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Chargée d’Etudes Nantes / AMD

  • Alain Gresh : « Il n’y a pas de lobby plus puissant aux USA que le lobby israélien » (INTERVIEW) — RT en français

    https://francais.rt.com/international/53750-alain-gresh-gouvernement-israelien-espionne-citoyens-americains

    Alain Gresh : « Il n’y a pas de lobby plus puissant aux USA que le lobby israélien » (INTERVIEW)

    6 sept. 2018, 14:25
    Alain Gresh : « Il n’y a pas de lobby plus puissant aux USA que le lobby israélien » (INTERVIEW)© Jonathan Ernst Source : Reuters
    Préparatifs de la conférence politique du Comité américain des affaires publiques israéliennes (AIPAC) à Washington, le 2 mars 2015.

    Dans un article paru dans Le Monde Diplomatique, le journaliste Alain Gresh relate le contenu d’un documentaire sur le lobby pro-israélien aux Etats-Unis. La chaîne qatarie al-Jazeera, qui l’avait réalisé, a finalement décidé de l’interdire.

    Pour RT France, le journaliste Alain Gresh a accepté de raconter le contenu du documentaire auto-censuré d’al-Jazeera sur le lobby pro-israélien et les coulisses de son interdiction. L’ancien rédacteur en chef du Monde Diplomatiquefait partie des rares personnes qui ont pu voir les quatre épisodes de 50 minutes chacun du documentaire car celui-ci a été interdit de diffusion par al-Jazeera elle-même.

    Un jeune journaliste britannique d’al-Jazeera a infiltré, à la demande de la chaîne qatarie, le lobby pro-israélien aux Etats-Unis et en a tiré un documentaire édifiant. Brillant, avenant, chaleureux et efficace, il gagne la confiance des principaux acteurs des groupes de pression, organisations et associations qui ont fait de la défense inconditionnelle de l’Etat hébreux leur leitmotiv.

    Les côtoyant au quotidien, le jeune homme filme leurs confidences en caméra cachée. Et le résultat est, selon Alain Gresh, « explosif ». Le Qatar, propriétaire de la chaîne n’aurait finalement pas voulu s’aliéner le soutien des Etats-Unis dans le conflit qui l’oppose à l’Arabie Saoudite. Etant donnée l’influence du lobby pro-israélien dans la politique américaine au Moyen-Orient, le Qatar a jugé plus raisonnable de renoncer à diffuser ce documentaire jugé trop gênant pour les réseaux pro-israéliens.

    Lire aussi : Al-Jazeera mène une enquête explosive sur le lobby pro-israélien... avant de geler sa diffusion

    • Al-Jazeera mène une enquête explosive sur le lobby pro-israélien... avant de geler sa diffusion

      https://francais.rt.com/international/53700-al-jazeera-mene-enquete-explosive-lobby-pro-israelien-avant-geler
      3 sept. 2018, 21:03
      https://cdni.rt.com/french/images/2018.09/article/5b8d2ecc488c7b650f8b4567.jpg

      Al-Jazeera mène une enquête explosive sur le lobby pro-israélien... avant de geler sa diffusion
      © Brian Snyder Source : Reuters
      Préparatifs pour la conférence politique de l’Aipac à Washington, Etats-Unis, le 6 mars 2018 (illustration)

      Le Monde diplomatique évoque les méthodes des lobbyistes pro-israéliens aux Etats-Unis mises au jour par un documentaire. Cette enquête a été menée par la chaîne qatarie Al-Jazeera, mais Doha aurait finalement décidé de suspendre sa diffusion.

      James Anthony Kleinfeld, dit « Tony », jeune Britannique juif, diplômé de la prestigieuse université d’Oxford, parlant six langues, s’investit et côtoie durant cinq mois « le gratin des responsables d’associations engagées dans la défense inconditionnelle d’Israël » aux Etats-Unis, comme The Israel Project (TIP) ou l’American Israel Public Affairs Committee (Aipac), explique Le Monde diplomatique de septembre.

      Le jeune homme devient ainsi un familier des cocktails, congrès, conventions, stages de formation pour militants pro-israéliens. « Avenant, chaleureux, efficace, il [Tony] gagne la confiance de ses interlocuteurs, qui lui parlent à cœur ouvert, laissant au vestiaire la langue de bois et les éléments de langage convenus. Et leurs confidences sont explosives », prévient Alain Gresh, ancien rédacteur en chef de la publication, dans son article. Selon ses dires, il est lui-même le seul journaliste français à avoir pu voir ce documentaire grâce à l’un de ses amis basé dans le Golfe.

      Comme dans les meilleurs films d’espionnage, Tony est en réalité un infiltré, en mission pour la chaîne quatarie Al-Jazeera, propriété de l’émirat du Qatar, pour réaliser un documentaire sur le lobby pro-israélien aux Etats-Unis. Alain Gresh explique : « Il a filmé en caméra cachée une partie des confidences qu’il a recueillies et il a réuni, avec d’autres membres d’une équipe dirigée par Phil Rees, de la cellule d’investigation de la chaîne, tous les ingrédients d’une enquête spectaculaire. »

      Mais, alors que le contenu du documentaire pourrait mettre à mal les pratiques des lobbyistes pro-israéliens aux Etats-Unis, la chaîne qatarie a finalement gelé sa diffusion pour ne pas attirer leurs foudres sur le Qatar. Depuis plus d’un an, l’émirat est déjà dans une position difficile en raison de la crise qui l’oppose à l’Arabie saoudite.

      Même si, selon Alain Gresh, la diffusion du documentaire aurait constitué un événement médiatique, le Qatar aurait toutefois choisi de la reporter sine die, « obtenant en échange le secours inespéré d’une partie de l’aile droite d’un lobby déjà très à droite dans son ensemble ».

      Selon les informations du journaliste, Morton Klein, le président de l’Organisation sioniste américaine (ZOA), un proche de Steve Bannon, ancien conseiller du président Donald Trump, s’est réjoui d’avoir enterré le documentaire lors d’un déplacement qu’il a effectué à Doha. « Que de tels groupes, qui accusaient il y a peu le Qatar de financer le Hamas et le terrorisme, aient accepté de virer de bord en échange de la rétention de l’enquête en dit long sur le caractère embarrassant des révélations qu’elle contient », analyse Alain Gresh.

      Lire aussi : Les Etats-Unis annulent 200 millions de dollars d’aide aux Palestiniens en Cisjordanie et à Gaza
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      Toujours selon l’ancien rédacteur en chef du Monde Diplomatique, les acteurs du lobby pro-israélien qui se confient à Tony dans le documentaire ne sont pas avares de confidences et racontent leurs méthodes : délation, harcèlement, guerre psychologique, calomnie, pressions professionnelles, tous les moyens seraient bons pour intimider les personnes hostiles à la politique israélienne ou favorables à la cause palestienienne dans les entreprises ou sur les campus américains.
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      Nous sommes le seul acteur du réseau pro-israélien à pouvoir combler les lacunes […] Nous avons le budget et nous pouvons mettre sur la table des choses bien différentes

      « Ces croisades, qui s’appuient sur la récolte de données personnelles de citoyens américains, ne seraient pas possibles sans les moyens accordés par le ministère des Affaires stratégiques israélien », explique Alain Gresh qui cite la directrice générale du ministère. « En ce qui concerne la collecte de données, l’analyse de l’information, le travail sur les organisations militantes, la piste de l’argent, c’est quelque chose que seul un pays, avec les ressources dont il dispose, peut faire au mieux », avait déclaré Sima Vaknin-Gil lors d’une conférence à l’Israeli American Council (IAC), avant d’ajouter : « Nous sommes le seul acteur du réseau pro-israélien à pouvoir combler les lacunes […] Nous avons le budget et nous pouvons mettre sur la table des choses bien différentes. » la directrice générale allait même jusqu’à affirmer : « Nous avons la FDD [Fondation pour la défense des démocraties] et d’autres qui travaillent [pour nous]. » La FDD est un think tank néoconservateur basé à Washington. Or, comme le précise Alain Gresh, selon la loi américaine, « les organisations ou les individus travaillant pour un gouvernement étranger doivent s’enregistrer en tant que tels au ministère de la justice. Ce dernier osera-t-il traîner devant les tribunaux la FDD, qui n’a pas accompli ces démarches », se demande-t-il.

      Lire aussi : Selon Noam Chomsky, l’ingérence dans la politique américaine vient surtout d’Israël et non de Russie

    • Le Monde diplomatique
      https://www.monde-diplomatique.fr/2018/09/GRESH/59047
      > Septembre 2018, pages 1, 6 et 7, en kiosques

      Espionnage et intimidations
      Lobby israélien, le documentaire interdit

      Une enquête menée par la chaîne qatarie Al-Jazira dévoile les méthodes des groupes de pression américains favorables à Israël. Mais, soucieux de ne pas s’aliéner ces organisations dans son contentieux avec l’Arabie saoudite, le Qatar a gelé la diffusion du reportage.
      par Alain Gresh

      https://www.monde-diplomatique.fr/local/cache-vignettes/L650xH867/img007-5-8cf9c.jpg?1535473207
      Nadia Jelassi. – « Vista lil 9albèn » (Retourner sa veste), 2010

      À l’écran, il a tout du parfait gentleman. Malgré sa dégaine d’étudiant, James Anthony Kleinfeld, jeune Britannique juif bien sous tous rapports, diplômé de la prestigieuse université d’Oxford, parlant six langues, dont le néerlandais et le yiddish, s’orientant sans difficulté dans les arcanes des conflits au Proche-Orient, trouverait facilement sa place dans les bureaux d’un ministère des affaires étrangères occidental ou d’un think tank renommé. Pour l’heure, il a d’autres desseins : s’investir dans les organisations américaines favorables à Israël. Il est recruté par The Israel Project (TIP), qui s’occupe de soigner l’image d’Israël dans les médias. Accueilli à bras ouverts du fait de ses compétences, il côtoie durant cinq mois le gratin des responsables d’associations engagées dans la défense inconditionnelle d’Israël, notamment du puissant lobby pro-israélien aux États-Unis, l’American Israel Public Affairs Committee (Aipac). Il fraie avec eux dans les cocktails, congrès, conventions, stages de formation pour militants, se liant avec les uns et les autres. Avenant, chaleureux, efficace, il gagne la confiance de ses interlocuteurs, qui lui parlent à cœur ouvert, laissant au vestiaire la langue de bois et les « éléments de langage » convenus. Et leurs confidences sont explosives.

      Comment influence-t-on le Congrès ? « Les membres du Congrès ne font rien si on ne fait pas pression sur eux, et la seule manière, c’est l’argent. » Comment combat-on les militants favorables aux droits des Palestiniens sur les campus universitaires ? « Avec les anti-Israéliens, le plus efficace est de faire des recherches sur eux, que vous mettez en ligne sur un site Web anonyme et que vous diffusez par des annonces ciblées sur Facebook. » Avec une candeur d’autant plus grande qu’ils croient s’épancher auprès d’un ami, les interlocuteurs de Kleinfeld admettent qu’ils se livrent à des opérations d’espionnage de citoyens américains, avec l’aide du ministère des affaires stratégiques israélien.

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