NRobin

Chargée d’Etudes Nantes / AMD

  • http://arretsurinfo.ch/qui-est-responsable-des-crimes-en-syrie
    Qui est responsable des crimes en Syrie ?
    Par Nadia Khost — 04 octobre 2014
    Mis à jour le 01.09.2017
    A l’heure où les forces gouvernementales sont en passe de gagner la guerre menée contre l’Etat syrien par des groupes radicaux, ce texte de Mme Khost devrait être pris en considération par la Commission d’enquête des Nations unies sur la Syrie. Il devrait appeler Mme Carla del Ponte – qui se disait encore tout récemment « convaincue » que les preuves sont suffisantes pour condamner le président syrien pour crimes de guerre – à nuancer son propos. L’Etat syriele nom’eurovision.’Eurovision’eurovisionn ne massacrait pas son propre peuple ; le président Assad défendait son peuple ![ASI, 01.09.2017]
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    Nadia Khost
    Ce texte accablant de vérités occultées a été publié initialement en mars 2012. Vérités bafouées mettant en accusation les élites politiques et médiatiques qui, depuis 2011 ont délibérément masqué les atrocités perpétrées par les « rebelles ». Il est indécent de les entendre aujourd’hui parler de l’EI comme d’un phénomène circonscrit. Il est indécent de les entendre affirmer que le président Assad est « l’allié objectif des terroristes de l’EI » alors que son armée et le peuple syrien n’ont cessé de les combattre au prix de grandes pertes. [Silvia Cattori, 4 octobre 2014]
    Qui est responsable des crimes en Syrie ? [11 mars 2012]
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    Laurent Fabius partisan d’une intervention militaire en Syrie à la réunion des ministres des Affaires étrangères des pays membres du Conseil de sécurité, 30 août 2012. Crédit photo : afp.com
    Il y a un an seulement [mars 2011], les Syriens vivaient en sécurité. Ils ignoraient tout des armements qu’ils découvrent chaque fois que l’armée les saisit dans les cachettes des milices ou lorsqu’elles entrent depuis la Turquie ou le Liban. Ils n’avaient jamais vu les obus, les fusils et mitrailleuses de toutes sortes, les bombes assourdissantes, les obus anti-char, les revolvers, les appareils d’espionnage, les lunettes de vision nocturne, les charges explosives, les gilets pare-balles.
    Maintenant, nous savons que la mort peut venir des bonbonnes de gaz, ou des galons d’huile ! Nous savons que chacun d’entre nous peut mourir dans une explosion ou lors d’une attaque des bandes armées si son nom figure sur leur liste des gens à abattre ! Malgré cela, le Conseil des Droits de l’Homme à Genève refuse de reconnaître que ce qui se passe ici est l’assassinat de notre sécurité, l’abolition de notre rythme de vie. Et va chercher les accusés parmi les victimes ! Or, nous qui vivons en Syrie, et non dans un pays occidental, nous connaissons la vérité que l’Occident et ses institutions « humanitaires » ne veulent pas connaître.
    Nous avons en tête deux images. L’image -passée une seule fois à la télévision syrienne- d’une famille à Baba Amro, près de la table dressée, dont tous les parents, enfants, oncles avaient était tués ; sur le mur, leurs assassins avaient écrit, avec le sang des victimes, le nom de la brigade qui avait commandité ce crime. L’autre image est celle d’une femme habitant à Douma, [une banlieue de Damas] qui racontait que les milices avaient conduit un jeune homme ligoté sur la place publique, pointé leur mitrailleuse, et obligé les gens à assister à son exécution. Et que le lendemain, ils en avaient tué d’autres, de la même manière. À la même époque, simultanément, Ayman et Fahd Arbini – en compagnie de Zaher Qweider d’Al-Qaïda – ont tiré des obus RPG sur l’église d’Arbin, [banlieue de Damas] et sur le collège islamique. Ces crimes ont eu lieu dans des zones sous contrôle des bandes armées. Dans quel projet s’inscrit ce terrorisme ? Qui est responsable de ces crimes ?
    Un des criminels arrêtés à Baba Amro raconte – comme on raconte une histoire banale – qu’il a tué et violé des femmes. Que des cheikhs du conseil militaire lui avaient signifié par fatwa que le meurtre et le viol étaient licites. Ce n’est pas étonnant : les cheikhs wahhabites d’Arabie Saoudite qui appellent de leur tribune au Jihad contre le gouvernement syrien, ainsi que Kardawi, le cheikh d’Al-Jazeera, prononcent des fatwas légalisant l’assassinat d’alaouites, de chrétiens, de druzes et de sunnites favorables au gouvernement. Les bandes armées qui exécutent ces fatwas reçoivent de l’argent du Qatar et de l’Arabie Saoudite, ainsi que des drogues que l’armée syrienne confisque en quantités avec les armes. Faisaient partie du butin trouvé à Baba Amro : des armes et des devises occidentales et israéliennes, des passeports divers – parmi lesquels un « passeport pour le paradis » – du matériel de communication sophistiqué. Ces cheikhs ne connaissent pas la recommandation formulée, au début de l’Islam, par le Calife Omar bin el Khattab : « Ne tuez pas de femmes ni d’enfants ni de vieillards, ne coupez pas d’arbres, et laissez les moines dans leurs couvents. »
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    Combattants d’une prétendue Armée Syrienne Libre (ASL)
    Ces fatwas expliqueraient pourquoi, le 7 mars 2012, un homme a raconté, sans peine ni remord, qu’il a tué cinquante hommes et violé des dizaines de femmes. C’est ce qu’on appelle communément de la conquête. Les bandes armées ont « conquis » les femmes et l’argent des victimes, ont pillé les institutions publiques, volé les ambulances et les voitures des municipalités et des particuliers. Hier, un citoyen de Homs se plaignait d’un sniper qui avait conquis les rues qu’il contrôlait depuis le haut de sa terrasse. Parmi les tués, il y avait un enfant de 11 ans, Malek El Aktaa. L’objectif de ce terrorisme ? Briser la société syrienne, infliger des pertes à l’armée, morceler la Syrie, paralyser la production agricole, industrielle et artisanale. Bref, détruire la structure de l’État. Dans les quartiers qu’elles contrôlaient, les bandes armées ont empêché les enfants d’aller à l’école, les étudiants de se rendre à leur examens universitaires. Elles ont tué les ouvriers sur le chemin de leur usine, elles ont empêché les paysans d’aller semer sur leurs terres et les centrales électriques de s’approvisionner, elles ont assassiné des hommes d’affaires et des professeurs d’université. Elles ont détruit la vie là où elles se sont installées. Le 11 mars 2012, elles ont kidnappé le politicien Mosbah Al Chaar à Homs, et elles ont assassiné le champion de boxe Ghiath Tayfour à Alep, comme elles avaient assassiné un champion de natation et fait sauter un pont dans la région d’Al Ghab.
    Le rapport de la Commission des observateurs arabes – qui ont visité les lieux où ces événements se sont produits et rencontré les victimes – a relevé que le mandat de la Ligue Arabe adressé à la Syrie ne mentionnait pas les bandes armées. Et que ces bandes attaquaient les civils et les institutions publiques et privées, obligeant l’armée régulière à riposter. La Ligue Arabe, dirigée aujourd’hui par le Qatar et l’Arabie Saoudite, s’attendait à ce que la Syrie refuse de recevoir la Commission des observateurs. Puis elle a imaginé que le rapport rédigé par les observateurs irait dans le sens de son projet de légaliser une intervention militaire. Mais l’atrocité des crimes, l’ardeur des victimes à exprimer leur douleur, et la conscience politique des Syriens, a permis aux honnêtes personnes de la Commission de transmettre la vérité. C’est pourquoi la Ligue Arabe a par la suite négligé le rapport et a exigé la démission du chef de mission, cet homme loyal [1]qui a refusé le chèque en blanc proposé par le Qatar.
    Pourquoi donc les dirigeants occidentaux et les institutions internationales n’ont-ils pas adopté ce rapport rédigé par des spécialistes en sécurité et des militaires qui documentaient les évènements tels qu’ils se déroulaient sur le lieu même ? Ils ont préféré adopter ce que concocte l’ « Organisation syrienne des droits de l’homme », basée à Londres ; une organisation représentée par un unique individu appartenant aux Frères musulmans, qui ne fait qu’inventer les« informations » diffusées à leur demande.
    Le problème ne réside pas uniquement dans le fait que ces dirigeants occidentaux qui soutiennent la guerre contre la Syrie ne veulent pas savoir qui sont les véritables auteurs des crimes et des violations des droits de l’Homme. Le fond du problème est qu’ils exécutent une stratégie qui vise à détruire l’État Syrien. Ceci montre que les politiciens occidentaux sont devenus des vassaux aveugles du projet américano-sioniste ! Et que Sarkozy et Bernard Henri Lévy en France ont réussi à enterrer la politique de la France vis-à-vis des Arabes instaurée par De Gaulle. Lorsque nous entendons M. Alain Juppé, cela ne nous évoque nullement le Général De Gaulle. Nous avons plutôt l’impression d’entendre Oliva-Roget qui avait ordonné le bombardement de Damas en 1945 [2].C’est pourquoi, il nous semble que la lettre de M. Laulan à Juppé [3] – lui rappelant que la guerre contre la Syrie ne sert pas les intérêts de la France – suggère aussi que la dignité de la France suppose qu’elle ne soit pas la vassale du projet américano-sioniste.
    Mettons donc de côté ces termes qui trahissent leur sens : « les droits de l’Homme, les révolutionnaires, l’armée syrienne libre, la défense des citoyens syriens ». Les dirigeants occidentaux doivent savoir que les « révolutions », supposent un programme politique national, que c’est la cause des hommes de grande envergure, penseurs et poètes. Une cause basée sur la loyauté à la Patrie, qui naît de cette Patrie ; et non pas une cause initiée par une décision extérieure. Comme l’histoire des luttes arabo-israéliennes est marquée par les guerres d’agression israéliennes, un des premiers principes des révolutionnaires patriotes est de ne pas recevoir d’aides ou d’armes israéliennes. Et de respecter les principes fondamentaux qui leur imposent de ne pas oublier que l’ennemi n’est pas la confession d’en face, mais que l’ennemi, l’agresseur c’est Israël, ainsi que l’impérialisme Occidental qui, lui, veille sur la sécurité d’Israël et se moque de celle des Arabes. Les dirigeants occidentaux savent ces vérités, mais ils consacrent leurs efforts au morcellement des pays arabes et à l’embargo contre l’Iran ; leur projet vise la Russie, la Chine, et les pays de l’ex-Union soviétique. Ils ont enfreint les lois internationales, leurs agents secrets se sont infiltrés à Homs, où ils ont dirigé la guerre de l’« Émirat islamique de Baba Amro », avec les bandes salafistes et Al-Qaïda ! Ils ont tenté par trois fois, au Conseil de Sécurité, d’autoriser l’ingérence en Syrie. Mais le fait que l’aviation israélienne bombarde Gaza, qu’elle ait tué, rien que le 10 mars, dix huit personnes dont des enfants, et que les colons israéliens détruisent les monuments palestiniens islamiques et chrétiens, et judaïsent la Jérusalem historique, tout cela n’a pas retenu leur attention.
    Ces drames nous permettent de conclure que la politique occidentale ne reflète pas seulement un effondrement moral en adoptant le mensonge et les falsifications, mais aussi un effondrement politique et la cécité de la pensée. Cette politique conspire contre la Syrie. Un pays qui se distingue par un tissu social où se mêlent dans une unité nationale les religions, les confessions et les « ethnies ». Un pays qui se distinguait il y a peu par une sécurité rarement rencontrée en Occident, et par une culture humaine fière de ce qu’ont apporté les grandes révolutions à l’humanité. Un pays qui traduit les œuvres de la littérature mondiale, qui écoute la musique classique comme il écoute la musique locale, et dont les femmes participent à la vie productive et publique que le peuple cherche à améliorer. La politique occidentale utilise dans sa guerre, la diplomatie, les médias, les organisations internationales, et les armes sophistiquées ; elle s’appuie sur des régimes despotiques qui n’ont pas de Constitution ni de Parlement, qui accueillent sur leur territoire des bases militaires états-uniennes, et qui tuent les manifestants à Bahreïn et à Qatif en Arabie Saoudite.
    Comment expliquer la collaboration de l’Occident avec des combattants d’Al-Qaïda qui sont sur les listes du terrorisme international, et que le Qatar et l’Arabie Saoudite financent pour leur guerre contre la Syrie ? Comment expliquer la feinte ignorance occidentale de la position des chrétiens syriens présents sur le devant de la scène pour défendre la structure sociale, et qui condamnent l’intervention occidentalo-sioniste ? Pourquoi l’Occident n’écoute-t-il pas le Patriarche maronite du Liban, mais encadre-t-il les bandes takfiristes qui assassinent les chrétiens syriens, et attaquent leurs monastères et églises, que les musulmans respectent et honorent ? Al Zawahiri [leader d’Al-Qaïda] a revendiqué les attentats de Damas et d’Alep par Al-Qaïda. Des rapports officiels témoignent de rencontres entre les services secrets français et britanniques avec les combattants libyens d’Al-Qaïda. Les Syriens ont appris que les services secrets français et britanniques se trouvaient à Baba Amro aux côtés des bandes d’Al-Qaïda. Leurs médias se sont abstenus de montrer à l’écran ces infiltrés étrangers, laissant ainsi refroidir la colère ressentie vis-à-vis de ce non respect occidental de la souveraineté syrienne. La sagesse syrienne a préféré la maîtrise de la situation à Baba Amro, à une telle exposition. Des centaines d’hommes armés se sont rendus à l’armée syrienne lorsque la protection occidentale s’est retirée. Ceci confirme la responsabilité de l’Occident dans les crimes que commettent les bandes armées. Et il ne s’agit pas uniquement des assassinats et des enlèvements, mais également de la destruction des équipements de base dont le peuple syrien paie le prix : l’explosion des oléoducs et des gazoducs, des pylônes électriques, des stations d’eau, l’incendie des écoles, la destruction des hôpitaux, le pillage des édifices publics [par les bandes armées].Nous affirmons donc que l’Occident se moque de la protection des chrétiens, des monastères et des églises, car les chrétiens sont patriotes, refusent l’ingérence et condamnent le complot occidentalo-sioniste, Il ne leur échappe pas que les prétendus « révolutionnaires » sont des bandes de criminels, et que les sanctions européennes visent à se venger du peuple syrien, dont les chrétiens sont partie intégrante. Bizarre que ces vérités ne parviennent pas aux ministères des affaires étrangères occidentaux ?
    En tous cas les instructions données par l’opposition extérieure sont : ne regardez pas la télévision syrienne, ni la chaîne al-Dounia, ne votez pas pour la Constitution ! Il semble que Madame et Messieurs Clinton, Juppé et Cameron ne veuillent pas voir non plus les funérailles des milliers de soldats et officiers de l’armée que les bandes armées ont tués [4] ; ni voir les honneurs rendus à ces martyrs par les villageois. N’ont-ils pas vu non plus que des millions de Syriens ont envahi les places, manifestant ainsi leur avis à l’égard du complot de l’Occident sioniste contre la Syrie ? N’ont-ils pas vu le niveau de conscience politique qui distingue le peuple syrien ? N’ont-ils pas entendu la clameur des femmes, voilées ou pas, et leur refus de l’ingérence dans les affaires internes de la Syrie ? Ils ne le voient pas, car seul celui qui a la conscience éveillée, et qui est libre, peut être ému par les douleurs humaines, et apprécier la dignité nationale syrienne. Est-il concevable que les « défenseurs de la démocratie » n’aient pas remarqué que la nouvelle Constitution interdit les partis fondés sur une base religieuse ou ethnique, et qu’elle garantit le respect des libertés personnelles et religieuses ? Le grand débat national n’a-t-il pas été remarqué ? Dans quel autre pays un projet de Constitution a-t-il été débattu dans des meetings, dans les centres culturels, à l’université, à la télévision, dans des réunions ? J’ai vu un exemplaire de la Constitution entre les mains de collégiens et d’étudiants universitaires ; les gens ont exprimé leur avis, et devant le Parlement se sont manifestés les politiciens en désaccord avec l’article 3 [de la Constitution].
    Syrie Conseil de sécurité janvier 2012
    Réunion du Conseil de sécurité sur la Syrie, à New York le 30 janvier 2012. DR
    Mais la question n’est pas celle des droits de l’Homme car, si c’était le cas, MM. Juppé, Cameron et Mme Clinton auraient dû voir l’agression permanente dont est victime le peuple palestinien, et le mépris d’Israël à l’égard des décisions internationales qui interdisent la judaïsation de la terre occupée et la métamorphose de ses caractéristiques. Ils auraient dû condamner les crimes qu’a commis Israël au Liban, et méditer sur les violations des droits de l‘Homme en Libye. La « communauté internationale » aurait dû examiner les déclarations des officiels israéliens qui menacent de bombarder les installations nucléaires iraniennes, et les juger pour menaces de guerre. Mais la logique s’est évanouie. L’État d’Israël, qui possède des bombes atomiques, qui refuse de laisser visiter ses installations nucléaires, n’est pas condamné. L’Iran qui ne possède pas d’armes nucléaires, qui accepte de faire visiter ses installations nucléaires, est lui menacé par Israël. Tandis que l’Agence Internationale de l’Énergie Atomique communique les noms des scientifiques iraniens, ce qui facilite leur assassinat…
    On a vu le président Obama se tenir comme un écolier docile devant Netanyahou, garantissant le « droit d’Israël à assurer sa sécurité », (cette sécurité s’étendant d’Israël à l’Égypte, à la Lybie et à l’Iran !) et garantissant son engagement à assurer la suprématie militaire d’Israël. Nous avons ainsi vu, sur le plan symbolique, la concordance entre le projet occidental et le projet sioniste. C’est pourquoi, M. Juppé ne diffère guère de Mme Clinton. Son arrogance n’est pas sans rappeler celle d’un gouverneur pendant la période d’occupation. Ces événements ont permis de mettre une fois de plus en lumière l’influence sioniste au sein du parti communiste et du parti socialiste français. N’est-il pas ironique que Bernard Henri Lévy, le sioniste, se définisse comme socialiste ? Et qu’il cite Marx dans son livre sur ses missions dans l’invasion de la Lybie où il se déclare « fidèle à son judaïsme et son sionisme » ! Le parti communiste français n’a-t-il pas remarqué ce qu’est le système politique de l’Arabie et du Qatar, et ce que sont les bandes takfiristes utilisées dans la guerre contre la Syrie ? Il s’ensuit que l’Occident ne collabore plus qu’avec ceux qui ont des liens avec Israël et qui privilégient la sécurité de cette dernière, sur la sécurité nationale arabe. C’est pourquoi Basma Kodmani [5] a avoué qu’« Israël est une nécessité » ! Certains membres du Conseil d’Istanbul ont assuré qu’ils établiront des liens avec Israël. Dans cette concordance, s’inscrit la collaboration des services secrets israéliens, qataris, et saoudiens, ainsi que les bandes armées munies d’armes israéliennes découvertes dans des cachettes à Douma, dans la banlieue de Damas, et à Baba Amro. Ce Conseil, appuyé par Juppé et Clinton, a commis ce que le peuple syrien ne pardonne pas : le fait d’avoir facilité l’ingérence étrangère politique et militaire en Syrie, d’avoir des liens avec Israël et le sionisme. Dans ce climat, l’Occident accuse les victimes des crimes qu’il a lui-même commis par le biais de ses bandes armées. Cela ne nous étonne pas qu’il voie AbdelKarim Belhaj, Al Mahdi Harati, Al Zawahiri, l’émir du Qatar, et le roi Saoudien comme autant de « révolutionnaires démocrates », et qu’il efface de sa mémoire Che Guevara et Manolis Glezos !
    Est-il possible de changer la stratégie occidentale pour dissiper le danger d’un embrasement du proche Orient ? Le point lumineux est que des puissances ayant des stratégies différentes, essaient, avec force et courtoisie, de stabiliser les relations internationales ; ce sont de grandes puissances économiques avec des intérêts, une vision, et une structure. Le discours prononcé par Poutine le 10 février 2007 à la 43e Conférence sur la sécurité à Munich, ainsi que son dernier article, montrent que la Russie n’est plus le pays que l’Occident a sauvagement violé après avoir démantelé l’Union soviétique. Elle fait partie maintenant de l’union du BRICS, bien décidée à l’établissement de nouvelles relations internationales. Dans cette union, beaucoup de peuples voient la libération du joug du monde unipolaire, la sortie du chaos, et du déni du droit humain et international. Nous lisons l’espoir dans l’appel de Theodorakis qui indique la Russie pour sortir de la crise. Son appel « La vérité sur la Grèce » [6] dénonce la stratégie dessinée par Zbigniew Brzeziński : « Ce n’est plus l’État-nation qui fait le progrès mais les banques. » Il faut reformuler cette expression autrement : ce sont les banques et la guerre qui fabriquent la misère des peuples et qui tuent les identités nationales. En témoigne la parole de Sarkozy à la délégation du Conseil de transition Libyen : « Nous devons apprendre au peuple grec à vivre ». Les banques occidentales non seulement dépouillent les peuples, mais elles les humilient. Que n’avions nous pas découvert plus tôt que la Russie, la Chine, l’Iran le Brésil, l’Afrique du Sud, et l’Amérique Latine, sont des espaces humains et économiques, remplaçant l’Occident !
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    Les toits de Damas, une église et une mosquée, se côtoient paisiblement dans le crépuscule
    Le sang des victimes avec lequel les Libyens d’Al-Qaïda ont écrit sur le mur de la famille assassinée, « de Misrata nous sommes venus pour libérer la Syrie », et les décombres de Baba Amro -là où les services secrets français et britanniques ont dirigé la guerre- dessinent un tableau réunissant Al-Qaïda, les cheikhs despotiques du pétrole (qui interdisent à la femme de conduire), les bandes de mercenaires, les dirigeants occidentaux, les services secrets occidentaux, les régimes coupeurs de têtes saoudiens, et l’opportuniste qatari. Un tableau très significatif, qui ne permet pas à ceux-là de donner aux Syriens des leçons sur les droits de l’Homme ou sur la démocratie ! Mais qui impose de juger les dirigeants de l’Occident et du Golfe qui ont planifié et financé les crimes en Syrie !
    Dr Nadia KHOST | Damas, 11 mars 2012
    Article publié initialement par silviacattori.net [Traduit de l’arabe par Anis El ABED]

    Dr Nadia Khost, écrivaine syrienne — auteur de nombreux ouvrages, d’essais, et de nouvelles portant sur l’histoire, l’architecture, la conservation et la protection du patrimoine de la Civilisation Arabe — vit à Damas.
    Notes :
    [1] Le général soudanais Mohamed Ahmed Moustapha al-Dabi était le chef de la mission d’observation de la Ligue arabe en Syrie.
    [2] Le Général Frenand Olive, dit Oliva-Roget, a bombardé Damas sous mandat français, le 29 mai 1945.
    [3] « Lettre ouverte à Alain Juppé sur la Syrie », d’Yves-Marie Laulan, 10 février 2012.
    http://www.laulan.fr/2012/lettre-ouverte-a-alain-juppe-sur-la-syrie
    [4] Plus de 3000 soldats et officiers tués.
    [5] Le Conseil national syrien (CNS) demande l’intervention étrangère et des armes. Créé en août, il a été lancé début octobre 2011 à Istanbul. Il est censé coordonner les opposants et leurs actions contre Bachar el-Assad, aussi bien en Syrie que dans des pays tiers. Le CNS a tout de suite était reconnu par Sarkozy, puis Cameron et Obama.
    [6] http://www.silviacattori.net/article2870.html
    (*) Voir l’article précédent : http://arretsurinfo.ch/la-syrie-sous-le-feu-des-grands-reporters-aux-ordres
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    François Hollande et Laurent Fabius reçoivent les (faux) amis de la Syrie à l’Elisée
    Source : http://www.silviacattori.net/article2975.html
    URL de cet article : http://arretsurinfo.ch/qui-est-responsable-des-crimes-en-syrie

    • https://assawra.blogspot.fr/2017/09/syrie-assad-nest-pas-la-solution-selon.html?m=1
      Syrie : Assad n’est pas la solution, selon Paris
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      Des portraits de Bachar al-Assad portés par des militants de l’ONG Reporters sans frontières le 3 mai 2013 à Paris (afp)

      La paix en Syrie ne peut pas se construire avec le président Bachar al-Assad, a estimé vendredi la France, qui tente de reprendre l’initiative sur le dossier syrien en créant un « groupe de contact » aux contours encore flous.
      Le président Bachar al-Assad « ne peut pas être la solution en Syrie » et la transition « ne va pas se faire avec lui », a estimé le chef de la diplomatie française Jean-Yves Le Drian sur la radio privée RTL. « On ne peut pas construire la paix avec Assad », a-t-il dit, dans des déclarations s’inscrivant dans la ligne traditionnelle de Paris.
      Ces propos, que n’auraient pas reniés ses prédécesseurs, interviennent après que le président français Emmanuel Macron eut affirmé peu après son arrivée au pouvoir avoir fait un « aggiornamento » sur la Syrie. En juin, M. Macron avait affirmé qu’il ne voyait pas de « successeur légitime » à Bachar al-Assad, choquant l’opposition syrienne dont Paris était un des principaux soutiens depuis le début de la guerre en 2011.
      M. Macron a réaffirmé à maintes reprises que la lutte contre le terrorisme était sa priorité en Syrie, et qu’il ne faisait pas du départ d’Assad un préalable à toute négociation. Ce virage avait en réalité été pris sous la présidence de François Hollande, après les attentats de Paris en 2015, préparés depuis la Syrie.
      M. Macron, qui veut faire « revenir la France dans le jeu » et revendique un dialogue « pragmatique » avec la Russie, alliée de Damas, pour avancer sur le dossier syrien, a également annoncé au début de l’été la création d’un nouveau « groupe de contact » pour relancer le processus de paix au point mort.
      « La solution, c’est de trouver avec l’ensemble des acteurs un calendrier de transition politique qui permettra d’aboutir à une nouvelle constitution et des élections », a précisé son chef de la diplomatie sur RTL.
      Une feuille de route pour la transition en Syrie a été adoptée par le Conseil de sécurité de l’ONU fin 2015, et c’est sur cette base que des négociations ont été lancées en 2016 à Genève entre le régime et l’opposition syrienne, sans aucune avancée pour le moment.
      Depuis l’annonce de son initiative, Paris est resté très évasif sur la composition du groupe de contact, et notamment sur le fait de savoir si l’Iran, soutien majeur du régime syrien, en ferait partie.
      « Sans l’Iran, autant aller au cinéma », résume une source diplomatique. « Mais en même temps, l’Iran est un chiffon rouge pour l’Amérique de Trump ».
      Selon une autre source diplomatique, ce groupe de contact s’organiserait en fait autour du « P5 » (les cinq membres permanents du Conseil de sécurité) et associerait les puissances régionales dans « plusieurs formats de discussion ».
      Depuis 2011, de nombreux groupes, de nombreux formats ont été constitués pour tenter de résoudre le conflit. En 2015, un Groupe international de soutien à la Syrie (GISS) avait été constitué et pour la première fois il regroupait tous les protagonistes du dossier, dont l’Iran.
      Le groupe s’était délité après l’offensive meurtrière du régime et de son allié russe pour reprendre Alep fin 2016.
      Le conflit en Syrie a fait plus de 320.000 morts et des millions de réfugiés.
      Publié il y a Yesterday par Assawra
      Libellés : France Syrie

    • http://www.fr.awdnews.com/index/nom-de-lutte-contre-terrorismeles-etats-unis-ont-lintention-de-saisir-pe

      Au nom de la lutte contre le terrorisme,les Etats-Unis ont l’intention de saisir le pétrole syrien
      1 septembre 2017
      http://www.fr.awdnews.com/index/wp-content/uploads/2017/09/ob_750ccc_petrole.jpg

      Alors que l’Armée arabe syrienne (AAS) progresse vers Deir Ezzor, les Forces démocratiques syriennes soutenues par les États-Unis (FDS), composées pour la plupart de Kurdes syriens, ont commencé à préparer une offensive militaire sur la ville syrienne afin d’empêcher les forces gouvernementales de rétablir le contrôle militaire sur ce territoire riche en pétrole.

      Malgré toutes les promesses selon lesquelles les États-Unis n’ont pas l’intention d’étendre leur présence en Syrie après la défaite de l’EI, Washington continue d’augmenter le nombre de militaires étatsuniens et d’établir de nouvelles bases en Syrie.

      Hier, Gulf News a rapporté que la coalition dirigée par les États-Unis avait déposé une équipe d’élite dans l’est de la province de Deir Ezzor. Selon de nombreux experts, son objectif premier est de recueillir des renseignements et de préparer le terrain pour l’offensive des FDS à Deir Ezzor.

      Ahmed Abu Khawla, un représentant des FDS, en est la preuve. Khawla a déclaré que les FDS pourraient commencer leur assaut sur Deir Ezzor « dans quelques semaines » en parallèle avec une bataille continue pour la ville voisine de Raqqa. M. Khawla a également ajouté que tous les plans militaires étaient tout à fait prêts.

      D’ailleurs, selon des sources proches des FDS, les forces soutenues par les Etats-Unis ont l’intention de mener l’assaut à partir de la province d’Al-Hasakah, où les troupes des forces spéciales étatsuniennes sont placées.

      Considérant que les États-Unis et la coalition ont illégalement envahi le territoire syrien, il n’ y a qu’un seul moyen pour Washington de rester en Syrie – d’établir un contrôle total sur Deir Ezzor. Dans ce cas-ci, les États-Unis sont aidés par les Kurdes, qui sont également intéressés à s’emparer des champs de pétrole.

      A son tour, Talal Silo, porte-parole des FDS, a déclaré que Washington avait « une politique stratégique pour les décennies à venir ».

      De toute évidence, il est peu probable que les actions étatsuniennes en Syrie soient limitées à la lutte contre l’EI. Peut-être, il ne s’agit-il que d’une partie du plan de destruction des infrastructures urbaines et de renversement du gouvernement d’Assad en Syrie. Il est maintenant extrêmement important pour l’AAS de ne pas laisser les forces soutenues par les Etats-Unis prendre l’initiative à Deir Ezzor. L’avenir du pays et de l’équation géopolitique stratégique dépendra de qui contrôlera la région stratégique de la Syrie riche en pétrole.

    • Réalité ou mystification ? NRobin
      http://www.lepoint.fr/monde/attaque-chimique-en-syrie-le-rapport-qui-derange-19-02-2014-1793755_24.php
      http://www.lepoint.fr/images/2014/02/19/syrie-armes-chimiques-rapport-mit-attaque-ghouta-b-2441988-jpg_2097230_660x281.JPG
      Actualité International
      Attaque chimique en Syrie : le rapport qui dérange
      Une étude du prestigieux MIT affirme que le massacre chimique d’août 2013 a été perpétré depuis une zone rebelle, contredisant les affirmations occidentales.
      PAR ARMIN AREFI
      Modifié le 19/02/2014 à 14:25 - Publié le 19/02/2014 à 13:19 | Le Point.fr
      Lancement d’un missile lors de manoeuvres de l’armée syrienne, le 9 juillet 2012. Photo d’illustration.
      Lancement d’un missile lors de manoeuvres de l’armée syrienne, le 9 juillet 2012. Photo d’illustration. © AFP/ Sana
      L’incident est passé relativement inaperçu. Le 4 février dernier, le chef de la diplomatie française Laurent Fabius est invité par l’école de commerce Essec à s’exprimer sur le dossier syrien. Lors de la séance de questions, un jeune homme se présentant comme journaliste indépendant pour l’Agence Info libre interroge le ministre sur un rapport du Massachusetts Institute of Technology (MIT) selon lequel, affirme le journaliste, « Bachar el-Assad ne serait pas à l’origine de l’attaque chimique de la Ghouta », survenue le 21 août dernier dans cette banlieue de Damas, faisant des centaines de morts, dont de nombreux civils.
      « Pouvez-vous aujourd’hui devant cette assemblée reconnaître que vous vous êtes trompés sur cette situation et présenter vos excuses ? » demande alors le jeune homme. « Certainement pas », répond Laurent Fabius. L’auditoire s’esclaffe de rire. « Il y a eu une enquête des Nations unies qui ont diligenté beaucoup d’experts et qui ont établi de la façon la plus ferme qu’il y avait eu un massacre chimique (...) qui trouvait son origine dans les gens du régime », souligne le ministre des Affaires étrangères.
      « Mensonges » de Fabius
      Très vite, la vidéo de la scène se répand comme trainée de poudre sur la Toile, présentée comme la « question qui tue d’un journaliste courageux à Laurent Fabius », accusé de « mentir » sur l’attaque au gaz attribuée à Bachar el-Assad. Ces accusations ne sont pas tout à fait sans fondement. Car si le rapport final de l’ONU sur l’attaque, remis le 12 décembre dernier, confirme l’existence de « preuves flagrantes et convaincantes de l’utilisation d’armes chimiques contre des civils, dont des enfants », dans la région de la Ghouta, il n’accuse nullement le régime syrien, encore moins les rebelles, les inspecteurs onusiens n’étant pas mandatés pour le faire.
      Bachar el-Assad est en revanche incriminé par deux synthèses des services de renseignements américains et français, publiées respectivement le 30 août et le 3 septembre 2013, pour ainsi justifier publiquement des frappes occidentales à venir. « La simultanéité de l’attaque, dans des endroits différents, réclame un savoir-faire tactique indéniable que seul le régime syrien possède », assure encore aujourd’hui Olivier Lepick, spécialiste des armes chimiques à la Fondation pour la recherche stratégique.


  • Imposantes manifestations à Francfort en soutien à la Syrie et à Assad. Info made in Germany
    N Robin

    http://m.fr.de/frankfurt/weltfriedenstag-solidaritaet-mit-assad-a-1341353
    http://static2.fr.de/storage/image/7/9/3/4/994397_208x156_1pFumm_pZ4DtK.jpg
    © Michael Schick, FR
    WeltfriedenstagFrankfurt
    Solidarität mit Assad

    Eine Demo des SKFS anlässlich des Weltfriedenstags unterstützt den syrischen Diktator Baschar al-Assad.
    Von Marie-Sophie Adeoso
    30.08.201711:14

    Zu einer Demonstration anlässlich des Weltfriedenstags am 1. September ruft auch das Frankfurter Solidaritätskomitee für Syrien (SKFS) für Samstag, 2. September, auf. Dabei schlägt sich das Bündnis allerdings klar auf die Seite des syrischen Machthabers Baschar al-Assad. Unter dem Motto „Syrien erkämpft den Sieg!“ wollen die Veranstalter sich „gegen Nato, Islamischen Staat, Zionisten und Golfmonarchen“ positionieren.

    In seinem Demoaufruf behauptet das Bündnis unter anderem, das syrische Volk stehe „hinter dem Präsidenten Dr. Baschar al Assad zusammengeschlossen“ und wendet sich gegen jegliche westliche Einmischung in den Konflikt. Die Beteiligung an Militäroperationen auf syrischem Gebiet, Wirtschaftssanktionen und diplomatischer Boykott erfüllten „den Tatbestand der völkerrechtswidrigen Aggression“.
    In den vergangenen Jahren hatte das SKFS bereits mehrfach zu Demonstrationen in Frankfurt aufgerufen, wobei es am Rande teilweise zu Auseinandersetzungen mit Gegnern der syrischen Regierung kam. Die Auftaktkundgebung am kommenden Samstag ist für 13 Uhr vor der Alten Oper angesetzt, die Schlusskundgebung soll gegen 17 Uhr am Römer enden.




  • Europe must not buy what Israel is selling to combat terror
    Israel has managed to turn 50 years of Palestinian resistance to occupation into a cottage industry, and is now selling the concept of a police state to the world

    Jeff Halper Aug 20, 2017
    read more: http://www.haaretz.com/opinion/.premium-1.807941

    Whenever a terrorist attack happens such as the one last week in Barcelona, Israel politicians and security “experts” get on TV to criticize European naïvité. If only they understood terrorism as we do and took the preventive measures we do, they say, they would suffer far less attacks. Most infamous in this regard were the remarks of Israeli Intelligence Minister Yisrael Katz after the Brussels bombing in March 2016, in which 34 people died.
    Rather than convey his condolences in the name of the Israeli government, he scolded the Belgians in the most patronizing way possible. “If in Belgium they continue to eat chocolate, enjoy life and parade as great liberals and democrats while not taking account of the fact that some of the Muslims who are there are organizing acts of terror,” he pronounced, “they will not be able to fight against them.”
    The Belgians reacted angrily, and asserted the position of most European governments: While we will continue to be vigilant and take the necessary precautions, we are not going to forsake our freedoms and political openness to become copies of Israel. For they understand that Netanyahu’s government is peddling something far more insidious than mere precautions – even more than the weapons, surveillance and security systems and models of population control that is the bread-and-butter of Israeli exports. What Israel is urging onto the Europeans – and Americans, Canadians, Indians, Mexicans, Australians and anyone else who will listen – is nothing less than an entirely new concept of a state, the Security State. 
    What is a Security State? Essentially, it is a state that places security above all else, certainly above democracy, due process of law and human rights, all of which it considers “liberal luxuries” in a world awash in terrorism. Israel presents itself, no less, than the model for countries of the future. You Europeans and others should not be criticizing us, say Katz and Netanyahu, you should be imitating us. For look at what we have done. We have created a vibrant democracy from the Mediterranean to the Jordan River that provides its citizens with a flourishing economy and personal security – even though half the population of that country are terrorists (i.e., non-citizen Palestinians living in isolated enclaves of the country). If we can achieve that, imagine what we can offer those of you threatened by terrorist attacks?
    In a brilliant shift in imaging, Israel has managed to turn 50 years of Palestinian resistance to occupation into a cottage industry. By labeling it “terrorism,” it has not only delegitimized the Palestinian struggle but has transformed the occupied territories in a laboratory of counterinsurgency and population control, the cutting edges of both foreign wars and domestic repression. It has transformed tactics of control and their accompanying weapons of surveillance systems into marketable products. No wonder, as Netanyahu constantly reminds us, “the world” loves Israel. From China to Saudi Arabia, from India to Mexico, from Eritrea to Kazakhstan, Israel supplies the means by which repressive regimes control their restless peoples.

    #Europe #Israel #terror

    https://seenthis.net/messages/623383 via Nouvelles d’Orient


  • Publié le 18-08-2017 • Modifié le 19-08-2017 à 11:14

    Syrie : importante victoire de l’armée sur le groupe EI dans le désert

    par RFI un
    http://m.rfi.fr/moyen-orient/20170818-syrie-importante-victoire-armee-le-groupe-ei-le-desert?ref=fb

    http://www.masralarabia.com/images/news/72ecd676f820b96870e92368e9bfd18f.jpg
    Un membre des forces armées syriennes sécurise une route près de la frontière avec l’Irak, en mai 2017 (photo d’illustration). STRINGER / AFP

    L’armée syrienne et ses alliés, soutenus par l’aviation russe, ont remporté une importante victoire face au groupe jihadiste Etat islamique en l’encerclant presque totalement dans des régions désertiques du centre du pays.

    Avec notre correspondant à Beyrouth, Paul Khalifeh

    Vingt-cinq kilomètres seulement séparent les troupes gouvernementales syriennes en provenance de la province de Raqqa, au Nord, et celles qui avancent aux confins de la province centrale de Homs. Leur jonction permettra d’encercler, dans un territoire de 8 000 kilomètres carrés, des milliers de jihadistes, privés de voies de ravitaillement.

    Pour échapper au chaudron qui est train de se refermer, des convois de blindés et de pick-up du groupe Etat islamique tentent d’emprunter l’étroit couloir qui mène encore à la province orientale de Deir Ezzor. Les avions russes et syriens qui surveillent le passage en permanence ont détruit plusieurs colonnes motorisées de jihadistes, selon des sources de l’opposition et du régime.

    L’armée syrienne a déployé plusieurs divisions, des unités du Hezbollah et des milices tribales dans la bataille du désert qui fait rage depuis mai. Elle a repris, en trois mois, près de la moitié des 90 000 km2 de zones désertiques, qui s’étendent jusqu’à la frontière avec l’Irak, à l’Est, et avec la Jordanie, au Sud.

    Le nettoyage de la poche à cheval entre les provinces centrales de Hama et de Homs permettra aux troupes gouvernementales d’aller à la reconquête de Deir Ezzor, le dernier fief du groupe Etat islamique en Syrie.

    ► à lire aussi : Le chef de l’armée libanaise lance une offensive contre le groupe EI
    http://m.rfi.fr/moyen-orient/20170819-armee-liban-offensive-ei-etat-islamique-ras-baalbeck


  • Bravo à l’UJFP. NRobin

    http://www.ujfp.org/spip.php?article5805

    Il y a 75 ans comme aujourd’hui, la solidarité est toujours un délit !
    dimanche 20 août 2017
    Souvenons-nous. En pleine seconde guerre mondiale, les nazis, le régime de Vichy, sa police et ses milices traquaient les Juifs, l’arrestation précédant le plus souvent l’extermination. Les enfants n’étaient pas épargnés. Au péril de leurs vies, des milliers de gens simples se sont opposés à la loi pour les aider, les cacher ou tout simplement n’ont rien dit.

    Leur crime est aujourd’hui reconnu et célébré. À quoi bon ? Le temps des traques, des camps et des rafles est toujours là.

    Des migrants arrivent en Europe fuyant la famine, les guerres, les dictatures, le racisme, la misère… Ils se tournent vers l’Occident qui, avec les guerres menées en Afghanistan, en Irak ou en Libye, avec la mondialisation libérale et le dérèglement climatique, en est largement responsable.

    Et au lieu de les accueillir, que fait la France ?
    Elle a fermé ses frontières. Elle a décidé de violer ses propres lois : le droit d’asile et la protection des mineurs.

    Depuis toujours, l’UJFP a affirmé son soutien aux Sans Papiers et aux migrants. Elle a signé l’appel des Délinquants solidaires et est engagée aux côtés de toutes celles et ceux qui, de Calais à la vallée de la Roya, à Vintimille ou à Nice, se battent quotidiennement contre l’insupportable : depuis le rétablissement de la frontière il y a deux ans, on en est à 18 morts connus (sans compter les disparus). Elle a été présente lors des procès honteux intentés contre Cédric Herrou et Pierre-Alain Mannoni. Elle salue ces solidaires et leurs avocats.

    Au mois d’avril 2017, le « Manifeste des enfants cachés » (signé par 70 personnes) établissait le lien entre Délinquants d’hier et aujourd’hui : « sans la solidarité des délinquants, nous ne serions pas là ».

    Le 16 août, une quinzaine de migrants et une trentaine de solidaires se sont retrouvés devant la gendarmerie de Breil-sur-Roya. Le but ? Les Alpes-Maritimes sont devenues une zone de non-droit. Les autorités violent délibérément la loi en empêchant les demandeurs d’asile et les mineurs de se déclarer. Il s’agissait de demander aux gendarmes de le faire.

    Parmi les solidaires présents, 6 membres de l’UJFP (les âges allant de 60 à 85 ans) étaient là avec 4 calicots affichant publiquement les identités et rappelant le passé : enfants cachés, parent de disparu ou de résistant déporté.

    Devant le refus (sur ordre) de la gendarmerie, un convoi de voitures est parti pour Nice. Il a dû franchir un véritable check-point à Sospel.
    Les demandeurs d’asile majeurs ont pu (difficilement) être enregistrés à Nice. Les mineurs sont partis à Marseille avec les membres de l’UJFP. Là, ils ont pu être enregistrés, mais rien n’est réglé. Il y a entre 60 et 160 enfants migrants dans les rues de Marseille et le département n’a que 21 places d’hébergement ! Pour ces enfants très jeunes qui ont connu parfois deux ans d’errance, d’emprisonnement, de sévices et qui sont passés très près de la mort, la France offre de vivre à la rue sans grand espoir.

    Répétons-le. Hier comme aujourd’hui, il y a toujours le choix entre la complicité avec l’innommable ou la solidarité. L’UJFP est et restera aux côtés des migrants.

    Bureau national de l’UJFP le 19-08-2017


  • https://www.youtube.com/watch?v=NxeAnM8J-S4


    http://www.programme-tv.com/television/375195423/hitler-et-paris.html
    20:50Vendredi 18 août RMC DECOUVERTE
    Hitler et Paris
    Documentaire (2017)
    Au lendemain de la défaite de la France contre l’Allemagne nazie, le 23 juin 1940, Adolf Hitler effectue une visite éclair à Paris, ville qu’il a toujours rêvé de découvrir en tant que simple touriste. En effet, la Ville Lumière, épargnée par les pires ravages de la guerre, va pendant la domination nazie, bénéficier d’un régime particulier. Totalement fasciné, Hitler est très attentif de ce qui s’y passe pendant cette période et exige que la ville demeure LA grande capitale culturelle et divertissante d’Europe. Hitler, l’architecte raté, adore les grands axes haussmanniens, les coupoles dorées, l’Arc de Triomphe ou l’Opéra dont il connaît par coeur les plans

    http://rmcdecouverte.bfmtv.com/mediaplayer-replay/?id=17476&title=HITLER%20ET%20PARIS%2CHISTOIRE%20D%27UNE%20FASC
    Disponible jusqu’au samedi 26 août 00H00
    Au lendemain de la défaite de la France contre l’Allemagne nazie, le 23 juin 1940, Adolf Hitler effectue une visite éclair à Paris, ville qu’il a toujours rêvé de découvrir en tant que simple touriste. En effet, la ville lumière, épargnée par les pires ravages de la guerre, va pendant la domination nazie, bénéficier d´un régime particulier. Totalement fasciné, Hitler est très attentif de ce qui s´y passe pendant cette période et exige que la ville demeure LA grande capitale culturelle et divertissante d’Europe. Hitler, l’architecte raté, adore les grands axes haussmanniens, les coupoles dorées, l’Arc de Triomphe ou l’Opéra dont il connait par coeur les plans. Le 23 août 1944, furieux de voir « sa plus belle conquête » sur le point de lui échapper, le Führer donne l´ordre de raser Paris. En s´appuyant sur la richesse des images de cette visite parisienne, ce documentaire révèle une vision contrastrée du dictateur entre fascination et répulsion, avec ce Paris occupé.


    • https://www.youtube.com/watch?v=ysgc7LnoFCA


      Méditerranée : Les batailles du gaz - Le dessous des cartes - 03.05.14 (Arte)
      Ajoutée le 11 déc. 2016
      La récente découverte d’importants gisements de gaz en Méditerranée orientale attise les appétits des pays riverains et exacerbent les rivalités. Le Dessous des Cartes étudie cette semaine les conséquences politiques et économiques de ces découvertes, qui pourraient faire de la Méditerranée le nouvel Eldorado du gaz.

    • http://www.chroniquesdugrandjeu.com/2017/06/pipelineistan-en-mouvement.html
      Pipelineistan en mouvement - Chroniques du Grand jeu
      https://img.over-blog-kiwi.com/1/66/96/30/20170615/ob_7ae0b0_pipe-woman-copy-2.jpg
      Si plusieurs cases du continent-monde sont en ébullition, le Grand jeu énergético-eurasien - affectueusement nommé Guerre froide 2.0 du côté de Washington - n’est pas en reste. Le Pipelineistan est en mouvement aux quatre coins de l’échiquier, affaiblissant toujours un peu plus la main de l’empire.

      Et si quelqu’un doutait encore que les Américains tentèrent, tentent et tenteront de torpiller l’intégration de l’Eurasie et d’isoler énergétiquement la Russie, une membre du comité des Affaires étrangères du Congrès a rappelé fin mai les fondamentaux de la politique étrangère de son pays :

      Les Etats-Unis devraient agir contre le projet russe de gazoduc afin de soutenir la sécurité énergétique de l’Union européenne [défense de rire ; qui eut cru que la novlangue pouvait être amusante ?]L’administration Obama et l’UE ont travaillé contre le Nord Stream II (...) L’administration Obama a fait de la sécurité énergétique européenne une question de haute priorité de la politique étrangère américaine. L’administration Trump serait bien avisée de continuer sur cette voie.

      Oh l’admission... Le fidèle lecteur du blog ne sera, quant à lui, évidemment pas surpris de ce que le système impérial se mêle d’un pipeline à 10 000 km de ses frontières et qui ne le concerne aucunement.

      L’on sent par contre la sénatrice quelque peu désappointée par rapport au nouveau président, guère atteint semble-t-il de russophobie aiguë et moins intéressé à la division de l’Eurasie que ses prédécesseurs. De fait, le "parapluie" de la pax americana sur l’Europe commence à fuiter et des discussions que l’on croyait définitivement enterrées reviennent sur le tapis.

      C’est le cas du défunt South Stream. Russes, Hongrois et Serbes recommencent à évoquer le projet, mais sur une plus petite échelle. L’Autriche aussi. De même la Bulgarie, qui avait tué le projet après la visite "amicale" de McCainistan, semble de nouveau intéressée, surtout depuis qu’un président pro-russe a été élu en novembre dernier. Vojislav Vuletic, le patron de l’agence serbe de gaz le déclare sans ambages : "Tout indique que l’Europe se libère des Etats-Unis, ce qui rendra possible le South Stream".

      Diantre, quel aveu là aussi. On parie que la MSN même spécialisée n’en pipera mot ? L’ami Vojislav est peut-être un peu optimiste mais il est évident que, ici comme ailleurs, le reflux impérial laisse au jour des possibilités encore insoupçonnables il y a peu. Si les euronouilles vassales préfèrent encore s’accrocher aux inepties d’usage - témoin cette invraisemblable fanfaronnade du commissaire européen à l’énergie ("le transfert du gaz caspien sur le marché européen devient une réalité") simplement parce que l’Azerbaïdjan, le Turkménistan, l’UE et la Turquie ont créé un groupe de travail sur la question, alors que le premier n’a pas de gaz et que le second ne pourra jamais le faire passer -, le principe de réalité finira par s’imposer.

      Et la réalité est que la demande européenne d’or bleu ne cesse de croître, ce qui fait dire à Gazprom, avec assez de pertinence d’ailleurs, que le Nord Stream II et le Turk Stream ne suffiront même pas à combler la demande grandissante du Vieux continent. Histoire de convaincre de la nécessité d’un nouveau tube (South Stream ou Turk Stream II) ? Pas impossible... Nous avions annoncé quelque chose de similaire il y a deux ans.

      Notons d’ailleurs que le tracé prévu du Turk Stream laisse la porte ouverte (flèche noire) à une petite poussée vers l’euroland si Bruxelles se décide enfin à guérir de son légendaire masochisme...
      https://img.over-blog-kiwi.com/1/66/96/30/20170615/ob_d5cf07_map-tur-potok-e2017-05-05-1.png
      Est-ce un hasard si le Sénat américain, garant du système impérial maintenant que la Maison blanche "est passée à l’ennemi", a voté un nouveau train de sanctions contre Moscou susceptibles de toucher les sociétés européennes participant aux projets gaziers russes ?

      L’Allemagne et l’Autriche ont dénoncé jeudi le vote par le Sénat américain d’un nouveau train de sanctions contre Moscou. Berlin et Vienne relèvent que ces mesures punitives, si elles aboutissent, exposeraient les sociétés européennes impliquées dans des projets énergétiques en Russie, dont le gazoduc Nord Stream 2, à des amendes pour infraction à la loi des Etats-Unis.

      Les sénateurs américains ont approuvé mercredi à la quasi-unanimité, par 97 voix contre deux, un amendement visant à punir la Russie pour son ingérence présumée dans la campagne électorale américaine de 2016, ainsi que l’annexion par Moscou de la Crimée en 2014 et son soutien au gouvernement syrien.

      L’amendement fait partie d’un texte de loi sur des sanctions à l’encontre de l’Iran, qui a lui-même été adopté jeudi par 98 voix contre deux, celles du républicain Rand Paul et de Bernie Sanders, rattaché au groupe démocrate.

      Le projet doit encore être approuvé par la Chambre des représentants et promulgué par le président Donald Trump.

      Dans un communiqué commun, le chef de la diplomatie allemande, Sigmar Gabriel, et le chancelier autrichien, Christian Kern, dénoncent une décision qui, disent-ils, menacera les livraisons de gaz russe à l’Europe.

      "Les sanctions politiques ne devraient pas être liées à l’intérêt économique", déclarent les deux hommes. "Menacer des entreprises en Allemagne, en Autriche et d’autres sociétés européennes d’amendes aux Etats-Unis si elles participent à des projets énergétiques comme Nord Stream 2 représente une nouvelle dimension négative dans les relations entre les Etats-Unis et l’Europe", ajoutent-ils. Ils ont dit soutenir les efforts du département d’Etat américain pour modifier ces sanctions.

      Les partenaires ouest-européens du géant gazier russe Gazprom ont conclu en avril un accord sur le financement du projet de gazoduc russe de 9,5 milliards d’euros. Lors d’une cérémonie de signature à Paris, Uniper, Wintershall BASF, Shell, OMV et Engie ont accepté de financer chacun 10% du coût du projet, soit 950 millions d’euros par entreprise. Gazprom apportera pour sa part l’autre moitié du financement de ce gazoduc, qui doit passer sous la mer Baltique et entrera en activité en 2019.

      Plusieurs remarques :

      Le département d’Etat tente d’alléger ce projet de sanctions qui doit encore passer devant la Chambre des représentants et la Maison blanche. Rien n’est donc fait.
      On retrouve l’opposition anti-système (Sanders, Paul...) des deux bords. A la Chambre des représentants, la délicieuse Tulsi fera sûrement entendre sa voix.
      Malgré son hypocrisie (les euronouilles ne protestaient pas ainsi quand Obama décidait de sanctionner à la chaîne), la réaction de Berlin et de Vienne est fort intéressante. On avait connu Frau Milka plus vindicative, la voilà soudain transformée en douce colombe aimante se lamentant de ne pouvoir commercer librement avec la Russie...

      A l’autre bout de l’Eurasie, la case nord-est de l’échiquier devient chaque jour plus importante. Nous l’avions déjà succinctement évoqué :

      Quant à l’oléoduc Skorovodino-Daqing (en vert sur la carte suivante) inauguré en 2011, il a vu passer depuis sa naissance 100 millions de tonnes, soit environ 400 000 barils par jour. Il fait partie de l’énorme complexe ESPO (East Siberia-Pacific Ocean) qui pourrait bientôt redessiner la carte énergétique de l’Asie orientale avec ses tentacules vers les Corées et le Japon, d’autant que la source a de beaux jours devant elle.
      https://img.over-blog-kiwi.com/1/66/96/30/20170615/ob_ac79e2_ob-643b1f-espo.jpg
      Au passage, relevons l’importance stratégique absolument majeure qu’est en train d’acquérir l’Asie du Nord-est, point sur lequel nous reviendrons prochainement.

      Promis, promis... En attendant, parallèlement au réseau d’oléoducs qui veinure déjà la région, Gazprom considère la possibilité de construire un gazoduc vers le Japon. Nul doute qu’il se rattachera à l’ensemble titanesque du Force de Sibérie qui avance bon train vers la Chine. L’ours et le dragon commencent d’ailleurs à tenir des discussions plus spécifiques sur l’agenda des livraisons d’or bleu qui devraient commencer en 2019. Tiens, tiens, l’année même où le Nord Stream II devrait entrer en fonction...

      Russie >>> Europe (Nord Stream I et II, Turk Stream et ses variantes), Russie >>> Chine (Force de Sibérie, Altaï pour l’instant en suspens), Russie >>> Japon éventuellement. Et peut-être même Russie >>> Inde finalement ? C’est en tout cas ce qu’a déclaré le ministre de l’énergie, le toujours flegmatique Novak. Il y aurait pourtant de quoi perdre son calme : l’Eurasie dans son ensemble irriguée par les hydrocarbures russes, marginalisant définitivement l’empire américain. Le cauchemar de la paire Mackinder-Spykman et de Dr Zbig qui vient de les rejoindre.

      Ceci dit, en ce qui concerne spécifiquement ce projet indo-russe, cela reste encore très flou et pour cause. Les défis géographiques (Pamir, Himalaya) ou géopolitiques (Pakistan, Chine) seraient colossaux :
      https://img.over-blog-kiwi.com/1/66/96/30/20170615/ob_9314ef_ob-3748e5-eurasia.jpg
      Mais c’est peut-être justement à ça que sert l’Organisation de Coopération de Shanghai où l’Inde et le Pakistan viennent de faire leur entrée. Dialoguer, apaiser les relations, gommer peu à peu les points de friction...

      Qu’en est-il du cousin de l’or bleu ? Si le pétrole russe devrait bientôt voguer vers l’Ouzbékistan (les deux pays coopèrent d’ailleurs déjà dans le domaine gazier) via le Kazakhstan, resserrant encore un peu plus les liens eurasiatiques, la grande nouvelle du mois a été la signature d’un accord entre Moscou et le Gouvernement régional du Kurdistan (GRK) irakien :

      Dans le cadre du Forum économique international de Saint-Pétersbourg, Rosneft, le géant pétrolier russe, a déclaré avoir signé des accords avec le gouvernement régional du Kurdistan irakien. Ces derniers lui donnent accès à un important système de transport régional de pétrole, d’une capacité de transit de 700 000 barils par jour (bpj). D’ici la fin de l’année 2017, cette capacité devrait s’étendre à plus d’un million de bpj.

      Ces accords ont été conclus par le PDG de Rosneft, Igor Setchine, et le ministre des Ressources naturelles du gouvernement régional du Kurdistan, Ashti Hawramijuste, juste avant une réunion entre le président russe, Vladimir Poutine, et le Premier ministre du Kurdistan irakien, Nechirvan Barzani.

      D’après ces accords, l’entreprise russe aura accès à « l’une des régions les plus prometteuses du marché énergétique mondial actuellement en développement avec des réserves récupérables attendues de l’ordre de 45 milliards de barils de pétrole et de 5,66 trillions de mètres cubes de gaz [selon l’estimation du ministère des Ressources naturelles de la région du Kurdistan] », a déclaré Rosneft.

      « Ce contrat important offre des conditions favorables pour Rosneft. En conséquence, nous avons accès à un vaste pipeline qui s’étend du Kurdistan à la Turquie. C’est un contrat établi pour une durée de 20 ans », a confié à RT le porte-parole de Rosneft, Mikhaïl Leontiev.

      « C’est un investissement stratégique dans l’une des régions du monde les plus développées stratégiquement. D’autres investisseurs, notamment américains, voudraient avoir accès à la région. Le Kurdistan est très prometteur en termes de production pétrolière et veut diversifier sa production », a-t-il ajouté.

      Cette nouvelle, dernier exemple de l’influence fortement grandissante de la Russie au Moyen-Orient depuis l’intervention syrienne, a fait l’effet d’un coup de tonnerre aux ramifications géopolitiques importantes. L’irruption de Rosneft, qui achètera désormais du pétrole kurde pour le transporter via le pipeline puis le raffiner en Allemagne, dans le pré carré des Turcs et des Américains est intéressante à plus d’un titre.

      Pour le GRK, c’est un boost certain dans l’optique du référendum sur l’indépendance proposé le 25 septembre et que, sans surprise, tous les Etats de la région critiquent vertement. C’est aussi ne pas mettre tous ses barils dans le même panier et devenir moins dépendant d’Ankara et de Washington, toujours appréciable quand on est pris dans le complexe maelstrom moyen-oriental...

      Du côté russe, c’est certes un coup magnifique mais l’on peut tout de même s’interroger sur cette relative "trahison" vis-à-vis de Bagdad. Le Kremlin avait pris l’habitude de discuter d’abord avec le gouvernement central puis avec les régions, aussi autonomes fussent-elles. L’un des observateurs interrogés explique que la Russie anticipe la division de l’Irak en trois régions fédérales, interagissant par conséquent moins avec Bagdad depuis quelques temps.

      L’on appréhendera mieux l’irruption de Moscou dans cette zone hautement stratégique grâce à la lecture de deux anciens billets. Le premier :

      L’oléoduc Irak-Turquie vient d’être la cible d’un attentat du PKK, deux jours après l’explosion sur le gazoduc transportant le gaz iranien (dont nous avons parlé ici). Si Ankara ne se calme pas dans sa croisade contre le mouvement kurde, la Turquie risque d’être coupée de toutes ses sources d’approvisionnement énergétiques autres que russes. Les pipelines venant d’Iran, d’Irak et même le BTC en provenance d’Azerbaïdjan via la Géorgie passent par les zones de peuplement kurde.
      https://img.over-blog-kiwi.com/1/66/96/30/20170615/ob_4c5111_ob-8716c8-inter-201025-turquie-kurdist.jpg
      Dans le Grand jeu énergétique, ces tubes non-russes sont le seul et mince espoir américain d’empêcher la Russie de fournir l’Europe. Nul doute que les derniers développements du conflit turco-kurde sont suivis avec beaucoup d’attention à Moscou comme à Washington. Une fois n’est pas coutume, les Russes ont tout intérêt à ce que la situation s’envenime, les Américains à ce qu’elle s’apaise.

      On l’aura compris, les Russes n’ont plus du tout intérêt à ce que le PKK fasse sauter les pipelines de la région désormais... Le second billet :

      La planète s’est réveillée sur l’étonnante information de l’incursion d’un bataillon turc et de deux douzaines de tanks en Irak du nord, dans la région autonome du Kurdistan, pour... former les combattants kurdes qui luttent contre Daech ! Un coup d’oeil au calendrier me rassure : nous ne sommes pas le 1er avril. Que viennent donc faire vraiment ces soldats turcs dans la région de Mossul ?

      En fait, l’histoire n’est pas si aberrante qu’elle en a l’air. Il faut d’abord rappeler que le Kurdistan irakien est très polarisé entre deux tendances irréconciliables : d’un côté le PUK de Talabani, pro-PKK, pro-YPG, sans compromissions avec Daech ; de l’autre, le PDK de Barzani, pas en mauvais termes avec Ankara voire, fut un temps pas si lointain (2014), avec l’EI. [Nous ferons très prochainement un point des forces en présence dans le triangle Irak-Turquie-Syrie et autour du Kurdistan, car la situation est effectivement assez compliquée, comme souvent au Moyen-Orient].

      L’accord a été signé le 4 novembre durant la visite du ministre turc des Affaires étrangères à Erbil où règne Barzani ; il prévoyait l’établissement d’une base turque permanente dans la région de Mossul, témoin de combats entre les Peshmergas kurdes et Daech. Tiens, tiens, c’est précisément là que passe le pipeline Kirkuk-Ceyhan...
      https://img.over-blog-kiwi.com/1/66/96/30/20170615/ob_764856_ob-1e1a8b-149734image1.jpg
      C’est ce même oléoduc que le PKK (adversaire des Turcs et de Barzani, faut-il le rappeler) avait fait sauter en juillet, comme nous l’avions rapporté alors. La base turque vise-t-elle donc à sécuriser l’approvisionnement de l’or noir en provenance du Kurdistan ? Il y a (peut-être) plus...

      Une très étonnante histoire, quoique à prendre avec précaution, est sortie ces derniers jours à la suite du scandale du pétrole de Daech. Un journal arabe de Londres, généralement plutôt bien informé, a fait état d’un large trafic menant des champs pétroliers de l’EI à Israël en passant par des groupes mafieux locaux (Kurdes et Turcs), le PDK de Barzani fermant les yeux sur tout cela. Ce n’est pas impossible au vu des compromissions passées de tout ces gens, mais cela reste à prouver et les quantités sont de toute façon assez mineures en comparaison de l’or noir qui coule dans le tube Kirkuk-Ceyhan. Le fait méritait cependant d’être mentionné car, détail amusant, c’est également dans la zone de la base turque prévue, notamment autour de la ville de Zakho, que s’effectuerait ce coupable trafic.

      C’est toute cette zone que Rosneft s’apprête à reprendre...


  • http://m.nouvelobs.com/societe/terrorisme/20170818.OBS3542/attentat-de-barcelone-le-but-est-de-faire-le-plus-de-victimes-et-de-rad
    Attentat de Barcelone : « Le but est de faire le plus de victimes et de radicaliser l’opinion »
    Wassim Nasr, journaliste, spécialiste de l’Etat islamique, analyse les motivations des terroristes de Barcelone et Cambrils.
    Publié le 19 août 2017
    Relativement épargnée depuis l’attentat de Madrid du 11 mars 2004, qui avait fait 191 morts et 1.858 blessés, l’Espagne est de nouveau frappée par une série d’attentats à Barcelone et Cambrils qui ont fait 14 morts et une centaine de blessés. Pourtant l’Espagne n’est pas un acteur majeur de la coalition contre L’Etat islamique. Pourquoi cet attentat ? Y a-t-il une spécificité espagnole ou catalane dans la stratégie de Daech ?

    Wassim Nasr, journaliste à France 24 et auteur du livre « L’Etat islamique, le fait accompli » (éditions Plon), a répondu à nos questions.

    Quel est le but de cet attentat ?

    Le but est de faire le plus de victimes parmi les ressortissants de pays membres de la coalition contre l’Etat islamique. Comme d’habitude, c’est destiné à faire peur, à nuire aux libertés publiques des Etats occidentaux, à radicaliser l’opinion. Il ne faut pas non plus sous-estimer les visées économiques : le coût de ces attentats pour l’Espagne, lié à leur impact sur le tourisme, sur les dépenses sécuritaires, sur les formations et les équipements octroyés aux forces de l’ordre, se chiffre en millions d’euros. C’est un moyen d’affaiblir les Etats démocratiques, de peser sur les opinions publiques, de mener une guerre d’usure. Ces attaques sont en cela très différentes de la série d’attaques qui avaient frappé l’Espagne en 2004 dans la gare d’Atocha, à Madrid. Al Qaida avait alors demandé explicitement à l’Espagne de retirer son soutien aux forces de la coalition anglo-américaine en Irak. Ici, le but s’inscrit dans une stratégie de long terme, dans laquelle aucun pays européen ne doit être épargné.
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    L’Espagne n’est pas un acteur majeur dans la coalition contre L’Etat islamique. Alors que la France est un ennemi direct et déclaré de L’Etat islamique, l’Espagne ne mène que des opérations auxiliaires, telles que des missions de police et de maintien de l’ordre, de déminage ou de premier secours. L’Espagne ne bombarde pas. Elle a donc été touchée au même titre que tous les autres pays occidentaux.

    Y a-t-il une stratégie espagnole de L’Etat islamique ?

    Non. La stratégie de L’Etat islamique a toujours été une stratégie d’opportunité. L’Espagne, comme la France ou la Belgique avant elle, n’est pour l’Etat islamique qu’un pays de la coalition, et Barcelone n’est qu’un lieu comme un autre où faire le plus de victimes occidentales. A chaque fois qu’il y a des attentats, on réactive le mythe de la « base arrière ». C’est une manière de trouver une cause à une explication qui n’en a pas une seule.

    A la limite, il est vrai que dans l’eschatologie millénariste des militants de L’Etat islamique, frapper le sol d’"Al Andalous" [le nom de l’Espagne musulmane entre le 8e et le 15e siècle NDLR] est symbolique. Mais il ne faut pas prendre les dirigeants de ces attentats pour des idiots. Le but n’est pas de reconquérir « Al Andalus » ou de faire de Barcelone la nouvelle Raqqa. Ils mènent une guerre stratégique, et savent faire la différence entre la communication qu’ils mènent et leurs buts de guerre. Ils mènent la stratégie du talion : vous frappez chez nous, nous frappons chez vous. Il faut également cesser d’analyser le Jihad avec le prisme national : ils ne se battent pas pour la Palestine ou pour la liberté des Touaregs dans le Nord Mali. Ils se battent pour le pouvoir que leur apporte l’exploitation d’une idéologie transnationale.

    Y a-t-il cependant des spécificités liées à Barcelone ou à l’Espagne ?

    Barcelone est la plus grande base de recrutement des djihadistes en Espagne. Cosmopolite, très touristiques, elle est une ville de choix pour y tuer le plus de ressortissants occidentaux en un moins de temps. Depuis 2004, on estime à 700 le nombre d’arrestations liées au terrorisme dans la région. Il ne faut donc pas croire que c’est là où les services de renseignement espagnols sont le plus faible : ces derniers, qui travaillent d’ailleurs main dans la main avec les services de renseignement français, ont une très bonne expertise dans la lutte anti-terroriste grâce à leur longue lutte contre l’Eta. Jeter la faute sur les services secrets espagnols est un contre-sens.

    Quelles sont les causes de ces attaques ?

    La violence politique naît du croisement entre une idéologie potentiellement violente et des circonstances socio-économiques locales. Ici, l’idéologie est le djihadiste transnational inventé par Al Qaida et repris par L’Etat islamique. C’est aujourd’hui la seule idéologie révolutionnaire (au sens propre, comme le nazisme a pu être révolutionnaire) du marché des idéologies. La force de cette pensée est qu’elle est à la fois radicalement contestatrice et modulable à toutes formes d’organisations sociales : elle est transnationale et trans-ethnique (contrairement par exemple au suprémacisme racial, qui limite par définition son public potentiel). Les circonstances socio-économiques sont quant à elles la pauvreté, l’exclusion, la concentration urbaine, la présence d’immigrés victimes de tous ces fléaux ou malintentionnés. C’est toujours un mille-feuille de facteurs.

    Dans les années 2000, l’idéologie était là, mais elle avait encore du mal à prendre. Al Qaida, qui avait lancé les premiers appels à l’attaque à la voiture-bélier, n’avait été que très peu suivie. Aujourd’hui, les effets de la crise économique, le vide idéologique lié à un désenchantement du monde, les performances de la propagande de L’Etat islamique, ont permis une meilleure exploitation de cette idéologie. Le djihadisme est désormais un phénomène mondial et transnational : il faudra apprendre à vivre avec.

    Propos recueillis par Emile Boutelier


  • Cuba, l’histoire secrète

    Au travers d’images d’archives souvent inédites et de témoignages puissants de ceux qui ont contribué à l’écrire (anciens combattants, espions de la CIA ou du KGB, cadres du régime...), ce documentaire retrace l’histoire de soixante ans de castrisme. Un regard nouveau sur l’un des derniers régimes communistes de la planète. Après avoir amorcé le rapprochement entre leurs deux pays lors d’une rencontre en marge du Sommet des Amériques, au Panamá, en avril 2015, Barack Obama et Raúl Castro se retrouvent une nouvelle fois sur le sol cubain le 20 mars dernier.

    Il s’agit de la première visite d’un président américain en exercice sur l’île depuis quatre-vingt-huit ans.

    Réalisé par Emmanuel Amara

    Prochaines diffusions à la télé
    Mercredi 23 août 2017
    Sur LCP / PS à 23:35


  • Nicolas Maduro, dictateur ou victime d’un complot ?
    https://www.youtube.com/watch?v=cCdTWc0jI4g


    Ajoutée le 17 août 2017

    Entretien avec Maurice Lemoine, ex-rédacteur en chef du Monde Diplomatique, spécialiste de l’Amérique Latine.
    Depuis le mois d’avril Venezuela s’enfonce dans la crise. La communauté internationale a condamné d’une seule et même voix les agissements du président Nicolas Maduro. Plus de 100 personnes ont perdu la vie lors d’affrontements au Venezuela, ces quatre derniers mois. Le pays a-t-il rompu avec la démocratie, et le président Maduro est-il devenu un dictateur ? Maurice Lemoine nous livre son analyse de cette crise.


    • https://fr.wikipedia.org/wiki/Faouzia_Charfi
      Faouzia Charfi (arabe : فوزية الشرفي), de son nom complet Faouzia Farida Charfi née Rekik, née le 30 décembre 1941 à Sfax, est une universitaire, physicienne et femme politique tunisienne.

      Elle est secrétaire d’État auprès du ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique du 17 janvier au 2 mars 2011, au sein du gouvernement de Mohamed Ghannouchi, puis dans celui de Béji Caïd Essebsi.
      Faouzia Charfi obtient son baccalauréat en 1958. En 1963, elle décroche une licence de sciences physiques de la Sorbonne puis, en 1976, un doctorat de troisième cycle en physique de la matière condensée auprès de la faculté des sciences de Tunis. En 1984, elle obtient un doctorat d’État en physique des semi-conducteurs de la ladite université1.

    • http://www.leaders.com.tn/article/21394-nouveau-livre-de-faouzia-charfie-sacrees-questions-pour-un-islam-d
      Nouveau livre de Faouzia Charfi : « Sacrées questions... Pour un islam d’aujourd’hui », présentation le 18 janvier à la Maison de Tunisie à Paris
      http://www.leaders.com.tn/uploads/content/thumbnails/148398064796_content.jpg
      http://www.leaders.com.tn/uploads/FCK_files/Livre-Faouzia1.jpg
      Faouzia Charfi sera l’invitée, mercredi 18 janvier de de la Fondation de la Maison de Tunisie (Cité internationale universitaire de Paris) pour présenter son livre "Sacrées questions... Pour un islam d’aujourd’hui", qui vient juste de paraître aux Editions Odile Jacob (janvier 2017).
      « Le Coran – la parole de Dieu révélée au Prophète – échappe-t-il à tout contexte historique ? lit-on dans la présentation. Pourquoi les hadiths – les dits et gestes du Prophète – ont-ils pris le pas sur la Révélation ? Et comment justifier qu’avec la charia ils constituent trop souvent l’essentiel du référentiel islamique ?
      Femme de culture musulmane, Faouzia Farida Charfi s’est posé ces difficiles questions alors qu’elle enseignait la physique à l’Université de Tunis. Devant le rejet de ses étudiants face aux contenus scientifiques, elle décide de revenir aux sources et de se plonger dans la lecture des penseurs arabes – juristes, islamologues, historiens.
      Ce livre est le résultat de cette démarche. Avec force et conviction, s’appuyant sur le modèle qui s’élabore douloureusement en Tunisie et sur son expérience personnelle, Faouzia Farida Charfi y montre qu’un islam en phase avec la modernité est possible sur le droit, sur le statut des femmes et le voile, sur la relation de la religion à la science et à l’art.
      Faouzia Charfi est physicienne et professeur à l’Université de Tunis. Nommée secrétaire d’État à l’Enseignement supérieur dans le gouvernement provisoire de janvier 2011, elle en a démissionné peu après pour reprendre sa liberté de parole et d’action. Elle est l’auteur de La Science voilée, également publié chez Odile Jacob.
      Mercredi 18 janvier 2017 à 19h30
      au siège de la Fondation de la Maison de Tunisie à Paris


  • https://www.monde-diplomatique.fr/2017/08/DAUM/57773
    Vingt ans après les massacres de la guerre civile
    Mémoire interdite en Algérie
    Août 2017 pages 8 et 9 en kiosques
    Au milieu de la « décennie noire » des années 1990 — particulièrement durant l’été 1997 —, plusieurs massacres de population ont endeuillé l’Algérie, déjà dévastée par les affrontements entre forces de l’ordre et groupes islamistes armés. Les lois d’amnistie et la volonté des autorités d’étouffer le souvenir de ces épisodes sanglants empêchent aujourd’hui tout un peuple de panser ses plaies.
    par Pierre Daum
    https://www.monde-diplomatique.fr/local/cache-vignettes/L890xH594/IMGDPL08-08-a1105.jpg
    Nadjib Bouznad. – Aire de jeux, casbah, Alger, 2016

    Bentalha, nuit du 22 septembre 1997. Dans ce hameau agricole situé aux confins de la périphérie d’Alger, plus de quatre cents villageois sont assassinés en quelques heures par des hommes du GIA, le Groupe islamique armé. Le lendemain, Hocine Zaourar, un photographe de l’Agence France-Presse (AFP), saisit la douleur déchirante d’une femme dont la famille a été tuée. Ce cliché, intitulé La Madone de Bentalha tant il rappelle l’iconographie chrétienne, est reproduit dans les journaux du monde entier, mettant un visage sur la violence en cours en Algérie depuis plus de cinq ans. Trois semaines plus tôt, un massacre analogue avait ensanglanté le village de Raïs, situé à quelques kilomètres de Bentalha, faisant près d’un millier de morts. L’Algérie plongeait dans une sidération que les tueries à venir n’allaient cesser d’aggraver. Le mois suivant à Sig, dans le Sud oranais : cinquante morts. En décembre à Ammi Moussa (monts de l’Ouarsenis, wilaya de Relizane) : quatre cents morts. En janvier 1998 à Had Chekala (Ouarsenis) : plus de mille tués. Quelques jours plus tard à Sidi Hamed (Mitidja) : cent trois personnes assassinées, etc. Après quelques années de violence ciblée contre les militaires, les fonctionnaires, les intellectuels ou les étrangers, la guerre civile algérienne prenait un nouveau visage, absolument terrifiant, avec des massacres de civils, créant une onde de choc en Algérie comme à l’étranger.

    Bentalha, printemps 2017. Du passé agricole il ne reste plus rien. L’urbanisation dévorante de la plaine de la Mitidja a rattrapé les ruelles aux maisons basses de l’ancien hameau. En vingt ans, chaque maison a gagné deux étages, montés de briques rouges ou de parpaings gris. Les rues offrent ce visage de laideur rouge-gris caractéristique des villes algériennes d’aujourd’hui. Seul élément de charme dans ce triste décor : une mosquée toute neuve trône à l’entrée du quartier. Aucune femme ne se déplace sans un foulard cachant rigoureusement ses cheveux, le corps serré dans un manteau aux (...)
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    • Monde Diplomatique : L’édition du mois d’Août 2017 censurée en Algérie
      https://radio-dzair.com/monde-diplomatique-ledition-du-mois-daout-2017-censuree-en-algerie
      Publié le 19/08/2017, par Admin dans Non classé.

      Le numéro du mois d’août du journal Le Monde diplomatique est censuré en Algérie. Selon la rédaction du mensuel, l’édition d’Août 2017 contenant une longue enquête » sur la société des années 90 », est interdite de vente en Algérie. » Le distributeur algérien n’a pas reçu l’autorisation de diffusion, ce qui n’est jamais arrivé depuis des décennies », explique le rédacteur en chef du journal.
      Les lecteurs algériens du Monde diplomatique ont été intrigués par l’absence de leur journal préféré dans les kiosques.

      Tout porte à croire que la censure du journal a une relation avec l’enquête réalisée par le journaliste Pierre Daum sous le titre » Vingt ans après les massacres de la guerre civile : Mémoire interdite en Algérie ».

      En avril dernier, au moment de la préparation de ce travail, l’envoyé spécial du Monde Diplomatique a été arrêté à Alger-Centre par quatre policier en civil. Conduit au Commissariat, il n’a été relâché que deux après.

      « Je suis resté encore 7 jours en Algérie. Pendant ces 7 jours, j’ai été suivi 24h/24 par des groupes de policiers en civils, qui se relayaient », rappelle Pierre Daum.

    • Mon commentaire :
      La censure du Diplo du mois d’août 2017 est déplorable bien que le titre manque de diplomatie !
      Je ne pense pas que la politique de réconciliation nationale de l’État algerien après la décennie noire de
      1990 soit une tentative de mettre fin à la mémoire des victimes. Les algeriens dans leur majorité s’en souviennent encore bien que des familles de victimes continuent de dénoncer l’amnistie et de réclamer le jugement de ces criminels amnistiés.
      NRobin


  • Mes hommages à Redha Malek. NRobin
    https://www.humanite.fr/mort-de-redha-malek-negociateur-algerien-des-accords-devian-639522
    Mort de Redha Malek, négociateur algérien des Accords d’Evian
    Samedi, 29 Juillet, 2017 L’Humanite.fr
    https://img.humanite.fr/sites/default/files/styles/abonnez_vous/public/images/redha.jpg?itok=hA3u8lJc
    Redha Malek, membre de la délégation algérienne lors des Accords d’Evian en mars 1962, est mort samedi à 86 ans.
    Il était le dernier Algérien encore en vie ayant négocié ce texte historique qui a mis fin à la guerre d’Algérie.
    https://www.youtube.com/watch?v=SuwNivxCs1Q&feature=player_embedded


    Après l’indépendance de l’Algérie le 5 juillet 1962, M. Malek a mené une longue carrière diplomatique. Il fut tour à tour ambassadeur à Paris, Londres, Moscou, Washington, Belgrade et a été ministre des Affaires étrangères.
    Il a également été l’un des principaux négociateurs lors de la crise des otages américains en Iran en 1980.

    « L’Algérie perd un témoin de son siècle, un patriote éclairé », a déclaré à l’AFP Abdelaziz Rahabi, diplomate et ancien ministre de la Communication. « C’est un des bâtisseurs du socle de la diplomatie algérienne. »

    Redha Malek a été membre du Haut comité de l’Etat (HCE), une instance collégiale qui a dirigé l’Algérie de 1992 à 1994. Il a également été Premier ministre de 1993 à 1994 avant de fonder un parti politique, l’Alliance nationale Républicaine (ANR), en 1995.
    Auteur de plusieurs livres, il était partisan de la séparation du pouvoir et du religieux.
    https://youtu.be/MTyxMtV7y9U
    Redha Malek : l’idéologie de la religion
    https://www.youtube.com/watch?v=MTyxMtV7y9U#action=share

    Redha Malek sera inhumé dimanche au carré des martyrs au cimetière d’El Alia, à Alger.


  • Le Premier Ministre algérien limogé. Mettre de l’ordre dans le monde de la Finance en Algérie devient compliqué ! Nrobin

    Source El Watan le 15.08.17
    http://www3.elwatan.com/actualite/bouteflika-limoge-tebboune-et-nomme-ouyahia-premier-ministre-15-08-201
    http://www3.elwatan.com/images/2017/08/15/ouyahia-teboune_2628562_465x348.jpg
    Bouteflika limoge Tebboune et nomme Ouyahia Premier ministre
    Le Président de la République, Abdelaziz Bouteflika, a mis fin mardi aux fonctions du Premier ministre Abdelmadjid Tebboune et a nommé Ahmed Ouyahia à ce poste, indique un communiqué de la Présidence de la République.
    « En application de l’article 91, alinéa 5 de la Constitution, son Excellence M. Abdelaziz Bouteflika, Président de la République, a mis fin, ce jour, aux fonctions de Premier ministre, exercées par M. Abdelmadjid Tebboune », précise la même source.
    « En application des mêmes dispositions constitutionnelles, et après consultation de la majorité parlementaire, le Président de la République a nommé M. Ahmed Ouayhia, Premier ministre », ajoute le communiqué.
    APS


  • Le 28 juillet 2017

    70 organisations, associations, partis et syndicats ont publié un appel pour demander à la société AXA de se conformer au droit international et de rompre avec la politique coloniale et d’apartheid israélienne.

    AXA est actionnaire de trois banques israéliennes : Hapoalim, Leumi et Mizrahi Tefahot.

    Un rapport du centre de recherche israélien Who Profits (« Qui profite ») a montré que l’ensemble des banques israéliennes sont impliquées dans l’infrastructure financière de toutes les activités des compagnies, des agences gouvernementales israéliennes et des personnes , parties prenantes de la colonisation et du maintien de l’occupation.

    Par sa filiale AB, AXA conserve également des investissements dans Elbit Systems, l’une des principales sociétés d’armement israéliennes, accusée entre autres d’avoir fourni à l’armée israélienne des obus à base de phosphore blanc (arme interdite) contre la population civile de Gaza.

    Dans l’appel ci-dessous publié ce 28 juillet 2017 , toutes ces organisations et associations demandent à AXA de cesser ses partenariats controversés et de cesser de tirer profit de l’occupation et de la colonisation du peuple palestinien.

    Les signataires du communiqué rappellent à ce propos que des sociétés telles que Veolia et Orange ont dû, suite aux mobilisations citoyennes internationales, cesser leurs implications dans la colonisation israélienne et que des fonds de pension tels que PGGM aux Pays Bas, FDC au Luxembourg ou Danske Bank au Danemark se sont désinvestis eux-aussi des banques israéliennes en raison de leur soutien aux colonies israéliennes.

    Ci dessous l’appel et la liste des premiers signataires (vous pouvez ajouter votre signature à : campagnebdsfrance@yahoo.fr) :

    https://www.bdsfrance.org/70-organisations-associations-partis-et-syndicats-demandent-a-la-societe-
    LA SOCIÉTÉ AXA DOIT SE CONFORMER AU DROIT INTERNATIONAL ET ROMPRE AVEC LA POLITIQUE COLONIALE ET D’APARTHEID ISRAÉLIENNE !

    Le « Code de déontologie professionnelle » du groupe AXA, établi en 2011, affirme dans son point 4.1 respecter les dix principes directeurs du Pacte Mondial des Nations Unies, inspirés de la Déclaration universelle des droits de l’Homme. En particulier, il indique que : « les entreprises doivent promouvoir et respecter les droits de l’homme reconnus sur le plan international et ne doivent pas se faire complices de violations des droits fondamentaux ».
    En juin 2014, le Ministère des Affaires Etrangères a émis des recommandations aux entreprises françaises, leur signalant que les « activités économiques dans les colonies ou bénéficiant aux colonies entraînent des risques juridiques et économiques liés au fait que les colonies israéliennes, selon le droit international, sont construites sur des terres occupées et ne sont pas reconnues comme faisant partie du territoire d’Israël. Cela est susceptible d’entraîner des litiges liés à la terre, à l’eau, aux ressources minérales et autres ressources naturelles, qui pourraient faire l’objet d’un achat ou d’investissement, comme des risques réputationnels. »
    Les principes directeurs des Nations-Unies pour les entreprises et les droits de l’homme imposent internationalement aux compagnies d’exercer une grande diligence afin de limiter tout impact nocif de leurs activités sur les droits humains. Ces principes s’appliquent aux entreprises et aux institutions financières, travaillant n’importe où dans le monde, et tout le long de leurs chaînes logistiques.
    L’engagement d’AXA à respecter les dix principes du Pacte Mondial des Nations-Unies reste une coquille vide tant qu’AXA continue à tirer profit de l’oppression du peuple palestinien et de l’occupation persistante des terres palestiniennes.
    -- AXA est actionnaire de trois banques israéliennes : Hapoalim, Leumi et Mizrahi Tefahot. Un rapport** du centre recherche israélien Who Profits (« Qui profite ») a montré que toutes les banques israéliennes sont impliquées dans l’infrastructure financière de toutes les activités de compagnies, d’agences gouvernementales israéliennes et de personnes liées au maintien de l’occupation.
    -- Le fonds Rosenberg Global Equity Alpha d’Axa a une participation dans une filiale du groupe Dekel. Le groupe Dekel est un groupe de compagnies de construction et de développement impliqué dans la construction de projets immobiliers sur le plateau du Golan occupé.
    -- Par sa filiale AB, AXA conserve des investissements dans Elbit Systems, une des compagnies israéliennes majeures les plus impliquées dans la défense militaire et la sécurité intérieure :
    – Elbit Systems fabrique 85 % des drones de l’armée israélienne***. En réalité, Elbit commercialise des équipements qui ont été testés « sur le terrain », c’est-à-dire sur les corps des Palestiniens. Les drones Hermes et le mini-drone 7.5 Skylark d’Elbit ont été utilisés lors des différentes attaques d’Israël contre Gaza assiégée. Un rapport des Nations Unies sur l’attaque israélienne de Gaza en 2014, où plus de 2191 civils Palestiniens ont été assassinés, suggère que les actions d’Israël peuvent relever de crimes de guerre selon le droit international.
    – Elbit fournit également l’électronique du mur de l’apartheid dans les territoires palestiniens occupés, mur déclaré illégal par la Cour Internationale de Justice en 2004.
    – Elbit est accusée d’avoir fourni à l’armée israélienne des obus interdits à base de phosphore blanc contre la population civile de Gaza.
    En investissant dans ces compagnies et ces banques, AXA est complice de la perpétuation de décennies de violations par Israël des droits humains palestiniens et du droit international, et cela en contradiction directe avec ses propres principes directeurs et les directives internationales.
    La réponse du président d’AXA lors de la dernière assemblée générale du groupe, a été d’affirmer qu’Elbit Systems « ne rentrait pas dans le cadre d’une politique d’exclusion de leur politique d’investissement responsables ».
    Il est important de rappeler que des sociétés telles que Veolia et Orange ont dû, suite aux mobilisations citoyennes internationales, cesser leurs implications dans la colonisation israélienne et que des fonds de pension tels que PGGM aux Pays Bas, FDC au Luxembourg ou Danske Bank au Danemark se sont désinvestis de banques israéliennes en raison de leur soutien aux colonies israéliennes. En 2009, le « Norvegian pension fund » s’est désinvesti d’Elbit Systems suite à l’implication de cette société dans le mur d’apartheid israélien.
    Pour toutes ces raisons nous appelons AXA à désinvestir de toute implication et activités qui légitiment les violations du droit international par l’Etat d’Israël.
    *http://bfmbusiness.bfmtv.com/entreprise/axa-et-quatre-banques-francaises-financent-la-colonisation-israel
    **https://whoprofits.org/content/financing-land-grab-direct-involvement-israeli-banks-israeli-settlement-
    ***https://corporatewatch.org/company-profiles/elbithttp://investigate.afsc.org/company/elbit-systems-ltd

    Signataires :

    Abna Palestine
    AFPS Argenteuil
    AFPS Nord – Pas de Calais
    AFPS Saint – Etienne
    AFPS Rouen
    AFPS 33
    Association « Al-Qalam »
    Anciens appellés en Algérie et leurs Amis Contre la Guerre
    Association de Palestiniens en Ile de France
    Association des Travailleurs Maghrébins de France (ATMF)
    Association des Universitaires pour le Respect du Droit International en Palestine (AURDIP)
    Association France Palestine Solidarité 63
    Association France Palestine solidarité Paris-Sud
    Association Nationale des Communistes (ANC)
    ATTAC 38
    ATTAC FRANCE
    BDS France
    BDS 42
    BDS France Marseille
    BDS France Paris
    BDS Xiberoa
    BDSF 34
    CCIPPP34
    Centre d’Information Inter-Peuples
    Collectif 69 de soutien au peuple palestinien
    Collectif BDS 57
    Collectif communiste Polex
    Collectif Judéo Arabe et Citoyen pour la Palestine (CJACP)
    Collectif Palestine 12 – Millau
    Comité Caladois Action Solidarité
    Comité France Palestine de Gennevilliers
    Comité Palestine 81
    Comité Palestine 94 Nord
    Comité Solidarité Palestine Région Nazairienne
    Confédération Nationale du Travail (CNT)
    Coordination BDS 37
    Corsica Palestina
    Couserans-Palestine (09)
    CVPR-PO
    Droit Solidarité
    Emancipation Tendance intersyndicale
    Ensemble !
    Forum Palestine Citoyenneté
    FTCR
    International Jewish Antizionist Network (IJAN)
    Initiatives de Paix
    Initiatives Pour un Autre Monde (IPAM)
    Jeunes Communistes du 42
    Les Désobéissants
    LGBT pour la Palestine
    Mouvement des Jeunes Communistes du Val de Marne
    Mouvement Jeunes Communistes du Bas-Rhin
    Mouvement pour une Alternative Non-violente (MAN)
    Mouvement pour une Alternative Non-violente (MAN) Montpellier
    Nouveau Parti Anti-Capitaliste (NPA)
    NPA 09
    NPA Tarn
    Palestine 13 – Marseille
    PAS38 -UDAS (Union des Alternatives Syndicales)
    Réseaux citoyens de Saint-Etienne
    Rouge Vifs 13
    Solidaires (Union Syndicale)
    Sortir du Colonialisme
    SUD Santé Sociaux
    Sud solidaires 09
    Union Départementale CGT 13
    Union Juive Française pour la Paix
    Association internationale de techniciens, experts et chercheurs (AITEC)
    Union Juive Française pour la Paix section de lyon


  • Très bien De Villepin.
    En 2014 déjà ! L’histoire se répète.
    NRobin

    http://www.lefigaro.fr/vox/monde/2014/07/31/31002-20140731ARTFIG00381-dominique-de-villepin-lever-la-voix-face-au-massa

    Dominique de Villepin : « Lever la voix face au massacre perpétré à Gaza »
    Mis à jour le 01/08/2014
    http://www.atlasinfo.fr/photo/art/grande/7569176-11681680.jpg?v=1426357236
    FIGAROVOX/EXCLUSIF- Dans une tribune publiée dans
    Le Figaro, l’ancien premier ministre s’inquiète du silence de la France face à l’escalade de la violence entre Israéliens et Palestiniens. Il appelle de ses vœux une interposition de l’ONU.
    Dominique de Villepin est avocat. Il a été ministre des Affaires étrangères et premier ministre de Jacques Chirac.
    Lever la voix face au massacre qui est perpétré à Gaza, c’est aujourd’hui, je l’écris en conscience, un devoir pour la France, une France qui est attachée indéfectiblement à l’existence et à la sécurité d’Israël mais qui ne saurait oublier les droits et devoirs qui sont conférés à Israël en sa qualité d’État constitué. Je veux dire à tous ceux qui sont tentés par la résignation face à l’éternel retour de la guerre qu’il est temps de parler et d’agir. Il est temps de mesurer l’impasse d’une France alignée et si sûre du recours à la force. Pour lever le voile des mensonges, des omissions et des demi-vérités. Pour porter un espoir de changement. Par mauvaise conscience, par intérêt mal compris, par soumission à la voix du plus fort, la voix de la France s’est tue, celle qui faisait parler le général de Gaulle au lendemain de la guerre des Six-Jours, celle qui faisait parler Jacques Chirac après la deuxième intifada. Comment comprendre aujourd’hui que la France appelle à la « retenue » quand on tue des enfants en connaissance de cause ? Comment comprendre que la France s’abstienne lorsqu’il s’agit d’une enquête internationale sur les crimes de guerre commis des deux côtés ? Comment comprendre que la première réaction de la France, par la voix de son président, soit celle du soutien sans réserve à la politique de sécurité d’Israël ? Quelle impasse pour la France que cet esprit d’alignement et de soutien au recours à la force.
    Je crois que seule la vérité permet l’action. Nous ne construirons pas la paix sur des mensonges. C’est pour cela que nous avons un devoir de vérité face à un conflit où chaque mot est piégé, où les pires accusations sont instrumentalisées.
    L’État israélien se condamne à des opérations régulières à Gaza ou en Cisjordanie, cette stratégie terrifiante parce qu’elle condamne les Palestiniens au sous-développement et à la souffrance, terrifiante parce qu’elle condamne Israël peu à peu à devenir un État ségrégationniste, militariste et autoritaire.
    Ayons le courage de dire une première vérité : il n’y a pas en droit international de droit à la sécurité qui implique en retour un droit à l’occupation et encore moins un droit au massacre. Il y a un droit à la paix qui est le même pour tous les peuples. La sécurité telle que la recherche aujourd’hui Israël se fait contre la paix et contre le peuple palestinien. En lieu et place de la recherche de la paix, il n’y a plus que l’engrenage de la force qui conduit à la guerre perpétuelle à plus ou moins basse intensité. L’État israélien se condamne à des opérations régulières à Gaza ou en Cisjordanie, cette stratégie terrifiante parce qu’elle condamne les Palestiniens au sous-développement et à la souffrance, terrifiante parce qu’elle condamne Israël peu à peu à devenir un État ségrégationniste, militariste et autoritaire. C’est la spirale de l’Afrique du Sud de l’apartheid avant Frederik De Klerk et Nelson Mandela, faite de répression violente, d’iniquité et de bantoustans humiliants. C’est la spirale de l’Algérie française entre putsch des généraux et OAS face au camp de la paix incarné par de Gaulle.
    Il y a une deuxième vérité à dire haut et fort : il ne saurait y avoir de responsabilité collective d’un peuple pour les agissements de certains. Comment oublier le profond déséquilibre de la situation, qui oppose non deux États, mais un peuple sans terre et sans espoir à un État poussé par la peur ? On ne peut se prévaloir du fait que le Hamas instrumentalise les civils pour faire oublier qu’on assassine ces derniers, d’autant moins qu’on a refusé de croire et reconnaître en 2007 que ces civils aient voté pour le Hamas, du moins pour sa branche politique. Qu’on cite, outre les États-Unis, un seul pays au monde qui agirait de cette façon. Même si les situations sont, bien sûr, différentes, la France est-elle partie en guerre en Algérie en 1995-1996 après les attentats financés par le GIA ? Londres a-t-elle bombardé l’Irlande dans les années 1970 ?
    Troisième vérité qui brûle les lèvres et que je veux exprimer ici : oui il y a une terreur en Palestine et en
    Il n’y a pas de partenaire en Palestine car les partisans de la paix ont été méthodiquement marginalisés par la stratégie du gouvernement d’Israël. La logique de force a légitimisé hier le Hamas contre le Fatah. Elle légitime aujourd’hui les fanatiques les plus radicaux du Hamas voire le Djihad islamique.
    Cisjordanie, une terreur organisée et méthodique appliquée par les forces armées israéliennes, comme en ont témoigné de nombreux officiers et soldats israéliens écœurés par le rôle qu’on leur a fait jouer. Je ne peux accepter d’entendre que ce qui se passe en Palestine n’est pas si grave puisque ce serait pire ailleurs. Je ne peux accepter qu’on condamne un peuple entier à la peur des bombardements, à la puanteur des aspersions d’« eau sale » et à la misère du blocus. Car je ne peux accepter qu’on nie qu’il y a quelque chose qui dépasse nos différences et qui est notre humanité commune.
    Il n’y a aujourd’hui ni plan de paix, ni interlocuteur capable d’en proposer un. Il faut tout reprendre depuis le début. Le problème de la paix, comme en Algérie entre 1958 et 1962, ce n’est pas « comment ? », c’est « qui ? ».
    Il n’y a pas de partenaire en Palestine car les partisans de la paix ont été méthodiquement marginalisés par la stratégie du gouvernement d’Israël. La logique de force a légitimisé hier le Hamas contre le Fatah. Elle légitime aujourd’hui les fanatiques les plus radicaux du Hamas voire le Djihad islamique. Se passer de partenaire pour la paix, cela veut dire s’engager dans une logique où il n’y aurait plus que la soumission ou l’élimination.
    Il n’y a plus de partenaire pour la paix en Israël car le camp de la paix a été réduit au silence et marginalisé. Le peuple israélien est un peuple de mémoire, de fierté et de courage. Mais aujourd’hui c’est une logique folle qui s’est emparée de son État, une logique qui conduit à détruire la possibilité d’une solution à deux États, seule envisageable. La résignation d’une partie du peuple israélien est aujourd’hui le principal danger. Amos Oz, Zeev Sternhell ou Elie Barnavi sont de plus en plus seuls à crier dans le désert, la voix couverte par le vacarme des hélicoptères.
    Il n’y a plus non plus de partenaire sur la scène internationale, à force de lassitude et de résignation, à force de plans de paix enterrés. On s’interroge sur l’utilité du Quartette. On désespère de la diplomatie du carnet de chèques de l’Europe qui se borne à payer pour reconstruire les bâtiments palestiniens qui ont été bombardés hier et le seront à nouveau demain, quand les États-Unis dépensent deux milliards de dollars par an pour financer les bombes qui détruisent ces bâtiments.
    Face à l’absence de plan de paix, seules des mesures imposées et capables de changer la donne sont susceptibles de réveiller les partenaires de leur torpeur. C’est au premier chef la responsabilité de la France.
    Le deuxième outil, c’est la justice internationale. L’urgence aujourd’hui, c’est d’empêcher que des crimes de guerre soient commis. Pour cela, il est temps de donner droit aux demandes palestiniennes d’adhérer à la Cour pénale internationale, qui demeure aujourd’hui le meilleur garant de la loi internationale.
    Le premier outil pour réveiller la société israélienne, ce sont les sanctions. Il faut la placer devant ses responsabilités historiques avant qu’il ne soit trop tard, tout particulièrement à l’heure où il est question d’une opération terrestre de grande envergure à Gaza. Cela passe par un vote par le Conseil de sécurité de l’ONU d’une résolution condamnant l’action d’Israël, son non-respect des résolutions antérieures et son non-respect du droit humanitaire et du droit de la guerre. Cela signifie concrètement d’assumer des sanctions économiques ciblées et graduées, notamment pour des activités directement liées aux opérations à Gaza ou aux activités économiques dans les colonies. Je ne crois guère aux sanctions face à des États autoritaires qu’elles renforcent. Elles peuvent être utiles dans une société démocratique qui doit être mise face aux réalités.
    Le deuxième outil, c’est la justice internationale. L’urgence aujourd’hui, c’est d’empêcher que des crimes de guerre soient commis. Pour cela, il est temps de donner droit aux demandes palestiniennes d’adhérer à la Cour pénale internationale, qui demeure aujourd’hui le meilleur garant de la loi internationale. C’est une manière de mettre les Territoires palestiniens sous protection internationale.
    Le troisième outil à la disposition de la communauté internationale, c’est l’interposition. À défaut de pouvoir négocier une solution, il faut l’imposer par la mise sous mandat de l’ONU de Gaza, de la Cisjordanie et de Jérusalem Est, avec une administration et une force de paix internationales. Cette administration serait soumise à de grands périls, du côté de tous les extrémistes, nous le savons, mais la paix exige des sacrifices. Elle aurait vocation à redresser l’économie et la société sur ces territoires par un plan d’aide significatif et par la protection des civils. Elle aurait également pour but de renouer le dialogue interpalestinien et de garantir des élections libres sur l’ensemble de ces territoires. Forte de ces résultats, elle appuierait des pourparlers de paix avec Israël en en traçant les grandes lignes.
    Nous n’avons pas le droit de nous résigner à la guerre perpétuelle. Parce qu’elle continuera de contaminer toute la région. Parce que son poison ne cessera de briser l’espoir même d’un ordre mondial. Une seule injustice tolérée suffit à remettre en cause l’idée même de la justice.
    Dominique de Villepin

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    Élie Barnavi : « Les Américains doivent imposer un plan de paix »
    Dominique de Villepin


  • Viva El Mundo diplomatico ! NRobin

    « Informer n’est pas une liberté pour la presse mais un devoir »

    24 juillet 2017

    A propos d’un "hommage" mérité de BHL à A. Lacroix-Riz

    Pôle de Renaissance Communiste en France (PRCF)
    Disposant d’une tribune permanente dans Le Point, le magazine versaillais qui a battu tous les records de haine anti-Cgt au printemps dernier, le “philosophe” guerrier et milliardaire BHL vient de se livrer à une attaque violente contre le Monde diplo, coupable d’avoir ridiculisé ses obsessions anti- progressistes travesties en “défense des droits de l’homme” à la mode euro-atlantique. Certain que ses adversaires n’auront pas de droit de réponse dans l’hebdo favori du MEDEF, l’homme qui a inspiré la catastrophique intervention de Sarkozy en Libye (combien de morts et d’exilés à la clé ? ), BHL s’en prend bassement à plusieurs intellectuels parmi lesquels figure notre camarade, l’éminente historienne Annie Lacroix-Riz.

    Disons tout net que la rage de BHL contre ALR est un hommage, celui du vice à la vertu. Car c’est un honneur que de mériter les foudres d’un histrion qui incarne à la fois la furie des impérialistes contre les peuples, l’acharnement obscurantiste contre le marxisme... et l’absence totale de travail conceptuel que dénonçait déjà Deleuze lorsque fut lancée, à grand renfort de plan média, la clique des “nouveaux philosophes”.

    En réalité, toute l’œuvre d’Annie Lacroix Riz cingle au visage le dandy philosophique BHL :
    là où la première pratique la recherche sur sources et la méthodologie scientifique, le second procède par imprécations et fulminations.
    Là où ALR reste fidèle au combat révolutionnaire du passé et aux valeurs universalistes des Lumières, le mediacrate BHL nourrit toutes les croisades de l’impérialisme euro atlantique.

    ” Quand ton ennemi te félicite, disait August Bebel, demande-toi quelle faute tu as commise”. Mais quand BHL te cloue au pilori dans le Point, dis-toi que tu es sur la bonne voie !

     » » http://https://www.initiative-communiste.fr/articles/billet-rouge-2/a-...
    URL de cet article 32118
    https://www.legrandsoir.info/a-propos-d-un-hommage-merite-de-bhl-a-a-lacroix-riz.html


  • No comment !

    https://francais.rt.com/france/40935-revirement-macron-sur-syrie-recente-liberation-valmy

    Revirement de Macron sur la Syrie ? Une lettre ouverte répond à celle parue dans Libération
    13 juil. 2017
    Revirement de Macron sur la Syrie ? Une lettre ouverte répond à celle parue dans Libération Source : AFP
    Le 2 juillet, Emmanuel Macron était ciblé par une tribune l’accablant pour ne pas voir en Assad l’« ennemi de l’humanité ». Onze jours plus tard, le président français est interpellé par une autre lettre ouverte, diamétralement opposée à la première.

    Le site du Comité Valmy (association pluraliste défendant essentiellement l’indépendance nationale de la France) a publié le 13 juillet une tribune appelant Emmanuel Macron à « une politique française en Syrie indépendante et respectueuse du droit [international] ».

    Après avoir déclaré en juin dernier qu’il ne voyait pas en Bachar el-Assad un ennemi de la France, Emmanuel Macron a été interpellé dans une première tribune, parue début juillet dans Libération. Qualifiant l’actuel président syrien d’« ennemi de l’humanité tout entière », ses auteurs (une centaine d’intellectuels et spécialistes français ou syriens) demandaient littéralement au locataire de l’Elysée de se positionner en faveur du « départ nécessaire de Bachar al-Assad ».

    Ce 13 juillet, les auteurs de la seconde tribune dénoncent « un appel à la guerre [qui] cautionne la tentative de déstabilisation d’un Etat souverain, au mépris du droit international ».

    Lire aussi
    Emmanuel Macron au G20, le 8 juilletMacron confirme le changement de la politique française en Syrie et tacle Hollande et Sarkozy
    Déplorant « un chantage moral habituel qui consiste à culpabiliser ceux qui refusent la guerre », les signataires insistent sur « l’échec d’une politique d’ingérence illégitime et désastreuse » ces dernières années en Syrie.

    Venant contrebalancer le discours publié dansLibération, les auteurs de cette seconde tribune affirment leurs positions autour de trois points :

    L’opposition « aux guerres visant à des changements de régime »
    La défiance face à des « humanitaires auto-proclamés [dont les intentions sont] illégales au regard du droit international »
    La volonté de voir « une France [qui comprend] l’intérêt véritable des Français et des peuples du monde entier »
    Les récentes prises de positions d’Emmanuel Macron sur la Syrie constituant un revirement de taille par rapport à la ligne de son prédécesseur, les auteurs de cette tribune interpellent le président français en ces termes : « Nous vous demandons de lever les sanctions qui frappent le peuple syrien et de rétablir les relations diplomatiques avec l’Etat syrien. »

    Plusieurs personnalités françaises et belges sont signataires de cet appel au président de la République, parmi lesquelles des journalistes (Bruno Guigue, Michel Collon), des hauts gradés de l’Armée française (l’amiral Debray, le colonel Corvez) ou encore des universitaires (Bruno Drweski, Jean Bricmont).

    Lire aussi : Un spécialiste du MIT conteste les preuves américaines accusant Damas d’attaque chimique (VIDEO)

    • https://francais.rt.com/france/40749-macron-confirme-changement-politique-francaise-syrie-tacle-hollan
      Macron confirme le changement de la politique française en Syrie et tacle Hollande et Sarkozy
      9 juil. 2017, 13:17
      Macron confirme le changement de la politique française en Syrie et tacle Hollande et Sarkozy © Philippe Wojazer Source : Reuters
      http://img.over-blog-kiwi.com/0/78/07/19/20170709/ob_4f54c5_macron-g20-philippe-wojazer-source.jpg
      Emmanuel Macron au G20, le 8 juillet
      En clôture du G20, le président français a confirmé que le départ de Bachar el-Assad n’était plus « un préalable à tout » pour Paris, justifiant ce choix par l’échec patent des politiques menées Irak et en Libye.

      « Où était la France en mai dernier sur le sujet syrien ? Nulle part, nous n’étions ni à Astana, ni à Genève » : dans le discours qu’il a tenu à la fin du sommet du G20, Emmanuel Macron a critiqué la politique du gouvernement Hollande – parfois difficile à suivre – pour mieux défendre son virage dans le dossier syrien.

      « On peut avec les meilleurs principes dire "Je vais remplacer tel ou tel ou tel dirigeant", nous l’avons déjà testé en Irak et en Libye, on se réveille 5 ou 10 ans plus tard avec une situation qui est encore pire », a poursuivi le chef de l’Etat français, pointant également l’échec de la politique menée par Nicolas Sarkozy. Si la France de Jacques Chirac a obstinément refusé de s’engager dans le conflit irakien en 2003, Nicolas Sarkozy a lui été un acteur majeur de la chute de Mouammar Kadhafi et du chaos qui règne depuis en Libye. Une responsabilité que l’ancien président n’assume pas du tout.

      Une analyse qui pousse donc Emmanuel Macron a réaffirmer avec force et conviction la position qu’il avait déjà laissé entrevoir fin juin : « Le vrai changement que j’assume totalement, c’est de ne plus faire du départ de Bachar el-Assad un préalable à tout. »

      Le président français a cependant tenu à préciser que cela ne faisait pas pour autant de lui l’allié du président syrien, marquant ainsi son opposition « profonde » avec la Russie. Il a enfin rappelé que la France répliquerait en cas d’utilisation d’armes chimiques par le gouvernement syrien.

      Un revirement qui inquiète l’opposition syrienne...et Libération
      La confirmation de cette rupture totale avec le gouvernement précédent ne va pas calmer l’ire d’une centaine d’intellectuels français et syriens, qui s’étaient fendus d’une lettre ouverte parue le 3 juillet dans Libérationtitrée « Monsieur le Président, maintenir Assad, c’est soutenir le terrorisme ».

      Face au trouble suscité par ce revirement, l’Elysée avait notamment publié le 5 juillet un communiqué dans lequel Emmanuel Macron assurait l’opposition syrienne de son soutien.

      Lire aussi : Pour Emmanuel Macron, il n’y a pas de successeur légitime à Bachar el-Assad


  • Accord d’association libyen / 1er succès de Macron ?

    Y a plus qu’à attendre de Macron qu’il fasse de même pour la Palestine occupée, la Syrie et le Venezuela déstabilisés et bientôt pour l’Iran !

    Libye : un accord enfin trouvé ?

    Le président français Emmanuel Macron recevait ce mardi 25 juillet 2017, près de Paris, les deux hommes forts de la Libye pour tenter de...

    La suite sur ce lien :
    http://information.tv5monde.com/afrique/libye-un-accord-enfin-trouve-182802

    L’entente ne se fera pas sans le fils du colonel Kadhafi. Écouter
    L’analyse du chercheur Kader Abderrahahim
    Chercheur à l’IRIS dans ce lien.


  • Sauf erreur de jugement de ma part... NRobin
    L’OTAN au service du Monde ou Le Monde au service de l’OTAN ?

    Je ne cesserai de partager cet excellent article qui nous éclaire sur la politique internationale, les dessous de la guerre (de toutes ces guerres), la diplomatie de connivence et les intérêts suprêmes des puissances capitalistes, les stratégies mises en œuvre, le pouvoir des lobbies de la Finance et de la presse qu’ils mettent en place pour parvenir à leurs objectifs, le rôle du complexe militaro-industriel dans tout ça...

    Tout y est écrit, décrit et extrêmement bien argumenté !

    Enfin, dis-moi qui te finance, je te dirais qui tu es ? NRobin

    https://anticons.wordpress.com/2017/06/17/le-monde-a-lepreuve-de-la-methode-de-son-decodex

    Extrait du lien :

    ...Le Monde minimise autant que possible l’influence de l’extrême droite en Ukraine et la presse britannique (classée fiable) et certaines ONG sont là pour nous le rappeler.

    Les sources primaires du Monde sont très souvent les purs produits de l’industrie de guerre américaine.

    Le Monde n’a pas le moindre scrupule pour utiliser un porte-parole paranoïaque tel que Pierre-André Taguieff, ex éditorialiste du site Dreuz, qui est un site conspirationniste selon les termes même du Décodex.

    Sous le prétexte du droit d’ingérence humanitaire, Le Monde cautionne une intervention militaire américaine en Syrie, alors même qu’à ce jour aucune preuve acceptée par la Communauté internationale n’a été présentée à l’ONU qui désigne les responsables des actes que cette administration est censée punir. Une attitude adoptée aussi par M. Jean-Marc Ayrault, ...

    • Autre chose excellent article complémentaire, :
      https://www.monde-diplomatique.fr/2007/08/CHOMSKY/14992

      Le Monde diplomatique
      Accéder au menu

      >>
      > Août 2007, pages 1, 8 et 9
      PLUS EFFICACE ENCORE QUE LES DICTATURES

      Le lavage de cerveaux en liberté
      Rachats de grands journaux – le « Wall Street Journal » aux Etats-Unis, « Les Echos » en France – par des hommes fortunés habitués à plier la vérité au gré de leurs intérêts (lire aussi « Prédateurs de presse et marchands d’influence », par Marie Bénilde), médiatisation outrancière de M. Nicolas Sarkozy, cannibalisation de l’information par les sports, la météo et les faits divers, le tout dans une débauche de publicités : la « communication » constitue l’instrument de gouvernement permanent des régimes démocratiques. Elle est, pour eux, ce que la propagande est aux dictatures. Dans un entretien accordé au journaliste de France Inter Daniel Mermet, l’intellectuel américain Noam Chomsky analyse ces mécanismes de domination et les replace dans leur contexte historique. Il rappelle, par exemple, que les régimes totalitaires se sont appuyés sur les ressorts de la communication publicitaire perfectionnés aux Etats-Unis au lendemain de la première guerre mondiale. Au-delà, il évoque les perspectives de transformation sociale dans le monde actuel, et ce à quoi pourrait ressembler l’utopie pour ceux qui, malgré la pédagogie de l’impuissance martelée par les médias, n’ont pas renoncé à changer le monde.
      par Noam Chomsky
      Le lavage de cerveaux en liberté↑

      Commençons par la question des médias. En France, en mai 2005, lors du référendum sur le traité de Constitution européenne, la plupart des organes de presse étaient partisans du « oui », et cependant 55 % des Français ont voté « non ». La puissance de manipulation des médias ne semble donc pas absolue. Ce vote des citoyens représentait-il aussi un « non » aux médias ?

      Le travail sur la manipulation médiatique ou la fabrique du consentement fait par Edward Herman et moi n’aborde pas la question des effets des médias sur le public (1). C’est un sujet compliqué, mais les quelques recherches en profondeur menées sur ce thème suggèrent que, en réalité, l’influence des médias est plus importante sur la fraction de la population la plus éduquée. La masse de l’opinion publique paraît, elle, moins tributaire du discours des médias.

      Prenons, par exemple, l’éventualité d’une guerre contre l’Iran : 75 % des Américains estiment que les Etats-Unis devraient mettre un terme à leurs menaces militaires et privilégier la recherche d’un accord par voie diplomatique. Des enquêtes conduites par des instituts occidentaux suggèrent que l’opinion publique iranienne et celle des Etats-Unis convergent aussi sur certains aspects de la question nucléaire : l’écrasante majorité de la population des deux pays estime que la zone s’étendant d’Israël à l’Iran devrait être entièrement débarrassée des engins de guerre nucléaires, y compris ceux que détiennent les troupes américaines de la région. Or, pour trouver ce genre d’information dans les médias, il faut chercher longtemps.

      Quant aux principaux partis politiques des deux pays, aucun ne défend ce point de vue. Si l’Iran et les Etats-Unis étaient d’authentiques démocraties à l’intérieur desquelles la majorité détermine réellement les politiques publiques, le différend actuel sur le nucléaire serait sans doute déjà résolu. Il y a d’autres cas de ce genre.

      Concernant, par exemple, le budget fédéral des Etats-Unis, la plupart des Américains souhaitent une réduction des dépenses militaires et une augmentation, en revanche, des dépenses sociales, des crédits versés aux Nations unies, de l’aide économique et humanitaire internationale, et enfin l’annulation des baisses d’impôts décidées par le président George W. Bush en faveur des contribuables les plus riches.

      Sur tous ces sujets-là, la politique de la Maison Blanche est totalement contraire aux réclamations de l’opinion publique. Mais les enquêtes qui relèvent cette opposition publique persistante sont rarement publiées dans les médias. Si bien que les citoyens sont non seulement écartés des centres de décision politique, mais également tenus dans l’ignorance de l’état réel de cette même opinion publique.

      Il existe une inquiétude internationale relative à l’abyssal « double déficit » des Etats-Unis : le déficit commercial et le déficit budgétaire. Or ceux-ci n’existent qu’en relation étroite avec un troisième déficit : le déficit démocratique, qui ne cesse de se creuser, non seulement aux Etats-Unis, mais plus généralement dans l’ensemble du monde occidental.

      Chaque fois qu’on demande à un journaliste vedette ou à un présentateur d’un grand journal télévisé s’il subit des pressions, s’il lui arrive d’être censuré, il réplique qu’il est entièrement libre, qu’il exprime ses propres convictions. Comment fonctionne le contrôle de la pensée dans une société démocratique ? En ce qui concerne les dictatures, nous le savons.

      Quand des journalistes sont mis en cause, ils répondent aussitôt : « Nul n’a fait pression sur moi, j’écris ce que je veux. » C’est vrai. Seulement, s’ils prenaient des positions contraires à la norme dominante, ils n’écriraient plus leurs éditoriaux. La règle n’est pas absolue, bien sûr ; il m’arrive moi-même d’être publié dans la presse américaine, les Etats-Unis ne sont pas un pays totalitaire non plus. Mais quiconque ne satisfait pas certaines exigences minimales n’a aucune chance d’être pressenti pour accéder au rang de commentateur ayant pignon sur rue.

      C’est d’ailleurs l’une des grandes différences entre le système de propagande d’un Etat totalitaire et la manière de procéder dans des sociétés démocratiques. En exagérant un peu, dans les pays totalitaires, l’Etat décide de la ligne à suivre et chacun doit ensuite s’y conformer. Les sociétés démocratiques opèrent autrement. La « ligne » n’est jamais énoncée comme telle, elle est sous-entendue. On procède, en quelque sorte, au « lavage de cerveaux en liberté ». Et même les débats « passionnés » dans les grands médias se situent dans le cadre des paramètres implicites consentis, lesquels tiennent en lisière nombre de points de vue contraires.

      Le système de contrôle des sociétés démocratiques est fort efficace ; il instille la ligne directrice comme l’air qu’on respire. On ne s’en aperçoit pas, et on s’imagine parfois être en présence d’un débat particulièrement vigoureux. Au fond, c’est infiniment plus performant que les systèmes totalitaires.

      Prenons, par exemple, le cas de l’Allemagne au début des années 1930. On a eu tendance à l’oublier, mais c’était alors le pays le plus avancé d’Europe, à la pointe en matière d’art, de sciences, de techniques, de littérature, de philosophie. Puis, en très peu de temps, un retournement complet est intervenu, et l’Allemagne est devenue l’Etat le plus meurtrier, le plus barbare de l’histoire humaine.

      Tout cela s’est accompli en distillant de la peur : celle des bolcheviks, des Juifs, des Américains, des Tziganes, bref, de tous ceux qui, selon les nazis, menaçaient le cœur de la civilisation européenne, c’est-à-dire les « héritiers directs de la civilisation grecque ». En tout cas, c’est ce qu’écrivait le philosophe Martin Heidegger en 1935. Or la plupart des médias allemands qui ont bombardé la population avec des messages de ce genre ont repris les techniques de marketing mises au point... par des publicitaires américains.

      N’oublions pas comment s’impose toujours une idéologie. Pour dominer, la violence ne suffit pas, il faut une justification d’une autre nature. Ainsi, lorsqu’une personne exerce son pouvoir sur une autre – que ce soit un dictateur, un colon, un bureaucrate, un mari ou un patron –, elle a besoin d’une idéologie justificatrice, toujours la même : cette domination est faite « pour le bien » du dominé. En d’autres termes, le pouvoir se présente toujours comme altruiste, désintéressé, généreux.

      Quand la violence d’Etat ne suffit plus

      Dans les années 1930, les règles de la propagande nazie consistaient, par exemple, à choisir des mots simples, à les répéter sans relâche, et à les associer à des émotions, des sentiments, des craintes. Quand Hitler a envahi les Sudètes [en 1938], ce fut en invoquant les objectifs les plus nobles et charitables, la nécessité d’une « intervention humanitaire » pour empêcher le « nettoyage ethnique » subi par les germanophones, et pour permettre que chacun puisse vivre sous l’« aile protectrice » de l’Allemagne, avec le soutien de la puissance la plus en avance du monde dans le domaine des arts et de la culture.

      En matière de propagande, si d’une certaine manière rien n’a changé depuis Athènes, il y a quand même eu aussi nombre de perfectionnements. Les instruments se sont beaucoup affinés, en particulier et paradoxalement dans les pays les plus libres du monde : le Royaume-Uni et les Etats-Unis. C’est là, et pas ailleurs, que l’industrie moderne des relations publiques, autant dire la fabrique de l’opinion, ou la propagande, est née dans les années 1920.

      Ces deux pays avaient en effet progressé en matière de droits démocratiques (vote des femmes, liberté d’expression, etc.) à tel point que l’aspiration à la liberté ne pouvait plus être contenue par la seule violence d’Etat. On s’est donc tourné vers les technologies de la « fabrique du consentement ». L’industrie des relations publiques produit, au sens propre du terme, du consentement, de l’acceptation, de la soumission. Elle contrôle les idées, les pensées, les esprits. Par rapport au totalitarisme, c’est un grand progrès : il est beaucoup plus agréable de subir une publicité que de se retrouver dans une salle de torture.

      Aux Etats-Unis, la liberté d’expression est protégée à un degré que je crois inconnu dans tout autre pays du monde. C’est assez récent. Dans les années 1960, la Cour suprême a placé la barre très haut en matière de respect de la liberté de parole, ce qui exprimait, à mon avis, un principe fondamental établi dès le XVIIIe siècle par les valeurs des Lumières. La position de la Cour fut que la parole était libre, avec pour seule limite la participation à un acte criminel. Si, par exemple, quand je rentre dans un magasin pour le dévaliser, un de mes complices tient une arme et que je lui dis : « Tire ! », ce propos n’est pas protégé par la Constitution. Pour le reste, le motif doit être particulièrement grave avant que la liberté d’expression soit mise en cause. La Cour suprême a même réaffirmé ce principe en faveur de membres du Ku Klux Klan.

      En France, au Royaume-Uni et, me semble-t-il, dans le reste de l’Europe, la liberté d’expression est définie de manière très restrictive. A mes yeux, la question essentielle est : l’Etat a-t-il le droit de déterminer ce qu’est la vérité historique, et celui de punir qui s’en écarte ? Le penser revient à s’accommoder d’une pratique proprement stalinienne.

      Des intellectuels français ont du mal à admettre que c’est bien là leur inclination. Pourtant, le refus d’une telle approche ne doit pas souffrir d’exception. L’Etat ne devrait avoir aucun moyen de punir quiconque prétendrait que le Soleil tourne autour de la Terre. Le principe de la liberté d’expression a quelque chose de très élémentaire : ou on le défend dans le cas d’opinions qu’on déteste, ou on ne le défend pas du tout. Même Hitler et Staline admettaient la liberté d’expression de ceux qui partagaient leur point de vue...

      J’ajoute qu’il y a quelque chose d’affligeant et même de scandaleux à devoir débattre de ces questions deux siècles après Voltaire, qui, comme on le sait, déclarait : « Je défendrai mes opinions jusqu’à ma mort, mais je donnerai ma vie pour que vous puissiez défendre les vôtres. » Et c’est rendre un bien triste service à la mémoire des victimes de l’Holocauste que d’adopter une des doctrines fondamentales de leurs bourreaux.

      Dans un de vos livres, vous commentez la phrase de Milton Friedman : « Faire des profits est l’essence même de la démocratie »...

      A vrai dire, les deux choses sont tellement contraires qu’il n’y a même pas de commentaire possible... La finalité de la démocratie, c’est que les gens puissent décider de leur propre vie et des choix politiques qui les concernent. La réalisation de profits est une pathologie de nos sociétés, adossée à des structures particulières. Dans une société décente, éthique, ce souci du profit serait marginal. Prenez mon département universitaire [au Massachusetts Institute of Technology] : quelques scientifiques travaillent dur pour gagner beaucoup d’argent, mais on les considère un peu comme des marginaux, des gens perturbés, presque des cas pathologiques. L’esprit qui anime la communauté académique, c’est plutôt d’essayer de faire des découvertes, à la fois par intérêt intellectuel et pour le bien de tous.

      Dans l’ouvrage qui vous est consacré aux éditions de L’Herne, Jean Ziegler écrit : « Il y a eu trois totalitarismes : le totalitarisme stalinien, nazi et maintenant c’est Tina (2). »Compareriez-vous ces trois totalitarismes ?

      Je ne les mettrais pas sur le même plan. Se battre contre « Tina », c’est affronter une emprise intellectuelle qu’on ne peut pas assimiler aux camps de concentration ni au goulag. Et, de fait, la politique des Etats-Unis suscite une opposition massive à l’échelle de la planète. L’Argentine et le Venezuela ont jeté le Fonds monétaire international (FMI) dehors. Les Etats-Unis ont dû renoncer à ce qui était encore la norme il y a vingt ou trente ans : le coup d’Etat militaire en Amérique latine. Le programme économique néolibéral, qui a été imposé de force à toute l’Amérique latine dans les années 1980 et 1990, est aujourd’hui rejeté dans l’ensemble du continent. Et on retrouve cette même opposition contre la globalisation économique à l’échelle mondiale.

      Le mouvement pour la justice, qui est sous les feux des projecteurs médiatiques lors de chaque Forum social mondial, travaille en réalité toute l’année. C’est un phénomène très nouveau dans l’histoire, qui marque peut-être le début d’une vraie Internationale. Or son principal cheval de bataille porte sur l’existence d’une solution de rechange. D’ailleurs, quel meilleur exemple de globalisation différente que le Forum social mondial ? Les médias hostiles appellent ceux qui s’opposent à la globalisation néolibérale les « antimondialistes », alors qu’ils se battent pour une autre mondialisation, la mondialisation des peuples.

      On peut observer le contraste entre les uns et les autres, parce que, au même moment, a lieu, à Davos, le Forum économique mondial, qui travaille à l’intégration économique planétaire, mais dans le seul intérêt des financiers, des banques et des fonds de pension. Puissances qui contrôlent aussi les médias. C’est leur conception de l’intégration globale, mais au service des investisseurs. Les médias dominants considèrent que cette intégration est la seule qui mérite, en quelque sorte, l’appellation officielle de mondialisation.

      Voilà un bel exemple du fonctionnement de la propagande idéologique dans les sociétés démocratiques. A ce point efficace que même des participants au Forum social mondial acceptent parfois le qualificatif malintentionné d’« antimondialistes ». A Porto Alegre, je suis intervenu dans le cadre du Forum, et j’ai participé à la Conférence mondiale des paysans. Ils représentent à eux seuls la majorité de la population de la planète...

      On vous range dans la catégorie des anarchistes ou des socialistes libertaires. Dans la démocratie telle que vous la concevez, quelle serait la place de l’Etat ?

      On vit dans ce monde, pas dans un univers imaginaire. Dans ce monde, il existe des institutions tyranniques, ce sont les grandes entreprises. C’est ce qu’il y a de plus proche des institutions totalitaires. Elles n’ont, pour ainsi dire, aucun compte à rendre au public, à la société ; elles agissent à la manière de prédateurs dont d’autres entreprises seraient les proies. Pour s’en défendre, les populations ne disposent que d’un seul instrument : l’Etat. Or ce n’est pas un bouclier très efficace, car il est, en général, étroitement lié aux prédateurs. A une différence, non négligeable, près : alors que, par exemple, General Electric n’a aucun compte à rendre, l’Etat doit parfois s’expliquer auprès de la population.

      Quand la démocratie se sera élargie au point que les citoyens contrôleront les moyens de production et d’échange, qu’ils participeront au fonctionnement et à la direction du cadre général dans lequel ils vivent, alors l’Etat pourra disparaître petit à petit. Il sera remplacé par des associations volontaires situées sur les lieux de travail et là où les gens vivent.

      Est-ce les soviets ?

      C’étaient les soviets. Mais la première chose que Lénine et Trotski ont détruit, sitôt après la révolution d’Octobre, ce sont les soviets, les conseils ouvriers et toutes les institutions démocratiques. Lénine et Trotski ont été à cet égard les pires ennemis du socialisme au XXe siècle. En tant que marxistes orthodoxes, ils ont estimé qu’une société retardataire comme la Russie de leur époque ne pouvait pas passer directement au socialisme avant d’être précipitée de force dans l’industrialisation.

      En 1989, au moment de l’effondrement du système communiste, j’ai pensé que cet effondrement représentait, paradoxalement, une victoire pour le socialisme. Car le socialisme tel que je le conçois implique, au minimum, je le répète, le contrôle démocratique de la production, des échanges et des autres dimensions de l’existence humaine.

      Toutefois, les deux principaux systèmes de propagande se sont accordés pour dire que le système tyrannique institué par Lénine et Trotski, puis transformé en monstruosité politique par Staline, était le « socialisme ». Les dirigeants occidentaux ne pouvaient qu’être enchantés par cet usage absurde et scandaleux du terme, qui leur a permis pendant des décennies de diffamer le socialisme authentique.

      Avec un enthousiasme identique, mais de sens contraire, le système de propagande soviétique a tenté d’exploiter à son profit la sympathie et l’engagement que suscitaient pour beaucoup de travailleurs les idéaux socialistes authentiques.

      N’est-il pas vrai que toutes les formes d’auto-organisation selon les principes anarchistes se sont finalement effondrées ?

      Il n’y a pas de « principes anarchistes » fixes, une sorte de catéchisme libertaire auquel il faudrait prêter allégeance. L’anarchisme, du moins tel que je le comprends, est un mouvement de la pensée et de l’action humaines qui cherche à identifier les structures d’autorité et de domination, à leur demander de se justifier et, dès qu’elles en sont incapables, ce qui arrive fréquemment, à tenter de les dépasser.

      Loin de s’être « effondré », l’anarchisme, la pensée libertaire, se porte très bien. Il est à la source de nombreux progrès réels. Des formes d’oppression et d’injustice qui étaient à peine reconnues, et encore moins combattues, ne sont plus admises. C’est une réussite, une avancée pour l’ensemble du genre humain, pas un échec.

      (Propos recueillis par Daniel Mermet, revus et corrigés par l’auteur.)
      Noam Chomsky
      Professeur au Massachusetts Institute of Technology (MIT), Boston, Etats-Unis. Auteur notamment de Les Etats manqués. Abus de puissance et déficit démocratique, Fayard, Paris, 2007. La plupart des textes de Noam Chomsky sont disponibles sur son site Internet.
      (1) Edward Herman et Noam Chomsky, Manufacturing Consent, Pantheon, New York, 2002. La « fabrique du consentement » est une expression de l’essayiste américain Walter Lippmann, qui, à partir des années 1920, mettant en doute la capacité de l’homme ordinaire à se déterminer avec sagesse, a proposé que les élites savantes « assainissent » l’information avant qu’elle n’atteigne la masse.
      (2) Tina, initiales de « There is no alternative » (« il n’y a pas de solution de rechange »), propos de Mme Margaret Thatcher posant le caractère inéluctable du capitalisme néolibéral, qui n’est qu’une forme possible de « mondialisation »

    • Autre excellent article du Monde Diplomatique complémentaire :
      https://www.monde-diplomatique.fr/2007/08/CHOMSKY/14992

      Le Monde diplomatique

      > Août 2007, pages 1, 8 et 9
      PLUS EFFICACE ENCORE QUE LES DICTATURES

      Le lavage de cerveaux en liberté
      Rachats de grands journaux – le « Wall Street Journal » aux Etats-Unis, « Les Echos » en France – par des hommes fortunés habitués à plier la vérité au gré de leurs intérêts (lire aussi « Prédateurs de presse et marchands d’influence », par Marie Bénilde), médiatisation outrancière de M. Nicolas Sarkozy, cannibalisation de l’information par les sports, la météo et les faits divers, le tout dans une débauche de publicités : la « communication » constitue l’instrument de gouvernement permanent des régimes démocratiques. Elle est, pour eux, ce que la propagande est aux dictatures. Dans un entretien accordé au journaliste de France Inter Daniel Mermet, l’intellectuel américain Noam Chomsky analyse ces mécanismes de domination et les replace dans leur contexte historique. Il rappelle, par exemple, que les régimes totalitaires se sont appuyés sur les ressorts de la communication publicitaire perfectionnés aux Etats-Unis au lendemain de la première guerre mondiale. Au-delà, il évoque les perspectives de transformation sociale dans le monde actuel, et ce à quoi pourrait ressembler l’utopie pour ceux qui, malgré la pédagogie de l’impuissance martelée par les médias, n’ont pas renoncé à changer le monde.
      par Noam Chomsky
      Le lavage de cerveaux en liberté↑

      Commençons par la question des médias. En France, en mai 2005, lors du référendum sur le traité de Constitution européenne, la plupart des organes de presse étaient partisans du « oui », et cependant 55 % des Français ont voté « non ». La puissance de manipulation des médias ne semble donc pas absolue. Ce vote des citoyens représentait-il aussi un « non » aux médias ?

      Le travail sur la manipulation médiatique ou la fabrique du consentement fait par Edward Herman et moi n’aborde pas la question des effets des médias sur le public (1). C’est un sujet compliqué, mais les quelques recherches en profondeur menées sur ce thème suggèrent que, en réalité, l’influence des médias est plus importante sur la fraction de la population la plus éduquée. La masse de l’opinion publique paraît, elle, moins tributaire du discours des médias.

      Prenons, par exemple, l’éventualité d’une guerre contre l’Iran : 75 % des Américains estiment que les Etats-Unis devraient mettre un terme à leurs menaces militaires et privilégier la recherche d’un accord par voie diplomatique. Des enquêtes conduites par des instituts occidentaux suggèrent que l’opinion publique iranienne et celle des Etats-Unis convergent aussi sur certains aspects de la question nucléaire : l’écrasante majorité de la population des deux pays estime que la zone s’étendant d’Israël à l’Iran devrait être entièrement débarrassée des engins de guerre nucléaires, y compris ceux que détiennent les troupes américaines de la région. Or, pour trouver ce genre d’information dans les médias, il faut chercher longtemps.

      Quant aux principaux partis politiques des deux pays, aucun ne défend ce point de vue. Si l’Iran et les Etats-Unis étaient d’authentiques démocraties à l’intérieur desquelles la majorité détermine réellement les politiques publiques, le différend actuel sur le nucléaire serait sans doute déjà résolu. Il y a d’autres cas de ce genre.

      Concernant, par exemple, le budget fédéral des Etats-Unis, la plupart des Américains souhaitent une réduction des dépenses militaires et une augmentation, en revanche, des dépenses sociales, des crédits versés aux Nations unies, de l’aide économique et humanitaire internationale, et enfin l’annulation des baisses d’impôts décidées par le président George W. Bush en faveur des contribuables les plus riches.

      Sur tous ces sujets-là, la politique de la Maison Blanche est totalement contraire aux réclamations de l’opinion publique. Mais les enquêtes qui relèvent cette opposition publique persistante sont rarement publiées dans les médias. Si bien que les citoyens sont non seulement écartés des centres de décision politique, mais également tenus dans l’ignorance de l’état réel de cette même opinion publique.

      Il existe une inquiétude internationale relative à l’abyssal « double déficit » des Etats-Unis : le déficit commercial et le déficit budgétaire. Or ceux-ci n’existent qu’en relation étroite avec un troisième déficit : le déficit démocratique, qui ne cesse de se creuser, non seulement aux Etats-Unis, mais plus généralement dans l’ensemble du monde occidental.

      Chaque fois qu’on demande à un journaliste vedette ou à un présentateur d’un grand journal télévisé s’il subit des pressions, s’il lui arrive d’être censuré, il réplique qu’il est entièrement libre, qu’il exprime ses propres convictions. Comment fonctionne le contrôle de la pensée dans une société démocratique ? En ce qui concerne les dictatures, nous le savons.

      Quand des journalistes sont mis en cause, ils répondent aussitôt : « Nul n’a fait pression sur moi, j’écris ce que je veux. » C’est vrai. Seulement, s’ils prenaient des positions contraires à la norme dominante, ils n’écriraient plus leurs éditoriaux. La règle n’est pas absolue, bien sûr ; il m’arrive moi-même d’être publié dans la presse américaine, les Etats-Unis ne sont pas un pays totalitaire non plus. Mais quiconque ne satisfait pas certaines exigences minimales n’a aucune chance d’être pressenti pour accéder au rang de commentateur ayant pignon sur rue.

      C’est d’ailleurs l’une des grandes différences entre le système de propagande d’un Etat totalitaire et la manière de procéder dans des sociétés démocratiques. En exagérant un peu, dans les pays totalitaires, l’Etat décide de la ligne à suivre et chacun doit ensuite s’y conformer. Les sociétés démocratiques opèrent autrement. La « ligne » n’est jamais énoncée comme telle, elle est sous-entendue. On procède, en quelque sorte, au « lavage de cerveaux en liberté ». Et même les débats « passionnés » dans les grands médias se situent dans le cadre des paramètres implicites consentis, lesquels tiennent en lisière nombre de points de vue contraires.

      Le système de contrôle des sociétés démocratiques est fort efficace ; il instille la ligne directrice comme l’air qu’on respire. On ne s’en aperçoit pas, et on s’imagine parfois être en présence d’un débat particulièrement vigoureux. Au fond, c’est infiniment plus performant que les systèmes totalitaires.

      Prenons, par exemple, le cas de l’Allemagne au début des années 1930. On a eu tendance à l’oublier, mais c’était alors le pays le plus avancé d’Europe, à la pointe en matière d’art, de sciences, de techniques, de littérature, de philosophie. Puis, en très peu de temps, un retournement complet est intervenu, et l’Allemagne est devenue l’Etat le plus meurtrier, le plus barbare de l’histoire humaine.

      Tout cela s’est accompli en distillant de la peur : celle des bolcheviks, des Juifs, des Américains, des Tziganes, bref, de tous ceux qui, selon les nazis, menaçaient le cœur de la civilisation européenne, c’est-à-dire les « héritiers directs de la civilisation grecque ». En tout cas, c’est ce qu’écrivait le philosophe Martin Heidegger en 1935. Or la plupart des médias allemands qui ont bombardé la population avec des messages de ce genre ont repris les techniques de marketing mises au point... par des publicitaires américains.

      N’oublions pas comment s’impose toujours une idéologie. Pour dominer, la violence ne suffit pas, il faut une justification d’une autre nature. Ainsi, lorsqu’une personne exerce son pouvoir sur une autre – que ce soit un dictateur, un colon, un bureaucrate, un mari ou un patron –, elle a besoin d’une idéologie justificatrice, toujours la même : cette domination est faite « pour le bien » du dominé. En d’autres termes, le pouvoir se présente toujours comme altruiste, désintéressé, généreux.

      Quand la violence d’Etat ne suffit plus

      Dans les années 1930, les règles de la propagande nazie consistaient, par exemple, à choisir des mots simples, à les répéter sans relâche, et à les associer à des émotions, des sentiments, des craintes. Quand Hitler a envahi les Sudètes [en 1938], ce fut en invoquant les objectifs les plus nobles et charitables, la nécessité d’une « intervention humanitaire » pour empêcher le « nettoyage ethnique » subi par les germanophones, et pour permettre que chacun puisse vivre sous l’« aile protectrice » de l’Allemagne, avec le soutien de la puissance la plus en avance du monde dans le domaine des arts et de la culture.

      En matière de propagande, si d’une certaine manière rien n’a changé depuis Athènes, il y a quand même eu aussi nombre de perfectionnements. Les instruments se sont beaucoup affinés, en particulier et paradoxalement dans les pays les plus libres du monde : le Royaume-Uni et les Etats-Unis. C’est là, et pas ailleurs, que l’industrie moderne des relations publiques, autant dire la fabrique de l’opinion, ou la propagande, est née dans les années 1920.

      Ces deux pays avaient en effet progressé en matière de droits démocratiques (vote des femmes, liberté d’expression, etc.) à tel point que l’aspiration à la liberté ne pouvait plus être contenue par la seule violence d’Etat. On s’est donc tourné vers les technologies de la « fabrique du consentement ». L’industrie des relations publiques produit, au sens propre du terme, du consentement, de l’acceptation, de la soumission. Elle contrôle les idées, les pensées, les esprits. Par rapport au totalitarisme, c’est un grand progrès : il est beaucoup plus agréable de subir une publicité que de se retrouver dans une salle de torture.

      Aux Etats-Unis, la liberté d’expression est protégée à un degré que je crois inconnu dans tout autre pays du monde. C’est assez récent. Dans les années 1960, la Cour suprême a placé la barre très haut en matière de respect de la liberté de parole, ce qui exprimait, à mon avis, un principe fondamental établi dès le XVIIIe siècle par les valeurs des Lumières. La position de la Cour fut que la parole était libre, avec pour seule limite la participation à un acte criminel. Si, par exemple, quand je rentre dans un magasin pour le dévaliser, un de mes complices tient une arme et que je lui dis : « Tire ! », ce propos n’est pas protégé par la Constitution. Pour le reste, le motif doit être particulièrement grave avant que la liberté d’expression soit mise en cause. La Cour suprême a même réaffirmé ce principe en faveur de membres du Ku Klux Klan.

      En France, au Royaume-Uni et, me semble-t-il, dans le reste de l’Europe, la liberté d’expression est définie de manière très restrictive. A mes yeux, la question essentielle est : l’Etat a-t-il le droit de déterminer ce qu’est la vérité historique, et celui de punir qui s’en écarte ? Le penser revient à s’accommoder d’une pratique proprement stalinienne.

      Des intellectuels français ont du mal à admettre que c’est bien là leur inclination. Pourtant, le refus d’une telle approche ne doit pas souffrir d’exception. L’Etat ne devrait avoir aucun moyen de punir quiconque prétendrait que le Soleil tourne autour de la Terre. Le principe de la liberté d’expression a quelque chose de très élémentaire : ou on le défend dans le cas d’opinions qu’on déteste, ou on ne le défend pas du tout. Même Hitler et Staline admettaient la liberté d’expression de ceux qui partagaient leur point de vue...

      J’ajoute qu’il y a quelque chose d’affligeant et même de scandaleux à devoir débattre de ces questions deux siècles après Voltaire, qui, comme on le sait, déclarait : « Je défendrai mes opinions jusqu’à ma mort, mais je donnerai ma vie pour que vous puissiez défendre les vôtres. » Et c’est rendre un bien triste service à la mémoire des victimes de l’Holocauste que d’adopter une des doctrines fondamentales de leurs bourreaux.

      Dans un de vos livres, vous commentez la phrase de Milton Friedman : « Faire des profits est l’essence même de la démocratie »...

      A vrai dire, les deux choses sont tellement contraires qu’il n’y a même pas de commentaire possible... La finalité de la démocratie, c’est que les gens puissent décider de leur propre vie et des choix politiques qui les concernent. La réalisation de profits est une pathologie de nos sociétés, adossée à des structures particulières. Dans une société décente, éthique, ce souci du profit serait marginal. Prenez mon département universitaire [au Massachusetts Institute of Technology] : quelques scientifiques travaillent dur pour gagner beaucoup d’argent, mais on les considère un peu comme des marginaux, des gens perturbés, presque des cas pathologiques. L’esprit qui anime la communauté académique, c’est plutôt d’essayer de faire des découvertes, à la fois par intérêt intellectuel et pour le bien de tous.

      Dans l’ouvrage qui vous est consacré aux éditions de L’Herne, Jean Ziegler écrit : « Il y a eu trois totalitarismes : le totalitarisme stalinien, nazi et maintenant c’est Tina (2). »Compareriez-vous ces trois totalitarismes ?

      Je ne les mettrais pas sur le même plan. Se battre contre « Tina », c’est affronter une emprise intellectuelle qu’on ne peut pas assimiler aux camps de concentration ni au goulag. Et, de fait, la politique des Etats-Unis suscite une opposition massive à l’échelle de la planète. L’Argentine et le Venezuela ont jeté le Fonds monétaire international (FMI) dehors. Les Etats-Unis ont dû renoncer à ce qui était encore la norme il y a vingt ou trente ans : le coup d’Etat militaire en Amérique latine. Le programme économique néolibéral, qui a été imposé de force à toute l’Amérique latine dans les années 1980 et 1990, est aujourd’hui rejeté dans l’ensemble du continent. Et on retrouve cette même opposition contre la globalisation économique à l’échelle mondiale.

      Le mouvement pour la justice, qui est sous les feux des projecteurs médiatiques lors de chaque Forum social mondial, travaille en réalité toute l’année. C’est un phénomène très nouveau dans l’histoire, qui marque peut-être le début d’une vraie Internationale. Or son principal cheval de bataille porte sur l’existence d’une solution de rechange. D’ailleurs, quel meilleur exemple de globalisation différente que le Forum social mondial ? Les médias hostiles appellent ceux qui s’opposent à la globalisation néolibérale les « antimondialistes », alors qu’ils se battent pour une autre mondialisation, la mondialisation des peuples.

      On peut observer le contraste entre les uns et les autres, parce que, au même moment, a lieu, à Davos, le Forum économique mondial, qui travaille à l’intégration économique planétaire, mais dans le seul intérêt des financiers, des banques et des fonds de pension. Puissances qui contrôlent aussi les médias. C’est leur conception de l’intégration globale, mais au service des investisseurs. Les médias dominants considèrent que cette intégration est la seule qui mérite, en quelque sorte, l’appellation officielle de mondialisation.

      Voilà un bel exemple du fonctionnement de la propagande idéologique dans les sociétés démocratiques. A ce point efficace que même des participants au Forum social mondial acceptent parfois le qualificatif malintentionné d’« antimondialistes ». A Porto Alegre, je suis intervenu dans le cadre du Forum, et j’ai participé à la Conférence mondiale des paysans. Ils représentent à eux seuls la majorité de la population de la planète...

      On vous range dans la catégorie des anarchistes ou des socialistes libertaires. Dans la démocratie telle que vous la concevez, quelle serait la place de l’Etat ?

      On vit dans ce monde, pas dans un univers imaginaire. Dans ce monde, il existe des institutions tyranniques, ce sont les grandes entreprises. C’est ce qu’il y a de plus proche des institutions totalitaires. Elles n’ont, pour ainsi dire, aucun compte à rendre au public, à la société ; elles agissent à la manière de prédateurs dont d’autres entreprises seraient les proies. Pour s’en défendre, les populations ne disposent que d’un seul instrument : l’Etat. Or ce n’est pas un bouclier très efficace, car il est, en général, étroitement lié aux prédateurs. A une différence, non négligeable, près : alors que, par exemple, General Electric n’a aucun compte à rendre, l’Etat doit parfois s’expliquer auprès de la population.

      Quand la démocratie se sera élargie au point que les citoyens contrôleront les moyens de production et d’échange, qu’ils participeront au fonctionnement et à la direction du cadre général dans lequel ils vivent, alors l’Etat pourra disparaître petit à petit. Il sera remplacé par des associations volontaires situées sur les lieux de travail et là où les gens vivent.

      Est-ce les soviets ?

      C’étaient les soviets. Mais la première chose que Lénine et Trotski ont détruit, sitôt après la révolution d’Octobre, ce sont les soviets, les conseils ouvriers et toutes les institutions démocratiques. Lénine et Trotski ont été à cet égard les pires ennemis du socialisme au XXe siècle. En tant que marxistes orthodoxes, ils ont estimé qu’une société retardataire comme la Russie de leur époque ne pouvait pas passer directement au socialisme avant d’être précipitée de force dans l’industrialisation.

      En 1989, au moment de l’effondrement du système communiste, j’ai pensé que cet effondrement représentait, paradoxalement, une victoire pour le socialisme. Car le socialisme tel que je le conçois implique, au minimum, je le répète, le contrôle démocratique de la production, des échanges et des autres dimensions de l’existence humaine.

      Toutefois, les deux principaux systèmes de propagande se sont accordés pour dire que le système tyrannique institué par Lénine et Trotski, puis transformé en monstruosité politique par Staline, était le « socialisme ». Les dirigeants occidentaux ne pouvaient qu’être enchantés par cet usage absurde et scandaleux du terme, qui leur a permis pendant des décennies de diffamer le socialisme authentique.

      Avec un enthousiasme identique, mais de sens contraire, le système de propagande soviétique a tenté d’exploiter à son profit la sympathie et l’engagement que suscitaient pour beaucoup de travailleurs les idéaux socialistes authentiques.

      N’est-il pas vrai que toutes les formes d’auto-organisation selon les principes anarchistes se sont finalement effondrées ?

      Il n’y a pas de « principes anarchistes » fixes, une sorte de catéchisme libertaire auquel il faudrait prêter allégeance. L’anarchisme, du moins tel que je le comprends, est un mouvement de la pensée et de l’action humaines qui cherche à identifier les structures d’autorité et de domination, à leur demander de se justifier et, dès qu’elles en sont incapables, ce qui arrive fréquemment, à tenter de les dépasser.

      Loin de s’être « effondré », l’anarchisme, la pensée libertaire, se porte très bien. Il est à la source de nombreux progrès réels. Des formes d’oppression et d’injustice qui étaient à peine reconnues, et encore moins combattues, ne sont plus admises. C’est une réussite, une avancée pour l’ensemble du genre humain, pas un échec.

      (Propos recueillis par Daniel Mermet, revus et corrigés par l’auteur.)
      Noam Chomsky
      Professeur au Massachusetts Institute of Technology (MIT), Boston, Etats-Unis. Auteur notamment de Les Etats manqués. Abus de puissance et déficit démocratique, Fayard, Paris, 2007. La plupart des textes de Noam Chomsky sont disponibles sur son site Internet.
      (1) Edward Herman et Noam Chomsky, Manufacturing Consent, Pantheon, New York, 2002. La « fabrique du consentement » est une expression de l’essayiste américain Walter Lippmann, qui, à partir des années 1920, mettant en doute la capacité de l’homme ordinaire à se déterminer avec sagesse, a proposé que les élites savantes « assainissent » l’information avant qu’elle n’atteigne la masse.
      (2) Tina, initiales de « There is no alternative » (« il n’y a pas de solution de rechange »), propos de Mme Margaret Thatcher posant le caractère inéluctable du capitalisme néolibéral, qui n’est qu’une forme possible de « mondialisation »


  • La vie continue.
    Une idée de vacances cet été.
    Platja de l’Home Mort
    https://media.timeout.com/images/103921379/image.jpg

    Espagne : découvrir la ville de Sitges et ses plages dans les environs de Barcelone
    Surtout éviter Barcelone en juillet et août...

    https://www.vacancesespagne.fr/Sitges/articles/a-sitges-la-plage-cest-la-vie-

    À Sitges, la plage, c’est la vie !
    par Gaël Nevoux
    17 janv. 2013 (Mis à jour : 7 mars 2017)
    Sitges est une destination très populaire pour les vacanciers qui vont en Espagne pour y trouver du soleil, de jolies plages et une chaude ambiance.

    Si vous ne connaissez pas (encore) Sitges, voici une petite vidéo touristique qui vous donnera certainement envie d’y aller prochainement :
    https://youtu.be/23jM_QaT4Ls

    Malgré sa petite taille, le choix des plages, dix-sept en tout, ne laisse aucune place à la déception lors de la planification des choses à faire lors de votre séjour à Sitges.

    Comme il y en a tellement, voici un petit guide, avec quelques informations utiles pour organiser vos vacances à Sitges et définir quelle plage sera la plage la plus adaptée à vos besoins et à vos envies.

    Bien entendu, tout le monde ne va pas à Sitges dans le seul but de passer des vacances à la plage, même si c’est le cas pour beaucoup. Il faut néanmoins savoir qu’il y a beaucoup d’autres choses à voir et à faire pendant vos vacances.

    Les différentes plages de Sitges

    Les plages ("platja" en catalan) de Sitges sont renommées dans toute l’Espagne pour être très propres, sans doute plus propres que les plages de Barcelone, à 20 kilomètres plus au nord sur la côte. Ceci explique certainement pourquoi beaucoup de Barcelonais organisent des courts séjours à Sitges le temps d’un week-end ou pendant les vacances.

    Plage "gay friendly" de Garraf, Sitges - Catalogne (Espagne)

    Chaque plage de Sitges a son caractère propre, sa forme, sa taille et son ambiance selon l’endroit où elle se trouve et les personnes qui y vont. La plupart des plages offrent des services, tels que des douches, des toilettes et des bars de plage.

    Cependant, les plages qui sont situées plus près du centre-ville ont plus de choses à offrir et sont généralement plus fréquentées que les plages les plus éloignées. De juin à septembre, il y a des activités supplémentaires pour toute la famille, depuis des cours d’aquagym jusqu’à des ateliers pour les enfants et des cours de fitness pour les personnes âgées.

    Quelle que soit la plage que vous choisissez, assurez-vous de toujours apporter ce qui est nécessaire pour vous protéger du soleil, puisque les plages de Sitges n’offrent généralement pas d’ombre naturelle, en particulier pendant les chauds mois de l’été. Même quand le ciel est nuageux, vous devriez utiliser suffisamment de crème solaire et un chapeau ou un parasol.

    Plage de Sitges, Catalogne (Espagne)

    Instagram

    Les plages de Sitges sont toutes relativement petites et abritées. Alors que de nombreuses plages se trouvent le long de la promenade de front de mer qui va de l’église à Terramar (voir la carte au bas de cet article), séparées les unes des autres par de longs brise-lames, d’autres plages ne peuvent être atteintes qu’en voiture. À partir de Terramar, les plages deviennent plus larges.

    Faisons le tour de chacune de ces plages afin que vous puissiez choisir sur laquelle vous poserez votre serviette !

    Guide pratique des plages de Sitges

    1. Platja de Sant Sebastià

    Platja de Sant Sebastià, Sitges - Catalogne (Espagne)

    Platja Sant Sebastiá est située à l’est de l’imposante église de Sitges. Elle n’est pas très grande (205 mètres de long sur 20 mètres de large), mais c’est un endroit agréable pour toute la famille, même si elle peut être assez fréquentée en été.

    Sant Sebastià est populaire auprès des habitants et son ambiance est détendue. Elle est longée par une belle promenade de front de mer avec des terrasses accueillantes donnant sur la plage et elle possède également des rampes d’accès.

    2. Platja de les Anquines

    Platja de les Anquines est la plage la plus à l’ouest, avec une longueur de 160 mètres et une largeur moyenne de 50 mètres. C’est l’endroit où aller pour être loin de tout car elle est située dans une petite crique isolée, idéale pour ceux qui recherchent paix et tranquillité.

    Elle est également idéale pour les familles en raison de ses eaux calmes et claires qui permettent aux enfants de jouer en toute sécurité. En outre, elle possède les services habituels (secouristes, bar de plage, parasols et chaises longues, rampe d’accès), ainsi qu’une école de kayak.

    3. Platja de la Fragata

    Playa Fragata, Sitges - Catalogne (Espagne)

    Située juste en dessous de la belle église de Sitges, c’est l’une des plages urbaines les plus centrales. Elle est populaire auprès des familles en vacances et des jeunes. En effet, cette plage d’environ 35 mètres de large possède, entre autres, des terrains de beach-volley et des pédalos à louer.

    Le Club Nàutic offre également la possibilité de faire des sports aquatiques. Toutefois, cette plage n’a pas de chaises longues ni de parasols. Par contre, elle possède des douches, un bar de plage, des secouristes et une rampe d’accès.

    4. Platja de la Ribera

    Platja de la Ribera, Sitges - Catalogne (Espagne)

    Platja de la Rivera est une grande plage de 260 mètres de long sur 36 mètres de large. Elle peut toutefois être très occupée en été car elle est proche du centre-ville. Elle dispose des principaux services, comme une rampe d’accès et une école de voile.

    5. Platja de Terramar

    Platja de Terramar, Sitges - Catalogne (Espagne)

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    Platja de Terramar est une jolie plage de sable fin, un peu éloignée du centre, ce qui contribue à sa tranquillité. Elle mesure 395 mètres de long sur 25 mètres de large et possède des secouristes, un bar de plage et des services de location de parasols et de chaises longues et de pédalos. Elle a aussi une rampe d’accès.

    6. Platja de la Barra

    Platja de la Barra, Sitges - Catalogne (Espagne)

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    Platja de la Barra est une plage dans une petite crique, aux eaux calmes, ce qui en fait une plage adaptée aux familles avec enfants. Elle offre les mêmes services que Terramar et mesure 390 mètres de long sur 25 mètres de large.

    7. Platja de la Riera Xica

    Platja de la Riera Xica est une longue et étroite bande de sable (320 mètres de long sur 15 mètres de large), populaire auprès de la population locale, située en face du quartier résidentiel de Vinyet. Elle a deux bars de plage, ainsi que des parasols et des chaises longues, ainsi que des pédalos en location.

    8. Platja de l’Estanyol

    Platja de l’Estanyol est une longue plage, souvent très fréquentée, notamment en été, adaptée à tout le monde. Il y a des secouristes, trois bars de plage et des services de location de parasols et de chaises longues et de pédalos. Elle dispose également d’une rampe d’accès.

    9. Platja de la Bassa Rodona

    Platja de la Rodona est la principale plage gay de la ville. Son emplacement est très central et elle est généralement l’une des plages les plus fréquentées de Sitges. Elle mesure 285 mètres de long sur 18 mètres de large en moyenne. Outre une location de chaises longues et de parasols ou de pédalos, vous pouvez également y louer des kayaks.

    Platja de la Bassa Rodona, Sitges - Catalogne (Espagne)

    Bien que Sitges soit connue pour être une destination populaire auprès du public LGBT, elle attire des personnes de toutes les tendances sexuelles. D’ailleurs, sa chaude ambiance et la tolérance qui y règnent font que beaucoup réservent des vacances en famille à Sitges. Outre les plages, la ville a beaucoup à offrir. De plus, il est facile d’organiser une excursion d’une journée à Barcelone en raison de sa proximité géographique.

    10. Platja dels Balmins

    Platja dels Balmins, Sitges - Catalogne (Espagne)

    Cette plage située à une quinzaine de minutes à pied à l’est de l’église, derrière le cimetière de Sant Sebastià, est en fait divisée en trois criques par des rochers, avec une longueur totale de 240 mètres sur 20 mètres de large environ. Elle est très populaire et possède un petit restaurant, ainsi que les services habituels, comme des douches.

    La beauté de cette plage est due au fait que, au lieu de bâtiments, vous avez des montagnes en arrière plan. Il s’agit surtout d’une plage naturiste, alors vous pouvez laisser votre maillot de bain à la maison ! Si vous êtes plutôt pudique, ce n’est toutefois pas un problème car les nudistes et non nudistes sont souvent mélangés sur les plages de Sitges.

    11. Platja d’Aiguadolç

    Platja d’Aiguadolç, dont le nom peut être traduit par "plage d’eau douce", est située derrière le port de plaisance de Sitges. De même que pour Platja dels Balmins, cette plage est agréable et pittoresque car elle se trouve dans un environnement naturel, loin de l’urbanisation de la ville.

    Platja d’Aiguadolç est une plage familiale avec de bons services : secouristes, rampe d’accès, bar de plage, chaises longues et parasols, pédalos et parking. Sa longueur est de 145 mètres et sa largeur moyenne de 20 mètres. En été, elle peut être assez occupée, mais l’ambiance est détendue et la plage est rarement bondée. Elle aussi est populaire auprès des naturistes, même si les vacanciers en maillot de bain sont toujours les bienvenus.

    12. Platja de Garraf

    Platja de Garraf, Sitges - Catalogne (Espagne)

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    La plage de Garraf est facilement accessible en voiture et en train. Elle est située dans le charmant village du même nom, juste à l’extérieur de la ville et c’est un endroit agréable et calme pour se détendre et se reposer à l’abri du vent. Cette plage se distingue également par ses charmantes maisons de plage blanches et vertes datant des années 20. Elle mesure 380 mètres de long sur 28 mètres de large.

    Il y a plusieurs installations, notamment des bars de plage, des chaises longues et des parasols, une location de kayaks et de pédalos, une rampe d’accès et des secouristes. Si vous voulez y passer la journée, il est conseillé de prévoir un pique-nique.

    13. Platja les Botigues

    Platja Les Botigues, Sitges - Catalogne (Espagne)

    Instagram

    Les Botigues est une très grande plage (1415 mètres de long sur 100 mètres de large) avec de bonnes installations, telles que six bars de plage et un accès pour personnes handicapés. Il est possible d’y aller en train. Pour cela, descendez à la gare de Castelldefels, appelée “Platja de Castelldefels”.

    14. Cala Ginesta

    Cala Ginesta est la plage de Sitges à l’accès le plus difficile. En effet, il n’est possible d’y aller qu’à travers le port de plaisance. Cette crique est petite et très sélecte, avec seulement des parasols et des chaises longues en location et un bar de plage. Le cadre naturel le long des falaises est magnifique.

    15. Cala Morisca

    Cala Morisca est une petite plage nudiste comprise entre les falaises de la région de Garraf, le long de la route côtière qui va de Sitges à Garraf. Elle n’est accessible qu’en voiture. Elle mesure 140 mètres de long sur 50 mètres de large et dispose d’un restaurant, de douches et d’une location de chaises longues et de parasols.

    16. Platja de l’Home Mort

    Plage "Gay friendly" Cala de l’Home Mort, Sitges - Catalogne (Espagne)

    C’est une autre petite plage nudiste, populaire parmi les homosexuels. Elle est située derrière les rochers de la discothèque Atlàntida. Contrairement aux autres plages, c’est une plage de galets.

    En fait, cette plage est composée de deux plages : Platja de l’Home Mort et Platja de Roses (110 mètres et 165 mètres de long, largeur moyenne de 10 mètres). Elle n’a pas d’accès facile à la route car elle est entourée de falaises. Vous n’y trouverez qu’un bar de plage et des chaises longues et des parasols en location.

    Plage nudiste Platja de l’Home Mort, Sitges - Catalogne (Espagne)

    17. Platja Desenrocada

    Cette plage a les mêmes caractéristiques que Platja de l’Home Mort et se trouve juste derrière. Elle mesure 90 mètres de long sur 15 mètres de large en moyenne.

    Conseils pour réserver un séjour à Sitges

    Platja San Sebastià, Sitges - Catalogne (Espagne)

    Août est le mois où les stations balnéaires d’Espagne connaissent la plus haute fréquentation car, comme en France, nombreux sont ceux qui prennent leurs vacances à cette période. C’est pourquoi, si vous voulez bénéficier des meilleures offres de locations de villas ou d’appartements sur la plage à Sitges, nous vous recommandons de réserver à l’avance, en particulier pour les mois de juillet et d’août.

    Sitges, Catalogne (Espagne)

    Si vous le pouvez, essayez de réserver en dehors de la haute saison, quand le soleil est encore agréable et chaleureux, mais que la plupart des touristes sont déjà repartis. Vous pourrez encore profiter de la plage et en plus de cela, il y a beaucoup à voir dans la ville de Sitges elle-même.


  • Rien que pour ça, je ferais l’effort d’acheter Le Point qui n’est pas ma référence !
    BHL réagit à l’EXCELLENT article du Monde diplomatique le concernant.
    L’imposture Bernard-Henri Lévy (Le Monde diplomatique, octobre 2008)
    http://www.monde-diplomatique.fr/dossier/BHL
    NRobin

    BHL déclare la guerre au « Monde diplomatique »

    http://www.lepoint.fr/editos-du-point/bernard-henri-levy/bhl-declare-la-guerre-au-monde-diplomatique-20-07-2017-2144458_69.php
    Cible d’un dossier sur le site du « Diplo », l’écrivain évoque la misère et le déshonneur de ce journal qui n’a plus rien à voir avec son titre.
    PAR BERNARD-HENRI LÉVY
    Publié le 20/07/2017 à 10:25 | Le Point
    BHL déclare la guerre au Monde diplomatique
    https://pbs.twimg.com/media/C3vmWvTWYAA_RkR.jpg
    © AFP/ AFP
    « Je m’en vais vous mander la chose la plus étonnante, la plus surprenante, la plus merveilleuse, la plus miraculeuse, la plus triomphante, la plus étourdissante, la plus inouïe... »
    C’est un peu à la façon de la marquise de Sévigné annonçant le mariage de M. de Lauzun que Le Monde diplo, rhabillé sur Internet de garamond et de noir et rouge, fait part de la grande, de l’ébouriffante nouvelle : un plein dossier, vingt ans d’archives, et « en accès libre » s’il vous plaît ! sur l’auteur de ces lignes, qualifié de don Corleone, d’oligarque, de mystificateur, de diable incarné et, last but not leas...
    ARTICLE RÉSERVÉ AUX ABONNÉS


  • Source El Watan.

    http://www.elwatan.com/international/al-aqsa-ultime-faux-pas-du-gouvernement-israelien-23-07-2017-349572_112.php

    Al Aqsa, ultime faux pas du gouvernement israélien ?
    Par Lina Kennouche ()

    L’opération spectaculaire à proximité de la mosquée d’Al Aqsa à Jérusalem-Est et les affrontements entre Palestiniens et forces d’occupation qui s’en sont suivis ont ravivé les craintes chez les Israéliens d’une intifadha généralisée. Après l’attaque du 14 juillet qui a fait deux morts et un blessé parmi les policiers israéliens et coûté la vie à ses auteurs, les forces d’occupation ont mis à profit la dégradation du contexte sécuritaire pour renforcer leur emprise sur l’Esplanade des Mosquées.

    Installation de portes de contrôle et fouilles systématiques sont les mesures de sécurité prises par les autorités israéliennes, mais les Palestiniens, en signe de protestation et de résistance à l’intrusion coloniale dans leur vie culturelle et religieuse, ont refusé d’accéder à l’Esplanade. Après le bouclage permanent et complet de la ville, la mise en œuvre d’une stratégie visant à réduire la population palestinienne à Jérusalem et augmenter la présence juive, cette nouvelle confrontation pourrait être le prétexte à une accélération de la politique de judaïsation de la ville.

    En effet, les restrictions d’accès à la mosquée sont considérées par les Palestiniens comme une violation du statu quo trouvé depuis 1967 (et garanti par le droit international) entre les forces d’occupation israéliennes et l’autorité de la mosquée pour permettre aux fidèles de visiter le site religieux. Profitant du contexte, les colons ont redoublé d’activisme en appelant à une manifestation le 20 juillet pour s’emparer de la mosquée et concrétiser leur projet de construction du 3e temple qui impliquerait la destruction du Dôme du Rocher et de la mosquée Al Aqsa. Vendredi la tension a atteint un pic avec la décision de maintenir les portes équipées de détection de métaux aux abords de l’Esplanade et d’interdire l’accès à la vieille ville aux hommes de moins de 50 ans.

    La politique de judaïsation accélérée s’inscrit en réalité dans une stratégie plus globale, que le sociologue israélien Baruch Kimmerling qualifie de « politicide » dans son ouvrage du même titre, à savoir « une stratégie politico-militaire, diplomatique et psychologique ayant pour but la dissolution du peuple palestinien comme entité économique, sociale et politique légitime et indépendante ».

    Baruch Kimmerling, analysant le défi démographique, montre que l’accroissement de la population palestinienne des Territoires occupés en 1948 et 1967 remet en cause la nature exclusivement juive de l’Etat israélien. Face à ce défi démographique, l’émergence d’une coalition stable de la droite ultra nationaliste israélienne favorise la politique de destruction méthodique des conditions d’existence du peuple palestinien. Or, cette politique pourrait avoir un coût élevé pour Israël dans un contexte régional et interne profondément modifié.

    La résistance, fait politique irréductible du système colonial, se renforce en raison des contradictions du système politique israélien qui le conduit à durcir chaque jour sa stratégie d’expansion et de judaïsation de la Palestine. Bien que le Premier ministre israélien, Benyamin Netanyahu, tente de parier aujourd’hui sur le soutien du président américain, Donald Trump, pour renverser le statu quo, le temps ne joue pas en faveur d’Israël. En écho à la radicalisation du gouvernement israélien, le peuple palestinien intensifie sa résistance au point d’agir en dehors du cadre des partis politiques traditionnels palestiniens : l’entrée en résistance des Palestiniens de 1948, avec l’intifadha des couteaux en 2015, en est l’illustration parfaite. Jérusalem apparaît désormais comme le champ de bataille ultime, où s’affrontent la politique de colonisation et le projet de résistance palestinien, qui, en dépit des apparences, ne cesse de se revigorer. La mobilisation populaire met également à nu le rôle historique de l’Autorité palestinienne qui se réduit à un appareil de répression au service de l’occupation pour démanteler les organisations de résistance palestiniennes.

    En dépit de la gravité de la situation autour de l’Esplanade, le discours prononcé par le président de l’Autorité, Mahmoud Abbas, lors de sa rencontre à Pékin avec le chef de l’Etat, Xi Jinping, mardi, n’y a pas fait la moindre allusion. Dans un contexte où ses soutiens traditionnels sont divisés entre, d’un côté Israël et les Etats-Unis et, de l’autre, l’Egypte et les Emirats arabes unis pariant sur M. Dahlan pour remplacer M. Abbas, le scénario d’un embrasement généralisé pourrait accélérer l’implosion de l’Autorité.

    L’évolution globale au Moyen-Orient, marqué par un changement dans les rapports de force, une autonomisation relative des acteurs régionaux et des contradictions dans les rangs des puissances alliées, rendent la situation imprévisible. Un bouclage durable et étendu de l’Esplanade des Mosquées pourrait constituer le détonateur d’une révolte généralisée. Des organisations de résistance comme le Djihad islamique et le Hamas ont laissé entendre que toutes les options restaient ouvertes. Comme l’a noté le géostratège israélien Arnon Shoffer : « Les facteurs principaux qui menacent la survie d’une organisation ne s’incarnent pas dans un événement dramatique, spectaculaire, mais des processus lents, graduels, dont on n’a, en général, pas conscience. »

    Aveugle à ses propres intérêts, Israël a atteint un seuil critique qui renforce la dynamique, imperceptible, à l’œuvre dans l’effondrement du système colonial. En 2007, dans un entretien accordé à Haaretz, l’ancien président de la Knesset, Avraham Burg, concluait déjà : « L’œuvre sioniste est bâtie sur de l’illusion. Pensez-vous sérieusement que Tel-Aviv va rester éternellement cette entité post-sioniste éthérée ? Israël n’est qu’un corps sans âme. »

    () Doctorante à l’université Saint Joseph
    de Beyrouth