• Comment des villes « hyper connectées » contrôlent l’espace public
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2018/12/19/au-nom-de-la-smart-city-des-villes-sous-surveillance_5399527_3234.html
    https://img.lemde.fr/2018/12/19/404/0/5056/2528/1440/720/60/0/a2ed374_1C9zwlPsKMuEqMUXpmh9xJdJ.jpg

    Ni fantasme ni science-fiction : ces dispositifs sont très exactement ceux que des villes françaises commencent à expérimenter sous le nom générique de « safe city » (la ville sûre), avatar en uniforme de la « smart city », la « ville hyper connectée ». « La sécurité est, avec la mobilité, le pilier le plus réaliste de la smart city, estime Marc Darmon, directeur général adjoint du groupe Thales. Il y a un marché porteur pour ces technologies, par la conjonction de l’urbanisation, de la numérisation et de risques qui s’aggravent. »
    Un mouvement de fond

    De Nice à Valenciennes (Nord), de Marseille à la Défense ou à Nîmes, de plus en plus de collectivités se laissent tenter par des plates-formes numériques organisées autour des outils de surveillance et de contrôle de l’espace public.

    Un mouvement de fond, en phase avec de puissants intérêts industriels et porté par des subventions publiques, qui prospère dans un certain flou juridique et inquiète les associations de défense des libertés publiques. Construits autour d’une vidéoprotection dernier cri, dopée à l’intelligence artificielle, aux algorithmes et au « big data », ces dispositifs ont l’avantage de rendre bien concret l’un des rêves fondateurs de la smart city : la gestion centralisée de la ville depuis un poste unique de commandement.

    Mais dans ce schéma, les outils de surveillance occupent une place à part. Au point de faire de la sécurité la première priorité. « La vidéoprotection n’est qu’une partie de la smart city, mais c’est peut-être la plus importante, car elle donne une vision instantanée du territoire : c’est le cœur et le poumon de la ville, c’est un outil qui sert à la gestion ordinaire de l’espace urbain », assume Bernard Serafino, responsable de la sécurité au cabinet du maire de Nîmes.
    « Big data de la tranquillité publique »

    La préfecture du Gard a déployé, avec Engie Ineo, un système de vidéosurveillance intelligente à l’échelle des quinze communes de l’agglomération : 600 caméras, reliées à un centre de supervision high-tech, qui permettent de gérer l’espace urbain et de rechercher et de suivre un individu ou un véhicule d’un bout à l’autre de l’agglomération.

    La ville de Marseille, de son côté, se fait fort depuis le printemps de mettre en place un « big data de la tranquillité publique » grâce aux technologies de Engie Ineo et à une plate-forme de données Oracle, un dispositif censé être opérationnel début 2019. « La safe city est la première brique de la smart city, c’est un outil d’aide à la décision pour la collectivité », décrit Caroline Pozmentier, l’adjointe au maire chargée de la sécurité publique.

    « Une logique de surveillance massive »

    Dans ce contexte, les plates-formes safe city « made in France » sont cofinancées par la Banque publique d’investissement (Bpifrance), subventionnées par les collectivités et encouragées par le Comité de la filière industrielle de sécurité (Cofis), placé sous la tutelle du premier ministre Edouard Philippe.

    « C’est important pour les villes de se dire qu’il y a des acteurs français sur ces sujets clés : notre droit est plus contraignant que celui de la Chine ou des Etats-Unis sur la gestion des données », estime Nathalie Allegret, chez Engie Ineo.

    Françaises ou non, ces technologies soulèvent quelques inquiétudes. « La safe city, c’est la prolifération d’outils issus du milieu du renseignement, dans une logique de surveillance massive, d’identification des signaux faibles, des comportements suspects », dénonce Félix Tréguer, un responsable marseillais de l’association La Quadrature du Net. « Ces outils permettront un contrôle social très sophistiqué quand leur potentiel sera optimisé, estime-t-il. Nous ne trouvons pas rassurant que la police municipale devienne le service de renseignement de l’espace public urbain et de son double numérique. »

    « Améliorer les secours, la circulation, c’est légitime, mais la généralisation de la vidéosurveillance nous inquiète, et scruter les réseaux sociaux, ce n’est pas le rôle d’un maire ! Sans aucun garde-fou, un outil pareil ne peut pas faire preuve de la neutralité indispensable, redoute Henri Busquet, de la Ligue des droits de l’homme à Nice. C’est potentiellement un outil de destruction politique, qui fait courir un risque particulier aux opposants, aux journalistes… »

    La tentation du contrôle social

    L’inquiétude est d’autant plus vive que certains élus ne cachent pas vouloir repousser les limites du cadre légal. « On pourrait faire beaucoup mieux, estime M. Estrosi, qui s’est plusieurs fois heurté à la CNIL. Ce qui nous limite, c’est la loi, notamment la loi Informatique et libertés de 1978. Je demande à ce que le législateur fasse évoluer les textes, au rythme où évolue la société. Je dispose du logiciel qui permettrait dès demain matin d’appliquer la reconnaissance faciale et d’identifier des individus fichés où qu’ils se trouvent dans la ville… Pourquoi se l’interdire ? Est-ce qu’on veut prendre le risque de voir des gens mourir au nom des libertés individuelles, alors qu’on a les technologies qui permettraient de l’éviter ? »

    #Capitalisme_surveillance #Videosurveillance #Smart_city #Safe_city

    https://seenthis.net/messages/745558 via Articles repérés par Hervé Le Crosnier



  • Woluwe-Saint-Lambert : des bornes de stationnement qui avertissent le contrôleur en cas d’infraction
    http://www.rtbf.be/info/regions/bruxelles/detail_woluwe-saint-lambert-des-bornes-de-stationnement-qui-avertissent-le-cont

    C’est une première en Région bruxelloise. La commune de Woluwe-Saint-Lambert a acheté six bornes de parking « intelligentes », annonce la Dernière Heure. Elles ressemblent à de petits horodateurs arrondis avec la mention « Max 15 min ». Elles chronomètrent le temps de stationnement de la voiture qui se gare devant, et dès que le quart d’heure gratuit est dépassé, sur ces places à stationnement de courte durée, elles clignotent et préviennent par SMS l’agent de stationnement du quartier. Des bornes au côté (...)

    #smart_city #automobilistes #surveillance

    https://seenthis.net/messages/558923 via etraces


  • Inde : pas de « ville intelligente » sans égout qui fonctionne ! - Asialyst
    https://asialyst.com/fr/2015/12/21/inde-pas-de-ville-intelligente-sans-egout-qui-fonctionne
    https://asialyst.com/fr/wp-content/uploads/2015/12/INDE-CHENNAI-INONDATIONS1.jpg

    Le désastre de Chennai, où des pluies diluviennes ont fait des centaines de morts et d’énormes dégâts, montre que l’urgence pour les grandes villes indiennes est davantage de mettre en place des services de base opérationnels plutôt que des solutions high-tech hyper sophistiquées.
    L’Inde a-t-elle vraiment besoin de lancer une centaine de programmes de « villes intelligentes » comme le veut le gouvernement de New Delhi ? Ne devrait-elle pas plutôt essayer de rendre les villes existantes « moins stupides » ? C’est le débat suscité dans le pays par le désastre intervenu à Chennai (ex-Madras), début décembre, quand des pluies torrentielles ont dévasté la ville, causant plusieurs centaines de morts. Une tragédie qui, pour de nombreux observateurs, montre qu’il vaudrait mieux donner la priorité en matière d’urbanisme à des problèmes aussi basiques que les réseaux d’égouts et les permis de construire plutôt qu’à des technologies de l’information d’avant-garde.

    #inde

    • Dans un texte de l’urbaniste Shahana Chattaraj publié mi-août dernier au titre révélateur : « Quel genre de ville intelligente voulons-nous ? », cette diplômée de Princeton et du MIT s’interroge : « Les entreprises mondiales font la queue en Inde pour vendre des villes intelligentes sur plans, et les médias listent leurs attributs : salles de commandes centralisées avec des données en temps réel, des capteurs numériques pour localiser les points de stationnement... Ces comptes rendus semblent oublier que les villes sont des agglomérations d’êtres humains ; leurs bâtiments et les infrastructures sont importants, mais accessoires. Et ainsi, d’importantes questions restent sans réponse. Qui va vivre et travailler dans ces nouvelles villes intelligentes ? Les migrants pauvres peuvent-ils trouver un logement avec un salon, ou vont-ils avoir des capteurs numériques pour suivre les empiétements ? »

      Source : http://m.lesechos.fr/redirect_article.php


  • Ville piratée, la #Smart_City et ses ratés - Demain La Ville - Bouygues Immobilier
    http://www.demainlaville.com/ville-piratee-la-smart-city-et-ses-rates
    http://www.demainlaville.com/wp-content/uploads/2015/11/Ville-piratee-620cThomas-Leuthard.jpg

    Un récent exemple de “piratage” urbain a fait jaser dans les rues lilloises. Sauf qu’il ne s’agissait pas d’une intrusion criminelle de haute voltige, telle qu’on a l’habitude de le voir dans les blockbusters hollywoodiens, mais bien d’une blague pas franchement très finaude, le temps d’afficher quelques mots graveleux sur un panneau signalétique de la ville. Certains n’y verront qu’une anecdote sans gravité, et pourtant. Aussi potache soit-il, ce #piratage met en lumière les nombreuses failles d’un espace urbain en pleine mue numérique… Encore peu présente dans le débat public, les craintes d’une ville entièrement “piratable”* ne devraient pas tarder à se faire entendre. Comment s’y préparer ?

    http://seenthis.net/messages/432279 via Aude V