NRobin

Chargée d’Etudes Nantes / AMD

  • A voir : Documentaire de pierre PEZERAT, fils d’henri Pézerat, physico-chimiste de l’université de Jussieu .
    https://www.les-sentinelles. org/

    A lire : Livre de paul FRANCOIS
    http://www.fayard.fr/un- paysan-contre-monsanto- 9782213704944

    https://www.les-sentinelles.org
    LES SENTINELLES
    DOCUMENTAIRE 1H31MN
    DE PIERRE PEZERAT

    Josette Roudaire et Jean-Marie Birbès étaient ouvriers, en contact avec l’amiante.
    Paul François est agriculteur, il a été intoxiqué par un pesticide de Monsanto, le Lasso.

    Ils ont rencontré Henri Pezerat, chercheur au CNRS, qui a marqué leurs vies en les aidant à se battre pour que ces empoisonnements ne restent pas impunis.

    Les ouvriers agricoles de la coopérative de Nutréa Triskalia, intoxiqués par des insecticides, n’ont pas connu Henri, mais ils sont le vivant symbole de ceux qu’il a défendus toute sa vie, des sentinelles.

    Chacun d’eux raconte, des années 1970 à 2015, les combats menés, l’interdiction de l’amiante, l’attaque de Paul contre Monsanto, avec à chaque fois le rôle décisif joué par Henri. Qu’ils soient ouvriers ou paysan, ils partagent le même sentiment : la justice n’est pas encore passée, ni pour les responsables du grand mensonge de l’amiante, encore moins pour ceux de la catastrophe annoncée des pesticides."

    AFFICHE, BANDE ANNONCE ET DOSSIER DE PRESSE à télécharger
    Pour aider le film à vivre, une petite requête à ceux qui ont vu le film :
    allez cliquer sur Allo Ciné pour donner une note au film !


  • Le sionisme, toujours à l’œuvre en France. Affolant ! NRobin
    https://www.les-crises.fr/manuel-valls-veut-censurer-pascal-boniface-et-l-iris
    Les Crises
    Manuel Valls veut censurer Pascal Boniface et l’Iris !
    Les temps deviennent de plus en plus dur pour la Liberté d’expression ; en voici un nouvel exemple.

    Dans le Marianne de cette semaine, Manuel Valls indique qu’il se démène pour censurer l’universitaire Pascal Boniface, ainsi que l’Institut de Relations Internationales et Stratégiques (Iris, qui est un des grands think tanks français travaillant sur les thématiques géopolitiques et stratégiques ; il est dirigé par Pascal Boniface), pour raison idéologiques :
    https://www.les-crises.fr/wp-content/uploads/2017/11/valls-mac.jpg
    valls
    “Je considère, par exemple que ce qu’écrit l’universitaire Pascal Boniface depuis des années pose un vrai problème. J’ai d’ailleurs saisi les ministres des Affaires étrangères et des Armées qui financent l’Iris de ce sujet, même s’il ne parle pas au nom de l’Iris.” [Manuel Valls, Marianne, 10/11/2017]

    Il fait évidemment références aux positions de Pascal Boniface, très critiques envers la politique du gouvernement d’extrême-droite israélien.

    Quoiqu’on pense des positions de Pascal Boniface (avec lequel je ne suis pas toujours en accord, mais qui sont toujours parfaitement légales), si on estime être un défenseur de la Liberté d’expression, alors on se doit de dénoncer de telles pressions politiques sur des universitaires.

    Là où cela confine au sublime, c’est qu’au même moment, Manuel Valls arrive à dire ceci :

    valls
    Manuel Valls – longuement applaudi par le Premier Ministre et la majorité la semaine dernière – s’inscrit cependant dans une vraie tradition intellectuelle parisienne : “La défense de la liberté d’expression des gens qui pensent comme moi – et seulement eux”.

    Il convient donc de relayer l’information afin que l’Iris ne subisse pas des sanctions budgétaires de la part du gouvernement.

    Non à la censure !

    P.S. pour un développement de ce thème, et un rappel des valeurs de ce blog (incluant la lutte contre le racisme et l’antisémitisme, la dénonciation du wahhabisme et de ses prédicateurs ainsi que des pétromonarchies soutiens du terrorisme et de leurs complices dans les gouvernements occidentaux), voir ce billet...


  • Il y a un an et deux jours jour pour jour. NRobin

    http://www.solidariteetprogres.org/actualites-001/Syrie-Alain-Corvez-diplomatie-francaise.html

    Alain Corvez : Une diplomatie aberrante qui met la vie des Français en danger

    La rédaction
    vendredi 11 novembre 2016

    De retour d’un voyage en Syrie, Alain Corvez, consultant international et ancien conseiller au ministère français de la Défense et de l’Intérieur, a publié ce plaidoyer pour une autre politique de la France en Syrie. Une opinion qualifiée, très utile à faire connaître.

    Retour de Syrie

    Invité par l’association Ahfad Ashtar – les descendants d’Ashtar, ou Astarté, la déesse assyrienne de l’Amour et de la Fécondité, présidée avec une inlassable énergie et un patriotisme vibrant par le Dr. Ayssar Midani –, à venir donner une conférence à l’université de Damas sur la géopolitique régionale et mondiale de la guerre en Syrie, j’ai passé quatre jours intensément riches en rencontres et échanges chaleureux avec des Syriens de tous milieux et origines, heureux de voir un Français (j’étais accompagné du journaliste et écrivain Richard Labévière, grand connaisseur de l’Orient compliqué, souvent ostracisé par les médias officiels pour cette raison même) exprimer des vues différentes du gouvernement français sur la crise tragique entretenue en Syrie par les Occidentaux, c’est-à-dire les États-Unis et ses alliés, ou plutôt ses affidés, européens.

    Le fond du sujet est là : le terrorisme qui dévaste la Syrie, contre lequel elle résiste héroïquement avec l’aide de ses alliés, est le même que celui qui menace directement la France et ses voisins européens, sans compter la Russie et la pauvre Afrique qui n’en peut plus de l’incohérence de notre politique. Il est temps de prendre conscience de cette réalité sanglante et d’y faire face en changeant radicalement d’attitude vis-à-vis des états qui luttent contre lui en première ligne : Syrie, Iran, Russie, Irak, aidés par le Hezbollah libanais et en arrière-plan la Chine. Cette dernière, qui a conclu récemment des accords militaires avec Damas, sait que plusieurs milliers de ses ressortissants Ouïgours se battent avec les terroristes islamiques, notamment dans les quartiers est d’Alep et à Idlib.

    Ces états et le Hezbollah ne se battent pas contre DAESH, Al Nosra – devenu Fatah al Sham pour permettre aux organismes de Washington de le considérer comme un « modéré » –, ou les centaines d’autres brigades islamistes aux échanges osmotiques continus, simplement pour respecter une alliance ancienne mais pour défendre leurs propres intérêts nationaux essentiels, sachant bien qu’ils sont la cible suivante de ces organisations terroristes dont tous les experts savent aujourd’hui qu’elles sont sous contrôle des services états-uniens depuis l’époque de la guerre afghane contre l’URSS [1].

    Les États-Unis n’ont jamais eu peur de l’Europe qu’ils ont sous leur emprise depuis la fin de la guerre avec le plan Marshall. Mais après avoir craint l’URSS, ils ont aussitôt après son effondrement, considéré qu’ils avaient une mission quasi divine de faire adopter par la planète entière les codes et les normes du mode de vie américain. Suivant les conseils de Zbignew Brezinski exposés dans son œuvre magistrale « Le grand échiquier », il fallait empêcher une quelconque puissance de dominer ou contrôler l’Eurasie, région essentielle, cœur du continent recelant les ressources énergétiques indispensables aux économies du monde.

    Un rapport secret des agents de la CIA à leur Centrale datant de 2006, dévoilé par Wikileaks depuis, explique au sujet de la Syrie que le Président Bachar el Assad a depuis son accession à la présidence en 2000 engagé son pays dans des réformes politiques, sociales, économiques, financières, apporté Internet et revu le statut de la presse, tout en continuant la politique laïque de son père, et connaît de ce fait une adhésion de la majorité de la population. Comme cette politique laïque et arabe de défense des droits des Palestiniens et des nombreux réfugiés irakiens qu’il héberge est contraire aux intérêts des États-Unis et d’Israël, les agents recommandent de s’appuyer sur les Frères Musulmans syriens qui sont, bien que matés et étouffés depuis les années 80, la seule organisation politique structurée susceptible de porter un jour la révolte pour renverser le pouvoir. Il faut donc être en contact de sympathie avec eux et leur apporter toute l’aide possible.

    Ce document est d’une clarté telle qu’on se demande pourquoi si peu d’experts en ont parlé, car enfin, il dévoile clairement la stratégie étatsunienne pour l’ensemble du monde arabe : porter l’Ikwan, la confrérie des Frères Musulmans, au pouvoir partout par des révolutions qu’ils savent présenter comme des révolutions démocratiques qu’on appellera « printemps arabes ». On verra d’ailleurs en 2011 que les monarchies du Golfe amies de Washington ne furent pas touchées par cet élan populaire et démocratique, en dehors de Bahreïn où la révolte de la majorité chiite fut écrasée dès le début dans le sang par l’armée saoudienne.

    Califat ottoman et Union Européenne

    Afin qu’aucune force ne s’oppose à leur contrôle des richesses énergétiques immenses de la région, le plan états-unien pour le Moyen-Orient est de favoriser partout l’accession des Frères Musulmans au pouvoir, et, à défaut, d’y créer ou entretenir le chaos afin qu’aucune force étatique ne leur soit hostile. Ce plan rencontre en outre les intérêts stratégiques d’Israël qui se félicite de n’avoir aucun état arabe solide contre lui. Il rencontre aussi les ambitions turques de rétablir un califat ottoman sur les ruines des états-nations de la région : l’AKP, parti des Frères Musulmans au pouvoir à Ankara est l’outil d’Erdogan, qui a transformé le régime parlementaire turc en régime présidentiel, pour mettre en œuvre cette politique islamiste à vues impériales. Aujourd’hui l’armée turque est présente sur les territoires syrien et irakien sans autorisation des gouvernements et profite de sa complicité militaire avec les États-Unis pour lutter contre l’irrédentisme kurde, l’épine qui la torture en permanence.

    Madame Boutheina Chaabane, la Conseillère du Président Assad me fit remarquer avec une grande pertinence qu’il existait une analogie frappante entre le plan de califat ottoman d’Ankara et le plan de l’Union Européenne, Bruxelles s’évertuant à supprimer les états-nations d’Europe pour établir un ensemble supranational sur les ruines de tous les particularismes nationaux et les cultures qui les expriment. De fait, si la mondialisation est une réalité géographique, sociologique et politique incontournable, le mondialisme est l’idéologie soutenue par la finance internationale qui, s’appuyant sur la première puissance économique et militaire mondiale, vise à détruire toutes les entraves à son appétit prédateur de conquête de biens - frontières, états forts – pour laisser la libre concurrence marchande sans obstacles, ainsi qu’il est écrit dans les traités fondateurs de l’UE, thuriféraire de la concurrence libre et non faussée, appuyée sur une Défense absolument engerbée dans l’OTAN. Le capital doit pouvoir placer ses avoirs pour le plus grand rendement n’importe où, y compris en Chine, devenue une économie capitaliste toutefois contrôlée par une direction centralisée, sans autre régulateur que les marchés, et sans état fort qui s’y oppose, au détriment en premier lieu de l’économie états-unienne anémiée ; c’est ce que dénonce Donald Trump qui veut forcer les plus grands fonds de pension, essentiellement basés à Wall Street et à la City, à rapatrier leur avoirs pour les injecter dans l’économie intérieure : on comprend que tout le système se déchaîne contre lui mais aussi que les citoyens le soutiennent contre vents et marées.

    Dès la fin de la dernière guerre mondiale, les États-Unis ont su créer un glacis européen à leur service face à la menace soviétique en Europe. Après la chute de l’URSS, en 1990-91, n’ayant plus aucun rival dans le monde, ils ont considéré que c’était leur rôle, presque de façon messianique, d’apporter à l’ensemble de la planète les bienfaits du mode de vie américain. Mais depuis vingt-cinq ans la Russie, sous la houlette de Vladimir Poutine, est sortie des cendres où Boris Eltsine l’avait enfouie, et s’affirme désormais comme un pôle civilisationnel ancré sur la foi orthodoxe, et une puissance émergente, au même titre que l’Inde, la Chine et l’Iran sur d’autres valeurs spirituelles. Les BRICS prennent corps un peu plus chaque jour et s’organisent dans des projets économiques, financiers, politiques et stratégiques, notamment avec l’immense projet de nouvelle route de la soie et de ceinture maritime. La suprématie totale états-unienne est finie, même si elle est encore la première puissance économique et militaire du monde, pour combien de temps ?

    Les experts avisés de Washington l’ont compris et deux courants s’affrontent qui s’expriment dans la campagne actuelle : ceux qui veulent adapter les EU au monde nouveau en cessant les interminables guerres, même celles menées avec les soldats d’alliés dociles, et en négociant de nouveaux équilibres avec le monde, et ceux qui refusent ce déclin pourtant inexorable, en cherchant à prolonger une suprématie impossible, créant au minimum le chaos pour empêcher les adversaires supposés de s’imposer. Le dollar, devenu monnaie de papier qui finance leur dette abyssale mais non plus leur économie, doit rester la monnaie universelle et les velléités des BRICS de s’en affranchir doivent être combattues, y compris par des opérations militaires apportant ce chaos.

    Désinformation

    Pour atteindre leurs objectifs les États-Unis disposent de médias chargés de défendre la stratégie états-unienne partout dans le monde. Dépendant de la Maison Blanche, le « Bureau of Public Diplomaty : Bureau de diplomatie publique », appellation en forme de litote, dispose d’un budget énorme pour créer les scénarios qui présentent les États-Unis comme les défenseurs du droit et des libertés et justifient ses interventions militaires dans ce but. Les agences de presse relaient ces scénarios, ainsi que de nombreuses ONG financées par de généreux capitalistes et chargées, sous couvert de sentiments humanitaires, de dénigrer les opposants et d’encenser les États-Unis. Des mensonges éhontés sont diffusés, comme on l’a vu dans la description médiatique de la bataille d’Alep. Les médias décrivent la bataille de Mossoul comme la reprise par Bagdad et ses alliés d’une ville martyre conquise par Daesh en 2014, tandis qu’à Alep serait le siège et l’attaque brutale de l’armée syrienne aidée par ses alliés contre ses propres habitants massacrés sous les bombes !

    L’emploi d’armes chimiques par les rebelles, aidés en cela par l’Arabie et la Turquie, a été plusieurs fois imputé à l’armée syrienne avec diffusion de photos et vidéos de civils innocents victimes de cette barbarie, mais pas de combattants terroristes : quel gain tactique aurait l’armée syrienne à tuer des civils innocents ? Le mensonge a pourtant été répété par les gouvernements états-unien, britannique et français, encore récemment à l’ONU.

    La Russie subit aussi cette désinformation depuis le début de son intervention militaire en septembre 2015 et encore récemment dans les combats d’Alep. Mais peu de journalistes ont repris l’information de l’attaque aérienne des avions états-uniens sur les positions de l’armée syrienne à Deir el Zor le 17 octobre dernier, tuant plus de 80 soldats syriens et permettant à Daesh de monter un assaut coordonné avec l’attaque pour prendre la position syrienne. « Une erreur » d’après le commandement états-unien !

    Les médias contrôlés sont devenus l’arme de destruction massive la plus efficace pour déformer la réalité et manipuler les opinions publiques. Toutes les campagnes électorales aux États-Unis et en Europe, notamment en France, en sont l’illustration désolante.

    Dans cette ambiance tragique, la résistance de la Syrie, aidée par ses alliés, à la volonté occidentale de renverser le pouvoir légal en soutenant les terroristes islamistes par tous les moyens restera un exemple historique. C’est en effet en Syrie que le destin du monde a changé : les renversements successifs et rapides de Ben Ali en Tunisie, Moubarak en Égypte, Kadhafi en Libye n’ont pas été suivis du renversement de Bachar el Assad, comme je l’avais prédit, écrit et répété, parce que les conditions socio-politiques n’étaient pas comparables. En avril 2013 j’avais d’ailleurs intitulé une analyse publiée par la RDN dans une Tribune datée du 3 mai : « La crise syrienne : creuset tragique de la naissance du nouvel ordre mondial ».

    Les vrais journalistes ont d’ailleurs commencé à dénoncer les mensonges éhontés sur la Syrie, même si certains ont du mal à s’émanciper de la propagande qui présente Bachar el Assad comme un tyran sanguinaire qui se maintiendrait au pouvoir en massacrant son peuple avec l’aide d’une clique minoritaire. Si des erreurs initiales ont peut-être été commises à Deraa en 2011 dans la répression du soulèvement, c’est parce que les premières victimes de ces manifestations soi-disant pacifiques ont été des membres des forces de l’ordre et que le gouvernement savait par qui ces mouvements étaient manipulés. Comment aurait-il pu tenir bientôt six ans contre ces hordes fanatiques s’il ne disposait pas d’un fort soutien populaire, dans la population sunnite même qui ne veut pas des barbares au pouvoir. Les experts le savent d’ailleurs et c’est pourquoi ils ne veulent pas d’une solution politique et d’un vote libre. L’aura du Président, qui montre dans cette lutte tragique des qualités d’homme d’état et de courage, est grandie par cette adversité surmontée que les honnêtes gens lui reconnaissent.

    Résistance

    Il existera une analogie future entre la Résistance française à l’invasion nazie et la résistance syrienne aux hordes barbares venues de toutes les régions du monde. Le peuple syrien que j’ai rencontré ne veut pas dire de quelle religion ou ethnie il est mais il se groupe derrière son Président en espérant le retour d’une situation normale. Rappelons que l’armée est naturellement composée majoritairement de soldats sunnites puisque c’est une armée de conscription et que la grande majorité de la population est de cette religion.

    Le Mufti de la République, Mohammed-Badreddine Hassoun, la plus haute autorité sunnite du pays, m’explique la nécessité de faire la différence entre les lois de l’état, qui sont des lois de contrainte pour permettre la vie harmonieuse en société, et les lois de Dieu qui sont des lois d’adhésion à l’Amour prôné par le Créateur. Je lui réponds en lui disant que Jésus est le fondateur de l’idée de la séparation de l’église et de l’état avec sa réplique aux Pharisiens :

    Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu.

    Il m’approuve et m’explique que la réunion des hauts dignitaires religieux de l’islam organisée cette année à Grozny par Poutine, avec la présence des responsables égyptiens d’Al Azhar, a été un moment important dans la dénonciation de la doctrine sectaire et terroriste du wahhabisme. En définitive, mes multiples rencontres avec les Syriens, responsables ou simples citoyens m’ont laissé l’impression d’un pays uni derrière ses dirigeants pour faire face à l’adversité. Les différences sociales, religieuses ou ethniques, se sont même effacées dans cette lutte commune.

    J’ai rencontré un des dix députés kurdes du Parlement syrien, M. Omar Oussi, proche d’Ocalan, qui m’a assuré que cette crise a renforcé leur hostilité contre la Turquie et que la paix revenue, les Kurdes syriens seront des fidèles du gouvernement de Damas qui les défend contre les ambitions turques dans leur région du Rojava. Ils se démarquent des partis politiques kurdes irakiens qui ne sont d’ailleurs pas d’accord entre eux.

    C’est pourquoi je ne crois pas à la réalisation d’une Syrie fédérale après cette crise tragique. Le sentiment national est présent dans la majorité du peuple.

    Lutte contre le terrorisme

    La menace terroriste en Europe, et particulièrement en France, est désormais trop forte pour que nous ne prenions pas immédiatement les mesures pour la combattre efficacement.

    Nous devons nous rapprocher de ceux qui la combattent en première ligne, et mettre en demeure les états qui l’utilisent à des fins stratégiques de cesser tout soutien à cette plaie.

    Nous devons reprendre des relations diplomatiques avec Damas, mesure préalable indispensable à la reprise d’échanges de renseignements avec les services syriens, les mieux renseignés du monde sur les réseaux terroristes et coordonner nos actions avec les Russes et les Iraniens qui ont aussi des informations précises sur l’organisation de ces nébuleuses criminelles.

    Il est probable que les réseaux de Daesh, en voie de subir une défaite militaire sur les terrains syrien et irakien, vont demander à leurs candidats au suicide dont ils ont une réserve inépuisable en Europe et particulièrement en France, de commettre des attentats encore plus meurtriers que ceux que nous avons déjà connus. Je le dis ici et maintenant avec force : il serait criminel de ne pas chercher à déjouer ces attentats en s’informant auprès des services de renseignement étrangers qui peuvent permettre de déjouer une action terroriste en préparation. Dans la campagne présidentielle qui commence en France, si un nouvel attentat majeur se produit, le peuple français demandera des comptes aux politiques qui n’auront pas su les protéger en raison de l’obsession idéologique de vouloir renverser le gouvernement légal de Damas. La vie de nombreux Français est en jeu.

    Alain Corvez, novembre 2016.


  • Une guerre de trop la veille de Noël ? Qu’ont t-ils donc décidé les meilleurs alliés de la France ?NRobin

    http://www.afrique-asie.fr/demission-du-premier-ministre-saad-hariri-larabie-seoudite-declare-la-g

    Démission du Premier Ministre Saad HARIRI : l’Arabie séoudite déclare la guerre au Liban
    Publié par Alain Corvez le 08 novembre 2017

    Quels que soient les sentiments qu’on éprouve pour le général AOUN, on doit reconnaître que son élection la veille de la Toussaint de l’année dernière a permis de remettre les institutions du Liban en marche et de débloquer les clivages qui avaient empêché depuis longtemps l’élection d’un successeur au général Michel SLEYMAN arrivé en fin de mandat le 25 mai 2014. La vacance du pouvoir au sommet de l’état durait depuis trop longtemps avec sa suite de blocages dans les nominations importantes de l’administration et d’absences de décisions dans tous les domaines, économiques, financiers, administratifs et politiques.

    Les trois piliers du consensus libanais que l’Arabie séoudite cherche à torpiller : Le président Michel Aoun (au centre) avec le président du Conseil démissionnaire Saad Hariri (à droite) et Nabih Berri, le président du parlement. Photo DR

    Ses partisans comme ses détracteurs reconnaissent qu’il est désormais un personnage historique, du fait de son parcours politique depuis 1988, lorsque le vide produit par la fin de mandat d’Amine Gemayel sans consensus des députés pour lui élire un successeur, l’a porté au pouvoir « de facto » en tant que chef des Armées du Liban. Après une carrière militaire brillante il entrait dans une carrière politique forcée qui connaîtra de nombreuses péripéties. Mais ses combats militaires contre les Forces Libanaises de Samir GEAGEA, puis contre la Syrie lui valurent l’estime de nombreux Libanais qui reconnaissaient son patriotisme, en dépit d’erreurs qui le menèrent dans un long exil en France où il eut le temps de réfléchir à la situation de son pays et comprit que le Hezbollah, représentant la population la plus nombreuse du Liban, et auréolé de sa victorieuse résistance à l’occupation israélienne, était incontournable sur l’échiquier libanais et désireux d’une entente avec les chrétiens du Courant Patriotique Libre (CPL) qu’il avait créé à son retour au Liban. D’ailleurs, il est dans l’histoire moderne du Liban que les chiites, communauté musulmane minoritaire dans l’islam mais majoritaire au Liban, ont toujours jugé que leur intérêt était dans une alliance avec les chrétiens, quels qu’ils soient. Cette alliance du Hezbollah et du CPL fut donc scellée mais les forces qui lui étaient opposées, le Courant du Futur (CF) soutenu principalement par les sunnites, dirigé par Saad Hariri après l’assassinat de son père en 2005, et les Forces Libanaises essentiellement maronites de Samir Geagea, avaient les moyens d’empêcher son élection grâce à une loi électorale qui n’avait pas pu être modifiée et des soutiens puissants à l’extérieur dirigés par l’Arabie Séoudite, avec comme toujours en arrière-plan les Etats-Unis et Israël.

    Mais fin 2015, après une longue période d’incertitudes, sous les pressions des citoyens sur leurs chefs politiques, lassés de cette vacance du pouvoir, et après de nombreux conciliabules de « diwans », d’alcôves et de couloirs, un consensus se réalisa peu à peu sur Souleiman FRANGIE qui semblait faire, sinon la majorité du moins l’unanimité des députés. Alors que l’affaire semblait bouclée pour élire Souleiman FRANGIE, pourtant lui aussi en bons termes avec le Hezbollah, à la surprise de nombreux observateurs, les FL et le CF annoncèrent alors qu’ils étaient opposés à Frangié et apportaient leur soutien au général AOUN qu’ils combattaient jusqu’alors.

    Ce ralliement avait pour but de briser le consensus sur Frangié et était évidemment commandité de l’étranger, c’est-à-dire de Riyad dont la phobie a toujours été de voir le Hezbollah chiite participer au gouvernement et entretenir avec l’Iran des relations amicales, mais qui n’avait sans doute pas prévu qu’un nouveau consensus se réaliserait sur AOUN dont la politique d’amitié avec l’Iran et la Syrie ne pouvait pas leur convenir.

    A la grande déconvenue des Séoudiens, le général AOUN fut élu Président le 31 octobre 2016 et mena une politique équilibrée de rassemblement national, bénéficiant d’une aura de sympathie internationale, et tout en maintenant ses affinités pour la Syrie et l’Iran. L’Arabie Séoudite, qui depuis la prise de pouvoir du jeune (32 ans) Prince devenu Héritier Mohammed Bin Salman s’est lancé dans une politique de réformes mais surtout de guerres contre ce qu’il appelle un arc chiite menaçant le royaume allant de l’Iran au Liban en passant par la Syrie et en y ajoutant le Yémen, a jugé qu’il fallait en finir avec un Liban stable et, en outre, entretenant des relations diplomatiques et de coopération avec ses ennemis l’Iran et la Syrie.
    Le lendemain de la visite d’un haut émissaire iranien à Beyrouth, Ali Akbar Velayati, rencontré par le Premier Ministre Saad HARIRI, ce dernier fut convoqué à Ryad et annonça sa démission en jetant l’invective sur l’Iran et le Hezbollah. Nul n’est besoin d’être expert en géopolitique pour comprendre cette annonce surprise puisqu’elle est signée d’Arabie Séoudite : le royaume veut « faire le ménage » au Liban, y compris en arrêtant le Prince Al Walid Bin Talal connu pour ses sympathies libanaises et ses investissements dans le pays et accentuer sa lutte contre l’Iran dans laquelle il est appuyé par Israël et les Etats-Unis.
    Le Liban risque donc d’entrer à nouveau dans une période d’incertitudes sinon de troubles, à moins que l’union nationale ne puisse se faire autour d’un nouveau Premier Ministre nécessairement sunnite du fait de la Constitution, car les Libanais de toutes confessions sont las des disputes de leurs responsables et aspirent à un état fort qui puisse soutenir les forces de sécurité nationale, Armée et Police, qui dépassent, elles, les clivages confessionnels pour montrer une grande capacité opérationnelle sur un terrain difficile avec les djihadistes de Syrie à ses frontières- et sans doute aussi à l’intérieur- et les deux millions de réfugiés syriens qu’il accueille généreusement sur son petit territoire, en plus des centaines de milliers de Palestiniens qui ont dû fuir leur pays au fur et à mesure des guerres successives d’Israël.
    Il semble clair que l’Arabie veuille monter d’un cran dans sa lutte contre l’Iran et y inciter ses alliés. Mais au Moyen-Orient désormais les Etats-Unis ne dirigent plus les opérations et ont échoué dans leurs tentatives en Syrie et en Irak, notamment avec l’échec du referendum kurde ; la diplomatie russe a su prendre le temps de placer ses atouts un peu partout et est sans doute en mesure d’empêcher une guerre que souhaiteraient l’Arabie et Israël, en offrant une porte de sortie honorable à l’Amérique qui n’aurait rien à gagner dans l’ouverture d’un front militaire, de même que les autres protagonistes. La politique vindicative de l’Arabie Séoudite pourrait être contreproductive pour les Etats-Unis et les états de la région, y compris même au sein du royaume dont certains piliers sont chancelants. Contrairement à ce que pense le gouvernement du Likoud à Tel Aviv, Israël ne peut pas rayer l’Iran de la carte et ferait mieux, dans son propre intérêt, d’adopter une politique plus sage et retenue vis-à-vis de son environnement proche comme éloigné.

    * Le colonel (cr) Alain Corvez, ancien conseiller du général commandant la Force des Nations unies déployée au Sud-Liban (FINUL), ancien conseiller en relations internationales au ministère des Affaires étrangères est actuellement conseiller en stratégie internationale.

    Publié avec l’aimable autorisation de l’auteur


  • No comment ! NRobin

    Le survivant du génocide nazi « s’est senti en exil » en Israël

    Jacques Bude/Adri Nieuwhof

    http://www.pourlapalestine.be le-survivant-du-genocide-nazi- sest-senti-en-exil-en-israel/

    Jacques Bude a survécu au génocide nazi du fait qu’enfant, il a été sauvé par des Belges. Ses parents furent déportés et moururent à Auschwitz.

    Professeur retraité, Jacques Bude soutient l’appel au boycott des universités israéliennes, complices de la violation des droits palestiniens.

    Il a enseigné la psychologie sociale à l’Université libre de Bruxelles, mais préfère se définir comme un « déserteur de l’armée israélienne ».

    À 16 ans, en 1949, Bude a quitté un orphelinat pour enfants juifs, à Anvers, pour être emmené en Israël.

    Deux ans plus tard, après avoir échappé au service militaire, il s’enfuyait d’Israël.Aujourd’hui, il exprime son admiration pour les jeunes Israéliens qui refusent de rejoindre l’armée.

    Quand Bude s’est adressé à The Electronic Intifada depuis son domicile à Bruxelles,c’était la première fois qu’il parlait de ses expériences à un journaliste.

    Pour comprendre sa position à propos d’Israël, explique Bude, il faut savoir que « mes parents ont été déportés quand j’avais huit ans. Ils ont été assassinés à Auschwitz. »

    « Si j’étais resté avec mes parents, je serais mort moi aussi », déclare Bude. « Aucun enfant de mon âge en provenance de Belgique n’est revenu de la déportation. »

    Bude explique qu’il a été sauvé par l’assistante sociale de l’usine où travaillait son père : « Elle m’a emmené chez des fermiers qui m’ont caché pendant la guerre. Vous ne devriez pas me prendre en compte dans quelque identification mythique à la communauté juive. Ma communauté, c’est la Belgique. »

    Le père de Bude avait quitté la Pologne pour la Belgique vers 1929 pour travailler dans les aciéries. « Nous parlions yiddish, à la maison », rappelle Bude à propos de son enfance dans la ville de Liège. « Mes parents avaient un revenu très modeste, étaient illettrés et ne parlaient pas français. En aucune façon, ils n’auraient pu échapper aux nazis. »

    Après des années de clandestinité, Bude fut transféré à l’orphelinat d’Anvers après la guerre.

    En exil en Israël
    « En 1949, tous les enfants de l’orphelinat ont été emmenés en Israël par le mouvement sioniste », rappelle Bude.

    « J’avais 16 ans et je ne voulais pas quitter la Belgique. Je voulais aller à l’école », explique-t-il. « Mon père m’avait appris l’importance de l’éducation. »

    Selon Bude, le directeur de l’école avait trouvé pour lui une famille d’adoption, « mais, la veille du départ, il m’avait dit que ç’allait être impossible. »

    « J’allais devoir m’enfuir, mais je n’étais qu’un enfant », explique Bude aujourd’hui, rappelant qu’il était bien déterminé à revenir en Belgique si Israël ne lui convenait pas.

    « Dès le début, je n’ai pas voulu rester en Israël », déclare Bude sans la moindre hésitation, lorsqu’on lui demande comment il s’était senti en arrivant en Israël. « C’était horrible. On nous avait placés dans une sorte d’endroit délabré, ce devait avoir été une école d’agriculture des Palestiniens, à proximité immédiate de Gaza. Tout faisait défaut. Les seules choses qui ne manquaient pas, c’étaient les armes. »

    Mais rentrer en Belgique n’avait rien de simple, puisqu’il lui fallait effectuer trois ans de service militaire, s’il voulait obtenir un visa de sortie.

    Au cours de la décennies qui a suivi la Nakba de 1948, c’est-à-dire l’épuration ethnique des Palestiniens par le mouvement sioniste, Israël a multiplié par deux sa population juive en faisant entrer des centaines de milliers de personnes.

    Mais, alors que le sionisme définissait ce transfert de population comme une libération et la concrétisation d’un rêve, c’était tout le contraire, pour le jeune Bude.

    « Je me sentais réellement en exil », dit-il. « J’avais été anéanti par le militarisme allemand et j’étais venu en Israël pour y être à nouveau confronté au militarisme. »

    « Nous devions parler hébreu, mais ma langue maternelle est le yiddish », rappelle-t-il. « Ils nous insultaient, mes parents et moi, parce que nous n’étions pas des sionistes. »

    « Nous ne nous étions pas défendus et, d’une certaine façon, nous étions donc tenus responsables des massacres », déclare Bude en décrivant l’attitude qu’il avait rencontrée à l’égard des survivants et des victimes du génocide nazi.

    « C’étaient vraiment des militaristes racistes », dit-il. « Ne vous attendez pas à beaucoup de nuances de ma part à propos de la judéité et d’Israël. Selon moi, Israël a été fondé sur un nettoyage ethnique. Si je m’identifie à quelqu’un, c’est à un enfant palestinien. »

    Des foyers volés
    En Israël, Bude quitta l’orphelinat où les enfants belges avaient été transférés et il se cacha de l’armée à Ashkelon, le nom qu’Israël donna à la ville palestinienne d’al-Majdal, après en avoir chassé de leurs foyers des milliers de personnes, en 1948.

    « Toutes les maisons étaient vides. J’ai vécu dans une de ces maisons », dit-il. « Jamais je n’y ai vu de Palestiniens. »

    Il rappelle un incident qui se produisit au moment où circulait une rumeur disant qu’il y avait des Palestiniens au marché, « et nous avons couru là-bas pour voir ». Cette poignée de femmes bédouines vendant leurs produits « ont été les seuls Palestiniens que j’aie vus. »

    « L’histoire prétendant qu’Israël était un pays vide est entièrement fausse », explique Bude, rappelant les maisons palestiniennes vidées de leurs habitants qu’il avait vues à al-Majdal et « les orangeraies bien entretenues dans les environs ».

    Bude travailla dans l’une de ces plantations, essayant de gagner un peu d’argent pour quitter le pays.

    « Ils m’ont donné un fusil Mauser avec des munitions », rappelle-t-il. « J’étais un gamin de 17 ans et je devais protéger une plantation qui avait été volée aux Palestiniens. Elle était désormais exploitée par des Juifs. »

    « J’ai été envoyé là-bas afin que les Palestiniens ne viennent pas voler des fruits », dit-il. « C’était tirer pour tuer ! Tuer quelqu’un qui vient »voler » ce qui lui appartient ! Jamais je n’allais tuer qui que ce fût ! »

    Finalement, Bude parvint à rentrer en Belgique. Il acheta un passeport au marché noir mais avait toujours besoin de papiers prouvant qu’il avait bien effectué son service militaire. En fin de compte, un cousin venu en Israël plus tôt et qui avait combattu dans l’armée lui prêta ses papiers, que Bude utilisa pour quitter le pays.

    « Le devoir de mémoire »
    Bien que Bude n’ait passé que deux ans en Israël, cette époque eut une profonde influence sur le reste de son existence, et il ne peut s’empêcher de rattacher la chose à ce que sa famille a enduré pendant la guerre.

    « Pour moi, un ultranationaliste militariste israélien juif – et c’est ce qu’ils sont – est comme un ultranationaliste allemand », dit-il. « Un général de droite, juif ou pas, est un général de droite. »

    « Quand j’entends les mots »État juif », j’entends les mots »État aryen », dit-il, opérant ainsi une juxtaposition que bon nombre de personne auraient du mal à digérer.

    Mais, en établissant un parallèle, Bude ne prétend pas que les expériences furent les mêmes. Les nazis « conduisirent au génocide les Juifs, les Rom, les Sinti, les homosexuels et les handicapés mentaux », dit-il. « C’est la pire déshumanisation qui se soit produite à ce jour. Elle avait un caractère industriel et ils y allèrent à fond. Ils les ont complètement déshumanités, les réduisant à un amas de cheveux et d’or. »

    « Ainsi, le devoir de mémoire consiste à dire »plus jamais de déshumanisation », explique Bude. « Si nous disons »jamais plus », nous devons décider de quel côté nous sommes et condamner la chose. »

    « Je suis opposé à l’épuration ethnique des Palestiniens, qui est une forme de déshumanisation », déclare Bude. « Je ne suis pas opposé à l’existence d’Israël mais, en Israël, une majorité écrasante vote pour cette politique, si bien que je puis affirmer que le peuple israélien a gravement échoué, de même que le peuple allemand à l’époque. »

    « Les meilleures d’entre les meilleures »
    Bude soutient de nombreux groupements de solidarité avec la Palestine. Le message qu’il adresse aux Palestiniens est simple et sombre : « Tentez de rester en vie. »

    Il a décliné nombre d’invitations à visiter la Cisjordanie occupée parce que ce serait trop dur.

    « Si j’y allais, la seule chose que je pourrais dire à ces enfants est de mépriser les soldats qui les occupent, les colons qui sont venus occuper leur terre », dit-il. « Pas les Juifs, mais les gens qui vous font subir cela. »

    « Vous devez le faire, pour rester un être humain », ajoute-t-il. « Si je n’avais pas méprisé les gens qui ont tué mes parents, je serais devenu fou. »

    « Mais, par-dessus tout, avec mon passé, je ne puis m’y rendre », déclare Bude. « Si je vois un soldat et, plus encore, si je sais qu’il est juif, je pense que je vais exploser. »

    Bude rappelle qu’avant l’insurrection du ghetto de Varsovie, les combattants de la résistance avaient tenté d’assassiner le chef juif de la police du ghetto – un collaborateur des nazis. Dans cette histoire, Bude perçoit également un écho.

    « Si j’allais en Palestine, je leur dirais que l’Autorité palestinienne est pareille », dit-il. « Ils sont les administrateurs du ghetto. Ainsi, s’il y a une autre intifada, elle devrait avoir lieu, naturellement, contre les Israéliens, mais aussi contre l’AP. »

    Quelle que soit la forme qu’elle revêt, la résistance n’est pas un devoir qui incombe aux seuls Palestiniens, estime Bude.

    Quand on lui demande ce qu’il pense de Noa Gur Golan et de Hadas Tal, toutes deux récemment emprisonnés pour avoir refusé de servir dans l’armée, Bude explique : « Bien des jeunes quittent Israël, mais ces jeunes femmes sont les rédemptrices de la nation. Elles sont à mes yeux les meilleures d’entre les meilleures. »

    Publié le 19/10/2017 sur The Electronic Intifada
    Traduction : Jean-Marie Flémal


  • Pierre Stambul (UJFP) est intervenu à Bruxelles sur la criminalisation du BDS en France. La conférence, organisée par l’OLP, a réuni plus de 150 participant-e-s de 24 pays différents (plus la Palestine).

    Intervention de Pierre Stambul à Bruxelles dans le cadre de la
    Conférence Européenne sur la colonisation israélienne

    (6 novembre)

    La criminalisation du BDS en France

    Une complicité entre les dirigeants français et Israël qui s’est affirmée d’années en années.

    Certains ont sans doute en mémoire la politique étrangère du Général De Gaulle qui avait cessé de vendre des armes à Israël au moment de la guerre des six jours (1967) ou celle de Jacques Chirac qui avait fortement exprimé sa colère contre l’armée israélienne au moment d’une visite dans la vieille ville de Jérusalem en 1996.
    Depuis 2007 avec les couples Sarkozy/Kouchner, Hollande/Valls et Macron/Philippe, tout a changé et les connivences entre les gouvernements français et israéliens s’expriment ouvertement. Pendant l’agression israélienne de « Plomb Durci » (2008-9), Nicolas Sarkozy assure Israël « que nous sommes à ses côtés pour assurer son droit à la sécurité ». Et il envoie le porte hélicoptères Germinal au large de Gaza pour contribuer au maintien du blocus.
    Pour le Parti Socialiste, la complicité avec Israël est très ancienne. Elle a été marquée par l’expédition de Suez en 1956 et par l’aide technologique importante qui a contribué à l’acquisition de l’arme nucléaire par Israël. François Hollande s’est comporté en digne successeur de Guy Mollet.
    En plein massacre de « Bordure Protectrice », l’ambassade de France à Tel-Aviv a dédié le bal populaire du 14 juillet 2014 « aux populations du sud d’Israël, qui font face depuis de nombreux jours à des tirs de roquettes extrêmement fréquents ».
    Manuel Valls qui avait soutenu les droits des Palestiniens au début des années 2000 a vite tourné casaque. Il explique en 2011 à Strasbourg : « Par ma femme, je suis lié de manière éternelle à la communauté juive et à Israël ! ». Il expliquera ensuite qu’antisionisme et antisémitisme, c’est pareil. On l’a vu le 11 septembre 2017 au côté d’Ayelet Shaked, ministre israélienne de la justice, celle qui avait déclaré en juillet 2014 que « la mère de chaque martyr palestinien doit être tuée ».
    Enfin, Emmanuel Macron, en recevant Benjamin Nétanyahou à Paris pour le 75e anniversaire de la rafle du Vel d’Hiv a déclaré le 16 juillet 2017 : « Nous ne céderons rien à l’antisionisme car il est LA forme réinventée de l’antisémitisme ».
    Il serait faux de croire que cet amour pour les dirigeants israéliens, même quand ils sont d’extrême droite, viendrait d’une « mauvaise » information. Les personnels diplomatiques français qui sont en Palestine envoient régulièrement des rapports très détaillés sur les arrestations d’enfants, les maisons détruites, les extensions de colonies, les humiliations quotidiennes, les oliviers déracinés … Un consul français a dit devant moi : « c’est une situation coloniale, personne ne pourra dire qu’il ne savait pas ».
    La complicité des dirigeants français successifs a une explication plus simple : Israël est LEUR État. Ce pays donne un formidable exemple de reconquête coloniale, de pacification et d’enfermement de populations jugées dangereuses. Israël est un grand marchand d’armes perfectionnées. Israël et les États féodaux du Golfe sont un levier pour « tenir » le Proche-Orient. Bref, une paix fondée sur le respect du droit n’intéresse pas les dirigeants français. L’apartheid leur convient.

    Le CRIF et la circulaire Alliot-Marie.

    Le CRIF (Conseil Représentatif des Institutions Juives de France) a été fondé en 1944 et est issu de la Résistance. Sous la présidence de Théo Klein (1983-89), il existait en son sein une forme de pluralisme et de débats. C’est totalement fini. Le CRIF est devenu un lobby défendant inconditionnellement la politique du gouvernement israélien à l’image de ce que fait l’AIPAC aux États-Unis. Ses dirigeants ont multiplié les déclarations racistes et les anathèmes. En 2002, son président, Roger Cukiermann, déclarait que la présence de Jean-Marie Le Pen au second tour des élections présidentielles « servirait à réduire l’antisémitisme musulman et le comportement anti-israélien, parce que son score est un message aux musulmans leur indiquant de se tenir tranquilles. »
    En 2015, il va plus loin. Il considère que Marine Le Pen est irréprochable à la différence de ses partisans.
    Numéro 2 du CRIF et avocat de plusieurs dirigeants d’extrême droite (Florian Philippot, Patrick Buisson), Gilles-William Goldnadel a déclaré le 31 décembre 2016 : « des colonies de peuplement contre l’avis des autochtones, il y en a en Seine Saint-Denis (la banlieue Nord et Est de Paris qui est le département le plus pauvre de la région parisienne). Un Juif est moins étranger en Judée ».
    Depuis 1985, il y a chaque année le « dîner du CRIF ». Toute la classe politique française se presse à ce repas luxueux (le prix est 100 euros le couvert, plus 800 euros de dons, le tout étant déductible d’impôts). Régulièrement, les dirigeants politiques se font admonester pour leur soutien insuffisant à Israël considéré comme un acte antisémite. Plusieurs dirigeants (écologistes ou de gauche) ne sont plus invités ou ont renoncé à venir. Les médias couvrent complaisamment ce dîner.
    Depuis l’appel international au BDS, celui-ci est devenu l’obsession du CRIF.
    Le CRIF va remporter une grande victoire en février 2010. La ministre de la justice de l’époque, Michèle Alliot-Marie, écrit une circulaire qui demande aux Parquets d’engager des poursuites contre les personnes appelant ou participant à des actions de boycott des produits déclarés israéliens. S’appuyant sur un article de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, la circulaire assimile ces actions à de la provocation à la discrimination ou à la haine raciale. Cette circulaire sera très vivement critiquée par toutes les associations de défense des droits de l’homme.
    Michèle Alliot-Marie s’est toujours présentée comme une « gaulliste historique ». Elle a occupé plusieurs postes politiques importants avant de devoir démissionner au moment de la révolution tunisienne de 2011 : face aux émeutes qui allaient emporter l’ancien président Ben Ali, elle avait proposé que « le savoir-faire de nos forces de sécurité, qui est reconnu dans le monde entier, permette de régler des situations sécuritaires de ce type ».
    La circulaire Alliot Marie n’a été abrogée par aucun-e ministre ayant succédé à Alliot-Marie, pas même par Christiane Taubira.

    Les associations sionistes à l’offensive.

    Face aux actions BDS en France, plusieurs associations, plus ou moins liées au CRIF, portent systématiquement plainte.
    Il y a « Avocats Sans Frontières ». Fondée en 1983 et dirigée par Gilles-William Goldnadel, l’association s’est spécialisée dans les plaintes contre toutes celles ou ceux qui critiquent Israël, sans ménager les Juifs. Il y a eu des plaintes contre Norman Finkelstein, contre Daniel Mermet (producteur de l’émission de radio sur France-Inter « là-bas si j’y suis » de 1989 à 2014), contre Edgar Morin. Pour cette association liée à la droite israélienne, la gauche est, par nature, antisémite. « Avocats Sans Frontières » réclame habituellement des sommes extravagantes mais a perdu la plupart des procès.
    Il y a le BNVCA (Bureau National de Vigilance Contre l’Antisémitisme). Cette officine a un seul animateur connu : Sammy Ghozlan, commissaire de police à la retraite qui a émigré à Nétanya, en Israël. Les orientations politiques de cet homme le situent clairement à l’extrême droite. Elles n’ont strictement rien à voir avec l’antiracisme et pourtant le BNVCA est autorisé à ester en justice pour « discrimination » et il l’utilise contre les militant-e-s pratiquant le BDS.
    La LICRA (Ligue Internationale Contre le Racisme et l’Antisémitisme) a eu comme ancêtre prestigieux la LICA (Ligue Internationale contre l’Antisémitisme), une association antifasciste créée à la fin des années 1920. Considérée comme une association antiraciste, la LICRA s’est muée en une association sioniste, défendant inconditionnellement la politique israélienne. Elle revendique 4000 adhérent-e-s et reçoit chaque année 500 000 euros de l’État. En 1999, son dirigeant est Patrick Gaubert, ex-conseiller de Charles Pasqua (ministre de l’intérieur « gaulliste », adepte de méthodes policières expéditives et mis en examen pour diverses affaires de corruption). Selon Pascal Boniface, la LICRA choisit de privilégier la défense d’Israël à la lutte contre le racisme et l’antisémitisme. La LICRA considère le terme « islamophobie » comme une imposture à combattre. La LICRA est l’interlocuteur privilégié du gouvernement français. Plusieurs ministères (Intérieur, Justice, Éducation) ont signé des conventions avec elle.
    On retrouve régulièrement ces associations côte à côte, dans les procès contre le BDS. Avec parfois à leur côté la chambre de commerce France-Israël, l’association Alliance France-Israël et même Téva.

    Boycott partiel ou total ?

    Le mouvement de solidarité pour la Palestine en France a une spécificité. Une partie du mouvement a tardé à parler de BDS ou à considérer Israël comme un État d’apartheid. Certaines associations comme la LDH (Ligue des Droits de l’Homme, association dont la fondation remonte à l’Affaire Dreyfus) sont contre le BDS tout en combattant sa criminalisation.
    D’autres ont considéré que, puisque l’ONU a reconnu Israël dans ses frontières d’avant 1967 mais n’a pas reconnu les conquêtes de 1967, il faut limiter le boycott des produits israéliens aux seuls produits des colonies.
    Dans mon association, l’Union Juive Française pour la Paix, qui fait partie de BDS-France, une telle distinction ne nous paraît ni juste, ni réalisable.
    Nous faisons nôtres les trois objectifs du BDS : liberté, égalité, justice et nous ne laissons pas de côté les Palestiniens d’Israël et le droit au retour des réfugiés. C’est l’État d’Israël qui colonise, qui occupe, qui pratique l’apartheid, qui commet des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité. C’est l’État d’Israël qui doit être condamné et puni. Nous sommes partisans d’un boycott total : politique, économique, commercial, militaire, sportif, syndical, universitaire, culturel …
    La distinction entre l’Israël d’avant 1967 et les colonies n’est pas juste politiquement à nos yeux et c’est, de fait, une mission impossible. Israël ignore totalement la ligne verte (la frontière internationalement reconnue) et aucun organisme international ne s’est donné les moyens d’imposer cette distinction.
    On a donc eu en France, selon les endroits, des types d’action BDS différents.
    ET ÇA N’A EU AUCUNE CONSÉQUENCE : Dans tous les cas, les associations sionistes ont attaqué.

    Succès et échecs lors de nombreux procès.
    Dans aucun des procès qui ont eu lieu, le débat judiciaire n’a porté sur antisémitisme, politique israélienne ou Palestine. Les plaintes pour antisémitisme n’étant plus crédibles, les procureurs qui condamnent BDS ont eu recours à d’autres arguments, tels que : entrave à la liberté du commerce ou discrimination à l’égard de producteurs ou fournisseurs en raison de leur origine nationale.

    Dans la grande majorité des cas, les procureurs ont refusé d’enregistrer les plaintes et il n’y a eu aucun procès. Examinons quelques procès qui ont eu lieu.
    Au début, tout s’est bien passé : relaxe à Bobigny, relaxe dans le procès intenté contre Olivia Zémor. Fin 2012, 7 militant-e-s du BDS sont poursuivis à Pontoise pour avoir appelé au boycott de produits israéliens dans un supermarché Carrefour du Val d’Oise. Ils/elles sont relaxés pour une question de procédure. Pendant l’été 2013, nouvelle victoire avec la relaxe de trois militant-e-s de Perpignan.
    À Alençon comme à Mulhouse, des actions de boycott contre les produits des colonies ont été attaquées en justice. Et là, cela se solde par des défaites judiciaires. Le jugement le plus grave est celui de la cour de cassation qui confirme le 20 octobre 2015 la condamnation en appel de 12 militant-e-s de Mulhouse pour incitation à la discrimination alors qu’ils avaient été relaxés en première instance. L’accusation d’antisémitisme a été abandonnée.
    Le camp sioniste a exulté en affirmant que le BDS était illégal en France.
    Il n’en est bien sûr rien. Aucune loi n’interdit le BDS. Et puis, un recours a été déposé à la Cour Européenne des Droits de l’Homme. Le jugement tarde mais il y a des indices encourageants.
    La haute représentante de l’Union Européenne, Federica Mogherini, tout en exprimant son désaveu du BDS, a clairement déclaré : « L’UE se situe fermement dans le soutien à la liberté d’expression et d’association conformément à la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, qui s’applique sur le territoire des Etats membres de l’UE, y compris en ce qui concerne les actions BDS menées sur ce territoire ».
    De nombreuses et importantes associations pour les droits humains ont déclaré que BDS relève de la liberté d’expression : ainsi la FIDH (Fédération Internationale pour les Droits Humains), Amnesty International et la Ligue des Droits de l’Homme. En Europe, ce sont 354 organisations de Droits de l’Homme, associations religieuses, syndicats et partis politiques qui ont demandé le 18 mai 2016 à l’UE de défendre leur droit au BDS.
    Les gouvernements hollandais, irlandais et suédois ont eux aussi affirmé que le BDS est un droit légitime d’expression des citoyens. En Grande Bretagne, la Haute Cour a clairement désapprouvé les tentatives du gouvernement d’empêcher les conseils municipaux de boycotter les produits des colonies. Suite à des plaintes contre plusieurs conseils municipaux qui prônent cette pratique, elle a déclaré qu’il n’y a rien d’illégal à ce que les conseils municipaux boycottent les produits des colonies israéliennes par souci d’adopter des pratiques éthiques d’approvisionnement et d’investissement.
    Même l’Internationale socialiste (dont le Parti Socialiste est adhérent !) a reconnu BDS comme tactique légitime de lutte contre l’occupation.

    En France, les deux procès qui ont eu lieu en 2016 se soldent par des victoires.
    À Metz, Téva France, immédiatement suivi par « Avocats Sans Frontières », avait porté plainte contre un militant de BDS accusé d’avoir incité par lettre les pharmaciens de la ville à ne pas se procurer des médicaments Téva. Le militant a été relaxé. Un appel est certes en cours, mais nous avons espoir que Téva sera à nouveau débouté.
    À Montpellier, ce sont des associations réputées antiracistes et favorables à la présomption d’innocence (la Ligue des Droits de l’Homme - LDH, et le Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples - MRAP) qui vont attaquer en justice et dénoncer publiquement deux militant-e-s BDS pour un « post » antisémite partagé par erreur et retiré dès qu’il a été signalé. Ce n’est pas une action BDS qui est visée par ce procès mais clairement le BDS par l’intermédiaire de ces deux personnes. LDH et MRAP n’auront aucun scrupule à plaider au côté des associations sionistes classiques. Malgré cette alliance contre nature, les deux militant-e-s ont été définitivement relaxé-e-s.
    Encore une fois, aucun de ces procès n’a porté directement sur l’accusation d’antisémitisme. Les jugements contradictoires montrent que les textes actuels peuvent être interprétés de façons très diverses et que les jugements reposent beaucoup sur les convictions personnelles des juges. Il semble au vu des deux derniers verdicts que certains juges sont exaspérés par l’évolution de la politique israélienne.

    Non, le boycott n’est pas illégal !

    Je reproduis ici un résumé d’une mise au point de l’Agence Média Palestine écrite en mars 2016.
    « Il est faux de dire que le boycott d’Israël en France est illégal. L’arrêt de la Cour de cassation du 20 octobre 2015 n’a interdit ni le boycott des produits des colonies israéliennes, ni les appels aux boycotts universitaire, syndical, artistique ou sportif. Cet arrêt ne fait pas jurisprudence et n’a pas force de loi. Il a été très vivement critiqué par de nombreux juristes ou par des associations comme Amnesty International.
    Il est faux de dire qu’on ne peut plus appeler au boycott du régime israélien d’apartheid. Le champ d’action du BDS dépasse largement celui du boycott des produits israéliens. Il vise toutes les entreprises qui participent au système d’apartheid israélien. Il demande aux entreprises de se retirer d’Israël (c’est le D de désinvestissement) et il se bat pour la fin de l’impunité (c’est le S de sanctions).
    Il est vrai qu’il y a une forte campagne contre les militant-e-s de la campagne BDS. Toute cette campagne repose sur la circulaire Alliot-Marie qui a été qualifiée par le Syndicat de la Magistrature « d’attentat juridique d’une rare violence ».
    On peut parfaitement porter le tee-shirt « Boycott Israël Apartheid ». Toute intimidation ou menace sur ce tee-shirt est antidémocratique.
    Il est vrai que la liberté d’expression est menacée en France. Les plus hautes autorités de l’État essaient de nous faire taire en même temps que d’autres droits fondamentaux comme celui de manifester sont attaqués. »
    Nous ne nous laisserons pas faire. L’appel au BDS ne demande pas la lune. Il exige pour le peuple palestinien la liberté, l’égalité et la justice. Ce combat solidaire continuera en France comme ailleurs.

    Pierre Stambul


  • https://www.bdsfrance.org/air-canada-resilie-son-contrat-principal-avec-israel-aerospace-industries

    Air Canada résilie son contrat principal avec Israel Aerospace Industries
    7 novembre 2017
    Le 1er novembre 2017, nous avons été informés par écrit par la direction d’Air Canada que le contrat de 5 ans avec Israël Aerospace Industries Bedek Group pour la maintenance lourde de ses biréacteurs B767 avait été résilié. Ce contrat, estimé à des dizaines de millions de dollars, devait durer jusqu’en mars 2019.

    Air Canada n’a présenté aucune raison pour abandonner le contrat, sauf pour dire que cela était dû à une pratique consistant à examiner ces « arrangements de façon régulière » avec tous les fournisseurs de services. Air Canada a également affirmé dans sa lettre que ce processus s’était déroulé au début de 2017 et que le contrat avait été transféré à « un autre fournisseur en Amérique du Nord ».

    Cependant, nous devons souligner que cette nouvelle information n’a été publiée qu’après le lancement de notre campagne #AirCanadaComplicity et qu’elle a reçu un soutien croissant tant au Canada qu’à l’étranger. Les syndicats représentant des centaines de milliers de membres (et leurs familles) ont adhéré à la nouvelle lettre ouverte, tout comme des groupes dans d’autres pays, de la Norvège à l’Australie en passant par la France et l’Irlande. La lettre ouverte était une version abrégée d’une lettre officielle antérieure à Air Canada, envoyée quatre mois plus tôt, qui n’avait reçu ni accusé de réception ni réponse.

    Air Canada a également déclaré dans sa lettre qu’elle avait encore un contrat plus petit avec IAI où « conformément aux règlements de sécurité internationaux qui s’appliquent à tous les transporteurs, Bedek fournit un ingénieur aéronautique certifié pour effectuer un contrôle qui est requis sur les avions avant le départ de vols de retour réguliers au Canada ». Toutefois, ils ont noté que si des problèmes de fond sont décelés lors de ce contrôle, Air Canada envoie ses propres employés pour effectuer le travail.

    Ils n’ont pas abordé la question des produits alimentaires Sabra faisant partie du menu à bord de certains vols.

    Cependant, la Coalition canadienne BDS est heureuse que l’élément le plus significatif, c’est-à-dire, la participation d’Air Canada à Israel Aerospace Industries soit terminée. Compte tenu de la publicité récente que l’IAI a reçue dans la presse internationale au cours des derniers mois, il n’est pas surprenant que toute entreprise veuille se distancer d’un tel partenaire. Premièrement, nous avons entendu parler d’une filiale d’IAI participer à la construction du mur frontalier américano-mexicain. La semaine dernière, la presse israélienne a indiqué que l’IAI était l’une des 190 entreprises figurant sur la liste noire des Nations Unies pour violation du droit international en commerçant dans les territoires palestiniens occupés.

    Même si la question de l’impartition de la maintenance est toujours en cours et que nous continuerons de faire pression sur Air Canada pour le transport des produits Sabra et de leur petit contrat avec IAI, nous estimons qu’il s’agit d’une victoire nationale importante pour la campagne #AirCanadaComplicity. Nous remercions tous nos partisans, ici au Canada et à l’étranger, qui ont fait la différence en montrant que la justice pour les Palestiniens peut être atteinte. La volonté collective et les efforts de nos puissants mouvements pour la justice sociale ne peuvent être niés !

    Source : Canadian BDS Coalition

    • campagne BDS toujours.
      https://www.bdsfrance.org/succes-du-6eme-week-end-de-formation-et-dechange-de-la-campagne-bds-franc

      LES ÉTUDIANTS DE L’UNIVERSITÉ DE YORK CONTRE L’APARTHEID ISRAÉLIEN

      7 novembre 2017
      Les enseignants de l’Université de York boycottent les institutions universitaires israéliennes

      6 novembre 2017 – Toronto

      L’association des Étudiants Contre l’Apartheid Israélien de l’Université de York (SAIA York) est fière d’annoncer que les enseignants d’Études Environnementales (FES) de la troisième plus importante université du Canada ont boycotté l’Institut Arava d’Études Environnementales (AIES), une institution académique israélienne. Ce geste est une victoire majeure pour le mouvement de Boycott, Désinvestissement, Sanctions (BDS), étant donné que FES est ainsi le premier corps professoral du Canada à honorer l’appel de la société civile palestinienne pour « le boycott académique des institutions académiques israéliennes complices ».

      Le 26 octobre 2017, le FES a boycotté cette institution après le vote d’une motion du Conseil des Professeurs du FES de non-renouvellement d’un partenariat de longue date entre le FES et l’AIES. La motion, présentée par SAIA de York, a obtenu quinze pour, sept contre et une abstention. Alors que l’AIES a fait sa propre promotion comme institution agissant pour la paix et la coopération environnementale, la motion a condamné l’AIES comme institution ayant « une histoire d’injustices en greenwashing (écoblanchiment ou verdissement) et de nuisances environnementales » perpétrées par le gouvernement israélien.

      L’AIES est financée par le Fonds National Juif (FNJ). AIES a aussi des partenariats officiels avec le FNJ depuis 2002. En tant qu’association israélienne paragouvernementale, le FNJ a joué un rôle déterminant en faisant avancer le projet colonial d’Israël depuis plus de 100 ans. Ce projet a non seulement eut des effets dévastateurs sur le peuple palestinien indigène, mais il a aussi dévasté l’environnement. Pourtant, l’AIES se vante de ce partenariat sur son site web, louant « le cœur et l’action » du FNJ et ses « innovations écologiques ». Sur son site internet, Arava omet à point nommé l’héritage colonial du FNJ, qui sert à normaliser et à blanchir l’organisation et, par extension, l’histoire coloniale d’Israël.

      L’AIES a aussi démarré en 1996, comme un des programmes people-to-people (P2P) apparus à ce moment-là, qui se comptent par centaines. Les programmes P2P étaient fondés sur « des activités de coopération entre Israéliens et Palestiniens pour promouvoir la paix ». Ces programmes ont cependant échoué à créer la paix, au cours des vingt dernières années, parce qu’ils n’ont pas cherché à mettre fin à l’oppression du peuple palestinien par Israël. Ils ont plutôt perpétué l’oppression israélienne en encourageant la « coexistence » davantage que la « co-résistance » contre Israël. En encourageant la coexistence et la coopération environnementale, sans reconnaître le rôle oppressif d’Israël et le besoin de résister contre cette oppression, Arava a servi à normaliser et à verdir l’oppression israélienne.

      En boycottant l’AIES, le FES a pris une position courageuse sur le côté juste de l’histoire, pour exercer une pression sur Israël et sur les organisations israéliennes complices, pour mettre fin à leurs injustices contre le peuple palestinien. Ce qui est encore plus stimulant est que le le FES a franchi ce pas historique en considérant les récentes répressions contre BDS au Canada et ailleurs. FES a choisi de rester fidèle aux sources de l’écologie qui sont radicales, pour les droits humains, et anticoloniales, et de soutenir l’engagement de l’Université de York envers la justice sociale dans la mise en œuvre du boycott académique contre Israël. Nous espérons que cette victoire encouragera d’autres enseignants de York et d’autres institutions académiques à mettre en œuvre et soutenir le boycott académique contre Israël dans la lutte pour un monde libéré du colonialisme, de l’apartheid, de l’occupation et de la guerre, et dans la réalisation de la paix, de la justice et de l’égalité pour tous.

      Source : Students Against Israeli Apartheid at York University

      Traduction SF pour BDS France


  • Démission de Rafik Hariri du gouvernement Aoun pro-iranien et pro-syrien, en même temps qu’une gigantesque purge en Arabie Saoudite, chien de garde des puissances militaro-industrielles (France/Israël/GB/EU) dans la région.
    Ça ne présage rien de bon si ce n’est un gigantesque feu d’artifice sur le Liban. En attendant, après chaque bombardement israélien à la veille des fêtes, la diaspora libanaise peut continuer à réveillonner en grande pompe ! NRobin
    http://lisamandel.blog.lemonde.fr/2017/11/07/la-demission-de-saad-hariri




  • Après chaque accord d’association (Hamas/Fatah), des bombardements. Ça n’a pas raté !
    Strasbourg se mobilise.NRobin

    Samedi 4 novembre, journée de mobilisation pour la Palestine, de 11h à 18h place Kléber : chapiteau prévu avec 3 tables pour la diffusion de documents, notamment des cartes postales pour la libération de Salah Hamouri à faire signer. Cette acton est organisée et/ou soutenue par plusieurs organisations : CJACP - MJCF - PCF - UJFP - ATMF, Femmes Egalité - PCOF - CGT -

    L’armée israélienne a tué ce mardi 30 octobre 2017 neuf palestiniens et en a blessé dix-huit, lors des bombardements qui ont visé la ville de Khan-Younis, au sud de la bande de Gaza. Les avions militaires israéliens ont mené neuf raids sur différents lieux au sud de la bande de Gaza. Les agressions israéliennes contre les civils palestiniens se poursuivent dans tous les territoires palestiniens, avec en particulier, les arrestations de jeunes palestiniens. Salah Hamouri, en prison à nouveau depuis le 23 août, vient d’être condamné à 6 mois de prison.


  • "L’artiste de rue britannique Banksy a organisé mercredi une « cérémonie d’excuses » devant son hôtel en Cisjordanie occupée à l’occasion du 100e anniversaire de la déclaration Balfour qui a ouvert la voie à la création de l’Etat d’Israël.
    Dans une mise en scène surréaliste et sarcastique, une cinquantaine d’enfants palestiniens ont été reçus pour la prendre le thé par un acteur déguisé en reine d’Angleterre. Derrière eux, sur le mur de séparation israélien qui coupe la Cisjordanie, le mot « Sorry » a été gravé, en dessous de « Er » (Elizabeth Royal)."
    .
    https://assawra.blogspot.fr/2017/11/cisjordanie-banksy-organise-une.html
    http://fr.timesofisrael.com/lhotel-banksy-accueille-ses-premiers-clients-a-bethleem


  • Célébrations de Balfour, un rappel que le passé colonial n’est pas passé

    http://www.agencemediapalestine.fr/blog/2017/11/01/celebrations-de-balfour-un-rappel-que-le-passe-colonial-nest-pa

    Lord Arthur James Balfour, ancien premier ministre du Royaume Uni (George Grantham Bain/Wikipedia)

    Ben White
    30 octobre 2017

    Le 100ème anniversaire de la Déclaration Balfour représente beaucoup de choses, mais il ne devrait pas se passer sans que l’on observe comment, en 2017, les amis d’Israël continuent à justifier le projet sioniste avec le même lexique colonial que 100 ans plus tôt.

    La semaine dernière, un débat a eu lieu au Parlement sur le « Centenaire de la Déclaration Balfour », proposé par Matthew Offord, député conservateur de Hendon.

    Pendant la discussion, son collègue député Tory Jonathan Djanogly (Huntingdon) s’émerveilla du fait que l’État d’Israël « soit sorti du désert » ; Offord répliqua avec enthousiasme que les exploits scientifiques d’Israël sont en effet « réalisés dans un endroit qui, il n’y a pas si longtemps, n’était qu’un désert, comme le dit mon honorable ami »

    (Le mérite revient à la députée SNP Joanna Cherry d’avoir spécifiquement réfuté le commentaire d’Offord : « La population palestinienne… représentait près de 90 % de la population de la Palestine en 1917. La terre n’était pas, comme l’a dit l’honorable député de Hendon, déserte Il y avait des villes et des villages… »)

    Il y a une longue tradition de description de la Palestine comme étant « vide », tradition maintenue au parlement comme partout ailleurs (et peut-être encore plus). Les Sionistes « ont transformé le désert en vergers » ; a dit Lord Mitchell dans un débat en 2014 ; ils « ont fait fleurir le désert », comme l’a dit la baronne Deech en 2015.

    Lisez : 100 ans après la signature de la Déclaration Balfour…Que faire maintenant ?

    Suite sur ce lien :
    http://www.agencemediapalestine.fr/blog/2017/11/01/celebrations-de-balfour-un-rappel-que-le-passe-colonial-nest-pa


  • http://www.ujfp.org/spip.php?article5936

    Un article de Pierre Stambul, initialement paru dans la revue Émancipation.

    La division de la Palestine qui n’a pas d’État, mais a deux gouvernements rivaux, c’est la grande victoire d’un l’occupant qui a programmé la fragmentation de la Palestine.
    Des gouvernements d’Union Nationale, il y en a déjà eu. En 2006, il y avait eu un gouvernement d’union dirigé par Ismail Haniyeh du Hamas puisque ce parti avait gagné les élections. L’Europe et la « communauté internationale » avaient alors puni collectivement la Palestine d’avoir « mal » voté et avaient coupé les vivres, provoquant le chaos. Cette même « communauté internationale » avait incité le Fatah à tenter un coup d’État à Gaza et par contrecoup, le Hamas avait pris le pouvoir.

    En avril 2014, nouvelle tentative de gouvernement d’union. Cette union est certainement une des raisons de l’attaque israélienne deux mois plus tard. L’opération « Bordure Protectrice » dévastera Gaza (2400 mortEs) et le gouvernement d’union n’y survivra pas. De toute façon, soyons sans illusion : un gouvernement d’union, ce sont souvent des ministres proches du FMI. En deux mois d’existence, ce gouvernement éphémère de 2014 aura eu le temps de supprimer la formation des maîtres.

    Est-ce que ça peut marcher cette fois-ci ?

    Tous les interlocuteurs palestiniens interrogés disent (et espèrent) que, cette fois, c’est du sérieux. La principale raison, c’est que les deux grands partis, Fatah et Hamas, ont chacun des projets politiques qui sont en échec.

    Le Hamas a pu avoir par moments des soutiens politiques étrangers importants : il les a tous perdus ces derniers temps, et son allié qatari est dans une situation difficile. Son impopularité à Gaza va croissant, à la fois parce que sa répression sur le plan « moral » est refusée par une fraction significative de la population et parce que son exercice du pouvoir engendre clientélisme et corruption sur fond de pénurie généralisée.

    L’Autorité Palestinienne et surtout son dirigeant, Mahmoud Abbas, sont de plus en plus discrédités comme des auxiliaires de l’occupant. La décision d’Abbas de provoquer le chaos à Gaza en cessant de payer le pétrole israélien, en baissant les salaires et en mettant des milliers de fonctionnaires à la retraite anticipée, a accru son impopularité.
    S’y est ajoutée l’intervention de Mahmoud Dahlan. Ce dirigeant mafieux issu du Fatah est devenu le grand rival de Mahmoud Abbas. Alors que c’est lui qui a provoqué la défaite du Fatah à Gaza en 2007, il a signé un accord avec le Hamas. Mahmoud Abbas n’avait plus le choix.

    Parmi les points de désaccord qui entretenaient la division, il y en a qui semblent faciles à résoudre : le contrôle des frontières, tous les partis y participeront. Les branches militaires, tous les partis en ont, même le Fatah.

    L’Égypte a parrainé l’accord, ça devrait théoriquement permettre une réouverture de la frontière de Rafah entre Gaza et l’Égypte, aussi bien pour les humains que pour les marchandises. Là aussi, c’est l’incertitude : la frontière donne sur le Sinaï et Daesh y a tué plusieurs soldats égyptiens quelques jours après l’accord.

    Sans doute le problème qui semble le plus insurmontable, c’est celui de la fonction publique. Il y en a 3 à Gaza : il y a les fonctionnaires qui travaillent (enseignantEs et personnels médicaux) et qui sont payés par Ramallah. Il y a ceux qui sont payés par Ramallah depuis 2007 à la condition express qu’ils ne travaillent pas (pour le Hamas). Et il y a des dizaines de milliers de fonctionnaires recrutés sur base clientéliste et payés par le Hamas. Jusqu’à présent, l’Autorité Palestinienne a toujours refusé de prendre en charge leur salaire. On ne sait pas si l’accord prévoit quelque chose pour eux.

    Pour les Palestiniennes, la division est une honte, nous avons souvent entendu dans les rues : « les partis ne pensent qu’à leurs intérêts particuliers et il manque à la Palestine un Mandela ». Si la pression populaire fait vivre cette réunification, il restera une inconnue : que va faire le gouvernement israélien ? Attaquer comme en 2014 ?

    Pierre Stambul

    Articles de cet auteur

    Il y a 100 ans, la déclaration Balfour
    Derrière les fronts : résistances et résilience en Palestine
    À Limoges, le 1er avril 2017 : "Gaza : la vie en cage", vidéo-conférence et débat
    Boycotter et sanctionner Israël, il n’y a pas d’alternative.
    L’intolérable révisionnisme sur le colonialisme


  • http://www.afrique-asie.fr/declaration-balfour-la-violence-du-texte

    Déclaration Balfour, la violence du texte
    Publié par Bruno Guigue
    01 novembre, 2017

    La lecture occasionnelle du Figaro permet parfois de dénicher quelques perles ! Je cite : “La Déclaration Balfour est l’un des documents diplomatiques les plus importants de l’histoire du Moyen-Orient au XXe siècle : la promesse d’un foyer national juif en Palestine ; le sionisme politique obtient une garantie juridique internationale” (Véronique Laroche-Signorile, 31/10). Voilà qui est fort, très fort même. Faire passer la Déclaration Balfour pour une “garantie juridique internationale” relève carrément de l’exploit conceptuel.

    http://www.afrique-asie.fr/wp-content/uploads/2017/11/Declaration-BalfourPalestineGaza-702x336.jpg
    – La violence sioniste qui cible quotidiennement le peuple palestinien – comme ici à Gaza – est la conséquence logique de la Déclaration Balfour
    Signée le 2 novembre 1917, cette déclaration était une lettre du ministre des affaires étrangères britannique, Lord Balfour, au dirigeant sioniste Lord Rothschild. Que dit-elle ? “Le gouvernement de Sa Majesté envisage favorablement l’établissement en Palestine d’un foyer national pour le peuple juif, et emploiera tous ses efforts pour faciliter la réalisation de cet objectif, étant clairement entendu que rien ne sera fait qui puisse porter atteinte ni aux droits civils et religieux des collectivités non juives existant en Palestine, ni aux droits et au statut politique dont jouissent les Juifs dans tout autre pays.”

    Pour Londres, ce texte poursuivait un double objectif. La Première Guerre mondiale battait son plein, et il s’agissait de rallier à l’Entente l’opinion juive mondiale. En déposant ce présent aux pieds du mouvement sioniste, on comptait obtenir le soutien enthousiaste des juifs américains. Mais ce n’est pas tout. Parrainé par l’Empire britannique, le foyer national juif devait en devenir le bastion avancé au cœur du Moyen-Orient. La Déclaration Balfour, en réalité, est un acte unilatéral qui relève de la politique impériale britannique.

    C’est pourquoi ce texte n’offrait aucune “garantie juridique internationale” à qui que ce soit. Mal nommer les choses interdit de les comprendre, et en fait ce fut exactement l’inverse. Nouant l’alliance entre l’Empire et un mouvement nationaliste européen pétri d’ambition coloniale, la lettre de Balfour est précisément la négation de toute garantie légale internationale. Elle acte la dépossession des propriétaires légitimes d’une terre qui est offerte à la prédation sioniste en violation du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. La Déclaration Balfour, c’est le viol colonial de la Palestine arabe, et rien d’autre.

    Comme le dit l’écrivain sioniste Arthur Koestler, “une nation a offert à une autre nation le territoire d’une troisième”. Le foyer national juif s’est épanoui grâce à cette forfaiture, la violence de la conquête sioniste se trouvant sanctifiée au nom d’une “œuvre civilisatrice” dont l’occupant britannique (1922-1947) osa se prévaloir sans vergogne. Ce qui est au cœur de la Déclaration Balfour, c’est le colonialisme européen dans son affligeante banalité. Elle distingue en effet deux populations qui ne sont pas logées à la même enseigne. La première se voit reconnaître des droits politiques, tandis que la seconde (90% des habitants) est balayée d’un trait de plume. La première est un sujet, la seconde un simple objet.
    https://i1.wp.com/jcpa.org/wp-content/uploads/2017/02/1743866_original.jpg
    – Texte original de la Déclaration Balfour. “Une nation a offert à une autre nation le territoire d’une troisième”, écrira à propos de ce document l’écrivain sioniste Arthur Koestler.
    Certes on reconnaît aux “collectivités non juives” des “droits civils et religieux”. Mais cette reconnaissance se fait en creux, par défaut. Pour les définir, on emploie la négation. Ce sont des “populations non juives”, et non des populations arabes. Le texte les prive de toute existence positive, il les traite comme des surnuméraires qu’on exclut du bénéfice de l’autodétermination. Car les “droit civils et religieux” ne sont pas des “droits politiques”, mais des droits relatifs au statut personnel et à l’exercice du culte. Que les Arabes conservent leurs coutumes, du moment qu’ils n’entravent pas la marche du peuple juif vers la souveraineté !

    Contre les Palestiniens, la Déclaration Balfour a exercé une violence symbolique de longue portée. Elle scella l’alliance entre un mouvement nationaliste qui voulait “une Palestine aussi juive que l’Angleterre est anglaise” (Haïm Weizmann) et un Empire hégémonique qui entendait le rester. L’Empire a fondu, mais le sionisme s’est imposé par la force. En les privant de droits politiques, Balfour a transformé les autochtones en résidents de seconde zone, il en a fait des étrangers dans leur propre pays. La violence du texte colonial n’a cessé d’exercer ses méfaits depuis un siècle, culminant en une tentative d’oblitération que seule la résistance du peuple palestinien a pu mettre en échec.

    Bruno Guigue est ancien haut fonctionnaire, essayiste et politologue français né à Toulouse en 1962. Ancien élève de l’École Normale Supérieure et de l’ENA. Professeur de philosophie dans l’enseignement secondaire et chargé de cours en relations internationales dans l’enseignement supérieur. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages, dont « Aux origines du conflit israélo-arabe, l’invisible remords de l’Occident » (L’Harmattan, 2002).


  • Livre : Retours sur une saison à Gaza de Vivian Petit
    http://www.scribest.fr/images/article/167/RETOURS_COUV%20AVANT-WEB.jpg

    http://www.agencemediapalestine.fr/blog/2017/10/09/11608

    ARTICLE
    « Retours sur une saison à Gaza » : Interview avec Vivian Petit
    9 10 2017
    Interview de Vivian Petit à l’occasion de la sortie de son livre » Retours sur une saison à Gaza« , par l’Agence Média Palestine, le 9 octobre 2017

    Bonjour Vivian. Ton livre est en partie un témoignage des deux mois et demi que tu as passés à Gaza en 2013. Qu’est ce qui t’a motivé à aller séjourner à Gaza ?

    VP : Bonjour. J’écris dans cet ouvrage qu’il est assez difficile de réduire une motivation, un choix, une attirance, à une seule cause, et cela ne me paraît pas souhaitable. Je peux par contre tenter d’expliquer mon lien à la cause palestinienne. Mes premières réflexions politiques datent de l’adolescence, et concernaient l’antiracisme et l’anticolonialisme. C’est notamment le rap français qui a participé à cet éveil. Aussi, 2006 est l’année de mes premières manifestations, contre le CPE, et c’est aussi l’année où Israël a attaqué le Liban. Ça m’avait alors semblé logique de manifester contre cette agression, en compagnie d’une partie des personnes rencontrées les mois précédents dans les manifestations lycéennes et étudiantes. Mon premier voyage en Palestine date de 2009, j’étais allé en Cisjordanie et à Jérusalem avec des militants de SUD-Etudiant, dont j’étais membre. J’ai eu envie de retourner en Palestine quelques années plus tard, après avoir travaillé à Londres auprès du Boycott National Commitee. En 2013, j’ai donc profité du fait que la frontière entre l’Egypte et Gaza était ouverte suite à la chute de Moubarak pour aller y passer quelques mois.
    Tu affirmes qu’à Gaza en 2014, les soldats israéliens ont parfois eu pour ordre de tuer toute personne non membre de l’armée d’occupation israélienne, peux-tu détailler ?

    VP : Ce n’est pas moi qui l’affirme, mais des soldats qui ont participé à l’opération eux-mêmes. J’invite tous les lecteurs à lire la brochure publiée en 2015 par l’ONG israélienne Breaking the silence, intitulée This is how we fought in Gaza. Le récit des évènements est clair : après l’invasion terrestre de la Bande de Gaza à l’été 2014, la plus grande partie fut déclarée « zone de combat » par Israël, et la totalité des habitants de cette « zone de combat » s’est vu ordonner de quitter les lieux pour se réfugier dans des écoles ou des centres de l’ONU, eux aussi parfois pris pour cibles. Dans des camps de réfugiés, comme celui d’Al-Bureij, les soldats ciblaient des maisons au hasard, et attendaient l’éventuelle riposte de combattants. Faute de riposte, ils détruisaient les habitations avant de partir, tuant les habitants qui n’avaient pas fui. Les seules restrictions au fait de tirer étaient les distances liées à la présence de soldats israéliens, et étaient fixées dans le seul but d’éviter les « tirs amis ». On peut aussi parler du massacre commis dans la nuit du 19 au 20 juillet à Shuja’iyya, à l’est de la ville de Gaza, où plus de cent palestiniens ont été tués en représailles à la mort de sept soldats israéliens tombés dans une embuscade. Ou du massacre commis les 22 et 23 juillet à Kuza’a, une ville agricole qu’Israël veut transformer en no man’s land depuis bien avant 2014 …
    Dans les médias dominants, le dernier massacre israélien à Gaza a été présenté comme un ensemble de « représailles » à des tirs de roquettes du Hamas …
    VP : A chaque opération à Gaza, les médias occidentaux reprennent quasi systématiquement la chronologie des évènements telle qu’elle est présentée par l’armée israélienne. Chaque bombardement ferait suite à tel ou tel jet de roquettes par le Hamas, comme s’il s’agissait d’un instant 0, du début de l’histoire. Sous couvert de neutralité, on crée en outre une fausse symétrie, entre les bombardements du colonisateur et les jets de roquettes du colonisé et en oubliant les faits mêmes de l’occupation ou du blocus. L’un des objectifs de mon ouvrage est de démontrer qu’il n’y a pas la guerre d’un côté et la paix de l’autre, qu’il n’y a pas des périodes de trêve qui seraient rompues par un « cycle de la violence ». Les bombardements israéliens sur Gaza sont au contraire le prolongement direct du blocus et de la politique menée par Israël à longueur d‘année. Par exemple, si le village de Kuza’a a été victime d’un massacre à l’été 2014, ce même village était déjà en 2013 la cible des incursions de jeeps et de chars autant que des menaces des snipers israéliens. Cela rappelait aux habitants de Kuza’a qu’Israël rêvait de faire de cet endroit situé près des bordures israéliennes un véritable no man’s land, autant pour des raisons sécuritaires que pour endiguer toute autosuffisance des palestiniens. Un an après le massacre, en 2015, les champs de Kuza’a ont été la cible de jets de pesticides par l’aviation israélienne. Si Kuza’a venait à être de nouveau bombardé, seuls ceux qui ne se seraient jamais intéressés à l’histoire du lieu pourraient faire remonter l’origine de ces bombardements à un jet de roquette intervenu quelques jours ou quelques heures auparavant … Pour comprendre cela, il suffirait de ne pas s’intéresser à la Palestine uniquement lorsque des Israéliens meurent … En Occident, cette conception de l’information n’est cependant pas propre à ce qu’il se passe en Palestine. On peut par exemple remarquer que c’est uniquement lorsque des soldats français tombent dans une embuscade qu’on se rappelle de la présence de notre armée aux quatre coins du monde pour protéger des dictateurs proches des grandes entreprises françaises.

    Pendant ton séjour, tu as donné des cours de français à l’université de Gaza, peux-tu nous faire un état des lieux de la situation des étudiants à Gaza et nous parler de ton expérience ?

    VP : Il y a cinq universités à Gaza, dont trois principales : l’université islamique, fondée par les Frères musulmans, l’université Al-Azhar, fondée par le Fatah, et l’université Al-Aqsa, dépendant de l’Autorité Palestinienne de Ramallah. Elle compte 25 000 étudiants, dont 22 000 étudiantes, soit 80%. C’est celle où j’ai travaillé. J’étais employé au département de français. J’étais en charge du cours d’expression orale et écrite en première année, et d’ateliers de lecture et de conversation pour les années suivantes. Evidemment, l’enseignement est soumis aux mêmes aléas que partout ailleurs à Gaza, coupures d’électricité qui gênent les cours ou empêchent de travailler chez soi, blocus qui empêche des étudiants ou des professeurs de répondre aux invitations d’autres universités, retard ou annulation dans l’arrivée d’un conférencier (ou dans le retour d‘un professeur s’il a réussi à sortir de la bande de Gaza), etc. En outre, l’absence de perspectives entraîne souvent une démotivation chez les étudiants après quelques années d’études. La baisse de motivation en quatrième année au département de français de l’université Al-Aqsa était le sujet du mémoire de Riad Raschwan, un étudiant du département de français. Il a effectué un sondage dans sa promo, et 100% des étudiants lui ont dit qu’ils étaient sûrs de ne pas trouver d’emploi une fois leur diplôme obtenu.

    Tu affirmes que pendant trop longtemps, les mouvements de gauche en France, dans leurs rapports à l’Autorité Palestinienne et au parti travailliste israélien ont été prisonniers de leur soutien à feu le « processus de paix » ? Peux-tu développer ?

    VP : Une partie de la gauche française est historiquement proche du parti travailliste israélien et du Fatah, et a applaudi à la signature des accords d’Oslo. C’est pourtant le parti travailliste qui a été au pouvoir pendant la plus grande partie de l’histoire d’Israël, a mené les guerres de conquête et mis en place la colonisation. Aussi, plus de vingt ans après la signature des accords d’Oslo, il est évident que l’Autorité Palestinienne n’est pas l’embryon d’une indépendance, mais un ensemble d’institutions auxquelles Israël a délégué la gestion de certains territoires. La « coopération sécuritaire » entre l’Autorité Palestinienne et Israël est la principale raison d’être du discours tentant de nous faire croire qu’il y aurait un « processus de paix » pendant que la colonisation s’accélère, et que l’armée israélienne et la police palestinienne répriment conjointement les Palestiniens qui se révoltent. Il est en outre intéressant d’observer que les montants des subventions versées à l’Autorité Palestinienne ont augmenté à partir de 2001, c’est-à-dire lors de la seconde intifada et de sa répression, au moment où il apparaissait clairement qu’il n’y aurait pas d’Etat palestinien à côté d’Israël. Soutenir l’Autorité Palestinienne lorsqu’on se dit contre l’occupation et solidaire des Palestiniens me paraît profondément problématique, car plutôt que de considérer qu’il y aurait une occupation à combattre ou une résistance à aider (par exemple en ciblant, comme le propose la campagne BDS, les entreprises israéliennes et toutes les entreprises complices de la colonisation de la Palestine), on en vient à penser qu’il y aurait seulement des besoins à combler, une économie à soutenir, un État à créer, et in fine, seulement des institutions avec lesquelles travailler. Quand bien même ces institutions travaillent contre le peuple palestinien, comme c’est le cas de l’Autorité Palestinienne.

    Pour commander « Retours sur une saison à Gaza », aux éditions Scribest :

    http://www.scribest.fr/article-167-retours-sur-une-saison-a-gaza


  • Belle initiative ! NRobin

    http://m.huffingtonpost.fr/dominique-sopo/pour-la-jeunesse-dalgerie-et-de-france-il-faut-des-actes-concrets-d
    LES BLOGS
    Pour la jeunesse d’Algérie et de France, il faut des actes concrets de réconciliation
    Lettre ouverte de la jeunesse des deux rives à leurs Ministres des Affaires Etrangères de France et d’Algérie. 17/10/2017
    Dominique SopoPrésident de SOS Racisme
    Abdelouhab FersaouiPrésident de l’association nationale de jeunes, Rassemblement-Actions-Jeunesse

    PHILIPPE WOJAZER / REUTERS
    BLOG - Pour la jeunesse d’Algérie et de France, il faut des actes concrets de réconciliation.

    Messieurs les Ministres,

    Aujourd’hui, nous savons. Le mardi 17 octobre 1961 à Paris, la police française réprimait une manifestation d’Algériens qui, bravant le couvre feu auquel ils étaient soumis, manifestaient pour le droit à l’indépendance.

    Arrêtées, frappées à terre, jetées dans la Seine, plus d’une centaine de personnes furent assassinées.

    Longtemps, ce massacre a été occulté.

    Ce ne fut pas le seul. Le 8 mai 1945 et les jours qui suivirent, le pouvoir colonial français arrêtait, bombardait, tuait des milliers d’Algériens qui, inspirés par la toute fraîche victoire de la liberté, réclamaient la leur.

    Cette date marque le début « d’événements », puis d’une guerre qui de 1954 à 1962 devait séparer nos deux pays, emportant tant de vies sous le rouleau compresseur des bombardements, des attentats, de la torture, des enlèvements, des camps, des assassinats, des ratonnades et de l’exil.

    Ce fut une guerre d’une grande violence, nourrie par l’attachement narcissique à l’Empire, le racisme colonial, et une soif de liberté et d’autodétermination d’un peuple colonisé.

    Nous portons toujours, collectivement et individuellement, les stigmates de ce conflit ravageur. Le 15 février dernier, candidat en déplacement en Algérie, le nouveau Président de la République française qualifiait la colonisation de « crime contre l’Humanité ». Au-delà des débats sur la validité juridique de cette expression utilisée pour qualifier l’abomination du colonialisme, les réactions violentes qu’elle provoqua en France témoignent bien « d’une névrose française ». Cette agressivité et cette incapacité à parler du passé sont le fruit d’un silence et de mémoires conflictuelles, trop longtemps entretenus. Des blessures non soignées, legs des violences et des exils, continuent de miner le corps social. Elles poussent nombre d’entre nous vers la haine et le racisme et nous empêchent tous de respirer.

    Mais nous sommes aussi cette France métissée et cette Algérie qui, dans sa diversité, souhaitons aujourd’hui lire la page du passé pour se parler.

    Nous, jeunesse de France et d’Algérie, nous voulons construire des liens pour parler avec calme et sans acrimonie de ce que fut ce régime colonial dans lequel la France bafouait tous ses principes, de ce qu’il s’est passé à Dahra en 1845, à Sétif cent ans après, dans les Aurès et à Alger pendant la Guerre d’Indépendance, à Paris en 1961, à Oran en 1962, à la ferme Ameziane ou à la villa Sessini, à MontLuc ou Rivesaltes, du sort qui attendait ceux qui durent prendre la route de l’exil.

    Nous voulons construire des projets en commun, des récits apaisés qui reflètent la pluralité des histoires et que seuls guident la vérité et la justice pour lutter contre les discours racistes et négationnistes.

    Nous voulons construire des avenirs qui nous permettent enfin de nous rencontrer, nous parler, voyager et étudier ensemble.

    Nous voulons construire des ponts pour découvrir Paris, Oran, Bejaia, Lyon, Alger, Lille, Sétif et Marseille, apprendre l’arabe, le français et le tamazight sans craindre les foudres de ceux qui voient dans l’Autre, non une chance, mais leur propre perte.

    L’expérience franco-allemande nous offre aujourd’hui des modèles pour surmonter les tourments du passé. Après trois guerres sales et sombres, nous célébrons cette année 72 ans de paix, un couple moteur d’un rêve européen appuyé sur des jeunesses connectées. Dans ce processus, il nous parait essentiel de saluer le rôle joué depuis 1963 par l’OFAJ dont la création, le dynamisme et l’efficacité nous ont ouvert tant de portes que nous croyions fermées.

    C’est ce modèle qui aujourd’hui inspire la réconciliation dans les Balkans où tant d’espoirs et d’efforts ont été placés dans RYCO pour que des jeunes dont les parents s’entretuaient puissent croire en un avenir débarrassé de la haine.

    C’est pourquoi, prêts et inspirés par ces expériences, nous appelons ardemment de nos vœux la création d’un Office Franco-Algérien/Algéro-Français de la Jeunesse et vous appelons, Messieurs les Ministres, à porter à ce projet l’attention, l’ambition et les moyens à la hauteur des enjeux et du travail à accomplir.

    Cet outil actera la réconciliation, mettra les institutions et la société civile au travail pour investir dans la jeunesse et dépasser les tensions.

    Depuis l’Antiquité, l’espace méditerranéen est un cœur battant au sein duquel la circulation des êtres humains, des idées et des biens rythme et nourrit notre enrichissement mutuel. Depuis 55 ans, une partie de cet espace semble s’être refermé et cela nie notre histoire et la réalité de nos identités. Il est plus que temps d’ouvrir ces portes.

    Signataires

    Associations en France :

    Dominique Sopo, Président de SOS Racisme

    Hassan Benhsain, Président de la FIDL – Fédération Indépendante et Démocratique et Lycéenne

    Clara Jaboulay, Présidente de l’UNL – Union Nationale Lycéenne

    Lilâ Le bas, Présidente de l’UNEF – Union Nationale des Etudiants de France

    Jimmy Losfeld, Président de la FAGE – Fédération des Associations Générales Etudiantes

    Samy Chelli, Président de l’UEAF – Union des Etudiants Algériens de France

    Benjamin Lucas, Président des Jeunes Socialistes

    Aurélien Sebton, Président de l’UDI Jeunes

    Florian Humez, Président des Jeunes République En Marche

    Célia da Costa Cruz et Hugo Cordier – Co-secrétaires des Jeunes Ecologistes

    Associations en Algérie :

    Firas Ferhat, Président de CIVIC Oran - Comité d’initiative et de Vigilance Citoyenne

    Nourdinne Benissad, Président de la LADDH - Ligue Algérienne de Défense des Droits de l’Homme

    Metair Kouider, Président de Bel Horizon (Oran)

    Nadira Benketira, Présidente de Graine de Paix

    Ali Mansouri, Président de l’ADCE - Association de Développement des Capacités des Etudiants

    Abdelouhab Fersaoui, Président de RAJ - Rassemblement Actions Jeunesse

    Initiative soutenue par :

    Mustapha Bouras, Président du CEFIR

    Alain Desjardin, Président de la 4ACG – Association des Anciens Appelés en Algérie et leurs Amis contre la Guerre

    Jacques Pradel, Président de l’ANPNPA – Association Nationale des Pieds Noirs Progressistes et leurs Amis.

    George Morin, Président de Coup de Soleil

    Hakim Addad, membre fondateur et ancien secrétaire général de RAJ.


  • S’il n’y avait que la Palestine !
    Est-ce pour nous faire oublier sa responsabilité dans la 2ème guerre d’Irak ?

    https://www.algeriepatriotique.com/2017/10/15/blair-cedant-pressions-israel

    Tony Blair : « J’ai commis l’irréparable en cédant aux pressions d’Israël »
    octobre 15, 2017
    Lyes Khaldoun
    https://www.algeriepatriotique.com/wp-content/uploads/2017/10/TB-Isr.jpg
    Tony Blair reconnaît enfin qu’il agissait sur ordre de l’entité sioniste. D. R.

    De Londres : Boudjemaa Selimia –L’ancien Premier ministre britannique, Tony Blair, a surpris tous les observateurs qui suivent de près le dossier israélo-palestinien, en avouant pour la première fois dans un entretien qu’il a accordé au Guardian, à quelques jours de la sortie de son livre L’aube de Gaza, que les dirigeants des grandes puissances occidentales, lui-même inclus, ont commis l’irréparable pour avoir cédé aux pressions d’Israël d’imposer un boycott immédiat au mouvement palestinien Hamas après sa victoire aux élections palestiniennes en 2006.

    En qualité de Premier ministre britannique de l’époque, Tony Blair a soutenu sans réserve la décision de son allié, le président américain George W. Bush, de mettre un terme aux aides destinées aux populations de Gaza et rompre toute relation avec le mouvement Hamas nouvellement élu pour présider aux destinées du peuple palestinien, sauf s’il reconnaît Israël, renoncer à la lutte armée et observer à la lettre les accords existants entre ses prédécesseurs du Fatah et Israël. L’ultimatum a été rejeté en bloc par le Hamas, qui venait de remporter des élections, jugées libres et démocratiques par les observateurs internationaux.

    Tony Blair, qui a été nommé au poste d’envoyé spécial du quartette au Proche-Orient – composé des Etats-Unis, de l’UE, des Nations unies et de la Russie –, après son départ du 10 Downing Street, affirme aujourd’hui que la communauté internationale aurait géré le problème différemment. Il fallait, selon lui, intégrer le Hamas dans un processus de discussion, plutôt que de l’exclure totalement de la scène politique palestinienne.

    Le boycott a permis, il faut le dire, à Israël d’imposer un blocus économique impitoyable sur Gaza, en vigueur jusqu’à ce jour. Ce qu’il faut aussi savoir est qu’un rapport de l’ONU, rendu public il y a deux ans, a clairement souligné que les effets combinés du blocus et les trois offensives militaires menées dans la bande de Gaza par Israël depuis 2009 ont transformé les territoires en zone « inhabitable » d’ici à 2020, alors que les conditions humanitaires se sont nettement dégradées depuis la rédaction du rapport onusien.

    Cette sortie fracassante de l’ex-Premier ministre britannique, le travailliste Tony Blair, en abordant un sujet de politique étrangère extrêmement sensible, intervient dans une conjoncture dominée par l’émergence d’une nouvelle donne sur la scène palestinienne. Il s’agit bien évidemment du processus de réconciliation entre le mouvement Hamas et le Fatah, concrétisé après la signature tout récemment par les deux belligérants d’un accord de réconciliation historique destiné à mettre fin à une décennie de déchirements dévastateurs entre les deux principales formations sur la scène politique palestinienne.

    R. S.

    • Rappel : 2ème guerre d’Irak, encore une histoire de pétrole. NRobin

      http://www.lefigaro.fr/international/2013/03/20/01003-20130320ARTFIG00500-guerre-d-irak-comment-tout-a-commence-il-y-a-dix-

      Guerre d’Irak : comment tout a commencé il y a dix ans
      Par Arielle Thédrel Publié le 20/03/2013 à 14:38
      http://www.lefigaro.fr/medias/2013/03/20/fabc5d86-9162-11e2-8adb-8a7f0c4ffd50-178x178.jpg
      Guerre d’Irak : comment tout a commencé il y a dix ans
      L’invasion de l’Irak, le 20 mars 2003, par la coalition menée par les États-Unis fut une partie de poker menteur qui se solda par plusieurs centaines de milliers de morts. RAMZI HAIDAR/AFP

      Le 20 mars 2003, l’armée américaine intervient en Irak. George W. Bush et les faucons de son gouvernement n’auront de cesse de convaincre leurs alliés que Saddam Hussein détenait des armes de destruction massive.

      « Toutes les guerres sont des erreurs », confie le général australien Peter Cosgrove, qui dirigeait les forces australiennes en Irak en 2003. « Dans le cas de l’Irak, ajoute le Suédois Hans Blix, il y a eu une tentative de la part de certains pays d’éradiquer des armes de destruction massive qui n’existaient pas ». Hans Blix sait de quoi il parle. Il dirigeait à l’époque la commission de l’ONU chargée de rechercher la présence d’armes de destruction massive en Irak.
      L’invasion, le 20 mars 2003, de l’Irak par la coalition menée par les États-Unis fut en effet une immense partie de poker menteur qui se solda par plusieurs centaines de milliers de morts. Dix ans plus tard, le bilan fait honte à une bonne partie des Américains eux-mêmes. L’Irak est loin, très loin, d’être cette démocratie rêvée par George W. Bush et ses éminences grises, ces néoconservateurs qui se refusent toujours à lever le voile sur les coulisses de ce conflit : le vice-président Dick Cheney, le secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld ou bien son secrétaire adjoint Paul Wolfowitz…
      L’« Axe du Mal »

      Saddam Hussein était-il impliqué dans les attentats du World Trade Center (11 septembre 2001) ? C’est la question posée dès le lendemain des attaques par George W. Bush à ses subordonnés. Un rapport des services de celle qui est alors conseillère pour les questions de sécurité, Condoleezza Rice, assure que non : il n’y a aucun lien entre l’Irak et al-Qaida. N’empêche, les spéculations vont bon train. James Woolsey, qui dirige alors la CIA, évoque un « mariage très fructueux entre Saddam Hussein et Ben Laden ». Le ministre de la Défense italien Antonio Martino se risque à aller encore plus loin. Selon Martino, Oussama Ben Laden pourrait n’être qu’un simple exécutant d’un État voyou… Ainsi va naître « l’Axe du mal », un remake de « l’Empire du mal » de Ronald Reagan. En 2002, le vice-président américain Dick Cheney entreprend une tournée diplomatique, où il martèle que Saddam « développe des armes de destruction massive ». Il rencontre notamment le premier ministre britannique Tony Blair qui se rallie sans peine à ce scénario au point, quelques mois plus tard, de présenter un rapport de 55 pages démontrant que l’Irak développe non seulement des armes chimiques et bactériologiques, mais aussi des armes nucléaires qui pourraient être opérationnelles d’ici un à cinq ans…
      Une « tache » dans la carrière de Colin Powell

      Devant le Conseil de sécurité de l’ONU, Hans Blix et Mohamed ElBaradei, à la tête des inspecteurs de l’ONU, indiquent pourtant n’avoir trouvé aucune preuve de ces allégations. La France de Jacques Chirac appelle à la prudence. Le 5 février 2003, le prestigieux Colin Powell, alors secrétaire d’État, tente de convaincre le Conseil de sécurité des Nations-Unies de la « légitimité » d’une intervention militaire. Il s’appuie sur des photos satellitaires, des écoutes téléphoniques et agite une fiole supposée contenir de l’anthrax. Il insiste : « Chacune des déclarations que je fais aujourd’hui s’appuie sur des sources solides ». Mais tout est « bidon » et le général Powell le regrettera amèrement. Une « tache dans ma carrière », va-t-il reconnaître quelques années plus tard.
      Le 20 mars 2003, malgré l’hostilité de la France, de la Russie et de la Chine, Washington décide de lancer l’opération « Irak Freedom » sans l’aval du Conseil de sécurité. Une guerre éclair qui aboutit en quelques jours à la chute du régime de Saddam Hussein, mais plongera durablement l’Irak dans le chaos. Le 13 décembre 2003, Saddam Hussein est débusqué dans sa cachette près de Tikrit, barbu, hirsute, méconnaissable. Il sera exécuté par pendaison un an plus tard.
      L’attentat contre un mausolée chiite de Samarra, au nord de Bagdad, en février 2006, donne le coup d’envoi d’un conflit confessionnel d’une violence inouïe. Combats de rue, attentats, assassinats mettant aux prises insurgés chiites et sunnites d’un côté, forces de la coalition de l’autre. Al-Qaida et ses affiliés s’implantent dans le pays. L’apocalypse commence. Chaque mois, les victimes se comptent par milliers. Dix ans plus tard, la situation sécuritaire, si elle n’est pas comparable avec celle qui prévalait de 2005 à 2008, demeure précaire. Mardi, cinquante-deux personnes ont été tuées lors d’une nouvelle série d’attentats antichiites revendiqués par al-Qaida.
      Une « faillite » du renseignement américain

      Aucune arme de destruction massive n’a été retrouvée en Irak. Alors, qui a menti ? La CIA a plaidé coupable. Les informations collectées n’étaient pas solides, les analyses bâclées et les conclusions fondées sur des hypothèses erronées. Le résultat, affirme un rapport officiel d’enquête publié en 2005, a été « l’une des faillites du renseignement les plus préjudiciables de l’histoire américaine ».
      Mais la communauté du renseignement n’est pas seule en cause. « Affirmer que tout le processus a été imperméable au climat politique n’est tout simplement pas crédible » affirme Paul Pillar, un ancien de la CIA, spécialiste du Moyen-Orient, aujourd’hui professeur à l’université Georgetown. En février 2011, un certain Rafid Ahmed Alwan al-Janabi révèle dans une interview au quotidien britannique The Guardian qu’il est à l’origine de cette vaste « intox ». Proche des services secrets américains, « Curveball » - c’est son nom de code - affirme avoir tout inventé pour convaincre les États-Unis de renverser Saddam Hussein. Outré d’avoir été aussi grossièrement manipulé, Colin Powell sort de sa réserve et demande que la CIA et le Pentagone lui expliquent pourquoi ils lui avaient transmis des informations erronées. « C’est absurde », lui répond Donald Rumsfeld qui admet des « erreurs », mais se défend, sans convaincre, d’avoir été « malhonnête ».
      L’enjeu pétrolier

      Pourquoi l’Amérique de Gorge W. Bush a-t-elle envahi l’Irak ? Pour y chasser un tyran et y parachuter des valeurs démocratiques, comme l’affirment les avocats de l’administration Bush ? En réalité, il est clair qu’outre une volonté d’influencer les évolutions politiques de la région, l’intervention militaire de 2003 a permis aux États-Unis de reprendre pied dans un pays stratégique du point de vue énergétique et d’en évincer la Chine et la Russie, qui y avaient développé leurs intérêts.
      À l’époque, les Américains n’ont d’autre choix que de projeter leur puissance là où se situent les réserves pétrolières essentielles à la poursuite de leurs activités économiques. Les stratèges de l’administration Bush entretenaient des liens étroits avec les milieux d’affaires. Président en 1995 d’Halliburton, Dick Cheney assurera ainsi au géant de l’équipement pétrolier de mirobolants contrats. Dans son livre Le Temps des turbulences paru en 2007, Alan Greenspan, qui dirigea la Réserve fédérale de 1987 à 2006, n’a pas hésité à dire tout haut « ce que tout le monde sait : l’un des grands enjeux de la guerre d’Irak était le pétrole ».
      LIRE AUSSI :
       » De Guantanamo à l’Irak, Dick Cheney ne regrette rien
       » Donald Rumsfeld règle ses comptes dans ses Mémoires
       » ÉDITION ABONNÉS - Les mensonges grossiers de la Maison-Blanche
       » ÉDITION ABONNÉS - La guerre d’Irak, dix ans après
       » ÉDITION ABONNÉS - 2003 : Paris et Berlin refusent le projet américain en Irak


  • Est-ce le début d’une longue histoire de crime de guerre ?

    Lire le LIVRE//Sarko-Kadhafi// Avec les Compliments du Guide
    + Dossier Mediapart.
    https://livre.relay.com/covers/thumbnail/9782213/9782213688695.jpg

    Autre élément de réponse de la bouche de fabrice ARFI lui-même, son intervention sur le plateau de C à vous, des réponses éclairantes, résultat de 6 années d’enquête :
    Avec les compliments du guide, Fabrice Arfi, Karl Laske | Fayard
    http://m.fayard.fr/avec-les-compliments-du-guide-9782213687049

    Il ne s’agit pas d’une « affaire » comme les autres. Parce qu’au-delà de l’argent, il y a, cette fois-ci, une guerre.

    Mediapart :
    Notre dossier : L’argent libyen de Sarkozy | Mediapart
    Retrouvez dans notre dossier toutes nos enquêtes, révélations et émissions depuis 2011 pour comprendre l’une des affaires les plus explosives du quinquennat Sarkozy — et de la République.
    https://www.mediapart.fr/journal/france/dossier/notre-dossier-largent-libyen-de-sarkozy
    https://static.mediapart.fr/etmagine/default/files/media_50004/SARKADHAFI-OK-2.jpg?width=2321&height=1653&width_format=pixel&height_format=pixel

    Sarkozy-Kadhafi : la police rend un premier rapport accablant

    20 octobre 2017 Par Fabrice Arfi et Karl Laske

    L’Office anticorruption de la police judiciaire a signé, le 5 septembre 2017, un premier rapport accablant dans l’affaire des financements libyens de Nicolas Sarkozy. Éric Woerth, trésorier de 2007 et actuel président de la commission des finances de l’Assemblée nationale, est mis en cause.

    Les juges ont par ailleurs saisi plusieurs biens immobiliers de Claude Guéant.

    Plus de dix ans après les faits, le puzzle, enfin, prend forme. L’Office anticorruption (OCLCIFF) de la police judiciaire a signé, le 5 septembre dernier, un premier rapport accablant de 22 pages dans l’affaire des financements libyens de Nicolas Sarkozy et de son entourage, dont Mediapart a pu prendre connaissance.

    Les enquêteurs, chargés par le juge d’instruction Serge Tournaire de conforter – ou non – l’hypothèse de circuits d’argent noir entre
    Tripoli et Paris au moment de la campagne présidentielle de 2007 de l’ancien chef de l’État français, ont donné des titres de “chapitre” à leur rapport qui parlent d’eux-mêmes : « la matérialisation des soupçons de financement libyen »,« les mallettes de Ziad Takieddine », « le cash de Claude Guéant »,« l’absence de sincérité des comptes de campagne », l ’« ampleur de la circulation d’espèces en marge de la campagne »…

    Claude Guéant, Mouammar Kadhafi et Nicolas Sarkozy à Tripoli en 2007. © Reuters

    Outre la recension des nombreux témoignages qui, depuis trois ans d’instruction, viennent corroborer une corruption franco-libyenne dès l’année 2006, les enquêteurs commencent aujourd’hui à mettre en cohérence plusieurs éléments matériels bien connus des lecteurs de Mediapart et d’autres, nouveaux, qui viennent confirmer, voire, à certains égards, amplifier nos révélations passées.

    Parmi les pièces connues se trouvent ainsi les carnets manuscrits de l’ancien premier ministre et ministre du pétrole libyen, Choukri Ghanem, qui consignait en avril 2007, soit quatre ans avant la guerre en Libye, des versements du régime Kadhafi au profit de l’équipe Sarkozy pour plusieurs millions d’euros – Ghanem a été découvertnoyé dans le Danube, en Autriche, dans l’entre-deux-tours de la campagne présidentielle de 2012.

    Ou encore le procès-verbal devant la Cour pénale internationale (CPI) de l’ancien chef des services secrets libyens, Abdallah Senoussi, qui a reconnu avoir envoyé à titre personnel à MM. Guéant et Sarkozy 5 millions d’euros en cash par l’intermédiaire de l’homme d’affaires Ziad Takieddine.

    Ce dernier a livré sur procès-verbal le récit circonstancié de ces remises de valises, au ministère de l’intérieur, en trois fois, fin 2006 et début 2007 : deux pour Claude Guéant et une pour Nicolas Sarkozy. Les enquêteurs notent d’ailleurs dans leur rapport à ce propos :

    « Un listing récapitulatif des voyages en Libye de M. Takieddine figurant dans un autre dossier judiciaire était obtenu. Des voyages de l’intéressé étaient bien constatés aux dates de transport des espèces mentionnés. » Ziad Takieddine, depuis ses aveux, est mis en examen pour ces faits.

    Les policiers parlent également – élément inconnu jusqu’à aujourd’hui – d’une note de mars 2013 de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI, aujourd’hui DGSI) selon laquelle« une source du Service indiquait[en mars 2011] que les autorités libyennes seraient en possession d’un enregistrement vidéo prouvant que la somme de vingt millions d’euros aurait été versée au candidat Nicolas Sarkozy par l’entourage du Guide, et ce dans le cadre de la préparation de la campagne présidentielle française de 2007 ».

    Il n’est pas inutile de rappeler qu’un Libyen du nom de Mohamed Albichari, anti-kadhafiste notoire, avait confié aux services secrets français (DGSE et DGSI) pouvoir les mettre sur la piste de ces fameux enregistrements clandestins de Kadhafi, allant jusqu’à leur faire écouter des extraits authentifiés, avant de mourir à son tour soudainement en avril 2012 d’une crise de diabète, à Tunis.

    Lui aussi mis en examen dans le dossier, Claude Guéant, l’ancien directeur de campagne de Nicolas Sarkozy en 2007 (avant de devenir no 2 de l’Élysée, puis ministre de l’intérieur), apparaît de plus en plus comme le personnage pivot du dossier.

    Alexandre Djouhri, un intermédiaire au cœur du dossier libyen. © DR/Mediapart

    Claude Guéant est déjà poursuivi dans cette affaire pour la réception, en mars 2008, d’un virement de 500 000 euros derrière lequel se cache, d’après l’enquête judiciaire, l’intermédiaire Alexandre Djouhri et le gestionnaire des comptes de Bachir Saleh, l’ancien directeur de cabinet de Mouammar Kadhafi.

    Pas à pas, les policiers ont, en plus, pu reconstituer ce qu’ils appellent « l’usage immodéré des espèces » par Claude Guéant.
    Le rapport de la PJ souligne que l’ancien “cardinal” de la République n’a retiré de son compte bancaire que… 800 euros entre mai 2003 et fin 2012, c’est-à-dire en près d’une décennie.O

    Outre les 110 000 euros de frais d’enquête qu’il est accusé d’avoir détourné au ministère de l’intérieur entre 2002 et 2004, faits pour lesquels il a été condamné en première instance et en appel, Claude Guéant est aujourd’hui soupçonné d’avoir manipulé au moins 200 000 euros en espèces dont l’origine n’est pas justifiée, selon la PJ.

    Et cela ne prend même pas en compte toutes les dépenses de la vie que Guéant réalisait également en cash, affirment les policiers.

    On se souvient que c’est le même Guéant qui a loué, le temps de la campagne présidentielle de 2007, une chambre forte à l’agence Opéra de la BNP, à Paris, où il s’est rendu discrètement sept fois entre le 23 mars et le 19 juillet 2007.

    Devant les policiers, Claude Guéant a assuré, sans ciller, qu’il avait loué cette chambre forte – un homme pouvait y entrer debout – afin d’y mettre à l’abri… des discours de Nicolas Sarkozy.

    De nombreux membres de l’équipe de campagne de Nicolas Sarkozy ont été entendus à ce sujet dans le dossier libyen.

    Ils ont soit observé un silence embarrassé sur les déclarations fantasques de Guéant, soit carrément mis en cause son alibi.

    Éric Woerth mis en cause

    Ainsi, Vanessa D., ancienne collaboratrice de l’UMP et de Cécilia Sarkozy : « Cela me semble incohérent. Les discours de la campagne étaient consultables sous forme électronique depuis le QG. »

    Ou Aurélia J. : « Non, il se moque des gens, c’est hallucinant de mensonge, je suis consternée. »

    À la question de savoir ce que le directeur de campagne pouvait bien exposer dans cette chambre forte, la même a répondu, non sans malice :

    « Je n’en ai pas la moindre idée, mais on peut faire des déductions. »

    Une troisième, Séverine N. : « Je trouve bizarre que des discours soient entreposés dans un coffre. »Elle aussi n’exclut pas que « de l’argent peut-être » a pu y être caché. Avant d’ajouter : « Je ne sais pas si les discours de Nicolas Sarkozy sont des objets de valeur. »

    Une quatrième, Marie-Laure H. :« Je trouve cela aberrant. II y avait un coffre-fort dans le bureau de M. Sarkozy. Cela n’a aucun sens.

    Les discours ont toujours transité par mail, même à l’Élysée quand il était président de la République. »

    La justice a décidé, en juin dernier, d’ordonner la saisie pénale de deux biens immobiliers de Claude Guéant, une maison de famille située dans le Maine-et-Loire et son appartement de la rue Weber, dans les beaux quartiers parisiens, financé en grande partie par les 500 000 euros qui lui valent déjà une mise en examen.

    Éric Woerth et Nicolas Sarkozy, le 14 octobre 2009, à l’Élysée. © Reuters

    Au-delà du seul cas Guéant, les policiers de l’OCLCIFF ont également établi la réalité d’une circulation importante d’espèces en marge de la campagne de 2007, sous l’autorité de son trésorier d’alors, Éric Woerth, aujourd’hui président de la commission des finances de l’Assemblée nationale, et de son adjoint de l’époque, Vincent Talvas.
    D’après l’enquête policière, tout le monde, ou presque, dans l’équipe de campagne a touché de copieuses enveloppes de billets, sans que rien n’apparaisse jamais dans les comptes de campagne déposés par Nicolas Sarkozy.

    Une ancienne petite main de la campagne a par exemple expliqué sur PV que les secrétaires avaient perçu des rémunérations occultes, mais aussi les « patrons » de la campagne, précisant que leurs enveloppes étaient « bien supérieures à ce que nous avons eu ».

    Selon un membre de l’équipe, François Fillon ou Claude Guéant faisaient partie des « patrons » qui ont touché.

    Un autre témoin, lui aussi membre de la campagne, a confié une anecdote très gênante : « Je me souviens que c’était le défilé dans le bureau de Talvas [l’adjoint de Woerth – ndlr], que tout le monde venait chercher son enveloppe.

    Il a tiré cette enveloppe d’un coffre-fort qui contenait de nombreuses autres enveloppes, plusieurs centaines. »

    Les deux responsables de la trésorerie de Nicolas Sarkozy en 2007 (Éric Woerth et Vincent Talvas), entendus comme mis en cause, ont expliqué l’origine de ces fonds en espèces par des envois postaux de dons anonymes de militants. Une explication« captieuse », selon les enquêteurs. C’est-à-dire qui vise délibérément à tromper.

    « Les membres de l’équipe de campagne qui avaient reconnu avoir reçu des espèces et qui se rappelaient les valeurs faciales des billets remis évoquaient de grosses coupures. Ces affirmations étaient confirmées par Éric Woerth. Il semble utile de préciser que selon ses propres déclarations, les valises remises par Ziad Takieddine à MM. Guéant et Sarkozy contenaient elles aussi de grosses coupures », notent les policiers.
    Un comptable de l’UMP a également confirmé qu’il était peu probable que de grosses coupures proviennent de dons militants. D’autres ont totalement battu en brèche les affirmations de Woerth sur l’envoi par courrier d’espèces.« Je n’ai jamais vu de courrier arrivant qui contenait des espèces », a assuré la chef du courrier à l’UMP.

    Les policiers observent, piquants, que les déclarations de Woerth et Talvas dans l’affaire libyenne sont allées « à l’encontre des propos qu’ils avaient pu tenir dans le cadre du dossier Bettencourt, procédure dans laquelle ils avaient contesté toute circulation d’espèces pendant la campagne ». Oups.

    Interrogée sur l’origine du cash, une petite main de la campagne s’est autorisé une hypothèse : « À l’époque je l’ignorais, maintenant avec ce que j’ai lu dans la presse, je m’imagine aujourd’hui que Takieddine en est à l’origine.

    J’ai souvenir d’avoir participé à deux meetings, ils étaient grandioses, le décor, les lumières. C’était digne d’une pop-star. »

    L’affaire Bygmalion, qui vaut déjà à Nicolas Sarkozy un renvoi devant le tribunal correctionnel, a montré que la campagne de 2012 de l’ancien président n’avait pas coûté 22 millions d’euros, comme cela avait été déclaré aux autorités de contrôle, mais au moins le double.

    Et celle de 2007 ?

    Une chose paraît déjà certaine :« Les investigations menées ont permis de faire apparaître de nouvelles qualifications pénales », assurent les policiers.

    Les deux auteurs de l’article viennent de publier Avec les compliments du Guide (Fayard),un livre d’enquête et de révélations sur l’affaire des financements libyens, dont Edwy Plenel a fait une recension ici.
    Claude Guéant, Nicolas Sarkozy et Éric Woerth démentent toute malversation dans cette affaire.


  • 1917-2017 L’étincelle d’Octobre
    De Bruno GUIGUE

    En 1916, Lénine publia ses fameuses Thèses sur le droit des nations à disposer d’elles-mêmes, sans doute l’un de ses textes les plus féconds. La lutte pour l’émancipation nationale distrait le prolétariat de la révolution socialiste, lui disent ses camarades. Lénine leur répond que le socialisme signifie la lutte contre toute forme d’oppression, y compris l’oppression nationale. A rebours de l’orthodoxie socialiste, il prend au sérieux la question de l’autodétermination nationale, récusant un internationalisme abstrait.
    Là où ses camarades voyaient un combat d’arrière-garde, Lénine, en effet, perçut un enjeu révolutionnaire. L’affirmation du droit à l’autodétermination a pour vertu d’éduquer la classe ouvrière de la nation dominante, elle l’immunise contre la tentation du chauvinisme, elle préserve les chances de l’union entre les nations de l’ex-Empire russe. Cette clairvoyance valut au bolchevisme l’adhésion des mouvements nationaux et lui conféra une aura sans précédent dans l’Empire des Tsars, cette « prison des peuples ».
    On ne comprend pas la révolution d’Octobre si l’on oublie ce défi lancé par Lénine à la domination coloniale, cet appel à la révolte contre des puissances soi-disant civilisées qui « déchaînaient des guerres qu’on ne considérait pas comme telles parce qu’elles n’étaient souvent que des carnages, à une époque où les armées impérialistes d’Europe et d’Amérique, pourvues des moyens d’extermination les plus perfectionnés, massacraient les habitants sans armes et sans défense des pays coloniaux ».
    Les ennemis du bolchevisme ne s’y sont pas trompé. Le publiciste américain Lothrop Stoddard l’accuse de « stimuler la marée montante des peuples de couleur » en s’alliant avec eux contre l’Occident. Pour lui, le bolchevique est « le renégat, le traître à l’intérieur de notre camp, prêt à vendre la citadelle », il est « l’ennemi mortel de la civilisation et de la race ». L’essayiste allemand Oswald Spengler dénonce à son tour « la haine enflammée contre l’Europe et l’humanité blanche » qui animerait le bolchevisme, accusation recyclée, plus tard, dans les diatribes nazies contre la « barbarie asiatique » des Slaves, ces « races inférieures » qui seraient vouées à céder la place à la « race aryenne ».
    Ces idéologues racistes et réactionnaires ont vu juste : le bolchevisme veut régler son compte à la domination coloniale. Après le coup d’envoi de 1917, l’offensive principale du prolétariat devait se dérouler à l’Ouest. L’agonie de la révolution allemande ayant dissipé cette illusion, Lénine en déplace l’axe géographique et prophétise son irruption au Sud. « On continue à considérer le mouvement dans les pays coloniaux, comme un mouvement national insignifiant et parfaitement pacifique. Il n’en est rien. Dès le début du XXème siècle, de profonds changements se sont produits, des centaines de millions d’hommes, en fait l’immense majorité de la population du globe, agissent à présent comme des facteurs révolutionnaires actifs et indépendants »
    A peine créée, l’Internationale communiste appelle à la révolte les peuples colonisés. En 1919, elle réunit à Bakou le « congrès des peuples de l’Orient ». Turcs, Iraniens, Géorgiens, Arméniens, Indiens, Chinois, Kurdes et Arabes s’y retrouvent. Le cataclysme de la guerre a sorti les peuples de leur torpeur séculaire, il a mis à nu les sordides rivalités entre puissances occidentales. Bakou inaugure un processus de libération qui connaîtra bien des péripéties mais sera irrésistible. A défaut d’un embrasement européen dont la perspective s’est évanouie, le communisme privilégie, dans la propagation de l’incendie révolutionnaire, la combustion lente des immensités asiatiques.
    Revanche d’une révolution assiégée, l’onde de choc planétaire d’Octobre 17 a balayé bien des citadelles qui se croyaient imprenables. Prise en étau par quatorze puissances étrangères jusqu’en 1921, la Russie soviétique a triomphé des armées blanches. L’URSS a vaincu le nazisme au prix de 25 millions de morts, l’Armée rouge causant 90% des pertes allemandes de la Seconde Guerre mondiale. Les communistes chinois de Mao Ze Dong rétablirent l’unité et l’indépendance du pays le plus peuplé de la planète. Les communistes vietnamiens infligèrent à la puissance coloniale française et à l’envahisseur impérialiste une humiliation sans précédent. En les aidant, l’URSS joua un rôle décisif dans la décolonisation de l’Asie.
    Condamnant la diplomatie secrète et les tractations menées dans le dos des peuples, la jeune république des soviets dénonça en 1917 les accords Sykes-Picot et révéla le scandale de la « Déclaration Balfour ». On le souligne rarement, mais c’est grâce à Lénine que les Arabes découvrirent que l’Empire britannique livra la Palestine aux sionistes. Bien qu’elle reconnût l’Etat d’Israël en 1948, l’URSS appuya les nationalistes arabes face à l’agresseur en 1956, 1967 et 1973. Elle soutint la lutte pour les indépendances africaines, apporta son aide à Cuba face à l’agression US et donna le coup de grâce au régime d’apartheid en fournissant un appui décisif à l’ANC.
    A l’intérieur de ses frontières, l’URSS était tout sauf un « empire colonial ». C’est Lénine qui choisit le nom d’« URSS » pour désigner le nouvel Etat multi-ethnique fondé en 1922. Se méfiant du « chauvinisme grand-russien », il fit appel à des géographes et à des linguistes pour établir la liste des peuples concernés. On recensa 172 nationalités sur une base linguistique, et certaines furent dotées d’une écriture. Aucune discrimination légale ne frappa les populations des anciennes colonies, favorisées au contraire par la promotion d’élites nationales. Exaltant l’unité du « peuple soviétique », l’idéologie officielle fournissait à la fois un antidote au chauvinisme russe et un stimulant aux identités nationales.
    Loin d’être « impérialiste », le système soviétique organisa un transfert de richesses du centre vers la périphérie. Cette politique eut un résultat paradoxal : malgré l’extrême dureté de la période stalinienne, et en dépit du bureaucratisme qui gangrenait le système, l’URSS a joué le rôle d’un incubateur d’Etats-nations. Le soviétisme a favorisé l’émergence - ou la réémergence - de nations oubliées, il a créé les conditions d’une renaissance culturelle impossible sous le régime tsariste. Les circonstances de la dissolution de l’URSS en témoignent. Sonnant le glas d’un système à bout de souffle - et exténué par la course aux armements -, cette dissolution eut lieu sans effusion de sang. Chaque peuple a repris sa liberté, conformément à un droit à l’autodétermination proclamé par Lénine en 1916.
    Bruno GUIGUE

    Source Le Grand Soir
    https://www.legrandsoir.info/1917-2017-ii-l-etincelle-d-octobre.html


  • http://www.investigaction.net/fr/pourquoi-lingerence-est-reactionnaire

    Pourquoi l’ingérence est réactionnaire
    02 Oct 2017 BRUNO GUIGUE
    https://cdni.rt.com/actualidad/public_images/2015.06/article/5588e009c4618891698b4602.jpg
    Notre époque est fertile en tours de passe-passe idéologiques. L’un des pires – hélas – est d’avoir fait passer l’ingérence pour une idée progressiste. Les interventions occidentales se réclament des “droits de l’homme” pour liquider – ou déstabiliser – des gouvernements qui déplaisent aux pays de l’OTAN. Elles invoquent volontiers la “démocratie” pour bafouer la souveraineté des autres Etats. On voit même des capitalistes fournir des armes à de prétendus “révolutionnaires” arabes sous les applaudissements d’organisations de gauche occidentales ravies d’apporter une caution progressiste aux opérations de la CIA.

    Cette supercherie n’est possible qu’au prix d’un refoulement considérable, celui du sens véritable de la “démocratie”. Il y a 2 500 ans, un certain Aristote disait que “la délibération entre citoyens ne peut concerner que les affaires qui sont les nôtres, et non celles des Scythes”. Ce robuste bon sens ayant été mis au placard, la modernité post-communiste a accouché d’un étrange “devoir d’ingérence” autorisant les représentants du Bien à terrasser les suppôts du Mal en s’affranchissant des frontières. Caution morale apportée à l’intervention chez les autres, le devoir d’ingérence désigne en réalité le droit à l’écrasement du voisin lorsqu’il vous déplaît.

    Formulé au début des années 1990, ce prétendu “devoir” entendait dénoncer “la théorie archaïque de la souveraineté des Etats, sacralisée en protection des massacres” (Kouchner). Archaïque, la “souveraineté des Etats” ? Pas exactement. En réalité, il s’agit de la souveraineté de certains Etats, dont le seul tort est de s’opposer à l’hégémonie occidentale. En épousant les intérêts de l’Etat profond US, la doctrine du devoir d’ingérence sert surtout à faire tourner les rotatives du mensonge pour justifier de nouveaux massacres. Le devoir d’ingérence, c’est le mariage réussi des glandes lacrymales et des frappes chirurgicales. Il réalise une sorte de miracle, où les indignations humanitaires coïncident comme par enchantement avec les plans impérialistes.

    Peu importe le droit des peuples à régler leurs propres affaires, puisqu’au nom de la “démocratie” et du “progrès” la souveraineté nationale passe à la trappe. “Archaïque”, on vous dit ! Pour les partisans de l’ingérence, la “volonté générale” fait partie de ces vieilleries abandonnées à la critique rongeuse des souris. Un peuple n’est libre que s’il choisit les lois auxquelles il se soumet, et personne ne peut prendre sa place sinon par la force. Mais la puissance tutélaire sait mieux que cette masse inculte ce qui est bon pour elle. L’ordre politique doit dépendre du consentement des citoyens, et non de l’intervention étrangère ? Confiants dans les vertus pédagogiques des B52, les bienfaiteurs de l’humanité n’en ont cure.

    C’est simple : en bafouant la souveraineté nationale, l’ingérence impérialiste nie la souveraineté populaire. Elle efface le droit des peuples à l’autodétermination pour lui substituer l’obligation d’adresser des remerciements à ceux qui décident à leur place. Elle remplace la démocratie d’en-bas (la seule possible) par une “démocratie” d’en-haut imposée “manu militari” par des puissances étrangères. A supposer que l’intention soit bonne (ce qui n’est pas le cas), l’ingérence consiste à traiter les peuples qu’elle prétend secourir en mineurs irresponsables.

    Certains répondront que tout le monde pratique l’ingérence, et qu’il n’y a pas lieu d’incriminer les uns plus que les autres. Mais c’est faux. Les USA ayant pratiqué 50 interventions dans des pays étrangers depuis 1945, on peut difficilement professer un tel relativisme. On incrimine la Russie, mais ce pays a 5 bases militaires à l’étranger quand les USA en ont 725, et son budget militaire pèse 8% du budget du Pentagone. Enfin Moscou, à la différence de Washington, ne finance aucune organisation terroriste, ne dénonce aucun traité de désarmement, n’inflige aucun embargo à des populations, ne fait assassiner aucun chef d’Etat et ne menace personne du feu nucléaire.

    Au passé comme au présent, l’ingérence est toujours l’arme dont usent des élites cramponnées à leurs privilèges. En 1790, alors que les Jacobins sont encore une force embryonnaire, la presse royaliste presse les têtes couronnées d’intervenir pour mettre fin à la Révolution. Le publiciste anglais Edmund Burke prêche une croisade dont les protagonistes seront “les vengeurs des injures et des outrages infligés à la race humaine”. Les monarchies européennes ont l’obligation morale, dit-il, de “mettre une fois pour toutes hors d’état de nuire une nation agitée et maléfique”. La menace du Duc de Brunswick de “détruire Paris” et l’invasion du territoire de la République par les troupes de la coalition répondront à cet appel.

    Assiégée tous azimuts par quatorze puissances étrangères, la jeune République des soviets subira le même sort de 1917 à 1921. Comme la République française en 1793, elle sortira victorieuse d’une guerre impitoyable contre l’ennemi intérieur et extérieur. Ecrasée par la machine de guerre fasciste, la République espagnole du “Frente popular” n’aura pas cette chance. A leur tour, les Vietnamiens et les Cubains devront se battre durement pour repousser un impérialisme qui liquida de nombreux gouvernements progressistes, de Mossadegh et Lumumba à Soekarno, Goulart et Allende. Arme privilégiée des classes dominantes, l’ingérence n’a jamais servi les peuples.

    C’est pourquoi les progressistes ont de bonnes raisons de la condamner. Ils devraient écouter Robespierre, qui fulminait contre “la manie de rendre une nation libre et heureuse malgré elle”, rappelait que “Paris n’est pas la capitale du monde” et que “personne n’aime les missionnaires armés”. C’est lui, représentant l’aile gauche de la bourgeoisie révolutionnaire, qui affirme que l’Europe ne sera pas soumise par “les exploits guerriers”, mais par “la sagesse de nos lois”. Lui, l’anti-esclavagiste, le partisan du suffrage universel et des lois contre l’indigence, et non ces Girondins affairistes – chers à Michel Onfray – qui rêvaient de s’en mettre plein les poches en soumettant les pays voisins.

    Parce qu’elle consiste à s’asseoir sur la volonté des peuples, l’ingérence est réactionnaire. Aucune philosophie des circonstances atténuantes, aucune religion des droits de l’homme ne la fera paraître plus reluisante en l’aspergeant d’eau bénite. On ne peut se prévaloir de l’universalisme que pour se l’appliquer à soi-même, et non pour donner des leçons aux autres. Il n’y a rien à attendre de la droite, car elle finit toujours par obéir aux puissances d’argent. Mais ce qui reste de la “gauche” occidentale gagnerait à méditer les enseignements de l’histoire. “Le prolétariat victorieux, disait Engels, ne peut imposer le bonheur à aucun peuple étranger sans miner sa propre victoire”, et Lénine affirmait contre ses camarades marxistes “le droit des nations à disposer d’elles-mêmes” en toutes circonstances.

    Dont acte.

    Source : Bruno Guigue



  • Israël : l’Etat français muet sur le cas Hamouri

    29 sept. 2017 http://img.over-blog-kiwi.com/400x260-ct/1/48/90/59/20170919/ob_701b05_salah-hamouri.jpg
    Par Les invités de Mediapart
    Blog : Le blog de Les invités de Mediapart

    Plusieurs spécialistes en géopolitique considèrent que le silence du gouvernement français sur l’incarcération de Salah Hamouri, franco-palestinien de 32 ans, arrêté le 23 août dernier à Jérusalem, « n’est qu’un exemple parmi bien d’autres du deux poids deux mesures qui est de mise quand c’est l’Etat d’Israël qui viole les droits de l’Homme et ceux des peuples ».

    « Mal nommer les choses, c’est ajouter au malheur du monde » écrivait Albert Camus, et c’est ce qui vient d’être fait dans cette première phrase.

    Cette formulation, habituelle dans le discours français, est caractéristique du fait que nous nommons tout ce qui concerne le conflit entre l’Etat d’Israël et le peuple palestinien – qu’on appelle improprement le « conflit israélo-palestinien » – en utilisant le vocabulaire israélien. Pour être exact, il aurait fallu nommer correctement le lieu, à savoir « Jérusalem-Est » afin de ne pas maquiller le fait que cette partie de la ville a été annexée unilatéralement et illégalement par Israël. Quant au statut de « résident » dont Palestiniens bénéficient il désigne le simple droit de résider dans leur propre ville et celui de voter aux seules élections municipales, mais pas la citoyenneté israélienne. Ces Palestiniens ne sont donc ni Israéliens ni Palestiniens. Ils « résident »…

    Dire « Jérusalem » sans autre précision et dire « bénéficier du statut de résident » permettent donc de passer sous silence la réalité : une annexion, une occupation militaire, des habitants tolérés dans une seconde zone juridique sur une base de discrimination ethnique et religieuse.

    Dans le cas de Salah Hamouri, détenu depuis un mois, la presse en général et le gouvernement français sont restés silencieux. Etonnant ! Car les conditions de sa détention devraient soulever l’indignation. En langage conforme au discours israélien on écrira : « La justice israélienne l’a condamné à six mois de détention administrative ».

    En fait, cette justice qui met en « détention administrative », c’est ni plus ni moins que le même principe que les « lettres de cachet ». Salah Hamouri, comme 400 autres Palestiniens actuellement, est « embastillé » et non pas détenu : pas de jugement contradictoire, pas d’inculpation, pas de preuves, un dossier secret. Et cette peine de 6 mois est renouvelable à l’infini sans avoir à en justifier.

    Depuis le 23 août, rien ne permet de penser que le gouvernement français ait agi pour obtenir la libération de Salah Hamouri ou bien il l’aurait fait avec la discrétion et la retenue qui sont de mise quand les violations du droit international sont le fait de l’Etat israélien. Israël n’est tout de même pas la Turquie, le Venezuela ou la Hongrie de Victor Orban… C’est vrai, sauf dans les Territoires palestiniens occupés de Cisjordanie et de Gaza.

    Or le cas de Salah Hamouri, notre compatriote, est emblématique de la répression exercée par l’Etat d’Israël et son armée d’occupation contre toute la population palestinienne à commencer par sa jeunesse. Mais en France, on ne parle pas « d’armée d’occupation israélienne ». On dit « Tsahal », un nom bien sympathique qui signifie « armée de défense ». Salah Hamouri a fait sept ans de prison entre 20 et 27 ans, de 2005 à 2011 sur la base d’une accusation que la France a finalement jugée sans fondements, mais elle ne l’a pas défendu pour autant. La France se mobilisait alors uniquement pour Gilad Shalit, soldat de « Tsahal », c’est à dire, en réalité, d’une armée d’occupation qui participait au terrifiant blocus de deux millions de civils.

    Capturé par le Hamas à Gaza, Gilad Shalit, soldat israélien (mais pas « soldat franco-israélien » comme on l’a beaucoup écrit) méritait la sollicitude de la France en tant que prisonnier de guerre maltraité. Mais la France n’a jamais défendu les prisonniers politiques palestiniens maltraités détenus injustement et illégalement en Israël, dont, à l’époque, Salah Hamouri faisait partie. En dépit de ses engagements de signataire des conventions internationales, en particulier la 4ème convention de Genève, la France reste silencieuse et inactive face aux emprisonnements, hors du territoire occupé, de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants, dont le seul crime est d’exister, et de ce fait de résister là où l’Etat d’Israël veut établir ses colons. Mais un « résistant » palestinien est considéré comme un « terroriste » de même que tous les Palestiniens dès l’âge des premières arrestations : 12 ans.

    Aujourd’hui, jeune avocat, Salah Hamouri est persécuté. Depuis un an et demi il est privé du droit de vivre avec son épouse française qui travaillait à Jérusalem dans un service français. Il est privé de son enfant. Sa femme française a été expulsée en janvier 2016 alors qu’elle était enceinte de six mois et l’enfant du jeune couple est né en France. Et le voilà emprisonné sans inculpation, sans jugement contradictoire parce qu’il résiste à l’expulsion déguisée que représente l’interdiction faite à son épouse et à son enfant de vivre à Jérusalem. « Qu’il parte ! Comme tous les Palestiniens de Jérusalem et de Cisjordanie, qui devraient être expulsés en Jordanie ou bien en Egypte et, en attendant, être regroupés dans les enclaves palestiniennes de zone A et B » ! Voilà ce que veulent Avigdor Lieberman et le gouvernement extrémiste israélien, Lieberman qui a signé l’ordre de détention administrative de Salah Hamouri. Mais, si on reprend comme d’habitude le vocabulaire israélien pour évoquer cette expulsion programmée des Palestiniens, on n’emploiera jamais le mot de « déportation » qui est le seul mot juste.

    Ne pas défendre Salah Hamouri, accepter que la persécution qu’il subit l’amène un jour à abandonner sa ville natale et ses compatriotes palestiniens pour venir vivre en France – ce qu’il ne fera pas ! – c’est donner son assentiment à la politique d’expulsion menée à Jérusalem et en zone C pour faire place à la colonisation israélienne du pays, achever la conquête, annexer la Cisjordanie. Est-ce la politique de la France ?

    Continuer, dans le discours gouvernemental et dans les médias à utiliser le vocabulaire et les formulations martelés par la propagande israélienne, c’est accepter le crime en cours et ceux qui se préparent. S’en faire complice. Cela signifierait que, pour la France, la colonisation n’est pas un crime contre l’humanité partout. Autrefois, en Algérie alors que le concept n’existait pas encore, c’est un tel crime qui avait été perpétré, selon le président de la République. Aujourd’hui, en Palestine colonisée, il semblerait que ce ne soit pas un sujet et que toute mise en cause de cette colonisation-là doive être évitée pour ne pas nuire à nos excellentes relations avec la puissance coloniale, Israël et son « Cher Bibi ».

    Le sort qui est fait à Salah Hamouri en France, l’absence de vigoureuse campagne de presse en sa faveur alors qu’Amnesty international, par exemple, s’élève contre le déni de droit dont il est victime, le silence du gouvernement français face à l’expulsion de son épouse et à ses incarcérations n’est qu’un exemple parmi bien d’autres : du deux poids deux mesures qui est de mise quand c’est l’Etat d’Israël qui viole les droits de l’Homme et ceux des peuples. C’est une erreur d’un point de vue intellectuel et politique. C’est une faute contre les valeurs dont la République française se réclame. Les conséquences en politique intérieure et en politique internationale en sont déjà lourdes. Elles le seront plus encore à l’avenir : un tel parjure finit par se retourner contre ses auteurs.

    Les signataires :

    > Monique Cerisier ben Guiga, sénatrice honoraire,

    > Dominique Vidal, historien et journaliste,

    > Géraud de la Pradelle, professeur émérite des Universités,

    > René Backman, journaliste,

    > Giovanna Tanzarella, militante associative,

    > Pierre Blanc, universitaire,

    > Agnès Levallois, consultante,

    > Jean-Paul Chagnollaud, professeur émérite des Universités. NM


  • Les Géopolitiques de Nantes
    29 et 30 septembre 2017
    5ème saison
    Entrée libre - PLUS D’INFOS
    PROGRAMME :
    Vendredi 29 septembre 2017
    14h : Ouverture par Johanna Rolland et remise du prix du Livre des Géopolitiques de Nantes
    14h30 : Leçon inaugurale : France / Afrique : de l’ombre à la lumière
    par Jean-Christophe Rufin
    15h15-16h45 : Israël/Palestine : la paix est-elle encore possible ?
    Avec Samy Cohen, Alain Dieckhoff, Marianne Meunier, Dominique Vidal
    / Présentée par Didier Billion
    15h15-16h45 : Géopolitique des droits des femmes
    Avec Eric Chol, Geneviève Garrigos, Marie-Cécile Naves, Françoise Picq
    / Présentée par Bastien Alex
    15h15-16h45 : Brexit, Trump, Poutine, Chine : quel avenir pour l’Europe ?
    Avec Jean-Dominique Giuliani, Nicole Gnesotto, Jean Quatremer, Francis Wurtz
    / Présentée par Sylvie Matelly
    17h-18h30 : Le monde selon Trump
    Avec François Clemenceau, Nicholas Dungan, Ulysse Gosset, Laure Mandeville
    / Présentée par Pascal Boniface
    17h-18h30 : Quel avenir pour le Maghreb ?
    Avec Sophie Bessis, François Burgat, Béligh Nabli, Pierre Vermeren
    / Présentée par Alice Baillat
    17h-18h30 : La montée des populismes en Europe : quelles analyses et quelles actions concrètes ?
    Avec Arnauld Leclerc, André Sobczak, Marc Tarabella
    / Présentée par Anna Colombo
    Retrouvez les intervenants pour une séance de dédicaces à 18h30 au bar du lieu unique.
    Samedi 30 septembre 2017
    9h30-11h : Comment parler à Poutine ?
    Avec Jean de Gliniasty, Isabelle Facon, Tatiana Kastouéva-Jean, Mathieu Slama
    / Présentée par Arnaud Dubien
    9h30-11h : Sport et rayonnement international
    Avec Patricia Delesque, Pape Diouf, Victoriano Melero, Étienne Thobois
    / Présentée par Carole Gomez
    9h30-11h : Les conflits oubliés : pourquoi ?
    Avec Pierre Haski, Vincent Hervouët, Ulrich Huygevelde, Françoise Sivignon
    / Présentée par Michel Maietta
    11h15-12h45 : La diplomatie selon Macron
    Avec Pascal Boniface, Pierre Haski, Jean-Dominique Merchet, Nicolas Tenzer
    / Présentée par Jean-Pierre Maulny
    11h15-12h45 : Fin des frontières ou nouveaux murs ?
    Avec René Backmann, Michel Foucher, Pierre Grosser, François Grünewald
    / Présentée par Samuel Carcanague
    11h15-12h45 : Que va devenir la Syrie ?
    Avec Yves Aubin de la Messuzière, Pierre Conesa, Jean-Pierre Filiu, Bassma Kodmani
    / Présentée par Marie-France Chatin
    Retrouvez les intervenants pour une séance de dédicaces à 12h45 au bar du lieu unique.
    L’ensemble des conférences est en entrée libre dans la limite des places disponibles
    Programme complet en ligne sur le site du lieu unique
    http://www.lelieuunique.com/evenement/les-geopolitiques-de-nantes


  • Ça touche à nos assiettes, réagissons !
    Des clics de.conscience
    Un film documentaire soutenu par les AMD, à voir.
    Sortie le 4/10/17 dans les salles de cinéma
    Deux réalisateurs, jeunes et sympathiques nous font la démonstration d’une belle initiative citoyenne, une démocratie participative.
    L’Union européenne impose à ses membres l’usage des semences industrielles. Chaque année, il faut acheter de nouvelles graines à semer... et en plus pour une alimentation certes colorée mais très pauvre en vitamine et sans goût.
    Un non-sens qui n’a que trop duré !
    Une fois de plus, c’est l’Europe du consumérisme qui guide nos lois !

    Il y a urgence à retourner aux pratiques traditionnelles, aux semences reproductibles quitte à prôner le droit à la désobéissance.

    Et il y a mieux que
    LA NÉCESSITÉ D’UN DROIT D’AMENDEMENT CITOYEN :
    le FREXIT
    C’est mon avis. NRobin

    http://desclicsdeconscience.fr/lefilm

    DES [CLICS] DE CONSCIENCE – LE FILM
    Nous signons de plus en plus sur internet. Mais que deviennent réellement nos clics une fois ces pétitions signées ?
    Le film « Des Clics de Conscience » nous donne plus qu’une réponse à la question, ce documentaire raconte l’histoire d’une nouvelle solution.
    « Des Clics de Conscience » est une aventure émouvante mais aussi un documentaire pédagogique sur la place du citoyen dans notre démocratie.
    Ce film est une immersion dans la quête joyeuse mais sérieuse de deux protagonistes dont la simple pétition #YesWeGraine, devenue amendements sur Parlement & Citoyens, est venue bousculer le parlement.
    SYNOPSIS :
    Alexandre et Jonathan lancent une pétition sur Internet pour redonner le droit aux agriculteurs de ressemer leur récolter et se promettent de la porter le plus loin possible.
    Armés de leurs (dizaines de) milliers desingatures, ils surmontent les épreuves grâce à des rencontres ingénieuses et s’interrogent pour impliquer davantage les citoyens dans les choix politiques.
    Leur aventure initiatique sèmera peut être les graines pour une future démocratie.
    LES RÉALISATEURS
    JONATHAN ATTIAS
    Las du monde du divertissement alors que sa formation l’y prédestinait (Marketing en école de commerce, puis production audiovisuelle à la Sorbonne), Jonathan se lance en 2012 dans le journalisme engagé avec la création d’un blog vidéo Comunidée, dans lequel il part à la rencontre des initiatives citoyennes.
    Son ambition est de présenter des alternatives, qu’elles soient agricoles, économiques ou politiques, pour libérer l’individu des pressions sociales.
    ALEXANDRE LUMBROSO
    Après une formation de recherche en économie de l’environnement, spécialisée sur le fonctionnement des institutions, Alexandre rejoint Comunidée pour réaliser des web-documentaires sur l’écologie politique.
    Préférant l’humour au catastrophisme, c’est dorénavant à travers le travail cinématographique qu’il s’implique pour voir éclore un monde nouveau.
    L’HISTOIRE
    A L’ORIGINE, LA GRAINE...
    Don José Carmen
    Bouleversés par leur rencontre avec un célèbre paysan mexicain, Don José Carmen, cultivateur de légumes géants dont les rendements extraordinaires s’appuient sur des techniques ancestrales sans produits chimiques, Alexandre et Jonathan sont alors alertés par le danger que représentent les lobbys de l’agro-industrie pour le bien commun.
    A leur retour en France, c’est à travers le combat pour la préservation des semences traditionnelles, que les deux cousins se mobilisent aux côtés des jardiniers-citoyens.
    En réalisant la websérie « Jardiniers, Levez-vous ! » nos deux citadins médiatisent l’absurdité de la règlementation européenne du marché des semences, pour devenir les interprètes des derniers gardiens de la biodiversité cultivée.
    Jardiniers levez vous
    Encore aujourd’hui, la grande majorité des semences dont disposent les agriculteurs dans le catalogue officiel sont des hybrides F1, dites « non-reproductibles », et contraignent les professionnels à racheter chaque année leurs graines à quelques multinationales les ayant brevetées.
    Partout sur notre territoire, des jardiniers amateurs qui ne sont pas soumis aux mêmes rigidités règlementaires que les agriculteurs « font leur part » et s’insurgent pacifiquement en reproduisant et conservant les semences de variétés traditionnelles.
    Jardiniers Citoyens
    Cette résistance jardinière, héroïque, n’est malheureusement pas suffisante pour préserver notre patrimoine alimentaire...
    LA PÉTITION
    Tout commence le 4 Juin 2015 lorsque Alexandre et Jonathan lancent leur pétition #YesWeGraine sur Mesopinions.compour demander la libre utilisation des semences paysannes.
    À cet instant, ils ne savent pas encore que leur initiative les poussera à décrypter les rouages de la démocratie.
    En l’espace de deux semaines, ils recueillent 20 000 signatures. Forts de ces soutiens, ils se promettent de mener cette revendication le plus loin possible pour impulser un changement concret.
    Mais encore faut-il savoir ce qu’il est possible de faire avec une pétition entreles mains ?
    Ils entreprennent alors de rencontrer les grands acteurs du monde des pétitions (BLOOM association, CHANGE.org, Collectif STOP TAFTA) et s’aperçoivent des défaillances de notre système démocratique pour impliquer le citoyen dans les décisions politiques.
    Très vite, ils comprennent qu’il n’existe pas d’encadrement juridique pour le droit de pétition, et c’est désormais vers les parlementaires qu’ils se tournent pour faire aboutir leur revendication.
    Sans démocratie directe il faut trouver un relais politique et c’est grâce à Joël Labbé qu’ils trouvent une porte d’entrée au parlement. Ce sénateur est à l’origine de la première loi rédigée collectivement sur la plateforme de consultation “Parlement & Citoyens” et milite ardemment pour rétablir des ponts entre le politique et les citoyens.
    Cette toute nouvelle expérience donna une idée folle à nos acolytes : eux aussi allaient réussir à co-écrire la loi, mais cette fois-ci, les citoyens en seront à l’initiative.
    LA DÉMOCRATIE CONTRIBUTIVE
    En effet aujourd’hui le droit d’amendement est le privilège des parlementaires, et les citoyens souhaitant s’inscrire dans un processus démocratique doivent obligatoirement chercher un relais politique pour faire entendre leurs voix au parlement.
    Profitant d’une synchronicité avec le passage du texte de loi sur la biodiversité en séance au sénat, Alexandre & Jonathan reformulent leur pétition en 2 amendements qu’ils déposent sur la plateforme Parlement & Citoyens.
    Mais c’est bien grâce aux milliers de signataires de la communauté #YesWeGraine qu’ils peuvent interpeller les sénateurs pour que leurs amendements soient votés favorablement.
    Cette aventure-documentaire incarnée naïvement par deux jeunes personnages persévérants s’est déroulée sur 7 mois palpitants.
    Le film suggère l’éclosion d’un lobbying citoyen tourné vers le bien commun, pour tracer la voie de notre future démocratie.
    LA NÉCESSITÉ D’UN DROIT D’AMENDEMENT CITOYEN
    Tout au long de cette aventure, un constat apparaît : le numérique permet de repenser la place du citoyen dans la démocratie en facilitant son implication dans les débats publics.
    À l’inverse, il n’existe aucun dispositif au sein de la Ve République permettant de faire reconnaître une pétition et encore moins d’impliquer les citoyens dans l’écriture des lois.
    C’est pourquoi nous reprenons l’idée émise dans le film par le député Olivier Faure d’instituer un droit d’amendement citoyen permettant, à condition d’avoir réuni 5000 soutiens sur une proposition, de faire débattre et voter des articles de lois soumis par les citoyens dans les projets de loi votés à l’Assemblée Nationale et au Sénat.
    Il peut paraître surprenant, après l’investigation menée, d’utiliser l’outil pétitionnaire pour qu’une revendication comme celle-ci aboutisse. Elle nécessiterait en effet une réforme de la constitution !
    Mais nous espérons que cette idée, de part le nombre de ses soutiens, trouvera un écho médiatique, poussant les élus à prendre position sur la question.
    D’autres plateformes proposent dès à présent de solliciter les parlementaires pour travailler en transparence avec la société civile, c’est le cas de Parlement & Citoyens qui invite systématiquement les citoyens à prendre part aux débats législatifs et Questionnez vos candidats qui permet d’interpeller les futurs législateurs.
    UNE EXPÉRIENCE DÉMOCRATIQUE
    Comment imaginer que vive un film sur la démocratie sans que sa création ne le soit ?
    C’est ce que nous nous sommes dit en cherchant les financements pour terminer la production, et c’est grâce aux 226 contributeurs de « crowdfunding » que nous y sommes parvenus.
    Sans même le savoir, ces participants nous ont soufflé l’idée d’aller plus loin : en faire une distribution collaborative.
    C’est ainsi que nous nous sommes associés avec Ligne 7 & Kamea Meah (les distributeurs du film « En quêe de sens ») pour que le film puisse vivre auprès des mouvements et des associations.
    Parce que « Des clics de conscience » a vocation à vivre au travers d’échanges et de débats, notre souhait est que ce film puisse être vu partout, par tous (en respectant la chronologie des médias).
    Pour cela, nous mettons en place des animations permettant de repenser la place du citoyen et de montrer le rôle que chacun peut jouer dans la construction des lois.
    Droits d’auteur © Comunidée