• Aux Archives nationales, six siècles de grands procès faits aux femmes
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    Sorcières, empoisonneuses, mères infanticides, traîtresses à la patrie… Chaque époque a eu sa figure diabolisée de la femme.

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    Troublante concordance des temps. Le 30 novembre s’est ouverte aux Archives nationales l’exposition « Présumées coupables », consacrée aux grands procès faits aux femmes. Au même moment, l’actualité résonnait des cris de haine lancés à l’encontre d’une mère jugée avec son compagnon devant la cour d’assises du Puy-de-Dôme pour avoir frappé à mort Fiona, sa fillette de 5 ans.

    À Riom, où se tenait le procès, une file chaque jour plus longue accueillait de ses vociférations l’arrivée et le départ en fourgon de cette mère qui cristallisait les passions mauvaises. On se pressait pour l’apercevoir, pour assister à un morceau d’audience comme on devait, un siècle plus tôt, s’agglutiner sur la place où le condamné était mis à mort.
    La femme, « nimbée de la paix qu’elle se doit de maintenir voire d’établir dans la société (…), est d’autant plus coupable qu’elle se doit de ne pas l’être ». Claude Gauvard, auteure du livre « Présumées coupables »

    Les réseaux sociaux qui, pendant deux semaines, avaient amplifié le tumulte et contribué à rendre plus pesante encore cette atmosphère de lynchage, se sont déchaînés à l’annonce du verdict. Ce dernier rendait le seul compagnon de la mère coupable des coups mortels et acquittait la mère de ce crime, alors qu’une peine de trente années de réclusion criminelle avait été requise contre les deux accusés.

    Tout cela donne une acuité singulière au voyage à travers six siècles d’affaires judiciaires féminines que propose l’exposition parisienne « Présumées coupables ». Si les femmes ne représentent qu’une part marginale de la population pénale – de 4 à 5 % –, les crimes qui leur sont reprochés fascinent et dérangent.

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