-ce que les Lumières ?, la tâche des intellectuels modernes est de traiter de l’#actualité : « La question qui me semble apparaître pour la première fois dans ce texte de Kant, c’est la question du présent, la question de l’actualité : qu’est-ce qui se passe aujourd’hui ? Qu’est-ce qui se passe maintenant ? » Mais ils ne peuvent en rendre compte et proposer des grilles d’analyse que s’ils sont suffisamment armés pour tenir le flot de l’actualité à distance.

    Avec la mondialisation, la passion de l’ici et maintenant, le repli identitaire dans l’adhérence à soi, croissent avec l’inquiétude des mutations immenses. La tentation du sociocentrisme et celle du présentisme sont partout. Dans un tel contexte, l’arme majeure des sciences sociales a un nom : la comparaison socio-anthropologique, dont l’objectif, depuis Mauss et l’essor de l’ethnographie scientifique, est la fabrication patiente, toujours recommencée, d’un « regard éloigné ».

    POUR UNE ANTHROPOLOGIE PLURALISTE

    L’#anthropologie_pluraliste que nous défendons ne considère pas la conscience que d’autres peuples se forgent de leurs modes de vie comme des idéologies dont il faudrait mettre à nu les principes, ni comme des cosmologies alternatives qu’il conviendrait d’embrasser car elles rendraient compte du réel avec plus de fidélité que la nôtre, En ce sens, une anthropologie pluraliste ne consiste pas à opposer un Occident introuvable à un reste du monde indéfini, mais à traiter sur un pied d’égalité ces différentes façons de trier la diversité du monde en élaborant un langage de description et d’analyse qui permette de rendre compte des formes très diverses, mais non infinies, d’assembler les existants, les qualités, les processus et les relations, en évitant de recourir pour ce faire aux outils au moyen desquels ces opérations ont été conceptualisées dans notre propre tradition culturelle. Si des concepts comme ‘société’, ‘nature’, ‘histoire’, ‘économie’, ‘religion’, ou ‘sujet’ ont joué un rôle considérable dans le travail réflexif mené en Europe pour faire advenir la modernité et créer, ce faisant, un espace au sein duquel les sciences humaines et sociales pouvaient se déployer, ces concepts renvoient cependant à des façons d’objectiver les phénomènes caractéristiques d’une trajectoire historique que d’autres peuples n’ont pas suivie et ils doivent donc être traités, non comme des universaux, mais comme des expressions locales d’une forme particulière de composition des éléments du monde, composition qui a connu ailleurs des modalités très différentes.

    Depuis 40 ans, plusieurs mouvements ont affecté les sciences sociales : le plus visible est la prolifération des études spécialisées, les studies. Ces études ont permis l’émergence de nouveaux objets et de nouveaux styles de recherche dont on mesure aujourd’hui l’importance. Ainsi les women studies ont ouvert la voie à une prise de conscience majeure : celle de la dimension sexuée (gendered) des sociétés, bouleversée par les valeurs croissantes de liberté et d’égalité des sexes dans le monde. Un immense chemin reste à faire pour comprendre pourquoi et comment l’émancipation des femmes suscite des contre mouvements, non pas « moyenâgeux » mais hélas très modernes, qui peuvent embraser la planète.

    LE CARACTÈRE CENTRAL DE LA TEMPORALITÉ
    Mais les studies n’ont pas que des atouts : elles ont aussi contribué à la fragmentation des sciences sociales en favorisant la constitution de petits mondes largement autonomes et sans cohérence épistémologique. C’est ici qu’intervient l’enjeu majeur de l’histoire. Après le moment de l’épuisement des grands paradigmes (marxisme, structuralisme ..) qui avaient dominé dans les sciences sociales jusqu’au début des années 1970 et l’humeur déconstructionniste qui avait suivi, a émergé le souci de réorienter nos savoirs autour d’un principe directeur ou d’un schème organisateur. Ces tentatives s’appuient sur la reconnaissance croissante de l’unité épistémologique des sciences sociales comme sciences_historiques, dont l’objectif principal est de rendre compte de la succession des événements et des points d’inflexion au sein du cours historique du monde plutôt que de chercher des lois universelles du fonctionnement des sociétés. Le caractère central de la #temporalité - Time matters dit le sociologue de Chicago Andrew Abbott - a rapproché la #sociologie de l’#histoire.

    http://seenthis.net/messages/382148 via colporteur


  • L’éducation populaire en partage - Espace de partage, de contribution et de réflexion - » #educpop #savoirs #apprentissages #engagements #culture #jeunesse
    http://www.educpop.injep.fr

    L’INJEP et le CNAJEP se sont associés pour faire vivre un séminaire de travail et de réflexion sur du thème « apprentissages et démocratie ». Une première séance s’est tenue à Paris le 26 mai 2015 à Paris autour de l’apprentissage par et entre les pairs.

    Retour rapide sur l’évènement et ressources pour poursuivre l’échange en contribuant.

    Toute contribution est la bienvenue sur le blog contributif "l’éducation populaire en partage".