NRobin

Chargée d’Etudes Nantes / AMD

  • https://www.monde-diplomatique.fr/1998/03
    Mars 1998

    Éditorial
    Leçons d’une non-guerre
    Ignacio Ramonet • page 1
    QUELLES leçons tirer de la récente crise du Golfe ? Au moins trois. La première c’est que, dans un monde uni-polaire, les Etats-Unis, conscients d’être le plus fort des pays qui (...)

    Dossier / L’hégémonie des Etats-Unis à l’épreuve
    Scénario contrarié dans le Golfe
    Eric Rouleau • pages 1, 14 et 15 Aperçu
    Grâce à la médiation de dernière heure menée par M. Kofi Annan, secrétaire général des Nations unies, une nouvelle guerre dans le Golfe n’a pas eu lieu. Les inspecteurs de l’ONU (...)

    Au mépris du droit
    Géraud de La Pradelle • page 14 Aperçu
    L’IDÉE même de droit international est fille naturelle de la guerre : elle naquit, au XVIIe siècle, sous la plume de juristes militants qui voulaient civiliser les armes. De nos (...)

    La morale, la force et les pots de fer
    Abuzeid O. Dourda • page 15 Aperçu
    Pour les Etats-Unis, la Libye compte — avec l’Irak, l’Iran et Cuba — parmi les « grands méchants » de la planète. Accusée d’avoir commandité les attentats commis contre des avions de la (...)

    Comment Washington voudrait renverser le pouvoir irakien
    Faleh A. Jabar • pages 16 et 17 Aperçu
    LORS d’une réunion, le 9 février 1998, le ministère des affaires étrangères britannique informait des groupes de l’opposition irakienne présents à Londres que, même si l’on parvenait (...)

    Quand « notre » ami Saddam gazait ses Kurdes
    Kendal Nezan • pages 18 et 19 Aperçu
    La recherche des armes chimiques et bactériologiques irakiennes a été au cœur de la récente crise du Golfe. Le refus de Bagdad de laisser les experts des Nations unies inspecter (...)

    Divisions européennes
    Antoine Sanguinetti • page 18 Aperçu
    MALGRÉ l’accord auquel sont parvenus les Nations unies et Bagdad, les Etats-Unis ont décidé de maintenir leur présence militaire dans le Golfe. Tout demeure prêt, matériellement, (...)

    Dossiers en suspens...résolutions ignorées
    Exposition de Sophie Ristelhueber
    Inspections
    Alain Gresh


  • https://www.monde-diplomatique.fr/1998/03/BOURDIEU/3609

    Cette utopie, en voie de réalisation, d’une exploitation sans limite
    L’essence du néolibéralisme

    Qu’est-ce que le néolibéralisme ? Un programme de destruction des structures collectives capables de faire obstacle à la logique du marché pur.
    par Pierre Bourdieu
    Le monde économique est-il vraiment, comme le veut le discours dominant, un ordre pur et parfait, déroulant implacablement la logique de ses conséquences prévisibles, et prompt à réprimer tous les manquements par les sanctions qu’il inflige, soit de manière automatique, soit — plus exceptionnellement — par l’intermédiaire de ses bras armés, le FMI ou l’OCDE, et des politiques qu’ils imposent : baisse du coût de la main-d’œuvre, réduction des dépenses publiques et flexibilisation du travail ? Et s’il n’était, en réalité, que la mise en pratique d’une utopie, le néolibéralisme, ainsi convertie en programme politique, mais une utopie qui, avec l’aide de la théorie économique dont elle se réclame, parvient à se penser comme la description scientifique du réel ?

    Cette théorie tutélaire est une pure fiction mathématique, fondée, dès l’origine, sur une formidable abstraction : celle qui, au nom d’une conception aussi étroite que stricte de la rationalité identifiée à la rationalité individuelle, consiste à mettre entre parenthèses les conditions économiques et sociales des dispositions rationnelles et des structures économiques et sociales qui sont la condition de leur exercice.

    Il suffit de penser, pour donner la mesure de l’omission, au seul système d’enseignement, qui n’est jamais pris en compte en tant que tel en un temps où il joue un rôle déterminant dans la production des biens et des services, comme dans la production des producteurs. De cette sorte de faute originelle, inscrite dans le mythe walrasien (1) de la « théorie pure », découlent tous les manques et tous les manquements de la discipline économique, et l’obstination fatale avec laquelle elle s’accroche à l’opposition arbitraire qu’elle fait exister, par sa seule existence, entre la logique proprement économique, fondée sur la concurrence et porteuse d’efficacité, et la logique sociale, soumise à la règle de l’équité.

    Cela dit, cette « théorie » originairement désocialisée et déshistoricisée a, aujourd’hui plus que jamais, les moyens de se rendre vraie, empiriquement vérifiable. En effet, le discours néolibéral n’est pas un discours comme les autres. A la manière du discours psychiatrique dans l’asile, selon Erving Goffman (2), c’est un « discours fort », qui n’est si fort et si difficile à combattre que parce qu’il a pour lui toutes les forces d’un monde de rapports de forces qu’il contribue à faire tel qu’il est, notamment en orientant les choix économiques de ceux qui dominent les rapports économiques et en ajoutant ainsi sa force propre, proprement symbolique, à ces rapports de forces. Au nom de ce programme scientifique de connaissance, converti en programme politique d’action, s’accomplit un immense travail politique (dénié puisque, en apparence, purement négatif) qui vise à créer les conditions de réalisation et de fonctionnement de la « théorie » ; un programme de destruction méthodique des collectifs.

    Le mouvement, rendu possible par la politique de déréglementation financière, vers l’utopie néolibérale d’un marché pur et parfait, s’accomplit à travers l’action transformatrice et, il faut bien le dire, destructrice de toutes les mesures politiques (dont la plus récente est l’AMI, Accord multilatéral sur l’investissement, destiné à protéger, contre les Etats nationaux, les entreprises étrangères et leurs investissements), visant à mettre en question toutes les structures collectives capables de faire obstacle à la logique du marché pur : nation, dont la marge de manœuvre ne cesse de décroître ; groupes de travail, avec, par exemple, l’individualisation des salaires et des carrières en fonction des compétences individuelles et l’atomisation des travailleurs qui en résulte ; collectifs de défense des droits des travailleurs, syndicats, associations, coopératives ; famille même, qui, à travers la constitution de marchés par classes d’âge, perd une part de son contrôle sur la consommation.

    Le programme néolibéral, qui tire sa force sociale de la force politico-économique de ceux dont il exprime les intérêts — actionnaires, opérateurs financiers, industriels, hommes politiques conservateurs ou sociaux-démocrates convertis aux démissions rassurantes du laisser-faire, hauts fonctionnaires des finances, d’autant plus acharnés à imposer une politique prônant leur propre dépérissement que, à la différence des cadres des entreprises, ils ne courent aucun risque d’en payer éventuellement les conséquences —, tend globalement à favoriser la coupure entre l’économie et les réalités sociales, et à construire ainsi, dans la réalité, un système économique conforme à la description théorique, c’est-à-dire une sorte de machine logique, qui se présente comme une chaîne de contraintes entraînant les agents économiques.

    La mondialisation des marchés financiers, jointe au progrès des techniques d’information, assure une mobilité sans précédent de capitaux et donne aux investisseurs, soucieux de la rentabilité à court terme de leurs investissements, la possibilité de comparer de manière permanente la rentabilité des plus grandes entreprises et de sanctionner en conséquence les échecs relatifs. Les entreprises elles-mêmes, placées sous une telle menace permanente, doivent s’ajuster de manière de plus en plus rapide aux exigences des marchés ; cela sous peine, comme l’on dit, de « perdre la confiance des marchés », et, du même coup, le soutien des actionnaires qui, soucieux d’obtenir une rentabilité à court terme, sont de plus en plus capables d’imposer leur volonté aux managers, de leur fixer des normes, à travers les directions financières, et d’orienter leurs politiques en matière d’embauche, d’emploi et de salaire.

    Ainsi s’instaurent le règne absolu de la flexibilité, avec les recrutements sous contrats à durée déterminée ou les intérims et les « plans sociaux » à répétition, et, au sein même de l’entreprise, la concurrence entre filiales autonomes, entre équipes contraintes à la polyvalence et, enfin, entre individus, à travers l’individualisation de la relation salariale : fixation d’objectifs individuels ; entretiens individuels d’évaluation ; évaluation permanente ; hausses individualisées des salaires ou octroi de primes en fonction de la compétence et du mérite individuels ; carrières individualisées ; stratégies de « responsabilisation » tendant à assurer l’auto-exploitation de certains cadres qui, simples salariés sous forte dépendance hiérarchique, sont en même temps tenus pour responsables de leurs ventes, de leurs produits, de leur succursale, de leur magasin, etc., à la façon d’« indépendants » ; exigence de l’« autocontrôle » qui étend l’« implication » des salariés, selon les techniques du « management participatif », bien au-delà des emplois de cadres. Autant de techniques d’assujettissement rationnel qui, tout en imposant le surinvestissement dans le travail, et pas seulement dans les postes de responsabilité, et le travail dans l’urgence, concourent à affaiblir ou à abolir les repères et les solidarités collectives (3).

    L’institution pratique d’un monde darwinien de la lutte de tous contre tous, à tous les niveaux de la hiérarchie, qui trouve les ressorts de l’adhésion à la tâche et à l’entreprise dans l’insécurité, la souffrance et le stress, ne pourrait sans doute pas réussir aussi complètement si elle ne trouvait la complicité des dispositions précarisées que produit l’insécurité et l’existence, à tous les niveaux de la hiérarchie, et même aux niveaux les plus élevés, parmi les cadres notamment, d’une armée de réserve de main-d’œuvre docilisée par la précarisation et par la menace permanente du chômage. Le fondement ultime de tout cet ordre économique placé sous le signe de la liberté, est en effet, la violence structurale du chômage, de la précarité et de la menace du licenciement qu’elle implique : la condition du fonctionnement « harmonieux » du modèle micro-économique individualiste est un phénomène de masse, l’existence de l’armée de réserve des chômeurs.

    Cette violence structurale pèse aussi sur ce que l’on appelle le contrat de travail (savamment rationalisé et déréalisé par la « théorie des contrats »). Le discours d’entreprise n’a jamais autant parlé de confiance, de coopération, de loyauté et de culture d’entreprise qu’à une époque où l’on obtient l’adhésion de chaque instant en faisant disparaître toutes les garanties temporelles (les trois quarts des embauches sont à durée déterminée, la part des emplois précaires ne cesse de croître, le licenciement individuel tend à n’être plus soumis à aucune restriction).

    On voit ainsi comment l’utopie néolibérale tend à s’incarner dans la réalité d’une sorte de machine infernale, dont la nécessité s’impose aux dominants eux-mêmes. Comme le marxisme en d’autres temps, avec lequel, sous ce rapport, elle a beaucoup de points communs, cette utopie suscite une formidable croyance, la free trade faith (la foi dans le libre-échange), non seulement chez ceux qui en vivent matériellement, comme les financiers, les patrons de grandes entreprises, etc., mais aussi chez ceux qui en tirent leurs justifications d’exister, comme les hauts fonctionnaires et les politiciens, qui sacralisent le pouvoir des marchés au nom de l’efficacité économique, qui exigent la levée des barrières administratives ou politiques capables de gêner les détenteurs de capitaux dans la recherche purement individuelle de la maximisation du profit individuel, instituée en modèle de rationalité, qui veulent des banques centrales indépendantes, qui prêchent la subordination des Etats nationaux aux exigences de la liberté économique pour les maîtres de l’économie, avec la suppression de toutes les réglementations sur tous les marchés, à commencer par le marché du travail, l’interdiction des déficits et de l’inflation, la privatisation généralisée des services publics, la réduction des dépenses publiques et sociales.

    Sans partager nécessairement les intérêts économiques et sociaux des vrais croyants, les économistes ont assez d’intérêts spécifiques dans le champ de la science économique pour apporter une contribution décisive, quels que soient leurs états d’âme à propos des effets économiques et sociaux de l’utopie qu’ils habillent de raison mathématique, à la production et à la reproduction de la croyance dans l’utopie néolibérale. Séparés par toute leur existence et, surtout, par toute leur formation intellectuelle, le plus souvent purement abstraite, livresque et théoriciste, du monde économique et social tel qu’il est, ils sont particulièrement enclins à confondre les choses de la logique avec la logique des choses.

    Confiants dans des modèles qu’ils n’ont pratiquement jamais l’occasion de soumettre à l’épreuve de la vérification expérimentale, portés à regarder de haut les acquis des autres sciences historiques, dans lesquels ils ne reconnaissent pas la pureté et la transparence cristalline de leurs jeux mathématiques, et dont ils sont le plus souvent incapables de comprendre la vraie nécessité et la profonde complexité, ils participent et collaborent à un formidable changement économique et social qui, même si certaines de ses conséquences leur font horreur (ils peuvent cotiser au Parti socialiste et donner des conseils avisés à ses représentants dans les instances de pouvoir), ne peut pas leur déplaire puisque, au péril de quelques ratés, imputables notamment à ce qu’ils appellent parfois des « bulles spéculatives », il tend à donner réalité à l’utopie ultraconséquente (comme certaines formes de folie) à laquelle ils consacrent leur vie.

    Et pourtant le monde est là, avec les effets immédiatement visibles de la mise en œuvre de la grande utopie néolibérale : non seulement la misère d’une fraction de plus en plus grande des sociétés les plus avancées économiquement, l’accroissement extraordinaire des différences entre les revenus, la disparition progressive des univers autonomes de production culturelle, cinéma, édition, etc., par l’imposition intrusive des valeurs commerciales, mais aussi et surtout la destruction de toutes les instances collectives capables de contrecarrer les effets de la machine infernale, au premier rang desquelles l’Etat, dépositaire de toutes les valeurs universelles associées à l’idée de public, et l’imposition, partout, dans les hautes sphères de l’économie et de l’Etat, ou au sein des entreprises, de cette sorte de darwinisme moral qui, avec le culte du winner, formé aux mathématiques supérieures et au saut à l’élastique, instaure comme normes de toutes les pratiques la lutte de tous contre tous et le cynisme.

    Peut-on attendre que la masse extraordinaire de souffrance que produit un tel régime politico-économique soit un jour à l’origine d’un mouvement capable d’arrêter la course à l’abîme ? En fait, on est ici devant un extraordinaire paradoxe : alors que les obstacles rencontrés sur la voie de la réalisation de l’ordre nouveau — celui de l’individu seul, mais libre — sont aujourd’hui tenus pour imputables à des rigidités et des archaïsmes, et que toute intervention directe et consciente, du moins lorsqu’elle vient de l’Etat, par quelque biais que ce soit, est d’avance discréditée, donc sommée de s’effacer au profit d’un mécanisme pur et anonyme, le marché (dont on oublie qu’il est aussi le lieu d’exercice d’intérêts), c’est en réalité la permanence ou la survivance des institutions et des agents de l’ordre ancien en voie de démantèlement, et tout le travail de toutes les catégories de travailleurs sociaux, et aussi toutes les solidarités sociales, familiales ou autres, qui font que l’ordre social ne s’effondre pas dans le chaos malgré le volume croissant de la population précarisée.

    Le passage au « libéralisme » s’accomplit de manière insensible, donc imperceptible, comme la dérive des continents, cachant ainsi aux regards ses effets, les plus terribles à long terme. Effets qui se trouvent aussi dissimulés, paradoxalement, par les résistances qu’il suscite, dès maintenant, de la part de ceux qui défendent l’ordre ancien en puisant dans les ressources qu’il recelait, dans les solidarités anciennes, dans les réserves de capital social qui protègent toute une partie de l’ordre social présent de la chute dans l’anomie. (Capital qui, s’il n’est pas renouvelé, reproduit, est voué au dépérissement, mais dont l’épuisement n’est pas pour demain.)

    Mais ces mêmes forces de « conservation », qu’il est trop facile de traiter comme des forces conservatrices, sont aussi, sous un autre rapport, des forces de résistance à l’instauration de l’ordre nouveau, qui peuvent devenir des forces subversives. Et si l’on peut donc conserver quelque espérance raisonnable, c’est qu’il existe encore, dans les institutions étatiques et aussi dans les dispositions des agents (notamment les plus attachés à ces institutions, comme la petite noblesse d’Etat), de telles forces qui, sous apparence de défendre simplement, comme on le leur reprochera aussitôt, un ordre disparu et les « privilèges » correspondants, doivent en fait, pour résister à l’épreuve, travailler à inventer et à construire un ordre social qui n’aurait pas pour seule loi la recherche de l’intérêt égoïste et la passion individuelle du profit, et qui ferait place à des collectifs orientés vers la poursuite rationnelle de fins collectivement élaborées et approuvées.

    Parmi ces collectifs, associations, syndicats, partis, comment ne pas faire une place spéciale à l’Etat, Etat national ou, mieux encore, supranational, c’est-à-dire européen (étape vers un Etat mondial), capable de contrôler et d’imposer efficacement les profits réalisés sur les marchés financiers et, surtout, de contrecarrer l’action destructrice que ces derniers exercent sur le marché du travail, en organisant, avec l’aide des syndicats, l’élaboration et la défense de l’intérêt public qui, qu’on le veuille ou non, ne sortira jamais, même au prix de quelque faux en écriture mathématique, de la vision de comptable (en un autre temps, on aurait dit d’« épicier ») que la nouvelle croyance présente comme la forme suprême de l’accomplissement humain.

    Pierre Bourdieu
    Sociologue, professeur au Collège de France.

    (1) NDLR : par référence à Auguste Walras (1800-1866), économiste français, auteur de De la nature de la richesse et de l’origine de la valeur (1848) ; il fut l’un des premiers à tenter d’appliquer les mathématiques à l’étude économique.

    (2) Erving Goffman, Asiles. Etudes sur la condition sociale des malades mentaux, Editions de Minuit, Paris, 1968.

    (3) On pourra se reporter, sur tout cela, aux deux numéros des Actes de la recherche en sciences sociales consacrés aux « Nouvelles formes de domination dans le travail » (1 et 2), no 114, septembre 1996, et no 115, décembre 1996, et tout spécialement à l’introduction de Gabrielle Balazs et Michel Pialoux, « Crise du travail et crise du politique », no 114, p. 3-4.


    • Paroles et traduction de la chanson « Ya Rayah » par Dahmane Elharrachi

      Oh Emigrant

      Ya rayah win msafar trouh taâya wa twali
      Ch’hal nadmou laâbad el ghaflin qablak ou qabli
      Oh emigrant où vas-tu ? Finalement, tu dois revenir
      Combien de gens ignorants ont regretté cela avant toi et moi
      (x2)

      Chhal cheft al bouldan laamrine wa lber al khali
      Chhal dhiyaat wqat chhal tzid mazal ou t’khali
      Ya lghayeb fi bled ennas chhal taaya ma tadjri
      Tzid waad el qoudra wala zmane wenta ma tedri
      Combien de pays surpeuplés et de terres vides as-tu vu ?
      Combien de temps as-tu perdu ?
      Combien en as-tu encore à perdre ?
      Oh émigré dans le pays des autres
      Sais-tu seulement ce qui se passe ?
      Le destin et le temps suivent leur cours, mais tu l’ignores

      Aalach qalbek hzine waalach hakdha ki zawali
      Matdoum achadda wila tzid taalem ou tabni
      Maydoumou layyam walay doum seghrek ou seghri
      Ya hlilou meskine li ghab saadou ki zahri
      Pourquoi ton cœur est si triste ?
      Et pourquoi restes-tu là misérable ?
      Les difficultés prendront fin et tu n’as plus à apprendre ou construire quoi que ce soit
      Les jours ne durent pas, tout comme ta jeunesse et la mienne
      Oh pauvre garçon qui a raté sa chance tel que j’ai manqué la mienne

      Ya msafer naatik oussaayti addiha el bakri
      Chouf ma yeslah bik qbal ma tbia ou ma techri
      Ya nnayem djani khabrek ma sralek ma srali
      Hakdha rad el qalb bel djbine sabhane el aali
      Oh voyageur, je te donne un conseil à suivre tout de suite
      Vois ce qui est dans ton intérêt avant que tu ne vendes ou achètes
      Oh dormeur, tes nouvelles me parvenaient
      Et ce qui t’est arrivé m’est arrivé
      Ainsi, le cœur revient à son créateur, le plus Grand.

      Chanteurs : Dahmane Elharrachi
      Albums : Chaâbi


  • La source des femmes (2011) Complet Français" sur YouTube
    https://youtu.be/liA_PlTHS-U


    Ca se passe dans un petit village, quelque part entre l’Afrique du Nord et le Moyen-Orient. Les femmes vont chercher l’eau à la source, en haut de la montagne, sous un soleil de plomb, et ce depuis la nuit des temps. Leila, jeune mariée, propose aux femmes de faire la grève de l’amour : plus de câlins, plus de sexe tant que les hommes n’apportent pas l’eau au village.


  • https://francais.rt.com/opinions/36973-election-presidentielle-francaise-intrus-ovni
    Election présidentielle française : l’intrus et l’ovni
    Par Jean Bricmont
    17 avr. 2017
    https://cdni.rt.com/french/images/2017.04/article/58f4a895c4618828498b4614.jpg
    François Asselineau, président du parti UPR et candidat à l’élection présidentielle française de 2017
    Le parti de François Asselineau, l’Union Populaire Républicaine, peut espérer un bel avenir après cette élection française, qui subit « l’intrusion » de la question européenne, juge l’essayiste Jean Bricmont.

    Il y a un intrus dans l’élection présidentielle française, la question européenne, et un ovni, Francois Asselineau, président de l’Union populaire républicaine dont le programme se fonde avant tout sur la « triple sortie » de la France de l’Union européenne, de l’euro et de l’OTAN.

    La question européenne fait surface parce que les Français, comme les autres peuples européens, se rendent compte petit à petit qu’ils vivent dans un autre pays que le leur, à savoir en « Europe ». La grande force de la « construction européenne » est d’être restée jusque récemment relativement invisible aux yeux des citoyens des divers pays européens. Mais la crise grecque et la crise des migrants ont forcé les citoyens européens à se rendre compte qu’ils étaient gouvernés, en ce qui concerne les grandes orientations, par des entités non élues, comme la Commission européenne ou la Cour de justice de l’Union européenne. De plus, toute la politique économique des gouvernements européens est déterminée par le caractère commun de la monnaie, l’euro, et par les traités de libre échange.

    Le libre échange entre pays de même niveau de développement ne pose pas les mêmes problèmes que le libre échange généralisé imposé par les traités européens

    Le problème de l’euro est simple : avant son introduction les monnaies des différents pays ont évolué dans des directions assez constantes, en dehors des fluctuations boursières : par exemple, le mark allemand augmentait sa valeur par rapport aux monnaies des pays du sud, et cela non pas de quelques pourcents, mais par des facteurs 3 ou 4 au cours des décennies. L’introduction de l’euro signifiait qu’on allait arrêter ces évolutions par une décision politique, dans des économies qui restaient néanmoins soumises aux « lois du marché ». Or ces évolutions étaient en partie la conséquence des lois du marché et reflétaient les différences de compétitivité ou d’efficacité des différents pays.

    Comment allait-on accomplir le miracle consistant à abolir les divergences entre monnaies ? On pouvait soit construire un véritable super-état européen, avec transferts entre régions riches et pauvres, soit faire en sorte que les différences entre pays s’estompent. Mais la crise grecque a montré que la première solution était politiquement inacceptable aux yeux des Allemands et des citoyens d’autres pays du Nord. La deuxième solution suppose ce qu’on appelle les politiques d’austérité : si on veut rendre une économie plus compétitive sans en laisser fluctuer la monnaie, il faut baisser les salaires directs et indirects. Mais les deux méthodes n’ont pas les mêmes effets, parce qu’une dévaluation progressive de la monnaie est une forme de protectionnisme économique, qui peut stimuler la production intérieure, tandis que les politiques d’austérité peuvent avoir un effet déflationniste.

    Si l’Union européenne disparaissait demain, pourquoi l’Allemagne attaquerait-elle la France, puissance nucléaire ?

    Les traités de libre échange, qui interdisent toute limitation aux délocalisations, non seulement en Europe mais même en dehors de l’Europe (voir l’Article 63 du Traité sur le fonctionnement de l’Union européenne : Dans le cadre des dispositions du présent chapitre, toutes les restrictions aux mouvements de capitaux entre les Etats membres et entre les Etats membres et les pays tiers sont interdites), ainsi que la libre circulation des travailleurs à l’intérieur de l’Europe posent un autre problème. Le libre échange entre pays de même niveau de développement ne pose pas les mêmes problèmes que le libre échange généralisé imposé par les traités européens, parce qu’il met en concurrence directe des travailleurs relativement bien payés ici et d’autres qui le sont très mal.

    Cette situation crée une nouvelle sorte de lutte des classes entre ceux qui bénéficient à la fois d’un emploi stable et bien payé et de l’afflux de biens et de travailleurs à bas coût et ceux qui sont mis en concurrence la plus directe possible avec ces producteurs de biens et ces travailleurs. Il est plus facile de voir la mondialisation comme étant heureuse quand on est notaire, fonctionnaire ou professeur d’université que lorsqu’on est plombier, paysan, restaurateur ou femme de ménage.

    Cela n’a aucun sens de « sortir des traités » comme le propose Mélenchon

    La gauche, qui est en fait dominée par des intellectuels, a accepté cette « mondialisation heureuse » au nom de slogans trompeurs sur la paix, l’antiracisme ou l’internationalisme. Mais il n’y a rien de raciste ou de nationaliste à vouloir une forme de protectionnisme économique ou de souveraineté nationale, à moins de considérer tous les pays indépendants du monde (en dehors de l’Europe) comme racistes.

    Pour ce qui est de la paix, elle dépend avant tout d’un équilibre des forces. Si l’Union Européenne disparaissait demain, pourquoi l’Allemagne attaquerait-elle la France, puissance nucléaire, ou l’inverse ? Par ailleurs, que ce soit dans les guerres coloniales ou dans les guerres humanitaires récentes, divers pays européens ont participé à des guerres en dehors de l’Europe. L’Union Européenne, liée à l’OTAN, pousse constamment à la confrontation avec la Russie.

    Le mécontentement face à l’Union européenne s’est d’abord exprimé surtout à droite, à travers le Front national, puis à gauche, d’abord avec le référendum de 2005, et aujourd’hui avec le mouvement des « insoumis ». On a longtemps parlé de « changer l’Europe » et plus récemment, de « renégocier les traités ». Mais, et c’est là que l’on voit que ces traités représentent une véritable perte de souveraineté nationale, ils ne peuvent être modifiés qu’avec l’accord unanime des Etats membres. La situation est radicalement différente de ce qui se passe dans des contrats privés entre deux parties ou des traités bilatéraux entre Etats souverains.

    C’est là qu’intervient notre ovni, Francois Asselineau : avec une maîtrise spectaculaire des dossiers, une connaissance approfondie de l’histoire et de la géo-politique, il rappelle à tout le monde que cette renégociation des traités est simplement impossible. Imagine-t-on la Pologne par exemple accepter une modification des règles européennes qui permettrait de limiter soit les délocalisations vers ce pays, soit la possibilité pour les Polonais de venir proposer leurs services à bas coût en France ?

    Si l’UPR ne se décourage pas après le premier tour, probablement décevant, elle gardera un bel avenir devant elle

    De plus, cela n’a aucun sens de « sortir des traités » comme le propose Mélenchon dans son plan B. On renégocie des traités (c’est son plan A, qui ne peut pas marcher) ou on dénonce des traités, ce qui revient à sortir de l’Union européenne, mais que veut dire « sortir des traités » ? Ne pas les respecter ? Mais cela revient à s’attirer des sanctions qui, si elles sont à leur tour rejetées, amènent à la sortie de l’Union Européenne.

    En fin de compte, il n’y a que deux solutions : on reste dans l’Union européenne et on en accepte les règles ou on en sort en invoquant l’article 50, qui permet cette sortie, comme viennent de le faire les Britanniques. Le grand mérite d’Asselineau est d’avoir mis cette évidence sur la table.

    Il est néanmoins évident qu’Asselineau ne sera pas élu. Si la campagne durait six mois, les choses seraient différentes, mais un candidat qui a été totalement ignoré des grands médias pendant les dix années d’existence de son parti et dont les idées sont encore tournées en ridicule par la plupart des journalistes ne peut pas espérer faire un score électoral spectaculaire.

    De plus, des décennies d’endoctrinement sur la nécessité et le caractère irréversible de la construction européenne risquent de faire élire le plus européiste de tous les candidats, Emmanuel Macron.

    Mais cette élection aura au moins le mérite d’avoir mis la question européenne au centre des débats. Si les votes « euro-sceptiques » (en gros, ceux pour Le Pen, Dupont-Aignan, Asselineau et une partie des votes pour Mélenchon et Fillon) totalisent un bon score, les instances européennes seront dans une impasse : en effet, soit elles reculent et se mettent d’accord pour démanteler pacifiquement l’euro, ce qui serait une façon de sortir temporairement de la crise, ou elles ignorent les mesures protectionnistes que certains pays pourraient prendre (les traités sont déjà violés de différentes façons : voir à ce sujet le livre de Coralie Delaume et David Cayla, La Fin de l’Union européenne, Edition Michalon, 2017), mais alors que devient leur rêve de construction d’un état supra-national ? Soit elles vont de l’avant vers un tel état, mais elles se heurteront alors à la colère des peuples. Soit encore, ce qui est le plus probable, elles font du sur place et aucun problème ne sera réglé.

    Quoi qu’il en soit, elles resteront confrontées au problème fondamental de leur construction : en l’absence d’un sentiment collectif d’appartenance à un « peuple européen », qui n’existe simplement pas, la construction européenne ne peut qu’être une construction élitiste et bureaucratique qui rencontrera de plus en plus d’opposition.

    Si l’UPR ne se décourage pas après le premier tour, probablement décevant, elle gardera un bel avenir devant elle.

    Du même auteur : Le monde à l’envers
    https://francais.rt.com/opinions/33290-monde-envers

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  • Intervenir ou pas en Syrie : le dilemme ! — Ce soir (ou jamais !) le 06/09/2013, quand la France était normale ! NRobin
    https://www.youtube.com/watch?v=5ynlrktlrBo&feature=youtu.be


    Les invités de Frédéric Taddeï débattent de la possible intervention en Syrie. Pour en parler seront présents : Dominique de Villepin Ancien Premier ministre et ancien ministre des Affaires étrangères Elisabeth Guigou Présidente de la commission des affaires étrangères à l’Assemblée Randa Kassis Journaliste syrienne, ancienne membre du Conseil national syrien Michel Collon Journaliste, polémiste et essayiste belge, fondateur du collectif indépendant Investig’Action Monzer Makhous « Ambassadeur » de la coalition nationale syrienne chez François Hollande Frédéric Encel Géopoliticien, Docteur HDR en géopolitique, professeur à l’ESG Management School et maître de conférences à Sciences-Po Paris Julie Saada MCF en philosophie, IUFM Nord - Pas de Calais, Université d’Artois


  • Le Meilleur des mondes. A méditer ! NRobin

    https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=2777083879029988&id=100001852080260&sfnsn=mo

    PHILOSOPHIE, LITTÉRATURE ET CINÉMA

    PHILITT

    Le Meilleur des mondes ou l’illusion d’un bonheur éternel

    LITTÉRATURE ISMAËL EL YAMANI 13 AVRIL 2016

    Le visionnaire Aldous Huxley, dans sa célèbre dystopie Le meilleur des mondes, crée une société fictive mêlant productivisme, technocratisme, eugénisme et contrôle intégral de l’individu. En préfigurant les totalitarismes, il a montré avant l’heure en quoi le scientisme aveugle ne pouvait mener qu’au désastre.

    Aldous Huxley

    Paru en 1932, période de la montée des nationalismes et des totalitarismes, Le meilleur des mondes est devenu une référence du roman d’anticipation, à l’instar du 1984 de George Orwell. Cette dystopie, arborant un visage terrifiant, se déroule en 600 N.F (Nouvelle Ford). Ford, devenu une sorte de Jésus Christ moderne dans le livre, est l’un des créateurs d’une forme de travail dans laquelle les ouvriers consomment ce qu’ils produisent pour un salaire de 5 dollars. C’est la naissance de la célèbre Ford T noire si uniforme, si novatrice, initiatrice de la consommation de masse. Pétri d’une culture autant scientifique que littéraire, Aldous Huxley est l’auteur de quarante-sept livres qui ont pour principaux thèmes les dangereuses mutations des sociétés occidentales et la quête spirituelle des êtres.

    La dystopie d’Huxley est eugéniste, elle n’hésite pas à mettre à mort les enfants qui ne correspondent pas aux critères prédéfinis. Les êtres humains ne sont plus vivipares, les enfants sont créés dans des tubes par des machines et leur destin est tracé dès le départ. Lors de leur développement, si une difformité ou une malformation apparaît, ils appartiendront aux castes inférieures Deltas et Epsilon, celles des monstres. On peut délibérément augmenter le nombre de cette caste en intervenant tôt dans la gestation et en modifiant le milieu de croissance. En revanche si un surplus d’intelligence est détecté, les êtres appartiendront à l’élite, la caste des Alphas et Bêtas. Dès leur naissance, les enfants sont conditionnés. Les mécanismes cérébraux qui sous-tendent la mémoire, les pensées, les émotions, les comportements sont sous contrôle permanent grâce à des procédés multiples et sophistiqués. Des livres et des fleurs sont montrés accompagnés très tôt aux enfants accompagnés systématiquement d’une décharge électrique ; l’objectif est d’associer de façon permanente douleur et lecture ou douleur et fleurs. La lecture est proscrite car pouvant amener des idées subversives, de même que la contemplation de la Nature susceptible de favoriser la solitude, état insupportable dans cette société où la présence des autres autour de soi se doit d’être permanente. L’innovation scientifique poussée à l’extrême empêche les gens de vieillir, et les prive de la survenue des marques dues au temps, comme les rides. Nous sommes sur le chemin du rêve transhumaniste, celui de l’homme augmenté, qui grâce à la science voit ses capacités croître jusqu’à faire de lui un être immortel. Mais serait-il toujours humain à ce moment-là ? La réalité de la mort donne du prix à la vie ; s’en affranchir, est-ce vivre encore ?

    La dénonciation du bonheur obligatoire

    Guy Debord

    Dans cette société huxleyienne, il est interdit d’être malheureux. Dès qu’une pensée mauvaise traverse l’esprit, il suffit de prendre du Soma, une drogue définie par l’Administrateur comme constituant « tous les avantages du Christianisme et de l’alcool sans aucun de leurs défauts », c’est une sorte d’anxiolytique, incontournable pour retrouver le sourire. Le conditionnement des individus les pousse non seulement à être heureux de leur sort et de la caste à laquelle ils appartiennent mais les détermine à penser qu’une situation autre est inenvisageable. Le gouvernement instaure une « paix sociale » dans laquelle toute révolte est impossible, insensée puisque non nécessaire et non voulue ; tous les besoins sont supposés être comblés. Lorsque Bernard Marx commence à s’interroger sur lui-même et sur son instrumentalisation, qu’il tente d’en discuter avec Lenina, sa nouvelle conquête, celle-ci s’en étonne. Le conditionnement qu’elle a subi l’empêche de se voir comme un objet sexuel. Sa chosification attriste Bernard Marx qui ressent pour elle un désir monogame – suprême perversion ! – mais elle-même ne s’en émeut en rien.

    Le bonheur permanent prôné se révèle dévastateur, les individus ne peuvent encaisser la moindre contrariété. Ils deviennent fragiles, incapables de supporter la violence ou la critique car ils n’ont jamais été confrontés à de telles situations. À l’âge adulte, ils restent des enfants, inaptes à accepter la frustration, refusant les limites imposés par toute autre personne que celle ayant officiellement autorité sur eux. La société de bonheur permanent décrite par Huxley se révèle par certains côtés proches de celle de l’American way of life. Ainsi, le Cinéma Sentant, concept permettant aux spectateurs de sentir sur eux-mêmes toutes les actions du film, est à rapprocher par son côté aliénant, asservissant de celui décrit par Guy Debord, quand il évoque la T.S.F comme préfiguratrice de la société du spectacle : « L’aliénation du spectateur au profit de l’objet contemplé s’exprime ainsi : plus il contemple, moins il vit ; plus il accepte de se reconnaître dans les images dominantes du besoin, moins il comprend sa propre existence et son propre désir… »

    On peut également rapprocher la société décrite d’un État totalitaire. Quand en 1951, Hannah Arendt publie Les origines du totalitarisme, elle explique que ce phénomène politique inédit incarne l’effondrement d’une sagesse qui servait de socle à la politique occidentale. Comme dans l’ouvrage d’Huxley, la nouveauté de l’organisation réside dans sa finalité qui consiste à rassembler des masses et non plus des classes ; cette multitude de gens informes, indifférents les uns aux autres, embrigadés, ce qui donne la possibilité de les conditionner et d’installer un lien vertical fort.

    Modernité ou totalitarisme

    Le Sauvage est le seul personnage à ne pas avoir subi de conditionnement. Lorsque Bernard Marx le ramène pour le présenter à son père, le chef Tomakin, le Sauvage se révèle incapable de comprendre encore moins de suivre les règles de cette civilisation. On apprend que lorsqu’il a été mis au monde, sa mère ne lui a exprimé aucun amour, n’a eu envers lui aucun geste d’affection. Rien de plus normal. Sa mère Linda, issue de cette société du bonheur permanent, n’a jamais été habituée à manifester le moindre sentiment. Les mots tels que « monogamie », « mère », et « père » étaient supprimés, bannis du vocabulaire de la communauté. Le Sauvage reproche à cette société la perte de relation avec soi qu’elle instaure. Les individus considérés uniquement comme des consommateurs sont obnubilés par la satisfaction de leurs besoins basiques. Ils ne recherchent aucune spiritualité et encore moins d’explications sur ce qui régit le monde qui les entoure… Ainsi, le Sauvage est peiné quand l’un de ses amis rit moqueusement lors d’une lecture de Shakespeare. Que ce soit Dieu, Shakespeare, la Solitude, tout ce qui est sérieux est considéré comme dérisoire, car dépassé par la modernité. Dans le monde décrit par Huxley, tout ce qui est incompréhensible des contemporains du Sauvage est considéré par principe comme obsolète. Ce dernier est regardé avec stupéfaction lorsqu’il ose jeter le Soma et parler de liberté. Lorsqu’il est arrêté par l’Administrateur et que celui-ci lui demande s’il souhaite acquérir « le droit de vieillir, de devenir laid et impotent ; du droit d’avoir la syphilis et le cancer », il répond « je les réclame tous ». Il préfère largement vivre de façon lucide et endurer les réalités, aussi atroces soient-elles, d’une vraie vie, être capable d’affronter les douleurs du monde plutôt que de subir un bonheur artificiel qui ne repose sur rien.

    Le personnage du Sauvage qui s’inscrit dans un premier temps dans la tradition du « bon sauvage » popularisée par Daniel Defoe dans Robinson Crusoë, évolue par la suite. Il arrive à prendre de la distance, à réfléchir par lui-même et affirmer son opposition. Huxley par son biais exprime sa méfiance profonde envers l’État. Il consacrera dans son ouvrage : Retour au meilleur des mondes un chapitre à « l’excès d’organisation » qui mène au totalitarisme. Dans cet essai de 1958, Huxley constate combien ses prédictions entraient déjà dans les mœurs, bien plus rapidement qu’il ne l’escomptait. Il exprime ses craintes d’un Etat omniscient où « un homme soit […] obligé de penser, de sentir et d’agir comme le veulent les représentants de l’État ». Que dirait-il de notre monde avec son « prêt-à-penser » et ses injonctions péremptoires comme « manger cinq fruits et légumes par jour », « se faire dépister c’est prendre soin de son avenir » ou « les médicaments ne les prenez pas n’importe comment » ?


  • Isaac et Nora. Magnifique ! NRobin

    Isaac et Nora chantent « Veinte años »
    https://www.koreus.com/video/isaac-nora-veinte-anos.html

    https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=1021227321600212&id=831785520544394

    Accompagnés de leur papa Nicolas Restoin à la guitare, Isaac, 11 ans, et sa sœur Nora, 8 ans, chantent « Veinte años », une chanson écrite par Guillermina Aramburu et composée par Maria Teresa Vera en 1935, reprise depuis par les plus grands artistes

    Jazz
    https://www.facebook.com/831785520544394/videos/257606095086811

    Les feuilles mortes
    https://www.facebook.com/831785520544394/videos/410947136102382


  • Je découvre BENSAADA. Excellent ! N Robin

    Algérie : les caricaturistes et le hirak
    https://www.investigaction.net/fr/algerie-les-caricaturistes-et-le-hirak
    https://www.investigaction.net/wp-content/uploads/2019/05/peuple-art7-640x590.jpg

    Dans un article dithyrambique publié le 2 mai dernier dans les colonnes de l’Humanité, la journaliste Rosa Moussaoui a encensé certains caricaturistes algériens, les plus en vue dans l’effervescence « révolutionnaire » du moment. « Crayon au poing, ils brisent tous les tabous, franchissent toutes les lignes rouges », nous dit-elle[1]. Et elle ne pouvait si bien dire. Ils en ont franchi des lignes rouges, mais pas uniquement celles auxquelles elle fait référence dans son panégyrique.

    Situons tout d’abord le personnage de l’auteure de l’article. Rosa Moussaoui est reporter (souvent affublée de l’épithète « grand ») à l’Humanité. Très active depuis le début du mouvement de contestation, elle suit de sa prose les évènements politiques qui animent la scène politique algérienne. Prose qui trahit parfois un alignement idéologique tendancieux comme on peut s’en rendre compte à la lecture de ce titre : « En Kabylie, un peuple debout pour ressusciter le pays »[2]. D’ailleurs, n’avait-elle pas affiché son soutien au MAK (Mouvement pour l’Autonomie de la Kabylie) lors de la polémique entourant la participation de ce mouvement à la fête de l’Humanité en 2017[3] ?

    La « grand » reporter nous présente donc trois caricaturistes algériens qui, précise-t-elle, « tiennent la chronique d’une joyeuse révolution ». Il s’agit de Ali Dilem, Hicham Baba Ahmed, alias Le Hic, et Ghilas Aïnouche.
    La suite : https://www.investigaction.net/fr/algerie-les-caricaturistes-et-le-hirak


  • Merci Si Bruno ! N Robin

    https://www.legrandsoir.info/la-democratie-genocidaire.html

    Et pour les arabisants : article traduit en arabe
    http://orhay.net/index.php?singlePage=MjA1NQ%3D%3D

    La démocratie génocidaire
    Bruno GUIGUE

    S’exprimant devant les diplômés de l’académie militaire de West Point, le vice-président américain Mike Pence vient de leur annoncer qu’ils iraient bientôt se battre « contre les terroristes en Afghanistan et en Irak », bien sûr, mais aussi « contre la Corée du Nord qui continue de menacer la paix », « contre la Chine qui défie notre présence dans la région » et « contre la Russie agressive qui cherche à redéfinir les frontières par la force ». Autrement dit, M. Pence parle comme si les Etats souverains cités dans son propos avaient quelque chose de commun avec les organisations criminelles que Washington affirme combattre sans répit depuis les attentats du 11 septembre 2001. Amalgame stupéfiant, menace militaire à peine voilée, arrogance d’un Etat qui se croit dépositaire à vie d’un imperium planétaire, cette déclaration cumule les travers symboliques de l’idéologie yankee appliquée au reste du monde.

    Mais puisque la « nation exceptionnelle » veut en découdre avec tous ceux qui lui déplaisent, il serait beaucoup plus simple qu’elle indique contre qui elle n’envisage aucune action militaire, on gagnerait du temps. Le monde n’est-il pas à sa disposition, objet passif de ses initiatives salvatrices et de ses élans purificateurs ? Dispensatrice d’une justice immanente taillée à sa mesure, la nation au « destin manifeste » ne fixe aucune limite physique à son aura bienfaisante. L’extraterritorialité est sa seconde nature. Et pour atteindre ses objectifs, elle pratique sans vergogne une rhétorique de l’inversion accusatoire qui atteint aujourd’hui, contre l’Iran, des sommets inégalés. Etranglé par un embargo auquel Washington veut convertir la terre entière, cerné par une trentaine de bases militaires américaines, menacé par le déploiement d’une armada aéronavale à proximité de ses côtes, ce pays qui n’a jamais envahi ses voisins est accusé de « s’approcher dangereusement » des forces de l’Oncle Sam. On croit rêver.

    Cette propagande surréaliste faisant partie du soft power de l’empire, il n’est pas étonnant qu’elle soit relayée par les médias dominants. Dans un autre registre, la presse occidentale multiplie les condamnations indignées et les mises en garde comminatoires envers la Chine à l’occasion du trentième anniversaire du drame de Tiananmen (1989). Pour le quotidien Le Monde, ce déchaînement de « violence inouïe » a révélé le visage totalitaire du régime post-maoïste. Mais cette presse férue des droits de l’homme devrait compléter le tableau pour édifier ses lecteurs. Les millions de victimes des guerres occidentales, en effet, ont démontré la supériorité morale de la démocratie et attesté l’universalité de son message salvateur. Enfin débarrassé de son rival soviétique, l’Occident triomphant s’en est donné à cœur joie. Il a multiplié les frappes chirurgicales à fins humanitaires, les « changements de régime » pour le triomphe du Bien, les embargos sur les médicaments pour former la jeunesse et les « plans d’ajustement structurel » destinés à mettre au travail les fainéants des contrées tropicales.

    Le triomphe planétaire de la démocratie libérale, combien de morts au juste ? Quelques millions, mais c’est sans importance : la lutte contre le totalitarisme était à ce prix. Pour Madeleine Albright, icône des droits de l’homme et secrétaire d’État de l’administration Clinton, les 500 000 enfants irakiens tués à petit feu par l’embargo ne comptent pas : « le prix à payer en valait la peine » (« the price worth it »). Victimes insignifiantes, passées par pertes et profits, de mesure nulle devant l’immensité des bienfaits prodigués par la démocratie d’importation. En 2019, elle a publié un livre dans lequel elle dénonce le « fascisme » qui menace l’Europe et les Etats-Unis. Mais qu’on ne compte pas sur cette belle âme pour s’émouvoir des conséquences de la politique américaine. L’économiste Jeffrey Sachs a récemment révélé les résultats d’une étude consacrée aux effets de l’embargo américain contre le Venezuela. 40 000 morts depuis 2017, tel est le bilan. Pour la plupart, des enfants privés de traitements trop coûteux ou de médicaments désormais inaccessibles. Mais ce n’est pas du « fascisme », bien sûr. C’est le châtiment mérité des ignominies commises par les chavistes, coupables d’avoir nationalisé le pétrole et endigué la pauvreté. C’est le « prix à payer » pour restaurer les « droits de l’homme » dans un pays où le parti au pouvoir, pourtant victorieux aux élections, est accusé d’installer une affreuse dictature.

    La coïncidence est frappante entre la promotion de la démocratie occidentale et le massacre de masse qui en est l’application pratique. Le scénario est toujours le même : on commence avec la déclaration des droits de l’homme et on finit avec les B 52. Or ce tropisme de la politique étrangère des Etats-Unis – et de leurs alliés - est une conséquence directe de leur libéralisme. Cet aspect de l’histoire des idées est peu connu, mais la doctrine libérale a parfaitement assimilé l’idée que pour garantir la liberté des uns, il fallait s’assurer de la soumission des autres. Père fondateur des Etats-Unis, un libéral comme Benjamin Franklin, par exemple, était opposé à l’installation de réseaux d’assainissement dans les quartiers pauvres, car elle risquait, en améliorant leurs conditions de vie, de rendre les ouvriers moins coopératifs. En somme, il faut bien affamer les pauvres si l’on veut les soumettre, et il faut bien les soumettre si l’on veut les faire travailler pour les riches. A l’échelle internationale, la puissance économique dominante applique exactement la même politique : l’embargo qui élimine les faibles contraindra les survivants, d’une manière ou d’une autre, à servir leurs nouveaux maîtres. Sinon, il reste encore les B 52 et les missiles de croisière.

    Ce n’est pas un hasard si la démocratie américaine, ce modèle diffusé dans tous les foyers du village planétaire par Coca-cola, a été fondée par des planteurs esclavagistes et génocidaires. Il y avait 9 millions d’Amérindiens en Amérique du Nord en 1800. Un siècle plus tard, ils étaient 300 000. Comme dirait Alexis de Tocqueville, « La démocratie en Amérique » est passée par là, avec ses couvertures empoisonnées et ses mitrailleuses Gatling. Les sauvages emplumés du nouveau Monde préfiguraient les enfants irakiens dans le rôle de cette humanité surnuméraire dont on se déleste, sans remords, si les circonstances l’exigent. D’un siècle à l’autre, les Américains ont donc transposé à l’échelle du monde leur modèle endogène. En 1946, le théoricien de la guerre froide et apôtre du containment anticommuniste George Kennan écrivait aux dirigeants de son pays que leur tâche séculaire serait de perpétuer l’énorme privilège octroyé par les hasards de l’histoire aux Etats-Unis d’Amérique : posséder 50 % de la richesse pour 6 % à peine de la population mondiale. Les autres nations seront jalouses, elles voudront une plus grosse part du gâteau, et il faudra les en empêcher. Bref, la « nation exceptionnelle » n’a pas l’intention de partager les bénéfices.

    Une caractéristique majeure de l’esprit américain a favorisé cette transposition de la « démocratie américaine » à l’échelle du monde. C’est la conviction de l’élection divine, l’identification au Nouvel Israël, bref le mythe de la « destinée manifeste ». Tout ce qui vient de la nation élue de Dieu appartient derechef au camp du Bien, y compris les bombes incendiaires. Cette mythologie est le puissant ressort de la bonne conscience yankee, celle qui fait vitrifier des populations entières sans le moindre état d’âme, comme le général Curtis Le May, chef de l’aviation américaine, se vantant d’avoir grillé au napalm 20 % de la population nord-coréenne. Les USA ont réalisé une conjonction inédite entre une puissance matérielle sans précédent et une religion ethnique inspirée de l’Ancien Testament. Mais cette puissance a été surclassée en 2014 lorsque le PIB chinois, en parité de pouvoir d’achat, a dépassé celui des Etats-Unis. Et il n’est pas sûr que l’Ancien Testament suffise à perpétuer une domination qui s’effrite inexorablement.

    Bruno GUIGUE


  • Oui je le crois sincèrement maintenant ! N ROBIN

    Pour Patrick Poivre d’Arvor, le peuple algérien mérite le prix Nobel de la paix

    https://www.observalgerie.com/actualite-algerie/pour-patrick-poivre-arvor-peuple-algerien-merite-prix-nobel-paix

    Par Ahmed Oul 3 mai 2019

    Le journaliste et écrivain français Patrick Poivre d’Arvor a déclaré, le mercredi 1er mai, que le peuple algérien mériterait le prix Nobel de la paix pour l’exemple formidable de pacifisme qu’il a donné au monde à travers les manifestations populaires en Algérie.

    L’ancien présentateur vedette de la chaîne française TF1 a rendu un vibrant hommage au peuple algérien, pour son comportement pacifique et civilisé dans sa révolution joyeuse. Il estime que le peuple algérien mériterait d’être primé du prix Nobel de la paix. « L’exemple que nous donne le peuple algérien est formidable, il mériterait le prix Nobel de la paix », a-t-il déclaré sur son compte Twitter.

    Il faut noter que cette déclaration a aussi été faite par Patrick Poivre d’Arvor lors de l’émission « Elie sans interdit », sur la chaîne israélienne I24 News.


  • Le courrier des stratèges

    Maxime Chaix : En Syrie, cette vaste guerre de l’ombre que l’on a oubliée
    7 avril 2019

    http://www.lecourrierdesstrateges.fr/2019/04/07/chaix-en-syrie-cette-vaste-guerre-de-lombre-que-lon-a-oubliee

    Après huit ans de guerre en Syrie, l’opération de la CIA et de ses alliés contre Damas tombe dans l’oubli. Un nouveau livre soutient qu’il faut s’en souvenir et la dénoncer pour ne pas qu’une telle catastrophe ne se reproduise dans d’autres pays.

    En Occident, les attaques du 11-Septembre, la malnommée « guerre contre le terrorisme », et la montée en puissance de l’« État Islamique » dans le contexte de la guerre en Syrie ont amené la nébuleuse al-Qaïda au centre du débat public. En effet, depuis bientôt deux décennies, de nombreux spécialistes se sont emparés de cette question, mais en décrivant le plus souvent cette mouvance terroriste comme un obscur réseau uniquement considéré comme un ennemi par les puissances occidentales. Or, s’il est vrai que les armées et les services spéciaux américains et européens combattent différents groupes jihadistes à travers le monde, des composantes majeures de cette nébuleuse furent appuyées et utilisées comme forces paramilitaires dans les guerres secrètes de la CIA en Afghanistan (1979-1989) et en Syrie(2011-2017), mais aussi durant les guerres ouvertes de l’OTAN en Bosnie(1992-1995), au Kosovo (1999-2000) et en Libye (2011). Dans le cas plus récent de la campagne de Riyad et d’Abou Dhabi au Yémen, leur coalition soutenue par Londres, Paris et Washington a financé et recruté des centaines de miliciens d’al-Qaïda dans la Péninsule Arabique (AQPA), ce réseau ayant pourtant revendiqué les attentats de Charlie Hebdo. En septembre 2018, le professeur à Sciences Po Paris et ancien diplomate Jean-Pierre Filiu affirma même que Trump soutenait al-Qaïda au Yémen. Dans cet article, il omit de préciser qu’Obama s’était engagé dans le même type de manœuvres durant sa campagne en Syrie – certes contraint par ses alliés sunnites et les faucons de son administration. En septembre dernier, son proche conseiller Ben Rhodes finit par admettre que la CIA avait coordonné la livraison d’une grande partie des armes ayant équipé les factions jihadistes anti-Assad, dans le cadre de la méconnue opération Timber Sycamore ; Ben Rhodes reconnut également que le cabinet Obama avait fait preuve de « schizophrénie » en classant le Front al-Nosra sur la liste des organisations terroristes, alors que cette branche d’al-Qaïda en Syrie représentait selon lui « un gros morceau » de l’opposition soutenue par Washington et ses alliés contre Damas.

    On ne le répètera jamais assez, mais ce blacklisting du Front al-Nosra par le Département d’État fut annoncé en décembre 2012, c’est-à-dire dans une période où le futur « État Islamique » et al-Nosra ne formaient qu’une seule et unique entité. Durant cette année 2012, et pendant les cinq années suivantes, le gigantesque trafic d’armes et de munitions chapeauté par la CIA, le GIP saoudien et leurs alliés équipa massivement cette vaste mouvance islamiste. Dans un ouvrage récent, j’explique en détail cette guerre de l’ombre en Syrie, et pourquoi elle peut être considérée comme le principal facteur de la militarisation de la nébuleusejihadiste anti-Assad, y compris de l’« État Islamique ». À travers ce livre, des centaines de sources et des dizaines de témoignages exclusifs de chercheurs et d’anciens hauts responsables occidentaux le confirment.
    Ces experts qui omettent Timber Sycamore dans leurs analyses du conflit syrien

    Or, certains des plus grands spécialistes du monde arabe ont décrit ce conflit comme si cette guerre de l’ombre menée par la CIA et ses partenaires pour renverser Bachar el-Assad n’avait jamais existé. Parmi eux, nous pouvons mentionner le grand reporter Gérard Chaliand, qui affirma sur Arte en juillet dernier que l’Occident n’avait « pas fait la guerre », occultant ainsi le soutien continuel de la rébellion anti-Assad par la CIA, le MI6 et la DGSE entre 2012 et 2017 – en appui des opérations de leurs alliés turcs et moyen-orientaux. Pour citer à nouveau Jean-Pierre Filiu, il déclara que les puissances occidentales avaient fait « [m]oins que rien » pour renverser Assad, que les États-Unis n’avaient fait confiance « qu’à des guérillas [kurdes] de type léninistes » au Levant, et que le gouvernement syrien avait volontairement soutenu Daech en libérant « des centaines de détenus jihadistes qui [allaient] grossir les rangs de l’“État Islamique” » en mai 2011 – bien que ce groupe n’opérait pas encore en Syrie, du moins jusqu’en août de cette même année. Dans un autre média, il affirma qu’Abou Bakr al-Baghdadi était « [p]rotégé par Assad », un argument contestable puisqu’il se cachait alors en Irak ; dans Le nouveau magazine littéraire, il déclara que la libération de salafistes par Damas en mai 2011, suivi du pilonnage de zones rebelles, avait permis à Daech de « proclamer en avril 2013 son “État islamique” dans la ville syrienne de Raqqa, avec l’appui de réseaux qui soutenaient jusqu’alors le régime Assad. » Il serait intéressant de connaître ses sources, car cette hypothèse d’une collusion entre Daech et Damas a été réfutée par différents experts américains. Comme une majorité de spécialistes, de responsables politiques et de journalistes occidentaux, Jean-Pierre Filiu oublia de mentionner la gigantesque opération Timber Sycamore dans sa description du conflit, et ce malgré l’impact décisif de cette campagne dans la montée en puissance de l’« État Islamique » en particulier, et de la nébuleuse jihadiste anti-Assad en général. Au contraire, il accusa Damas d’avoir soutenu Daech.

    À mesure que cette opération de la CIA, des services saoudiens et de leurs alliés s’intensifiait, s’est construite en Occident une légende voulant qu’Assad aurait cyniquement déclenché le jihad en Syrie pour discréditer l’opposition. Considéré comme l’un des plus grands experts du Moyen-Orient, Gilles Kepel a repris à son compte cet argument dans son dernier ouvrage, en précisant toutefois qu’il s’agissait d’une « hypothèse ». Selon lui, l’amnistie décrétée par Bachar el-Assad au printemps 2011 « se traduisit par [la libération] de très nombreux détenus appartenant à la mouvance islamiste – Frères musulmans, salafistes et jihadistes. (…) Eu égard à l’omniprésence des manipulations imputées aux services de renseignement en Syrie » – un argument pour le moins fragile pour démontrer une éventuelle collusion entre Daech et Damas –, « l’hypothèse a été souvent émise que le calcul des hommes de l’ombre prévoyait la montée en puissance rapide des plus radicaux à la tête du soulèvement, facilitant sa diabolisation par le régime qui espérait ainsi retrouver le soutien de la population. » Or, si cette « hypothèse » est considérée comme une vérité dans le débat public occidental, le livre dont je suis l’auteur démontre en quoi qu’elle est hautement critiquable. Précisons alors que mon ouvrage ne cherche pas à dédouaner Bachar el-Assad et ses alliés de leurs crimes, qui sont abondamment documentés et totalement condamnables – comme je le répète dans mon livre. Néanmoins, accuser le gouvernement syrien d’avoir soutenu la mouvance islamiste qui souhaitait le renverser nécessite des preuves abondantes et solides, pas des hypothèses et des supputations.

    Dans son ouvrage, Gilles Kepel souligne plus pertinemment les responsabilités financières des pays du Golfe dans l’essor de la nébuleuse jihadiste anti-Assad, en rappelant que le « rôle des soutiens étrangers de la rébellion continu[a] de son côté à la faire évoluer, au gré des financements tant publics que privés originaires de la péninsule Arabique, dont le montant estimé par la plupart des observateurs dépasse le milliard de dollars annuels ». Comme je l’explique dans mon livre, ces financements auraient pu totaliser plusieurs dizaines de milliards de dollars et, contrairement à ce qui est souvent affirmé en Occident, ces politiques de soutien aux jihadistes anti-Assad n’étaient pas menées par les seules pétromonarchies. Au contraire, elles étaient connues dès l’automne 2012par les chancelleries occidentales, qui ont malgré tout ordonné à leurs services spéciaux de les appuyer clandestinement. Dans son livre, Gilles Kepel affirme pourtant que les « soutiens occidentaux » de l’opposition anti-Assad « s’aveugleront volontairement sur sa dimension jihadiste et salafiste qui ira croissant. Ils lui préfèreront des métaphores transhistoriques vulgaires faisant notamment de “la Syrie notre guerre d’Espagne”. » Selon lui, « pareille lecture dominera l’interprétation de la rébellion tant à Washington sous la présidence de Barack Obama qu’à Paris sous celle de François Hollande ».

    Abondamment documenté, mon ouvrage démontre qu’au contraire, le ministre des Affaires étrangères français Laurent Fabius et le secrétaire d’État John Kerry étaient parfaitement au courant de ces dynamiques. En effet, selon Georges Malbrunot et Christian Chesnot, le premier aurait fermé les yeux sur l’infiltration des réseaux de financement du jihad syrien par les services qataris et saoudiens, et son homologue américain reconnut en septembre 2016 que Daech était perçu durant l’été 2015 comme un moyen de pression pour contraindre Assad à quitter le pouvoir – al-Nosra et ses alliés jouant alors le même rôle à Lattaquié. Au niveau présidentiel, François Hollande se serait méfié durant l’été 2013 des volontés saoudiennes d’armer massivement les jihadistes, et Barack Obama refusa continuellement de livrer des missiles anti-aériens aux rebelles de peur qu’ils ne commettent des attentats contre des avions civils. Il n’en demeure pas moins que ces deux Présidents ont continué d’exiger le départ de leur homologue syrien jusqu’en 2016, après avoir accepté pendant plusieurs années d’accroître l’aide clandestine à une rébellion pourtant étroitement liée à la nébuleuse jihadiste. Le fait de nier la connaissance de ces processus au sein des chancelleries occidentales permet de gommer leur soutien inavouable pour ces politiques, qui s’est matérialisé par la guerre de l’ombre de la CIA, du MI6, de la DGSEet de leurs alliés régionaux en Syrie – une opération que j’analyse en détail dans mon livre.
    Selon le Washington Post,Timber Sycamore a conduit Daech aux portes de Damas

    On a notamment pu observer les effets de cette stratégie clandestine au printemps 2015, à l’occasion de la prise d’Idleb et de sa province par une coalition de milices dominée par des milliers de jihadistes du Front al-Nosra et d’Ahrar al-Sham. Selon plusieurs experts, la CIA et ses partenaires occidentaux et moyen-orientaux appuyèrent cette offensive depuis le Sud de la Turquie, en aidant notamment leurs alliés sunnites à livrer massivement des missiles antichar TOW de fabrication américaine. À l’époque, cette offensive victorieuse de la rébellion faisait craindre à Damas la chute de Lattaquié, qui est le fief ancestral de Bachar el-Assad. Au Sud du pays, les rebelles soutenus dans le cadre de Timber Sycamore menaçaient également de prendre la capitale syrienne durant l’été 2015, comme le Washington Post le rappela en juillet 2017. Or, le journaliste à l’origine de cet article oublia de mentionner le fait que les factions progressant alors vers Damas et Lattaquié étaient respectivement l’« État Islamique » et une coalition de groupes armés menée par le Front al-Nosra. Au final, en janvier 2019, les médias occidentaux et leurs spécialistes déplorèrent la prise de contrôle d’Idleb par l’organisation Hayat Tahrir al-Sham (HTS), dont l’ancien nom est le Front al-Nosra. Ils oublièrent pourtant de préciser le rôle central de la CIA et de ses alliés dans la prise initiale de cette province par la branche d’al-Qaïda en Syrie et ses soutiens, au printemps 2015. En décembre dernier, de nombreux experts et responsables politiques se sont émus de la décision surprise de Trump d’évacuer les troupes du Pentagone du Nord de la Syrie. Mais ils ne mentionnèrent pas le fait que les États-Unis, la France et leurs alliés y combattaient une milice initialement considérée par le cabinet Obama, le gouvernement Netanyahouet l’Arabie saoudite comme un moyen de pression contre Assad et ses alliés du Hezbollah et de l’Iran. En clair, la majorité de nos observateurs se focalisent aujourd’hui sur la débâcle stratégique occidentale au Levant, mais ils en refoulent la cause la plus dérangeante, soit le soutien clandestin d’une constellation de groupes armés pas aussi modérés qu’ils nous ont été présentés depuis 2011.

    Le « printemps syrien » a démarré il y a huit ans, et la militarisation de cette révolte fut observée à partir de l’été 2011. Dès lors, après avoir décrété qu’Assad devait partir, les puissances occidentales ont consciemment appuyé leurs alliés sunnites et israéliens dans la déstabilisation de ce pays, à travers leur soutien croissant et massif des forces jihadistes qui gangrénaient la rébellion – la CIA et ses financeurs saoudiens jouant un rôle central dans ce processus. En Europe comme aux États-Unis, ces faits dérangeants sont en train de tomber dans l’oubli, et les gouvernements occidentaux ayant mené cette guerre secrète sont décrits par une majorité d’experts et de journalistes comme des directions politiques immobilistes, en ce qu’elles n’auraient « rien fait » pour renverser Bachar el-Assad. Dans le but de clarifier ce sombre épisode de notre Histoire commune, j’ai tenté de démontrer le contraire dans mon livre, en accumulant des centaines de preuves du caractère délibéré, coordonné et prémédité de cette opération des malnommés « Amis de la Syrie », parmi lesquels la France, les États-Unis et la Grande-Bretagne jouaient un rôle moteur. De ce fait, sachant que cette opération vient d’être complètement occultée dans les médias occidentaux à l’occasion des huit ans du « printemps syrien », je vous encourage à diffuser cet article le plus largement possible. En effet, nos autorités doivent prendre leurs responsabilités et ne plus nous cacher cette vaste guerre de l’ombre en Syrie, qui a eu des conséquences désastreuses pour le peuple de ce pays.
    Maxime Chaix

    Biographie :
    Auteur du livre La guerre de l’ombre en Syrie, paru en mars 2019 aux éditions Erick Bonnier, Maxime Chaixest essayiste, traducteur et journaliste. Spécialisé dans les domaines du renseignement, des opérations clandestines, des questions stratégiques, de la politique étrangère américaine et du jihadisme, il est titulaire d’un Master 2 « Histoire, théorie et pratique des droits de l’Homme ». En 2015, il a lancé son propre site afin de regrouper ses différents articles et traductions. Depuis 2014, il a notamment écrit pour MiddleEastEye.net, Paris Match, GlobalGeoNews.com, dedefensa.org, Le Devoir et le Club de Mediapart.


  • Pourquoi nous sortir l’histoire des chambres à gaz maintenant alors que l’actualité est riche en guerres et en camps de concentration ???

    1. Pourquoi, parle-t-on de la haine du juif à Etienne CHOUARD et dans quel but ? Quel est ce procès d’intention ignoble qui lui est fait ?

    2. Pourquoi nous oblige-t’on à croire à une thèse officielle en France sous peine d’être condamné et jeté en prison ??? Qu’est-ce que c’est que cette dictature de la pensée en France ?

    La loi Gayssot a t-elle été créée pour condamner ceux qui pensent et qui ne sont pas d’accord ou ceux qui poussent à la haine et à la violence et qui se trouvent plutôt dans le camp des va-en-guerre ?
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_Gayssot
    Quelle est cette connerie franco-française ???

    3. Qu’est-ce qui est grave, les intellos de droite ou de gauche va-en-guerre (ils y vont en Syrie alors qu’ils nous parlent de Palestine et qu’ils oublient la guerre d’Irak !) ou les pseudo-complotistes anti-guerres qui dénoncent la stratégie du chaos des pays atlantistes dont la politique de colonisation et d’apartheid israélienne ?

    4. Ce que raconte Etienne CHOUARD au sujet d’Alain SORAL qui dénonce les politiques de guerre me convient parfaitement. Cf. ce que rapporte la vidéo.

    5. C’est quoi ces merdias-mensonges qui se prennent pour Dieu ? Pourquoi a-t-on l’obligation de les croire ? Existe-t-il des intellectuels fréquentables selon leur pensée intellectuelle qui sort de la « normalité » ?

    6- Enfin, pourquoi le débat ne devrait pas exister entre antagonistes qui se respectent ? On a peur de quoi ?
    Le fait que des BHL et des Eric Zemmour, des racistes et des va-en-guerres effrénés soient conviés à tous les débats, c’est déjà beaucoup ! Toutefois, pourquoi devrait-on les faire taire si face à eux la raison peut l’emporter ???

    Cette polémique est insupportable !

    Croire ou ne pas croire, cela me regarde ! Déjà que « Dieu » ne m’impose rien du tout alors si des escrocs s’y mettent aussi, je ne le permets pas !

    Si des français nostalgique de l’Algérie française ne veulent pas croire à l’histoire de la torture par l’armée française pendant la guerre d’Algérie et bien, c’est leur problème !

    Etienne CHOUARD se défend sur le plateau du Media bien qu’entouré de vautours du merdia :

    https://www.lemediatv.fr/tout-peut-arriver/cartes-sur-table-avec-etienne-chouard
    http://blogyy.net/wp-content/uploads/2019/05/yannis-youlountas-etienne-chouard-denis-robert-le-media-.jpg


  • Excellent ! Les prémices d’une colonisation.

    Je découvre René Vautier réalisateur de films qui raconte l’esprit et la pensée du colon.

    De grandes similitudes avec le colon israélien en Palestine ou le colon britanique en Irlande. N Robin

    Colonisation de l’Algérie au nom de la civilisation européenne par René Vautier.
    https://youtu.be/tDe74hMhFZg

    Colonisation de l’Algérie par la France - Le sang de Mai - version complète par René Vautier
    https://www.youtube.com/watch?v=SBIW1U-jKeA

    https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Ren%C3%A9_Vautier

    https://encrypted-tbn0.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcTVX6wvpjTN3hOM3v9BEde6pOuut1nR1wkoIPbQiKe

    • https://www.youtube.com/watch?v=vTYiLWkA8mM


      "Peuple en marche" René Vautier (1964)
      Archives Numériques du Cinéma Algérien
      Ajoutée le 12 août 2014
      Réalisation et image : René Vautier, Ahmed Rachedi, Nacer Guenifi, Héléna Sanchez, Sidi Boumédienne, Mohamed Guennez, Allal Yahiaoui, Mohamed Bouamari, André Dumaître, Taïbi Mustapha Bellil
      Montage : Sylvie Blanc

      En 1962, René Vautier monte avec des amis algériens un centre de formation audiovisuelle pour promouvoir un « dialogue en images » entre les deux camps. De cette expérience est réalisé un film, partiellement détruit par la police française. Les images qu’ils ont pu sauver constituent un document historique rare : elles retracent la guerre d’Algérie, racontent l’histoire de l’ALN (Armée de libération nationale) et montrent la vie dans l’après-guerre, notamment la reconstruction dans les villes et les campagnes après l’indépendance.

    • René Vautier avec Roland Bacri
      https://www.youtube.com/watch?v=5i5MmPtjlp4


      https://fr.wikipedia.org/wiki/Roland_Bacri

      https://citations.ouest-france.fr/citations-roland-bacri-42.html
      Roland Bacri / Humoriste, 1926 - 2014

      Roland Bacri est né à Bab El-Oued (le quartier populaire européen d ??Alger à l’époque coloniale) le 1er avril 1926 et mort le 24 mai 2014 à Levallois-Perret, en France. Il fait ses premières armes de journaliste au Canard Sauvage de Bernard Lecache à Alger. En 1953, il envoya un poème au Canard enchaîné qui le publia. Une relation épistolaire s’établit entre lui, et le rédacteur en chef du journal. En 1956, il est convié à Paris pour une collaboration régulière. Sous le pseudonyme « Roro de Bab-el-Oued, ainsi que le petit poète », il signe des textes qui se signalent surtout par l’emploi de l’argot algérois. Cette chronique régulière ne s’engagea jamais vraiment en faveur d’aucune communauté, mais eut le mérite de corriger l’analyse du Canard sur la situation algérienne, en particulier sur l’attitude des Pieds-Noirs. Il est chroniqueur à l’hebdomadaire satirique français le Canard enchaîné depuis 1956. Il s’éloigne progressivement du journal dans les années 90. Son frère, Jean Claudric, qui se nomme réellement Jean-Claude Bacri est l’ami et chef d’orchestre d’Enrico Macias, pour qui il composa « Les filles de mon pays » et « Les gens du nord ». On raconte qu’il s’exprime si naturellement en vers que ses amis ont été obligés de lui offrir un Dictionnaire des mots qui ne riment pas. Son épitaphe est la suivante : "Ici git suis. Ici git reste."


  • Excellent hommage à Elie Kakou que j’affectionne particulièrement. N Robin

    Après j’t’explique... Elie Kakou
    diffusé le ven. 14.06.19 à 23h25 disponible jusqu’au 22.06.19 documentaires art & culture - 51 min - 2019 - tous publics
    Des cabarets marseillais à Bercy, en passant par le Cirque d’hiver, Elie Kakou a connu un succès inespéré avec ses personnages Fortunée, Madame Sarfati, Mongola, l’attachée de presse, le prof d’anglais, le Kakou ou encore Jean-Paul Goudier. Ce film revient sur les débuts et la carrière atypique de l’humoriste, racontée par ses frère et soeur. Des proches et des artistes (Chantal Ladesou, Jean-Pierre Foucault, ses soeurs Brigitte, Nadine et Danielle Kakou, Pierrot Chiquenille, Liane Foly, Elie Semoun...) apportent leur éclairage. On découvre ainsi les sources de son inspiration, ses méthodes de travail ou encore la naissance de ses personnages.
    réalisé par : Virginie Foucault
    https://www.france.tv/documentaires/art-culture/1003039-le-meilleur-du-rire.html

    https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/5/5d/Elie_Kakou.png/260px-Elie_Kakou.png
    https://i.ytimg.com/vi/DEAJ1SqYtrs/maxresdefault.jpg
    https://encrypted-tbn0.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcQG6M_kev4jQaXtK9bEZvLBV9cCeNqMjsf1IuX5A_X
    https://file1.telestar.fr/var/telestar/storage/images/3/2/2/6/3226600/elie-kakou-marseille-1er-avril-1994_exact1024x768_l.jpg
    https://encrypted-tbn0.gstatic.com/images?q=tbn:ANd9GcQBR3CAl9KBCWVaaYiHVGkmfz2iT6u_gbFHHjV-TNI
    https://www.youtube.com/watch?v=KaELYQjXNjk


    https://www.dailymotion.com/video/xhylkw

    https://www.dailymotion.com/video/xf4fop


  • Demain le vote des européennes.
    Nos merdias-mensonges continuent de nous prédire un nième round entre Macron et le RN (ce parti d’extrême droite à faire gagner les oligarques) !
    Mais je veux rassurer. Demain, je m’apprête à remettre ma perruque africaine, à enfiler mon gilet jaune et voter Asselineau. La seule issue possible pour sortir de l’oligarchie reste le FREXIT.
    Il est urgent de sortir de cette Europe des guerres, OTANisée, hégémonique, du capitalisme sauvage, alliée de l’Apartheid, de la colonisation et du Grand Daesh. N Robin

    L’UPR de F. Asselineau pourrait gagner les européennes 2019 !! Si... :)
    https://www.youtube.com/watch?v=jgUR8-Ps7bY

    https://fr-fr.facebook.com/upr.francoisasselineau/posts/10157165656892612

    https://www.youtube.com/watch?v=5IHzV9Uxa7k

    https://www.upr.fr/actualite/retrouvez-le-passage-de-zamane-ziouane-no2-de-la-liste-upr-pour-les-europeennes-

    https://www.youtube.com/watch?v=zAhZbSgzfiE

    https://external-cdt1-1.xx.fbcdn.net/safe_image.php?d=AQBo9db4fKsR_j7i&w=540&h=282&url=https%3A


  • Sixième extinction de masse : un million d’espèces seraient menacées
    https://www.nationalgeographic.fr/animaux/2019/04/sixieme-extinction-de-masse-un-million-despeces-seraient-menacees

    https://ecp.yusercontent.com/mail?url=https%3A%2F%2Fwww.nationalgeographic.fr%2Fsites%2Ffrance%2Ffiles%2Fstyles%2Fimage_470%2Fpublic%2F01-grasslands-hostile-planet.jpg&t=1556568142&ymreqid=57eab341-f822-730e-1c6c-be000101f200&sig=JWDtANR4__XoWckOc0HJuw--~C

    Une lionne attaque une gazelle dans le parc national Hwange du Zimbabwe. Les populations de lion à travers l’Afrique ont chuté de 80 % au cours du siècle dernier, en grande partie à cause des chasses légale ou illégale. Il reste toutefois une lueur d’espoir. Dans les habitats soigneusement gérés, comme le parc national de Gorongosa, les populations de lions prospèrent.
    PHOTOGRAPHIE DE PETE OXFORD, NATURE PICTURE LIBRARY

    L’ONU travaille sur un rapport concernant l’état de la biodiversité mondiale depuis 15 ans. Si les travaux sont sur le point d’aboutir, les chiffres déjà énoncés donnent le vertige : près d’un million d’espèces sont aujourd’hui menacées d’extinction.Vendredi, 26 avril
    De Arnaud Sacleux

    C’est un rapport de 1 800 pages que l’ONU est en train d’achever. 150 experts issus de 50 pays différents ont évalué 8 millions d’espèces dans le monde dans un rapport qui sera transmis fin avril aux décideurs de la plateforme intergouvernementale scientifique et politique sur la biodiversité et les services écosystémiques (IPBES). Ils se réuniront du 29 avril au 4 mai pour discuter ligne à ligne de ce texte.

    Certains scientifiques avancent que cet état des lieux est aussi inquiétant que les prévisions sur le changement climatique ; selon un résumé du projet obtenu par l’AFP daté de janvier, notre planète connait une accélération rapide et imminente du taux d’extinction de ses espèces. « Un demi-million à un million d’espèces devraient être menacées d’extinction, dont beaucoup dans les prochaines décennies » précise-t-il. Une disparition qui aura un impact direct sur l’équilibre de l’écosystème, l’Homme et son économie.

    CE QUE L’ON SAIT SUR L’ÉTAT DE LA FAUNE

    Selon le texte, notre planète en est au début de sa sixième extinction de masse. La sixième mais la première à attribuer à l’Homme qui a déjà condamné près de 680 espèces de vertébrés depuis 500 ans. Quelques jours avant sa sortie, basé sur l’analyse des vertébrés ainsi que d’autres espèces moins étudiées comme les insectes, avec près de 5,5 millions d’espèces examinées, le rapport de l’ONU fait donc écho aux multiples alertes lancées par les chercheurs et scientifiques du monde entier depuis plusieurs années.

    https://ecp.yusercontent.com/mail?url=https%3A%2F%2Fwww.nationalgeographic.fr%2Fsites%2Ffrance%2Ffiles%2Fstyles%2Fimage_470%2Fpublic%2F1-ouverture-54422.jpg&t=1556568142&ymreqid=57eab341-f822-730e-1c6c-be000101f200&sig=7zVzP7OMqxJGVxApQo8hNw--~C

    Récemment, le requin-taupe, le requin le plus rapide au monde, a été placé sur la liste des espèces « en voie d’extinction »de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) à cause de la surpêche. Huit espèces d’oiseaux ont disparu ces 10 dernières années, les mines de saphir à Madagascar ont condamné les lémuriens à l’extinction, des amphipodes vivant à plus de 9 km sous la surface des océans ont été retrouvés avec du plastique dans les entrailles et en juin 2016, le Melomys Rubicola a été reconnue comme étant la première espèce à s’éteindre à cause du réchauffement climatique.

    Les insectes, pourtant moins étudiés que les vertébrés, sont en tête de liste. « 41 % des espèces sont en déclin, soit deux fois plus que pour les vertébrés » avance Jérôme Murienne, biologiste et chercheur au CNRS qui se base sur une étude publiée dans la revue Science.

    QUELLES CONSÉQUENCES ?

    Dans un monde de plus en plus peuplé, ces disparitions ne seront pas sans conséquences et « si nous voulons une planète durable qui fournit des services aux communautés autour du monde, nous devons changer de trajectoire dans les 10 prochaines années, comme nous devons le faire pour le climat » souligne à l’AFP Rebecca Shaw, scientifique en chef de WWF.
    https://ecp.yusercontent.com/mail?url=https%3A%2F%2Fwww.nationalgeographic.fr%2Fsites%2Ffrance%2Ffiles%2Fstyles%2Fimage_470%2Fpublic%2F04-grasslands-hostile-planet.jpg&t=1556568142&ymreqid=57eab341-f822-730e-1c6c-be000101f200&sig=FfJWeU6H4KtjUO35no1qOA--~C

    L’eau potable, les forêts absorbant le CO2, les insectes pollinisateurs nécessaires aux cultures, l’abondance de poissons, tout a un impact direct sur l’Homme. Nourriture, énergie, médicaments, « les apports que les gens tirent de la nature sont fondamentaux pour l’existence et la richesse de la vie humaine sur Terre et la plupart d’entre eux ne sont pas totalement remplaçables » avertit le rapport.

    Plus de deux milliards de personnes dépendent du bois pour l’énergie, quatre milliards utilisent une médecine naturelle et 75 % des cultures ont besoin d’être pollinisées par des insectes. « De nombreuses plantes, dont beaucoup de plantes cultivées, ont besoin d’insectes pour se reproduire. Un déclin des insectes aura donc des conséquences néfastes sur notre agriculture » acquiesce Jérôme Murienne.

    Le changement climatique, à l’instar de la dégradation de notre écosystème, sont des sujets à prendre au sérieux. Pas seulement pour l’environnement, mais pour des questions économiques et de développement. Le patron de l’IPBES Robert Watson, qui fera partie du groupe de décision début mai, appelle d’ailleurs à une transformation globale et rapide de la production alimentaire et énergétique si l’on souhaite inverser la tendance.

    Les responsables de cette extinction qui se profile sont les activités humaines ; l’utilisation des terres en termes d’agriculture, d’exploitation forestière ou de forage ainsi que l’exploitation directe des ressources naturelles. On parle notamment de surpêche et de chasse. D’autres facteurs viennent compléter le tableau : le réchauffement climatique, la pollution et les espèces invasives. Ces activités ont gravement altéré « 40 % de l’environnement marin et la moitié des cours d’eau » explique le résumé.

    https://ecp.yusercontent.com/mail?url=https%3A%2F%2Fwww.nationalgeographic.fr%2Fsites%2Ffrance%2Ffiles%2Fstyles%2Fimage_470%2Fpublic%2F01-wildlife-photo-year-marsel-van-oosten---wildlife-photographer-of-the-year.jpg&t=1556568142&ymreqid=57eab341-f822-730e-1c6c-be000101f200&sig=J1SAVs2fGWhH5QwyCjaYwQ--~C
    Le photographe hollandais Marsel van Oosten a remporté le grand prix du concours avec cette photo de rhinopithèques de Roxellane, une espèce menacée d’extinction en Chine.

    https://www.nationalgeographic.fr/sites/france/files/styles/image_1900/public/02-wildlife-photo-year-skye-meaker---wildlife-photographer-of-the-year.jpg
    Skye Meaker, 16 ans, a été nommé Jeune photographe animalier de l’année pour cette image d’un léopard nommé Mathoja, photographié au réveil dans la réserve de chasse de Mashatu, au Botswana.


  • RT France
    Roger Waters, des Pink Floyd, évoque le boycott d’Israël et l’obsession de la Russie (INTÉGRAL)
    https://www.youtube.com/watch?v=4w-g-KEQv88


    Dans l’interview exclusive qu’il a donnée à RT, le célèbre musicien a parlé de son implication dans le mouvement de soutien à la Palestine, Boycott Désinvestissement Sanctions et de l’obsession qu’ont les Etats-Unis pour la Russie. Consultez la version intégrale de l’interview

    • Roger Waters – The Guardian – 17 avril 2019

      Tant que le gouvernement israélien n’aura pas reconnu le droit des Palestiniens à l’autodétermination, les artistes doivent rester à l’écart.
      https://ecp.yusercontent.com/mail?url=http%3A%2F%2Fwww.agencemediapalestine.fr%2Fwp-content%2Fuploads%2F2019%2F04%2FRoger-Waters-Madonna-e1555598624476.jpg&t=1556568168&ymreqid=57eab341-f822-730e-1c6c-be000201f200&sig=Omakm4243OWGpslJ.5GVug--~C
      « J’exhorte tous les jeunes candidats – en fait, tous les jeunes gens, en fait tout le monde, les jeunes comme les moins jeunes, ce qui inclut Madonna – à lire la Déclaration des droits de l’homme des Nations-Unies. » (Photo : Jeff Fusco/Getty Images)

      L’acceptation par Madonna d’une invitation à se produire à Tel Aviv à la finale du Concours Eurovision de la chanson en mai soulève, une fois encore, des questions éthiques et politiques de fond importantes sur lesquelles chacune et chacun d’entre nous doivent réfléchir.

      En 1948 à Paris, les Nations-Unies alors naissantes ont fait l’avant-projet, par la suite adopté, d’une Déclaration universelle des droits de l’homme, qui est consacrée par le droit international et selon laquelle tous nos frères et sœurs du monde entier, sans distinction de leur origine ethnique ou nationalité ou religion, ont des droits humains fondamentaux, incluant mais sans s’y limiter, le droit à la vie, à la liberté et à l’autodétermination.

      La question que nous devons donc tous nous poser est la suivante : suis-je d’accord avec la Déclaration des Nations-Unies ?

      Si à cette question, vous répondez oui, alors une deuxième question se pose : suis-je prêt à défendre mon soutien aux droits humains et à agir en conséquence ? Vais-je aider mes frères et mes sœurs dans leur lutte pour les droits humains, ou vais-je franchir la ligne et marcher de l’autre côté ?

      Dans le contexte de la conversation en cours sur le lieu de la phase finale de l’Eurovision et la participation de Madonna et des autres artistes, les frères et sœurs dont il est question c’est le peuple de la Palestine, qui vit sous un régime d’occupation, d’apartheid, profondément répressif et qui ne jouit pas du droit à la vie, à la liberté et à l’autodétermination.

      Revenons à 2004, où la société civile palestinienne a appelé à l’aide le reste du monde et, entre autres, fixé une ligne de protestation culturelle, demandant aux artistes de s’abstenir de se produire en Israël tant que le gouvernement israélien n’aura pas reconnu le droit des Palestiniens à l’autodétermination. Depuis, j’ai répondu à leur appel et j’ai fait ce que je pouvais pour persuader les autres de faire de même.

      Certains de mes collègues musiciens qui se sont récemment produits en Israël disent avoir agi ainsi pour construire des ponts et faire avancer la cause de la paix. Des conneries tout ça. Se produire en Israël c’est un concert lucratif mais qui permet de normaliser l’occupation, l’apartheid, le nettoyage ethnique, l’incarcération des enfants, le massacre de manifestants non armés… tout ce qui est néfaste.

      D’ailleurs, parce que je soutiens les droits humains et que je critique le gouvernement israélien pour ses violations, je suis régulièrement accusé d’être un antisémite. Cette accusation peut servir d’écran de fumée afin de détourner l’attention et discréditer ceux qui mettent en lumière les crimes contre l’humanité commis par Israël. Je tiens à souligner que je soutiens le combat pour les droits humains de tous les peuples opprimés, partout dans le monde. La religion de l’oppresseur n’est pas en cause. Si je soutiens les Rohingyas et déplore leur persécution par le Myanmar, cela ne fait pas de moi un antiboudhiste.

      Je suis convaincu que l’avenir de la race humaine dépendra largement de notre capacité à développer notre aptitude à nous identifier à l’autre, et non celle à les opprimer et à les contrôler. Nous ne pouvons pas nous permettre de régresser vers la période sombre, quand la puissance signifiait le droit. Nous valons mieux que cela, n’est-ce pas ?

      Je suis bien conscient qu’ainsi je demande à tous ceux qui sont impliqués dans ce que je vois comme une trahison de l’Eurovision de notre humanité commune de se concentrer sur leur aptitude à s’identifier à leurs frères et sœurs palestiniens.

      Pour essayer de se mettre eux-mêmes à cette place. Pour essayer d’imaginer que, pendant 70 ans, génération après génération, vous vous éveillez chaque matin devant le pillage systématique, insidieux, de la vie de votre peuple. Et eux, qui ont gardé la tête haute et ont résisté avec beaucoup de courage, de détermination et de persévérance, ils nous ont sollicités, nous les « cœurs sensibles et les artistes », pour que nous les aidions. Nous avons tous, à mon avis, l’obligation morale et humaine absolue, en tant qu’êtres humains, de répondre à leur appel.

      Ma maman, essayant maternellement de me guider dans ma jeunesse, me disait toujours : « Roger, dans n’importe quelle situation donnée, il y a presque toujours une chose juste à faire ; il suffit de bien y réfléchir, quelle qu’elle puisse être, de considérer tous les points de vue, puis de décider pour toi-même ce qui est juste de faire, et de le faire ».

      J’exhorte tous les jeunes candidats – en fait, tous les jeunes gens, en fait tout le monde, les jeunes comme les moins jeunes, ce qui inclut Madonna – à lire la Déclaration des droits de l’homme des Nations-Unies. Elle a été traduite en 500 langues pour que chacun puisse s’instruire lui-même de ses 30 articles. Si nous tous, nous les respectons, alors nous pouvons encore sauver notre merveilleuse planète de sa destruction imminente.

      Roger Waters est membre fondateur du groupe de rock Pink Floyd.

      Traduction : JPP pour l’Agence Média Palestine

      Source : The Guardian


  • Une cure de désintoxication politique...N Robin

    Après le boulot, je regarde Plus belle la vie sur France 3 (ça se passe à Marseille,) j’enchaîne avec Un si grand soleil sur France 2 (ça se passe à Montpellier).

    Ca fait du bien et on y traite tous les sujets d’actualité ! Quand on s’y intéresse de près, on constate que c’est de l’authentique et on finit par ne plus s’en passer !

    Bipolarité :
    https://www.france.tv/france-3/plus-belle-la-vie/plus-belle-la-vie-saison-15/957557-plus-belle-la-vie.html
    https://s.yimg.com/ny/api/res/1.2/aH0BY4zNX7YGz.2XLDLb3Q--~A/YXBwaWQ9aGlnaGxhbmRlcjtzbT0xO3c9ODAw/http://media.zenfs.com/fr-FR/homerun/allocine.fr/e37cf90becbf56a0d378b4beae734751

    https://www.france.tv/france-2/un-si-grand-soleil/un-si-grand-soleil-saison-1/982755-un-si-grand-soleil.html
    https://www.nouveautes-tele.com/wp-content/uploads/2018/07/UNSIGRANDSOLEIL_preview-2b.jpg
    https://www.nouveautes-tele.com/wp-content/uploads/2018/07/UNSIGRANDSOLEIL_preview-3c.jpg
    https://www.nouveautes-tele.com/wp-content/uploads/2018/07/UNSIGRANDSOLEIL_preview-12.jpg

    Puis il y a eu Philarmonia, saison 1
    Philharmonia est une plongée lumineuse au cœur des passions artistiques et amoureuses, des rêves et des egos sublimés par la musique classique
    https://www.france.tv/france-2/philharmonia
    http://fr.web.img6.acsta.net/r_1920_1080/pictures/18/12/31/12/10/1557642.jpg

    Et maintenant, il y a Capitaine Marleau (gilet jaune). Mais j’adore !
    Ca se passe en Alsace...
    https://www.france.tv/france-3/capitaine-marleau/saison-1/297043-brouillard-en-thalasso.html
    https://scontent-cdt1-1.xx.fbcdn.net/v/t31.0-8/14047178_551307428400946_5554554779865958188_o.jpg?_nc_cat=102&_nc_ht=scontent-cdt1-1.xx&oh=5448d4f73c8b577864e20f401eb34256&oe=5D639149

    Qui a dit que les séries françaises étaient nulles ? Surtout lorsqu’elles ne font pas du copié-collé américain !


  • Zineb SEDIRA, artiste de la mémoire algérienne

    Elles@centrepompidou - Zineb Sedira - Ina.fr
    https://fresques.ina.fr/elles-centrepompidou/fiche-media/ArtFem00207/zineb-sedira.html

    L’artiste Zineb Sedira parle de son travail sur le voile. On la voit dans son atelier, à Londres. Elle feuillette un livre de cartes postales présentant des femmes voilées. Certaines de ses oeuvres sont présentées dans une exposition.

    Zineb Sedira — Wikipédia
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Zineb_Sedira
    Zineb Sedira est une artiste britannique d’origine française et algérienne, née à Paris le 1er avril 19631. Elle vit à Londres et travaille entre Alger, Londres et Paris

    https://www.youtube.com/watch?v=A1_IQQ1VTic

    Zineb Sedira was born in Paris to Algerian parents, and moved to London to study art. Her works are often autobiographical, addressing issues of cultural identity and the personal consequences of migration. In Mother Tongue (2002) the artist appears alongside her mother and daughter to show the shifts in cultural identities that have happened within her own family. More recent works include Shipwrecks (2008), highlighting the dangers of transit and immigration, and Sugar Routes (2013), documenting the movement of a global commodity.

    Zineb Sedira – ‘The Personal is Political’ | TateShots
    http://www.kamelmennour.com/fr/artistes/65/zineb-sedira.oeuvres-et-projets.html

    Zineb Sedira was born in Paris to Algerian parents, and moved to London to study art. Her works are often autobi...

    Zineb Sedira - Artistes - galerie kamel mennour, 75006 Paris
    http://www.kamelmennour.com/fr/artistes/65/zineb-sedira.oeuvres-et-projets.html

    Zineb Sedira, artiste de la mémoire algérienne
    https://www.lemonde.fr/m-le-mag/article/2018/11/30/zineb-sedira-artiste-de-la-memoire-algerienne_5390867_4500055.html
    La plasticienne expose à Paris une série consacrée aux attentats islamistes qui frappèrent des journalistes et caricaturistes en Algérie dans les années 1990.
    Par Roxana Azimi



  • Interdit d’interdire !
    L’antisionisme et l’antisémitisme excellemment expliqués par Rony Brauman et Michèle Sibony chez Taddéï.
    Très bonne question de Michèle Sibony : « Qu’est-ce qui produit l’antisémitisme en France ? »
    NRobin

    https://francais.rt.com/magazines/interdit-d-interdire/59319-interdit-d-interdire-antisionisme-est-il-antisemitisme-comme-les-

    Interdit d’interdire : L’antisionisme est-il un antisémitisme comme les autres ?

    Frédéric Taddeï reçoit Rony Brauman, Aurélien Enthoven, Georges-Elia Sarfati, Martine Gozlan et Michèle Sibony

    Avec Rony Brauman, ancien président de Médecins Sans Frontières, Aurélien Enthoven, youtubeur, Georges-Elia Sarfati, professeur des universités, psychanalyste, Martine Gozlan, rédactrice en chef à Marianne et écrivain ainsi que Michèle Sibony, ancienne vice-présidente de l’Union Juive Française pour la Paix (UJFP)

    • Je viens de voir qu’Aurélien Enthoven est le fils de Carla Bruni !
      Je comprends mieux ses positions ! NRobin

      Aurélien Enthoven, né le 21 juillet 2001, est un vidéaste et militant politique français.

      Fils de Carla Bruni et Raphaël Enthoven, il est connu pour sa chaîne YouTube, M - Gigantoraptor, qui traite principalement des dinosaures, des animaux et de la théorie de l’évolution. Il milite par ailleurs à l’Union populaire républicaine...
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Aur%C3%A9lien_Enthoven


  • 19/02/2019 / Sionisme = antisémitisme

    Je pense personnellement que cette escroquerie des lobbies sionistes, de connivence avec le pouvoir de Macron, pourrait nuire gravement à la communauté juive de France et d’ailleurs. Brouiller les pistes en taxant les français d’antisémites (qui ne le sont pas) et instrumentaliser l’antisémitisme quasi inexistant (l’être humain ne naît pas antisémite) et vouloir le faire passer à tout prix pour de l’antisionisme à des fins politiques, pour les intérêts de quelques partis, est immonde et insupportable ! En jouant la stratégie de l’amalgame, ces groupuscules sionistes (des psychopathes ?) se rendent-ils compte qu’ils prennent le risque de fabriquer de l’antisémitisme et pour de vrai ?

    J’espère que la communauté juive antisioniste réagira à la hauteur de l’enjeu et de la gravité de la situation !

    Les gilets jaunes, les français en général et les sociétés civiles de la communauté internationale, ne me semblent ni antisémites ni islamophobes. En France, au vu des évènements passés et ceux d’aujourd’hui et si on considère le soutien des intellectuels sionistes, pro-sionistes et des lobbies sionistes de droite ou de gauche ou d’extrême droite, à la colonisation israélienne et à toutes les politiques de guerres menées par le complexe militaro-industriel occidental depuis quelques années, que ce soit dans le monde arabo-musulman, en Afrique, en Amérique latine, en Yougoslavie et ailleurs, ils deviennent (et je le suis) antisionistes.

    Les musulmans auraient dû sortir dans la rue en masse pour dénoncer l’"islamisme" ou, en des termes plus justes, le terrorisme musulman qui sévit en leur nom et ils ne l’ont pas fait !!! On pouvait craindre pourtant des conséquences dramatiques...

    Les juifs de France et d’ailleurs devraient tout de même se manifester et se mobiliser, pas seulement via les réseaux sociaux, pour dénoncer ce fléau de l’idéologie sioniste qui s’exprime en leur nom.

    Il n’est pas trop tard pour bien faire. Il faut arrêter cette gangrène et vite !

    Et puis si tous les évènements sont rattrapés par le conflit israélo-palestinien, il faudra bien un jour que les emmurés commencent à décoloniser et à penser la paix pour les générations futures et celles de leurs voisins !

    NRobin

    Le 18/02/2019, par Pierre Stambul [CollectifNationalPaixJusteDurablePalestiniensIsraeliens] :

    Nous sommes juifs et nous sommes antisionistes
    Nous sommes juifs, héritiers d’une longue période où la grande majorité des Juifs ont estimé que leur émancipation comme minorité opprimée, passait par l’émancipation de toute l’humanité.
    Nous sommes antisionistes parce que nous refusons la séparation des Juifs du reste de l’humanité.
    Nous sommes antisionistes parce la Nakba, le nettoyage ethnique prémédité de la majorité des Palestiniens en 1948-49 est un crime qu’il faut réparer.
    Nous sommes antisionistes parce que nous sommes anticolonialistes.
    Nous sommes antisionistes par ce que nous sommes antiracistes et parce que nous refusons l’apartheid qui vient d’être officialisé en Israël.
    Nous sommes antisionistes parce que nous défendons partout le « vivre ensemble dans l’égalité des droits ».
    Au moment où ceux qui défendent inconditionnellement la politique israélienne malgré l’occupation, la colonisation, le blocus de Gaza, les enfants arrêtés, les emprisonnements massifs, la torture officialisée dans la loi …
    préparent une loi liberticide assimilant l’antisémitisme qui est notre histoire intime à l’antisionisme,

    Nous ne nous tairons pas.



  • Le Soir (le grand quotidien belge) : L’ancien Président de l’Equateur exilé en Belgique, s’exprime sur le Venezuela.

    Tout est dit sur le Venezuela en particulier et l’Amérique latine en général !
    NRobin

    Rafael Correa : « Il y a une indignation sélective sur le Venezuela »

    Mis en ligne le 9/02/2019 à 06:00

    https://plus.lesoir.be/sites/default/files/dpistyles_v2/ena_16_9_extra_big/2019/02/08/node_205646/26109219/public/2019/02/08/B9718515265Z.1_20190208171159_000+G8DCUC4UG.2-0.jpg?itok=N82naZpu

    Par Véronique Kiesel

    La tension monte au Venezuela, de nombreux pays ayant reconnu Juan Guaido, autoproclamé président face à Nicolas Maduro. Nous avons demandé à Rafael Correa sa lecture de cette crise. Il s’exprime aussi sur les pays d’Amérique latine et sur son exil.

    https://plus.lesoir.be/205646/article/2019-02-09/rafael-correa-il-y-une-indignation-selective-sur-le-venezuela

    Rafael Correa a été pendant 10 ans président de l’Equateur, menant une politique de gauche, axée sur le social. Il vit désormais en Belgique, pays d’origine de sa femme, rencontrée pendant leurs études à Louvain-la-Neuve.

    Pour vous, qui est président du Venezuela ?

    Nicolas Maduro, évidemment. Comment peut-on dire autre chose ? Il a gagné les élections en mai de l’an dernier, j’étais là comme observateur. Personne ne peut questionner la transparence des élections. Mais l’opposition n’a pas voulu y participer.

    La plupart des candidats de l’opposition ont été interdits de participation, il est difficile de parler d’élections démocratiques…

    L’opposition ne s’est pas mise d’accord parce qu’elle est fortement divisée. Elle savait que, faute d’unité, elle allait être vaincue. Et il y a eu des candidats d’opposition qui se sont présentés. Maduro a gagné l’élection avec 67 % des voix, avec une participation de 46 %. Mais, quoi qu’il en soit, quel est l’article de la constitution qui dit qu’on peut soutenir quelqu’un qui s’autoproclame président ? Demain, je proclame Hillary Clinton présidente des Etats-Unis, parce qu’elle a eu plus de voix, et les Etats-Unis doivent m’obéir ? C’est de la folie ! La question n’est pas de savoir si on aime bien Maduro ou pas, mais de voir si la Constitution permet de reconnaître un autre président. Et c’est non. Ce qui se passe est tout à fait contraire au droit international. Les Etats-Unis ont conspiré avec leurs alliés de Colombie et du Brésil pour faire surgir Juan Guaido. Ils ne font pas cela pour la démocratie, sinon, pourquoi ne réclament-ils pas plus de démocratie en Arabie Saoudite ? On est en plein double standard ! Ce qui intéresse les responsables américains, c’est les immenses réserves de pétrole du Venezuela.

    En attendant, le peuple vénézuélien vit de façon misérable, avec des pénuries terribles, et il y a cette aide humanitaire qui arrive…

    Je suis allé récemment sur place, et bien sûr qu’il y a une crise, avec des pénuries, mais ce n’est pas une vraie crise humanitaire. Il faut être prudent, car selon le droit international, il y a dans ce cas un droit d’ingérence. Il est clair qu’il y a des problèmes économiques au Venezuela, dus notamment à la chute des prix du pétrole, mais au lieu d’essayer de les résoudre, les États-Unis les ont aggravés en imposant de multiples sanctions, qui ont compliqué l’achat de vivres et de médicaments. On est en pleine hypocrisie ! Les USA annoncent 20 millions d’aide humanitaire, mais ils viennent de saisir des millions de dollars dus au Venezuela pour ses ventes de pétrole. Ils sont en train d’envoyer des convois de camions aux frontières de la Colombie et du Brésil avec le Venezuela, accompagnés par les forces armées de ces pays. C’est de la provocation : un tir qui se perd pourrait déclencher un conflit très violent. C’est aussi dangereux qu’irresponsable. Et la propagande dit : Maduro ne laisse pas entrer l’aide humanitaire !

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    Au Venezuela, l’aide humanitaire américaine est aussi un piège pour Maduro

    L’armée des États-Unis pourrait intervenir ?

    Pas directement, car cela coûterait trop cher. Mais ils ont de nouvelles tactiques : créer d’autres conflits, pour éviter des victimes américaines. Par exemple le Brésil et la Colombie contre le Venezuela. Or l’armée brésilienne est la plus puissante de toute l’Amérique latine. Et l’armée colombienne est la troisième, après celle du Mexique, grâce à l’argent du Plan Colombia, cette aide américaine massive théoriquement destinée à lutter contre le trafic de drogue. Les USA pourraient bombarder, envoyer des missiles pour détruire des bases militaires au Venezuela. S’il devait y avoir une intervention armée, cela déclencherait certainement une guerre civile, car Maduro et ses supporters ne vont pas se laisser faire. Il est faux de croire qu’il n’a plus de partisans : aux élections législatives de 2015 qu’il a perdues – elles étaient donc forcément représentatives ! – le chavisme a quand même obtenu 33 %. A la présidentielle de l’an dernier, quand on croise les résultats et la participation, on voit que 30 % des gens ont voté pour lui.

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    L’édito : Le Venezuela a besoin d’aide, pas de guerre

    Que pensez-vous de l’attitude des pays membres de l’Union européenne qui ont massivement reconnu le président du parlement Juan Guaido comme président de la république ?

    Je suis très déçu car il s’agit d’un précédent terrible. Demain, si je n’aime pas un gouvernement de l’Amérique latine, alors je dis que les élections n’ont pas été transparentes et je reconnais n’importe qui comme président ! Dans mon pays, en Equateur, le nouveau pouvoir a organisé un référendum qui n’était pas constitutionnel pour m’empêcher de jamais pouvoir me représenter, et l’UE n’a rien dit ! C’est sélectif, il s’agit d’une morale de convenance. Ceci va passer à l’histoire comme un moment vraiment honteux. Voir l’Espagne ou le Parlement européen reconnaître Guaido, c’est terrible, incroyable ! Heureusement, la représentante de la diplomatie de l’UE, Federica Mogherini, a une position plus neutre, elle essaie d’arranger les choses, d’éviter un conflit. On verra si ce Groupe de contact, qui réunit une délégation de pays d’Europe et d’Amérique latine arrive à quelque chose.

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    Les Etats européens qui ont reconnu Juan Guaido ont-ils été bien inspirés ?

    Que faut-il faire face à une situation si compliquée ?

    Il faut laisser les Vénézuéliens résoudre leurs problèmes entre eux ! Ils pourraient avancer les élections, pourquoi pas, mais ce sont les Vénézuéliens qui doivent en discuter, pas les États-Unis, ni les Européens ni même les pays d’Amérique latine.

    Mais selon l’opposition, Maduro a fait échouer toute tentative de dialogue…

    C’est plutôt le contraire. J’ai parlé longuement avec José Luis Rodriguez Zapatero, ex-président du gouvernement espagnol, qui a tenté une médiation entre le pouvoir et l’opposition à Caracas. Il m’a expliqué que l’opposition a une grande responsabilité dans la non-réussite de ces discussions car elle veut l’échec, elle recherche la crise et la violence, seule façon selon elle de battre le chavisme.

    Il y a quand même près de 3 millions de Vénézuéliens qui ont quitté leur patrie pour d’autres pays de la région, ce qui provoque une crise régionale…

    Trois millions ? Cela me semble beaucoup, mais il est certain qu’il y a une crise. Et il y a aussi des millions de Colombiens qui ont fui leur pays, et qui en parle ? On est de nouveau dans le double standard. Il y a de la violence au Venezuela, mais c’est encore bien pire au Mexique. Qui en parle ? Au Brésil, il y a eu un coup d’Etat contre Dilma Rousseff, et Lula a été empêché de participer aux élections pour faire gagner Bolsonaro ! Le juge qui a mis Lula en prison est maintenant ministre de la Justice de Bolsonaro, mais cela semble ne choquer personne…

    Amérique latine : « La situation, très grave, rappelle les années des dictatures militaires »

    Dans les années 2000, vous faisiez partie de cette nouvelle gauche latino-américaine avec Chavez, Lula, Evo Morales, les Kirchner… Qu’en reste-t-il ?

    Ces années ont été une époque en or. En Equateur, ce fut une réussite gigantesque. On a doublé la taille de l’économie, le FMI a reconnu que nous avions sorti deux millions de personnes de la pauvreté, et l’extrême pauvreté a été réduite de 12 à 6 %. On avait avant un des pires réseaux routiers d’Amérique du Sud et nous avons construit le 2e meilleur. On devait acheter de l’électricité à la Colombie et au Pérou, maintenant on leur en vend ! On est passés d’une production de 40 % d’énergie hydroélectrique à plus de 90 %. Pendant mes 10 années au pouvoir, j’ai remporté 14 élections ! J’ai battu le camp de la bourgeoisie, elle m’a donc traité de dictateur ! Dans toute la région, elle n’a pas accepté d’avoir perdu et a donc décidé d’écraser tous les progressismes et de rétablir l’ancien régime. Maintenant, il ne faut plus gagner les élections, il faut contrôler celui qui a gagné. Il y a une agression terrible par des moyens inconstitutionnels, en utilisant les entreprises médiatiques qui détruisent les réputations de ceux qu’il faut abattre, puis en contrôlant le système judiciaire. La situation rappelle les années 70, celles des dictatures militaires qui ont brisé toutes les tentatives de changement et fait perdre 30 ans. Maintenant, il y a des techniques efficaces comme au Brésil, en Equateur, au Venezuela. Elles ont l’air plus soft, mais détruisent la Constitution, les droits humains, la démocratie. La bourgeoisie et l’extrême droite reprennent le pouvoir avec comme résultats inégalités et pauvreté.

    Il y a des choses que vous referiez différemment ?

    C’est à la fin de sa vie qu’on a le plus de sagesse et d’expérience ! Oui, j’ai fait des erreurs, mais pas sur les grandes stratégies. Pour moi, la base de la démocratie, c’est une école publique de très bonne qualité gratuite. On a fermé de petites écoles pour en ouvrir de plus grandes, équipées en informatique, wifi, bibliothèques, laboratoires, sport et musique. Un succès en ville, mais plus compliqué en zone rurale. Or, la bourgeoisie veut bien que les enfants des domestiques aillent à l’école, mais elle veut garder des écoles privées exclusives pour ses enfants, pour cultiver les réseaux, l’entre soi. Ce n’est pas un hasard si l’Amérique latine est l’endroit avec les pires inégalités. Tous les pouvoirs appartenaient à cette haute bourgeoisie, y compris les médias et l’Eglise.

    C’étaient toujours les descendants des conquistadors qui dirigeaient tout ?

    Ces inégalités sont en effet un héritage de la colonisation. C’est un problème culturel et politique. Aux Etats-Unis, les colonisateurs ont tué la culture native et l’ont remplacée par celle venue d’Angleterre. En Amérique latine, il y a eu un mélange de culture espagnole et indienne. Mais ce ne sont pas les meilleurs Espagnols qui sont venus : des bandits qui voulaient faire fortune. Et ils ont réussi à convaincre les Indiens qu’ils étaient inférieurs. La minorité blanche avait le pouvoir et exploitait la majorité. On n’a pas eu besoin d’apartheid ou de politique de ségrégation, il suffisait d’avoir un système éducatif déficient pour les plus pauvres. C’est pour cela qu’il y avait tant de misère dans une région avec de telles ressources naturelles. En distribuant mieux la richesse, on pouvait supprimer la pauvreté. Mais pour y arriver, il fallait faire payer des impôts aux plus riches pour financer un meilleur système d’éducation et de santé. Il fallait réguler le marché du travail, partager la propriété de la terre : une lutte politique avec les puissants qui n’ont jamais payé d’impôt.

    Votre ancien vice-président Lenin Moreno a été élu président pour continuer votre politique puis il a pris un virage néolibéral.

    C‘est très difficile de construire quelque chose de novateur, mais tellement facile de le détruire. Il a trahi le programme de gouvernement pour lequel il avait été élu. Le patron des patrons est devenu ministre de l’économie. Les grandes entreprises siègent désormais au gouvernement, et les décisions sont prises en leur faveur, pas au bénéfice du peuple. Le nouveau pouvoir a mené un coup d’Etat institutionnel. Il a mis en prison le vice-président, Jorge Glas, qui était très proche de moi : on lui a inventé une affaire de corruption liée à l’affaire Oderbrecht (un gigantesque scandale de pots-de-vin lié à cette entreprise brésilienne, NDLR), mais c’était bidon, basé sur un faux témoignage. L’argent qu’il aurait reçu n’a jamais été trouvé. Glas est un prisonnier politique, mais l’Europe ne veut rien savoir. Moreno a ensuite organisé un référendum, notamment pour m’empêcher de revenir au pouvoir, avec des conséquences rétroactives, ce qui est illégal. Il a aussi pris le contrôle de façon illégale du Conseil qui nommait, au mérite et sur concours, les responsables du secteur de la justice. Il a démis tous ceux qui étaient en place et en nommé d’autres, aux ordres, prenant le contrôle de la justice. L’Organisation des Etats Américains vient de statuer sur l’illégalité de ce processus, mais c’est fait…

    « Je suis victime d’une persécution politico-judiciaire »

    Vous-même, vous êtes accusé par la justice de votre pays pour une tentative d’enlèvement d’un opposant. Qu’en est-il ?

    Un policier a témoigné, affirmant que j’avais ordonné cet enlèvement en 2012. Il a dit qu’il m’avait rencontré trois fois, puis il a changé sa version et dit qu’il m’avait téléphoné. Je n’ai jamais été en contact avec lui, je ne le connais pas : c’est un faux témoignage. Ce n’est pas suffisant, aucune preuve n’a été fournie. Je vis en Belgique, mais la juge voulait que je me présente tous les 15 jours à la justice à Quito : ce n’est pas possible. Je suis allé au consulat, qui a compétence judiciaire, mais la juge n’a pas accepté. Donc elle a voulu lancer contre moi un mandat d’arrêt international, mais Interpol a refusé car le dossier était vide, et l’accusation purement politique.

    Vous ne pouvez donc pas rentrer en Equateur ?

    Non, car j’irais en prison et je n’en sortirais sans doute jamais. Je subis une persécution terrible. Ils m’ont collé 20 procès au total, notamment sur l’endettement du pays. C’est ridicule. Il y a aussi des accusations sur l’usage des deux avions présidentiels, qui ont permis au ministre des Affaires étrangères d’aller chercher en mission humanitaire des Equatoriens en danger : mauvais usage de fonds publics ! Je ne peux pas non plus me rendre ailleurs en Amérique latine, car s’il y a des accords d’extradition, un gouvernement qui ne m’aime pas pourrait m’envoyer en Equateur. Et les nouvelles autorités veulent me priver de la pension due aux présidents parce que je ne suis pas Equateur et que j’ai des ennuis avec la justice.

    Vous avez demandé l’asile politique en Belgique ?

    Je ne peux pas confirmer ni nier cette information, il faut en parler avec mon avocat. (Qui nous a répondu que « le droit international prévoit des règles de confidentialité strictes en matière d’asile, qui interdisent de confirmer ou d’infirmer si une demande d’asile a été introduite. Nous envisageons toutes les possibilités afin de combattre les poursuites judiciaires politiques manifestement abusives dont il est victime en Equateur. Nous avons aussi saisi les organes compétents des Nations unies »)

    Vous habitez à Ottignies avec votre épouse belge et vos enfants…

    Des « journalistes » d’Equateur sont venus me voir et ont publié mon adresse, donc j’ai reçu de nombreuses visites non désirées. Un d’entre eux voulait à tout prix montrer que je suis corrompu. Comme je vis dans une petite maison, il est allé filmer à Uccle la grosse propriété des parents d’un ami de ma fille et dit que c’était la mienne. Un autre a filmé un concessionnaire Ferrari pour tenter de prouver que je suis très riche !

    Vous avez une vie normale en Belgique ?

    C’est un pays tranquille, agréable, on se sent en sécurité. Mais j’ai toujours le stress de voir quelle nouvelle accusation va être inventée contre moi. Je travaille beaucoup : je donne des cours online, des conférences pour un centre d’études latino-américain espagnol. Pour Russia Today (chaîne d’info russe), j’ai fait des entretiens avec Dilma Rousseff, Lula, Chomsky… Je donne aussi des conseils en économie. J’ai créé une fondation avec les anciens membres de mon gouvernement, on tente de faire avancer la pensée progressiste. Mais tous mes revenus vont à mes avocats : je leur ai payé 100.000 dollars l’an dernier ! On a épuisé toute notre épargne. On vient de louer notre maison de Quito : la justice voulait la saisir mais on l’a mise au nom des enfants. Cela nous fera un petit revenu en plus. Et ma femme qui est professeur fait un remplacement.

    Quel est votre état d’esprit ?

    Toujours combatif. J’ai déjà traversé des épreuves, j’ai appris à relativiser : le plus important c’est la santé, la famille. Mais c’est très dur de voir mon pays faire marche arrière sur l’éducation, la dignité. Et comment le pouvoir essaie de détruire mes amis en Equateur. C’était mon projet de vie, donc je suis triste. On a tellement lutté, et rien n’a changé. Mais j’ai la paix intérieure : j’ai fait tout ce que je pouvais. Et l’espoir reste. Et je suis toujours en vie pour raconter cela.

    Rafael Correa est né à Guayaquil (Equateur) en 1963, il y fait des études d’économie qu’il poursuit grâce à une bourse à Louvain-la-Neuve où il rencontre son épouse, la Belge Anne Malherbe. Ils ont trois enfants. Prônant une politique de gauche axée sur le social, il est élu président de la République, fonction qu’il exerce de 2007 à 2017. Son vice-président Lenin Moreno est ensuite élu chef de l’Etat avec le même programme, mais il prend un très net virage néolibéral. Rafael Correa vit désormais en Belgique avec sa famille.

    Battant et combattant

    V.K.

    Rafael Correa a toujours été un battant, un combattant en lutte contre les privilèges, les inégalités, la grande pauvreté. Il n’a jamais ménagé ses efforts pour changer son pays, et jamais hésité à se confronter à ceux qui s’opposaient à lui, avec un côté « homme providentiel » qui pouvait en agacer certains.

    Dans le dossier vénézuélien, on peut ne pas partager son analyse sur les raisons ou l’ampleur de la crise économico-humanitaire, ni sur la représentativité des dernières élections présidentielles. Mais ce qu’il dit sur le non-respect de la Constitution et sur l’attitude des Etats-Unis est interpellant.

    Et ses mots pèsent encore plus lorsqu’il met en perspective la reconquête à tout prix du pouvoir par les forces conservatrices dans divers pays de la région, qui utilisent la diffamation et une justice partisane pour abattre leurs ennemis.

    Voir cet ex-président persécuté à ce point par la justice de son pays est de bien mauvais augure pour le nouveau pouvoir en place à Quito.

    https://www.lesoir.be/205646/article/2019-02-09/rafael-correa-il-y-une-indignation-selective-sur-le-venezuela