• En ce jour de manifestation nationale contre les féminicides, j’apporte mon témoignage suite à l’article d’une victime d’agressions d’un homme et son questionnement sur sa présence dans des milieux militants émancipateurs et le peu de considérations et prise au sérieux des problèmes politiques que ça implique.

    Article initial : Dénonciation de mon agresseur qui milite toujours [TW/TC : Viol]
    https://nantes.indymedia.org/articles/46678

    Mon commentaire (qui doit être en cours de validation) :

    Puisque plusieurs femmes ont le courage de témoigner publiquement à visage découvert, je vais donc aussi le faire.

    Je ne validerai ni ne réfuterai quoi que ce soit de ce récit que je n’ai pas vécu, mais la lecture de ce témoignage a fait remonter une vague de souvenirs violents et anxiogènes. Et j’ai tout de suite compris de qui il s’agissait, nul besoin de le nommer. Mon inconscient a dû chercher à me protéger car j’avais vu le titre passer plusieurs fois sans cliquer sur le lien, mais sa ré-apparition aujourd’hui par un autre biais sur un réseau social a bousculé mon envie de savoir...

    Je ne validerai ni ne réfuterai quoi que ce soit, car ce qui est raconté dans le témoignage est un vécu intime et du ressenti, des impressions aussi, et je ne peux ni certifier qu’ils sont vrais, ni certifier qu’ils sont faux, mais ce dont je peux certifier c’est le caractère violent et la difficulté de se contrôler de X., et ce que je veux appuyer, c’est l’importance de la finalité curative de la démarche : empêcher tout comportement dominant et oppressif dans nos luttes. Seule notre vigilance collective à ce que certains comportements ne soient pas admis pourra aider à éviter d’avoir de nouvelles victimes et changer le comportement des dominants. Seule notre attention à respecter une parole de victime pour ce qu’elle est, une personne en souffrance, nous permettra d’avancer dans le but de toute lutte, il me semble : s’émanciper des mauvais schémas et mieux vivre ensemble.

    J’ai rencontré X. virtuellement. Il avait monté, seul disait-il, une page facebook de soutien à la zad où il résidait. Au début tout fonctionnait bien, nous sommes arrivé-e-s à plusieurs pour aider virtuellement, fort-e-s de notre expérience de communication sur les réseaux sociaux pour la zad NDDL, avec quelques bases de fonctionnement qu’on a essayé d’impulser, tout en faisant attention à la volonté des personnes sur place censées être représentées par X. On était en demande de comptes-rendus mais X. proposait surtout de la vidéo. Heureusement des blogs autonomes d’info se sont mis en place, comme pour NDDL.

    Sauf qu’au bout d’un moment ça a commencé à fritter : notre base idéale était de tenter de ne pas filer de matière première à facebook et cie, conscient-e-s que ça participait trop à nourrir le capitalisme. De faire attention aux sources vers lesquelles on renvoyait aussi, axer au maximum sur les blogs locaux, les automedias, les medias libres, quelques mainstream quand ils faisaient un bon taf, mais refuser totalement les sources conspis, confus, d’extrême droite, etc. Nous avions dû intervenir une fois au sujet d’une publication sur la page personnelle de X., la source était super grave et lui ne voulait rien entendre.

    Nous essayions aussi, dans la mesure du possible, de faire des publications avec l’accord d’au moins une autre personne au moins dans les premiers temps, d’éviter de sur-publier d’un seul coup donc de programmer des choses à l’avance en dehors des urgences, de tenir compte de ces saletés d’algorithmes qui étaient déjà bien relous, de mettre en place des outils de gestion collective, de faire du décryptage-débunkage des mensonges publiées par les les pro-barrage etc. Il y avait même un pad (page virtuelle collective) pour rassembler les pratiques possibles, les sources et pistes de réflexions et de régulières propositions de transmissions de savoirs. Bosser en équipe, virtuellement, c’est très compliqué ! Il faut faire infiniment attention aux formulations pour ne pas blesser, régulièrement relancer les envies quand la fatigue ou le ras-le-bol se pointent, tenter de verbaliser les moments de saturation en faisant attention à ne pas trop en demander aux autres... C’est un véritable apprentissage collectif ! Mais nos réflexions et tentatives communes était régulièrement foutues en l’air par les initiatives de X. qui publiait ce qu’il voulait, comme il voulait, quand il voulait seul dans son coin : vidéos brutes avec des visages non floutés, bavardages avec les flics, et plein d’autres trucs super gênants sans la moindre explication, le moindre texte contextualisant, ni la moindre concertation. A chaque demande de régulation il avait la même réaction : soit l’absence, soit la fuite en avant dans des arguments d’autorité : « c’est ma page », « je fais ce que je veux », « c’est dans l’urgence », « je suis illettré donc ce n’est pas de ma faute ». L’illettrisme a été son argument le plus récurant et le plus efficace. A d’autres moments il envoyait sa copine au charbon à sa place et elle a plusieurs fois pris sa défense, d’où la note d’intro qu’elle fait sur le floutage, d’ailleurs.

    Sauf qu’à force de désaccords, d’explications et de tentatives de conciliations traitées par le dédain puis des engueulades, ça commençait à montrer un visage de X. non pas au service de la lutte et aux prises avec ses nécessités, mais bien plus un schéma autoritaire sans l’aval de quelque groupe représentatif que ce soit sur place. Pire, certains n’en pouvaient plus sur place non plus et les engueulades devenaient fréquentes. A force, X. a été obligé, parfois par l’intimidation, de baisser un peu sa caméra et cesser d’afficher tout le monde.

    Au bout d’un moment alors que les choses étaient de plus en plus tendues sur place (les paysans locaux avaient formé des milices, pour rappel) et après avoir croisé les avis de plusieurs personnes sur place et / ou qui géraient la page, nous avons mis en place un pad où nous avons « convoqué » X. afin qu’il réponde à certaines demandes et s’engage à être plus réglo sur le fonctionnement COLLECTIF qu’on souhaitait. On lui proposait de l’aide, des pistes de solution. Nous avions déjà eut des échos de « comportements violents » sur place mais nous mettions ça sous le coup de l’urgence et la lutte tendue, les difficultés liées à son passé, donc nous n’en parlions pas dans le texte, on avait même veillé à être le moins dans le reproche possible. Pour autant nous avions déjà commencé à nous questionner et rassembler des infos entre meufs, sur ses tendances virilistes et ses embrouilles inquiétantes avec les meufs, avec sa copine, tendances virilistes inculquées d’après lui par son passage à l’armée dont il ne se remettait pas. Je n’ai pas été surprise car j’avais abordé ce sujet avec lui dès notre première conversation téléphonique suite à une réflexion qu’il avait faite sur les meufs, lui expliquant que tout comportement ou propos sexiste ne passerait pas du tout en ma présence. Après un « oui mais les meufs elles sont dures aussi », il m’avait expliqué que de toute façon il ne saurait être violent avec les femmes étant lui même un enfant de la violence et ayant été lui aussi abusé. Soit.

    Le texte collectif comportait un ultimatum : s’il décidait de passer outre notre demande de gérer la page en commun, il serait exclu temporairement de la page, le temps qu’il essaye, à minima, les outils qu’on avait mis en place. Mais il a refusé encore une fois, a prétexté que son illettrisme l’empêchait de comprendre, et malgré une proposition de passer par un autre support que l’écrit, il a fait comme si de rien n’était en continuant en solo. Il a donc fallu appliquer ce dont nous l’avions menacé : l’exclure temporairement.

    Cette décision a été violente à prendre, la plupart des autres hommes qui géraient la page étaient au mieux passif ou se disaient alliés sur notre ressenti mais « le comprenaient aussi » tout en espérant ne pas avoir à intervenir, et au pire, pour l’un d’entre eux, dans l’incompréhension totale de ce que nous évoquions désormais ouvertement vu les réponses et le fonctionnement de X., à savoir un virilisme dominant et égo-centré qui mettait en danger toute la zad par une personnification trop forte sur « Ze Automedia Déclaré » qu’il devenait. Il venait d’y avoir coup sur coup deux longs articles entièrement sur lui et son passé de « bidasse boulanger devenu zadiste » dans je ne sais plus quel médias, c’était de plus en plus flagrant.

    X. a pété un câble d’avoir été viré des admins de la page. Il a téléphoné partout où il a pu, il hurlait sur les femmes et négociait avec les hommes, refusant d’entendre que c’était temporaire. La différence de fonctionnement selon le sexe de l’interlocuteur-ice était flagrante. Sur la zad aussi, nous a-t-on dit, il était dans une colère noire et disait être victime d’un coup monté contre lui pour l’empêcher de témoigner. Il a tenté même de suggérer la piste des flics infiltrés contre lui mais ça ne pouvait pas tenir comme argument : la page était trop solide (certaines autres personnes de l’équipe étaient sur zone, par intermittence). Comme nous avions pressenti le danger d’un pétage de plomb avec son caractère explosif, je me pensais un peu protégée par par la distance et par le fait d’avoir écrit ce texte et pris cette décision collectivement, vraiment collectivement (ça a été assez relou et fastidieux pour que je m’en rappelle). Il m’a téléphoné, comme tou-te-s les autres, il a hurlé, pleuré, il voulait absolument savoir QUI avait fait ça, voulait le nom d’une personne en particulier, persuadé que c’était forcément une femme, et même si effectivement nous étions plutôt des femmes à la verbalisation des problèmes qu’il posait et du sens politique à pointer dans ses abus, même si j’avais pas mal « organisé » le mode de fonctionnement de ce processus pour qu’il soit le plus horizontal possible, il refusait de croire à une réflexion collective : c’était forcément personnel, une attaque ou une vengeance contre Sa Personne.

    Vu la violence de l’appel, vu un début de harcèlement téléphonique qui se mettait en place (j’ai déjà eut plusieurs fois à faire à ça, je décèle très vite quand ça bascule), j’avais éteins mon téléphone préventivement les premières 24h.
    Il a tout tenté pendant les premiers jours : appels des différentes personnes, chantage, négociation par l’affect en appelant à une sorte de solidarité masculine, etc. Personnellement, j’ai refusé totalement de l’entendre à nouveau au téléphone tant qu’il ne se serait pas calmé. Il y a eut une nouvelle discussion collective, plus ardue vu sa pression, et nous avons fini par décider de le virer définitivement, contrairement à ce que prévoyait initialement la démarche. Cette décision n’était pas unanime mais il n’y avait pas non plus d’opposition, certains garçons le vivaient pas trop bien, mais une des admins était tellement choquée par l’attitude violente de X. qu’elle se mettait en retrait de la page, quand à moi, j’allais pas très fort non plus et ne me voyais pas recommencer encore et encore ces confrontations ou devoir céder par lassitude...

    Mon expérience avec X. aurait dû s’arrêter là. Mais d’autres histoires de violences ont été rapportées, une dénonciation publique aussi, que je croyais avoir vu passer à l’époque sur indymedia mais je n’ai pas retrouvé. Je me rappelle, mais je ne saurai préciser à quel moment précisément, que sa compagne du moment qui témoigne ici avait énormément pris sa défense. C’est sans doute ce qui m’a fait me décider à témoigner : la personne qui publie ce témoignage avait les mêmes argument que la personne qui commente en se présentant comme l’actuelle compagne de X., ç’en est flippant de similitudes. L’autre aspect très marquant et questionnant, c’est le schéma : X. se présente comme un môme qui a été abusé et victimes de violences, c’est son argument principal de défense, et je ne remets absolument pas ça en doute. Mais les femmes avec qui il relationne « amoureusement » sont elles aussi des victimes. Et ce schéma est trop systématique pour ne pas questionner : on sait pertinemment dans quelles spirales infernales peuvent s’enfermer des victimes : elles vont vers ce qu’elle (re)connaissent, parce que même si elles y croient, elle n’arrivent pas à se sentir à l’aise dans d’autres schémas relationnels tant qu’elles n’ont pas totalement cicatrisé. Parce que déconstruire les « habitudes » de violence et domination, c’est compliqué et douloureux.

    J’ai recroisé X. plus tard. J’allais à une rencontre de médias libres sur la zad NDDL. Je n’étais absolument pas préparée à le voir. Au début, ne l’ayant jamais rencontré dans la « vraie vie », je n’ai pas fait attention à lui. Il y a eut une sorte d’AG, avec un tour de présentations, où on disait qui on était et ce qu’on venait faire là. Et je me rappelle comme si c’était hier de l’image, comme une photo indélébile, de ces deux personnes, un homme et une femme, qui se sont présentées de la mouvance « non-violente ». Je ne me rappelle plus trop leurs paroles mais je me doute qu’une fois encore c’était un mélange de bonne volonté et de déni des autres violences, de ce qu’induisait comme violence l’injonction à être tou-te-s « pacifistes ». Et là un mec est intervenu, soudainement, les a interrompu, et a gueulé contre leur présence, comme quoi ils n’avaient rien à foutre là, etc. Ce qui ma super choquée, c’est pas tant ce qu’il disait, certains passages étaient même plutôt justes, ni les décibels qu’il employait, non, ce qui m’a choquée c’est que tout son corps, toute son expression, n’étaient tournées QUE vers la femme. A aucun moment il s’est adressé à l’homme, dans tout ce qu’il a reproché. J’étais vraiment pas loin d’eux et j’ai flippé, et je sais pas pourquoi mais je me suis posé la question de savoir si c’était lui, p’t’être parce que j’ai entendu un prénom ? Des gens l’ont calmé, lui ont demandé de respecter le tour de parole, ça a été compliqué, mais moi j’étais tétanisée, je me sentais en danger. D’une réunion « amicale », on avait basculé dans un champs de bataille auquel je ne m’étais pas préparée, et cette tétanisation, je la connais trop bien pour ne pas en tenir compte. Je me suis donc rapidement renseignée sur qui il était et ça a été le choc. Un pote était étonné par ma réaction, me disant que X. était sur la zad régulièrement, depuis un moment. J’ai demandé où il était posé, et le pote m’a dit que c’était là où lui même vivait : à la Grée, et que certes X. avait une grande gueule mais que ça se passait bien.
    J’aime bien mon pote, il est doux et compréhensif et il a tendance a écouter tout le monde, ce qui est une qualité assez rare, mais là, je ne pouvais pas supporter. Je lui ai dit que je ne pouvais pas rester, que j’allais partir, que je ne viendrai pas à la Grée quand X. y serait, que désormais je prendrais mes précautions en appelant avant et qu’il fallait absolument me prévenir si X. était là. J’avoue que ça a pas mal abîmé ma confiance en ce lieu, je sais c’est dommage, mais c’est comme ça. J’ai prévenu d’autres personnes, en évitant de tomber dans un « c’est lui ou moi » et on a fini par trouver un compromis de fonctionnement qui consistait à ce que je ne donne pas mon identité ni mon « statut » (ce qui induisait donc que je n’allais pas être libre de parler), que je ne me retrouverai pas dans un groupe de travail avec X. et que s’il montait le ton où quoi que ce soit de tendu, des personnes seraient vigilantes pour le canaliser.
    Soit. Je prends sur moi, le cœur encore très rapide, et reste à la rencontre.
    On commence un cercle de travail autour des infos sur internet. X. n’est pas là, je suis plus à l’aise, je mets même des visages sur des pseudos, c’est chouette de se rencontre IRL comme on dit, mais avant qu’arrive mon tour de parole, X. se pointe et s’assied.
    Panique.
    Mes yeux cherchent des supports, je sais que plusieurs potes ne comprennent pas mon refus de l’affronter, je dégage une image de femme forte, beaucoup trop je crois, mais personne ne peut comprendre comment ton corps et ta volonté se tétanisent face à une personne que ton instinct « reconnait » comme bourreau potentiel. Non ça n’est pas rationnel. Et rien à part le soutien de proches, ne peut t’aider à rationaliser. Je me referme donc, et passe en mode automatique. C’est à dire que je n’ai quasiment pas de souvenirs de la suite. Je sais que j’ai dû faire part d’expériences et de questionnements puisque j’avais pris des notes pour le faire, je crois même qu’à un moment on s’est « confrontés », car j’ai dû soulever les problèmes que posaient certaines attitudes non régulées, du fait de ne pas flouter des visages et de publier dans l’urgence, et je crois me rappeler qu’il a tiqué, qu’il s’est plaint aussi d’être mal accueilli par des personnes qui ne le connaissaient pas ... sauf que si, je le connaissais, nous étions plusieurs à le connaitre, je crois même que je le lui ai dit sans rentrer dans les détails mais en signifiant clairement que je n’accepterai pas de basculer dans un truc interpersonnel ni aucun débordement de sa part.
    J’me rappelle même pas comment ça s’est terminé, cette journée : toute mon énergie était concentrée sur le fait de me canaliser et « jouer le rôle » de la meuf qui va bien et n’a pas de problème. Et ça bouffe toute l’énergie cette saleté de rôle.

    Ces deux moments m’ont beaucoup marqués car ils posent concrètement un problème de fond qu’on aborde trop peu : comment fait-on pour se passer de la police, des menottes, de la taule, comment fait-on pour aider des victimes, comment fait-on pour aider, aussi, des potentiels « bourreaux » à ne pas franchir le cap, à comprendre ce qui les pousse à utiliser la violence viriliste pour dominer les autres ? Comment fait-on pour que ces personnes se sentent suffisamment « à l’aise » pour ne pas avoir à en arriver à écraser d’autres personnes ? Et c’est là qu’on a clairement « besoin » de mecs alliés, j’veux dire par besoin qu’il faut que ce soient de vrais alliés, hein, pas des faux qui font mine et attendent juste que la meuf « se calme », non : des mecs qui sont conscients qu’en face d’eux un type parle radicalement différemment en fonction du sexe affiché de son interlocuteur-ice, que le type à tendance mascu ne pourra comprendre qu’un langage dominant/dominé car c’est le seul schéma qu’il connaisse, et qu’il faut donc refuser qu’il ne s’adresse qu’à des hommes et qu’il se régule pour avoir le même comportement avec les différentes identités de genres, qu’il faut absolument le faire redescendre de ce besoin irrépressible d’être le chef de meute... Des mecs qui soient conscients que leurs copines, que la femme à côté d’eux, est passée en mode automatique ou est beaucoup trop « sûre que tout va bien » alors qu’elle fuit visiblement la présence de quelqu’un. Etc.

    Il me semble qu’il y a eut plein de moyens, dans les moments d’échanges que j’ai pu avoir avec d’autres, qui n’ont pas été pris au sérieux, mais il me semble aussi que le fait qu’au moins une ou deux personnes s’en soient emparé-e-s a quand même un peu changé la donne : renvoyer à une personne le problème politique que posent les moments où ce qu’elle met en place peut servir de base de dérive comme le fait d’être centrale « à la lutte », d’être indispensable, d’être toujours la personne à qui il est fait référence, d’exiger que personne ne fasse la moindre critique sur ce qu’on fait, de ne pas écouter les critiques ou les prendre / les présenter comme des attaques, semer la confusion entre remise en question voire opinion différente et « ennemi », etc. Pointer tout ça non pas en excluant mais en mettant une personne face à ses propres contradictions, c’est déjà semer des graines, et si ce n’est pas pour elle, c’est des « armes » pour tou-te-s. C’est super important.

    Et ici, estimer qu’une personne qui témoigne d’abus de confiance et qui présente une relation un temps acceptée comme finalement des viols, c’est quelque chose de suffisamment grave et douloureux pour l’écouter, ça me semble primordial. Car comme dit plus haut, c’est hélas souvent bien plus les « victimes » qui souffrent des conséquences d’un témoignage que les « bourreaux » surtout quand ils se présentent comme eux-mêmes victimes...

    En vrai nous sommes tou-te-s confronté-e-s à ces remises en question un jour ou l’autre, des déconstructions des rôles sociétaux de dominance pré-établis à comprendre et intégrer, comme des ouvertures de portes bien plus que comme des enfermements, quand ont veut réellement s’impliquer dans les luttes sociales ou écologiques, mais émancipatrices. Nous devons tou-te-s veiller à ne pas être indispensables, à ne pas prendre trop de place, à ne pas pouvoir être présenté-e-s comme leader. Si un jour on nous présente comme ça, c’est qu’il y a un très gros problème et qu’il est temps de partir pour que d’autres prennent notre place et apprennent.

    J’arrête là, il y aurait bien des choses à dire encore mais je crois que les outils d’aide existent, déjà, le hic est que bien peu de mecs ont les gonades de s’en emparer !

    #violences_masculines #masculinisme #virilisme #domination #violences_faites_aux_femmes

    https://seenthis.net/messages/804824 via ¿’ ValK.


  • #Raquel_Rosario_Sanchez : Pourquoi le féminisme libéral refuse-t-il de prioriser la lutte contre la violence masculine à l’égard des femmes ?
    http://tradfem.wordpress.com/2019/07/12/pourquoi-le-feminisme-liberal-refuse-t-il-de-prioriser-la-lutte-c

    Le 10 décembre a marqué la fin des 16 jours d’activisme contre la violence sexiste. ONU Femmes, l’organisation des Nations Unies qui se consacre à la défense des droits des femmes, affirme que la campagne, lancée après la première rencontre du Women’s Global Leadership Institute en 1991, vise à « galvaniser les mesures prises pour mettre fin à la violence contre les femmes et les filles partout dans le monde ».

    Dans mon enfance à Saint-Domingue, le 25 novembre — le premier des 16 jours d’activisme et de la Journée internationale pour l’élimination de la violence contre les femmes — a toujours été une journée importante, commémorée par les organismes publics, les médias et la société civile. Cette journée a été instituée en réponse aux meurtres brutaux de Patria, Minerva et Maria Teresa Mirabal, trois sœurs et militantes politiques dominicaines qui ont été assassinées par le dictateur dominicain Rafael Leonidas Trujillo, le 25 novembre 1960, pour complot en vue de renverser sa dictature.
    http://tradfem.files.wordpress.com/2019/07/mirabal-family.png?w=700

    Traduction : #Tradfem
    Version originale : http://www.feministcurrent.com/2017/12/18/liberal-feminism-refuse-center-fight-male-violence-women
    #féminicide #violences_masculines #ONU #féminisme_libéral #féminisme_radical

    https://seenthis.net/messages/792390 via Tradfem


  • #Cherry_Smiley : Comment l’Enquête nationale sur les femmes disparues et assassinées a trahi les femmes et les filles autochtones
    http://tradfem.wordpress.com/2019/06/08/comment-lenquete-nationale-sur-les-femmes-disparues-et-assassinee

    En septembre 2016, le gouvernement fédéral canadien a annoncé, à la suite d’une âpre lutte et d’une très longue attente, le début d’une Enquête Nationale indépendante sur les Femmes et les Filles Autochtones Disparues et Assassinées (ci-après « l’enquête »). Certaines militantes et universitaires espéraient qu’une enquête mettrait en lumière les causes profondes de la violence masculine contre les femmes et les filles autochtones et qu’il en résulterait des mesures significatives pour mettre fin à cette violence. D’autres étaient sceptiques quant à l’espoir que l’enquête conduise à la mise en œuvre de mesures concrètes qui amélioreraient la vie des femmes autochtones. Au début, j’ai appuyé les femmes autochtones qui avaient travaillé depuis si longtemps et si fort et soutenu leur réclamation, même si j’oscillais entre le doute et l’espoir quant aux résultats que pourrait atteindre une enquête nationale.
    Aujourd’hui, le 3 juin 2019, l’enquête publiera son rapport final. Il n’en résultera aucune mesure significative visant à promouvoir les objectifs de libération des femmes autochtones. En fait, je crains que le rapport final et les mesures subséquentes ne contribuent à marginaliser davantage les femmes autochtones et à les réduire au silence.

    http://tradfem.files.wordpress.com/2019/06/photo-smiley-confiante-tatouages.jpg
    Traduction : #Tradfem
    Version originale : https://www.cherrysmiley.com/blog/how-the-national-inquiry-failed-indigenous-women-and-girls
    #autochtone #Canada #féminicide #violences_masculines #bi-spiritualité #LGBTQ #prostitution #travail_du_sexe #féminisme_radical

    https://seenthis.net/messages/785941 via Tradfem


  • Les acheteurs de sexe sont de plus en plus violents, de plus en plus influencés par ce qu’ils voient dans le porno ; par une travailleuse de #RUHAMA
    https://tradfem.wordpress.com/2019/05/23/les-acheteurs-de-sexe-sont-de-plus-en-plus-violents-de-plus-en-pl

    Je ne savais pas grand-chose de la prostitution lorsque j’ai commencé à travailler pour Ruhama il y a 17 ans.

    Je savais qu’un acte avait lieu et que de l’argent changeait de mains, mais peu d’autres choses sur la réalité de la vie des femmes.

    Je ne savais rien non plus du genre d’hommes qui achetaient du sexe aux femmes. Quand j’y pense maintenant, j’avais mené une vie très protégée.

    Quand j’ai commencé à travailler avec Ruhama, j’ai lu beaucoup de choses sur la prostitution pour en apprendre le plus possible – mais c’est dans notre camionnette que j’ai le plus appris.

    Je me souviens de ma première soirée dans la camionnette – j’ai été tout à fait choquée. L’une des premières femmes que j’ai rencontrées était très enceinte et je n’arrivais pas à me faire à cette idée.

    Elle était visiblement mal à l’aise et je me souviens m’être demandé : quel genre d’homme trouverait acceptable d’acheter du sexe à cette femme ?
    https://tradfem.files.wordpress.com/2019/05/run-for-ruhama.jpg

    Traduction : #Tradfem
    Version originale : https://www.thejournal.ie/readme/opinion-i-support-women-in-prostitution-and-their-reality-is-one-of-pover
    #système_prostitutionnel #violences_masculines #exploitation_sexuelle #prostitueurs

    https://seenthis.net/messages/782991 via Tradfem


  • #Julie_Bindel : Andrea Dworkin est la féministe radicale et visionnaire dont nous avons besoin en ces temps difficiles. Voici pourquoi.
    https://tradfem.wordpress.com/2019/05/14/andrea-dworkin-est-la-feministe-radicale-et-visionnaire-dont-nous

    J’ai connu la vraie Dworkin, et notre amitié de dix ans m’a appris beaucoup plus sur l’amour que sur la haine. « Je conserve dans mon cœur les récits des femmes », me répondait-elle quand je lui demandais comment elle arrivait à demeurer saine d’esprit dans le travail qu’elle faisait. « Ces récits m’exhortent à continuer et à rester concentrée sur ce qui doit être fait. »

    Elle était motivée par un désir inné de débarrasser le monde de la douleur et de l’oppression. Si nous avions été plus nombreuses à écouter Dworkin pendant ses décennies de militantisme et à prendre son travail plus au sérieux, plus de femmes auraient adhéré à un féminisme intransigeant, par opposition au féminisme fun, qui se prête au genre de slogans qu’on peut lire sur les T-shirts de mode, celui qui vante le « girl power » individuel des filles et l’audace de porter le pantalon, plutôt qu’un mouvement collectif pour libérer toutes les femmes de la tyrannie de l’oppression.

    Nous nous sommes rencontrées en 1996. J’étais l’une des organisatrices d’une conférence internationale sur la violence faite aux femmes, et Dworkin était l’une des oratrices principales. Nous nous sommes tout de suite bien entendues, à cause d’un humour semblable et de quelques amies en commun. Le premier soir, nous sommes allées souper avec d’autres conférencières et nous avons rigolé haut et fort de nos différentes listes de souhaits sur des moyens de mettre fin au patriarcat. « Avez-vous remarqué, nous a dit Dworkin le lendemain matin, qu’on nous appelées « ladies » à notre arrivée, « you guys » quand ils ont pris notre commande, et qu’on a probablement été bannies à vie en repartant ? »

    Traduction : #Tradfem
    Version originale : https://www.theguardian.com/lifeandstyle/2019/apr/16/why-andrea-dworkin-is-the-radical-visionary-feminist-we-need-in-our-ter
    #Andrea_Dworkin #féminisme_radical #misandrie #patriarcat #violences_masculines #femmes_de_droite

    https://seenthis.net/messages/780766 via Tradfem


  • 29 ans après le massacre de l’#École_Polytechnique, voici 1112 DES FEMMES ET ENFANTS TUÉES PAR DES HOMMES EN TANT QU’HOMMES (OU PAR DES INCONNUS), AU #QUÉBEC, DEPUIS LE 6 DÉCEMBRE 1989
    https://tradfem.wordpress.com/2018/11/23/29-ans-apres-le-massacre-de-lecole-polytechnique-1112-femmes-et-e
    https://tradfem.files.wordpress.com/2018/11/feminicide-getty.jpg
    Liste tenue à jour par Martin Dufresne
    #féminicide #violences_masculines #patriarcat

    https://seenthis.net/messages/738203 via Tradfem


  • #LIDIA_LIDIA : Pourquoi ne considérons-nous pas la violence faite aux femmes et aux filles comme du terrorisme ?
    https://tradfem.wordpress.com/2018/07/26/pourquoi-ne-considerons-nous-pas-la-violence-faite-aux-femmes-et-

    Avec un accès mondial toujours croissant à Internet et aux médias sociaux, la communication entre les pays, même les plus reculés, est devenue une réalité quotidienne pour la plupart des gens. Cette communication en temps réel signifie que la discrimination, l’injustice et la violence, qui ont été cachées, tolérées, institutionnalisées et même défendues comme faisant partie de nos cultures pendant des siècles, sont aujourd’hui de plus en plus publiques et apparemment moins tolérées.

    Mais malgré cette prise de conscience accrue et une certaine réaction, la violence envers les femmes et les filles reste une menace mondiale : la moitié de l’humanité devrait être féminine, mais 117 millions de femmes et de filles « manquent à l’appel » (sont mortes) à cause de la discrimination, de l’injustice systémique et d’un manque de droits humains sous le régime patriarcal. Le Fonds des Nations Unies pour la population signale que cela représente plus de décès en tout que le bilan de la Première et de la Seconde Guerres mondiales.

    Selon la Global Terrorism Database (GTD), 171 personnes sont décédées à la suite d’attaques terroristes en 2015. En comparaison, dans seulement 20 pays européens cartographiés par Eurostat en 2015, 1014 femmes et jeunes filles sont mortes de féminicides, soit près de six fois plus. En 2016, l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) a publié un rapport sur la lutte contre la violence faite aux femmes, qui révélait des chiffres alarmants : 43 600 femmes et jeunes filles ont été tuées en 2012 par un membre de leur famille ou un partenaire intime. La même année, 11 133 personnes ont été victimes du terrorisme dans le monde entier. La violence faite aux femmes et aux filles façonne la société telle que nous la connaissons, mais les gouvernements locaux et internationaux ne la traitent toujours pas comme une crise nécessitant des mesures particulièrement urgentes, contrairement au terrorisme. https://tradfem.files.wordpress.com/2018/07/why-isnt-it.jpg?w=700

    Traduction : #Tradfem
    Version originale : https://www.feministcurrent.com/2018/07/19/dont-consider-violence-women-girls-terrorism

    #terrorisme #féminicide #violences_masculines #avortement #patriarcat

    https://seenthis.net/messages/710915 via Tradfem


  • #Meghan_Murphy : Oui, vous aussi. Qu’en est-il des hommes ?
    https://tradfem.wordpress.com/2017/10/25/oui-vous-aussi-quen-est-il-des-hommes%E2%80%89

    https://tradfem.files.wordpress.com/2017/10/metoo.jpg Le déluge de #MoiAussi inondant mon écran en provenance de femmes que je connais, de femmes que je ne connais pas, et de femmes que je connaissais autrefois, tout cela m’a mis dans la gorge une boule qui n’est pas encore dissipée depuis 24 heures. Certaines ont partagé une histoire ou deux ou cinq, d’autres ont simplement posté les mots « Moi aussi », ce qui était plus que suffisant pour me mettre les larmes aux yeux. Je n’ai pas besoin de connaître les détails — nous savons toutes, en tant que femmes, ce que cela signifie.

    Cela pourrait sembler le pire moment où poser la question qui est devenue une farce en soi, « Qu’en est-il des hommes ? » Mais j’ai cette question en tête. Qui sont les personnes qui ont amené des légions de #MoiAussi à prendre d’assaut mon mur Facebook ? Et qu’attendons-nous d’eux ? Attendons-nous quoi que ce soit ?

    Pour être clair, le hashtag #MoiAussi parle des femmes. Je ne veux pas entendre un seul homme s’immiscer dans cette conversation pour rappeler aux femmes : « Cela arrive aux gens des deux sexes » ou pour dire : « C’est un problème humain, pas un problème de femmes ». Pas maintenant. Nous savons que des hommes sont victimes d’agressions et de viols commis par d’autres hommes. Et c’est affreux. Mais en ce moment nous parlons des femmes, et de ce que les hommes leur font vivre, en régime patriarcal. Voilà sur quoi porte la discussion.

    Alors, maintenant que ceci est clair entre nous, qu’en est-il des hommes ? Je suis sérieuse. Qu’attendons-nous de la part des hommes dans cette discussion ? N’importe quoi ? Rien du tout ? Le silence ? Qu’ils s’expriment ? Qu’ils se castrent ?

    Je vois des femmes avec qui je suis allée au lycée afficher #MoiAussi, en sachant que leur #MoiAussi est sans doute venu d’hommes que nous connaissions toutes. Des hommes qui sont probablement encore dans les parages, des amis de connaissances proches. Je vois des femmes afficher #MoiAussi, sachant que l’homme qui les a agressées ou harcelées est toujours dans leur cercle d’ami-e-s, et que les hommes qui les entourent sont restés silencieux, la laissant seule à parler. Je sais que certaines femmes envoient un signal à des hommes autour d’elles : oui, je parle de TOI. Je sais que beaucoup de femmes se rendent compte que la chose qu’elles ont traversée, qu’elles avaient acceptée comme normale ou sans gravité, ne l’était pas en fait. Elles se rendent compte que les incidents quotidiens de dépassement des limites par les hommes ont lieu sur un continuum — qu’il y a parfois des viols très violents qui laissent des ecchymoses, mais parfois aussi des incidents de masturbation publique et parfois il y a un ami qui vous fait céder à un rapport sexuel que vous ne voulez pas avoir.

    Traduction : #Tradfem
    Version originale : http://www.feministcurrent.com/2017/10/16/yes-you-too

    Meghan Murphy est écrivaine et journaliste indépendante, secrétaire de rédaction du soir pour le site rabble.ca, et fondatrice et directrice du site Feminist Current. Elle a obtenu une maîtrise au département d’Études sur les femmes, le genre et la sexualité de l’Université Simon Fraser en 2012. Elle travaille actuellement à un livre qui invite à un retour vers un féminisme plus radical, rappelant la deuxième vague et ancré dans la sororité.
    #violences_masculines #feminist_current

    https://seenthis.net/messages/639926 via Tradfem


  • #Glosswitch : Si nous voulons nous en prendre à toutes les formes d’extrémisme, il nous faut y inclure la misogynie.
    https://tradfem.wordpress.com/2017/06/22/si-nous-voulons-nous-en-prendre-a-toutes-les-formes-dextremisme-i

    Pas un politicien n’exige encore d’enquête sur la façon dont les hommes de notre pays sont devenus si radicalisés qu’ils massacrent leurs partenaires féminines à raison de deux par semaine.

    On nous demande de croire qu’il n’existe pas de lien réel entre la fétichisation pornographique de la soumission féminine et la violence masculine contre les femmes et les filles.
    https://tradfem.files.wordpress.com/2017/06/porn-istock.jpg?w=700
    La misogynie est-elle une forme d’extrémisme ? Chaque fois que je vois des déclarations comme celle de la première ministre Elizabeth May sur la nécessité de s’en prendre à « toutes les formes d’extrémisme », je ne peux pas m’empêcher d’insister pour que nous ajoutions à cette liste la haine des femmes.

    Après tout, c’est une question politique. La misogynie tue. L’exclusion des femmes ne peut et ne doit pas être séparée de la violence qui leur est faite.

    Samedi dernier, le cadavre d’Ellen Higginbottom, 18 ans, a été découvert dans le parc aquatique d’Orrell. Deux hommes ont depuis été arrêtés pour soupçon de meurtre, et la police de la ville de Manchester a déclaré ne pas exclure « un motif sexuel ». La misogynie, par contre, n’a aucunement été mentionnée comme motif.

    Que les hommes puissent haïr une femme assez pour la tuer afin de se procurer une excitation sexuelle est apparemment si banal que l’on ne prend même pas la peine de le noter. Si Ellen Higginbottom avait été debout dans une foule quand un fanatique religieux ou un terroriste d’extrême-droite s’y était précipité en voiture, le contexte politique de sa mort aurait sans doute eu droit à un certain degré d’analyse. Au lieu de cela, on nous présente toujours les mêmes raisons traditionnelles pour lesquelles des hommes tuent des femmes : désir sexuel, jalousie et quelques allusions abstraites et décontextualisées à une « perte de contrôle ».

    Aucun homme politique ne demande ce qui aurait pu inciter les assassins de Madame Higginbottom à la cibler, tout comme aucun politicien ne réclame d’enquête sur la façon dont les hommes britanniques sont devenus si radicalisés qu’ils massacrent leurs partenaires féminines à hauteur de deux par semaine. Il peut exister une certaine reconnaissance de l’existence de la misogynie et du caractère problématique de la violence masculine, mais on constate une profonde réticence à relier ces deux problèmes. La culture qui nourrit le désir des hommes de faire mal aux femmes reste à bien des égards au-delà de toute critique.

    Traduction : #Tradfem
    Version originale : http://www.independent.co.uk/voices/extremism-misogyny-need-to-tackle-it-a7800411.html

    #violences_masculines #misogynie

    https://seenthis.net/messages/609309 via Tradfem


  • #Jindi_Mehat : L’horreur de la chasse aux sorcières demeure omniprésente dans la culture moderne.
    http://tradfem.wordpress.com/2017/05/20/lhorreur-de-la-chasse-aux-sorcieres-demeure-omnipresente-dans-la-

    http://tradfem.files.wordpress.com/2017/05/image_texte-jinhat.jpg?w=700 Samedi soir le 13 mai, au SFU Harbour Center de Vancouver, l’historienne féministe et fondatrice des Archives d’histoires supprimées, Max Dashu, a livré une puissante présentation sur les chasses aux sorcières qui ont balayé l’Europe au Moyen-âge, en exposant la raison d’être, les méthodes et les résultats de cette période de féminicide religieux et laïque. Bien qu’il soit tentant de considérer ce long spasme de misogynie meurtrière comme un incident historique isolé qui ne pourrait jamais survenir de nouveau, cela équivaudrait à ignorer que notre oppression continue à être ancrée dans le contrôle patriarcal des corps féminins. Cela passerait également sous silence les motifs de chasse aux sorcières qui résonnent encore tel un écho dans le mouvement de ressac aujourd’hui opposé à un féminisme centré sur les femmes.

    Max Dashu a méthodiquement guidé son auditoire à travers des siècles d’histoire européenne, alors que des milliers de femmes ont été torturées et brûlées comme sorcières, notamment en Allemagne, aux Pays-Bas et en Espagne. Elle a parlé de villages où des massacres avaient éliminé toutes les femmes sauf deux. Les victimes comprenaient des guérisseuses, des adultères, des femmes qui avaient leur franc-parler ou des talents extraordinaires, et des femmes qui avaient simplement élevé la main pour se protéger quand des hommes les battaient. Toute femme qui défiait les attentes patriarcales devenait une cible de féminicide.

    Le contexte sexué de la chasse aux sorcières est impossible à ignorer. Des jurys entièrement composés d’hommes décidaient quelles femmes allaient vivre et quelles femmes allaient mourir. Les femmes étaient enchaînées dans des positions qui tordaient leur corps dans des positions facilitant l’accès à leurs organes sexuels. Elles étaient systématiquement violées avant d’être immolées. Leurs tortionnaires utilisaient des outils spécialement conçus pour leur enlever les seins, brûler la vulve et déchirer le vagin. Ces horribles atrocités visaient à contrôler et éradiquer spécifiquement les corps féminins, et le fait que cette lecture soit aujourd’hui qualifiée de controversée démontre combien de femmes ont oublié, ou n’ont jamais appris, les leçons de l’hystoire (herstory).

    Traduction : #Tradfem
    Version originale : http://www.feministcurrent.com/2017/05/15/horror-witch-hunts-remains-ever-present-modern-culture

    #gynocide #violences_masculines #histoire

    https://seenthis.net/messages/600151 via Tradfem


  • #Louise_Pennington : Le féminisme radical et l’accusation d’essentialisme.
    http://tradfem.wordpress.com/2017/05/09/louise-pennington-le-feminisme-radical-et-laccusation-dessentiali

    La critique la plus courante adressée à la théorie féministe radicale veut que nous soyons « essentialistes » parce que nous croyons que l’oppression des femmes, en tant que classe, se fonde sur les réalités biologiques de nos corps. L’hypothèse selon laquelle les féministes radicales seraient essentialistes est basée sur une incompréhension de la théorie féministe radicale, issue de la définition du mot « radicale » lui-même. Le terme « radicale » désigne la racine ou l’origine. Notre féminisme est radical dans la mesure où il situe la racine de l’oppression des femmes dans les réalités biologiques de nos corps (le sexe) et vise à libérer les femmes en éradiquant les structures sociales, les pratiques culturelles et les lois basées sur l’infériorité des femmes aux hommes. Le féminisme radical conteste toutes les relations de pouvoir qui existent dans le patriarcat, y compris le capitalisme, l’impérialisme, le racisme, l’oppression de classe, l’homophobie et même l’institution de la mode et de la beauté.

    Les féministes radicales ne croient pas en l’existence de caractéristiques qui soient exclusivement masculines ou exclusivement féminines. Les femmes ne sont pas naturellement plus nourrissantes que les hommes, et eux ne sont pas meilleurs en mathématiques. Le genre n’est pas fonction de notre biologie. C’est une construction sociale créée pour maintenir des hiérarchies de pouvoir inégal. L’amalgame entre le sexe et le genre est un autre malentendu commun au sujet de la théorie féministe radicale. Le sexe est la réalité de votre corps sans qu’y soient liées des caractéristiques négatives ou positives. Le genre est une construction sociale qui privilégie les hommes/la masculinité en regard des femmes/de la féminité. Le féminisme radical est accusé d’essentialisme parce que nous reconnaissons ces hiérarchies de pouvoir et cherchons à les détruire. Nous ne croyons pas, comme on le suggère souvent, que ces hiérarchies sont naturelles. Il faut voir là une tactique de censure à notre égard.

    L’oppression des femmes en tant que classe repose sur deux construits reliés : la capacité de reproduction et la capacité sexuelle. Le genre est créé pour accorder aux hommes le contrôle du travail reproductif et sexuel des femmes pour que les hommes puissent profiter de ce travail, qu’il soit effectué à la maison, dans les espaces publics ou via la procréation et l’éducation des enfants. Ou, pour reprendre les mots de Gerda Lerner dans The Creation of Patriarchy (Oxford University Press, 1986), la marchandisation des capacités sexuelles et reproductives des femmes est ce qui a fondé la création de la propriété privée et d’une société de classes. Sans la matière première exploitée du travail des femmes, on n’assisterait pas à la hiérarchie inégale de pouvoir entre les hommes et les femmes qui s’est avérée fondamentale à la création et au maintien du patriarcat capitaliste.

    Traduction : #Tradfem
    Version originale : http://elegantgatheringofwhitesnows.com/?p=2895
    Autrice, militante, analyste médiatique et éditrice, Louise Pennington tient un blogue au http://elegantgatheringofwhitesnows.com et collabore à http://everydayvictimblaming.com
    #féminisme_radical #essentialisme #reproduction #exploitation #violences_masculines

    https://seenthis.net/messages/596906 via Tradfem


  • #Meghan_Murphy : À l’occasion de la Journée internationale des droits des femmes, rappelons-nous du véritable sujet du féminisme : les femmes
    http://tradfem.wordpress.com/2017/03/09/a-loccasion-de-la-journee-internationale-des-droits-des-femmes-ra

    Des gens nous répètent constamment que le féminisme est pour tout le monde. Ce « féminisme » n’a rien d’inquiétant – tout ce qu’il signifie est « l’égalité ». Mais ces gens ont tort. Le féminisme n’est pas à propos de tout le monde, et peut-être que celles et ceux qui sont effrayés par ce mot ont raison de l’être. Le féminisme est à propos des femmes. Et si vous n’aimez pas cela, vous n’allez probablement pas aimer beaucoup le féminisme.

    La semaine dernière, les médias ont publié des allégations voulant que le « féministe masculin » Jamie Kilstein se soit comporté de manière prédatrice et violente à l’égard de femmes. Ce comédien et (maintenant ex) coanimateur de Citizen Radio, un populaire podcast engagé, a longtemps été accueilli par des féministes libérales américaines qui présentaient Kilstein comme exemple d’un véritable « féministe masculin ». Dans la revue Mic, Lauren Rankin écrit : « Les comédiens féministes masculins comme Jamie Kilstein et John Knefel contribuent à rendre le féminisme accessible et cool pour les jeunes hommes qui risquent de ne pas pouvoir le comprendre autrement. Les alliés féministes masculins peuvent rejoindre les hommes plus jeunes d’une manière dont les femmes sont sans doute incapables. »

    Même si je crois bel et bien que les hommes doivent remettre en question leurs confrères et les détourner de choses comme la virilité et la violence masculine, la préoccupation principale de Rankin, constamment répétée par d’autres voix libérales, me semble inquiétante. Elle se résume à « Comment faire pour aller chercher plus d’alliés féministes masculins ? »

    C’est une question étrange.

    Traduction : #Tradfem
    Version originale : http://i-d.vice.com/en_gb/article/on-international-womens-day-lets-remember-what-feminism-is-really-about-wo

    Meghan Murphy est écrivaine et journaliste indépendante, secrétaire de rédaction du soir pour le site rabble.ca, et fondatrice et directrice du site Feminist Current. Elle a obtenu une maîtrise au département d’Études sur les femmes, le genre et la sexualité de l’Université Simon Fraser en 2012. Elle travaille actuellement à un livre qui invite à un retour vers un féminisme plus radical, rappelant la deuxième vague et ancré dans la sororité.

    Meghan a commencé sa carrière radiophonique en 2007, dans une caravane installée au milieu d’un champ de moutons. Son émission s’appelait « The F Word » et était diffusée à partir d’une toute petite île au large des côtes de la Colombie-Britannique. Elle a pleinement profité de la liberté que lui laissait cette radio pirate : buvant de la bière à l’antenne, lisant des passages d’Andrea Dworkin, et passant du Biggie Smalls. Elle est revenue à Vancouver, où elle a rejoint l’émission de radio nommée, coïncidence, elle aussi « The F Word », qu’elle a produite et animée jusqu’en 2012.
    #feminist_current #journée_internationale_de_luttes_pour_les_droits_des_femmes #violences_masculines #féminisme_inclusif #Andrea_Dworkin

    https://seenthis.net/messages/576934 via Tradfem


  • Le masculin n’est pas neutre | Militancrise !
    https://militancrise.wordpress.com/2016/12/01/le-masculin-nest-pas-neutre
    https://militancrise.files.wordpress.com/2016/12/beauvoir01.jpg

    D’autres histoires, que ce soit les révélations de plagiat d’un célèbre scientifique ou les accusations de viol concernant un youtuber, ont encore révélé la force de la solidarité masculine.
    Je ne sais pas vous mais moi, je n’ai jamais entendu parler de la solidarité masculine. La solidarité féminine, elle, en prend régulièrement pour son grade : moquée, ridiculisée, elle ne serait que l’arme révélant la faiblesse des femmes là où le valeureux mâle n’a besoin que de sa propre force pour se défendre. Sauf que dès qu’il se sent menacé, le mâle va avoir ses congénères qui vont le soutenir, même face aux pires accusations. Présomption d’innocence même face aux 40 000 preuves, minimisation des faits, moqueries et si ça ne suffit pas, menaces et injures sexistes (pour démontrer que le sexisme n’existe pas, c’est ballot).

    C’est aussi cette fameuse solidarité masculine, si omniprésente qu’elle a fini par se fondre dans le décor et par devenir la norme, qui fera préférer un homme plutôt qu’une femme pour un poste, qui fera qu’un homme gravira plus vite les échelons… et si une femme a une promotion, on imaginera d’office qu’elle ne le doit qu’à des coucheries ou des gâteries sous le bureau et pas à ses compétences et son travail (pour vous en convaincre jetez donc un œil au Tumblr Paye ton taf, particulièrement édifiant : non ce n’est pas le fait de quelques connards isolés, c’est massif et répandu !).
    Exemples :
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    Sources : Paye ton taf (http://payetontaf.tumblr.com)

    Les pires mufleries des hommes, les plus odieuses menaces ou agressions sont constamment minimisées voire niées : « c’est de l’humour », « il a eu un geste maladroit », « c’est un passionné », « non mais c’est rien, ça », « on sait qu’il a les mains baladeuses, tu aurais dû faire plus attention », et on ne compte plus les hommes politiques notamment qui continuent tranquillement leur mandat même accusés de violences ou de harcèlement.
    Et qu’on ne me dise pas « Il n’a pas été condamné », quand on voit comme il est facile pour certains de stopper toute procédure judiciaire, quand ce n’est pas directement les forces de l’ordre qui refusent de prendre la plainte (certes, c’est illégal mais tu vas faire quoi ? Porter plainte pour refus de dépôt de plainte ??).

    A côté de ça, la moindre petite boulette d’une femme va être montée en épingle et servir à stigmatiser toutes ses congénères. Rien ne lui sera accordé, aucune marge de manœuvre, une femme se doit d’être d’office parfaite et sans reproche, là où l’homme a droit à de multiples erreurs. DSK ? Polanski ? Allen ? Depp ? On minimise, on nie, on charge les victimes qui seraient forcément d’odieuses manipulatrices qui ne feraient ça que pour nuire (ce qui marche super mal, elles s’en prennent plein la tronche quand leurs agresseurs continuent tranquillement leur business) et au mieux, ils ne seront vus que comme de simples exceptions dans la masse, des connards isolés, parce que « tous les hommes ne sont pas comme ça » (sous-entendu « moi je suis trop cool, pétasse »). Mais si une femme fait une connerie, ça y est, toutes les femmes sont responsables.
    (Explication scientifique donnée par un gentil masculiniste canadien anti-ivg : « c’est à cause de la survascularisation du vagin que les femmes ont le cerveau mal irrigué ». Je lui décerne la palme de l’originalité sexiste…)

    #fraternité #mixité #femmes #féminisme #domination_masculine #violences_masculines

    https://seenthis.net/messages/554341 via mad meg