NRobin

Chargée d’Etudes Nantes / AMD

  • Paris, le 20 novembre 2017
    PASCAL BONIFACE LANCE SON BLOG
    Pascal Boniface, géopolitologue et directeur de l’IRIS, lance son blog.
    http://www.pascalboniface.com
    http://www.pascalboniface.com/wp-content/uploads/2017/08/cropped-cropped-Pascal-BONIFACE-Portrait-horizontal-2-1.jpg
    Ce nouveau support permet de suivre au plus près ses activités mais également d’avoir son éclairage sur l’actualité internationale. Mis à jour régulièrement, le blog propose plusieurs rubriques permettant à l’utilisateur d’avoir une navigation fluide et efficace : éditos, vidéos, ouvrages, articles, évènements...
    On y retrouve également le podcast « Comprendre le monde » qu’il anime depuis la rentrée et qui décrypte chaque semaine, à travers un entretien ou un débat, un thème géopolitique. Hubert Védrine, Jean-Luc Domenach, Didier Le Bret, Geneviève Garrigos, sont, entre autres, les premiers invités à être venus débattre avec le directeur de l’IRIS. Le podcast “Comprendre le monde” est également disponible sur Soundcloud, l’application Podcast, I-Tunes, YouTube et le site internet de l’IRIS.
    À très vite sur pascalboniface.com !


  • L’abominable Christine Angot
    Pitié pour nos médias ! NRobin

    https://www.ouest-france.fr/medias/france-2/onpc-une-petition-pour-des-excuses-publiques-la-deputee-sandrine-rousse

    ONPC. Une pétition pour des excuses publiques à l’ex-députée Sandrine Rousseau

    L’écrivaine Christine Angot et l’ancienne députée écologiste Sandrine Rousseau sur le plateau d’« On n’est pas couché ».

    L’écrivaine Christine Angot et l’ancienne députée écologiste Sandrine Rousseau sur le plateau d’« On n’est pas couché ».
    Ouest France Modifié le 03/10/2017 Nouvel épisode qui a opposé les chroniqueurs Christine Angot et Yann Moix et l’ex-députée écologiste Sandrine Rousseau dans l’émission de Laurent Ruquier « On n’est pas couché ».

    Dans une pétition, l’écrivaine Valentine Goby exige qu’ONPC fasse des excuses publiques à la femme politique, après ce qu’elle appelle « une séance de mise à mort ».

    L’échange tendu entre l’écrivaine Christine Angotet l’ancienne députée écologiste Sandrine Rousseau sur le plateau de l’émission de France 2 « On n’est pas couché » connait une suite ce lundi.

    Dans un post sur son compte Facebook, l’écrivaine Valentine Goby, auteur de Kinderzimmer, prix des libraires 2013, a vivement réagi à la séquence, dénonçant « une séance de mise à mort de l’autre par l’une qui (lui) a dégoupillé le cœur ». Elle a ouvert une pétition sur le site Change.org, réclamant que l’émission fasse des excuses publiques à Sandrine Rousseau.

    Briser « la loi du silence ».

    La femme politique était invitée dans l’émission pour présenter son livre Parler (Flammarion), défendant la parole des femmes victimes d’agressions. L’ancienne élue EELV y évoque l’agression sexuelle dont elle dit avoir été victime de la part de l’ancien député écologiste Denis Beaupin et qui l’a conduite à quitter le parti écologiste. Elle y invite les femmes victimes de violences sexuelles à briser « la loi du silence ».

    Sandrine Rousseau a été violemment prise à partie par la nouvelle chroniqueuse de l’émission, l’écrivaine Christine Angot qui lui a reproché de discourir dans le vide sur ces questions. Furieuse, Christine Angot avait quitté le plateau de l’émission, lors de son enregistrement, séquence qui n’a pas été diffusée lors du passage de l’émission ce samedi soir.

    « C’est un blabla »

    Dans le passage diffusé samedi soir on la voit toutefois s’adresser à Sandrine Rousseau sans ménagement.

    « Je ne peux pas entendre ça », a lancé Christine Angot qui estime que la question des agressions sexuelles ne peut pas se régler au sein d’un parti politique. « C’est un blabla » a-t-elle ajouté. « Il n’y a personne qui peut entendre [la parole des victimes d’agressions sexuelles]. On se débrouille », a poursuivi celle qui a été victime d’inceste au cours de son enfance. Un traumatisme qui traverse son œuvre littéraire, notamment dans l’Inceste (Stock) et Une semaine de vacances (Flammarion). Christine Angot avait pour sa part essuyé des rires lors de la présentation de L’Inceste, en 1999, sur le plateau de Tout le monde en parle, l’émission, présentée alors par Thierry Ardisson, rappelle Slate.fr

    « Ce livre parle d’un problème sociétal grave et tout le débat c’est doit-on, peut-on, sur ce genre de propos tenir des discours ou plutôt livrer une parole ? », a ensuite enchaîné l’écrivain Yann Moix. « Les écrivains sont dans la parole parce qu’ils regardent les choses en face […] et il est vrai que les hommes politiques dont vous faire en quelque sorte partie sont dans un autre cosmos, un autre univers qui est celui du discours »

    Des mots qui semblent blesser profondément Sandrine Rousseau, en larmes. « Je l’ai écrit, c’est mon histoire ». « Je ne peux pas entendre que j’ai un discours là-dessus. […] Vous n’imaginez pas la violence de ce que vous dites. C’est l’histoire que j’ai vécue que je raconte », se justifie l’ancienne élue.

    Voir la version complète
    « L’audace pornographique de Christine Angot »

    Une scène effarante pour l’écrivaine Valentine Goby, qui dénonce la surdité des deux chroniqueurs devant « la phénoménale détresse de cette femme et de toutes les femmes victimes de violence ».

    « Yann Moix est d’une lâcheté navrante de n’avoir pas un instant tenté de clouer le bec à sa collègue et amie, Ruquier ne vaut pas mieux, et tous les bobos hommes et femmes désolants qui se taisaient autour de cette table, fascinés par l’audace pornographique de Christine Angot et sourds à la douleur de Sandrine Rousseau, d’une dignité magnifique et insupportable », explique-t-elle.

    « Payer une redevance télé pour écouter pareille ordures est inacceptable. Nous demandons que des excuses publiques soient formulées à l’égard de Sandrine Rousseau. »

    Voir la version complète

    Ce lundi, Marlène Schiappa, secrétaire d’État chargée de l’Égalité entre les femmes et les hommes, a interpellé le CSA au sujet de l’incident entre les deux femmes.


  • Pas mal cette lettre à Macron ! NRobin

    https://libnanews.com/palestine-lettre-a-m-macron
    Libnanews

    Et la Palestine ? Lettre à M. Macron

    8 MAI 2017 BY CAMILLE NAJM

    A présent que votre élection semble assurée, j’aimerai m’adresser au futur président de la République française et non plus au candidat soumis aux impératifs de la campagne électorale.

    Permettez-moi de vous interpeller sur une question de politique étrangère, domaine où vous êtes encore novice et sur lequel vous avez été, fort heureusement pour vous, peu sollicité. J’aimerai plus particulièrement insister sur la question de la Palestine, grande laissée pour compte de la campagne et m’étendre sur vos déclarations dont certaines sont presque passées inaperçues, ou du moins ont été très peu débattues et commentées.

    On s’en est considérablement pris à M. Mélenchon, à raison, quant à ses déclarations – pour le moins contestables et simplistes – sur la Syrie et qui lui ont d’ailleurs valu le désaveu de nombreux militants de gauche. Mais qu’en est-il de vos positions concernant le conflit israélo-palestinien ?

    Contrairement à M. Mélenchon, à M. Fillon ou à Madame Le Pen, vos prises de position ont bénéficié d’une indulgence hors normes même si à leur instar vous faites aussi preuve d’une indignation sélective. Mais revenons, si vous le permettez, sur le contenu de vos déclarations ainsi que sur le diagnostic et les solutions, usitées et réchauffées, que vous proposez.

    Vous déplorez, à raison, le recul de la France, de sa présence et de son rôle au Moyen Orient. Un constat lucide, amer et indiscutable que l’on pourrait imputer essentiellement à une série de choix hasardeux, incohérents et imprudents qui remontent au mandat du président Sarkozy et qui furent maintenus en partie par le président Hollande. Une ligne sinueuse maintes fois désavouée tant par les faits et les résultats que par les alliés même de la France. Autant sur la Syrie que sur l’Iran, la France s’est retrouvé isolée, marginalisée et sur la touche. Du reste, il est inutile de revenir sur les conséquences désastreuses de l’intervention en Libye, sur le silence assourdissant autour du Yémen ou sur les relations indécentes avec l’Arabie Saoudite et le Qatar.

    Mais revenons-en à la Palestine objet de notre désaccord dont le point de départ remonte à votre déplacement à Beyrouth, symbole de la résistance arabe à Israël, capitale d’un pays toujours sous occupation, qui paye encore le prix fort de la cause palestinienne, de la guerre en Syrie, du terrorisme et de la montée des mouvements djihadistes.

    C’est ici même que vous avez eu l’arrogance et l’irrévérence de vous déclarer contre le mouvement de boycott des produits israéliens en provenance des territoires palestiniens occupés, reconnus comme tels par la justice internationale et les résolutions des Nations Unis. Vous avez également refusé de vous exprimer sur l’idée d’une reconnaissance de l’Etat de Palestine, alors qu’elle fait désormais l’objet d’un large consensus et qu’elle est déjà intervenue dans les faits et dans le droit. Vous vous êtes aussi prononcé contre les pressions exercées à l’encontre d’Israël.

    En substance vous avez inconsidérément tenu les propos suivants :

    « Le boycott d’Israël a été condamné par la France et il n’est pas question de revenir là-dessus » avez vous déclaré lors d’une conférence à l’Ecole supérieure des affaires, en référence à un arrêt de la Cour de cassation, en 2015, qui a rendu ce mot d’ordre illégal.

    Alors que tous avaient encore en mémoire les polémiques autour de la Conférence de Paix qui s’était tenue une semaine auparavant à Paris – une réunion dont Israël a critiqué la volonté de vouloir imposer de l’extérieur une solution au conflit, allant jusqu’à faire le parallèle odieux avec l’affaire Dreyfus – vous avez réaffirmé, toujours depuis le Liban, votre soutien à une solution à deux États, et votre refus d’orienter la politique israélienne en exerçant une pression diplomatique ou économique. Une manière selon vous de faire entendre une autre voix mais une approche usitée qui s’apparente toujours à la langue de bois et dont l’inefficacité est avérée.

    Alors ministre de l’Économie, vous avez même affirmé lors d’une visite en Israël votre volonté d’intensifier les relations commerciales franco-israéliennes notamment dans le secteur de l’énergie : « J’ai fait part de notre volonté, au travers des entreprises françaises, de participer à l’ouverture du marché du gaz en Israël ».

    Plus tôt en 2016, un signal, volontaire ou non, avait été envoyé aux partisans du BDS. Lors de protestations faisant suite à la Loi Travail, un homme portant un maillot arborant le slogan « Free Palestine » vous avait abordé et vous lui aviez alors répondu : « Vous n’allez pas me faire peur avec votre T-Shirt ! ».

    Dans votre optique il s’agit donc de « laisser faire, laisser aller », de ne rien faire et surtout de n’exercer ni pression ni contrainte sur Israël… Une stratégie inefficace dont le seul résultat a toujours été le sabordage du processus de paix. En aucun cas il ne faudrait bousculer et indisposer Israël ; il suffit donc de compter sur la bonne foi et la bonne volonté de ses dirigeants et leur soif de paix. On conviendra, au demeurant, qu’il soit plus aisé et moins périlleux de mettre la pression sur les plus faibles, les Palestiniens en l’occurrence.

    Des propos irrecevables, irréalistes et déplorables qui traduisent soit une inquiétante naïveté, soit une regrettable méconnaissance des faits, du droit international et de l’histoire, soit une insoutenable mauvaise foi de votre part. Votre position est désastreuse pour la France, pour les Français de confession juive ou musulmane, pour l’ensemble du monde arabe, pour le peuple palestinien, ses droits et sa dignité, et enfin pour l’avenir d’Israël, sa démocratie et sa sécurité. Pour un candidat qui respire la modernité, qui se veut progressiste, humaniste et démocrate et qui s’érige en rempart au F.N., on aurait osé espérer mieux.

    Cette position est d’autant plus incompréhensible et paradoxale que vous avez décrété d’Alger que le colonialisme était « un crime contre l’humanité » ! Vous voici pourtant bien indulgent et timoré à l’égard du dernier Etat colonialiste de la planète.

    Certes, il est bien plus facile, et moins couteux, de s’en prendre aux expéditions coloniales du XIXème siècle et de s’exprimer avec le recul que de dénoncer ceux qui sont toujours en cours. Hormis quelques voix indignées émanant de l’extrême droite ou de la droite républicaine dure, de nostalgiques du « temps béni » des colonies et d’anciens de la Coloniale, vous ne risquez pas grand chose ou si peu. Des mécontents qui ne sont pas en mesure de peser sur l’élection ni de vous porter préjudice ; bien au contraire il est de bon ton de les avoir à dos et l’on sait d’avance où iront leurs voix.

    Pourtant le colonialisme auquel s’adonne Israël est le pire de tous, ne fut-ce que parce qu’il est encore d’actualité au XXIème siècle et qu’il se poursuit de manière éhontée, en toute illégalité et impunité. Les colonies et leur extension ont pourtant été clairement condamnées par la France, par l’Europe et par l’ensemble de la communauté internationale. La colonisation a été définie pour ce qu’elle est : du racisme et de l’apartheid. Elle a même fait l’objet, pas plus tard qu’en décembre 2016, d’une résolution du Conseil de sécurité des Nations Unis à laquelle même les Etats Unis se sont abstenus d’apposer leur véto.

    Effectivement, le colonialisme peut être défini comme un crime contre l’humanité, a fortiori celui de l’Etat d’Israël. La politique coloniale suivie par le mouvement sioniste n’essaye même pas d’entretenir l’illusion de vouloir véhiculer le « progrès » et « la civilisation » et de faire avancer la cause des peuples colonisés. Elle ne cherche pas à coloniser les êtres mais uniquement leurs terres qu’elle tente de s’approprier pour en éradiquer les propriétaires et leur culture. Une annihilation pure et simple, une volonté de rayer de la carte un peuple et une nation. Elle ne prétend apporter aucun « bienfait » ; elle ne vise à établir ni statut organique, ni infrastructures, ni services publics ni bien être économique ni Etat ; elle n’entend pas exporter des principes et des valeurs. En cela elle présente de nombreuses similitudes avec la conquête de l’Ouest menée par les colons américains et avec le sort qui fut réservé aux indiens. Pour ce faire, Israël a nié l’existence même de tout un peuple, de sa mémoire, de ses droits historiques et nationaux et bafoué le droit international. Des actes, vous en conviendrez, peu recommandables et pour le moins répréhensibles au regard du démocrate républicain que vous êtes et du futur Président de la République française.

    Vous considérez le boycott illégal au regard du droit français mais qu’en est-il alors de la colonisation ? Ignorez-vous qu’en vertu du droit international les colonies israéliennes, sauvages ou non, sont illégales ? Elles le sont tout autant selon le droit israélien. L’Etat d’Israël est ainsi dans l’illégalité la plus absolue au regard du droit international mais aussi en porte-à-faux avec toutes les valeurs portées par la France… Est-il besoin de vous rappeler que l’Assemblée Nationale, qui représente le peuple souverain, a recommandé au gouvernement de reconnaitre l’Etat de Palestine ? Que la France par la voix de M. Fabius – alors ministre des Affaires étrangères d’un gouvernement dans lequel vous étiez ministre – puis par celle de M. Ayrault, avait exprimé son intention de reconnaître la Palestine en cas d’échec de la Conférence de Paris. Une initiative diplomatique française par ailleurs snobée par Israël à l’instar de toutes les autres conférences et propositions de paix passées et à venir.

    Vous vous prononcez contre une reconnaissance « unilatérale » de la Palestine, alors que la colonisation est l’essence même de l’acte unilatéral. Il est vrai que seul Israël a le droit de s’adonner à des actes unilatéraux et illégaux. Vous revenez ainsi sur les engagements de la France et sur ses responsabilités internationales.

    Toutes ces considérations s’effacent-elles donc en raison du caractère illégal du boycott ? Une décision qui plus est constitue une atteinte flagrante à la liberté d’expression et d’association.

    Vous qui êtes en résistance contre le fascisme, qui en bon républicain lui opposez la liberté, l’égalité, la diversité, vous n’êtes pourtant pas en mesure d’exprimer la moindre solidarité pour la cause du peuple palestinien victime de l’occupation, de l’oppression, du racisme et de la ségrégation. Vous rejetez d’un revers de la main toute possibilité de résistance même sous sa forme la plus pacifique, légitime et citoyenne et condamnez sans appel un mouvement mondial de solidarité.

    Qu’en est-il de vos engagements envers la défense des valeurs des Lumières, de l’humanisme, de la République et de celles de l’Europe ? Qu’en est-il de vos plaidoyers en faveur de l’ouverture, du multiculturalisme, de la coexistence, de l’égalité, de la diversité et de la laïcité ? S’arrêtent-ils aux frontières de la France et de l’Europe ?

    Le 10 avril, tout en prétendant comme il se doit défendre la solution des deux Etats, vous avez persisté dans l’erreur en vous aventurant encore plus loin, vous prononçant sans équivoque contre les efforts visant à faire reconnaître l’Etat palestinien. Vous avez déclaré – contrairement à Benoît Hamon, Laurent Fabius, François Hollande et Jean-Luc Mélenchon – qu’une telle reconnaissance était “anticipée”, « provoquerait de l’instabilité », ne “servait à rien” et qu’elle provoquerait des “déséquilibres”. Vous exprimant sur Radio J, vous avez ouvertement rompu avec la politique consacrée par le gouvernement et affirmé que la reconnaissance de l’Etat de Palestine « ne servirait les intérêts de personne » et ne ferait que générer plus « d’instabilité » encore. « La clé, c’est de reconnaître des Etats vivant dans ce même secteur, par un travail de rééquilibrage en vue de bâtir la paix. Si la France s’engage dans une reconnaissance unilatérale d’un Etat Palestinien, nous contribuons alors à une perte d’équilibre et nous affaiblissons la capacité de la France à jouer un rôle dans la stabilité régionale et dans ce conflit ».

    Vous semblez être né de la dernière pluie ou débarquer de Mars.

    Une reconnaissance « anticipée » et « unilatérale » ??

    En effet, la résolution de partage de la Palestine ne date que de 1947, la résolution 242 du Conseil de sécurité remonte seulement de 1967 et 24 petites années se sont écoulées depuis les accords d’Oslo… Alors que la Palestine a accédé à l’UNESCO en 2011 et a été reconnue comme Etat observateur par l’Assemblée générale des Nations Unis le 29 novembre 2012 par 138 voix pour et 9 contre, vous considérez qu’une reconnaissance par la France serait unilatérale. Vous affichez ainsi un mépris flagrant pour les résolutions des Nations Unis, pour les recommandations du quartet ainsi que pour la solution des deux Etats soutenue officiellement par la France, par l’Union Européenne par les Etats Unis et par l’ensemble de la communauté internationale.

    Pour un partisan convaincu d’une Europe forte et solidaire, vous adoptez une attitude en contradiction avec celle de nombreux pays européens mais aussi avec celle de la Représentante européenne pour la politique étrangère ainsi qu’avec celle du Parlement européen qui appelle depuis 2014 à la reconnaissance de la Palestine.

    Une reconnaissance « déséquilibrée » et génératrice « d’instabilité » ??

    La situation actuelle et l’équilibre des forces en présence vous semblent-ils équilibrés ? A vous entendre, le Moyen-Orient serait un havre de paix et de stabilité et l’absence d’un Etat palestinien n’est en aucun cas une cause d’instabilité et d’insécurité ; le chaos et le désordre qui règnent au Moyen-Orient depuis un siècle n’auraient aucun lien avec la question palestinienne qui ne suscite ni injustice, ni guerre, ni violence, ni terrorisme.

    Quel équilibre est-il possible entre les Palestiniens et l’armée la plus puissante du Moyen-Orient qui possède l’arme nucléaire et bénéficie du soutien de la plus grande puissance mondiale ?

    Entre les Israéliens et les Palestiniens, que ce soit dans la guerre ou lors des négociations, il n’existe aucun équilibre, ni des rapports de forces, ni des moyens et, certainement pas un équilibre de la terreur.

    Si telle est votre conception du déséquilibre, permettez-moi alors de m’interroger sur celle de l’équilibre qui est la vôtre. Si vous comptez suivre la même approche pour le dialogue social, pour les négociations au sein des entreprises, pour l’égalité des chances et la répartition des richesses, il y a de quoi avoir de sérieuses inquiétudes. Vos propos reflètent la même conception biaisée et irréaliste que vous avez des rapports de forces économiques et sociaux. Vous préconisez les mêmes disparités que celles qui président aux rapports sociaux notamment dans le cadre des négociations au sein de l’entreprise où l’employé et le salarié se retrouvent en position de faiblesse et ne font pas le poids face aux pressions du patron. Un face à face perdant et mortifère tout comme celui qui a lieu entre Israéliens et Palestiniens dans le cadre de négociations qui marginalisent le droit international et où les Palestiniens sont laissés à eux même.

    Après le déséquilibre en faveur du patronat, des actionnaires, de la finance, de la dérégulation et de la déréglementation du travail, voici le déséquilibre appliqué à la politique étrangère, le même deux poids deux mesures qui a discrédité l’Occident et affaiblit la diplomatie française.

    Vous semblez aussi peu concerné par la justice internationale que vous ne l’êtes par la justice sociale. Après la dérégulation financière et la dérèglementation du travail, voici la dérégulation du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et la dérèglementation du droit international. Une transposition aux relations internationales des règles de la finance, des disparités et des déséquilibres qui en découlent. Un remake de la loi de la jungle où le plus fort avale le plus faible.

    « Une reconnaissance qui ne servirait les intérêts de personne » ?

    Il s’agirait plutôt de l’inverse. Bien au contraire elle servirait les intérêts de tous – de l’ensemble de la région et du monde entier – hormis bien sûr celui de l’extrême droite israélienne dont vous vous faites, inconsciemment ou non, le porte-parole alors même que vous êtes engagés dans une lutte contre l’extrême droite en France. Elle sert en premier lieu l’intérêt du peuple Israélien, l’avenir de l’Etat d’Israël, de sa démocratie et de la paix. Elle sert la justice internationale et la crédibilité des Nations Unis fort mises à mal par les violations constantes et répétées d’Israël. Le droit international est-il uniquement, par ailleurs, une question d’intérêt ? La justice n’a-t-elle de valeur que si elle sert des intérêts, et ceux de qui ?

    Allez demander aux Palestiniens à quoi cela servirait de reconnaître leur Etat, et à quoi cela a servi jusqu’à présent de ne pas le faire… Le statu quo actuel a servi à renforcer le fait accompli, à maintenir l’occupation, à favoriser l’expansion des colonies, à anéantir le processus de paix, à alimenter la violence, la guerre, la montée des intégrismes et du terrorisme que vous affirmez vouloir combattre sans merci afin de protéger la France.

    Toujours lors de votre visite au Liban, vous avez revendiqué une filiation « gaullo-mitterrandienne » de votre vision géopolitique : « La présence de la France a globalement reculé au Moyen-Orient, au Maghreb et en Afrique, son continent frère. (…) La parole de la France porte moins. (…) Sa place dans la résolution des crises est moins centrale (…). Le rôle de la France est de mener une politique d’indépendance et d’équilibre qui permet de parler à tous, et d’assurer la construction de la paix ».

    Est-ce ainsi que vous comptez rétablir le rôle de la France, sa place, son aura, le respect qui fut le sien dans le monde arabe, son rayonnement comme patrie des droits de l’homme et du droit international ?

    Nos valeurs, Monsieur Macron, sont ce que nous en faisons et le moins que l’on puisse dire c’est que votre position est peu compatible avec les idéaux dont vous vous revendiquez. Sur la Palestine vous avez fait preuve d’un manque d’humanisme, de discernement et de vision.

    Cher M. Macron, moi aussi je vous ai malheureusement compris et j’ai perçu toute l’étendue et l’ampleur de votre duplicité et de votre hypocrisie. Décidément, le doute et l’ambiguïté vous vont beaucoup mieux que la clarté, à tout le moins ils vous attribuaient jusqu’alors le bénéfice du doute.


  • https://libnanews.com/arrivee-de-saad-hariri-a-paris-a-linvitation-demmanuel-macron
    Libnanews

    Arrivée de Saad Hariri à Paris à l’invitation d’Emmanuel Macron
    18 NOVEMBRE 2017
    BY REDACTION LIBNANEWS
    https://libnanews.com/wp-content/uploads/2017/10/President-Emmanuel-Macron-meets-Pr-Minister-Saad-Hariri-90.jpg

    Le Premier Ministre Libanais est arrivé ce matin du 18 novembre 2017 à Paris, à l’invitation du Président Français Emmanuel Macron qui signe là son premier coup d’éclat diplomatique au Moyen-Orient.

    Le premier ministre se reposerait actuellement à son domicile parisien avant de se rendre à un déjeuner avec le président français. Il sera rejoint par son conseillé Nader Hariri et par le Ministre de l’Intérieur Nouhad Machnouk qui se sont envolés tôt ce matin.

    Il aurait rencontré le prince Mohammed Ben Salmane, peu avant son départ vers Minuit de Riyad pour évoquer avec lui les dossiers en cours.

    Reçu comme Premier Ministre du Liban et non comme Premier Ministre démissionnaire puisque cette dernière n’aurait pas été présenté conformément aux procédures constitutionnelles, soulignent les observateurs, Saad Hariri quitte finalement l’Arabie Saoudite alors que beaucoup accusaient le Prince Héritier Mohammed Ben Salmane (MBS) de le détenir. Cependant, 2 de ses enfants, les plus jeunes, seraient toujours présents à Riyad, faisant craindre qu’ils aient été retenus en otage.

    Le 15 novembre 2017, le Président Français, Emmanuel Macron, a formellement invité le Premier Ministre Libanais Saad Hariri en France avec sa famille pour tenter de mettre fin à la crise entre le Liban et l’Arabie Saoudite. Le Pays des Cèdres accuse le Royaume de détenir son Premier Ministre et de l’avoir poussé à la démission le 4 novembre dernier, dans un discours diffusé par la chaîne de télévision saoudienne Al Arabiya.

    Depuis les relations entre les 2 pays ont continué à se dégrader, le Ministre Saoudien en charge des relations avec les Pays Arabes accusant l’Iran et le Hezbollah présent au sein du gouvernement libanais d’être à l’origine d’un tir de missile des rebelles houthis sur la capitale saoudienne et le Liban d’être en guerre contre le royaume. Le Président de la République Libanaise, le Général Michel Aoun, a de sa part accusé l’Arabie saoudite de détenir en résidence surveillée son Premier Ministre.

    En route pour la capitale française, Saad Hariri a répondu aux propos du Ministre des Affaires Etrangères Allemand Sigmar Gabriel qui appelait les Pays Arabes à arrêter de s’ingérer dans les affaires libanaises domestiques, démentant être retenu en détention dans le Royaume Saoudien. Pour sa part, le Royaume a rappelé son Ambassadeur présent à Berlin.


  • Je ne savais pas qu’Hariri était saoudien !
    Dénoncer L’Iran sous la contrainte saoudienne, c’est franchement ridicule ! NRobin

    Arabie Saoudite : Le comportement typique d’un État voyou. Saad Hariri : Un héros malgré lui, grâce au Hezbollah son ennemi intime.
    BY RENÉ NABA • NOVEMBRE 17, 2017
    TRIBUNE LIBRE DANS L’HUMANITÉ DIMANCHE

    Par René Naba, directeur du site www.madaniya.info

    La purge drastique opérée samedi 5 novembre à Riyad par l’impétueux prince héritier Mohamad Ben Salmane représente un comportement typique d’un État Voyou, dont le point culminant a été la démission forcée du premier ministre Libanais Saad Hariri sur injonction saoudienne, et sa mise en résidence surveillée à Riyad ; un fait sans précédent dans les annales internationales.

    Si l’incarcération, sans autre forme de procès, d’une vingtaine de princes et ministres saoudiens de même que la saisine de 1.700 comptes bancaires relèvent d’un acte de pur arbitraire dont le Royaume est coutumier, la prise en otage de Saad Hariri, de nationalité saoudienne certes, mais néanmoins premier ministre d’un état souverain constitue un acte en violation flagrante de la convention de Vienne sur les immunités diplomatiques.

    Le coup de filet du pouvoir wahhabite s’est fait au nom de la lutte contre la corruption, alors que la prévarication, érigée en système de gouvernement a gangrené tout le Royaume par ses rétro-commissions sur les transactions d’armes et le hideux système de la « Kafala » (parrainage), la ponction des entreprises étrangères au profit de la strate parisitaire saoudienne.

    Dûment investi par les électeurs les Beyrouthins et confirmé dans ses responsabilités gouvernementales par le parlement libanais, la réclusion de Saad Hariri à Riyad va devoir poser un sérieux problème aux protecteurs occidentaux de la dynastie wahhabite, d’autant plus aiguë que cette séquestration s’est accompagnée d’un blocus contre le Yémen, objet d’une agression caractérisée des pétromonarchies du Golfe.

    Compagnon festif du fils du roi Fahd d’Arabie, rien ne prédestinait Saad Hariri à la direction d’un pays aussi singulier que le Liban, la poudrière par excellence du Moyen orient. Pas plus ses balises que ses protecteurs, que sa fortune, ne seront d’un grand secours à l’héritier Hariri aux heures décisives, propulsé à l’épicentre du pouvoir d’un pays névralgique sans la moindre préparation.

    Ambitieux sans substrat intellectuel, celui qui passe être le moins futé des héritiers Hariri a été préféré à son frère aîné Baha pour succéder à son père assassiné, au mépris des règles de la primogéniture, en raison de sa proximité avec le prince Aziz Ben Fahd, son ancien commensal et désormais son compagnon d’incarcération au Ritz Riyad.

    Ce natif de Riyad, en 1970, binational libano saoudien plus saoudien que libanais a considéré sa mandature gouvernementale comme un ancrage saoudien dans le jeu politique libanais, la délocalisation du wahhabisme monolithique vers le Liban pluraliste.

    Se présentant comme l’alternative à l’extrémisme sunnite croissant au Moyen orient, son amateurisme dans la gestion des groupes islamistes « Fatah al Islam », Nord-Liban, et le salafiste Ahmad al Assir (Sud-Liban) a failli le carboniser avec l’ensemble de la configuration dont il était l’émanation.

    Dans le projet multidimensionnel mis en œuvre par l’Arabie saoudite et les États Unis, les groupes intégristes sunnites devaient servir de contre pouvoir à l’effet de contrebalancer idéologiquement et militairement la milice chiite du Hezbollah et conduire à l’implantation des Palestiniens au Liban en vue de renforcer démographiquement les sunnites, la troisième plus grande communauté libanaise après les chrétiens 42% (toutes communautés confondues) et les chiites 30%.

    La dynastie Wahhabite a porté la guerre au Liban pour compenser ses échecs retentissants sur tous les fronts du Moyen Orient : Syrie, Irak et Yémen. Si la vénalité de la classe politique libanaise est de notoriété publique, le Liban offre, en contrechamps, un peuple parmi les plus frondeurs de la zone.

    Beyrouth, qui s’est offerte en victime sacrificielle de la défaillance arabe, à deux reprises durant le dernier quart de siècle, en 1982 Beyrouth-Ouest) et en 2006 (Beyrouth Sud), exerce depuis lors une fonction traumatique à l’égard d’Israël.
    A n’y prendre garde, la capitale libanaise pourrait bien constituer le cimetière de la morgue saoudienne.

    Et le Hezbollah que Saad Hariri s’est appliqué à criminaliser auprès du Congrès américain, via le Hezbollah Accountability Act (HATA), et auprès de l’Union Européenne, -par la fermeté qu’il a affiché à exiger le respect du Droit constitutionnel libanais, en tandem avec le Président Michel Aoun-, pourrait bien être l’artisan de la réhabilitation nationale de l’héritier failli pour en faire un « héros malgré lui ». Grâce au Hezbollah, son ennemi intime.

    La biologie comme mode d’accession au pouvoir, le Liban, ses combats, son Histoire, tout comme l’Islam sunnite méritent mieux que cela. Les lois de l’hérédité permettent une accélération de carrière. Elles n’ont pas vocation à doter son bénéficiaire d’une compétence innée, ni de le prémunir forcément de toute médiocrité.

    Humanité Dimanche 16 – 22 Novembre 2017

    POUR ALLER PLUS LOIN

    http://www.renenaba.com/livres/larabie-saoudite-un-royaume-des-tenebres
    http://www.renenaba.com/livres/hariri-de-pere-en-fils-hommes-daffaires-et-premiers-ministres



  • ...nous sommes dans l’affrontement de deux blocs géopolitiques : celui de l’OTAN d’un côté et l’axe contestataire de la suprématie américaine du monde, soit celui de la Chine, de la Russie et de l’Iran, de l’autre. La Syrie et aujourd’hui le Yémen ont été victimes de cet affrontement ; le Liban avec son premier ministre kidnappé pour son manque d’activisme anti-iranien en souffre lui aussi...

    Je pousserais l’analyse plus loin, je ne pense pas qu’Assad soit l’assassin du père Hariri. Quel intérêt ?

    C’est par ici !
    NRobin

    https://www.investigaction.net/fr/corm-seuls-les-naifs-pensent-quil-sagit-dun-conflit-entre-sunnites-e

    INVESTIG’ACTION

    Corm : « Seuls les naïfs pensent qu’il s’agit d’un conflit entre sunnites et chiites »
    13 Nov 2017 ALEX ANFRUNS
    https://www.investigaction.net/wp-content/uploads/2017/11/cri.png

    Les événements au Proche-Orient s’accélèrent comme jamais. Saad Hariri, le premier ministre du Liban, vient d’annoncer sa démission de façon insolite, depuis l’Arabie saoudite où se déroule une « révolution de palais ». En Syrie, d’importantes victoires ont été remportées par l’armée et annoncent la fin d’un conflit meurtrier. Quelle sera l’issue de cette crise politique ? Pour approfondir ces questions, nous avons interrogé l’historien et ex-ministre des finances libanais Georges Corm, auteur du livre Le Liban contemporain.

    Il y a un an, les élections présidentielles permettaient au Liban de sortir d’une longue période d’instabilité institutionnelle. Comment expliquer ce coup de théâtre ?

    Le contexte libanais était effectivement très stable. Le gouvernement constitué par Saad Hariri en décembre comprenait tous les grands partis politiques, à l’exception du parti phalangiste qui s’est érigé en parti d’opposition. Il incluait donc aussi le Hezbollah et les choses semblaient bien se passer : loi électorale et budget adoptés, en particulier. Le ton de Saad Hariri restait très modéré pour ce qui concerne la politique iranienne et celle du Hezbollah, partie à son gouvernement.

    Son rappel en Arabie saoudite trois jours après une visite qu’il y avait fait effectuée et son départ précipité sans que personne de son entourage ou des ministres libanais ne l’accompagne montre qu’il s’est agi d’une démission forcée faite en Arabie saoudite, comme tout le prouve, dans un contexte du coup d’État qui se déroule dans ce pays.

    Cette démission s’est produite en Arabie Saoudite, où une crise inédite vient d’avoir lieu, avec la mise à l’écart d’une partie du gouvernement.

    Le prince héritier, encouragé par le président américain, est en train de changer le régime de cette royauté vermoulue. Il liquide de très nombreux membres de la famille royale, intimide les grands hommes d’affaires du pays et change en fait le régime politique en devenant le dictateur unique du royaume, alors que la règle principale de la famille royale jusqu’ici était une direction de type collégial et un consensus entre les aînés des différentes branches de la famille.

    Les changements qui se déroulent visent aussi à mener une « dé-wahhabisation » et une dé-radicalisation religieuse du royaume ; ainsi la permission accordée aux femmes de conduire une voiture, le rétablissement des loisirs en public, notamment, mais aussi l’abolition des consultations avec les cheikhs de l’establishment religieux.
    https://www.investigaction.net/wp-content/uploads/2017/11/demission-300x152.png
    Que révèle selon vous le fait que Hariri ait démissionné depuis un pays étranger et y soit resté à ce jour ?

    Il ne fait plus aucun doute que le premier ministre est en résidence forcée en Arabie saoudite. La prestation télévisée faite hier soir avec une journaliste libanaise travaillant à la station de télévision de son parti a confirmé aux téléspectateurs avertis son statut de séquestré (phrases mécaniques et répétitives, visage émacié et plein de tristesse, son besoin de verres d’eau toutes les quelques minutes).

    Peut-on établir un lien entre ce qui s’est passé et le dénouement de la guerre en Syrie qui se profile à l’horizon ?

    Oui, cela n’est pas à exclure, la situation en Syrie ayant nettement tourné au profit du gouvernement légal de la Syrie. Il peut s’agir d’une forme de représailles de la part de l’Arabie saoudite qui a été avec le Qatar le principal financeur des mouvements terroristes en Syrie.

    Il faut aussi rappeler le boycott de l’émirat du Qatar par l’Arabie saoudite et les membres du Conseil de coopération du Golfe, qui ne fait aucun sens, sinon celui de se défausser sur le petit émirat de l’échec de la politique en Syrie.

    Quelles ont été les premières réactions des différentes forces politiques qui composaient le gouvernement Hariri ?

    En dehors de quelques voix extrémistes issues du Courant du futur, parti de M. Hariri, la grande majorité des partis politiques libanais, y compris celui de M. Hariri, réclament avec force le retour du premier ministre.

    L’un des ténors du Courant du futur, le ministre de l’intérieur, a fait des déclarations très fortes disant à l’Arabie saoudite qu’au Liban les choses ne se passaient pas comme en Arabie saoudite et que les Libanais ne sont pas un troupeau de moutons.

    Quel effet pourrait avoir lieu dans la société libanaise l’appel au retour par l’Arabie de ses ressortissants ?

    Aucun, car depuis 2011 ou 2012, ils ont été rappelés et il a été demandé aux Saoudiens de ne plus se rendre au Liban. Cela n’a dû concerner que quelques centaines d’individus. Plus grave pour le Liban serait l’expulsion des 250 000 ressortissants libanais travaillant en Arabie saoudite.

    Mais une telle mesure causerait de graves dommages à l’économie saoudienne car la communauté libanaise dans ce pays y joue un grand rôle économique ; il ne s’agit pas de travailleurs pauvres, mais d’hommes d’affaires et de techniciens et cadres de haut niveau. Leur départ contribuerait à paralyser encore plus l’économie saoudienne, mise à mal par la chute des prix du pétrole et les événements intérieurs actuels.
    https://assets.letemps.ch/sites/default/files/media/2017/05/21/file6v0hfj31y51qv5r9sc.jpg
    Depuis notamment l’invasion de l’Irak par les USA en 2003, le Proche-Orient est le théâtre de nouvelles ingérences par des puissances étrangères et régionales, que les médias présentent souvent sous la forme de rivalités interconfessionnelles. Dans votre récent ouvrage « Pensée et politique dans le monde arabe » vous dénoncez la notion de « choc des civilisations » comme étant contraire à la réalité pluriconfessionnelle du monde arabe. Quelle influence a la grille de lecture fabriquée par les pétromonarchies dans votre pays ?

    En réalité la grille de lecture des pétromonarchies est la même que celle des États-Unis et des milieux de l’OTAN. Tout s’expliquerait par un conflit entre « bons » sunnites et « méchants » chiites que l’Iran manipulerait à sa guise (soit un conflit de type civilisationnel). Depuis l’arrivée de Trump à la présidence des États-Unis, la démonisation de l’Iran a pris des proportions hystériques. Le gouvernement américain estime que la source du terrorisme islamique dans le monde est l’Iran (et non point ses alliés des pétromonarchies), ce qui est évidemment contradictoire aux faits actuels sur le terrain.

    La politique saoudienne, devenue elle aussi hystérique, ne fait que refléter la politique américaine actuelle. Ce sont aussi à mon avis les Etats-Unis qui exigent aujourd’hui la « dé-wahhabisation » de l’Arabie saoudite. Pour le Liban, le biais anti-chiite de l’Arabie saoudite n’est pas nouveau. Il s’était déjà exprimé en 2006 lors de l’attaque israélienne sauvage contre le Liban où le royaume avait blâmé le Hezbollah pour son aventurisme et non l’État d’Israël qui, du fait d’un incident de frontière, avait déclenché une attaque de très grande envergure contre le Liban.

    Aujourd’hui, l’Arabie saoudite sous prétexte de lutter contre l’influence chiite et l’Iran détruit le Yémen avec des bombardements continus depuis 2015, un siège de ses ports, une épidémie redoutable de choléra qui en a résulté, dans un silence assourdissant de la communauté internationale. La justification de cette guerre intolérable par la nécessité de combattre l’influence d’un « triangle chiite » subversif au Moyen-Orient est une feuille de vigne idéologique pour justifier la politique saoudo-américaine dans la région. J’aime à rappeler ici que c’est l’Irak sous influence des pétromonarchies et des États-Unis qui a tenté en 1980 d’envahir l’Iran et lui a déclaré la guerre et non l’inverse.

    On pourrait pour être plus proche des réalités du terrain, résumer la situation en disant que nous sommes dans l’affrontement de deux blocs géopolitiques : celui de l’OTAN d’un côté et l’axe contestataire de la suprématie américaine du monde, soit celui de la Chine, de la Russie et de l’Iran, de l’autre. La Syrie et aujourd’hui le Yémen ont été victimes de cet affrontement ; le Liban avec son premier ministre kidnappé pour son manque d’activisme anti-iranien en souffre lui aussi.

    Seuls les naïfs, victimes des grands médias occidentaux et arabes sous influence occidentale, peuvent penser qu’il s’agit d’une lutte entre « sunnites » et » chiites ».

    Source : Investig’Action

    Nouveau livre de Georges Corm
    http://extranet.editis.com/it-yonixweb/IMAGES/DEC/P3/9782707193759.jpg


  • Un formidable espoir ! NRobin

    https://theconversation.com/le-forum-social-mondial-reinvente-la-force-dune-idee-87135

    Le Forum social mondial réinventé : la force d’une idée
    16 novembre 2017
    Francine Mestrum

    Le Forum de Tunis, en 2015. Habib M’henni/Wikimedia
    C’est en 2001 que le premier Forum social mondial (FSM) fut organisé à Porto Alegre, au Brésil, ville symbole du budget participatif, administrée par le Parti des Travailleurs (PT) du futur Président Lula. Il y avait alors l’espoir qu’un « autre monde » soit possible et cette croyance fut adoptée comme slogan par le Forum.

    Il n’y avait pas trop de monde à cette première rencontre, mais avoir réussi en si peu de temps à rassembler près de 15 000 personnes, témoignait de l’optimisme de l’époque. Les initiateurs rassemblaient des Brésiliens du Parti des Travailleurs, des intellectuels du monde entier (tel François Houtart), des Français du Monde Diplomatique… La formule était un succès et une année plus tard, c’étaient près de 50 000 personnes qui faisaient le voyage au Brésil, avec plus de 1 000 journalistes ! Le FSM se présentait alors comme le contrepoids du Forum économique mondial de Davos et voulait offrir des alternatives à la mondialisation néolibérale.

    Un « conseil international » fut créé dans la foulée pour accompagner le processus et une « charte de principes » fut rédigée avec les règles à respecter.

    Parmi ces principes, relevons le fait que personne n’a le droit de parler « au nom » du FSM, les participants peuvent défendre les positions de leur organisation, seul ou avec d’autres, mais jamais en tant que Forum. Les groupes qui défendent la lutte armée ne sont pas les bienvenus. Le Forum se présente comme un « espace ouvert » – ce qui devrait être une garantie d’horizontalité (pas de hiérarchie), d’autogouvernance et de participation démocratique de toutes et tous.

    À l’origine, le conseil international était un club fermé d’intellectuels qui gardaient jalousement leur petit privilège, préservaient la bonne marche des forums et discutaient de la conjoncture politique du monde. Aujourd’hui, une littérature extensive existe sur le processus des FSM. Parmi ces ouvrages, on mentionnera notamment Another World Is Possible : Popular Alternatives to Globalization and the World Social Forum, Globalizing Resistance et Alter-Globalization : Becoming Actors in the Global Age.

    Au temps de la grande foule

    Après trois forums très réussis, le FSM déménagea vers l’Inde, où le succès fut tout aussi grand. Mais l’édifice commença alors à montrer ses premières failles. Les anticapitalistes qui ne peuvent envisager des compromis avaient organisé leur propre forum anti-impérialiste, en parallèle avec le FSM.

    Après, il y eut un forum « polycentrique », organisé simultanément à Caracas au Venezuela, à Bamako au Mali et à Karachi au Pakistan. Le forum suivant, en 2007, s’est déroulé à Nairobi, au Kenya, caractérisé par une organisation défaillante et un manque de ressources. Nous sommes ensuite retournés au Brésil, à Belém, où un forum gigantesque de près de 150 000 personnes a eu lieu en 2009. L’accent y était mis sur la région amazonienne et les peuples indigènes.

    Par la suite, une fois de plus, nous avons essayé l’Afrique, à Dakar, au Sénégal, mais une fois de plus aussi, l’organisation échoua. En outre, les formules garantissant l’horizontalité et la démocratie se révélaient de moins en moins solides. À chaque réunion du conseil international – deux fois par an – une nouvelle commission, un nouveau groupe de travail ou un autre comité de liaison était nécessaire pour essayer de colmater les brèches.

    Les problèmes furent résolus, mais les brèches réémergeaient et étaient chaque fois plus importantes. La gauche mondiale n’était pas beaucoup plus stable qu’aux niveaux nationaux : chamailleries, egos, philosophies divergentes…

    Après le 11 septembre 2001, la croyance en la possibilité d’un « autre monde » a été sérieusement ébranlée et la crise financière de 2007-2008 l’a presque tuée. Le FSM a survécu, sans grande dynamique. Les intellectuels l’abandonnaient, car le conseil international n’était plus le lieu des grands débats politiques. La commission « stratégie » oublia que chaque stratégie doit répondre à un objectif bien précis.

    Le printemps arabe constitua un nouvel espoir. Nous avons ainsi vécu un excellent forum à Tunis en 2013 et un autre en 2015.

    Le Forum de Montréal en 2016 ne fut pas un forum de mouvements ou d’organisations, mais, conformément à la philosophie de beaucoup de jeunes, d’individus sans grande vision sur le monde.

    Des fissures éclatent au grand jour

    Les Brésiliens étaient sur le point de tout abandonner. Ils n’avaient plus envie de réunir le conseil international qui n’avait plus rien à dire, il y avait des doutes sur l’utilité du FSM. Plusieurs fois, de réels conflits ont éclaté et il fallait être expert pour comprendre ce qui se disait aux réunions, chaque déclaration étant couverte de plusieurs chapes de novlangue et de mots creux.

    On a souvent dit que le FSM souffrait d’une opposition entre ONG et mouvements sociaux, comme si les ONG étaient les réformistes sans contact avec leur base et les mouvements sociaux les vrais représentants populaires. Il y a bien des ONG qui sont réellement révolutionnaires tandis que plusieurs mouvements savent comment contrôler leurs membres. Les vrais problèmes du FSM se trouvent ailleurs.

    Premièrement, il n’y a jamais eu de bonne définition de « l’espace ouvert » et de « l’horizontalité ». Ces principes sont très attrayants à condition de traduire quelque chose de bien concret. Partout où des individus se réunissent, en grand ou en petit nombre, se créent des relations de pouvoir qui doivent, si possible, être démocratiquement régulées et limitées. Si « l’horizontalité » signifie que les hiérarchies réellement existantes se cachent derrière un principe creux, des problèmes de responsabilités et de transparence se poseront. Si les structures sont si complexes que personne ne sait qui doit faire quoi, des malentendus se multiplient et la confiance fera défaut. Un petit groupe au sein du conseil international a plaidé pour des structures légères, mais transparentes, mais ceux qui ont le pouvoir sans que celui-ci soit visible, refusent tout changement.

    Deuxième problème, la peur des initiateurs brésiliens de toute politisation du Forum (pour mieux comprendre les origines du FSM, voir Milcíades Pena, A. et Davies, T.R., Globalisation from Above ? Corporate Social Responsibility, the Workers’ Party and the Origins of the World Social Forum). La politique fait peur. L’absurdité d’une telle attitude dans un forum qui veut « changer le monde » saute aux yeux. Néanmoins, cela constitue une opposition permanente entre la vieille garde du Forum et des participants plus jeunes et plus dynamiques au conseil international. Les premiers ne veulent plus de forums polyvalents et rêvent d’un grand nombre de forums thématiques, sur l’eau, les migrations, le nucléaire, etc. Ils continuent d’insister sur la diversité et tremblent dès qu’on parle convergence.

    Un troisième problème est purement d’ordre matériel : le manque de ressources. L’organisation d’une réunion du conseil international coûte facilement 100 000 euros, sauf si chacun paie son titre de voyage. Le budget pour le FSM de Salvador, prévu en mars 2018, s’élève ainsi à 2,5 millions d’euros, un montant très modeste. Or, à l’époque où le conseil international payait les billets d’avion de ses membres, les alliances étaient faciles à faire. Maintenant que cela n’est plus possible, certains membres ne viennent plus et ceux qui restent sont plus autonomes et peuvent mettre en minorité la vieille garde. Les contraintes budgétaires, partout dans le monde, sont un frein réel au déplacement des représentants des mouvements sociaux. C’est ainsi que les derniers forums n’étaient plus réellement mondiaux. La participation des mouvements africains a fortement diminué, celle des organisations asiatiques devenue quasi nulle.

    Le soutien prometteur de l’Université de Bahia

    Le conseil international de Porto Alegre, en janvier 2017, a été un premier tournant. Pendant deux jours et demi, les discussions ont été calmes et sérieuses, tout le monde craignant la résurgence des clashes de Montréal en 2016, où, malgré l’existence d’un consensus, aucune condamnation du « coup » au Brésil contre Dilma Roussef ne fut possible. La dernière demi-journée, cependant, les oppositions se sont à nouveau manifestées, la vieille garde s’opposant à l’organisation d’un Forum à Salvador au printemps 2018. Un vote l’a mise en minorité.

    Un élément extrêmement prometteur pour le prochain forum à Salvador est la collaboration avec l’Université fédérale de Bahia, un établissement public qui compte plus de 200 000 étudiants. Nous y avons tenu, après la réunion du conseil international, une conférence avec des activistes et des membres du corps professoral – une formule très intéressante. Pour le recteur de l’université, il est très important de construire et de renforcer des ponts entre son établissement et la société.

    Il est évident que dans la période difficile que vit le Brésil actuellement, la mémoire de la dictature militaire reste présente à l’esprit. De plus, ici comme ailleurs, une lutte s’organise contre l’austérité budgétaire, notamment en matière d’éducation et de recherche.

    Le collectif de Salvador a réussi à enthousiasmer des milliers d’organisations au Brésil pour le Forum, les syndicats y seront massivement présents. Le slogan sera « La résistance c’est créer, la résistance c’est transformer » (resistencia e criar, resistencia e transformar). Comme nous avons pu, dans le passé, écouter directement des hommes politiques comme Chavez, Lula, Correa et Morales, on propose désormais d’inviter Jeremy Corbyn et Bernie Sanders.

    Local et mondial, main dans la main

    Le FSM n’est pas le seul Forum mondial. Depuis les années 1990, un bon nombre de réseaux thématiques ont été créés et continuent de faire un excellent travail. Mais le FSM est le seul Forum transversal où ces groupes thématiques peuvent se rencontrer afin de discuter de leurs objectifs, leurs stratégies et leurs campagnes. Tous commencent à se rendre compte que la justice climatique n’est pas possible sans justice sociale, que la paix n’est pas non plus possible sans justice climatique et sans justice sociale, et que dans tous ces secteurs les médias jouent un rôle important.

    Aujourd’hui, trop d’organisations et de mouvements se sont retirés au niveau local et ont oublié que le local ne s’oppose pas au mondial, bien au contraire. Ils doivent aller la main dans la main. De plus, en Europe de plus en plus de nouvelles frontières sont dressées, tandis que c’est exactement le contraire qu’il nous faut. Le FSM peut contribuer à un mouvement allant dans ce sens.

    Dès lors, on ne peut qu’espérer que le Forum social mondial de Salvador, en mars 2018, sera un réel succès. Le travail intéressant qui est fait ici au niveau local ne peut gagner qu’en le mettant en rapport avec le travail local fait là-bas, à Delhi ou à Bamako. Toutes ces initiatives se renforcent et aident à combattre un système injuste et insoutenable. Si le FSM réussit à donner une voix à tous ces mouvements, à leur permettre de rechercher ce qu’ils ont en commun, tout en respectant la diversité, il aura donné un nouveau souffle au mouvement alter-globaliste.

    Au Brésil, tout comme en Europe, les mouvements sociaux font face à une lutte difficile pour défendre la démocratie. Les différences sont moins importantes qu’on ne le croit souvent. En nous donnant la main, nous nous renforçons et nous pouvons gagner. Nous n’avons pas besoin de nouvelles frontières, mais nous devons construire des ponts.

    Le FSM est une idée plus forte que ceux qui l’ont créée.


  • A voir : Documentaire de pierre PEZERAT, fils d’henri Pézerat, physico-chimiste de l’université de Jussieu .
    https://www.les-sentinelles. org/

    A lire : Livre de paul FRANCOIS
    http://www.fayard.fr/un- paysan-contre-monsanto- 9782213704944

    https://www.les-sentinelles.org
    LES SENTINELLES
    DOCUMENTAIRE 1H31MN
    DE PIERRE PEZERAT

    Josette Roudaire et Jean-Marie Birbès étaient ouvriers, en contact avec l’amiante.
    Paul François est agriculteur, il a été intoxiqué par un pesticide de Monsanto, le Lasso.

    Ils ont rencontré Henri Pezerat, chercheur au CNRS, qui a marqué leurs vies en les aidant à se battre pour que ces empoisonnements ne restent pas impunis.

    Les ouvriers agricoles de la coopérative de Nutréa Triskalia, intoxiqués par des insecticides, n’ont pas connu Henri, mais ils sont le vivant symbole de ceux qu’il a défendus toute sa vie, des sentinelles.

    Chacun d’eux raconte, des années 1970 à 2015, les combats menés, l’interdiction de l’amiante, l’attaque de Paul contre Monsanto, avec à chaque fois le rôle décisif joué par Henri. Qu’ils soient ouvriers ou paysan, ils partagent le même sentiment : la justice n’est pas encore passée, ni pour les responsables du grand mensonge de l’amiante, encore moins pour ceux de la catastrophe annoncée des pesticides."

    AFFICHE, BANDE ANNONCE ET DOSSIER DE PRESSE à télécharger
    Pour aider le film à vivre, une petite requête à ceux qui ont vu le film :
    allez cliquer sur Allo Ciné pour donner une note au film !


  • Le sionisme, toujours à l’œuvre en France. Affolant ! NRobin
    https://www.les-crises.fr/manuel-valls-veut-censurer-pascal-boniface-et-l-iris
    Les Crises
    Manuel Valls veut censurer Pascal Boniface et l’Iris !
    Les temps deviennent de plus en plus dur pour la Liberté d’expression ; en voici un nouvel exemple.

    Dans le Marianne de cette semaine, Manuel Valls indique qu’il se démène pour censurer l’universitaire Pascal Boniface, ainsi que l’Institut de Relations Internationales et Stratégiques (Iris, qui est un des grands think tanks français travaillant sur les thématiques géopolitiques et stratégiques ; il est dirigé par Pascal Boniface), pour raison idéologiques :
    https://www.les-crises.fr/wp-content/uploads/2017/11/valls-mac.jpg
    valls
    “Je considère, par exemple que ce qu’écrit l’universitaire Pascal Boniface depuis des années pose un vrai problème. J’ai d’ailleurs saisi les ministres des Affaires étrangères et des Armées qui financent l’Iris de ce sujet, même s’il ne parle pas au nom de l’Iris.” [Manuel Valls, Marianne, 10/11/2017]

    Il fait évidemment références aux positions de Pascal Boniface, très critiques envers la politique du gouvernement d’extrême-droite israélien.

    Quoiqu’on pense des positions de Pascal Boniface (avec lequel je ne suis pas toujours en accord, mais qui sont toujours parfaitement légales), si on estime être un défenseur de la Liberté d’expression, alors on se doit de dénoncer de telles pressions politiques sur des universitaires.

    Là où cela confine au sublime, c’est qu’au même moment, Manuel Valls arrive à dire ceci :

    valls
    Manuel Valls – longuement applaudi par le Premier Ministre et la majorité la semaine dernière – s’inscrit cependant dans une vraie tradition intellectuelle parisienne : “La défense de la liberté d’expression des gens qui pensent comme moi – et seulement eux”.

    Il convient donc de relayer l’information afin que l’Iris ne subisse pas des sanctions budgétaires de la part du gouvernement.

    Non à la censure !

    P.S. pour un développement de ce thème, et un rappel des valeurs de ce blog (incluant la lutte contre le racisme et l’antisémitisme, la dénonciation du wahhabisme et de ses prédicateurs ainsi que des pétromonarchies soutiens du terrorisme et de leurs complices dans les gouvernements occidentaux), voir ce billet...


  • Il y a un an et deux jours jour pour jour. NRobin

    http://www.solidariteetprogres.org/actualites-001/Syrie-Alain-Corvez-diplomatie-francaise.html

    Alain Corvez : Une diplomatie aberrante qui met la vie des Français en danger

    La rédaction
    vendredi 11 novembre 2016

    De retour d’un voyage en Syrie, Alain Corvez, consultant international et ancien conseiller au ministère français de la Défense et de l’Intérieur, a publié ce plaidoyer pour une autre politique de la France en Syrie. Une opinion qualifiée, très utile à faire connaître.

    Retour de Syrie

    Invité par l’association Ahfad Ashtar – les descendants d’Ashtar, ou Astarté, la déesse assyrienne de l’Amour et de la Fécondité, présidée avec une inlassable énergie et un patriotisme vibrant par le Dr. Ayssar Midani –, à venir donner une conférence à l’université de Damas sur la géopolitique régionale et mondiale de la guerre en Syrie, j’ai passé quatre jours intensément riches en rencontres et échanges chaleureux avec des Syriens de tous milieux et origines, heureux de voir un Français (j’étais accompagné du journaliste et écrivain Richard Labévière, grand connaisseur de l’Orient compliqué, souvent ostracisé par les médias officiels pour cette raison même) exprimer des vues différentes du gouvernement français sur la crise tragique entretenue en Syrie par les Occidentaux, c’est-à-dire les États-Unis et ses alliés, ou plutôt ses affidés, européens.

    Le fond du sujet est là : le terrorisme qui dévaste la Syrie, contre lequel elle résiste héroïquement avec l’aide de ses alliés, est le même que celui qui menace directement la France et ses voisins européens, sans compter la Russie et la pauvre Afrique qui n’en peut plus de l’incohérence de notre politique. Il est temps de prendre conscience de cette réalité sanglante et d’y faire face en changeant radicalement d’attitude vis-à-vis des états qui luttent contre lui en première ligne : Syrie, Iran, Russie, Irak, aidés par le Hezbollah libanais et en arrière-plan la Chine. Cette dernière, qui a conclu récemment des accords militaires avec Damas, sait que plusieurs milliers de ses ressortissants Ouïgours se battent avec les terroristes islamiques, notamment dans les quartiers est d’Alep et à Idlib.

    Ces états et le Hezbollah ne se battent pas contre DAESH, Al Nosra – devenu Fatah al Sham pour permettre aux organismes de Washington de le considérer comme un « modéré » –, ou les centaines d’autres brigades islamistes aux échanges osmotiques continus, simplement pour respecter une alliance ancienne mais pour défendre leurs propres intérêts nationaux essentiels, sachant bien qu’ils sont la cible suivante de ces organisations terroristes dont tous les experts savent aujourd’hui qu’elles sont sous contrôle des services états-uniens depuis l’époque de la guerre afghane contre l’URSS [1].

    Les États-Unis n’ont jamais eu peur de l’Europe qu’ils ont sous leur emprise depuis la fin de la guerre avec le plan Marshall. Mais après avoir craint l’URSS, ils ont aussitôt après son effondrement, considéré qu’ils avaient une mission quasi divine de faire adopter par la planète entière les codes et les normes du mode de vie américain. Suivant les conseils de Zbignew Brezinski exposés dans son œuvre magistrale « Le grand échiquier », il fallait empêcher une quelconque puissance de dominer ou contrôler l’Eurasie, région essentielle, cœur du continent recelant les ressources énergétiques indispensables aux économies du monde.

    Un rapport secret des agents de la CIA à leur Centrale datant de 2006, dévoilé par Wikileaks depuis, explique au sujet de la Syrie que le Président Bachar el Assad a depuis son accession à la présidence en 2000 engagé son pays dans des réformes politiques, sociales, économiques, financières, apporté Internet et revu le statut de la presse, tout en continuant la politique laïque de son père, et connaît de ce fait une adhésion de la majorité de la population. Comme cette politique laïque et arabe de défense des droits des Palestiniens et des nombreux réfugiés irakiens qu’il héberge est contraire aux intérêts des États-Unis et d’Israël, les agents recommandent de s’appuyer sur les Frères Musulmans syriens qui sont, bien que matés et étouffés depuis les années 80, la seule organisation politique structurée susceptible de porter un jour la révolte pour renverser le pouvoir. Il faut donc être en contact de sympathie avec eux et leur apporter toute l’aide possible.

    Ce document est d’une clarté telle qu’on se demande pourquoi si peu d’experts en ont parlé, car enfin, il dévoile clairement la stratégie étatsunienne pour l’ensemble du monde arabe : porter l’Ikwan, la confrérie des Frères Musulmans, au pouvoir partout par des révolutions qu’ils savent présenter comme des révolutions démocratiques qu’on appellera « printemps arabes ». On verra d’ailleurs en 2011 que les monarchies du Golfe amies de Washington ne furent pas touchées par cet élan populaire et démocratique, en dehors de Bahreïn où la révolte de la majorité chiite fut écrasée dès le début dans le sang par l’armée saoudienne.

    Califat ottoman et Union Européenne

    Afin qu’aucune force ne s’oppose à leur contrôle des richesses énergétiques immenses de la région, le plan états-unien pour le Moyen-Orient est de favoriser partout l’accession des Frères Musulmans au pouvoir, et, à défaut, d’y créer ou entretenir le chaos afin qu’aucune force étatique ne leur soit hostile. Ce plan rencontre en outre les intérêts stratégiques d’Israël qui se félicite de n’avoir aucun état arabe solide contre lui. Il rencontre aussi les ambitions turques de rétablir un califat ottoman sur les ruines des états-nations de la région : l’AKP, parti des Frères Musulmans au pouvoir à Ankara est l’outil d’Erdogan, qui a transformé le régime parlementaire turc en régime présidentiel, pour mettre en œuvre cette politique islamiste à vues impériales. Aujourd’hui l’armée turque est présente sur les territoires syrien et irakien sans autorisation des gouvernements et profite de sa complicité militaire avec les États-Unis pour lutter contre l’irrédentisme kurde, l’épine qui la torture en permanence.

    Madame Boutheina Chaabane, la Conseillère du Président Assad me fit remarquer avec une grande pertinence qu’il existait une analogie frappante entre le plan de califat ottoman d’Ankara et le plan de l’Union Européenne, Bruxelles s’évertuant à supprimer les états-nations d’Europe pour établir un ensemble supranational sur les ruines de tous les particularismes nationaux et les cultures qui les expriment. De fait, si la mondialisation est une réalité géographique, sociologique et politique incontournable, le mondialisme est l’idéologie soutenue par la finance internationale qui, s’appuyant sur la première puissance économique et militaire mondiale, vise à détruire toutes les entraves à son appétit prédateur de conquête de biens - frontières, états forts – pour laisser la libre concurrence marchande sans obstacles, ainsi qu’il est écrit dans les traités fondateurs de l’UE, thuriféraire de la concurrence libre et non faussée, appuyée sur une Défense absolument engerbée dans l’OTAN. Le capital doit pouvoir placer ses avoirs pour le plus grand rendement n’importe où, y compris en Chine, devenue une économie capitaliste toutefois contrôlée par une direction centralisée, sans autre régulateur que les marchés, et sans état fort qui s’y oppose, au détriment en premier lieu de l’économie états-unienne anémiée ; c’est ce que dénonce Donald Trump qui veut forcer les plus grands fonds de pension, essentiellement basés à Wall Street et à la City, à rapatrier leur avoirs pour les injecter dans l’économie intérieure : on comprend que tout le système se déchaîne contre lui mais aussi que les citoyens le soutiennent contre vents et marées.

    Dès la fin de la dernière guerre mondiale, les États-Unis ont su créer un glacis européen à leur service face à la menace soviétique en Europe. Après la chute de l’URSS, en 1990-91, n’ayant plus aucun rival dans le monde, ils ont considéré que c’était leur rôle, presque de façon messianique, d’apporter à l’ensemble de la planète les bienfaits du mode de vie américain. Mais depuis vingt-cinq ans la Russie, sous la houlette de Vladimir Poutine, est sortie des cendres où Boris Eltsine l’avait enfouie, et s’affirme désormais comme un pôle civilisationnel ancré sur la foi orthodoxe, et une puissance émergente, au même titre que l’Inde, la Chine et l’Iran sur d’autres valeurs spirituelles. Les BRICS prennent corps un peu plus chaque jour et s’organisent dans des projets économiques, financiers, politiques et stratégiques, notamment avec l’immense projet de nouvelle route de la soie et de ceinture maritime. La suprématie totale états-unienne est finie, même si elle est encore la première puissance économique et militaire du monde, pour combien de temps ?

    Les experts avisés de Washington l’ont compris et deux courants s’affrontent qui s’expriment dans la campagne actuelle : ceux qui veulent adapter les EU au monde nouveau en cessant les interminables guerres, même celles menées avec les soldats d’alliés dociles, et en négociant de nouveaux équilibres avec le monde, et ceux qui refusent ce déclin pourtant inexorable, en cherchant à prolonger une suprématie impossible, créant au minimum le chaos pour empêcher les adversaires supposés de s’imposer. Le dollar, devenu monnaie de papier qui finance leur dette abyssale mais non plus leur économie, doit rester la monnaie universelle et les velléités des BRICS de s’en affranchir doivent être combattues, y compris par des opérations militaires apportant ce chaos.

    Désinformation

    Pour atteindre leurs objectifs les États-Unis disposent de médias chargés de défendre la stratégie états-unienne partout dans le monde. Dépendant de la Maison Blanche, le « Bureau of Public Diplomaty : Bureau de diplomatie publique », appellation en forme de litote, dispose d’un budget énorme pour créer les scénarios qui présentent les États-Unis comme les défenseurs du droit et des libertés et justifient ses interventions militaires dans ce but. Les agences de presse relaient ces scénarios, ainsi que de nombreuses ONG financées par de généreux capitalistes et chargées, sous couvert de sentiments humanitaires, de dénigrer les opposants et d’encenser les États-Unis. Des mensonges éhontés sont diffusés, comme on l’a vu dans la description médiatique de la bataille d’Alep. Les médias décrivent la bataille de Mossoul comme la reprise par Bagdad et ses alliés d’une ville martyre conquise par Daesh en 2014, tandis qu’à Alep serait le siège et l’attaque brutale de l’armée syrienne aidée par ses alliés contre ses propres habitants massacrés sous les bombes !

    L’emploi d’armes chimiques par les rebelles, aidés en cela par l’Arabie et la Turquie, a été plusieurs fois imputé à l’armée syrienne avec diffusion de photos et vidéos de civils innocents victimes de cette barbarie, mais pas de combattants terroristes : quel gain tactique aurait l’armée syrienne à tuer des civils innocents ? Le mensonge a pourtant été répété par les gouvernements états-unien, britannique et français, encore récemment à l’ONU.

    La Russie subit aussi cette désinformation depuis le début de son intervention militaire en septembre 2015 et encore récemment dans les combats d’Alep. Mais peu de journalistes ont repris l’information de l’attaque aérienne des avions états-uniens sur les positions de l’armée syrienne à Deir el Zor le 17 octobre dernier, tuant plus de 80 soldats syriens et permettant à Daesh de monter un assaut coordonné avec l’attaque pour prendre la position syrienne. « Une erreur » d’après le commandement états-unien !

    Les médias contrôlés sont devenus l’arme de destruction massive la plus efficace pour déformer la réalité et manipuler les opinions publiques. Toutes les campagnes électorales aux États-Unis et en Europe, notamment en France, en sont l’illustration désolante.

    Dans cette ambiance tragique, la résistance de la Syrie, aidée par ses alliés, à la volonté occidentale de renverser le pouvoir légal en soutenant les terroristes islamistes par tous les moyens restera un exemple historique. C’est en effet en Syrie que le destin du monde a changé : les renversements successifs et rapides de Ben Ali en Tunisie, Moubarak en Égypte, Kadhafi en Libye n’ont pas été suivis du renversement de Bachar el Assad, comme je l’avais prédit, écrit et répété, parce que les conditions socio-politiques n’étaient pas comparables. En avril 2013 j’avais d’ailleurs intitulé une analyse publiée par la RDN dans une Tribune datée du 3 mai : « La crise syrienne : creuset tragique de la naissance du nouvel ordre mondial ».

    Les vrais journalistes ont d’ailleurs commencé à dénoncer les mensonges éhontés sur la Syrie, même si certains ont du mal à s’émanciper de la propagande qui présente Bachar el Assad comme un tyran sanguinaire qui se maintiendrait au pouvoir en massacrant son peuple avec l’aide d’une clique minoritaire. Si des erreurs initiales ont peut-être été commises à Deraa en 2011 dans la répression du soulèvement, c’est parce que les premières victimes de ces manifestations soi-disant pacifiques ont été des membres des forces de l’ordre et que le gouvernement savait par qui ces mouvements étaient manipulés. Comment aurait-il pu tenir bientôt six ans contre ces hordes fanatiques s’il ne disposait pas d’un fort soutien populaire, dans la population sunnite même qui ne veut pas des barbares au pouvoir. Les experts le savent d’ailleurs et c’est pourquoi ils ne veulent pas d’une solution politique et d’un vote libre. L’aura du Président, qui montre dans cette lutte tragique des qualités d’homme d’état et de courage, est grandie par cette adversité surmontée que les honnêtes gens lui reconnaissent.

    Résistance

    Il existera une analogie future entre la Résistance française à l’invasion nazie et la résistance syrienne aux hordes barbares venues de toutes les régions du monde. Le peuple syrien que j’ai rencontré ne veut pas dire de quelle religion ou ethnie il est mais il se groupe derrière son Président en espérant le retour d’une situation normale. Rappelons que l’armée est naturellement composée majoritairement de soldats sunnites puisque c’est une armée de conscription et que la grande majorité de la population est de cette religion.

    Le Mufti de la République, Mohammed-Badreddine Hassoun, la plus haute autorité sunnite du pays, m’explique la nécessité de faire la différence entre les lois de l’état, qui sont des lois de contrainte pour permettre la vie harmonieuse en société, et les lois de Dieu qui sont des lois d’adhésion à l’Amour prôné par le Créateur. Je lui réponds en lui disant que Jésus est le fondateur de l’idée de la séparation de l’église et de l’état avec sa réplique aux Pharisiens :

    Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu.

    Il m’approuve et m’explique que la réunion des hauts dignitaires religieux de l’islam organisée cette année à Grozny par Poutine, avec la présence des responsables égyptiens d’Al Azhar, a été un moment important dans la dénonciation de la doctrine sectaire et terroriste du wahhabisme. En définitive, mes multiples rencontres avec les Syriens, responsables ou simples citoyens m’ont laissé l’impression d’un pays uni derrière ses dirigeants pour faire face à l’adversité. Les différences sociales, religieuses ou ethniques, se sont même effacées dans cette lutte commune.

    J’ai rencontré un des dix députés kurdes du Parlement syrien, M. Omar Oussi, proche d’Ocalan, qui m’a assuré que cette crise a renforcé leur hostilité contre la Turquie et que la paix revenue, les Kurdes syriens seront des fidèles du gouvernement de Damas qui les défend contre les ambitions turques dans leur région du Rojava. Ils se démarquent des partis politiques kurdes irakiens qui ne sont d’ailleurs pas d’accord entre eux.

    C’est pourquoi je ne crois pas à la réalisation d’une Syrie fédérale après cette crise tragique. Le sentiment national est présent dans la majorité du peuple.

    Lutte contre le terrorisme

    La menace terroriste en Europe, et particulièrement en France, est désormais trop forte pour que nous ne prenions pas immédiatement les mesures pour la combattre efficacement.

    Nous devons nous rapprocher de ceux qui la combattent en première ligne, et mettre en demeure les états qui l’utilisent à des fins stratégiques de cesser tout soutien à cette plaie.

    Nous devons reprendre des relations diplomatiques avec Damas, mesure préalable indispensable à la reprise d’échanges de renseignements avec les services syriens, les mieux renseignés du monde sur les réseaux terroristes et coordonner nos actions avec les Russes et les Iraniens qui ont aussi des informations précises sur l’organisation de ces nébuleuses criminelles.

    Il est probable que les réseaux de Daesh, en voie de subir une défaite militaire sur les terrains syrien et irakien, vont demander à leurs candidats au suicide dont ils ont une réserve inépuisable en Europe et particulièrement en France, de commettre des attentats encore plus meurtriers que ceux que nous avons déjà connus. Je le dis ici et maintenant avec force : il serait criminel de ne pas chercher à déjouer ces attentats en s’informant auprès des services de renseignement étrangers qui peuvent permettre de déjouer une action terroriste en préparation. Dans la campagne présidentielle qui commence en France, si un nouvel attentat majeur se produit, le peuple français demandera des comptes aux politiques qui n’auront pas su les protéger en raison de l’obsession idéologique de vouloir renverser le gouvernement légal de Damas. La vie de nombreux Français est en jeu.

    Alain Corvez, novembre 2016.


  • Une guerre de trop la veille de Noël ? Qu’ont t-ils donc décidé les meilleurs alliés de la France ?NRobin

    http://www.afrique-asie.fr/demission-du-premier-ministre-saad-hariri-larabie-seoudite-declare-la-g

    Démission du Premier Ministre Saad HARIRI : l’Arabie séoudite déclare la guerre au Liban
    Publié par Alain Corvez le 08 novembre 2017

    Quels que soient les sentiments qu’on éprouve pour le général AOUN, on doit reconnaître que son élection la veille de la Toussaint de l’année dernière a permis de remettre les institutions du Liban en marche et de débloquer les clivages qui avaient empêché depuis longtemps l’élection d’un successeur au général Michel SLEYMAN arrivé en fin de mandat le 25 mai 2014. La vacance du pouvoir au sommet de l’état durait depuis trop longtemps avec sa suite de blocages dans les nominations importantes de l’administration et d’absences de décisions dans tous les domaines, économiques, financiers, administratifs et politiques.

    Les trois piliers du consensus libanais que l’Arabie séoudite cherche à torpiller : Le président Michel Aoun (au centre) avec le président du Conseil démissionnaire Saad Hariri (à droite) et Nabih Berri, le président du parlement. Photo DR

    Ses partisans comme ses détracteurs reconnaissent qu’il est désormais un personnage historique, du fait de son parcours politique depuis 1988, lorsque le vide produit par la fin de mandat d’Amine Gemayel sans consensus des députés pour lui élire un successeur, l’a porté au pouvoir « de facto » en tant que chef des Armées du Liban. Après une carrière militaire brillante il entrait dans une carrière politique forcée qui connaîtra de nombreuses péripéties. Mais ses combats militaires contre les Forces Libanaises de Samir GEAGEA, puis contre la Syrie lui valurent l’estime de nombreux Libanais qui reconnaissaient son patriotisme, en dépit d’erreurs qui le menèrent dans un long exil en France où il eut le temps de réfléchir à la situation de son pays et comprit que le Hezbollah, représentant la population la plus nombreuse du Liban, et auréolé de sa victorieuse résistance à l’occupation israélienne, était incontournable sur l’échiquier libanais et désireux d’une entente avec les chrétiens du Courant Patriotique Libre (CPL) qu’il avait créé à son retour au Liban. D’ailleurs, il est dans l’histoire moderne du Liban que les chiites, communauté musulmane minoritaire dans l’islam mais majoritaire au Liban, ont toujours jugé que leur intérêt était dans une alliance avec les chrétiens, quels qu’ils soient. Cette alliance du Hezbollah et du CPL fut donc scellée mais les forces qui lui étaient opposées, le Courant du Futur (CF) soutenu principalement par les sunnites, dirigé par Saad Hariri après l’assassinat de son père en 2005, et les Forces Libanaises essentiellement maronites de Samir Geagea, avaient les moyens d’empêcher son élection grâce à une loi électorale qui n’avait pas pu être modifiée et des soutiens puissants à l’extérieur dirigés par l’Arabie Séoudite, avec comme toujours en arrière-plan les Etats-Unis et Israël.

    Mais fin 2015, après une longue période d’incertitudes, sous les pressions des citoyens sur leurs chefs politiques, lassés de cette vacance du pouvoir, et après de nombreux conciliabules de « diwans », d’alcôves et de couloirs, un consensus se réalisa peu à peu sur Souleiman FRANGIE qui semblait faire, sinon la majorité du moins l’unanimité des députés. Alors que l’affaire semblait bouclée pour élire Souleiman FRANGIE, pourtant lui aussi en bons termes avec le Hezbollah, à la surprise de nombreux observateurs, les FL et le CF annoncèrent alors qu’ils étaient opposés à Frangié et apportaient leur soutien au général AOUN qu’ils combattaient jusqu’alors.

    Ce ralliement avait pour but de briser le consensus sur Frangié et était évidemment commandité de l’étranger, c’est-à-dire de Riyad dont la phobie a toujours été de voir le Hezbollah chiite participer au gouvernement et entretenir avec l’Iran des relations amicales, mais qui n’avait sans doute pas prévu qu’un nouveau consensus se réaliserait sur AOUN dont la politique d’amitié avec l’Iran et la Syrie ne pouvait pas leur convenir.

    A la grande déconvenue des Séoudiens, le général AOUN fut élu Président le 31 octobre 2016 et mena une politique équilibrée de rassemblement national, bénéficiant d’une aura de sympathie internationale, et tout en maintenant ses affinités pour la Syrie et l’Iran. L’Arabie Séoudite, qui depuis la prise de pouvoir du jeune (32 ans) Prince devenu Héritier Mohammed Bin Salman s’est lancé dans une politique de réformes mais surtout de guerres contre ce qu’il appelle un arc chiite menaçant le royaume allant de l’Iran au Liban en passant par la Syrie et en y ajoutant le Yémen, a jugé qu’il fallait en finir avec un Liban stable et, en outre, entretenant des relations diplomatiques et de coopération avec ses ennemis l’Iran et la Syrie.
    Le lendemain de la visite d’un haut émissaire iranien à Beyrouth, Ali Akbar Velayati, rencontré par le Premier Ministre Saad HARIRI, ce dernier fut convoqué à Ryad et annonça sa démission en jetant l’invective sur l’Iran et le Hezbollah. Nul n’est besoin d’être expert en géopolitique pour comprendre cette annonce surprise puisqu’elle est signée d’Arabie Séoudite : le royaume veut « faire le ménage » au Liban, y compris en arrêtant le Prince Al Walid Bin Talal connu pour ses sympathies libanaises et ses investissements dans le pays et accentuer sa lutte contre l’Iran dans laquelle il est appuyé par Israël et les Etats-Unis.
    Le Liban risque donc d’entrer à nouveau dans une période d’incertitudes sinon de troubles, à moins que l’union nationale ne puisse se faire autour d’un nouveau Premier Ministre nécessairement sunnite du fait de la Constitution, car les Libanais de toutes confessions sont las des disputes de leurs responsables et aspirent à un état fort qui puisse soutenir les forces de sécurité nationale, Armée et Police, qui dépassent, elles, les clivages confessionnels pour montrer une grande capacité opérationnelle sur un terrain difficile avec les djihadistes de Syrie à ses frontières- et sans doute aussi à l’intérieur- et les deux millions de réfugiés syriens qu’il accueille généreusement sur son petit territoire, en plus des centaines de milliers de Palestiniens qui ont dû fuir leur pays au fur et à mesure des guerres successives d’Israël.
    Il semble clair que l’Arabie veuille monter d’un cran dans sa lutte contre l’Iran et y inciter ses alliés. Mais au Moyen-Orient désormais les Etats-Unis ne dirigent plus les opérations et ont échoué dans leurs tentatives en Syrie et en Irak, notamment avec l’échec du referendum kurde ; la diplomatie russe a su prendre le temps de placer ses atouts un peu partout et est sans doute en mesure d’empêcher une guerre que souhaiteraient l’Arabie et Israël, en offrant une porte de sortie honorable à l’Amérique qui n’aurait rien à gagner dans l’ouverture d’un front militaire, de même que les autres protagonistes. La politique vindicative de l’Arabie Séoudite pourrait être contreproductive pour les Etats-Unis et les états de la région, y compris même au sein du royaume dont certains piliers sont chancelants. Contrairement à ce que pense le gouvernement du Likoud à Tel Aviv, Israël ne peut pas rayer l’Iran de la carte et ferait mieux, dans son propre intérêt, d’adopter une politique plus sage et retenue vis-à-vis de son environnement proche comme éloigné.

    * Le colonel (cr) Alain Corvez, ancien conseiller du général commandant la Force des Nations unies déployée au Sud-Liban (FINUL), ancien conseiller en relations internationales au ministère des Affaires étrangères est actuellement conseiller en stratégie internationale.

    Publié avec l’aimable autorisation de l’auteur


  • No comment ! NRobin

    Le survivant du génocide nazi « s’est senti en exil » en Israël

    Jacques Bude/Adri Nieuwhof

    http://www.pourlapalestine.be le-survivant-du-genocide-nazi- sest-senti-en-exil-en-israel/

    Jacques Bude a survécu au génocide nazi du fait qu’enfant, il a été sauvé par des Belges. Ses parents furent déportés et moururent à Auschwitz.

    Professeur retraité, Jacques Bude soutient l’appel au boycott des universités israéliennes, complices de la violation des droits palestiniens.

    Il a enseigné la psychologie sociale à l’Université libre de Bruxelles, mais préfère se définir comme un « déserteur de l’armée israélienne ».

    À 16 ans, en 1949, Bude a quitté un orphelinat pour enfants juifs, à Anvers, pour être emmené en Israël.

    Deux ans plus tard, après avoir échappé au service militaire, il s’enfuyait d’Israël.Aujourd’hui, il exprime son admiration pour les jeunes Israéliens qui refusent de rejoindre l’armée.

    Quand Bude s’est adressé à The Electronic Intifada depuis son domicile à Bruxelles,c’était la première fois qu’il parlait de ses expériences à un journaliste.

    Pour comprendre sa position à propos d’Israël, explique Bude, il faut savoir que « mes parents ont été déportés quand j’avais huit ans. Ils ont été assassinés à Auschwitz. »

    « Si j’étais resté avec mes parents, je serais mort moi aussi », déclare Bude. « Aucun enfant de mon âge en provenance de Belgique n’est revenu de la déportation. »

    Bude explique qu’il a été sauvé par l’assistante sociale de l’usine où travaillait son père : « Elle m’a emmené chez des fermiers qui m’ont caché pendant la guerre. Vous ne devriez pas me prendre en compte dans quelque identification mythique à la communauté juive. Ma communauté, c’est la Belgique. »

    Le père de Bude avait quitté la Pologne pour la Belgique vers 1929 pour travailler dans les aciéries. « Nous parlions yiddish, à la maison », rappelle Bude à propos de son enfance dans la ville de Liège. « Mes parents avaient un revenu très modeste, étaient illettrés et ne parlaient pas français. En aucune façon, ils n’auraient pu échapper aux nazis. »

    Après des années de clandestinité, Bude fut transféré à l’orphelinat d’Anvers après la guerre.

    En exil en Israël
    « En 1949, tous les enfants de l’orphelinat ont été emmenés en Israël par le mouvement sioniste », rappelle Bude.

    « J’avais 16 ans et je ne voulais pas quitter la Belgique. Je voulais aller à l’école », explique-t-il. « Mon père m’avait appris l’importance de l’éducation. »

    Selon Bude, le directeur de l’école avait trouvé pour lui une famille d’adoption, « mais, la veille du départ, il m’avait dit que ç’allait être impossible. »

    « J’allais devoir m’enfuir, mais je n’étais qu’un enfant », explique Bude aujourd’hui, rappelant qu’il était bien déterminé à revenir en Belgique si Israël ne lui convenait pas.

    « Dès le début, je n’ai pas voulu rester en Israël », déclare Bude sans la moindre hésitation, lorsqu’on lui demande comment il s’était senti en arrivant en Israël. « C’était horrible. On nous avait placés dans une sorte d’endroit délabré, ce devait avoir été une école d’agriculture des Palestiniens, à proximité immédiate de Gaza. Tout faisait défaut. Les seules choses qui ne manquaient pas, c’étaient les armes. »

    Mais rentrer en Belgique n’avait rien de simple, puisqu’il lui fallait effectuer trois ans de service militaire, s’il voulait obtenir un visa de sortie.

    Au cours de la décennies qui a suivi la Nakba de 1948, c’est-à-dire l’épuration ethnique des Palestiniens par le mouvement sioniste, Israël a multiplié par deux sa population juive en faisant entrer des centaines de milliers de personnes.

    Mais, alors que le sionisme définissait ce transfert de population comme une libération et la concrétisation d’un rêve, c’était tout le contraire, pour le jeune Bude.

    « Je me sentais réellement en exil », dit-il. « J’avais été anéanti par le militarisme allemand et j’étais venu en Israël pour y être à nouveau confronté au militarisme. »

    « Nous devions parler hébreu, mais ma langue maternelle est le yiddish », rappelle-t-il. « Ils nous insultaient, mes parents et moi, parce que nous n’étions pas des sionistes. »

    « Nous ne nous étions pas défendus et, d’une certaine façon, nous étions donc tenus responsables des massacres », déclare Bude en décrivant l’attitude qu’il avait rencontrée à l’égard des survivants et des victimes du génocide nazi.

    « C’étaient vraiment des militaristes racistes », dit-il. « Ne vous attendez pas à beaucoup de nuances de ma part à propos de la judéité et d’Israël. Selon moi, Israël a été fondé sur un nettoyage ethnique. Si je m’identifie à quelqu’un, c’est à un enfant palestinien. »

    Des foyers volés
    En Israël, Bude quitta l’orphelinat où les enfants belges avaient été transférés et il se cacha de l’armée à Ashkelon, le nom qu’Israël donna à la ville palestinienne d’al-Majdal, après en avoir chassé de leurs foyers des milliers de personnes, en 1948.

    « Toutes les maisons étaient vides. J’ai vécu dans une de ces maisons », dit-il. « Jamais je n’y ai vu de Palestiniens. »

    Il rappelle un incident qui se produisit au moment où circulait une rumeur disant qu’il y avait des Palestiniens au marché, « et nous avons couru là-bas pour voir ». Cette poignée de femmes bédouines vendant leurs produits « ont été les seuls Palestiniens que j’aie vus. »

    « L’histoire prétendant qu’Israël était un pays vide est entièrement fausse », explique Bude, rappelant les maisons palestiniennes vidées de leurs habitants qu’il avait vues à al-Majdal et « les orangeraies bien entretenues dans les environs ».

    Bude travailla dans l’une de ces plantations, essayant de gagner un peu d’argent pour quitter le pays.

    « Ils m’ont donné un fusil Mauser avec des munitions », rappelle-t-il. « J’étais un gamin de 17 ans et je devais protéger une plantation qui avait été volée aux Palestiniens. Elle était désormais exploitée par des Juifs. »

    « J’ai été envoyé là-bas afin que les Palestiniens ne viennent pas voler des fruits », dit-il. « C’était tirer pour tuer ! Tuer quelqu’un qui vient »voler » ce qui lui appartient ! Jamais je n’allais tuer qui que ce fût ! »

    Finalement, Bude parvint à rentrer en Belgique. Il acheta un passeport au marché noir mais avait toujours besoin de papiers prouvant qu’il avait bien effectué son service militaire. En fin de compte, un cousin venu en Israël plus tôt et qui avait combattu dans l’armée lui prêta ses papiers, que Bude utilisa pour quitter le pays.

    « Le devoir de mémoire »
    Bien que Bude n’ait passé que deux ans en Israël, cette époque eut une profonde influence sur le reste de son existence, et il ne peut s’empêcher de rattacher la chose à ce que sa famille a enduré pendant la guerre.

    « Pour moi, un ultranationaliste militariste israélien juif – et c’est ce qu’ils sont – est comme un ultranationaliste allemand », dit-il. « Un général de droite, juif ou pas, est un général de droite. »

    « Quand j’entends les mots »État juif », j’entends les mots »État aryen », dit-il, opérant ainsi une juxtaposition que bon nombre de personne auraient du mal à digérer.

    Mais, en établissant un parallèle, Bude ne prétend pas que les expériences furent les mêmes. Les nazis « conduisirent au génocide les Juifs, les Rom, les Sinti, les homosexuels et les handicapés mentaux », dit-il. « C’est la pire déshumanisation qui se soit produite à ce jour. Elle avait un caractère industriel et ils y allèrent à fond. Ils les ont complètement déshumanités, les réduisant à un amas de cheveux et d’or. »

    « Ainsi, le devoir de mémoire consiste à dire »plus jamais de déshumanisation », explique Bude. « Si nous disons »jamais plus », nous devons décider de quel côté nous sommes et condamner la chose. »

    « Je suis opposé à l’épuration ethnique des Palestiniens, qui est une forme de déshumanisation », déclare Bude. « Je ne suis pas opposé à l’existence d’Israël mais, en Israël, une majorité écrasante vote pour cette politique, si bien que je puis affirmer que le peuple israélien a gravement échoué, de même que le peuple allemand à l’époque. »

    « Les meilleures d’entre les meilleures »
    Bude soutient de nombreux groupements de solidarité avec la Palestine. Le message qu’il adresse aux Palestiniens est simple et sombre : « Tentez de rester en vie. »

    Il a décliné nombre d’invitations à visiter la Cisjordanie occupée parce que ce serait trop dur.

    « Si j’y allais, la seule chose que je pourrais dire à ces enfants est de mépriser les soldats qui les occupent, les colons qui sont venus occuper leur terre », dit-il. « Pas les Juifs, mais les gens qui vous font subir cela. »

    « Vous devez le faire, pour rester un être humain », ajoute-t-il. « Si je n’avais pas méprisé les gens qui ont tué mes parents, je serais devenu fou. »

    « Mais, par-dessus tout, avec mon passé, je ne puis m’y rendre », déclare Bude. « Si je vois un soldat et, plus encore, si je sais qu’il est juif, je pense que je vais exploser. »

    Bude rappelle qu’avant l’insurrection du ghetto de Varsovie, les combattants de la résistance avaient tenté d’assassiner le chef juif de la police du ghetto – un collaborateur des nazis. Dans cette histoire, Bude perçoit également un écho.

    « Si j’allais en Palestine, je leur dirais que l’Autorité palestinienne est pareille », dit-il. « Ils sont les administrateurs du ghetto. Ainsi, s’il y a une autre intifada, elle devrait avoir lieu, naturellement, contre les Israéliens, mais aussi contre l’AP. »

    Quelle que soit la forme qu’elle revêt, la résistance n’est pas un devoir qui incombe aux seuls Palestiniens, estime Bude.

    Quand on lui demande ce qu’il pense de Noa Gur Golan et de Hadas Tal, toutes deux récemment emprisonnés pour avoir refusé de servir dans l’armée, Bude explique : « Bien des jeunes quittent Israël, mais ces jeunes femmes sont les rédemptrices de la nation. Elles sont à mes yeux les meilleures d’entre les meilleures. »

    Publié le 19/10/2017 sur The Electronic Intifada
    Traduction : Jean-Marie Flémal


  • Pierre Stambul (UJFP) est intervenu à Bruxelles sur la criminalisation du BDS en France. La conférence, organisée par l’OLP, a réuni plus de 150 participant-e-s de 24 pays différents (plus la Palestine).

    Intervention de Pierre Stambul à Bruxelles dans le cadre de la
    Conférence Européenne sur la colonisation israélienne

    (6 novembre)

    La criminalisation du BDS en France

    Une complicité entre les dirigeants français et Israël qui s’est affirmée d’années en années.

    Certains ont sans doute en mémoire la politique étrangère du Général De Gaulle qui avait cessé de vendre des armes à Israël au moment de la guerre des six jours (1967) ou celle de Jacques Chirac qui avait fortement exprimé sa colère contre l’armée israélienne au moment d’une visite dans la vieille ville de Jérusalem en 1996.
    Depuis 2007 avec les couples Sarkozy/Kouchner, Hollande/Valls et Macron/Philippe, tout a changé et les connivences entre les gouvernements français et israéliens s’expriment ouvertement. Pendant l’agression israélienne de « Plomb Durci » (2008-9), Nicolas Sarkozy assure Israël « que nous sommes à ses côtés pour assurer son droit à la sécurité ». Et il envoie le porte hélicoptères Germinal au large de Gaza pour contribuer au maintien du blocus.
    Pour le Parti Socialiste, la complicité avec Israël est très ancienne. Elle a été marquée par l’expédition de Suez en 1956 et par l’aide technologique importante qui a contribué à l’acquisition de l’arme nucléaire par Israël. François Hollande s’est comporté en digne successeur de Guy Mollet.
    En plein massacre de « Bordure Protectrice », l’ambassade de France à Tel-Aviv a dédié le bal populaire du 14 juillet 2014 « aux populations du sud d’Israël, qui font face depuis de nombreux jours à des tirs de roquettes extrêmement fréquents ».
    Manuel Valls qui avait soutenu les droits des Palestiniens au début des années 2000 a vite tourné casaque. Il explique en 2011 à Strasbourg : « Par ma femme, je suis lié de manière éternelle à la communauté juive et à Israël ! ». Il expliquera ensuite qu’antisionisme et antisémitisme, c’est pareil. On l’a vu le 11 septembre 2017 au côté d’Ayelet Shaked, ministre israélienne de la justice, celle qui avait déclaré en juillet 2014 que « la mère de chaque martyr palestinien doit être tuée ».
    Enfin, Emmanuel Macron, en recevant Benjamin Nétanyahou à Paris pour le 75e anniversaire de la rafle du Vel d’Hiv a déclaré le 16 juillet 2017 : « Nous ne céderons rien à l’antisionisme car il est LA forme réinventée de l’antisémitisme ».
    Il serait faux de croire que cet amour pour les dirigeants israéliens, même quand ils sont d’extrême droite, viendrait d’une « mauvaise » information. Les personnels diplomatiques français qui sont en Palestine envoient régulièrement des rapports très détaillés sur les arrestations d’enfants, les maisons détruites, les extensions de colonies, les humiliations quotidiennes, les oliviers déracinés … Un consul français a dit devant moi : « c’est une situation coloniale, personne ne pourra dire qu’il ne savait pas ».
    La complicité des dirigeants français successifs a une explication plus simple : Israël est LEUR État. Ce pays donne un formidable exemple de reconquête coloniale, de pacification et d’enfermement de populations jugées dangereuses. Israël est un grand marchand d’armes perfectionnées. Israël et les États féodaux du Golfe sont un levier pour « tenir » le Proche-Orient. Bref, une paix fondée sur le respect du droit n’intéresse pas les dirigeants français. L’apartheid leur convient.

    Le CRIF et la circulaire Alliot-Marie.

    Le CRIF (Conseil Représentatif des Institutions Juives de France) a été fondé en 1944 et est issu de la Résistance. Sous la présidence de Théo Klein (1983-89), il existait en son sein une forme de pluralisme et de débats. C’est totalement fini. Le CRIF est devenu un lobby défendant inconditionnellement la politique du gouvernement israélien à l’image de ce que fait l’AIPAC aux États-Unis. Ses dirigeants ont multiplié les déclarations racistes et les anathèmes. En 2002, son président, Roger Cukiermann, déclarait que la présence de Jean-Marie Le Pen au second tour des élections présidentielles « servirait à réduire l’antisémitisme musulman et le comportement anti-israélien, parce que son score est un message aux musulmans leur indiquant de se tenir tranquilles. »
    En 2015, il va plus loin. Il considère que Marine Le Pen est irréprochable à la différence de ses partisans.
    Numéro 2 du CRIF et avocat de plusieurs dirigeants d’extrême droite (Florian Philippot, Patrick Buisson), Gilles-William Goldnadel a déclaré le 31 décembre 2016 : « des colonies de peuplement contre l’avis des autochtones, il y en a en Seine Saint-Denis (la banlieue Nord et Est de Paris qui est le département le plus pauvre de la région parisienne). Un Juif est moins étranger en Judée ».
    Depuis 1985, il y a chaque année le « dîner du CRIF ». Toute la classe politique française se presse à ce repas luxueux (le prix est 100 euros le couvert, plus 800 euros de dons, le tout étant déductible d’impôts). Régulièrement, les dirigeants politiques se font admonester pour leur soutien insuffisant à Israël considéré comme un acte antisémite. Plusieurs dirigeants (écologistes ou de gauche) ne sont plus invités ou ont renoncé à venir. Les médias couvrent complaisamment ce dîner.
    Depuis l’appel international au BDS, celui-ci est devenu l’obsession du CRIF.
    Le CRIF va remporter une grande victoire en février 2010. La ministre de la justice de l’époque, Michèle Alliot-Marie, écrit une circulaire qui demande aux Parquets d’engager des poursuites contre les personnes appelant ou participant à des actions de boycott des produits déclarés israéliens. S’appuyant sur un article de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse, la circulaire assimile ces actions à de la provocation à la discrimination ou à la haine raciale. Cette circulaire sera très vivement critiquée par toutes les associations de défense des droits de l’homme.
    Michèle Alliot-Marie s’est toujours présentée comme une « gaulliste historique ». Elle a occupé plusieurs postes politiques importants avant de devoir démissionner au moment de la révolution tunisienne de 2011 : face aux émeutes qui allaient emporter l’ancien président Ben Ali, elle avait proposé que « le savoir-faire de nos forces de sécurité, qui est reconnu dans le monde entier, permette de régler des situations sécuritaires de ce type ».
    La circulaire Alliot Marie n’a été abrogée par aucun-e ministre ayant succédé à Alliot-Marie, pas même par Christiane Taubira.

    Les associations sionistes à l’offensive.

    Face aux actions BDS en France, plusieurs associations, plus ou moins liées au CRIF, portent systématiquement plainte.
    Il y a « Avocats Sans Frontières ». Fondée en 1983 et dirigée par Gilles-William Goldnadel, l’association s’est spécialisée dans les plaintes contre toutes celles ou ceux qui critiquent Israël, sans ménager les Juifs. Il y a eu des plaintes contre Norman Finkelstein, contre Daniel Mermet (producteur de l’émission de radio sur France-Inter « là-bas si j’y suis » de 1989 à 2014), contre Edgar Morin. Pour cette association liée à la droite israélienne, la gauche est, par nature, antisémite. « Avocats Sans Frontières » réclame habituellement des sommes extravagantes mais a perdu la plupart des procès.
    Il y a le BNVCA (Bureau National de Vigilance Contre l’Antisémitisme). Cette officine a un seul animateur connu : Sammy Ghozlan, commissaire de police à la retraite qui a émigré à Nétanya, en Israël. Les orientations politiques de cet homme le situent clairement à l’extrême droite. Elles n’ont strictement rien à voir avec l’antiracisme et pourtant le BNVCA est autorisé à ester en justice pour « discrimination » et il l’utilise contre les militant-e-s pratiquant le BDS.
    La LICRA (Ligue Internationale Contre le Racisme et l’Antisémitisme) a eu comme ancêtre prestigieux la LICA (Ligue Internationale contre l’Antisémitisme), une association antifasciste créée à la fin des années 1920. Considérée comme une association antiraciste, la LICRA s’est muée en une association sioniste, défendant inconditionnellement la politique israélienne. Elle revendique 4000 adhérent-e-s et reçoit chaque année 500 000 euros de l’État. En 1999, son dirigeant est Patrick Gaubert, ex-conseiller de Charles Pasqua (ministre de l’intérieur « gaulliste », adepte de méthodes policières expéditives et mis en examen pour diverses affaires de corruption). Selon Pascal Boniface, la LICRA choisit de privilégier la défense d’Israël à la lutte contre le racisme et l’antisémitisme. La LICRA considère le terme « islamophobie » comme une imposture à combattre. La LICRA est l’interlocuteur privilégié du gouvernement français. Plusieurs ministères (Intérieur, Justice, Éducation) ont signé des conventions avec elle.
    On retrouve régulièrement ces associations côte à côte, dans les procès contre le BDS. Avec parfois à leur côté la chambre de commerce France-Israël, l’association Alliance France-Israël et même Téva.

    Boycott partiel ou total ?

    Le mouvement de solidarité pour la Palestine en France a une spécificité. Une partie du mouvement a tardé à parler de BDS ou à considérer Israël comme un État d’apartheid. Certaines associations comme la LDH (Ligue des Droits de l’Homme, association dont la fondation remonte à l’Affaire Dreyfus) sont contre le BDS tout en combattant sa criminalisation.
    D’autres ont considéré que, puisque l’ONU a reconnu Israël dans ses frontières d’avant 1967 mais n’a pas reconnu les conquêtes de 1967, il faut limiter le boycott des produits israéliens aux seuls produits des colonies.
    Dans mon association, l’Union Juive Française pour la Paix, qui fait partie de BDS-France, une telle distinction ne nous paraît ni juste, ni réalisable.
    Nous faisons nôtres les trois objectifs du BDS : liberté, égalité, justice et nous ne laissons pas de côté les Palestiniens d’Israël et le droit au retour des réfugiés. C’est l’État d’Israël qui colonise, qui occupe, qui pratique l’apartheid, qui commet des crimes de guerre et des crimes contre l’humanité. C’est l’État d’Israël qui doit être condamné et puni. Nous sommes partisans d’un boycott total : politique, économique, commercial, militaire, sportif, syndical, universitaire, culturel …
    La distinction entre l’Israël d’avant 1967 et les colonies n’est pas juste politiquement à nos yeux et c’est, de fait, une mission impossible. Israël ignore totalement la ligne verte (la frontière internationalement reconnue) et aucun organisme international ne s’est donné les moyens d’imposer cette distinction.
    On a donc eu en France, selon les endroits, des types d’action BDS différents.
    ET ÇA N’A EU AUCUNE CONSÉQUENCE : Dans tous les cas, les associations sionistes ont attaqué.

    Succès et échecs lors de nombreux procès.
    Dans aucun des procès qui ont eu lieu, le débat judiciaire n’a porté sur antisémitisme, politique israélienne ou Palestine. Les plaintes pour antisémitisme n’étant plus crédibles, les procureurs qui condamnent BDS ont eu recours à d’autres arguments, tels que : entrave à la liberté du commerce ou discrimination à l’égard de producteurs ou fournisseurs en raison de leur origine nationale.

    Dans la grande majorité des cas, les procureurs ont refusé d’enregistrer les plaintes et il n’y a eu aucun procès. Examinons quelques procès qui ont eu lieu.
    Au début, tout s’est bien passé : relaxe à Bobigny, relaxe dans le procès intenté contre Olivia Zémor. Fin 2012, 7 militant-e-s du BDS sont poursuivis à Pontoise pour avoir appelé au boycott de produits israéliens dans un supermarché Carrefour du Val d’Oise. Ils/elles sont relaxés pour une question de procédure. Pendant l’été 2013, nouvelle victoire avec la relaxe de trois militant-e-s de Perpignan.
    À Alençon comme à Mulhouse, des actions de boycott contre les produits des colonies ont été attaquées en justice. Et là, cela se solde par des défaites judiciaires. Le jugement le plus grave est celui de la cour de cassation qui confirme le 20 octobre 2015 la condamnation en appel de 12 militant-e-s de Mulhouse pour incitation à la discrimination alors qu’ils avaient été relaxés en première instance. L’accusation d’antisémitisme a été abandonnée.
    Le camp sioniste a exulté en affirmant que le BDS était illégal en France.
    Il n’en est bien sûr rien. Aucune loi n’interdit le BDS. Et puis, un recours a été déposé à la Cour Européenne des Droits de l’Homme. Le jugement tarde mais il y a des indices encourageants.
    La haute représentante de l’Union Européenne, Federica Mogherini, tout en exprimant son désaveu du BDS, a clairement déclaré : « L’UE se situe fermement dans le soutien à la liberté d’expression et d’association conformément à la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne, qui s’applique sur le territoire des Etats membres de l’UE, y compris en ce qui concerne les actions BDS menées sur ce territoire ».
    De nombreuses et importantes associations pour les droits humains ont déclaré que BDS relève de la liberté d’expression : ainsi la FIDH (Fédération Internationale pour les Droits Humains), Amnesty International et la Ligue des Droits de l’Homme. En Europe, ce sont 354 organisations de Droits de l’Homme, associations religieuses, syndicats et partis politiques qui ont demandé le 18 mai 2016 à l’UE de défendre leur droit au BDS.
    Les gouvernements hollandais, irlandais et suédois ont eux aussi affirmé que le BDS est un droit légitime d’expression des citoyens. En Grande Bretagne, la Haute Cour a clairement désapprouvé les tentatives du gouvernement d’empêcher les conseils municipaux de boycotter les produits des colonies. Suite à des plaintes contre plusieurs conseils municipaux qui prônent cette pratique, elle a déclaré qu’il n’y a rien d’illégal à ce que les conseils municipaux boycottent les produits des colonies israéliennes par souci d’adopter des pratiques éthiques d’approvisionnement et d’investissement.
    Même l’Internationale socialiste (dont le Parti Socialiste est adhérent !) a reconnu BDS comme tactique légitime de lutte contre l’occupation.

    En France, les deux procès qui ont eu lieu en 2016 se soldent par des victoires.
    À Metz, Téva France, immédiatement suivi par « Avocats Sans Frontières », avait porté plainte contre un militant de BDS accusé d’avoir incité par lettre les pharmaciens de la ville à ne pas se procurer des médicaments Téva. Le militant a été relaxé. Un appel est certes en cours, mais nous avons espoir que Téva sera à nouveau débouté.
    À Montpellier, ce sont des associations réputées antiracistes et favorables à la présomption d’innocence (la Ligue des Droits de l’Homme - LDH, et le Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples - MRAP) qui vont attaquer en justice et dénoncer publiquement deux militant-e-s BDS pour un « post » antisémite partagé par erreur et retiré dès qu’il a été signalé. Ce n’est pas une action BDS qui est visée par ce procès mais clairement le BDS par l’intermédiaire de ces deux personnes. LDH et MRAP n’auront aucun scrupule à plaider au côté des associations sionistes classiques. Malgré cette alliance contre nature, les deux militant-e-s ont été définitivement relaxé-e-s.
    Encore une fois, aucun de ces procès n’a porté directement sur l’accusation d’antisémitisme. Les jugements contradictoires montrent que les textes actuels peuvent être interprétés de façons très diverses et que les jugements reposent beaucoup sur les convictions personnelles des juges. Il semble au vu des deux derniers verdicts que certains juges sont exaspérés par l’évolution de la politique israélienne.

    Non, le boycott n’est pas illégal !

    Je reproduis ici un résumé d’une mise au point de l’Agence Média Palestine écrite en mars 2016.
    « Il est faux de dire que le boycott d’Israël en France est illégal. L’arrêt de la Cour de cassation du 20 octobre 2015 n’a interdit ni le boycott des produits des colonies israéliennes, ni les appels aux boycotts universitaire, syndical, artistique ou sportif. Cet arrêt ne fait pas jurisprudence et n’a pas force de loi. Il a été très vivement critiqué par de nombreux juristes ou par des associations comme Amnesty International.
    Il est faux de dire qu’on ne peut plus appeler au boycott du régime israélien d’apartheid. Le champ d’action du BDS dépasse largement celui du boycott des produits israéliens. Il vise toutes les entreprises qui participent au système d’apartheid israélien. Il demande aux entreprises de se retirer d’Israël (c’est le D de désinvestissement) et il se bat pour la fin de l’impunité (c’est le S de sanctions).
    Il est vrai qu’il y a une forte campagne contre les militant-e-s de la campagne BDS. Toute cette campagne repose sur la circulaire Alliot-Marie qui a été qualifiée par le Syndicat de la Magistrature « d’attentat juridique d’une rare violence ».
    On peut parfaitement porter le tee-shirt « Boycott Israël Apartheid ». Toute intimidation ou menace sur ce tee-shirt est antidémocratique.
    Il est vrai que la liberté d’expression est menacée en France. Les plus hautes autorités de l’État essaient de nous faire taire en même temps que d’autres droits fondamentaux comme celui de manifester sont attaqués. »
    Nous ne nous laisserons pas faire. L’appel au BDS ne demande pas la lune. Il exige pour le peuple palestinien la liberté, l’égalité et la justice. Ce combat solidaire continuera en France comme ailleurs.

    Pierre Stambul


  • https://www.bdsfrance.org/air-canada-resilie-son-contrat-principal-avec-israel-aerospace-industries

    Air Canada résilie son contrat principal avec Israel Aerospace Industries
    7 novembre 2017
    Le 1er novembre 2017, nous avons été informés par écrit par la direction d’Air Canada que le contrat de 5 ans avec Israël Aerospace Industries Bedek Group pour la maintenance lourde de ses biréacteurs B767 avait été résilié. Ce contrat, estimé à des dizaines de millions de dollars, devait durer jusqu’en mars 2019.

    Air Canada n’a présenté aucune raison pour abandonner le contrat, sauf pour dire que cela était dû à une pratique consistant à examiner ces « arrangements de façon régulière » avec tous les fournisseurs de services. Air Canada a également affirmé dans sa lettre que ce processus s’était déroulé au début de 2017 et que le contrat avait été transféré à « un autre fournisseur en Amérique du Nord ».

    Cependant, nous devons souligner que cette nouvelle information n’a été publiée qu’après le lancement de notre campagne #AirCanadaComplicity et qu’elle a reçu un soutien croissant tant au Canada qu’à l’étranger. Les syndicats représentant des centaines de milliers de membres (et leurs familles) ont adhéré à la nouvelle lettre ouverte, tout comme des groupes dans d’autres pays, de la Norvège à l’Australie en passant par la France et l’Irlande. La lettre ouverte était une version abrégée d’une lettre officielle antérieure à Air Canada, envoyée quatre mois plus tôt, qui n’avait reçu ni accusé de réception ni réponse.

    Air Canada a également déclaré dans sa lettre qu’elle avait encore un contrat plus petit avec IAI où « conformément aux règlements de sécurité internationaux qui s’appliquent à tous les transporteurs, Bedek fournit un ingénieur aéronautique certifié pour effectuer un contrôle qui est requis sur les avions avant le départ de vols de retour réguliers au Canada ». Toutefois, ils ont noté que si des problèmes de fond sont décelés lors de ce contrôle, Air Canada envoie ses propres employés pour effectuer le travail.

    Ils n’ont pas abordé la question des produits alimentaires Sabra faisant partie du menu à bord de certains vols.

    Cependant, la Coalition canadienne BDS est heureuse que l’élément le plus significatif, c’est-à-dire, la participation d’Air Canada à Israel Aerospace Industries soit terminée. Compte tenu de la publicité récente que l’IAI a reçue dans la presse internationale au cours des derniers mois, il n’est pas surprenant que toute entreprise veuille se distancer d’un tel partenaire. Premièrement, nous avons entendu parler d’une filiale d’IAI participer à la construction du mur frontalier américano-mexicain. La semaine dernière, la presse israélienne a indiqué que l’IAI était l’une des 190 entreprises figurant sur la liste noire des Nations Unies pour violation du droit international en commerçant dans les territoires palestiniens occupés.

    Même si la question de l’impartition de la maintenance est toujours en cours et que nous continuerons de faire pression sur Air Canada pour le transport des produits Sabra et de leur petit contrat avec IAI, nous estimons qu’il s’agit d’une victoire nationale importante pour la campagne #AirCanadaComplicity. Nous remercions tous nos partisans, ici au Canada et à l’étranger, qui ont fait la différence en montrant que la justice pour les Palestiniens peut être atteinte. La volonté collective et les efforts de nos puissants mouvements pour la justice sociale ne peuvent être niés !

    Source : Canadian BDS Coalition

    • campagne BDS toujours.
      https://www.bdsfrance.org/succes-du-6eme-week-end-de-formation-et-dechange-de-la-campagne-bds-franc

      LES ÉTUDIANTS DE L’UNIVERSITÉ DE YORK CONTRE L’APARTHEID ISRAÉLIEN

      7 novembre 2017
      Les enseignants de l’Université de York boycottent les institutions universitaires israéliennes

      6 novembre 2017 – Toronto

      L’association des Étudiants Contre l’Apartheid Israélien de l’Université de York (SAIA York) est fière d’annoncer que les enseignants d’Études Environnementales (FES) de la troisième plus importante université du Canada ont boycotté l’Institut Arava d’Études Environnementales (AIES), une institution académique israélienne. Ce geste est une victoire majeure pour le mouvement de Boycott, Désinvestissement, Sanctions (BDS), étant donné que FES est ainsi le premier corps professoral du Canada à honorer l’appel de la société civile palestinienne pour « le boycott académique des institutions académiques israéliennes complices ».

      Le 26 octobre 2017, le FES a boycotté cette institution après le vote d’une motion du Conseil des Professeurs du FES de non-renouvellement d’un partenariat de longue date entre le FES et l’AIES. La motion, présentée par SAIA de York, a obtenu quinze pour, sept contre et une abstention. Alors que l’AIES a fait sa propre promotion comme institution agissant pour la paix et la coopération environnementale, la motion a condamné l’AIES comme institution ayant « une histoire d’injustices en greenwashing (écoblanchiment ou verdissement) et de nuisances environnementales » perpétrées par le gouvernement israélien.

      L’AIES est financée par le Fonds National Juif (FNJ). AIES a aussi des partenariats officiels avec le FNJ depuis 2002. En tant qu’association israélienne paragouvernementale, le FNJ a joué un rôle déterminant en faisant avancer le projet colonial d’Israël depuis plus de 100 ans. Ce projet a non seulement eut des effets dévastateurs sur le peuple palestinien indigène, mais il a aussi dévasté l’environnement. Pourtant, l’AIES se vante de ce partenariat sur son site web, louant « le cœur et l’action » du FNJ et ses « innovations écologiques ». Sur son site internet, Arava omet à point nommé l’héritage colonial du FNJ, qui sert à normaliser et à blanchir l’organisation et, par extension, l’histoire coloniale d’Israël.

      L’AIES a aussi démarré en 1996, comme un des programmes people-to-people (P2P) apparus à ce moment-là, qui se comptent par centaines. Les programmes P2P étaient fondés sur « des activités de coopération entre Israéliens et Palestiniens pour promouvoir la paix ». Ces programmes ont cependant échoué à créer la paix, au cours des vingt dernières années, parce qu’ils n’ont pas cherché à mettre fin à l’oppression du peuple palestinien par Israël. Ils ont plutôt perpétué l’oppression israélienne en encourageant la « coexistence » davantage que la « co-résistance » contre Israël. En encourageant la coexistence et la coopération environnementale, sans reconnaître le rôle oppressif d’Israël et le besoin de résister contre cette oppression, Arava a servi à normaliser et à verdir l’oppression israélienne.

      En boycottant l’AIES, le FES a pris une position courageuse sur le côté juste de l’histoire, pour exercer une pression sur Israël et sur les organisations israéliennes complices, pour mettre fin à leurs injustices contre le peuple palestinien. Ce qui est encore plus stimulant est que le le FES a franchi ce pas historique en considérant les récentes répressions contre BDS au Canada et ailleurs. FES a choisi de rester fidèle aux sources de l’écologie qui sont radicales, pour les droits humains, et anticoloniales, et de soutenir l’engagement de l’Université de York envers la justice sociale dans la mise en œuvre du boycott académique contre Israël. Nous espérons que cette victoire encouragera d’autres enseignants de York et d’autres institutions académiques à mettre en œuvre et soutenir le boycott académique contre Israël dans la lutte pour un monde libéré du colonialisme, de l’apartheid, de l’occupation et de la guerre, et dans la réalisation de la paix, de la justice et de l’égalité pour tous.

      Source : Students Against Israeli Apartheid at York University

      Traduction SF pour BDS France


  • Démission de Rafik Hariri du gouvernement Aoun pro-iranien et pro-syrien, en même temps qu’une gigantesque purge en Arabie Saoudite, chien de garde des puissances militaro-industrielles (France/Israël/GB/EU) dans la région.
    Ça ne présage rien de bon si ce n’est un gigantesque feu d’artifice sur le Liban. En attendant, après chaque bombardement israélien à la veille des fêtes, la diaspora libanaise peut continuer à réveillonner en grande pompe ! NRobin
    http://lisamandel.blog.lemonde.fr/2017/11/07/la-demission-de-saad-hariri




  • Après chaque accord d’association (Hamas/Fatah), des bombardements. Ça n’a pas raté !
    Strasbourg se mobilise.NRobin

    Samedi 4 novembre, journée de mobilisation pour la Palestine, de 11h à 18h place Kléber : chapiteau prévu avec 3 tables pour la diffusion de documents, notamment des cartes postales pour la libération de Salah Hamouri à faire signer. Cette acton est organisée et/ou soutenue par plusieurs organisations : CJACP - MJCF - PCF - UJFP - ATMF, Femmes Egalité - PCOF - CGT -

    L’armée israélienne a tué ce mardi 30 octobre 2017 neuf palestiniens et en a blessé dix-huit, lors des bombardements qui ont visé la ville de Khan-Younis, au sud de la bande de Gaza. Les avions militaires israéliens ont mené neuf raids sur différents lieux au sud de la bande de Gaza. Les agressions israéliennes contre les civils palestiniens se poursuivent dans tous les territoires palestiniens, avec en particulier, les arrestations de jeunes palestiniens. Salah Hamouri, en prison à nouveau depuis le 23 août, vient d’être condamné à 6 mois de prison.


  • "L’artiste de rue britannique Banksy a organisé mercredi une « cérémonie d’excuses » devant son hôtel en Cisjordanie occupée à l’occasion du 100e anniversaire de la déclaration Balfour qui a ouvert la voie à la création de l’Etat d’Israël.
    Dans une mise en scène surréaliste et sarcastique, une cinquantaine d’enfants palestiniens ont été reçus pour la prendre le thé par un acteur déguisé en reine d’Angleterre. Derrière eux, sur le mur de séparation israélien qui coupe la Cisjordanie, le mot « Sorry » a été gravé, en dessous de « Er » (Elizabeth Royal)."
    .
    https://assawra.blogspot.fr/2017/11/cisjordanie-banksy-organise-une.html
    http://fr.timesofisrael.com/lhotel-banksy-accueille-ses-premiers-clients-a-bethleem


  • Célébrations de Balfour, un rappel que le passé colonial n’est pas passé

    http://www.agencemediapalestine.fr/blog/2017/11/01/celebrations-de-balfour-un-rappel-que-le-passe-colonial-nest-pa

    Lord Arthur James Balfour, ancien premier ministre du Royaume Uni (George Grantham Bain/Wikipedia)

    Ben White
    30 octobre 2017

    Le 100ème anniversaire de la Déclaration Balfour représente beaucoup de choses, mais il ne devrait pas se passer sans que l’on observe comment, en 2017, les amis d’Israël continuent à justifier le projet sioniste avec le même lexique colonial que 100 ans plus tôt.

    La semaine dernière, un débat a eu lieu au Parlement sur le « Centenaire de la Déclaration Balfour », proposé par Matthew Offord, député conservateur de Hendon.

    Pendant la discussion, son collègue député Tory Jonathan Djanogly (Huntingdon) s’émerveilla du fait que l’État d’Israël « soit sorti du désert » ; Offord répliqua avec enthousiasme que les exploits scientifiques d’Israël sont en effet « réalisés dans un endroit qui, il n’y a pas si longtemps, n’était qu’un désert, comme le dit mon honorable ami »

    (Le mérite revient à la députée SNP Joanna Cherry d’avoir spécifiquement réfuté le commentaire d’Offord : « La population palestinienne… représentait près de 90 % de la population de la Palestine en 1917. La terre n’était pas, comme l’a dit l’honorable député de Hendon, déserte Il y avait des villes et des villages… »)

    Il y a une longue tradition de description de la Palestine comme étant « vide », tradition maintenue au parlement comme partout ailleurs (et peut-être encore plus). Les Sionistes « ont transformé le désert en vergers » ; a dit Lord Mitchell dans un débat en 2014 ; ils « ont fait fleurir le désert », comme l’a dit la baronne Deech en 2015.

    Lisez : 100 ans après la signature de la Déclaration Balfour…Que faire maintenant ?

    Suite sur ce lien :
    http://www.agencemediapalestine.fr/blog/2017/11/01/celebrations-de-balfour-un-rappel-que-le-passe-colonial-nest-pa


  • http://www.ujfp.org/spip.php?article5936

    Un article de Pierre Stambul, initialement paru dans la revue Émancipation.

    La division de la Palestine qui n’a pas d’État, mais a deux gouvernements rivaux, c’est la grande victoire d’un l’occupant qui a programmé la fragmentation de la Palestine.
    Des gouvernements d’Union Nationale, il y en a déjà eu. En 2006, il y avait eu un gouvernement d’union dirigé par Ismail Haniyeh du Hamas puisque ce parti avait gagné les élections. L’Europe et la « communauté internationale » avaient alors puni collectivement la Palestine d’avoir « mal » voté et avaient coupé les vivres, provoquant le chaos. Cette même « communauté internationale » avait incité le Fatah à tenter un coup d’État à Gaza et par contrecoup, le Hamas avait pris le pouvoir.

    En avril 2014, nouvelle tentative de gouvernement d’union. Cette union est certainement une des raisons de l’attaque israélienne deux mois plus tard. L’opération « Bordure Protectrice » dévastera Gaza (2400 mortEs) et le gouvernement d’union n’y survivra pas. De toute façon, soyons sans illusion : un gouvernement d’union, ce sont souvent des ministres proches du FMI. En deux mois d’existence, ce gouvernement éphémère de 2014 aura eu le temps de supprimer la formation des maîtres.

    Est-ce que ça peut marcher cette fois-ci ?

    Tous les interlocuteurs palestiniens interrogés disent (et espèrent) que, cette fois, c’est du sérieux. La principale raison, c’est que les deux grands partis, Fatah et Hamas, ont chacun des projets politiques qui sont en échec.

    Le Hamas a pu avoir par moments des soutiens politiques étrangers importants : il les a tous perdus ces derniers temps, et son allié qatari est dans une situation difficile. Son impopularité à Gaza va croissant, à la fois parce que sa répression sur le plan « moral » est refusée par une fraction significative de la population et parce que son exercice du pouvoir engendre clientélisme et corruption sur fond de pénurie généralisée.

    L’Autorité Palestinienne et surtout son dirigeant, Mahmoud Abbas, sont de plus en plus discrédités comme des auxiliaires de l’occupant. La décision d’Abbas de provoquer le chaos à Gaza en cessant de payer le pétrole israélien, en baissant les salaires et en mettant des milliers de fonctionnaires à la retraite anticipée, a accru son impopularité.
    S’y est ajoutée l’intervention de Mahmoud Dahlan. Ce dirigeant mafieux issu du Fatah est devenu le grand rival de Mahmoud Abbas. Alors que c’est lui qui a provoqué la défaite du Fatah à Gaza en 2007, il a signé un accord avec le Hamas. Mahmoud Abbas n’avait plus le choix.

    Parmi les points de désaccord qui entretenaient la division, il y en a qui semblent faciles à résoudre : le contrôle des frontières, tous les partis y participeront. Les branches militaires, tous les partis en ont, même le Fatah.

    L’Égypte a parrainé l’accord, ça devrait théoriquement permettre une réouverture de la frontière de Rafah entre Gaza et l’Égypte, aussi bien pour les humains que pour les marchandises. Là aussi, c’est l’incertitude : la frontière donne sur le Sinaï et Daesh y a tué plusieurs soldats égyptiens quelques jours après l’accord.

    Sans doute le problème qui semble le plus insurmontable, c’est celui de la fonction publique. Il y en a 3 à Gaza : il y a les fonctionnaires qui travaillent (enseignantEs et personnels médicaux) et qui sont payés par Ramallah. Il y a ceux qui sont payés par Ramallah depuis 2007 à la condition express qu’ils ne travaillent pas (pour le Hamas). Et il y a des dizaines de milliers de fonctionnaires recrutés sur base clientéliste et payés par le Hamas. Jusqu’à présent, l’Autorité Palestinienne a toujours refusé de prendre en charge leur salaire. On ne sait pas si l’accord prévoit quelque chose pour eux.

    Pour les Palestiniennes, la division est une honte, nous avons souvent entendu dans les rues : « les partis ne pensent qu’à leurs intérêts particuliers et il manque à la Palestine un Mandela ». Si la pression populaire fait vivre cette réunification, il restera une inconnue : que va faire le gouvernement israélien ? Attaquer comme en 2014 ?

    Pierre Stambul

    Articles de cet auteur

    Il y a 100 ans, la déclaration Balfour
    Derrière les fronts : résistances et résilience en Palestine
    À Limoges, le 1er avril 2017 : "Gaza : la vie en cage", vidéo-conférence et débat
    Boycotter et sanctionner Israël, il n’y a pas d’alternative.
    L’intolérable révisionnisme sur le colonialisme


  • http://www.afrique-asie.fr/declaration-balfour-la-violence-du-texte

    Déclaration Balfour, la violence du texte
    Publié par Bruno Guigue
    01 novembre, 2017

    La lecture occasionnelle du Figaro permet parfois de dénicher quelques perles ! Je cite : “La Déclaration Balfour est l’un des documents diplomatiques les plus importants de l’histoire du Moyen-Orient au XXe siècle : la promesse d’un foyer national juif en Palestine ; le sionisme politique obtient une garantie juridique internationale” (Véronique Laroche-Signorile, 31/10). Voilà qui est fort, très fort même. Faire passer la Déclaration Balfour pour une “garantie juridique internationale” relève carrément de l’exploit conceptuel.

    http://www.afrique-asie.fr/wp-content/uploads/2017/11/Declaration-BalfourPalestineGaza-702x336.jpg
    – La violence sioniste qui cible quotidiennement le peuple palestinien – comme ici à Gaza – est la conséquence logique de la Déclaration Balfour
    Signée le 2 novembre 1917, cette déclaration était une lettre du ministre des affaires étrangères britannique, Lord Balfour, au dirigeant sioniste Lord Rothschild. Que dit-elle ? “Le gouvernement de Sa Majesté envisage favorablement l’établissement en Palestine d’un foyer national pour le peuple juif, et emploiera tous ses efforts pour faciliter la réalisation de cet objectif, étant clairement entendu que rien ne sera fait qui puisse porter atteinte ni aux droits civils et religieux des collectivités non juives existant en Palestine, ni aux droits et au statut politique dont jouissent les Juifs dans tout autre pays.”

    Pour Londres, ce texte poursuivait un double objectif. La Première Guerre mondiale battait son plein, et il s’agissait de rallier à l’Entente l’opinion juive mondiale. En déposant ce présent aux pieds du mouvement sioniste, on comptait obtenir le soutien enthousiaste des juifs américains. Mais ce n’est pas tout. Parrainé par l’Empire britannique, le foyer national juif devait en devenir le bastion avancé au cœur du Moyen-Orient. La Déclaration Balfour, en réalité, est un acte unilatéral qui relève de la politique impériale britannique.

    C’est pourquoi ce texte n’offrait aucune “garantie juridique internationale” à qui que ce soit. Mal nommer les choses interdit de les comprendre, et en fait ce fut exactement l’inverse. Nouant l’alliance entre l’Empire et un mouvement nationaliste européen pétri d’ambition coloniale, la lettre de Balfour est précisément la négation de toute garantie légale internationale. Elle acte la dépossession des propriétaires légitimes d’une terre qui est offerte à la prédation sioniste en violation du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. La Déclaration Balfour, c’est le viol colonial de la Palestine arabe, et rien d’autre.

    Comme le dit l’écrivain sioniste Arthur Koestler, “une nation a offert à une autre nation le territoire d’une troisième”. Le foyer national juif s’est épanoui grâce à cette forfaiture, la violence de la conquête sioniste se trouvant sanctifiée au nom d’une “œuvre civilisatrice” dont l’occupant britannique (1922-1947) osa se prévaloir sans vergogne. Ce qui est au cœur de la Déclaration Balfour, c’est le colonialisme européen dans son affligeante banalité. Elle distingue en effet deux populations qui ne sont pas logées à la même enseigne. La première se voit reconnaître des droits politiques, tandis que la seconde (90% des habitants) est balayée d’un trait de plume. La première est un sujet, la seconde un simple objet.
    https://i1.wp.com/jcpa.org/wp-content/uploads/2017/02/1743866_original.jpg
    – Texte original de la Déclaration Balfour. “Une nation a offert à une autre nation le territoire d’une troisième”, écrira à propos de ce document l’écrivain sioniste Arthur Koestler.
    Certes on reconnaît aux “collectivités non juives” des “droits civils et religieux”. Mais cette reconnaissance se fait en creux, par défaut. Pour les définir, on emploie la négation. Ce sont des “populations non juives”, et non des populations arabes. Le texte les prive de toute existence positive, il les traite comme des surnuméraires qu’on exclut du bénéfice de l’autodétermination. Car les “droit civils et religieux” ne sont pas des “droits politiques”, mais des droits relatifs au statut personnel et à l’exercice du culte. Que les Arabes conservent leurs coutumes, du moment qu’ils n’entravent pas la marche du peuple juif vers la souveraineté !

    Contre les Palestiniens, la Déclaration Balfour a exercé une violence symbolique de longue portée. Elle scella l’alliance entre un mouvement nationaliste qui voulait “une Palestine aussi juive que l’Angleterre est anglaise” (Haïm Weizmann) et un Empire hégémonique qui entendait le rester. L’Empire a fondu, mais le sionisme s’est imposé par la force. En les privant de droits politiques, Balfour a transformé les autochtones en résidents de seconde zone, il en a fait des étrangers dans leur propre pays. La violence du texte colonial n’a cessé d’exercer ses méfaits depuis un siècle, culminant en une tentative d’oblitération que seule la résistance du peuple palestinien a pu mettre en échec.

    Bruno Guigue est ancien haut fonctionnaire, essayiste et politologue français né à Toulouse en 1962. Ancien élève de l’École Normale Supérieure et de l’ENA. Professeur de philosophie dans l’enseignement secondaire et chargé de cours en relations internationales dans l’enseignement supérieur. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages, dont « Aux origines du conflit israélo-arabe, l’invisible remords de l’Occident » (L’Harmattan, 2002).


  • Livre : Retours sur une saison à Gaza de Vivian Petit
    http://www.scribest.fr/images/article/167/RETOURS_COUV%20AVANT-WEB.jpg

    http://www.agencemediapalestine.fr/blog/2017/10/09/11608

    ARTICLE
    « Retours sur une saison à Gaza » : Interview avec Vivian Petit
    9 10 2017
    Interview de Vivian Petit à l’occasion de la sortie de son livre » Retours sur une saison à Gaza« , par l’Agence Média Palestine, le 9 octobre 2017

    Bonjour Vivian. Ton livre est en partie un témoignage des deux mois et demi que tu as passés à Gaza en 2013. Qu’est ce qui t’a motivé à aller séjourner à Gaza ?

    VP : Bonjour. J’écris dans cet ouvrage qu’il est assez difficile de réduire une motivation, un choix, une attirance, à une seule cause, et cela ne me paraît pas souhaitable. Je peux par contre tenter d’expliquer mon lien à la cause palestinienne. Mes premières réflexions politiques datent de l’adolescence, et concernaient l’antiracisme et l’anticolonialisme. C’est notamment le rap français qui a participé à cet éveil. Aussi, 2006 est l’année de mes premières manifestations, contre le CPE, et c’est aussi l’année où Israël a attaqué le Liban. Ça m’avait alors semblé logique de manifester contre cette agression, en compagnie d’une partie des personnes rencontrées les mois précédents dans les manifestations lycéennes et étudiantes. Mon premier voyage en Palestine date de 2009, j’étais allé en Cisjordanie et à Jérusalem avec des militants de SUD-Etudiant, dont j’étais membre. J’ai eu envie de retourner en Palestine quelques années plus tard, après avoir travaillé à Londres auprès du Boycott National Commitee. En 2013, j’ai donc profité du fait que la frontière entre l’Egypte et Gaza était ouverte suite à la chute de Moubarak pour aller y passer quelques mois.
    Tu affirmes qu’à Gaza en 2014, les soldats israéliens ont parfois eu pour ordre de tuer toute personne non membre de l’armée d’occupation israélienne, peux-tu détailler ?

    VP : Ce n’est pas moi qui l’affirme, mais des soldats qui ont participé à l’opération eux-mêmes. J’invite tous les lecteurs à lire la brochure publiée en 2015 par l’ONG israélienne Breaking the silence, intitulée This is how we fought in Gaza. Le récit des évènements est clair : après l’invasion terrestre de la Bande de Gaza à l’été 2014, la plus grande partie fut déclarée « zone de combat » par Israël, et la totalité des habitants de cette « zone de combat » s’est vu ordonner de quitter les lieux pour se réfugier dans des écoles ou des centres de l’ONU, eux aussi parfois pris pour cibles. Dans des camps de réfugiés, comme celui d’Al-Bureij, les soldats ciblaient des maisons au hasard, et attendaient l’éventuelle riposte de combattants. Faute de riposte, ils détruisaient les habitations avant de partir, tuant les habitants qui n’avaient pas fui. Les seules restrictions au fait de tirer étaient les distances liées à la présence de soldats israéliens, et étaient fixées dans le seul but d’éviter les « tirs amis ». On peut aussi parler du massacre commis dans la nuit du 19 au 20 juillet à Shuja’iyya, à l’est de la ville de Gaza, où plus de cent palestiniens ont été tués en représailles à la mort de sept soldats israéliens tombés dans une embuscade. Ou du massacre commis les 22 et 23 juillet à Kuza’a, une ville agricole qu’Israël veut transformer en no man’s land depuis bien avant 2014 …
    Dans les médias dominants, le dernier massacre israélien à Gaza a été présenté comme un ensemble de « représailles » à des tirs de roquettes du Hamas …
    VP : A chaque opération à Gaza, les médias occidentaux reprennent quasi systématiquement la chronologie des évènements telle qu’elle est présentée par l’armée israélienne. Chaque bombardement ferait suite à tel ou tel jet de roquettes par le Hamas, comme s’il s’agissait d’un instant 0, du début de l’histoire. Sous couvert de neutralité, on crée en outre une fausse symétrie, entre les bombardements du colonisateur et les jets de roquettes du colonisé et en oubliant les faits mêmes de l’occupation ou du blocus. L’un des objectifs de mon ouvrage est de démontrer qu’il n’y a pas la guerre d’un côté et la paix de l’autre, qu’il n’y a pas des périodes de trêve qui seraient rompues par un « cycle de la violence ». Les bombardements israéliens sur Gaza sont au contraire le prolongement direct du blocus et de la politique menée par Israël à longueur d‘année. Par exemple, si le village de Kuza’a a été victime d’un massacre à l’été 2014, ce même village était déjà en 2013 la cible des incursions de jeeps et de chars autant que des menaces des snipers israéliens. Cela rappelait aux habitants de Kuza’a qu’Israël rêvait de faire de cet endroit situé près des bordures israéliennes un véritable no man’s land, autant pour des raisons sécuritaires que pour endiguer toute autosuffisance des palestiniens. Un an après le massacre, en 2015, les champs de Kuza’a ont été la cible de jets de pesticides par l’aviation israélienne. Si Kuza’a venait à être de nouveau bombardé, seuls ceux qui ne se seraient jamais intéressés à l’histoire du lieu pourraient faire remonter l’origine de ces bombardements à un jet de roquette intervenu quelques jours ou quelques heures auparavant … Pour comprendre cela, il suffirait de ne pas s’intéresser à la Palestine uniquement lorsque des Israéliens meurent … En Occident, cette conception de l’information n’est cependant pas propre à ce qu’il se passe en Palestine. On peut par exemple remarquer que c’est uniquement lorsque des soldats français tombent dans une embuscade qu’on se rappelle de la présence de notre armée aux quatre coins du monde pour protéger des dictateurs proches des grandes entreprises françaises.

    Pendant ton séjour, tu as donné des cours de français à l’université de Gaza, peux-tu nous faire un état des lieux de la situation des étudiants à Gaza et nous parler de ton expérience ?

    VP : Il y a cinq universités à Gaza, dont trois principales : l’université islamique, fondée par les Frères musulmans, l’université Al-Azhar, fondée par le Fatah, et l’université Al-Aqsa, dépendant de l’Autorité Palestinienne de Ramallah. Elle compte 25 000 étudiants, dont 22 000 étudiantes, soit 80%. C’est celle où j’ai travaillé. J’étais employé au département de français. J’étais en charge du cours d’expression orale et écrite en première année, et d’ateliers de lecture et de conversation pour les années suivantes. Evidemment, l’enseignement est soumis aux mêmes aléas que partout ailleurs à Gaza, coupures d’électricité qui gênent les cours ou empêchent de travailler chez soi, blocus qui empêche des étudiants ou des professeurs de répondre aux invitations d’autres universités, retard ou annulation dans l’arrivée d’un conférencier (ou dans le retour d‘un professeur s’il a réussi à sortir de la bande de Gaza), etc. En outre, l’absence de perspectives entraîne souvent une démotivation chez les étudiants après quelques années d’études. La baisse de motivation en quatrième année au département de français de l’université Al-Aqsa était le sujet du mémoire de Riad Raschwan, un étudiant du département de français. Il a effectué un sondage dans sa promo, et 100% des étudiants lui ont dit qu’ils étaient sûrs de ne pas trouver d’emploi une fois leur diplôme obtenu.

    Tu affirmes que pendant trop longtemps, les mouvements de gauche en France, dans leurs rapports à l’Autorité Palestinienne et au parti travailliste israélien ont été prisonniers de leur soutien à feu le « processus de paix » ? Peux-tu développer ?

    VP : Une partie de la gauche française est historiquement proche du parti travailliste israélien et du Fatah, et a applaudi à la signature des accords d’Oslo. C’est pourtant le parti travailliste qui a été au pouvoir pendant la plus grande partie de l’histoire d’Israël, a mené les guerres de conquête et mis en place la colonisation. Aussi, plus de vingt ans après la signature des accords d’Oslo, il est évident que l’Autorité Palestinienne n’est pas l’embryon d’une indépendance, mais un ensemble d’institutions auxquelles Israël a délégué la gestion de certains territoires. La « coopération sécuritaire » entre l’Autorité Palestinienne et Israël est la principale raison d’être du discours tentant de nous faire croire qu’il y aurait un « processus de paix » pendant que la colonisation s’accélère, et que l’armée israélienne et la police palestinienne répriment conjointement les Palestiniens qui se révoltent. Il est en outre intéressant d’observer que les montants des subventions versées à l’Autorité Palestinienne ont augmenté à partir de 2001, c’est-à-dire lors de la seconde intifada et de sa répression, au moment où il apparaissait clairement qu’il n’y aurait pas d’Etat palestinien à côté d’Israël. Soutenir l’Autorité Palestinienne lorsqu’on se dit contre l’occupation et solidaire des Palestiniens me paraît profondément problématique, car plutôt que de considérer qu’il y aurait une occupation à combattre ou une résistance à aider (par exemple en ciblant, comme le propose la campagne BDS, les entreprises israéliennes et toutes les entreprises complices de la colonisation de la Palestine), on en vient à penser qu’il y aurait seulement des besoins à combler, une économie à soutenir, un État à créer, et in fine, seulement des institutions avec lesquelles travailler. Quand bien même ces institutions travaillent contre le peuple palestinien, comme c’est le cas de l’Autorité Palestinienne.

    Pour commander « Retours sur une saison à Gaza », aux éditions Scribest :

    http://www.scribest.fr/article-167-retours-sur-une-saison-a-gaza


  • Belle initiative ! NRobin

    http://m.huffingtonpost.fr/dominique-sopo/pour-la-jeunesse-dalgerie-et-de-france-il-faut-des-actes-concrets-d
    LES BLOGS
    Pour la jeunesse d’Algérie et de France, il faut des actes concrets de réconciliation
    Lettre ouverte de la jeunesse des deux rives à leurs Ministres des Affaires Etrangères de France et d’Algérie. 17/10/2017
    Dominique SopoPrésident de SOS Racisme
    Abdelouhab FersaouiPrésident de l’association nationale de jeunes, Rassemblement-Actions-Jeunesse

    PHILIPPE WOJAZER / REUTERS
    BLOG - Pour la jeunesse d’Algérie et de France, il faut des actes concrets de réconciliation.

    Messieurs les Ministres,

    Aujourd’hui, nous savons. Le mardi 17 octobre 1961 à Paris, la police française réprimait une manifestation d’Algériens qui, bravant le couvre feu auquel ils étaient soumis, manifestaient pour le droit à l’indépendance.

    Arrêtées, frappées à terre, jetées dans la Seine, plus d’une centaine de personnes furent assassinées.

    Longtemps, ce massacre a été occulté.

    Ce ne fut pas le seul. Le 8 mai 1945 et les jours qui suivirent, le pouvoir colonial français arrêtait, bombardait, tuait des milliers d’Algériens qui, inspirés par la toute fraîche victoire de la liberté, réclamaient la leur.

    Cette date marque le début « d’événements », puis d’une guerre qui de 1954 à 1962 devait séparer nos deux pays, emportant tant de vies sous le rouleau compresseur des bombardements, des attentats, de la torture, des enlèvements, des camps, des assassinats, des ratonnades et de l’exil.

    Ce fut une guerre d’une grande violence, nourrie par l’attachement narcissique à l’Empire, le racisme colonial, et une soif de liberté et d’autodétermination d’un peuple colonisé.

    Nous portons toujours, collectivement et individuellement, les stigmates de ce conflit ravageur. Le 15 février dernier, candidat en déplacement en Algérie, le nouveau Président de la République française qualifiait la colonisation de « crime contre l’Humanité ». Au-delà des débats sur la validité juridique de cette expression utilisée pour qualifier l’abomination du colonialisme, les réactions violentes qu’elle provoqua en France témoignent bien « d’une névrose française ». Cette agressivité et cette incapacité à parler du passé sont le fruit d’un silence et de mémoires conflictuelles, trop longtemps entretenus. Des blessures non soignées, legs des violences et des exils, continuent de miner le corps social. Elles poussent nombre d’entre nous vers la haine et le racisme et nous empêchent tous de respirer.

    Mais nous sommes aussi cette France métissée et cette Algérie qui, dans sa diversité, souhaitons aujourd’hui lire la page du passé pour se parler.

    Nous, jeunesse de France et d’Algérie, nous voulons construire des liens pour parler avec calme et sans acrimonie de ce que fut ce régime colonial dans lequel la France bafouait tous ses principes, de ce qu’il s’est passé à Dahra en 1845, à Sétif cent ans après, dans les Aurès et à Alger pendant la Guerre d’Indépendance, à Paris en 1961, à Oran en 1962, à la ferme Ameziane ou à la villa Sessini, à MontLuc ou Rivesaltes, du sort qui attendait ceux qui durent prendre la route de l’exil.

    Nous voulons construire des projets en commun, des récits apaisés qui reflètent la pluralité des histoires et que seuls guident la vérité et la justice pour lutter contre les discours racistes et négationnistes.

    Nous voulons construire des avenirs qui nous permettent enfin de nous rencontrer, nous parler, voyager et étudier ensemble.

    Nous voulons construire des ponts pour découvrir Paris, Oran, Bejaia, Lyon, Alger, Lille, Sétif et Marseille, apprendre l’arabe, le français et le tamazight sans craindre les foudres de ceux qui voient dans l’Autre, non une chance, mais leur propre perte.

    L’expérience franco-allemande nous offre aujourd’hui des modèles pour surmonter les tourments du passé. Après trois guerres sales et sombres, nous célébrons cette année 72 ans de paix, un couple moteur d’un rêve européen appuyé sur des jeunesses connectées. Dans ce processus, il nous parait essentiel de saluer le rôle joué depuis 1963 par l’OFAJ dont la création, le dynamisme et l’efficacité nous ont ouvert tant de portes que nous croyions fermées.

    C’est ce modèle qui aujourd’hui inspire la réconciliation dans les Balkans où tant d’espoirs et d’efforts ont été placés dans RYCO pour que des jeunes dont les parents s’entretuaient puissent croire en un avenir débarrassé de la haine.

    C’est pourquoi, prêts et inspirés par ces expériences, nous appelons ardemment de nos vœux la création d’un Office Franco-Algérien/Algéro-Français de la Jeunesse et vous appelons, Messieurs les Ministres, à porter à ce projet l’attention, l’ambition et les moyens à la hauteur des enjeux et du travail à accomplir.

    Cet outil actera la réconciliation, mettra les institutions et la société civile au travail pour investir dans la jeunesse et dépasser les tensions.

    Depuis l’Antiquité, l’espace méditerranéen est un cœur battant au sein duquel la circulation des êtres humains, des idées et des biens rythme et nourrit notre enrichissement mutuel. Depuis 55 ans, une partie de cet espace semble s’être refermé et cela nie notre histoire et la réalité de nos identités. Il est plus que temps d’ouvrir ces portes.

    Signataires

    Associations en France :

    Dominique Sopo, Président de SOS Racisme

    Hassan Benhsain, Président de la FIDL – Fédération Indépendante et Démocratique et Lycéenne

    Clara Jaboulay, Présidente de l’UNL – Union Nationale Lycéenne

    Lilâ Le bas, Présidente de l’UNEF – Union Nationale des Etudiants de France

    Jimmy Losfeld, Président de la FAGE – Fédération des Associations Générales Etudiantes

    Samy Chelli, Président de l’UEAF – Union des Etudiants Algériens de France

    Benjamin Lucas, Président des Jeunes Socialistes

    Aurélien Sebton, Président de l’UDI Jeunes

    Florian Humez, Président des Jeunes République En Marche

    Célia da Costa Cruz et Hugo Cordier – Co-secrétaires des Jeunes Ecologistes

    Associations en Algérie :

    Firas Ferhat, Président de CIVIC Oran - Comité d’initiative et de Vigilance Citoyenne

    Nourdinne Benissad, Président de la LADDH - Ligue Algérienne de Défense des Droits de l’Homme

    Metair Kouider, Président de Bel Horizon (Oran)

    Nadira Benketira, Présidente de Graine de Paix

    Ali Mansouri, Président de l’ADCE - Association de Développement des Capacités des Etudiants

    Abdelouhab Fersaoui, Président de RAJ - Rassemblement Actions Jeunesse

    Initiative soutenue par :

    Mustapha Bouras, Président du CEFIR

    Alain Desjardin, Président de la 4ACG – Association des Anciens Appelés en Algérie et leurs Amis contre la Guerre

    Jacques Pradel, Président de l’ANPNPA – Association Nationale des Pieds Noirs Progressistes et leurs Amis.

    George Morin, Président de Coup de Soleil

    Hakim Addad, membre fondateur et ancien secrétaire général de RAJ.