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علمني ابي رحمه الله ان الطمع يفسد الطبع

  • YA LATIF : Mot-clé pour ne pas sombrer ! - Le journal de Personne
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    YA LATIF : Mot-clé pour ne pas sombrer !

    Billet comportant le(s) mot(s) clé(s) croyant devise Emeline Becuwe éthique infoscenari lejournaldepersonne Morale musulman prière prophète Saint Augustin Shakespeare sort universel ya latif et publié le 13 octobre 2018 par le journal de Personne
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    Nous autres français on pratique pas ou mal l’arabe.

    On sait ce que c’est qu’un « KIF », le substantif qui fait plaisir ; le verbe « KIFFER » comme pour se donner du plaisir ou le composé : « KIF-KIF » qu’on utilise juste pour dire qu’on est pas « KIF-KIF » et c’est définitif...

    Je vais essayer d’enrichir ce petit vocabulaire en disant « YA LATIF ».

    C’est quelqu’un du RIF qui m’a communiqué un jour, cet indicatif ou cet impératif : qu’il faut toujours dire « YA LATIF » pour ne pas se casser le pif. C’est une question d’adresse, de sagesse élémentaire pour se prémunir contre l’ironie du sort, le retour de bâton ou la chute des graves... Cette devise se retrouve dans toute morale bien comprise. Ici comme ailleurs, elle est reprise sous forme de dicton, qui dit qu’il ne faut jamais dire : Rivière, je ne boirai pas de ton eau... Parce qu’on ne sait jamais...

    Le sort est souvent mal rivé, donc, tout peut arriver.

    Shakespeare le dramatise à la perfection dans son expression : qu’il ne faut jurer de rien. Le sage musulman ne dit pas seulement en disant « YA LATIF » qu’il ne faut pas jeter la pierre sur l’autre lorsqu’il exagère mais faire carrément une petite prière en disant « YA LATIF ».

    Adresser un appel au seigneur, non seulement, pour que le sort te préserve, mais aussi et surtout pour qu’il abrège ou allège la peine de celui qui voit le ciel lui tomber sur la tête.

    Tu as peur, mais ta peur a du cœur, passion mêlée de compassion. Piété éprise de pitié. Tant mieux !

    « YA LATIF » se dit chez les musulmans pour que l’incroyable ne décime pas tous les croyants, les enfants du ciel. Volonté d’être épargnés par le mauvais sort : le cataclysme, la catastrophe mais aussi le remords. Comme si je te disais que le mal, il faut le regretter tout de suite, pour ne pas avoir à le regretter.

    « YA LATIF » devient par la force des choses, l’impératif catégorique de toute bonne morale, gravé sur le portique de toute éthique : « Ne souhaite aux autres, ce que tu ne souhaites pas toi-même pour toi-même » ça cesse d’être égocentrique ou égoïste pour devenir empathique et altruiste. Pour que le ciel ne te tombe pas sur la tête, il ne faut pas qu’il tombe sur la tête des autres non plus.

    « YA LATIF », prière individuelle, mais qui tend et prétend à l’universel. Et comme le suggère le prophète : Un homme, c’est l’humanité toute entière. C’est simple comme un coup de fil : Pour ne pas voir ou avoir mal, il ne faut pas le souhaiter à ton rival. Ne jamais se réjouir de la paille que tu vois dans l’œil de l’autre, sous peine d’avoir une entaille dans le tien.

    « Aime et fais ce que tu veux » dit Saint-Augustin, pour dire « YA LATIF » ou pour dire qu’il n’est pas naïf.