NRobin

Chargée d’Etudes Nantes / AMD

  • Sixième extinction de masse : un million d’espèces seraient menacées
    https://www.nationalgeographic.fr/animaux/2019/04/sixieme-extinction-de-masse-un-million-despeces-seraient-menacees

    https://ecp.yusercontent.com/mail?url=https%3A%2F%2Fwww.nationalgeographic.fr%2Fsites%2Ffrance%2Ffiles%2Fstyles%2Fimage_470%2Fpublic%2F01-grasslands-hostile-planet.jpg&t=1556568142&ymreqid=57eab341-f822-730e-1c6c-be000101f200&sig=JWDtANR4__XoWckOc0HJuw--~C

    Une lionne attaque une gazelle dans le parc national Hwange du Zimbabwe. Les populations de lion à travers l’Afrique ont chuté de 80 % au cours du siècle dernier, en grande partie à cause des chasses légale ou illégale. Il reste toutefois une lueur d’espoir. Dans les habitats soigneusement gérés, comme le parc national de Gorongosa, les populations de lions prospèrent.
    PHOTOGRAPHIE DE PETE OXFORD, NATURE PICTURE LIBRARY

    L’ONU travaille sur un rapport concernant l’état de la biodiversité mondiale depuis 15 ans. Si les travaux sont sur le point d’aboutir, les chiffres déjà énoncés donnent le vertige : près d’un million d’espèces sont aujourd’hui menacées d’extinction.Vendredi, 26 avril
    De Arnaud Sacleux

    C’est un rapport de 1 800 pages que l’ONU est en train d’achever. 150 experts issus de 50 pays différents ont évalué 8 millions d’espèces dans le monde dans un rapport qui sera transmis fin avril aux décideurs de la plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES). Ils se réuniront du 29 avril au 4 mai pour discuter ligne à ligne de ce texte.

    Certains scientifiques avancent que cet état des lieux est aussi inquiétant que les prévisions sur le changement climatique ; selon un résumé du projet obtenu par l’AFP daté de janvier, notre planète connait une accélération rapide et imminente du taux d’extinction de ses espèces. « Un demi-million à un million d’espèces devraient être menacées d’extinction, dont beaucoup dans les prochaines décennies » précise-t-il. Une disparition qui aura un impact direct sur l’équilibre de l’écosystème, l’Homme et son économie.

    CE QUE L’ON SAIT SUR L’ÉTAT DE LA FAUNE

    Selon le texte, notre planète en est au début de sa sixième extinction de masse. La sixième mais la première à attribuer à l’Homme qui a déjà condamné près de 680 espèces de vertébrés depuis 500 ans. Quelques jours avant sa sortie, basé sur l’analyse des vertébrés ainsi que d’autres espèces moins étudiées comme les insectes, avec près de 5,5 millions d’espèces examinées, le rapport de l’ONU fait donc écho aux multiples alertes lancées par les chercheurs et scientifiques du monde entier depuis plusieurs années.

    https://ecp.yusercontent.com/mail?url=https%3A%2F%2Fwww.nationalgeographic.fr%2Fsites%2Ffrance%2Ffiles%2Fstyles%2Fimage_470%2Fpublic%2F1-ouverture-54422.jpg&t=1556568142&ymreqid=57eab341-f822-730e-1c6c-be000101f200&sig=7zVzP7OMqxJGVxApQo8hNw--~C

    Récemment, le requin-taupe, le requin le plus rapide au monde, a été placé sur la liste des espèces « en voie d’extinction »de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) à cause de la surpêche. Huit espèces d’oiseaux ont disparu ces 10 dernières années, les mines de saphir à Madagascar ont condamné les lémuriens à l’extinction, des amphipodes vivant à plus de 9 km sous la surface des océans ont été retrouvés avec du plastique dans les entrailles et en juin 2016, le Melomys Rubicola a été reconnue comme étant la première espèce à s’éteindre à cause du réchauffement climatique.

    Les insectes, pourtant moins étudiés que les vertébrés, sont en tête de liste. « 41 % des espèces sont en déclin, soit deux fois plus que pour les vertébrés » avance Jérôme Murienne, biologiste et chercheur au CNRS qui se base sur une étude publiée dans la revue Science.

    QUELLES CONSÉQUENCES ?

    Dans un monde de plus en plus peuplé, ces disparitions ne seront pas sans conséquences et « si nous voulons une planète durable qui fournit des services aux communautés autour du monde, nous devons changer de trajectoire dans les 10 prochaines années, comme nous devons le faire pour le climat » souligne à l’AFP Rebecca Shaw, scientifique en chef de WWF.
    https://ecp.yusercontent.com/mail?url=https%3A%2F%2Fwww.nationalgeographic.fr%2Fsites%2Ffrance%2Ffiles%2Fstyles%2Fimage_470%2Fpublic%2F04-grasslands-hostile-planet.jpg&t=1556568142&ymreqid=57eab341-f822-730e-1c6c-be000101f200&sig=FfJWeU6H4KtjUO35no1qOA--~C

    L’eau potable, les forêts absorbant le CO2, les insectes pollinisateurs nécessaires aux cultures, l’abondance de poissons, tout a un impact direct sur l’Homme. Nourriture, énergie, médicaments, « les apports que les gens tirent de la nature sont fondamentaux pour l’existence et la richesse de la vie humaine sur Terre et la plupart d’entre eux ne sont pas totalement remplaçables » avertit le rapport.

    Plus de deux milliards de personnes dépendent du bois pour l’énergie, quatre milliards utilisent une médecine naturelle et 75 % des cultures ont besoin d’être pollinisées par des insectes. « De nombreuses plantes, dont beaucoup de plantes cultivées, ont besoin d’insectes pour se reproduire. Un déclin des insectes aura donc des conséquences néfastes sur notre agriculture » acquiesce Jérôme Murienne.

    Le changement climatique, à l’instar de la dégradation de notre écosystème, sont des sujets à prendre au sérieux. Pas seulement pour l’environnement, mais pour des questions économiques et de développement. Le patron de l’IPBES Robert Watson, qui fera partie du groupe de décision début mai, appelle d’ailleurs à une transformation globale et rapide de la production alimentaire et énergétique si l’on souhaite inverser la tendance.

    Les responsables de cette extinction qui se profile sont les activités humaines ; l’utilisation des terres en termes d’agriculture, d’exploitation forestière ou de forage ainsi que l’exploitation directe des ressources naturelles. On parle notamment de surpêche et de chasse. D’autres facteurs viennent compléter le tableau : le réchauffement climatique, la pollution et les espèces invasives. Ces activités ont gravement altéré « 40 % de l’environnement marin et la moitié des cours d’eau » explique le résumé.

    https://ecp.yusercontent.com/mail?url=https%3A%2F%2Fwww.nationalgeographic.fr%2Fsites%2Ffrance%2Ffiles%2Fstyles%2Fimage_470%2Fpublic%2F01-wildlife-photo-year-marsel-van-oosten---wildlife-photographer-of-the-year.jpg&t=1556568142&ymreqid=57eab341-f822-730e-1c6c-be000101f200&sig=J1SAVs2fGWhH5QwyCjaYwQ--~C
    Le photographe hollandais Marsel van Oosten a remporté le grand prix du concours avec cette photo de rhinopithèques de Roxellane, une espèce menacée d’extinction en Chine.

    https://www.nationalgeographic.fr/sites/france/files/styles/image_1900/public/02-wildlife-photo-year-skye-meaker---wildlife-photographer-of-the-year.jpg
    Skye Meaker, 16 ans, a été nommé Jeune photographe animalier de l’année pour cette image d’un léopard nommé Mathoja, photographié au réveil dans la réserve de chasse de Mashatu, au Botswana.


  • RT France
    Roger Waters, des Pink Floyd, évoque le boycott d’Israël et l’obsession de la Russie (INTÉGRAL)
    https://www.youtube.com/watch?v=4w-g-KEQv88


    Dans l’interview exclusive qu’il a donnée à RT, le célèbre musicien a parlé de son implication dans le mouvement de soutien à la Palestine, Boycott Désinvestissement Sanctions et de l’obsession qu’ont les Etats-Unis pour la Russie. Consultez la version intégrale de l’interview

    • Roger Waters – The Guardian – 17 avril 2019

      Tant que le gouvernement israélien n’aura pas reconnu le droit des Palestiniens à l’autodétermination, les artistes doivent rester à l’écart.
      https://ecp.yusercontent.com/mail?url=http%3A%2F%2Fwww.agencemediapalestine.fr%2Fwp-content%2Fuploads%2F2019%2F04%2FRoger-Waters-Madonna-e1555598624476.jpg&t=1556568168&ymreqid=57eab341-f822-730e-1c6c-be000201f200&sig=Omakm4243OWGpslJ.5GVug--~C
      « J’exhorte tous les jeunes candidats – en fait, tous les jeunes gens, en fait tout le monde, les jeunes comme les moins jeunes, ce qui inclut Madonna – à lire la Déclaration des droits de l’homme des Nations-Unies. » (Photo : Jeff Fusco/Getty Images)

      L’acceptation par Madonna d’une invitation à se produire à Tel Aviv à la finale du Concours Eurovision de la chanson en mai soulève, une fois encore, des questions éthiques et politiques de fond importantes sur lesquelles chacune et chacun d’entre nous doivent réfléchir.

      En 1948 à Paris, les Nations-Unies alors naissantes ont fait l’avant-projet, par la suite adopté, d’une Déclaration universelle des droits de l’homme, qui est consacrée par le droit international et selon laquelle tous nos frères et sœurs du monde entier, sans distinction de leur origine ethnique ou nationalité ou religion, ont des droits humains fondamentaux, incluant mais sans s’y limiter, le droit à la vie, à la liberté et à l’autodétermination.

      La question que nous devons donc tous nous poser est la suivante : suis-je d’accord avec la Déclaration des Nations-Unies ?

      Si à cette question, vous répondez oui, alors une deuxième question se pose : suis-je prêt à défendre mon soutien aux droits humains et à agir en conséquence ? Vais-je aider mes frères et mes sœurs dans leur lutte pour les droits humains, ou vais-je franchir la ligne et marcher de l’autre côté ?

      Dans le contexte de la conversation en cours sur le lieu de la phase finale de l’Eurovision et la participation de Madonna et des autres artistes, les frères et sœurs dont il est question c’est le peuple de la Palestine, qui vit sous un régime d’occupation, d’apartheid, profondément répressif et qui ne jouit pas du droit à la vie, à la liberté et à l’autodétermination.

      Revenons à 2004, où la société civile palestinienne a appelé à l’aide le reste du monde et, entre autres, fixé une ligne de protestation culturelle, demandant aux artistes de s’abstenir de se produire en Israël tant que le gouvernement israélien n’aura pas reconnu le droit des Palestiniens à l’autodétermination. Depuis, j’ai répondu à leur appel et j’ai fait ce que je pouvais pour persuader les autres de faire de même.

      Certains de mes collègues musiciens qui se sont récemment produits en Israël disent avoir agi ainsi pour construire des ponts et faire avancer la cause de la paix. Des conneries tout ça. Se produire en Israël c’est un concert lucratif mais qui permet de normaliser l’occupation, l’apartheid, le nettoyage ethnique, l’incarcération des enfants, le massacre de manifestants non armés… tout ce qui est néfaste.

      D’ailleurs, parce que je soutiens les droits humains et que je critique le gouvernement israélien pour ses violations, je suis régulièrement accusé d’être un antisémite. Cette accusation peut servir d’écran de fumée afin de détourner l’attention et discréditer ceux qui mettent en lumière les crimes contre l’humanité commis par Israël. Je tiens à souligner que je soutiens le combat pour les droits humains de tous les peuples opprimés, partout dans le monde. La religion de l’oppresseur n’est pas en cause. Si je soutiens les Rohingyas et déplore leur persécution par le Myanmar, cela ne fait pas de moi un antiboudhiste.

      Je suis convaincu que l’avenir de la race humaine dépendra largement de notre capacité à développer notre aptitude à nous identifier à l’autre, et non celle à les opprimer et à les contrôler. Nous ne pouvons pas nous permettre de régresser vers la période sombre, quand la puissance signifiait le droit. Nous valons mieux que cela, n’est-ce pas ?

      Je suis bien conscient qu’ainsi je demande à tous ceux qui sont impliqués dans ce que je vois comme une trahison de l’Eurovision de notre humanité commune de se concentrer sur leur aptitude à s’identifier à leurs frères et sœurs palestiniens.

      Pour essayer de se mettre eux-mêmes à cette place. Pour essayer d’imaginer que, pendant 70 ans, génération après génération, vous vous éveillez chaque matin devant le pillage systématique, insidieux, de la vie de votre peuple. Et eux, qui ont gardé la tête haute et ont résisté avec beaucoup de courage, de détermination et de persévérance, ils nous ont sollicités, nous les « cœurs sensibles et les artistes », pour que nous les aidions. Nous avons tous, à mon avis, l’obligation morale et humaine absolue, en tant qu’êtres humains, de répondre à leur appel.

      Ma maman, essayant maternellement de me guider dans ma jeunesse, me disait toujours : « Roger, dans n’importe quelle situation donnée, il y a presque toujours une chose juste à faire ; il suffit de bien y réfléchir, quelle qu’elle puisse être, de considérer tous les points de vue, puis de décider pour toi-même ce qui est juste de faire, et de le faire ».

      J’exhorte tous les jeunes candidats – en fait, tous les jeunes gens, en fait tout le monde, les jeunes comme les moins jeunes, ce qui inclut Madonna – à lire la Déclaration des droits de l’homme des Nations-Unies. Elle a été traduite en 500 langues pour que chacun puisse s’instruire lui-même de ses 30 articles. Si nous tous, nous les respectons, alors nous pouvons encore sauver notre merveilleuse planète de sa destruction imminente.

      Roger Waters est membre fondateur du groupe de rock Pink Floyd.

      Traduction : JPP pour l’Agence Média Palestine

      Source : The Guardian


  • Une cure de désintoxication politique...N Robin

    Après le boulot, je regarde Plus belle la vie sur France 3 (ça se passe à Marseille,) j’enchaîne avec Un si grand soleil sur France 2 (ça se passe à Montpellier).

    Ca fait du bien et on y traite tous les sujets d’actualité ! Quand on s’y intéresse de près, on constate que c’est de l’authentique et on finit par ne plus s’en passer !

    Bipolarité :
    https://www.france.tv/france-3/plus-belle-la-vie/plus-belle-la-vie-saison-15/957557-plus-belle-la-vie.html
    https://s.yimg.com/ny/api/res/1.2/aH0BY4zNX7YGz.2XLDLb3Q--~A/YXBwaWQ9aGlnaGxhbmRlcjtzbT0xO3c9ODAw/http://media.zenfs.com/fr-FR/homerun/allocine.fr/e37cf90becbf56a0d378b4beae734751

    https://www.france.tv/france-2/un-si-grand-soleil/un-si-grand-soleil-saison-1/982755-un-si-grand-soleil.html
    https://www.nouveautes-tele.com/wp-content/uploads/2018/07/UNSIGRANDSOLEIL_preview-2b.jpg
    https://www.nouveautes-tele.com/wp-content/uploads/2018/07/UNSIGRANDSOLEIL_preview-3c.jpg
    https://www.nouveautes-tele.com/wp-content/uploads/2018/07/UNSIGRANDSOLEIL_preview-12.jpg

    Puis il y a eu Philarmonia, saison 1
    Philharmonia est une plongée lumineuse au cœur des passions artistiques et amoureuses, des rêves et des egos sublimés par la musique classique
    https://www.france.tv/france-2/philharmonia
    http://fr.web.img6.acsta.net/r_1920_1080/pictures/18/12/31/12/10/1557642.jpg

    Et maintenant, il y a Capitaine Marleau (gilet jaune). Mais j’adore !
    Ca se passe en Alsace...
    https://www.france.tv/france-3/capitaine-marleau/saison-1/297043-brouillard-en-thalasso.html
    https://scontent-cdt1-1.xx.fbcdn.net/v/t31.0-8/14047178_551307428400946_5554554779865958188_o.jpg?_nc_cat=102&_nc_ht=scontent-cdt1-1.xx&oh=5448d4f73c8b577864e20f401eb34256&oe=5D639149

    Qui a dit que les séries françaises étaient nulles ? Surtout lorsqu’elles ne font pas du copié-collé américain !


  • Zineb SEDIRA, artiste de la mémoire algérienne

    Elles@centrepompidou - Zineb Sedira - Ina.fr
    https://fresques.ina.fr/elles-centrepompidou/fiche-media/ArtFem00207/zineb-sedira.html

    L’artiste Zineb Sedira parle de son travail sur le voile. On la voit dans son atelier, à Londres. Elle feuillette un livre de cartes postales présentant des femmes voilées. Certaines de ses oeuvres sont présentées dans une exposition.

    Zineb Sedira — Wikipédia
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Zineb_Sedira
    Zineb Sedira est une artiste britannique d’origine française et algérienne, née à Paris le 1er avril 19631. Elle vit à Londres et travaille entre Alger, Londres et Paris

    https://www.youtube.com/watch?v=A1_IQQ1VTic

    Zineb Sedira was born in Paris to Algerian parents, and moved to London to study art. Her works are often autobiographical, addressing issues of cultural identity and the personal consequences of migration. In Mother Tongue (2002) the artist appears alongside her mother and daughter to show the shifts in cultural identities that have happened within her own family. More recent works include Shipwrecks (2008), highlighting the dangers of transit and immigration, and Sugar Routes (2013), documenting the movement of a global commodity.

    Zineb Sedira – ‘The Personal is Political’ | TateShots
    http://www.kamelmennour.com/fr/artistes/65/zineb-sedira.oeuvres-et-projets.html

    Zineb Sedira was born in Paris to Algerian parents, and moved to London to study art. Her works are often autobi...

    Zineb Sedira - Artistes - galerie kamel mennour, 75006 Paris
    http://www.kamelmennour.com/fr/artistes/65/zineb-sedira.oeuvres-et-projets.html

    Zineb Sedira, artiste de la mémoire algérienne
    https://www.lemonde.fr/m-le-mag/article/2018/11/30/zineb-sedira-artiste-de-la-memoire-algerienne_5390867_4500055.html
    La plasticienne expose à Paris une série consacrée aux attentats islamistes qui frappèrent des journalistes et caricaturistes en Algérie dans les années 1990.
    Par Roxana Azimi



  • Interdit d’interdire !
    L’antisionisme et l’antisémitisme excellemment expliqués par Rony Brauman et Michèle Sibony chez Taddéï.
    Très bonne question de Michèle Sibony : « Qu’est-ce qui produit l’antisémitisme en France ? »
    NRobin

    https://francais.rt.com/magazines/interdit-d-interdire/59319-interdit-d-interdire-antisionisme-est-il-antisemitisme-comme-les-

    Interdit d’interdire : L’antisionisme est-il un antisémitisme comme les autres ?

    Frédéric Taddeï reçoit Rony Brauman, Aurélien Enthoven, Georges-Elia Sarfati, Martine Gozlan et Michèle Sibony

    Avec Rony Brauman, ancien président de Médecins Sans Frontières, Aurélien Enthoven, youtubeur, Georges-Elia Sarfati, professeur des universités, psychanalyste, Martine Gozlan, rédactrice en chef à Marianne et écrivain ainsi que Michèle Sibony, ancienne vice-présidente de l’Union Juive Française pour la Paix (UJFP)

    • Je viens de voir qu’Aurélien Enthoven est le fils de Carla Bruni !
      Je comprends mieux ses positions ! NRobin

      Aurélien Enthoven, né le 21 juillet 2001, est un vidéaste et militant politique français.

      Fils de Carla Bruni et Raphaël Enthoven, il est connu pour sa chaîne YouTube, M - Gigantoraptor, qui traite principalement des dinosaures, des animaux et de la théorie de l’évolution. Il milite par ailleurs à l’Union populaire républicaine...
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Aur%C3%A9lien_Enthoven


  • 19/02/2019 / Sionisme = antisémitisme

    Je pense personnellement que cette escroquerie des lobbies sionistes, de connivence avec le pouvoir de Macron, pourrait nuire gravement à la communauté juive de France et d’ailleurs. Brouiller les pistes en taxant les français d’antisémites (qui ne le sont pas) et instrumentaliser l’antisémitisme quasi inexistant (l’être humain ne naît pas antisémite) et vouloir le faire passer à tout prix pour de l’antisionisme à des fins politiques, pour les intérêts de quelques partis, est immonde et insupportable ! En jouant la stratégie de l’amalgame, ces groupuscules sionistes (des psychopathes ?) se rendent-ils compte qu’ils prennent le risque de fabriquer de l’antisémitisme et pour de vrai ?

    J’espère que la communauté juive antisioniste réagira à la hauteur de l’enjeu et de la gravité de la situation !

    Les gilets jaunes, les français en général et les sociétés civiles de la communauté internationale, ne me semblent ni antisémites ni islamophobes. En France, au vu des évènements passés et ceux d’aujourd’hui et si on considère le soutien des intellectuels sionistes, pro-sionistes et des lobbies sionistes de droite ou de gauche ou d’extrême droite, à la colonisation israélienne et à toutes les politiques de guerres menées par le complexe militaro-industriel occidental depuis quelques années, que ce soit dans le monde arabo-musulman, en Afrique, en Amérique latine, en Yougoslavie et ailleurs, ils deviennent (et je le suis) antisionistes.

    Les musulmans auraient dû sortir dans la rue en masse pour dénoncer l’"islamisme" ou, en des termes plus justes, le terrorisme musulman qui sévit en leur nom et ils ne l’ont pas fait !!! On pouvait craindre pourtant des conséquences dramatiques...

    Les juifs de France et d’ailleurs devraient tout de même se manifester et se mobiliser, pas seulement via les réseaux sociaux, pour dénoncer ce fléau de l’idéologie sioniste qui s’exprime en leur nom.

    Il n’est pas trop tard pour bien faire. Il faut arrêter cette gangrène et vite !

    Et puis si tous les évènements sont rattrapés par le conflit israélo-palestinien, il faudra bien un jour que les emmurés commencent à décoloniser et à penser la paix pour les générations futures et celles de leurs voisins !

    NRobin

    Le 18/02/2019, par Pierre Stambul [CollectifNationalPaixJusteDurablePalestiniensIsraeliens] :

    Nous sommes juifs et nous sommes antisionistes
    Nous sommes juifs, héritiers d’une longue période où la grande majorité des Juifs ont estimé que leur émancipation comme minorité opprimée, passait par l’émancipation de toute l’humanité.
    Nous sommes antisionistes parce que nous refusons la séparation des Juifs du reste de l’humanité.
    Nous sommes antisionistes parce la Nakba, le nettoyage ethnique prémédité de la majorité des Palestiniens en 1948-49 est un crime qu’il faut réparer.
    Nous sommes antisionistes parce que nous sommes anticolonialistes.
    Nous sommes antisionistes par ce que nous sommes antiracistes et parce que nous refusons l’apartheid qui vient d’être officialisé en Israël.
    Nous sommes antisionistes parce que nous défendons partout le « vivre ensemble dans l’égalité des droits ».
    Au moment où ceux qui défendent inconditionnellement la politique israélienne malgré l’occupation, la colonisation, le blocus de Gaza, les enfants arrêtés, les emprisonnements massifs, la torture officialisée dans la loi …
    préparent une loi liberticide assimilant l’antisémitisme qui est notre histoire intime à l’antisionisme,

    Nous ne nous tairons pas.



  • Le Soir (le grand quotidien belge) : L’ancien Président de l’Equateur exilé en Belgique, s’exprime sur le Venezuela.

    Tout est dit sur le Venezuela en particulier et l’Amérique latine en général !
    NRobin

    Rafael Correa : « Il y a une indignation sélective sur le Venezuela »

    Mis en ligne le 9/02/2019 à 06:00

    https://plus.lesoir.be/sites/default/files/dpistyles_v2/ena_16_9_extra_big/2019/02/08/node_205646/26109219/public/2019/02/08/B9718515265Z.1_20190208171159_000+G8DCUC4UG.2-0.jpg?itok=N82naZpu

    Par Véronique Kiesel

    La tension monte au Venezuela, de nombreux pays ayant reconnu Juan Guaido, autoproclamé président face à Nicolas Maduro. Nous avons demandé à Rafael Correa sa lecture de cette crise. Il s’exprime aussi sur les pays d’Amérique latine et sur son exil.

    https://plus.lesoir.be/205646/article/2019-02-09/rafael-correa-il-y-une-indignation-selective-sur-le-venezuela

    Rafael Correa a été pendant 10 ans président de l’Equateur, menant une politique de gauche, axée sur le social. Il vit désormais en Belgique, pays d’origine de sa femme, rencontrée pendant leurs études à Louvain-la-Neuve.

    Pour vous, qui est président du Venezuela ?

    Nicolas Maduro, évidemment. Comment peut-on dire autre chose ? Il a gagné les élections en mai de l’an dernier, j’étais là comme observateur. Personne ne peut questionner la transparence des élections. Mais l’opposition n’a pas voulu y participer.

    La plupart des candidats de l’opposition ont été interdits de participation, il est difficile de parler d’élections démocratiques…

    L’opposition ne s’est pas mise d’accord parce qu’elle est fortement divisée. Elle savait que, faute d’unité, elle allait être vaincue. Et il y a eu des candidats d’opposition qui se sont présentés. Maduro a gagné l’élection avec 67 % des voix, avec une participation de 46 %. Mais, quoi qu’il en soit, quel est l’article de la constitution qui dit qu’on peut soutenir quelqu’un qui s’autoproclame président ? Demain, je proclame Hillary Clinton présidente des Etats-Unis, parce qu’elle a eu plus de voix, et les Etats-Unis doivent m’obéir ? C’est de la folie ! La question n’est pas de savoir si on aime bien Maduro ou pas, mais de voir si la Constitution permet de reconnaître un autre président. Et c’est non. Ce qui se passe est tout à fait contraire au droit international. Les Etats-Unis ont conspiré avec leurs alliés de Colombie et du Brésil pour faire surgir Juan Guaido. Ils ne font pas cela pour la démocratie, sinon, pourquoi ne réclament-ils pas plus de démocratie en Arabie Saoudite ? On est en plein double standard ! Ce qui intéresse les responsables américains, c’est les immenses réserves de pétrole du Venezuela.

    En attendant, le peuple vénézuélien vit de façon misérable, avec des pénuries terribles, et il y a cette aide humanitaire qui arrive…

    Je suis allé récemment sur place, et bien sûr qu’il y a une crise, avec des pénuries, mais ce n’est pas une vraie crise humanitaire. Il faut être prudent, car selon le droit international, il y a dans ce cas un droit d’ingérence. Il est clair qu’il y a des problèmes économiques au Venezuela, dus notamment à la chute des prix du pétrole, mais au lieu d’essayer de les résoudre, les États-Unis les ont aggravés en imposant de multiples sanctions, qui ont compliqué l’achat de vivres et de médicaments. On est en pleine hypocrisie ! Les USA annoncent 20 millions d’aide humanitaire, mais ils viennent de saisir des millions de dollars dus au Venezuela pour ses ventes de pétrole. Ils sont en train d’envoyer des convois de camions aux frontières de la Colombie et du Brésil avec le Venezuela, accompagnés par les forces armées de ces pays. C’est de la provocation : un tir qui se perd pourrait déclencher un conflit très violent. C’est aussi dangereux qu’irresponsable. Et la propagande dit : Maduro ne laisse pas entrer l’aide humanitaire !

    Lire aussi
    Au Venezuela, l’aide humanitaire américaine est aussi un piège pour Maduro

    L’armée des États-Unis pourrait intervenir ?

    Pas directement, car cela coûterait trop cher. Mais ils ont de nouvelles tactiques : créer d’autres conflits, pour éviter des victimes américaines. Par exemple le Brésil et la Colombie contre le Venezuela. Or l’armée brésilienne est la plus puissante de toute l’Amérique latine. Et l’armée colombienne est la troisième, après celle du Mexique, grâce à l’argent du Plan Colombia, cette aide américaine massive théoriquement destinée à lutter contre le trafic de drogue. Les USA pourraient bombarder, envoyer des missiles pour détruire des bases militaires au Venezuela. S’il devait y avoir une intervention armée, cela déclencherait certainement une guerre civile, car Maduro et ses supporters ne vont pas se laisser faire. Il est faux de croire qu’il n’a plus de partisans : aux élections législatives de 2015 qu’il a perdues – elles étaient donc forcément représentatives ! – le chavisme a quand même obtenu 33 %. A la présidentielle de l’an dernier, quand on croise les résultats et la participation, on voit que 30 % des gens ont voté pour lui.

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    Que pensez-vous de l’attitude des pays membres de l’Union européenne qui ont massivement reconnu le président du parlement Juan Guaido comme président de la république ?

    Je suis très déçu car il s’agit d’un précédent terrible. Demain, si je n’aime pas un gouvernement de l’Amérique latine, alors je dis que les élections n’ont pas été transparentes et je reconnais n’importe qui comme président ! Dans mon pays, en Equateur, le nouveau pouvoir a organisé un référendum qui n’était pas constitutionnel pour m’empêcher de jamais pouvoir me représenter, et l’UE n’a rien dit ! C’est sélectif, il s’agit d’une morale de convenance. Ceci va passer à l’histoire comme un moment vraiment honteux. Voir l’Espagne ou le Parlement européen reconnaître Guaido, c’est terrible, incroyable ! Heureusement, la représentante de la diplomatie de l’UE, Federica Mogherini, a une position plus neutre, elle essaie d’arranger les choses, d’éviter un conflit. On verra si ce Groupe de contact, qui réunit une délégation de pays d’Europe et d’Amérique latine arrive à quelque chose.

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    Les Etats européens qui ont reconnu Juan Guaido ont-ils été bien inspirés ?

    Que faut-il faire face à une situation si compliquée ?

    Il faut laisser les Vénézuéliens résoudre leurs problèmes entre eux ! Ils pourraient avancer les élections, pourquoi pas, mais ce sont les Vénézuéliens qui doivent en discuter, pas les États-Unis, ni les Européens ni même les pays d’Amérique latine.

    Mais selon l’opposition, Maduro a fait échouer toute tentative de dialogue…

    C’est plutôt le contraire. J’ai parlé longuement avec José Luis Rodriguez Zapatero, ex-président du gouvernement espagnol, qui a tenté une médiation entre le pouvoir et l’opposition à Caracas. Il m’a expliqué que l’opposition a une grande responsabilité dans la non-réussite de ces discussions car elle veut l’échec, elle recherche la crise et la violence, seule façon selon elle de battre le chavisme.

    Il y a quand même près de 3 millions de Vénézuéliens qui ont quitté leur patrie pour d’autres pays de la région, ce qui provoque une crise régionale…

    Trois millions ? Cela me semble beaucoup, mais il est certain qu’il y a une crise. Et il y a aussi des millions de Colombiens qui ont fui leur pays, et qui en parle ? On est de nouveau dans le double standard. Il y a de la violence au Venezuela, mais c’est encore bien pire au Mexique. Qui en parle ? Au Brésil, il y a eu un coup d’Etat contre Dilma Rousseff, et Lula a été empêché de participer aux élections pour faire gagner Bolsonaro ! Le juge qui a mis Lula en prison est maintenant ministre de la Justice de Bolsonaro, mais cela semble ne choquer personne…

    Amérique latine : « La situation, très grave, rappelle les années des dictatures militaires »

    Dans les années 2000, vous faisiez partie de cette nouvelle gauche latino-américaine avec Chavez, Lula, Evo Morales, les Kirchner… Qu’en reste-t-il ?

    Ces années ont été une époque en or. En Equateur, ce fut une réussite gigantesque. On a doublé la taille de l’économie, le FMI a reconnu que nous avions sorti deux millions de personnes de la pauvreté, et l’extrême pauvreté a été réduite de 12 à 6 %. On avait avant un des pires réseaux routiers d’Amérique du Sud et nous avons construit le 2e meilleur. On devait acheter de l’électricité à la Colombie et au Pérou, maintenant on leur en vend ! On est passés d’une production de 40 % d’énergie hydroélectrique à plus de 90 %. Pendant mes 10 années au pouvoir, j’ai remporté 14 élections ! J’ai battu le camp de la bourgeoisie, elle m’a donc traité de dictateur ! Dans toute la région, elle n’a pas accepté d’avoir perdu et a donc décidé d’écraser tous les progressismes et de rétablir l’ancien régime. Maintenant, il ne faut plus gagner les élections, il faut contrôler celui qui a gagné. Il y a une agression terrible par des moyens inconstitutionnels, en utilisant les entreprises médiatiques qui détruisent les réputations de ceux qu’il faut abattre, puis en contrôlant le système judiciaire. La situation rappelle les années 70, celles des dictatures militaires qui ont brisé toutes les tentatives de changement et fait perdre 30 ans. Maintenant, il y a des techniques efficaces comme au Brésil, en Equateur, au Venezuela. Elles ont l’air plus soft, mais détruisent la Constitution, les droits humains, la démocratie. La bourgeoisie et l’extrême droite reprennent le pouvoir avec comme résultats inégalités et pauvreté.

    Il y a des choses que vous referiez différemment ?

    C’est à la fin de sa vie qu’on a le plus de sagesse et d’expérience ! Oui, j’ai fait des erreurs, mais pas sur les grandes stratégies. Pour moi, la base de la démocratie, c’est une école publique de très bonne qualité gratuite. On a fermé de petites écoles pour en ouvrir de plus grandes, équipées en informatique, wifi, bibliothèques, laboratoires, sport et musique. Un succès en ville, mais plus compliqué en zone rurale. Or, la bourgeoisie veut bien que les enfants des domestiques aillent à l’école, mais elle veut garder des écoles privées exclusives pour ses enfants, pour cultiver les réseaux, l’entre soi. Ce n’est pas un hasard si l’Amérique latine est l’endroit avec les pires inégalités. Tous les pouvoirs appartenaient à cette haute bourgeoisie, y compris les médias et l’Eglise.

    C’étaient toujours les descendants des conquistadors qui dirigeaient tout ?

    Ces inégalités sont en effet un héritage de la colonisation. C’est un problème culturel et politique. Aux Etats-Unis, les colonisateurs ont tué la culture native et l’ont remplacée par celle venue d’Angleterre. En Amérique latine, il y a eu un mélange de culture espagnole et indienne. Mais ce ne sont pas les meilleurs Espagnols qui sont venus : des bandits qui voulaient faire fortune. Et ils ont réussi à convaincre les Indiens qu’ils étaient inférieurs. La minorité blanche avait le pouvoir et exploitait la majorité. On n’a pas eu besoin d’apartheid ou de politique de ségrégation, il suffisait d’avoir un système éducatif déficient pour les plus pauvres. C’est pour cela qu’il y avait tant de misère dans une région avec de telles ressources naturelles. En distribuant mieux la richesse, on pouvait supprimer la pauvreté. Mais pour y arriver, il fallait faire payer des impôts aux plus riches pour financer un meilleur système d’éducation et de santé. Il fallait réguler le marché du travail, partager la propriété de la terre : une lutte politique avec les puissants qui n’ont jamais payé d’impôt.

    Votre ancien vice-président Lenin Moreno a été élu président pour continuer votre politique puis il a pris un virage néolibéral.

    C‘est très difficile de construire quelque chose de novateur, mais tellement facile de le détruire. Il a trahi le programme de gouvernement pour lequel il avait été élu. Le patron des patrons est devenu ministre de l’économie. Les grandes entreprises siègent désormais au gouvernement, et les décisions sont prises en leur faveur, pas au bénéfice du peuple. Le nouveau pouvoir a mené un coup d’Etat institutionnel. Il a mis en prison le vice-président, Jorge Glas, qui était très proche de moi : on lui a inventé une affaire de corruption liée à l’affaire Oderbrecht (un gigantesque scandale de pots-de-vin lié à cette entreprise brésilienne, NDLR), mais c’était bidon, basé sur un faux témoignage. L’argent qu’il aurait reçu n’a jamais été trouvé. Glas est un prisonnier politique, mais l’Europe ne veut rien savoir. Moreno a ensuite organisé un référendum, notamment pour m’empêcher de revenir au pouvoir, avec des conséquences rétroactives, ce qui est illégal. Il a aussi pris le contrôle de façon illégale du Conseil qui nommait, au mérite et sur concours, les responsables du secteur de la justice. Il a démis tous ceux qui étaient en place et en nommé d’autres, aux ordres, prenant le contrôle de la justice. L’Organisation des Etats Américains vient de statuer sur l’illégalité de ce processus, mais c’est fait…

    « Je suis victime d’une persécution politico-judiciaire »

    Vous-même, vous êtes accusé par la justice de votre pays pour une tentative d’enlèvement d’un opposant. Qu’en est-il ?

    Un policier a témoigné, affirmant que j’avais ordonné cet enlèvement en 2012. Il a dit qu’il m’avait rencontré trois fois, puis il a changé sa version et dit qu’il m’avait téléphoné. Je n’ai jamais été en contact avec lui, je ne le connais pas : c’est un faux témoignage. Ce n’est pas suffisant, aucune preuve n’a été fournie. Je vis en Belgique, mais la juge voulait que je me présente tous les 15 jours à la justice à Quito : ce n’est pas possible. Je suis allé au consulat, qui a compétence judiciaire, mais la juge n’a pas accepté. Donc elle a voulu lancer contre moi un mandat d’arrêt international, mais Interpol a refusé car le dossier était vide, et l’accusation purement politique.

    Vous ne pouvez donc pas rentrer en Equateur ?

    Non, car j’irais en prison et je n’en sortirais sans doute jamais. Je subis une persécution terrible. Ils m’ont collé 20 procès au total, notamment sur l’endettement du pays. C’est ridicule. Il y a aussi des accusations sur l’usage des deux avions présidentiels, qui ont permis au ministre des Affaires étrangères d’aller chercher en mission humanitaire des Equatoriens en danger : mauvais usage de fonds publics ! Je ne peux pas non plus me rendre ailleurs en Amérique latine, car s’il y a des accords d’extradition, un gouvernement qui ne m’aime pas pourrait m’envoyer en Equateur. Et les nouvelles autorités veulent me priver de la pension due aux présidents parce que je ne suis pas Equateur et que j’ai des ennuis avec la justice.

    Vous avez demandé l’asile politique en Belgique ?

    Je ne peux pas confirmer ni nier cette information, il faut en parler avec mon avocat. (Qui nous a répondu que « le droit international prévoit des règles de confidentialité strictes en matière d’asile, qui interdisent de confirmer ou d’infirmer si une demande d’asile a été introduite. Nous envisageons toutes les possibilités afin de combattre les poursuites judiciaires politiques manifestement abusives dont il est victime en Equateur. Nous avons aussi saisi les organes compétents des Nations unies »)

    Vous habitez à Ottignies avec votre épouse belge et vos enfants…

    Des « journalistes » d’Equateur sont venus me voir et ont publié mon adresse, donc j’ai reçu de nombreuses visites non désirées. Un d’entre eux voulait à tout prix montrer que je suis corrompu. Comme je vis dans une petite maison, il est allé filmer à Uccle la grosse propriété des parents d’un ami de ma fille et dit que c’était la mienne. Un autre a filmé un concessionnaire Ferrari pour tenter de prouver que je suis très riche !

    Vous avez une vie normale en Belgique ?

    C’est un pays tranquille, agréable, on se sent en sécurité. Mais j’ai toujours le stress de voir quelle nouvelle accusation va être inventée contre moi. Je travaille beaucoup : je donne des cours online, des conférences pour un centre d’études latino-américain espagnol. Pour Russia Today (chaîne d’info russe), j’ai fait des entretiens avec Dilma Rousseff, Lula, Chomsky… Je donne aussi des conseils en économie. J’ai créé une fondation avec les anciens membres de mon gouvernement, on tente de faire avancer la pensée progressiste. Mais tous mes revenus vont à mes avocats : je leur ai payé 100.000 dollars l’an dernier ! On a épuisé toute notre épargne. On vient de louer notre maison de Quito : la justice voulait la saisir mais on l’a mise au nom des enfants. Cela nous fera un petit revenu en plus. Et ma femme qui est professeur fait un remplacement.

    Quel est votre état d’esprit ?

    Toujours combatif. J’ai déjà traversé des épreuves, j’ai appris à relativiser : le plus important c’est la santé, la famille. Mais c’est très dur de voir mon pays faire marche arrière sur l’éducation, la dignité. Et comment le pouvoir essaie de détruire mes amis en Equateur. C’était mon projet de vie, donc je suis triste. On a tellement lutté, et rien n’a changé. Mais j’ai la paix intérieure : j’ai fait tout ce que je pouvais. Et l’espoir reste. Et je suis toujours en vie pour raconter cela.

    Rafael Correa est né à Guayaquil (Equateur) en 1963, il y fait des études d’économie qu’il poursuit grâce à une bourse à Louvain-la-Neuve où il rencontre son épouse, la Belge Anne Malherbe. Ils ont trois enfants. Prônant une politique de gauche axée sur le social, il est élu président de la République, fonction qu’il exerce de 2007 à 2017. Son vice-président Lenin Moreno est ensuite élu chef de l’Etat avec le même programme, mais il prend un très net virage néolibéral. Rafael Correa vit désormais en Belgique avec sa famille.

    Battant et combattant

    V.K.

    Rafael Correa a toujours été un battant, un combattant en lutte contre les privilèges, les inégalités, la grande pauvreté. Il n’a jamais ménagé ses efforts pour changer son pays, et jamais hésité à se confronter à ceux qui s’opposaient à lui, avec un côté « homme providentiel » qui pouvait en agacer certains.

    Dans le dossier vénézuélien, on peut ne pas partager son analyse sur les raisons ou l’ampleur de la crise économico-humanitaire, ni sur la représentativité des dernières élections présidentielles. Mais ce qu’il dit sur le non-respect de la Constitution et sur l’attitude des Etats-Unis est interpellant.

    Et ses mots pèsent encore plus lorsqu’il met en perspective la reconquête à tout prix du pouvoir par les forces conservatrices dans divers pays de la région, qui utilisent la diffamation et une justice partisane pour abattre leurs ennemis.

    Voir cet ex-président persécuté à ce point par la justice de son pays est de bien mauvais augure pour le nouveau pouvoir en place à Quito.

    https://www.lesoir.be/205646/article/2019-02-09/rafael-correa-il-y-une-indignation-selective-sur-le-venezuela


  • Ca confirme bien ma conclusion (le mépris des classes, c’est même pire, les gilets jaunes deviennent en quelque sorte des étoiles jaunes !). C’est tout simplement abominable et insupportable ! NRobin

    Laurent Alexandre : « Les gilets jaunes sont des êtres substituables »
    11 février 2019

    https://www.facebook.com/Grozeille.co/videos/381858539036064

    DÉMONSTRATION DE MÉPRIS DE CLASSE À DESTINATION DES GRANDES ÉCOLES

    QUAND LES ÉLITES AFFIRMENT QUE « LES GILETS JAUNES SONT DES ÊTRES SUBSTITUABLES »

    Une lectrice de Grozeille a fait l’heureuse rencontre de Laurent Alexandre, fondateur de Doctissimo, transhumaniste convaincu, chroniqueur dans Le Monde, L’Express et influent soutien politique du gouvernement depuis l’élection d’Emmanuel Macron. Lors d’une conférence destinée aux étudiants VIP de Polytechnique, ce dernier affirme carrément que LES GILETS JAUNES, qu’il appelle « LES INUTILES », sont des êtres intellectuellement inférieurs, incapables de comprendre les enjeux du monde actuel tandis qu’heureusement, les élèves des grandes écoles, « LES DIEUX », sont là pour diriger les masses et les guider vers la raison.

    Le type est manifestement taré. Cela est d’autant plus inquiétant qu’il dispose d’une influence certaine dans les sphères politique, éducative et médiatique… Malheureusement, ce n’est pas un cas isolé. De tels discours reflètent la déconnexion totale des « élites », leur mépris de classe et leur paternalisme maladifs. On se doute bien que Macron souscrirait presque…

    Suivez nous : Grozeille

    Vidéo également disponible sur Youtube à l’adresse suivante : https://www.youtube.com/watch?v=hxRDVnYv9eY&t=54s


  • RT France / Interdit d’interdire

    Interdit d’interdire

    La crise vénézuélienne : le débat

    Frédéric Taddeï reçoit Gabriel Giménez-Roche, économiste, Renaud Girard, géopoliticien, Maurice Lemoine, journalist et Romain Migus, sociologue et journaliste

    https://francais.rt.com/magazines/interdit-d-interdire/58600-interdit-d-interdire-crise-venezuelienne-le-debat

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Maurice_Lemoine

    https://www.wikiberal.org/wiki/Gabriel_Gim%C3%A9nez-Roche

    https://www.les-crises.fr/coup-detat-en-cours-au-venezuela-par-romain-migus

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Renaud_Girard


  • Camel Guelloul / NRobin

    Il intervient dans les collèges et lycées.

    Ancien drogué reparti de rien. Il vivait sous les ponts depuis la mort brutale de son papa alors qu’il était lui-même papa de 3 filles.
    Il dit qu’il intervient aussi dans les écoles d’infirmiers.
    Il a fait le tour de France avec l’animateur JL Delarue lorsqu’il voulait arrêter la drogue.
    Les élèves ont réagi très fortement.
    Une dizaine sont sortis à un moment ou à un autre en pleurs tellement son récit les concernait.
    Contact :
    06 78 23 25 77 - association APICA

    https://lyceeduruy.fr/2018/11/21/conference-addictions



  • Gilets Jaunes / Témoignage de la mère d’un jeune mutilé NRobin

    https://francais.rt.com/france/58184-vos-sbires-mutilent-nos-jeunes-mere-gilet-jaune-eborgne-rennes-in

    « Vos sbires mutilent nos jeunes » : la mère d’un Gilet jaune éborgné interpelle Macron (VIDEO)

    20 janv. 2019
    « Vos sbires mutilent nos jeunes » : la mère d’un Gilet jaune éborgné interpelle Macron (VIDEO)© POOL Source : Reuters
    Emmanuel Macron (image d’illustration).

    Depuis le hall de l’hôpital où est pris en charge son fils, grièvement blessé à Rennes lors de l’acte 10 des Gilets jaunes, une enseignante bretonne s’est adressée au président de la République. La vidéo a été diffusée sur les réseaux sociaux.

    Une internaute, qui se présente comme la sœur d’un manifestant grièvement blessé à l’œil lors de l’acte 10 des Gilets jaunes à Rennes, a publié sur Facebook une vidéo tournée très tôt dans la matinée de ce 20 janvier, depuis le hall d’un hôpital. Elle explique avoir filmé sa mère, Marie-Laure Leroy, qui, pendant près de six minutes, interpelle le chef de l’Etat sur les violences subies ces dernières semaines par les Gilets jaunes.

    Le fils de cette dernière a été opéré après la manifestation du 19 janvier, après avoir reçu un éclat de grenade lacrymogène, selon Ouest-France, qui écrit que le Gilet jaune aurait « perdu son œil », information que n’a pas voulu confirmer la préfecture. L’auteur de la vidéo diffusée sur Facebook affirme pour sa part : « Mon frère [...] s’en sort "par chance" (je pense à toutes les autres victimes de cette violence disproportionnée) avec la perte de son œil gauche. »

    Monsieur Macron, pendant que vous faites le malin [...] vos sbires mutilent nos jeunes [et] agressent des personnes âgées.

    Marie-Laure Leroy explique être professeur de lettres et exercer en Bretagne. Choquée par le sort de son fils, elle n’hésite pas à critiquer ouvertement Emmanuel Macron, dont elle juge le comportement inapproprié dans le contexte actuel. « Monsieur Macron, pendant que vous faites le malin en bras de chemise dans les gymnases, pendant des heures, en soliloquant [...] vos sbires mutilent nos jeunes [et] agressent des personnes âgées », déclare-t-elle après avoir relaté les faits qui lui ont été rapportés concernant les blessures de son fils.

    L’enseignante affirme par ailleurs être consciente de sortir du devoir de réserve qui lui incombe en tant que fonctionnaire. De fait, elle n’hésite pas à multiplier les allusions aux récents propos de Luc Ferry, ancien ministre de l’Education qui appelait les forces de l’ordre à se servir « de leurs armes une bonne fois » contre les Gilets jaunes, ou encore à ceux de Christophe Castaner, actuel ministre de l’Intérieur, qui avait nié tout cas de violence policière contre des manifestants.

    « Mon crime, s’il y a crime, n’est pas pire que celui d’un ancien ministre de l’Education nationale qui appelle au meurtre sur les ondes, [il] n’est pas pire que celui de quelqu’un qui s’obstine à considérer que ni les gendarmes, ni les CRS, ni les gens de la BAC, n’attaquent sans être agressés », affirme la mère de famille.

    Il serait digne [...] de finir par présenter ses excuses aux familles, et peut-être de rendre visite aux gens qui ont été blessés

    Plusieurs fois, Marie-Laure Leroy explique assumer ses propos, rappelant même à son interlocuteur qu’elle ne se cache pas : « Vous n’aurez aucun mal à me retrouver puisque j’ai donné mon nom. » Ironie du sort pour le destinataire de cette phrase qui, au mois de juillet dernier, lançait lui-même à ses détracteurs, dans le cadre de l’affaire Benalla : « Qu’ils viennent le chercher. »

    Affirmant être solidaire des autres Gilets jaunes blessés, Marie-Laure Leroy se dit écœurée par l’attitude du chef de l’Etat. « Monsieur Macron [...] vous n’êtes ni digne de ma colère, ni digne de ma haine », affirme-t-elle par exemple, avant de lancer une suggestion directement adressée au président de la République : « Il serait digne, de la part de quelqu’un qui dirige un pays, de finir par présenter ses excuses aux familles, et peut-être de rendre visite aux gens qui ont été blessés. »

    Selon les chiffres de la préfecture pour l’acte 10 du mouvement à Rennes, transmis le soir du 19 janvier à Ouest-France, 16 personnes ont été blessées au cours de la manifestation, dont 10 manifestants et six membres des forces de l’ordre. Le rassemblement a en effet été émaillé de heurts entre police et Gilets jaunes.

    Le témoignage de Marie-Laure Leroy a été relié par le journaliste indépendant David Dufresnes, qui répertorie sur Twitter les cas de violences policières et les signale au ministère de l’Intérieur, à une vidéo réalisée le 19 janvier à Rennes. Sur ces images, on voit une grenade lacrymogène éclater, puis un homme hurler de douleur en se tenant le visage.

    Lire aussi : Le gouvernement exclut l’idée d’abandonner l’usage des LBD dans les manifestations


  • Syrie / Un débat d’une toute autre nature sur la Syrie mais il aura fallu attendre la fin de la guerre civile !

    Le grand absent dans le débat : Israël et le Golan ! NRobin

    Interdit d’interdire : Comment la guerre en Syrie va-t-elle se terminer ? — RT en français

    https://francais.rt.com/magazines/interdit-d-interdire/57910-interdit-d-interdire-comment-guerre-syrie-va-se-terminer

    Interdit d’interdire : Comment la guerre en Syrie va-t-elle se terminer ?

    14 janv. 2019, 19:08

    Frédéric Taddeï reçoit Rony Brauman, ancien président de Médecins Sans Frontières, Eric Denécé, directeur du Centre Français de Recherche sur le Renseignement, Frédéric Pichon, historien et spécialiste de la Syrie


  • Venezuela

    Un matin sur France info (30/01/2019), j’entendais un reporter au Venezuela s’exprimer en direct : « d’une voix douce, la manifestante clamait je veux être libre... » Il était ému par une manifestante des quartiers bourgois de Caracas, de la droite vénézuélienne peut-être, pro-américaine je suppose, dont il ventait le lieu, un quartier où on se sent en sécurité disait-il !

    Probablement, une hallucination ! NRobin

    Je joins l’analyse d’Asselineau qui connait bien le sujet.

    ’La situation tendue au Venezuela - Allocution de François Asselineau" sur YouTube

    https://youtu.be/HCgpnILglfI


  • Venezuela. Merci RT France. NRobin

    Alexis Poulin : « C’est le camp soi-disant de la liberté qui ne veut pas discuter » RT France en direct : 📺 https:francais.rt.comen-direct 🔎 Entretien du 3112019 avec Alexis Poulin, expert en politiques européennes et co-fondateur du site Le Monde Moderne. Il décrypte la position européenne sur le Venezuela 🇻🇪, qui consiste à reconnaître Juan Guaido comme président par intérim.

    https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=2169323076665260&id=1536715766560953&_rdr


  • Nos médias, le Vénézuela et le Monde Diplomatique
    le 5/02/2019

    La coalition EU/UE/OTAN affaiblie en Syrie contre-attaque ailleurs ! Et à chaque nouvelle coalition occidentale, une guerre !
    Faut vraiment que les Gilets jaunes nous sortent d’affaire !

    François-Xavier Freland s’exprime sur le Venezuela : son "taxieur" vénézuélien aurait souffert de la dictature de Chavez...,
    "Dis-moi qui te soutiens, je te dirais qui tu es" en parlant de la Syrie, l’Iran, la Chine et la Russie. Il cite Maurice Lemoine et Ignacio Ramonet vers la fin et leur dit Bravo de continuer de soutenir le régime de Maduro...

    A écouter ! jusqu’au bout ! NRobin

    Les matins de France culture du 05/02/2019
    Invité(e) des Matins
    Par Guillaume Erner

    Etats-Unis/Russie : les nouvelles lignes d’affrontement

    https://www.franceculture.fr/emissions/linvite-des-matins/etats-unisrussie-les-nouvelles-lignes-daffrontement

    Suite au retrait des Etats-Unis du traité du FNI, les tensions avec la Russie sont plus vives que jamais. Pour en discuter, Thomas Gomart est notre invité, rejoint en deuxième partie par François-Xavier Freland pour évoquer la crise au Vénézuela.
    Vladimir Poutine et Donald Trump au sommet du G20 à Buenos AiresVladimir Poutine et Donald Trump au sommet du G20 à Buenos Aires• Crédits :Mikhail Svetlov / Contributeur - Getty

    Nous aurons l’occasion de le vérifier à l’occasion du discours sur l’Etat de l’Union qu’il prononcera ce soir au Congrès, mais la première moitié chaotique du mandat de Donald Trump pourrait n’avoir été qu’un tour de chauffe. Débarrassé des généraux expérimentés qui le conseillaient jusqu’ici sur sa politique étrangère, le Président américain peut désormais laisser libre cours à ses instincts : menaces de faire imploser l’OTAN, retrait du traité sur les armes nucléaires de portée intermédiaire (FNI), soutien actif au renversement de Nicolas Maduro. Quelle attitude la Russie de Vladimir Poutine va-t-elle adopter face à ces trois initiatives américaines qui concernent directement ses intérêts et sa sécurité ?

    Pour en discuter aujourd’hui dans Les Matins de France Culture, Guillaume Erner reçoit Thomas Gomart et François-Xavier Freland.

    Thomas Gomart

    La Russie a retrouvé une place importante sur la scène internationale, en réactivant un nationalisme et en apparaissant comme l’avant-garde d"une révolution globale. La Russie est capable de produire son propre discours et de l’exporter. Le regain d’influence va assez loin, jusqu’au Venezuela.

    Le Venezuela devient un objet de convoitise. Il y a une sorte de rivalité entre les puissances, elles cherchent des soutiens extérieurs. Il y a un renforcement des liens du Venezuela avec la Russie qui passe par deux canaux : les investissements en matière énergétique et les ventes d’armes.

    François-Xavier Freland

    Maduro a toujours joué sur la paranoïa d’attaques extérieures pour resserrer ses soutiens, mais aujourd’hui ça ne fonctionne plus.

    Vous pouvez retrouver le documentaire de François-Xavier Freland, “Les résistants, le combat des exilés vénézuéliens” sur le site de Public Sénat : https://www.publicsenat.fr/emission/documentaires/les-resistants-le-combat-des-exiles-venezueliens-13497


  • Ca me vient d’un ami. NRobin

    Bonjour à Toute et Tous

    Afin d’apporter un complément, aux doléances de chacune et chacun dans vos mairies respectives et aux réflexions des
    Groupes Gilets Jaunes, il est important de poser la question à tous les élus de France, maires, élus départementaux, régionaux, députés, sénateurs...

    Savez-vous combien de niches fiscales existent en France ?

    Le nombre est de : 474

    L’important est de dresser un inventaire complet de toutes ces niches, puis pour chacune poser 3 questions :

    – Comment fonctionne-t-elle au service de quoi ?
    – Combien coûte-t-elle ?
    – A qui profite-t-elle ?

    De préciser, que l’ensemble de ces niches s’ajoute aux 80 ou 100 milliards d’évasion fiscale ; les niches ne sont pas forcément des évasions,
    d’où l’importance de dresser un inventaire précis.
    Pour autant il est indispensable d’identifier les principaux acteurs de l’évasion fiscale, lesquels sont dans l’ordre :

    – les Banques françaises
    – les compagnies d’assurance
    – les cabinet d’avocats d’affaire.

    Les enquêtes Panama Papers et LuxLeaks nous ont apportés des preuves tangibles.
    Maintenant focaliser l’attention de toutes et tous sur Google, Amazon, FesseBouc etc., c’est intéressant, mais pas suffisant.

    C’est aussi un moyen de détourner l’Attention des acteurs de l’évasion fiscale de france, à savoir :
    Banques, Assurances, Cabinets d’avocats d’affaire !

    Parmi lesquels la Banque Rothschild, dont tous les clients ont financé la campagne électorale de Macron 2017, dixit Macron lui-même.

    Prenons l’hypothèse suivante, de diviser par 2 l’évasion fiscale et les niches fiscales, la conséquence serait immédiate,
    l’état français n’aurait plus besoin d’emprunter sur les marchés financiers : à des Banques !



  • L’ex-ministre de l’Environnement Ségolène Royal, le 3 décembre 2018. (FRANCE INFO)

    J’ai bien aimé l’analyse de Ségolène Royal à propos du mouvement des gilets jaunes et du dernier fiasco parisien ! NRobin

    « Gilets jaunes » : « L’inertie » et « l’orgueil » du gouvernement ont « permis de donner la main aux casseurs », estime Ségolène Royal

    L’ex-ministre de l’Environnement a critiqué, lundi sur france info, le comportement du gouvernement quant à la gestion de la crise des « gilets jaunes ».
    https://www.francetvinfo.fr/image/75j479h9a-b99a/580/326/16586709.jpg

    Deux jours après les violences et la casse qui ont émaillé la manifestation des « gilets jaunes » à Paris aux abords des Champs-Élysées, l’ancienne ministre Ségolène Royal a affirmé, lundi 3 décembre sur france info, que la France est « bien évidemment » dans une « crise très lourde » à cause, selon elle, du gouvernement qui « par son inertie et son orgueil a permis de donner la main aux casseurs et aux voyous ».

    Ce qui est rageant c’est que tout cela était évitable.
    Ségolène Royal

    https://www.francetvinfo.fr/replay-radio/8h30-fauvelle-dely/gilets-jaunes-l-inertie-et-l-orgueil-du-gouvernement-ont-permis-de-donn

    Pour Ségolène Royal, « il fallait prendre en considération l’accumulation de souffrance et de rancœur qui s’exprimait jusqu’à lors de façon assez modérée ». L’ancienne ministre estime donc que « le gouvernement a par son inertie et son orgueil permis de donner la main aux casseurs et aux voyous ».

    « Qu’est-ce qui justifie que le gouvernement et le président n’entendent pas ce qui leur est dit, alors que la situation est extrêmement simple ? », s’est interrogée Ségolène Royal qui a appelé à « rétablir le calme » et « l’ordre juste dans le pays ». Elle a demandé au gouvernement de « faire des états généraux de la justice fiscale dès lors que les mesures immédiates d’urgence d’annulation des hausses des taxes et des tarifs seront prises ».

    Dans une critique adressée à Emmanuel Macron, Ségolène Royal a affirmé que « gouverner un pays, ce n’est pas seulement dire ’on garde le cap’ même si le cap est mauvais », mais « aussi sentir ce qu’il se passe dans les profondeurs de notre pays ». Elle a rappelé la position qui était la sienne en tant que ministre de l’Environnement lors du mouvement des « bonnets rouges » contre l’écotaxe 2013 : « Quand il y a eu la menace du blocage de la France par les camions, moi j’ai retiré cette mauvaise réforme, l’écotaxe, (...) je préférais reculer plutôt que de voir mon pays souffrir avec des blocages de camions de trois tonnes et demie. »


  • Avec un peu de retard...
    L’excellent discours de Lavrov à l’ONU.
    Sergueï Lavrov est à la tribune lors de la 73e session de l’Assemblée générale de l’ONU
    https://www.youtube.com/watch?v=mqHpC6cKSEg&feature=youtu.be


    NRobin

    https://francais.rt.com/international/54267-lavrov-onu-il-faut-aider-syriens-sans-appliquer-politique-deux-po
    Lavrov à l’ONU : « Il faut aider les Syriens sans appliquer la politique du deux poids deux mesures »

    28 sept. 2018, 20:14

    Devant la 73e Assemblée générale des Nations unies, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a notamment évoqué la situation en Syrie, en Ukraine et en Palestine.
    https://youtu.be/mqHpC6cKSEg

    Devant la 73e Assemblée générale des Nations unies, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a évoqué la situation en Syrie. Il a notamment appelé à se concentrer sur la reconstruction syrienne : « L’idée aujourd’hui est de rétablir les infrastructures et de reconstruire le pays afin de permettre le retour des millions de réfugiés qui ont fui la Syrie. C’est ce qui devrait être la priorité des efforts internationaux. » « Il faut aider les Syriens sans appliquer la politique du deux poids deux mesures », a-t-il ajouté.

    Le chef de la diplomatie russe est également revenu sur les frappes aériennes occidentales menées en Syrie le 14 avril dernier, justifiées selon lui par « un prétexte totalement absurde », dressant un parallèle avec les « faux prétextes qui ont permis de recourir à la force » en Yougoslavie, en 1999, en Irak, en 2003, ou encore en Libye, en 2011. Et de poursuivre : « Le conflit en Syrie dure depuis sept ans. On a essayé de renverser un régime légitime en s’appuyant sur des extrémistes ce qui a presque conduit à l’émergence d’un califat terroriste dans ce pays. » Il a ensuite loué les mesures prises dans le cadre du processus d’Astana, affirmant qu’elles avaient empêché « la réalisation d’un tel scénario destructeur ».
    https://youtu.be/Shovtte3_YU
    « Kiev semble vouloir imposer des solutions militaires »

    Sergueï Lavrov s’est par ailleurs inquiété de constater qu’en Ukraine « le radicalisme, le nationalisme, ainsi que le néo-fascisme connaissent un essor ».

    « Des criminels de guerre sont proclamés héros alors qu’ils avaient combattu sous la bannière SS et c’est là l’un des facteurs de la perpétuation de ce conflit ukrainien », a-t-il jugé.

    « La seule façon de sortir de ce conflit est de réaliser pleinement les mesures du processus de Minsk [...] mais au lieu de mettre en œuvre ces accords, au lieu de dialoguer avec Donetsk et Lougansk, Kiev semble vouloir imposer des solutions militaires et se berce d’illusions », a-t-il déploré. « Ceux qui souhaitent appuyer les autorités de Kiev doivent les obliger à cesser le blocus du Donbass et la discrimination qui pèse sur les minorités dans ce pays sur le territoire entier de l’Ukraine », a-t-il ajouté.
    « Garantir une paix pérenne tant pour Israël que pour la Palestine »

    Abordant la question palestinienne, Sergueï Lavrov a considéré « qu’il fallait trouver des solutions mutuellement acceptables entre les parties [...] pour garantir une paix pérenne tant pour Israël que pour la Palestine ».

    « La primauté du droit semble aujourd’hui supplantée [...] par l’ordre mondial fondé sur des règles [...] qui sont élaborées dans le cadre d’un opportunisme politique évident, manifeste », a encore regretté le chef de la diplomatie russe d’une façon plus générale. « Des accusations sans fondement sont proférées contre tel ou tel pays, on essaie d’ébranler, de renverser, des gouvernements démocratiquement élus », a-t-il dénoncé. « D’autres pays sont menacés de représailles lorsqu’ils choisissent leurs propres partenaires alliés », a-t-il encore souligné.

    Le ministre russe des Affaires étrangères a aussi jugé que « les agressions [étaient] également de plus en plus nombreuses contre les institutions internationales ». « On essaie de privatiser leur structure administrative en leur donnant des droits ou des prérogatives qui normalement relèvent des organes inter-gouvernementaux », a-t-il ajouté.

    Lire aussi : La 73e assemblée générale de l’ONU se poursuit à New-York
    https://francais.rt.com/international/54133-73eme-assemblee-generale-onu-debute-new-york


  • La police depuis Sarkosy est-elle encore républicaine ? NRobin

    Police ; la peur va changer de camp ?
    https://www.youtube.com/watch?v=rNg5nBvkONA&list=TLGGjek1OUW8uzUxMjExMjAxOA


    RT France
    Frédéric Taddeï reçoit Sebastian Roché, Directeur de recherche au CNRS et spécialiste de la police, Rocco Contento, Secrétaire départemental Paris du Syndicat Unité SGP Police, Assa Traoré, membre du Comité Adama et Hélène L’Heuillet, philosophe et psychanalyste


  • Constituer une armée européenne parce que la Russie est une menace selon Macron : LOL !
    En réalité, la Russie n’est une menace que pour l’IDEOLOGIE ATLANTISTE DE MACRON allié des émirs saoudiens de Trump et d’Israël ! NRobin

    RT France
    Entretien du 6/11/2018 avec Karine Bechet-Golovko, professeur à l’Université d’Etat de Moscou. Elle était invitée à commenter les déclarations d’Emmanuel Macron du 5 novembre proposant une « vraie armée européenne » pour faire face à une Russie jugée « menaçante ».
    « Ces déclarations d’Emmanuel Macron semblent être une fuite en avant »"
    https://youtu.be/Wh9VxkDiSnE


  • Pourquoi Pierre Rabhi est-il malmené ?
    Pierre RABHI répond à Jean-Baptiste Malet
    Retour sur « Le système Pierre Rabhi » de Jean-Baptiste Malet
    https://www.monde-diplomatique.fr/2018/08/MALET/58981
    NRobin

    https://www.monde-diplomatique.fr/2018/11/A/59203
    Le Monde diplomatique
    > Novembre 2018, page 2, en kiosques

    Droit de réponse
    Pierre Rabhi

    À la suite de l’article de Jean-Baptiste Malet « Le système Pierre Rabhi » (août), M. Rabhi a souhaité apporter les précisions suivantes.

    À propos du « système » et du « marketing »

    Laisser entendre que j’aurais organisé à mon profit un « système » lucratif en faisant du « marketing », deux notions qui me sont complètement étrangères, est un curieux procédé. Je n’ai aucun rôle dans les associations ou structures que j’ai inspirées et elles n’ont pas de liens entre elles. Leur indépendance financière est la preuve même qu’il n’y a ni système ni marketing. Lieux de formation ou de transformation, elles n’ont jamais prétendu être des fermes modèles « autosuffisantes ».

    Je suis blessé qu’on puisse ainsi tenter d’atteindre l’agroécologie et les actions que je mène par de simples insinuations ou spéculations sans fondement, et je m’interroge sur la finalité de cet article.

    Ma posture générale n’est pas narcissique, elle relève du témoignage et de la protestation, car j’entends surtout inviter les êtres à s’insurger contre la dépendance, voire l’aliénation, dans laquelle la société marchande les enferme, et les convier à faire chacun leur part dans le changement de la société tout en s’exonérant des colifichets ou des illusions du progrès.
    À propos de mes supposés mentors de droite

    Ma vie n’est faite que de rencontres, mais on attribue à certaines d’entre elles une dimension démesurée. Et c’est ainsi que l’on veut faire de moi un homme influencé par des idées réactionnaires que l’on m’aurait inoculées dans les années 1960. Je trouve choquant qu’on ravale le docteur Pierre Richard au rang de « vichysso-ardéchois » au simple prétexte que, dans son jeune âge, il a encadré un chantier de jeunesse et qu’il défendait des idées de « retour à la terre ». Ce qualificatif est indigne en ce qu’il gomme le fait qu’il a été résistant. Initiateur du Parc national des Cévennes, infatigable médecin de campagne féru d’ethnologie, il courait par tous les temps avec sa 2CV, au point de mettre sa vie en danger. À mes débuts en Ardèche, il m’hébergea, favorisa mon installation agricole, fut mon témoin de mariage, mais à aucun moment il n’a cherché à me transmettre une quelconque idéologie. Seule la passion des écosystèmes, des paysages et des hommes nous réunissait.

    Il en va de même de mes rencontres avec Gustave Thibon, écrivain catholique de souche paysanne et révélateur de Simone Weil. Le portrait qu’en trace M. Malet est caricatural. Les échanges que nous avions portaient essentiellement sur la spiritualité. Nous avions trente-cinq ans d’écart et j’étais impressionné par son immense culture, ses dons linguistiques ou sa mémoire.

    J’ai le souvenir que, alors que nous étions financièrement exsangues, il nous a aidés, mais on ne peut pas considérer que je sois son disciple ou qu’il fut mon modèle. Hormis notre attachement commun, à l’époque, au catholicisme, nous n’avions pas les mêmes centres d’intérêt ni la même culture. Nous n’étions pas au même niveau et je lui devais la révérence qu’on doit à un ancien. Nous ne nous voyions que de loin en loin — quatre ou cinq fois en tout — et nos échanges se sont vite taris. J’étais à l’âge où l’on n’est pas soi-même confirmé et où l’on picore à droite et à gauche pour se constituer, mais il est dépourvu de sens de faire de lui un de mes mentors alors même que je ne le cite jamais.
    À propos de ma compétence et de René Dumont

    Je dois revenir sur mon expérience au Burkina Faso, que l’auteur de l’article tourne en dérision. Curieusement, lorsqu’il est venu avec Maurice Freund, il ne m’a pas du tout interrogé à ce sujet et son récit comporte d’ailleurs de nombreuses inexactitudes.

    En 1984, j’opérais déjà au Burkina depuis quatre ans. Joseph Rocher, du Centre de relations internationales entre agriculteurs pour le développement, m’avait invité à y transmettre mon expérience. Un jour, Maurice Freund, accompagné de Philippe Dominiak, est venu chez moi. Je ne le connaissais pas, mais j’avais entendu parler de lui et j’utilisais [la compagnie de vols charters fondée par M. Freund] Point Mulhouse. Après qu’il m’eut exposé son problème de campement hôtelier, j’acceptai de m’investir à ses côtés. J’organisai à Gorom-Gorom, où sévissait la faim, des formations à l’agroécologie pour des paysans et des stagiaires sans pour autant faire appel, comme il est dit, à la biodynamie ou aux rythmes lunaires. Je préférais expliquer comment réaliser des composts, y compris avec du purin et du fumier, ou utiliser des techniques agroécologiques. L’urgence était de libérer les paysans de la dépendance aux engrais chimiques. Dans L’Offrande au crépuscule (1988), nous avons expliqué, schémas et analyses à l’appui, comment nous avons procédé au Sahel. Ce livre a reçu un prix du ministère de l’agriculture et j’ai été amené à participer à des colloques internationaux.

    Ce n’est pas Maurice Freund, mais Thomas Sankara qui a mandaté René Dumont pour « expertiser » mon travail. Je ne crois pas que Dumont ait été « épouvanté », car, au départ, nous allions bras dessus, bras dessous. Il ne jurait malheureusement que par les engrais chimiques, dont il disait qu’ils étaient la clé du progrès agricole, comme on peut déjà le lire dans L’Utopie ou la mort ! (1973). Le personnage était très autoritaire. Je ne disais pas du tout que le compost est une solution miracle (cf. L’Offrande…, édition 2001, page 194), mais Dumont entreprit de saper ma crédibilité et Sankara me convoqua. Au sortir de la réunion, il trancha en ma faveur. D’où l’amertume récurrente de Dumont. Comme peut en témoigner Guy Delbrel, ami de Sankara, celui-ci avait opté pour l’indépendance économique à l’égard de l’industrie des engrais. Sankara envisagea même de me nommer secrétaire d’État au développement rural, mais il fut assassiné.

    Contrairement à ce qui est dit, je ne fus nullement contraint de « quitter précipitamment » le Burkina, car j’ai appris son assassinat à la radio alors que j’étais en Ardèche. Preuve de sa fécondité et de son adéquation aux conditions du Sahel, l’agroécologie continue aujourd’hui son chemin au Burkina, où des milliers de personnes y ont été formées, et l’agronome Marc Dufumier, tout aussi titré et expérimenté que Dumont, affirme que les humains pourront tous se nourrir demain grâce à l’agriculture bio.
    À propos des patrons et des politiques

    Je ne suis nullement responsable des récupérations des uns ou des autres. On prétend que je passe beaucoup de temps avec des dirigeants de multinationale ; c’est une fable. Au fil des ans, je n’ai eu que quelques entrevues — à leur demande et sans aucune conséquence — avec une poignée d’entre eux. Pour moi, l’hospitalité est sacrée, et je les reçois comme j’ai reçu M. Malet.

    Celui-ci note que j’ai rencontré Emmanuel Macron pendant la campagne présidentielle. Un déjeuner avait été organisé par un ami commun à la condition qu’il n’en soit fait aucune publicité, car il n’était pas question d’un ralliement. Ce fut respecté à la lettre. Maurice Freund et Bernard Chevilliat, qui m’accompagnaient, peuvent témoigner que nous avons parlé de perturbateurs endocriniens, de glyphosate, de l’enseignement de l’écologie en classes primaires, du Sahel et de la tragédie de Sophie Pétronin, qui venait d’être enlevée au Mali.

    La réponse de M. Pierre Rabhi suggère, entre autres choses, que l’agroécologie serait mise en accusation par notre enquête. De nombreux articles témoignent au contraire de l’intérêt porté de longue date par Le Monde diplomatique aux questions environnementales, et à l’agriculture biologique en particulier.

    L’influence intellectuelle de M. Rabhi est importante. Elle méritait donc que l’on s’attache à en comprendre les ressorts, en mettant au jour les éléments constitutifs d’une écologie apolitique.

    Tout récemment distingué par le prix Albert-Londres du livre, Jean-Baptiste Malet répond par ailleurs sur notre site, de manière détaillée, aux allégations de M. Rabhi relatives au passé de résistant du docteur Pierre Richard. Il revient sur la nature des rapports entre M. Rabhi et Gustave Thibon et, plus généralement, sur l’enquête que nous avons publiée.

    • Lire donc « Le système Pierre Rabhi » par Jean-Baptiste Malet

      https://www.monde-diplomatique.fr/2018/08/MALET/58981

      Le Monde diplomatique

      > Août 2018, pages 1, 22 et 23

      Frugalité et marketing
      Le système Pierre Rabhi

      La panne des grandes espérances politiques remet au goût du jour une vieille idée : pour changer le monde, il suffirait de se changer soi-même et de renouer avec la nature des liens détruits par la modernité. Portée par des personnalités charismatiques, comme le paysan ardéchois Pierre Rabhi, cette « insurrection des consciences » qui appelle chacun à « faire sa part » connaît un succès grandissant.
      par Jean-Baptiste Malet

      Concetto Pozzati. – « Mutabilità della terra » (Transformation de la terre), 1960-1980
      © ADAGP, Paris, 2018 - Photographie : archives Alinari, Florence - RMN-Grand Palais - Fratelli Alinari

      Dans le grand auditorium du palais des congrès de Montpellier, un homme se tient tapi en bordure de la scène tandis qu’un millier de spectateurs fixent l’écran. Portées par une bande-son inquiétante, les images se succèdent : embouteillages, épandages phytosanitaires, plage souillée, usine fumante, supermarché grouillant, ours blanc à l’agonie. « Allons-nous enfin ouvrir nos consciences ? », interroge un carton. Le film terminé, la modératrice annonce l’intervenant que tout le monde attend : « Vous le connaissez tous... C’est un vrai paysan. »

      Les projecteurs révèlent les attributs du personnage : une barbichette, une chemise à carreaux, un pantalon de velours côtelé, des bretelles. « Je ne suis pas venu pour faire une conférence au sens classique du terme, explique Pierre Rabhi, vedette de la journée « Une espérance pour la santé de l’homme et de la Terre », organisée ce 17 juin 2018. Mais pour partager avec vous, à travers une vie qui est singulière et qui est la mienne, une expérience. »

      Des librairies aux salons bio, il est difficile d’échapper au doux regard de ce messager de la nature, auteur d’une trentaine d’ouvrages dont les ventes cumulées s’élèvent à 1,16 million d’exemplaires (1). Chaussé de sandales en toute saison, Rabhi offre l’image de l’ascète inspiré. « La source du problème est en nous. Si nous ne changeons pas notre être, la société ne peut pas changer », affirme le conférencier.

      Passé la soixantième minute, il narre le fabliau du colibri qui a fait son succès : lors d’un incendie de forêt, alors que les animaux terrifiés contemplent le désastre, impuissants, le petit colibri s’active, allant chercher quelques gouttes d’eau avec son bec pour conjurer les flammes. « Colibri, tu n’es pas fou ? Ce n’est pas avec ces gouttes d’eau que tu éteindras le feu ! », lui dit le tatou. « Je le sais, mais je fais ma part », répond le volatile. Rabhi invite chacun à imiter le colibri et à « faire sa part ».

      La salle se lève et salue le propos par une longue ovation. « Cela doit faire dix fois que je viens écouter Pierre Rabhi ; il dit toujours la même chose, mais je ne m’en lasse pas », confie une spectatrice. « Heureusement qu’il est là !, ajoute sa voisine sans détacher les yeux de la scène. Avec Pierre, on n’est jamais déçu. » L’enthousiasme se répercute dans le hall adjacent, où, derrière leurs étals, des camelots vendent des machines « de redynamisation et restructuration de l’eau par vortex », des gélules « de protection et de réparation de l’ADN » (cures de trois à six mois) ou le dernier modèle d’une « machine médicale à ondes scalaires » commercialisée 8 000 euros.

      À Paris aussi, Rabhi ne laisse pas indifférent. Le premier ministre Édouard Philippe le cite lorsqu’il présente son « plan antigaspillage » (23 avril 2018). « Cet homme est arrivé comme une véritable lumière dans ma vie », affirme son ancienne éditrice, désormais ministre de la culture, Mme Françoise Nyssen (2). « Pierre a permis à ma conscience de s’épanouir et de se préciser. Il l’a instruite et il l’a nourrie. Quelque part, il a été son révélateur », ajoute M. Nicolas Hulot, ministre de la transition écologique et solidaire (3).

      En se répétant presque mot pour mot d’une apparition à une autre, Rabhi cisèle depuis plus d’un demi-siècle le récit autobiographique qui tient lieu à la fois de produit de consommation de masse et de manifeste articulé autour d’un choix personnel effectué en 1960, celui d’un « retour à la terre » dans le respect des valeurs de simplicité, d’humilité, de sincérité et de vertu. Ses ouvrages centrés sur sa personne, ses centaines de discours et d’entretiens qui, tous, racontent sa vie ont abouti à ce résultat singulier : cet homme qui parle continuellement de lui-même incarne aux yeux de ses admirateurs et des journalistes la modestie et le sens des limites. Rues, parcs, centres sociaux, hameaux portent le nom de ce saint laïque, promu en 2017 chevalier de la Légion d’honneur. Dans les médias, l’auteur de Vers la sobriété heureuse (Actes Sud, 2010) jouit d’une popularité telle que France Inter peut transformer sa matinale en édition spéciale en direct de son domicile (13 mars 2014) et France 2 consacrer trente-cinq minutes, à l’heure du déjeuner, le 7 octobre 2017, à louanger ce « paysan, penseur, écrivain, philosophe et poète » qui « propose une révolution ».
      Tradition, authenticité et spiritualité

      L’icône Rabhi tire sa popularité d’une figure mythique : celle du grand-père paysan, vieux sage enraciné dans sa communauté villageoise brisée par le capitalisme, mais dont le savoir ancestral s’avère irremplaçable quand se lève la tempête. Dans un contexte de catastrophes environnementales et d’incitations permanentes à la consommation, ses appels en faveur d’une économie frugale et ses critiques de l’agriculture productiviste font écho au sentiment collectif d’une modernité hors de contrôle. En réaction, l’inspirateur des « colibris » prône une « insurrection des consciences », une régénération spirituelle, l’harmonie avec la nature et le cosmos, un contre-modèle local d’agriculture biologique non mécanisée. Ces idées ruissellent dans les médias, charmés par ce « bon client », mais aussi à travers les activités du mouvement Colibris, fondé en 2006 par Rabhi et dirigé jusqu’en 2013 par le romancier et réalisateur Cyril Dion. Directeur de collection chez Actes Sud, fondateur en 2012 du magazine Kaizen, partenaire des Colibris, Dion a réalisé en 2015 avec l’actrice Mélanie Laurent le film Demain, qui met en scène le credo du mouvement et qui a attiré plus d’un million de spectateurs en salles.

      Le succès du personnage et de son discours reflète et révèle une tendance de fond des sociétés occidentales : désabusée par un capitalisme destructeur et sans âme, mais tout autant rétive à la modernité politique et au rationalisme qui structura le mouvement ouvrier au siècle passé, une partie de la population place ses espoirs dans une troisième voie faite de tradition, d’authenticité, de quête spirituelle et de rapport vrai à la nature.

      « Ma propre insurrection, qui date d’une quarantaine d’années, est politique, mais n’a jamais emprunté les chemins de la politique au sens conventionnel du terme, explique Rabhi sur un tract de sa campagne présidentielle de 2002. Mon premier objectif a été de mettre en conformité ma propre existence (impliquant ma famille) avec les valeurs écologistes et humanistes » — il n’obtint que 184 parrainages d’élu sur les 500 requis. Le visage caressé d’une lumière or, le candidat présenté comme un « expert international pour la sécurité alimentaire et la lutte contre la désertification » se tient parmi les blés. De l’Afrique du Nord aux Cévennes, en passant par le Burkina Faso, la trajectoire de Rabhi illustre les succès autant que les vicissitudes d’une écologie apolitique.

      Né le 29 mai 1938 à Kenadsa (région de Saoura), en Algérie, Rabah Rabhi perd sa mère vers l’âge de 4 ans et se retrouve dans une famille d’adoption, un couple de colons formé d’une institutrice et d’un ingénieur qui lui donne une éducation occidentale, bourgeoise, catholique. L’adolescent d’Oran adore « écouter La Flûte enchantée, Othello ou bien un soliste de renom » à l’opéra (4) ; il aime la littérature française et les costumes impeccablement coupés qui lui donnent l’allure d’une « gravure de mode ». Fervent catholique, il adopte à 17 ans son nom de baptême, Pierre. « Je me sentais coupable non pas de renier la foi de mes ancêtres [l’islam], mais de ne point aller propager parmi eux celle du fils de Dieu. » Pendant la guerre d’Algérie, raconte-t-il, « me voici brandissant mon petit drapeau par la fenêtre de la voiture qui processionne dans la ville en donnant de l’avertisseur : “Al-gé-rie-fran-çai-se” ».

      Il gagne Paris à la fin des années 1950 et travaille chez un constructeur de machines agricoles à Puteaux (Hauts-de-Seine) en tant que magasinier, précise-t-il lors de l’entretien qu’il nous accorde, et non en tant qu’ouvrier à la chaîne, comme on peut le lire dans Pierre Rabhi, l’enfant du désert (Plume de carotte, 2017), un ouvrage de littérature jeunesse vendu à plus de 21 000 exemplaires. C’est dans cette entreprise que le jeune homme rencontre en 1960 sa future épouse. La même année, il expédie une lettre qui changera sa vie. « Monsieur, écrit-il au docteur Pierre Richard, nous avons eu votre adresse par le père Dalmais, qui nous a appris que vous vous préoccupiez de la protection de la nature, que vous avez activement participé à la création du parc de la Vanoise, et que vous essayez d’obtenir la création de celui des Cévennes. Nous sommes sensibles à toutes ces questions et voudrions prendre une part active en retournant à cette nature que vous défendez. »

      Étudiant en médecine avant-guerre, Richard devient, en 1940, instructeur d’un chantier de la jeunesse près des mines de Villemagne (Gard), sur le mont Aigoual (5). Cette expérience hygiéniste, nationaliste et paramilitaire l’influence durablement. En décembre 1945, il soutient une thèse de médecine qui assume un « parti pris évident » : « La santé de l’homme est atteinte, et celle du paysan en particulier, et, par-delà, celle du pays, de la nation, écrit Richard — santé intégrale du corps, de l’esprit, des biens matériels, de l’âme (6). » Quatorze ans plus tard, en 1959, le docteur Richard joue son propre rôle de médecin de campagne dans un film de propagande ruraliste intitulé Nuit blanche, où il fustige l’urbanisation, l’État centralisateur, les boîtes de conserve et la politique de recrutement des entreprises publiques qui arrache les paysans à leurs « racines ».

      Sur une photographie du mariage célébré en avril 1961, le docteur Richard offre son bras à la mariée, Michèle Rabhi, tandis que Pierre Rabhi donne le sien à l’épouse du médecin de campagne. « Pierre et Anne-Marie Richard sont les parents que le magicien nous a destinés », écrit Rabhi dans son autobiographie (7). « À mon arrivée en Ardèche, c’est lui qui m’a pris sous son aile. C’était mon initiateur », complète-t-il.
      « L’homme providentiel »

      Peu après, l’apprenti paysan rencontre l’écrivain ardéchois Gustave Thibon. Acclamé par Charles Maurras dans L’Action française en juin 1942 comme « le plus brillant, le plus neuf, le plus inattendu, le plus désiré et le plus cordialement salué de nos jeunes soleils », Thibon fut l’une des sources intellectuelles de l’idéologie ruraliste de Vichy. « Ce n’est pas mon père qui était pétainiste, c’est Pétain qui était thibonien », affirmera sa fille (8). Bien que ses thuriféraires n’omettent jamais de rappeler que Thibon hébergea la philosophe Simone Weil en 1941, ce monarchiste, catholique intransigeant, antigaulliste viscéral et, plus tard, défenseur de l’Algérie française fit régulièrement cause commune avec l’extrême droite.

      Entre le jeune néorural et le penseur conservateur se noue une relation qui durera jusqu’aux années 1990. « On voyait chez lui une grande polarisation terrestre et cosmique, relate le premier. (...) J’étais alors très heureux de rencontrer un tel philosophe chrétien et j’ai adhéré à ce qu’il disait (9). » Dans le paysage éditorial français, Thibon a précédé Rabhi en tant que figure tutélaire du paysan-écrivain « enraciné » poursuivant une quête spirituelle au contact de la nature (10). Dans le hameau de Saint-Marcel-d’Ardèche où vécut Thibon, Mme Françoise Chauvin, qui fut sa secrétaire, se souvient : « Pierre Rabhi doit beaucoup à Gustave Thibon. Quand il venait ici, son attitude était celle d’un disciple visitant son maître. »

      « J’ai fait 68 en 1958 ! », s’amuse, soixante ans plus tard, l’élève devenu maître, lorsqu’il évoque son « retour à la terre ». Le paysage intellectuel des années 1960 et 1970 ne l’enchantait guère. Quand on lui cite l’œuvre du philosophe André Gorz, auteur des textes fondateurs Écologie et politique (1975) et Écologie et liberté (1977), il s’agace : « J’ai toujours détesté les philosophes existentialistes, nous dit-il. Dans les années 1960, il y en avait énormément, des gens qui ne pensaient qu’à partir des mécanismes sociaux, en évacuant le “pourquoi nous sommes sur Terre”. Mais moi, je sentais que la réalité n’était pas faite que de matière tangible et qu’il y avait autre chose. » L’homme ne s’en cache pas : « J’ai un contentieux très fort avec la modernité. »

      Sa vision du monde tranche avec la néoruralité libertaire de l’après-Mai. « Je considère comme dangereuse pour l’avenir de l’humanité la validation de la famille “homosexuelle”, alors que par définition cette relation est inféconde », explique-t-il dans le livre d’entretiens Pierre Rabhi, semeur d’espoirs (Actes Sud, 2013). Sur les rapports entre les hommes et les femmes, son opinion est celle-ci : « Il ne faudrait pas exalter l’égalité. Je plaide plutôt pour une complémentarité : que la femme soit la femme, que l’homme soit l’homme et que l’amour les réunisse (11). »

      En plus de ses fréquentations vichysso-ardéchoises, Rabhi compte parmi ses influences intellectuelles Rudolf Steiner (1861-1925), fondateur de la Société anthroposophique universelle (12). « Un jour, le docteur Richard est venu chez moi, triomphant, et il m’a mis entre les mains le livre Fécondité de la terre, de l’Allemand Ehrenfried Pfeiffer, un disciple de Steiner, raconte-t-il. J’ai adhéré aux idées de Steiner, ainsi qu’aux principes de l’anthroposophie, et notamment à la biodynamie. Lorsqu’il a fallu faire de l’agriculture, Rudolf Steiner proposait des choses très intéressantes. J’ai donc commandé des préparats biodynamiques en Suisse et commencé mes expérimentations agricoles. »

      À son arrivée en Ardèche, après une année de formation dans une maison familiale rurale, Rabhi fait des travaux de maçonnerie, travaille comme ouvrier agricole, écrit de la poésie, ébauche des romans, s’adonne à la sculpture. Sa découverte de l’agriculture biodynamique le stimule au point qu’il anime, à partir des années 1970, causeries et formations à ce sujet. Il se forge alors une conviction qui ne le quittera plus : la spiritualité et la prise en compte du divin sont indissociables d’un modèle agricole viable, lequel se place dès lors au centre de ses préoccupations. Une nouvelle fois, un courrier et la rencontre avec un personnage haut en couleur vont infléchir le cours de son histoire.

      Fondateur de la compagnie de vols charters Point Mulhouse, bien connue des baroudeurs des années 1970 et 1980, l’entrepreneur Maurice Freund inaugure en décembre 1983 un campement touristique à Gorom-Gorom, dans l’extrême nord du Burkina Faso. Grâce à cette « réplique du village traditionnel avec ses murs d’enceinte qui entourent les cours (13) », Freund compte faire de cette localité un lieu de « tourisme solidaire ». Las ! Quelques semaines plus tard, il découvre que le restaurant « traditionnel » sert du foie gras et du champagne car « des coopérants, mais aussi des ambassadeurs, viennent se détendre dans ce havre de paix ».

      Au même moment arrive une lettre de Rabhi l’invitant à visiter sa demeure en Ardèche. Devant l’insistance de celui qu’il prend d’abord pour un quémandeur, Freund se rend à la ferme. « Avant même d’échanger une parole, en plongeant mon regard dans le sien, je comprends que Pierre Rabhi est l’homme providentiel », écrit Freund. « S’inspirant des travaux de l’anthroposophe Rudolf Steiner, Pierre Rabhi a mis au point une méthode d’engrais organiques (...) qu’il a adaptée aux conditions du Sahel. Il ramasse les branches, plumes d’oiseaux, excréments de chameau, tiges de mil... Il récupère ces détritus, en fait du compost, le met en terre », s’émerveille-t-il. Il place aussitôt Rabhi à la tête de Gorom-Gorom II, une annexe du campement hôtelier où l’autodidacte initie des paysans du Sahel au calendrier lunaire de la biodynamie.

      Le 6 mai 1986, la chaîne publique Antenne 2 diffuse le premier reportage télévisé consacré à Rabhi (14). « Il y a un vice fondamental, explique le Français à Gorom-Gorom, sur fond de musique psychédélique. On s’est toujours préoccupé d’une planification matérielle, mais on ne s’est jamais préoccupé fondamentalement de la promotion humaine. C’est la conscience, c’est la conscience qui réalise. » Images de paysans au travail, gros plans sur les costumes traditionnels, paysages sublimes : le reportage fait dans le lyrisme. « Je crois que le Nord et le Sud n’ont pas fini de se disputer ma personne », conclut Rabhi. Aucune précision technique sur les méthodes agronomiques n’est en revanche donnée.

      Quelques mois plus tard, fin 1986, l’association Point Mulhouse, fondée par Freund, demande à l’agronome René Dumont, bon connaisseur des questions agricoles de la région du Sahel (15), d’expertiser le centre dirigé par Rabhi. Le candidat écologiste à l’élection présidentielle de 1974 est épouvanté par ce qu’il découvre. S’il approuve la pratique du compost, il dénonce un manque de connaissances scientifiques et condamne l’approche d’ensemble : « Pierre Rabhi a présenté le compost comme une sorte de “potion magique” et jeté l’anathème sur les engrais chimiques, et même sur les fumiers et purins. Il enseignait encore que les vibrations des astres et les phases de la Lune jouaient un rôle essentiel en agriculture et propageait les thèses antiscientifiques de Steiner, tout en condamnant [Louis] Pasteur. »

      Pour Dumont, ces postulats ésotériques comportent une forme de mépris pour les paysans. « Comme, de surcroît, il avait adopté une attitude discutable à l’égard des Africains, nous avons été amenés à dire ce que nous en pensions, tant à la direction du Point Mulhouse qu’aux autorités du Burkina Faso » (16). Deux conceptions s’opposent ici, car Dumont ne dissocie pas combat internationaliste, écologie politique et application de la science agronomique. Rabhi s’en amuse aujourd’hui : « René Dumont est allé dire au président Thomas Sankara que j’étais un sorcier. » Dumont conseillera même d’interrompre au plus vite ces formations. En pure perte, car Rabhi bénéficie de l’appui de Freund, lui-même proche du président burkinabé. Mais l’assassinat de Sankara, le 15 octobre 1987, prive Freund de ses appuis politiques. Rabhi et lui quittent précipitamment le Burkina Faso.

      Cet épisode éclaire une facette importante d’un personnage parfois présenté comme un « expert international » des questions agricoles, préfacier du Manuel des jardins agroécologiques (Actes Sud, 2012), mais qui n’a jamais publié d’ouvrage d’agronomie ni d’article scientifique. Et pour cause. « Avec l’affirmation de la raison, nous sommes parvenus au règne de la rationalité des prétendues Lumières, qui ont instauré un nouvel obscurantisme, un obscurantisme moderne, accuse-t-il, assis dans la véranda de sa demeure de Lablachère, en Ardèche. Les Lumières, c’est l’évacuation de tout le passé, considéré comme obscurantiste. L’insurrection des consciences à laquelle j’invite, c’est contre ce paradigme global. »

      Rabhi ne se contente pas d’exalter la beauté de la nature comme le ferait un artiste dans son œuvre. Il mobilise la nature, le travail de la terre et l’évocation de la paysannerie comme les instruments d’une revanche contre la modernité. Cette bataille illustre bien le malentendu sur lequel prospèrent certains courants idéologiques qui dénoncent les « excès de la finance », la « marchandisation du vivant », l’opulence des puissants ou les ravages des technosciences, mais qui ne prônent comme solution qu’un retrait du monde, une ascèse intime, et se gardent de mettre en cause les structures de pouvoir.

      « Que nous soyons riche ou pauvre, affirme Rabhi, nous sommes totalement dépendants de la nature. La référence à la nature régule la vie. Elle est gardienne des cadences justes (17). » Dans Le Recours à la terre (Terre du ciel, 1995), il fait d’ailleurs l’éloge de la pauvreté, « le contraire de la misère » ; il la présente dans les années 1990, lors de ses formations, comme une « valeur de bien-être ». Quelques années plus tard, ce parti pris se muera sémantiquement en une exaltation de la « sobriété heureuse (18) », expression bien faite pour cacher un projet où même la protection sociale semble un luxe répréhensible : « Beaucoup de gens bénéficient du secourisme social, nous explique Rabhi. Mais, pour pouvoir secourir de plus en plus de gens, il faut produire des richesses. Va-t-on pouvoir l’assumer longtemps ? » Pareille conception des rapports sociaux explique peut-être le fonctionnement des organisations inspirées ou fondées par le sobre barbichu, ainsi que son indulgence envers les entreprises multinationales et leurs patrons.

      Fondée en 1994 sous l’appellation Les Amis de Pierre Rabhi, l’association Terre et humanisme, dont un tiers du budget provient de dons tirés des produits financiers Agir du Crédit coopératif (plus de 450 000 euros par an), poursuit l’œuvre entamée par Rabhi au Burkina Faso en animant des formations au Mali, au Sénégal, au Togo, ainsi qu’en France, sur une parcelle d’un hectare cultivée en biodynamie, le Mas de Beaulieu, à Lablachère. Entre 2004 et 2016 s’y sont succédé 2 350 bénévoles, les « volonterres », qui travaillent plusieurs semaines en échange de repas et d’un hébergement sous la tente.

      Aux Amanins (La Roche-sur-Grane, Drôme), l’infrastructure d’agrotourisme née en 2003 de la rencontre entre Rabhi et l’entrepreneur Michel Valentin (disparu en 2012), lequel a consacré au projet 4,5 millions d’euros de sa fortune, s’étend sur cinquante-cinq hectares. Elle accueille des séminaires d’entreprise, des vacanciers, mais aussi des personnes désireuses de se former au maraîchage. La production de légumes repose sur deux salariés à temps partiel (vingt-huit heures hebdomadaires chacun) qu’épaule un escadron de volontaires du service civique ou de travailleurs bénévoles, les wwoofers (mot composé à partir de l’acronyme de World-Wide Opportunities on Organic Farms, « accueil dans des fermes biologiques du monde entier ») : « En échange du gîte et du couvert, les wwoofers travaillent ici cinq heures par jour, explique la direction des Amanins. Nous ne payons pas de cotisations sociales, et c’est légal. »

      Son exercice de méditation terminé, l’un des quatre travailleurs bénévoles présents lors de notre visite gratifie son repas bio d’une parole de louange et confie : « En fait, on travaille plus que cinq heures par jour, mais le logement est très confortable. Être ici, ça ramène à l’essentiel. » Malgré la taille du site et la main-d’œuvre abondante, les Amanins déclarent ne pas atteindre l’autosuffisance alimentaire et achètent 20 % de leurs légumes. « J’ai vu des gens partir en claquant la porte, en se plaignant d’être exploités, témoigne Mme Ariane Lespect, qui a travaillé bénévolement au Mas de Beaulieu, géré par Terre et humanisme, ainsi qu’aux Amanins. Mais je crois qu’ils n’ont pas compris le message de Pierre Rabhi. Sortir du système, retrouver un échange humain, c’est accepter de travailler pour autre chose qu’un salaire, et de donner. »

      Le prophète-paysan ne tire aucun profit monétaire de ces engagements bénévoles. Mais ces apprentis jardiniers sans grande expérience ni connaissances agronomiques qui bêchent le sol des « fermes Potemkine » donnent du « contre-modèle » Rabhi une image télégénique d’exploitation biologique économiquement viable — alors que ces fermes réalisent une part importante de leur chiffre d’affaires en facturant des formations.

      Le mouvement Colibris ne supervise aucune exploitation agricole. Toutefois, son actuel directeur, M. Mathieu Labonne, coordonne GreenFriends, le réseau européen des projets environnementaux de l’organisation Embracing the World (ETW), fondée par la gourou Mata Amritanandamayi, plus connue sous le nom d’Amma (19). Sa tâche consiste à développer des « écosites modèles » dans les ashrams français d’Amma : la Ferme du Plessis (Pontgouin, Eure-et-Loir) et Lou Paradou (Tourves, Var). Dans ses comptes annuels de 2017, l’association ETW France, sise à la Ferme du Plessis (six hectares), déclare avoir bénéficié de l’équivalent de 843 710 euros de travail bénévole (20), toutes activités confondues. Et l’association MAM, qui gère Lou Paradou (trois hectares), de 16 346 heures (21) de seva, « l’une des pratiques spirituelles qu’Amma nous conseille particulièrement, le travail désintéressé en conscience, appelé aussi méditation en action, explique le site Internet de l’ashram. Cuisine, travail au jardin, ménage, travaux, couture... les tâches sont variées ». Les réseaux Amma et Colibris se croisent régulièrement, que ce soit lors des venues annuelles de la gourou en France, dans les fermes d’ETW, ou dans la presse des Colibris — Amma a fait la « une » du magazine Kaizen en mars 2015.
      L’enthousiasme des patrons colibris

      À partir de 2009, année marquée par la participation de Rabhi à l’université d’été du Mouvement des entreprises de France (Medef), le fondateur des Colibris rencontre des dirigeants de grandes entreprises, comme Veolia, HSBC, General Electric, Clarins, Yves Rocher ou Weleda, afin de les « sensibiliser ». Les rapports d’activité de l’association Colibris évoquent à cette époque la création d’un « laboratoire des entrepreneurs Colibris » chargé « de mobiliser et de relier les entrepreneurs en recherche de sens et de cohérence ». « On peut réunir un PDG, un associatif, une mère de famille, un agriculteur, un élu, un artiste, et ils s’organisent pour trouver des solutions qu’ils n’auraient jamais imaginées seuls », lit-on.

      Désireux de stimuler cette imagination, Rabhi a également reçu chez lui, ces dernières années, le milliardaire Jacques-Antoine Granjon, le directeur général du groupe Danone Emmanuel Faber, ainsi que M. Jean-Pierre Petit, plus haut dirigeant français de McDonald’s et membre de l’équipe de direction de la multinationale. « J’admire Pierre Rabhi (...), je vais à toutes ses conférences », clame M. Christopher Guérin, directeur général du fabricant de câbles Nexans Europe (26 000 salariés), qui se flatte dans le même souffle d’avoir « multiplié par trois la rentabilité opérationnelle des usines européennes en deux ans » (Le Figaro, 4 juin 2018). Rabhi a également déjeuné avec M. Emmanuel Macron durant sa campagne pour l’élection présidentielle. « Macron, le pauvre, il fait ce qu’il peut, mais ce n’est pas simple, nous déclare-t-il. Il est de bonne volonté, mais la complexité du système fait qu’il n’a pas les mains libres. »

      À force de persévérance, les consciences s’éveillent. Le 8 mai 2018, à Milan, dans le cadre du salon de l’agroalimentaire Seeds & Chips, M. Stéphane Coum, directeur des opérations de Carrefour Italie, disserte devant un parterre de journalistes et d’industriels. Trois mois à peine après que M. Alexandre Bompard, président-directeur général de Carrefour, a annoncé 2 milliards d’euros d’économie, la fermeture de 273 magasins et la suppression de 2 400 emplois, le dirigeant de la succursale italienne fait défiler une présentation. Soudain, une citation appelant à l’avènement d’un « humanisme planétaire » apparaît à l’écran, accompagnée d’un visage au sourire rassurant. « Il y a six ans, j’ai commencé à lire Pierre Rabhi, déclare ce patron colibri. Pour que nous parvenions au changement, il faut que chacun “fasse sa part”. Nombreux sont aujourd’hui ceux qui veulent changer le monde, et c’est aussi la volonté de Carrefour. » Réconcilier grande distribution et sollicitude environnementale, grandes fortunes et spiritualité ascétique : la sobriété heureuse est décidément une notion élastique.

      Jean-Baptiste Malet
      Journaliste, auteur de L’Empire de l’or rouge. Enquête mondiale sur la tomate d’industrie, Fayard, Paris, 2017.

      (1) Résultats GfK, juin 2018.

      (2) Entretien avec Mme Nyssen, « Pierre Rabhi, la terre au cœur », Kaizen, hors-série spécial anniversaire, Paris, mars 2018.

      (3) Entretien avec M. Hulot, « Pierre Rabhi, la terre au cœur », op. cit.

      (4) Pierre Rabhi, Du Sahara aux Cévennes ou la Reconquête du songe, Albin Michel, Paris, 1995 (1re éd. : 1983). Les trois citations suivantes en sont tirées.

      (5) Karine-Larissa Basset, « Richard Pierre (1918-1968) », Histoire de la protection de la nature et de l’environnement, octobre 2010.

      (6) Pierre-Claude-Roger Richard, « Considérations sur le rôle social du médecin de campagne », thèse de doctorat en médecine soutenue le 13 décembre 1945.

      (7) Pierre Rabhi, Du Sahara aux Cévennes…, op. cit.

      (8) Correspondance de l’auteur avec Philippe Barthelet, coordinateur de Gustave Thibon, L’Âge d’homme, coll. « Les dossiers H », Lausanne, 2012.

      (9) Entretien avec Pierre Rabhi, Ultreïa !, n° 1, Éditions Hozhoni, La Chapelle-sous-Aubenas, automne 2014.

      (10) Lire Evelyne Pieiller, « Le terroir ne ment pas », Le Monde diplomatique, juin 2018.

      (11) « Pierre Rabhi : “Le féminin est au cœur du changement” », Kaizen, 28 mai 2018.

      (12) Lire « L’anthroposophie, discrète multinationale de l’ésotérisme », Le Monde diplomatique, juillet 2018.

      (13) Maurice Freund, Charters interdits. Quinze ans d’aventures pour la liberté du ciel, Bueb & Reumaux, Strasbourg, 1987.

      (14) « Aujourd’hui la vie », émission spéciale Afrique, Antenne 2, 6 mai 1986.

      (15) Lire René Dumont, « L’agriculture voltaïque dans le piège de la dépendance », Le Monde diplomatique, mars 1978.

      (16) René Dumont, Un monde intolérable. Le libéralisme en question, Seuil, coll. « L’histoire immédiate », Paris, 1988.

      (17) Pierre Rabhi et Juliette Duquesne, Les Excès de la finance ou l’Art de la prédation légalisée, Presses du Châtelet, coll. « Carnets d’alerte », Paris, 2017.

      (18) Pierre Rabhi, Vers la sobriété heureuse, Actes Sud, Arles, 2010, dont plus de 400 000 exemplaires ont été vendus tous formats confondus.

      (19) Lire Jean-Baptiste Malet, « Amma, l’empire du câlin », Le Monde diplomatique, novembre 2016.

      (20) « Rapport du commissaire aux comptes sur les comptes annuels. Exercice clos le 31 décembre 2017 » (PDF), Embracing the World - PKF Audit Conseil, Journal officiel, 22 juin 2018.

      (21) « Rapport du commissaire aux comptes sur les comptes annuels. Exercice clos le 31 décembre 2017 » (PDF), MAM - PKF Audit Conseil, 16 mai 2018.

      Voir le courrier des lecteurs dans notre édition de septembre 2018.