NRobin

Chargée d’Etudes Nantes / AMD

  • Palestine : Bravo à Patrice Leclerc

    Une initiative locale alors que Paris n’a toujours pas pris de décision : la ville de Gennevilliers reconnaît l’Etat palestinien. Son maire, Patrice Leclerc répond ainsi à l’inertie de la France et à la décision de Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël. Il s’en explique dans ce journal.

    http://www.radioorient.com/le-journal-en-langue-francaise-du-24-01-2018-edition-du-matin

    Le maire de Gennevilliers reconnaît l’État de Palestine dans un arrêté municipal
    20 janvier 2018 - 08:56 Source : al Nas

    http://www.lelibrepenseur.org/le-maire-de-gennevilliers-reconnait-letat-de-palestine-dans-un-arret

    Un maire reconnait l’Etat de Palestine dans un arrêté municipal |
    Le maire de Gennevilliers Patrice Leclerc a décidé de reconnaître l’Etat de Palestine dans un arrêté municipal. Cette décision administrative sera entérinée dans quelques jours. D’autres maires du réseau Barghouti, ce collectif de villes qui ont fait...


  • Relire la lettre d’Émile Zola.
    Nous n’avons plus de journalistes de ce calibre-là en France, capables de dénoncer nos complicités avec l’OTAN et nos crimes de guerre en Palestine, en Irak, en Afghanistan, en Syrie, en Libye, au Liban, en Afrique, en Amérique latine, en Yougoslavie et aujourd’hui au Yémen, etc. NRobin

    https://www.retronews.fr/actualite/lisez-le-jaccuse-de-zola

    LISEZ LE « J’ACCUSE...! » DE ZOLA
    Publié le 10/01/2018
    Auteur :
    RetroNews

    J’Accuse... ! dans L’Aurore du 13 janvier 1898 - Source RetroNews BnF

    HISTOIRE DE LA PRESSE : 13 JANVIER 1898, « J’ACCUSE...! » DE ZOLA PARAÎT DANS LE JOURNAL « L’AURORE ».

    « J’Accuse... !
    LETTRE AU PRESIDENT DE LA RÉPUBLIQUE
    Par ÉMILE ZOLA

    LETTRE À M. FÉLIX FAURE
    Président de la République

    Monsieur le Président,

    Me permettez-vous, dans ma gratitude pour le bienveillant accueil que vous m’avez fait un jour, d’avoir le souci de votre juste gloire et de vous dire que votre étoile, si heureuse jusqu’ici, est menacée de la plus honteuse, de la plus ineffaçable des taches ?

    Vous êtes sorti sain et sauf des basses calomnies, vous avez conquis les cœurs. Vous apparaissez rayonnant dans l’apothéose de cette fête, patriotique que l’alliance russe a été pour la France, et vous vous préparez à présider au solennel triomphe de notre Exposition universelle, qui couronnera notre grand siècle de travail, de vérité et de liberté. Mais quelle tache de boue sur votre nom - j’allais dire sur votre rogne - que cette abominable affaire Dreyfus ! Un conseil de guerre vient, par ordre, d’oser acquitter un Esterhazy, soufflet suprême à toute vérité, à toute justice. Et c’est fini, la France a sur la joue cette souillure, l’histoire écrira que c’est sous votre présidence qu’un tel crime social a pu être commis.

    Puisqu’ils ont osé, j’oserai aussi, moi. La vérité, je la dirai, car j’ai promis delà dire, si la justice, régulièrement saisie, ne la faisait pas, pleine et entière. Mon devoir est de parler, je ne veux pas être complice. Mes nuits seraient hantées par le spectre de l’innocent qui expie là-bas, dans la plus affreuse des tortures, un crime qu’il n’a pas commis.

    Et c’est à vous, monsieur le Président, que je la crierai, cette vérité, de toute la force de ma révolte d’honnête homme. Pour votre honneur, je suis convaincu que vous l’ignorez. Et à qui donc dénoncerai-je la tourbe malfaisante des vrais coupables, si ce n’est à vous, le premier magistrat du pays ?

    *

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    « Le traître : dégradation d’Alfred Dreyfus » - Le Petit Journal supplément du dimanche 13 janvier 1895- Source RetroNews BnF

    http://gallica.bnf.fr/blog/sites/default/files/imageunedreyfus.jpg

    La vérité d’abord sur le procès et sur la condamnation de Dreyfus.

    Un homme néfaste a tout mené, a tout fait, c’est le colonel du Paty de Clam, alors simple commandant. Il est l’affaire Dreyfus tout entière, on ne la connaîtra que lorsqu’une enquête loyale aura établi nettement ses actes et ses responsabilités. Il apparaît comme l’esprit le plus fumeux, le plus compliqué, hanté d’intrigues romanesques, se complaisant aux moyens des romans-feuilletons, les papiers volés, les lettres anonymes, les rendez-vous dans les endroits déserts, les femmes mystérieuses qui colportent, de nuit, des preuves accablantes. C’est lui qui imagina de dicter le bordereau à Dreyfus ; c’est lui qui rêva de l’étudier dans une pièce entièrement revêtue de glaces ; c’est lui que le commandant Forzinetti nous représente armé d’une lanterne sourde, voulant se faire introduire près de l’accusé endormi, pour projeter sur son visage un brusque flot de lumière et surprendre ainsi son crime, dans l’émoi du réveil. Et je n’ai pas à tout dire, qu’on cherche, on trouvera. Je déclare simplement que le commandant du Paty de Clam, chargé d’instruire l’affaire Dreyfus, comme officier judiciaire, est, dans l’ordre des dates et des responsabilités, le premier coupable de l’effroyable erreur judiciaire qui a été commise.

    Le bordereau était depuis quelque temps déjà entre les mains du colonel Sandherr, directeur du bureau des renseignements, mort depuis de paralysie générale. Des « fuites » avaient lieu, des papiers disparaissaient, comme il en disparait aujourd’hui encore ; et l’auteur du bordereau était recherché, lorsqu’un a priori se fit peu à peu que cet auteur ne pouvait être qu’un officier de l’état-major, et un officier d’artillerie : double erreur manifeste, qui montre avec quel esprit superficiel on avait étudié ce bordereau, car un examen raisonné démontre qu’il ne pouvait s’agir que d’un officier de troupe. On cherchait donc dans la maison, on examinait les écritures, c’était comme une affaire de famille, un traître à surprendre dans les bureaux mêmes, pour l’en expulser. Et, sans que je veuille refaire ici une histoire connue en partie, le commandant du Paty de Clam entre en scène, dès qu’un premier soupçon tombe sur Dreyfus. À partir de ce moment, c’est lui qui a inventé Dreyfus, l’affaire devient son affaire, il se fait fort de confondre le traître, de l’amener à des aveux complets. Il y a bien le ministre de la guerre, le général Mercier, dont l’intelligence semble médiocre ; il y a bien le chef de l’état-major, le général de Boisdeffre, qui parait avoir cédé à sa passion cléricale, et le sous-chef de l’état-major, le général Gonse, dont la conscience a pu s’accommoder de beaucoup de choses. Mais, au fond, il n’y a d’abord que le commandant du Paty de Clam, qui les mène tous, qui les hypnotise, car il s’occupe aussi de spiritisme, d’occultisme, il converse avec les esprits. On ne croira jamais les expériences auxquelles il a soumis le malheureux Dreyfus, les pièges dans lesquels il a voulu le faire tomber, les enquêtes folles, les imaginations monstrueuses, toute une démence torturante.

    Ah ! Cette première affaire, elle est un cauchemar, pour qui la connaît dans ses détails vrais ! Le commandant du Paty de Clam arrête Dreyfus, le met au secret. Il court chez madame Dreyfus, la terrorise, lui dit que, si elle parle, son mari est perdu. Pendant ce temps, le malheureux s’arrachait la chair, hurlait son innocence. Et l’instruction a été faite ainsi, comme dans une chronique du quinzième siècle, au milieu du mystère, avec une complication d’expédients farouches, tout cela basé sur une seule charge enfantine, ce bordereau imbécile, qui n’était pas seulement une trahison vulgaire, qui était aussi la plus impudente des escroqueries, car les fameux secrets livrés se trouvaient presque tous sans valeur. Si j’insiste, c’est que l’œuf est ici, d’où va sortir plus tard le vrai crime, l’épouvantable déni de justice dont la France est malade. Je voudrais faire toucher du doigt comment l’erreur judiciaire a pu être possible, comment elle est née des machinations du commandant du Paty de Clam, comment le général Mercier, les généraux de Boisdeffre et Gonse ont pu s’y laisser prendre, engager peu à peu leur responsabilité dans cette erreur, qu’ils ont cru devoir, plus tard, imposer comme la vérité sainte, une vérité qui ne se discute même pas. Au début, il n’y a donc de leur part que de l’incurie et de l’inintelligence. Tout au plus, les sent-on céder aux passions religieuses du milieu et aux préjugés de l’esprit de corps. Ils ont laissé faire la sottise.

    Mais voici Dreyfus devant le conseil de guerre. Le huis clos le plus absolu est exigé. Un traître aurait ouvert la frontière à l’ennemi, pour conduire l’empereur allemand jusqu’à Notre-Dame, qu’on ne prendrait pas des mesures de silence et de mystère plus étroites. La nation est frappée de stupeur, on chuchote des faits terribles, de ces trahisons monstrueuses qui indignent l’Histoire, et naturellement la nation s’incline. Il n’y a pas de châtiment assez sévère, elle applaudira à la dégradation publique, elle voudra que le coupable reste sur son rocher d’infamie, dévoré par le remords.

    Est-ce donc vrai, les choses indicibles, les choses dangereuses, capables de mettre l’Europe en flammes, qu’on a dû enterrer soigneusement derrière ce huis clos ? Non ! Il n’y a eu, derrière, que les imaginations romanesques et démentes du commandant du Paty de Clam. Tout cela n’a été fait que pour cacher le plus saugrenu des romans-feuilletons. Et il suffit, pour s’en assurer, d’étudier attentivement l’acte d’accusation lu devant le conseil de guerre.

    Ah ! Le néant de cet acte d’accusation ! Qu’un homme ait pu être condamné sur cet acte, c’est un prodige d’iniquité. Je défie les honnêtes gens de le lire, sans que leur cœur bondisse d’indignation et crie leur révolte, en pensant à l’expiation démesurée, là-bas, à l’île du Diable. Dreyfus sait plusieurs langues, crime ; on n’a trouvé chez lui aucun papier compromettant, crime ; il va parfois dans son pays d’origine, crime ; il est laborieux, il a le souci de tout savoir, crime ; il ne se trouble pas, crime ; il se trouble, crime. Et les naïvetés de rédaction, les formelles assertions dans le vide ! On nous avait parlé de quatorze chefs d’accusation : nous n’en trouvons qu’une seule en fin de compte, celle du bordereau ; et nous apprenons même que les experts n’étaient pas d’accord, qu’un d’eux, M. Gobert, a été bousculé militairement, parce qu’il se permettait de ne pas conclure dans le sens désiré. On parlait aussi de vingt-trois officiers qui étaient venus accabler Dreyfus de leurs témoignages. Nous ignorons encore leurs interrogatoires, mais il est certain que tous ne l’avaient pas chargé ; et il est à remarquer, en outre, que tous appartenaient aux bureaux de la guerre. C’est un procès de famille, on est là entre soi, et il faut s’en souvenir : l’état-major a voulu le procès, l’a jugé, et il vient de le juger une seconde fois.

    Donc, il ne restait que le bordereau, sur lequel les experts ne s’étaient pas entendus. On raconte que, dans la chambre du conseil, les juges allaient naturellement acquitter. Et, dès lors, comme l’on comprend l’obstination désespérée avec laquelle, pour justifier la condamnation, on affirme aujourd’hui l’existence d’une pièce secrète, accablante, la pièce qu’on ne peut montrer, qui légitime tout, devant laquelle nous devons nous incliner, le bon dieu invisible et inconnaissable. Je la nie, cette pièce, je la nie de toute ma puissance ! Une pièce ridicule, oui, peut-être la pièce où il est question de petites femmes, et où il est parlé d’un certain D... qui devient trop exigeant, quelque mari sans doute trouvant qu’on ne lui payait pas sa femme assez cher. Mais une pièce intéressant la défense nationale, qu’on ne saurait produire sans que la guerre fût déclarée demain, non, non ! C’est un mensonge ; et cela est d’autant plus odieux et cynique qu’ils mentent impunément sans qu’on puisse les en convaincre. Ils ameutent la France, ils se cachent derrière sa légitime émotion, ils ferment les bouches en troublant les cœurs, en pervertissant les esprits. Je ne connais pas de plus grand crime civique.

    Voilà donc, monsieur le Président, les faits qui expliquent comment une erreur judiciaire a pu être commise ; et les preuves morales, la situation de fortune de Dreyfus, l’absence de motifs, son continuel cri d’innocence, achèvent de le montrer comme une victime des extraordinaires imaginations du commandant du Paty de Clam, du milieu clérical où il se trouvait, de la chasse aux « sales juifs », qui déshonore notre époque.

    *

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    « Ovation pour le commandant Esterhazy après l’acquittement » - Le Petit Journal supplément du dimanche du 23 janvier 1898 - Source RetroNews BnF

    Et nous arrivons à L’affaire Esterhazy. Trois ans se sont passés, beaucoup de consciences restent troublées profondément, s’inquiètent, cherchent, finissent par se convaincre de l’innocence de Dreyfus.

    Je ne ferai pas l’historique des doutes, puis de la conviction de M. Scheurer-Kestner. Mais, pendant qu’il fouillait de son coté, il se passait des faits graves à l’état-major même. Le colonel Sandherr était mort, et le lieutenant-colonel Picquart lui avait succédé comme chef du bureau des renseignements. Et c’est à ce titre, dans l’exercice de ses fonctions, que ce dernier eut un jour entre les mains une lettre-télégramme, adressée au commandant Esterhazy, par un agent d’une puissance étrangère. Son devoir strict était d’ouvrir une enquête. La certitude est qu’il n’a jamais agi en dehors de la volonté de ses supérieurs. II soumit donc ses soupçons à ses supérieurs hiérarchiques, le général Gonse, puis le général de Boisdeffre, puis le général Billot, qui avait succédé au général Mercier comme ministre de la guerre. Le fameux dossier Picquart, dont il a été tant parlé, n’a jamais été que le dossier Billot, j’entends le dossier fait par un subordonné pour son ministre, le dossier qui doit exister encore au ministère de la guerre. Les recherches durèrent de mai à septembre 1896, et ce qu’il faut affirmer bien haut, c’est que le général Gonse était convaincu de la culpabilité d’Esterhazy, c’est que le général de Boisdeffre et le général Billot ne mettaient pas en doute que le fameux bordereau fût de l’écriture d’Esterhazy. L’enquête du lieutenant-colonel Picquart avait abouti à cette constatation certaine. Mais l’émoi était grand, car la condamnation d’Esterhazy entraînait inévitablement la révision du procès Dreyfus ; et c’était ce que l’état-major ne voulait à aucun prix.

    Il dut y avoir là une minute psychologique pleine d’angoisse. Remarquez que le général Billot n’était compromis dans rien, il arrivait tout frais, il pouvait faire la vérité. Il n’osa pas, dans la terreur sans doute de l’opinion publique, certainement aussi dans la crainte de livrer tout l’état-major, le général de Boisdeffre, le général Gonse, sans compter les sous-ordres. Puis, ce ne fut là qu’une minute de combat entre sa conscience et ce qu’il croyait être l’intérêt militaire. Quand cette minute fut passée, il était déjà trop tard. Il s’était engagé, il était compromis. Et, depuis lors, sa responsabilité n’a fait que grandir, il a pris à sa charge le crime des autres, il est aussi coupable que les autres, il est plus coupable qu’eux, car il a été le maître de faire justice, et il n’a rien fait. Comprenez-vous cela ! Voici un an que le général Billot, que les généraux de Boisdeffre et Gonse savent que Dreyfus est innocent, et ils ont gardé pour eux cette effroyable chose. Et ces gens-là dorment, et ils ont des femmes et des enfants qu’ils aiment !

    Le colonel Picquart avait rempli son devoir d’honnête homme. Il insistait auprès de ses supérieurs, au nom de la justice. Il les suppliait même, il leur disait combien leurs délais étaient impolitiques devant le terrible orage qui s’amoncelait, qui devait éclater, lorsque la vérité serait connue. Ce fut, plus tard, le langage que M. Scheurer-Kestner tint également au général Billot, l’adjurant par patriotisme de prendre en main l’affaire, de ne pas la laisser s’aggraver, au point de devenir un désastre public. Non ! le crime était commis, l’état-major ne pouvait plus avouer son crime. Et le lieutenant-colonel Picquart fut envoyé en mission, on l’éloigna de plus loin en plus loin, jusqu’en Tunisie, où l’on voulut même un jour honorer sa bravoure, en le chargeant d’une mission qui l’aurait fait sûrement massacrer, dans les parages où le marquis de Mores a trouvé la mort. Il n’était pas en disgrâce, le général Gonse entretenait avec lui une correspondance amicale. Seulement, il est des secrets qu’il ne fait pas bon d’avoir surpris.

    À Paris, la vérité marchait, irrésistible, et l’on sait de quelle façon l’orage attendu éclata. M. Mathieu Dreyfus dénonça le commandant Esterhazy comme le véritable auteur du bordereau, au moment où M. Scheurer-Kestner allait déposer, entre les mains du garde des sceaux, une demande en révision du procès. Et c’est ici que le commandant Esterhazy paraît. Des témoignages le montrent d’abord affolé, prêt au suicide ou à la fuite. Puis, tout d’un coup, il paye d’audace, il étonne Paris par la violence de son attitude. C’est que du secours lui était venu, il avait reçu une lettre anonyme l’avertissant des menées de ses ennemis, une dame mystérieuse s’était même dérangée de nuit pour lui remettre une pièce volée à l’état-major, qui devait le sauver. Et je ne puis m’empêcher de retrouver là le lieutenant-colonel du Paty de Clam, en reconnaissant les expédients de son imagination fertile. Son œuvre, la culpabilité de Dreyfus, était en péril, et il a voulu sûrement défendre son œuvre. La révision du procès, mais c’était l’écroulement du roman-feuilleton si extravagant, si tragique, dont le dénouement abominable a lieu à l’île du Diable ! C’est ce qu’il ne pouvait permettre. Dès lors, le duel va avoir lieu entre le lieutenant-colonel Picquart et le lieutenant-colonel du Paty de Clam, l’un le visage découvert, l’autre masqué. On les retrouvera prochainement tous deux devant la justice civile. Au fond, c’est toujours l’état-major qui se défend, qui ne veut pas avouer son crime, dont l’abomination grandit d’heure en heure.

    On s’est demandé avec stupeur quels étaient les protecteurs du commandant Esterhazy. C’est d’abord, dans l’ombre, le lieutenant-colonel du Paty de Clam qui a tout machiné, qui a tout conduit. Sa main se trahit aux moyens saugrenus. Puis, c’est le général de Boisdeffre, c’est le général Gonse, c’est le général Billot lui-même, qui sont bien obligés de faire acquitter le commandant, puisqu’ils ne peuvent laisser reconnaître l’innocence de Dreyfus, sans que les bureaux de la guerre croulent sous le mépris public. Et le beau résultat de cette situation prodigieuse, c’est que l’honnête homme là-dedans, Ie lieutenant-colonel Picquart, qui seul a fait son devoir, va être la victime, celui qu’on bafouera et qu’on punira. O justice, quelle affreuse désespérance serre le cœur ! On va jusqu’à dire que c’est lui le faussaire, qu’il a fabriqué la carte-télégramme pour perdre Esterhazy. Mais, grand Dieu ! Pourquoi ? Dans quel but ? Donnez un motif. Est-ce que celui-là aussi est payé par les juifs ? Le joli de l’histoire est qu’il était justement antisémite. Oui ! Nous assistons à ce spectacle infâme, des hommes perdus de dettes et de crimes dont on proclame l’innocence, tandis qu’on frappe l’honneur même, un homme à la vie sans tache ! Quand une société en est là, elle tombe en décomposition.

    Voilà-donc, monsieur le Président, l’affaire Esterhazy : un coupable qu’il s’agissait d’innocenter. Depuis bientôt deux mois, nous pouvons suivre heure par heure la belle besogne. J’abrège, car ce n’est ici, en gros, que le résumé de l’histoire dont les brûlantes pages seront un jour écrites tout au long. Et nous avons donc vu le général de Pellieux, puis le commandant Ravary, conduire une enquête scélérate d’où les coquins sortent transfigurés et les honnêtes gens salis. Puis, on a convoqué le conseil de guerre.

    *

    Comment a-t-on pu espérer qu’un conseil de guerre déferait ce qu’un conseil de guerre avait fait ?

    Je ne parle même pas du choix toujours possible des juges. L’idée supérieure de discipline, qui est dans le sang de ces soldats, ne suffit-elle à infirmer leur pouvoir même d’équité ? Qui dit discipline dit obéissance. Lorsque le ministère de la guerre, le grand chef, a établi publiquement, aux acclamations de la représentation nationale, l’autorité absolue de la chose jugée, vous voulez qu’un conseil de guerre lui donne un formel démenti ? Hiérarchiquement, cela est impossible. Le général Billot a suggestionné les juges par sa déclaration, et ils ont jugé comme ils doivent aller au feu, sans raisonner. L’opinion préconçue qu’ils ont apportée sur leur siège est évidement celle-ci : « Dreyfus a été condamné pour crime de trahison par un conseil de guerre ; il est donc coupable, et nous, conseil de guerre, nous ne pouvons le déclarer innocent ; or nous savons que reconnaître la culpabilité d’Esterhazy, ce serait proclamer l’innocence de Dreyfus. » Rien ne pouvait les faire sortir de là.

    Ils ont rendu une sentence inique qui à jamais pèsera sur nos conseils de guerre, qui entachera désormais de suspicion tous leurs arrêts. Le premier conseil de guerre a pu être inintelligent, le second est forcément criminel. Son excuse, je le répète, est que le chef suprême avait parlé, déclarant la chose jugée inattaquable, sainte et supérieure aux hommes, de sorte que des inférieurs ne pouvaient dire le contraire. On nous parle de l’honneur de l’armée, on veut que nous l’aimions, que nous la respections. Ah ! Certes, oui, l’armée qui se lèverait à la première menace, qui défendrait la terre française, elle est tout le peuple et nous n’avons pour elle que tendresse et respect. Mais il ne s’agit pas d’elle, dont nous voulons justement la dignité, dans notre besoin de justice. Il s’agit du sabre, le maître qu’on nous donnera demain peut-être. Et baiser dévotement la poignée du sabre, le dieu, non !

    Je l’ai démontré d’autre part : l’affaire Dreyfus était l’affaire des bureaux de la guerre, un officier de l’état-major, dénoncé par ses camarades de l’état-major, condamné sous la pression des chefs de l’état-major. Encore une fois, il ne peut revenir innocent, sans que tout l’état-major soit coupable. Aussi les bureaux, par tous les moyens imaginables, par des campagnes de presse, par des communications, par des influences, n’ont-ils couvert Esterhazy que pour perdre une seconde fois Dreyfus. Ah ! Quel coup de balai le gouvernement républicain devrait donner dans cette jésuitière, ainsi que les appelle le général Billot lui-même ! Où est-il, le ministère vraiment fort et d’un patriotisme sage, qui osera tout y refondre et tout y renouveler ? Que de gens je connais qui, devant une guerre possible, tremblent d’angoisse, en sachant dans quelles mains est la défense nationale ! Et quel nid de basses intrigues, de commérages et de dilapidations, est devenu cet asile sacré, où se décide le sort de la patrie ! On s’épouvante devant le jour terrible que vient d’y jeter l’affaire Dreyfus, ce sacrifice humain d’un malheureux, d’un « sale juif » ! Ah ! Tout ce qui s’est agité là de démence et de sottise, des imaginations folles, des pratiques de basse police, des mœurs d’inquisition et de tyrannie, le bon plaisir de quelques galonnés mettant leurs bottes sur la nation, lui rentrant dans la gorge son cri de vérité et de justice, sous le prétexte menteur et sacrilège de la raison d’État !

    Et c’est un crime encore que de s’être appuyé sur la presse immonde, que de s’être laissé défendre par toute la fripouille de Paris, de sorte que voilà la fripouille qui triomphe insolemment dans la défaite du droit et de la simple probité. C’est un crime d’avoir accusé de troubler la France ceux qui la veulent généreuse, à la tête des nations libres et justes, lorsqu’on ourdit soi-même l’imprudent complot d’imposer l’erreur, devant le monde entier. C’est un crime d’égarer l’opinion, d’utiliser pour une besogne de mort cette opinion qu’on a pervertie, jusqu’à faire délirer. C’est un crime d’empoisonner les petits et les humbles, d’exaspérer les passions de réaction et d’intolérance en s’abritant derrière l’odieux antisémitisme, dont la grande France libérale des droits de l’homme mourra, si elle n’en est pas guérie. C’est un crime que d’exploiter le patriotisme pour des œuvres de haine, et c’est un crime enfin que de faire du sabre le dieu moderne, lorsque toute la science humaine est au travail pour l’œuvre prochaine de vérité et de justice.

    Cette vérité, cette justice, que nous avons si passionnément voulues, quelle détresse à les voir ainsi souffletées, plus méconnues et plus obscurcies ! Je me doute de l’écroulement qui doit avoir lieu dans l’âme de M. Scheurer-Kostner, et je crois bien qu’il finira par éprouver un remords, celui de n’avoir pas agi révolutionnairement, le jour de l’interpellation au Sénat, en lâchant tout le paquet, pour tout jeter à bas. Il a été le grand honnête homme, l’homme de sa vie loyale, il a cru que la vérité se suffisait à elle-mème, surtout lorsqu’elle lui apparaissait, éclatante comme le plein jour. À quoi bon tout bouleverser, puisque bientôt le soleil allait luire ? Et c’est de cette sérénité confiante dont il est si cruellement puni. De même pour le lieutenant-colonel Picquart, qui, par un sentiment de haute dignité, n’a pas voulu publier les lettres du général Gonse. Ces scrupules l’honorent d’autant plus que, pendant qu’il restait respectueux de la discipline, ses supérieurs le faisaient couvrir de boue, instruisaient eux-mêmes son procès de la façon la plus inattendue et la plus outrageante. Il y a deux victimes, deux braves gens, deux cœurs simples, qui ont laissé faire Dieu, tandis que le diable agissait. Et l’on a même vu, pour le lieutenant-colonel Picquart, cette chose ignoble : un tribunal français, après avoir laissé le rapporteur charger publiquement un témoin, l’accuser de toutes les fautes, a fait le huis clos, lorsque ce témoin a été introduit pour s’expliquer et se défendre. Je dis que cela est un crime de plus et que ce crime soulèvera la conscience universelle. Décidément, les tribunaux militaires se font une singulière idée de la justice.

    Telle est donc la simple vérité, monsieur le Président, et elle est effroyable, elle restera pour votre présidence une souillure. Je me doute bien que vous n’avez aucun pouvoir en cette affaire, que vous êtes le prisonnier de la Constitution et de votre entourage. Vous n’en avez pas moins un devoir d’homme, auquel vous songerez et que vous remplirez. Ce n’est pas, d’ailleurs, que je désespère le moins du monde du triomphe. Je le répète avec une certitude plus véhémente : la vérité est en marche, et rien ne l’arrêtera. C’est aujourd’hui seulement que l’affaire commence, puisque aujourd’hui seulement les positions sont nettes : d’une part, les coupable qui ne veulent pas que la lumière se fasse ; de l’autre, les justiciers qui donneront leur vie pour qu’elle soit faite. Quand on enferme la vérité sous terre, elle s’y amasse, elle y prend une force telle d’explosion, que, le jour où elle éclate, elle fait tout sauter avec elle. On verra bien si l’on ne vient pas de préparer, pour plus tard, le plus retentissant des désastres.

    *

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    E. Zola : dessin - Source Gallica BnF

    Mais cette lettre est longue, monsieur le Président, et il est temps de conclure.

    J’accuse le lieutenant-colonel du Paty de Clam d’avoir été l’ouvrier diabolique de l’erreur judiciaire, en inconscient, je veux le croire, et d’avoir ensuite défendu son œuvre néfaste, depuis trois ans, par machinations les plus saugrenues et les plus coupables.

    J’accuse le général Mercier de s’être rendu complice, tout au moins par faiblesse d’esprit, d’une des plus grandes iniquités du siècle.

    J’accuse le général Billot d’avoir eu entre les mains les preuves certaines de l’innocence de Dreyfus et de les avoir étouffées, de s’être rendu coupable de ce crime de lèse-humanité et de lèse-justice, dans un but politique et pour compromis.

    J’accuse le général de Boisdeffre et le général Gonse de s’être rendus complices du même crime, l’un sans doute par passion cléricale, l’autre peut-être par cet esprit de corps qui fait des bureaux de la guerre l’arche sainte, inattaquable.

    J’accuse le général de Pellieux et le commandant Ravary d’avoir fait une enquête scélérate, j’entends par là une enquête de la plus monstrueuse partialité, dont nous avons, dans le rapport du second, un impérissable monument de naïve audace.

    J’accuse les trois experts en écritures, les sieurs Belhomme, Varinard et Couard, d’avoir fait des rapports mensongers et frauduleux, à moins qu’un examen médical ne les déclare atteints d’une maladie de la vue et du jugement.

    J’accuse les bureaux de la guerre d’avoir mené dans la presse, particulièrement dans L’Éclair et dans l’Écho de Paris, une campagne abominable, pour égarer l’opinion et couvrir leur faute.

    J’accuse enfin le premier conseil de guerre d’avoir violé le droit, en condamnant un accusé sur une pièce restée secrète, et j’accuse le second conseil de guerre d’avoir couvert cette inégalité, par ordre, en commettant à son tour le crime juridique d’acquitter sciemment un coupable.

    En portant ces accusations, je n’ignore pas que je me mets sous le coup des articles 30 et 31 de la loi sur la presse du 29 juillet 1881, qui punit les délits de diffamation. Et c’est volontairement que je m’expose.

    Quant aux gens que j’accuse, je ne les connais pas, je ne les ai jamais vus, je n’ai contre eux ni rancune ni haine. Ils ne sont pour moi que des entités, des esprits de malfaisance sociale. Et l’acte que j’accomplis ici n’est qu’un moyen révolutionnaire pour hâter l’explosion de la vérité et de la justice.

    Je n’ai qu’une passion, celle de la lumière, au nom de l’humanité qui a tant souffert et qui a droit au bonheur. Ma protestation enflammée n’est que le cri de mon âme. Qu’on ose donc me traduire en cour d’assises et que l’enquête ait lieu au grand jour !

    J’attends.

    Veuillez agréer monsieur le Président, l’assurance de mon profond respect.

    ÉMILE ZOLA

    – Paru le 13 janvier 1898 dans le journal L’Aurore

    https://www.histoire-image.org/sites/default/den25_jaccuse_01f.jpg

    Les conséquences de ce texte explosif seront énormes. 200 000 à 300 000 exemplaires de L’Aurores’arrachent à Paris dans la journée. « J’accuse... ! » a un tel retentissement dans l’opinion que l’affaire Dreyfus est immédiatement relancée. L’article donne à l’affaire – qui devient « l’Affaire » – une dimension politique et sociale inédite et provoque la radicalisation des deux camps.

    Zola, victime dans les semaines qui suivent d’un flot inouï d’injures et de calomnies, comparaîtra pour diffamation en février 1898. Il sera obligé de s’exiler en Angleterre pour échapper à la prison. Mais son procès aura permis de mettre à jour les failles de l’accusation, aboutissant à la révision du cas de Dreyfus et à sa grâce, en 1899.

    Alfred Dreyfus sera définitivement innocenté par la Cour de cassation en 1906.


  • https://www.legrandsoir.info/pas-de-regime-change-a-teheran.html

    5 janvier 2018
    Pas de « regime change » à Téhéran
    De Bruno GUIGUE

    Donald Trump a beau assurer que “l’Iran échoue à tous les niveaux”, que “le grand peuple iranien est réprimé depuis des années”, qu’il a “faim de nourriture et de liberté”, qu’il est “temps que ça change” et qu’il “soutiendra le peuple iranien le moment venu”, c’est peine perdue. Ces proclamations grandiloquentes n’auront aucun effet sur le cours des choses. Déchaîné contre Téhéran, Washington veut saisir le conseil de sécurité. Mais la Chine et la Russie s’opposeront à toute forme d’ingérence. Il n’y aura ni mandat onusien torpillant un Etat souverain au nom des “droits de l’homme”, ni “zone d’interdiction aérienne”, ni “droit de protéger”. Que les bellicistes se fassent une raison : l’Iran ne connaîtra pas le sort de la Libye, détruite par l’OTAN en 2011.

    Le châtiment venu du ciel étant décidément impraticable, Washington a joué la carte de la déstabilisation interne. Pour y parvenir, ses stratèges ont déployé toute la gamme des moyens disponibles : avalanche de propagande antigouvernementale financée par la CIA (notamment par les stations de radio émettant en persan vers l’Iran), agents de tous poils infiltrés dans les manifestations populaires, appui donné à toutes les oppositions sur place ou en exil. Incapable de procéder au “regime change” par le haut, la Maison-Blanche a tenté de l’obtenir par le bas. Prémuni contre le “hard power” US par sa propre force militaire (et par ses alliances) le “régime des mollahs” a été directement ciblé par le “soft power” made in USA. La Maison-Blanche a fait tourner les rotatives de la désinformation, mais le résultat n’était pas garanti sur facture. C’est le moins qu’on puisse dire.

    Pour abattre un régime qui leur déplaît, les “neocons” de Washington ont classiquement besoin de différents types de munitions. L’expérience montre qu’il leur faut détenir au moins deux des trois atouts suivants : une forte opposition interne chez l’adversaire, une soldatesque de supplétifs, une capacité d’intervention directe. En Iran, ils ne disposaient clairement d’aucun de ces trois atouts. L’opposition interne existe, mais c’est moins une opposition au régime qu’une opposition au gouvernement. Le système politique lui donne libre cours à travers le processus électoral. La dialectique entre “conservateurs” et “réformateurs” structure le débat, favorisant l’expression des contradictions internes sans mettre en péril le régime issu de la révolution de 1979.

    C’est pourquoi les masses n’ont pas investi la rue, et la grogne qui s’y exprime pour des raisons économiques ne génère pas, sauf exception, une contestation du régime politique. Il est significatif que la propagande occidentale se livre, une fois de plus, à de grossières manipulations. On a même vu le directeur général de Human rights Watch, Kenneth Roth, utiliser une photo des manifestations pro-gouvernementales pour illustrer le “soulèvement populaire” contre le régime. En croyant voir dans des rassemblements de mécontents le prélude à un changement de régime, Washington a pris deux fois ses désirs pour des réalités : la première, en confondant mécontentement et subversion dans les manifestations antigouvernementales ; la seconde, en refusant de voir que les manifestations pro-gouvernementales étaient au moins aussi importantes.

    Cet espoir d’un “regime change” à Téhéran est d’autant plus illusoire que Washington ne détient pas davantage le deuxième atout : des hordes de mercenaires pour faire le sale boulot. Les frontières étant surveillées de près par l’armée iranienne, la réédition d’un scénario à la syrienne est impossible. En Syrie, les miliciens wahhabites furent importés en masse avec la complicité de l’OTAN, et il a fallu six ans au peuple syrien pour s’en débarrasser sérieusement. En Iran, aucun indice ne permet de penser qu’une telle invasion ait seulement eu lieu. Quelques individus ont dû passer à travers les mailles du filet, mais leur capacité de nuisance est limitée. Depuis la déroute de Daech, l’internationale takfiriste est aux abois. Le dernier carré d’Al-Qaida finira coincé dans la poche d’Idlib. L’armée syrienne avance, elle reconquiert le territoire national, et le “regime change” à Damas n’est plus à l’ordre du jour.

    Pour détruire le “régime des mollahs”, Washington ne peut compter ni sur l’opposition interne, ni sur le mercenariat externe, ni sur une intervention militaire directe. L’opposition interne ne partage pas ses objectifs, le mercenariat étranger est une ressource en voie de disparition, et l’intervention militaire vouée à l’échec. Le “regime change” a réussi en Libye grâce au bombardement aérien. Il a échoué en Syrie malgré des hordes de mercenaires. Mais il n’a aucune chance de réussir en Iran. Le peuple iranien subit surtout les sanctions infligées par un Etat étranger qui lui donne des leçons de “droits de l’homme”. Que certaines couches sociales aspirent au changement est naturel, et tout dépendra de la réponse du pouvoir à leurs revendications. Le président Rohani a condamné les violences. Mais il a aussi admis la légitimité du mécontentement social, des mesures impopulaires ont été annulées, et le peuple iranien n’a pas l’intention de s’étriper pour faire plaisir au locataire de la Maison-Blanche.

    La situation est difficile pour les plus pauvres, mais l’Iran est tout sauf un pays au bord de la faillite. Malgré les sanctions imposées par Washington, le pays a connu un développement notable en 2016. Son économie affiche un taux de croissance de 6,5% et l’endettement public est particulièrement faible (35% du PIB). Mais le taux de chômage est élevé (12,5%) et il frappe surtout les jeunes. Le pays connaît une crise de croissance qui avive les tensions sociales, soulignant les privilèges de la bourgeoisie marchande accentués par les réformes libérales voulues par le gouvernement. L’Iran exporte son pétrole, mais il manque de capitaux extérieurs. A l’affût de la moindre faiblesse, Washington rêvait d’un mouvement de grande ampleur, capable de faire vaciller le pouvoir. Visiblement, c’est raté, et l’agression US a manqué son objectif. Elle ne cessera pas pour autant, car l’Iran est depuis longtemps dans la ligne de mire des fauteurs de guerre.

    Obsession des “neocons”, la lutte contre Téhéran remonte aux origines de la République islamique (1979). Elle fut inaugurée par une attaque irakienne dont l’Occident fournit les armes et les pétromonarchies les moyens financiers (1980-1988). Elle s’est poursuivie avec les attentats du Mossad et de la CIA, infligeant aux Iraniens ce même “terrorisme” dont les accuse la propagande occidentale. Puis elle s’est amplifiée avec l’invention de la “menace nucléaire iranienne” au début des années 2000. Il est évident que Trump se soucie comme d’une guigne des droits de l’homme et que la question nucléaire est l’arrière-plan de la crise actuelle. A Washington, l’union sacrée s’est miraculeusement reconstituée contre l’Iran. Ce pays n’a jamais agressé ses voisins, mais la possibilité qu’il se dote d’un parapluie nucléaire entamant le monopole israélien dans la région est jugée intolérable. Le “regime change” a avorté, mais il est clair que Trump torpillera l’accord de 2015.

    Bruno GUIGUE

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  • Un remarquable article de Paris Match. Le vent peut tourner ! NRobin

    VENDREDI 5 JANVIER 2018
    Anne-Laure Le Gall, Paris Match
    Volontaires catholiques en Palestine, ils témoignent

    « La colonisation en Palestine est un cancer qui développe quotidiennement ses métastases » : telle est la conclusion extrêmement forte de Corinne et Laurent Mérer, deux volontaires catholiques qui ont passé trois mois dans les Territoires occupés.
    Au printemps 2016, Corinne et Laurent Mérer passent trois mois dans les Territoires occupés à l’appel des églises chrétiennes de Palestine. Cet ancien amiral et son épouse ne sont pas particulièrement sensibilisés à la question israélo-palestinienne. Ils vont partager au jour le jour la vie des chrétiens et musulmans, dans les sites sensibles de Cisjordanie, checkpoints, villages bédouins, près des colonies, selon le principe de la présence protectrice. Ce qu’ils découvrent sur le terrain les sidère : harcèlement, expéditions punitives, humiliations quotidiennes de la part des colons et des soldats de Tsahal, couverts par les autorités. Ils publient le récit de leur mission : « S’ils se taisent, les pierres crieront » (éd. Balland). Interview et extraits.Paris Match : Qu’est-ce qui vous a décidé à partir en Cisjordanie avec votre épouse ?Laurent Mérer : Dès 2002, à la suite de la deuxième intifada, l’ensemble des Eglises chrétiennes de Palestine se sont réunies pour lancer, au nom de tous les Palestiniens, chrétiens et musulmans, un appel aux hommes et aux femmes de bonne volonté : « venez, partagez un moment de notre vie et témoignez de ce que vous aurez vu » ; l’appel est renouvelé chaque année. Cette approche œcuménique, au sens large du terme, d’une question éminemment complexe nous a séduits.Pouvez-vous nous rappeler le cadre de cette mission ?La réponse à cette demande a été formalisée par un programme monté par le Conseil œcuménique des Eglises (programme EAPPI : Ecumenical Acompaniment Program for Palestine and Israël) qui consiste à l’envoi régulier, pour une durée de trois mois, d’une promotion de trente volontaires internationaux, dans les Territoires Occupés de Palestine. Sur place les volontaires sont répartis par équipes de 4 à 5 qui vivent en autonomie dans des endroits sensibles (Jérusalem-Est, Hébron, collines du sud d’Hébron, Bethléem, Jéricho/vallée du Jourdain, Yanoun, Tulkarem), et travaillent concrètement sur le terrain, selon le principe de la « présence protectrice » pour faciliter l’accès des Palestiniens au travail (présence aux checkpoints), à l’éducation (entrée des écoles), aux lieux de cultes (églises et mosquées) , pour être présents auprès des bédouins et des bergers dont les terrains et les pâturages sont convoités par les colons, pour soutenir les familles dont les maisons font l’objet de démolitions punitives ou ont été murées, celles dont les enfants ont été blessés ou sont emprisonnés. Ce travail se fait au quotidien en relation avec les organisations israéliennes et palestiniennes qui militent pour une paix juste, et les grandes organisations internationales.Qu’est-ce qui vous a le plus marqués ? Choqués ? Révoltés ?L’aveuglement, la haine…On croyait la colonisation abandonnée aux oubliettes de l’histoire, elle est en Palestine une réalité vivante et active, un cancer qui développe quotidiennement ses métastases. Les rares colons avec qui nous avons pu échanger – la plupart des autres étaient davantage dans l’invective et le crachat - sont dans une démarche messianique : « Dieu nous a donné cette terre, les Palestiniens n’ont rien à y faire, ils doivent partir, sinon nous les jetterons à la mer ». Un point nous a particulièrement frappés : les Palestiniens chrétiens, bien que très minoritaires, sont spécialement dans le collimateur des autorités israéliennes. Les chrétiens, pour des raisons historiques, font partie de l’élite de ce pays et ils ont été à la tête de la plupart des mouvements de contestation. En outre, ils sont les témoins vivants que ce conflit n’est pas un conflit de nature religieuse juifs/musulmans, facile aujourd’hui à « vendre » à l’opinion occidentale, mais un conflit de territoire. Les Palestiniens chrétiens sont donc, aux yeux du gouvernement israélien, des gêneurs qu’il faut inciter à partir en leur compliquant au maximum la vie quotidienne. Cette politique est un succès puisque les chrétiens, qui représentaient près de 20% de la population sont aujourd’hui moins de 1,5%. Il demeure que les Palestiniens chrétiens ont un rôle important à jouer dans la solution ou l’évolution du conflit. Dans ce tableau désespérant, il y a malgré tout une lueur d’espoir : de nombreux Israéliens (y compris de hauts responsables militaires ou policiers) comprennent et disent, car il y a une grande liberté d’expression en Israël, que la politique actuelle d’occupation et de colonisation mène leur pays à une impasse, qu’il n’y aura jamais de paix pour Israël tant que les Palestiniens ne bénéficieront pas d’une paix juste ; pour le moment ils ne sont pas majoritaires, mais ce courant de pensée s’exprime régulièrement.En êtes-vous revenus différents ?Oui, à l’évidence. On revient quelque peu désespérés de la condition humaine. Constater qu’un pays moderne, internationalement reconnu, suscite, encourage ou couvre les comportements que nous avons constatés, que cela se fait dans l’indifférence feutrée de la communauté internationale, a quelque chose de révoltant. Désespérés aussi de réaliser que cette politique, contraire à l’esprit des pionniers, non seulement fait souffrir une partie de la population de cette terre, mais, à terme, mène Israël à l’échec. Les Israéliens raisonnables et réalistes en ont dramatiquement conscience. Nous en avons eu à ce sujet des témoignages aussi saisissants que dramatiques d’Israéliens plus désespérés encore que nous.A votre retour, comment votre entourage a-t-il reçu le récit de vos expériences ?
    Question délicate… Avec certains, famille ou amis, on n’a pu éviter la polémique, le sujet est si sensible, et dans notre pays particulièrement, si chargé de pesanteurs sociétales ou historiques. Il y a eu des réactions épidermiques… Mais pour la majorité de notre entourage, cela a été la sidération : la même que la nôtre devant la réalité de ce que nous avons vu et vécu. Nous avons à l’évidence fait évoluer leur appréhension de la réalité. Notre mission s’arrêtait là. A chacun après de se faire son propre jugement.Retournerez-vous ?Non, pas dans l’immédiat du moins. Retourner à court terme serait prendre le risque que le regard s’émousse, qu’il s’habitue à l’inacceptable. Dans les années qui viennent, la situation ne va pas changer, elle risque plutôt d’empirer. Il vaut mieux inciter d’autres à faire comme nous, pour maintenir le flux des témoignages, avec un œil neuf à chaque fois. Pour le moment, nous nous attachons à la deuxième partie de la mission : raconter. Nous faisons de nombreuses conférences, réunions, et il y a ce livre.Voici trois extraits de « S’ils se taisent, les pierres crieront… trois mois en Palestine au service de la Paix », par Corinne et Laurent Mérer, éd. Balland, 15 euros.Extrait 1 - Petit matin à Qalandia4h30. Nous sommes à Qalandia, l’un des plus importants check-points de Cisjordanie mais, pour le moment, du « bon côté », c’est à dire du côté de Jérusalem, des lieux saints, des grands hôpitaux et surtout du travail.C’est ce côté que souhaitent rejoindre ce matin, comme tous les matins de la semaine, des centaines de Palestiniens, chrétiens et musulmans, qui vivent dans les Territoires occupés mais qui ont leur travail de l’autre bord. [Traverser dans ce sens] ne présente aucune difficulté : il me suffit de franchir deux tourniquets métalliques.J’arrive alors à l’intérieur du vaste centre de contrôle pour piétons qu’est Qalandia, côté Palestine : un immense hangar de tôles tordues ou cassées, au sol défoncé, équipé de rares bancs métalliques. Un mince filet d’eau coule sur une antique vasque de pierre ; plusieurs hommes s’y rafraîchissent, d’autres font leurs ablutions avant la prière. A côté, des toilettes délabrées. Les relents d’urine et de tabac froid me prennent à la gorge.Une centaine de Palestiniens, des hommes pour la plupart, attendent déjà dans le vent glacial qui s’engouffre entre les tôles disjointes. Je les vois frissonner, l’air hagard, mal réveillés, les mains enfoncées dans les poches [...]Ils piétinent en file indienne devant l’un des étroits couloirs – juste la largeur d’un homme – constitués de hautes barrières métalliques et surmontés d’épais grillages, débouchant sur des tourniquets […] Me vient à l’esprit l’image des bestiaux qui défilent vers les abattoirs.Au plafond, au milieu d’un entrelacs de barbelés, des oiseaux virevoltent ; à Qalandia ce sont les hommes qui vivent en cage…Extrait 2 - L’école Cordoba – Hébron dans la tourmenteL’entrée de la rue Shohada [où se trouve l’école], autrefois très commerçante, est filtrée depuis 2000, après la deuxième intifada ; suite aux événements de septembre 2015 – une jeune fille palestinienne de vingt ans, soupçonnée d’attaque au couteau, a été tuée par les soldats au check point 56 – cette rue a été déclarée « zone militaire fermée ”. Seuls peuvent y pénétrer, après contrôle et souvent fouille, les familles palestiniennes demeurant dans la rue, ainsi que les enfants de l’école Cordoba et leurs professeurs. Les colons accèdent par l’autre côté et ils ont seuls le droit d’y circuler en voiture. L’école accueille cent cinquante enfants palestiniens de six à seize ans et seize professeurs.Avec mon équipe, nous sommes stationnés chaque jour aux deux Check Points, pour l’entrée et la sortie des enfants. « Votre présence rassure les gosses et calme les colons », me déclare Nora Nazar, la courageuse principale de l’école Cordoba.« Et les soldats font plus attention », continue-t-elle. […]Depuis le regain de tension apparu à l’automne 2015 en Israël et dans les Territoires occupés de Palestine […], c’est à Hébron, 250 000 habitants, que la situation est la plus critique. Deux importantes colonies israéliennes, illégales au regard du droit international, 10 000 habitants au total, sont en effet implantées en bordure même de la ville, et trois petites au cœur de la vieille cité.Les colons tentent par tous les moyens d’étendre leurs installations et la cohabitation avec les Palestiniens est « musclée ». Les colonies d’Hébron sont protégées par trois mille soldats de l’armée israélienne. La ville constitue un enjeu majeur car, de même que Jérusalem, elle est ville sainte pour les trois religions monothéistes. Elle abrite le tombeau des Patriarches de la Bible, Abraham, Isaac et Jacob. Selon une ancienne tradition, c’est aussi l’entrée du jardin d’Eden […] Le roi David y fut sacré et y régna sept ans. […]Il n’y a plus depuis longtemps de chrétiens à Hébron […]. Ainsi, Palestiniens musulmans et colons israéliens sont-ils face à face.Aujourd’hui, la tension est de nouveau à son comble. 40% des clashs ont lieu à Hébron.Les enfants de l’école Cordoba continuent de baisser la tête.Extrait 3 - Les collines du sud Au sud de la Judée, à une vingtaine de kilomètres d’Hébron, la ville de Yatta domine une région de collines vouées à l’agriculture et à l’élevage qui s’étend jusqu’à la « ligne verte », frontière avec Israël […]. Une de nos équipes est établie à Yatta et rayonne de là pour assurer une présence protectrice dans les villages soumis aux exactions des colons, accompagner les bergers dans leurs pâtures, les agriculteurs dans leurs travaux journaliers ; nos amis passent souvent la nuit dans les fermes isolées pour dissuader les raids et les intimidations. Je suis venu partager trois journées avec eux dans les collines du sud. Lorsque nous nous sommes apprêtés à partir, après la cérémonie du thé dans la maisonnette d’Ahmed et de Sara, la jeune femme m’a regardé de ses yeux bleus presque transparents et m’a dit « revenez quand vous voulez et passez la nuit. » J’ai lu l’angoisse sur son visage. Elle s’est levée lourdement, un bébé dans les bras, un autre proche du terme sous la tunique et nous a accompagnés jusqu’à la porte. Ahmed qui l’avait précédée nous a confié « la nuit, elle tremble et dans la journée, quand je suis sorti avec les moutons, elle a peur pour moi ». […] La veille, Ahmed avait été violemment pris à parti par un colon arrivé en voiture […]. « Dégage, tu n’as rien à faire ici, cette terre est à nous, Dieu nous l’a donnée ». On ne plaisante pas avec les colons, la plupart sont armés. Ahmed avait déguerpi avec ses bêtes.L’histoire de Susiya, dans les collines du sud d’Hébron, a déjà fait couler beaucoup d’encre, mais les problèmes demeurent. L’ancien village a été rasé en 1986 et ses habitants expulsés au motif qu’ils ne pouvaient habiter sur un site de fouilles archéologiques. Trois familles de colons se sont pourtant installées peu après sur les lieux. Les familles palestiniennes quant à elles se sont transportées à quelques centaines de mètres sur des terres leur appartenant depuis l’époque ottomane et le nouveau village comprend aujourd’hui trois groupes de tentes ou de maisonnettes de tôles et bâches, environ 400 personnes, plus d’un millier de bêtes dans les enclos. Mais il a fait l’objet d’un ordre de démolition depuis qu’une association de colons a porté plainte devant la cour israélienne, réclamant la destruction de tous les « avant-postes palestiniens de la zone ». La plainte a été reçue. Le village a perdu plus de 60% de ses terres agricoles et de ses pâturages puisque la majeure partie se trouve en « zone tampon » décrétée par les autorités depuis l’installation de la grosse colonie agricole, zone interdite d’accès aux Palestiniens « pour raison de sécurité ». La plupart des puits du village se trouvent dans cet espace. Des miradors érigés et gardés par l’armée occupent les hauteurs avoisinantes. Lorsque je me suis approché subrepticement de la colonie au cours de la séance de pâturage, j’ai vu arriver une jeep militaire dans les minutes suivantes et j’ai dû me faufiler vers les moutons.
    « S’ils se taisent, les pierres crieront… trois mois en Palestine au service de la Paix », par Corinne et Laurent Mérer, éd. Balland, 15 euros
    Photo : Corinne et Laurent Mérer ont notamment rencontré les habitants de la ville de Yatta, au sud de la Judée. Mussa Qawasma/Reuters


  • De quels temps Macron est-il le nom ?
    Par Michel Segal — 09 janvier 2018
    Arrêt sur info.

    Lorsque la Syrie commence à voir la fin de son calvaire, ce qui de toute évidence aurait été impossible sans un soutien réel du peuple à son président, Emmanuel Macron déclare que Bachar est l’ennemi du peuple syrien[1], appelant ainsi à prolonger l’ingérence, l’incendie, le malheur et la mort parce que la guerre, c’est la paix.

    Quand la robotisation douée d’intelligence artificielle fait planer l’ombre d’un séisme sur l’emploi et appelle une réflexion profonde et novatrice, Emmanuel Macron choisit les politiques ultra-conservatrices d’un autre âge en massacrant le code du travail sans aucune autre perspective que la précarité des salariés parce que la liberté, c’est l’esclavage.

    A l’heure où la technologie rend possible la diversification des sources d’information permettant les débats contradictoires afin de mieux cerner les faits, Emmanuel Macron annonce des outils de censure contre les médias qui n’adopteraient pas la ligne éditoriale de ceux possédés par l’Etat ou subventionnés par lui parce que l’ignorance, c’est la force.

    Et c’est justement par un média d’Etat que l’on apprend que la promesse par le candidat Macron d’un service militaire obligatoire et universel pour les 18-21 ans – peut-être la seule qui valait de voter pour lui au premier tour de la présidentielle – est abandonnée pour un parcours citoyen pour collégiens. Ce remplacement, aussi valide que celui d’une voiture par une cafetière, prévoit notamment une semaine en partenariat avec des associations caritatives. Pour ne pas souligner l’irresponsabilité de cette gouvernance, on n’évoquera pas ici l’absurdité du projet de trouver chaque année suffisamment de telles associations pour prendre en charge plus d’un demi-million d’adolescents pendant une semaine.

    Ce qui est inquiétant dans cette décision, c’est qu’à l’expérience du réel par de jeunes adultes, on préfère un formatage théorique des enfants. Car plutôt que l’excellent projet de confronter des jeunes gens à la réalité en faisant cohabiter – en particulier dans des dortoirs et des cantines – des blancs des beaux quartiers et des immigrés coiffés d’une capuche, on fera réciter ad nauseam dans les collèges, là où n’existe aucune mixité, le catéchisme habituel du vivre-ensemble citoyen (à ce propos on peut écouter ici un modèle de langue de bois débité par un archétype de jeune-vieux). Mais pour ne pas souligner l’amateurisme de cette gouvernance, on ne rappellera pas qu’un parcours citoyen existe déjà à l’école depuis juin 2016.

    Ainsi, après avoir ingéré les formations civiques et morales républicaines, les ABC de l’égalité, les stages en entreprise, l’antiracisme, les EPI, les itinéraires de découverte, les accompagnements personnalisés, la sécurité routière, la lutte contre l’homophobie et la semaine du goût, l’école va se charger d’une nouvelle mission, donc se donner une nouvelle raison d’échapper à la sienne. Notre ministre de l’Education tient des discours très encourageants sur la promesse d’un retour du bon sens et de l’instruction, mais la catastrophique réforme du collège de son prédécesseur a été maintenue. Alors quand Emmanuel Macron tient pour moderne l’orientation prise par l’école il y a plus de quarante ans, orientation ayant mené au désastre que l’on sait, notre ministre pourra-t-il s’y opposer ?

    C’est en 1949 que Georges Orwell écrivait son 1984 alors finalement, on ne voit plus très bien ce qu’il y a de jeune chez le président Macron à part son âge. Peut-être parce que dans sa vision du monde, le passé, c’est le futur.

    Par Michel Segal

    Michel Segal est professeur de mathématiques. Auteur de trois essais sur l’école Autopsie de l’école républicaine (2008) – Violences scolaires, responsables et coupables (2010) – Collège unique, l’intelligence humiliée (2011). Et de Ukraine, histoires d’une guerre (2014) qui analyse la guerre qui déchire l’Ukraine en se fondant sur sa connaissance approfondie du contexte et des enjeux internationaux.

    [1] Est-ce par fraternité que Macron fait référence au président syrien en l’appelant par son prénom ?

    Source : http://arretsurinfo.ch/de-quels-temps-macron-est-il-le-nom


  • https://www.bdsfrance.org/le-droit-artistique-de-lorde-dannuler-un-concert-a-tel-aviv
    Le droit artistique de Lorde d’annuler un concert à Tel Aviv
    6 janvier 2018
    Lorde sur scène au Festival Coachella en Californie l’an dernier. Photo : Amy Harris/Invision/AP
    https://www.bdsfrance.org/wp-content/uploads/2018/01/0clip_image002.png
    Plus de cent écrivains, acteurs, metteurs en scène et musiciens bien connus apportent leur soutien à la chanteuse Lorde qui a décidé de ne pas se produire en Israël.

    Nous écrivons en soutien à Lorde, qui a rendu publique sa décision de ne pas se produire en Israël et qui est maintenant étiquetée fanatique dans un encart publicitaire de pleine page du Washington Post (1er janvier).

    Shmuley Boteach, l’auteur et promoteur de la publicité, soutient les colonies illégales d’Israël et a écrit le mois dernier sur Breitbart en remerciant Donald Trump « d’électrifier le monde » avec sa reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël, au défi du droit international.

    Il n’a rien à apprendre aux artistes en matière de droits humains. Nous déplorons les tactiques brutales utilisées pour défendre l’injustice faite aux Palestiniens et pour empêcher la liberté de conscience d’une artiste. Nous soutenons Lorde.

    Tunde Adebimpe Musicien

    Adjoa Andoh Actrice

    Julie Christie Actrice

    Caryl Churchill Dramaturge

    Dominic Cooke Metteur en scène

    Kia Corthron Dramaturge

    Molly Crabapple Artiste

    John Cusack Acteur

    Cherien Dabis Metteure en scène, cinéma et télévision

    William Dalrymple Écrivain

    Angela Davis Écrivaine

    David Edgar Dramaturge

    Brian Eno Musicien

    Eve Ensler Dramaturge

    Shepard Fairey Artiste

    Bella Freud Graphiste

    Peter Gabriel Musicien

    Lisa Gerrard Compositrice

    Tom Gilroy Réalisateur

    David Gray Musicien

    Kathleen Hanna Musicienne

    AL Kennedy Écrivain

    Jonathan Kent Metteur en scène d’opéra et de théâtre

    Hari Kunzru Écrivain

    Talib Kweli Musicien

    David Lan Directeur artistique, Jeune Vic

    Ken Loach Réalisateur de cinéma

    Miriam Margolyes Actrice

    Yann Martel Écrivain

    Emel Mathlouthi Musicienne

    Viggo Mortensen Acteur

    Tom Morello Musicien

    David Morrissey Acteur

    Peter Mullan Acteur

    Maxine Peake Actrice

    Jocelyn Pook Compositrice

    Mark Ruffalo Acteur

    Alexei Sayle Comédien

    James Schamus Scénariste

    Gillian Slovo Écrivaine

    Ahdaf Soueif Écrivaine

    Juliet Stevenson Actrice

    Alice Walker Écrivaine

    Roger Waters Musicien

    Benjamin Zephaniah Poète

    Et une pleine liste de 56 autres sur : Artists For Palestine UK

    Source : The Guardian

    Traduction SF pour BDS France


  • Quel est donc cet Islam que l’Occident a créé et qu’il veut nous imposer ? NRobin

    http://arretsurinfo.ch/allocution-dun-pretre-de-syrie-devant-le-parlement-europeen

    Allocution d’un prêtre de Syrie devant le Parlement Européen
    Par Elias Zahlaoui — 07 janvier 2018

    Père Elias Zahlaoui dans son bureau à l’Eglise Notre Dame de Damas © Nadine Zelhofe
    http://arretsurinfo.ch/wp-content/uploads/2018/01/elias_zehlawi-650x366.jpg

    Allocution du Père Élias Zahlaoui

    Mesdames, Messieurs,

    La crise syrienne a soulevé, soulève et soulèvera des questions, pour le moins gênantes.

    Questions, en premier lieu sur la légitimité de cette guerre universelle contre la Syrie.

    Questions aussi sur les enjeux politiques et économiques, apparents ou cachés, de cette guerre.

    Questions enfin sur les issues possibles et à venir, aux plans tant régional que mondial, de cette guerre.

    Pour ma part, prêtre arabe catholique, descendant de la toute première communauté chrétienne de Syrie, j’ai jugé de mon devoir de syrien et de citoyen du monde à la fois, de vous proposer mon approche personnelle de l’une des raisons profondes de la résistance absolument inattendue, que la Syrie a opposée à cette guerre.

    D’ailleurs, vous le savez tous, c’est cette résistance même qui lui a valu, entre autres, l’appui inconditionnel d’alliés comme la Russie et l’Iran, qui se savaient menacés du même sort, si la Syrie venait à tomber.

    Tout au long de sept ans bientôt, nuit et jour, vos tout puissants médias, vous ont asséné des ʺcertitudesʺ indiscutables, entre autres, celle d’une guerre civile en Syrie, et celle d’un régime de dictature, qui massacre impunément son propre peuple.

    Tout cela, Mesdames, Messieurs, ne vous rappelle-t-il pas, les scénarios utilisés pour la destruction de l’Irak, puis de la Libye ?

    Une levée chevaleresque de tout l’Occident, conduite au sein des Nations-Unies, par les États-Unis, a valu à la Syrie une déclaration de guerre, de la part de (140) pays – pas plus ! – ainsi qu’un embargo militaire, économique et financier, sans précédent.

    Cependant devant l’échec de la mise en application du célèbre droit d’ingérence, prétendument humanitaire, dont le mérite d’invention revient à Mr Bernard KOUCHNER, des centaines de milliers de soi-disant ʺdjihadistesʺ musulmans, furent, par, qui vous savez, levés à travers une centaine de pays, dont des pays européens et américains, embrigadés, armés, entraînés, payés, enfin téléguidés, voire commandés par des spécialistes des réseaux des plus puissants services secrets, pour être envoyés par vagues successives, à longueur d’années, en Syrie, pour y promouvoir, disait-on, la démocratie, et sauvegarder les droits de l’homme.

    Le bilan de cette malheureuse aventure, sur le plan strictement humain, le voici en gros, d’après les évaluations des Nations-Unies :

    –Sur une population de 24.000.000 d’habitants, 12.000.000 d’errants sur les routes, soit à l’intérieur du pays, soit ailleurs au niveau du monde entier, voire sur mer…

    –400.000 morts, abstraction faite de toute appartenance religieuse, de toute condition et de tout âge…

    –Des centaines de milliers d’handicapés…

    –Des dizaines de milliers de disparus…

    Et pourtant l’État syrien a tenu, son Président a tenu, son armée a tenu, sa population a tenu, ses institutions gouvernementales de tous ordres ont tenu, son corps diplomatique a tenu, ses Instances universitaires et scolaires, tant gouvernementales que privées, ont tenu, tous les fonctionnaires d’État, en poste ou en retraite, même ceux des zones assiégées par les ʺDjihadistesʺ d’Alkaïda, Al-Nousra, Daëch et consorts, ont été et sont jusqu’à ce jour, régulièrement payés…

    Devant cet état de fait, absolument incontournable, l’un de vos meilleurs connaisseurs de la crise syrienne, le français Michel Raimbaud, a osé écrire, il y a un mois, que tout cela frôle le miracle…

    Miracle ou pas, avouons que cette résistance inattendue de la Syrie, a déjà provoqué bien des interrogations, et ébranlé bien des certitudes ʺpolitiquement correctesʺ…

    Pour tout dire, cette résistance exige sans retard, des efforts honnêtes de recherche tenace et courageuse, loin de tout calcul mesquin ou chauvin. Car il s’agit pour vous tous de comprendre le secret de ce terreau strictement humain, de la Syrie profonde, qui seul explique ce qui vous paraît inexplicable dans cette résistance même.

    D’ailleurs sans cette urgence, je vous avoue que je ne me serais jamais permis de venir ici, tant ma méfiance à l’égard de tout l’Occident, Société et Église à la fois, est grande.

    En fait, il s’agit pour nous tous, habitants de cette splendide planète, d’une leçon urgente et capitale à tirer, avant qu’il ne soit trop tard.

    Que cette assertion vous étonne ou vous indigne, je me dois de vous dire, en prêtre qui vit en une société arabe à majorité musulmane, et qui croit bien connaître les musulmans et leur histoire, que vous avez, vous-mêmes occidentaux, consciemment ou inconsciemment, créé de toutes pièces, en Occident, deux mondes musulmans, qui n’ont, en fait, rien à voir avec l’Islam.

    Le premier de ces deux mondes, concerne les innombrables agglomérations musulmanes qui parsèment aujourd’hui tout l’Occident. Ces agglomérations, vous vous en êtes servis pendant des décades, pour faire les travaux que vos concitoyens répugnaient à faire. Or leur grande majorité vit jusqu’à ce jour, marginalisée au sein de vos sociétés, et écrasée par un sentiment d’infériorité, qui risque de se transformer subitement en un ressentiment explosif et ravageur. Vous en avez déjà eu des preuves inquiétantes.

    Le second de ces deux mondes, concerne les innombrables groupes de ʺdjihadistesʺ, que vous avez cru pouvoir créer et utiliser, pour détruire ʺles autresʺ, tout en vous croyant à l’abri de toute surprise désagréable, en misant uniquement sur ce que vous croyez être, vos tout-puissants réseaux de défense. Or vous avez tous vite déchanté.

    Mais quel est donc l’Islam, me diriez-vous ?

    Mesdames, Messieurs,

    Ici, permettez-moi de vous inviter à une lecture objective de l’histoire des premières conquêtes musulmanes :

    Damas, en 635

    Jérusalem, en 638

    L’Égypte, en 641

    L’Andalousie, en 711

    En toutes ces conquêtes sans exception, les musulmans ont eu le génie d’inventer un style de vie avec les habitants chrétiens des pays conquis, qu’aucun envahisseur n’a jamais connu, ni avant ni après l’apparition de l’Islam. Et ce style nouveau a produit une convivialité faite de collaboration réelle avec les habitants, dans le respect de leurs églises, couvents, habitations, propriétés, activités, et tout cela en échange d’un tribut qui s’avérait inférieur au tribut que les byzantins chrétiens leur avaient imposé, sans parler des exactions et violences de toutes sortes que les byzantins ʺorthodoxesʺ imposaient régulièrement aux habitants ʺnon orthodoxesʺ de ces pays, qui finirent par voir dans l’envahisseur arabe et non chrétien, un libérateur !

    Je m’en voudrais de ne pas souligner que cette convivialité étonnante a surtout permis à tous les habitants de ces pays conquis, tant musulmans que chrétiens et juifs, de vivre ensemble, de travailler ensemble, voire de collaborer au plus haut niveau de l’administration du Califat.

    Cette convivialité s’est approfondie et enrichie au cours des siècles, au point d’avoir fait de certains penseurs arabes chrétiens du 19e siècle, les créateurs de l’arabisme, et de nombre d’entre eux, au 20e siècle, les fondateurs et leaders de puissants partis politiques arabes, en Égypte, en Syrie, au Liban et en Palestine.

    Or c’est cette convivialité même qui constitue le fond du tissu solide de la société syrienne, et qui explique l’une des raisons profondes de sa résistance au cours des siècles en dépit de tous les bouleversements que cette société a connus jusqu’à ce jour.

    Une tornade si violente et si longue fût-elle, ne peut venir à bout d’une forêt d’une vie commune qui a mis 1.400 ans à enfoncer ses racines dans une bonne terre. Telle est la Syrie d’aujourd’hui.

    D’ailleurs, si l’Islam avait été l’espace d’un jour, à l’image de vos ʺDjihadistesʺ d’aujourd’hui, aucun chrétien n’aurait survécu aux invasions musulmanes connues.

    Si devant de telles assertions, vous avez l’ombre d’un doute, permettez-moi de vous renvoyer aux seuls historiens juifs, et même israéliens. Je ne vous en citerai que trois de nos contemporains : le premier, un israélien, Aba EBAN, dans son livre ʺMon Peupleʺ, le second, un français, et c’est le rabbin Josy EISENBERG, dans son livre ʺUne histoire des juifsʺ, le troisième, un américain, Abraham LEON ZACHAR, dans son livre monumental ʺHistoire des juifsʺ.

    Oui, mes amis, l’Occident aujourd’hui a beaucoup à apprendre de l’Islam même conquérant, pour se sauver de l’Islam qu’il s’est créé, d’abord en son sein, ensuite au niveau du monde.

    L’histoire apprend à qui veut l’entendre, que c’est au faîte de son pouvoir, que l’on reconnaît la valeur réelle d’une personne, d’une société, d’un peuple, d’une religion.

    Serait-ce donc si blessant de dire que l’Islam, au faîte de son pouvoir, a en ses croyants, réussi au cours de l’histoire, là même où le christianisme a lamentablement échoué en ses croyants ?

    Tout cela, Mesdames, Messieurs, croyez-moi, vous concerne au plus haut point. Car il s’agit, me semble-t-il, de l’avenir non de l’Occident seul, mais du monde entier.

    Mes amis,

    L’Occident aujourd’hui, tout l’Occident sans exception, si puissant soit-il, a le plus haut intérêt à revoir rapidement toutes ses politiques, à l’intérieur de ses frontières, et au-delà au niveau du monde entier. Oui je dis bien aujourd’hui, et pas demain. Car demain comme beaucoup le craignent, se prépare dans une arrogance aveugle, un cataclysme mondial auprès duquel la seconde guerre mondiale paraîtrait comme un jeu d’enfant.

    Mesdames, Messieurs,

    Pour finir, laissez-moi vous raconter un fait récent, hautement significatif, survenu le 27 septembre 2001. En ce jour, était organisé pour la première fois à Damas, un concert commun de chants religieux, entre une chorale d’église que j’avais fondée en 1977, et la troupe de chanteurs musulmans, de la célèbre mosquée des Omeyades. Ce concert avait lieu sur le parvis de la Cathédrale Grecque Catholique de Damas. Une foule impressionnante y assistait, dont des évêques, des prêtres et des ulémas musulmans.

    Entre autres invités de marque, il y avait la Troïka européenne, présidée par Mr Xavier SOLANA ; Mr Louis MICHEL, alors ministre belge des affaires étrangères, en faisait partie. Cette délégation était accompagnée d’un reporter de la TV belge, un certain Joseph MARTIN. La Troïka européenne assista au concert l’espace de vingt minutes seulement, pressée qu’elle était par d’autres engagements. Or au moment où elle quittait le parvis de la Cathédrale, Mr Joseph MARTIN faisait son reportage devant le cameraman de la TV belge. Je l’ai bien écouté. J’ai donc gardé de son reportage, ce mot bien ancré dans ma mémoire. Je vous prie de bien l’écouter :

    « Mr BERLUSCONI, au lieu d’insulter le monde arabe et de mépriser la civilisation musulmane, aurait dû venir ici, pour combler son ignorance ».

    Mesdames, Messieurs, Merci.

    Père Élias Zahlaoui, le 6 décembre 2017

    Source : Élias Zahlaoui


  • Trop c’est trop pour Pascal Boniface ! Soutenons-le. NRobin
    IRIS
    A l’occasion de la parution de l’ouvrage de Pascal BONIFACE « Antisémite » (Max Milo, 2018), l’IRIS organise une conférence-débat :
    ANTISÉMITE
    Mardi 16 janvier 2018, 18h30 - 20h00
    Espace de conférences de l’IRIS

    “Rien ne justifie ce torrent de boue déversé sur lui”
    Préface de Michel Wieviorka
    L’antisémite. C’est ainsi que Pascal Boniface est perçu par de nombreuses personnes, juives ou non. Cette qualification déshonorante est en totale contradiction avec ses combats personnels, menés contre le racisme et l’antisémitisme. Sa famille et lui-même ont été menacés. Le centre de recherche qu’il dirige, dont les travaux font autorité sur le plan national et international, a frôlé à plusieurs reprises la disparition, parce qu’il a osé critiquer un gouvernement étranger. Régulièrement trainé dans la boue depuis quinze ans, il n’a jamais écrit ou prononcé une phrase pouvant justifier un tel traitement.
    Qu’une telle affaire se déroule en France paraît incroyable ; elle est pourtant réelle. Dans un récit autobiographique précis, touchant et enlevé, Pascal Boniface en tire des conclusions sur les effets délétères de l’importation du conflit israélopalestinien en France.
    La conférence sera organisée autour de Pascal BONIFACE, directeur de l’IRIS, de Michel WIEVIORKA, directeur d’études à l’EHESS et Président du directoire de la Fondation de la Maison des Sciences de l’Homme, et de Pierre HASKI, chroniqueur sur les relations internationales.
    (inscription obligatoire, dans la limite des places disponibles)

    Espace de conférences de l’IRIS, 2 bis rue Mercœur, 75011 Paris

    IRIS
    2 bis, rue Mercœur - 75011 PARIS - FRANCE
    Tél. : 33 (0)1 53 27 60 60 - colloques@iris-france.org
    Sites : IRIS - IRIS SUP’ - Espace de conférences


  • Chute de Khaddafi, le témoignage d’une journaliste indépendante britannique qui se trouvait sur place.
    https://youtu.be/32AsOAEA_sc

    https://blogs.mediapart.fr/jocegaly/blog/210115/libye-khadafi-le-temoignage-dune-journaliste-independante-sur-la-dim

    Lizzie Phelan est une journaliste britannique indépendante. Elle était correspondante de PressTV à Tripoli lors de l’assaut de l’OTAN.

    Depuis cette jeune journaliste free lance est devenue reporter de guerre chez RUSSIA TODAY.

    https://en.m.wikipedia.org/wiki/Lizzie_Phelan

    Dernière contribution juin 2017
    https://www.rt.com/search?q=Lizzy+Phelan


  • Mais quelle mascarade !
    Le comble de la désinformation, c’est ce soir sur France 2
    En clair, Assad, c’est le diable à éliminer ! Il aurait assassiné le père Hariri. Ils essayent de nous convaincre
    Ça parle de Poutine et d’armes chimiques... Du déjà vu pour la guerre d’Irak.
    Ce que le documentaire ne nous dira pas, c’ést que cet assassinat survient après l’accord d’association Aoun-Hizboullah.
    Mais alors, qui y a intérêt ? Assad ou Israël ? Il nous explique aussi que le meilleur allié d’Israël, le plus sioniste des français, Sarkozy cherchait à renouer avec Assad...
    Faites confiance à Claude Guéant et à Fabius, vous saurez toute la vérité rien que la vérité !
    France 2 nous a menti sur l’Irak, pourquoi en serait-il autrement pour la Syrie ? NRobin

    https://www.francetvinfo.fr/monde/revolte-en-syrie/regardez-lemission-speciale-la-syrie-de-bachar-el-assad-sur-france-2_25

    • Ça « tape » évidemment sur l’Iran et le Quatar. Et le plus drôle dans le documentaire, c’est d’affirmer que la coalition anti-daesh, c’ést les EU et la France !
      Lol !


  • https://www.foreignpolicyjournal.com/2016/01/06/new-hillary-emails-reveal-true-motive-for-libya-intervention
    https://www.foreignpolicyjournal.com/wp-content/uploads/2016/01/Muammar-al-Gaddafi-1200x640.jpg
    La Question d’Orient
    Sur les "Raisons" des Prédateurs Occidentaux d’intervenir en Libye pour changer le régime et mettre la main sur les ressources du pays !

    Des courriels récemment révélés montrent que le plan de la Libye de créer une monnaie adossée à l’or pour concurrencer l’euro et le dollar était un motif pour l’intervention de l’OTAN.

    La sortie du Nouvel An de plus de 3 000 nouveaux courriels Hillary Clinton du Département d’Etat a fait grincer CNN sur les messages texte Gossipy, le processus de sélection "qui a à faire avec Hillary" mis en place par son personnel, et comment une photo "mignonne" Hillary sur Facebook.

    Mais les historiens de la guerre de l’OTAN en Libye en 2011 ne manqueront pas de remarquer quelques-unes des confirmations vraiment explosives contenues dans les nouveaux courriels : admissions de crimes de guerre rebelles, entraîneurs d’opérations spéciales en Libye depuis le début des manifestations, Al-Qaïda L’opposition soutenue par les Etats-Unis, les nations occidentales se disputant l’accès au pétrole libyen, les origines néfastes de l’absurde Viagra, revendication de viol, et les inquiétudes sur les réserves d’or et d’argent de Kadhafi qui menacent la monnaie européenne.
    Les escadrons de la mort d’Hillary

    Un dossier du renseignement du 27 mars 2011 sur la Libye, envoyé par un proche conseiller des Clinton et Sidney Blumenthal, rassembleur officieux de renseignements d’Hillary, contient des preuves claires de crimes de guerre commis par des rebelles soutenus par l’OTAN. Citant une source du commandant rebelle "parlant dans la plus stricte confidentialité" Blumenthal rapporte à Hillary [soulignement le mien] :

    Sous l’attaque des forces aériennes et navales alliées, les troupes de l’armée libyenne ont commencé à déserter de plus en plus vers les rebelles. Les rebelles font un effort pour accueillir ces troupes en tant que Libyens, dans le but d’encourager d’autres défections.

    (Source : Parlant dans la plus stricte confidentialité, un commandant rebelle a déclaré que ses troupes continuent d’exécuter sommairement tous les mercenaires étrangers capturés dans les combats ...).

    Bien que l’illégalité des exécutions extrajudiciaires soit facile à reconnaître (les groupes engagés dans ce type d’escouade sont classées dans la catégorie des « escadrons de la mort »), la réalité sinistre derrière la référence aux « mercenaires étrangers » pourrait ne pas être aussi évidente.

    Alors qu’au cours des décennies, Kadhafi était connu pour faire appel à des entrepreneurs européens et internationaux dans le domaine de la sécurité et de l’infrastructure, rien n’indique que ceux-ci aient été pris pour cible par les rebelles libyens.

    Les journalistes, les universitaires et les groupes de défense des droits de l’homme ont toutefois abondamment documenté que des civils libyens noirs et des travailleurs contractuels subsahariens, une population favorisée par Kadhafi dans ses politiques pro-africaines, étaient la cible de "nettoyage racial" par les rebelles. qui voyait les Libyens noirs étroitement liés au régime [1].

    Les Libyens noirs étaient souvent qualifiés de « mercenaires étrangers » par l’opposition rebelle pour leur loyauté générale perçue envers Kadhafi en tant que communauté et soumise à la torture, aux exécutions et à la « libération » de leurs villes par le nettoyage ethnique. Cela est démontré dans l’exemple le mieux documenté de Tawergha, une ville entière de 30 000 Libyens noirs et « à la peau foncée » qui a disparu en août 2011 après sa prise de contrôle par les brigades Misratan du NTC soutenues par l’OTAN.

    Ces attaques étaient bien connues en 2012 et souvent filmées, comme le confirme ce rapport du Telegraph :

    Après la mort de Mouammar Kadhafi, des centaines de travailleurs migrants des États voisins ont été emprisonnés par des combattants alliés aux nouvelles autorités intérimaires. Ils accusent les Africains noirs d’avoir été des mercenaires pour le défunt dirigeant. Des milliers d’Africains subsahariens ont été raflés depuis la chute de Kadhafi en août.

    Il semble que Clinton était personnellement informée des crimes de guerre de ses combattants bien-aimés contre Kadhafi, bien avant que certains des pires de ces crimes génocidaires aient lieu.
    Al-Qaïda et les forces spéciales occidentales à l’intérieur de la Libye

    Le même courriel de Sydney Blumenthal confirme également ce qui est devenu un thème bien connu des insurrections soutenues par l’Occident au Moyen-Orient : la contradiction entre les forces spéciales entraînant des milices suspectées d’être liées à Al-Qaïda.

    Blumenthal raconte qu’une « source extrêmement sensible » a confirmé que des unités d’opérations spéciales britanniques, françaises et égyptiennes entraînaient des militants libyens le long de la frontière égypto-libyenne, ainsi que dans les banlieues de Benghazi.

    Alors que les analystes ont longtemps spéculé sur le "quand et où" de la présence des troupes au sol occidentales dans la guerre libyenne, ce courriel sert de preuve définitive que les forces spéciales étaient sur le terrain seulement dans un mois des premières manifestations qui ont éclaté au milieu à la fin de Février 2011 à Benghazi.

    Le 27 mars, selon un supposé simple « soulèvement populaire », des agents spéciaux externes « supervisaient déjà le transfert d’armes et de fournitures aux rebelles », y compris « un approvisionnement apparemment sans fin de fusils d’assaut AK47 et de munitions ».

    Pourtant, quelques paragraphes seulement après cet aveu, la prudence est de mise contre les milices que ces forces spéciales occidentales entraînaient parce qu’elles craignaient que « des groupes radicaux / terroristes tels que les groupes de combat libyens et Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) infiltrent le NLC et son commandement militaire. "


  • Les pourparlers de l’axe de paix (Russie, Syrie, Iran, Turquie) à Genève, boudés par le 20h des chaînes françaises, est-ce vraiment une désillusion ?

    http://www.lefigaro.fr/vox/monde/2017/12/06/31002-20171206ARTFIG00145-syrie-la-desillusion-des-pourparlers-de-paix-a-ge

    Syrie : « Les négociations de Genève sont une comédie »
    Par une journaliste du Figaro Eugénie Bastié 06/12/2017

    FIGAROVOX/ENTRETIEN - Les pourparlers de Genève sur la Syrie, sous l’égide de l’ONU, ont commencé. Alors que l’engagement des Occidentaux recule dans la région, la Russie de Poutine occupe le premier plan des négociations diplomatiques. Le décryptage de Frédéric Pichon.

    Frédéric Pichon est un géopolitologue, spécialiste du Moyen-Orient. Auteur d’une thèse de doctorat sur la Syrie et

    chercheur associé à l’Université de Tours, il a publié Syrie : Pourquoi l’Occident s’est trompé (éd. Éditions du Rocher, 2014) et Syrie, une guerre pour rien (éditions du Cerf, 2017)
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    FIGARO/VOX.- Les pourparlers de Genève ont commencé. Quel est l’objectif de ces négociations ? L’opposition syrienne a-t-elle encore du poids et de la crédibilité ? Le départ d’Assad est-il encore une priorité ?
    Frédéric PICHON.- Les négociations de Genève sont une comédie et pas seulement depuis cette session. D’un côté, les émissaires de Damas font du « tourisme politique » car ils savent que l’opposition est fragmentée, impuissante et n’a pas d’articulation militaire décisive sur le terrain. D’autre part, l’opposition continue de réclamer comme préalable le départ d’Assad. En 2012, on pouvait à la rigueur le comprendre. Mais en 2017, c’est un manque de réalisme confondant. Comment voulez-vous que cela aboutisse à quelque chose ? En réalité, tout cela s’est déjà joué en partie à Astana en décembre 2016 et à Sotchi en novembre 2017. Quand Poutine invite par surprise Assad à l’ouverture de sa rencontre avec les Présidents turcs et iraniens, le message est pourtant très clair : il fait partie de l’équation, qu’on le veuille ou non. Et tout le monde le sait, y compris en Arabie Saoudite et à Paris. C’est d’autant plus cruel et pathétique pour les opposants qui sont vraiment les acteurs d’une tragi-comédie.
    Nous actionnons les leviers émotionnels de la diabolisation de Bachar el Assad, tandis qu’il se promène entre Damas et Sotchi et que Poutine réunit Rohani et Erdogan et parle à Netanyahu.
    C’est d’un accord entre la Turquie, la Russie, l’Iran et la Syrie que sortira un cadre que l’on peut deviner à peu près : pas de départ d’Assad avant au moins 2021, date de la fin de son mandat (qu’il pourra renouveler théoriquement jusqu’en 2028) ; organisation d’élections incluant des listes d’ « opposants » (plus ou moins proches de Moscou) et promulgation d’une nouvelle constitution faisant davantage de place à une forme de décentralisation. Tout le reste n’est que spéculations destinées à combler par de l’activisme diplomatique l’impuissance totale des chancelleries occidentales. Nous voilà réduits à actionner les leviers émotionnels de la diabolisation de Bachar el Assad via Arte et Le Monde, tandis qu’il se promène tranquillement entre Damas et Sotchi et que Poutine réunit Rohani et Erdogan et parle à Netanyahu.
    Quelle est la situation sur le terrain en Syrie ? Le pays est-il en train de devenir un protectorat russe ou bien est-il de plus sous influence iranienne ?
    Si l’on regarde en termes de troupes et de matériels au sol, ce sont les Iraniens (Pasdarans) et leurs supplétifs (milices chiites irakiennes ou Hazaras afghans) qui sont les plus nombreux. Mais il n’y a pas -officiellement- de bases iraniennes en Syrie. Or les Russes ont la base navale de Tartous, celle de Mheimim et implantent une base d’écoute supplémentaire dans le désert syrien (en plus de celle de Kassab) : ils sont là pour un demi-siècle. Ils ont été les seuls à déployer leur aviation et leurs systèmes anti-aériens en Syrie. Politiquement, ils sont plus influents que l’Iran en Syrie, comme le reconnaissent certains responsables syriens qui s’en félicitent d’ailleurs. Je ne crois pas à un « grand remplacement » iranien ou chiite en Syrie comme le brandissent certains illuminés. Les Syriens restent nationalistes et ce ne sont pas les quelque 400 000 chiites syriens qui risquent de submerger la démographie syrienne, majoritairement sunnite. Cela dit, plus que jamais, la Syrie est un élément de continuité territoriale dans le dispositif iranien qui se déploie vers la Méditerranée. Téhéran cherche à en faire un élément de plus en plus imbriqué, y compris au niveau économique et énergétique.
    Autrefois, les guerres se décidaient à Washington, Paris ou Londres, les paix se signaient à Genève ou Camp David. Astana et Sotchi viennent d’entrer dans les annales diplomatiques.
    Les Occidentaux ont-ils défini perdu la main en Russie ?
    L’Occident est mort en Syrie. Si nous ne l’avons pas encore compris, les mois qui viennent vont se charger de nous l’apprendre. Nous n’avons su poser ni les mots ni les actes sur ce conflit inédit. Autrefois, les guerres se décidaient à Washington, Paris ou Londres, les paix se signaient à Genève ou Camp David. Astana et Sotchi viennent d’entrer dans les annales diplomatiques. Et pour longtemps.
    Les Etats-Unis sont-ils en train d’abandonner la région ?
    L’administration américaine a beaucoup reculé sur le dossier syrien depuis 2013. Les programmes d’aide aux rebelles ont été supprimés. Les Kurdes des Syrian Democratic Forces, armés et entraînés par Washington vont faire les frais de ce désengagement. Actuellement, Washington veut encore rester dans le Nord Est, jusqu’en 2021 au moins, pour être sûr qu’Assad partira bien et que la reconstruction n’aura pas lieu avec lui. Mais il peut arriver plein de choses d’ici là : on sait comment faire partir les petits contingents étrangers dans la région. Et puis Trump n’est pas à l’abri d’un départ précipité de la Maison Blanche… Quant à la France, elle ne pèse plus grand-chose faute de Realpolitik.
    La France a-t’elle encore une partition à jouer dans l’après-conflit et la reconstruction ou bien est-elle définitivement hors-jeu ?
    Le Président Macron a semblé montrer une forme de rupture avec ses prédécesseurs. Il n’a de cesse depuis son élection que de rappeler l’irresponsabilité des politiques néoconservatrices et le manque de prudence dans les dossiers libyen et syrien. Emmanuel Macron a utilisé des mots très forts comme par exemple lorsqu’il a déclaré : « On ne m’a pas encore présenté le successeur légitime de Bachar el Assad ». Mais ce ne sont que des mots.
    Via le Qatar, la France se rapproche de l’Iran et pourrait rééquilibrer sa relation avec l’Arabie.
    Sur le dossier syrien, de toute façon la France n’a quasiment aucun levier direct. En revanche, il semble que la politique française dans le Golfe soit en train d’évoluer et que cela pourrait avoir un impact sur la Syrie : via le Qatar, la France se rapproche de l’Iran et pourrait rééquilibrer sa relation avec l’Arabie qui après avoir détruit le Yémen et « kidnappé » le Premier ministre libanais, a terriblement perdu son crédit. Quant aux contrats d’armements français, peu ont été honorés et ce que Manuel Valls présentait comme mirifique s’avère très congru, depuis que Washington a tout raflé au printemps dernier.
    Des millions de réfugiés sont encore à l’extérieur de la Syrie, notamment au Liban. Leur retour en Syrie est-il envisageable ? Sous quelles conditions ?
    Beaucoup de Syriens commencent à revenir de Turquie et de Jordanie notamment. Au Liban, près d’1,5 millions attendent que la stabilité revienne. Mais ne nous faisons pas d’illusions : beaucoup ne sont pas les bienvenus et ne reviendront jamais. Même chez les loyalistes, la question du service militaire empêche encore des milliers de jeunes gens de revenir. La paix et la réconciliation ne sont pas pour demain. En tous les cas, il est évident que les Européens sont face à un dilemme : la position française officielle est d’empêcher que l’aide à la reconstruction ne transite par les organes du gouvernement syrien, afin de ne pas légitimer Bachar el Assad. Mais alors, c’est prendre le risque de ralentir le retour des réfugiés et même, par le biais du regroupement familial, c’est prendre le risque d’augmenter encore leurs effectifs en Europe. Or Federica Mogherini, encouragée par certains pays d’Europe centrale comme ceux du « groupe de Visegrad » ne tient à ce que la situation ne pourrisse. Les prochaines semaines seront déterminantes.


  • Seance déprogrammée. Merci Johnny !
    France 2 jeudi. 7 décembre : "Syriennes violées"
    ou comment saboter les pourparlers en cours à Genève

    http://www.telerama.fr/television/a-voir-sur-telerama.fr,-syrie-le-cri-etouffe,-un-documentaire-exceptionnel-

    En rappel
    Syrie : reprise mardi des pourparlers de Genève
    http://www.liberation.fr/planete/2017/12/01/syrie-t-mardi-des-pourparlers-de-geneve_1613897

    Une coïncidence qui fait réagir.
    https://www.legrandsoir.info/a-propos-des-50-000-syriennes-emprisonnees-et-violees-dans-syrie-le-cr

    Même le Monde se prête au jeu !
    Le contraire m’aurait d’ailleurs étonné ! Le Monde fidèle à lui-même. Sa kouchnerisation toujours d’actualité ! Je me souviens de ses positions extrêmes durant la guerre d’Irak. Une calamité ! Même posture en ce qui concerne la guerre en Syrie ! Let’s have a look.

    http://mobile.lemonde.fr/syrie/article/2017/12/05/en-syrie-le-viol-etait-le-maitre-mot_5224603_1618247.html

    Publié Le 05.12.2017 à 06h30
    « En Syrie, le viol était le maître mot »
    Avant la diffusion sur France 2 d’un documentaire sur les violences sexuelles perpétrées pendant la guerre civile syrienne, « Le Monde » publie le témoignage de Hasna Al-Hariri, 54 ans, victime de la folie du régime de Bachar Al-Assad.
    Par ANNICK COJEAN
    Temps de lecture : 11 min
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    EXTRAIT

    La prison centrale de la ville d’Alep (Syrie). SYRIAN PERSPECTIVE AD NETWORK
    C’est un crime silencieux. Un crime massif, fondé sur l’un des tabous les mieux ancrés dans la société traditionnelle syrienne. Un crime perpétré depuis les premiers mois de la révolution, au printemps 2011, et qui se perpétue dans les nombreux centres de détention gérés par le régime de Bachar Al-Assad : le viol, une arme de guerre. Le Monde avait publié, le 6 mars 2014, une enquête d’Annick Cojean, titrée « Le viol, arme de destruction massive », pour laquelle la journaliste avait collecté et croisé de nombreux témoignages de femmes ayant subi des sévices sexuels dans les geôles syriennes et s’exprimant pour la première fois.

    Cette fois, c’est un film, Syrie, le cri étouffé, réalisé par Manon Loizeau et coécrit avec Annick Cojean, avec l’aide de Souad Wheidi, diffusé en décembre sur France 2 dans le cadre d’une soirée consacrée à la Syrie, qui donne la parole à ces femmes doublement victimes : du régime, donc, mais aussi de leurs propres familles, prêtes à les bannir, voire à les tuer, lorsqu’elles sortent de détention. La culture et la tradition patriarcales sont implacables : le viol déshonore l’ensemble de la famille, voire le clan, le quartier, toute une communauté. L’injustice est ainsi à son comble : la femme est coupable d’être victime, ou supposée victime, puisque la simple détention dans un centre de « renseignement » équivaut aujourd’hui à une présomption de viol.

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  • http://orientxxi.info/magazine/yemen-fin-de-partie-reportee-pour-ali-abdallah-saleh,1979

    Yémen. Fin de partie reportée pour Ali Abdallah Saleh

    ORIENT XXI > MAGAZINE > LAURENT BONNEFOY> 1ER SEPTEMBRE 2017
    Démis de la présidence de la République en février 2012 suite aux mobilisations du « printemps yéménite » après 33 années de règne, Ali Abdallah Saleh reste un acteur central de la guerre qui secoue son pays. Tous les belligérants en ont fait leur ennemi intime. Les tensions croissantes entre lui et son allié houthiste laissent entrevoir un tournant du conflit. Et dans ce basculement, il apparaît autant fragilisé que maître du jeu.

    Sanaa, 24 août 2017. Manifestation pro-Saleh à l’occasion du 35e anniversaire de la création du CPG.
    Newzulu/Alamy Stock Photo.
    Le 24 août 2017, à l’occasion du 35e anniversaire de la création du Congrès populaire général (CPG), parti créé et dirigé par Ali Abdallah Saleh1, ses partisans organisaient une manifestation à Sanaa. Celle-ci rassemblait plusieurs centaines de milliers de personnes sur la place Saba‘in, condamnant « l’agression (idwan) américano-saoudienne » contre le Yémen et affirmant leur soutien à Saleh, « le leader » (za‘im) né en 1942. Face à cette démonstration de force, les houthistes organisaient un rassemblement concurrent ailleurs dans la capitale, mobilisant un cortège moins impressionnant. Le camp politique « rebelle » visé par la campagne militaire Tempête décisive depuis mars 2015 semblait bel et bien se fissurer. Un retournement guetté de longue date par les parties en conflit ainsi que les observateurs.

    DES TENSIONS CROISSANTES

    Quelques jours avant la manifestation, dans une interview, Saleh avait qualifié les houthistes de « miliciens », les renvoyant à une forme d’illégitimité politique quand eux aspirent pleinement à incarner l’État. C’est en effet l’un de leurs partisans, Saleh Al-Samad, qui assure la présidence du Conseil politique suprême, organe créé à la tête d’institutions censées concurrencer celles reconnues par la communauté internationale et dirigé par Abd Rabbo Mansour Hadi. De leur côté, les houthistes avaient aussi fait monter la pression, qualifiant de « traîtres » ceux qui négociaient avec l’ennemi, au moment où des rumeurs affirmaient que des contacts étaient établis entre les Saoudiens et l’entourage de Saleh pour trouver une issue à la guerre.

    Si les deux manifestations concurrentes se sont déroulées dans un calme relatif, l’escalade s’est plus tard poursuivie avec des échauffourées entre partisans des deux camps, conduisant au décès d’un cadre du CPG, Khaled Al-Radhi. Dans un contexte très tendu, certains responsables houthistes annonçaient le surlendemain la proclamation de l’état d’urgence avant qu’une rumeur circule concernant le placement de Saleh sous résidence surveillée. L’information était rapidement démentie et mardi 29 août les dirigeants des deux mouvements se réunissaient pour une photo de famille, affirmant avoir trouvé un accord. Le lendemain, Saleh Al-Samad et Mohammed Al-Houthi, dignitaire du mouvement qui porte le nom de son clan, rendaient visite à la famille Al-Radhi, comme pour solder symboliquement le différend. Les deux parties semblaient donner une nouvelle fois — et sans doute momentanément — tort à ceux qui annonçaient la dissolution de leur coalition.

    UNE ALLIANCE ENTRETENUE PAR L’ÉTAT DE GUERRE

    L’alliance entre Saleh et les houthistes, c’est-à-dire entre deux anciens ennemis qui se sont combattus pendant la décennie 2000 a dès le départ été perçue comme fragile et pour partie contre nature. Au cours du soulèvement révolutionnaire de 2011, les houthistes ont mis tout leur poids dans la balance pour entraîner la chute de Saleh. Mais tous deux se sont retrouvés dans leur hostilité partagée à l’égard du parti Al-Islah, branche yéménite des Frères musulmans qui contrôlait le processus de transition entamé sous la présidence de Hadi. Rendue manifeste courant 2014, l’alliance a conduit à la chute de Sanaa aux mains des houthistes puis à leur descente vers les terres du sud, jusqu’à Taez et Aden. Elle offrait aux deux parties une revanche sur leurs ennemis en même temps que les ressources militaires, humaines et symboliques pour écarter Hadi et ses soutiens du pouvoir. Bien que de façon non explicite, elle s’appuyait aussi sur une dimension identitaire, liée à l’origine zaydite (une branche du chiisme) partagée contre un bloc parfois conçu comme sunnite formé par les sudistes, les Frères musulmans et les salafistes et soutenu par les monarchies du Golfe.

    De par sa nature militaire, l’alliance entre les houthistes et le clan Saleh reste souvent perçue comme le verrou qui a, depuis deux ans et demi, tenu en échec la coalition emmenée par l’Arabie saoudite. C’est ainsi que les pays du Golfe ont à plusieurs reprises tenté de la rompre, jouant une partie contre l’autre, entamant des discussions avec les uns pour mieux signaler l’infréquentabilité des autres. Mi-2016 déjà, des signes de tensions avaient été surinterprétés lorsque deux rassemblements concurrents s’étaient tenus à Sanaa et que des négociations avec les tribus prohouthistes avaient été menées dans la zone frontalière avec l’Arabie saoudite par l’armée du royaume. Mais l’alliance semble toujours tenir, se maintenant dans le contexte des bombardements qui de toute évidence soude les forces politiques hostiles à l’Arabie saoudite. Ainsi, le bombardement, le 23 août, d’un hôtel au nord de Sanaa au cours duquel plusieurs dizaines de civils sont décédés puis, le lendemain, celui du quartier de Faj Attan qui a causé la mort de quatorze personnes ont eu une indéniable dimension contreproductive.

    RESSOURCES COMPARÉES

    Entre les houthistes et le clan Saleh, difficile de savoir qui a le plus à perdre d’une rupture et d’une confrontation armée. Aucun des deux camps n’est dépourvu de fonds. Les houthistes ont certes pu assoir leur pouvoir en investissant les institutions étatiques, gérant les ministères, captant aussi des ressources liées à la corruption et à l’économie de guerre2. Les réseaux de Saleh restent néanmoins puissants, en particulier via le CPG qui a démontré une impressionnante capacité de mobilisation dans la rue et une résilience réelle, notamment logistique et financière[Fernando Carvajal, “Resilience in Time of Revolution : Saleh’s instruments of survival in Yemen (2011–2015)”, Arabian Humanities, 4|2015.]]. De toute évidence, les sanctions onusiennesvisant à geler les avoirs d’Ali Abdallah Saleh n’ont pas eu l’effet escompté et il peut encore jouir de sa fortune, qu’un rapport officiel de l’ONU a évaluée entre 32 et 60 milliards de dollars américains, ce qui est probablement exagéré.

    Alors que le différend entre le pouvoir saoudien et les houthistes a une forte dimension idéologique, fondé sur la proximité de ces derniers avec l’Iran3, le conflit avec Saleh semble plutôt de nature personnelle, lié à la trahison par Saleh de « l’initiative du Golfe » (al-mubadara al-khalijiyya) signée en novembre 2011 et qui avait encadré son départ de la présidence en échange de son immunité. De plus Saleh, grièvement blessé en juin 2011 par le bombardement de son camp résidentiel a été soigné à Riyad, puis forcé par les Saoudiens de se mettre en retrait de la vie politique, tout en étant autorisé à rentrer au Yémen où il est de fait resté actif. Cette composante « affective » de la relation entre les Al-Saoud et Saleh pouvait paraître un temps insurmontable. Elle pourrait bien l’être de moins en moins.

    LA CARTE AHMED ALI

    Les Émirats arabes unis ont, depuis le début de la guerre, cultivé un joker : Ahmed Ali Saleh, le fils de l’ex-président que celui-ci a longtemps envisagé de voir lui succéder. Ahmed Ali, né en 1972, a été en 2013 limogé de son poste de commandement de la garde républicaine par Hadi qui l’avait, en compensation nommé ambassadeur à Abou Dhabi. De là il était parvenu à entretenir ses réseaux politiques et militaires et en avait développé de nouveaux dans les pays du Golfe. Il a tenté, début 2015, d’intervenir auprès des Saoudiens pour s’ériger en alternative tant aux houthistes qu’à Hadi et empêcher la guerre, sans succès. Une fois l’opérationTempête décisive déclenchée, il a conservé le silence depuis les Émirats, laissant son père et ses cousins critiquer l’opération militaire, mais gardant tout de même le droit de rencontrer discrètement des responsables politiques yéménites, avec l’assentiment probable des services émiratis.

    La carte Ahmed Ali a pu générer des tensions au sein de la coalition quand les dirigeants des Émirats ont semblé vouloir lâcher Hadi début 2017, contre l’avis des Saoudiens. Mais l’ostracisation du Qatar par les pouvoirs de Riyad et d’Abou Dhabi au cours de l’été 2017 a eu pour effet de produire un rapprochement des stratégies et objectifs dans le dossier yéménite. Le retour d’Ahmed Ali dans le champ politique gagne dès lors en probabilité et il est indéniable qu’il n’arriverait pas sans ressources dans les hautes terres septentrionales. Il pourrait alors compter sur l’appui de biens de technocrates qui avaient servi son père et sur un appareil partisan largement entretenu. Mais avec lui, la question sudiste resterait entière et son accession au pouvoir impliquerait d’achever la marginalisation du parti Al-Islah souhaitée par les Émirats.

    Outre le formidable renoncement que représenterait le retour à la présidence d’un Saleh, effaçant une révolution qui avait généré tant d’espoirs, il est peu probable qu’une telle stratégie mette un terme à la violence et à la terrible crise humanitaire qui en découle.

    LAURENT BONNEFOY


  • Macron en Algérie 6/12/17 pour une visite éclair ! Elle aurait été prévue pour 2 jours !!! Silence radio...

    Écouter le débat France Culture avec Akram Belkaïd du Diplo , Kader Abderrahahim de l’IRIS et Jean-Louis Levet en début de soirée. NRobin

    https://www.franceculture.fr/emissions/du-grain-a-moudre/france-algerie-qui-a-le-plus-besoin-de-lautre

    Du Grain à moudre par Hervé Gardette
    du lundi au vendredi de 18h20 à 19h
    Réécouter France / Algérie : qui a le plus besoin de l’autre ?
    40min

    Depuis la fin de la Guerre d’Algérie, les relations entre les deux pays ont été marquées par des évolutions contrastées. Partenaires sur le plan humain, économique, politique et diplomatique, la relation d’interdépendance entre la France et l’Algérie est-elle équilibrée ?

    France/Algérie : qui a le plus besoin de l’autre ?

    Demain le président Emmanuel Macron se rend à Alger pour sa première visite en tant que chef d’Etat. Une visite attendue qui n’en sera pas moins éclair. Dans la presse algérienne, et notamment le quotidien El Watan, on attend le Président de la République sur la question de la mémoire.

    Mais en quelques heures à peine de visite, dont une courte entrevue avec le président algérien Abdelaziz Bouteflika, on peut imaginer que certains dossiers n’aient même pas l’occasion d’être ouverts. Outre cette question non réglée de la mémoire, l’actualité de ces relations franco algérienne est économique avec la signature, il y 3 semaines, d’un accord qui donnera lieu à l’implantation d’un usine Peugeot en Algérie. Il y a aussi la question sécuritaire qui animent les deux pays, dans la volonté de lutter contre la menace terroriste.

    Mais il y a ce contexte particulier, côté français, un chef de l’Etat qui n’est pas enclin à faire de l’Algérie son seul partenaire dans la région du Maghreb. Et côté algérien, un président qui maintient l’opacité sur la question de sa succession et sur sa politique en général. Il y a donc ces incompréhensions et ces blocages à surmonter, mais comment ? Avec quels acteurs ? Quelles décisions ?

    Et il y surtout cette question : "France/Algérie qui a le plus besoin de l’autre ?"

    Akram Belkaïd anime le blog « Lignes quotidiennes » qui reprend notamment ses « Chroniques du blédard », publiées dans Le Quotidien d’Oran.

    Bibliographie
    France Algérie : le grand malentendu
    Jean-Louis Levet et Mourad Preure
    Archipel, 2012

    Daech : histoire, enjeux et pratiques de l’organisation Etat islamique
    Kader Abderrahim
    Eyrolles, 2016

    Intervenants

    Kader Abderrahim
    Chercheur à l’IRIS et maître de conférence à Sciences Po, spécialiste du Maghreb et de l’islamisme, également membre du Global Finder Experts des Nations Unies

    Akram Belkaïd
    journaliste au Monde diplomatique

    Jean-Louis Levet
    économiste spécialiste des questions liées au développement technologique et industriel, Haut Responsable à la coopération industrielle et technologique franco-algérienne


  • Un thème que développe avec brio
    Raphaël Liogier dans son livre La guerre des civilisations n’aura pas lieu, repris par le journaliste du Monde diplomatique Akram Belkaïd. NRobin

    https://blogs.mediapart.fr/segesta3756/blog/180215/le-mythe-du-choc-des-civilisations-par-edward-w-said
    Le Club de Mediapart
    4 DÉC. 2017
    « Le mythe du Choc des Civilisations » - par Edward W. Saïd
    18 FÉVR. 2015 PAR SEGESTA3756
    Traduction, extrait et adaptation de la conférence prononcée par Edward W. Saïd à l’Université de Columbia en 1997. Responsable de la transcription en espagnol : Challenging. Producteur exécutif et directeur : Sut Jhally (University of Massachusetts-Amherst). Editeur : Sanjay Talreja. Production : Education.
    Vidéo de la conférence d’Edward W. Saïd " The Myth of ’The Clash of Civilisations’ "
    https://www.youtube.com/watch?v=qkK4pApcwMc

    Je parlerai en premier lieu d’un essai et d’un livre écrit par Samuel Huntington, intitulé Le Choc des Civilisations. Lorsqu’il fut publié pour la première fois en 1993, dans la revue Foreign Affairs, le titre apparaissait avec un signe d’interrogation et dans sa première phrase il annonçait que la politique mondiale entrait dans une nouvelle phase. Trois années plus tard, Huntington élargit l’essai - certains diront qu’il l’a « gonflé »- jusqu’à le convertir en un livre publié l’année dernière [1996] avec pour titre Le Choc des Civilisations et la refondation de l’ordre mondial, cette fois-ci sans signe d’interrogation. Mon hypothèse est que l’essai est meilleur que le livre, c’est-à-dire, que les ajouts ont dégradé le texte original. C’est pourquoi je centrerai mon attention sur l’essai, bien que faisant quelques commentaires sur le livre suivant notre avancée.

    Or, ce que Huntington voulait dire lorsqu’il affirma que la politique mondiale était en train d’entrer dans une nouvelle phase c’est que, en considérant que les récents conflits mondiaux ont été entre camps idéologiques, regroupant le premier, le second et le Tiers Monde dans des entités opposées, le nouveau style politique qu’il pressent impliquerait des conflits entre différentes civilisations, vraisemblablement opposées. Je cite l’auteur : « les grandes divisions entre l’humanité et la principale source de conflits seront culturelles. Le choc des civilisations dominera la politique mondiale ». Plus loin il explique que le conflit principal opposera la civilisation occidentale et les civilisations non-occidentales, mais il consacre presque tout son temps à deux d’entre elles, traitant les désaccords possibles ou réels, entre ce que lui appelle Occident, d’une part, et les civilisations islamique et confucéenne, d’autre part. En bref, il consacre beaucoup plus d’attention -une attention hostile- à l’Islam qu’à n’importe qu’elle autre civilisation, en incluant la civilisation occidentale. Je pense qu’une grande partie de l’intérêt prêté ultérieurement à l’essai de Huntington dérive du moment durant lequel il l’a écrit et non exclusivement de ce qu’il a écrit.

    Comme il le signale lui-même, plusieurs tentatives intellectuelles et politiques se sont essayées à la fin de la Guerre Froide à tracer une carte de la situation mondiale qui surgissait, parmi lesquelles s’insère la thèse de Fukuyama sur la fin de l’histoire, dont personne ne parle, de telle sorte que ceci est la véritable fin de Fukuyama (rires). Et la thèse défendue lors des derniers jours de l’administration Bush [il parle de Bush père], la théorie du « Nouvel Ordre Mondial ». Mais il y a eu des tentatives plus sérieuses d’analyse du prochain millénaire comme les travaux de Paul Kennedy ou d’Eric Hobsbawm, moins intéressants et plus fanatiques comme ceux de Conor Cruise O’Brien, Robert Kaplan, et un livre de Benjamin Barber intitulé « Jihad vs. McWorld » qui apparemment circula dans les campus universitaires. Tous ces livres ont examiné avec grand soin les causes des conflits futurs dans le millénaire à venir, lesquelles ont été pour tous, et je crois avec raison, un motif d’alerte.

    Le noyau de la thèse de Huntington, laquelle n’est pas vraiment sienne, est un affrontement incessant, une idée de conflit qui jusqu’à un certain point se glisse sans effort dans l’espace vacant au travers de la guerre permanente d’idées et de valeurs incarnée dans la Guerre Froide, que l’on ne regrette pas, de laquelle Huntington fut sans aucun doute un grand théoricien. Je ne pense pas, par conséquent, qu’il soit inexact de suggérer que ce que Hungtinton offre dans son travail -surtout parce qu’il est dirigé spécialement aux faiseurs d’opinion et aux responsables politiques- c’est en fait une version révisée de la thèse de la guerre froide, selon laquelle les conflits dans le monde actuel et futur ne seront plus économiques ou sociaux, mais principalement idéologiques.

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    https://blogs.mediapart.fr/segesta3756/blog/180215/le-mythe-du-choc-des-civilisations-par-edward-w-said


  • Inédit ! Film à voir : La bombe et nous
    Ce film n’évoque cependant pas la bombe H, la rencontre De Gaulle et JFK pour s’opposer au programme nucléaire Israélien juste avant l’assassinat de JFK.
    Israël, seulement 80 ogives nucléaires ?
    En attendant, ce sont les USA qui ont appuyé sur le bouton...
    En attendant, après cela, ce sont les bombes classiques et les armes conventionnelles ou pas qui tuent l’humanité !
    Ceci dit, sans De Gaulle et sa bombe nucléaire, la France serait devenue un protectorat américain ou aurait été dévastée par des petits pays sur-armés et hégémoniques. NRobin

    https://blogs.mediapart.fr/yves-faucoup/blog/301117/la-bombe-et-nous

    3 DÉC. 2017 ÉDITION DU MATIN
    LE JOURNAL LE STUDIO LE CLUB
    « La Bombe et nous »
    30 NOV. 2017 PAR YVES FAUCOUP BLOG : SOCIAL EN QUESTION
    Alors que la situation internationale est au bord du précipice avec une Corée du Nord qui revendique la bombe et des puissances nucléaires qui le lui contestent, un film récent fait le point sur l’état de l’armement nucléaire en France et dans le monde. Présentation du film, boycotté dans les médias, recueil des propos du producteur, et explications de l’ancien ministre de la Défense Paul Quilès.
    Le film :
    Massacre contre l’humanité
    http://fr.web.img6.acsta.net/c_215_290/pictures/17/09/18/11/34/1921739.jpg
    Ce film est le résultat de trois ans de réflexion : interviennent des militaires, des scientifiques, des historiens, des militants, des hommes politiques. Le réalisateur Xavier-Marie Bonnot explique qu’avec Jean-Claude Bauduret, le producteur, ils ont « choisi de dépasser les pensées toutes faites, le prêt-à-porter intellectuel de ceux qui sont pour le désarmement, les formules lapidaires des ’contre’. Nous voulons proposer du sens, rendre le complexe intelligible pour nous tous. Envisager des solutions et des pistes de réflexions ».

    C’est ainsi que des généraux favorables au nucléaire sont interrogés. Hubert Védrine, également, l’infatigable commentateur des années Mitterrand, gardien du temple. Le général Forget stigmatise la population française qui est inconsciente de la responsabilité qui pèse sur les épaules du Président de la République. On ne se demande même pas si le Président a la force morale pour faire face une telle situation. Le film rappelle que Giscard d’Estaing a reconnu, après coup, qu’il n’aurait pas eu la force morale pour appuyer sur le bouton.

    La suite sur ce lien :
    https://blogs.mediapart.fr/yves-faucoup/blog/301117/la-bombe-et-nous


  • https://mobile2.tdg.ch/articles/5a172800ab5c37686c000001

    Jeudi 23 Novembre 2017 20:51
    Guy Mettan sommé d’annuler une conférence
    Genève RSF demande au président du Club suisse de la presse d’annuler une conférence sur les Casques blancs.
    https://files.newsnetz.ch/story/1/4/0/14091151/14/teaserbreit.jpg

    Le Club suisse de la presse doit accueillir mardi une conférence de presse consacrée aux Casques blancs syriens. Un sujet sensible. Plusieurs fois récompensée pour son action sur le terrain au profit des populations civiles, l’ONG reste dans le collimateur des autorités syriennes et de son allié russe. Damas et Moscou n’ont eu de cesse de dénoncer la proximité de cette organisation crée par un ancien officier britannique avec les « rebelles syriens ». Sous le titre « They don’t care about us » (Ils ne se soucient pas de nous. Casques blancs, leur véritable agenda), la conférence organisée lundi annonce la couleur. Ce qui n’est pas du goût de tout le monde.
    Dans un courrier adressé jeudi au Club Suisse de la presse (lire ci-contre), Gérard Tschopp et Christiane Dubois, respectivement président et directrice de Reporters sans frontières (RSF) en Suisse, pressent son directeur, Guy Mettan, de renoncer à l’organisation de cette conférence de presse qui, selon eux, porterait « atteinte à l’image du Club suisse de la presse ». Ils menacent de s’en retirer si la conférence n’est pas annulée. Ils accusent deux des intervenants – Vanessa Beeley et Marcello Ferranda De Noli, président de Swedish Doctors for Human Rights – d’être au service de « la propagande russe ».
    RSF, qui figure dans la liste des membres médias du Club suisse la presse, refuse d’être associé à un tel événement. Joint par téléphone, Guy Mettan avoue tomber de sa chaise (lire sa réponse intégrale ci-contre). « Je n’ai jamais vu une chose pareille, soupire le président. Voilà qu’une organisation qui défend la liberté d’informer me demande de censurer une conférence de presse. »
    Guy Mettan, qui a souvent été « attaqué » pour ses engagements « prorusse », assure qu’il s’est toujours employé à donner la parole à tout le monde. « D’habitude, les pressions pour faire annuler des conférences de presse viennent de pays qui sont connus pour être des dictatures. La démarche de RSF me stupéfait. C’est prendre les journalistes pour des imbéciles. Comme s’ils n’étaient pas capables de se faire une opinion par eux-mêmes. »


  • Ce que nos médias ne partageront pas !
    Même scénario en Syrie ? NRobin

    Témoignage des snipers du massacre du Maïdan : « Les ordres venaient de l’opposition »
    https://www.les-crises.fr/no-news-temoignage-des-snipers-du-massacre-du-maidan-les-ordres-venaient-de-l-opposition/#comment-482490

    Les Crises - Des images pour comprendre
    Témoignage des snipers du massacre du Maïdan : « Les ordres venaient de l’opposition »
    http://www.dailymotion.com/video/x6a1gxp

    Je vous propose aujourd’hui la traduction que nous avons réalisée ce week-end (merci aux volontaires – surtout à Clément, ainsi qu’ à JMB) d’un incroyable reportage passé le 15/11 dans l’émission Matrix de la chaîne de télévision italienne Canale 5 – sorte d’Envoyé spécial sur une des grandes chaînes de télévision italiennes – qui indique avoir retrouvé des snipers qui ont tiré sur les gens à Maïdan, et qui déclarent que c’était à la demande de l’opposition pour semer le chaos.

    Nous resterons relativement prudents à ce stade, ceci restant au conditionnel, mais ceci nécessiterait du coup un enquête urgente et approfondie de la Justice et des grands médias – du moins s’ils ne veulent pas alimenter le “complotisme”, d’autant que, depuis 5 jours, aucun grand média n’a repris ces informations, à l’exception du grand journal italien Il Giornale, dans un texte que nous avons aussi traduit (voir ci-après).

    Rappelons aussi que nous parlons ici du massacre du 20 février (82 morts ce jour là). Les forces de l’ordre ont aussi tiré à d’autres moment sur des émeutiers armés, généralement quand eux-même leur tiraient dessus.

    Bel exemple du vrai problème qui nous frappe régulièrement : non pas des Fake news, mais des No news des grands médias, qui empêchent de bien comprendre les problèmes.

    J’aimerais la traduire en russe et ukrainien au plus vite, ainsi qu’en anglais et allemand. Nous avons besoin de volontaires pour ces quatre langues. Merci de nous contacter ici.

    Voici donc ce reportage diffusé le 15/11/17 surCanale 5 :

    (voir sur Dailymotion)

    Verbatim du reportage précédent de Canale 5 (si vous n’avez pas vu la vidéo) :
    Suite sur ce lien :
    https://www.les-crises.fr/no-news-temoignage-des-snipers-du-massacre-du-maidan-les-ordres-venaient-de-l-opposition/#comment-482490


  • Le califat dans les imaginaires de l’Islam sunnite 1/2
    BY ROGER NABA’A • DÉCEMBRE 1, 2017
    http://www.madaniya.info/2017/12/01/le-califat-dans-les-imaginaires-de-l-islam-sunnite-1-2

    IMAGINAIRES DE L’ISLAM SUNNITE 1/2
    http://www.islamiclandmarks.com/wp-content/uploads/2015/11/Umayyad-Mosque-exterior.jpg
    EN 30 ANS, DEUX CALIFES ASSASSINÉS, QUATRE GUERRES CIVILES SCELLENT L’ÉCLATEMENT DE L’ISLAM EN TROIS ISLAMS : SUNNITE, CHIITE, KHARIJITE.

    Note de la rédaction www.madaniya.info

    Le califat est une notion exclusivement sunnite. Contrairement aux analyses des islamologues et autres islamophilistes, le califat universel n’existe pas. Le califat n’est pas universel, mais une notion exclusivement sunnite, et l’on ne comprendra rien au califat si on le décontextualise, c’est-à-dire si on en dé-sunnise l’histoire.

    Retour sur cette séquence historique, sanglante que constitue le califat, « la plus grande source de discorde au sein de la Umma », selon l’expression du théologien Al Ashari.

    Trois ans (2014-2017 : Telle aura été la durée du magistère du Calife Ibrahim, alias Abou Bakr Al Baghdadi, le plus court dans l’histoire du califat islamique.

    Salué par la foultitude des djihadologues en herbe comme l’aube d’une nouvelle renaissance pan islamique, entraînant rupture du partage du Moyen orient selon le schéma Sykes Picot, le 5e califat de l’histoire musulmane est apparu au vu de sa pratique et de ses résultats comme l’expression d’une pathologie passéiste, d’une nostalgie de grandeur révolue.

    Un délai ultra court au regard de l’histoire, mais qui aura opéré un bouleversement majeur des données de la guerre de Syrie et d’Irak. Parallèlement au travail de sape de la coalition occidentale en appui aux opérations au sol de ses supplétifs kurdes, la reconquête de l’Irak sur injonction de l’Ayatollah Ali Hussayni Al Sistani a mis en relief la contribution majeure des milices chiites irakiennes « Al Hached Al Chaabi » (La mobilisation Populaire) et des ses parrains iraniens dans la défaite de l’hydre djihadiste sunnite. A tout le moins en Irak.

    Pour aller plus loin sur le thème

    http://www.madaniya.info/2017/06/22/l-elimination-d-abou-bakr-al-baghdadi-signe-l-eradication-complete-du-cer
    http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/l-age-d-or-du-califat-140229

    Suite de l’article sur ce lien
    http://www.madaniya.info/2017/12/01/le-califat-dans-les-imaginaires-de-l-islam-sunnite-1-2


  • France 2 jeudi. 7 décembre : "Syriennes violées"
    ou comment saboter les pourparlers en cours à Genève

    Primo, pour info :
    Syrie : reprise mardi des pourparlers de Genève
    http://www.liberation.fr/planete/2017/12/01/syrie-reprise-mardi-des-pourparlers-de-geneve_1613897

    Secundo, le documentaire de Manon Loizeau "Syrie : le cri étouffé" annoncé pour le 7/12/17
    http://www.telerama.fr/television/a-voir-sur-telerama.fr,-syrie-le-cri-etouffe,-un-documentaire-exceptionnel-

    Tertio, une coïncidence qui fait réagir.
    Le Grand soir publie une réplique argumentée à la hauteur des enjeux de l’événement.
    Le grand soir
    https://www.legrandsoir.info/a-propos-des-50-000-syriennes-emprisonnees-et-violees-dans-syrie-le-cr

    à propos des 50 000 syriennes emprisonnées et violées dans “Syrie, le cri étouffé” (FRANCE2 jeudi 7 déc. 2017 23H00)
    IL Y A 4 HEURES · PUBLIC

    PREMIERE REMARQUE : Les conditions de diffusion de ce documentaire-choc déjà primé à Genève montrent que ce documentaire est utilisé à des fins de propagande pour torpiller la conférence de Genève en cours entre coalition victorieuse (Syrie - Russie - Iran - Liban) et coalition vaincue (USA - UE - OTAN - Golfe - Israél). Avec au milieu du gué Turquie, Caucase, Italie et Grèce (en filigranes car confrontées aux migrants), Chine et BRICS. Cette heure et date de diffusion permettra aux diplomates en négociation à Genève, de voir le film le soir dans leurs hôtels. Il influera donc directement sur l’atmosphère des jours suivants à la table des négociations. Cela s’apparente à la fiole d’anthrax brandie par Colin Powell à l’ONU (5 février 2003), ou à la jeune fille en pleurs qui racontait à la tribune d’une commission de l’ONU aussi (10 octobre 1990), que des bébés avaient été jetés hors de leurs couveuses dans un hôpital koweïtien par des soldats irakiens. Pour ces 2 guerres du Golfe, en fait la fiole contenait de la “poudre de perlimpinpin” et il n’y avait pas d’ADM en Irak, et la jeune fille était la fille de l’ambassadeur du Koweït à Washington, et avait reçu une formation spéciale pour pleurer et faire pleurer l’audience. Il n’y a jamais eu d’hopital détruit par Saddam Hussein. De la basse propagande donc. Sauf que cette fois, c’est la France qui s’en charge, et qu’elle inonde la Suisse au passage, pays neutre, dans un contexte de neutralité internationale battu en brèche par des méthodes de mafieux des ondes.
    DEUXIEME REMARQUE : l’armée d’Assad est une armée de conscription, dont beaucoup d’appelés ne veulent pas aller faire la guerre. Ils sont mal payés et 100 000 sont morts au front. Mais ils sont en majorité SUNNITES, donc de même faction religieuse que les "rebelles" très grassement payés par les Monarchies du Golfe. Pourquoi ne pas envisager que certains d’entre eux aient été "retournés" pour opérer des abominations sous uniforme de l’armée syrienne ? Il est avéré qu’une pluie de dollars a inondé la Syrie au début de la campagne de déstabilisation. De nombreux officiers de l’armée régulière syrienne ont alors déserté. La loi martiale a été appliquée et les fidèles au gouvernement Assad ont été sérieusement encadrés et contraints sous menace de mort, de rester fidèles. Dès le début de cette sale guerre, un attentat a liquidé TOUTE la tête du Renseignement syrien devant leur Ministère ( 6 morts). La Syrie a répliqué en blessant gravement le chef du renseignement saoudien à Riyad (attentat iranien ?). Aujourd’hui il survit retiré de toute vie politique (Prince Bandar Ben Sultan). Dans ces conditions, pensez-vous que le Gouvernement syrien contrôle efficacement la totalité de son armée ? Lire SUN ZU "L’Art de la Guerre" ( écrit en - 400 avant Jésus Christ)
    TROISIEME REMARQUE : de toute façon, si ces faits sont avérés et commis par des "membres du régime syrien", alors leur nombre est fortement exagéré. C’est TOUJOURS le cas dans les médias de pays à la fois juges et partis. On en a un bon exemple avec l’affaire de la tentative d’établir un califat à Hama en Syrie, en février 82 (déjà). TOUS nos journaux ont parlé d’une répression ayant fait 30 000 morts... sauf qu’en décembre 82, la DIA américaine a conclu à 3000 morts, dont 1000 civils égorgés en place publique devant femmes et enfants chaque jour à midi pendant 2 semaines, par des Moudjahidines (jihadistes Frères Musulmans) venus d’Egypte. Hafeez Al Assad a alors envoyé son frère Rifaat Al Assad mater ce massacre. Je me demande ce que Sarkozy ou Hollande aurait fait à sa place... Voilà un exemple concret d’EXAGERATION dans la proportion de 10 (médias les plus propagandistes dont bien sûr Le Monde) pour 1 (réalité la plus probable). A l’époque, cela n’avait pas effrayé TF1 qui jugeait Hafeez Al Assad à la pointe du progressisme au Moyen Orient... Vous me direz "ça fait encore 5000 cas"... certes. Mais lors d’actes de guerre, tout est à recouper par une institution dans laquelle aucun pays n’est lié à l’un des 2 bords... vous comprenez la complexité de la démarche judiciaire dont France2 ne vous parlera pas ?
    QUATRIEME REMARQUE qui rebondit sur la troisième : Il y a eu au début de la guerre une vague de terreur dans les campagnes suite à une autre vague d’attentats dans les grandes villes qui "ne prenait pas" et dont nos médias ont peu parlé car elle pointe vers l’origine maffieuse (OTAN-Golfe) du soulèvement lorsque celui-ci a pris les armes et s’est fondu aux manifestants (comme en Ukraine et en Libye...). Des villages entiers ont été décimés par des écorcheurs égorgeurs violeurs. Les journalistes qui voulaient enquêter sur ces actes ont été menacés, ou sont morts, toujours à cause des pseudos rebelles qui les pourchassaient ou les attiraient dans des zones de tirs de l’armée syrienne (témoignage de Alex Thomson, Channel 4)... cette situation n’a pas permis à aujourd’hui de savoir QUI a commis ces atrocités.... mais à votre avis... QUI est soupçonnable ?
    CINQUIEME REMARQUE : Rappelons qu’a contrario nous avons aidé depuis le début de cette campagne de déstabilisation une constellation effarante de bataillons et katibas rebelles aux doux noms exotiques impossibles à retenir, tous poreux, tous plus ou moins inféodés aux égorgeurs, car sur le terrain c’est toujours la loi du plus fort qui prévaut entre tribus de mercenaires n’appartenant pas à une armée régulière. Nous avons financé des armées moyenâgeuses, volatiles et peu fiables, car cupides et toutes en concurrence pour faire main basse sur la manne des pétrodollars saoudiens, qataris ou OTAN. Et pour se faire bien voir de nous (au propre comme au figuré), leurs monstruosités ont été tellement atroces, notamment auprès des femmes, que même nos médias furent obligés d’admettre qu’ils étaient absolument coupables de dizaines de milliers d’assassinats, tortures, viols, et même des évicérations, dans des conditions toutes plus sordides les unes que les autres. D’où ma question ici ; Sommes-nous en droit de donner des leçons au “camp d’en face” ? La vraie communauté internationale comprend 192 pays je crois. Que vont penser les 170 autres pays non impliqués dans cette campagne de déstabilisation ?
    SIXIEME REMARQUE : Tout "géopolitologue amateur" peut observer les mêmes schémas d’opérations paramilitaires qui s’appuient sur des formes variées de fascisme sanguinaire, lors de la mise en oeuvre de campagne de déstabilisation d’un gouvernement ou d’un pays entier par la CIA ou comme en Syrie, par une troïka multinationaliste. Ainsi les mêmes schémas s’appliquent parfaitement au coup d’état contre Allende au Chili, contre Mossadec en Iran, contre Najibulah en Afghanistan, contre Zelaya au Salvador, contre Chavez puis Maduro au Vénézuéla, contre Kadhafi en Libye, et depuis Assad, contre Ianoukovitch en Ukraine, et j’en oublie une dizaine d’autres. Dans ces schémas, on retrouve toujours parmi les éléments de diabolisation de l’ennemi, le sort réservé aux femmes... (sort dont le camp du bien USA - UE - OTAN - Golfe - Israél ne se préoccupe pas ou peu ou mal en Palestine, en Arabie Saoudite et dans le Golfe, en Afrique francophone, ou dans l’ancien Commonwealth...). Dans le discours des diaboliseurs, les femmes sont toujours victimes d’atrocités et mettent en pleurs les chaumières occidentales. Pourquoi diable voudriez-vous qu’en Syrie il en aille différemment ?
    SEPTIEME ET ULTIME REMARQUE : Elle est récurrente et procède de l’évidence même. "Cui bono ?" Tout chef d’état dans la ligne de mire des Etats-Unis et de l’OTAN sait qu’il va aussi être la cible d’attaques sans relâche des médias "occidentaux", de loin les plus puissants en termes de diffusion satellitaire tout autant que sur le web où opérent la chasse aux fake-news du "camp d’en face", le triage via des algorythmes affutés, et l’injection désormais massive de "contenus" à charge. Dans ces conditions, pour quelles raisons Bachar Al Assad et son gouvernement iraient-ils se compromettre sur des dossiers aussi sensibles que la ligne rouge de l’usage d’armes chimiques, ou la maltraitance des minorités comme les Kurdes, ou la maltraitance des femmes, des enfants et des déshérités ? C’est parfaitement absurde. Et d’ailleurs il me vient ce souvenir tout aussi absurde qui a concerné Muammar Kadhafi : Les journaux occidentaux ont dit qu’il avait importé un cargo de préservatifs et d’excitants sexuels pour son armée... voilà qui rappelle le captagon saoudien dont les femmes syriennes se souviennent sans doute aussi... et mon propos n’est pas d’en rire. Il est de comprendre la machine "en marche". Alors "Cui bono ?" Il est absolument évident que "le camp d’en face", celui qui négocie sa reddition à Genève, a lui toutes les bonnes raisons de se frotter les mains d’un tel timing médiatique.
    Je ne dis pas que les faits sont faux ni ne veut sous-estimer leur gravité bien sûr. Je dis : Retenons les leçons de l’Histoire, de Sun Zu (-400) à aujourd’hui. Extrême prudence devant des témoignages et des productions venant de tiers à la fois juges et partis. La sincérité peut cacher des mensonges malgré elle. Exagération, distorsion des faits, camouflage des identités, manipulation et instrumentalisation des témoins, des médias et de l’opinion publique, récurrence de schémas narratifs agissent pour détruire la vérité, toujours dans le sens des maitres.



  • https://www.monde-diplomatique.fr/2017/11/ALAOUI/58084
    Très bon article. NRobin

    Le Monde diplomatique
    Novembre 2017, pages 22 et 23, en kiosques
    URGENCE ÉCONOMIQUE, IMPASSE IDÉOLOGIQUE
    L’espérance toujours vivante d’une unité arabe par Hicham Alaoui

    Sans chercher à faire revivre le projet panarabe, les États du Machrek et du Maghreb peuvent surmonter leurs divisions politiques en pariant sur plus de coopération économique et sociale. Un tel rapprochement, qui dépend d’une plus grande démocratisation des régimes en place, contribuerait à renforcer le dynamisme d’une région encore en proie à d’importants problèmes de développement.
    par Hicham Alaoui aperçu
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    Hisham El Zeiny. — « Al-Masri Al_Youn » (L’Égyptien d’aujourd’hui), 2015
    www.mashrabiagallery.com - Mashrabia Gallery, Le Caire
    L’unité arabe est-elle toujours concevable à une époque et dans un espace marqués par une fragmentation et une conflictualité sans précédent ? Né sous sa forme moderne au début du XXe siècle, l’idéal d’une même nation peut paraître plus chimérique que jamais. Il continue pourtant d’alimenter de nombreux efforts pour resserrer la coopération entre les États de la région. Si le vieux rêve du panarabisme s’est envolé, réussir une meilleure intégration économique et politique demeure un objectif décisif pour tous les peuples de la région, arabes ou non.

    La plupart des pays concernés ne pourront en effet surmonter leur faiblesse structurelle qu’en renforçant leurs liens de voisinage. Les différences entre eux sont énormes. Sur le plan démographique, une nation comme l’Égypte, avec ses près de cent millions d’habitants, écrase un petit royaume comme Bahreïn, qui en compte cent fois moins. Certains États (Arabie saoudite, Algérie…) regorgent d’hydrocarbures, quand d’autres (Tunisie, Jordanie…) possèdent très peu de ressources naturelles. Les uns manquent d’écoles et de volonté politique pour alphabétiser leurs populations ; d’autres sont aux prises avec une masse de citoyens instruits qui ne trouvent pas d’emploi. Ici, on a construit un système agricole qui permet d’exporter de la nourriture dans le monde entier ; là, on dépend encore des importations pour survivre.

    Pourtant, les pays du monde arabe constituent des espaces imbriqués qui peuvent échanger les uns avec les autres et interagir. Une meilleure intégration régionale générerait ainsi des retombées profitables à tous ces peuples. Une union économique rééquilibrerait le rapport de forces avec le reste du monde en matière de commerce et d’investissements. Elle serait aussi un facteur de paix, dans la mesure où elle inciterait les gouvernements à davantage de diplomatie et à un moindre recours à la violence. Elle faciliterait enfin la coopération pour affronter des défis tels que l’approvisionnement en eau, les problèmes d’environnement ou l’accueil des (...)

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  • Idée Cinéma. Un film émouvant, terrifiant.
    À aucun moment le réalisateur ne cite le pays ! NRobin
    Incendies
    de Denis Villeneuve
    https://media.giphy.com/media/tChIOJQZF4plS/giphy.gif
    Jeanne et Simon Marwan sillonnent le pays de leurs ancêtres sur la piste d’une mère bien loin de celle qu’ils ont connue....
    France/Canada, fiction, 2010, 130’

    Scénario : Denis Villeneuve, d’après la pièce de Wajdi Mouawad
    Image : André Turpin
    Son : Jean Umansky
    Montage : Monique Dartonne
    Costumes : Sophie Lefebvre
    Musique : Grégoire Hetzel
    Interprètes : Lubna Azabal, Mélissa Désormeaux-Poulin, Maxim Gaudette, Rémy Girard, Abdelghafour Elaaziz, Mohamed Majd, Allen Altman

    À la lecture du testament de leur mère, Jeanne et Simon Marwan se voient remettre deux enveloppes : l’une destinée à un père qu’ils croyaient mort et l’autre à un frère dont ils ignoraient l’existence.

    Jeanne voit dans cet énigmatique legs la clé du silence de sa mère, enfermée dans un mutisme inexpliqué les dernières semaines précédant sa mort. Elle décide immédiatement de partir au Moyen-Orient exhumer le passé de cette famille dont elle ne sait presque rien…
    Simon, lui, n’a que faire des caprices posthumes de cette mère qui s’est toujours montrée distante. Mais son amour pour sa sœur jumelle le poussera bientôt à rejoindre Jeanne et à sillonner avec elle le pays de leurs ancêtres sur la piste d’une mère bien loin de celle qu’ils ont connue.

    Denis Villeneuve, sa Biographie :

    Né à Gentilly, près de Trois-Rivières, au Québec, Denis Villeneuve étudie les sciences au Cégep et le cinéma à l’Université du Québec à Montréal. En 1994, il réalise son premier court métrage, Rew FFWD. En 1998, il réalise son premier long métrage, Un 32 août sur terre, et en 2000, son deuxième long métrage, Maelström.
    En 2008, son court métrage Next Floor, remporte le prix du meilleur court métrage à la Semaine de la Critique à Cannes.