NRobin

Chargée d’Etudes Nantes / AMD


  • http://www.humanite.fr/union-europeenne-bruxelles-macron-la-cote-mais-guere-de-resultats-637923

    THOMAS LEMAHIEU
    VENDREDI, 23 JUIN, 2017
    L’HUMANITÉ
    http://m.avaz.ba/storage/2017/06/22/thumbs/594c067e-e58c-47f7-89fa-98e90a0a0a64-bruxelles-samit-4-718x446.jpg

    Sur les grandes questions sociales et économiques, le locataire de l’élysée se concentre quasi exclusivement sur les travailleurs détachés, sans apporter grand-chose de plus que ce qui est déjà sur la table dans la discussion actuelle sur la directive. J. Warnand/AFP
    Sur les grandes questions sociales et économiques, le locataire de l’élysée se concentre quasi exclusivement sur les travailleurs détachés, sans apporter grand-chose de plus que ce qui est déjà sur la table dans la discussion actuelle sur la directive. J. Warnand/AFP
    Dans un entretien à la presse européenne, le président français insiste surtout sur la défense commune. Il se montre moins disert sur les garanties sociales, au moment où, en France, il s’apprête à les saccager avec ses ordonnances.

    Super-Macron est arrivé. Lui, il va sauver les meubles. Dans la tourmente européenne, marquée par la contestation croissante des politiques d’austérité et de casse des droits sociaux depuis des années, cette élection du candidat centriste à la présidence française a constitué une divine surprise pour les béni-oui-oui du continent, et la majorité absolue au Parlement qu’il vient de recueillir survient comme une confirmation assez inespérée. Face à Donald Trump ou après le Brexit, dans la crise des dettes publiques comme dans celle des réfugiés, ce nouveau visage permet de relancer la fable d’une Europe en voie de refondation, mais qui, sans jamais toucher aux dogmes néolibéraux, ne peut aboutir au mieux qu’à un ravalement de façade…

    Dans un grand entretien au Figaro et à sept autres titres européens, paru hier matin, Emmanuel Macron trace les lignes moins d’un programme que d’un récit grâce auquel il espère reconquérir les cœurs des couches moyennes et populaires de toute l’Union européenne. Le président français coche les cases en utilisant quelques formules-chocs : « L’Europe n’est pas un supermarché, pérore-t-il. L’Europe est un destin commun. Elle s’affaiblit quand elle accepte que l’on rejette ses principes. »

    Déterminé à afficher une alliance permanente avec l’Allemagne

    Sur le fond, non sans avoir insisté sur les « réformes fondamentales qui sont indispensables pour la France » – il désigne en particulier la contre-réforme du droit du travail préparée par ordonnances dès cet été et largement inspirée par les recommandations récurrentes élaborées dans le cadre de la procédure dite du « semestre européen » –, Macron met en avant une conception assez étriquée de la « protection » à offrir aux citoyens. Pour lui, il s’agit avant tout de « sécurité » et de « défense ». Au diapason des projets dessinés à Bruxelles, le président de la République plaide longuement pour la constitution d’une force militaire commune, se félicitant de voir l’Allemagne « revenir sur des tabous profonds hérités de la Seconde Guerre mondiale » et « dépenser plus que la France en matière de défense dans les années à venir ».

    Sur les grandes questions sociales et économiques, après avoir défendu son projet à moyen terme de « budget de la zone euro, doté d’une gouvernance démocratique » comme « moyen de convergence » entre les différents pays, Emmanuel Macron se concentre quasi exclusivement sur les travailleurs détachés, sans apporter grand-chose de plus que ce qui est déjà sur la table dans la discussion actuelle, au Conseil et au Parlement, sur la directive. Mais le sujet permet au locataire de l’Élysée de se poser en défenseur des garanties sociales, au moment même où il entend les détricoter un peu plus en France. « L’objectif d’une Europe qui protège doit aussi s’imposer dans le domaine économique et social, avance-t-il. En raisonnant comme on le fait depuis des années sur le travail détaché, on prend l’Europe à l’envers. Les grands défenseurs de cette Europe ultralibérale et déséquilibrée, au Royaume-Uni, se sont fracassés dessus. Sur quoi le Brexit s’est-il joué ? Sur les travailleurs d’Europe de l’Est qui venaient occuper des emplois britanniques. (…) On ne peut pas continuer à faire l’Europe dans des bureaux, à laisser les choses se déliter. Le travail détaché conduit à des situations ridicules. Vous pensez que je peux expliquer aux classes moyennes françaises que des entreprises ferment en France pour aller en Pologne car c’est moins cher ? »

    Déterminé à afficher une alliance permanente avec l’Allemagne, préconisant des positions communes entre les deux pays avant chaque sommet européen, le président français se heurte déjà à un mur, malgré la faiblesse de ses exigences et en dépit du fait que les autres dirigeants tiennent à le ménager. Cela a été le cas dans le feuilleton grec, où le ministre des Finances allemand, Wolfgang Schäuble, a une fois de plus réussi à repousser à plus tard toute décision sur l’allégement de la dette publique d’Athènes, malgré le soutien affiché des Français au gouvernement Tsipras. Autre exemple à l’occasion du Conseil européen qui se tient ce vendredi à Bruxelles : la proposition de laisser plus de pouvoir à Bruxelles pour contrôler les acquisitions chinoises dans l’UE, afin de protéger les secteurs stratégiques, devrait être repoussée et, à tout le moins, désamorcée par les autres chefs d’État. Selon le projet de conclusions du sommet, il ne s’agit que de demander à la Commission d’examiner « les besoins » de l’UE en la matière. Soit de brasser du vent une fois de plus…

    Thomas Lemahieu
    Rubrique Monde


  • La France broyée dans l’engrenage UE-OTAN.
    France/UE/OTAN, la profonde analyse d’un pseudonyme qui souhaite garder l’anonymat.
    De quoi a-t-il peur d’être taxé de souverainiste ?
    "La grandeur de la de la France" c’est tellement ringard !
    Pour le reste c’est excellent !
    NRobin

    https://www.upr.fr/actualite/france/france-broyee-lengrenage-ue-otan-antoine-carthago

    LA FRANCE BROYÉE DANS L’ENGRENAGE UE-OTAN ===== Une analyse d’Antoine Carthago
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    Publié le 16 juin 2017 dans Europe, France, Frexit, OTAN / Lien permanent

    La récente adhésion – le 5 juin 2017 – du Monténégro à l’OTAN est l’occasion, pour Antoine Carthago de faire le point sur les conséquences de l’appartenance de la France à l’UE et à l’OTAN. Sous ce pseudonyme écrit un expert de géopolitique, notamment du Moyen-Orient, adhérent fidèle de l’UPR, qui souhaite garder l’anonymat pour des raisons professionnelles.

    LA FRANCE BROYÉE DANS L’ENGRENAGE UE-OTAN

    Le Premier ministre du Monténégro, Dusko Markovic, a assisté en tant qu’observateur au sommet de l’OTAN qui s’est tenu le 25 mai dernier à Bruxelles. Son pays est devenu officiellement le 29e membre de l’Alliance atlantique le 5 juin. Renforçant sa présence dans les Balkans, l’OTAN est désormais présente sur toute la façade de la mer Adriatique.

    L’information était passée relativement inaperçue dans les médias français : le 11 avril dernier, le président Donald Trump avait « signé l’instrument de ratification du protocole d’adhésion du Monténégro à l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord » (OTAN), comme l’indiquait la Maison-Blanche dans un communiqué succinct.

    Vu de Moscou, il s’agissait d’une énième provocation de la part de Washington qui soutient activement l’extension de l’OTAN dans sa zone d’influence. Le ministère russe des Affaires étrangères avait d’ailleurs protesté contre cette décision qui « porte atteinte à la stabilité des Balkans et de l’Europe en général » , et Moscou avait bloqué les importations de vin du Monténégro.

    Ce même 11 avril, le secrétaire d’État américain Rex Tillerson entamait une visite très attendue à Moscou, dans un moment de forte tension entre les deux anciens rivaux de la Guerre froide. Difficile de croire à une coïncidence. Cela ressemblait plutôt à un coup calculé que semble affectionner le président Trump. Accompagner les négociations internationales de provocations ou de démonstrations de force est conçu comme permettant à Washington d’asseoir une position dominante et de maintenir une pression sur ses « partenaires ».

    Ce jeu dangereux et difficilement prévisible a pour toile de fond l’élargissement continu de l’Alliance atlantique, menace majeure pour Moscou, qui contribue à la déstabilisation de l’Europe orientale et des Balkans.

    Par son appartenance à l’OTAN, la France se retrouve étroitement associée à cette politique agressive, régulièrement accompagnée de violations du droit international. En cas d’aggravation majeure des tensions, la France risque ainsi de subir les conséquences d’une mécanique d’expansion dont elle n’a aucune maîtrise.

    Le présent article retrace l’extension de l’OTAN, source de tensions avec la Russie, et l’alignement progressif de la France sur cette politique, au nom de la « construction européenne ».

    I – L’EXTENSION DE L’OTAN À L’EST DE L’EUROPE, PRINCIPALE SOURCE DE TENSIONS AVEC LA RUSSIE.

    Le traité de l’Atlantique nord, signé le 4 avril 1949 à Washington, fit naître l’OTAN dans un contexte de début de Guerre froide, marqué par l’opposition entre les doctrines Roosevelt et Jdanov (1947) et la crise de Berlin (1948-49).

    L’Alliance posait le principe d’une défense collective du camp atlantique présentée comme nécessaire face à la menace soviétique. Mais cette création de l’OTAN fut perçue en retour comme une menace par l’URSS, qui y riposta six ans après, par la signature du Pacte de Varsovie en 1955.

    Les clauses de défense collective et l’arsenal nucléaire des deux superpuissances assuraient « l’équilibre de la terreur » qui allait dominer le paysage stratégique pendant un demi-siècle, depuis le début des années 50 jusqu’au début des années 90.

    Après l’effondrement de l’Union soviétique en 1991, le Pacte de Varsovie fut dissous et la menace soviétique cessa d’exister. Beaucoup pensèrent alors que l’OTAN allait disparaître, n’ayant plus de raison d’être.

    Ce ne fut pas le cas. Non seulement l’Alliance se maintient mais elle se lança dans un vaste mouvement d’élargissement aux anciens pays du bloc de l’est, élargissement qui est encore aujourd’hui assidûment poursuivi par les stratèges américains aux commandes de l’OTAN. L’Alliance atlantique opéra ainsi une mue stratégique : d’une organisation de défense collective censée faire face à une menace réelle, l’OTAN devint ouvertement un instrument au service de l’expansion de l’hyperpuissance américaine dans l’ancienne zone d’influence soviétique.

    En 1990, à la faveur de la réunification allemande, l’ancienne RDA rejoignit l’OTAN. Le secrétaire d’État américain James Baker aurait alors promis à Gorbatchev que l’Alliance ne déploierait pas de troupes à l’est de l’Allemagne. S’il existe une controverse historique et des divergences d’interprétation sur ce point, c’est bien ainsi que l’avaient compris les élites russes dont Vladimir Poutine, qui l’a rappelé dans un discours prononcé à Munich le 10 mars 2007 [ voir Russie : vers une nouvelle guerre froide ? sous la direction de Jean-Robert Raviot p.22-23 ].

    Dès lors, l’élargissement de l’OTAN fut perçu par la Russie comme une politique agressive destinée à étendre la domination stratégique américaine dans l’ancien bloc de l’est et jusqu’à ses frontières, afin de contrecarrer la puissance russe et d’empêcher sa résurgence.

    Carte des 28 États-membres de l’OTAN « élargie » – avant l’adhésion du Monténégro le 5 juin 2017 comme 29e membre.

    L’élargissement commença en 1999, quand la Pologne, la République tchèque et la Hongrie rejoignirent l’OTAN. La même année, l’Alliance lança sa première intervention militaire en Serbie, menant des bombardements sans mandat de l’ONU. Ce conflit illustre l’évolution de l’OTAN, qui intervient sans qu’aucune agression n’ait été commise contre l’un de ses États-membres, de surcroît en violation patente du droit international. Loin d’une Alliance défensive, l’OTAN montre un visage agressif dans les Balkans, zone d’influence traditionnelle de Moscou. L’offensive cause d’ailleurs près de 500 morts au Monténégro, à l’époque rattaché à la Serbie, qui vient aujourd’hui de rejoindre l’Alliance atlantique.

    En 2004, l’OTAN signe des « partenariats pour la paix » avec tous les anciens pays de l’URSS, afin de mettre en place un cadre de coopération pour une intégration politico-stratégique et militaro-industrielle de ces États. Dans l’année, la Bulgarie, la Roumanie, la Slovaquie, la Slovénie, l’Estonie, la Lituanie et la Lettonie rejoignent l’OTAN, désormais limitrophe directe de la Russie, via les États baltes.

    En 2009, l’OTAN renforce son ancrage dans les Balkans avec l’adhésion de la Croatie et de l’Albanie. Des discussions d’adhésions sont aujourd’hui très avancées avec la Bosnie-Herzégovine et la Macédoine (dont le principal obstacle à l’adhésion est la « guerre du nom » qui l’oppose à la Grèce), qui fournit déjà de nombreuses troupes pour les opérations de l’OTAN, notamment en Afghanistan.

    Enfin, le Monténégro a officialisé son adhésion le 5 juin 2017, après avoir reçu l’aval de Washington et ratifié le traité d’adhésion le 28 avril dernier (l’opposition a boycotté le vote). Les sondages ont montré que la population monténégrine était très divisée sur cette question, mais l’option d’un référendum a été écartée.

    À l’élargissement de l’OTAN s’ajoute le déploiement d’un « bouclier » anti-missile à l’est de l’Europe, poussé par les Américains en dépit des protestations russes.

    Sous le prétexte officiel – qui ne trompe personne – d’être dirigé contre les États « proliférant » (suspectés de vouloir se doter de l’arme nucléaire), dont l’Iran situé à des milliers de kilomètres, ce « bouclier » vient concrètement limiter les capacités russes de dissuasion nucléaire. Cette manœuvre rompt ainsi l’équilibre stratégique en vigueur depuis les années 1950 et institutionnalisé par les traités SALT depuis les années 1970. Le premier site de défense anti-missile de l’OTAN a été inauguré en mai 2016 en Roumanie.

    Ce contexte permet d’éclairer la crise ukrainienne, qui ne peut se comprendre sans intégrer la problématique fondamentale de l’élargissement de l’OTAN et les craintes obsidionales de Moscou.

    L’annexion rapide de la Crimée par la Russie, suite au changement de gouvernement à Kiev, a été motivée par la crainte de Moscou de voir cette péninsule stratégique, abritant la flotte russe de la Mer noire, tomber dans les mains de l’OTAN. Le Kremlin n’a pas été dupe du rôle de Washington dans la crise, révélé au grand jour par les écoutes entre Geoffrey Pyatt, ambassadeur des États-Unis à Kiev, et la sous-secrétaire d’État Victoria Nuland, qui s’afficha aux côtés des manifestants du « Maïdan ».

    La Russie n’a pas oublié non plus les velléités d’adhésion à l’OTAN de l’Ukraine, qui n’ont été que « différées » au sommet de l’Alliance de Bucarest en 2008. Depuis le déclenchement de la crise en 2014, l’OTAN n’a cessé de renforcé sa coopération avec l’Ukraine. Le président Porochenko a été invité au sommet de l’OTAN de Varsovie en juillet 2016, au cours duquel a été décidé le déploiement de troupes supplémentaires en Europe de l’est.

    La déclaration finale de ce sommet désigne clairement la Russie comme l’ennemi principal : « Les actions agressives de la Russie, y compris ses activités militaires provocatrices à la périphérie du territoire de l’OTAN (sic) et sa volonté avérée d’atteindre des objectifs politiques par la menace ou l’emploi de la force, constituent une source d’instabilité régionale, représentent un défi fondamental pour l’Alliance ».

    Deux mois plus tard, Porochenko déclarait qu’adhérer à l’OTAN restait pour l’Ukraine un « objectif stratégique ». Tant que cette perspective d’adhésion continuera d’être soutenue – ou seulement repoussée pour quelques années -, un règlement durable de la crise ukrainienne sera difficile à envisager.

    Le président Donald Trump et le secrétaire général de l’OTAN – le Norvégien Jens Stoltenberg – au sommet de l’Alliance atlantique le 25 mai 2017 à Bruxelles. Le président américain a abandonné ce qu’il avait dit de l’OTAN pendant sa campagne électorale et s’est aligné sur la politique de « l’État profond » de Washington en soutenant l’OTAN et en dénonçant les « menaces » de la Russie.

    Or, pour de nombreux stratèges américains, l’Ukraine est une pièce maîtresse pour contenir la puissance russe car « sans l’Ukraine, la Russie cesse d’être un empire », comme l’écrivait dès 1997 Zbigniew Brzezinski dans Le Grand échiquier, l’Amérique et le reste du monde.

    Au récent sommet de l’OTAN à Bruxelles le 25 mai 2017, le président Donald Trump a finalement suivi cette ligne, contraire à celle qu’il avait semblé adopter lors de sa campagne électorale, en particulier lorsqu’il a déclaré que l’OTAN devait se concentrer sur le terrorisme, l’immigration, et les « menaces de la Russie ».

    Ainsi, l’extension continue de l’OTAN constitue bien l’irritant majeur de la relation américano-russe et la principale menace stratégique, vu de Moscou. Le discours de Vladimir Poutine du 24 octobre 2014 au club de Valdaï en est une claire illustration, à propos notamment de l’Ukraine.

    La France, qui a décidé de réintégrer les instances de l’OTAN au moment où celle-ci évoluait vers un outil au service de l’expansionnisme américain, se retrouve étroitement associée à ces politiques agressives qui déstabilisent l’Europe et aggravent les risques de confrontation avec Moscou.

    II – LA FRANCE PRISE DANS L’ENGRENAGE EURO-ATLANTISTE

    La France de la IVe République avait adhéré à l’OTAN dès sa création en avril 1949. Mais le général de Gaulle lui avait fait quitter son commandement militaire intégré dix-sept ans après, en mars 1966. Conforté politiquement par son élection au suffrage universel trois mois plus tôt (décembre 1965), de Gaulle avait décidé de recouvrer la souveraineté militaire française pleine et entière, en retirant ses forces à la disposition de l’Alliance et en ordonnant le départ des structures militaires de l’OTAN du territoire français. Ce départ et la fermeture des bases américaines en France eurent lieu un an plus tard.

    De Gaulle ne cachait pas son hostilité à l’OTAN, dont il avait demandé en 1958 une réforme instaurant une direction tripartite (États-Unis, Royaume-Uni et France), ce que les Américains avaient refusé.

    En sortant du commandement intégré, il souhaitait réaffirmer la souveraineté de la France et accompagner la « détente » qui marquait l’apaisement de la Guerre froide après la crise de Cuba de 1962. De Gaulle pouvait s’appuyer sur l’autonomie stratégique de la France, qui développait sa propre bombe atomique depuis la fin des années 50, ainsi que des vecteurs de lancement. De Gaulle avait refusé de se rallier aux « accords de Nassau » par lesquels le Royaume-Uni avait accepté d’utiliser sa force nucléaire en accord avec les États-Unis – en clair : de se placer en état de subordination par rapport à Washington -, et cela en échange de la fourniture de missiles Polaris américains.

    Pour autant, le bloc socialiste demeurait une réalité dominant la moitié de l’Europe, ce qui justifiait aux yeux du Général le maintien de la France dans l’OTAN. De Gaulle avait ainsi décidé de rester dans l’alliance atlantique afin de coordonner une éventuelle action militaire d’envergure avec nos alliés occidentaux ; mais il était sorti du commandement militaire, afin que la France décide par elle-même de l’emploi de ses armées, sans laisser ce pouvoir à un commandement américain.

    Toutefois, comme il l’expliqua à Peyrefitte, Charles de Gaulle estimait que le maintien de la France dans l’OTAN n’était que provisoire. Dès le milieu des années 60, de Gaulle anticipait que le bloc communiste finirait par s’effondrer – ce qui témoignait d’une prescience bien rare à cette époque-. Mais il pensait que cet effondrement entraînerait quasi-naturellement la dissolution de l’Alliance atlantique par volonté des pays d’Europe de secouer alors le joug américain – ce qui témoigne que le fondateur de la France Libre mésestimait à la fois le cynisme de la politique américaine et le degré de vassalisation des dirigeants européens vis-à-vis de Washington.

    De Gaulle a donc posé les bases d’une politique d’indépendance, condition essentielle pour assurer la grandeur de la France. Dans le cadre de la Guerre froide, la France était, certes, membre du camp occidental. Mais elle voulait conserver une autonomie de dissuasion et rester maîtresse de l’engagement de ses troupes, afin de ne pas se laisser entraîner dans des conflits au service d’intérêts américains.

    C’est cette politique d’indépendance nationale et de grandeur que la France a reniée, en réintégrant progressivement les structures de l’OTAN, alors même que l’Union soviétique a disparu. Ce réalignement sur Washington s’est effectué au nom de la nécessité de construire « l’Europe de la défense ».

    Dès l’origine, la « défense européenne » était subordonnée à l’OTAN : la Communauté européenne de défense (CED), que l’alliance des gaullistes et des communistes avait fait échouer au Parlement français en 1954, devait être placée sous la supervision du commandant en chef de l’OTAN – qui est systématiquement un général américain.

    Toujours dans cette logique, la « relance » de l’Europe de la défense avec le traité de Maastricht se fit en étroite coordination et sous le contrôle de l’OTAN. Dans La France et l’OTAN, une histoire, Maurice Vaïsse écrit :

    « en janvier 1993, les relations entre l’Eurocorps et l’OTAN sont précisées : en cas de crise, l’Eurocorps – y compris les unités françaises – peut être placé sous le commandement opérationnel de l’OTAN, alors que jusqu’alors Paris n’avait accepté que le principe d’un « contrôle opérationnel » ; le 11 janvier 1994, le sommet de l’OTAN à Bruxelles approuve la mise à disposition de l’UEO [Union de l’Europe occidentale, organisation de défense et de sûreté] de moyens de l’OTAN, quand les États-Unis ne seront pas activement impliqués et pour des missions ne découlant pas de l’article 5 du Traité. Et la France se rallie finalement au concept de Groupes de forces interarmées multinationales (GFIM), et accepte les nouvelles missions de l’OTAN au service du maintien de la paix ».

    Il conclut : « Une défense européenne ne pourra pas voir le jour en dehors de l’OTAN ». Entraînée par la machine européenne, dont la grande majorité des membres sont alignés sur les États-Unis, la France amorce son rapprochement avec l’OTAN.

    Constatant que les partenaires européens refusaient une Europe de la défense indépendante de l’organisation atlantique, Jacques Chirac décida, en 1995, de faire participer la France au comité militaire et au conseil des ministres de la Défense de l’OTAN.

    Pour faire passer la pilule aux cadres du mouvement gaulliste restés fidèles aux enseignements de l’Homme du 18 juin, l’entourage de Jacques Chirac développa l’argument habituel de tous ceux qui justifient leur trahison. Cet argument consiste invariablement à affirmer qu’il serait « plus efficace » « d’influer de l’intérieur » plutôt que de s’opposer à une structure de l’extérieur. En l’espèce, certains chiraquiens tentèrent de justifier cette trahison du gaullisme en arguant qu’il fallait réintégrer les structures de l’OTAN pour faire évoluer l’alliance de l’intérieur, afin de la rendre ainsi plus favorable aux intérêts européens et français.

    Comme toutes les prétendues tentatives « d’influer de l’intérieur » qui ne reposent pas sur un rapport de forces crédible, celle-ci se solda bien entendu par un échec cinglant. La demande de Jacques Chirac de restructurer le commandement de l’OTAN fut sèchement refusée par Washington. Le président de la République française de l’époque souhaitait aussi que les « Européens » puissent en prendre la tête à tour de rôle, ce qui rappelle la réforme demandée par de Gaulle en 1958. Cela fut également refusé.

    Contrairement au Général, qui prit les mesures qui s’imposaient, Chirac ne revint pas sur le rapprochement avec l’OTAN. S’il s’opposa par la suite à l’implication de l’OTAN en Irak en 2003-2004, il engagea néanmoins les troupes françaises aux côtés de l’Alliance, au Kosovo ou en Afghanistan.

    En 2007, Nicolas Sarkozy franchit une étape supplémentaire en annonçant la réintégration de la France dans le commandement intégré de l’OTAN, actée en 2009.

    Désormais, la France a pleinement réintégré les structures de l’Alliance, ce qui témoigne de son alignement de plus en plus total sur les visées stratégiques américaines, qui ont pourtant montré leur dangerosité au tournant du XXIe siècle. Cet alignement s’inscrit en parfaite conformité avec la construction européenne, qui intègre les pays d’Europe de l’est ayant rejoint l’OTAN. Javier Solana, ancien secrétaire général de l’OTAN et premier haut représentant de l’Union européenne pour la politique étrangère et de sécurité commune, personnifie cette concordance stratégique au service des intérêts américains.

    Le « Livre blanc sur la défense nationale » de 2013 illustre le carcan mental dans lequel se sont désormais enfermés les dirigeants et les stratèges français. Car il précise avec un empressement servile que « notre stratégie de défense et de sécurité nationale ne se conçoit pas en dehors du cadre de l’Alliance Atlantique et de notre engagement dans l’Union européenne ».

    La France ne s’autorise donc même plus à penser hors du cadre de l’OTAN, dont nous a pourtant décrit plus haut la politique d’élargissement agressif porteur de conflit avec la Russie.

    Ainsi se referme le piège mental dans lequel se sont jetés les responsables français : pour avoir cru qu’une « Europe de la défense » serait un levier de puissance, pour avoir songé que rejoindre les structures de l’OTAN permettrait de « les faire évoluer de l’intérieur », la France se retrouve prise dans un engrenage euro-atlantiste dont elle ne maîtrise pas la course et qui risque de l’entraîner vers un conflit majeur.

    Au cœur de cette logique folle se trouve « l’esprit d’abandon » dont parlait de Gaulle, pour caractériser l’attitude des politiciens à la fin des années 1930. Des dirigeants qui ne croient plus en la capacité de la France d’assurer son indépendance finissent par la livrer, par abandons successifs, au contrôle des puissances hégémoniques.

    Conclusion : Allons-nous laisser « disparaître la France, emportée par des chimères » ?

    L’élargissement de l’OTAN au Monténégro et la montée des tensions entre Moscou et Washington doivent être pris très au sérieux et imposent de repenser notre appartenance à l’OTAN. Il ne faut pas oublier que c’est dans cette région toujours instable des Balkans qu’a éclaté la Première Guerre mondiale. Même si les raisons profondes de celle-ci furent multiples, il n’en reste pas moins que c’est l’assassinat de l’archiduc d’Autriche François-Ferdinand à Sarajevo qui en fut le détonateur. Cet attentat avait alors entraîné le monde, par le jeu des alliances militaires « à vocation défensive », dans l’un des pires conflits de l’histoire.

    Ambassadeur de France et représentant permanent auprès de l’OTAN de 1987 à 1993, Gabriel Robin faisait un constat sans appel (cité par Régis Debray dans le Monde diplomatique) :

    « L’OTAN pollue le paysage international dans toutes les dimensions. Elle complique la construction de l’Europe. Elle complique les rapports avec l’OSCE. Elle complique les rapports avec la Russie, ce qui n’est pas négligeable. Elle complique même le fonctionnement du système international parce que, incapable de signer une convention renonçant au droit d’utiliser la force, l’OTAN ne se conforme pas au droit international. Le non-recours à la force est impossible pour l’OTAN car elle est précisément faite pour recourir à la force quand bon lui semble. Elle ne s’en est d’ailleurs pas privée, sans consulter le Conseil de sécurité des Nations unies. Par conséquent, je ne vois pas très bien ce qu’un pays comme la France peut espérer de l’OTAN, une organisation inutile et nuisible, sinon qu’elle disparaisse ».

    Pour sortir du carcan intellectuel dans lesquels les dirigeants français se sont eux-mêmes enfermés, il faut renouer avec l’idée d’une France indépendante, universelle et ouverte sur le monde, qui assure la défense de ses intérêts, de son autonomie stratégique et le respect du droit international.

    Mais cela ne peut pas se faire dans le cadre de l’Union européenne. Car c’est bien le leitmotiv irréfléchi de « faire l’Europe », notamment sur le plan de la défense, qui a mené à notre alignement sur les intérêts euro-atlantistes.

    Ce choix funeste a bien sûr été réitéré par Emmanuel Macron dès son premier discours en tant que président de la République, où il déclarait « Nous avons un rôle immense : corriger les excès du cours du monde, et veiller à la défense de la liberté. C’est là notre vocation. Pour ce faire, nous aurons besoin d’une Europe plus efficace, plus démocratique, plus politique, car elle est l’instrument de notre puissance et de notre souveraineté ».

    Emmanuel Macron a décidé de renommer le Quai d’Orsay en « ministère de l’Europe et des Affaires étrangères », en traduisant ainsi ses priorités par le fait que l’Europe passe avant les Affaires étrangères.

    Il s’est ensuite empressé de nommer Sylvie Goulard – une fédéraliste européenne forcenée – à la tête du ministère de la défense, renommé de façon très inquiétante « ministère des armées ». Laquelle s’est aussitôt empressée d’affirmer que « si nous voulons faire l’Europe de la défense, il va y avoir des restructurations à opérer, faire des choix de compatibilité et, à terme, des choix qui pourraient passer dans un premier temps pour aboutir à privilégier des consortiums dans lesquels les Français ne sont pas toujours leaders » [16]. En bref, la nouvelle « ministre des armées » ne veut plus que la France privilégie les productions d’armement françaises mais que nous remettions notre destin dans les mains de fournisseurs d’armes étrangères…

    En bref, la relance de « l’Europe de la défense », qu’Emmanuel Macron appelle de ses vœux, ne peut que conduire à une soumission renforcée aux intérêts stratégiques américains.

    Le général de Gaulle avait parfaitement saisi cet état d’esprit et ses conséquences tragiques. Dans sa conférence de presse du 28 octobre 1966, il déclarait :

    « Il est vrai que parmi nos contemporains, il y a beaucoup d’esprits, et souvent non des moindres, qui ont envisagé que la France renonçât à son indépendance, sous le couvert de tel ou tel ensemble international. Ayant ainsi remis à des organismes étrangers la responsabilité de notre destin, nos gouvernants n’auraient plus, selon l’expression consacrée par cette école de pensée, qu’à y plaider le dossier de la France. […] Mais si nous avions écouté leurs apôtres excessifs, ces organismes où prédominent, tout le monde le sait, la protection politique, la force militaire, la puissance économique, l’aide multiforme des États-Unis, ces organismes n’auraient été pour nous qu’une couverture pour notre soumission à l’hégémonie américaine. Ainsi, la France disparaîtrait, emportée par les chimères ».

    Mais il ajoutait qu’« au contraire, pour ma part, je n’ai jamais cessé d’inciter notre pays à assumer son indépendance ; et c’est cela qui fait l’unité d’une politique depuis l’origine, d’une politique qui est devenue, par la volonté du peuple, celle de la République ».

    Assumer son indépendance, afin de porter au monde la voix de la France, impose non seulement de sortir de l’OTAN, mais également de l’Union européenne, qui a poussé la France à réintégrer pleinement l’alliance atlantique. Seule l’UPR propose cette voie vers la souveraineté, sans laquelle il ne peut y avoir de grande diplomatie ni même de réelle démocratie.

    Antoine CARTHAGO

    16 juin 2017

    Antoine CARTHAGO, est un pseudonyme sous lequel écrit un expert de géopolitique, notamment du Moyen-Orient, adhérent fidèle de l’UPR, qui souhaite garder l’anonymat pour des raisons professionnelles



  • Oliver Stone : entretien avec Poutine, c’est ce soir sur la 3

    Le réalisateur du film de guerre "Entre ciel et terre", nous livre une autre version de Poutine
    L’autre propagande d’un vrai chef d’état !

    Ce que dit Poutine me paraît extrêmement cohérent. Nous sommes loin des discours de haine de nos pseudo chefs d’État propagandistes et va-en-guerre.

    Bien que Poutine Raconte des idioties sur Sharon...

    Oliver Stone a réalisé le même type de documentaire avec Arafat et Fidel Castro.

    http://www.leparisien.fr/culture-loisirs/tv/documentaire-vladimir-poutine-seduit-oliver-stone-sur-france-3-26-06-2017

    Oliver Stone a rencontré le président russe à plusieurs reprises entre juillet 2015 et février 2017 pour réaliser le documentaire « Conversations avec Mr. Poutine ».

    SHOWTIME/KOMANDIR
    Documentaire : Vladimir Poutine séduit Oliver Stone sur France 3

    Le cinéaste américain propose une série de longs entretiens passionnants avec le président russe. Une rencontre étonnante.
    Culture & Loisirs > TV
    Benoît Daragon
    26 juin 2017, 6h00 | MAJ : 26 juin 2017, 13h56
    Quelle est la vision du monde de Vladimir Poutine ? Oliver Stone a posé la question à l’intéressé. Le réalisateur de « JFK », « Wall Street » et « Platoon » a rencontré à de nombreuses reprises le président russe entre juillet 2015 et février 2017. Le réalisateur aux quatre Oscars a obtenu vingt heures d’entretiens, résumés dans « Conversations avec monsieur Poutine ».

    Cette série documentaire en quatre parties, produite pour la chaîne américaine Showtime, est diffusée sur France 3 à partir de ce lundi soir (suivie, à 22 h 55, d’un débat entre le cinéaste américain et l’ancien ministre des Affaires étrangères Hubert Védrine. Les deux derniers numéros seront diffusés mercredi et jeudi, à 23 h 30, et disponibles en replay toute la semaine).

    L’homme de fer de la Russie
    Ukraine, Syrie, Tchétchénie, Iran, Europe et guerre froide : le président à la tête de son pays depuis 1999 expose la vision russe des relations internationales. Et c’est passionnant, comme lorsqu’il explique se sentir isolé, entouré d’est en ouest par des puissances occidentales. « Nous n’avons absolument pas piraté l’élection américaine », affirme également Poutine dans le dernier épisode. Il juge « complètement idiots » ceux qui, comme Hillary Clinton, accusent les autorités russes d’avoir contribué à divulguer des courriels du Parti démocrate et de son équipe de campagne. L’homme de fer de la Russie botte en touche, expliquant que l’élection de Donald Trump ne changera « presque rien » à la marche du monde. Il considère que l’administration américaine a beaucoup plus de pouvoir que le président lui-même.

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    Oliver Stone : « Mon pays surveille tout le monde »

    Documentaire surprenant
    Oliver Stone s’est lancé dans ce documentaire pour éclairer le public américain « qui a une vision médiévale » de son ennemi farouche depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. « Pour beaucoup de gens aux Etats-Unis, la perception de cet homme ne sera plus la même », nous a confié vendredi le réalisateur, de passage à Paris. Mais pour les Français, par nature aussi méfiants à l’égard des Russes que des Américains ? On s’étonne de voir ce réalisateur démocrate, qui a tant fustigé dans ses films les scandales des institutions américaines, boire les paroles de Poutine, sans émettre de nuances.

    Mais Oliver Stone, qui avait appelé à voter Mélenchon durant la présidentielle française, ne prétend pas à un travail journalistique. « Le pouvoir ne m’impressionne pas mais je devais parler à Poutine avec respect. Mon but n’était pas de le changer mais de montrer ce qu’il pense, et ses divergences avec la vision occidentale », précise le cinéaste. Ainsi le Russe nie toute atteinte aux droits des homosexuels, mais reconnaît défendre « une vision traditionnelle de la famille », en enchaînant quelques blagues machistes. De l’humour russe sans doute, qui ne passerait ni en France ni aux Etats-Unis.

    Le cinéaste avait aussi rencontré Castro
    Oliver Stone n’est pas seulement un cinéaste des mythes, failles et fractures de l’Amérique, de la folie de l’argent dans « Wall Street », à la pop et aux excès des Doors, ou le complexe militaro-industriel dans « JFK ». Avant cette série sur Vladimir Poutine, le réalisateur a déjà réalisé d’autres documentaires, notamment l’un sur la Palestine et Yasser Arafat (« Persona non grata ») et un autre, très discuté, sur Fidel Castro (« Comandante »).

    Pour ce dernier, le cinéaste américain avait procédé de la même manière qu’avec le président russe : une synthèse de trente heures d’interviews entre Stone et le « Lider Maximo » cubain, diffusée en mai 2003 sur les écrans américains.

    Le Parisien


  • Encore une fois, la presse étrangère à la pointe de l’analyse... NRobin
    AUSLAND SYRIA
    Trump‘s Red Line
    Von Seymour M. Hersh | Stand: 25.06.2017 | Lesedauer: 24 Minuten
    Retaliation: Tomahawk missiles from the “USS Porter” on the way to the Shayrat Air Base on April 6, 2017 Retaliation: Tomahawk missiles from the “USS Porter” on the way to the Shayrat Air Base on April 6, 2017
    Retaliation: Tomahawk missiles from the “USS Porter” on the way to the Shayrat Air Base on April 6, 2017
    Quelle: picture alliance / Robert S. Pri/dpa Picture-Alliance / Robert S.
    President Donald Trump ignored important intelligence reports when he decided to attack Syria after he saw pictures of dying children. Seymour M. Hersh investigated the case of the alleged Sarin gas attack.
    2 Kommentare

    On April 6, United States President Donald Trump authorized an early morning Tomahawk missile strike on Shayrat Air Base in central Syria in retaliation for what he said was a deadly nerve agent attack carried out by the Syrian government two days earlier in the rebel-held town of Khan Sheikhoun. Trump issued the order despite having been warned by the U.S. intelligence community that it had found no evidence that the Syrians had used a chemical weapon.

    The available intelligence made clear that the Syrians had targeted a jihadist meeting site on April 4 using a Russian-supplied guided bomb equipped with conventional explosives. Details of the attack, including information on its so-called high-value targets, had been provided by the Russians days in advance to American and allied military officials in Doha, whose mission is to coordinate all U.S., allied, Syrian and Russian Air Force operations in the region.

    La suite sur ce lien.
    https://www.welt.de/politik/ausland/article165905578/Trump-s-Red-Line.html?
    wtmc=socialmedia.twitter.shared.web
    https://cdnm.almayadeen.net/store/archive/image/2017/6/26/7530fc4d-78ca-4102-87e8-79825efd9461/0.jpg?v=3&width=600


  • L’essentiel de la Géopolitique chaotique au Proche et au Moyen Orient. NRobin

    http://lesakerfrancophone.fr/le-dangereux-plan-de-washington-au-moyen-orient

    Le dangereux plan de Washington au Moyen-Orient

    Une interview de William Engdahl – Le 17 juin 2017 –Source New Eastern Outlook
    https://d.wpimg.pl/205536321-714379407/trump.jpg

    Il est clair à présent que la récente visite du président américain Trump en Arabie saoudite et en Israël cherchait à faire bouger les choses, afin de modifier fondamentalement l’équilibre actuel des pouvoirs dans tout le Moyen-Orient, à l’avantage de la géopolitique énergétique américaine. Comme dans la plupart des choses que Washington tente de faire pour consolider sa domination mondiale en déclin rapide, cette dernière initiative pour inciter le Royaume saoudien à déclencher un changement de régime au Qatar et à escalader une forme de guerre pétrolière déguisée en conflit de pouvoir sunnite-chiite semble déjà mal partie.

    Je partage avec vous une interview récente que j’ai donnée à un journal de langue arabe.

    Question : – Que pouvez-vous dire, au sujet du conflit entre les états du Golfe et le Qatar, qui a débuté après le sommet arabo-islamo-américain à Riyadh ?

    William Engdahl : – À mon avis, c’est une profonde lutte de pouvoir entre le Qatar et l’Arabie saoudite qui a peu à voir avec les raisons déclarées concernant les Frères musulmans et l’Iran. L’action visant à isoler le Qatar a été clairement instiguée lors de la récente visite du président américain Trump à Riyad, où il a proposé l’idée malheureuse d’une « OTAN arabe » dirigée par l’Arabie saoudite, pour s’opposer à l’influence iranienne dans la région.

    L’initiative saoudienne, visiblement lancée par le prince Bin Salman, le ministre de la Défense, ne vise pas à lutter contre le terrorisme. S’il s’agissait de terrorisme, Bin Salman devait s’arrêter lui-même et la plupart de son cabinet, comme l’un des plus grands financiers du terrorisme au monde et fermer toutes les écoles coraniques financées par l’Arabie saoudite dans le monde entier, du Pakistan à la Bosnie-Herzégovine et au Kosovo. Un autre facteur, selon des sources bien informées en Hollande, est que Washington voulait punir le Qatar pour avoir accepté de vendre son gaz naturel à la Chine non pas en dollars américains, mais en renminbis. Cela a apparemment alarmé Washington, car le Qatar est le plus grand exportateur mondial de gaz liquéfié, dont la plus grande partie part vers l’Asie.

    De plus, le Qatar agissait de plus en plus indépendamment de l’Arabie saoudite et menaçait la domination saoudienne sur les États du Golfe. Le Koweït, Oman, ainsi que la Turquie se rapprochent du Qatar, et même le Pakistan y réfléchit à deux fois avant d’adhérer à une « OTAN arabe » dirigée par l’Arabie saoudite. Bin Salman s’avère être un désastre en tant que stratège militaire, comme l’a démontré la débâcle du Yémen.

    En ce qui concerne l’avenir, il semble que le Qatar ne soit pas sur le point de changer d’avis et de se soumettre aux actions saoudiennes. Déjà, le cheikh Tamim bin Hamad al-Thani évolue pour établir des liens plus étroits avec l’Iran, avec la Turquie, ce qui pourrait inclure un soutien militaire turc, et plus récemment avec la Russie. Le Koweït et Oman essaient en urgence de faire changer d’avis les Saoudiens, mais il est peu probable qu’ils y arrivent, car derrière l’Arabie saoudite se tiennent les États-Unis et leur promesse de vente de dizaines de milliards de dollars d’armes américaines. Ce mouvement insensé par les États-Unis d’utiliser leur proxy, dans ce cas Riyad, pour discipliner ceux qui ne se « comportent » pas selon les vœux de Washington, pourrait bien être le tournant, le point de l’effondrement, de l’influence restante des États-Unis dans tout le Moyen-Orient, au cours des prochaines années.

    – Le terrorisme menace le monde. Quelle est votre opinion, selon ce que vous avez écrit dans votre livre A Century of War : Anglo-American Oil Politics et d’autres écrits sur Daesh (EI), sur l’histoire réelle des récents « conflits de civilisation »entre l’Orient et l’Occident et entre l’Occident et l’Islam ?

    – Nous devons garder à l’esprit que toutes les organisations terroristes sérieuses sont parrainées par un État. Toutes. Que ce soit Daesh, al-Nusra, les Moudjahidines en Afghanistan ou le groupe Maute aux Philippines. La question pertinente est de savoir quels sont ces États qui parrainent les terroristes. Aujourd’hui, l’OTAN est la plus grande complice de parrainage du terrorisme, en l’utilisant comme une arme pour réaliser ses objectifs géopolitiques. Et au sein de l’OTAN, les États-Unis sont le sponsor numéro un, en utilisant souvent de l’argent saoudien et jusqu’à récemment, ironiquement, des fonds Qatari.

    Mon nouveau livre, The Lost Hegemon : Whom the Gods Would Destroy [L’hégémonie perdue : Qui les dieux pourraient détruire], donne une vision beaucoup plus détaillée de l’utilisation faite, à la fois par les renseignements britanniques, par le Troisième Reich sous Himmler et, depuis les années 1950, par la CIA, des Frères musulmans et leurs futurs « rejetons », y compris les Moudjahidines afghans d’Oussama ben Laden, qui ont fait partie de l’Opération Cyclone, menée par la CIA pour vaincre les Soviétiques en Afghanistan au cours des années 1980.

    Les Moudjahidines de la CIA, formés par l’ISI pakistanais et recrutés pour la CIA par Oussama ben Laden sous la supervision du Prince Turki al-Faisal, le célèbre chef des renseignements saoudiens, ont ensuite été amenés par des avions de la CIA, après que les Soviétiques avaient quitté l’Afghanistan en 1989, dans les anciennes républiques d’Union soviétique pour y semer le trouble. Dont l’Azerbaïdjan, où la CIA les a utilisé pour renverser le gouvernement en faveur du dictateur Aliyev, qui était plus enclin à donner les droits d’exploitation du pétrole à BP et à des entreprises américaines, et à abandonner l’utilisation de l’oléoduc, datant de l’ère soviétique, qui traverse la Tchétchénie russe.

    Ensuite, la CIA a emmené les terroristes Moudjahidines vétérans afghans qu’elle avait formés – y compris Oussama ben Laden – en Tchétchénie, pour déstabiliser l’oléoduc russe partant de Bakou et traversant la Russie. Cela, pour ouvrir la voie à l’oléoduc anglo-américain Baku-Tbilisi-Ceyhan. Pour contrôler le pétrole.

    Dans mon livre, The Lost Hegemon, je signale l’évolution de ces terroristes mercenaires de la CIA qui se cachent derrière une façade de « dévots fondamentalistes musulmans ». La CIA et le Pentagone les ont emmenés en Irak après 2003, où les opérations militaires américaines du général David Petraeus ont effectivement créé al-Qaïda en Irak. Ensuite, les États-Unis ont lancé le printemps arabe en 2011, pour forcer un changement de régime dans tout le monde musulman, dans le but de contrôler militairement toutes les ressources pétrolières et gazières, un long rêve de la CIA et de ce que certains appellent « l’État profond » états-unien.

    Puisque le printemps arabe de Washington n’est pas parvenu à faire tomber Kadhafi par des manifestations pacifiques comme en Tunisie ou en Égypte, Washington a opté pour une solution militaire, en utilisant la France et les bombes de l’OTAN comme acteur principal. Cependant, quand ils ont essayé la même chose en Syrie contre Bachar al-Assad, qui s’opposait à l’ordre du jour de Washington, ils ne pouvaient plus le faire, principalement à cause des vétos chinois et russe au Conseil de sécurité de l’ONU. Après septembre 2015, lorsque la Russie a répondu à l’appel d’Assad pour l’aider à vaincre les terroristes étrangers et que la Russie a brillamment et rapidement répondu, il a été montré à tout le monde que Washington avait menti en disant tenter de vaincre Daesh ou l’État dit islamique.

    La vraie histoire de la montée du soi-disant terrorisme islamique est la tentative de plus en plus désespérée, de l’État profond anglo-américain, de contrôler la montée en puissance de l’Eurasie, en particulier de la Chine, en combinaison maintenant avec la Russie, et de plus en plus avec les républiques d’Iran et celles d’Asie centrale, tout comme celles d’Asie du Sud. Si nous ne comprenons pas cela, les événements récents du Moyen-Orient n’ont plus de sens.

    Les stratèges de Washington croient encore que s’ils obtiennent le contrôle du bassin pétrolier et gazier moyen-oriental, ils peuvent, comme l’a déclaré Henry Kissinger dans les années 1970, « contrôler le pétrole et donc contrôler toutes les nations », en particulier la Chine et la Russie et aussi l’Allemagne et l’Europe. Leur stratégie a échoué mais Washington et le Pentagone refusent de voir les raisons de leurs échecs répétées. La réalité cachée du pouvoir mondial américain est que le « géant » américain est une superpuissance en faillite, tout comme la Grande-Bretagne après sa Grande Dépression de 1873, qui dura jusqu’en 1914. La Grande-Bretagne a déclenché une guerre mondiale en 1914, pour tenter désespérément de conserver son pouvoir mondial. Cela a échoué, pour les raisons que j’expose dans mon livre Century of War.

    Aujourd’hui, pour les mêmes raisons, en donnant au pouvoir des conglomérats financiers américains la priorité sur les intérêts de l’économie industrielle nationale, la dette américaine, qu’elle soit nationale, privée, ou celles des entreprises, est hors de contrôle. Reagan et Cheney se sont trompés. La dette est importante.

    Huit ans après la plus grande crise financière de l’histoire, à savoir la crise immobilière américaine de 2008, la Banque centrale états-unienne est incapable d’augmenter ses taux d’intérêt au delà des 1% sans risquer une nouvelle crise financière. Rien que cela donne une idée du degré de la crise du système dollar. Les économistes privés estiment que le véritable chômage américain aujourd’hui représente près de 23% de la main-d’œuvre, et non les 4 à 5% mythiques cités par le gouvernement américain.

    – Comment commenteriez-vous la position des États-Unis, concernant les conflits arabo-arabes et islamo-islamiques ?

    – Washington veut des conflits afin de diviser pour mieux régner. Comme l’a dit Dick Cheney dans un discours à Londres, en septembre 1999, au London Institute of Petroleum, lorsque Cheney était président de la plus grande société de services pétroliers au monde, Halliburton, les pays riches en pétrole du Moyen-Orient sont « là où le prix est finalement décidé ». La politique a été de briser le contrôle des monarchies nationales arabes et la menace de la richesse croissante des fonds souverains arabes fondés sur le pétrole, qui menaçaient de s’éloigner du dollar.

    Par exemple, en 2010, sous l’initiative du libyen Kadhafi, le tunisien Ben Ali, l’égyptien Moubarak et la Libye avaient l’intention d’émettre un Dinar d’or arabe et d’exiger le paiement de leurs exportations de pétrole en dinar d’or et non en dollars américains, tout cela formant l’embryon d’une banque pan-arabe. Cela aurait marqué la fin du dollar, le pilier clé de l’hégémonie américaine. Les courriels publiés de la secrétaire d’État, Hillary Clinton, à son conseiller privé sur la Libye, Sid Blumenthal, confirment ce point comme étant la raison de l’urgence de Washington pour destituer ces trois là – Ben Ali, Moubarak et Kadhafi – au cours des soi-disant « printemps arabes ».

    – À votre avis, quelle est le nouvel ordre mondial, après les récentes attaques d’EI contre Londres et l’Iran ?

    – Je n’appellerai pas cela un nouvel ordre mondial après les récentes attaques de Londres et de Téhéran. Nous sommes plutôt au milieu de la désintégration de l’ancien ordre mondial, un ordre dominé depuis deux cent ans, depuis la victoire britannique à Waterloo, d’abord par un empire britannique et, après 1945, par un empire anglo-américain fondé sur le soft power, le contrôle de l’OTAN, le contrôle du FMI et de la Banque mondiale et un pouvoir militaire suprême, ou presque.

    Cet ordre est aujourd’hui en faillite. La chute du pouvoir américain, à mon avis, a débuté en août 1971, lorsque le président Nixon a détruit les accords de Bretton Woods et a clos la période où la Réserve fédérale s’appuyait sur l’or. Depuis lors, le pouvoir monétaire de Wall Street a transformé, par un coup d’État silencieux, les États-Unis de ma jeunesse, dans les années 1950 et 1960, d’une république démocratique plus ou moins fonctionnelle, en une oligarchie où l’argent contrôle tout, des présidents, comme Obama ou Trump, jusqu’aux membres du Congrès qui font les lois. C’est un état de choses très dangereux pour les américains et pour le monde entier.

    Nous ne saurons peut être jamais qui était derrière les attaques de Londres ou de Téhéran, mais un fort soupçon pointe vers Washington, ou le Mossad ou leur proxy saoudien, dans le cas de Téhéran.

    Le recours au terrorisme pour faire avancer les intérêts nationaux, de n’importe quelle nation, n’est pas un signe de force fondamentale mais plutôt de faiblesse pathétique. Aujourd’hui, notre monde est au milieu d’un profond changement de paradigme, un changement géopolitique vraiment tectonique, d’éloignement d’un système où une nation dirige le monde entier, la version américaine de la mondialisation et du Nouvel ordre mondial comme l’appelait fièrement David Rockefeller. Ce système pourrait bien être mort avec lui et son conseiller de longue date Brzezinski.

    Maintenant, les nations d’Eurasie construisent un nouveau monde, avec des investissements énormes dans la croissance économique, dans les infrastructures, les liaisons ferroviaires à grande vitesse, des nouveaux ports en eau profonde, tous reliant les peuples de toute l’Eurasie, de Pékin à Moscou à Brême ou à Rotterdam, à Téhéran, peut-être à Istanbul et au-delà. Pendant plus de deux décennies, tout ce que les États-Unis ont offert au monde était une politique étrangère guerrière et destructrice contre toute menace à son pouvoir, à son hégémonie défaillante. Maintenant, le monde a la chance, pour la première fois depuis plusieurs siècles, de construire et de développer une civilisation de manière vraiment positive. Le monde futur dépendra du choix que nous ferrons aujourd’hui.

    William Engdahl

    Traduit par Wayan, relu par nadine pour le Saker


  • Explications communistes sur la guerre au Yémen.
    Je comprends le dégoût de M Hamdan Al Damiri
    NRobin

    https://www.initiative-communiste.fr/articles/culture-debats/la-guerre-saoudienne-contre-le-yemen-et-lalliance-des-opportun

    INITIATIVE COMMUNISTE
    Journal mensuel et site internet du Pôle de Renaissance Communiste en France (PRCF) ;

    La guerre saoudienne contre le Yémen et l’alliance des opportunistes
    Par Hamdan Al Damiri

    Depuis une semaine se déroule devant nos yeux, une guerre destructive menée par l’Arabie saoudite et ses alliés, une guerre contre un pays voisin qui est le Yémen, un pays pauvre et important sur le plan géopolitique, une guerre qui vise à détruire ses infrastructures et surtout son armée, la plupart de ces alliés sont loin de Yémen, quel est leur intérêt d’envoyer leurs avions de chasse bombardant le territoire d’un pays dont ils ne sont pas en guerre ? Qu’est qu’elle cherche réellement l’Arabie saoudite par sa guerre contre son voisin du sud ?

    Ces lignes tentent de répondre à ces deux questions principales, mais avant, je souhaite marquer mon dégout de rôle mensonger joué par la plupart des médias, une nouvelle fois, l’opinion publique est victime d’une manipulation médiatique mensongère, plusieurs points font partie de cette manipulation, il s’agit sans être complet :

    1) Les Houthis au Yémen sont-ils chiites et quelle est la vérité historique sur ce point ?

    Les Houthis sont partisans de Zaid Ibn Ali, considéré comme cinquième imam chez les musulmans chiites, ,c’est pourquoi depuis des siècles sont appelés les Zaydites , une partie des enseignements religieux dans lesquels s’inscrivent leurs convictions, se trouvent en partie chez les Sunnites, les Zaydites par exemple ne partagent pas avec les chiites majoritaire ( Duodécimaines) le grand principe de retour de douzième Imam disparu vers 873 (Al-Mahdi), leur approche sur les 3 premières Califes qui ont dirigés la communauté musulmane après la mort de prophète Mohammed est différente de celle des chiites musulmans majoritaire, ils ne croient plus au besoin de la présence d’une autorité religieuse chiite pour tous les chiites dans le monde, pour eux dans chaque pays, on peut choisir un Imam pour la communauté, d’autres points peuvent être également avancés pour conclure que les Zaydites, ne sont pas tout à fais des chiites même s’ils partagent avec eux la croyance de l’importance de place accordée à la famille d’Ali ( quatrième Calife et cousin de prophète ).

    Le nom Houthis (Zaydites) est très récent dans l’histoire du Yémen, c’est en 2001 que ce nom est utilisé par les médias, il s’agit de désigner les partisans de Hussein Badreddin AL-Hoithi, d’autre part les Zaydites ont gouverné le Yémen à partir de 898, c’est avec l’arrivée des militaires en 1962 et la création de la république arabe du Yémen, que le pouvoir de l’Imamat des Zaydites a connu sa fin.

    2) les Houthis sont-ils hostiles au régime saoudien et aux monarchies du Golfe parce qu’ils sont alliés de l’Iran ?

    Dans les années 60, l’Egypte de Nasser a envoyé ses troupes au Yémen pour donner un coup de main aux insurgés républicains qui voulaient abattre le régime de l’Imamat dirigé depuis des siècles par les Zaydites, il s’agit d’un système tribale féodal et rétrograde, ce sont les Zaydites (aujourd’hui les Houthis) qui ont combattu les troupes de Nasser avec l’aide militaire saoudienne, ils étaient le principale allié de la monarchie saoudienne contre le nationaliste arabe Nasser.

    Oui, pour la monarchie saoudienne, les amis et alliés d’hier sont les ennemies d’aujourd’hui, les Houthis quant à eux, ils n’ont pas changés depuis les années 60 leur croyances religieuses, les intérêts et alliances saoudiens ne sont plus les mêmes, c’est bien ça qui change dans les rapports entre les deux parties.

    Qu’est qu’ils cherchent les Houthis ? Deux choses, avoir un allié régional et avoir leur place dans un nouveau système politique yéménite, il faut reconnaitre que depuis les années 60, les Zaydites (Houthis) et leurs régions sont complètement ignorés et marginalisés par le pouvoir central à Sanaa.

    L’Iran est le seul pays qui leur apporte son soutien pour des raisons sans doute géopolitiques, l’Iran comme une puissance régionale importante et montante, cherche à s’assurer la présence d’acteurs régionaux à sa coté et pas contre lui, c’est une approche politique et pragmatique de sa part.

    3) Le président Mansour Hadi est le seul qui représente la légitimité au Yémen ?

    Revenant sur les événements de contestation contre le régime de Président Ali Saleh de 2011 à 2013, l’objectif de cette révolte très populaire dans laquelle les Houthis étaient très mobilisés, est de renverser le régime sur place depuis 1978, néanmoins l’Arabie saoudite sous la bannière de conseil de coopération du Golfe (CCG) est intervenue , elle a proposé une initiative qui remplace la tête du régime(Ali Saleh) par l’installation à la tête de l’Etat du vice-président (Mansour Hadi), la durée de son mandat était fixée pour 2 ans et pendant lesquelles, un dialogue inter-yéménite dirigé par lui doit préparer et mettre en place un autre régime politique dont les bases doivent être acceptées par les différents partis dont Ansarollah (Parti politique des Houthis), l’objectif saoudien en mettant en avant cette initiative politique est double, d’un côté éviter l’arrivée au Yémen suite à la révolte populaire d’un régime politique hostile à la politique régionale de la monarchie saoudienne, et de l’autre côté maintenir ce pays sur le plan géopolitique dans le jardin arrière de l’Arabie saoudite, un peu comme le cas de certains pays de l’Amérique latine dans leurs liens avec les U.S.A pendant longtemps.

    Depuis deux ans, les partis Yéménites sont en dialogue sur les bases de l’initiative saoudienne sans arriver à un accord ; sur place les saoudiens ont mené une politique renforçant leurs alliés comme le président Hadi, le parti de réforme (Section des frères musulmans au Yémen) et une partie de tribus yéménites, cette politique de soutien logistique (armes et financements) visait l’affaiblissement des Houthis et d’autres mouvements comme le parti de l’ex-président Ali Saleh, cette situation inacceptable pour les Houthis les a poussé vers la décision de prendre le pouvoir par les armes, ils sont arrivé à contrôler la capital Sanaa, cette prise de pouvoir partielle ne concernait pas l’ensemble de territoire Yéménite, la partie du sud de pays était resté en dehors de leur control, ils ont projeté de continuer leur avancement territoriale, depuis les combats n’ont pas cessé avec leurs opposants soutenus par l’Arabie saoudite, l’intervention saoudienne et leur alliés cherchent, à renverser la réalité sur le terrain qui est favorable militairement aux Houthis et à leur principal allié à savoir l’ex-président déchu Ali Saleh, celui-ci contrôle encore l’essentiel des unités de l’armée Yéménites, il s’agit de créer une nouvelle réalité qui ramène le Yémen sous le contrôle total de la monarchie saoudienne.

    Les alliés de l’Arabie saoudite dans la tempête décisive (nom donné à l’agression saoudienne) sont tous sans exception des alliés hypocrites opportunistes, leurs intérêts sont financiers ou géopolitiques, pour certains l’aide financière saoudienne explique leur adhésion, d’autres l’objectif d’une nouvelle alliance régionale large se trouve derrière leur présence à cette alliance, ces pays sont la Jordanie, l’Egypte, les Emirats arabes, le Qatar, le Bahreïn, la Turquie, le Pakistan, le Soudan, le Maroc et les différents mouvements de frères musulmans et derrière lesquels se trouvent évidement les Etats Unis qui ont affiché leur soutien logistique aux bombardements.

    La guerre au Yémen cache la confortation entre l’Arabie saoudite et l’Iran, ces deux pays où chacun se trouve dans une alliance régionale différente, tentent de renforcer leur influence au Yémen dont la place géographique contrôlant le détroit de Bab AL-Mandeb est très importante, un passage obligé vers le canal de Suez, par cette donnée géographique, le Yémen peut menacer le passage d’une partie importante du commerce mondial dont 40% de l’exportation pétrolière des pays de Golfe.

    L’offensive saoudienne a permis de mettre en place une alliance composée par des acteurs dont certains ont été en désaccord sur certains dossiers régionaux comme celui de la Syrie et de l’Irak, l’exemple de la présence de Soudan, de la Turquie et de Qatar qui représentent un grand soutien aux groupes islamistes , ces pays ne partageaient pas avec l’Arabie saoudite et l’Egypte la même approche vis avis des mouvements islamistes des frères musulmans, le soutien apporté à cette offensive par les mouvements des frères musulmans comme le Hamas en Palestine, Al-Nahda en Tunisie et surtout le parti de réforme au Yémen( frère musulman), montre la possibilité d’une autre recomposition régionale et internationale, elle est chère aux américaines, il s’agit de recomposer les forces en place dans cette région du monde dans une nouvelle alliance plus large, les américains cherchent une recomposition dans laquelle les mouvements des frères musulmans ont leur place, et pourquoi pas être de nouveau dans le pouvoir dans certains pays, les Etats unis ne sont pas hostiles à l’arrivée des mouvements islamistes dites modérés comme les frères musulmans au pouvoir, les américains ont déjà montré cette position lors de l’expérience tunisienne et égyptienne. L’échec de leur stratégie en Syrie visant le renversement de régime du président Assad, le régime syrien n’est pas battu malgré tous les soutiens apportés par des pays de la région et de puissances internationales comme les Etats unis aux groupes armés des insurgés, la défaite amorcée en Irak de l’Etat islamique(Daêch ), les amènent à revoir de nouveau leur plan, ils ont besoin d’une grande alliance comme celle qui entoure la politique saoudienne au Yémen ,de leur point de vue, elle est plus prometteuse pour faire face à l’autre axe regroupant l’Iran, la Syrie, l’Irak officiel, Hezbollah au Liban et certains organisations palestiniennes.

    La guerre au Yémen par la force de la géographie est une guerre géopolitique, son peuple a toujours su résister aux envahisseurs, c’est une réalité de son histoire, la force de pétrodollar des monarchies du golfe ne suffit pas à la modifier, l’hésitation saoudienne de lancer une agression terrestre, prouve les craintes saoudiennes de se retrouver dans une nouvelle braisière régionale, ces craintes sont renforcées par l’absence de candidats prêts à porter leur secours terrestre.h



  • Vingt ans après le début de l’effondrement des colonies, comment se portent les abeilles ?
    13 juin 2017 de Simon Klein et Mathieu Lihoreau
    Les abeilles sauvages et domestiques pollinisent un tiers des plantes que nous consommons.
    https://i0.wp.com/cdn.theconversation.com/files/168232/area14mp/file-20170507-7692-1racbi4.jpg?ssl=1
    C’était il y a vingt ans déjà : les apiculteurs français alertaient sur l’utilisation de pesticides comme le Gaucho, responsable selon eux d’une mortalité accrue dans les ruches ; on parle à l’ép unoque de pertes annuelles entre 300 000 et 400 000 abeilles, entraînant une chute de 50 % de la production de miel aux abords de champs de tournesols traités avec ce produit phytosanitaire. Cet épisode a constitué la première prise de conscience du danger auquel sont exposés ces insectes dans nos sociétés industrialisées.

    Dix ans plus tard, c’est au tour des apiculteurs américains de tirer la sonnette d’alarme, après avoir observé des milliers de ruches soudainement vidées de leurs occupantes. Sur 2,4 millions de ruches au total, 1,5 million disparaissent en effet en quelques mois dans une petite trentaine d’États. Ce phénomène appelé « syndrome d’effondrement des colonies » a provoqué une nouvelle prise de conscience planétaire. Contrairement à l’épisode du Gaucho, les pertes concernées sont plus importantes et leurs causes bien moins claires.

    Une préoccupation mondiale

    Depuis, nous avons réalisé que ces pertes ne concernaient pas seulement la France ou les États-Unis : des problèmes similaires ont été observés un peu partout en Europe, en Asie et en Australie. Préoccupation supplémentaire, les abeilles domestiques ne sont pas les seules atteintes : de nombreuses espèces sauvages (comme les abeilles solitaires et les bourdons) sont désormais en danger. Or certaines plantes ne sont pollinisées que par ces espèces, à l’image de certaines Méllitidés qui butinent uniquement les fleurs de lysimaques.

    La perte des abeilles peut avoir de graves conséquences pour la biodiversité et l’humanité. Car les abeilles sauvages et domestiques pollinisent environ un tiers des plantes que nous consommons, participant ainsi à un service écologique évalué à 153 milliards d’euros par an à travers le monde (dont 2,9 milliards d’euros en France)...

    La suite sur ce lien :

    https://theconversation.com/vingt-ans-apres-le-debut-de-leffondrement-des-colonies-comment-se-p


  • Salons​ de l’aéronautique et de l’espace ce samedi 24 juin 2017
    https://images.alwatanvoice.com/news/large/9998660300.jpg

    Action BDS
    Ils étaient plus d’une vingtaine de militant-e-s de la campagne BDS France (rejoints par quelques camarades des désobéissants avec des drapeaux « paix ») a avoir perturbé pendant plusieurs minutes le stand de l’entreprise militaire cible internationale de la Campagne BDS « Elbit Systems ».

    Quelques premières PHOTOS ici :

    https://goo.gl/photos/Pj8JXp94h1CCbdkk7

    Une courte VIDEO :
    https://twitter.com/Campagnebds/status/878608744325795841

    Verveine de Solidaires, Annick d’Attac, Jean Guy de l’UJFP et Omar Slaouti y étaient intervenus pour expliquer pourquoi les entreprises militaires israéliennes n’étaient pas les bienvenues à ce salon.

    Leurs slogans « Embargo militaire contre israel », GAZA, GAZA, on oublie pas ! Quelques tracts ont aussi pu être distribués à la foule.

    Action globalement très réussie au niveau de l’impact et de nombreux soutiens dans la foule, avec des applaudissements ou des signes d’approbation avant d’être escortés pacifiquement vers la sortie après une rapide vérification d’identité par la police.

    Un article qui couvre cette action devrait être publié prochainement aussi sur Politis.

    Prochain évènement à Strasbourg : RDV 15h action BDS Embargo militaire samedi prochain 1er juillet

    Ce type d’action devrait être multiplié et étendu à tous les évènements vendeurs d’armes. NRobin


  • Y aurait-il un nouveau Pascal Boniface ?

    https://www.youtube.com/watch?v=dcf1SzdICpU



    https://lh3.googleusercontent.com/L_bT-wc_5zlBgAeBPzZWKH-k85KC63_gsUG8pAXpFBTkVChgCy8UYoW9CGcly

    Celui qui a beaucoup de mal à s’intéresser à la guerre au Yémen menée par une coalition occidentalo-saoudienne plus que douteuse, alliée du milliardaire Hariri et autrefois des émirs du Qatar,
    Celui jadis qui dénonçait la Kouchnerisation et la BHLsation de la société française,
    Celui qui s’était tu depuis quelques années déjà sur les massacres et les horreurs au quotidien commis par l’Etat d’Israël en Palestine, à Gaza notamment,
    Celui dont j’ai lu avec beaucoup d’intérêt "Les intellectuels faussaires" puis "Les intellectuels intègres",
    Celui dont j’ai soutenu avec ferveur Les Géopolitiques de Nantes et à qui j’ai reproché le manque de débat contradictoire lors des conférences sur les questions se rapportant à la Russie et à l’OTAN ces dernières années ainsi que le conflit avec l’Ukraine,
    Celui qui se souvient évidemment de ce complot de la guerre menée en Irak en 2003 puisqu’il en parle sans complexe et sans être taxé de "complotiste" dans ses conférences à l’IRIS dont il est le Directeur, ou aux Géopolitiques de Nantes dont il est co-organisateur,
    Celui qui aurait été malmené par les lobbies sionistes en France pour avoir écrit un livre à charge contre l’Etat sioniste, sa politique de colonisation​ et d’apartheid en Palestine (1),
    Celui qui a contribué à l’essor de Radio Orient (excellente radio sauf sur les questions syrienne, libanaise et saoudienne. En effet, puisque rachetée par le milliardaire Saad Hariri, l’allié des saoudiens (2),

    Celui qui...
    ​....voilà que je l’entends soutenir dans l’émission "C’est dans l’air" du jeudi 6/4/2017​ (3) que c’est bien Assad qui est à l’origine des attaques à l’arme chimique sur son peuple, sans lui accorder le moindre bénéfice du doute et sans attendre les conclusions d’une enquête internationale libre et indépendante ! Il valide ainsi et sans attendre, l’action de Trump et son interventionisme démonstratif par une réplique ultra rapide et unilatérale en bombardant quelques bases militaires du "régime syrien" nous dit-on. C’est une imposture. ​Elle prend de nos jours des formes multiples que M. Boniface semble ne pas voir.

    Une émission, une fois de plus, de la pensée unique !

    Ce que j’en retiens et que je dénonce avec force :

    1. Absence de débat contradictoire.
    ​M. Boniface rejoindrait-il le clan des va-t-en-guerre qui évitent toujours les débats contradictoires ?
    Nous ​y étions habitués dans nos médias ​sous les règnes​ Sarkozy puis Hollande, que ce soit à l’émission "C’est dans l’air" ou ailleurs. Les anti-guerre, communément assimilés en ce moment à des"Pro-Assad","​Pro-russes", « complotistes » ou « conspirationistes » de tout poil, ​ceux qui sont en fait ​en faveur d’un changement radical de notre politique étrangère va-en-guerre, pro-sioniste, pro-américaine et ultralibérale, n’y sont que rarement Invités ("Ce soir ou jamais" fut une exception à la règle, hélas ballotée d’une chaîne à une autre, prélude à sa disparition programmée)​.

    2. Une amnésie collective
    ​M. Boniface accepte-t-il​ les politiques de guerres menées par l’OTAN et ses supplétifs, validées très souvent par l’ONU à la solde des grandes puissances capitalistes militaro-industrialisées qui ont décidé de faire des pays non-alignés, riches en pétrole en gaz et en matières première, un enfer permanent et surtout le laboratoire de toutes les armes de pointes, y compris chimiques, celles-ci fabriquées au passage par ceux-là même qui diabolisent Assad et Poutine ?​

    3. La Diplomatie de connivence (parlons-en !)
    ​C’est celle qui consiste à dominer des peuples dignes, ​stables, dotés d’une grande culture, par l’argent roi, la Finance et le capital.
    ​Dans son livre La diplomatie de connivence (4 et 5), M Bertrand Badie décrit les instances internationales capitalistes qui ​sèment le chaos dans ce bas-monde et qui tentent de contrôler ses richesses. Il y pointe du doigt l’oligarchie diplomatique.
    M. Boniface se souvient-il encore du prix que les Géopolitiques de Nantes ont attribué à ce diplomate et analyste en 2014 pour son œuvre Le temps des humiliés-Pathologie des relations internationales (6) ?
    Ses analyses sont par ailleurs soigneusement rangées dans un placard par bon nombre d’intellectuels comme ceux de Mediapart, ​ou les journalistes du journal Le Monde ! Et Monsieur Boniface ?

    Aux oubliettes, les mensonges et les histoires des Armes de destruction massives et des Bébés-éprouvette de Saddam Hussein, qui ont permis l’invasion de l’Irak par les soldats américains et la destruction de toute une civilisation, la Mésopotamie ? (suivront un bon nombre de pays africains dont la Libye... puis le Yémen, la Syrie, des pays d’Amérique latine, bientôt la Turquie et l’Iran, quant à la Russie, nous y sommes déjà !)

    Jean de Gliniasty, directeur de recherche de l’IRIS, spécialisé dans les questions russes, y répond si bien dans la « La diplomatie au péril des valeurs » (7).
    « La diplomatie au péril des valeurs » – 3 questions à Jean de Gliniasty, par Pascal Boniface

    4. Assad mis au banc des accusés
    Assad serait-il suicidaire ?
    ​M. Boniface a-t-il été aveuglé au point de ne pas constater le succès grandissant de la diplomatie russe dans cette région mise à mal par les politiques de guerre du trio EU/France/GB, aidé en sous main par l’Allemagne​ ?
    Une diplomatie russe qui contrôle désormais des zones intégristes rebelles mettant fin à l’aventure de quelques mercenaires financés et sur-armés par les vassaux du Triplet alliés à l’Arabie Saoudite, à ​la Turquie, à ​Israël et autrefois au Qatar, a​lors qu’une coalition avec la Russie, pratiquement ignorée des médias,​ est menée par ailleurs étroitement avec l’Iran et ​la Turquie confrontée au risque de sécession kurde, et avec sur place ​les combattants Kurdes malmenés et bombardés par notre allié turc​ Erdogan quand il en a l’occasion et qui joue double jeu.

    Alors que des négociations de paix étaient en passe d’être signées en y intégrant le principal concerné, celui que les Syriens dans leur majorité ont choisi comme Président. Rappelons que 86% des votants ont confirmé leur Président le 2 juin 2014 à son poste, par delà toutes les accusations d’irrégularités proférées par les pays de l’OTAN. Au 2 juin 2014, la Syrie comptait environ 15 millions d’habitants sur les 22 que comptait le pays avant la campagne de déstabilisation.

    Pourquoi ce dernier larguerait-il des bombes chimiques, à ce moment précis ?
    Une question qui relève du bon sens,​ d’une évidence telle ​que n’importe quel citoyen ordinaire pourrait se la ​poser !
    ​Ceci alors que la coalition russo-syro-iranienne était en train de rétablir l’ordre et de contrôler les villes syriennes conquises par des groupuscules fanatiques, des recalés des temps modernes, lourdement armés par les industries pétrolières du Cac 40 et de Wall Street...​

    Pourquoi Assad ​irait-il se jeter dans la gueule du loup ?

    5- L’ingérence américaine et les manigances de Trump
    Gare aux armes chimiques !
    Le fait que le l’ultra-libéral, l’ultra-capitaliste, le populiste, le fasciste, le raciste anti-musulman, l’allié d’Israël et des Émirs et dernier Président des États-Unis d’Amérique ait retourné sa veste de milliardaire, qu’il ait déclaré avant son investiture que la paix en Syrie ne se fera pas sans Assad, qu’il ait trahi à son tour ses engagements avec le peuple qui l’a élu pour une autre politique étrangère, qu’il ait trahi son nouvel allié Poutine avec lequel il était sensé mener la guerre contre ce faux État qu’est Daech, ne pose pas de problème à Pascal Boniface qui soutient l’intervention de Trump contre une base militaire d’un État souverain, la Syrie d’Assad, me laisse perplexe !

    Le risque, à la suite de cette posture insupportable, n’est-il pas de donner carte blanche au complexe militaro-industriel occidental et Israélien pour l’utilisation de toute​s les ​autres armes de pointe et de destruction massives ?
    En clair, "ne nous préoccupons pas de qui a semé le chaos", mais "V​ous pouvez tout détruire avec des armes conventionnelles ou non, armes à Uranium appauvri, à phosphore, à fragmentation, au laser, etc., pourvu qu’elle​s ne soient pas chimiques ! Une​ limite à ne pas dépasser sous peine de bombardement intensif unilatéral dans les heures qui suivent !"

    Bien ! Il ne reste plus qu’à attendre qu’il soit démontré que les palestiniens soient victimes d’armes chimiques pour espérer l’intervention d’une coalition occidentale "démocratique" contre les bases militaires i​sraéliennes à haut risque, avec quelques bavures, pourquoi pas, sur des civils bien identifiés par les drones ! Une intervention qui serait "sans aucun doute" soutenue par les jubilateurs, BHL, Kouchner, Enselme, Barbier, Finkielkraut, Gluksmann fils, Fitoussi, Hollande, Sarkozy, Estrosi, Ménard et cie, Field, nos médias en général...​et maintenant Boniface, pour espérer enfin ​un arrêt total des crimes de guerre à Gaza, de la colonisation en Palestine, du pillage et de l’expropriation des paysans palestiniens, de la déportation de ces populations depuis la création de l’état sioniste et enfin le retour des réfugiés et expatriés, la restitution des territoires volés, du commerce des oliviers et l’application du droit international et de toute les résolutions de ce machin qu’est l’ONU.​ Kouchner pourrait enfin revendiquer son droit d’ingérence​ (8-9) pour la Palestine !

    ​Une mise en garde tout de même à M. Boniface : Dans les terres palestiniennes serait enfo​uie une arme d’une toute autre nature, la bombe H qui équivaudrait à 40 fois celles de Hiroshima et Nagasaki (10-11) .
    ​De Gaulle et JFK avant son assassinat, avaient dénoncé le programme nucléaire israélien.
    Il ne faut pas se tromper de priorité, la menace nucléaire israélienne est tout aussi condamnable que la détention d’armes chimiques, pour ne pas parler des dégâts occasionnés par leurs usages respectifs (12-13).
    Lire le livr​e Dénucléariser l’Iran et Israël, guide de l’AIEA

    6-La règle du​ "​deux poids deux mesures"​
    Le deux poids deux mesures dans le règlement des conflits des crises diplomatiques, et ​dans l’application du droit est tellement​ flagrante qu’elle semble ne même plus faire l’objet de débat parmi nos intellectuels, dont M. Boniface ?
    Ce qui s’applique aux pays pauvres ne s’applique pas aux pays riches, ce qui s’applique à l’Irak, la Syrie, le Yemen, l’Iran, les pays africains et d’Amérique latine, à la Yougoslavie, ne s’applique pas à Israël, à l’Arabie Saoudite et aux pays capitalistes destructeurs de civilisations.

    Pour conclure,

    ​Il me semble que M. Boniface devrait revenir aux fondamentaux de la géopolitique au lieu d’en survoler les manifestations les plus grossières, d’autant plus qu’il va aux conclusions sans passer par les preuves dans le cas de l’attaque chimique à Khan Cheikhoun le 4 avril dernier, imputée aux forces gouvernementales syriennes sans aucune preuve de nature impossible à contredire à ce jour, autrement dit sans aucune chaîne causale opposable dans une cour de justice quelle qu’elle soit, comme toutes les attaques précédentes dont nos médias partiaux ont toujours passés sous silence les très nombreux indices qui pointent vers les "rebelles", dont le rapport Postol-Brown cité par LePoint.

    D’ailleurs les accusations contre "le régime syrien" lors de l’attaque de Khan Cheikroun ont été elles aussi invalidées par Le chercheur du MIT Theodor Postol dans son dernier rapport du 18 avril 2017 (14).

    Et parmi ces fondamentaux, comment dire stop à ce "​terrorisme d’Etat" ourdi par l’alliance des pays OTAN-Golfe,​ afin qu’il
    ​s​cessent​de financer et de sur-armer les groupuscules fanatiques sur place ? D’autant que ce n’est pas nouveau : Souvenons-nous des camps afghans américains qui ont formé et entraîné les premiers Émirs du GIA algérien (cf. le​ documentaire de "La Marche du Siècle",​ de Jean-Marie Cavada sur la guerre en Afghanistan), et comment libérer nos sociétés du diktat des industries de l’armement qui nous monte les uns contre les autres ?

    Il est temps que les intellectuels français approfondissent leurs analyses au delà du discours du quai d’Orsay, et renouent avec la tradition française de médiateur avec l’Orient et de défenseur des droits de l’homme en dénonçant au moins autant les massacres initiés par l’OTAN que les exactions de gouvernements forts contre des opposants dont nous ignorons tout des motifs, des financeurs et des actes commis ou planifiés. Ainsi, nous ne savons toujours pas qui sont les snipers qui ont tiré les premiers lors des marches pacifiques depuis la campagne syrienne vers les villes en 2011. Les intellectuels français doivent recoller avec la vérité, par delà les effets de sidération que les médias déclenchent à la suite des gouvernements des pays OTAN."

    Pour toutes ces raisons, il est grand temps de sortir de l’OTAN ! Il existe d’ailleurs en France des partis politiques qui appellent aussi à s’affranchir de l’Atlantisme comme l’UPR de François Asselineau (15) et la FI de Jean-Luc Mélenchon (16-17).

    Pour moi, la solution, celle qui consiste à "libérer" la parole des intellectuels français, pourrait passer par le ralliement progressif des français au parti anti-guerre de Jean-Luc Mélenchon, la seule opposition dans le paysage politique actuel ou à certains "petits candidats" à l’élection présidentielle 2017. C’est ainsi qu’ils sont désignés par les médias de la finance et les
    ​"​nouveaux chiens de garde"​, qui tentèrent de les dissimuler à la société civile française jusqu’à être obligés par le CSA à
    jouer le jeu démocratique en les invitant certes, mais​ à la dernière minute grâce à la loi Urvoas aussi minimaliste qu’inéquitable.

    Le cas Asselineau est flagrant ! Ce "petit candidat", pourtant issu du même sérail que ceux qui nous gouvernent aujourd’hui, ​serait-il devenu fou pour avoir dénoncé les guerres capitalistes menées par des coalitions fièrement revendiquées par MM. Sarkozy puis Hollande, et ​pour avoir refusé le diktat américain, au point d’être taxé de pro-Assad, pro-russe voire complotiste ?

    Je constate désormais que le camp des n​on-alignés sur l’OTAN n’a plus la cote ! Pas un film, pas un roman, pas une oeuvre française qui ne démonte les mécanismes de la machine de guerre des pays OTAN maquillée en défenseur des droits de l’homme ! Pas un artiste qui remette en question le chant monocorde des partisans de la guerre !

    ​Faut-il faire ressusciter De Gaulle pour que nous retournions enfin à une diplomatie du bon sens au service d’une
    ​p​aix mondiale durable ? J’y ai cru un instant en assistant à une conférence de M. ​Asselineau à la Cité des
    ​Congrès à Nantes (18) qui présentait son programme présidentiel digne d’un chef d’Etat.​ Etonnant qu’un tel grand "​petit candidat"​soit justement ​méconnu de la "société civile",​ dont pourtant le nouvel élu de l’Elysée nous vante désormais sans cesse les vertus.
    Je constate ça et là une envie partagée du retour à l’intégrité, à la Diplomatie du respect​ et aux vraies valeurs de l’humanité fondées sur une conscience collective guidée par "des intellectuels intègres".

    ​Que ce soit une envie du retour au gaullisme initial issu du CNR, ou une manifestation de plus d’une nostalgie pour un "mythe de l’âge d’or" ​de ma part, une chose est certaine en ce qui me concerne, il faut coûte que coûte que ses détracteurs messieurs Sarkozy et Hollande et leurs hommes-liges) disparaissent de notre paysage politique pour espérer enfin un avenir viable et prometteur, un retour à la paix des braves telle que le préconise le Général (18)

    N Robin


    (1) http://m.leplus.nouvelobs.com/contribution/1152118-conflit-israel-palestine-la-lache-censure-de-mon-livre-p
    Conflit Israël/Palestine : la lâche censure de mon livre par les éditions Robert Laffont - le Plus
    LE PLUS. Est-il possible de critiquer Israël sans être accusé d’antisémite ? C’est la question polémique posée par Pascal Boniface, dans un livre publié en 2003 aux éditions Robert Laffont. Plus de 10 ans après, il a souhaité en rédiger une nouvelle
    http://referentiel.nouvelobs.com/wsfile/9741329129100.jpg
    http://referentiel.nouvelobs.com/wsfile/5981393495092.jpg

    (2) Saad Hariri — Wikipédia
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Saad_Hariri

    (3) https://www.youtube.com/watch?v=dcf1SzdICpU



    (4) Diplomatie de connivence et ordre international
    https://www.monde-diplomatique.fr/2011/10/GRESH/21089
    Diplomatie de connivence et ordre international
    par Alain Gresh (Le Monde diplomatique, octobre 2011) // Il n’est pas facile de déchiffrer l’ordre in...

    (5) "La Diplomatie de connivence", de Bertrand Badie
    http://www.lemonde.fr/livres/article/2011/04/26/la-diplomatie-de-connivence-de-bertrand-badie_1513006_3260.html
    https://s.yimg.com/nq/storm/assets/enhancrV2/23/logos/lemonde.png
    "La Diplomatie de connivence", de Bertrand Badie
    L’auteur signe ici en théoricien des relations internationales son ouvrage le plus abouti sur l’évolution des relations internationales...

    (6) Le temps des humiliés. Pathologie des relations internationales
    Le Monde diplomatique, Octobre 2014, page 25
    Le temps des humiliés. Pathologie des relations internationales
    Bertrand Badie
    https://www.monde-diplomatique.fr/2014/10/GALY/50898
    Le temps des humiliés. Pathologie des relations internationales
    par Michel Galy (Le Monde diplomatique, octobre 2014) // Le politologue Bertrand Badie articule avec bonheur ...

    (7) « La diplomatie au péril des valeurs » – 3 questions à Jean de Gliniasty, par Pascal Boniface
    http://www.les-crises.fr/la-diplomatie-au-peril-des-valeurs-3-questions-a-jean-de-gliniasty-par-pa

    (8) La nomination de Kouchner ulcère Alger - Prochoix, la revue pour le droit de choisir
    http://www.prochoix.org/cgi/blog/index.php/2007/05/19/1593-la-nomination-de-kouchner-ulcere-alger-le-soir
    La nomination de Kouchner ulcère Alger - Prochoix, la revue pour le droit ...
    Prochoix est est une revue d’investigation, de réflexion et d’analyse au service de la défense des liber...

    ​(9) http://www.madaniya.info/2016/12/07/ingerence-humanitaire-droit-ingerence-contre-devoir-ingerence-2-4
    De l’ingérence humanitaire : Droit d’ingérence contre devoir d’ingérence 2/4
    PAR RENÉ NABA DÉCEMBRE 7, 2016

    (10) La bombe israélienne n’est plus un sujet tabou
    http://clesnes.blog.lemonde.fr/2010/04/13/la-bombe-israelienne-nest-plus-un-sujet-tabou

    (11) La bombe H, 10 à 100 fois plus puissante que la bombe A
    http://www.lefigaro.fr/sciences/2016/01/06/01008-20160106ARTFIG00245-la-bombe-h-10-a-100-fois-plus-puissante-que-la-bo
    Les différences entre une bombe-A et une bombe-H sont profondes, et permettent surtout de gagner en puissance tout en réduisant l’encombrement.

    (12) http://orientxxi.info magazine/denucleariser-le- proche-orient-l-iran-d-abord- israel-ensuite,0517

    (13) http://www.france-palestine. org/Denucleariser-le-Moyen- Orient

    (14) Attaque chimique en Syrie : le rapport qui dérange
    http://www.lepoint.fr/monde/attaque-chimique-en-syrie-le-rapport-qui-derange-19-02-2014-1793755_24.php
    Attaque chimique en Syrie : le rapport qui dérange
    Par Armin Arefi
    Une étude du prestigieux MIT affirme que le massacre chimique d’août 2013 a été perpétré depuis une zone reb...

    (15) https://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Luc_M%C3%A9lenchon
    https://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/b/b8/Melenchon%2C_6%C3%A8me_R%C3%A9publique_-_MG_6513_%28cropped%29.jpg

    (16) http://www.lemonde.fr/personnalite/jean-luc-melenchon/programme
    http://s1.lemde.fr/mmpub/personalities/17.jpg

    (17) Meeting de François ASSELINEAU à Nantes le 19/04/2017
    https://www.youtube.com/watch?v=Pp1one2zTw8

    (18) De Gaulle - La paix des braves.MP4
    https://www.youtube.com/watch?v=YxLf-IKwmRs



    De Gaulle - La paix des braves 23 octobre 1958

    • Pascal Boniface, né le 25 février 1956 à Paris, est un géopolitologue français.
      Fondateur et directeur de l’Institut de relations internationales et stratégiques, il a traité de l’arme nucléaire, du conflit israélo-palestinien, et de géopolitique du sport — notamment dans le domaine du football...
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Pascal_Boniface

      Pascal Boniface
      Pascal Boniface est Directeur de l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS) et enseignant à l’Institut d’Etudes européennes de l’Université de Paris 8.
      Pascal Boniface dirige également La Revue internationale et stratégique (parution trimestrielle depuis 1991) et L’Année stratégique (parution annuelle depuis 1985).
      Il a écrit ou dirigé la publication d’une soixantaine d’ouvrages ayant pour thème les relations internationales, les questions nucléaires et de désarmement, les rapports de force entre les puissances, la politique étrangère française, l’impact du sport dans les relations internationales (il a développé le concept de géopolitique du sport), le conflit du Proche-Orient et ses répercussions en France. Nombre d’entre eux sont devenus des classiques réédités régulièrement et traduits dans plusieurs langues...
      http://www.iris-france.org/chercheurs/pascal-boniface
      http://www.iris-france.org/wp-content/uploads/2014/09/BONIFACE-Pascal-2.jpg

    • Les Crises
      « La diplomatie au péril des valeurs » – 3 questions à Jean de Gliniasty, par Pascal Boniface
      Source : Le Blog Mediapart, Pascal Boniface, 18-05-2017
      http://www.les-crises.fr/la-diplomatie-au-peril-des-valeurs-3-questions-a-jean-de-gliniasty-par-pa

      Jean de Gliniasty est directeur de recherche à l’IRIS, spécialiste des questions russes. Ancien ambassadeur de France au Sénégal, au Brésil et en Russie, il répond à mes questions à l’occasion de la parution de l’ouvrage : « La diplomatie au péril des valeurs : pourquoi nous avons eu tout faux avec Trump, Poutine et d’autres », aux éditions l’Inventaire.

      En quoi l’invocation des valeurs est-elle incompatible avec la défense de nos intérêts géopolitiques ?

      Nos valeurs constituent le socle de la société française et une base, à peu près partagée par tous en Europe Occidentale, sur laquelle s’édifie l’Union européenne. Mais cet héritage commun, condition de la construction européenne (les principes de Copenhague), ne permet pas pour autant une action efficace pour la paix et la stabilité dans le monde et plus particulièrement dans notre voisinage. Au contraire l’invocation permanente de nos valeurs dans notre action extérieure est perçue comme une immense hypocrisie camouflant des intérêts de puissance et nous conduit souvent à des erreurs d’analyse, sources d’affaiblissement de notre politique étrangère et de nouveaux troubles dans notre environnement géopolitique (Libye, Syrie, Ukraine…). C’est une véritable idéologie des relations internationales que l’on a appelée « néo-conservatisme » aux États-Unis et qui s’oppose à une vision raisonnée des rapports de force internationaux, des buts que nous devons poursuivre et des moyens pour y parvenir. Le droit d’ingérence, devenu la responsabilité de protéger, est une invention française qui a souvent été perçue, dans le monde arabe notamment, comme un nouvel esprit de croisade dès lors qu’il court-circuitait les processus intergouvernementaux, à l’ONU ou ailleurs, communément admis comme le seul moyen légal de régler les problèmes internationaux. La méfiance qu’il suscite affaiblit le message et risque de discréditer notre politique extérieure car nous sommes souvent obligés d’agir selon l’adage « deux poids, deux mesures » et d’épargner les puissants.

      Cette invocation des valeurs peut-elle être le masque d’une politique de puissance ?

      C’était sans doute le cas des États-Unis sous Georges W. Bush en Irak, qui voulait remodeler le Moyen-Orient au profit de son pays. Cela a été aussi le cas pour la France sous Napoléon où l’idéologie révolutionnaire coïncidait presque totalement avec les intérêts de puissance de la France. À l’heure actuelle, c’est plus ambigu. L’idéologie de l’interventionnisme au nom des droits de l’homme et de la démocratie, exacerbée par l’immédiateté de l’information et par les réactions émotionnelles de l’opinion publique, peut inspirer des actions irréfléchies. C’est aussi que la notion d’intérêt national a perdu de sa clarté : doit-on raisonner en Occidentaux, en Européens, en Français ? Dans l’incertitude, les « valeurs » font office de boussole : la politique qu’elles induisent est défendable devant l’opinion et suscite le consensus auprès de nos alliés. Donc, paradoxalement, l’invocation des « valeurs » peut aussi camoufler une démission, une renonciation par le gouvernement à son autonomie d’analyse et d’action.

      Vous mettez en lumière un danger potentiel de la réintégration dans l’OTAN qui passe inaperçu, « distraire les meilleurs cadres de notre armée d’un théâtre majeur pour la France : l’Afrique ». Pouvez-vous développer ?

      L’Afrique est un des derniers théâtres où les intérêts spécifiques de la France sont évidents et où notre pays a encore les « moyens de sa politique ». La stabilité et le développement de ce continent sont des facteurs importants pour l’avenir de notre pays (terrorisme, francophonie, migrations, relations commerciales…). Nos meilleurs soldats y ont été formés sur le terrain dans la connaissance des réalités locales et souvent dans l’expérience du combat. Traditionnellement, ils constituaient les hauts cadres de l’armée française et le « cursus » africain se retrouvait dans les parcours de nos chefs d’État-Major et de la plupart des titulaires de grands commandements. Il est à craindre que l’immense machine bureaucratique de l’OTAN ne suscite une nouvelle génération de cadres, imprégnés d’une pensée militaire formatée, auréolés d’une prétendue technicité et d’une expérience multilatérale assez standardisée et promis aux carrières les plus brillantes. Cette situation que connaissent la plupart de nos alliés risque de se produire en France. Elle marquerait une étape supplémentaire dans l’uniformisation de notre armée et, contrairement à ce que pensent ceux qui se réjouissent de cette évolution, un obstacle à la construction d’une défense européenne autonome.

      Source : Le Blog Mediapart, Pascal Boniface, 18-05-2017


  • L’observatoire du néoconservatisme

    Le Monde à l’épreuve de la méthode de son « Décodex »

    Posted by AntiNeoCons
    Ukraine, Taguieff, Syrie, Trump : les embardées du Monde…

    Pour ceux qui auraient échappé à la dernière campagne de communication du Monde, sachez que ce journal, afin de lutter contre les « fausses informations », a lancé en février dernier un outil d’évaluation des contenus en ligne appelé « Décodex« . Cette application permet via Google Chrome ou Firefox d’accéder en permanence à l’annuaire des sources recensées dans le Décodex.
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    Pour être précis, en conformité avec des règles préétablies, cet outil délivre des « bons ou des mauvais points » par l’intermédiaire de vignettes colorées : Rouges pour “les sites qui diffusent des fausses informations”, oranges pour “celles dont la fiabilité est douteuse” et bleues pour “celles provenant de sites parodiques”. A noter que les vignettes vertes qui indiquaient “les sites fiables” ont été supprimées. En somme, le Décodex s’inscrit dans la logique de diabolisation des sources qui échappent aux réseaux professionnels de l’information, et des opinions souvent iconoclastes qui en découlent. Cette initiative pour le moins manichéenne, a été accueillie par un grand nombre de journalistes de manière très négative. Mais soyons beaux joueurs et partons du postulat que dans chaque entreprise il y a une part de bonne foi. Aussi, avant sans doute d’expédier ce “joujou extra” au musée des objets insolites, soumettons la version internet du Monde à la critique de son fameux Décodex.

    En premier lieu, examinons succinctement la méthodologie du Décodex qui – à la bonne heure – préconise de « vérifier une information avant de la partager, de vérifier les sources, de juger de la fiabilité d’un site, ou encore de vérifier une rumeur qui circule sur les réseaux sociaux avec son corollaire, celui de reconnaître une théorie complotiste ». Pour vérifier cette “charte”, revenons sur cinq thèmes, dont quatre souvent abordés sur ce blog.

    1/ Ukraine : « le Kremlin multiplie les références à la seconde guerre mondiale » affirme Le Monde.
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    En 2016, pour répondre au film « Les Masques de la Révolution » de Paul Moreira, qui revenait sur le rôle prépondérant des néo-nazis en Ukraine, Benoît Vitkine, journaliste au Monde, titre l’une de ses chroniques : « Paul Moreira donne une vision déformée du conflit ukrainien. ». Pour Benoît Vitkine, « le documentariste chausse des lunettes déformantes. Pravy Sektor, Azov, Svoboda… Moreira fait de ces groupes d’extrême droite les artisans de la révolution, lorsqu’ils n’en étaient que l’un des bras armés. Il les présente comme une force politique majeure, quand leurs scores électoraux sont dérisoires ».

    1/ Quel sont les autres bras armés, puisque Benoît Vitkine sous-entend qu’il y en a d’autres sans toutefois les lister ?

    2/ S’il y a une propagande du Kremlin, il y en a une également du côté “occidental”, basée en grande partie sur les résultats électoraux, bon ou pas, de l’extrême droite ukrainienne.

    Depuis 2014, cet argument sert à minimiser autant que possible la présence des fascistes au sein de l’appareil d’Etat ukrainien. En règle générale, les propagandistes français referment la parenthèse par un : « Et alors il y a bien une extrême droite en France. ».

    Tout d’abord remarquons que d’un côté les journalistes du Monde proclament que « les années 30 sont de retour », et de l’autre ces mêmes journalistes réduisent l’importance de nazis hyperactifs qui sont pourtant au service d’un gouvernement allié à l’Etat français. Qui est Andreï Parouby, le commandant de l’Euromaïdan ? En 1991, il a fondé le Parti social-nationaliste d’Ukraine avec Oleh Tyahnybok. Ce parti deviendra plus tard Svoboda. Le 14 avril 2016, Andréï Parouby est devenu le Président du Parlement ukrainien, marchepied vers le poste de premier ministre pour ses 2 prédécesseurs. Selon le quotidien allemand Der Spiegel : « Le titre social-national Parti était une référence intentionnelle au parti National Socialiste d’Adolf Hitler. ». Son emblème, le Wolfsangel, était l’un des symboles initial du parti nazi. Il deviendra le logo du Parti social-nationaliste d’Ukraine et par la suite du parti de Parouby, Svoboda.

    Qui plus est, si les journaux britanniques en matière de politique étrangère sont globalement rangés derrière leur gouvernement, malgré tout ils relatent fréquemment le rôle majeur des bataillons ouvertement néo-nazis au service du nouveau pouvoir de Kiev. Pour preuve : The Guardian, The Telegraph, The Independent, The Sunday Times, BBC News. Des articles corroborés par Amnesty International qui dès septembre 2014 alertait les opinions publiques sur les crimes perpétrés par les troupes paramilitaires ukrainiennes. Ces groupes d’extrême droite furent identifiés par le quotidien israélien Haaretz, qui dès le début des événements en Ukraine rapportait que Pravy Sektor et Svoboda distribuaient des traductions de Mein Kampf et des Protocoles des Sages de Sion sur la place Maïdan.

    2/ Par qui “Le Monde” est-il lui, influencé ?

    Comment le Décodex a-t-il classé initialement les journaux britanniques vu ci-dessus ? The Daily Telegraph comme la BBC sont notés ainsi : « Ce site est en principe plutôt fiable. N’hésitez pas à confirmer l’information en cherchant d’autres sources fiables ou en remontant à son origine. » . Face à cette presse britannique qui, à y regarder de plus près, n’est pas alignée exactement sur les préjugés de l’équipe du Décodex, que pense Le Décodex de la presse officielle russe ? A la question « RussiaToday (version française) est-il une source d’information fiable ? », le Décodex répond : « Une chaîne de télévision associée à un site d’information, financée par le pouvoir russe, créée en 2005 dans le but de donner une image plus favorable de Vladimir Poutine à l’étranger. Ce média peut présenter des enquêtes de qualité, mais présente le biais de toujours relayer des informations favorables à Moscou. ». Concernant l’autre site d’information russe Sputniknews (version française), le Décodex délivre un message identique en ajoutant : « Soyez prudents et croisez avec d’autres sources. Si possible, remontez à l’origine de l’information. ».

    Alors bien sûr, nous ne pouvons qu’adhérer au « soyez prudents » prôné par les journalistes du Décodex. Reste que pour les “décodexeurs”, la presse russe est inféodée au Kremlin, alors que Le Monde est lui, bien entendu, quasi-irréprochable… Soulignons pourtant que Le Monde bénéficie chaque année d’une aide de l’Etat français considérable. Il arrive en deuxième position de tous les supports papiers aidés de la presse française. Or que dit Le Décodex concernant leur employeur Le Monde ? Il se contente d’un message lapidaire : « Un quotidien et site Internet d’information généraliste. Le groupe est détenu depuis 2010 par les hommes d’affaires Xavier Niel, Pierre Bergé et Matthieu Pigasse. », qui se conclut par la formule habituelle : « N’hésitez pas à confirmer l’information en croisant avec d’autres sources ou en remontant à son origine. ». C’est ce que nous allons faire à présent.

    Pour ce faire, il nous a semblé important de revenir sur deux billets que nous avons écrit précédemment (ici et là). Bien avant le Décodex, nous nous étions interrogés sur les certitudes des patrons de presse. Pour répondre à cette question, nous étions revenus sur les travaux de Noam Chomsky et Edward Herman, qui en 1988 coécrivent « Manufacturing Consent. The Political Economy of the Mass Media ». Le livre est traduit en français en 2008 sous le titre “La Fabrication du Consentement”. Les deux intellectuels américains attirent notre attention sur les cinq filtres qui déterminent la fabrication du consentement :

    1/ Taille, actionnariat, orientation lucrative.
    2/ Régulation par la publicité.
    3/ Sources d’information.
    4/ Contre-feux et autres moyens de pressions.
    5/ Anticommunisme.
    Dès lors, la propagande peut être organisée par de puissantes ONG ou « cercles de réflexion » (think tanks) devenus lobbies au fil du temps. Pour Noam Chomsky et Edward Herman, ces organisations, sous couvert de caution scientifique, influencent radicalement le récit des différents médias. Elles constituent une “société d’experts” qui jouent en même temps le rôle d’agents du pouvoir US à l’origine des sources primaires qui déterminent l’orientation des lignes éditoriales.

    Nous avons extrait de la galaxie des « think tanks » néolibéraux ou encore « atlantistes », un petit échantillon afin d’attirer votre attention sur le poids politique de leurs membres, et sur leurs sources de financements qui viennent de six catégories de pourvoyeurs de fonds : l’industrie de l’armement, l’énergie, la finance, les médias et la communication, le Département d’Etat américain, et les gouvernements alliés des États-Unis.

    L’Atlantic Council est l’officine de propagande quasi officielle de l’OTAN. Elle regroupe une multitude d’anciens Secrétaires d’Etat américains, par exemple Madeleine Albright, Secrétaire d’Etat sous Clinton, Colin Powell, Secrétaire d’Etat de l’administration Bush, Condoleezza Rice, qui fut aussi Secrétaire d’État sous les deux mandats de George W. Bush. James Baker, Secrétaire d’Etat de GH Bush. Robert Gates, directeur de la CIA, qui deviendra Secrétaire à la Défense des États-Unis sous la présidence de G. W. Bush et conservera son poste sous Obama. Ses financements proviennent entre autres de : ExxonMobil, Bank of America, US Army, US Air Force, US Marine Corp, Boeing, Rockefeller&co, Thales USA, etc. Dans nos médias : Le Monde – Libération – L’Express – L’Obs – Le Point – Le Figaro.

    Le Washington Institute est une organisation qui fut vivement critiquée pour avoir des liens étroits avec le groupe de lobbying pro-israélien AIPAC. Parmi les conseillers consultatifs nous retrouvons Henry Kissinger, ancien Secrétaire d’Etat, ou Richard Perle, ancien Secrétaire adjoint à la Défense. Nous retrouvons également Condoleezza Rice et R. James Woolsey, ancien directeur de la CIA. Son financement vient probablement de l’AIPAC. Dans nos médias : Libération – L’Express – Le Figaro.

    La Fondation Carnegie est représentée en Europe par Victoria Nuland, ex-ambassadrice adjointe à l’OTAN (2000-03), puis conseillère du vice-président Dick Cheney (2003-05) avant d’être employée par Hillary Clinton. Parmi ses financements nous notons entre autres : OpenSociety, Département US Defense, Fondation Ford, Chevron, United Arab Emirates, Morgan Stanley, Federal Republic of Germany, etc. Dans nos médias : Le Monde – L’Express – L’Obs – Le Figaro – Le Point.

    Le Center for a New American Security réuni des personnalités politiques telles que le général David Petraeus, ex directeur de la CIA (2011-2012), Hillary Clinton, ou encore Madeleine Albright. Ses financements proviennent entre autres de Boeing, Government of Japan, Morgan-Stanley, Open Society, Chevron, Pentagone, Bank of America, Lockheed Martin, US Navy, US Air Force, US Army, etc. Dans nos médias : Le Monde – Libération – L’Express – Le Figaro – L’Obs.

    Le Center for Strategic and International Studies compte dans son conseil d’administration Henry Kissinger, Zbigniew Brzezinski, le géostratège qui a conseillé les présidents Jimmy Carter, George W. Bush et Barack Obama, et James Woolsey, qui dirigea la CIA de 1993 à 1995. Ses financements comprennent entre autres : Bank of America, Chevron, Lockheed Martin, Boeing, Raytheon, Thales, Électricité de France, U.S. Chamber of Commerce etc. Dans nos médias : Le Monde – Libération – L’Express – Le Figaro –L’Obs – Le Point.

    Le Council on Foreign Relations est très vraisemblablement la principale structure de rayonnement de la galaxie des think tanks atlantistes. Nous y retrouvons Henry Kissinger, Madeleine Albright, Colin Powell, Robert Gates et Gerald Ford, 38ème président des Etats Unis. Nous notons les financements suivants : Bank of America, Exxon Mobil, Goldman Sachs, JPMorgan, Morgan Stanley, Credit Suisse, Deutsche Bank, Lazard, Airbus Group, Raytheon, Total, U.S. Chamber of Commerce, etc. Dans nos médias : Le Monde – Libération – L’Express – Le Figaro – L’Obs – Le Point.

    Comprenons-nous bien, il ne s’agit pas pour nous d’affirmer ici que tous les journalistes sont soumis à des intérêts cachés, toutefois force est de constater que les rédactions de nos médias sont toutes « sous forte influence ». Et vous aurez noté que le spécialiste des « coups tordus » Henry Kissinger est présent dans tous ces « think tanks » depuis de très nombreuses années.

    3/ Un porte-parole paranoïaque comme référence ?

    En matière de lutte contre les « théories du complot », la caution intellectuelle du Monde et de la presse dans son ensemble est apportée par le théoricien islamophobe Pierre-André Taguieff.

    Il est l’homme que Le Monde suit et consulte depuis des années. Au fil du temps, Le Monde a produit un très grand nombre d’articles où ses travaux font autorité. Parmi le large éventail de choix sur le sujet (Le Monde/Taguieff), nous avons choisi quelques exemples significatifs. Dans son édition du 21.09.2015, Le Monde titre l’un de ses articles sous forme d’interview « Pour Pierre-André Taguieff, l’intelligentsia française sous-estime l’antisémitisme ». Dans cette chronique Taguieff profite une fois de plus de l’occasion pour s’offusquer de la lutte contre l’islamophobie. L’éditorial du Monde du 20.06.2012 est consacré à l’affaire Merah. Là encore il y est décrit comme un spécialiste rigoureux du conspirationnisme. Dans Le Monde du 23.02.2012, il est écrit « Dans un numéro de « L’homme et la Société » datant de 1985, Pierre-André Taguieff en donnait une utile définition : pour les différentialistes, la différence culturelle est traitée comme une différence naturelle, et une différence de nature. Il y aurait plusieurs natures humaines ». Le 28.08.2008, Roger-Pol Droit pour l’édition Le Monde des livres ne tarit pas d’éloges envers Taguieff. Pour Roger-Pol Droit, « Pierre-André Taguieff construit une œuvre imposante, au carrefour de l’histoire des idées, de la sociologie et de l’intervention politique ». Pour Pierre Drouin dans les colonnes du Monde du 10.06.2004, « Pierre-André Taguieff interroge l’idée de progrès ». Nicolas Weill dans Le Monde du 20.06.2002 écrivait « Le sociologue Pierre-André Taguieff montre les usages erratiques de la notion de populisme ». Terminons cette liste non exhaustive avec un néoconservateur notoire qui n’est autre que Robert Redeker, qui lui aussi le 25.01.2002 profite d’une recension de M. Taguieff dans Le Monde pour brocarder la gauche anti-impérialiste. Totalement conquis, M. Redeker précise « Taguieff avertisseur d’incendie ». Il convient de noter que le soutien du Monde à Pierre-André Taguieff dure depuis plusieurs décennies, alors même que sur France Inter en 1997 ce dernier déclarait « Deux millions de musulmans en France, ce sont deux millions d’intégristes potentiels ».

    Pierre André Taguieff est à l’origine de la méthode qui consiste à mélanger des sujets sérieux, par exemple la cause palestinienne, à des légendes farfelues, par exemple les Illuminatis. L’objectif de la manœuvre étant de ridiculiser les militants anti-impérialistes. Cette matrice est invariablement composée de trois constantes : 1/ Le principe de non contradiction est totalement bafoué dans la narration. 2/ L’indignation est sélective (les dictatures alliées à l’Occident échappent toujours à la critique). 3/ Quand il aborde le complotisme, certains faits sont systématiquement ignorés (opération Condor, réseaux Gladio…). Son CV n’est pas plus reluisant que sa rhétorique. Pierre-André Taguieff fut contributeur hyperactif du site drzz.info devenu dreuz.info, qui publie les diatribes xénophobes et islamophobes de Daniel Pipes. Mais dreuz.info est surtout et avant tout une tribune permanente pour la théorie d’Eurabia, un néologisme forgé en 2005 par l’essayiste et contributrice de dreuz.info, Bat Ye’Or. Le concept Eurabia est souvent repris par des mouvements d’extrême droite parlant d’une Europe absorbée par le monde arabe.

    Et que nous disent les « décodexeurs » du site Dreuz où Pierre-André Taguieff a officié ? A la question « Dreuz Info est-il une source d’information fiable ? » Réponse : « Un blog qui se revendique comme « pro-américain », « pro-israélien » et « néo-conservateur ». Il publie régulièrement de fausses informations, notamment sur l’immigration ». Cette consigne est suivie de “Notre Avis” : « Ce site diffuse un nombre significatif de fausses informations et/ou d’articles trompeurs. Restez vigilant et croisez avec d’autres sources plus fiables. Si possible, remontez à l’origine de l’information » . Une mise en garde appuyée par plusieurs articles dont « Sur le Web, le Hollande bashing se radicalise ». Cependant, les “décodexeurs” se gardent bien de signaler le lien entre les islamophobes pro-Eurabia de Dreuz et le « politologue » consulté par tous Pierre-André Taguieff.

    4/ Attaques chimiques en Syrie : les “certitudes” du Monde à l’épreuve des faits.

    Le mercredi 12 avril 2017, directement pour le Décodex cette fois, Madjid Zerrouky et Adrien Sénécat, tous deux journalistes au Monde, écrivent à propos de l’attaque chimique de Khan Cheikroun du 4 avril : « Bombardement chimique en Syrie : les intox à l’épreuve des faits » . Les deux journalistes ajoutent « les preuves incontestables qui démontrent que Assad ment quand il conteste la nouvelle attaque chimique. » Ils surajoutent même lourdement : « Les preuves sont fournies par le Pentagone et les rebelles qui scrutent le ciel en permanence ». Par conséquent, Le Monde prend pour argent comptant les renseignements de rebelles dont on ne sait pas grand-chose si ce n’est que certains d’entre eux tentent depuis le début du conflit de faire assassiner des journalistes par l’armée syrienne, c’est du moins ce que relate le journaliste Alex Thomson de Channel 4 dès juin 2012, ce qui traduit une situation particulièrement incertaine sur le terrain, et semble être la véritable explication de l’absence très tôt parmi les “rebelles”, de journalistes de la presse occidentale réfugiés au Liban, en Israël ou en Jordanie.

    Concernant les faits retenons surtout qu’à part celui de rendre grandiloquent un écrit très faible sur sa ligne, cette partie de l’article du Monde n’a finalement pas grand intérêt étant donné que L’Etat syrien reconnaît l’intervention aérienne au travers de la déclaration du ministre russe de la Défense : « Selon les données objectives du contrôle russe de l’espace aérien, l’aviation syrienne a frappé près de Khan Cheikhoun un grand entrepôt terroriste. ». Et dans cet entrepôt situé dans une région encore entièrement contrôlée par Al-Nusra, il y avait des composants chimiques.

    Dans cette affaire, Le Monde se devait de donner un semblant de légitimité à ses assertions. La caution scientifique sera apportée tant bien que mal par Olivier Lepick, chercheur associé à la “Fondation pour la Recherche” à qui Le Monde fait dire qu’il réfute catégoriquement la thèse syrienne. Pourtant à le lire, il semble plus mesuré, car il précise au Monde que « Si un tel stock existait, il serait “très improbable” qu’il soit sous le contrôle des groupes rebelles ». Et pour cause. Cette dernière hypothèse est en effet très discutable, comme nous allons le voir.

    Tout d’abord retenons que selon CNN dès décembre 2012, des agents privés sous-traitants de la Défense américaine et européenne envoyés par les gouvernements des pays OTAN ont formé en Jordanie et en Turquie des “rebelles” à “tracer”, “sécuriser” et “gérer” des stocks d’armes chimiques dans les zones conquises. Donc des “rebelles” ont bien été en contact avec ce type d’armes, et selon toute vraisemblance ils savent les manipuler depuis le début du conflit.

    Prenons également en considération que ce sont des jihadistes de Liwa Al Islam et Al Nusra, connus pour leurs liens avec l’Arabie Saoudite, qui attaquèrent le 21 décembre 2013 des entrepôts chimiques de l’armée syrienne pour s’emparer de leurs stocks, au moment où l’armée s’apprêtait à les transporter pour les “évacuer depuis le port syrien de Lattaquié dans deux cargos, escortés par les navires militaires norvégien et danois, à destination du port italien de Gioia Tauro. Les 700 tonnes d’agents chimiques les plus potentiellement dangereux furent transférés sur le MV Cape Ray, un navire de la marine américaine spécialement équipé pour leur destruction, et détruits dans les eaux internationales.”

    Notons aussi que le samedi 15 avril dernier, l’EI a utilisé des gaz chimiques à Mossoul, et ce n’est pas la première fois selon l’AFP.

    Enfin, rappelons ici qu’il est de notoriété publique que le jeu ininterrompu des allégeances entre brigades “rebelles” et brigades “jihadistes” rend leur classement extrêmement volatil. Seule la narration des médias pro-OTAN est totalement affirmative, en parfaite adéquation avec les déclarations officielles des chancelleries des pays OTAN.

    Donc ces informations indiquent la possibilité réelle et vraisemblable, même si elle est minimisée par Olivier Lepick, que des “rebelles” soient effectivement en possession de gaz neurotoxiques avec l’objectif éventuel d’en faire usage.

    Venons-en “aux charges”. Qui apporte les “meilleurs arguments” ? La certitude que “le gaz sarin a été utilisé en Syrie à plusieurs reprises et de façon localisée” est certes bel et bien établie, mais l’identité des auteurs des attaques fait toujours débat. Dès lors, le déterminisme du journal Le Monde est loin d’être satisfaisant puisque par exemple en mai 2013, l’ancienne Procureur du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie Carla Del Ponte a affirmé que ce sont les rebelles syriens qui ont utilisé du gaz sarin en décembre 2012 à Homs, puis en mars 2013 à Jobar, près de Damas. Le même jour, on pouvait lire dans le journal Turc Zaman que la police locale turque avait trouvé du gaz sarin chez les terroristes d’Al Nosra, pudiquement qualifiés de « groupe rebelle de militants syriens », que les USA mirent plus d’un an à inscrire sur leur « liste noire du terrorisme international ». Et que faisait Le Monde, déjà à cette époque ? Une grande enquête totalement à charge, sans aucun recul déontologique, alors que ses 2 journalistes sur le terrain à l’origine des prélèvements utilisés comme “preuves”, avouaient a posteriori et à demi-mot être dans l’incapacité de déterminer qui était l’auteur des gazages, et qu’aucun autre journaliste du Monde n’était allé sur la scène du crime.

    Revenons à présent sur l’interview proposée par Les-Crises (un blog ostracisé par le Decodex) de Theodore A. Postol, professeur émérite en science, technologie et politique de sécurité nationale au MIT de Boston, et ancien conseiller scientifique auprès du chef des opérations navales de l’armée américaine. Dans cet entretien, Postol rejette les accusations de Elliot Higgins, animateur du blog Bellingcat. Postol déclare avoir tenté de travailler avec lui sans avoir jamais obtenu de réponse du blogueur, qui lui est référencé par Le Monde. Or Elliot Higgins avait justement fait paraître sur Bellingcat des explications pour tenter d’invalider un rapport antérieur signé de MM. Postol et Brown sur les attaques du 21 août 2013 à La Ghouta, dans la banlieue de Damas. Postol nous confie avec 4 ans de recul son dernier point de vue sur cette attaque et il est très clair : « Nous disons que nous ne savons pas qui a exécuté l’attaque, mais que nous savons avec certitude que les renseignements présentés par la Maison-Blanche en septembre 2013 ne peuvent assurément pas être corrects » .

    Mais il y a mieux. Comme nous le conseille Le Monde, nous avons pu recouper cette affirmation avec le point de vue des six congressistes américains tant Démocrates que Républicains, qui ont demandé à accéder aux preuves, et ont déclaré exactement la même chose dans leurs journaux locaux concernant cette même attaque du 21 août 2013.

    D’ailleurs au final, même Obama s’est montré prudent. Il semblerait en effet que si le président a reculé, c’est tout simplement parce qu’il avait promis aux américains qu’il demanderait le vote du Congrès, et qu’il s’apprêtait à essuyer un échec aussi retentissant que celui de Cameron. Inavouable bien entendu.

    A la lumière de cette somme d’informations, examinons à présent la nouvelle séquence française suite à la nouvelle attaque chimique du 4 avril 2017, imputée par les pays OTAN et Le Monde aux forces gouvernementales syriennes, du moins telle qu’analysée par Madjid Zerrouky et Adrien Sénécat le 12 avril 2017. Leur version s’appuie sur la déclaration officielle de l’ex-ministre des Affaires étrangères Jean Marc Ayrault le mercredi 19 avril 2017 sur la chaine LCP, juste avant le premier tour de la Présidentielle française. Le village de Khan Cheikroun, sous contrôle rebelle, a été bombardé par un Sukkoï22 syrien qui a décollé de la base aérienne militaire de Shayrat censée abriter un arsenal chimique non déclaré en 2014. Malgré une nouvelle intervention de M. Théodore Postol (version finale de son rapport publiée le 18 avril) qui disculpe ipso facto les forces gouvernementales, de nouvelles “preuves” françaises ont été publiées ce mercredi 26 avril, juste entre les 2 tours de la Présidentielle, qui font réagir les internautes avec vigueur, au vu de leur extrême faiblesse. Comme dans le cas d’Obama, le véritable motif de cette publication semble être ailleurs que dans la solidité ou non de ces preuves.

    Une fois de plus, force est de constater que l’effet d’annonce prime sur le contenu, et que Le Monde, comme souvent, s’agite au côté des interventionnistes, et non du côté de la recherche impartiale de la vérité. Une rhétorique méthodiquement décryptée par Anne Morelli qui dans les « principes élémentaires de propagande de guerre » précise que dans le discours guerrier “l’ennemi” utilise toujours des armes non autorisées, alors que nous « les bons », non seulement nous ne commettons pas d’atrocités, mais nous faisons la guerre de manière chevaleresque.

    Cet enchaînement de faits nous amène au point central de la discorde entre accusateurs et sceptiques : La question du mobile. Pourquoi Assad aurait-il agit de la sorte ? Le fait qu’Assad « n’avait aucun intérêt à faire ces frappes » semble pourtant a priori être une évidence qui mérite d’être examinée. Mais pour les “decodexeurs” du Monde c’est un « argument qui fait diversion ». Les deux compères du Monde balayent d’un revers de la main cette question préalable pourtant essentielle par la formule suivante : « Un élément d’interprétation qui remettrait en question l’implication du régime syrien ». Mais qu’y-a-t-il de malhonnête à rechercher le mobile d’un crime ? N’est-ce pas la base d’une enquête que de s’interroger sur les raisons du criminel ? En l’occurrence pourquoi Assad dès 2013 aurait-il entamé une série d’actes aussi suicidaires ? N’était-ce pas le meilleur moyen face à “l’opinion internationale” de se mettre une corde au cou quand nous savons le sort qui fut réservé à Mouammar Kadhafi quelques mois auparavant, et à Saddam Hussein en 2006 ? Aussi comprenons qu’à ce jour, la seule et unique certitude que nous puissions avoir est que seule une enquête indépendante sous l’égide de l’ONU pourra apporter un véritable éclaircissement, et que seule une parfaite clarification aura le pouvoir d’être suivie de décisions diplomatiques fortes et respectables car légitimes. Ce qui n’est bien sûr pas le cas pour le moment.

    5/ Le cas Trump :

    Pour finaliser cette dernière partie autant qu’il est possible de le faire à cette heure, revenons sur le comportement du Monde au gré de la réaction de Donald Trump à la suite de l’attaque au gaz de Khan Cheikhoun. Peu soucieux du respect du droit international, le nouveau président américain a signé son premier acte unilatéral de guerre illégale. Pourtant, pour le journal Le Monde, pour les pouvoirs politiques et pour la presse occidentale, le ton serait plutôt de dire “hourra le shérif est de retour”. A cet effet, Le Monde a repris un article de l’AFP intitulé « Après l’attaque chimique de Khan Cheikhoun, Donald Trump cible le régime syrien ». Souvenons-nous qu’il y a encore peu, aux yeux de la presse internationale et du Monde, Donald Trump n’était qu’un illettré, un déficient mental, bref une “brute épaisse”. Et force est de constater que depuis qu’il s’avère être vraiment une brute épaisse, sa cote de popularité dans les journaux est à la hausse. L’homme serait même sur le chemin de la respectabilité.

    Un traitement de l’information qui en rappelle un autre : Souvenons-nous de l’élection américaine de novembre 2016. Le Monde, avant l’élection américaine, avait colporté une parfaite théorie du complot selon les critères de son Décodex. La fameuse déclaration fabriquée par l’équipe d’Hillary Clinton, qui accusait Donald Trump d’être la « marionnette » du président russe Vladimir Poutine. Le président russe « préfère avoir une marionnette comme président des Etats-Unis » , avait lancé à plusieurs reprises Hillary Clinton. Trois mois après l’investiture de Donald Trump, l’affirmation d’Hillary Clinton disparaissait des radars médiatiques en même temps que le président américain changeait de cap diplomatique et agissait cette fois dans la droite ligne de ses prédécesseurs. Toujours est-il que sur cette affaire, le Décodex, toujours très sélectif dans ses critiques, n’agite toujours pas à ce jour de carton rouge en direction des médias qui ont relayé cette assertion invérifiable venue du camp Clinton.

    Récapitulons :

    Si l’on en croit ses concepteurs, le Décodex est un outil informatique qui permet à un public large et varié de décrypter l’information sans trop d’efforts. Ainsi nous dit-on, les utilisateurs du Décodex peuvent faire le tri entre les informations pertinentes et les fausses nouvelles communément appelées “fake news”. Cependant, la maison-mère du Décodex, qui n’est rien moins que le journal Le Monde, est contredite dans ses principes élémentaires comme nous venons de le voir.

    Le Monde minimise autant que possible l’influence de l’extrême droite en Ukraine et la presse britannique (classée fiable) et certaines ONG sont là pour nous le rappeler.

    Les sources primaires du Monde sont très souvent les purs produits de l’industrie de guerre américaine.

    Le Monde n’a pas le moindre scrupule pour utiliser un porte-parole paranoïaque tel que Pierre-André Taguieff, ex éditorialiste du site Dreuz, qui est un site conspirationniste selon les termes même du Décodex.

    Sous le prétexte du droit d’ingérence humanitaire, Le Monde cautionne une intervention militaire américaine en Syrie, alors même qu’à ce jour aucune preuve acceptée par la Communauté internationale n’a été présentée à l’ONU qui désigne les responsables des actes que cette administration est censée punir. Une attitude adoptée aussi par M. Jean-Marc Ayrault, qui rappelle en tous points celles d’avril puis août 2013 étroitement liées à une enquête soi-disant accablante du journal Le Monde, et extrêmement discutables elles aussi.

    La frappe unilatérale ordonnée par Donald Trump fut donc parfaitement illicite, et renvoie à une Administration américaine qui n’est jamais avare de mensonges quand il s’agit de ses intérêts*, défendus avec complaisance dans des médias versatiles qui avaient soutenu Hillary Clinton, notamment contre le prétendu complotisme pro-russe de Donald Trump.

    Conclusion

    « Pourquoi sans le moindre détour ne pas avoir écrit un billet à charge contre le Décodex ? » , nous diront à juste titre, ceux qui pensent qu’il y a beaucoup à dire sur cette initiative du Monde, qui indéniablement a pour objectif la mise à l’index des idées divergentes de celles des forces dirigeantes des pays OTAN. A cette interrogation légitime, nous répondrons simplement que le travail a été fait par d’autres. De ce fait, il nous a semblé utile d’examiner Le Monde lui-même à travers le prisme de son Décodex. Et le moins que l’on puisse dire est que ce journal se trouve discrédité par les méthodes d’investigation de son propre outil. Au final, cet outil nous permet surtout de pointer les influences, le dogmatisme et les contradictions d’un journal qui se targue de cultiver un certain recul. Quoique le journaliste Samuel Laurent puisse en dire, Le Monde est un journal militant et partial, en ce sens qu’il soutient la politique impérialiste de l’OTAN. Son positionnement, parfaitement aligné sur celui du quai d’Orsay, a pour principale conséquence la justification des conflits récents. Le Monde ferme les yeux sur les régimes autoritaires alliés à l’Occident, et diabolise les activistes anti-guerre et anti-impérialistes. De ce fait les journalistes du Décodex rallient le cortège de ceux qui s’efforcent, avec plus ou moins de réussite, de fournir à l’occident des alibis pour toutes les guerres dans lesquelles l’OTAN est directement ou indirectement impliquée.

    * « Les grandes puissances n’ont pas de principes, seulement des intérêts. » Henry Kissinger, Secrétaire d’État du gouvernement républicain de Richard Nixon, puis de Gerald Ford.

    Lien :
    https://anticons.wordpress.com


    • Vers l’émancipation, contre la calomnie. En soutien à Houria Bouteldja et à l’antiracisme politique.

      http://mobile.lemonde.fr/idees/article/2017/06/19/vers-l-emancipation-contre-la-calomnie-en-soutien-a-houria-bouteldja-

      Il y a 3 jours
      Vers l’émancipation, contre la calomnie. En soutien à Houria Bouteldja et à l’antiracisme politique

      Dans une tribune au « Monde », une vingtaine intellectuels réagissent à l’article « La gauche déchirée par le racisme antiraciste » publié le 10 juin.

      EXTRAIT
      TRIBUNE. Dans le supplément « Idées » daté samedi 10 juin, Jean Birnbaum consacre un article au « malaise croissant dans le mouvement social » face à « l’usage militant des notions comme la “race” ou l’“islamophobie” ». Il y rapporte des propos tenus ici ou là sur les Indigènes de la République et, au-delà, sur l’antiracisme décolonial et politique.

      Dans ces allusions, une nouvelle fois, Houria Bouteldja est la cible privilégiée des accusations les plus insensées, qui sont autant de calomnies : racisme, antisémitisme, homophobie… Il semble décidément que ses contempteurs n’aient pas lu son livre Les Blancs, les Juifs et nous [La Fabrique, 2016], se soient arrêtés à son titre sans le comprendre ou à quelques extraits cités à contre-emploi.

      La suite est réservée à nos abonnés.

      Les signataires :
      Ludivine Bantigny (historienne), Maxime Benatouil (co-président de l’Union juive française pour la paix), Judith Bernard (metteure en scène et journaliste), Déborah Cohen (historienne), Thomas Coutrot (économiste), Christine Delphy (sociologue et militante féministe), Annie Ernaux (écrivaine), Fabrice Flipo (philosophe), Isabelle Garo (philosophe), Eric Hazan (éditeur et écrivain), Stathis Kouvelakis (philosophe), Philippe Marlière (politiste), Dominique Natanson (co-président de l’Union juive française pour la paix), Olivier Neveux (universitaire), Ugo Palheta (sociologue), Geneviève Rail (universitaire, Simone de Beauvoir Institute and Womens Studies, Canada), Catherine Samary (économiste), Michèle Sibony (Union juive française pour la paix), Isabelle Stengers (philosophe), Julien Théry (historien), Rémy Toulouse (éditeur).


  • Mélenchon ou la France insoumise, la seule force d’opposition selon moi, capable de renverser le diktat capitaliste français des va-en-guerre. NRobin

    https://avenirencommun.fr/avenir-en-commun

    L’Avenir en commun, le programme
    L’Avenir en commun est le programme de la France insoumise et de son candidat Jean-Luc Mélenchon. Cf lien.

    L’Avenir en commun n’a de sens que si nous le construisons ensemble au cours d’un processus collectif de débats. La collection des « livrets de la France insoumise » offre cet espace d’échanges pour enrichir le programme en continu. Plus de 40 livrets thématiques sont également disponibles.

    L’Avenir en commun est disponible dans toutes les librairies
    Retranscription du discours de Jean-Luc Mélenchon à la Fête de l’Humanité, septembre 2016, la Courneuve.

    "Ma candidature est d’abord celle d’un programme, dont la cohérence doit être gardée, protégée, nourrie avec soin.

    Un programme ce n’est pas un copier-coller de toutes les revendications que l’on a entendues. Il faut qu’il y ait un fil conducteur, qui s’applique dans tous les compartiments de la proposition. Ce fil conducteur, c’est l’intérêt général humain qui est mis en cause par la menace qui pèse sur la civilisation humaine, la destruction du seul écosystème compatible avec celle-ci.

    Le fil conducteur qui organise tout le reste, c’est cette vision des biens communs, de ce que nous avons en commun, de notre humanité partagée.

    De l’Humain d’abord à l’Avenir en commun

    Et bien je peux dire que le candidat a quelques privilèges, - on va appeler ça comme ça – il en a un, c’est de trancher parmi la foule des propositions qui lui sont faites, en matière de mots d’ordre ou de slogans. Et bien, j’ai tranché, et j’ai choisi que l’on appelle notre nouveau programme, qui s’appelait L’Humain d’abord, j’ai choisi qu’on aille au bout de la logique de « l’humain d’abord ». Si c’est l’humain d’abord, alors l’humain est dans tout homme, toute femme, quelle que soit sa condition sociale, quelle que soit son éducation, quelle que soit sa religion – puisqu’on n’arrête pas d’en parler, et même s’il n’en a pas, ce qui est la masse du peuple français. Et bien ce qu’ils ont en commun c’est cela que nous allons valoriser, c’est de cette manière que nous allons interpeller chacun, sans nous occuper de savoir comment il a voté avant, ce qu’il faisait avant, ce qu’il disait avant.

    À cette heure, voici que s’avance la plus grande des menaces, nous pouvons y faire face et relever ce défi ce qui serait extraordinaire, la dette écologique est dorénavant parvenue au 8 août ce qui signifie qu’à partir du 9 août au matin, la terre se voit prélever plus que ce qu’elle ne peut reconstituer. Dès lors l’intérêt général est appelé […]

    Cela signifie que nous devons aller au bout de l’humain d’abord, le bout de l’humain d’abord, c’est d’appeler en toute personne, cette communauté de la condition humaine. Le programme s’appellera : L’Avenir en commun.

    Je souhaite que vous compreniez le mot jusqu’au bout, car il n’y a pas d’avenir en commun pour les êtres humains sans tous les éléments qui constituent la biosphère. Il n’y a pas d’avenir en commun pour les êtres humains sans toutes les espèces animales et végétales qui ont permis l’émergence de la conscience. L’Avenir en commun est un projet global qui concerne tous les aspects de la biosphère et de sa conservation. Cet avenir en commun, cet intérêt général humain qui est appelé, c’est celui qui me permet de m’adresser à tous, en toutes circonstances.

    Le programme de la France insoumise

    […] Nous proposons un programme, nous proposons une démarche, nous proposons un mouvement, la France insoumise, dans lequel tout le monde est appelé.

    Je suis un candidat hors parti, mais je ne suis pas un candidat contre les partis, je suis moi-même membre d’un parti. Mais il faut que tout le monde puisse participer à cette campagne, apporter son intelligence, sa capacité individuelle sans être obligé, jamais, de se soumettre à telle ou telle règle ou bien d’adhérer à telle ou telle organisation partisane, c’est cela ce que nous cherchons à faire, et vous voyez notre force c’est là qu’elle est. C’est 125 000 personnes, qui ne demandent rien à personne et qui font campagne dès aujourd’hui à nos côtés. Je ne suis pas capable de vous dire exactement tout ce qu’ils disent, mais je suis certain qu’ils le disent plus efficacement et avec plus de sensibilité que ne le ferait n’importe quelle organisation qui aurait décidé de passer un discours dans un moule unique, même si parfois ce discours est nécessaire pour penser.

    La solidarité pour sortir de la peur

    Il faut compter sur le peuple, sur son intelligence, son humour, sa dérision, sa finesse pour convaincre et entraîner. Car il faut convaincre et entraîner. Il faut sortir de la sinistrose, il faut sortir du déclinisme, il faut sortir de la peur qui est le seul nouveau lien social que la droite ait proposé au peuple pour se rassembler.

    J’y reviens un instant : permettez-moi que je m’y attarde car cela concerne la morale, cela concerne la manière de vivre ensemble. Autrefois, le grand lien social étaient la solidarité, la fraternité et personne ne trouvait à y redire quand bien même était-il de droite. La cupidité était considérée comme une tare ; aujourd’hui elle est considérée comme le premier moteur de l’activité. Chacun est amené à développer son égoïsme personnel comme une affirmation de soi.

    Et ce qui était autrefois le lien commun, qui fait notre vie quotidienne, c’est-à-dire l’amour, c’est-à-dire l’intérêt pour les autres sans lequel nous n’avons pas d’existence personnelle, ce lien était le lien de la société. Ils l’ont remplacé par un autre lien : la peur. […] La peur tout le temps. Nous, nous remettons au centre de commande, d’autres valeurs. Et ce sont elles qui, en fonctionnant, vont nous donner l’énergie de fonctionner autrement."

    SignJLM2017.png


  • Un conflit, une guerre de plus ? N R

    http://www.madaniya.info/2017/06/13/maroc-ne-voulons-vivre-malediction-a-frappe-continue-de-detruire-lirak-sy

    Madaniya : NOUS NE VOULONS PAS VIVRE LA MALÉDICTION QUI A FRAPPÉ ET CONTINUE DE DÉTRUIRE L’IRAK, LA SYRIE ET LA LIBYE

    https://www.debate.com.mx/__export/1496340080000/sites/debate/img/2017/06/01/manifestantes.jpg
    PAR LA RÉDACTION • JUIN 13, 2017

    Fin octobre 2016, un marchand de poisson s’est vu confisquer sa marchandise par les autorités maritimes. La pêche de cette variété de poisson qu’il s’apprêtait à revendre est interdite à cette saison. Après des pourparlers infructueux il s’installe dans la benne pour tenter d‘empêcher sa destruction. Le mécanisme est déclenché et l’homme est broyé. Une immense émotion s’est emparée des habitants d’Al Houceima, petite ville côtière du Nord du Maroc où l’emploi est rare en dehors de l’estivage qui parvient à remplir quelque peu des hôtels flambant neuf.

    Des manifestations exigeant que justice soit rendue, et elle le fut en un temps record avec des condamnations rapides de responsables locaux, ont commencé. Elles se sont poursuivies après le verdict sur fond de revendications sociales pour une région qui fut longtemps délaissée et ‘punie’ par Hassan II.

    En effet, le Rif s’est rebellé en 1958-1959, juste au lendemain de l’indépendance théorique de 1956, il demandait une relative autonomie et une plus juste répartition des pouvoirs locaux ce qui était un attribut tout à fait traditionnel accordé à cette région par les différents Sultans du Maroc. Les différentes composantes de la Résistance qui ont œuvré au retour au trône de Mohammed V espéraient encore un partage équitable des responsabilités. La monarchie n’était pas encore figée en ce qu’elle allait devenir, une autocratie.

    La répression se fit dans le sang, les mains de Hassan II en ont été entachées de manière indélébile. Les Rifains ont gardé cet épisode en mémoire et leur sentiment d’injustice sociale partagé par l’ensemble des classes défavorisées en est d’autant avivé.

    Depuis, le mouvement rifain de revendications sociales s’est propagé à l’ensemble du territoire. Ce jour, dimanche 11 juin, une manifestation importante s’est déroulée dans la capitale à Rabat. Nombre d’organisations y ont pris part.

    Le gouvernement actuel constitué seulement en avril après des élections législatives tenues début octobre a pour l’instant réagi en emprisonnant quelques leaders charismatiques et en espérant le pourrissement de la situation.

    Tribune Libre par, Badia Benjelloun, Docteur en médecine

    Nous ne voulons pas vivre la malédiction qui a frappé et continue de détruire l’Irak, la Syrie et la Libye. Nous ne voulons pas subir le programme de fragmentation lancé contre les pays arabes. Mais comment ne pas être solidaires avec les Marocains qui réclament moins de corruption et plus de justice sociale ? Qui peut rester sourd à cet appel qui revendique que chaque citoyen puisse avoir une vie digne ?

    Il n’est pas étonnant que le mouvement, non encore pris en charge par des organisations qui vont le dévoyer, ait débuté dans le Rif.

    La première raison est bien sûr historique. Depuis les attaques des royaumes espagnol et portugais sur les côtes du Nord du pays, le Sultan avait confié la tâche aux tribus du Rif d’en être les gardiens. Moyennant une exemption d’impôt à l’État central, elles ont défendu l’intégrité territoriale valeureusement. Elles ont acquis une tradition de lutte farouche contre l’envahisseur potentiel et de relative autonomie par rapport au makhzen.

    L’épopée de la guerre du Rif et son éphémère république a été le point culminant de la résistance contre les prétentions coloniales de la péninsule ibérique.

    La seconde résulte d’un enclavement du Rif qu’un relatif développement du pays a contourné, générant un vif sentiment d’abandon. Durand des décennies entières, les Rifains n’avaient d’autre choix que d’émigrer ou de s’adonner à la culture du Cannabis. Il est des villages où chaque famille a donné au moins l’un de ses fils à l’étranger.

    La crise économique mondiale induite par un capitalisme financiarisé à l’extrême a obligé les pays traditionnellement importateurs de main d’œuvre à limiter drastiquement les entrées sur leur territoire, rendant inopérante la soupape qui soulageait la région de son trop-plein de chômeurs tout en assurant une rentrée de devises au pays.

    Le nombre de morts sur les Pateras qui tentent la traversée de la Méditerranée et le partage d’information sur les réseaux sociaux du sort réservé aux migrants dans les camps de détention ayant réussi leur passage décourage les candidats au départ.

    Confrontée à la réalité d’une inégalité sociale de plus en plus marquée et désormais privée de l’espoir de quitter le territoire, toute une jeunesse exprime à haute et intelligible voix qu’il n’y pas d’issue sans de profondes réformes sociales.

    Il est plus qu’inconvenant d’attribuer l’émergence de ce mouvement à une machinerie provenant d’un pays tiers et voisin immédiat. Lequel pays est d’ailleurs confronté aux mêmes contradictions d’une minorité qui s’accapare les richesses nationales et ne souhaite en aucun cas la déstabilisation du Maroc. Il craint à juste titre une contamination par la rébellion qui couve contre le régime plus que corrompu des militaires au pouvoir. C’est une faute politique.

    De même que c’est une grave erreur de tabler sur une résolution du problème clairement posé par son pourrissement. Ces hommes sont résolus, ils n’ont rien à perdre que leur frustration et surtout, ils sont pieux et animés d’une foi, celle indestructible que lui confère un Islam bien compris, celui de l’égale dignité des fils d’Adam.

    L’équation ainsi posée, il faut établir rapidement une concertation qui mette en place des jalons en vue d’un dénouement.

    Tout d’abord, ceux qui exercent le pouvoir doivent reconnaître publiquement la légitimité des revendications portées non seulement par le Rif mais par un nombre croissant de régions et de villes. Le menu peuple n’en peut plus d’être exposé dans la moindre de ses démarches à l’arbitraire, aux passe-droits et à l’impôt direct du bakchich.

    Il n’est ni téméraire ni dégradant de valider publiquement un état de fait vécu par tous et chacun, sinon c’est l’enfermement dans le déni et la schizophrénie.

    Ce pays compte suffisamment de patriotes prêts à se dévouer sans contrepartie de cures ni prébendes pour appliquer un programme de moralisation de la vie publique sans qu’il soit nécessaire de tomber dans le travers de la Terreur et des délations. C’est un immense chantier en perspective.

    Il sera initié donc par le déploiement d’un ‘Je Vous ai compris’ bien compris.

    Le pendant de ce futur travail pour une harmonisation sociale passe par des réformes structurelles qui obligent à négocier la Dette extérieure du pays.

    En demander sinon purement et simplement son annulation, en tous les cas une bonne remise. Il faut sortir du diktat du FMI, restaurer la souveraineté pleine et entière du Maroc. Le pays doit retrouver son amplitude d’action en matière d’instruction publique et de santé et ne pas livrer ces deux fonctions régaliennes au privé soumis à la loi du profit.

    D’autres institutions financières capables de se substituer à la Banque Mondiale et au FMI ont émergé, elles sont moins gourmandes quant à la rentabilité de leurs prêts.

    Il est temps de s’apercevoir que le monde n’est plus unipolaire.

    Il est temps de refuser de se faire piller nos maigres ressources et de mettre des secteurs industriels fragiles en concurrence avec ceux des pays avancés qui imposent le libre-échange à leur avantage.

    Quant à la réforme de la régionalisation, il faut la laisser dans les cartons pour l’heure. Déléguer des fonctions qui reviennent de plein droit à l’Etat central à des élus locaux revient à créer une classe de seigneurs locaux et de caïds.

    L’urgence est bien d’amorcer un apaisement, d’ouvrir une perspective enthousiasmante en annonçant ce train de révisions stratégiques.
    Refonder la société, ce n’est pas moins ce qui s’impose à nous.

    Et c’est beaucoup plus aisé que l’on ne l’imagine. L’addiction au capitalisme sauvage qui nous est imposé contrevient au dogme de l’Islam et elle est curable.

    Au travail et vite, car nous ne voulons pas d’un nouveau déchirement dans un pays arabe, doit-on préciser arabo berbère tant la multi ethnicité et le multilinguisme sont une caractéristique des nations islamisées qui n’ont jamais été uniformisées ?

    Ne laissons pas gagner la dissension. Reconstruisons une unité sous l’enseigne d’une marche vers une véritable indépendance idéologique et économique qui réduira les forces centrifuges. Ce pays se dépeuple de ses élites intellectuelles et de ses forces vives contraintes de se rendre et de se vendre à l’étranger.
    Ne mimons pas les solutions politiques faussement démocratiques des pays occidentaux, ce modèle a montré ses limites. Les élections qui font alterner des équipes en tous points analogues sont une parodie désastreuse pour un gouvernement par et pour le peuple.

    Et en préambule pour une conciliation avec le valeureux peuple du Rif, il faut demander sinon réparation du moins reconnaissance de leur responsabilité aux États français et espagnol dans la fréquence anormalement élevée des cancers dans cette province.

    Ils ont expérimenté largement leurs armes chimiques lors de la répression de la résistance rifaine entre 1921 et 1926, prélude à la grande barbarie de leur seconde guerre mondiale.


  • http://la-bas.org/bibliotheque/international/la-nouvelle-question-d-orient
    La nouvelle question d’Orient
    par Georges Corm
    https://pbs.twimg.com/media/C6lft3kWwAA7P25.jpg
    http://www.investigaction.net/wp-content/uploads/2017/06/gc.png
    Georges Corm est historien et économiste. Il est également spécialiste du monde arabe auquel il a consacré de nombreux ouvrages. L’idée de son dernier essai est de faire comprendre les violences généralisées que connaissent un nombre grandissant des sociétés arabes depuis les années 2000, mais aussi le chaos et l’extension du terrorisme se réclamant de conceptions millénaristes de la religion musulmane dans de nombreux pays musulmans, en France, en Belgique et aussi aux Etats-Unis. Pour Georges Corm, il y a urgence à contextualiser, donner des clefs historiques, rappeler les débats, la rupture et la continuité de « la nouvelle question d’Orient ». Pour prendre conscience des causes qui ont conduit à ce « dérèglement de la raison ».

    http://www.investigaction.net/georges-corm-la-nouvelle-question-dorient

    question d’Orient »
    05 Juin 2017 TV5MONDE

    L’Orient n’est plus ce qu’il était, mais les Occidentaux n’en ont pas encore pris conscience. Dans « La Nouvelle Question d´Orient », Georges Corm nous aide à comprendre les conflits qui s’enchaînent dans le Moyen-Orient, les rivalités religieuses, les affrontements entre Russie et Otan qui ont un impact pitoyable sur cette région. Et il ose parler du « chaos mental » qui frappe les grands décideurs de la planète…
    https://youtu.be/W7iFo4yyqVc


  • Déstabilisation au Venezuela : similitudes avec le Chili (1970-73) | Investig’Action
    Joan Garcés souligne le parallèle existant entre la situation que traverse le Venezuela sous la révolution bolivarienne et le contexte de guerre de déstabilisation au Chili en 1970-73
    http://www.investigaction.net/destabilisation-au-venezuela-similitudes-avec-le-chili-1970-73
    http://www.ub.edu/dphc/img/joangarces.jpg
    Interviewé par la chaîne latino-américaine Telesur, Joan Garcés, ancien conseiller du président Salvador Allende, souligne le parallèle existant entre la situation que traverse le Venezuela sous la révolution bolivarienne et le contexte de guerre de déstabilisation qui précéda le coup d’état du général Pinochet qui eu lieu le 11 septembre 1973 au Chili, avec le soutien de la CIA.

    http://www.investigaction.net/destabilisation-au-venezuela-similitudes-avec-le-chili-1970-73/#sthash.pOECnh6R.dpuf

    www.investigaction.net


  • Excellent article de Pierre Barbancey, grand Reporter de l’Humanité

    Merci à Alain Gresh du Monde Diplomatique pour son excellente analyse sur la Géopolitique et la déstabilisation du Proche et du Moyen Orient. N Robin

    http://www.humanite.fr/alain-gresh-une-agression-planifiee-depuis-longtemps-par-israel-637013

    Alain Gresh : « Une agression planifiée depuis longtemps par Israël »
    ENTRETIEN RÉALISÉ PAR PIERRE BARBANCEY
    MERCREDI, 7 JUIN, 2017
    L’HUMANITÉ
    Alain Gresh Spécialiste du Proche-Orient, directeur de la revue Orient XXI

    http://img.humanite.fr/sites/default/files/images/49917.HR.jpg

    Guerre des Six-Jours.

    Dans un entretien, Alain Gresh évoque le climat qui règne alors en France et la position de De Gaulle, qui, contre tous les partis à l’exception du PCF, condamne l’attitude de Tel-Aviv.

    Le 5 juin 1967 éclatait ce qu’on a ensuite appelé la guerre des Six-Jours. Dans quel contexte se produisent ces événements ?

    Alain Gresh Personnellement, je n’utilise pas le terme de guerre des Six-Jours parce que c’est un terme israélien qui renferme un certain mépris vis-à-vis des pays arabes. En 1967, on est en pleine guerre froide, en pleine guerre du Vietnam. C’est un affrontement soviéto-américain et, au Proche-Orient, un affrontement politique entre un courant nationaliste-révolutionnaire, représenté par Nasser en Égypte et le parti Baas en Syrie, et les pays arabes réactionnaires représentés par l’Arabie saoudite d’un côté et Israël de l’autre. La guerre israélo-arabe de 1948 s’est terminée par des accords d’armistice, pas par des accords de paix. Il y a des conflits permanents notamment entre Israël et la Syrie dans la zone démilitarisée. En 1966, une fraction radicale du parti Baas a pris le pouvoir à Damas, qui proclame la nécessité de libérer la Palestine. Ce qui inquiète les Israéliens. Les tensions sont fortes, l’aviation israélienne abat des avions militaires syriens. C’est donc une période particulièrement tendue et l’Égypte de Nasser décide de fermer le détroit d’Akaba et de demander le retrait des troupes de l’ONU qui stationnent là depuis la guerre de 1956. Jusqu’en 1956, ce détroit était fermé aux navires israéliens. Un des résultats de la guerre de 1956, une guerre d’agression israélo-franco-britannique, est d’obtenir l’installation des forces des Nations unies qui permettent, entre autres, le passage des navires israéliens. Dans le cas de cette escalade entre Israël et les pays arabes, Nasser demande à l’ONU de retirer partiellement ses troupes. En fait, elles vont être retirées totalement. En solidarité avec la Syrie, le président égyptien va faire entrer une partie de son armée dans le Sinaï.

    À partir de là, il va y avoir une campagne de presse, notamment en France, disant qu’Israël est encerclé. Et, le 5 juin 1967, Israël détruit au sol l’aviation égyptienne et syrienne, ce qui est le déclenchement des hostilités. Au départ, les Israéliens affirment que ce sont les Égyptiens qui ont attaqué. France Soir titre même sur l’attaque égyptienne et l’on sait aujourd’hui que c’est faux. Mais l’argument qui va prévaloir est qu’Israël était menacé d’extermination. En France, il y a une véritable émotion autour de cette question. On assiste à de grandes manifestations de soutien à Israël. Or on sait par les archives et les déclarations des généraux israéliens qu’à aucun moment ils n’ont cru qu’ils étaient menacés d’extermination ! C’est une guerre qu’Israël a planifiée depuis très longtemps pour reconquérir Jérusalem et l’ensemble de la Palestine historique. L’armée égyptienne est vaincue très rapidement, l’armée syrienne aussi. Israël sort grand vainqueur de cette guerre, a la main sur la Palestine historique, occupe le Golan et le Sinaï.

    Un des résultats de cette guerre de 1967, n’est-ce pas le lancement d’une politique de colonisation des territoires palestiniens par Israël ?

    Alain Gresh : Ce qui est caractéristique de la politique sioniste depuis ces années, c’est la politique du fait accompli. L’idée fondamentale est que toute la Palestine est juive, donnée par Dieu. Même pour des gens qui sont des laïques et des athées. Ensuite, ils jouent avec le rapport de forces. Dès qu’ils le peuvent, ils font un pas en avant. C’est comme ça que la colonisation s’est développée après 1967. Il faut rappeler qu’il existait déjà une politique de colonisation interne à l’égard de la minorité arabe israélienne notamment par la confiscation des terres. Ça va se développer petit à petit en Cisjordanie et dans le Golan. Au départ, des raisons militaires sont invoquées mais, très vite, les colonies se répandent. Pour les travaillistes qui sont au pouvoir de 1967 à 1977, il y a l’idée qu’il faudra un accord avec la Jordanie. Après 1977, avec l’arrivée au pouvoir de la droite et de Menahem Begin, la colonisation va se poursuivre pour ne plus s’arrêter.

    En 1967, au moment de la guerre, les pays occidentaux soutiennent Israël, mais la France se démarque de cette position ?

    Alain Gresh : C’est une décision prise essentiellement par le général de Gaulle. Durant la crise qui a précédé la guerre, la France essaie de jouer les médiateurs. De Gaulle reçoit des émissaires arabes à qui il demande de ne pas déclencher le conflit et fait de même avec le ministre israélien des Affaires étrangères. Et quand Israël déclenche quand même le conflit, la France, ou plutôt de Gaulle, va condamner. Il va décréter un embargo sur les armes. Ce qui est important puisque, jusqu’en 1967, la France est le principal fournisseur d’Israël, notamment des Mirage. En même temps, pour montrer qu’il n’est pas anti-israélien ou antisioniste, il va fournir les pièces de rechange à l’aviation israélienne. Il condamne car il pense que c’est une guerre d’agression qui va rendre plus compliquée la situation dans la région. L’histoire va lui donner raison. Il le fait contre l’opinion publique et contre l’ensemble de la classe politique, y compris les gaullistes qui sont pour la plupart pro-israéliens, à l’exception du Parti communiste français (PCF), qui est le seul à mettre en garde et à dénoncer la politique israélienne.

    Ce revirement de la politique française est-il de circonstance ou est-ce un véritable changement dans la durée ?

    Alain Gresh : Il faut prendre en considération la vision de De Gaulle sur la Méditerranée et les relations avec le monde arabe. Dès la fin de la guerre d’Algérie, il va faire un effort pour développer les relations avec l’Algérie indépendante, avec l’Égypte de Nasser… Évidemment, il considère aussi les intérêts économiques et politiques de la France. Il ne voit pas seulement le cas israélien. Sinon, une fois de Gaulle parti, cette politique aurait changé. Or une des choses étonnantes est que, globalement, avec des nuances, la politique qu’il lance en 1967 va être celle de ses successeurs, indépendamment des sensibilités des uns et des autres. Il est vrai que lorsque Mitterrand arrive à la présidence, les Israéliens ont beaucoup d’espoirs sur l’amélioration des relations. Ce sera le cas mais ça ne changera rien fondamentalement. Giscard a ainsi inscrit dans le marbre une politique avec la déclaration de Venise. C’est une déclaration faite en 1980 par les six pays européens qui fixe deux principes pour toute solution : le droit à l’autodétermination des Palestiniens et la négociation avec l’Organisation de libération de la Palestine (OLP). Cela va rester même sous Mitterrand, malgré son syndrome pro-israélien. Ce sont ces principes qui vont permettre la négociation entre Israéliens et Palestiniens. Ce qui montre le rôle que la France peut jouer politiquement en fixant des orientations qui correspondent aux principes du droit international. C’est ce qui, à l’époque, explique le rayonnement de la France dans la région.

    On a néanmoins le sentiment que, depuis, il y a un véritable rapprochement de la France vis-à-vis de la politique israélienne…

    Alain Gresh : Il y a un véritable tournant qui commence après 2003, même si Chirac reste sensible à la question palestinienne. Mais, avec Sarkozy et Hollande, on assiste à ce que j’appelle un « tournant silencieux ». Les responsables français affirment que la politique n’a pas changé : pour un État palestinien, condamnation de la colonisation… Mais, en fait – et c’est nouveau –, on développe les relations bilatérales avec Israël comme si la question de la Palestine n’existait pas. Avant, ces relations bilatérales dépendaient, d’une certaine manière, de ce qu’Israël faisait en Palestine. Nicolas Sarkozy disait que, pour avoir une influence, il fallait être gentil avec Israël. Mais, à la fin de son mandat, il a reconnu que cette politique était une erreur en traitant Benyamin Netanyahou de menteur. François Hollande est allé encore plus loin dans cette politique avec cette fameuse rencontre avec Netanyahou et son chant d’amour pour Israël (allusion à une soirée privée dont on a néanmoins pu voir des images sur YouTube, très certainement postées par les Israéliens, où l’on voit le président français dire son « amour » pour Israël – NDLR). En fait, c’est le retour à l’idée occidentale, à l’Otan. Israël fait partie du camp occidental, nous sommes en guerre contre l’islam et le terrorisme, et Israël est notre allié. Une argumentation que l’on retrouve aussi bien à droite (LR) qu’au PS. Là est le véritable tournant. Il est presque difficile à combattre parce que l’idée qui est développée est de laisser Palestiniens et Israéliens négocier seuls. Comme si au moment de l’invasion du Koweït par l’Irak on avait dit que l’émir koweïtien devait négocier seul avec Saddam Hussein. Et puis, il y a cette capitulation de la France. Nous sommes dans l’Otan, nous n’avons jamais été aussi suiviste des États-Unis. De Gaulle a pourtant montré que la France pouvait avoir une volonté politique et jouer un rôle.

    Un chant d’amour et une bande dessinée
    Sans doute inspirés par les déclarations de François Hollande qui, en privé, a déclamé son amour pour Israël devant Benyamin Netanyahou, Alain Gresh et Hélène Aldeguer viennent d’éditer un ouvrage (1) assez remarquable, car il propose en même temps une bande dessinée de qualité et un texte aussi didactique qu’agréable. Même ceux qui pensent connaître cette histoire, qui s’étend de 1967 à 2017, sont étonnés de découvrir des informations assez peu révélées. Comme par exemple cette chanson commandée à Serge Gainsbourg mais jamais enregistrée, dans laquelle il affirme être prêt à aller se battre pour Israël ! Plus sérieusement, on se plongera dans l’atmosphère d’une époque pas si révolue. Un livre à mettre entre toutes les mains.

    http://www.assopalestine13.org/local/cache-vignettes/L640xH835/b1a61894936d3fa4-4deee.jpg?1494825134

    Planches de la bande dessinée Un chant d’amour. Israël-Palestine, une histoire française, d’Alain Gresh et Hélène Aldeguer. éditions la Découverte<br />

    Pierre Barbancey
    grand reporter



  • Qui sont les terroristes ? L’Iran, le Qatar, l’Arabie Saoudite, les USA ou l’UE et l’OTAN ?

    Alors que l’Iran était en train de se reconstruire et de sortir du joug des mollahs de Khomeini, il suffit d’un seul attentat revendiqué par Daesh pour remuer les rancoeurs et réveiller les quelques fanatiques iraniens nostalgiques de la révolution de l’Ayatollah. Les stratégies de guerre que je dénonce sans cesse, se poursuivent et se confirment encore une fois. Le discours de Trump il y a quelques jours en Arabie Saoudite signe ces abominables manigances à l’échelle internationale.

    Il n’y a plus qu’à attendre que l’ennemi fabriqué de toute pièce (les Mollahs) se manifeste pour que la coalition occidentalo-wahhabite fasse semblant de venir au secours de nouvelles victimes et envahisse l’Iran (un scénario qui se répète désormais). C’est une nouvelle déstabilisation qui s’annonce et qui nécessite de notre part une mobilisation à la hauteur de cette machine de guerre infernale.

    Les sociétés civiles doivent sortir et manifester en force pour dénoncer le vrai coupable : l’OTAN et ses supplétifs

    https://assawra.blogspot.fr/2017/06/iran-un-homme-arme-au-mausolee-de.html?m=1 un

    Assawra - الثورة
    Site du Mouvement Démocratique Arabe
    موقع الحركة العربية الديمقراطي
    mercredi 7 juin 2017
    Iran : 12 morts dans les attaques de l’EI à Téhéran

    • À méditer :

      « Il faut les empêcher d’évoluer » ou l’état d’esprit des colons britanniques qui est plus que jamais d’actualité ! Ce que dénonçait Pierre Joannon dans son livre Terreur en Irlande

      Et
      Pierre Conesa, La fabrication de l’ennemi, ou comment tuer avec sa conscience pour soi
      Robert Laffont, 2011, 364 pages
      https://rha.revues.org/7594



  • https://www.bdsfrance.org/de-grandes-universites-chiliennes-se-tournent-vers-lappel-bds-annulent-de

    BOYCOTT UNIVERSITAIRE/PACBI
    De grandes universités chiliennes se tournent vers l’appel BDS, annulent des évènements parrainés par l’ambassade israélienne

    10 juin 2017

    Campagne palestinienne pour le boycott académique et culturel d’Israël (PACBI) – 8 juin 2017

    Deux universités chiliennes annulent des évènements parrainés par l’ambassade israélienne où l’un des orateurs est un dirigeant des fouilles archéologiques illégales en Cisjordanie palestinienne.

    Les étudiants de l’université du Chili demandent à ce qu’il soit mis fin aux relations avec les institutions académiques israéliennes.

    Les campagnes BDS menées par les étudiants ont amené deux grandes universités chiliennes à annuler des évènements coparrainés par l’ambassade israélienne et où l’un des orateurs était Joe Uziel, directeur de l’Autorité des antiquités d’Israël (IAA). Lundi, le Département d’anthropologie de l’Université Alberto Hurtado a annoncé l’annulation de l’évènement, et hier, la Faculté des sciences sociales de l’Université du Chili a fait de même.

    BDS Chili a mis l’accent sur les raisons qui ont motivé la campagne d’annulation de l’évènement :

    « Les universités ne peuvent être des complices passifs de graves violations des droits de l’homme. L’État d’Israël maintient une occupation, une colonisation et un régime d’apartheid illégaux contre le peuple palestinien, et l’ambassade israélienne, au Chili, est le représentant de ce régime. En outre, l’Autorité des antiquités d’Israël est une entité gouvernementale qui est basée illégalement à Jérusalem-Est occupée, et qui réalise des excavations illégales en Cisjordanie palestinienne occupée. Certaines de ces excavations illégales sont dirigées par un orateur invité, Joe Uziel. »

    La confiscation et le vol du patrimoine culturel palestinien font parties des tentatives d’Israël visant à effacer la mémoire et l’identité culturelle palestiniennes. Depuis 1967, l’IAA est profondément impliquée dans les crimes culturels et de graves violations du droit international, tels que la suppression et le pillage de centaines de milliers d’objets précieux du Territoire palestinien occupé (TPO), notamment de Jérusalem-Est. Craignant les campagnes BDS, Israël a tenté de d’empêcher que les informations concernant ses travaux archéologiques sur le TPO soient rendues publiques et de camoufler ses violations en promouvant à l’étranger de tels évènements.

    Sharaf Qutaifan, de la Campagne palestinienne pour le boycott académique et culturel d’Israël (PACBI) a déclaré :

    « À travers l’Autorité des antiquités d’Israël, Israël tente d’enterrer l’histoire de la population autochtone de la Palestine, laquelle a toujours été le foyer de groupes de cultures et de religions diverses. Il s’agit d’une extension de la politique d’Israël pour l’expulsion et le vol culturel, une politique qu’il a mis en pratique contre les Palestiniens depuis sa création. Israël détient un bilan inquiétant de pillages des terres et des biens, des trésors culturels et même des livres et œuvres d’art palestiniens, pillages qui se poursuivent encore aujourd’hui.

    « Nous saluons les étudiants chiliens pour avoir fait pression sur le Département d’anthropologie de l’Université Alberto Hurtado et la Faculté des sciences sociales de l’Université du Chili pour qu’ils prennent des positions de principe. Les institutions académiques ne devraient pas prêter leur réputation au déni d’Israël des droits des Palestiniens. Nous espérons voir toute les universités chiliennes totalement libérées de l’apartheid israélien. »

    BDS Chili a fêté la victoire :

    « Nous nous réjouissons des décisions de l’Université Alberto Hurtado et de l’Université du Chili. Le peuple palestinien attend des actes de principe de solidarité en soutien de leurs droits humains et du respect du droit international. Ces annulations démontrent la détermination des étudiants chiliens à dénoncer l’oppression israélienne et à œuvrer pour l’interruption des relations de nos universités avec les institutions complices de l’apartheid israélien. »

    Cette nouvelle information est un pas de plus dans le boycott académique grandissant d’Israël au Chili. L’an dernier, les étudiants de la Faculté de droit à l’Université du Chili ont massivement voté pour le soutien au BDS, comme l’avaient fait plus de 90 % des étudiants en sciences sociales. À l’Université catholique du Chili, le conseil des étudiants a également voté une résolution BDS à une large majorité.

    Les annulations sont aussi un autre coup porté à l’Autorité des antiquités d’Israël. Fin 2016, le 8e Congrès archéologique mondial a publié une résolution condamnant les excavations d’Israël dans le Territoire palestinien occupé, et appelé les éditeurs académiques internationaux à refuser de publier les travaux liés aux recherches archéologiques dans ces régions.

    La Campagne palestinienne pour le boycott académique et culturel d’Israël (PACBI) a été lancée en 2004 pour contribuer à la lutte pour la liberté, la justice et l’égalité des Palestiniens. PACBI recommande le boycott des institutions académiques et culturelles israéliennes étant donné leur complicité profonde et persistante dans le déni d’Israël des droits des Palestiniens, tels que stipulés dans la législation international.

    Visitez PACBI sur : https://bdsmovement.net/pacbi et suivez-nous sur Twitter @PACBI

    Source : PACBI

    Traduction : JPP pour BDS FRANCE



  • Un stratège digne de Machiavel

    Deux guerres de plus pour 2018 Iran/Qatar ?

    Le Qatar un pays souverain mis au banc des accusés pour son soutien à l’Iran par la coalition occidentalo-wahhabite.

    Cette coalition qui tente de reprendre le contrôle de la Syrie en diabolisant et en isolant la Russie après avoir soutenu et armé Daech.

    À qui le tour ? NR

    http://www.francetvinfo.fr/monde/usa/presidentielle/donald-trump/qatar-le-pays-accuse-de-soutenir-le-terrorisme_2223195.html

    france tv info
    Qatar : le pays accusé de soutenir le terrorisme
    Par Frane 2
    05/06/2017
    Un petit émirat richissime est au cœur d’un tremblement de terre diplomatique. Le Qatar est mis au banc des accusés par ses voisins. L’Arabie saoudite, l’Égypte, les Émirats arabes unis, le Bahreïn et le Yémen ont décidé de fermer leurs frontières terrestres, aériennes et maritimes avec le Qatar. Conséquence, les liaisons aériennes entre ces différents pays seront suspendues dès demain, mardi 6 juin. L’objectif est d’asphyxier financièrement un pays devenu richissime grâce à l’argent du gaz et du pétrole, mais qui est aussi accusé de soutenir des groupes terroristes comme l’État islamique, Al-Qaïda ou les Frères musulmans.
    Crise diplomatique quinze jours après la visite en Arabie saoudite de Donald Trump

    Rien de surprenant selon cette experte. « Le Qatar joue avec ces espèces de flous sur le soutien au terrorisme et dans le fait de continuer à abriter des financiers du terrorisme. C’est très clair », assure Bérengère Bonte, auteure de « La République française du Qatar ». Cette crise diplomatique intervient quinze jours après la visite en Arabie saoudite de Donald Trump. Le président américain avait alors exigé des pays musulmans qu’ils amplifient leur lutte contre l’extrémisme. Dans son viseur, l’ennemi de l’Arabie saoudite, l’Iran, avec qui le Qatar entretient des relations beaucoup plus pacifiées. En France, le Qatar est connu pour ses investissements massifs. Pendant sa campagne, Emmanuel Macron avait promis de revoir ses relations avec le Qatar, mais aussi avec l’Arabie saoudite. Il souhaite de ces deux pays plus de transparence quant à leurs liens avec des groupes terroristes.