NRobin

Chargée d’Etudes Nantes / AMD

  • Qui sont les terroristes ? L’Iran, le Qatar, l’Arabie Saoudite, les USA ou l’UE et l’OTAN ?

    Alors que l’Iran était en train de se reconstruire et de sortir du joug des mollahs de Khomeini, il suffit d’un seul attentat revendiqué par Daesh pour remuer les rancoeurs et réveiller les quelques fanatiques iraniens nostalgiques de la révolution de l’Ayatollah. Les stratégies de guerre que je dénonce sans cesse, se poursuivent et se confirment encore une fois. Le discours de Trump il y a quelques jours en Arabie Saoudite signe ces abominables manigances à l’échelle internationale.

    Il n’y a plus qu’à attendre que l’ennemi fabriqué de toute pièce (les Mollahs) se manifeste pour que la coalition occidentalo-wahhabite fasse semblant de venir au secours de nouvelles victimes et envahisse l’Iran (un scénario qui se répète désormais). C’est une nouvelle déstabilisation qui s’annonce et qui nécessite de notre part une mobilisation à la hauteur de cette machine de guerre infernale.

    Les sociétés civiles doivent sortir et manifester en force pour dénoncer le vrai coupable : l’OTAN et ses supplétifs

    https://assawra.blogspot.fr/2017/06/iran-un-homme-arme-au-mausolee-de.html?m=1 un

    Assawra - الثورة
    Site du Mouvement Démocratique Arabe
    موقع الحركة العربية الديمقراطي
    mercredi 7 juin 2017
    Iran : 12 morts dans les attaques de l’EI à Téhéran

    • À méditer :

      « Il faut les empêcher d’évoluer » ou l’état d’esprit des colons britanniques qui est plus que jamais d’actualité ! Ce que dénonçait Pierre Joannon dans son livre Terreur en Irlande

      Et
      Pierre Conesa, La fabrication de l’ennemi, ou comment tuer avec sa conscience pour soi
      Robert Laffont, 2011, 364 pages
      https://rha.revues.org/7594



  • https://www.bdsfrance.org/de-grandes-universites-chiliennes-se-tournent-vers-lappel-bds-annulent-de

    BOYCOTT UNIVERSITAIRE/PACBI
    De grandes universités chiliennes se tournent vers l’appel BDS, annulent des évènements parrainés par l’ambassade israélienne

    10 juin 2017

    Campagne palestinienne pour le boycott académique et culturel d’Israël (PACBI) – 8 juin 2017

    Deux universités chiliennes annulent des évènements parrainés par l’ambassade israélienne où l’un des orateurs est un dirigeant des fouilles archéologiques illégales en Cisjordanie palestinienne.

    Les étudiants de l’université du Chili demandent à ce qu’il soit mis fin aux relations avec les institutions académiques israéliennes.

    Les campagnes BDS menées par les étudiants ont amené deux grandes universités chiliennes à annuler des évènements coparrainés par l’ambassade israélienne et où l’un des orateurs était Joe Uziel, directeur de l’Autorité des antiquités d’Israël (IAA). Lundi, le Département d’anthropologie de l’Université Alberto Hurtado a annoncé l’annulation de l’évènement, et hier, la Faculté des sciences sociales de l’Université du Chili a fait de même.

    BDS Chili a mis l’accent sur les raisons qui ont motivé la campagne d’annulation de l’évènement :

    « Les universités ne peuvent être des complices passifs de graves violations des droits de l’homme. L’État d’Israël maintient une occupation, une colonisation et un régime d’apartheid illégaux contre le peuple palestinien, et l’ambassade israélienne, au Chili, est le représentant de ce régime. En outre, l’Autorité des antiquités d’Israël est une entité gouvernementale qui est basée illégalement à Jérusalem-Est occupée, et qui réalise des excavations illégales en Cisjordanie palestinienne occupée. Certaines de ces excavations illégales sont dirigées par un orateur invité, Joe Uziel. »

    La confiscation et le vol du patrimoine culturel palestinien font parties des tentatives d’Israël visant à effacer la mémoire et l’identité culturelle palestiniennes. Depuis 1967, l’IAA est profondément impliquée dans les crimes culturels et de graves violations du droit international, tels que la suppression et le pillage de centaines de milliers d’objets précieux du Territoire palestinien occupé (TPO), notamment de Jérusalem-Est. Craignant les campagnes BDS, Israël a tenté de d’empêcher que les informations concernant ses travaux archéologiques sur le TPO soient rendues publiques et de camoufler ses violations en promouvant à l’étranger de tels évènements.

    Sharaf Qutaifan, de la Campagne palestinienne pour le boycott académique et culturel d’Israël (PACBI) a déclaré :

    « À travers l’Autorité des antiquités d’Israël, Israël tente d’enterrer l’histoire de la population autochtone de la Palestine, laquelle a toujours été le foyer de groupes de cultures et de religions diverses. Il s’agit d’une extension de la politique d’Israël pour l’expulsion et le vol culturel, une politique qu’il a mis en pratique contre les Palestiniens depuis sa création. Israël détient un bilan inquiétant de pillages des terres et des biens, des trésors culturels et même des livres et œuvres d’art palestiniens, pillages qui se poursuivent encore aujourd’hui.

    « Nous saluons les étudiants chiliens pour avoir fait pression sur le Département d’anthropologie de l’Université Alberto Hurtado et la Faculté des sciences sociales de l’Université du Chili pour qu’ils prennent des positions de principe. Les institutions académiques ne devraient pas prêter leur réputation au déni d’Israël des droits des Palestiniens. Nous espérons voir toute les universités chiliennes totalement libérées de l’apartheid israélien. »

    BDS Chili a fêté la victoire :

    « Nous nous réjouissons des décisions de l’Université Alberto Hurtado et de l’Université du Chili. Le peuple palestinien attend des actes de principe de solidarité en soutien de leurs droits humains et du respect du droit international. Ces annulations démontrent la détermination des étudiants chiliens à dénoncer l’oppression israélienne et à œuvrer pour l’interruption des relations de nos universités avec les institutions complices de l’apartheid israélien. »

    Cette nouvelle information est un pas de plus dans le boycott académique grandissant d’Israël au Chili. L’an dernier, les étudiants de la Faculté de droit à l’Université du Chili ont massivement voté pour le soutien au BDS, comme l’avaient fait plus de 90 % des étudiants en sciences sociales. À l’Université catholique du Chili, le conseil des étudiants a également voté une résolution BDS à une large majorité.

    Les annulations sont aussi un autre coup porté à l’Autorité des antiquités d’Israël. Fin 2016, le 8e Congrès archéologique mondial a publié une résolution condamnant les excavations d’Israël dans le Territoire palestinien occupé, et appelé les éditeurs académiques internationaux à refuser de publier les travaux liés aux recherches archéologiques dans ces régions.

    La Campagne palestinienne pour le boycott académique et culturel d’Israël (PACBI) a été lancée en 2004 pour contribuer à la lutte pour la liberté, la justice et l’égalité des Palestiniens. PACBI recommande le boycott des institutions académiques et culturelles israéliennes étant donné leur complicité profonde et persistante dans le déni d’Israël des droits des Palestiniens, tels que stipulés dans la législation international.

    Visitez PACBI sur : https://bdsmovement.net/pacbi et suivez-nous sur Twitter @PACBI

    Source : PACBI

    Traduction : JPP pour BDS FRANCE



  • Un stratège digne de Machiavel

    Deux guerres de plus pour 2018 Iran/Qatar ?

    Le Qatar un pays souverain mis au banc des accusés pour son soutien à l’Iran par la coalition occidentalo-wahhabite.

    Cette coalition qui tente de reprendre le contrôle de la Syrie en diabolisant et en isolant la Russie après avoir soutenu et armé Daech.

    À qui le tour ? NR

    http://www.francetvinfo.fr/monde/usa/presidentielle/donald-trump/qatar-le-pays-accuse-de-soutenir-le-terrorisme_2223195.html

    france tv info
    Qatar : le pays accusé de soutenir le terrorisme
    Par Frane 2
    05/06/2017
    Un petit émirat richissime est au cœur d’un tremblement de terre diplomatique. Le Qatar est mis au banc des accusés par ses voisins. L’Arabie saoudite, l’Égypte, les Émirats arabes unis, le Bahreïn et le Yémen ont décidé de fermer leurs frontières terrestres, aériennes et maritimes avec le Qatar. Conséquence, les liaisons aériennes entre ces différents pays seront suspendues dès demain, mardi 6 juin. L’objectif est d’asphyxier financièrement un pays devenu richissime grâce à l’argent du gaz et du pétrole, mais qui est aussi accusé de soutenir des groupes terroristes comme l’État islamique, Al-Qaïda ou les Frères musulmans.
    Crise diplomatique quinze jours après la visite en Arabie saoudite de Donald Trump

    Rien de surprenant selon cette experte. « Le Qatar joue avec ces espèces de flous sur le soutien au terrorisme et dans le fait de continuer à abriter des financiers du terrorisme. C’est très clair », assure Bérengère Bonte, auteure de « La République française du Qatar ». Cette crise diplomatique intervient quinze jours après la visite en Arabie saoudite de Donald Trump. Le président américain avait alors exigé des pays musulmans qu’ils amplifient leur lutte contre l’extrémisme. Dans son viseur, l’ennemi de l’Arabie saoudite, l’Iran, avec qui le Qatar entretient des relations beaucoup plus pacifiées. En France, le Qatar est connu pour ses investissements massifs. Pendant sa campagne, Emmanuel Macron avait promis de revoir ses relations avec le Qatar, mais aussi avec l’Arabie saoudite. Il souhaite de ces deux pays plus de transparence quant à leurs liens avec des groupes terroristes.


  • Guerre des six jours
    « 50 ans après » pour info

    à [ré]écouter
    https://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-2eme-partie/eternelle-guerre-des-six-jours-avec-jean-paul-chagnollaud

    et ce soir sur ARTE à 23h40
    http://www.arte.tv/fr/videos/052386-000-A/des-voix-au-dela-de-la-censure

    Censurés cinquante ans plus tôt en Israël, les témoignages de jeunes soldats de la guerre des Six-Jours, dont le futur écrivain Amos Oz, questionnent douloureusement la victoire. Un bouleversant voyage dans le temps.

    En juin 1967, tout juste démobilisés de cette guerre éclair dont tout le pays célèbre l’issue dans l’euphorie, deux jeunes membres des kibboutzim déstabilisés par ce qu’ils ont vécu, le professeur de littérature Amos Oz et l’historien Avraham Shapira, décident d’interroger leurs camarades sur leur expérience du front, et enregistrent, soir après soir, quelque deux cents heures de récits. Certains disent leur fierté d’avoir écrasé les armées arabes et conquis Jérusalem, Gaza, le Sinaï et la Cisjordanie, comme leur soulagement d’avoir sauvé Israël de l’anéantissement promis par Nasser. Mais loin de la vision héroïque célébrée par la nation, ces jeunes gens sincères, qui racontent à leurs frères d’armes ce dont ils n’ont pu parler à personne, expriment aussi leur mal-être, parfois leur traumatisme. Ils confient leur effroi devant les exactions dont ils ont été témoins, leurs doutes sur la légitimité de l’occupation, leur désarroi d’avoir participé à l’évacuation des civils palestiniens chassés de leurs terres. L’armée israélienne autorise la publication d’une large part de ces témoignages, mais censure les plus critiques. Le livre qu’en tirent Oz et Shapira, The Seventh Day, devient un best-seller, puis sombre dans l’oubli. Près de cinquante ans plus tard, une jeune documentariste, Mor Loushy, confronte les anciens soldats à leurs douloureux récits d’hier.

    Tête-à-tête

    Le dispositif est simple, et d’emblée intensément émouvant : assis devant le magnétophone, les jeunes gens d’hier, devenus vieux, écoutent en silence leur propre voix, à cinquante ans de distance. Chacun, à l’issue du film, conclura sobrement le récit de quelques mots sur sa position actuelle quant à la guerre. Mor Loushy croise ces tête-à-tête entre passé et présent avec des archives saisissantes, dont beaucoup ramenées par d’autres soldats au fil de la bataille, mais aussi des images officielles de l’armée, des reportages et des films de propagande. Un bouleversant voyage dans le temps, qui résonne puissamment aujourd’hui.

    • La guerre de six jours par Charles Enderlin sur Radio Orient

      http://www.radioorient.com/il-y-a-50-ans-commencait-la-guerre-des-six-jours
      Le 5 juin 1967, il y a 50 ans commençait la « guerre des Six jours »
      06/06/2017 Charles Enderlin

      http://www.radioorient.com/wp-content/uploads/2013/04/Charles-Enderlin01.jpg

      Ce lundi, cela fera 50 ans, le 5 juin 1967 commençait la « guerre des 6 jours ».

      Israël lançait une offensive contre ses voisins arabes, l’Egypte, la Jordanie et la Syrie.

      Dès le premier jour, l’issue était jouée avec la destruction de la moitié de l’aviation arabe par l’armée israélienne.

      Cette guerre éclair allait redessiner les frontières et poser les base du conflit territorial qui oppose aujourd’hui Israël aux Palestiniens.

      Initialement, c’est l’Egypte qui était la cible de l’offensive israélienne, nous rappelle Charles Enderlin, journaliste, ancien correspondant de France 2 à Jérusalem.

      Charles Enderlin, journaliste, ancien correspondant de France 2 à Jérusalem.
      son dernier livre, « Au nom du Temple. Israël et l’irrésistible ascension du messianisme juif (1967 – 2013), paru aux éditions du Seuil,

      Audio Player

      Propos recueillis par Maria Lafitte.


  • Devoir de mémoire.
    Combien de minutes de silence pour les victimes de la guerre d’Irak et d’ailleurs ?
    http://www.lcp.fr/emissions/droit-de-suite/145285-guerre-mensonges-et-video

    DROIT DE SUITE
    Guerre, mensonges et vidéo
    Diffusée le 16/03/2013

    Douze ans après le déclenchement du conflit, François Bringer, journaliste spécialiste des États-Unis, explore la machine de guerre montée par les hauts responsables de l’administration américaine pour légitimer

    à la fois juridiquement, politiquement et moralement l’intervention en Irak…

    Ce documentaire retrace le cheminement de la stratégie néoconservatrice de l’administration Bush, avec ses retombées économiques et politiques, pour déclencher ce qui ressemble à une guerre d’agression.

    Une coproduction LCP-Assemblée nationale / Point du jour


  • L’occupation en Palestine, l’éternel recommencement. N Robin
    Le Monde diplomatique
    Juin 2017, pages 14 et 15, en kiosques
    CINQUANTE ANS APRÈS LA GUERRE DES SIX JOURS
    La Palestine, toujours recommencée
    Le 5 juin 1967 à l’aube, l’armée israélienne détruit au sol l’aviation militaire égyptienne. En six jours, elle conquiert le Sinaï, le Golan syrien et la partie de la Palestine historique qui avait échappé à son contrôle en 1948 : la Cisjordanie, Jérusalem-Est et Gaza. Cinquante ans plus tard, l’occupation se poursuit, mais la stratégie d’éradication de l’aspiration nationale palestinienne se heurte à une résistance enracinée dans une longue histoire.
    par Alain Gresh
    La suite sur ce lien :
    http://www.monde-diplomatique.fr/2017/06/GRESH/57582


  • Je partage l’analyse de Bruno Guigue sur la guerre en Syrie.

    http://mobile.agoravox.fr/tribune-libre/article/en-syrie-la-fete-est-finie-pour-187343

    jeudi 8 décembre 2016 - par Bruno Guigue
    En Syrie, la fête est finie pour les charlatans

    Que reste-t-il aujourd’hui du dogme interventionniste cher aux néocons, au moment où Donald Trump le dénonce, où Vladimir Poutine mène le bal au Moyen-Orient et où l’Etat syrien expédie les mercenaires de Riyad dans les poubelles de l’histoire ? Doublement orphelins, les charlatans du droit-de-l’hommisme (à géométrie variable) risquent de perdre leur héros yankee, fatigué de mener des guerres stupides, et leur piétaille moyen-orientale, taillée en pièces par cette armée syrienne qu’ils méprisaient. Pour les charlatans, décidément, la fête est finie.

    Avec la prochaine libération d’Alep, le rêve des charlatans de la révolution syrienne vire au cauchemar, il prend des allures d’enfer dantesque. Après des années de proclamations ronflantes sur la « victoire imminente » des insurgés, cette aventure qui n’avait de révolution que le nom tourne au désastre. Elle s’effondre de toutes parts, disparaissant sous ses propres décombres. Après les rodomontades, voici la débandade ! Hagards, hirsutes, les desperados du takfir, exhumant de leur trou leurs carcasses fatiguées, finiront par se rendre les uns après les autres. Alep devait être la « capitale de la révolution syrienne ». Erreur. Elle est le cimetière d’une contre-révolution sponsorisée par Riyad. Abandonnant le terrain face à l’armée nationale, les mercenaires wahhabites, désormais, ont le choix entre la mort ou la reddition.

    En sonnant le glas d’une insurrection télé-guidée de l’étranger, la débâcle d’Alep dissipe une énorme supercherie. Il aura fallu six années de malheur pour que cette tragédie provoquée et entretenue par une avalanche de pétrodollars sur fond de crise régionale apparaisse sous son vrai jour. Ce n’était pas une révolution, mais une opération ratée de « regime change » voulue par Washington et ses alliés. De l’aveu d’Hillary Clinton elle-même, cette opération fut menée en utilisant des organisations terroristes dont la maison-mère (Al-Qaida) était déjà une coproduction saoudo-américaine dans les années 80. Al-Nosra, Daech et consorts, à leur tour, furent mis au service d’une stratégie du chaos qui visait à pulvériser les Etats de la région au profit d’entités ethno-confessionnelles dont la fragmentation garantirait la docilité.

    Il en résulta une farce sanglante, désormais ensevelie sous les gravats de cette ville martyrisée par une guerre impitoyable que provoqua l’appétit de domination impérialiste allié au fanatisme sponsorisé de desperados crétinisés jusqu’au dernier centimètre cube de leur cerveau. Le pire n’est jamais sûr, dit-on, mais on eut droit à tout ce qu’il était possible de faire, y compris l’inimaginable ! Des dirigeants occidentaux qui prétendent combattre les terroristes tout en leur procurant des armes au nom des droits de l’homme. Des puissances étrangères qui infligent un embargo sur les médicaments à des populations civiles coupables de ne pas combattre leur gouvernement. Des familles royales sanguinaires et débauchées qui donnent des leçons de démocratie tout en sponsorisant la terreur. Des intellectuels français qui exigent comme un impératif moral le bombardement d’un pays qui ne nous a rien fait. C’est un triste privilège, mais il faut reconnaître que le drame syrien a généré un impressionnant florilège de saloperies.

    Qu’on se souvienne seulement avec quels accents enflammés les chantres hexagonaux de cette révolution-bidon nous serinaient depuis six ans qu’une glorieuse insurrection allait mettre à bas l’odieuse tyrannie ! Jour après jour, ils noyaient hypocritement d’un écran de fumée humanitaire la haine que leur inspirait cet Etat syrien dont le seul tort était de rester debout face à la coalition prédatrice des puissances occidentales et des pétromonarchies corrompues. Sans vergogne, ils couvraient de leur clameur mensongère, en les attribuant aux soldats syriens défendant leur patrie menacée, les atrocités commises par des bandes criminelles dont l’ambition monomaniaque était d’imposer la charia wahhabite et de liquider les minorités confessionnelles.

    On les a vus, on les a entendus pendant de longues années, ces charlatans. Les Jean-Pierre Filiu, François Burgat, Jean-Paul Chagnollaud, Pascal Boniface, Dominique Vidal, Ziad Majed, Nicolas Hénin, Romain Caillet, Bruno Tertrais et consorts intoxiquèrent l’opinion de leurs mensonges en respectant scrupuleusement le cahier des charges atlantiste. Experts en affabulation, ces mythomanes multi-cartes ont craché sur la Syrie, son peuple, son armée et son gouvernement. Ils n’ont cessé de les calomnier, relayés par des journalistes dont l’inculture n’avait d’égale que leur partialité. Niant l’évidence d’un mercenariat international financé par les pétromonarchies, ces pseudo-progressistes se sont rangés, servilement, du côté d’un obscurantisme wahhabite mis au service de l’impérialisme occidental. Prenant des grands airs, ils donnaient des leçons d’humanisme tout en tressant des couronnes aux milices mafieuses et sectaires qui détruisaient la Syrie. Faisant le tri entre les bonnes et les mauvaises victimes, ils brandissaient les droits de l’homme côté cour et soutenaient les tortionnaires takfiris côté jardin.

    Pour incriminer le gouvernement syrien et ses alliés, ils voulaient enrôler au service de leur cause frelatée le sort des civils assiégés à Alep, mais en omettant de dire que 80% de ces civils se trouvaient dans les quartiers protégés par le gouvernement, et que les autres, retenus prisonniers par les djihadistes, étaient utilisés par ces glorieux « révolutionnaires » comme boucliers humains. Ils voulaient nous faire croire que l’aviation russe bombardait les hôpitaux d’Alep, mais sans préciser que la majorité des hôpitaux étaient à Alep-Ouest et subissaient le feu incessant et meurtrier des mortiers rebelles. Orchestrant une indignation sélective fondée sur le déni de réalité permanent, ils ont accrédité cette monumentale escroquerie des « Casques Blancs », brillamment démasquée par une courageuse journaliste, Vanessa Beeley, qui administra à ces fumistes une leçon définitive d’honnêteté intellectuelle et de probité professionnelle.

    La reconquête de la deuxième ville de Syrie par son armée nationale ne rend pas seulement l’espoir au peuple syrien, qui aperçoit désormais le bout du tunnel après tant de souffrances. Cette victoire d’une armée majoritairement composée de conscrits de confession sunnite (comme l’a récemment rappelé le géographe et excellent analyste Fabrice Balanche) ne dissipe pas seulement le mythe d’une guerre confessionnelle forgé de toutes pièces par les pousse-au-crime du wahhabisme. Cette reconquête balaye aussi d’un grand courant d’air frais, en ce victorieux mois de décembre, les miasmes putrides largués dans l’atmosphère par six années de propagande à grande échelle.

    Orchestrée par les larbins de l’impérialisme US et les collabos de l’obscurantisme wahhabite (ce sont souvent les mêmes), cette propagande a diabolisé le gouvernement syrien en lui attribuant la responsabilité des crimes commis par ses adversaires. Elle a aussi diabolisé la Russie, dont l’intervention militaire en Syrie, contrairement à celle des pays de l’OTAN, respecte le droit international et frappe sans lésiner les terroristes de tous poils. Il faut vivre en France, ce pays de masochistes, pour voir la haine de la Russie se déchaîner, avec une rare violence, chaque fois qu’elle fait reculer les terroristes. A chaque défaite infligée sur le terrain aux commanditaires du massacre du Bataclan, nos charlatans hexagonaux, du gouvernement aux médias, se répandent en clameurs indignées !

    Le drame syrien est un révélateur chimique. Jamais depuis Vichy notre intelligentsia ne s’était autant vautrée dans la fange, jamais elle n’avait mis un tel point de déshonneur à célébrer l’esprit collabo. Mais voilà, la roue tourne. Que reste-t-il aujourd’hui du dogme interventionniste cher aux néocons, au moment où Donald Trump le dénonce, où Vladimir Poutine mène le bal au Moyen-Orient et où l’Etat syrien expédie les mercenaires de Riyad dans les poubelles de l’histoire ? Doublement orphelins, les charlatans du droit-de-l’hommisme (à géométrie variable) risquent de perdre leur héros yankee, fatigué de mener des guerres stupides, et leur piétaille moyen-orientale, taillée en pièces par cette armée syrienne qu’ils méprisaient. Pour les charlatans, décidément, la fête est finie.

    • Étonnant de la part de Dominique Vidal ! N Robin

      Dominique Vidal, responsable des éditions internationales et du développement du « Monde Diplomatique » salue l’éviction d’Adeline Chenon Ramlat de sa candidature de la France Insoumise. Adeline est mise en cause, sans argument réel, pour son travail d’information remarquable sur la Syrie

      lien :

      https://m.facebook.com/photo.php?fbid=10154364104117163&set=pcb.10154364104472163&type=3&theate

      Qui est Adeline Chenon-Ramlat ?

      https://m.facebook.com/adeline.chenonramlat?src=email_notif

      VIDEO. Un Œil sur la planète. Syrie : « Quand on combat, on reçoit un salaire »
      Adeline Chenon-Ramlat, une ancienne journaliste du quotidien « Le Monde », qui a vécu huit ans en Syrie, met en lumière les motivations financières des groupes jihadistes...

      http://mobile.francetvinfo.fr/monde/proche-orient/video-un-oeil-sur-la-planete-syrie-quand-on-combat-on-recoit-un-

    • Je m’interroge sur cette autre polémique. N Robin

      Jean Bricmont : lettre à Dominique Vidal

      Comité Action Palestine 20 mai 2012 Sionisme en France

      http://www.comiteactionpalestine.org/word/wp-content/uploads/2014/03/img4fb8dd653114a.jpg

      Lorsque Jean Bricmont (physicien belge, ardent défenseur de la liberté d’expression et de la cause palestinienne) a entrepris de rédiger la préface du livre de Gilad Atzmon, La parabole d’Esther (Ed. Demi-Lune, 2012), il ne s’attendait peut-être pas à ce que son texte, pas plus que ce qu’il préfaçait, suscite l’adhésion unanime de tous ses lecteurs. Le propos n’est pas ici de commenter ni le livre d’Atzmon, ni sa préface, mais de constater que tout ce qui concerne de près ou de loin le problème de la Palestine en particulier et celui de la question juive en général est soumis à un contrôle strict et à une sorte de censure morale exercée par les tenants du sionisme et, plus étonnant (ou pas ?), par certains de ceux qui se disent soutenir la cause palestinienne.
      Le livre de Gilad Atzmon, et au passage son préfacier, ont donc été cavalièrement critiqués par Dominique Vidal (écrivain, spécialiste du Proche-Orient et collaborateur du Monde diplomatique). Critique passablement cavalière et sournoise en effet, intitulée Les protocoles de Gilad Atzmon(on aura perçu l’allusion aux fameux Protocoles des Sages de Sion), qui se contente de relever un nombre assez impressionnant de formules extraites de l’oeuvre en question, et qui ont manifestement horrifié Dominique Vidal. L’auteur précise, au début et à la fin, que tout cela ne « mérite aucun commentaire ». Mais cette absence de commentaire en appelle un : outre qu’il est facile de s’en dispenser, ne pas commenter en dit long sur l’état dans lequel l’auteur suppose être la pensée concernant ces questions épineuses. Car s’il n’est pas besoin de commenter, c’est que les lecteurs sont suffisamment bien programmés pour trouver par eux-mêmes en quoi tout cela est répugnant. Le formatage idéologique a donc bien fait son œuvre et l’horreur d’un propos doit s’imposer d’elle-même.

      Or, c’est précisément ce contre quoi s’insurge Jean Bricmont. Il a donc rédigé une longue réponse (argumentée, celle-là), à l’invective de Dominique Vidal.

      Soucieux de montrer les différents points de vue dans cette polémique, et de rappeler combien il est difficile d’affronter le discours et la pensée sionistes dominants, le Comité Action Palestine publie ici dans leur intégralité la préface du livre de Gilad Atzmon, le « commentaire » de Dominique Vidal et la réponse de Jean Bricmont.

      À chacun d’en juger par lui-même.

      JEAN BRICMONT : LETTRE À DOMINIQUE VIDAL

      Cher Dominique Vidal,
      La suite sur ce lien :
      http://www.comiteactionpalestine.org/word/jean-bricmont-lettre-a-dominique-vidal


  • Merci Bruno !

    Brève réponse à un ami sur la Palestine et la Syrie
    De Bruno Guigue
    IL Y A 6 HEURES · PUBLIC
    Tu t’affliges du malheur qui frappe le peuple syrien, et tu te demandes si tu ne dois pas condamner la politique du gouvernement syrien pour les mêmes raisons qui te poussent à condamner celle du gouvernement israélien. Je te réponds que cette analogie est totalement trompeuse. Car le peuple syrien est majoritairement du côté de son gouvernement et de son armée qui luttent contre une invasion orchestrée de l’étranger. Sinon, comment expliquer la résistance victorieuse de cette armée de conscrits sur des mercenaires issus de 110 pays ? Et comment expliquer que les populations se réfugient, dès qu’elles le peuvent, dans les zones tenues par les forces gouvernementales ?
    La guerre est toujours sale, et il y a des victimes innocentes des deux côtés. Mais si Bachar Al-Assad était vraiment le boucher sanguinaire que décrit la presse occidentale et saoudienne, crois-tu que l’Etat syrien et ses institutions, dont le président est la clé de voûte, ne se seraient pas effondrés depuis longtemps comme un château de cartes ? Ceux qui accréditaient la thèse ridicule du “méchant dictateur qui extermine son peuple à l’arme chimique”, les Filiu, les Hénin et autres Burgat, ces affabulateurs professionnels en sont pour leurs frais. Les faits parlent d’eux-mêmes, et lorsque l’interprétation est erronée, ce ne sont pas les faits qu’il faut changer, mais l’interprétation. Aujourd’hui cette “narrative” simpliste n’abuse plus que ceux qui ont renoncé, par paresse intellectuelle, à l’usage de leur propre raison.
    Mais comme ton engagement pour la cause palestinienne est solide, il y a d’autres faits que tu tu dois prendre en considération. Ces faits, tu les connais. Ils montrent que les ennemis de la Syrie sont les ennemis de la Palestine, et que la défaite de la Syrie serait aussi la défaite de la Palestine. Car elle mettrait fin, à la fois, à la lutte séculaire du peuple palestinien pour son autodétermination et à la lutte séculaire de la nation arabe contre l’impérialisme occidental.
    Résumons les faits, et rien que les faits.
    En Syrie, des dizaines de milliers de combattants affluent de la planète entière, depuis six ans, pour aller combattre le “méchant Assad”. Ils passent par la Turquie, pays-membre de l’OTAN et allié des USA, comme à travers une passoire. Ces mercenaires sont payés par les pétromonarchies, souvent entraînés par la CIA et parfois soignés en Israël. Avec la Turquie, Israël et l’Arabie saoudite sont les deux principaux alliés des USA dans la région. La Syrie baasiste, elle, est le seul Etat arabe de la ligne de front à n’avoir jamais pactisé avec l’envahisseur sioniste. Allié de la Syrie, le Hezbollah libanais est la seule organisation à avoir battu l’armée israélienne en la chassant “manu militari” du Liban à deux reprises, en 2000 et en 2006.
    Les USA veulent dépecer la Syrie pour affaiblir l’Iran et le Hezbollah. Ce n’est pas moi qui le dis, mais Hillary Clinton dans un email révélé par Julian Assange. En Syrie, depuis 2011, l’aviation israélienne bombarde régulièrement l’armée syrienne et le Hezbollah. Elle ne bombarde jamais les organisations qui combattent l’armée syrienne, et ces organisations n’attaquent jamais Israël. Basma Kodmani, l’égérie de l’opposition syrienne, a déclaré en 2012 : “Nous avons besoin d’Israël”. Un ministre israélien vient de déclarer qu’il fallait éliminer Bachar Al-Assad. “L’armée syrienne libre”, c’est ainsi qu’elle prétend se nommer, offre à Israël une zone-tampon, côté syrien, qui protège le Golan occupé. Comme tu le sais, l’occupation et l’annexion illégales du Golan syrien par Israël constituent un “casus belli” pour Damas.
    Voilà, ce sont des faits.
    Prétendre soutenir la lutte des Palestiniens en rêvant de la destruction de l’Etat syrien, cela a un nom : c’est de l’imposture. Imagines-tu ce qui se passerait si la Syrie et le Hezbollah étaient vaincus par cette alliance mortifère qui réunit Israël, les USA et les wahhabites ? Au lendemain de cette ultime reddition de la résistance arabe, je ne donnerais pas cher des Palestiniens. Et il n’est pas nécessaire d’être un expert pour comprendre que ceux qui soutiennent la “rébellion” en Syrie sont les idiots utiles de Washington et de Tel Aviv.


  • De l’Arabie saoudite aux émirats, les monarchies mirages
    https://www.monde-diplomatique.fr/mav/147/BELKAID/55664
    Le Monde diplomatique, Jeudi 18 mai 2017.

    Pour sa première visite officielle à l’étranger, samedi 20 mai, Donald Trump a choisi l’Arabie saoudite. Outre un discours attendu sur « la nécessité d’affronter les idéologies radicales » et ses « espoirs » pour une « vision pacifique de l’islam », le président américain devrait surtout réaffirmer l’importance du partenariat stratégique entre les deux pays. Une détente qui intervient après un certain raidissement de leur relation, analysé par Akram Belkaïd dans le « Manière de voir » consacré aux « monarchies mirages » du Golfe.

    Syndrome d’abandon à Riyad
    Les dirigeants saoudiens ne pardonnent pas au président américain Barack Obama d’avoir négocié avec l’Iran. En arrière-plan, c’est la crainte d’une remise en cause du rôle dévolu par les Etats-Unis à l’Arabie saoudite qui fonde cette défiance.
    par Akram Belkaïd

    Le Monde diplomatique Syndrome d’abandon à Riyad↑

    Mercredi 20 avril 2016. Quand il atterrit à Riyad pour sa quatrième visite officielle en Arabie saoudite depuis son élection en 2008, le président Barack Obama prend, sans grande surprise, la mesure de la mauvaise humeur de ses hôtes. Le roi Salman ne s’est pas déplacé pour l’accueillir et c’est le gouverneur de la capitale saoudienne qui le remplace sur le tarmac de l’aéroport, ce qui, sur le plan du protocole, constitue tout de même un camouflet.

    De son côté, la télévision locale ignore l’événement alors qu’elle a pour habitude de diffuser en direct ce type d’arrivée. Le message est clair. Les Saoudiens veulent montrer à M. Obama qu’ils sont fâchés et qu’ils considèrent qu’il appartient d’ores et déjà au passé, à moins de sept mois de l’élection présidentielle. Déjà, en mai 2015, lors d’un sommet organisé à Camp David entre les Etats-Unis et les six membres du Conseil de coopération du Golfe (CCG), le souverain saoudien avait annulé son déplacement, se faisant représenter par le prince héritier Mohammed Ben Nayef et le ministre de la défense, le vice-prince héritier Mohammed Ben Salman — qui est aussi le fils du roi.

    Les raisons de l’ire saoudienne sont connues depuis longtemps. Pour la monarchie wahhabite, l’administration Obama a joué avec le feu en se rapprochant de l’Iran. La signature d’un accord sur le nucléaire iranien à Vienne, le 14 juillet 2015, et la perspective de la levée des sanctions contre la République islamique ont provoqué une onde de choc dans le Golfe, où l’on vit dans la hantise d’être abandonnés par les Etats-Unis ou, du moins, de ne plus être considérés comme des partenaires privilégiés. Un tel scénario de recentrage qui ferait la part belle à l’Iran et dont M. Obama serait l’architecte « inconséquent », pour reprendre certains journaux du Golfe, est fréquemment évoqué à Riyad ou Abou Dhabi, les deux capitales les plus en pointe dans la dénonciation de la « menace perse ».

    Pour le roi Salman, comme pour son prédécesseur Abdallah (2005-2015), le président américain porte la responsabilité du regain d’activisme iranien dans la région, faute d’une fermeté suffisante de la part de la Maison Blanche. Cette défiance à l’égard de M. Obama pousse donc les dirigeants du Golfe à signifier qu’ils n’ont plus d’autre option que d’attendre le départ de celui que certains d’entre eux appellent, selon le journaliste arabe Abdelbari Atwa, « al-’abid », autrement dit l’esclave…

    Nul ne sait si les Etats-Unis ne seront pas un jour tentés d’abandonner les monarchies à leur sort
    Le refus américain d’intervenir militairement contre M. Bachar Al-Assad à l’automne 2013 — et cela, entre autres, pour ne pas mettre en péril les négociations avec l’Iran — ainsi que le « lâchage » par Washington de M. Hosni Moubarak en 2011 font partie des griefs des dirigeants saoudiens. L’ancien président égyptien était vu comme un allié indéfectible des pays du Golfe. De plus, rois et émirs de la région ont interprété la décision de Washington de ne pas faire obstacle aux revendications de la place Tahrir comme une décision susceptible de se renouveler à leur détriment. Selon eux, après avoir abandonné à son sort le chah d’Iran en 1979 et M. Moubarak en 2011, on ne peut jurer que les Etats-Unis ne seront pas tentés un jour d’abandonner les monarchies à leur sort. Un scénario certes peu probable, quand on sait l’importance stratégique de la péninsule arabique, laquelle détient les deux tiers des réserves mondiales de pétrole, mais qui fait partie des pires cauchemars récurrents des dirigeants du CCG.

    Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que les Etats-Unis sont suspectés d’oublier le fameux pacte stratégique « pétrole contre sécurité » conclu en 1945 entre le roi Abdelaziz Ibn Saoud et le président Franklin D. Roosevelt. En mai 1975, quelques semaines après l’assassinat du roi Fayçal, Le Monde diplomatique se faisait l’écho d’une crainte comparable à celle qui existe aujourd’hui et relevait alors « l’inquiétude réelle de certains membres de la famille royale [saoudienne] au sujet des véritables intentions de Washington dans la région et du rôle dévolu à l’Arabie dans cette stratégie ». (1) Et de citer un responsable saoudien pour qui l’Arabie n’était plus alors reconnue par Washington « comme une puissance du Golfe » tandis que l’Iran du chah était « consacré comme puissance impérialiste avec la complicité des Arabes irakiens ».

    A l’époque, un rapprochement diplomatique entre Bagdad et Téhéran et la volonté autoproclamée du chah d’Iran de faire jouer à son pays le rôle de « gendarme du Golfe et du Proche-Orient » avaient semé un vent de panique dans la péninsule. Quarante ans plus tard, les acteurs ne sont plus les mêmes, une république islamique a chassé un Etat impérial, le régime de Saddam Hussein est tombé, mais le discours est le même : les Saoudiens accusent Washington de leur préférer un Iran qui peut compter sur son allié irakien. En 1975, Riyad menaçait alors de… rejoindre le camp de l’Union soviétique ; mais, cette fois, le royaume wahhabite entend montrer qu’il est capable de prendre son destin en mains. C’est à l’aune de cet objectif qu’il faut lire l’intervention militaire saoudienne à Bahreïn au printemps 2011 et la guerre déclenchée en mars 2015 contre les houthistes au Yémen.

    De son côté, le président Obama n’a pas cherché à ménager ses alliés. Certes, les Etats-Unis ont soutenu sur le plan logistique l’intervention militaire saoudienne au Yémen, en livrant notamment des photographies d’objectifs à bombarder. De même, le président américain n’a de cesse de rappeler que son pays sera « extrêmement vigilant à l’égard de l’Iran » et qu’il n’est pas question d’abandonner des alliés aussi anciens que précieux que sont l’Arabie saoudite ou ses voisins du CCG. Mais, dans le même temps, M. Obama a paru se contenter d’un service minimum en matière de déclarations de soutien aux monarchies. Surtout, comme le note Simon Hendersen, chercheur au Washington Institute for Near East Policy, le locataire de la Maison Blanche n’a pas manqué de reprocher aux Saoudiens, lors d’entretiens bilatéraux parfois tendus, voire houleux, le fait qu’ils désignent l’Iran comme l’ennemi principal à circonscrire alors que les Etats-Unis ont pour principale priorité la lutte contre l’Organisation de l’Etat islamique (OEI).

    « L’Arabie saoudite est convaincue que parlementer avec l’Iran représente une perte de temps »
    Dans un entretien-fleuve publié par la revue The Atlantic, le président Obama a enfoncé le clou à ce sujet en relevant que, contrairement à ce que pensent les dirigeants du Golfe, l’Iran « n’est pas la source de tous les problèmes » dans la région. Une région que Riyad devait apprendre à « partager » avec Téhéran. Plus important encore, il a aussi dénoncé, sans les nommer directement, les pays qui « cherchent à exploiter la puissance américaine pour leurs propres visées étroites et sectaires ». Une accusation directe à l’encontre des Saoudiens, qui ne cessent de réclamer que l’Amérique « fracasse la tête du serpent » iranien comme l’avait dit en 2008 le roi Abdallah à un diplomate américain. Il va sans dire que cette « doctrine Obama » n’a guère plu dans le Golfe. Une partie de la presse saoudienne a fait l’impasse sur l’article de The Atlantic quand, dans d’autres publications, les relais du régime ont critiqué avec virulence « l’aventurisme et la naïveté » du président américain.

    Il est encore trop tôt pour savoir si l’inclinaison voulue par ce dernier fera date ou si son successeur se dépêchera de revenir à la situation antérieure. Mais une chose est certaine : l’establishment américain commence à se lasser des sautes d’humeur saoudiennes. Certains diplomates du département d’Etat aimeraient que les dirigeants du royaume comprennent enfin qu’il est de leur intérêt que l’Iran ne soit plus acculé et que toute autre solution menacerait leur stabilité. « L’Arabie saoudite est convaincue que parlementer avec l’Iran représente une perte de temps et que seule la manière forte peut contenir les ambitions iraniennes, note pour sa part Olivier Da Lage, journaliste à RFI et spécialiste de la région. Il y a d’ailleurs là une contradiction qu’il est difficile d’expliquer car les Iraniens n’ont jamais fait mystère de leurs intentions en cas d’attaque américaine ou israélienne : leurs représailles frapperont les monarchies du Golfe, et les dirigeants saoudiens en sont parfaitement conscients (2). »

    Le président américain a aussi critiqué ouvertement certaines pratiques en cours dans le royaume saoudien, notamment l’usage des décapitations en place publique, ce qui a provoqué l’émoi de ses interlocuteurs, certains lui rappelant qu’en matière d’usage de la peine de mort les Etats-Unis n’avaient pas de leçon à donner. Quoi qu’il en soit, les dirigeants saoudiens sont persuadés que le président américain leur est hostile. Ils en veulent pour preuve ce projet rédigé par des élus démocrates et républicains du Congrès qui vise à faire toute la lumière sur les attentats du 11 septembre 2001 à New York et Washington.

    En incriminant l’Arabie saoudite, pays dont étaient originaires quinze des dix-neuf pirates responsables des attaques, ce texte de loi pourrait permettre aux familles de victimes de poursuivre directement le royaume. Officiellement, la Maison Blanche a déclaré qu’elle userait de son droit de veto contre ce décret s’il venait à être voté. Mais, pour l’Arabie saoudite, il n’y a pas de hasard, et les intentions du Congrès font écho à la prise de distance de M. Obama à son égard. Voilà pourquoi Riyad a déclaré que l’adoption d’un tel texte pousserait le royaume à céder une partie de ses 750 milliards de dollars en bons du Trésor américains. Une cession qui fragiliserait le dollar, mais qui pourrait pousser les Etats-Unis à se lasser d’un allié devenu trop exigeant.

    Akram Belkaïd
    Journaliste.

    Lire aussi
    « Manière de voir »• juin - juillet 2016
    https://www.monde-diplomatique.fr/local/cache-vignettes/L300xH378/arton55644-91fbf.jpg
    De l’Arabie saoudite aux émirats, les monarchies mirages
    Zone de tensions, Etats à risque : les monarchies du Golfe représentent un enjeu stratégique mondial en raison de leurs importantes réserves pétrolières et gazières. Tiraillées entre fanatisme identitaire et choc de la modernité, elles redoutent la puissance de l’Iran dans la région et s’alarment des hésitations de la politique américaine.


  • Le Monde diplomatique : La guerre d’Algérie a commencé à Sétif
    https://www.monde-diplomatique.fr/2005/05/HARBI/12191
    Le Monde diplomatique, Mai 2005, page 21
    Faces cachées de la seconde guerre mondiale
    La guerre d’Algérie a commencé à Sétif
    Le 8 mai 1945, tandis que la France fêtait la victoire, son armée massacrait des milliers d’Algériens à Sétif et à Guelma. Ce traumatisme radicalisera irréversiblement le mouvement national. Par Mohammed Harbi
    https://www.monde-diplomatique.fr/local/cache-vignettes/L650xH845/karl-waldmann-setif-6400f.jpg
    Karl Waldmann
    Désignés par euphémisme sous l’appellation d’« événements » ou de « troubles du Nord constantinois », les massacres du 8 mai 1945 dans les régions de Sétif et de Guelma sont considérés rétrospectivement comme le début de la guerre algérienne d’indépendance. Cet épisode appartient aux lignes de clivage liées à la conquête coloniale.

    La vie politique de l’Algérie, plus distincte de celle de la France au fur et à mesure que s’affirme un mouvement national, a été dominée par les déchirements résultant de cette situation. Chaque fois que Paris s’est trouvé engagé dans une guerre, en 1871, en 1914 et en 1940, l’espoir de mettre à profit la conjoncture pour réformer le système colonial ou libérer l’Algérie s’est emparé des militants. Si, en 1871 en Kabylie et dans l’Est algérien et en 1916 dans les Aurès, l’insurrection était au programme, il n’en allait pas de même en mai 1945. Cette idée a sans doute agité les esprits, mais aucune preuve n’a pu en être avancée, malgré certaines allégations.

    La défaite de la France en juin 1940 a modifié les données du conflit entre la colonisation et les nationalistes algériens. Le monde colonial, qui s’était senti menacé par le Front populaire – lequel avait pourtant, sous sa pression, renoncé à ses projets sur l’Algérie –, accueille avec enthousiasme le pétainisme, et avec lui le sort fait aux juifs, aux francs-maçons et aux communistes.

    Avec le débarquement américain, le climat se modifie. Les nationalistes prennent au mot l’idéologie anticolonialiste de la Charte de l’Atlantique (12 août 1942) et s’efforcent de dépasser leurs divergences. Le courant assimilationniste se désagrège. Aux partisans d’un soutien inconditionnel à l’effort de guerre allié, rassemblés autour du Parti communiste algérien et des « Amis de la démocratie », s’opposent tous ceux qui, tel le chef charismatique du Parti du peuple algérien (PPA), Messali Hadj, ne sont pas prêts à sacrifier les intérêts de l’Algérie colonisée sur l’autel de la lutte antifasciste.

    Vient se joindre à eux un des représentants les plus prestigieux de la scène politique : Ferhat Abbas. L’homme qui, en 1936, considérait la patrie algérienne comme un mythe se prononce pour « une République autonome fédérée à une République française rénovée, anticoloniale et anti-impérialiste », tout en affirmant ne rien renier de sa culture française et occidentale. Avant d’en arriver là, Ferhat Abbas avait envoyé aux autorités françaises, depuis l’accession au pouvoir de Pétain, des mémorandums qui restèrent sans réponse. En désespoir de cause, il transmet aux Américains un texte signé par 28 élus et conseillers financiers, qui devient le 10 février 1943, avec le soutien du PPA et des oulémas, le Manifeste du peuple algérien.

    Alors, l’histoire s’accélère. Les gouvernants français continuent à se méprendre sur leur capacité à maîtriser l’évolution. De Gaulle n’a pas compris l’authenticité des poussées nationalistes dans les colonies. Contrairement à ce qui a été dit, son discours de Brazzaville, le 30 janvier 1944, n’annonce aucune politique d’émancipation, d’autonomie (même interne). « Cette incompréhension se manifeste au grand jour avec l’ordonnance du 7 mars 1944 qui, reprenant le projet Blum-Violette de 1936, accorde la citoyenneté française à 65 000 personnes environ et porte à deux cinquièmes la proportion des Algériens dans les assemblées locales », écrit Pierre Mendès France à André Nouschi (1). Trop peu et trop tard : ces miniréformes ne touchent ni à la domination française ni à la prépondérance des colons, et l’on reste toujours dans une logique où c’est la France qui accorde des droits...

    L’ouverture de vraies discussions avec les nationalistes s’imposait. Mais Paris ne les considère pas comme des interlocuteurs. Leur riposte à l’ordonnance du 7 mars intervient le 14 : à la suite d’échanges de vues entre Messali Hadj pour les indépendantistes du PPA, Cheikh Bachir El Ibrahimi pour les oulémas et Ferhat Abbas pour les autonomistes, l’unité des nationalistes se réalise au sein d’un nouveau mouvement, les Amis du Manifeste et de la liberté (AML). Le PPA s’y intègre en gardant son autonomie. Plus rompus aux techniques de la politique moderne et à l’instrumentalisation de l’imaginaire islamique, ses militants orientent leur action vers une délégitimation du pouvoir colonial. La jeunesse urbaine leur emboîte le pas. Partout, les signes de désobéissance se multiplient. Les antagonismes se durcissent. La colonie européenne et les juifs autochtones prennent peur et s’agitent.

    Au mois de mai 1945, lors du congrès des AML, les élites plébéiennes du PPA affirmeront leur suprématie. Le programme initial convenu entre les chefs de file du nationalisme – la revendication d’un Etat autonome fédéré à la France – sera rangé au magasin des accessoires. La majorité optera pour un Etat séparé de la France et uni aux autres pays du Maghreb et proclamera Messali Hadj « leader incontesté du peuple algérien ». L’administration s’affolera et fera pression sur Ferhat Abbas pour qu’il se dissocie de ses partenaires.

    Cette confrontation s’était préparée dès avril. Les dirigeants du PPA – et plus précisément les activistes, avec à leur tête le Dr Mohamed Lamine Debaghine – sont séduits par la perspective d’une insurrection, espérant que le réveil du millénarisme et l’appel au djihad favoriseront le succès de leur entreprise. Mais leur projet irréaliste avorte. Dans le camp colonial, où l’on craint de voir les Algériens rejeter les « Européens » à la mer, le complot mis au point par la haute administration, à l’instigation de Pierre-René Gazagne, haut fonctionnaire du Gouvernement général, pour décapiter les AML et le PPA prend jour après jour de la consistance.

    L’enlèvement de Messali Hadj et sa déportation à Brazzaville, le 25 avril 1945, après les incidents de Reibell, où il est assigné à résidence, préparent l’incendie. La crainte d’une intervention américaine à la faveur de démonstrations de force nationalistes hantait certains, dont l’islamologue Augustin Berque (2). Exaspéré par le coup de force contre son leader, le PPA fait de la libération de Messali Hadj un objectif majeur et décide de défiler à part le 1er mai, avec ses propres mots d’ordre, ceux de la CGT et des PC français et algérien restant muets sur la question nationale. A Oran et à Alger, la police et des Européens tirent sur le cortège nationaliste. Il y a des morts, des blessés, de nombreuses arrestations, mais la mobilisation continue.

    Le 8 mai, le Nord constantinois, délimité par les villes de Bougie, Sétif, Bône et Souk-Ahras et quadrillé par l’armée, s’apprête, à l’appel des AML et du PPA, à célébrer la victoire des alliés. Les consignes sont claires : rappeler à la France et à ses alliés les revendications nationalistes, et ce par des manifestations pacifiques. Aucun ordre n’avait été donné en vue d’une insurrection. On ne comprendrait pas sans cela la limitation des événements aux régions de Sétif et de Guelma. Dès lors, pourquoi les émeutes et pourquoi les massacres ?

    La guerre a indéniablement suscité des espoirs dans le renversement de l’ordre colonial. L’évolution internationale les conforte. Les nationalistes, PPA en tête, cherchent à précipiter les événements. De la dénonciation de la misère et de la corruption à la défense de l’islam, tout est mis en œuvre pour mobiliser. « Le seul môle commun à toutes les couches sociales reste (...) le djihad, compris comme arme de guerre civile plus que religieuse. Ce cri provoque une terreur sacrée qui se mue en énergie guerrière », écrit l’historienne Annie Rey-Goldzeiguer (3). La maturité politique n’était pas au rendez-vous chez les ruraux, qui ne suivaient que leurs impulsions.

    Chez les Européens, une peur réelle succède à l’angoisse diffuse. Malgré les changements, l’égalité avec les Algériens leur reste insupportable. Il leur faut coûte que coûte écarter cette alternative. Même la pâle menace de l’ordonnance du 7 mars 1944 les effraie. Leur seule réponse, c’est l’appel à la constitution de milices et à la répression. Ils trouvent une écoute chez Pierre-René Gazagne, chez le préfet de Constantine Lestrade Carbonnel et le sous-préfet de Guelma André Achiary, qui s’assignent pour but de « crever l’abcès ».

    A Sétif, la violence commence lorsque les policiers veulent se saisir du drapeau du PPA, devenu depuis le drapeau algérien, et des banderoles réclamant la libération de Messali Hadj et l’indépendance. Elle s’étend au monde rural, où l’on assiste à une levée en masse des tribus. A Guelma, les arrestations et l’action des milices déclenchent les événements, incitant à la vengeance contre les colons des environs. Les civils européens et la police se livrent à des exécutions massives et à des représailles collectives. Pour empêcher toute enquête, ils rouvrent les charniers et incinèrent les cadavres dans les fours à chaux d’Héliopolis. Quant à l’armée, son action a fait dire à un spécialiste, Jean-Charles Jauffret, que son intervention « se rapproche plus des opérations de guerre en Europe que des guerres coloniales traditionnelles (4) ». Dans la région de Bougie, 15 000 femmes et enfants doivent s’agenouiller avant d’assister à une prise d’armes.

    Le bilan des « événements » prête d’autant plus à contestation que le gouvernement français a mis un terme à la commission d’enquête présidée par le général Tubert et accordé l’impunité aux tueurs. Si on connaît le chiffre des victimes européennes, celui des victimes algériennes recèle bien des zones d’ombre. Les historiens algériens (5) continuent légitimement à polémiquer sur leur nombre. Les données fournies par les autorités françaises n’entraînent pas l’adhésion. En attendant des recherches impartiales (6), convenons avec Annie Rey-Goldzeiguer que, pour les 102 morts européens, il y eut des milliers de morts algériens.

    Les conséquences du séisme sont multiples. Le compromis tant recherché entre le peuple algérien et la colonie européenne apparaît désormais comme un vœu pieux.

    En France, les forces politiques issues de la Résistance se laissent investir par le parti colonial. « Je vous ai donné la paix pour dix ans ; si la France ne fait rien, tout recommencera en pire et probablement de façon irrémédiable », avait averti le général Duval, maître d’œuvre de la répression. Le PCF – qui a qualifié les chefs nationalistes de « provocateurs à gages hitlériens » et demandé que « les meneurs soient passés par les armes » – sera, malgré son revirement ultérieur et sa lutte pour l’amnistie, considéré comme favorable à la colonisation. En Algérie, après la dissolution des AML le 14 mai, les autonomistes et les oulémas accusent le PPA d’avoir joué les apprentis sorciers et mettent fin à l’union du camp nationaliste. Les activistes du PPA imposent à leurs dirigeants la création d’une organisation paramilitaire à l’échelle nationale. Le 1er novembre 1954, on les retrouvera à la tête d’un Front de libération nationale. La guerre d’Algérie a bel et bien commencé à Sétif le 8 mai 1945.

    Mohammed Harbi
    Historien, auteur, avec Benjamin Stora, de La Guerre d’Algérie, 1954-2004, la fin de l’amnésie, Robert Laffont, Paris, 2004.

    (1) André Nouschi, « Notes de lecture sur la guerre d’Algérie », dans Relations internationales, n° 114, 2003.

    (2) C’est le père du grand islamologue Jacques Berque.

    (3) Annie Rey-Godzeiguer (1990), Aux origines de la guerre d’Algérie 1940-1945. De Mers El Kébir aux massacres du Nord constantinois, La Découverte, Paris, 2002.

    (4) Jean-Charles Jauffret (1990), La Guerre d’Algérie par les documents. Tome I, L’Avertissement (1943-1946), Services historiques de l’armée de terre (SHAT), Paris.

    (5) Redouane Ainad Tabet, Le 8 mai 1945 en Algérie, OPU, Alger, 1987, et Boucif Mekhaled, Chronique d’un massacre. 8 mai 1945, Sétif, Guelma, Kherrata, Syros, Paris, 1995.

    (6) On en a eu un avant-goût dans les travaux en cours de Jean-Pierre Peyrouloux. Voir à ce propos « Rétablir et maintenir l’ordre colonial », Mohammed Harbi et Benjamin Stora, op. cit.

    A lire
    DOSSIER SECONDE GUERRE MONDIALE
    Les faces cachées d’une guerre mondiale
    Ignacio Ramonet
    Le 8 mai 1945, après cinq ans et huit mois du plus meurtrier des conflits qu’ait connus l’humanité, l’Allemagne nazie capitulait. L’Italie fasciste l’avait précédée, mais l’Empire japonais tiendra encore trois (...)


  • Code du travail et CETA : une même logique, un même combat !

    ATTAC
    Déclaration 16 mai 2017

    Emmanuel Macron a affiché son intention de réduire drastiquement le code du travail dès le mois de juillet. Cette déconstruction doit se faire par ordonnances, pratique qui, après accord préalable du Parlement, permet de promulguer une loi sans aucun débat parlementaire. Pour le nouveau pouvoir, il s’agit d’aller encore plus loin que la loi El Khomri pourtant majoritairement rejetée par les Français.

    Revenant sur les reculs que la mobilisation était parvenu à imposer au précédent gouvernement, c’est maintenant la définition de l’ensemble du droit du travail qu’Emmanuel Macron souhaite renvoyer aux accords d’entreprise. Ce compartimentage des négociations sera évidemment bien plus défavorable aux salarié·e·s, tout comme la volonté du nouveau président de plafonner les indemnités que devront verser les employeurs en cas de licenciement abusif.

    Même si les deux sujets peuvent paraître éloignés, la possible ratification par la France du CETA, l’accord de libre-échange entre l’Union européenne et le Canada fait peser une menace supplémentaire sur les droits de salarié·e·s. Outre, les dangers dont il est porteur pour l’agriculture, les services publics, la santé, la protection des consommateurs, l’environnement ou le climat, son instauration entraverait gravement la possibilité d’un retour ultérieur à un droit du travail digne de ce nom.

    Grace au CETA, toute entreprise multinationale pourra se servir du tribunal arbitral de l’ICS [1] pour attaquer des dispositions légales ou réglementaires risquant de d’entraver ou restreindre ses bénéfices, demander un dédommagement astronomique ou obliger la France à défaire ces dispositions. À l’avenir, même si un gouvernement progressiste ne se laisse pas dissuader par cette menace, il pourra voir son projet bloqué par l’organe de coopération réglementaire du CETA.

    Attac France appelle ses adhérent·e·s à ne pas relâcher leur mobilisation contre ses deux projets ultra-libéraux en commençant par signer et faire signer largement autour de vous l’initiative citoyenne Stop CETA !
    Je signe l’initiative Stop CETA
    https://france.attac.org/se-mobiliser/le-grand-marche-transatlantique/article/initiative-citoyenne-stop-ceta?pk_campaign=Infolettre-945&pk_kwd=franc

    • A propos de l’initiative citoyenne européenne

      L’arrêt relatif à l’initiative européenne sur TAFTA et CETA a été en fait rendu par le Tribunal de l’Union européenne ;
      ce tribunal est à distinguer de la Cour de Justice de l’Union européenne et il est spécialisé sur les saisines des particuliers
      (ce qui était formellement le cas pour l’ICE proposée par la campagne européenne) et dédié à la première instance.

      Que peut-on faire au juste de cet arrêt ?

      Que dit l’article 11 du Traité sur l’Union européenne (TUE) ?

      §4 : « Des citoyens de l’Union, au nombre d’un million au moins, ressortissants d’un nombre significatif d’États membres, peuvent prendre l’initiative d’inviter la Commission européenne, dans le cadre de ses attributions, à soumettre une proposition appropriée sur des questions pour lesquelles ces citoyens considèrent qu’un acte juridique de l’Union est nécessaire aux fins de l’application des traités.

      Les procédures et conditions requises pour la présentation d ’une telle initiative sont fixées conformément à l’article 24, premier alinéa, du traité sur le fonctionnement de l’Union européenne. »

      Il faut donc distinguer deux choses :

      1) la recevabilité d’une ICE par la Commission européenne ;

      c’est cette recevabilité de l’ICE TAFTA/CETA qu’a refusé la Commission et donc en conséquence le contrôle de la validité formelle des engagements de citoyens obtenus.

      2) au cas où la Commission reconnaît la recevabilité de l’ICE et l’ICE connaît le succès

      (1 million de signatures minimum cumulées dans au moins 7 états membres pour lesquels le quorum
      (fonction du nombre d’habitants) est atteint), ce qu’elle en fait après.

      Comme on le voit l’alinéa 4 du TUE n’est pas franchement très contraignant (« inviter ») …

      Quelle était la demande de l’ICE ?

      « Nous appelons les institutions de l’Union européenne et de ses pays membres à arrêter les négociations avec les Etats-Unis sur le Partenariat transatlantique de commerce et d’investissement (TTIP ou TAFTA) et à ne pas ratifier l’Accord Economique et Commercial Global (CETA) avec le Canada. »

      Que dit le Tribunal de UE ?

      Le Tribunal de l’UE dit que l’IE était recevable. Il précise que :

      1) « une décision d’ouverture de négociations en vue de la conclusion d’un accord international …

      comme TTIP et CETA vise incontestablement à modifier l’ordre juridique de l’Union »

      2) « Le Tribunal constate en outre que rien ne justifie d’exclure de ce débat démocratique [NDR : duquel participe l’ICE]

      les actes juridiques visant au retrait d’une décision autorisant l’ouverture de négociations en vue de la conclusion d’un accord international ainsi que les actes ayant pour objet d’empêcher la signature et la conclusion d’un tel accord »

      3) « Contrairement aux allégations de la Commission, rien n’empêcherait, le cas échéant, les institutions de l’Union de négocier et de conclure de nouveaux projets d’accords transatlantiques de libre-échange à la suite de l’adoption par le Conseil des actes qui font l’objet de cette proposition [NDR : l’ICE] ».

      Peut-on utiliser l’arrêt du Tribunal de l’UE au niveau européen ?

      Pour CETA : non car CETA a été ratifié au niveau de l’UE

      Pour TAFTA : pour le moment les négociations sont interrompues.

      Si le projet repart (vraisemblable), il sera difficile à la Commission de ne pas enregistrer une ICE du même type
      (à moins qu’elle fasse appel auprès de la CJUE, mais cela ne semble pas devoir être le cas) si la campagne européenne se décider à en lancer une.

      Pour les autres ALE : idem, l’arrêt crée un précédent (sous réserve toujours du non appel de la Commission)

      et il serait difficile à la Commission de ne pas enregistrer une ICE du même type portant sur un accord de même type : Viet Nam, Japon dans l’immédiat.

      Remarque : l’ICE auto-organisée a atteint son but : faire parler du TAFTA et du CETA

      (et paradoxalement le refus de la Commission de l’enregistrer avec retour de bâton du Tribunal de l’Union européenne
      nous fournit un regain comme on disait à la campagne).

      Peut-on utiliser l’arrêt du Tribunal de l’UE au niveau français ?

      Légalement : non, les arrêts du Tribunal de l’UE ne portent pas sur la vie politique en France et quasiment par définition,
      les ICE ne se déclinent pas dans les différents états membres.

      Politiquement : oui de deux façons :

      – en dénonçant une fois de plus l’anti-démocratisme de la Commission et le passage au forcing du CETA (fait en autre dans le dernier CP du collectif) ;

      – vis à vis de l’initiative citoyenne Stop CETA :

      on peut effectivement envisager une mise en référence dans la communication amenant sur le site Stop-CETA
      (et sur leur site pour les organisations qui y ont placé les deux widgets).

      Source JMC


  • Elle était à la tête de la HAS.
    Agnès Buzyn devient ministre de la Santé du gouvernement Macron

    https://www.mediapart.fr/journal/france/070316/les-petits-arrangements-de-la-nouvelle-presidente-de-la-haute-autorite-de-

    Les petits arrangements de la nouvelle présidente de la Haute autorité de santé

    7 mars 2016

    Par Pascale Pascariello

    Agnès Buzyn, qui prend ce lundi ses
    fonctions à la tête de la haute autorité de santé (HAS), acteur clé du système de santé français, considère que les liens d’intérêt entre experts et laboratoires pharmaceutiques sont un gage de compétence.

    Plusieurs militants de la transparence comme le docteur Irène Frachon, à l’origine du scandale du Mediator, s’inquiètent auprès de Mediapart.

    Au moins, les choses sont claires.

    « L’industrie pharmaceutique joue son rôle, et je n’ai jamais crié avec les loups sur cette industrie.

    Il faut expliquer que vouloir des experts sans aucun lien avec l’industrie pharmaceutique pose la question de la compétence des experts. »

    Tels furent les propos tenus par le professeur Agnès Buzyn, alors présidente de l’Institut national du cancer (INCA) et qui vient d’être nommée ce lundi à la tête de la Haute Autorité de santé (HAS), lors d’une réunion organisée par le Nile,
    un cabinet de lobbying, en février 2013. Entendue au Sénat le 20 janvier dernier, dans le cadre de travaux de la commission des affaires sociales, elle n’a pas changé de position.

    https://static.mediapart.fr/files/2016/03/07/buzyn2.jpg

    Agnès Buzyn, la nouvelle présidente de la Haute Autorité de santé. © DR
    Intitulée « Prévention des conflits d’intérêts en matière d’expertise sanitaire », cette table ronde, loin de chercher à limiter les conflits d’intérêts en santé publique, avait au contraire pour cible la loi Bertrand. Adoptée en décembre 2011, à la suite du scandale du Mediator, cette loi vise à prévenir les conflits d’intérêts et à renforcer l’indépendance de l’expertise sanitaire publique. Elle rend obligatoire pour les professionnels de santé et décideurs publics la déclaration publique de leurs liens d’intérêt avec l’industrie pharmaceutique. De leur côté, les laboratoires doivent déclarer les avantages consentis aux professionnels de santé, aux associations et aux fondations.

    Mais cette avancée dans la prévention des conflits d’intérêts ne fait pas l’unanimité. Une partie de ses détracteurs n’ont pas hésité à faire entendre leur voix devant les sénateurs.

    Parmi eux, Agnès Buzyn a longuement expliqué que l’obligation de déclarer tout lien d’intérêt est devenue trop « handicapante » pour certains chercheurs.

    « Ils ne le supportent plus et refusent de venir aux expertises de l’INCA. On passe notre vie à écrire des mails d’excuses aux experts pour leur expliquer pourquoi on n’a pas pu les retenir à l’analyse de leurs déclarations. »

    Agnès Buzyn regrette de ne pouvoir prendre des chercheurs qui ont, avec l’industrie pharmaceutique, des liens d’intérêt pourtant susceptibles d’influencer leurs expertises.

    Selon la nouvelle présidente de la HAS, agence sanitaire en charge de l’évaluation et du remboursement des médicaments, le fait de ne pas travailler avec des laboratoires met en doute la qualité de l’expertise.

    « Quand on voit les débats que nous avons avec nos tutelles (…), l’indépendance des experts est mise en avant et personne ne semble se soucier de la qualité de l’expertise. (…) On commence à avoir des experts institutionnels qui n’ont plus aucun lien avec l’industrie pharmaceutique et dont on peut se demander, à terme, quelle va être leur expertise, puisqu’ils ne sont plus à aucun “board” [conseil de direction – ndlr] », a déploré Agnès Buzyn.

    En quoi consiste exactement la mission de l’expert dans un “board” ?

    Cette question, aucun sénateur n’a eu la curiosité de la poser… Participer au “board” d’un laboratoire pharmaceutique ne relève pas de la recherche scientifique, mais consiste à conseiller l’industrie sur sa stratégie de marketing de développement d’un médicament.

    C’est, aussi, intervenir dans des colloques. Est-ce vraiment là un gage de compétence ?

    Si l’intérêt scientifique semble minime, en revanche, le gain financier n’est pas négligeable.

    Certains professeurs peuvent être rémunérés 2 000 euros la journée, pour une réunion.

    L’industrie pharmaceutique propose, en général, ces contrats à des médecins hospitalo-universitaires qui ont déjà le statut de leader d’opinion et qui peuvent ainsi asseoir leur renommée, voire l’étendre au niveau international.

    Un bon plan de carrière en somme.

    En février 2009, l’Inspection générale des affaires sociales avait déjà pointé ce problème : seule une part marginale des contrats liant les laboratoires pharmaceutiques aux professionnels de santé concerne des travaux de recherche.

    Plus de 90 % des liens d’intérêt publiés relèvent de contrats de marketing (contrats d’orateurs ou de consultants).

    Les propos d’Agnès Buzyn ne sont d’ailleurs pas sans rappeler ceux de Philippe Lamoureux, directeur général du Leem, syndicat des industries pharmaceutiques : « Un expert sans conflit d’intérêts est un expert sans intérêt. »

    Sans intérêt pour les laboratoires, mais non pour la santé publique.

    Le scandale du Mediator a pu être révélé grâce au travail de médecins ou pharmaciens indépendants rédacteurs de la revue Prescrire,
    ou à celui de la pneumologue Irène Frachon.

    Cette dernière, interrogée par Mediapart, regrette vivement les positions d’Agnès Buzyn :

    « La solution n’est pas, comme l’affirme Agnès Buzyn, de passer outre ces liens d’intérêt.

    L’affaire du Mediator le démontre de façon tragique : des experts indiscutablement “compétents” sont restés solidaires d’un industriel lourdement criminel, en minimisant notamment les dégâts de ce poison.

    Il faut donc se doter d’une expertise vraiment indépendante.

    Une des solutions, comme le proposent les membres de l’association Formindep,

    [Association pour une formation et une information médicales indépendantes – ndlr] est de créer des filières d’études de haut niveau d’expertise qui puissent assurer de belles carrières et des rémunérations suffisantes afin de prévenir la captation par l’industrie. »

    Mais on ne pourra pas reprocher à Agnès Buzyn de ne pas mettre en pratique ses propos.

    De 2009 à 2011, alors même qu’elle venait d’être nommée membre du conseil d’administration puis vice-présidente de l’Institut national du cancer, elle n’a pas pour autant renoncé à participer aux boards de deux laboratoires, Novartis et Bristol-Meyers Squibb.

    Doit-on parler de conflit d’intérêts ou de souci de parfaire ses compétences en tant que chercheuse ?

    Interrogée par Mediapart, Agnès Buzyn a minimisé le rôle de vice-présidente de l’INCA :

    « C’est au cas où le président tombe malade. C’est purement honorifique. »

    À l’entendre, on pourrait finalement se passer d’un vice-président à l’INCA. Pour Novartis et Bristol-Meyers Squibb,

    Agnès Buzyn a dispensé des formations à des médecins, participé à des réunions de marketing pour des traitements contre le cancer et est également intervenue dans des colloques.

    Concernant le montant de ces contrats passés avec les laboratoires, elle n’en a pas gardé un souvenir précis.

    Pourtant, ce travail a duré de 2007 à 2011.

    Une seule estimation nous a été donnée pour l’année 2009 : 10 000 euros.

    Si elle affirme aujourd’hui qu’il ne s’agit pas d’une situation de conflit d’intérêts, elle a néanmoins jugé nécessaire, en mars 2011, de cesser tout travail pour les laboratoires pharmaceutiques.

    À cette date, sa future nomination à la présidence de l’INCA devenait officielle et, en plein scandale du Mediator, une série de rapports sur les conflits d’intérêts était rendue publique.

    Selon Anne Chailleu, présidente du Formindep, association présente à la table ronde organisée au Sénat,

    « la conception de l’expertise d’Agnès Buzyn va à l’encontre du sens de l’Histoire mais également de la rigueur scientifique. Alors que la loi de santé vient de renforcer la transparence des liens entre industrie et professionnels de santé, et que le Conseil constitutionnel a rappelé récemment qu’elle était un principe fondateur de la sécurité sanitaire, de tels propos sont anachroniques et démontrent que toutes les leçons du Mediator n’ont pas été tirées ».

    Effectivement, lors de la présentation de sa candidature à la présidence de la Haute Autorité de santé (HAS), le 27 janvier dernier devant l’Assemblée nationale,

    Agnès Buzyn a totalement passé sous silence l’importance de garantir l’indépendance des experts de la Haute Autorité de santé.

    Il avait fallu l’intervention de la députée Catherine Lemorton, présidente de la commission affaires sociales, pour rappeler que la HAS doit être une agence « indépendante » des laboratoires pharmaceutique

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    Sur la piste de l’argent des laboratoires Par Mathilde Mathieu, Michel de Pracontal et Michaël Hajdenberg




  • Un front républicain contre l’abstention disent-ils ???
    L’autre visage du Fascisme et du chaos mondial se déclare républicain !!! BHL/Estrosi/Kouchner
    C’est affolant, ils ne lâchent rien.
    http://estaticos03.cache.el-mundo.net/elmundo/imagenes/2010/02/09/1265720738_0.jpg

    http://images.niooz.fr/safe_image.php?width=500&i=/cache/mediaid/1/5/5/1/1/1/15511193.jpg
    http://laregledujeu.org/files/2013/02/Bernard-kouchner.jpg

    http://www.ouest-france.fr/sites/default/files/styles/image-900x500/public/2017/05/05/valls-nkm-royal-et-estrosi-ensemble-contre-l-abstention.jpg?itok=QO0yFthX

    http://m.nouvelobs.com/en-direct/a-chaud/36653-presidentielle2017-lepen-macron-bhl-reunit-valls-raffarin.html

    #Présidentielle2017
    BHL réunit NKM, Valls, Raffarin, Estrosi et Royal ce vendredi contre le FN

    ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP
    L’idée partait sûrement d’un bon sentiment, mais l’image qu’elle renvoie pourrait ne pas être bien perçue par tous. Des personnalités politiques de droite et de gauche participeront ce vendredi à Paris, dans les dernières heures de la campagne pour le second tour, à un forum « contre l’abstention » face au « cauchemar » Marine Le Pen, ont annoncé ce mardi les organisateurs. Le problème ? C’est Bernard-Henri Lévy, qui co-préside cette rencontre baptisée « Forum républicain contre l’abstention » et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il a pris des risques avec sa liste d’invités. En plus de l’intellectuel controversé, de nombreuses personnalités politiques prendront la parole. Dont les anciens Premiers ministres Manuel Valls et Jean-Pierre Raffarin, la ministre de l’Environnement Ségolène Royal, le président Les Républicains de la région Paca Christian Estrosi, le commissaire européen Pierre Moscovici et l’ancien ministre Bernard Kouchner. On imagine d’ici la photo-souvenir de l’événement. Le forum se tiendra vendredi à la Maison de la Chimie à Paris, entre 17h et minuit pile, heure officielle de la fin de la campagne pour le second tour de la présidentielle.

    PUBLIÉ LE 05/05/17


  • Les soutiens Chevènement et De Villepin pour Macron peuvent-ils changer la donne ? Il y a des chances que des abstentionnistes en soient convaincus et votent Macron. Ces retraités ont prouvé par le passé qu’ils étaient capables de bon sens. NR
    http://www.francesoir.fr/actualites-elections/chevenement-le-pen-presidente-serait-un-mauvais-coup-porte-la-republique

    CHEVÈNEMENT : LE PEN PRÉSIDENTE SERAIT « UN MAUVAIS COUP PORTÉ À LA RÉPUBLIQUE »

    Publié le : Vendredi 05 Mai 2017 - 12:00

    Jean-Pierre Chevènement à Paris le 11 novembre 2016
    http://s.brsimg.com/static-1493979466/cache/i/content/images/f/4/9/f49f31eb33698b4c0dbe922346ec9242-627x418.jpg
    © PHILIPPE WOJAZER /
    Auteur : Par AFP
    L’ancien ministre Jean-Pierre Chevènement a estimé vendredi que l’élection de Marine Le Pen au second tour dimanche serait « un très mauvais coup porté à la République ».
    Il juge que la candidate FN n’est « pas construite » et qu’Emmanuel Macron « pourrait être un bon président ».
    Considérant qu’une élection de la candidate FN serait « un très mauvais coup porté à la République, à son image, à son prestige », M. Chevènement a ajouté sur LCI qu’il ne la « sen(t) pas construite ». « Je pense qu’elle n’a pas réellement pensé son affaire et qu’au fond elle n’est pas prête à exercer les responsabilités d’un président de la République », a-t-il déclaré.

    M. Chevènement, qui avait déjà appelé récemment à un « vote résolu » en faveur d’Emmanuel Macron, a aussi jugé qu’il n’y avait « pas vraiment photo » entre lui et Mme Le Pen, et que la France « ne sera pas défigurée » si le candidat d’En Marche ! est président. Ce sera « bon pour son image », dit-il.
    L’ancien ministre de l’Intérieur de Lionel Jospin, ex-candidat à la présidentielle de 2002 (5,33%) et actuel président de la Fondation pour l’Islam de France, a par ailleurs affirmé qu’avant de quitter le ministère de l’Economie, en août 2016, Emmanuel Macron lui avait demandé son avis.
    « Je lui ai plutôt déconseillé de partir et de se porter candidat ». « Je ne pensais pas - à tort - qu’il serait capable de faire déjà ce qu’il a fait », dit-il. « Malgré les appuis dont il bénéficiait, je ne pensais pas qu’il y arriverait », a affirmé l’ancien président du Mouvement républicain et citoyen (MRC).
    « Si j’ai un conseil à lui donner - d’ailleurs il ne m’écoute pas - c’est de choisir quelqu’un qui soit quand même assez proche de lui et en qui il puisse avoir confiance », a-t-il dit en évoquant le Premier ministre qui pourrait être choisi par M. Macron dans le cas où il serait élu dimanche président de la République.
    Auteur : Par AFP


  • Le dictat de nos médias-finance. NR

    French media warned not to publish Emmanuel Macron leaks | World news | The Guardian

    https://www.theguardian.com/world/2017/may/06/french-warned-not-to-publish-emmanuel-macron-leaks

    https://i.guim.co.uk/img/media/53f27482909b07846a2b42422438d08cfa10a53a/0_74_1620_972/master/1620.jpg?w=300&q=55&auto=format&usm=12&fit=max&s=e0ce559f8ec3b1040673430d6dc9dc83
    Emmanuel Macron
    French media warned not to publish Emmanuel Macron leaks
    Election authorities will prosecute internet users who pass on documents from massive En Marche! hack

    Saturday 6 May 2017

    France’s electoral commission warned media and internet users that they could face criminal prosecution for publishing documents obtained in a “massive and coordinated hacking attack” on the presidential frontrunner Emmanuel Macron’s political movement.

    The commission, which held an emergency meeting to discuss the leak, said some of the documents appeared to contain “false information”.

    MacronLeaks is final twist in surreal French election campaign
    Sonia Delesalle-Stolper
    Read more
    Thousands of internal En Marche! (On the Move!) documents were published on the internet an hour before the Friday midnight deadline for the start of a campaign blackout, meaning neither Macron nor his far-right Front National rival Marine Le Pen was allowed to respond.

    France’s presidential electoral authority, the CNCCEP, asked the media to avoid transmitting information from the leaked documents and reminded them of their responsibilities given the “seriousness of the election”.

    “This attack has resulted in the publication of a number of important documents presented as having come from the information system of the candidate and the message accounts of certain of their campaign officials on certain social networks,” it wrote after the meeting on Saturday. “The commission stresses that the dissemination or republication of such information, fraudulently obtained and which may, in all likelihood, have been mixed with false information, is liable to be classified as criminal in several respects for which its authors will be held responsible.”

    It added: “On the eve of the most important electoral deadline for our institutions, we call on all actors present on websites and social networks, first and foremost the media, but also all citizens, to show a spirit of responsibility and not relay the contents of these documents in order not to alter the integrity of the vote, not to break the bans laid down by the law and not to expose themselves to the committing of criminal offences.”

    Le Monde said it had seen part of the documents. It said the hacking attack was “clearly aimed at disturbing the current electoral process”. The paper said it would not publish the content of any pirated document before the second round vote was over and the results known at 8pm on Sunday.

    About 9GB of data was posted by a user called EMLEAKS to the document-sharing site Pastebin, which allows anonymous posting. It was not immediately clear who was responsible.

    The documents were posted as #MacronLeaks on social networks in the .eml format and linked to Pastebin. Le Monde reported that the first documents were relayed via the 4chan forum, which it said was favoured by far-right American groups and on English-language, pro-Trump Twitter accounts. They were then relayed to WikiLeaks.

    En Marche! confirmed the hack, saying it had been the “victim of a massive and coordinated hack … which has given rise to the diffusion on social media of various internal information”.

    Five opinion polls published on Friday forecast that Macron would win the election with a share of 62-63%, comfortably defeating his Front National rival Marine Le Pen in France’s most turbulent and potentially significant presidential race in decades.

    A leading Front National official, Florian Philippot, asked on Twitter whether the leaked documents “would reveal anything that investigative journalism had kept quiet”.

    Macron’s team has previously blamed Russian interests for repeated attempts to hack its systems during the campaign, saying on 26 April it had been the target of unsuccessful attempts to steal email credentials since January. The Kremlin has denied any involvement.

    During a visit by Le Pen to Moscow in March, Vladimir Putin said Russia had no intention of meddling in the elections, but analysts said the meeting implicitly signalled support for the Front National.

    En Marche! banned certain Russian media outlets from campaign events.

    Trend Micro, a cybersecurity firm, said last month that a hacking group, believed to be part of a Russian intelligence unit, was targeting Macron and his campaign team, adding that it appeared to be the same Fancy Bear group behind the hacking of Democratic campaign officials before last year’s US presidential election.


  • http://www.monde-diplomatique.fr/2017/05/HALIMI/57492

    Le Monde diplomatique
    Mai 2017, page 1, en kiosques
    L’État profond
    par Serge Halimi
    L’État profond↑

    Quand un président erratique et peu soucieux d’apprendre tout ce qu’il ignore commande la plus puissante armée du monde, mieux vaut que les garde-fous soient nombreux. Or, lorsque M. Donald Trump a ordonné à ses généraux de bombarder la Syrie et d’engager des manœuvres navales en Asie, il a été ovationné par les parlementaires américains, républicains et démocrates, ainsi que par la quasi-totalité des médias, y compris en Europe. Un quotidien national français a même jugé que « les frappes sur la Syrie »avaient eu « quelque chose de libérateur » (1). Cinquante-neuf missiles tirés contre une base aérienne au Proche-Orient auraient donc presque métamorphosé un président empêtré dans l’impopularité, l’amateurisme et le népotisme en homme déterminé, sensible, incapable de contenir son humanité devant des photographies de « beaux bébés cruellement assassinés lors d’une attaque très barbare ». Un tel concert de louanges inquiète d’autant plus dans le climat international actuel, lourd de tensions, que M. Trump adore être adulé.

    En janvier 1961, trois jours avant de quitter le pouvoir, le président républicain Dwight Eisenhower mettait en garde ses compatriotes contre un « complexe militaro-industriel » dont « l’influence — économique, politique et même spirituelle — s’éprouve dans chaque ville, chaque État, chaque administration ». À en juger par la succession de revirements de l’actuel président des États-Unis, ce « complexe » n’a pas chômé ces dernières semaines. Le 15 janvier, M. Trump estimait que « l’OTAN est obsolète » ; le 13 avril, que « l’OTAN n’est plus obsolète ». Il escomptait il y a quelques mois que la Russie deviendrait « une alliée » ; le 12 avril, il conclut que les relations entre Washington et Moscou ont chuté au « point le plus bas jamais atteint ».

    Le premier ministre russe Dmitri Medvedev en a déduit que, sitôt « les derniers brouillards électoraux dissipés », M. Trump a été « brisé par le système de pouvoir » de Washington. Repris en main par un « État profond », en somme, qui ne se laisse jamais distraire de ses priorités stratégiques par les changements de locataire à la Maison Blanche. Les républicains et les démocrates les plus attachés à l’empire américain peuvent pavoiser : si M. Trump ressemble à un pantin, ce n’est plus à une « marionnette du Kremlin (2) »… Sur ce point, l’État profond a gagné.

    Si Eisenhower ressuscitait, il adjoindrait sans doute à son « complexe militaro-industriel » un associé médiatique. Car l’information continue raffole de la tension permanente, elle aime la guerre ; et les commentateurs attitrés alignent d’autant plus volontiers les proclamations ronflantes que ce ne sont plus des conscrits comme leurs fils qui périssent dans les conflits armés, mais des « volontaires » souvent prolétaires. Les principaux journaux américains ont publié quarante-sept éditoriaux relatifs aux « frappes » américaines en Syrie. Un seul se prononçait contre (3)…

    Serge Halimi


  • Le Monde diplomatique

    Mai 2017, article inédit
    APRÈS L’ATTAQUE CHIMIQUE ET QUATRE ANS APRÈS LE MASSACRE DE LA GHOUTA

    En Syrie, l’ONU enquête toujours
    Le gouvernement français accuse formellement le régime de M. Bachar Al-Assad dans l’attaque chimique contre une ville de la province d’Idlib. Selon le chef de la diplomatie, Jean-Marc Ayrault cette responsabilité est prouvée par un rapport des services de renseignements qui affirme que Damas détient toujours des agents chimiques de guerre. De son côté, l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) estime « irréfutables » les preuves d’emploi de gaz de type sarin dans ce bombardement. En collaboration avec les Nations Unies, cette instance continue d’enquêter en Syrie sans pour autant désigner de coupable.
    par Akram Belkaïd
    En Syrie, l’ONU enquête toujours↑
    http://www.monde-diplomatique.fr/IMG/arton57428.jpg?1493253459
    JPEG - 202.4 ko
    Rabee Kiwan. – Sans titre, 2014
    Galerie Europia, Paris - europia.org
    Le 4 avril 2017, au petit matin, une attaque à l’arme chimique contre la ville de Khan Cheikhoun provoquait le décès de quatre-vingt-sept personnes, en majorité des civils, et en blessait près de six cents. Tout en reconnaissant avoir mené un raid aérien, mais en milieu de journée, contre cette localité de la province d’Idlib, située à vingt kilomètres de la ligne de front qui sépare l’armée régulière des forces rebelles, les autorités syriennes nient l’usage de gaz de combat. Elles rappellent s’être engagées à ne plus utiliser d’armement chimique depuis septembre 2013 et clament que tous les stocks et sites de production du régime ont été détruits par l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) entre l’automne 2013 et la mi-2014. Damas incrimine le Front Fatah Al-Cham — la nouvelle appellation de l’ex-Front Al-Nosra —, lié à l’organisation Al-Qaida, qui manipulerait l’opinion. Dans un entretien accordé à l’Agence France-Presse (13 avril 2017), M. Bachar Al-Assad qualifiait même cette attaque de « fabrication à 100 % », parlant d’une « histoire montée (…) par les États-Unis ». Tout en accusant l’Occident de complicité avec « les terroristes » — formule habituelle pour désigner l’opposition armée —, M. Al-Assad dénonçait également les bombardements décidés en représailles par le président américain Donald Trump sur l’aéroport militaire de Chayrat, d’où, selon Washington, l’avion responsable du bombardement chimique aurait décollé.

    Cet épisode rappelle l’attaque au gaz sarin contre la Ghouta, une proche banlieue de Damas, le 21 août 2013 (entre trois cents et deux mille morts selon les sources, dont l’organisation Médecins du monde). Contrairement à une idée reçue, l’enquête diligentée à la fin août 2013 par l’Organisation des Nations unies (ONU) n’a désigné aucun coupable : les inspecteurs dépêchés sur place — avec l’accord du gouvernement syrien — ont certes établi l’usage « à relativement grande échelle » de gaz sarin ; mais leur mandat ne visait pas à établir une quelconque responsabilité. En janvier 2014, MM. Richard Lloyd, ancien inspecteur de l’ONU, et Theodore Postol, enseignant au Massachusetts Institute of Technology (MIT), ont publié un rapport mettant en cause les rebelles syriens et disculpant le régime. Quoique très critiqué par de nombreux spécialistes (1), ce document sert, à tort, d’argument paré du label onusien aux partisans de M. Al-Assad. Car, comme l’explique un diplomate arabe en poste à Washington ayant requis l’anonymat, « dans l’affaire de l’attaque chimique de la Ghouta, l’ONU n’a accusé aucune des parties. Par contre, cela pourrait être différent en ce qui concerne le bombardement de Khan Cheikhoun car, désormais, l’ONU peut, en théorie, désigner les coupables ».

    De fait, depuis l’engagement pris par Damas de détruire ses stocks et ses capacités de production d’armes chimiques, l’OIAC intervient en Syrie pour veiller au respect des promesses. Lauréate en 2013 du prix Nobel de la paix pour « ses efforts intenses pour éliminer les armes chimiques », cette organisation doit aussi identifier « les personnes, entités, groupes ou gouvernements qui ont perpétré, organisé ou commandité l’utilisation comme arme, en République arabe syrienne, de produits chimiques, y compris le chlore ou tout autre produit toxique (2) », via un « mécanisme d’enquête conjoint OIAC-ONU » instauré par la résolution 2235 du Conseil de sécurité (7 août 2015). Certes, ce mécanisme d’enquête conjoint n’a pas mandat pour « agir et fonctionner comme un organe judiciaire ou quasi judiciaire » ; et il n’est pas « investi de l’autorité ou de la compétence, que ce soit directement ou indirectement, de rendre une décision judiciaire officielle ou contraignante établissant la responsabilité pénale de quiconque » (3). Mais, comme l’explique encore notre diplomate en poste à Washington, « il s’agit d’une instance qui instruit des dossiers. Ce qu’elle glane sur le terrain comme informations peut être versé demain à un dossier de mise en accusation qu’utilisera un éventuel tribunal ad hoc. Et ce sera bien plus concret que les allégations américaines contre le régime de Saddam Hussein à la veille de l’invasion de l’Irak en 2003. D’ailleurs, l’ironie de l’histoire, dans cette affaire, c’est que les armes qui étaient introuvables à l’époque en Irak existaient bel et bien chez le voisin syrien... ».

    Le mécanisme d’enquête conjoint OIAC-ONU a beau ne pas posséder de compétences judiciaires, ses intentions n’en sont pas moins claires. Dans son premier rapport, publié en février 2016, l’instance avertit ainsi que « tous les individus, groupes, entités ou gouvernements qui jouent le moindre rôle pour rendre possible l’utilisation de produits chimiques comme arme (…) doivent comprendre qu’ils seront identifiés et auront à rendre compte de ces actes odieux ». Après l’attaque de Khan Cheikhoun, l’OIAC a donc ouvert une enquête et confirmé les accusations d’usage de gaz de combat de type sarin. Le gouvernement syrien ainsi que son allié russe ont souhaité que les enquêteurs de l’institution puissent se déplacer sur place, tout en les appelant à l’« impartialité ».

    Officiellement, entre les deux parties, la coopération a été « permanente et intense » jusqu’en 2016, et de nouvelles réunions à haut niveau sont prévues durant le mois de mai à la demande de l’OIAC. Soumis à une stricte exigence de confidentialité, les membres des équipes du mécanisme d’enquête conjoint, répartis entre New York et La Haye, fuient les médias ; on en sait peu sur leurs investigations. Néanmoins, la lecture des rapports réguliers qu’adresse le conseil exécutif de l’OIAC au secrétaire général de l’ONU apporte des éléments d’information. D’abord, la « structure légère » prévue dès 2014 et qui devrait accueillir des enquêteurs du mécanisme d’enquête conjoint de façon plus ou moins permanente à Damas n’existe pas encore, malgré les souhaits de l’ONU (un seul enquêteur est basé actuellement en Syrie). Ensuite, il semble bien que les autorités syriennes aient respecté les engagements pris après l’adoption, par la Russie et les États-Unis, le 14 septembre 2013 à Genève, du « cadre de référence pour l’élimination des armes chimiques syriennes » (lire la chronologie ci-dessous). Ainsi, selon l’OIAC, « tous les produits chimiques déclarés par la République arabe syrienne qui avaient été retirés de son territoire en 2014 ont maintenant été détruits ». De même, à la fin 2016, l’organisation confirmait que « vingt-quatre des vingt-sept installations de fabrication d’armes chimiques » déclarées en 2013 par Damas avaient été détruites (4). Ne subsistent donc à ce jour que trois installations, dont un hangar d’aviation interdit d’accès au personnel de l’OIAC car les autorités syriennes affirment ne pas pouvoir assurer sa sécurité.

    Où se trouvent ces installations qui n’ont pas été détruites ? Mystère. Sont-elles trop proches des zones de combat, ou bien tombées entre les mains d’un quelconque groupe rebelle ? On ne le sait pas non plus, mais cette hypothèse alimente la propagande du camp pro-Assad : elle lui permet d’affirmer que les forces antigouvernementales disposent de ces armes chimiques et peuvent donc les utiliser. Pour autant, l’argument risque de se retourner contre le régime s’il vient à être prouvé qu’il n’a pas pris toutes les mesures pour détruire à temps ces sites et leurs stocks. En effet, dans ses prérogatives, le mécanisme d’enquête conjoint OIAC-ONU doit s’employer à déterminer « si les personnes occupant des postes dirigeants étaient tenues de prendre les mesures nécessaires et raisonnables pour empêcher l’utilisation comme arme de produits chimiques ». Une formulation vague, qui permet des mises en cause pour, au minimum, des négligences à haut niveau en matière de sécurisation des sites d’armements chimiques face à la menace rebelle.

    Plus important encore, un discret bras de fer oppose l’ONU au régime syrien. Selon plusieurs documents de l’OIAC, la fondation sur laquelle repose le processus entier du désarmement chimique est sujette à caution. « Il n’a pas été possible pour le moment de vérifier pleinement que la déclaration et les autres informations présentées par la République arabe syrienne sont exactes et complètes », relevait un rapport adressé le 28 mars 2016 au secrétaire général de l’ONU d’alors, M. Ban Ki-moon. Autrement dit, la liste des stocks et des sites de production d’armes chimiques transmise en urgence par Damas à l’OIAC en septembre 2013 pourrait être incomplète. Depuis le printemps 2016, les documents et rapports de l’organisation insistent sur « des lacunes, des incohérences et des contradictions » contenues dans la déclaration syrienne. On en sait peu sur ces critiques, si ce n’est que l’une d’elles concerne le rôle exact du Centre syrien d’études et de recherches scientifiques (CERS). Pour l’OIAC, la déclaration le concernant est incomplète ; elle ne traduit pas l’ampleur et la nature des activités de cette structure dans le développement du programme d’armement chimique. Le 24 avril, le Département du Trésor américain a d’ailleurs annoncé avoir pris des sanctions fermes contre 271 employés du CERS. Washington les accuse d’avoir fabriqué les armes utilisées lors de l’attaque de Khan Cheikhoun. Les mis en cause ne peuvent plus voyager et les transactions financières avec des banques étrangères leur sont interdites. Dans les semaines qui viennent il est probable que les activités de ce centre soit de nouveau mises en avant pour justifier d’autres sanctions.

    Les critiques de l’OIAC laissent la porte ouverte à toutes les conjectures et, in fine, permettent tous les types d’instrumentalisation. Un mensonge avéré serait d’abord une violation de la résolution 2118 du Conseil de sécurité (27 septembre 2013), qui interdit à toutes les « parties syriennes », qu’il s’agisse de l’État ou des acteurs non étatiques, de détenir, d’acquérir, de fabriquer, de transférer ou d’employer des armes chimiques. Cela mettrait aussi la Russie dans une position inconfortable, car Moscou avait réussi le tour de force d’éviter en août 2013 une escalade militaire entre les États-Unis, la France et la Syrie en prenant l’initiative de proposer le plan de démantèlement immédiat de l’arsenal chimique syrien et de ses capacités de production.

    Quoi qu’il en soit, le mécanisme d’enquête conjoint continue ses travaux sans que pointe pour l’heure la moindre information permettant de mettre en cause telle ou telle partie. Avant même que ne survienne le bombardement de Khan Cheikhoun, la presse arabe attendait déjà d’éventuelles révélations, voire des accusations précises, concernant une autre attaque chimique, celle subie par la ville de Daraya, dans la banlieue de Damas, le 15 février 2015. Las, la mission de l’OIAC a relevé un « haut degré de probabilité que certaines personnes aient, à un moment donné, été exposées à du [gaz] sarin ou à une substance analogue », mais n’a pu « déterminer comment, quand et dans quelles circonstances l’exposition s’est produite. » À ce jour, l’organisation a recensé plus d’une centaine de cas allégués d’utilisation d’armes chimiques en violation de la résolution 2118 et a enclenché plus d’une trentaine d’enquêtes. Le 17 novembre 2016, le Conseil de sécurité a décidé de prolonger d’un an le mandat octroyé au mécanisme d’enquête conjoint. On ne sait toujours pas si cette instance se trouve dans l’impossibilité d’identifier les responsables des attaques chimiques ou si elle rechigne à rendre public le résultat de ses investigations.

    Chronologie

    17 juin 1925. Adoption du protocole concernant la « prohibition d’emploi à la guerre de gaz asphyxiants, toxiques ou similaires et de moyens bactériologiques ». Ce texte, ou protocole de Genève, n’interdisait pas la fabrication de ces armes.
    22 novembre 1968. Adhésion de la République arabe syrienne au protocole de Genève.
    13 janvier 1993. Signature à Paris de la convention sur l’interdiction de la mise au point, de la fabrication, du stockage et de l’emploi des armes chimiques et sur leur destruction (le texte avait été adopté par l’Assemblée générale des Nations unies à Genève le 3 septembre 1992).
    29 avril 1997. Entrée en vigueur de la convention sur l’interdiction des armes chimiques qui donne naissance à l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC), dont le siège est à La Haye et le laboratoire à Rijswijk (Pays-Bas).
    Second semestre 2012. Le régime syrien et l’opposition armée s’accusent mutuellement de recourir à l’arme chimique.
    27 mars 2013. L’OIAC s’inquiète officiellement de l’usage d’armes chimiques dans le conflit en Syrie.
    21 août 2013. Attaque à l’arme chimique dans la Ghouta, une banlieue de Damas. Le régime de M. Bachar Al-Assad et l’opposition armée s’accusent mutuellement.
    14 septembre 2013. À l’initiative de M. Vladimir Poutine, la Russie et les États-Unis adoptent à Genève le cadre de référence pour l’élimination des armes chimiques syriennes. Le gouvernement syrien s’engage à respecter la convention du 13 janvier 1993. L’adhésion de la Syrie à celle-ci sera effective le 14 octobre 2013.
    16 septembre 2013. L’ONU et l’OIAC confirment l’usage de gaz sarin dans l’attaque de la Ghouta, mais ne désignent aucun responsable.
    19 septembre 2013. Le gouvernement syrien transmet à l’OIAC les informations détaillées concernant son armement chimique (stocks, nomenclatures, moyens de production, moyens de recherche et de développement, etc.).
    1er semestre 2014. Fin de la destruction des stocks d’armes chimiques et des sites de production déclarés par la Syrie.
    29 décembre 2016. L’OIAC annonce que tous les produits chimiques et les installations de production déclarés par la Syrie ont été détruits, mais juge « incomplètes » les déclarations qui lui ont été transmises.
    4 avril 2017. Attaque chimique contre la ville de Khan Cheikhoun.
    Akram Belkaïd
    Journaliste.


  • "Si Le Pen c’est le fascisme, alors Macron c’est Von Papen...Et si l’on veut purger la France du nationalisme identitaire, il faudra d’abord tordre le cou à l’oligarchie qui est son tas de fumier". Bruno Guigue

    http://www.mondialisation.ca/la-double-imposture/5587557

    La double imposture
    Par Bruno Guigue

    Mondialisation.ca, 29 avril 2017
    Analyses : Élections en Europe

    Pour lutter contre l’extrême-droite, il faut aussi lutter contre Macron et ceux qui le soutiennent. Et si l’on veut purger la France du nationalisme identitaire, il faudra d’abord tordre le cou à l’oligarchie qui est son tas de fumier.

    C’était couru d’avance. A l’issue d’un premier tour truqué, nous voilà sommés de faire barrage au “fascisme”. La boucle est bouclée. On vole sa victoire au peuple, on lui fait les poches, et maintenant on le traite d’ordure parce qu’il refuse de voter pour un maquereau. En contrôlant la presse, les milliardaires ont préempté le cerveau des électeurs. Le citoyen est conduit par la main, comme un enfant, vers l’urne où il déposera son bulletin “Macron”. On lui dit qu’il faut le faire pour sauver la République, et il le croit. Aucun risque, l’élection du gigolo est assurée. Mais cela ne suffit pas. Il faut encore s’acharner sur ceux qui résistent au décervelage.

    C’est d’autant plus urgent que le mouflet est à la peine dès qu’on entre dans le vif du sujet. L’affaire Whirlpool, de ce point de vue, est une véritable leçon de choses. Voilà une entreprise qui va fermer parce que ses actionnaires ont décidé de la délocaliser dans un pays, la Pologne, où la main d’oeuvre est plus docile. C’est la “libre circulation des capitaux”, comme disent les traités européens. Les travailleurs sont mis en concurrence les uns avec les autres, et le capital se déplace là où les perspectives de profit sont les plus alléchantes. Porte-parole officiel de l’oligarchie, Jacques Attali a utilisé une belle formule. Cette affaire, a-t-il dit, est “anecdotique”. Le pire, c’est que ce margoulin a raison. Ce drame qui frappe 700 familles, hélas, c’est l’écume des jours, c’est la rubrique des chiens écrasés du capitalisme.

    Décidé à faire son numéro, l’oligarque poudré se rend alors à Amiens. Et que dit-il aux ouvriers jetés à la porte comme des malpropres ? Que cette fermeture n’a rien à voir avec la mondialisation, que l’Etat n’y peut rien, et qu’il est venu pour parler du plan social. Dès qu’on passe aux choses sérieuses, l’idole des impubères qui s’époumone en salle de concert s’aplatit comme une crêpe devant les vrais patrons. Celui qui a vendu Alsthom aux Américains liquidera notre patrimoine industriel, il le mettra en pièces, méticuleusement, tout en éblouissant les gogos avec ses miroirs aux alouettes façon “start-up”. Macron, c’est un fossoyeur qui a seulement pris la précaution de faire le blanchiment des dents.

    Marine Le Pen ayant saisi l’occasion de cette visite pour lui tailler des croupières, le commis de l’oligarchie se trouve alors en difficulté. Vite, il faut inventer autre chose pour le faire rebondir. Heureusement, son équipe de com’ est à la manoeuvre, et elle a un coup de génie. Elle envoie le Don Juan, aussi sec, faire un “selfie” avec le clocher d’Oradour-sur-Glane, ce village français qui fut martyrisé par les nazis. Le message est d’une subtilité impressionnante. Qu’on se le dise ! Si vous ne votez pas pour le freluquet, c’est que vous êtes un copain des SS. “Non, pas ça, pas ça !” s’égosille en meeting le chouchou du Cac 40. A défaut de résister aux multinationales, Macron aura au moins inventé une parodie d’antifascisme, la gueulante au micro tenant lieu d’acte de résistance, avec sa voix éraillée de post-adolescent qui se prend pour Radio-Londres.

    Macron, rempart contre le “fascisme” ? On pourrait discuter de ce vocabulaire, mais si Le Pen c’est le fascisme, alors Macron c’est Von Papen. Que l’on sache, le Casanova de la finance est le serviteur attitré d’une oligarchie qui a sorti le FN de la naphtaline, l’a nourri au grain, et l’engraisse tous les jours en dévastant la société française. Même si elle en profite, ce n’est pas l’extrême-droite qui a mis les travailleurs en concurrence, détruit les emplois industriels et plié devant le diktat des marchés financiers. C’est cette même bourgeoisie, cramponnée à ses privilèges de classe, qui prétend aujourd’hui nous guérir d’un cancer dont elle est la cause. Qu’elle assume ses turpitudes !

    Lorsqu’on nous conjure de combattre Le Pen en votant Macron, c’est comme si on prescrivait un remède dont on est sûr qu’il achèvera le malade, ou comme si on nommait un pédophile directeur d’école. Une imposture n’en chasse jamais une autre, surtout si elles se renvoient la balle. Il suffit d’ouvrir les yeux pour voir que l’antifascisme de Macron n’est que du vent. Macron a besoin de Le Pen pour se faire élire, car il est minoritaire dans le pays. Le Pen a besoin de Macron pour occuper la fonction protestataire que le PS lui a offerte et que Mélenchon a failli lui ravir. Pour lutter contre l’extrême-droite, il faut aussi lutter contre Macron et ceux qui le soutiennent. Et si l’on veut purger la France du nationalisme identitaire, il faudra d’abord tordre le cou à l’oligarchie qui est son tas de fumier.

    Bruno Guigue


  • https://www.gerardmiller.fr

    EDITO : Les électeurs de Mélenchon n’ont pas de leçons d’antifascisme à recevoir !
    Electeur non repenti de Jean-Luc Mélenchon, je sais à quelles admonestations je dois m’attendre si je ne montre pas immédiatement patte blanche en commençant cette tribune. Aussi j’annonce d’emblée que le 7 mai je voterai contre Marine Le Pen en glissant un bulletin Emmanuel Macron dans l’urne. Cela étant, maintenant que j’ai exorcisé de mon corps tout soupçon de compromission avec l’infâme, j’aimerais en dire un peu plus.
    Tout d’abord, je l’avoue, le futur électeur d’Emmanuel Macron que je suis depuis dimanche dernier a déjà du mal à supporter nombre de ses nouveaux amis. Parce que Mélenchon ne s’est pas illico mis en rang, comme eux et moi, derrière notre nouveau Goliath, voilà ces tartuffes qui claironnent que le leader des insoumis serait un quasi suppôt du fascisme. Je ne veux pas accabler mes nouveaux amis, mais si l’indécence était une déesse, ils seraient ses prêtres ! Que Macron soit aujourd’hui un rempart provisoire — très provisoire, hélas — contre le Front National, je peux l’admettre puisque je vais voter pour lui, mais à condition qu’on soit un peu lucide : en matière de lutte contre l’extrême-droite, rien, à commencer par son programme et son passé qui détonnent avec ceux de Mélenchon, rien ne plaide en faveur de l’ancien ministre de l’Economie. « Quand Mélenchon était sénateur, j’étais encore au collège« , a-t-il ironisé récemment. La pique est amusante, mais ne donne pas l’absolution : car toutes ces dernières années, qu’a fait de sa vie d’homme l’ex-petit collégien, alors même que Mélenchon ne cessait de combattre l’extrême-droite, y compris dans le Nord, à Hénin-Beaumont. sur des terres que tout le monde considérait comme acquises à Marine Le Pen ? Il était banquier, on le surnommait le « Mozart de la finance« , il entrait direct à l’Elysée puis devenait ministre de l’Economie du plus impopulaire quinquennat de la Cinquième République. En matière de lutte contre le fascisme, convenons qu’il n’y a pas de quoi concurrencer Jean Moulin. Et pour être plus sérieux, si avec Marine Le Pen au second tour, il y a en effet le pire qu’il faut conjurer, avec Emmanuel Macron, on a certes un impeccable républicain, dont personne ne doute qu’il abomine l’extrême-droite, mais qui n’en est pas moins responsable, comme François Hollande ou Nicolas Sarkozy avant lui, de la montée en puissance de ce pire. Car s’il y a des causes autres que politiques ou économiques pour expliquer son succès, le Front National est d’abord le produit d’une société qui bafoue, exploite, humilie des millions de gens, une société qui génère la misère et la peur, une société avec laquelle Mélenchon, justement, se proposait de rompre et dont Macron, au contraire, ne va pas changer la logique, juste la moderniser. Alors oui, je continue de penser que le programme de la France insoumise était l’antidote le plus efficace contre le Front national et que Mélenchon n’a à recevoir de leçons d’antifascisme de personne. L’extrême-droite, il ne suffit pas de lui faire barrage 15 jours le temps d’une élection, il faut la combattre au quotidien et l’empêcher de monter !
    Je vais voter pour Emmanuel Macron, mais je ne suis pas pour autant amnésique, et c’est pourquoi je trouve indignes les attaques que subit la France insoumise, alors même que c’est elle qui a été la plus efficace contre le Front National. Ce n’est pas un parti, elle ne veut pas donner de consignes (et d’ailleurs, dans les partis, qui suit actuellement les consignes qu’on donne ?), elle souhaite que ceux qui ont soutenu son candidat prennent la parole — est-ce vraiment suffisant pour imaginer je ne sais quelle compromission avec l’extrême-droite ? C’est vrai, ce n’est plus le « front républicain » si parfait de 2002 — mais nous sommes justement 15 ans plus tard. Pour faire reculer le Front national, les dirigeants de droite ont eu 10 ans, ceux de gauche 5, il est peut-être temps de conclure qu’en gérant comme si de rien n’était cette société injuste et déraisonnable ils en ont été plus qu’incapables. Et ce sont eux qui dénoncent aujourd’hui Mélenchon et sermonnent ses électeurs ! Mais qui sont-ils ces donneurs d’ordre sinon des naufrageurs qui nous demandent maintenant de venir les aider à ramasser les débris d’une société qu’ils ont consciencieusement démolie ?
    Alors, il faut s’en accommoder : la France insoumise a une autre façon de faire de la politique et c’est aussi ça qui a convaincu sept millions de Français. D’ailleurs, regardez les résultats : si Marine Le Pen n’a pas obtenu le score bien plus élevé qu’annonçaient les sondages, c’est parce que Jean-Luc Mélenchon est arrivé en tête dans la plupart des grandes villes (Marseille, Lille, Toulouse, Montpellier…), réalisant des scores particulièrement élevés dans les quartiers populaires et recueillant près de 30% de voix chez les 18-24 ans. Mélenchon « a sans doute contribué à contenir la poussée de Marine Le Pen« , pouvait-on lire dans Le Monde du 26 avril — et comment !
    Alors, semblables à ceux qui mettent sur leur boite aux lettres un petit autocollant indiquant « Pas de pub, merci !« , les électeurs de Jean-Luc Mélenchon, dont des millions, comme moi, voteront à contre-coeur pour Emmanuel Macron, ont envie de dire à leurs moralisateurs : « Pas de leçons d’antifascisme, merci ! »


  • Empoisonnés par les pesticides : Nous sommes tous concernés !

    La Commission des pétitions du Paiement Européen somme la France de rendre des comptes
    https://www.change.org/p/empoisonnés-par-les-pesticides-nous-sommes-tous-concernés?source_location=mi

    Serge LE QUÉAU

    26 avr. 2017 — Communiqué de presse

    Commission des pétitions du Parlement Européen.
    La France sommée de rendre des comptes sur l’affaire Triskalia

    Ce mardi 25 avril 2017, les ex-salariés de la coopérative bretonne
    Triskalia victimes des pesticides ont été entendus

    par la Commission des pétitions du Parlement européen à Bruxelles.

    Les députés toutes tendances politiques confondues ont été particulièrement scandalisés par l’attitude de l’entreprise Triskalia vis-à-vis de ses salariés et l’absence de réaction des autorités françaises. A l’unanimité, sur la proposition de la Présidente de la Commission des pétitions du Parlement européen, Madame Cécilia WIKSTRÖM (Suède), les député(es) ont décidé d’adresser à la Commission Européenne un courrier pour lui demander une enquête dès que possible sur l’utilisation des pesticides dans l’entreprise Triskalia, et plus largement dans les autres entreprises du secteur agroalimentaire de Bretagne.

    Les député(es) ont également décidé, toujours à l’unanimité, de demander à la France de rendre publics les résultats des analyses concernant le maïs contaminé à la phosphine stocké sur le port de Brest.

    Cette « affaire Triskalia », scandale breton des victimes des pesticides, devient donc une affaire d’État,

    sur laquelle les députés européens entendent bien faire toute la lumière.

    Ce nouveau succès pour les victimes des pesticides de Triskalia a été rendu possible grâce à la l’action et la détermination de député(es) José Bové, Yannick Jadot et Michèle Rivasi.

    Ce soutien politique s’est élargi aujourd’hui à d’autres députés comme Virginie Rozière (PRG), Alain Cadec (LR), Margrete Auken (Danemark), Eléonora Evi (Italie), pour n’en citer que quelques uns.

    Bruxelles le 25 avril 2017

    Contacts
    Serge Le Quéau : Union Régionale Solidaires de Bretagne : 06 80 95 85 17

    > Jean François Deleume Collectif de soutien aux victimes des pesticides de l’ouest : 06 88 26 58 95

    > Michel Besnard : Collectif de soutien aux victimes des pesticides de l’ouest : 06 73 19 56 07

    > René Louail : Comité de soutien aux victimes des pesticides de Triskalia : 06 72 84 87

    Précédent
    Sortie du film réalisé par Christophe Cordier sur le combat des victimes des pesticides de Triskalia


  • http://www.sudouest.fr/2017/04/28/ni-marine-ni-macron-echauffourees-a-bordeaux-lors-d-une-manifestation-34025

    Des milliers de manifestants lycéens contre Macron et Le Pen

    http://images.sudouest.fr/2017/04/28/5902d15166a4bd16491d121f/widescreen/1000x500/environ-300-manifestants-se-sont-rassembles-a-bordeaux-pour-protester-contre-l-affiche-du-second-tour-de-la-presidentielle-entre-emmanuel-macron-et-marine-le-pen.jpg
    Ils étaient quelques milles manifestants lycéens à défiler hier dans les grandes villes françaises pour dire non au fascisme et au patronat ultra-capitaliste.
    Ils ont tout compris...
    https://www.challenges.fr/assets/img/2017/04/27/cover-r4x3w1000-5901dae6a08dd-000-nw6dk.jpg
    Info non relayée ! Pas grand chose dans nos médias !

    https://www.challenges.fr/election-presidentielle-2017/une-manifestation-de-lyceens-contre-macron-et-le-pen-degenere-a-paris_469

    Une manifestation de lycéens contre Macron et Le Pen dégénère à Paris
    Par Challenges.fr (Lire tous ses articles)
    Publié le 27.04.2017 à 13h50
    Environ 500 lycéens s’étaient rassemblés sur la place de la République à Paris, à l’appel de mouvements se disant « antifascistes » et « anticapitalistes ».

    Plusieurs centaines de lycéens ont manifesté à la fois contre Emmanuel Macron et contre Marine Le Pen à Paris place de la République, le 27 avril 2017.
    AFP

    Des heurts entre manifestants et policiers ont eu lieu jeudi à Paris, lors d’une manifestation « anticapitaliste » et « antifasciste » de lycéens qui affirment refuser le choix entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen pour la présidence. « Il y a eu quelques dégradations de mobilier urbain », entre la place de la République et celle de la Bastille, d’après la préfecture de police de Paris contactée par Reuters. Des fumigènes et des verres ont été lancés contre la police, qui a riposté avec des gaz lacrymogènes, rapporte une journaliste de Reuters présente sur place.

    Les lycéens étaient appelés jeudi à manifester place de la République à Paris, à l’appel de mouvements se disant « antifascistes » et « anticapitalistes ». Environ 500 personnes étaient réunies sur la place à 11 heures, d’après un journaliste de Reuters, avant de prendre la direction de la place de la Bastille, puis celle de la Nation.

    Chômage, industrie, high-tech, médias... les graphiques de Challenges en 2017

    Plus tôt dans la journée, quatre établissements parisiens avaient été totalement bloqués, et six lycées partiellement avec des barrages filtrants. Au total, une vingtaine de lycées de la capitale étaient concernés par ces blocages et ces rassemblements, à l’appel des syndicats de lycéens, d’après le rectorat de Paris.

    2.000 manifestants à Rennes
    A Rennes, près de 2.000 manifestants - des lycéens, mais aussi des étudiants et des militants d’extrême gauche - ont manifesté. Il y a eu des échanges gaz lacrymogènes et de fumigènes entre manifestants et forces de l’ordre, a constaté sur place un correspond de Reuters.

    « On appelle à la mobilisation contre le candidat de l’extrême droite Marine Le Pen, et le candidat de l’extrême finance, Emmanuel Macron », a dit Giuseppe Aviges, secrétaire général du syndicat UNL-SD, qui a appelé à la manifestation. Différentes mobilisations s’organisent depuis plusieurs jours dans les lycées français, pour faire valoir un « ni Le Pen ni Macron » à la présidence.

    (Avec Reuters)

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