#silicon_army

  • Etats et entreprises à l’assaut de la vie privée, par Félix Tréguer
    http://www.monde-diplomatique.fr/2015/06/TREGUER/53099

    Quant aux grandes #entreprises, elles ont évidemment beaucoup à gagner d’une collaboration avec les gouvernements. Certes, aux Etats-Unis, elles s’emploient depuis le début des révélations Snowden à restaurer leur image auprès de leurs utilisateurs. Campagne pour un meilleur encadrement du Patriot Act, adoption de techniques censées mieux protéger la confidentialité des communications : tout est bon pour tenter de rétablir la confiance. Mais, même à supposer qu’elles soient sincères, ces initiatives s’inscrivent dans un rapport de forces déséquilibré. Les hérauts de l’entrepreneuriat californien tirent les plus grands bénéfices de leur proximité avec l’appareil sécuritaire, que ce soit en termes de commandes publiques, de soutien diplomatique, ou encore d’accès aux renseignements relatifs à leurs concurrents étrangers ou à la sécurité de leurs produits.

    Du côté européen, les attentats de Paris semblent catalyser ce processus d’hybridation public-privé dans la conduite de la surveillance. Depuis janvier 2015, les pays européens, Royaume-Uni et France en tête, ont intensifié la pression sur ces entreprises américaines afin d’obtenir leur collaboration en matière de lutte contre la propagande terroriste et de surveillance des communications. Après un voyage dans la Silicon Valley en février dernier, M. Cazeneuve a annoncé, le 20 avril, avoir conclu un accord avec les représentants de Microsoft, Google, Facebook, Apple, Twitter et les principaux fournisseurs d’accès à Internet français. Parmi les mesures évoquées, la création d’un label permettant le retrait rapide des contenus de propagande signalés par le ministère de l’intérieur (sans décision judiciaire), et surtout la mise en place d’un « groupe de contact permanent entre ministère et opérateurs ». A Londres, Bruxelles ou Paris, les autorités cherchent également à contraindre ces acteurs à revenir sur leurs initiatives dans le domaine de la cryptographie, en les obligeant à livrer aux autorités des données non chiffrées. Est notamment visée WhatsApp, désormais propriété de Facebook, qui a déployé il y a quelques mois un système de #chiffrement dit « de bout en bout » rendant plus difficile la surveillance des messages échangés. Là encore, les enjeux réglementaires auxquels font face les géants du Net, tant du point de vue des règles de concurrence que de leurs pratiques d’évasion fiscale, contribuent à leur docilité vis-à-vis du pouvoir.

    Pour les entreprises européennes, les révélations de M. Snowden ont constitué une aubaine. En France, l’argument de la « souveraineté numérique » face à l’espionnage de la NSA a permis de légitimer un investissement de l’Etat, décidé en 2009, de 285 millions d’euros dans deux projets de centres « souverains » de stockage de données. Le projet piloté par Orange comme celui de SFR se soldent pour l’instant par des fiascos commerciaux, et ce alors que plusieurs entreprises françaises, comme OVH ou Gandi, proposent déjà des offres similaires. Pour ces grands acteurs des télécoms, il s’agit en fait de renforcer leur position sur les marchés européens face à la concurrence américaine ou asiatique, en échange d’une collaboration avec les Etats dans leurs activités de surveillance. Tandis que M. Stéphane Richard, président-directeur général d’Orange, fustige Google et ses « données cryptées » qui « partent sur des data centers dont on ignore tout » (Le Point, 11 décembre 2014), M. Michel Combes, dirigeant d’Alcatel, estime qu’il « ne serait pas illogique de permettre aux pouvoirs publics de savoir ce qui se passe sur les réseaux, dans un cadre juridique approprié » (Les Echos, 1er mars 2015).

    Quant à juger si la loi sur le renseignement constitue ou non un « cadre juridique approprié », les deux patrons français, comme leurs concurrents américains, se sont jusqu’à présent montrés bien silencieux.

    #silicon_army

    Les digital champions dont parlait @manhack dans un papier inédit du « Manière de voir » (@mdiplo) sur la #surveillance vont être contents !

    We are the (digital) champions, par Jean-Marc Manach
    http://www.monde-diplomatique.fr/mav/133/MANACH/51361

    La lutte contre l’usurpation d’identité n’était en fait qu’un argument de façade : le sénateur Jean-René Lecerf, auteur de la proposition de loi [visant à adosser la carte d’identité électronique à un gigantesque fichier recensant les noms, prénoms, photographies biométriques et empreintes digitales de quarante-cinq à soixante millions de « gens honnêtes »], expliquait ainsi que « les #entreprises françaises sont en pointe, mais elles ne vendent rien en France, ce qui les pénalise à l’exportation ». Evoquant des « enjeux économiques, financiers et industriels à prendre en considération », M. François Pillet, rapporteur au Sénat, déplorait de même que « l’absence de projets en France, pays qui a inventé la carte à puce et possède les champions du domaine, ne permet pas la promotion internationale d’un modèle français de gestion de l’identité ». Rapporteur à l’Assemblée, M. Philippe Goujon évoquait lui aussi ce #lobbying en termes encore plus décomplexés : « Comme les industriels du secteur, regroupés au sein du groupement professionnel des industries de composants et de systèmes électroniques (Gixel), l’ont souligné au cours de leur audition, les principales entreprises mondiales du secteur sont françaises. Dans ce contexte, le choix de la France d’une carte nationale d’identité électronique serait un signal fort en faveur de notre industrie. »

    De fait, quatorze des trente et une personnes auditionnées au Sénat au sujet de cette proposition de loi étaient membres du Gixel… Ce lobby s’était déjà fait connaître en 2004 et alors qu’il était dirigé par l’actuel président du Mouvement des entreprises de France (Medef), M. Pierre Gattaz, en proposant dans son Livre bleu de « faire accepter la biométrie » en éduquant les enfants, « dès l’école maternelle », à utiliser des systèmes de reconnaissance biométrique : ils utiliseront « cette technologie pour rentrer dans l’école, en sortir, déjeuner à la cantine, et les parents ou leurs représentants s’identifieront pour aller chercher les enfants ».

    http://seenthis.net/messages/379021 via tbn


  • How Private Contractors Have Created a Shadow NSA | The Nation
    http://www.thenation.com/article/208481/how-private-contractors-have-created-shadow-nsa

    About a year ago, I wangled a media invitation to a “leadership dinner” in northern 
Virginia sponsored by the Intelligence and National Security Alliance. #INSA is a powerful but 
little-known coalition established in 2005 by companies working for the National Security Agency. In recent years, it has become the premier organization for the men and women who run the massive cyberintelligence-industrial complex that encircles Washington, DC.

    The keynote speaker was Matthew Olsen, who was then the director of the National Counterterrorism Center (#NCTC). He used his talk to bolster the morale of his colleagues, which had recently been stung by the public backlash against the NSA’s massive surveillance programs, the extent of which was still com-ing to light in the steady release of Edward Snowden’s huge trove of documents. “#NSA is a national treasure,” Olsen declared. “Our national security depends on NSA’s continued capacity to collect this kind of information.” There was loud, sustained applause.

    One of those clapping was a former Navy SEAL named Melchior Baltazar, the CEO of an up-and-coming company called SDL Government. Its niche, an eager young flack explained, is providing software that military agencies can use to translate hundreds of thousands of Twitter and Facebook postings into English and then search them rapidly for potential clues to terrorist plots or cybercrime.

    It sounded like the ideal tool for the NSA. Just a few months earlier, Snowden had leaked documents revealing a secret program called PRISM, which gave the NSA direct access to the servers of tech firms, including Facebook and Google. He had also revealed that the NSA and its British counterpart, the GCHQ, had special units focused on cracking encryption codes for social media globally.

    SDL’s software is perfectly designed for such a task. It might be useful, say, for a team of SEALs on a covert operation trying to make sure their cover wasn’t blown by somebody on social media—something that almost happened when an alert Twitter user in Pakistan picked up early signs of the secret US raid on Osama bin Laden’s compound. And, of course, we don’t know the extent to which the NSA could deploy it.

    In any case, the software, SDL boasts, is “securely deployed on-premise, behind the firewall, at over 75 government organizations, including the Department of Defense and the Intelligence Community.” No wonder Baltazar was at the INSA event, rubbing shoulders with the kings and queens of the intelligence-contracting industry.

    *This small company, and INSA itself, are vivid examples of the rise of a new class in America: the cyberintelligence ruling class.

    #silicon_army via @histhom

    http://seenthis.net/messages/377283 via tbn


  • #Israel emerges as global cyber superpower (Amitai Ziv, Haaretz, 26.05.15) http://www.haaretz.com/business/.premium-1.658076

    Israel has emerged as a cyber superpower, with Israeli companies accounting for an estimated 10% of global sales of computer and network security technology, figures released from the National Cyber Bureau over the weekend showed.

    Israel’s army is starting to act like a #startup company (Inbal Orpaz, Haaretz, 19.05.15) http://www.haaretz.com/business/.premium-1.657215

    Tech units are using the software tools favored by high-tech companies, they’re sponsoring hackathons for recruits and even developing an app store for soldiers.

    #silicon_army #paywall (…)

    http://seenthis.net/messages/377053 via tbn


  • Elon Musk’s growing empire is fueled by government subsidies - LA Times
    http://www.latimes.com/business/la-fi-hy-musk-subsidies-20150531-story.html

    Elon Musk has built a multibillion-dollar fortune running companies that make electric cars, sell solar panels and launch rockets into space.

    And he’s built those companies with the help of billions in government subsidies.

    Tesla Motors Inc., SolarCity Corp. and Space Exploration Technologies Corp., known as SpaceX, together have benefited from an estimated $4.9 billion in government support, according to data compiled by The Times. The figure underscores a common theme running through his emerging empire: a public-private financing model underpinning long-shot start-ups.

    (...)

    Musk has proved so adept at landing incentives that states now compete to give him money, said Ashlee Vance, author of “Elon Musk: Tesla, SpaceX, and the Quest for a Fantastic Future,” a recently published biography.

    #silicon_army #espace

    http://seenthis.net/messages/375589 via Fil


  • Why Silicon Valley Will Continue to Rule — Backchannel — Medium
    https://medium.com/backchannel/why-silicon-valley-will-continue-to-rule-c0cbb441e22f
    https://d262ilb51hltx0.cloudfront.net/max/800/1*EVwVyAhuKgOVrajCRxP0Pg.jpeg

    The skills learned through building and commercializing one layer of the pearl underpinned and supported the development of the next layer or developments in related industries. Apple, for instance, is a company that people often speak of as sui generis, but Apple Computer’s early key employees had worked at Intel, Atari, or Hewlett-Packard. Apple’s venture capital backers had either backed Fairchild or Intel or worked there.

    (...) Stanford, meanwhile, was actively trying to build up its physics and engineering departments. Professor (and Provost from 1955 to 1965) Frederick Terman worried about a “brain drain” of Stanford graduates to the East Coast, where jobs were plentiful. So he worked with President J.E. Wallace Sterling to create what Terman called “a community of technical scholars” in which the links between industry and academia were fluid. This meant that as the new transistor-cum-microchip companies began to grow, technically knowledgeable engineers were already there. These trends only accelerated as the population exploded.

    (...) Historian Richard White says that the modern American West was “born modern” because the population followed, rather than preceded, connections to national and international markets. Silicon Valley was born post-modern, with those connections not only in place but so taken for granted that people were comfortable experimenting with new types of business structures and approaches strikingly different from the traditional East Coast business practices with roots nearly two centuries old.

    (...) timing was crucial. Silicon Valley was kick-started by federal dollars. Whether it was the Department of Defense buying 100% of the earliest microchips, Hewlett-Packard and Lockheed selling products to military customers, or federal research money pouring into Stanford, Silicon Valley was the beneficiary of Cold War fears that translated to the Department of Defense being willing to spend almost anything on advanced electronics and electronic systems. The government, in effect, served as the Valley’s first venture capitalist.

    #silicon_valley #histoire #silicon_army cc @thibnton

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  • Archive : les pionniers de l’interception de données sur Internet (IOL, 11/06/2008)
    http://www.intelligenceonline.fr/reseaux-et-organisations/2008/06/11/les-pionniers-de-l-interception-de-donnees-sur-internet,43613715-

    Une poignée de sociétés se disputent le nouveau marché des interceptions de communications sur Internet. Une technologie qui intéresse tout particulièrement les services de sécurité et de renseignement.

    Parmi les jeunes sociétés actives sur le marché des interceptions de données transitant sur Internet (voir schéma), le français Qosmos se distingue par ses solutions d’analyse poussée. Le groupe basé à Paris a mis au point la nouvelle génération de logiciels de Deep Packet Inspection (filtrage et analyse de paquets de données), capables de reconnaître plus de 300 protocoles de communication (Webmail, voix sur IP, Instant Messaging, etc.) et de traiter 1,6 million de paquets de données par seconde. Une fois un protocole identifié, Qosmos peut alors « travailler en profondeur » sur les données et récupérer les informations d’utilisateur (login, mot de passe, adresse IP) et les contenus des messages échangés.

    http://www.intelligenceonline.fr/il/IO/Photos/572.gif

    Les débouchés de ces technologies sont de deux types : interceptions légales (le ministère français de la justice s’apprête notamment à lancer un appel d’offres pour équiper les postes des officiers de police judiciaire de ce type de solutions) et interceptions de sécurité effectuées par les agences de renseignement. Dans ce dernier domaine, Qosmos a recours à des intégrateurs spécialisés qui traitent avec des services de renseignement en Amérique du Nord, au Moyen-Orient et en Asie. L’un d’entre eux, le français Ercom, collabore régulièrement avec la direction technique de la DGSE (IOL nº565).

    Fondée par deux anciens chercheurs du Laboratoire d’informatique de l’Université de Paris VI (LIP6), la société emploie 30 personnes et prépare l’ouverture, début 2009, de filiales aux Etats-Unis, à Singapour et en Chine. Elle a perçu le mois dernier un financement de 7 millions d’euros, apportés par le leader allemand des études de marché GfK, ainsi que par les sociétés d’investissement Sofinnova Partners et Alven Capital.

    #surveillance #DPI

    Plus récent, mais derrière un #paywall et pas n’importe lequel… dans la foulée du #pjlrenseignement : les cyber-armuriers des « services » se frottent les mains http://www.intelligenceonline.fr/renseignement-d-etat/terabytes/2015/04/29/les-cyber-armuriers-des-services-se-frottent-les-mains,108070724-

    La nouvelle loi de renseignement, qui devrait être adoptée le 5 mai en France, va faire le bonheur d’une poignée d’équipementiers.

    #silicon_army

    http://seenthis.net/messages/367566 via tbn