• http://www.webcontentspinning.com/note-sur-les-metamorphoses-numeriques

    Comment se fait-il que l’Homme se transforme en objet (réification) et l’objet en sujet ? Quelle part de cet organique permet de l’assimiler à l’artefact et comment ce mouvement fonctionne-t-il dans les deux sens ? Subjectiver la machine tout en objectivant le sujet, voilà un imaginaire puissant des techniques de pouvoirs. C’est sur cette toile de fond que les notes suivantes, parfois éparpillées, prennent position.



  • L’anthropométrie judiciaire et la biométrie remontent à Alphonse Bertillon en 1879 et s’inscrit dans le développement de la biopolitique. Le bertillonnage d’abord appliqué aux criminels récidivistes fut ensuite élargi aux fous et aux étrangers. Aujourd’hui le bertillonnage numérique implique la totalité de la population pour savoir « où est Charlie », l’anomalie statistique révélant la déviance comportementale (pénale… mais aussi morale, politique, religieuse ?)… L’interprétation biométrique s’appuie en partie sur les travaux de Quetelet de 1844 et l’invention de la notion « d’homme moyen », autrement dit « conforme » à la « statistique morale ».
    Le dispositif de contrôle criminel ayant fait ses preuves, il apparut naturel de l’étendre d’abord aux « déviants » les plus singuliers puis à l’ensemble de la population, ce dont nous récoltons les fruits par pleins paniers aujourd’hui.
    A l’occasion de l’inauguration du Precob (référence non voilée aux Precogs de Minority Report) allemand en 2014, les deux inventeurs eurent cette phrase si poétique : « les assassinats sont le plus souvent commis en famille ou entre gens qui se connaissent. Les vols par contre sont effectués selon des critères nettement plus rationnels et de façon organisée ».
    On peut s’attendre à ce que le non-usage des technologies devienne en lui-même une revendication politique de plus en plus pertinente. Aujourd’hui objet d’étude naissant, le non-usage technologique pourrait devenir rapidement un délit, ce qu’il est déjà en partie.