NRobin

Chargée d’Etudes Nantes / AMD

  • Dès que vous lisez " affaire Skripal", attendez-vous à lire "Armes chimiques du régime d’Assad" dans les heures qui suivent ! Deux affaires bizarrement liées ! La 1ère n’annonce rien de bon pour Damas ! NRobin
    https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/l-affaire-skripal-nouvelle-usine-a-202806
    https://www.agoravox.fr/local/cache-vignettes/L300xH200/7792635053_theresa-may-et-vladimir-poutine-f47e3.jpg
    Il faut avouer que la passion de la propagande occidentale pour les gaz toxiques a quelque chose de fascinant. Des attaques chimiques imaginaires du gouvernement syrien au double empoisonnement de Salisbury, la thématique accusatoire brille par sa répétition, et la mauvaise foi otanienne s’illustre par sa constance. Dans “l’affaire Skripal”, on veut donc nous faire croire que Moscou a tenté d’assassiner un ex-espion russe et sa fille sur le sol britannique. Des preuves ? Pas le moindre commencement. Rien ne prouve que le gaz “Novitchok” ait été utilisé pour commettre cette tentative d’homicide. La meilleure façon de le savoir serait de transmettre un échantillon à l’Office international des armes chimiques (OIAC), mais Londres s’est bien gardé de le faire.

    De même, les Russes ont immédiatement dit qu’ils étaient prêts à participer à une enquête internationale, mais les Britanniques n’en veulent pas. Pourquoi ? Inutile de se le demander. Faute de preuves matérielles, le dossier de l’accusation a l’épaisseur d’un papier à cigarettes. Une semaine à peine après les faits, au terme d’une pseudo-enquête, le gouvernement britannique a déclaré que la Russie était coupable. Une telle précipitation ferait rougir de honte n’importe quel service d’investigation judiciaire normalement constitué. Et elle est d’autant plus suspecte que la charge anti-russe a été orchestrée en Occident avec un acharnement qui fleure la préméditation. Il fallait traîner la Russie dans la boue. On l’a fait, avec une grossièreté sans précédent.

    Ancien colonel des services de renseignement militaires russes, Serguei Skripal a été trouvé inconscient sur un banc, ainsi que sa fille, aux abords d’un centre commercial de Salisbury. Curieux procédé pour des services secrets ! L’amateurisme du “modus operandi” devrait au moins faire douter de leur implication. Et puis, qui est Skripal, au juste ? Recruté comme agent double par les services britanniques en 1995, il est condamné à 13 ans de prison pour trahison en 2004 par la Russie. Au terme d’un échange d’agents de renseignement russo-américain, il obtient l’asile au Royaume-Uni en 2010. Pour quelle raison Moscou aurait supprimé ce paisible retraité ? Exilé depuis huit ans, rien ne dit qu’il ait conservé des secrets compromettants, ni qu’il ait représenté le moindre danger pour la Russie.

    Ajoutée à l’inexistence de preuves matérielles, cette absence désespérante de mobile ridiculise l’accusation occidentale. Mais rien n’y fait. Pour les Occidentaux, hurler à l’assassin vaut démonstration de culpabilité. Le problème, c’est que cette arrogance dissimule difficilement l’essentiel : Theresa May et ses collègues mentent comme des arracheurs de dents. Qui peut croire que le pouvoir russe a fait exécuter un de ses ex-agents sur le sol d’un pays-clé de l’OTAN, alors que règne un climat de tension sans précédent avec cette organisation ? Qui peut croire que cette décision, déjà invraisemblable quant à ses motifs et grossière quant à son “modus operandi”, a été prise quinze jours avant l’élection présidentielle russe ? Qui peut penser, enfin, que Moscou s’est tiré une balle dans le pied sur la scène internationale à la veille d’un succès majeur - et prévisible - de politique intérieure ?

    Véritable château de cartes, cette accusation ne tient pas une seconde. Pour en comprendre les motifs, il faut appliquer la preuve par les effets. On quitte alors le domaine des procès fumeux pour rejoindre le terrain des réalités. Malgré l’encerclement militaire dont elle fait l’objet, la Russie a conservé son sang-froid, et certains pays européens sont prêts à reprendre le dialogue avec Moscou. La provocation de Salisbury vise précisément à doucher ces velléités, à couper la Russie de l’Europe en accusant Moscou de tous les maux. La Russie mène le bal au Moyen-Orient au grand dam d’Israël et des USA. Elle n’a rien cédé sur la Crimée, définitivement retournée dans le giron de la Mère-Patrie. Les néocons qui ont investi le pouvoir à Washington entendent lui faire payer ce double affront. En diabolisant Moscou par Londres interposé, ils soudent leurs vassaux face à l’ennemi moscovite, clairement désigné dans la “Nouvelle stratégie de sécurité des Etats-Unis” de Donald Trump.

    C’est pourquoi le réquisitoire britannique a été repris en chœur par des dirigeants occidentaux empressés de s’acquitter d’une solidarité pavlovienne avec le camp du Bien. Hormis l’Autriche et une poignée de petits Etats-membres, l’Union européenne s’est mise au garde-à-vous, le petit doigt sur la couture du pantalon. Cette Europe vassalisée par les USA, mais qui se prétend ”menacée” par la Russie, a surtout montré, une fois de plus, qu’elle est un nain politique. Obéissant à l’injonction anti-russe, elle s’est rangée comme un seul homme derrière le leadership anglo-saxon. A croire que rien de positif ne sortira jamais de ce grand corps mou, où une France jadis écoutée a commis la faute, sous la direction des “Young Leaders” qui la dirigent au profit d’intérêts qui ne sont pas les siens, de se fondre dans la masse.

    Pour les Occidentaux, l’heure est donc à l’affrontement symbolique - pour l’instant - avec une Russie dont Vladimir Poutine a restauré la fierté. L’affaire Skripal est la nouvelle usine à gaz occidentale. Comme les couveuses de Koweit-City, la fiole chimique de Colin Powell ou les pseudo-gazages de l’armée syrienne, le coup monté de Salisbury est aussi un coup de clairon. Ses auteurs entendent perpétuer la confrontation politique et la surenchère militaire avec Moscou. Ils veulent justifier le durcissement de sanctions économiques destinées à entraver le redémarrage de la Russie et la montée d’un monde multipolaire. En faisant tourner les rotatives de la propagande, ils comptent diviser le monde en deux blocs, comme si le monde était encore celui de la guerre froide et n’avait pas entamé - de manière inexorable - son déport vers l’Est. Ce n’est pas un hasard si ce coup fourré intervient au moment où Trump défie Moscou dans l’Est syrien, déclenche une guerre commerciale avec la Chine et nomme ce fou furieux de John R. Bolton comme conseiller à la sécurité nationale.

    • L’escroquerie continue en GB ! NRobin
      https://francais.rt.com/international/53724-skripal-police-britannique-lance-mandat-arret-deux-ressortissants
      Skripal : les noms des « suspects russes » publiés par Londres sont inconnus de Moscou
      5 sept. 2018
      https://cdni.rt.com/french/images/2018.09/article/5b8fb2a509fac21c078b4567.jpg
      Les enquêteurs britanniques chargés de l’affaire Skripal ont émis un mandat d’arrêt européen à l’encontre de deux suspects, Alexander Petrov et Ruslan Boshiro. Moscou dit n’avoir pas connaissance de ces deux noms et appelle à la coopération.

      Ce 5 septembre, les autorités britanniques accusent Alexander Petrov et Ruslan Boshiro, deux ressortissants russes selon Londres, d’avoir commis trois tentatives de meurtre dans l’affaire Skripal à l’encontre de l’ex-agent double Sergueï Skripal, sa fille Ioulia et un agent de police britannique.

      Selon les déclarations de la police britannique, qui a émis un mandat d’arrêt européen contre les deux suspects, ceux-ci voyageaient avec d’authentiques passeports russes et étaient arrivés au Royaume-Uni quelques jours avant l’empoisonnement des Skripal qui a eu lieu en mars.
      Moscou appelle à cesser la « manipulation de l’information »
      Lire aussi
      Drapeaux russe et américain Skripal : 5 mois plus tard, l’absence de preuves contre Moscou n’arrête toujours pas les accusations

      « Les noms et les photographies qui ont été publiés dans les médias ne nous disent rien », a réagi la porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova, citée par l’agence de presse publique TASS.

      Elle a ensuite ajouté : « Une nouvelle fois, nous appelons les Britanniques à cesser les accusations publiques et la manipulation de l’information. » Moscou a en outre regretté être tenu à l’écart de l’enquête, estimant que celle-ci nécessiterait une analyse minutieuse ainsi qu’une « coopération pragmatique » entre Londres et Moscou.
      Londres dit avoir « suffisamment de preuves »

      De son côté, la police britannique affirme avoir « suffisamment de preuves » pour inculper les deux suspects. Neil Basu, chef de l’antiterrorisme britannique, a affirmé : « Des tests ont été menés dans la chambre d’hôtel où les suspects ont résidé. Deux prélèvements montrent une contamination au [produit neurotoxique] Novitchok. »

      Interrogé sur le fait de savoir si les deux suspects étaient des « agents russes », Neil Basu a botté en touche, lançant un appel : « Nous aimerions entendre toute personne qui les connais. »

      Néanmoins, le Premier ministre britannique Theresa May, cité par l’AFP, a déclaré que l’attaque chimique avait été organisée par le renseignement militaire russe. « Le gouvernement a conclu que ces deux individus [...] sont des officiers des services de renseignement militaires russes, le GRU », a-t-elle dit devant les députés britanniques.

      Les autorités ont déclaré qu’elles n’allaient pas remplir de demande d’extradition pour ces deux suspects pour le moment. Cependant, un mandat d’arrêt européen a été émis et si les suspects étaient interpellés en Europe, ils seraient déférés à la justice britannique.

      Pour mémoire, l’affaire Skripal a débuté au mois de mars 2018 lorsqu’un ex-agent double et sa fille ont été empoisonnés dans la ville de Salisbury au Royaume-Uni. Le dossier a connu un retentissement international lorsque le gouvernement britannique a dénoncé l’implication supposée de Moscou. La fédération russe a quant à elle toujours nié toute implication dans cette affaire.

      Lire aussi : Skripal : Washington accuse Moscou d’être responsable de l’empoisonnement et annonce des sanctions