NRobin

Chargée d’Etudes Nantes / AMD

  • The Voice 2018 TF1
    La lumineuse et douce Mennel malmenée par ces lobbies qui n’en finissent pas !

    http://www.programme-tv.net/news/evenement/the-voice-7/200671-mennel-annonce-sa-decison-de-quitter-the-voice

    Mennel - "Hallelujah" (Leonard Cohen)

    "Venue tout droit de Besançon, notre prochaine candidate s’appelle Mennel et est étudiante en master pour devenir professeure d’anglais. Pour elle, chanter est une libération. De nature hyper sensible, elle trouve dans la musique un refuge à ses émotions..."

    Elle était une des favorites de l’émission The Voice. Belle sensible sublime elle a fait retourner les 4 chaises ! Chanter en anglais et en arabe une chanson de Léonard Cohen avec un petit foulard n’est pas du goût de certains groupes de pression va-en-guerre !

    Une affaire de plus, après celles de la chasse aux sorcières (complotistes, conspirationistes, pseudo-violeurs, islamo-gauchistes) qui en dit long sur ce mal qui ronge la France depuis Sarkozy au pouvoir et l’alignement sur les politiques de guerre des pays de l’UE et membres de l’OTAN.

    Le temps de la libération me paraît évident. Bien que je ne sois pas une adepte du foulard islamique, j’ose espérer que Mennel sera le symbole de la liberté de pensée et l’icône d’une révolution en marche, celle d’un mai 2018.

    En exemple, un article abominable qui en dit long sur ceux qui veulent contrôler notre pensée et qui veulent abîmer tout ce que le monde arabo-msulman pourrait avoir de beau.

    https://jssnews.com/2018/02/06/mennel-ibtissem-porte-voix-du-djihad-silencieux-en-prime-time-dans-the-voic

    Autres articles et réactions

    http://www.liberation.fr/debats/2018/02/09/mennel-une-francaise-ordinaire_1628661

    Capture de la vidéo que Mennel a postée sur Facebook pour annoncer son retrait de « The Voice ».

    La première femme voilée de l’histoire de The Voice France fait carton plein

    La saison 7 de The Voice a trouvé l’une de ses favorites. Malgré de nombreuses insultes islamophobes de la part de certains internautes , la jeune étudiante en master d’anglais a conquise le c…

    http://beurfm.net/news/video-the-voice-mennel-cartonne-avec-sa-reprise-en-anglais-et-arabe-de-halle

    (VIDÉO) THE VOICE : MENNEL CARTONNE AVEC SA REPRISE EN ANGLAIS ET ARABE DE HALLELUJAH !

    05 FÉVRIER 2018

    Coup de coeur du jury du télé-crochet... Coup de coeur aussi des téléspectateurs et des internautes !

    Mannel, 22 ans a été éblouissante lors de sa participation à The Voice. Elle a repris, en anglais et arabe le titre « Hallelujah » de Leonard Cohen. Les quatre coachs se sont retournés ! Finalement, la jeune artiste dont le père est syrien et turc et la mère marocaine et algérienne, a choisi de poursuivre son aventure auprès de Mika.

    http://www.beurfm.net/upload/news/first/5a77f46c6e4441.77008039.jpg


  • If not now,
    un mouvement de la jeunesse juive américaine interdit en Israël.
    Bravo ! NRobin

    http://www.agencemediapalestine.fr

    De jeunes juifs ont manifesté en soutien de la militante palestinienne Ahed Tamimi
    mardi 6 février 2018
    Par Brittney McNamara, 1er février 2018

    Le 31 janvier, Ahed Tamimi, une jeune militante palestinienne, a eu 17 ans. Elle les a eus dans la cellule d’une prison israélienne, où elle encourt de multiples accusations, y compris celle d’avoir attaqué des soldats, après qu’une vidéo, devenue virale en décembre 2017, la montre giflant un soldat israélien. Son emprisonnement fait partie d’un conflit en cours entre Israël et la Palestine qui remonte à près d’un siècle, dans lequel les Palestiniens reprochent aux Israéliens d’occuper les terres sur lesquelles ils pensent avoir un droit historique, tandis que les Israéliens affirment avoir un droit juridique et religieux sur les terres occupées. Ahed serait l’une des plus de 300 jeunes palestiniens détenus par les forces israéliennes.

    Emily Glick, If Not Now Boston
    « Nous voulons envoyer à Ahed le message que nous sommes avec elle ».
    Le jour de l’anniversaire d’Ahed, des jeunes se sont mobilisés en grand nombre pour la soutenir. Protestant contre ces arrestations, des lycéens juifs de tous les États-Unis sont descendus dans les rues le 31 janvier, manifestant leur solidarité avec Ahed et leurs homologues palestiniens. Selon IfNotNow — l’organisation grâce à laquelle les manifestations ont eu lieu— c’est la première fois que de jeunes juifs américains se sont rassemblés en faveur des Palestiniens de leur âge. Ariela, une des jeunes menant l’action mercredi, a déclaré à Teen Vogue que la manifestation montre que les jeunes juifs américains veulent la paix pour tout le monde —y compris les Palestiniens.

    « Il y a un changement qui s’opère dans notre communauté, et notre génération est à l’avant-garde, prête à faire entendre sa voix sur l’injustice de l’occupation israélienne », a déclaré Ariela à Teen Vogue. « Les jeunes juifs américains appliquent les valeurs juives que nous avons apprises à l’école hébraïque et aux dîners de Shabbat : nous devons respecter, protéger et honorer non seulement les Juifs, mais aussi les Palestiniens. Nous voulons envoyer un message à Ahed pour lui dire que nous sommes avec elle, que nous sommes inspirés par elle et que nous luttons pour sa liberté ».

    Les Israéliens occupent des parties de la Cisjordanie et de la Bande de Gaza, des zones sur lesquelles les Palestiniens disent avoir un droit historique. Alors qu’Israël ne reconnaît pas la Palestine comme une nation (pas plus que ses alliés, y compris les États-Unis), et affirme que ses colonies sont légales, les Palestiniens ne sont pas d’accord, d’où le conflit, souvent violent, en cours. IfNotNow est un groupe de jeunes Juifs américains rassemblés contre l’occupation israélienne de la Palestine.

    Des manifestations en soutien à Ahed ont eu lieu à Washington D.C., à New York, à Boston, et dans la région de la baie de San Francisco le 31 janvier, a déclaré IfNotNow dans un communiqué de presse. À côté de ces manifestations, l’organisation a aussi rassemblé près de 1000 messages d’anniversaire à envoyer à Ahed en détention.

    En plus d’adresser ainsi son soutien à Ahed et à d’autres jeunes Palestiniens, Ariela dit qu’elle espère que d’autres jeunes juifs comprendront mieux comment les jeunes palestiniens sont traités.

    « Je veux que les gens sachent que les jeunes juifs dans la rue [pour ces manifestations] sont la voix morale de notre communauté, que nous nous lèverons pour défendre ce qui est juste et qu’en faisant cela nous transformerons notre communauté », dit-elle. « Nous aimons notre communauté — et nous serons la génération qui mettra fin au soutien de la communauté juive américaine à l’occupation ».

    Traduction : Catherine G. pour l’Agence Média Palestine

    Source : Teenvogue.com

    Voir en ligne : l’article sur le site de l’Agence Média Palestine


  • Quelle belle analyse ! NRobin

    https://arretsurinfo.ch/chronique-de-la-folie-ordinaire

    Chronique de la folie ordinaire
    Par Jean Bricmont
    Arrêt sur info — 07 février 2018

    A première vue, Pascal Boniface, Houria Bouteldja, Rokhaya Diallo, Gérard Filoche, Dieudonné M’bala M’bala, Danièle Obono, Edwy Plenel, Alain Soral, le journal pour enfant Youpi, et un obscur Belge qui a perdu son emploi pour un like sur Facebook n’ont rien en commun. On éviterait sûrement de mettre longtemps toutes ces personnes dans une même pièce : Gérard Filoche déteste Alain Soral, Alain Soral et Houria Bouteldja se méprisent mutuellement, et ainsi de suite.

    Ce qu’ils ont néanmoins en commun c’est d’avoir été récemment des cibles de la « lutte contre la haine ».

    En France, la « haine » a plusieurs visages : « l’antisémitisme » bien sûr, mais aussi « l’islamo-gauchisme ». Ces mots sont entourés de guillemets, parce qu’aucun n’est défini précisément et c’est bien cela la source du problème. Ce sont des attitudes qu’on attribue plutôt que des faits que l’on constate. Ce n’est qu’aux yeux des autres qu’on est « antisémite », ou « islamo-gauchiste », c’est-à-dire aux yeux de ceux qui s’arrogent le droit de définir ces termes et de les utiliser pour stigmatiser les individus qu’ils n’aiment pas.

    Alain Soral est une cible régulière de cette « lutte ». Il a entre autre été condamné pour une caricature sur l’holocauste qui était une imitation directe d’une caricature publiée par Charlie Hebdo et représentant le chanteur belge Stromae, dont le père rwandais est mort en 1994 au Rwanda, au milieu d’os dispersés et disant « papa où t’es ? ».

    Les deux caricatures sont évidemment de très mauvais goût. Mais au nom de quoi juge-t-on que celle de Charlie est autorisée et pas celle publiée sur le site de Soral ? Et, si on veut vraiment « lutter contre l’antisémitisme », ne devrait-on pas réfléchir au fait que si une caricature est condamnée et pas l’autre, cela pourrait laisser penser que cette différence de traitement reflète la différence de pouvoir entre les communautés potentiellement offensées ?

    Tout comme Charlie peut prétendre qu’il ne se moque pas du génocide rwandais, la défense de Soral est qu’il ne se moque pas de l’holocauste comme événement mais de son exploitation économique et idéologique. Depuis le livre de Norman Finkelstein sur L’Industrie de l’Holocauste, il n’y a pas de doute qu’une telle exploitation existe. Mais tout débat libre sur ce sujet est en pratique impossible. Et partout où le débat est interdit, il y a prolifération de rumeurs, de plaisanteries, d’histoires racontées sous le manteau ; pour s’en convaincre, il suffit de penser à la situation passée dans les pays socialistes où à ceux dans lesquels l’Eglise catholique exerçait son contrôle idéologique. Aucune condamnation pénale n’empêchera ces effets pervers.

    Edwy Plenel et Pascal Boniface ont été accusés de « complicité » avec Tarik Ramadan lors des accusations de viol lancées à l’encontre de celui-ci. Manuel Valls alla jusqu’à demander qu’on arrête de subventionner l’IRIS, institut de recherche dirigé par Pascal Boniface. Pourtant, jusqu’à nouvel ordre, le viol relève de la responsabilité individuelle et personne n’accuse sérieusement Plenel et Boniface d’avoir commis des viols.

    L’accusation porte sur la « complicité idéologique ». Qu’est-ce encore ? Ramadan est un prédicateur musulman ; on n’imagine pas Plenel ou Boniface se convertir à l’islam. Il est vrai que Plenel et Boniface ont défendu la possibilité pour Ramadan de s’exprimer et ont parfois débattu avec lui. Mais si cela ressort de la « complicité » et est invoqué juste au moment où Ramadan est accusé de viol, alors c’est qu’une nouvelle étape dans la culpabilité par association a été franchie.

    On reproche même à Plenel de ne pas avoir dénoncé ces viols. Mais, même en supposant qu’il ait eu soupçon de ceux-ci, ce dont on n’a aucune preuve, les dénoncer avant que des plaintes ne soient déposées l’aurait exposé à des poursuites pour calomnie.

    Avec Danièle Obono et Rokhaya Diallo on entre dans la sphère de l’islamo-gauchisme et du « racisme anti-blanc ». Danièle Obono est députée de la France Insoumise et Rokhaya Diallo est une intellectuelle qui a été nommée puis évincée du Conseil national du numérique. Il serait trop long de passer en revue toutes les polémiques dans lesquelles Obono et Diallo sont impliquées, mais elles concernent essentiellement leur dénonciation du « racisme d’état », de « l’islamophobie », et leur soutien à des rencontres « non-mixtes » c’est-à-dire réservées à des « non-blancs ».

    Il y aurait une façon très simple d’organiser des rencontres non-mixtes sans susciter de vindicte « républicaine » : les faire sur invitation ou organiser des clubs dont les membres sont choisis par cooptation (comme dans les loges maçonniques par exemple). Et s’arranger pour n’inviter que des « racisés ». Comment interdire cela ?

    Plus fondamentalement, comme le dit Mélenchon, ces réunions sont l’expression d’une souffrance : ne devrait-on pas d’abord s’interroger sur ce qui motive la tenue de ce genre de réunions ? Est-ce uniquement une haine irrationnelle des « blancs » , ou il y a-t-il peut-être des raisons de se sentir mal à l’aise pour parler de racisme en face de « blancs » ? Peut-on seulement imaginer que, lors de réunions « mixtes », des « blancs » minimiseraient ce racisme ou verraient dans sa dénonciation simplement une expression de la « culture victimaire » ?

    Avec Houria Bouteldja, on passe à un stade supérieur : si elle n’existait pas, la « laïcité républicaine » devrait l’inventer pour avoir un objet « légitime » d’indignation vertueuse : elle arrive à faire passer simultanément au rouge tous les boutons de la bien-pensance, « racisme anti-blancs », « antisémitisme », « homophobie ». Si on veut bien la lire entre les lignes ou au-delà de la provocation, il n’y a rien de tel chez elle ; elle veut simplement défendre les populations auxquelles elle s’identifie et qui sont stigmatisées au nom de la lutte contre l’antisémitisme ou l’homophobie (je pense qu’elle le fait maladroitement, mais c’est une autre question). A mon humble avis, le vrai problème d’Houria Bouteldja, c’est qu’elle est entièrement dans la galaxie « post » : postmoderne, postcoloniale, et par là, dans l’irrationalisme. Mais ça, c’est justement très « penseur français », au moins depuis les années 1960.

    Quoi qu’il en soit, on a jugé nécessaire de retirer une invitation qui lui avait été faite pour donner un séminaire à l’université de Limoges, suite à des pressions exercées depuis l’extérieur de l’université. Il paraît que sa venue « banaliserait l’antisémitisme ». Mais on est à nouveau devant un dilemme : soit il faut croire qu’il n’y a rien de choquant dans d’autres séminaires universitaires (les nombreux séminaires de philosophie favorables à Heidegger par exemple), soit que les gens qui sont choqués par les propos d’Houria Bouteldja ont le bras plus long que d’autres.

    Gérard Filoche a retweeté une caricature de Macron qui certes avait un caractère antisémite mais dont on peut aussi penser que Filoche ne s’en était pas aperçu, comme il le soutient. Il a bien sûr retiré son tweet, s’est excusé pratiquement à genoux, rien n’y fit : il est attaqué en justice et a été exclu du PS, où il avait milité toute sa vie et dont il était la caution de gauche.

    Avec Dieudonné, on est dans le spectacle permanent, même en dehors des salles. Manuel Valls juge insupportable le fait qu’il puisse encore se produire en public et, par là, gagner sa vie. Valls devrait aussi trouver insupportable la séparation des pouvoirs qui font que les décisions concernant le droit de Dieudonné à jouer ses spectacles relèvent exclusivement de la justice qui, au moins récemment, a plutôt défendu la liberté d’expression.

    Et le journal Youpi ? Il a dû retirer de la vente son numéro de janvier parce qu’il avait écrit que tous les pays du monde ne sont pas d’accord pour reconnaître Israël comme un « vrai pays », ce qui est par ailleurs exact, vu que certains pays ne reconnaissent pas Israël. Il avait écrit la même chose pour la Corée du Nord, ce qui est aussi exact, mais cela n’a évidemment provoqué aucune réaction.

    Finalement, un tribunal belge a confirmé le licenciement d’un employé qui, après avoir accepté la demande de son employeur de ne plus partager sur son mur Facebook des liens de soutien à Dieudonné a néanmoins « liké » un tel lien, ce qui avait entraîné son licenciement immédiat.

    Tous ces procès en sorcellerie sont facilités par le fait qu’ils n’intéressent pas l’immense majorité de la population qui a suffisamment de problèmes concrets à résoudre pour ne pas s’indigner devant un bout de phrase ou un morceau de spectacle. Pour l’essentiel, ces procès sont des jeux d’intellectuels, de politiciens ou de journalistes qui rivalisent de vertu « laïque et républicaine ».

    La réponse habituelle des défenseurs de la « lutte contre la haine » c’est qu’il y a des actes racistes ou antisémites et que ceux-ci sont encouragés par les discours de haine. Il reste à démontrer que des individus vont risquer leur vie dans des attentats antisémites parce qu’ils ont lu Plenel, Boniface ou le journal Youpi, ou même assisté à un séminaire de Bouteldja ou à un spectacle de Dieudonné. Et, en ce qui concerne l’antisémitisme, on devrait, au contraire, se demander s’il n’est pas alimenté par la confusion constante, de la part de certaines organisations, entre la « lutte » contre un sentiment d’hostilité envers une partie des Français, ceux d’origine juive, et le soutien à un Etat étranger, Israël.

    Et comment peut-on dénoncer sans arrêt le communautarisme musulman ou l’islamo-gauchisme et passer sous silence l’afflux de toute la classe politique au dîner du Crif ? Il y a un moment où le « deux poids deux mesures » devient trop visible pour ne pas être contre-productif.

    Toute cette agitation fait par ailleurs partie d’une démarche proprement religieuse qui consiste à croire à la magie de la parole. Ce n’est pas parce qu’un individu déclare à Paris qu’Israël n’a pas le droit d’exister que cet État muni d’armes nucléaires va disparaître demain. La preuve, c’est que depuis des décennies toutes les autorités européennes demandent la cessation de la colonisation de la Cisjordanie (ce qui est bien moins que la mise en question de la légitimité d’Israël), et que celle-ci continue de plus belle.

    Bien sûr, les idées des personnes mentionnées ci-dessus sont souvent très discutables et devraient être discutées. Mais c’est justement ce qui n’est presque jamais fait : les idées comme les personnes qui les portent sont simplement diabolisées et tout débat à leur sujet est rendu de fait impossible.

    Finalement, on se souviendra que, lors du « putsch des généraux » à Alger en 1961, De Gaulle disait que ce qui était grave dans cette affaire, c’est qu’elle n’était pas sérieuse. Mais si cette histoire ne l’était pas, comment peut-on prendre au sérieux un séminaire de Bouteldja, un spectacle de Dieudonné ou un tweet de Filoche ? Comment pouvons-nous à ce point être dominés par des craintes imaginaires ?

    Jean Bricmont

    Professeur de physique théorique et mathématique, essayiste, Jean Bricmont est l’auteur de plusieurs articles sur Chomsky, co-directeur du Cahier de L’Herne consacré à Noam Chomsky. Il a publié notamment avec Alan Sokal : Impostures intellectuelles (1997), À l’ombre des Lumières avec Régis Debray (2003) et Impérialisme humanitaire (2005). Son dernier ouvrage : La République des censeurs. Editions de l’Herne, 2014


  • http://anneetarnaud.com/descente-coeur-male-liogier

    APRÈS LECTURE DES FILS TWITTER DE #METOO ET DE #BALANCETONPORC, RAPHAËL LIOGIER A DES CHOSES À DIRE
    1 février 2018

    Ce livre éclairant et percutant nous arme intellectuellement contre l’hypocrisie gouvernant nos sociétés à la lumière de l’affaire Weinstein. Qu’est-ce qu’une femme aux yeux de nos sociétés contemporaines et comment devons-nous, collectivement, prendre conscience et réagir à ce nécessaire changement de paradigme ?

    Le livre
    http://s1.lprs1.fr/images/2018/02/06/7544562_rliogier.jpg

    Après la lecture des fils Twitter de #MeToo et de #BalanceTonPorc, Raphaël Liogier ne pouvait pas rester passif et silencieux. Jamais une déflagration d’une telle ampleur n’avait mis en lumière le système patriarcal qui gouverne nos sociétés modernes.

    L’auteur va au-delà en nous décrivant les racines de la plus profonde et de la plus longue injustice de l’histoire humaine. Les mythes fondateurs des grandes civilisations, les contes romantiques, les archétypes de Don Juan et de Casanova, et même les récits exotiques de « sociétés matriarcales » cachent une virilité négatrice de la Volonté des femmes. En fin de comptes, la négation du consentement des femmes et leur rabaissement systématique puisent leurs eaux dans la peur de leur liberté, une « angoisse de la superpuissance féminine ».

    L’agonie du système viril continue de faire des dégâts mais la modernité, finalement, commence à prendre en compte sa promesse d’égalité grâce à la révolution #MeToo. Dans cette Descente au cœur du mâle, personne n’en sort indemne. Raphaël Liogier nous invite à prendre conscience de cette injustice et de faire le pari de l’égalité, d’une transvaluation des normes en vigueur.

    Ne plus utiliser le corps des femmes pour se rassurer. Grandir avec elles au lieu de chercher à se grandir à travers elles, en les rabaissant physiquement et symboliquement. Ne plus les rendre otages de nos frustrations. Vivre avec elles l’interdépendance sans dépendance. Nous y gagnerions. Raphaël Liogier

    L’auteur

    Raphaël Liogier est Professeur des universités à l’IEP d’Aix-en-Provence et au Collège international de philosophie de Paris. Il a publié de nombreux ouvrages parmi lesquels Le Mythe de l’islamisation (Seuil), La guerre des civilisations n’aura pas lieu (CNRS), ou encore Sans emploi (Les Liens qui Libèrent).

    Extrait
    J’ai la conviction que, au-delà du battage médiatique, les femmes sont aujourd’hui plus claires avec elles-mêmes que « nous ». Au moins sur ce qu’elles veulent et ce qu’elles ne veulent plus. En revanche, derrière une contenance de façade de plus en plus fragile, mes frères les hommes ont du mal à accepter l’écroulement de leur empire viril, dont le succès planétaire de #MeToo est un indéniable signe annonciateur. Ils ont du mal, j’ai du mal, nous avons du mal à redéfinir nos ambitions d’hommes, nos fantasmes d’hommes, nos comportements d’hommes, nos désirs d’hommes. Bref notre place dans le monde.
    […]

    L’enjeu est de faire enfin entrer dans les mœurs qu’un certain type de comportement n’est plus acceptable. Et, au-delà, de faire changer la façon dont sont encore couramment perçues les femmes. Au reste, cette tentative de discréditer le mouvement démontre juste la paresse de ses détracteurs qui n’ont pas pris la peine de se plonger dans le fil Twitter. Ce qui leur aurait permis de constater que l’accusation personnelle y est l’exception, la dénonciation des situations vécues, la norme. Si peu de noms pour des violences infiniment répétées. […]

    Certes, le mouvement a commencé par les femmes les mieux armées pour se défendre. Des stars en l’occurrence. Les grandes révolutions commencent souvent par la révolte des dominants parmi les dominés. Ce que sont les stars féminines : dominantes en tant que stars, mais dominées en tant que femmes. Par effet d’entraînement, les dominées parmi les dominées élèvent alors elles aussi progressivement leur voix. On ne peut discréditer un mouvement sous prétexte qu’il commencerait par ne concerner que des privilégiés. Par contre, il doit poser les bonnes questions, interroger les fondements de la société. La raison d’être de cet essai est précisément de montrer que #MeToo n’est pas un événement conjoncturel, une simple actualité éphémère. C’est l’amorce d’une des plus justes, fines, incisives et radicales critiques collectives de la Situation existentielle des femmes, qui met en question les fondements les plus archaïques et archétypaux de l’humanité.

    Pages 9, 24 et 28

    Raphaël Liogier, Descente au cœur du mâle, éditions Les Liens qui Libèrent.
    192 pages, 18,50€, parution le 8 mars 2018.


  • A découvrir : Stefan Zweig un européen cosmopolite et pacifiste
    NRobin

    Stefan Zweig 1881-1942 :
    Stefan Zweig, né le 28 novembre 1881 à Vienne, en Autriche-Hongrie, et mort par suicide le 22 février 1942, à Petrópolis au Brésil, est un écrivain, dramaturge, journaliste et biographe autrichien.

    Ami de Sigmund Freud, d’Arthur Schnitzler, de Romain Rolland, de Richard Strauss et d’Émile Verhaeren, Stefan Zweig fait partie de l’intelligentsia juive viennoise, avant de quitter son pays natal en 1934 en raison de la montée du nazisme. Réfugié à Londres, il y poursuit une œuvre de biographe (Joseph Fouché, Marie Antoinette, Marie Stuart) et surtout d’auteur de romans et nouvelles : Amok, La Pitié dangereuse, La Confusion des sentiments, Le Joueur d’échecs. Dans son livre testament, Le Monde d’hier. Souvenirs d’un Européen, Zweig se fait chroniqueur de l’« âge d’or » de l’Europe et analyse ce qu’il considère être l’échec d’une civilisation.

    La suite sur ce lien :
    https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Stefan_Zweig

    Aux folles journées de Nantes, du 31 janvier au 4 février 2018,
    La salle Stefan Zweig à la Cité des congrès de Nantes.

    Guide de la Folle journée, page 77 :
    Élevé dans l’atmosphère cosmopolite de la Vienne impériale, ce grand poète et dramaturge autrichien a été toute sa vie un voyageur infatigable, toujours en quête de nouvelles cultures. Profondément marqué par la 1ère guerre mondiale, ardent pacifiste et très tôt conscient de la menace pesant sur le peuple juif, il assiste terrifié à la montée du nazisme en Europe ; fuyant en Angleterre, puis aux EU, c’est finalement au Brésil qu’il se rend ; épuisé par ses longues années d’errance et effondré par l’anéantissement de ses rêves pacifiques et humanistes d’union des peuples, il choisit de mettre fin à ses jours le 22 fév 1942, juste après avoir achevé son livre testament Le Monde d’hier. Souvenirs d’un Européen, véritable hymne à la culture européenne - "le nationalisme a empoisonné la fleur de notre culture européenne... étranger partout, l’Europe est perdue pour moi ".


  • Le carnaval ou la tradition ? Elles ont fait leur choix ! NRobin

    https://theconversation.com/quelle-vie-apres-le-niqab-rencontre-avec-celles-qui-ont-retire-le-v

    Quelle vie après le niqab ? Rencontre avec celles qui ont retiré le voile
    Agnès De Féo
    30 janvier 2018,
    Alexia (en bleu) et Saliha en 2012 : deux Françaises à l’époque militantes pour le voile intégral. Depuis, Saliha a fait « l’hijra » à Tataouine dans le Sud de la Tunisie, Alexia a tout retiré. Agnès De Feo, Author provided
    Il est beaucoup question aujourd’hui de désaffiliation djihadiste, de celles et ceux qui affirment sortir du djihad pour revenir en Europe, jurant s’être « déradicalisés » telle la djihadiste et convertie Emilie König dont l’arrestation en Syrie par les forces kurdes a fait grand bruit en France.

    Mais qu’en est-il des autres ? Certaines femmes pratiquant un islam dit salafiste piétiste ou quiétiste, sans recours à la violence, ont toujours refusé la guerre, tout en portant le voile intégral, ou niqab. Or certaines décident d’en sortir un beau jour et retirent tout, même le foulard sur la tête, ce qui peut aussi s’apparenter à un désengagement militant.

    Hanane et Alexia (pseudonymes) sont nées en France. La première a grandi dans une famille de confession musulmane non pratiquante, la seconde s’est convertie à 22 ans. Toutes deux ont fait durant cinq ans l’expérience du niqab. Hanane l’a porté en 2009, juste avant le vote sur la loi interdisant le voile intégral en 2010. Alexia l’a adopté ensuite. Ces deux ardentes défenseuses du voilement féminin total l’ont aujourd’hui complètement abandonné. Mais ce changement s’est fait progressivement et s’est accompagné d’une prise de distance avec l’idéologie salafiste.

    « Recommencer à vivre »
    Le 10 janvier dernier, premiers jours des soldes, Alexia me donne rendez-vous à la gare du Nord, à Paris. Elle veut s’acheter des vêtements. Elle dit vouloir « recommencer à vivre ». Dans une première enseigne, elle s’achète quatre pantalons slims et un blouson serré. Elle cherche ensuite des vêtements indiens. Non pas les classiques de Bollywood en vente dans les boutiques tamoules de la rue du Faubourg-Saint-Denis et dont les salafistes sont friandes – l’exubérance pailletée et colorée contraste en privé avec l’austérité du niqab en public –, mais de la mode ethnique fabriquée au Népal pour le goût occidental. Une boutique en propose. Elle essaye une veste bariolée et un pantalon aux « pattes d’eph » immenses.

    En sortant de la cabine d’essayage, elle se jauge devant le miroir : « C’est vraiment moi, je me sens enfin redevenir moi-même après des années d’enfermement. » Avec ses cheveux qui balayent son visage, Alexia ressemble à une femme moderne, épanouie dans son corps. Alors qu’elle se rhabille, je suis impressionnée par sa métamorphose. Difficile d’imaginer qu’Alexia est restée cinq ans sous le niqab. Elle était l’une des femmes les plus radicales que j’ai jamais rencontrées.

    Alexia à la Rencontre annuelle des musulmans de France au Bourget, en région parisienne, 2017. Agnès De Féo
    Un peu plus tard, j’ai rendez-vous avec Hanane pour imprimer des étiquettes à flacons dans une imprimerie du même quartier, tenue par des Tamouls du Sri Lanka. Elle me demande de l’accompagner car c’est moi qui réalise ses maquettes : « Masque capillaire à l’huile de coco », « Déodorant à la pierre d’alun et au musc », « Mascara à l’huile de ricin », autant de créations qu’elle commercialise depuis qu’elle s’est lancée dans la fabrication de produits naturels. Avec ses cheveux colorés rouge vif, son pantalon noir ultra-moulant, tout comme son haut qui enveloppe ses formes généreuses, je la vois négocier avec les imprimeurs, se coller à eux à cause de l’exiguïté du lieu sans manifester le moindre recul spontané comme il est d’usage dans le milieu très rigoriste qu’elle fréquentait. Incroyable évolution pour cette ancienne partisane du voile intégral.

    Revenons sur Alexia. Je l’ai rencontrée le 6 août 2011 dans le cadre de mes recherches sur le voile intégral lors d’une manifestation du groupe salafiste revendicatif Forsane Alizza(littéralement Cavaliers de la fierté) à Aulnay-sous-Bois, en banlieue parisienne.

    Manifestation du groupuscule Forsane Alizza le 6 août 2011 où j’ai rencontré Alexia. Au centre son leader, Mohamed Achamlane. Depuis 2015, il est en détention pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste. Agnès De Féo
    Elle était entièrement couverte sous le niqab et se présentait comme l’épouse d’un des leaders du groupe. Alexia se souvient de cette époque : « Nous considérions tous les musulmans républicains comme des mécréants. Nous faisions le takfir(excommunication) contre ceux qui ne pratiquaient pas comme nous. Nous étions opposés au taghout, l’[idolâtrie ici au sens large, ndlr], c’est-à-dire à l’État et aux institutions. Nous étions dans l’exagération, nous nous définissions comme ghûlat, qui signifie extrémiste en arabe. »

    Alexia en 2013. Agnès De Féo
    En fait ce terme est en général utilisé pour dénigrer les chiites qui exagèrent le culte rendu au prophète et à sa famille. Mais il est utilisé par ce sous-groupe salafiste pour se désigner lui-même. Cette tendance, également nommée takfiriste est née dans les années 1970 en Égypte, pour l’usage qu’ils font du takfir sans la moindre légitimité. Ils se montrent sans pitié pour exclure de l’islam ceux qu’ils jugent déviants sans pour autant forcément appeler au djihad.

    Quant à Hanane, je la connais depuis plus longtemps encore. Nous nous sommes rencontrées lors d’une manifestation de femmes en niqab en janvier 2010, place de la République à Paris puis devant l’Assemblée nationale, s’opposant à la proposition de loi d’interdiction de dissimulation du visage. Nous étions alors en pleine polémique devant un phénomène inconnu pour l’écrasante majorité des Français.

    Hanane, rencontrée en marge d’une manifestation devant l’Assemblée nationale, Paris, 2010. Agnès De Féo
    Les femmes en niqab étaient d’abord estimées à quelques centaines, puis à 2 000.

    « Le niqab me protégeait »
    Début 2017, Hanane m’a recontactée pour l’aider à écrire un livre sur sa vie. L’ancienne lectrice en traduction française du prédicateur et cheikh saoudien Aidh El-Qarni, qui donne des conseils aux femmes pour devenir de parfaites musulmanes, a radicalement changé de perspectives. Ses modèles de livres sont aujourd’hui Jamais sans ma fille(1991) ou encore Vendues (2004) best-sellers qui font des musulmanes les victimes d’un ordre machiste intrinsèque à l’islam.

    Ce n’est pourtant pas pour dénoncer le niqab qu’elle veut écrire mais pour raconter les viols qu’elle a subis par son beau-père durant dix ans lorsqu’elle était mineure, argument qu’elle utilise pour expliquer son engagement dans le salafisme.

    « La religion m’a beaucoup apporté pour sortir du traumatisme du viol. J’avais 19-20 ans quand j’ai commencé à porter le niqab, je l’ai enlevé à 25 ans. Plus j’avançais, plus je voulais me couvrir. Le niqab me protégeait, j’étais bien avec. J’aimais me cacher des hommes. Je pouvais les voir mais eux ne me voyaient pas. Maintenant quand les mecs me regardent, ça m’énerve. »

    Contrairement à Alexia qui a pris seule la décision de se voiler le visage, Hanane se souvient de l’influence qu’a exercé sur elle le groupe qu’elle fréquentait alors à Villiers-sur-Marne :

    « Nous étions une bande de copines et avons porté le niqab presque toutes en même temps. Dans notre groupe, la plus précoce était Ayat Boumédiène, qui l’a adopté plus de deux ans avant la loi. Au début, elle était en mode normale puis elle a commencé à organiser des repas entre sœurs pour nous inciter à prendre les armes, c’était fatigant. C’est son mari, Ahmadi Coulibaly, qui lui a tourné de la tête. Je me souviens de lui, il était cool jusqu’à ce qu’il fasse de la prison. Quand il est sorti, c’est parti en cacahouète. Et dire qu’Ayat voulait me présenter un homme pour me marier, elle insistait beaucoup. Cet homme avait été emprisonné pour meurtre dans une bagarre. Heureusement que je ne me suis pas mariée, je serais en Syrie aujourd’hui [rires]. »

    Ayat (ou Hayat) Boumédiène aurait rejoint la Syrie juste avant les attentats de l’Hyper Cacher en janvier 2015.

    « Quand je l’ai enlevé, j’ai eu l’impression de sortir de prison »
    La majorité des femmes qui ont abandonné le niqab portent aujourd’hui le jilbab, costume couvrant intégralement le corps à l’exception du visage. Elles disent avoir cédé à la pression de la rue et aux contrôles policiers tout en espérant le remettre un jour. Rien de tel chez Alexia et Hanane qui affirment avoir tourné la page et refuser d’être identifiées à leur ancien groupe d’appartenance.

    Alexia est même devenue une farouche détractrice du voile et du salafisme. Elle continue à se définir comme musulmane mais avec une lecture critique des textes. Hanane, elle, avoue être devenue rituellement moins assidue : « Je saute souvent les prières ou je les fais en retard. Certains jours même, je n’ai pas le temps de prier. Quand je portais le niqab, j’étais un peu plus régulière, même si j’étais souvent en retard. » Toutes les deux disent avoir abandonné leurs anciennes lectures, ainsi que la fréquentation des sites communautaires.

    Mais ce retrait ne se fait pas d’un coup. Plusieurs mois sont nécessaires pour en sortir. Alexia raconte avoir décidé d’enlever le niqab sur les conseils de l’homme qui partageait sa vie à l’époque. Ce salafiste converti à l’islam était pourtant partisan de ce rigorisme féminin :

    « Quand il a vu mon état physique, il m’a demandé de l’enlever, il craignait pour ma santé. J’ai suivi son avis, mais c’est long, c’est dur. Je l’avais porté pour plaire à Allah. Mais à cause du manque de lumière, je ne synthétisais plus la vitamine D, mon corps m’a lâché. »

    Hanane aujourd’hui. Agnès De Féo
    Hanane a abandonné son voile du visage après les attentats de Charlie Hebdo en 2015 car elle craignait pour sa sécurité, faisant face à de plus en plus d’insultes dans la rue : « Je l’ai retiré petit à petit. Ce n’était plus vivable de le porter. » Alexia se souvient : « Quand je l’ai enlevé, j’ai eu l’impression de sortir de prison, ce qui ne veut pas dire que je me suis libérée. Car je me sentais encore mal. Des années sont nécessaires pour s’en sortir et je n’ai pas encore fini de faire le ménage dans ma tête. »

    Pour Hanane, le plus dur est l’exclusion du groupe : « Depuis que j’ai retiré mon voile, beaucoup de sœurs ne veulent plus me parler. Je les trouve hautaines et injustes, car cela peut arriver à n’importe qui d’enlever son voile. Quelques rares sœurs me répondent, mais ce n’est plus comme avant. » Alexia a longtemps remis son voile en rentrant dans sa cité du 93. Puis elle a fini par tout enlever en modifiant ses fréquentations : « Ma vie a commencé à changer quand je me suis inscrite dans une salle de sport ce qui m’a permis de sortir des réseaux sociaux salafistes qui étaient ma seule source de socialisation avant. Puis j’ai trouvé du boulot et là j’ai définitivement dit adieu à mon passé. » C’est justement à son travail qu’elle a rencontré l’homme avec qui elle se marie à la fin du mois. Il n’est pas musulman et le mariage aura lieu à la mairie, une initiative impensable pour cette femme qui haïssait les institutions françaises. Elle m’a demandé d’être son témoin.

    Un goût amer
    Avec le recul, aucune des deux femmes ne parle de sa « sortie » du niqab comme d’une libération. Elles gardent un goût amer de cette expérience. Elles disent avoir été convaincues à un moment donné de leur vie de l’importance de se voiler intégralement et y avoir trouvé des avantages. Alexia croyait ainsi atteindre la perfection musulmane et donner un sens à sa vie. Elle imaginait rencontrer l’homme pieux et vertueux qui la sortirait de sa condition de mère célibataire. Pour Hanane, il s’agissait de panser les plaies d’une adolescence déchirée par la névrose familiale et les placements en foyer. Toutes deux ont utilisé le niqab comme revanche.

    Alexia considère a posteriori que cette période lui a fait perdre des années de sa vie et manifeste sa colère contre les publications et la propagande d’Arabie saoudite. Elle en veut à tout le système qui l’a endoctrinée, même si elle reconnaît que cet endoctrinement était volontaire. Selon elle, Daech profite de la naïveté de ceux et celles qui croient s’engager pour des raisons légitimes et se trouvent au final embrigadés.

    Même si elles s’opposent aujourd’hui au niqab, ni Hanane ni Alexia ne soutiennent la loi d’interdiction de 2010. « La loi est contre-productive. La seule solution est de s’en sortir par soi-même. L’interdit ne convaincra jamais aucune femme de l’enlever », me disait récemment Hanane. Même réaction chez Alexia qui fustige une loi qui a poussé certaines femmes à se couper de la société et même « à le porter en signe de révolte ».

    Ces témoignages de « sortantes du niqab » restent rares, non pas parce que peu de femmes l’abandonnent, mais parce qu’elles font table rase de leurs anciennes relations en adoptant leur nouvelle identité. Elles changent de mail, de numéro de portable et disparaissent sans laisser d’adresse. Le voile intégral devient alors une étape transitoire dans leur vie.


  • Le salut iranien.

    Alors qu’en Algerie, elles le mettent sans contrainte et le revendiquent de plus en plus, les Iraniennes de plus en plus nombreuses n’en veulent plus !

    La lutte contre l’intégrisme musulman et contre ce que je considère comme une régression mentale des femmes musulmanes du 21ème siècle, viendra peut-être d’une révolution iranienne. Un bel exemple de courage !

    Même si ce mouvement fait déjà l’objet d’une instrumentalisation par l’administration américaine pour déstabiliser un peu plus l’Iran des Mollahs « modérés ». NRobin

    http://information.tv5monde.com/terriennes/iran-celles-qui-tombent-le-voile-218291

    Iran : celles qui tombent le voile
    Commentaire Karine Henry - TV5MONDE
    En Iran, depuis la révolution islamique, une loi impose aux femmes de sortir voilées et couvertes de pied en cap. Or depuis plusieurs semaines, certaines bravent ouvertement l’interdit. Elles se dévoilent dans l’espace public, au risque d’être arrêtées. C’est ce qui vient d’arriver à une trentaine d’entre elles.
    04 FÉV 2018
    par Liliane Charrier

    Avec AFP
    Femmes voilées, le voile dans tous ses états
    Le nouveau visage de l’Iran : le pays secoué par des manifestations
    « 29 personnes » ont été « arrêtées et remises à la justice » parce qu’elles « perturbaient l’ordre social » - c’est par ce communiqué succinct et laconique que la police de Téhéran annonce les arrestations, sans précision sur leur moment précis. Toujours est-il qu’elles interviennent après le partage, sur les réseaux sociaux, de photos apparemment prises en Iran de femmes tête nue au vu et au su de tous, leur voile pendu au bout d’une perche comme une bravade.

    L’idée, c’est de grimper sur un monument public - fontaine, muret, coffrage - pour un maximum de visibilité. Ces actions de contestation s’inspirent de l’initiative d’une femme, arrêtée fin décembre après être montée tête nue sur une armoire électrique dans une artère animée de Téhéran, brandissant son voile au bout d’un bâton.

    L’initiative de cette jeune femme a fait boule de neige, et elles sont de plus en plus nombreuses à suivre son exemple au péril de leur liberté. Des femmes , mais aussi des hommes, en signe de solidarité :

    Laisser glisser...
    La loi en vigueur en Iran depuis 1979 impose à toutes les femmes, iraniennes ou étrangères, et quelle que soit leur religion ou croyance, de sortir tête voilée et le corps couvert d’un vêtement ample plus ou moins long. Toutefois, le zèle de la police des mœurs sur ce sujet a nettement diminué ces vingt dernières années, et un nombre croissant d’Iraniennes, à Téhéran et dans d’autres grandes villes, laissent apparaître nettement leur chevelure.

    Dans certains quartiers de la capitale, les conductrices sont nombreuses à laisser glisser leur foulard sur les épaules, estimant que la voiture fait partie de leur espace privé.

    Caution dissuasive
    La jeune femme arrêtée en décembre à Téhéran a été libérée après environ un mois de détention, selon l’avocate Nasrin Sotoudeh, figure de l’activisme en faveur des droits humains en Iran. Maître Sotoudeh indique que la justice exige une caution d’un montant rédhibitoire pour la libération d’une autre contestatrice arrêtée cette semaine, estimant que cela révélait une ferme intention des autorités de dissuader les contestataires :

    Contestation ’puérile’
    Le 31 janvier, le procureur général de la République islamique Mohammad Jafar Montazeri qualifiait la remise en cause de l’obligation du port du voile par quelques femmes de « puérile », minimisant l’importance de la contestation. « Il s’agit d’une affaire insignifiante qui n’a rien de préoccupant », avait-il déclaré en ajoutant que les manifestantes solitaires avaient « agi par ignorance » et qu’"elles pourraient avoir été influencées à partir de l’étranger". Les autorités accusent des groupes « contre-révolutionnaires » basés hors d’Iran d’être à l’origine de cette campagne contre le voile islamique.

    A l’approche du 39e anniversaire de la Révolution islamique, le 11 février, des Iraniens se mobilisent contre cette campagne de contestation en publiant sur les réseaux sociaux des photos où ils brandissent le drapeau national.

    ’Aucune contrainte’
    « A une époque, nous imposions des restrictions aux femmes et nous les mettions sous des pressions inutiles, cela a provoqué ces révoltes pour que des femmes enlèvent leur foulards dans la rue. Cela est le résultat de nos erreurs », déclare Soheila Jelodarzadeh, une députée réformatrice.

    Le vice-président du Parlement, Ali Motahari, connu pour ses positions critiques contre certaines politiques du pouvoir, lui, minimise le phénomène : « Il n’y a aucune contrainte en ce qui concerne le voile, et beaucoup de femmes se baladent dans la rue comme elles le veulent. Le fait qu’une poignée de femmes agitent en l’air leur foulard n’est pas un événement important », dit-il. « Le problème du pays n’est pas le voile. Nous ne voulons pas faire preuve de sévérité », ajoute-t-il.

    Même si elles sont largement sous-représentées dans la classe politique, les femmes sont de plus en plus présentes dans la société iranienne. Elles sont majoritaires parmi les quatre millions d’étudiants de ce pays de 80 millions d’habitants et sont de plus en plus impliquées dans les activités économiques, en particulier dans le secteur privé.

    L’actuel président Hassan Rohani, un religieux modéré élu en 2013 et reconduit l’an dernier, prône une plus grande ouverture politique et sociale du pays, notamment en ce qui concerne le respect du code vestimentaire.



  • Le racisme, à quoi ça sert
    – Une parole juive contre le racisme -
    par
    Dominique Natanson
    Coprésident d’honneur de l’UJFP

    Le 7 février à 19h30

    FEC (Foyer des Etudiants Catholiques)

    17, place St Etienne - Strasbourg

    https://quartierslibres.wordpress.com/2018/01/20/livre-du-samedi-une-parole-juive-contre-le-racisme-ujfp

    Livre du samedi : Une parole juive contre le racisme / UJFP
    https://www.syllepse.net/syllepse_images/produits/une-parole_juive_2e_edition.jpg

    Une parole juive contre le racisme / UJFP
    Des Juifs s’expriment contre le racisme.
    Pas seulement contre l’antisémitisme. Contre toutes les formes du racisme !
    Les Juifs sont encore parfois victimes de crimes de haine, mais les principales victimes des discriminations et agressions racistes aujourd’hui ne sont plus les Juifs. Dans notre société, négrophobie et bavures policières ont partie liée tandis que l’islamophobie inventive des autorités ouvre la porte aux discriminations et légitime les agressions.
    Musulman·es, Noir·es, Asiatiques, réfugié·es, homosexuel·les… les formes du racisme changent, mais des procédés comparables d’exclusion sont à l’œuvre.
    Il faut d’abord définir le racisme : sa prétention à être « scientifique » doit être anéantie : le racisme est une construction politique et sociale. Pour le comprendre, deux questions doivent être posées : « Le racisme, à quoi ça a servi ? » et « À quoi sert le racisme aujourd’hui ? »
    Les auteur·es partent de l’histoire des Juifs dans l’Europe de la Shoah comme dans les pays arabes colonisés. C’est pour mettre cette histoire douloureuse au service des solidarités antiracistes d’aujourd’hui. C’est le sens des actions évoquées ici, comme le Manifeste des enfants cachés dans lequel des victimes des lois raciales vichystes rappellent que sans la solidarité active de délinquants solidaires, ils ne seraient pas en vie.
    Il faut remonter plus loin dans l’histoire : le racisme d’État a produit la traite négrière, l’esclavage codifié dans le Code noir. Le colonialisme est à l’origine d’un siècle et demi de discriminations légales, dont l’apartheid sud-africain.
    Les fondements du profond racisme qui imprègne la société française se trouvent incontestablement dans des institutions, des pratiques et des discours qui ont été élaborées dans le cadre de l’empire colonial français.

    Cet ouvrage est une initiative de l’UJFP, Union juive française pour la paix. Il s’adresse à un large public de jeunes, d’enseignants, d’éducateurs, de militants, qui souhaitent faire le point sur le racisme et entendre ce que des Juifs ont à dire sur la manière de le combattre avec tous. C’est du racisme dont nous voulons parler, pas seulement de sa variante antisémite. Nous voulons montrer ici comment la lutte contre le racisme est indivisible. Toutes les attitudes et toutes les politiques de rejet, d’exclusion, de persécution et d’épuration ethnique sont à combattre. Bien sûr, l’histoire de beaucoup d’entre nous, le souvenir des persécutions et du génocide juif nous incitent à une vigilance particulière, nous enjoignent de ne jamais être du côté des bourreaux, quels qu’ils soient. Nous avons certes dans le cœur cette blessure liée à l’antisémitisme et à Auschwitz, comme une écharde purulente. Mais nous vivons maintenant et nous devons constater que les principales victimes du racisme ne sont plus les Juifs. Il faut en parler aujourd’hui, dans l’après-Charlie, dans l’après-Bataclan, quand l’islamophobie se déchaîne, quand la négrophobie perdure, dans la crise des migrants dont on sait qu’elle n’est pas éphémère, quand les discours violents d’exclusion se répandent. Proposer notre parole juive contre le racisme aujourd’hui, c’est prendre le parti de l’universel, contre tous les nationalismes ; celui de la fraternité, contre tous les replis sur soi ; celui de l’action solidaire en faveur des réfugiés, des musulmans, des Noirs, des Rroms, des peuples en lutte contre l’oppression…

    https://youtu.be/CRW_29AlISU


    Bande-annonce des dix clips réalisés par Eyal Sivan pour l’UJFP. Plus d’une trentaine de militant-e-s de l’UJFP prennent la parole : racisme d’Etat, antisionisme, instrumentalisation de l’antisémitisme, identité juive, solidarité avec la Palestine, colonialisme, féminisme…

    L’Union Juive Française pour la Paix(UJFP) a été fondée à Paris en avril 1994-lors de la fête de Pessah 5754- comme section de l’Union Juive Internationale pour la Paix (UJIP) disparue depuis. En 2002 elle est devenue membre fondateur de la Fédération des Juifs européens pour une Paix juste (EJJP). Conscients de nos histoires,nous assumons notre rôle d’agir pour « créer un monde meilleur ». Le sionisme a abouti à la création de l’État d’Israël qui nie le peuple palestinien et ses droits. Le conflit entre Israéliens et Palestiniens ne peut donc être résolu qu’en mettant un terme à la domination d’un peuple par un autre, par la mise en œuvre du droit à l’autodétermination pour le peuple palestinien et du droit à créer son propre État indépendant. Aucune solution juste et durable n’est possible sans un retrait total d’Israël de tous les territoires qu’il occupe depuis 1967 et sans le droit au retour des réfugiés palestiniens et sans la fin de l’apartheid israélien qui fait de sa population palestinienne des citoyens de seconde zone. La forme étatique que les peuples de la région établiront dépendra de leur volonté et de l’évolution de leurs relations.
    Nous militons pour qu’elles évoluent dans le sens de l’égalité des droits de tous les habitants, d’une coopération mutuelle et d’une justice sociale ouvrant à la voie de la paix.

    L’UJFP regroupe des membres, Juifs ou non, qui œuvrent ensemble

    pour le « vivre ensemble » en France comme au Proche-Orient
    pour que des voix juives laïques et progressistes se fassent entendre,
    et sont partie prenante des combats contre tous les racismes et toutes les discriminations.


  • La Stratégie du choc
    Montée d’un capitalisme du désastre
    NAOMI KLEIN
    https://images-na.ssl-images-amazon.com/images/I/71VCfuZiArL.jpg
    Qu’y a-t-il de commun entre le coup d’Etat de Pinochet au Chili en 1973, le massacre de la place Tiananmen en 1989, l’effondrement de l’Union soviétique, le naufrage de l’épopée Solidarnosc en Pologne, les difficultés rencontrées par Mandela dans l’Afrique du Sud post-apartheid, les attentats du 11 septembre, la guerre en Irak, le tsunami qui dévasta les côtes du Sri Lanka en 2004, le cyclone Katrina, l’année suivante, la pratique de la torture partout et en tous lieux – Abou Ghraïb ou Guantánamo – aujourd’hui ?

    Tous ces moments de notre histoire récente, répond Naomi Klein, ont partie liée avec l’avènement d’un “capitalisme du désastre”.
    Approfondissant la réflexion militante entamée avec son bestseller No Logo, Naomi Klein dénonce, dans La stratégie du choc, l’existence d’opérations concertées dans le but d’assurer la prise de contrôle de la planète par les tenants d’un ultralibéralisme toutpuissant. Ce dernier met sciemment à contribution crises et désastres pour substituer aux valeurs démocratiques, auxquelles les sociétés aspirent, la seule loi du marché et la barbarie de la spéculation.

    Remarquablement conduite et documentée, cette histoire secrète du libre marché, qui dessine une nouvelle éthique de l’investigation journalistique, s’affirme comme une lecture indispensable pour réévaluer les enjeux des temps présent et à venir, vis-à-vis desquels les citoyens du monde portent, ensemble, une responsabilité impossible à déléguer.

    Journaliste, essayiste et réalisatrice, diplômée de la prestigieuse London School of Economics, Naomi Klein est l’auteur du best-seller international No Logo, traduit dans vingt-huit langues et devenu une référence incontournable dans le monde entier. Elle contribue régulièrement à la rubrique internationale de The Nation et The Guardian, et s’est rendue en Irak pour le magazine Harper’s. En 2004, elle a réalisé un film documentaire, The Take, sur l’occupation des usines en Argentine, qu’elle a coproduit avec le réalisateur Avi Lewis.

    https://www.actes-sud.fr/catalogue/economie/la-strategie-du-choc

    Naomi Klein : "Le plus grand succès du néolibéralisme : la colonisation de nos imaginaires."sur YouTube
    https://youtu.be/A-Ye2INN67U


  • La stratégie du chaos : Impérialisme et islam
    Par Michel Collon
    http://p4.storage.canalblog.com/40/27/356760/80152299_o.jpg

    Présentation de l’éditeur
    Egypte, Tunisie, Libye, Turquie, Iran, Arabie saoudite, Somalie, Soudan, Afghanistan, Pakistan : cet « arc d’instabilité » qui relie l’Afrique du Nord en passant par le Moyen-Orient et la Corne de l’Afrique jusqu’à l’Afghanistan et aux portes de la Chine. Fameux paradoxe : c’est dans cette zone explosive que se joue sans doute l’avenir du monde, mais on n’y comprend pas grand chose ! Quel fil rouge relie ces pays ? Un « péril musulman » ? Un choc des civilisations ? Les retombées des conflits coloniaux ? Et si tous ces pays formaient les pièces d’un seul grand puzzle ? Un puzzle qui prend son sens
    quand on saisit la stratégie globale des Etats-Unis face aux autres puissances : Europe, Russie, Chine et les forces émergentes du Sud . En quelques entretiens passionnants, Mohamed Hassan fournit la clé de ce puzzle. Il rappelle l’Histoire oubliée qui explique le présent, dévoile les stratégies secrètes et expose les intérêts non avoués. Michel Collon et
    Grégoire Lalieu ont préparé ce livre avec lui. Leur but : rendre simple ce qui paraît compliqué. Pour comprendre le monde musulman et ses rapports avec les USA ou l’Europe, tout citoyen a intérêt à savoir ce qu’on lui cache.

    Biographie de l’auteur
    Mohamed Hassan, Grégoire Lalieu et Michel Collon sont membres du collectif Investig’Action-michelcollon.info.

    https://www.amazon.fr/strat%C3%A9gie-chaos-Imp%C3%A9rialisme-islam/dp/2870035721#productDescription_secondary_view_div_1517201867391

    https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Michel_Collon

    Michel Collon
    Journaliste et essayiste belge
    https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/e/e5/Michel-collon-1024x768.jpg


  • http://www.radioorient.com/live/?tab=podcast&id=57182

    Prisons israéliennes : Une vingtaine de personnalités signent une tribune pour dénoncer les détentions d’enfants
    26 Jan 2018

    Ils sont journalistes, universitaires mais aussi artistes : une vingtaine de personnalités ont signé une tribune dans le monde pour dénoncer les détentions d’enfants dans les prisons israéliennes.

    Évoquant notamment le cas de l’adolescente Ahed Tamimi, les signataires appellent le président Macron à faire pression sur Israël pour que cesse cette pratique contraire aux conventions internationales.

    Parmi eux, l’historien Gilles Manceron, spécialiste du colonialisme français.

    Propos recueillis par Maria Lafitte.

    https://fr.m.wikipedia.org/wiki/Gilles_Manceron

    http://mobile.lemonde.fr/idees/article/2018/01/23/il-faut-exiger-la-fin-des-pratiques-de-detentions-qui-constituent-une

    Le Monde
    Publié Le 23.01.2018
    Il faut « exiger la fin des pratiques de détentions qui constituent une violation des droits des enfants » en Israël
    À la suite de l’affaire Ahed Tamimi, un collectif de signataires, parmi lesquels le médecin Rony Brauman et la socio-anthropologue Nicole Lapierre, appelle le président Macron dans une tribune au « Monde » à agir pour inciter Israël à mettre fin à un système où des centaines d’enfants sont condamnés par des tribunaux militaires.

    Par COLLECTIF

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    EXTRAIT
    http://img.lemde.fr/2018/01/16/0/0/5320/2660/696/348/60/0/ac708be_5732387-01-06.jpg
    « 85 % des enfants palestiniens arrêtés ont les yeux bandés et 95 % sont menottés » (Photo : Ahed Tamimi, la deuxième en partant de la droite, le 15 janvier). THOMAS COEX / AFP
    Tribune. Nous sollicitons le soutien du président de la République et son intervention pour l’arrêt de la détention d’enfants palestiniens dans les prisons israéliennes. Nous voulons en particulier attirer son attention sur le cas de Ahed Tamimi poursuivie par le gouvernement israélien : le 15 décembre dernier Mohamed Tamimi 15 ans est atteint à la tête par une balle de métal recouverte de caoutchouc tirée à courte de distance par des soldats de l’armée d’occupation israélienne. Le jeune garçon était dans un état critique et sa cousine Ahed Tamimi, âgée de 16 ans, était visiblement bouleversée par l’annonce de son état et la gravité de ses blessures

    Ces mêmes soldats ont approché une heure plus tard la maison familiale, et Ahed les a frappés en leur criant de partir. Ce moment filmé par sa mère et diffusé sur les réseaux sociaux montre le courage d’une adolescente affrontant à mains nues deux soldats lourdement armés.

    • https://www.humanium.org/fr/etats-signataires-et-parties

      La Convention internationale relative aux Droits de l’Enfant est entrée en vigueur le 7 septembre 1990, lorsque 20 pays membres de l’Organisation des Nations Unies l’ont ratifiée. Aucun autre traité international relatif aux Droits de l’Homme n’a suscité un tel consensus de la part des États.

      Actuellement, seuls les États-Unis n’ont pas ratifié la Convention. La Somalie, le Soudan du Sud et la Palestine sont les derniers signataires en date.
      Cela signifie que sur les 197 États signataires de la Convention, 196 ont ratifié la Convention, soit la quasi-totalité des Etats signataires. Les États-Unis sont donc les seuls à se démarquer, malgré le soutien de plusieurs présidents américains à la Convention.

      Le cas des États-Unis
      Les États-Unis ont signé la Convention relative aux Droits de l’Enfant le 16 février 1995, mais ne font pas partie de la Convention à ce jour.

      Si les États-Unis n’ont pas ratifié la Convention, cela serait dû au fait que certains États américains souhaitent pouvoir emprisonner des mineurs. La Cour suprême américaine acceptait que des États américains condamnent à mort des enfants jusqu’en 2005.

      Le cas de la Somalie
      État signataire depuis mai 2002, la Somalie connait une forte instabilité politique ainsi que l’absence de structures administratives et politiques solides. Toutefois, début octobre 2015, la Somalie ratifiait la Convention sous les éloges des journaux internationaux. Elle est donc, à ce jour, le dernier pays à s’être lié juridiquement parlant à la Convention.

      Le cas du Soudan du Sud
      Depuis le 9 juillet 2011, le Soudan du Sud est devenu le 193ème Etat signataire. Nouvellement constitué, l’État a finalement ratifié la Convention en mai 2015.

      Le cas de la Palestine
      Devenue un État observateur auprès de l’Organisation des Nations Unies en 2013, la Palestine a entrepris la ratification de la Convention en avril 2014.

      Voir aussi

      Présentation de la Convention relative aux Droits de l’Enfant
      Histoire des Droits de l’Enfant
      Genèse de la Convention
      Adoption de la Convention


  • http://mobile.lemonde.fr/idees/article/2018/01/09/nous-defendons-une-liberte-d-importuner-indispensable-a-la-liberte-se

    il y a 19 jours
    « Nous défendons une liberté d’importuner, indispensable à la liberté sexuelle »
    TRIBUNE
    PAR COLLECTIF

    Dans une tribune au « Monde », un collectif de 100 femmes, dont Catherine Millet, Ingrid Caven et Catherine Deneuve, affirme son rejet d’un certain féminisme qui exprime une « haine des hommes ».

    Cet article est réservé aux abonnés

    EXTRAIT
    Tribune. Le viol est un crime. Mais la drague insistante ou maladroite n’est pas un délit, ni la galanterie une agression machiste.

    A la suite de l’affaire Weinstein a eu lieu une légitime prise de conscience des violences sexuelles exercées sur les femmes, notamment dans le cadre professionnel, où certains hommes abusent de leur pouvoir. Elle était nécessaire. Mais cette libération de la parole se retourne aujourd’hui en son contraire : on nous intime de parler comme il faut, de taire ce qui fâche, et celles qui refusent de se plier à de telles injonctions sont regardées comme des traîtresses, des complices !


  • En kiosque
    « Manière de voir » #157, février - mars 2018

    Manière de voir, une édition bimensuelle du Monde diplomatique

    Palestine. Un peuple, une colonisation

    Comprendre tous les aspects de la situation en Palestine : historique, social, économique, politique et humain. De la déclaration Balfour à l’échec du « processus de paix », ce numéro fait le point sur un conflit colonial qui dure. Inclus, une carte-affiche « Pour un Palestinien, 50 km en 5 h de route », « checkpoints » militaires compris.

    Numéro coordonné par Akram Belkaïd et Olivier Pironet

    Conception graphique : Boris Séméniako
    Photogravure : Patrick Puech-Wilhem
    Cartographie : Cécile Marin
    Correction : Monique Devauton

    Duplicité arabe, impasse palestinienne
    Akram Belkaïd et Olivier Pironet

    I. Une guerre de cent ans

    Depuis plus d’un siècle, les relations entre Juifs et Arabes sont placées sous le sceau de la confrontation. Après la création de l’État d’Israël, l’antagonisme a tourné à l’avantage des premiers, vainqueurs de plusieurs affrontements militaires. Pour les Palestiniens, et malgré une résistance opiniâtre, l’histoire contemporaine se confond avec une longue liste de revers et de droits bafoués.

    La dualité du projet sioniste
    Gilbert Achcar

    La naissance de la question des réfugiés
    Micheline Paunet

    Quand la résistance s’organise
    Gérard Chaliand

    Aux débuts de l’Intifada
    Amnon Kapeliouk

    À Oslo, une reddition inconséquente
    Edward W. Said

    Pourquoi le « processus de paix » a échoué
    Alain Gresh

    Les colonies ou la paix
    Alain Gresh

    L’annexion de la Cisjordanie est en marche
    Dominique Vidal

    II. Résistances

    Pour les Palestiniens, vivre sous la domination israélienne est synonyme de combats pour défendre leurs droits. C’est aussi une expérience qui attise les rivalités et les divisions politiques, surtout quand la violence, parfois fratricide, prend le dessus. Porte-voix officiel des aspirations de son peuple, l’Autorité palestinienne est vouée à un écart constant entre condamnation de l’occupant et politique conciliatrice, notamment sur le plan sécuritaire.

    D’un soulèvement à l’autre, une société désorientée
    Nadine Picaudou

    Mise au pas de l’Autorité palestinienne
    Graham Usher

    Yasser Arafat à travers l’histoire
    Éric Rouleau

    La Palestine n’a pas disparu
    Edward W. Said

    L’heure du choix pour les islamistes
    Wendy Kristianasen

    Tout a commencé et recommence encore à Gaza
    Jean-Pierre Filiu

    La Cisjordanie dans l’étau sécuritaire
    Olivier Pironet

    Bras-de-fer fratricide
    Amira Hass

    La cérémonie de l’humiliation
    Abaher El Sakka

    « Ici c’est Israël ! » : Hébron, comme l’Algérie « française »
    Alain Ruscio

    À l’aéroport
    Mahmoud Darwich

    III. Une question internationale

    Le conflit israélo-palestinien n’a jamais cessé de mobiliser la communauté internationale. « Parrains » du processus de paix, soutiens arabes aux Palestiniens, alliés occidentaux des Israéliens, États lointains mais solidaires d’une nation palestinienne opprimée en laquelle ils se reconnaissent... ce dossier aux multiples ramifications — juridiques, diplomatiques, politiques, humanitaires, etc. — ne laisse presque personne indifférent.

    Al-Qods, ciment du monde arabo-musulman
    Mohamed Sid-Ahmed

    Les oubliés des accords d’Oslo
    Marina Da Silva

    Un soutien sud-américain
    Maurice Lemoine

    Un petit monde
    Hélène Servel

    BDS, une mobilisation contre l’impunité
    Isabelle Avran

    Iconographie
    Ce numéro est accompagné de photographies…
    • tirées des archives de l’agence Magnum
    • de Gilles Peress pour l’exposition « This Place »
    • de Rula Halawani : www.ayyamgallery.com/artists/rula-halawani
    • de Clément Chapillon : www.clementchapillon.com Son livre Promise Me A Land propose un récit photographique qui explore l’attachement des Israéliens et des Palestiniens à leur terre. Ce travail documentaire est édité par les éditions Kehrer Verlag et sera disponible en avril 2018. Les affiches et documents graphiques sont tirés du site www.palestineposterproject.org

    En couverture : Christopher Anderson. — Un jeune homme brandit ouvertement le drapeau palestinien lors d’affrontements à Khan Yunis, bande de Gaza, 2000 (Magnum Photos).

    Voix de faits

    Cartographie, chiffres-clés, citations…

    • Chronologie « Un conflit centenaire »

    • Deux cartes, corrigées après la mise en ligne, sont en accès libre : « De l’occupation au morcellement » et « L’exode des Palestiniens ».

    Perspective
    La Palestine, toujours recommencée
    Alain Gresh

    Carte-affiche

    50km, 5h de route
    Cécile Marin

    Encadrés
    Al-Nakba

    Un conflit national

    Al-Naksa

    Lutte armée

    Les comités populaires

    Fedayin

    Le temps du courage

    Des enfants au front

    Bingo

    Soumoud

    Une génération sacrifiée

    Sur cette terre

    Une question d’« équilibre »

    Tatbi’ et Mouqata’a

    Bande dessinée
    Guillaume Barou

    Une case vide
    Samir Harb

    Documentation
    Olivier Pironet

    Bibliographie

    Sur la Toile

    Dates de parution des articles
    • Gilbert Achcar, « La dualité du projet sioniste » (inédit).
    • Micheline Paunet, « De la déclaration Balfour aux camps de l’UNRWA », juin 1960.
    • Gérard Chaliand, « La résistance palestinienne entre Israël et les États arabes », mars 1969.
    • Amnon Kapeliouk, « Le cri étouffé des Palestiniens », janvier 1988.
    • Edward Said, « Comment conjurer le prix d’une perpétuelle soumission à l’État d’Israël », novembre 1993.
    • Alain Gresh, « Inventaire des accords d’Oslo », avril 1999.
    • Alain Gresh, « Intifada pour une vraie paix », décembre 2000.
    • Dominique Vidal, « Cisjordanie, de la colonisation à l’annexion », février 2017.

    • Nadine Picaudou, « D’une Intifada à l’autre, la société palestinienne en mouvement », mars 2001.
    • Graham Usher, « Impasse stratégique pour la résistance palestinienne », septembre 2003.
    • Éric Rouleau, « Yasser Arafat à travers l’histoire », Manière de voir, n° 78, « Sous le sceau des croisades », décembre 2004 - janvier 2005.
    • Edward Said, « La Palestine n’a pas disparu », mai 1998.
    • Wendy Kristianasen, « Islamistes palestiniens, la nouvelle génération », juin 1995, et « L’introuvable stratégie du pouvoir palestinien face aux islamistes », avril 1996.
    • Jean-Pierre Filiu, « Tout commence, tout finit à Gaza », avril 2012.
    • Olivier Pironet, « En Cisjordanie, le spectre de l’Intifada », octobre 2014.
    • Amira Hass, « Cette “double autorité” qui écartèle les Palestiniens », octobre 2008.
    • Abaher El Sakka, « La cérémonie de l’humiliation », septembre 2015.
    • Alain Ruscio, « “Ici c’est Israël !” : Hébron, comme l’Algérie coloniale », « Lettre de Palestine » (blog), 31 octobre 2013.
    • Mahmoud Darwich, « À l’aéroport », juin 1987.

    • Mohamed Sid-Ahmed, « Al-Qods, ciment du monde arabe », novembre 2000.
    • Marina Da Silva, « Ces Palestiniens du Liban abandonnés », juillet 2006.
    • Maurice Lemoine, « L’Amérique latine s’invite en Palestine », février 2011.
    • Hélène Servel, « Un petit monde » (inédit).
    • Isabelle Avran, « BDS, une campagne contre l’impunité » (inédit).

    • Alain Gresh, « La Palestine, toujours recommencée », juin 2017.

    Les numéros récents de Manière de voir sont disponibles sur la boutique en ligne du Monde diplomatique.


  • http://mobile.lemonde.fr/international/article/2018/01/26/les-palestiniennes-sur-tous-les-fronts_5247270_3210.html

    Publié Le 26.01.2018
    Les Palestiniennes sur tous les fronts
    Confrontées à l’occupation israélienne et à l’incarcération de nombreux hommes, les femmes palestiniennes doivent assumer plusieurs rôles : tenir le foyer, prendre part à la lutte, mais aussi défendre leurs droits au sein d’une société conservatrice.

    Par PIOTR SMOLAR Jérusalem, correspondant

    Cet article est réservé à nos abonnés

    EXTRAIT
    http://img.lemde.fr/2018/01/24/67/0/3500/1750/644/322/60/0/e7b529c_9672-a47aa1.iee1u.jpg
    Aseel Khater (au premier plan), 22 ans, ici à l’université de Bethléem, est la première femme élue au conseil étudiant de son établissement. TANYA HABJOUQA / NOOR POUR LE MONDE
    On la repère aisément sur le campus ombragé de Bethléem. Son sourire immuable semble plus large que son visage, ses cheveux sont tirés en arrière en une queue-de-cheval nouée à la va-vite. Vêtue d’un jeans et de baskets, elle ne tient pas en place. Aseel Khater a 22 ans, mais en paraît 13. Toute menue, elle joue en défense au sein d’une équipe de football féminine, ce qui lui permet de quitter régulièrement la Cisjordanie et de voyager à l’étranger. Une formidable respiration, pour se soustraire à l’occupation israélienne.

    Mais sa renommée, à l’université, n’est pas liée à son activité sportive. En avril 2017, elle fut la première femme de l’histoire élue parmi les 12 membres du conseil étudiant, alors que plus de 70 % des inscrits sont de son sexe. « Au départ, les garçons ne m’ont pas acceptée car ils sont convaincus qu’on n’est pas capables de travailler comme eux, dit-elle. J’essaie d’encourager les étudiantes à ne pas avoir peur du regard de la société. »Aseel rêve que les factions palestiniennes soient dépassées par une vraie union nationale. Qu’un Etat voie enfin le jour. Mais pas question d’envisager une carrière politique. « J’aurais immédiatement une cible sur le dos, je serais surveillée par les Israéliens et ne pourrais plus voyager. »


  • https://www.franceinter.fr/emissions/interception/interception-28-janvier-2018

    Documentaire France Inter.

    Maroc, une répression en toute discrétion

    "Maroc, une répression en toute discrétion", un reportage de Vanessa Descouraux, mixage Rémi Quencez, réalisation Michelle Soulier assistée de Stéphane Cosme.

    Le Rif, au nord du Maroc, connait depuis 16 mois, une période d’agitation et de manifestations. Un mouvement qui a commencé précisément le 28 octobre 2016, quand un jeune marchand de poisson a été broyé par une benne à ordure en tentant d’y récupérer sa marchandise que la police avait saisie.

    Police marocaine dans les rues d’Al Hoceima (Maroc) le 28 octobre
    2017 © AFP / Fadel Senna
    https://cdn.radiofrance.fr/s3/cruiser-production/2018/01/a506714e-a56f-4921-9f9a-06b79d629b13/640_000_tt4yi.jpg
    Ce garçon, Mohcine Fikri, est alors devenu un symbole de la révolte de cette région dont les habitants se sentent rejetés, méprisés par Rabat, la capitale royale.

    Les manifestations se multiplient alors, concentrées dans la ville d’Al Hoceima. Les manifestants réclament des infrastructures, routes, écoles, hôpital. Ils créent le Hirak, terme qu’on peut traduire par « le mouvement », une organisation aux revendications essentiellement sociales, dans cette partie du pays dont les principaux revenus viennent de l’argent des très nombreux Marocains qui ont émigré, et de la culture du haschich. La drogue produite dans le Rif alimente une grande partie du marché européen.

    Pour éteindre la fronde qui se poursuit dans cette région déshéritée, le gouvernement marocain emploie la manière forte : plusieurs milliers de personnes ont été arrêtées, et environ 400 attendent actuellement leur procès.

    Une répression à bas bruit, dont on parle d’autant moins que les autorités marocaines ne facilitent pas vraiment le travail des journalistes étrangers, qui peuvent se voir arbitrairement interdire l’accès à Al Hoceima.

    "Maroc, une répression en toute discrétion", un reportage de Vanessa Descouraux, mixage Rémi Quencez, réalisation Michelle Soulier assistée de Stéphane Cosme.

    Pour aller plus loin
    Sur le site "Orient XXI", article de Reda Zaireg du 2 janvier 2018, "La crise du Rif révélatrice de l’échec du développement au Maroc"

    Sur le site du CETRI, article du 26 octobre 2017 de Chawqui Lotfi "Maroc : la répression d’une fin de règne"

    Sur le site de RSF, article du 22 juillet 2017 "La couverture de la révolte du Rif entravée par les autorités marocaines"

    Sur le site de la FIDH, article du 29 juin 2017 "Maroc : escalade dans la répression contre le mouvement social du Rif"

    Sur le site "Orient XXI", article de Maâti Monjib du 9 juin 2017 "Maroc. Le hirak ou la révolte dans le Rif. Sur les traces d’Abd-el-Krim"

    Sur le site Slate Afrique, article du 6 juin 2017 "Le Maroc justifie la répression contre le mouvement de contestation."

    Manifestant devant la Cour d’appel de Casablanca © Radio France / Vanessa Descouraux
    L’équipe
    Philippe Bardonnaud
    Producteur
    Pascal Dervieux
    Producteur
    Vanessa Descouraux
    Productrice
    Michelle Soulier
    Réalisatrice
    Stéphane Cosme
    Attaché de production


  • La foire internationale du tourisme à Madrid.
    Info ou fake-news ?

    Les déboires de Marie Colmant dans les matinales de France-Info consacrées aux fake-news.

    Marie Colmant s’insurge contre le tourisme en Syrie. Je ne l’ai pas encore entendue sur le tourisme israélien ! NRobin

    https://mobile.francetvinfo.fr/replay-radio/le-monde-de-marie/le-monde-de-marie-en-syrie-le-regime-fait-la-promotion-de-ses-plages-et-de-ses-sites-touristiques_2550101.html#xtref=http://m.facebook.com

    Le monde de Marie. En Syrie, le régime fait la promotion de ses plages et de ses sites touristiques

    Tous les jours, Marie Colmant revient sur un sujet passé (presque) inaperçu. Lundi, la Syrie qui fait sa promotion en tant que destination touristique.

    France-Info
    publié le 22/01/2018 | 13:49

    Où aller pour les vacances ? Une étonnante destination fait sa publicité sur un stand à la foire internationale du tourisme de Madrid. Ce stand, c’est celui du ministère du Tourisme syrien qui propose des séjours à Alep ou sur le site antique de Palmyre ou, pourquoi pas, un voyage à Lattaquié, sur les bords de la Méditerranée.

    C’est une première depuis 2011, depuis le début de la guerre civile en Syrie qui a fait 300 000 morts et poussé près de 10 millions de personnes à fuir le pays. On rappelle aussi que si la Syrie fut une destination prisée des amateurs d’archéologie et d’histoire avant la guerre. De nombreux sites sont aujourd’hui très endommagés. La cité gréco-romaine de Palmyre a été partiellement détruite par le groupe Etat islamique en août 2015. Quant à la citadelle d’Alep, un palais médiéval fortifié qui surplombait la ville, elle fut quasi éventrée par une explosion en juillet 2015.

    Un argument : la... sécurité
    Pour le ministre de l’Economie, 2018 sera l’année où « nous allons reconstruire l’économie syrienne et relancer le tourisme. Nous avons eu plus d’un million de touristes cette année. Pour l’année 2018, nous visons deux millions de visiteurs. » Précisons quand même que le chiffre d’un million de touristes en Syrie inclut les entrées sur le territoire des voisins libanais qui viennent pour la journée.

    Mais le ministre de l’Economie a un argument de choc pour convaincre les candidats touristes : « L’armée est présente partout, donc vous pouvez être rassurés, vous serez complètement en sécurité. » Ce n’est pas tout à fait la première tentative des autorités syriennes de relancer le tourisme.

    En 2016, déjà, au plus fort de la bataille d’Alep, le ministère de l’Economie mettait en ligne une série de vidéos pour le moins étonnantes, de plages de la mer Méditeranée, de baigneurs en train de s’ébrouer et de jet-skis qui filaient sur fond d’une musique techno atroce, avec pour slogan : « La Syrie est toujours belle. » Comme si de rien n’était


  • Palestine : Bravo à Patrice Leclerc

    Une initiative locale alors que Paris n’a toujours pas pris de décision : la ville de Gennevilliers reconnaît l’Etat palestinien. Son maire, Patrice Leclerc répond ainsi à l’inertie de la France et à la décision de Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël. Il s’en explique dans ce journal.

    http://www.radioorient.com/le-journal-en-langue-francaise-du-24-01-2018-edition-du-matin

    Le maire de Gennevilliers reconnaît l’État de Palestine dans un arrêté municipal
    20 janvier 2018 - 08:56 Source : al Nas

    http://www.lelibrepenseur.org/le-maire-de-gennevilliers-reconnait-letat-de-palestine-dans-un-arret

    Un maire reconnait l’Etat de Palestine dans un arrêté municipal |
    Le maire de Gennevilliers Patrice Leclerc a décidé de reconnaître l’Etat de Palestine dans un arrêté municipal. Cette décision administrative sera entérinée dans quelques jours. D’autres maires du réseau Barghouti, ce collectif de villes qui ont fait...


  • Relire la lettre d’Émile Zola.
    Nous n’avons plus de journalistes de ce calibre-là en France, capables de dénoncer nos complicités avec l’OTAN et nos crimes de guerre en Palestine, en Irak, en Afghanistan, en Syrie, en Libye, au Liban, en Afrique, en Amérique latine, en Yougoslavie et aujourd’hui au Yémen, etc. NRobin

    https://www.retronews.fr/actualite/lisez-le-jaccuse-de-zola

    LISEZ LE « J’ACCUSE...! » DE ZOLA
    Publié le 10/01/2018
    Auteur :
    RetroNews

    J’Accuse... ! dans L’Aurore du 13 janvier 1898 - Source RetroNews BnF

    HISTOIRE DE LA PRESSE : 13 JANVIER 1898, « J’ACCUSE...! » DE ZOLA PARAÎT DANS LE JOURNAL « L’AURORE ».

    « J’Accuse... !
    LETTRE AU PRESIDENT DE LA RÉPUBLIQUE
    Par ÉMILE ZOLA

    LETTRE À M. FÉLIX FAURE
    Président de la République

    Monsieur le Président,

    Me permettez-vous, dans ma gratitude pour le bienveillant accueil que vous m’avez fait un jour, d’avoir le souci de votre juste gloire et de vous dire que votre étoile, si heureuse jusqu’ici, est menacée de la plus honteuse, de la plus ineffaçable des taches ?

    Vous êtes sorti sain et sauf des basses calomnies, vous avez conquis les cœurs. Vous apparaissez rayonnant dans l’apothéose de cette fête, patriotique que l’alliance russe a été pour la France, et vous vous préparez à présider au solennel triomphe de notre Exposition universelle, qui couronnera notre grand siècle de travail, de vérité et de liberté. Mais quelle tache de boue sur votre nom - j’allais dire sur votre rogne - que cette abominable affaire Dreyfus ! Un conseil de guerre vient, par ordre, d’oser acquitter un Esterhazy, soufflet suprême à toute vérité, à toute justice. Et c’est fini, la France a sur la joue cette souillure, l’histoire écrira que c’est sous votre présidence qu’un tel crime social a pu être commis.

    Puisqu’ils ont osé, j’oserai aussi, moi. La vérité, je la dirai, car j’ai promis delà dire, si la justice, régulièrement saisie, ne la faisait pas, pleine et entière. Mon devoir est de parler, je ne veux pas être complice. Mes nuits seraient hantées par le spectre de l’innocent qui expie là-bas, dans la plus affreuse des tortures, un crime qu’il n’a pas commis.

    Et c’est à vous, monsieur le Président, que je la crierai, cette vérité, de toute la force de ma révolte d’honnête homme. Pour votre honneur, je suis convaincu que vous l’ignorez. Et à qui donc dénoncerai-je la tourbe malfaisante des vrais coupables, si ce n’est à vous, le premier magistrat du pays ?

    *

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    « Le traître : dégradation d’Alfred Dreyfus » - Le Petit Journal supplément du dimanche 13 janvier 1895- Source RetroNews BnF

    http://gallica.bnf.fr/blog/sites/default/files/imageunedreyfus.jpg

    La vérité d’abord sur le procès et sur la condamnation de Dreyfus.

    Un homme néfaste a tout mené, a tout fait, c’est le colonel du Paty de Clam, alors simple commandant. Il est l’affaire Dreyfus tout entière, on ne la connaîtra que lorsqu’une enquête loyale aura établi nettement ses actes et ses responsabilités. Il apparaît comme l’esprit le plus fumeux, le plus compliqué, hanté d’intrigues romanesques, se complaisant aux moyens des romans-feuilletons, les papiers volés, les lettres anonymes, les rendez-vous dans les endroits déserts, les femmes mystérieuses qui colportent, de nuit, des preuves accablantes. C’est lui qui imagina de dicter le bordereau à Dreyfus ; c’est lui qui rêva de l’étudier dans une pièce entièrement revêtue de glaces ; c’est lui que le commandant Forzinetti nous représente armé d’une lanterne sourde, voulant se faire introduire près de l’accusé endormi, pour projeter sur son visage un brusque flot de lumière et surprendre ainsi son crime, dans l’émoi du réveil. Et je n’ai pas à tout dire, qu’on cherche, on trouvera. Je déclare simplement que le commandant du Paty de Clam, chargé d’instruire l’affaire Dreyfus, comme officier judiciaire, est, dans l’ordre des dates et des responsabilités, le premier coupable de l’effroyable erreur judiciaire qui a été commise.

    Le bordereau était depuis quelque temps déjà entre les mains du colonel Sandherr, directeur du bureau des renseignements, mort depuis de paralysie générale. Des « fuites » avaient lieu, des papiers disparaissaient, comme il en disparait aujourd’hui encore ; et l’auteur du bordereau était recherché, lorsqu’un a priori se fit peu à peu que cet auteur ne pouvait être qu’un officier de l’état-major, et un officier d’artillerie : double erreur manifeste, qui montre avec quel esprit superficiel on avait étudié ce bordereau, car un examen raisonné démontre qu’il ne pouvait s’agir que d’un officier de troupe. On cherchait donc dans la maison, on examinait les écritures, c’était comme une affaire de famille, un traître à surprendre dans les bureaux mêmes, pour l’en expulser. Et, sans que je veuille refaire ici une histoire connue en partie, le commandant du Paty de Clam entre en scène, dès qu’un premier soupçon tombe sur Dreyfus. À partir de ce moment, c’est lui qui a inventé Dreyfus, l’affaire devient son affaire, il se fait fort de confondre le traître, de l’amener à des aveux complets. Il y a bien le ministre de la guerre, le général Mercier, dont l’intelligence semble médiocre ; il y a bien le chef de l’état-major, le général de Boisdeffre, qui parait avoir cédé à sa passion cléricale, et le sous-chef de l’état-major, le général Gonse, dont la conscience a pu s’accommoder de beaucoup de choses. Mais, au fond, il n’y a d’abord que le commandant du Paty de Clam, qui les mène tous, qui les hypnotise, car il s’occupe aussi de spiritisme, d’occultisme, il converse avec les esprits. On ne croira jamais les expériences auxquelles il a soumis le malheureux Dreyfus, les pièges dans lesquels il a voulu le faire tomber, les enquêtes folles, les imaginations monstrueuses, toute une démence torturante.

    Ah ! Cette première affaire, elle est un cauchemar, pour qui la connaît dans ses détails vrais ! Le commandant du Paty de Clam arrête Dreyfus, le met au secret. Il court chez madame Dreyfus, la terrorise, lui dit que, si elle parle, son mari est perdu. Pendant ce temps, le malheureux s’arrachait la chair, hurlait son innocence. Et l’instruction a été faite ainsi, comme dans une chronique du quinzième siècle, au milieu du mystère, avec une complication d’expédients farouches, tout cela basé sur une seule charge enfantine, ce bordereau imbécile, qui n’était pas seulement une trahison vulgaire, qui était aussi la plus impudente des escroqueries, car les fameux secrets livrés se trouvaient presque tous sans valeur. Si j’insiste, c’est que l’œuf est ici, d’où va sortir plus tard le vrai crime, l’épouvantable déni de justice dont la France est malade. Je voudrais faire toucher du doigt comment l’erreur judiciaire a pu être possible, comment elle est née des machinations du commandant du Paty de Clam, comment le général Mercier, les généraux de Boisdeffre et Gonse ont pu s’y laisser prendre, engager peu à peu leur responsabilité dans cette erreur, qu’ils ont cru devoir, plus tard, imposer comme la vérité sainte, une vérité qui ne se discute même pas. Au début, il n’y a donc de leur part que de l’incurie et de l’inintelligence. Tout au plus, les sent-on céder aux passions religieuses du milieu et aux préjugés de l’esprit de corps. Ils ont laissé faire la sottise.

    Mais voici Dreyfus devant le conseil de guerre. Le huis clos le plus absolu est exigé. Un traître aurait ouvert la frontière à l’ennemi, pour conduire l’empereur allemand jusqu’à Notre-Dame, qu’on ne prendrait pas des mesures de silence et de mystère plus étroites. La nation est frappée de stupeur, on chuchote des faits terribles, de ces trahisons monstrueuses qui indignent l’Histoire, et naturellement la nation s’incline. Il n’y a pas de châtiment assez sévère, elle applaudira à la dégradation publique, elle voudra que le coupable reste sur son rocher d’infamie, dévoré par le remords.

    Est-ce donc vrai, les choses indicibles, les choses dangereuses, capables de mettre l’Europe en flammes, qu’on a dû enterrer soigneusement derrière ce huis clos ? Non ! Il n’y a eu, derrière, que les imaginations romanesques et démentes du commandant du Paty de Clam. Tout cela n’a été fait que pour cacher le plus saugrenu des romans-feuilletons. Et il suffit, pour s’en assurer, d’étudier attentivement l’acte d’accusation lu devant le conseil de guerre.

    Ah ! Le néant de cet acte d’accusation ! Qu’un homme ait pu être condamné sur cet acte, c’est un prodige d’iniquité. Je défie les honnêtes gens de le lire, sans que leur cœur bondisse d’indignation et crie leur révolte, en pensant à l’expiation démesurée, là-bas, à l’île du Diable. Dreyfus sait plusieurs langues, crime ; on n’a trouvé chez lui aucun papier compromettant, crime ; il va parfois dans son pays d’origine, crime ; il est laborieux, il a le souci de tout savoir, crime ; il ne se trouble pas, crime ; il se trouble, crime. Et les naïvetés de rédaction, les formelles assertions dans le vide ! On nous avait parlé de quatorze chefs d’accusation : nous n’en trouvons qu’une seule en fin de compte, celle du bordereau ; et nous apprenons même que les experts n’étaient pas d’accord, qu’un d’eux, M. Gobert, a été bousculé militairement, parce qu’il se permettait de ne pas conclure dans le sens désiré. On parlait aussi de vingt-trois officiers qui étaient venus accabler Dreyfus de leurs témoignages. Nous ignorons encore leurs interrogatoires, mais il est certain que tous ne l’avaient pas chargé ; et il est à remarquer, en outre, que tous appartenaient aux bureaux de la guerre. C’est un procès de famille, on est là entre soi, et il faut s’en souvenir : l’état-major a voulu le procès, l’a jugé, et il vient de le juger une seconde fois.

    Donc, il ne restait que le bordereau, sur lequel les experts ne s’étaient pas entendus. On raconte que, dans la chambre du conseil, les juges allaient naturellement acquitter. Et, dès lors, comme l’on comprend l’obstination désespérée avec laquelle, pour justifier la condamnation, on affirme aujourd’hui l’existence d’une pièce secrète, accablante, la pièce qu’on ne peut montrer, qui légitime tout, devant laquelle nous devons nous incliner, le bon dieu invisible et inconnaissable. Je la nie, cette pièce, je la nie de toute ma puissance ! Une pièce ridicule, oui, peut-être la pièce où il est question de petites femmes, et où il est parlé d’un certain D... qui devient trop exigeant, quelque mari sans doute trouvant qu’on ne lui payait pas sa femme assez cher. Mais une pièce intéressant la défense nationale, qu’on ne saurait produire sans que la guerre fût déclarée demain, non, non ! C’est un mensonge ; et cela est d’autant plus odieux et cynique qu’ils mentent impunément sans qu’on puisse les en convaincre. Ils ameutent la France, ils se cachent derrière sa légitime émotion, ils ferment les bouches en troublant les cœurs, en pervertissant les esprits. Je ne connais pas de plus grand crime civique.

    Voilà donc, monsieur le Président, les faits qui expliquent comment une erreur judiciaire a pu être commise ; et les preuves morales, la situation de fortune de Dreyfus, l’absence de motifs, son continuel cri d’innocence, achèvent de le montrer comme une victime des extraordinaires imaginations du commandant du Paty de Clam, du milieu clérical où il se trouvait, de la chasse aux « sales juifs », qui déshonore notre époque.

    *

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    « Ovation pour le commandant Esterhazy après l’acquittement » - Le Petit Journal supplément du dimanche du 23 janvier 1898 - Source RetroNews BnF

    Et nous arrivons à L’affaire Esterhazy. Trois ans se sont passés, beaucoup de consciences restent troublées profondément, s’inquiètent, cherchent, finissent par se convaincre de l’innocence de Dreyfus.

    Je ne ferai pas l’historique des doutes, puis de la conviction de M. Scheurer-Kestner. Mais, pendant qu’il fouillait de son coté, il se passait des faits graves à l’état-major même. Le colonel Sandherr était mort, et le lieutenant-colonel Picquart lui avait succédé comme chef du bureau des renseignements. Et c’est à ce titre, dans l’exercice de ses fonctions, que ce dernier eut un jour entre les mains une lettre-télégramme, adressée au commandant Esterhazy, par un agent d’une puissance étrangère. Son devoir strict était d’ouvrir une enquête. La certitude est qu’il n’a jamais agi en dehors de la volonté de ses supérieurs. II soumit donc ses soupçons à ses supérieurs hiérarchiques, le général Gonse, puis le général de Boisdeffre, puis le général Billot, qui avait succédé au général Mercier comme ministre de la guerre. Le fameux dossier Picquart, dont il a été tant parlé, n’a jamais été que le dossier Billot, j’entends le dossier fait par un subordonné pour son ministre, le dossier qui doit exister encore au ministère de la guerre. Les recherches durèrent de mai à septembre 1896, et ce qu’il faut affirmer bien haut, c’est que le général Gonse était convaincu de la culpabilité d’Esterhazy, c’est que le général de Boisdeffre et le général Billot ne mettaient pas en doute que le fameux bordereau fût de l’écriture d’Esterhazy. L’enquête du lieutenant-colonel Picquart avait abouti à cette constatation certaine. Mais l’émoi était grand, car la condamnation d’Esterhazy entraînait inévitablement la révision du procès Dreyfus ; et c’était ce que l’état-major ne voulait à aucun prix.

    Il dut y avoir là une minute psychologique pleine d’angoisse. Remarquez que le général Billot n’était compromis dans rien, il arrivait tout frais, il pouvait faire la vérité. Il n’osa pas, dans la terreur sans doute de l’opinion publique, certainement aussi dans la crainte de livrer tout l’état-major, le général de Boisdeffre, le général Gonse, sans compter les sous-ordres. Puis, ce ne fut là qu’une minute de combat entre sa conscience et ce qu’il croyait être l’intérêt militaire. Quand cette minute fut passée, il était déjà trop tard. Il s’était engagé, il était compromis. Et, depuis lors, sa responsabilité n’a fait que grandir, il a pris à sa charge le crime des autres, il est aussi coupable que les autres, il est plus coupable qu’eux, car il a été le maître de faire justice, et il n’a rien fait. Comprenez-vous cela ! Voici un an que le général Billot, que les généraux de Boisdeffre et Gonse savent que Dreyfus est innocent, et ils ont gardé pour eux cette effroyable chose. Et ces gens-là dorment, et ils ont des femmes et des enfants qu’ils aiment !

    Le colonel Picquart avait rempli son devoir d’honnête homme. Il insistait auprès de ses supérieurs, au nom de la justice. Il les suppliait même, il leur disait combien leurs délais étaient impolitiques devant le terrible orage qui s’amoncelait, qui devait éclater, lorsque la vérité serait connue. Ce fut, plus tard, le langage que M. Scheurer-Kestner tint également au général Billot, l’adjurant par patriotisme de prendre en main l’affaire, de ne pas la laisser s’aggraver, au point de devenir un désastre public. Non ! le crime était commis, l’état-major ne pouvait plus avouer son crime. Et le lieutenant-colonel Picquart fut envoyé en mission, on l’éloigna de plus loin en plus loin, jusqu’en Tunisie, où l’on voulut même un jour honorer sa bravoure, en le chargeant d’une mission qui l’aurait fait sûrement massacrer, dans les parages où le marquis de Mores a trouvé la mort. Il n’était pas en disgrâce, le général Gonse entretenait avec lui une correspondance amicale. Seulement, il est des secrets qu’il ne fait pas bon d’avoir surpris.

    À Paris, la vérité marchait, irrésistible, et l’on sait de quelle façon l’orage attendu éclata. M. Mathieu Dreyfus dénonça le commandant Esterhazy comme le véritable auteur du bordereau, au moment où M. Scheurer-Kestner allait déposer, entre les mains du garde des sceaux, une demande en révision du procès. Et c’est ici que le commandant Esterhazy paraît. Des témoignages le montrent d’abord affolé, prêt au suicide ou à la fuite. Puis, tout d’un coup, il paye d’audace, il étonne Paris par la violence de son attitude. C’est que du secours lui était venu, il avait reçu une lettre anonyme l’avertissant des menées de ses ennemis, une dame mystérieuse s’était même dérangée de nuit pour lui remettre une pièce volée à l’état-major, qui devait le sauver. Et je ne puis m’empêcher de retrouver là le lieutenant-colonel du Paty de Clam, en reconnaissant les expédients de son imagination fertile. Son œuvre, la culpabilité de Dreyfus, était en péril, et il a voulu sûrement défendre son œuvre. La révision du procès, mais c’était l’écroulement du roman-feuilleton si extravagant, si tragique, dont le dénouement abominable a lieu à l’île du Diable ! C’est ce qu’il ne pouvait permettre. Dès lors, le duel va avoir lieu entre le lieutenant-colonel Picquart et le lieutenant-colonel du Paty de Clam, l’un le visage découvert, l’autre masqué. On les retrouvera prochainement tous deux devant la justice civile. Au fond, c’est toujours l’état-major qui se défend, qui ne veut pas avouer son crime, dont l’abomination grandit d’heure en heure.

    On s’est demandé avec stupeur quels étaient les protecteurs du commandant Esterhazy. C’est d’abord, dans l’ombre, le lieutenant-colonel du Paty de Clam qui a tout machiné, qui a tout conduit. Sa main se trahit aux moyens saugrenus. Puis, c’est le général de Boisdeffre, c’est le général Gonse, c’est le général Billot lui-même, qui sont bien obligés de faire acquitter le commandant, puisqu’ils ne peuvent laisser reconnaître l’innocence de Dreyfus, sans que les bureaux de la guerre croulent sous le mépris public. Et le beau résultat de cette situation prodigieuse, c’est que l’honnête homme là-dedans, Ie lieutenant-colonel Picquart, qui seul a fait son devoir, va être la victime, celui qu’on bafouera et qu’on punira. O justice, quelle affreuse désespérance serre le cœur ! On va jusqu’à dire que c’est lui le faussaire, qu’il a fabriqué la carte-télégramme pour perdre Esterhazy. Mais, grand Dieu ! Pourquoi ? Dans quel but ? Donnez un motif. Est-ce que celui-là aussi est payé par les juifs ? Le joli de l’histoire est qu’il était justement antisémite. Oui ! Nous assistons à ce spectacle infâme, des hommes perdus de dettes et de crimes dont on proclame l’innocence, tandis qu’on frappe l’honneur même, un homme à la vie sans tache ! Quand une société en est là, elle tombe en décomposition.

    Voilà-donc, monsieur le Président, l’affaire Esterhazy : un coupable qu’il s’agissait d’innocenter. Depuis bientôt deux mois, nous pouvons suivre heure par heure la belle besogne. J’abrège, car ce n’est ici, en gros, que le résumé de l’histoire dont les brûlantes pages seront un jour écrites tout au long. Et nous avons donc vu le général de Pellieux, puis le commandant Ravary, conduire une enquête scélérate d’où les coquins sortent transfigurés et les honnêtes gens salis. Puis, on a convoqué le conseil de guerre.

    *

    Comment a-t-on pu espérer qu’un conseil de guerre déferait ce qu’un conseil de guerre avait fait ?

    Je ne parle même pas du choix toujours possible des juges. L’idée supérieure de discipline, qui est dans le sang de ces soldats, ne suffit-elle à infirmer leur pouvoir même d’équité ? Qui dit discipline dit obéissance. Lorsque le ministère de la guerre, le grand chef, a établi publiquement, aux acclamations de la représentation nationale, l’autorité absolue de la chose jugée, vous voulez qu’un conseil de guerre lui donne un formel démenti ? Hiérarchiquement, cela est impossible. Le général Billot a suggestionné les juges par sa déclaration, et ils ont jugé comme ils doivent aller au feu, sans raisonner. L’opinion préconçue qu’ils ont apportée sur leur siège est évidement celle-ci : « Dreyfus a été condamné pour crime de trahison par un conseil de guerre ; il est donc coupable, et nous, conseil de guerre, nous ne pouvons le déclarer innocent ; or nous savons que reconnaître la culpabilité d’Esterhazy, ce serait proclamer l’innocence de Dreyfus. » Rien ne pouvait les faire sortir de là.

    Ils ont rendu une sentence inique qui à jamais pèsera sur nos conseils de guerre, qui entachera désormais de suspicion tous leurs arrêts. Le premier conseil de guerre a pu être inintelligent, le second est forcément criminel. Son excuse, je le répète, est que le chef suprême avait parlé, déclarant la chose jugée inattaquable, sainte et supérieure aux hommes, de sorte que des inférieurs ne pouvaient dire le contraire. On nous parle de l’honneur de l’armée, on veut que nous l’aimions, que nous la respections. Ah ! Certes, oui, l’armée qui se lèverait à la première menace, qui défendrait la terre française, elle est tout le peuple et nous n’avons pour elle que tendresse et respect. Mais il ne s’agit pas d’elle, dont nous voulons justement la dignité, dans notre besoin de justice. Il s’agit du sabre, le maître qu’on nous donnera demain peut-être. Et baiser dévotement la poignée du sabre, le dieu, non !

    Je l’ai démontré d’autre part : l’affaire Dreyfus était l’affaire des bureaux de la guerre, un officier de l’état-major, dénoncé par ses camarades de l’état-major, condamné sous la pression des chefs de l’état-major. Encore une fois, il ne peut revenir innocent, sans que tout l’état-major soit coupable. Aussi les bureaux, par tous les moyens imaginables, par des campagnes de presse, par des communications, par des influences, n’ont-ils couvert Esterhazy que pour perdre une seconde fois Dreyfus. Ah ! Quel coup de balai le gouvernement républicain devrait donner dans cette jésuitière, ainsi que les appelle le général Billot lui-même ! Où est-il, le ministère vraiment fort et d’un patriotisme sage, qui osera tout y refondre et tout y renouveler ? Que de gens je connais qui, devant une guerre possible, tremblent d’angoisse, en sachant dans quelles mains est la défense nationale ! Et quel nid de basses intrigues, de commérages et de dilapidations, est devenu cet asile sacré, où se décide le sort de la patrie ! On s’épouvante devant le jour terrible que vient d’y jeter l’affaire Dreyfus, ce sacrifice humain d’un malheureux, d’un « sale juif » ! Ah ! Tout ce qui s’est agité là de démence et de sottise, des imaginations folles, des pratiques de basse police, des mœurs d’inquisition et de tyrannie, le bon plaisir de quelques galonnés mettant leurs bottes sur la nation, lui rentrant dans la gorge son cri de vérité et de justice, sous le prétexte menteur et sacrilège de la raison d’État !

    Et c’est un crime encore que de s’être appuyé sur la presse immonde, que de s’être laissé défendre par toute la fripouille de Paris, de sorte que voilà la fripouille qui triomphe insolemment dans la défaite du droit et de la simple probité. C’est un crime d’avoir accusé de troubler la France ceux qui la veulent généreuse, à la tête des nations libres et justes, lorsqu’on ourdit soi-même l’imprudent complot d’imposer l’erreur, devant le monde entier. C’est un crime d’égarer l’opinion, d’utiliser pour une besogne de mort cette opinion qu’on a pervertie, jusqu’à faire délirer. C’est un crime d’empoisonner les petits et les humbles, d’exaspérer les passions de réaction et d’intolérance en s’abritant derrière l’odieux antisémitisme, dont la grande France libérale des droits de l’homme mourra, si elle n’en est pas guérie. C’est un crime que d’exploiter le patriotisme pour des œuvres de haine, et c’est un crime enfin que de faire du sabre le dieu moderne, lorsque toute la science humaine est au travail pour l’œuvre prochaine de vérité et de justice.

    Cette vérité, cette justice, que nous avons si passionnément voulues, quelle détresse à les voir ainsi souffletées, plus méconnues et plus obscurcies ! Je me doute de l’écroulement qui doit avoir lieu dans l’âme de M. Scheurer-Kostner, et je crois bien qu’il finira par éprouver un remords, celui de n’avoir pas agi révolutionnairement, le jour de l’interpellation au Sénat, en lâchant tout le paquet, pour tout jeter à bas. Il a été le grand honnête homme, l’homme de sa vie loyale, il a cru que la vérité se suffisait à elle-mème, surtout lorsqu’elle lui apparaissait, éclatante comme le plein jour. À quoi bon tout bouleverser, puisque bientôt le soleil allait luire ? Et c’est de cette sérénité confiante dont il est si cruellement puni. De même pour le lieutenant-colonel Picquart, qui, par un sentiment de haute dignité, n’a pas voulu publier les lettres du général Gonse. Ces scrupules l’honorent d’autant plus que, pendant qu’il restait respectueux de la discipline, ses supérieurs le faisaient couvrir de boue, instruisaient eux-mêmes son procès de la façon la plus inattendue et la plus outrageante. Il y a deux victimes, deux braves gens, deux cœurs simples, qui ont laissé faire Dieu, tandis que le diable agissait. Et l’on a même vu, pour le lieutenant-colonel Picquart, cette chose ignoble : un tribunal français, après avoir laissé le rapporteur charger publiquement un témoin, l’accuser de toutes les fautes, a fait le huis clos, lorsque ce témoin a été introduit pour s’expliquer et se défendre. Je dis que cela est un crime de plus et que ce crime soulèvera la conscience universelle. Décidément, les tribunaux militaires se font une singulière idée de la justice.

    Telle est donc la simple vérité, monsieur le Président, et elle est effroyable, elle restera pour votre présidence une souillure. Je me doute bien que vous n’avez aucun pouvoir en cette affaire, que vous êtes le prisonnier de la Constitution et de votre entourage. Vous n’en avez pas moins un devoir d’homme, auquel vous songerez et que vous remplirez. Ce n’est pas, d’ailleurs, que je désespère le moins du monde du triomphe. Je le répète avec une certitude plus véhémente : la vérité est en marche, et rien ne l’arrêtera. C’est aujourd’hui seulement que l’affaire commence, puisque aujourd’hui seulement les positions sont nettes : d’une part, les coupable qui ne veulent pas que la lumière se fasse ; de l’autre, les justiciers qui donneront leur vie pour qu’elle soit faite. Quand on enferme la vérité sous terre, elle s’y amasse, elle y prend une force telle d’explosion, que, le jour où elle éclate, elle fait tout sauter avec elle. On verra bien si l’on ne vient pas de préparer, pour plus tard, le plus retentissant des désastres.

    *

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    E. Zola : dessin - Source Gallica BnF

    Mais cette lettre est longue, monsieur le Président, et il est temps de conclure.

    J’accuse le lieutenant-colonel du Paty de Clam d’avoir été l’ouvrier diabolique de l’erreur judiciaire, en inconscient, je veux le croire, et d’avoir ensuite défendu son œuvre néfaste, depuis trois ans, par machinations les plus saugrenues et les plus coupables.

    J’accuse le général Mercier de s’être rendu complice, tout au moins par faiblesse d’esprit, d’une des plus grandes iniquités du siècle.

    J’accuse le général Billot d’avoir eu entre les mains les preuves certaines de l’innocence de Dreyfus et de les avoir étouffées, de s’être rendu coupable de ce crime de lèse-humanité et de lèse-justice, dans un but politique et pour compromis.

    J’accuse le général de Boisdeffre et le général Gonse de s’être rendus complices du même crime, l’un sans doute par passion cléricale, l’autre peut-être par cet esprit de corps qui fait des bureaux de la guerre l’arche sainte, inattaquable.

    J’accuse le général de Pellieux et le commandant Ravary d’avoir fait une enquête scélérate, j’entends par là une enquête de la plus monstrueuse partialité, dont nous avons, dans le rapport du second, un impérissable monument de naïve audace.

    J’accuse les trois experts en écritures, les sieurs Belhomme, Varinard et Couard, d’avoir fait des rapports mensongers et frauduleux, à moins qu’un examen médical ne les déclare atteints d’une maladie de la vue et du jugement.

    J’accuse les bureaux de la guerre d’avoir mené dans la presse, particulièrement dans L’Éclair et dans l’Écho de Paris, une campagne abominable, pour égarer l’opinion et couvrir leur faute.

    J’accuse enfin le premier conseil de guerre d’avoir violé le droit, en condamnant un accusé sur une pièce restée secrète, et j’accuse le second conseil de guerre d’avoir couvert cette inégalité, par ordre, en commettant à son tour le crime juridique d’acquitter sciemment un coupable.

    En portant ces accusations, je n’ignore pas que je me mets sous le coup des articles 30 et 31 de la loi sur la presse du 29 juillet 1881, qui punit les délits de diffamation. Et c’est volontairement que je m’expose.

    Quant aux gens que j’accuse, je ne les connais pas, je ne les ai jamais vus, je n’ai contre eux ni rancune ni haine. Ils ne sont pour moi que des entités, des esprits de malfaisance sociale. Et l’acte que j’accomplis ici n’est qu’un moyen révolutionnaire pour hâter l’explosion de la vérité et de la justice.

    Je n’ai qu’une passion, celle de la lumière, au nom de l’humanité qui a tant souffert et qui a droit au bonheur. Ma protestation enflammée n’est que le cri de mon âme. Qu’on ose donc me traduire en cour d’assises et que l’enquête ait lieu au grand jour !

    J’attends.

    Veuillez agréer monsieur le Président, l’assurance de mon profond respect.

    ÉMILE ZOLA

    – Paru le 13 janvier 1898 dans le journal L’Aurore

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    Les conséquences de ce texte explosif seront énormes. 200 000 à 300 000 exemplaires de L’Aurores’arrachent à Paris dans la journée. « J’accuse... ! » a un tel retentissement dans l’opinion que l’affaire Dreyfus est immédiatement relancée. L’article donne à l’affaire – qui devient « l’Affaire » – une dimension politique et sociale inédite et provoque la radicalisation des deux camps.

    Zola, victime dans les semaines qui suivent d’un flot inouï d’injures et de calomnies, comparaîtra pour diffamation en février 1898. Il sera obligé de s’exiler en Angleterre pour échapper à la prison. Mais son procès aura permis de mettre à jour les failles de l’accusation, aboutissant à la révision du cas de Dreyfus et à sa grâce, en 1899.

    Alfred Dreyfus sera définitivement innocenté par la Cour de cassation en 1906.


  • https://www.legrandsoir.info/pas-de-regime-change-a-teheran.html

    5 janvier 2018
    Pas de « regime change » à Téhéran
    De Bruno GUIGUE

    Donald Trump a beau assurer que “l’Iran échoue à tous les niveaux”, que “le grand peuple iranien est réprimé depuis des années”, qu’il a “faim de nourriture et de liberté”, qu’il est “temps que ça change” et qu’il “soutiendra le peuple iranien le moment venu”, c’est peine perdue. Ces proclamations grandiloquentes n’auront aucun effet sur le cours des choses. Déchaîné contre Téhéran, Washington veut saisir le conseil de sécurité. Mais la Chine et la Russie s’opposeront à toute forme d’ingérence. Il n’y aura ni mandat onusien torpillant un Etat souverain au nom des “droits de l’homme”, ni “zone d’interdiction aérienne”, ni “droit de protéger”. Que les bellicistes se fassent une raison : l’Iran ne connaîtra pas le sort de la Libye, détruite par l’OTAN en 2011.

    Le châtiment venu du ciel étant décidément impraticable, Washington a joué la carte de la déstabilisation interne. Pour y parvenir, ses stratèges ont déployé toute la gamme des moyens disponibles : avalanche de propagande antigouvernementale financée par la CIA (notamment par les stations de radio émettant en persan vers l’Iran), agents de tous poils infiltrés dans les manifestations populaires, appui donné à toutes les oppositions sur place ou en exil. Incapable de procéder au “regime change” par le haut, la Maison-Blanche a tenté de l’obtenir par le bas. Prémuni contre le “hard power” US par sa propre force militaire (et par ses alliances) le “régime des mollahs” a été directement ciblé par le “soft power” made in USA. La Maison-Blanche a fait tourner les rotatives de la désinformation, mais le résultat n’était pas garanti sur facture. C’est le moins qu’on puisse dire.

    Pour abattre un régime qui leur déplaît, les “neocons” de Washington ont classiquement besoin de différents types de munitions. L’expérience montre qu’il leur faut détenir au moins deux des trois atouts suivants : une forte opposition interne chez l’adversaire, une soldatesque de supplétifs, une capacité d’intervention directe. En Iran, ils ne disposaient clairement d’aucun de ces trois atouts. L’opposition interne existe, mais c’est moins une opposition au régime qu’une opposition au gouvernement. Le système politique lui donne libre cours à travers le processus électoral. La dialectique entre “conservateurs” et “réformateurs” structure le débat, favorisant l’expression des contradictions internes sans mettre en péril le régime issu de la révolution de 1979.

    C’est pourquoi les masses n’ont pas investi la rue, et la grogne qui s’y exprime pour des raisons économiques ne génère pas, sauf exception, une contestation du régime politique. Il est significatif que la propagande occidentale se livre, une fois de plus, à de grossières manipulations. On a même vu le directeur général de Human rights Watch, Kenneth Roth, utiliser une photo des manifestations pro-gouvernementales pour illustrer le “soulèvement populaire” contre le régime. En croyant voir dans des rassemblements de mécontents le prélude à un changement de régime, Washington a pris deux fois ses désirs pour des réalités : la première, en confondant mécontentement et subversion dans les manifestations antigouvernementales ; la seconde, en refusant de voir que les manifestations pro-gouvernementales étaient au moins aussi importantes.

    Cet espoir d’un “regime change” à Téhéran est d’autant plus illusoire que Washington ne détient pas davantage le deuxième atout : des hordes de mercenaires pour faire le sale boulot. Les frontières étant surveillées de près par l’armée iranienne, la réédition d’un scénario à la syrienne est impossible. En Syrie, les miliciens wahhabites furent importés en masse avec la complicité de l’OTAN, et il a fallu six ans au peuple syrien pour s’en débarrasser sérieusement. En Iran, aucun indice ne permet de penser qu’une telle invasion ait seulement eu lieu. Quelques individus ont dû passer à travers les mailles du filet, mais leur capacité de nuisance est limitée. Depuis la déroute de Daech, l’internationale takfiriste est aux abois. Le dernier carré d’Al-Qaida finira coincé dans la poche d’Idlib. L’armée syrienne avance, elle reconquiert le territoire national, et le “regime change” à Damas n’est plus à l’ordre du jour.

    Pour détruire le “régime des mollahs”, Washington ne peut compter ni sur l’opposition interne, ni sur le mercenariat externe, ni sur une intervention militaire directe. L’opposition interne ne partage pas ses objectifs, le mercenariat étranger est une ressource en voie de disparition, et l’intervention militaire vouée à l’échec. Le “regime change” a réussi en Libye grâce au bombardement aérien. Il a échoué en Syrie malgré des hordes de mercenaires. Mais il n’a aucune chance de réussir en Iran. Le peuple iranien subit surtout les sanctions infligées par un Etat étranger qui lui donne des leçons de “droits de l’homme”. Que certaines couches sociales aspirent au changement est naturel, et tout dépendra de la réponse du pouvoir à leurs revendications. Le président Rohani a condamné les violences. Mais il a aussi admis la légitimité du mécontentement social, des mesures impopulaires ont été annulées, et le peuple iranien n’a pas l’intention de s’étriper pour faire plaisir au locataire de la Maison-Blanche.

    La situation est difficile pour les plus pauvres, mais l’Iran est tout sauf un pays au bord de la faillite. Malgré les sanctions imposées par Washington, le pays a connu un développement notable en 2016. Son économie affiche un taux de croissance de 6,5% et l’endettement public est particulièrement faible (35% du PIB). Mais le taux de chômage est élevé (12,5%) et il frappe surtout les jeunes. Le pays connaît une crise de croissance qui avive les tensions sociales, soulignant les privilèges de la bourgeoisie marchande accentués par les réformes libérales voulues par le gouvernement. L’Iran exporte son pétrole, mais il manque de capitaux extérieurs. A l’affût de la moindre faiblesse, Washington rêvait d’un mouvement de grande ampleur, capable de faire vaciller le pouvoir. Visiblement, c’est raté, et l’agression US a manqué son objectif. Elle ne cessera pas pour autant, car l’Iran est depuis longtemps dans la ligne de mire des fauteurs de guerre.

    Obsession des “neocons”, la lutte contre Téhéran remonte aux origines de la République islamique (1979). Elle fut inaugurée par une attaque irakienne dont l’Occident fournit les armes et les pétromonarchies les moyens financiers (1980-1988). Elle s’est poursuivie avec les attentats du Mossad et de la CIA, infligeant aux Iraniens ce même “terrorisme” dont les accuse la propagande occidentale. Puis elle s’est amplifiée avec l’invention de la “menace nucléaire iranienne” au début des années 2000. Il est évident que Trump se soucie comme d’une guigne des droits de l’homme et que la question nucléaire est l’arrière-plan de la crise actuelle. A Washington, l’union sacrée s’est miraculeusement reconstituée contre l’Iran. Ce pays n’a jamais agressé ses voisins, mais la possibilité qu’il se dote d’un parapluie nucléaire entamant le monopole israélien dans la région est jugée intolérable. Le “regime change” a avorté, mais il est clair que Trump torpillera l’accord de 2015.

    Bruno GUIGUE

    URL de cet article 32791
    https://www.legrandsoir.info/pas-de-regime-change-a-teheran.html


  • Un remarquable article de Paris Match. Le vent peut tourner ! NRobin

    VENDREDI 5 JANVIER 2018
    Anne-Laure Le Gall, Paris Match
    Volontaires catholiques en Palestine, ils témoignent

    « La colonisation en Palestine est un cancer qui développe quotidiennement ses métastases » : telle est la conclusion extrêmement forte de Corinne et Laurent Mérer, deux volontaires catholiques qui ont passé trois mois dans les Territoires occupés.
    Au printemps 2016, Corinne et Laurent Mérer passent trois mois dans les Territoires occupés à l’appel des églises chrétiennes de Palestine. Cet ancien amiral et son épouse ne sont pas particulièrement sensibilisés à la question israélo-palestinienne. Ils vont partager au jour le jour la vie des chrétiens et musulmans, dans les sites sensibles de Cisjordanie, checkpoints, villages bédouins, près des colonies, selon le principe de la présence protectrice. Ce qu’ils découvrent sur le terrain les sidère : harcèlement, expéditions punitives, humiliations quotidiennes de la part des colons et des soldats de Tsahal, couverts par les autorités. Ils publient le récit de leur mission : « S’ils se taisent, les pierres crieront » (éd. Balland). Interview et extraits.Paris Match : Qu’est-ce qui vous a décidé à partir en Cisjordanie avec votre épouse ?Laurent Mérer : Dès 2002, à la suite de la deuxième intifada, l’ensemble des Eglises chrétiennes de Palestine se sont réunies pour lancer, au nom de tous les Palestiniens, chrétiens et musulmans, un appel aux hommes et aux femmes de bonne volonté : « venez, partagez un moment de notre vie et témoignez de ce que vous aurez vu » ; l’appel est renouvelé chaque année. Cette approche œcuménique, au sens large du terme, d’une question éminemment complexe nous a séduits.Pouvez-vous nous rappeler le cadre de cette mission ?La réponse à cette demande a été formalisée par un programme monté par le Conseil œcuménique des Eglises (programme EAPPI : Ecumenical Acompaniment Program for Palestine and Israël) qui consiste à l’envoi régulier, pour une durée de trois mois, d’une promotion de trente volontaires internationaux, dans les Territoires Occupés de Palestine. Sur place les volontaires sont répartis par équipes de 4 à 5 qui vivent en autonomie dans des endroits sensibles (Jérusalem-Est, Hébron, collines du sud d’Hébron, Bethléem, Jéricho/vallée du Jourdain, Yanoun, Tulkarem), et travaillent concrètement sur le terrain, selon le principe de la « présence protectrice » pour faciliter l’accès des Palestiniens au travail (présence aux checkpoints), à l’éducation (entrée des écoles), aux lieux de cultes (églises et mosquées) , pour être présents auprès des bédouins et des bergers dont les terrains et les pâturages sont convoités par les colons, pour soutenir les familles dont les maisons font l’objet de démolitions punitives ou ont été murées, celles dont les enfants ont été blessés ou sont emprisonnés. Ce travail se fait au quotidien en relation avec les organisations israéliennes et palestiniennes qui militent pour une paix juste, et les grandes organisations internationales.Qu’est-ce qui vous a le plus marqués ? Choqués ? Révoltés ?L’aveuglement, la haine…On croyait la colonisation abandonnée aux oubliettes de l’histoire, elle est en Palestine une réalité vivante et active, un cancer qui développe quotidiennement ses métastases. Les rares colons avec qui nous avons pu échanger – la plupart des autres étaient davantage dans l’invective et le crachat - sont dans une démarche messianique : « Dieu nous a donné cette terre, les Palestiniens n’ont rien à y faire, ils doivent partir, sinon nous les jetterons à la mer ». Un point nous a particulièrement frappés : les Palestiniens chrétiens, bien que très minoritaires, sont spécialement dans le collimateur des autorités israéliennes. Les chrétiens, pour des raisons historiques, font partie de l’élite de ce pays et ils ont été à la tête de la plupart des mouvements de contestation. En outre, ils sont les témoins vivants que ce conflit n’est pas un conflit de nature religieuse juifs/musulmans, facile aujourd’hui à « vendre » à l’opinion occidentale, mais un conflit de territoire. Les Palestiniens chrétiens sont donc, aux yeux du gouvernement israélien, des gêneurs qu’il faut inciter à partir en leur compliquant au maximum la vie quotidienne. Cette politique est un succès puisque les chrétiens, qui représentaient près de 20% de la population sont aujourd’hui moins de 1,5%. Il demeure que les Palestiniens chrétiens ont un rôle important à jouer dans la solution ou l’évolution du conflit. Dans ce tableau désespérant, il y a malgré tout une lueur d’espoir : de nombreux Israéliens (y compris de hauts responsables militaires ou policiers) comprennent et disent, car il y a une grande liberté d’expression en Israël, que la politique actuelle d’occupation et de colonisation mène leur pays à une impasse, qu’il n’y aura jamais de paix pour Israël tant que les Palestiniens ne bénéficieront pas d’une paix juste ; pour le moment ils ne sont pas majoritaires, mais ce courant de pensée s’exprime régulièrement.En êtes-vous revenus différents ?Oui, à l’évidence. On revient quelque peu désespérés de la condition humaine. Constater qu’un pays moderne, internationalement reconnu, suscite, encourage ou couvre les comportements que nous avons constatés, que cela se fait dans l’indifférence feutrée de la communauté internationale, a quelque chose de révoltant. Désespérés aussi de réaliser que cette politique, contraire à l’esprit des pionniers, non seulement fait souffrir une partie de la population de cette terre, mais, à terme, mène Israël à l’échec. Les Israéliens raisonnables et réalistes en ont dramatiquement conscience. Nous en avons eu à ce sujet des témoignages aussi saisissants que dramatiques d’Israéliens plus désespérés encore que nous.A votre retour, comment votre entourage a-t-il reçu le récit de vos expériences ?
    Question délicate… Avec certains, famille ou amis, on n’a pu éviter la polémique, le sujet est si sensible, et dans notre pays particulièrement, si chargé de pesanteurs sociétales ou historiques. Il y a eu des réactions épidermiques… Mais pour la majorité de notre entourage, cela a été la sidération : la même que la nôtre devant la réalité de ce que nous avons vu et vécu. Nous avons à l’évidence fait évoluer leur appréhension de la réalité. Notre mission s’arrêtait là. A chacun après de se faire son propre jugement.Retournerez-vous ?Non, pas dans l’immédiat du moins. Retourner à court terme serait prendre le risque que le regard s’émousse, qu’il s’habitue à l’inacceptable. Dans les années qui viennent, la situation ne va pas changer, elle risque plutôt d’empirer. Il vaut mieux inciter d’autres à faire comme nous, pour maintenir le flux des témoignages, avec un œil neuf à chaque fois. Pour le moment, nous nous attachons à la deuxième partie de la mission : raconter. Nous faisons de nombreuses conférences, réunions, et il y a ce livre.Voici trois extraits de « S’ils se taisent, les pierres crieront… trois mois en Palestine au service de la Paix », par Corinne et Laurent Mérer, éd. Balland, 15 euros.Extrait 1 - Petit matin à Qalandia4h30. Nous sommes à Qalandia, l’un des plus importants check-points de Cisjordanie mais, pour le moment, du « bon côté », c’est à dire du côté de Jérusalem, des lieux saints, des grands hôpitaux et surtout du travail.C’est ce côté que souhaitent rejoindre ce matin, comme tous les matins de la semaine, des centaines de Palestiniens, chrétiens et musulmans, qui vivent dans les Territoires occupés mais qui ont leur travail de l’autre bord. [Traverser dans ce sens] ne présente aucune difficulté : il me suffit de franchir deux tourniquets métalliques.J’arrive alors à l’intérieur du vaste centre de contrôle pour piétons qu’est Qalandia, côté Palestine : un immense hangar de tôles tordues ou cassées, au sol défoncé, équipé de rares bancs métalliques. Un mince filet d’eau coule sur une antique vasque de pierre ; plusieurs hommes s’y rafraîchissent, d’autres font leurs ablutions avant la prière. A côté, des toilettes délabrées. Les relents d’urine et de tabac froid me prennent à la gorge.Une centaine de Palestiniens, des hommes pour la plupart, attendent déjà dans le vent glacial qui s’engouffre entre les tôles disjointes. Je les vois frissonner, l’air hagard, mal réveillés, les mains enfoncées dans les poches [...]Ils piétinent en file indienne devant l’un des étroits couloirs – juste la largeur d’un homme – constitués de hautes barrières métalliques et surmontés d’épais grillages, débouchant sur des tourniquets […] Me vient à l’esprit l’image des bestiaux qui défilent vers les abattoirs.Au plafond, au milieu d’un entrelacs de barbelés, des oiseaux virevoltent ; à Qalandia ce sont les hommes qui vivent en cage…Extrait 2 - L’école Cordoba – Hébron dans la tourmenteL’entrée de la rue Shohada [où se trouve l’école], autrefois très commerçante, est filtrée depuis 2000, après la deuxième intifada ; suite aux événements de septembre 2015 – une jeune fille palestinienne de vingt ans, soupçonnée d’attaque au couteau, a été tuée par les soldats au check point 56 – cette rue a été déclarée « zone militaire fermée ”. Seuls peuvent y pénétrer, après contrôle et souvent fouille, les familles palestiniennes demeurant dans la rue, ainsi que les enfants de l’école Cordoba et leurs professeurs. Les colons accèdent par l’autre côté et ils ont seuls le droit d’y circuler en voiture. L’école accueille cent cinquante enfants palestiniens de six à seize ans et seize professeurs.Avec mon équipe, nous sommes stationnés chaque jour aux deux Check Points, pour l’entrée et la sortie des enfants. « Votre présence rassure les gosses et calme les colons », me déclare Nora Nazar, la courageuse principale de l’école Cordoba.« Et les soldats font plus attention », continue-t-elle. […]Depuis le regain de tension apparu à l’automne 2015 en Israël et dans les Territoires occupés de Palestine […], c’est à Hébron, 250 000 habitants, que la situation est la plus critique. Deux importantes colonies israéliennes, illégales au regard du droit international, 10 000 habitants au total, sont en effet implantées en bordure même de la ville, et trois petites au cœur de la vieille cité.Les colons tentent par tous les moyens d’étendre leurs installations et la cohabitation avec les Palestiniens est « musclée ». Les colonies d’Hébron sont protégées par trois mille soldats de l’armée israélienne. La ville constitue un enjeu majeur car, de même que Jérusalem, elle est ville sainte pour les trois religions monothéistes. Elle abrite le tombeau des Patriarches de la Bible, Abraham, Isaac et Jacob. Selon une ancienne tradition, c’est aussi l’entrée du jardin d’Eden […] Le roi David y fut sacré et y régna sept ans. […]Il n’y a plus depuis longtemps de chrétiens à Hébron […]. Ainsi, Palestiniens musulmans et colons israéliens sont-ils face à face.Aujourd’hui, la tension est de nouveau à son comble. 40% des clashs ont lieu à Hébron.Les enfants de l’école Cordoba continuent de baisser la tête.Extrait 3 - Les collines du sud Au sud de la Judée, à une vingtaine de kilomètres d’Hébron, la ville de Yatta domine une région de collines vouées à l’agriculture et à l’élevage qui s’étend jusqu’à la « ligne verte », frontière avec Israël […]. Une de nos équipes est établie à Yatta et rayonne de là pour assurer une présence protectrice dans les villages soumis aux exactions des colons, accompagner les bergers dans leurs pâtures, les agriculteurs dans leurs travaux journaliers ; nos amis passent souvent la nuit dans les fermes isolées pour dissuader les raids et les intimidations. Je suis venu partager trois journées avec eux dans les collines du sud. Lorsque nous nous sommes apprêtés à partir, après la cérémonie du thé dans la maisonnette d’Ahmed et de Sara, la jeune femme m’a regardé de ses yeux bleus presque transparents et m’a dit « revenez quand vous voulez et passez la nuit. » J’ai lu l’angoisse sur son visage. Elle s’est levée lourdement, un bébé dans les bras, un autre proche du terme sous la tunique et nous a accompagnés jusqu’à la porte. Ahmed qui l’avait précédée nous a confié « la nuit, elle tremble et dans la journée, quand je suis sorti avec les moutons, elle a peur pour moi ». […] La veille, Ahmed avait été violemment pris à parti par un colon arrivé en voiture […]. « Dégage, tu n’as rien à faire ici, cette terre est à nous, Dieu nous l’a donnée ». On ne plaisante pas avec les colons, la plupart sont armés. Ahmed avait déguerpi avec ses bêtes.L’histoire de Susiya, dans les collines du sud d’Hébron, a déjà fait couler beaucoup d’encre, mais les problèmes demeurent. L’ancien village a été rasé en 1986 et ses habitants expulsés au motif qu’ils ne pouvaient habiter sur un site de fouilles archéologiques. Trois familles de colons se sont pourtant installées peu après sur les lieux. Les familles palestiniennes quant à elles se sont transportées à quelques centaines de mètres sur des terres leur appartenant depuis l’époque ottomane et le nouveau village comprend aujourd’hui trois groupes de tentes ou de maisonnettes de tôles et bâches, environ 400 personnes, plus d’un millier de bêtes dans les enclos. Mais il a fait l’objet d’un ordre de démolition depuis qu’une association de colons a porté plainte devant la cour israélienne, réclamant la destruction de tous les « avant-postes palestiniens de la zone ». La plainte a été reçue. Le village a perdu plus de 60% de ses terres agricoles et de ses pâturages puisque la majeure partie se trouve en « zone tampon » décrétée par les autorités depuis l’installation de la grosse colonie agricole, zone interdite d’accès aux Palestiniens « pour raison de sécurité ». La plupart des puits du village se trouvent dans cet espace. Des miradors érigés et gardés par l’armée occupent les hauteurs avoisinantes. Lorsque je me suis approché subrepticement de la colonie au cours de la séance de pâturage, j’ai vu arriver une jeep militaire dans les minutes suivantes et j’ai dû me faufiler vers les moutons.
    « S’ils se taisent, les pierres crieront… trois mois en Palestine au service de la Paix », par Corinne et Laurent Mérer, éd. Balland, 15 euros
    Photo : Corinne et Laurent Mérer ont notamment rencontré les habitants de la ville de Yatta, au sud de la Judée. Mussa Qawasma/Reuters


  • De quels temps Macron est-il le nom ?
    Par Michel Segal — 09 janvier 2018
    Arrêt sur info.

    Lorsque la Syrie commence à voir la fin de son calvaire, ce qui de toute évidence aurait été impossible sans un soutien réel du peuple à son président, Emmanuel Macron déclare que Bachar est l’ennemi du peuple syrien[1], appelant ainsi à prolonger l’ingérence, l’incendie, le malheur et la mort parce que la guerre, c’est la paix.

    Quand la robotisation douée d’intelligence artificielle fait planer l’ombre d’un séisme sur l’emploi et appelle une réflexion profonde et novatrice, Emmanuel Macron choisit les politiques ultra-conservatrices d’un autre âge en massacrant le code du travail sans aucune autre perspective que la précarité des salariés parce que la liberté, c’est l’esclavage.

    A l’heure où la technologie rend possible la diversification des sources d’information permettant les débats contradictoires afin de mieux cerner les faits, Emmanuel Macron annonce des outils de censure contre les médias qui n’adopteraient pas la ligne éditoriale de ceux possédés par l’Etat ou subventionnés par lui parce que l’ignorance, c’est la force.

    Et c’est justement par un média d’Etat que l’on apprend que la promesse par le candidat Macron d’un service militaire obligatoire et universel pour les 18-21 ans – peut-être la seule qui valait de voter pour lui au premier tour de la présidentielle – est abandonnée pour un parcours citoyen pour collégiens. Ce remplacement, aussi valide que celui d’une voiture par une cafetière, prévoit notamment une semaine en partenariat avec des associations caritatives. Pour ne pas souligner l’irresponsabilité de cette gouvernance, on n’évoquera pas ici l’absurdité du projet de trouver chaque année suffisamment de telles associations pour prendre en charge plus d’un demi-million d’adolescents pendant une semaine.

    Ce qui est inquiétant dans cette décision, c’est qu’à l’expérience du réel par de jeunes adultes, on préfère un formatage théorique des enfants. Car plutôt que l’excellent projet de confronter des jeunes gens à la réalité en faisant cohabiter – en particulier dans des dortoirs et des cantines – des blancs des beaux quartiers et des immigrés coiffés d’une capuche, on fera réciter ad nauseam dans les collèges, là où n’existe aucune mixité, le catéchisme habituel du vivre-ensemble citoyen (à ce propos on peut écouter ici un modèle de langue de bois débité par un archétype de jeune-vieux). Mais pour ne pas souligner l’amateurisme de cette gouvernance, on ne rappellera pas qu’un parcours citoyen existe déjà à l’école depuis juin 2016.

    Ainsi, après avoir ingéré les formations civiques et morales républicaines, les ABC de l’égalité, les stages en entreprise, l’antiracisme, les EPI, les itinéraires de découverte, les accompagnements personnalisés, la sécurité routière, la lutte contre l’homophobie et la semaine du goût, l’école va se charger d’une nouvelle mission, donc se donner une nouvelle raison d’échapper à la sienne. Notre ministre de l’Education tient des discours très encourageants sur la promesse d’un retour du bon sens et de l’instruction, mais la catastrophique réforme du collège de son prédécesseur a été maintenue. Alors quand Emmanuel Macron tient pour moderne l’orientation prise par l’école il y a plus de quarante ans, orientation ayant mené au désastre que l’on sait, notre ministre pourra-t-il s’y opposer ?

    C’est en 1949 que Georges Orwell écrivait son 1984 alors finalement, on ne voit plus très bien ce qu’il y a de jeune chez le président Macron à part son âge. Peut-être parce que dans sa vision du monde, le passé, c’est le futur.

    Par Michel Segal

    Michel Segal est professeur de mathématiques. Auteur de trois essais sur l’école Autopsie de l’école républicaine (2008) – Violences scolaires, responsables et coupables (2010) – Collège unique, l’intelligence humiliée (2011). Et de Ukraine, histoires d’une guerre (2014) qui analyse la guerre qui déchire l’Ukraine en se fondant sur sa connaissance approfondie du contexte et des enjeux internationaux.

    [1] Est-ce par fraternité que Macron fait référence au président syrien en l’appelant par son prénom ?

    Source : http://arretsurinfo.ch/de-quels-temps-macron-est-il-le-nom


  • https://www.bdsfrance.org/le-droit-artistique-de-lorde-dannuler-un-concert-a-tel-aviv
    Le droit artistique de Lorde d’annuler un concert à Tel Aviv
    6 janvier 2018
    Lorde sur scène au Festival Coachella en Californie l’an dernier. Photo : Amy Harris/Invision/AP
    https://www.bdsfrance.org/wp-content/uploads/2018/01/0clip_image002.png
    Plus de cent écrivains, acteurs, metteurs en scène et musiciens bien connus apportent leur soutien à la chanteuse Lorde qui a décidé de ne pas se produire en Israël.

    Nous écrivons en soutien à Lorde, qui a rendu publique sa décision de ne pas se produire en Israël et qui est maintenant étiquetée fanatique dans un encart publicitaire de pleine page du Washington Post (1er janvier).

    Shmuley Boteach, l’auteur et promoteur de la publicité, soutient les colonies illégales d’Israël et a écrit le mois dernier sur Breitbart en remerciant Donald Trump « d’électrifier le monde » avec sa reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël, au défi du droit international.

    Il n’a rien à apprendre aux artistes en matière de droits humains. Nous déplorons les tactiques brutales utilisées pour défendre l’injustice faite aux Palestiniens et pour empêcher la liberté de conscience d’une artiste. Nous soutenons Lorde.

    Tunde Adebimpe Musicien

    Adjoa Andoh Actrice

    Julie Christie Actrice

    Caryl Churchill Dramaturge

    Dominic Cooke Metteur en scène

    Kia Corthron Dramaturge

    Molly Crabapple Artiste

    John Cusack Acteur

    Cherien Dabis Metteure en scène, cinéma et télévision

    William Dalrymple Écrivain

    Angela Davis Écrivaine

    David Edgar Dramaturge

    Brian Eno Musicien

    Eve Ensler Dramaturge

    Shepard Fairey Artiste

    Bella Freud Graphiste

    Peter Gabriel Musicien

    Lisa Gerrard Compositrice

    Tom Gilroy Réalisateur

    David Gray Musicien

    Kathleen Hanna Musicienne

    AL Kennedy Écrivain

    Jonathan Kent Metteur en scène d’opéra et de théâtre

    Hari Kunzru Écrivain

    Talib Kweli Musicien

    David Lan Directeur artistique, Jeune Vic

    Ken Loach Réalisateur de cinéma

    Miriam Margolyes Actrice

    Yann Martel Écrivain

    Emel Mathlouthi Musicienne

    Viggo Mortensen Acteur

    Tom Morello Musicien

    David Morrissey Acteur

    Peter Mullan Acteur

    Maxine Peake Actrice

    Jocelyn Pook Compositrice

    Mark Ruffalo Acteur

    Alexei Sayle Comédien

    James Schamus Scénariste

    Gillian Slovo Écrivaine

    Ahdaf Soueif Écrivaine

    Juliet Stevenson Actrice

    Alice Walker Écrivaine

    Roger Waters Musicien

    Benjamin Zephaniah Poète

    Et une pleine liste de 56 autres sur : Artists For Palestine UK

    Source : The Guardian

    Traduction SF pour BDS France


  • Quel est donc cet Islam que l’Occident a créé et qu’il veut nous imposer ? NRobin

    http://arretsurinfo.ch/allocution-dun-pretre-de-syrie-devant-le-parlement-europeen

    Allocution d’un prêtre de Syrie devant le Parlement Européen
    Par Elias Zahlaoui — 07 janvier 2018

    Père Elias Zahlaoui dans son bureau à l’Eglise Notre Dame de Damas © Nadine Zelhofe
    http://arretsurinfo.ch/wp-content/uploads/2018/01/elias_zehlawi-650x366.jpg

    Allocution du Père Élias Zahlaoui

    Mesdames, Messieurs,

    La crise syrienne a soulevé, soulève et soulèvera des questions, pour le moins gênantes.

    Questions, en premier lieu sur la légitimité de cette guerre universelle contre la Syrie.

    Questions aussi sur les enjeux politiques et économiques, apparents ou cachés, de cette guerre.

    Questions enfin sur les issues possibles et à venir, aux plans tant régional que mondial, de cette guerre.

    Pour ma part, prêtre arabe catholique, descendant de la toute première communauté chrétienne de Syrie, j’ai jugé de mon devoir de syrien et de citoyen du monde à la fois, de vous proposer mon approche personnelle de l’une des raisons profondes de la résistance absolument inattendue, que la Syrie a opposée à cette guerre.

    D’ailleurs, vous le savez tous, c’est cette résistance même qui lui a valu, entre autres, l’appui inconditionnel d’alliés comme la Russie et l’Iran, qui se savaient menacés du même sort, si la Syrie venait à tomber.

    Tout au long de sept ans bientôt, nuit et jour, vos tout puissants médias, vous ont asséné des ʺcertitudesʺ indiscutables, entre autres, celle d’une guerre civile en Syrie, et celle d’un régime de dictature, qui massacre impunément son propre peuple.

    Tout cela, Mesdames, Messieurs, ne vous rappelle-t-il pas, les scénarios utilisés pour la destruction de l’Irak, puis de la Libye ?

    Une levée chevaleresque de tout l’Occident, conduite au sein des Nations-Unies, par les États-Unis, a valu à la Syrie une déclaration de guerre, de la part de (140) pays – pas plus ! – ainsi qu’un embargo militaire, économique et financier, sans précédent.

    Cependant devant l’échec de la mise en application du célèbre droit d’ingérence, prétendument humanitaire, dont le mérite d’invention revient à Mr Bernard KOUCHNER, des centaines de milliers de soi-disant ʺdjihadistesʺ musulmans, furent, par, qui vous savez, levés à travers une centaine de pays, dont des pays européens et américains, embrigadés, armés, entraînés, payés, enfin téléguidés, voire commandés par des spécialistes des réseaux des plus puissants services secrets, pour être envoyés par vagues successives, à longueur d’années, en Syrie, pour y promouvoir, disait-on, la démocratie, et sauvegarder les droits de l’homme.

    Le bilan de cette malheureuse aventure, sur le plan strictement humain, le voici en gros, d’après les évaluations des Nations-Unies :

    –Sur une population de 24.000.000 d’habitants, 12.000.000 d’errants sur les routes, soit à l’intérieur du pays, soit ailleurs au niveau du monde entier, voire sur mer…

    –400.000 morts, abstraction faite de toute appartenance religieuse, de toute condition et de tout âge…

    –Des centaines de milliers d’handicapés…

    –Des dizaines de milliers de disparus…

    Et pourtant l’État syrien a tenu, son Président a tenu, son armée a tenu, sa population a tenu, ses institutions gouvernementales de tous ordres ont tenu, son corps diplomatique a tenu, ses Instances universitaires et scolaires, tant gouvernementales que privées, ont tenu, tous les fonctionnaires d’État, en poste ou en retraite, même ceux des zones assiégées par les ʺDjihadistesʺ d’Alkaïda, Al-Nousra, Daëch et consorts, ont été et sont jusqu’à ce jour, régulièrement payés…

    Devant cet état de fait, absolument incontournable, l’un de vos meilleurs connaisseurs de la crise syrienne, le français Michel Raimbaud, a osé écrire, il y a un mois, que tout cela frôle le miracle…

    Miracle ou pas, avouons que cette résistance inattendue de la Syrie, a déjà provoqué bien des interrogations, et ébranlé bien des certitudes ʺpolitiquement correctesʺ…

    Pour tout dire, cette résistance exige sans retard, des efforts honnêtes de recherche tenace et courageuse, loin de tout calcul mesquin ou chauvin. Car il s’agit pour vous tous de comprendre le secret de ce terreau strictement humain, de la Syrie profonde, qui seul explique ce qui vous paraît inexplicable dans cette résistance même.

    D’ailleurs sans cette urgence, je vous avoue que je ne me serais jamais permis de venir ici, tant ma méfiance à l’égard de tout l’Occident, Société et Église à la fois, est grande.

    En fait, il s’agit pour nous tous, habitants de cette splendide planète, d’une leçon urgente et capitale à tirer, avant qu’il ne soit trop tard.

    Que cette assertion vous étonne ou vous indigne, je me dois de vous dire, en prêtre qui vit en une société arabe à majorité musulmane, et qui croit bien connaître les musulmans et leur histoire, que vous avez, vous-mêmes occidentaux, consciemment ou inconsciemment, créé de toutes pièces, en Occident, deux mondes musulmans, qui n’ont, en fait, rien à voir avec l’Islam.

    Le premier de ces deux mondes, concerne les innombrables agglomérations musulmanes qui parsèment aujourd’hui tout l’Occident. Ces agglomérations, vous vous en êtes servis pendant des décades, pour faire les travaux que vos concitoyens répugnaient à faire. Or leur grande majorité vit jusqu’à ce jour, marginalisée au sein de vos sociétés, et écrasée par un sentiment d’infériorité, qui risque de se transformer subitement en un ressentiment explosif et ravageur. Vous en avez déjà eu des preuves inquiétantes.

    Le second de ces deux mondes, concerne les innombrables groupes de ʺdjihadistesʺ, que vous avez cru pouvoir créer et utiliser, pour détruire ʺles autresʺ, tout en vous croyant à l’abri de toute surprise désagréable, en misant uniquement sur ce que vous croyez être, vos tout-puissants réseaux de défense. Or vous avez tous vite déchanté.

    Mais quel est donc l’Islam, me diriez-vous ?

    Mesdames, Messieurs,

    Ici, permettez-moi de vous inviter à une lecture objective de l’histoire des premières conquêtes musulmanes :

    Damas, en 635

    Jérusalem, en 638

    L’Égypte, en 641

    L’Andalousie, en 711

    En toutes ces conquêtes sans exception, les musulmans ont eu le génie d’inventer un style de vie avec les habitants chrétiens des pays conquis, qu’aucun envahisseur n’a jamais connu, ni avant ni après l’apparition de l’Islam. Et ce style nouveau a produit une convivialité faite de collaboration réelle avec les habitants, dans le respect de leurs églises, couvents, habitations, propriétés, activités, et tout cela en échange d’un tribut qui s’avérait inférieur au tribut que les byzantins chrétiens leur avaient imposé, sans parler des exactions et violences de toutes sortes que les byzantins ʺorthodoxesʺ imposaient régulièrement aux habitants ʺnon orthodoxesʺ de ces pays, qui finirent par voir dans l’envahisseur arabe et non chrétien, un libérateur !

    Je m’en voudrais de ne pas souligner que cette convivialité étonnante a surtout permis à tous les habitants de ces pays conquis, tant musulmans que chrétiens et juifs, de vivre ensemble, de travailler ensemble, voire de collaborer au plus haut niveau de l’administration du Califat.

    Cette convivialité s’est approfondie et enrichie au cours des siècles, au point d’avoir fait de certains penseurs arabes chrétiens du 19e siècle, les créateurs de l’arabisme, et de nombre d’entre eux, au 20e siècle, les fondateurs et leaders de puissants partis politiques arabes, en Égypte, en Syrie, au Liban et en Palestine.

    Or c’est cette convivialité même qui constitue le fond du tissu solide de la société syrienne, et qui explique l’une des raisons profondes de sa résistance au cours des siècles en dépit de tous les bouleversements que cette société a connus jusqu’à ce jour.

    Une tornade si violente et si longue fût-elle, ne peut venir à bout d’une forêt d’une vie commune qui a mis 1.400 ans à enfoncer ses racines dans une bonne terre. Telle est la Syrie d’aujourd’hui.

    D’ailleurs, si l’Islam avait été l’espace d’un jour, à l’image de vos ʺDjihadistesʺ d’aujourd’hui, aucun chrétien n’aurait survécu aux invasions musulmanes connues.

    Si devant de telles assertions, vous avez l’ombre d’un doute, permettez-moi de vous renvoyer aux seuls historiens juifs, et même israéliens. Je ne vous en citerai que trois de nos contemporains : le premier, un israélien, Aba EBAN, dans son livre ʺMon Peupleʺ, le second, un français, et c’est le rabbin Josy EISENBERG, dans son livre ʺUne histoire des juifsʺ, le troisième, un américain, Abraham LEON ZACHAR, dans son livre monumental ʺHistoire des juifsʺ.

    Oui, mes amis, l’Occident aujourd’hui a beaucoup à apprendre de l’Islam même conquérant, pour se sauver de l’Islam qu’il s’est créé, d’abord en son sein, ensuite au niveau du monde.

    L’histoire apprend à qui veut l’entendre, que c’est au faîte de son pouvoir, que l’on reconnaît la valeur réelle d’une personne, d’une société, d’un peuple, d’une religion.

    Serait-ce donc si blessant de dire que l’Islam, au faîte de son pouvoir, a en ses croyants, réussi au cours de l’histoire, là même où le christianisme a lamentablement échoué en ses croyants ?

    Tout cela, Mesdames, Messieurs, croyez-moi, vous concerne au plus haut point. Car il s’agit, me semble-t-il, de l’avenir non de l’Occident seul, mais du monde entier.

    Mes amis,

    L’Occident aujourd’hui, tout l’Occident sans exception, si puissant soit-il, a le plus haut intérêt à revoir rapidement toutes ses politiques, à l’intérieur de ses frontières, et au-delà au niveau du monde entier. Oui je dis bien aujourd’hui, et pas demain. Car demain comme beaucoup le craignent, se prépare dans une arrogance aveugle, un cataclysme mondial auprès duquel la seconde guerre mondiale paraîtrait comme un jeu d’enfant.

    Mesdames, Messieurs,

    Pour finir, laissez-moi vous raconter un fait récent, hautement significatif, survenu le 27 septembre 2001. En ce jour, était organisé pour la première fois à Damas, un concert commun de chants religieux, entre une chorale d’église que j’avais fondée en 1977, et la troupe de chanteurs musulmans, de la célèbre mosquée des Omeyades. Ce concert avait lieu sur le parvis de la Cathédrale Grecque Catholique de Damas. Une foule impressionnante y assistait, dont des évêques, des prêtres et des ulémas musulmans.

    Entre autres invités de marque, il y avait la Troïka européenne, présidée par Mr Xavier SOLANA ; Mr Louis MICHEL, alors ministre belge des affaires étrangères, en faisait partie. Cette délégation était accompagnée d’un reporter de la TV belge, un certain Joseph MARTIN. La Troïka européenne assista au concert l’espace de vingt minutes seulement, pressée qu’elle était par d’autres engagements. Or au moment où elle quittait le parvis de la Cathédrale, Mr Joseph MARTIN faisait son reportage devant le cameraman de la TV belge. Je l’ai bien écouté. J’ai donc gardé de son reportage, ce mot bien ancré dans ma mémoire. Je vous prie de bien l’écouter :

    « Mr BERLUSCONI, au lieu d’insulter le monde arabe et de mépriser la civilisation musulmane, aurait dû venir ici, pour combler son ignorance ».

    Mesdames, Messieurs, Merci.

    Père Élias Zahlaoui, le 6 décembre 2017

    Source : Élias Zahlaoui


  • Trop c’est trop pour Pascal Boniface ! Soutenons-le. NRobin
    IRIS
    A l’occasion de la parution de l’ouvrage de Pascal BONIFACE « Antisémite » (Max Milo, 2018), l’IRIS organise une conférence-débat :
    ANTISÉMITE
    Mardi 16 janvier 2018, 18h30 - 20h00
    Espace de conférences de l’IRIS

    “Rien ne justifie ce torrent de boue déversé sur lui”
    Préface de Michel Wieviorka
    L’antisémite. C’est ainsi que Pascal Boniface est perçu par de nombreuses personnes, juives ou non. Cette qualification déshonorante est en totale contradiction avec ses combats personnels, menés contre le racisme et l’antisémitisme. Sa famille et lui-même ont été menacés. Le centre de recherche qu’il dirige, dont les travaux font autorité sur le plan national et international, a frôlé à plusieurs reprises la disparition, parce qu’il a osé critiquer un gouvernement étranger. Régulièrement trainé dans la boue depuis quinze ans, il n’a jamais écrit ou prononcé une phrase pouvant justifier un tel traitement.
    Qu’une telle affaire se déroule en France paraît incroyable ; elle est pourtant réelle. Dans un récit autobiographique précis, touchant et enlevé, Pascal Boniface en tire des conclusions sur les effets délétères de l’importation du conflit israélopalestinien en France.
    La conférence sera organisée autour de Pascal BONIFACE, directeur de l’IRIS, de Michel WIEVIORKA, directeur d’études à l’EHESS et Président du directoire de la Fondation de la Maison des Sciences de l’Homme, et de Pierre HASKI, chroniqueur sur les relations internationales.
    (inscription obligatoire, dans la limite des places disponibles)

    Espace de conférences de l’IRIS, 2 bis rue Mercœur, 75011 Paris

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