#société_du_spectacle

  • Fascinnant et angoissant objet filmique non identifié d’ #Arnaud_Des_Pallières « Disneyland, mon vieux pays natal »
    http://www.youtube.com/watch?v=76U5DTEwltk

    Le film est une commande d’arte pour la série Voyage, Voyage. Arnaud des Pallières a pu tourner le film qu’il souhaitait, malgré le regard intransigeant de Disney. La société, à l’idée de 45 minutes consacrées à son site sur une chaîne à laquelle ils n’ont habituellement aucun accès, accepte le projet du cinéaste. Des Pallières, malin, demande à Disney de dresser une liste de tout ce qu’il souhaitent interdire dans le film. Méthode qui lui permet de réaliser l’œuvre qu’il entend, sans subir une censure après coup. Le résultat est prodigieux. Arnaud des Pallières réalise son film en DV, triture les images, les sons, transformant son film en un voyage expérimental au cœur du monde Disney. Un monde effrayant, triste et morbide. Lorsque des Pallières monte en boucle la courte image d’un Mickey embrassant un enfant, il nous fait ressentir une sorte de folie, d’existence vide et répétitive qui décrit à la perfection ce monde factice. Ces parades, ces déguisements, ces jeux provoquent paradoxalement une impression de tristesse tenace, comme lorsque l’on assiste à un spectacle de clown. Les enfants sont sommés de s’amuser dans cet univers spécialement fabriqué à cet effet. Mais pourquoi s’amuser à ce moment précis ? Comment soutenir la pression des parents inquiets à l’idée que leurs chères têtes blondes n’éprouvent pas un plaisir à la mesure de leur attente ? Il y’a une sorte de suspens qui se crée, d’angoisse latente qui transforme Disneyland en cauchemar. Des Pallières veut réinjecter de la réalité dans ce monde factice, cette entreprise qui s’est réappropriée les grands contes européens pour les transformer en histoires inoffensives, bien éloignées de leurs premières vertus qui étaient d’aider les enfants à grandir. Disney prend en otage ces personnages, ainsi que les enfants qu’il souhaiterait voir à jamais prisonniers de ce monde idyllique. Martin Wheeler (collaborateur attitré d’Arnaud des Pallières, tout comme le chef opérateur de Godard Julien Hirsch et le mixeur Jean-Pierre Laforce qui, chacun, participent pleinement à la création des œuvres du cinéaste) compose une bande sonore étrange, décalée, qui accentue l’angoisse du film, son aspect hypnotique et cauchemardesque.

    #Documentaire #Expérimental #Cinéma #Fable #Société_du_spectacle #Vidéo

    https://seenthis.net/messages/141413 via Pariaurbain



  • Petra Laszlo, journaliste TV que les contributeurs de tous les réseaux sociaux de la planète sont en train de chaudement l’habiller pour l’hiver.

    #société_du_spectacle

    Hungarian nationalist TV camera operator filmed kicking refugee children | World news | The Guardian

    http://www.theguardian.com/world/2015/sep/08/hungarian-nationalist-tv-camera-operator-filmed-kicking-refugee-childre
    https://i.guim.co.uk/img/media/640234bf689bbc93edb3cf2d48cb9f2758278765/0_113_3500_2100/master/3500.jpg?w=1200&q=85&auto=format&sharp=10&s=ba6f84ad4a4af81f8d7641aaae6c0fbb

    20-second video of N1TV’s Petra László tripping over man carrying child in his arms – and kicking young girl and boy – goes viral and horrifies country

    http://seenthis.net/messages/406506 via Reka


  • Mon espace intérieur n’est plus à moi

    Voulez-vous bien faire un exercice avec moi ? Tenez ! cela coûte si peu : engageons-nous à le faire dès ce soir. Ce soir, à l’heure d’aller nous coucher, arrêtons-nous deux minutes. Deux minutes suffisent. Deux minutes, c’est long pour un homme qui s’arrête. Et demandons-nous ce que nous contenons. Ce que je vous propose, en somme, c’est un examen de conscience. Oui, mais concret et, si je puis dire, matériel. Car il y a en chacun de nous un espace intérieur qu’il faut traverser, parcourir comme un espace véritable, en regardant quels objets sont là et où ils sont.
    C’est un grouillement d’images et de sons que nous allons trouver - des sons qui éclatent et ne se terminent pas, des bouts d’image dont aucune ne réussit à devenir une forme. Nous allons même trouver des objets plus vagues encore, des sortes de poussées, des mouvements qui ont la force de besoins. C’est le bric à brac ordinaire d’une conscience. Il n’y a vraiment pas de quoi s’étonner. Mais nous allons nous poser une autre question : ces morceaux d’images et de sons, ces fragments de désirs, sont-ils à moi ? Sont-ils à moi, ou d’autres les ont-ils mis en moi ? Est-ce ma voix que j’entends ainsi - ma voix quand je parlais tout à l’heure à quelqu’un ? Est-ce la voix de ma femme, de mes enfants, de mes amis, d’êtres vivants ? Et ces images, est-ce qu’elles me rappellent des objets dont je me suis servi, les lieux où j’ai marché, travaillé ? En vérité, c’est bien peu probable. Les images, ce seront celles de la télévision (pourtant, je ne l’ai regardée qu’une heure). Ce seront celles de toutes ces pancartes, de tous ces signaux qu’on a brandis sous mon nez depuis le matin dans les rues de ma ville, sur la première page des journaux, aux devantures des magasins, et jusque sur le paquet de lessive que j’ai acheté en rentrant. Les voix, ce seront celles des miens, mais jamais seules, toujours mêlées à d’autres voix étrangement familières et entièrement indifférentes - celles de toutes ces femmes et de tous ces hommes que je ne recontrerai jamais, auxquels je n’aurais du reste rien à dire et qui ne me parleront pas. Comment ! Mais ils me parlent ! Ils ne font que cela, à la radio, à la télévision, au cinéma, au téléphone, sur papier, sur bande magnétique... Ils le font, et pourtant rien n’a lieu. Ils ne savent pas à qui ils s’adressent. Ils parlent, mais c’est parce-qu’ils savent que de nos jours la parole se vend.
    Telle est l’odieuse découverte : mon espace intérieur n’est plus à moi. J’y trouve encore quelques objets personnels mais comme une épingle dans un tas de foin. Et mon espace intérieur n’est pas non plus aux autres : je n’ai pas eu le projet de le leur donner. Il n’est à personne. Il est jonché d’objets. Il existait déjà des cimetières de voitures, et je m’en plaignais, car ils détruisent le paysage. Mais voici qu’à mon tour je deviens cimetière de mots, de cris, de musiques, de gestes que personne ne fait pour de bon, d’informations, de recettes, de séquences cent fois répétées et que personne ne veut.

    Jacques Lusseyran - Contre la pollution du moi - Juillet 1971
    #vie_intérieure #pollution #bruit #publicité #média #consommation #société_du_spectacle #insignifiance

    http://seenthis.net/messages/376757 via koldobika