• Les célibataires au cœur du grand débat ? - Libération
    https://www.liberation.fr/debats/2019/03/25/les-celibataires-au-coeur-du-grand-debat_1717343
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    Depuis quarante ans, le nombre de célibataires n’a cessé d’augmenter dans nos sociétés, et si nous prenons en compte les divorcés et les veufs, la hausse n’en est que plus forte. Cette croissance est indissociable de celle des inégalités. Les célibataires sont les principales victimes des vulnérabilités contemporaines en raison d’un monde invisible de discriminations. Des chercheurs états-uniens ont forgé le terme de « #célibatisme » (singlism) pour désigner cette multitude de dispositifs fragilisant des situations professionnelles et familiales déjà précaires. De l’accès au logement en passant par les contrats d’assurance ou les frais de transport, il existe une prime invisible pour les familles traditionnelles, légitimant ainsi l’ordre matrimonial. Quiconque a cherché à louer seul un appartement, à obtenir seul un prêt bancaire ou à souscrire seul une assurance connaît les difficultés, parfois insurmontables, à obtenir le produit recherché. Et ces dispositifs sociaux ne doivent rien au hasard ; ils sont ancrés dans des pratiques anciennes, profondément enracinées dans l’ordre matrimonial construit tout au long du XXe siècle.

    Ce célibatisme contraste avec la pénalité fiscale payée par les célibataires dans la majorité des codes fiscaux du monde occidental. S’ils sont imposables, ils payent proportionnellement plus d’impôts que des couples mariés. Il va sans dire que les impôts indirects pèsent aussi très lourd pour des individus qui n’ont que leur salaire (ou des aides sociales) pour tout revenu. Longtemps, dans un souci de réciprocité, des programmes spécifiques pour ces populations plus fragiles avaient compensé ce différentiel. Depuis trente ans, les coupes budgétaires dans de nombreux programmes sociaux ont réduit ces compensations et cette prise en charge spécifique. Sans surprise donc, les célibataires sont proportionnellement très représentés dans les couches les plus pauvres de nos sociétés.

    #célibat #vulnérabilité

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  • Migrants : l’irrationnel au pouvoir ?

    Les dispositifs répressifs perpétuent le « problème migratoire » qu’ils prétendent pourtant résoudre : ils créent des migrants précaires et vulnérables contraints de renoncer à leur projet de retour au pays.
    Très loin du renouveau proclamé depuis l’élection du président Macron, la politique migratoire du gouvernement Philippe se place dans une triste #continuité avec celles qui l’ont précédée tout en franchissant de nouvelles lignes rouges qui auraient relevé de l’inimaginable il y a encore quelques années. Si, en 1996, la France s’émouvait de l’irruption de policiers dans une église pour déloger les grévistes migrant.e.s, que de pas franchis depuis : accès à l’#eau et distributions de #nourriture empêchés, tentes tailladées, familles traquées jusque dans les centres d’hébergement d’urgence en violation du principe fondamental de l’#inconditionnalité_du_secours.

    La #loi_sur_l’immigration que le gouvernement prépare marque l’emballement de ce processus répressif en proposant d’allonger les délais de #rétention administrative, de généraliser les #assignations_à_résidence, d’augmenter les #expulsions et de durcir l’application du règlement de #Dublin, de restreindre les conditions d’accès à certains titres de séjour, ou de supprimer la garantie d’un recours suspensif pour certain.e.s demandeur.e.s d’asile. Au-delà de leur apparente diversité, ces mesures reposent sur une seule et même idée de la migration comme « #problème ».

    Cela fait pourtant plusieurs décennies que les chercheurs spécialisés sur les migrations, toutes disciplines scientifiques confondues, montrent que cette vision est largement erronée. Contrairement aux idées reçues, il n’y a pas eu d’augmentation drastique des migrations durant les dernières décennies. Les flux en valeur absolue ont augmenté mais le nombre relatif de migrant.e.s par rapport à la population mondiale stagne à 3 % et est le même qu’au début du XXe siècle. Dans l’Union européenne, après le pic de 2015, qui n’a par ailleurs pas concerné la France, le nombre des arrivées à déjà chuté. Sans compter les « sorties » jamais intégrées aux analyses statistiques et pourtant loin d’être négligeables. Et si la demande d’asile a connu, en France, une augmentation récente, elle est loin d’être démesurée au regard d’autres périodes historiques. Au final, la mal nommée « #crise_migratoire » européenne est bien plus une crise institutionnelle, une crise de la solidarité et de l’hospitalité, qu’une crise des flux. Car ce qui est inédit dans la période actuelle c’est bien plus l’accentuation des dispositifs répressifs que l’augmentation de la proportion des arrivées.

    La menace que représenteraient les migrant.e.s pour le #marché_du_travail est tout autant exagérée. Une abondance de travaux montre depuis longtemps que la migration constitue un apport à la fois économique et démographique dans le contexte des sociétés européennes vieillissantes, où de nombreux emplois sont délaissés par les nationaux. Les économistes répètent qu’il n’y a pas de corrélation avérée entre #immigration et #chômage car le marché du travail n’est pas un gâteau à taille fixe et indépendante du nombre de convives. En Europe, les migrant.e.s ne coûtent pas plus qu’ils/elles ne contribuent aux finances publiques, auxquelles ils/elles participent davantage que les nationaux, du fait de la structure par âge de leur population.

    Imaginons un instant une France sans migrant.e.s. L’image est vertigineuse tant leur place est importante dans nos existences et les secteurs vitaux de nos économies : auprès de nos familles, dans les domaines de la santé, de la recherche, de l’industrie, de la construction, des services aux personnes, etc. Et parce qu’en fait, les migrant.e.s, c’est nous : un.e Français.e sur quatre a au moins un.e parent.e ou un.e grand-parent immigré.e.

    En tant que chercheur.e.s, nous sommes stupéfait.e.s de voir les responsables politiques successifs asséner des contre-vérités, puis jeter de l’huile sur le feu. Car loin de résoudre des problèmes fantasmés, les mesures, que chaque nouvelle majorité s’est empressée de prendre, n’ont cessé d’en fabriquer de plus aigus. Les situations d’irrégularité et de #précarité qui feraient des migrant.e.s des « fardeaux » sont précisément produites par nos politiques migratoires : la quasi-absence de canaux légaux de migration (pourtant préconisés par les organismes internationaux les plus consensuels) oblige les migrant.e.s à dépenser des sommes considérables pour emprunter des voies illégales. La #vulnérabilité financière mais aussi physique et psychique produite par notre choix de verrouiller les frontières est ensuite redoublée par d’autres pièces de nos réglementations : en obligeant les migrant.e.s à demeurer dans le premier pays d’entrée de l’UE, le règlement de Dublin les prive de leurs réseaux familiaux et communautaires, souvent situés dans d’autres pays européens et si précieux à leur insertion. A l’arrivée, nos lois sur l’accès au séjour et au travail les maintiennent, ou les font basculer, dans des situations de clandestinité et de dépendance. Enfin, ces lois contribuent paradoxalement à rendre les migrations irréversibles : la précarité administrative des migrant.e.s les pousse souvent à renoncer à leurs projets de retour au pays par peur qu’ils ne soient définitifs. Les enquêtes montrent que c’est l’absence de « papiers » qui empêche ces retours. Nos politiques migratoires fabriquent bien ce contre quoi elles prétendent lutter.

    Les migrant.e.s ne sont pas « la #misère_du_monde ». Comme ses prédécesseurs, le gouvernement signe aujourd’hui les conditions d’un échec programmé, autant en termes de pertes sociales, économiques et humaines, que d’inefficacité au regard de ses propres objectifs.

    Imaginons une autre politique migratoire. Une politique migratoire enfin réaliste. Elle est possible, même sans les millions utilisés pour la rétention et l’expulsion des migrant.e.s, le verrouillage hautement technologique des frontières, le financement de patrouilles de police et de CRS, les sommes versées aux régimes autoritaires de tous bords pour qu’ils retiennent, reprennent ou enferment leurs migrant.e.s. Une politique d’#accueil digne de ce nom, fondée sur l’enrichissement mutuel et le respect de la #dignité de l’autre, coûterait certainement moins cher que la politique restrictive et destructrice que le gouvernement a choisi de renforcer encore un peu plus aujourd’hui. Quelle est donc sa rationalité : ignorance ou électoralisme ?

    http://www.liberation.fr/debats/2018/01/18/migrants-l-irrationnel-au-pouvoir_1623475
    Une tribune de #Karen_Akoka #Camille_Schmoll (18.01.2018)

    #irrationalité #rationalité #asile #migrations #réfugiés #préjugés #invasion #afflux #répression #précarisation #vulnérabilité #France #économie #coût

    https://seenthis.net/messages/705790 via CDB_77


  • These are the world’s most fragile cities – and this is how they can turn things around | World Economic Forum
    https://www.weforum.org/agenda/2016/09/these-are-the-world-s-most-fragile-cities-and-this-is-how-they-can-turn-thi
    https://assets.weforum.org/editor/8uGZkjFcE3ndNH8FpGTcwPbNlZLhvk27cd8PYFuG2so.png

    Cities are redefining the trajectories of security and development in the 21st century. Owing to the relentless push of urbanization – especially in Africa and Asia – cities are increasingly shaping global responses to climate change, migration, governance and international security.

    Yet while the world fixes its gaze on a few dozen global cities, surprisingly little is known about thousands of other cities around the world that are quietly expanding. Are these fast growing cities adequately prepared to face the monumental challenges of tomorrow?
    Why cities matter

    Whether in the developed or developing world, there is little doubt that urbanization is rewiring international affairs and changing the face of politics, economics and demographics. At least half of humanity already lives in cities and this share will grow to two-thirds by 2050. Just 600 cities are responsible for two-thirds of global GDP. And while the pace of urbanization is slowing in North America and Western Europe, it is approaching breakneck speed in Africa and Asia – parts of the world least prepared to handle such a massive transition.

    http://fragilecities.igarape.org.br

    https://www.weforum.org/agenda/2016/02/how-fragile-are-our-cities

    #villes #vulnérabilité #urban_matter #cartographie

    https://seenthis.net/messages/524974 via odilon


  • We are girls, trapped in #crises, fighting for tomorrow
    https://medium.com/@UNOCHA/we-are-girls-trapped-in-crises-fighting-for-tomorrow-6eac8cdc3394
    signalé par @kassem

    Dear world decision-makers,

    There are more than two billion of us. Yet, we are rarely heard. Our needs and aspirations seldom taken into account.

    During wars and in the chaos following natural disasters, we are among the most vulnerable to being abused sexually, abducted, and exploited in all kinds of ways by armed and criminal groups. Look at your watch and do the math: every 10 minutes, an adolescent girl somewhere on this planet dies because of #violence.

    #vulnérabilité #filles #victimes

    http://static3.seenthis.net/local/cache-vignettes/L253xH180/1f0FM0FiRZohb637-148df.jpg

    http://static3.seenthis.net/local/cache-vignettes/L180xH180/1Fn_9DkeQzcO0f8b-49f41.jpg

    http://seenthis.net/messages/417491 via odilon



  • Dossier Métropolitiques : Les vulnérabilités résidentielles en questions
    http://www.metropolitiques.eu/Les-vulnerabilites-residentielles.html

    Les effets de la crise du logement sur les plus pauvres sont l’objet de nombreux travaux en France et à l’étranger. À travers la notion de vulnérabilité résidentielle, ce dossier propose une approche critique des dynamiques de production de la fragilité sociale qui permet de penser le mal-logement sous l’angle des rapports de domination.

    http://www.metropolitiques.eu/local/cache-vignettes/L600xH357/illu-dossier_vulnerabilites-spip_logo-769d9.jpg

    SOMMAIRE DU DOSSIER :
    – « Jouer de la vulnérabilité résidentielle. Le travail de relogement au cœur de la démolition des grands ensembles », par Camille François
    – « Le “tiers foncier” : vulnérabilité, résistance et négociation à Marseille », par Marion Serre
    – « Vulnérables, indésirables. Le cas des habitants des bois parisiens », par Gaspard Lion
    – « L’attachement à l’école des familles sans logement à l’épreuve de l’instabilité résidentielle », par Erwan Le Méner et Nicolas Oppenchaim
    – « Vivre en copropriétés dégradées : de l’expérience ordinaire de l’arnaque à un système généralisé », par Johanna Lees
    – « Habitat, inégalités et dignité. Aspects du programme “Minha Casa, Minha Vida” au Brésil », par Patrick Le Guirriec
    – « La ville “durable” est-elle injuste ? Vivre en logement social entre injonction à “bien habiter” et normalisation des conduites », par Nadine Roudil

    #Logement #Crise_du_Logement #Vulnérabilité_Résidentielle #Fragilité_Sociale #Exclusion #Géographie #Géographie_de_l_Exclusion #Géographie_des_Inégalités #Géographie_de_la_Pauvreté #Géographie_de_la_Domination #Mal_Logement #Métropolitiques

    http://seenthis.net/messages/382055 via Ville En Guerre