• Reprise de la guerre froide du Golfe Orient XXI - Nabil Ennasri - 31 mai 2017

    Le Qatar entre les Émirats arabes unis et l’Arabie saoudite
    http://orientxxi.info/magazine/reprise-de-la-guerre-froide-du-golfe,1883
    Le Qatar a annoncé dans la nuit du mardi 23 mai que son agence de presse QNA avait été piratée par une entité inconnue et qu’un faux communiqué attribué à l’émir avait été diffusé. Ce dernier affirmait que Tamim Ben Hamad Al-Thani s’était prononcé sur divers sujets sensibles mettant en cause ses voisins du Golfe. Ces déclarations, immédiatement relayées par des médias saoudiens et émiratis, ont provoqué un tollé dans la région, où une guerre médiatique bat son plein.

    Après une longue crise — plusieurs États du Golfe avaient même retiré leur ambassadeur à Doha —, les relations entre le Qatar et certains de ses voisins s’étaient améliorées à la fin de l’année 2014. Mais un obscur épisode de piratage de l’agence de presse officielle du Qatar (Qatar News Agency, QNA) vient menacer ce fragile rapprochement. Loin d’être anodine, cette affaire démontre combien les relations à l’intérieur du Conseil de coopération du Golfe (CCG) demeurent, malgré les formules de fraternité d’usage, fortement clivées.
    http://orientxxi.info/IMG/arton1883.jpg?1496138626
    Dans la nuit de mardi 23 à mercredi 24 mai, QNA publiait sur son site Internet un communiqué faisant état du discours que l’émir aurait tenu lors d’une cérémonie de remise de diplômes organisée plus tôt dans la journée. Il aurait porté des jugement de valeur dépréciatifs sur divers acteurs, en particulier sur l’administration Trump, égratignée pour « ses problèmes d’ordre juridique » . De même, les relations avec les pays du Golfe : l’émir aurait affirmé que la base militaire américaine d’Al-Udeid que son pays abrite le protégeait « des ambitions négatives de certains voisins ». Enfin, le Hamas aurait été qualifié de « représentant légitime du peuple palestinien », tandis que les relations avec Israël étaient jugées « excellentes ».

    Comme pour renforcer la véracité de ces déclarations, le compte Twitter de QNA postait quelques minutes plus tard trois messages dont la tonalité était bien éloignée de la modération propre au langage diplomatique. Le premier rapportait une information du ministère des affaires étrangères selon laquelle l’émir allait convoquer une conférence de presse pour faire état d’un complot visant le peuple qatari. Le deuxième confirmait l’existence de ce complot et en imputait la responsabilité directe à l’Arabie saoudite, au Koweït, aux Émirats arabes unis, à Bahreïn et à l’Égypte. Le dernier message annonçait le rappel des diplomates qataris dans ces cinq pays et le renvoi dans les vingt-quatre heures des ambassadeurs de ces États en poste à Doha.

    Immédiatement après, plusieurs grands médias saoudiens et émiratis commençaient à reprendre en boucle ces informations. De façon quasi concomitante, les chaînes Al-Arabiya (Dubai) et Sky News Arabia (Abou Dhabi) se mobilisaient activement et coordonnaient leur grille de programme pour maximiser l’effet de polémique sur les réseaux sociaux. Sur Twitter, des milliers de messages inondaient les fils de discussion, comme pour marteler la duplicité du Qatar dont la vision politique et le positionnement idéologique portaient un grave préjudice aux intérêts des pays du Golfe et du monde arabe en général. Enfin, signe de la dégradation des relations bilatérales, les EAU décidaient mercredi 24 au matin d’interdire la diffusion de la chaîne Al-Jazira sur leur sol et bloquaient l’accès à son site et à son application mobile.

    Côté qatari, la réponse ne s’est pas fait attendre. Le bureau de communication du gouvernement s’est empressé de publier un message pour éteindre l’incendie : « l’agence de presse du Qatar a été piratée par une entité inconnue » et « un faux communiqué attribué à Son Altesse a été diffusé ». Le ministère des affaires étrangères a posté lui aussi un démenti qui se terminait par la promesse de « prendre toutes les mesures judiciaires nécessaires pour poursuivre et juger les hackers qui ont piraté le site de l’agence de presse ».

    Les techniciens ont mis près de neuf heures à reprendre le contrôle du site ; puis le ministre des affaires étrangères, Cheikh Mohammed Ben Abderahmane Al-Thani a qualifié l’attaque de « crime électronique » et promis de trainer les auteurs du forfait devant les juridictions adéquates. Dans une allusion à peine voilée aux médias de la région qui avaient donné de l’écho à ce qu’il dénonçait comme une mystification, le ministre (à l’unisson des responsables de la presse locale qatarie interviewés par Al-Jazira) ne s’est pas privé de relever leur manquement à l’éthique journalistique.

    Un timing surprenant
    La diffusion de cette fake story censée compromettre Doha survient quelques jours après la visite de Donald Trump à Riyad, et c’est peut-être là qu’on peut trouver l’origine et l’explication de cet épisode. Le voyage du président américain avait en effet été précédé d’une nouvelle salve de messages outre-Atlantique présentant le Qatar comme un État qui finance le terrorisme. Ces accusations, régulières chez certains médias américains, sont pour une bonne part orchestrées par des réseaux travaillant pour le compte du gouvernement des EAU (et d’Israël) dont l’aversion pour Doha semble tourner à l’obsession. Dans l’optique de diaboliser son voisin, Abou Dhabi a dernièrement débloqué des millions de dollars pour rémunérer des agences de presse ou financer certains leaders d’opinion, jusqu’à apparaître comme le pays étranger le plus dépensier en matière de lobbying à Washington.

    Or, le timing et l’enchaînement des faits laissent peu de doute quant à l’origine et l’objectif de la manœuvre. Le jour même de l’attaque informatique, une réunion entre lobbyistes et intellectuels auteurs de plus d’une douzaine d’articles fustigeant le double jeu du Qatar se tenait aux États-Unis. Dans les minutes qui ont suivi la diffusion des faux, Al-Arabiya et Sky News bousculaient leurs programmes pour mettre l’affaire en une de leur édition. Dès minuit, les correspondants étaient prêts, les invités prenaient place sur les plateaux ou en duplex (certains auraient même été prévenus deux heures avant les faits) et aucun crédit n’était accordé aux démentis provenant des officiels qataris. Les commentaires étaient tous similaires : l’hypocrisie du Qatar s’étalait au grand jour, sa proximité avec Israël trahissait la nation arabe et son rapprochement avec l’Iran ne pouvait qu’indigner et mettre en garde ses voisins du Golfe, notamment l’Arabie saoudite. Ce dernier point était particulièrement souligné, du fait de l’hypersensibilité saoudienne sur le dossier. Et comme pour mieux signifier la défaillance de Doha, la chaîne saoudienne Al-Ikhbariya passait un extrait du discours de Tamim ben Hamad Al-Thani à l’Assemblée générale des Nations unies où il déclarait que « l’Iran est un pays important et nos relations bilatérales se développent et évoluent constamment ».

    Sans mentionner la date du propos (septembre 2015), cette séquence opportunément redécouverte était destinée à montrer qu’à rebours de l’obsession anti-iranienne en vogue à Riyad et du discours offensif de Donald Trump quelques jours plus tôt où il assurait que Téhéran « finançait et entraînait les terroristes », le Qatar ne pouvait être considéré comme un allié fiable dans la confrontation vitale que mène le « front sunnite ». Dans l’esprit de ses initiateurs, l’objectif de l’opération était double. Il fallait d’abord rompre le lien fort que le roi Salman avait noué avec Doha en démontrant que le Qatar était inconstant dans son opposition avec l’Iran. Et dans la foulée, faire avorter la stratégie de normalisation des relations entre Doha et Washington, surtout après la réhabilitation que l’administration Trump avait notifiée à l’émirat quelques jours auparavant en l’encourageant à poursuivre sa lutte contre le financement du terrorisme.

    Rapprochement avec la Turquie
    Cette affaire ne va certainement pas arranger les relations à l’intérieur du CCG, mais il n’est pas sûr que les Émirats aient amélioré leur réputation auprès de la cour saoudienne. Le caractère planifié de l’opération est évident pour nombre d’observateurs, et l’utilisation de tels procédés pour nuire à l’intégrité morale d’un chef d’État avec qui le roi Salman est en bons termes ne peut que susciter méfiance. Plus largement, c’est la ligne politique des Émirats qui semble entrer en collision avec la nouvelle stratégie de défense de Riyad, et cette affaire pourrait être interprétée comme la manifestation d’un jusqu’au-boutisme émirati. Car si Salman a tourné le dos à l’intransigeance anti-Frères musulmans de son prédécesseur en consolidant son partenariat avec les forces issues de la confrérie (du Hamas à Recep Tayyip Erdogan) dans une optique de profondeur stratégique face à l’Iran, ce n’est pas le cas des dirigeants d’Abou Dhabi, et notamment de Mohamed Ben Zayed Al-Nahyane, considéré comme l’homme fort du pays. Ces derniers demeurent en effet réfractaires à toute forme de normalisation avec la galaxie des Frères musulmans et ses parrains régionaux et, soutenus par l’appareil d’État égyptien, s’activent tant au plan financier que médiatique pour déboulonner tout acteur influent se réclamant de l’islam politique au Proche-Orient.

    L’obstination à maintenir une sorte de désinformation autour du Qatar rappelle la stratégie déployée l’été dernier lorsque les médias émiratis avaient fait circuler de fausses allégations sur le coup d’État avorté en Turquie. Proches des milieux gullenistes, certains cercles et médias d’Abou Dhabi avaient relayé la rumeur selon laquelle Erdogan avait demandé l’asile en Allemagne dans le but de démobiliser ses partisans et de fournir à l’armée toutes les chances de réussir son coup de force.

    Éviter une nouvelle tempête ?
    Il faut en dernier ressort considérer l’évolution de la conjoncture dans les autres pays arabes pour saisir la motivation de Mohamed Ben Zayed Al-Nahyane dans sa détermination face au Qatar. Qu’il s’agisse du Yémen, de la Syrie, de la Libye ou de l’Égypte, les deux émirats se livrent une guerre par procuration depuis l’éclatement des « printemps arabes ». Si Abou Dhabi a rapidement émergé comme chef de file de la « contre-révolution » qui a vu d’un mauvais œil toute mobilisation populaire contestant l’ordre établi, le Qatar (surtout dans la période de l’émir Hamad Ben Khalifa Al-Thani) a basculé dans une diplomatie d’engagement dans l’optique d’accompagner un tournant historique favorable à ses intérêts. La guerre des ondes à laquelle on assiste n’est donc qu’une nouvelle illustration de ce profond clivage — d’autant qu’il y a quelques jours, les manœuvres d’Abou Dhabi pour renforcer sa zone d’influence au Sud-Yémen (dont les forces constituent le second contingent de la coalition arabe derrière l’armée saoudienne) étaient vertement critiquées par Al-Jazira et des responsables qataris qui les qualifiaient de tentative de coup d’État.

    Du côté de Doha enfin, cette affaire risque de donner des arguments à la frange qui souhaite désormais répondre de manière plus énergique au Qatar bashing. Depuis l’accession au pouvoir de Tamim Ben Hamad Al-Thani, la tendance était plutôt à ne plus faire de vagues et à prendre le contre-pied de l’hyperactivisme qui était la marque de l’émir père. Mais face à la radicalisation des acteurs régionaux qui souhaitent nuire aux intérêts du pays, les autorités ne vont peut-être pas cantonner leur réponse au seul renforcement de la sécurité informatique des sites sensibles. À moins que le ministre des affaires étrangères du Koweït — très vite reçu par l’émir — parvienne à éviter au CCG une nouvelle tempête. En effet, si la famille royale Al-Sabah garde un lien fort avec Riyad, elle a toujours refusé de souscrire à l’isolement du Qatar, même au plus fort de la « crise des ambassadeurs » en 2014. Il y a fort à parier qu’elle s’active pour éviter que les lourds défis de la scène régionale — du marasme irakien au chaos syrien en passant par la chute du prix du pétrole — ne soient parasités par des considérations secondaires.

    #fake_story #donald_trump #Riyad #médias #Yémen #Syrie #Libye #Égypte #Printemps_Arabes #Abou_Dhabi #Koweït #Quatar #Qatar_News_Agency #QNA #Al-Jazira #Arabie_saoudite #Turquie

    https://seenthis.net/messages/604742 via BCE 106,6 Mhz


  • Le #Yémen en proie à une épidémie de #choléra et menacé de #famine
    http://www.lemonde.fr/planete/article/2017/06/06/le-yemen-en-proie-a-une-epidemie-de-cholera-et-menace-de-famine_5139164_3244
    http://img.lemde.fr/2017/06/06/466/0/5760/2871/644/322/60/0/7eb890a_24073-15edaup.rf6he0cnmi.jpg

    Depuis la fin du mois d’avril, une épidémie de choléra s’étend à une vitesse exponentielle au Yémen. Les structures de santé, dévastées par plus de deux ans de conflit, sont incapables de contenir la catastrophe. Des premiers cas ont été signalés à l’Organisation mondiale de la santé (OMS) dès octobre 2016 mais l’épidémie flambe de nouveau ce printemps : entre le 27 avril et le 30 mai, 65 041 cas ont été recensés. Au cours de la seule semaine du 15 au 22 mai, 18 000 nouveaux cas ont été signalés et entre 3 000 et 5 000 nouveaux cas sont désormais enregistrés chaque jour. 532 morts ont été dénombrés. Samedi 3 juin, le directeur régional de l’Unicef, Geert Cappelaere, estimait que 130 000 personnes au total pourraient être infectées d’ici deux semaines.

    Si dix-neuf des vingt-trois gouvernorats sont touchés, l’épidémie affecte principalement des régions contrôlées par les rebelles houthistes alliés à l’ex-président Ali Abdallah Saleh : la capitale, Sanaa, et sa région, ainsi que les gouvernorats d’Amran et de Hajja, situés dans le nord-ouest du pays. Ces zones font l’objet d’un blocus de la coalition internationale dirigée par l’Arabie saoudite, en guerre contre les rebelles depuis mars 2015.

    L’apparition du choléra s’ajoute à une menace de famine majeure : la sécurité alimentaire de 17 millions de personnes est menacée et 6,8 millions de Yéménites sont « à un pas de la famine », a rappelé, le 31 mai, le coordinateur des secours d’urgence des Nations unies, Stephen O’Brien. Ce dernier appelle la coalition internationale à ne pas lancer l’assaut sur le port d’Hodeïda, principale voie d’accès aux zones rebelles, dont l’activité a été drastiquement réduite par les bombardements et le blocus.

    #paywall (et il n’y a plus le truc de la lecture zen pour le contourner…)

    https://seenthis.net/messages/604664 via Simplicissimus


  • #Yémen : menace de #famine dans une « guerre oubliée »
    https://www.mediapart.fr/journal/international/080517/yemen-menace-de-famine-dans-une-guerre-oubliee

    Alors que la coalition militaire emmenée par l’Arabie saoudite menace de détruire le port par lequel transite l’aide humanitaire, contrôlé par les rebelles #houthistes, de nombreuses #ONG craignent pour le sort de millions de Yéménites.

    #International #Arabie_Saoudite #crise_humanitaire #Emirats_arabes_unis #Sanaa


  • Les premiers pas de Donald Trump au #Proche-Orient
    http://orientxxi.info/magazine/politique-americaine-au-p-o,1807

    Trois mois après son accession à la présidence, Donald Trump n’a toujours pas formulé une doctrine de politique étrangère claire. Pourtant, les nominations dans l’appareil d’État comme les premières décisions prises en #Syrie ou au #Yémen ou la décision d’utiliser en Afghanistan la plus puissante bombe américaine non atomique permettent de dégager quelques grandes orientations de la future politique américaine au Proche-Orient. Le 5 avril dernier, Donald Trump a pris la première initiative substantielle de (...)

    #Magazine

    / Syrie, Yémen, Émirats arabes unis (EAU), Proche-Orient, #Relations_internationales, #Géopolitique, #Relations_bilatérales, #Arabie_saoudite, (...)

    #Émirats_arabes_unis_EAU_ #États-Unis


  • U.S. Policies in the #Middle_East under the Trump Presidency
    http://orientxxi.info/magazine/u-s-policies-in-the-middle-east-under-the-trump-presidency,1808

    Donald Trump has not yet formulated a clear foreign policy doctrine. Bur state appointments as well as the first decisions taken about #Syria or #Yemen, or the decision to use the most powerful US non-atomic bomb in Afghanistan, reveal some broad orientations of the future US policy in the Middle East. President Trump undertook the first substantive foreign policy initiative of his presidency on April 5 when he authorized U.S. military action in the aftermath of the chemical weapons attack (...)

    #Magazine

    / Syria, Yemen, United Arab Emirates (UAE), Middle East, #International_relations, #Geopolitics, #Bilateral_relations, #Saudi_Arabia, United (...)

    #United_Arab_Emirates_UAE_ #United_States


  • Des dizaines de millions de personnes sont menacées de #famine dans huit pays de la #Corne_de_l’Afrique — Érythrée, Djibouti, Éthiopie, Kenya, Somalie, Soudan du Sud, Soudan et Ouganda — a prévenu l’ONU par la voix de son secrétaire général. Gérard Prunier décrit ici le paysage #géopolitique de cette région, rendu plus chaotique encore par la guerre au #Yémen, qui dure depuis plus de deux ans maintenant. « Dans le détroit de Bab Al-Mandeb (“la porte des larmes”), trente kilomètres seulement séparent l’Afrique du Yémen ».

    La Corne de l’Afrique dans l’orbite de la guerre au Yémen
    https://www.monde-diplomatique.fr/2016/09/PRUNIER/56229 #st

    Carte d’Agnès Stienne :
    https://www.monde-diplomatique.fr/cartes/corne-afrique
    https://www.monde-diplomatique.fr/local/cache-vignettes/L631xH800/Corne-de-l_Afrique-V5-6f507-e0953.jpg


  • Gilbert Achcar : « Après les #révolutions arabes, il reste des raisons d’espérer »
    https://www.mediapart.fr/journal/international/100217/gilbert-achcar-apres-les-revolutions-arabes-il-reste-des-raisons-d-esperer

    Dans son dernier ouvrage, Gilbert Achcar examine les raisons des échecs des #Soulèvements arabes. Il en tire quelques leçons stratégiques nécessaires pour envisager un « changement radical social et politique » plutôt que « l’aggravation du choc des barbaries ». Entretien.

    #International #al-Assad #Egypte #Khadafi #libye #Moubarak #printemps_arabe #Proche-Orient #révolte_arabe #révolution #Sissi #Syrie #Yémen


  • #Yémen : la guerre occultée
    https://www.mediapart.fr/journal/international/060117/yemen-la-guerre-occultee

    Une maison bombardée par la coalition emmenée par l’Arabie saoudite au nord-ouest de Saada. © REUTERS/Naif Rahma Drames humanitaires, enlisement militaire, bombardements d’écoles et d’hôpitaux, responsabilités occidentales, fuite en avant saoudienne, double jeu iranien, percées djihadistes… La guerre au Yémen dispose de tous les ingrédients pour être une poudrière de longue durée et le tombeau des espoirs de changement dans le monde arabe, tout comme celui du droit humanitaire #International.

    #Aden #Arabie_Saoudite #armement #bombardement #chiites #djihadisme #Houthis #Iran #Laurent_Bonnefoy #Moyen-Orient #Sanaa #sunnites


  • Pourquoi le Sud du #Yémen ne profite pas de la guerre pour faire sécession
    http://orientxxi.info/magazine/pourquoi-le-sud-du-yemen-ne-fait-pas-secession,1600

    Le ressentiment des populations du sud du Yémen face à la mainmise du pouvoir de Sanaa depuis un quart de siècle est un terreau particulièrement fertile sur lequel croît la revendication séparatiste. À partir de la révolution de février 2011, les occasions de mettre fin à l’unité imposée avec le Nord en 1994 n’ont pas manqué. Pourquoi, malgré tout, n’y a-t-il pas eu sécession ? Les cinq années qui ont suivi la révolution de février 2011 ont fourni aux séparatistes de nombreuses opportunités de mettre fin à un (...)

    #Magazine

    / Yémen, #État, #Coup_d'État, #Mouvement_populaire, #Processus_de_paix, #Houthistes, #Conflit_du_Yémen, Mouvement (...)

    #Mouvement_sécessioniste
    « https://www.treasury.gov/resource-center/sanctions/Programs/Documents/2140.pdf »
    « http://www.securitycouncilreport.org/atf/cf/%7B65BFCF9B-6D27-4E9C-8CD3-CF6E4FF96FF9%7D/s_res_2216.pdf »
    « http://www.lexpress.fr/actualites/1/monde/yemen-l-onu-souhaite-un-reglement-dans-les-prochaines-semaines_1846042.html »


  • Quand des Israéliens chantent dans la #Langue de l’ennemi
    http://orientxxi.info/lu-vu-entendu/quand-des-israeliens-chantent-dans-la-langue-de-l-ennemi,1409

    Des groupes israéliens produisent des chansons dont les paroles sont en arabe. Leur point commun ? Des origines dans des pays où l’arabe est la langue principale, et souvent celle de leurs grands-parents : #Yémen, Irak ou Maghreb. Balade dans ce monde à l’envers. Le samedi 18 juin, à Beyrouth, dans un bar de gauchistes du quartier de Hamra, résonnait « Jat Mahibati », du groupe Yemen Blues. Une heure après, le miracle beyrouthin avait eu lieu, je me retrouvais dans le quartier des branchés de droite à Mar (...)

    #Lu,_vu,_entendu

    / Yémen, #Israël, #Palestine, Langue, #Musique

    « https://www.youtube.com/watch?v=XVQaumWnp4o

     »
    « http://www.lesinrocks.com/musique/critique-album/riff-cohen-cest-le-retour-du-soleil »
    « https://www.youtube.com/watch?v=QaTIE0VFWHc
     »
    « http://www.jpost.com/Arts-and-Culture/Arts/Funk-the-Yemenite-way-346971 »


  • La France accusée de vente d’armes utilisées contre des populations
    https://www.mediapart.fr/journal/international/230816/la-france-accusee-de-vente-darmes-utilisees-contre-des-populations

    Depuis lundi se tient à Genève la seconde conférence internationale du #Traité_sur_le_commerce_des_armes (TCA), qui cherche à bannir les exportations de matériel militaire vers des pays ou des groupes susceptibles de commettre des crimes de guerre. Plusieurs organisations internationales dénoncent les livraisons de Paris à l’Arabie saoudite.

    #International #Arabie_Saoudite #Control_Arms #Yémen


  • Au #Yémen, la stratégie mortifère des belligérants
    http://orientxxi.info/magazine/au-yemen-changer-les-regles-d-un-jeu-mortel,1435

    Après une accalmie pendant les #Négociations de paix de Koweït, le conflit au Yémen a repris de plus belle. Les bavures de la coalition emmenée par l’Arabie saoudite se multiplient et la communauté internationale accroît, bien qu’encore timidement, la pression sur celle-ci. Les États-Unis réduisent leur coopération avec Riyad, alors que les Russes s’impliquent dans une guerre qu’ils ont longtemps négligée. Parallèlement, les parties yéménites en conflit tentent d’avancer leurs pions, chacun cherchant à (...)

    #Magazine

    / Yémen, #ONU, Négociations, #Houthistes, #Conflit_du_Yémen

    « http://www.un.org/apps/news/story.asp?NewsID=54637 »
    « https://www.chathamhouse.org/sites/files/chathamhouse/publications/research/2016-05-25-yemen-stemming-rise-of-chaos-state-salisbury.pdf »
    « http://english.aawsat.com/2016/08/article55355912/yemeni-government-aims-stop-houthis-squandering-state-funds-abroad »
    « https://www.alaraby.co.uk/english/news/2016/7/28/yemen-rebels-form-supreme-council-to-run-war-torn-country »
    « http://www.deeproot.consulting/#!The-Next-Moves-in-Yemens-Deadly-Chess-Game/tv2qr/57a882b10cf25744c57e8745 »
    « http://washpost.bloomberg.com/Story?docId=1376-OBHHGJ6JTSE801-1J03ROA8MGH6ETFBIUTJDNOB6G »
    « http://saudigazette.com.sa/saudi-arabia/arab-coalition-revive-operation-restoring-hope-yemen »
    « http://www.reuters.com/article/us-yemen-security-cenbank-insight-idUSKCN0YW0F7 »
    « https://www.almasdarnews.com/article/houthi-forces-captures-strategic-site-southern-taiz »
    « http://www.rfi.fr/moyen-orient/20160820-yemen-etats-unis-annoncent-eduction-aide-coalition-arabe »


  • La France accusée de vente d’armes utilisées contre des populations civiles
    https://www.mediapart.fr/journal/international/230816/la-france-accusee-de-vente-darmes-utilisees-contre-des-populations-civiles

    Depuis lundi se tient à Genève la seconde conférence internationale du #Traité_sur_le_commerce_des_armes (TCA), qui cherche à bannir les exportations de matériel militaire vers des pays ou des groupes susceptibles de commettre des crimes de guerre. L’occasion pour plusieurs organisations internationales de dénoncer les livraisons de Paris vers l’Arabie saoudite.

    #International #Arabie_Saoudite #Control_Arms #Yémen


  • La France accusée de vendre des armes utilisées contre des populations civiles
    https://www.mediapart.fr/journal/international/230816/la-france-accusee-de-vendre-des-armes-utilisees-contre-des-populations-civ

    Depuis lundi se tient à Genève la seconde conférence internationale du #Traité_sur_le_commerce_des_armes (TCA), qui cherche à bannir les exportations de matériel militaire vers des pays ou des groupes susceptibles de commettre des crimes de guerre. L’occasion pour plusieurs organisations internationales de dénoncer les livraisons de Paris vers l’Arabie saoudite.

    #International #Arabie_Saoudite #Control_Arms #Yémen


  • #Yémen : l’#ONU cède aux exigences de l’#Arabie_saoudite
    http://www.amnesty.fr/Nos-campagnes/Crises-et-conflits-armes/Actualites/Yemen-ONU-cede-aux-exigences-de-Arabie-saoudite-18592

    Le fait que les Nations unies aient plié face à des pressions l’incitant à modifier leur propre rapport consacré au sort des enfants en temps de conflit armé est sans précédent. [...]

    Selon les Nations unies, ce retrait est provisoire, le temps d’examiner les conclusions du rapport conjointement avec les autorités saoudiennes. Mais les diplomates saoudiens auprès des Nations unies ont eu tôt fait de proclamer ce qu’ils considéraient comme une victoire morale irréversible.

    http://seenthis.net/messages/498117 via Kassem


  • Ventes d’armes de la France : un trafic toujours opaque
    https://www.mediapart.fr/journal/international/010616/ventes-d-armes-de-la-france-un-trafic-toujours-opaque

    Deux rapports officiels très attendus sur les #Ventes_d'armes de la France ont été rendus publics ce mercredi. Dans les faits, le manque de détails prévaut, et rien ne permet de dire s’il existe ou non un risque que des armes françaises soient utilisées par exemple au #Yémen pour commettre des crimes de guerre. © Mediapart

    #International #Arabie_Saoudite #Egypte #Moyen-Orient


  • Les contre-performances des armées du Golfe au #Yémen
    http://orientxxi.info/magazine/les-contre-performances-des-armees-du-golfe-au-yemen,1341,1341

    Le 26 mars 2015, l’armée saoudienne formait une coalition avec la majorité des membres du Conseil de coopération du Golfe et d’autres pays arabes pour une offensive au Yémen dans le but de rétablir au pouvoir Abd Rabbo Mansour Hadi, chassé par les rebelles #Houthistes alliés à l’ex-président Ali Abdallah Saleh. Quatorze mois plus tard, les objectifs de Riyad ne sont pas atteints et les pertes sont sensibles. Des revers qui mettent en lumière les faiblesses structurelles de ces armées, pourtant richement (...)

    #Magazine

    / Yémen, #Arabie_saoudite, #Émirats_arabes_unis, #Armée, Conseil de coopération du Golfe (CCG), #Décryptage, Houthistes, Conflit du (...)

    #Conseil_de_coopération_du_Golfe_CCG_ #Conflit_du_Yémen
    « http://www.independent.co.uk/voices/yemen-war-rapidly-becoming-as-messy-and-complicated-as-the-conflict-i »
    « http://www.unc.edu/depts/diplomat/AD_Issues/amdipl_17/articles/deatkine_arabs1.html »
    « http://www.crisisgroup.org/en/regions/africa/horn-of-africa/sudan/op-eds/taylor-horn-of-africa-states-follow-gulf-into-the-yemen-war.aspx »


  • من الانقسام والفشل إلى « الزمن الإماراتي » : « الحراك الجنوبي » يُعلن الانفصال اليوم | الأخبار
    http://al-akhbar.com/node/258328

    Un nouveau pays arabe, le Yémen du Sud qui, avec le soutien des Emirats arabes unis, annonce qu’il se sépare du Yémen du Nord ce jour.

    http://al-akhbar.com/sites/default/files/imagecache/465img/p13_20160521_pic1.jpg

    On notera (comme dans les cas libyen et syrien) l’utilisation d’un drapeau ancien.

    Aux dernières nouvelles nous avons donc deux Yémens, plusieurs Libyes, deux Soudans, deux Palestines, une Syrie déchirée avec des zones kurdes autonomes et un Emirat islamique, lequel est aussi en Irak dont le nord est un Kurdistan autonome.

    #monde_arabe #yémen

    http://seenthis.net/messages/491457 via gonzo


  • #Arabie_Saoudite : comment moderniser le pays sans toucher à un régime archaïque ?
    https://www.mediapart.fr/journal/international/180516/arabie-saoudite-comment-moderniser-le-pays-sans-toucher-un-regime-archaiqu

    Construction du « quartier de la finance du roi Abdullah » au nord de Riyad, le 11 avril 2016. © Faisal Nasser/Reuters Le régime saoudien vient d’annoncer un grand plan de développement, « Horizon 2030 ». Objectif : s’émanciper de la rente pétrolière . Mais cette modernisation à marche forcée pourrait aussi causer sa perte. Comment développer une classe moyenne sans changer un système de pouvoir archaïque ? Le « plan 2030 » ne comporte aucune perspective sur ce point.

    #International #Egypte #Moyen-Orient #Yémen


  • Vacillantes lueurs d’espoir pour le #Yémen
    http://orientxxi.info/magazine/vacillantes-lueurs-d-espoir-pour-le-yemen,1323,1323

    Un an après l’intervention de la coalition menée par l’Arabie saoudite au Yémen, la situation s’est enlisée. Riyad n’a pas atteint ses objectifs, mais le pays s’est enfoncé dans une crise dont les premières victimes sont les civils. Les #Négociations qui ont finalement commencé à Koweït entre les différents protagonistes permettront-elles de sortir de la guerre ? La troisième tentative pour trouver une solution à la crise yéménite sera-t-elle la bonne ? Par deux fois, les efforts pour régler le conflit (...)

    #Magazine

    / Yémen, Négociations, #Réforme_constitutionnelle, #Décryptage, #Transition_politique, #Conflit_du_Yémen, Conférence de dialogue national (...)

    #Conférence_de_dialogue_national_CDN_
    « https://www.washingtonpost.com/news/monkey-cage/wp/2016/04/18/will-yemens-latest-round-of-negotiations-learn-from-past-failures »
    « http://www.idea.int/es/publications/yemens-peaceful-transition-from-autocracy/loader.cfm?csModule=security/getfile&pageID=77329 »
    « http://america.aljazeera.com/articles/2014/9/25/houthi-yemen-takeover.html »
    « http://www.aljazeera.com/video/middleeast/2014/02/yemen-rebels-oppose-six-region-federation-2014211101417410323.html »
    « http://www.reuters.com/investigates/special-report/yemen-aqap »
    « https://www.washingtonpost.com/world/bombing-claimed-by-islamic-state-kills-yemeni-governor-6-guards-in-aden/2015/12/06/7c1c01ae-9c5c-11e5-8728-1af6af208198_story.html »
    « https://www.hrw.org/fr/news/2016/03/21/yemen-imposer-un-embargo-sur-les-armes-destination-de-larabie-saoudite »
    « https://www.hrw.org/fr/news/2016/04/07/yemen-recours-des-bombes-americaines-lors-de-frappes-aeriennes-meurtrieres-sur- »
    « https://news.vice.com/article/exclusive-how-the-uk-secretly-helped-direct-lethal-us-drone-strikes-in-ye »


  • La #Musique traditionnelle yéménite menacée par les bombardements
    http://orientxxi.info/lu-vu-entendu/la-musique-traditionnelle-yemenite-menacee-par-les-bombardements,1312,13

    Depuis trente ans, Jean Lambert mène des recherches sur les sociétés et les musiques de tradition orale dans plusieurs pays du monde arabe. Mais c’est sans nul doute au #Yémen que ce travail a été le plus marquant, avec des années passées sur le terrain. C’est dans ce berceau originel de la civilisation arabe, à la richesse culturelle sans égal chez ses voisins de la péninsule Arabique, qu’il est passé de l’anthropologie et de la musicologie à l’ethnomusicologie. « J’y ai trouvé une chaleur, une sensualité (...)

    #Lu,_vu,_entendu

    / Yémen, Musique, #Vidéo, #Conflit_du_Yémen

    « http://lambert90.wix.com/jean-lambert#!-propos2/c1c63 »
    « http://lambert90.wix.com/jean-lambert#!-propos1/c18ni »
    « http://lambert90.wix.com/jean-lambert »


  • #Yémen. Forte émotion après l’#assassinat d’un #blogueur pour #athéisme

    Omar Batawil, un jeune homme de 18 ans qui critiquait le fondamentalisme religieux sur Facebook, a été assassiné à Aden. Sa mort rencontre un écho inattendu à travers le monde arabe.

    http://www.courrierinternational.com/sites/ci_master/files/styles/image_original_1280/public/assets/images/unnamed_7.jpg?itok=f3bMlOUw
    http://www.courrierinternational.com/article/yemen-forte-emotion-apres-lassassinat-dun-blogueur-pour-athei
    #it_has_begun

    http://seenthis.net/messages/484003 via CDB_77


  • L’irrésistible processus de fragmentation du Yémen | Mediapart

    https://www.mediapart.fr/journal/international/240416/lirresistible-processus-de-fragmentation-du-yemen?onglet=full

    https://static.mediapart.fr/files/2016/04/22/yemen.jpg

    L’irrésistible processus de fragmentation du Yémen
    24 avril 2016 | Par Laurent Bonnefoy

    Un nouveau cycle de négociations impliquant l’Arabie saoudite et les rebelles houthis s’est ouvert mi-avril à Koweït. Mais plus d’un an après le début de la guerre au Yémen, les dynamiques contradictoires sur le terrain rendent illusoire, pour l’instant, tout type de règlement politique.

    En dépit de son coût humain et politique terrible, la guerre au Yémen est trop fréquemment négligée, voire oubliée. Fin mars 2016, le premier anniversaire de son déclenchement ne pouvait raisonnablement être célébré par personne tant ce conflit, et l’intervention de la coalition menée par l’Arabie saoudite qui le structure, sont des échecs patents. Cet anniversaire a cependant coïncidé avec l’entame d’une nouvelle phase, censément plus constructive.

    Après deux rencontres organisées à Genève, un troisième round de négociation s’est officiellement ouvert à Koweït le 17 avril 2016 sous l’égide de l’ONU. Une semaine plus tôt, un cessez-le-feu a été prononcé. Certes, les représentants de la rébellion houthiste (chiite), cible de l’offensive saoudienne au Yémen, ont traîné les pieds et retardé de plusieurs jours leur arrivée à la table des négociations pour protester contre la poursuite de bombardements aériens par la coalition. Malgré tout, pour la première fois depuis le début de la guerre, l’optimisme semble de mise. Mais ces négociations ne sont-elles pas trop déconnectées des réalités de terrain ? Cet effort n’arrive-t-il pas trop tard alors que le pays, la société et l’État sont déstructurés, si ce n’est même détruits ?

    L’approche diplomatique dorénavant privilégiée par les représentants des belligérants se fonde sur quatre dynamiques. Depuis quelques semaines, celles-ci ont transformé un conflit longtemps apparu figé, marqué par le laisser-faire de la communauté internationale et par une impasse militaire.

    La position fragilisée de l’Arabie saoudite

    Le premier changement concerne l’Arabie saoudite et les pressions internationales, même timides, qui s’exercent sur son gouvernement. Depuis le début de la guerre, les « bavures » se sont multipliées. L’ensemble des belligérants fait montre d’un mépris évident pour les civils dont au moins 5 000 ont été tués en un an. Chaque partie peut ainsi renvoyer ses adversaires à ses crimes. Le blocus houthiste autour de Taëz est par exemple fréquemment comparé à celui sur Gaza dans les médias du Golfe. Par quatre fois, des institutions de santé dans lesquelles opérait du personnel médical de Médecins sans frontières ont été touchées par des bombes saoudiennes, sans compter les mariages ou campements de réfugiés.

    Si les manquements des rebelles et de leurs alliés pro-Saleh (fidèles à l’ancien président yémenite, mis à l’écart en 2012) peuvent à bon droit être dénoncés, la responsabilité de la coalition – souvent réduite à son commandement saoudien – est d’une autre nature. La dimension asymétrique du conflit, l’échelle et la fréquence des « dommages collatéraux » et l’alliance nouée avec les grandes puissances occidentales placent l’Arabie saoudite en première ligne. États-Unis, Grande-Bretagne et France, principaux pourvoyeurs en armement des pays de la coalition, se trouvent de fait engagés sur le terrain yéménite, ne serait-ce que par l’intermédiaire des formateurs militaires. Ils voient dès lors leur laisser-faire critiqué par les médias, les partis d’opposition et les acteurs humanitaires. Aux États-Unis, dans une correspondance privée rendue publique, le secrétaire d’État, John Kerry, s’est ému de l’intransigeance des Saoudiens et de leurs alliés au Yémen mais la critique reste feutrée. Campagnes de grandes ONG françaises dénonçant la situation humanitaire, scandale lié à la décoration par le président Hollande du prince héritier saoudien Muhammad bin Nayef en mars 2016 et vote par le Parlement européen d’une résolution appelant au boycott des ventes d’armes à l’Arabie saoudite ont sans conteste fragilisé la position saoudienne et favorisé des inflexions politiques. Pour répondre à cette situation, le gouvernement saoudien, soucieux de son image, a signé des contrats avec des agences de communication en Europe.

    Riyad accepte les discussions directes

    La seconde dynamique concerne la relation entre les houthistes et le pouvoir saoudien. Riyad, niant la légitimité politique des houthistes et dénonçant leur collusion avec l’Iran, avait depuis le déclenchement de la guerre refusé de les considérer en tant qu’interlocuteurs directs. Les Saoudiens ont néanmoins engagé des pourparlers avec eux depuis février 2016. Ces discussions ont abouti à des échanges de prisonniers et ont conduit à une sécurisation de la frontière, limitant les incursions houthistes en territoire saoudien. En échange, le leadership houthiste a envoyé des signaux moins ambigus qu’habituellement au sujet de sa relation avec l’Iran. Début mars 2016, sur sa page Facebook, Yusuf al-Fayshi, membre du comité révolutionnaire et proche du leader rebelle Abdulmalik al-Houthi, a publié un texte remarqué dans lequel il demandait explicitement aux Iraniens de se tenir éloignés du conflit yéménite.

    Une alliance en péril entre les rebelles et l’ancien président

    L’objet des discussions directes entre Saoudiens et houthistes avait également pour fonction d’amplifier une troisième dynamique : la dissolution de l’alliance entre les rebelles houthistes et l’ancien président yéménite, Ali Abdallah Saleh. Cette alliance, militaire et politique, a permis au mouvement houthiste d’asseoir sa puissance militaire et à l’ancien président de se venger de ceux qui, lors du printemps yéménite de 2011, l’avaient trahi, provoquant sa chute. Elle a, depuis le début du conflit, été considérée comme le talon d’Achille de la rébellion. Les deux anciens ennemis, qui s’étaient combattus de 2004 à 2010 dans la très meurtrière guerre de Saada, avaient établi une alliance dont chacun estimait sortir gagnant. Lors des manifestations organisées au premier anniversaire de l’offensive saoudienne, les tensions étaient palpables et coïncidaient avec des revers militaires, à Taez notamment. Chacun dénonçant « l’agression saoudienne » avait organisé son cortège en différents lieux de Sanaa, comme pour jauger ses propres forces. Toujours annoncée, la dissolution de l’alliance ne venait toutefois pas encore.
    Abderabuh Mansur Hadi, un « roi nu » face au « phénix politique » Saleh

    Le pouvoir en opération reconquête

    La quatrième dynamique concerne la volonté du président du Yémen, Abderabuh Mansur Hadi, d’élargir la base de ses partisans. « Roi nu », quasiment dépourvu de relais efficaces dans l’armée et les institutions, Hadi s’était jusqu’à présent appuyé sur des hommes originaires de provinces du Sud, mais souvent rejetés par le mouvement sudiste sécessionniste. Khaled Bahah, premier ministre et vice-président (mais aussi concurrent potentiel de Hadi), a été remplacé début avril 2016 par deux anciens proches de Saleh, Ahmed Obaid Bin Daghr et Ali Muhsin. Le profil politique du premier rend compte d’une stratégie visant à regagner le cœur des membres du parti du Congrès populaire général encore dirigé par Saleh (et dans lequel Bin Daghr avait occupé la fonction de secrétaire général, y compris après 2012 et la chute de Saleh de la présidence). Les origines du second et son rôle passé dans l’armée doivent permettre de se rapprocher des tribus du Nord et des militants du parti Al-Islah (issu des Frères musulmans.) Une telle entreprise n’est pas gagnée d’avance, considérant le passif de Hadi dans le nord du pays et auprès d’une large part des sudistes.

    La place redonnée à la diplomatie, aux négociations et à la noble politique ne peut malheureusement faire oublier la centralité des armes et de la violence. L’optimisme qui devrait découler des quatre dynamiques présentées ci-dessus n’est ainsi sans doute qu’une illusion. Quand bien même les pays de la coalition arabe cesseraient-ils de bombarder le pays et les houthistes accepteraient-ils de se conformer à la résolution 2216 du conseil de sécurité de l’ONU qui leur enjoint de laisser leurs armes, de quitter les villes et de permettre le retour du gouvernement qualifié de légitime à Sanaa, il est fort probable que la guerre se poursuive. Le conflit au cours de l’année écoulé a considérablement approfondi des fragmentations identitaires qui remettent en cause la viabilité de l’État yéménite et son avenir. L’on aimerait bien évidemment se tromper.

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    À rebours d’une l’histoire yéménite caractérisée par la coexistence et un processus de convergence des identités religieuses, le conflit a accentué une polarisation entre sunnisme et zaydisme-chiite incarné par la rébellion houthiste. Bien qu’indirectement, l’offensive de la coalition menée par l’Arabie saoudite a légitimé une lecture anti-chiite de l’inimitié qui s’est trouvée en adéquation avec l’idéologie de divers mouvements djihadistes. Des milices islamistes sunnites, parfois affiliées à Al-Qaïda, participent ainsi à l’effort de guerre et aux combats contre les houthistes tout en bénéficiant du chaos ambiant. L’Organisation de l’État islamique a fait son apparition, revendiquant 25 attentats en une année et s’engageant dans une rivalité avec les autres groupes djihadistes plus anciens. Le vide politique a en outre laissé à Al-Qaïda dans la péninsule Arabique (AQPA) l’espace pour se déployer et contrôler des territoires. Or ce groupe, en dépit d’alliances nouées au niveau local avec des tribus, par exemple dans la province orientale du Hadramaout, continue d’évoluer bien loin de la politique institutionnelle. Comme l’État islamique, il restera encore longtemps rétif à toute négociation ou diplomatie et éloigné des tables de négociations. Par ailleurs, les attentats contre les mosquées zaydites revendiqués par l’Organisation de l’État islamique et une rhétorique salafiste offensive ont entraîné chez les zaydites un sentiment de fragilité et une logique de solidarité structurée autour du référent chiite. Les portraits du président syrien Bachar al-Assad et du chef du Hezbollah libanais, Hassan Nasrallah, dans les rues de Sanaa illustrent le développement d’un imaginaire proprement chiite, marqué par ses héros et ses luttes, bien loin de l’imaginaire national yéménite.

    La fragmentation est également géographique, entre Nord et Sud. L’unification de 1990 a toujours été contestée, donnant lieu en 1994 à un conflit et depuis 2008 à un puissant mouvement populaire qui dénonce la domination politique, économique et symbolique exercée par le Nord. La prise par les houthistes de la ville d’Aden, en mars 2015, a été l’événement déclencheur de la guerre, précipitant le mouvement sudiste dans un conflit qui initialement ne le concernait guère. Les destructions dans l’ancienne capitale du Sud et l’occupation de la ville pendant cinq mois ont approfondi un ressentiment qui sera bien difficile à dépasser. Le mouvement sudiste a poursuivi son déploiement, accru son armement (grâce à des équipements fournis par l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis), sans pour autant se rapprocher du président Hadi. À Aden, d’impressionnantes manifestations réclamaient la sécession. Au Hadramaout, province orientale « sudiste », les velléités indépendantistes étaient elles aussi profondes mais s’accordaient mal avec celles d’Aden. Dès lors, c’était bien une fragmentation en de multiples entités qui se dessinait et non un retour en arrière à la situation pré-1990 où Nord et Sud se faisaient face.

    Le Yémen avant sa réunification en 1990. © Mediapart/ Mnmazur/CC-BY-SA-3.0 Le Yémen avant sa réunification en 1990. © Mediapart/ Mnmazur/CC-BY-SA-3.0

    La troisième source d’inquiétude concerne la résilience du clan de l’ancien président Saleh. Phénix politique, Saleh, au pouvoir pendant plus de 33 années, sort renforcé de l’épreuve de force qu’il a engagée contre Hadi, le parti Al-Islah et la communauté internationale dès son éviction en 2012. S’appuyant sur sa fortune personnelle (qu’un panel d’experts de l’ONU a – sans doute exagérément – estimée à 60 milliards de dollars) restée considérable en dépit de sanctions internationales, il a entretenu ses réseaux clientélistes, en particulier dans l’armée et via son alliance avec les houthistes. Si chacun hors du pays (et particulièrement parmi les puissances régionales) souhaite se débarrasser de Saleh et si à l’intérieur il ne peut apparaître comme une alternative viable, force est de reconnaître qu’aucune solution ne peut se passer de son assentiment. Lors d’une apparition publique le 25 mars 2016, il bravait la coalition régionale, ses propres ennemis et pointait du doigt implicitement les renoncements à venir des houthistes, expliquant être matériellement en mesure de poursuivre le combat plusieurs années encore. Il se plaçait au centre du jeu militaire comme diplomatique, fixant ses conditions pour la paix. Chacun devrait prendre ses menaces au sérieux et considérer que cette résilience de Saleh est une bien mauvaise nouvelle pour la paix.

    #yémen

    http://seenthis.net/messages/482910 via Reka


  • L’irrésistible processus de fragmentation du #Yémen
    https://www.mediapart.fr/journal/international/240416/lirresistible-processus-de-fragmentation-du-yemen

    Un nouveau cycle de négociations impliquant l’Arabie saoudite et les rebelles houthis s’est ouvert mi-avril à Koweït. Mais plus d’un an après le début de la guerre au Yémen, les dynamiques contradictoires sur le terrain rendent illusoire, pour l’instant, tout type de règlement politique.

    #International #Arabie_Saoudite #Moyen-Orient


  • Ventes d’armes : l’obsession saoudienne de la France
    https://www.mediapart.fr/journal/international/240416/ventes-darmes-lobsession-saoudienne-de-la-france

    Des travailleurs yéménites inspectent les restes d’une usine de bois, réduite en cendres par l’aviation saoudienne le 24 février 2016, près du port de la ville de Houdieda. © ABDULJABBAR ZEYAD/Reuters Rapports ministériels lapidaires, opacité des sociétés, négations des droits de l’homme… Alors que le ministre de la défense saoudien se présente de nouveau à Paris ce lundi 25 avril, le commerce des armes avec l’Arabie saoudite est devenue une obsession française depuis l’élection de François Hollande. Quitte à ignorer les crimes de guerre probablement commis au moyen d’armes françaises.

    #International #Arabie_Saoudite #Egypte #Moyen-Orient #Yémen