NRobin

Chargée d’Etudes Nantes / AMD

  • Le temps est à la guerre généralisée. NRobin

    SYRIE : Pour GORBATCHEV, le pire est à venir (entretien avec Giulietto Chiesa)

    "Il est évident - répond Gorbatchev - que la défaite de l’état islamique, par les russes, et la situation qui s’est créée sur le terrain, n’est appréciée ni à Washington, ni à Paris, ni à Londres. À présent, ils agissent dans deux directions : Une diplomatique, comme on l’a vu à Bruxelles lors de la conférence qui a concerné l’avenir de la Syrie et de l’ensemble de la région, et dont le but est de mettre un terme au processus d’Astanà, où il n’y a que Moscou, Ankara et Téhéran. Maintenant, ils veulent le remplacer par une gestion, formellement sous l’égide des Nations Unies, mais essentiellement destinée à une reprise du contrôle américain sur la crise syrienne. En même temps, ils essaient de changer les rapports de force sur le terrain militaire..."

    Suite sur ce lien :
    https://www.facebook.com/notes/bertrand-vaudeville/syrie-pour-gorbatchev-le-pire-est-%C3%A0-venir-entretien-avec-giulietto-chiesa/1843116812407419

    SYRIE : Pour GORBATCHEV, le pire est à venir (entretien avec Giulietto Chiesa)

    GIULIETTO CHIESA, 29 avril, 11:21 ·
    Le téléphone sonne. (une conversation téléphonique inattendue avec Mikhaïl Gorbatchev)

    Le téléphone ne quand je suis à Rome, en taxi, de retour de Kaliningrad. " où es-tu ?" La voix est incomparable. C’est Mikhail Sergeïevitch. Le Président Gorbatchev. Échange de nouvelles sur la santé mutuelle, comme c’est désormais le cas. Mais ce n’est pas pour ça qu’il m’appelle. Il s’inquiète des nouvelles qui se chevauchent, de la Syrie et pas seulement. Je le félicite pour ses récentes déclarations à plusieurs agences de presse russes. Surtout celle où il a sévèrement critiqué le dernier bombardement sur la Syrie, décidé par Donald Trump. " Oui, je l’ai défini comme une sorte d’exercice militaire en préparation de quelque chose de beaucoup plus sérieux. C’est inquiétant ".
    –”Je suis d’accord.” Et il continue : "Il y a maintenant des nouvelles selon lesquelles un contingent français serait entré sur le territoire syrien, avec armes et bagages". “Non seulement des français, mais aussi des allemands”, j’ajoute moi-même. “Si nous faisons la somme maintenant, ils y ont tous mis le pied, et pas depuis hier, des contingents américains, anglais, français, allemands et israéliens. Et à cette liste il faut aussi ajouter les arabes saoudiens, et les turcs, qui font leur jeu. Ils sont tous là. Et j’ai l’impression qu’il se prépare quelque chose de gros, et de très grave ".
    –”Il me semble clair - interviens-je - que l’Occident n’accepte pas la fin de la guerre.” -"Il est évident - répond Gorbatchev - que la défaite de l’état islamique, par les russes, et la situation qui s’est créée sur le terrain, n’est appréciée ni à Washington, ni à Paris, ni à Londres. À présent, ils agissent dans deux directions : Une diplomatique, comme on l’a vu à Bruxelles lors de la conférence qui a concerné l’avenir de la Syrie et de l’ensemble de la région, et dont le but est de mettre un terme au processus d’Astanà, où il n’y a que Moscou, Ankara et Téhéran. Maintenant, ils veulent le remplacer par une gestion, formellement sous l’égide des Nations Unies, mais essentiellement destinée à une reprise du contrôle américain sur la crise syrienne. En même temps, ils essaient de changer les rapports de force sur le terrain militaire. Maintenant, l’Isis n’existe plus. L’Armée syrienne avance sur tous les fronts, soutenue par la présence russe aérienne et terrestre. Ils remplacent directement les troupes occidentales ".
    –”Quelles sont les conséquences ?” je demande. -“Que Vladimir Poutine se trouve face à la question délicate sur la façon de les arrêter. Une chose était d’être devant l’armée de l’état islamique. C’était une fiction, parce que nous savons qui la soutenait, mais il évitait le contact direct avec les forces occidentales qui étaient déjà sur le terrain mais invisibles, sous la forme de services secrets. À présent, le risque est d’une confrontation militaire directe entre la Russie et les États-Unis, la Russie et la France, la Russie et la grande-Bretagne ".
    – “Comment M. Poutine répondra-T-il ? " - “Je ne sais pas. Il me semble clair qu’il ne pourra pas abandonner la Syrie. Par ailleurs, la Russie est sur le terrain à la demande directe du gouvernement légitime de Damas, tandis que tous les autres occupent le territoire syrien en violation totale de toutes les normes internationales. Rien ne les légitime. C’est une opération d’agression ".
    –”Ça fait mal. " -”Et il ne s’agit pas seulement de la Syrie. L’Otan fait pression pour l’intégration de l’Ukraine et de la Géorgie, et les sanctions sont en train de devenir asphyxiantes. Au point que nous sommes désormais dans la situation où le Ministère du trésor américain décide du sort de l’industrie russe de l’aluminium. La retraite de Deripashka, qui a perdu la majorité des actions de son entreprise à Londres, est un signal de préavis envoyé à Vladimir Poutine à la veille de l’inauguration de son quatrième mandat. La guerre hybride est en plein développement ".
    –”Puis-je écrire vos réflexions, Mikhail Sergeïevitch ? " -”Je t’ ai appelé pour que tu les écrives".
    NOTE : Cet entretien m’est parvenu par Jean-Michel Henri Corhay. Son analyse ici : https://www.facebook.com/jeanmichel.corhay/posts/10216494454700806

    • Syrie : Gorbatchev dénonçait la position de la France en 2013 déjà !
      NRobin

      Gorbatchev : « La France sera obligée de changer de position »

      https://m.tdg.ch/articles/551ab879ab5c37bb16007c50

      Mercredi 4 Septembre 2013 À 14:55
      Gorbatchev : « La France sera obligée de changer de position »
      Syrie
      De passage à Genève, l’ancien dirigeant soviétique a accordé un entretien à la « Tribune de Genève » au sujet de la situation en Syrie.
      Mikhaïl Gorbatchev, mercredi à Genève.

      (Photo : Alain Jourdan)
      18
      Mikhaïl Gorbatchev, présent à Genève dans le cadre de l’assemblée générale de la Fondation Green Cross, avait rappelé son attachement à une solution pacifiste en Syrie, lundi. Mercredi, l’ancien dirigeant soviétique juge la position russe « constructive » et s’étonne de l’attitude de la France, dénonçant sans les nommer les pays arabes qui jettent de l’huile sur le feu.

      Que pensez-vous de la position prise par le Kremlin ces dernières heures ?

      Je crois que la Russie a une attitude constructive et positive. Le président Poutine vient de donner une longue interview à la télévision russe. Il a consacré beaucoup de temps à expliquer sa position. Je crois que c’est possible de trouver une issue à cette crise. Il faut d’abord essayer de comprendre ce qui s’est réellement passé et après prendre une décision concertée sur ce qui doit être fait.

      Quels sont les obstacles à une solution de paix ?

      De chaque côté, il y a des gens qui poussent à la guerre. Il est très dangereux de les écouter. La situation actuelle est explosive mais dans le passé nous sommes arrivés à sortir de situations plus dangereuses et plus compliquées. Dans ces moments-là, la Russie a toujours aidé à trouver des solutions. Je me rappelle qu’a mon époque, le camp des faucons conseillait le président Ronald Reagan. Il a su écouter ceux qui lui conseillaient d’entrer dans l’Histoire en allant vers la paix. Enfin, pourquoi devrions-nous accepter des conseils et des décisions prises par le puissant lobby de l’armement ? Naturellement, il est le seul à profiter de la situation.

      Etes-vous déçus par Obama ?

      Malgré les différentes déclarations qui ont été faites, j’espère qu’il cherche encore à trouver une solution de coopération. Il faut réunir une Conférence internationale sur la Syrie. Obama et Poutine doivent se rencontrer. Il faut qu’ils montrent que la guerre froide est bel et bien finie et qu’ils sont capables de travailler ensemble. Des pays tels que la Russie, les Etats-Unis et la France doivent œuvrer à une solution qui ne passe pas par des bombardements. Maintenant, les choses dépendent beaucoup du Conseil de sécurité de l’ONU.

      Que vous inspire la position de France ?

      Je ne la comprends pas et elle me déçoit. La France soutient les frappes contre la Syrie au lieu de soutenir la Conférence internationale sur la Syrie. Elle sera obligée de changer de position. Je me souviens que mes relations avec François Mitterrand n’étaient pas toujours faciles, mais on pouvait discuter avec lui à bâtons rompus. Il avait un esprit ouvert, il était capable d’entendre ce qu’on lui disait.

      Faut-il impliquer l’Iran dans les discussions ?

      Oui. Il faut impliquer l’Iran. Le pays a un rôle à jouer pour résoudre ce problème.

      N’est-ce pas difficile et frustrant d’essayer de faire de la défense de l’environnement une priorité quand le monde est occupé à faire la guerre ?

      Bien sûr que c’est frustrant. Et alors ? C’est une raison pour ne rien faire ? Nous ne devons pas renoncer. Nous devons continuer à nous battre pour la planète. Nous devons rester actifs et nous appuyer sur la société civile pour avancer.


  • SYRIE : Ce que FRANCE5 a oublié de nous dire à propos du témoignage de Seth Doane, CBS :
    par bluerider
    mardi 1er mai 201

    lien France5 sans doute temporaire : https://www.france.tv/france-5/c-politique/saison-9/486631-le-bureau-de-verif-fake-news-sur-les-armes-chimiques-en-syrie-c-politi

    autre lien sauvegardé sur youtube : https://www.youtube.com/watch?v=y0siaOyuREE

    LETTRE A la rédaction de France5,

    notamment à l’attention de Maxime Darquier

    A propos de votre décryptage par “Monsieur anti-fake news” sur France5 le 22 avril 2018, du témoignage de Seth Doane (CBS) daté du lundi 16 avril d’après la mention à l’image, sur l’attaque chimique du 7 avril à Douma, alors qu’il était sur place juste après la frappe punitive de la coalition OTAN-Golfe-Israël du samedi 14 avril. Il me semble que Maxime Darquier range beaucoup trop vite l’enquête de ce journaliste de CBS dans le dossier à charge contre la coalition loyaliste. Son décryptage des déclarations de Seth Doane est factuellement inexact. La preuve de son inexactitude se trouve dans l’interview que le même jour Seth Doane a donnée au journaliste sur le plateau de CBS en direct (elle était donc aussi disponible pour votre décrypteur en chef et sa rubrique "LE BUREAU DES VERIFS" -un comble- dans l’émission "C POLITIQUE"). Je vous serais donc gré de porter à la connaissance de votre audience les élements factuels suivants, lors d’une prochaine émission. Seth Doane a en effet raconté ceci aux américains :

    https://www.cbsnews.com/news/syria-inside-douma-the-site-of-apparent-chemical-attack-2018-04-16

    il faut noter la DERNIERE PHRASE = "and if weapons experts do make it to that building, they will find a scene that could have been tampered with, and Jeff I witnessed accounts that can be confusing, and contradictory."

    "et si des experts en armements se rendent dans cet immeuble [là où se trouvait le cylindre jaune censé être le vecteur des gaz chimiques], ils trouveront une scène qui pourrait avoir été trafiquée, et Jeff j’ai pu moi-même assister à des témoignages qui peuvent être parfois confus, et contradictoires."

    autrement dit ce journaliste doute au moins de 3 choses que le présentateur de CBS et le "décrypteur" de FRANCE5 passent allégrement sous silence :

    1/ que ce cylindre jaune soit bien une roquette gouvernementale de gaz toxiques, car il parle d’une possible mise en scène.

    2/ que cette roquette soit donc arrivée là par un tir et non à la suite de la-dite mise en scène.

    3/ que les témoins qu’il nous montre sont fiables, puisqu’il dit qu’il en a rencontré d’autres qui ne disent pas la même chose.

    4/ cerise sur le gâteau, sa parole est coupée comme souvent, mais le journaliste sur le plateau de CBS ne relève pas la portée somme toute gigantesque de sa dernière phrase. Beau raté journalistique au passage.

    5/ donc ce que vous dites M. Darquier, est partial, et donc faux, comme l’est chez CBS le reportage illustrant l’interview tronquée de leur propre journaliste Seth Doane, qui lui semble intègre. CBS ne montre visiblement qu’une partie des images qu’il a filmées, les autres étant évoquées par Seth Doane mais non montrées, ou même non tournées car dérangeantes qui sait, auquel cas Seth n’est peut-être pas si intègre que cela mais je lui laisse le bénéfice du doute car...

    6/ a minima il eût fallu aussi signaler au passage la perplexité de Seth Doane qui se ressent dans le reportage que je vous ai mis en lien. Il n’est pas si sûr de lui dans ce qu’il raconte. Et donc, devant tant de questions légitimes, vous devriez a minima prendre aussi contact avec lui et vous faire préciser le sens de sa dernière phrase dans l’émission en lien.

    Au final donc, sur les 2 témoignages à charge contre la coalition loyaliste, l’interprétation que donne FRANCE5 de celui de Seth Doane semble extrêmement sujette à caution, comme l’est l’absence de tout commentaire sur le plateau de CBS face à ces remarques extraordinaires en soi. Cela illustre les innombrables possibilités de faire exprimer à des journalistes et leurs images des idées parfaitement inexactes. Je ne me lancerai pas dans l’exégèse de ce qui a pu se passer, mais quoi qu’il en soit les faits sont là et comme de coutume depuis 7 ans "de ce côté-ci du rideau de fer OTAN", ils font pencher la balance dans le sens de la Pensée Unique qui nous abreuve H24 depuis 7 ans sur la question syrienne. Je laisse le lecteur seul juge.

    Je ne me fais aucune illusion hélàs sur votre capacité à amender vos déclarations et limiter ainsi la diffusion de cette fake news officielle, par négligence, par confort éditorial, ou par idéologie suiviste du quai d’Orsay. En tant que citoyen français j’aurai essayé de faire mon devoir de spectateur attentif qui a la chance d’être angliciste.

    Je n’espère même pas de réponse avec des excuses à vos spectateurs pour manque à la déontologie du journalisme, ni de réaction du médiateur, et encore moins du CSA. Dans cette affaire pourtant extrêmement sensible, et dont la sensibilité même aurait dû aiguiser votre sagacité au lieu de l’émousser, chacun sait désormais que ce qui compte, c’est l’effet d’annonce, plus que l’annonce elle-même. Souvenons-nous des fioles d’anthrax de Colin Powell un certain 5 février 2003. Tout ce que je souhaite c’est que chacun se fasse désormais sa propre idée. La mienne est faite, une fois de plus.

    Bien à votre équipe

    NOTE : Cet article peut se lire comme la suite lointaine d’une chronique commencée en mai 2011 sur la "propagande anti-complot ordinaire"qui nous assaille depuis 16 ans.


  • Un excellent article de Bruno Guigue : La fable de la menace nucléaire iranienne
    NRobin

    http://www.afrique-asie.fr/la-fable-de-la-menace-nucleaire-iranienne

    Afrique Asie

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    La fable de la « menace nucléaire iranienne »
    Publié par : Bruno Guiguele : 31 janvier, 2018Dans : A La Une, ACCEUIL, Actualité, Actualité_Moyen_Orient Imprimer Email
    Transis d’admiration devant le verbiage polyglotte de Macron à Davos, les médias français ont soigneusement occulté un fait majeur : Donald Trump va demander au Congrès 716 milliards de dollars pour le Pentagone au titre de l’année budgétaire 2019. Cette hausse de 7% par rapport au budget 2018 ne servira pas à remplacer les boutons de culotte. Selon un document confidentiel publié par le Huffington Post, le Pentagone envisage la possibilité d’une riposte atomique dans le cas de “très grosses attaques conventionnelles”. Document d’orientation stratégique, le projet de Nuclear Posture Review pour 2018 prévoit donc une modernisation de l’arsenal atomique dont le coût est évalué par une agence fédérale, le Congressional Budget Office, à 1200 milliards de dollars sur 30 ans.

    Ce projet de réarmement massif, pourtant, ne semble pas émouvoir les populations ni passionner les observateurs. Il faut dire qu’on a tout fait pour que l’arbre cache la forêt. Depuis quinze ans, les dirigeants occidentaux ne cessent d’agiter l’épouvantail de la “menace nucléaire iranienne”. Cette fable géopolitique, les médias dominants la distillent à longueur de colonnes, comme s’il était évident qu’un pays sans la bombe est plus dangereux qu’un pays qui l’a déjà utilisée, et qui entend développer le monstrueux arsenal dont il dispose. Pour faire avaler de telles sornettes, la propagande martèle alors une idée simple : “le programme nucléaire iranien menace le traité de non-prolifération nucléaire”. Il est curieux, toutefois, qu’on n’ait jamais songé à répondre : “Si vous tenez tant à ce traité, pourquoi ne pas commencer à l’appliquer ?”

    Les puissances occidentales, en effet, n’ont jamais fait le moindre effort pour convaincre Israël, l’Inde et le Pakistan de signer le TNP. Refusant d’adhérer au traité, ces trois pays ont constitué un arsenal hors-la-loi. Echappant à tout contrôle, il est tout de même plus préoccupant qu’une bombe iranienne qui n’existe pas. Ce n’est pas tout. Le traité prévoit aussi un désarmement nucléaire que les cinq Etats “légalement” dotés d’armes atomiques (USA, France, Royaume-Uni, Chine, Russie) ont superbement ignoré. A l’origine de cet échec, les Etats-Unis ont dénoncé le traité Start II avec Moscou et installé un bouclier anti-missiles en Europe. Pire encore, ils n’ont cessé de développer un arsenal dont “l’usage préventif” est affirmé par la Nuclear Posture Review de 2002. Autorisant l’utilisation d’armes nucléaires en première frappe, cette révision doctrinale a ouvert une fantastique boîte de Pandore.

    A croire la propagande habituelle, le monde civilisé doit se tenir prêt à riposter à la salve dévastatrice des mollahs iraniens, ces “fous de dieu” enturbannés résolus à précipiter l’apocalypse. Mais la réalité est à des années-lumière de ce délire idéologique. En fait, l’establishmentaméricain n’en finit pas de digérer le traumatisme de la révolution iranienne, lourd d’humiliation symbolique (les otages de Téhéran) et de fiasco géopolitique (la chute du Chah). Pièce par pièce, Washington a donc bâti une démonologie où la République islamique est présentée comme une dictature maléfique, dont le comportement erratique ferait peser sur la planète un péril mortel. Affabulation à grande échelle, manifestement, dont la seule fonction est d’inhiber le développement d’une grande nation rétive à l’ordre impérial.

    Les faits sont parlants. Accusé de vouloir la fabriquer, l’Iran ne détient pas l’arme nucléaire. Les USA sont la première puissance nucléaire et la seule à en avoir fait usage. Seul Etat du Proche-Orient possédant la bombe (plus de 400 têtes nucléaires), Israël jouit de son côté d’un privilège dont il n’entend pas se défaire : il a le droit de détenir l’arme suprême à condition de ne pas s’en vanter. Avec la complicité occidentale, la duplicité israélienne fait coup double. Elle exerce un effet dissuasif puisque la bombe existe, sans encourir les foudres internationales puisqu’il est entendu qu’elle n’existe pas. Cet incroyable régime de faveur transforme la question nucléaire en conte à dormir debout : une bombe purement virtuelle devrait nous donner des sueurs froides (Iran), alors qu’un arsenal colossal mais officiellement inexistant ne devrait susciter aucune inquiétude (Israël).

    Soustrait à tout contrôle international, le programme nucléaire sioniste bénéficie depuis l’origine d’une impunité totale. Les Occidentaux fustigent le risque de prolifération, mais l’histoire de la bombe israélienne montre qu’ils en sont directement responsables. Ben Gourion a lancé le programme nucléaire sioniste dès le début des années 50, et la France lui a immédiatement apporté son concours. Un accord secret avec le socialiste Guy Mollet, en 1956, a permis à l’Etat hébreu de maîtriser la technologie nucléaire, et la centrale de Dimona a été construite avec l’aide de techniciens français. Unis dans la lutte contre le nationalisme arabe, la France et Israël ont scellé un pacte dont la calamiteuse expédition de Suez fut le principal fait d’armes.

    Prenant le relais de l’alliance française à la fin des années 60, les Etats-Unis ne sont pas moins coopératifs. Aux termes de l’accord entre Lyndon Johnson et Golda Meir, aucune pression ne doit s’exercer sur Israël pour lui faire signer le traité de non-prolifération. En échange, Israël cultive l’ambiguïté sur la réalité de son arsenal nucléaire. Complaisante dérogation à la loi internationale, en somme, contre respect scrupuleux de la loi du silence. En attendant, les Occidentaux s’acharnent sur l’Iran, lui prêtant un projet militaire imaginaire, alors même que Tel Aviv multiplie les menaces contre Téhéran. La République islamique, pourtant, n’a jamais agressé ses voisins. On ne peut en dire autant d’Israël, qui a bombardé l’Egypte, la Syrie, le Liban, la Jordanie, l’Irak et la Tunisie, sans parler des territoires palestiniens quotidiennement pris pour cibles.

    Jetant un écran de fumée sur cette réalité, la propagande occidentale traite le régime iranien de “théocratie fanatique”. Ce n’est pas un mollah, pourtant, qui a déclaré que “notre Etat est le seul en communication avec Dieu”. C’est Effi Eitam, ex-ministre israélien et chef du parti national-religieux. Imbibé d’un orientalisme de pacotille, le discours dominant décrit la République islamique comme un repaire d’illuminés férus d’eschatologie qui rêveraient d’immoler Israël avec la bombe atomique ! Quel dommage que les pourfendeurs de l’Iran ne nous aient pas gratifiés de considérations aussi inspirées sur la bombe israélienne : elle a pour caractéristique de faire planer, elle, une menace non virtuelle. Entre la prétention sioniste à “communiquer directement avec Dieu” et l’obstination mystique de Tel Aviv à posséder l’arme suprême, on aurait pu déceler, ici aussi, une singulière “eschatologie”.

    Autre paradoxe qui ne manque pas de saveur : l’Occident accuse l’Iran de vouloir fabriquer la bombe, mais c’est la République islamique qui a interrompu le programme nucléaire en 1979. Encouragé par les USA, le Chah avait signé de juteux contrats avec la France et l’Allemagne pour la construction de centrales nucléaires. L’opposition ayant dénoncé cette politique, jugée onéreuse pour un pays riche en hydrocarbures, le programme est aussitôt suspendu par le gouvernement de la République islamique. Il fallut la sanglante guerre Iran-Irak (1980-1988) pour changer la donne. Seul face à l’agresseur irakien, le gouvernement iranien a mesuré sa faiblesse devant une coalition faisant bloc avec Saddam Hussein. La participation des puissances occidentales, les livraisons d’armes chimiques à l’Irak, la destruction en plein vol d’un Airbus iranien lui ont fait prendre conscience du danger.

    C’est dans ce contexte que les dirigeants iraniens ont vu dans le nucléaire civil un atout technologique, un attribut de la souveraineté et une source de fierté nationale. La possession de l’arme nucléaire, elle, est jugée impie par les autorités religieuses, et aucun programme nucléaire militaire n’a été officiellement engagé en Iran. Ses accusateurs ont constamment prétendu le contraire, mais sans fournir la moindre preuve. Le discours obsessionnel contre Téhéran, en réalité, confond délibérément deux choses : la capacité technologique de produire des armes nucléaires, et la décision politique de produire de telles armes. Au motif que cette capacité a été atteinte, on accuse Téhéran de vouloir se doter de la bombe. Mais ce raisonnement est d’une criante perversité, puisqu’au lieu de demander des comptes à ceux qui ont la bombe, on s’acharne contre un Etat qui n’en veut pas.

    Montée de toutes pièces, la “menace nucléaire iranienne” est une supercherie qui vise à neutraliser un grand pays non-aligné. Souverain, désendetté, farouchement attaché à son indépendance, l’Iran a un potentiel qui effraie les tenants de l’ordre impérial. Les dirigeants iraniens ont signé l’accord de 2015 parce qu’ils privilégient le développement de leur pays. Ils veulent la levée des sanctions pour satisfaire une population de 80 millions d’habitants. L’accord sur le nucléaire soumet ce grand pays à un régime de contrôle international sans précédent, mais Téhéran l’a accepté. En accusant l’Iran de “soutenir le terrorisme”, Trump veut interrompre ce processus de normalisation. Poussé par les marchands d’armes, il poursuit la diabolisation de l’Iran d’une façon grotesque. L’impérialisme ne désarme jamais, et les mensonges continueront. Mais l’Iran sait que le temps joue en sa faveur, et il saura résister aux provocations d’une superpuissance en déclin.

    Bruno Guigue

    Bruno Guigue, ancien élève de l’École Normale Supérieure et de l’ENA, Haut fonctionnaire d’Etat français, essayiste et politologue, professeur de philosophie dans l’enseignement secondaire, chargé de cours en relations internationales à l’Université de La Réunion. Il est l’auteur de cinq ouvrages, dont Aux origines du conflit israélo-arabe, L’invisible remords de l’Occident, L’Harmattan, 2002, et de centaines d’articles. Dernier ouvrage paru en janvier 2018 aux éditions DELGA : Chroniques de l’impérialisme, préface de Samir Amin, 20 euros.

    Publié avec l’aimable autorisation de l’auteur


  • En quoi le "cynisme" russe ou turc serait-il responsable du chaos mondial ??? NRobin

    L’ordre international piétiné par ses garants
    par Anne-Cécile Robert
    En violant les résolutions des Nations unies sur Jérusalem, les États-Unis illustrent l’un des dangers majeurs de la géopolitique actuelle : l’affaiblissement des fondements de la légalité internationale, née en 1945 d’une certaine idée de la civilisation. Alors que la fin de la guerre froide offrait l’occasion de réaffirmer une règle commune, les Occidentaux ont poussé leur avantage et donné le mauvais exemple.

    par Anne-Cécile Robert
    L’ordre international piétiné par ses garants↑
    Werner Drewes. — « Contradiction », 1941
    Christie’s Images - Bridgeman Images
    Une petite musique médiatique habitue les populations à une certaine vision de la société internationale. Celle-ci semble se résumer à un chaos croissant (microconflits, vagues migratoires, etc.), marqué par des manifestations de violence aveugle (attentats, massacres de civils), où s’affirment des puissances cyniques, telles la Russie ou la Turquie, voire les États-Unis de M. Donald Trump.

    Suite sur ce lien :
    https://www.monde-diplomatique.fr/2018/02/ROBERT/58353


  • Politique internationale, Syrie, Russie
    Hors réseaux sociaux, nous sommes une poignée à douter de la version officielle ! NRobin

    Entre camp loyaliste et camp OTAN-Golfe-Israël, qui croyez-vous sur la Syrie ?

    A propos des frappes du 14 avril en Syrie (un samedi pour ne pas être trop dérangé par le peuple) : Avec un peu de recul, tout ceci est pitoyable et tragique pour nos “démocraties”. Nous sommes tellement omnibulés depuis 7 ANS (sept) par le renversement d’Assad afin d’installer le dollar et la dette dans son pays, y faire passer notre futur pétrole saoudien et notre futur gaz quatari, et y briser l’arc chiite de résistance au libéralisme américain tout en empêchant Iran et Russie de se développer économiquement, que nous en avons oublié toutes les lois qui régissent depuis 45 l’ordre international.
    Pire. Russes et syriens sont en ce moment même en train de témoigner devant l’OPCW-OIAC à La Haye (photo OPCW-OIAC jeudi 26 avril 2018 La Haye), de la non existence d’une attaque chimique à Douma le 7 avril dernier (banlieue est de Damas, quartier de La Ghouta récemment reconquis par les forces loyalistes sur les groupes jihadistes encore soutenus par notre coalition). Ces témoignages sont relayés par quelques journalistes occidentaux dont Robert Fisk (The Independent, UK) , Seth Doane (CBS, USA ), Pearson Sharp (One America News Networks, USA) ou Uli Gack (ZDF, DE), (rien ni personne en France...) tous impressionnés par le nombre de témoignages de civils sur place qui parlent de l’absence d’attaque ou même de l’abscence de tout événement tragique à Douma ce soir-là et cette nuit-là. Eh bien les salauds membres du trio qui a accusé le camp loyaliste puis enclenché des représailles sans preuves à ce jour -américains, français et britanniques- les anciennes puissances coloniales qui ont remplacé les anciens gouverneurs par nos modernes services d’espionnage, ont tous les 3 snobé la présentation des témoignages syriens. Avec des expressions de “Jacassins” telles que “mascarade obscène” ou “manœuvre grossière” (citées dans la presse belge tandis que la presse française à cette heure, 27/4 à 15h00 GMT+2, n’a toujours pas relayé de compte-rendu de cette réunion.
    Ce comportement d’enfants gâtés est indigne venant de la part de ceux qui s’autoproclament “gendarmes du monde”. Il les rabaisse au niveau de boutiquiers et d’échotiers. Ils fulminent, ils enragent. Car d’autres pays plus silencieux que ce “triumvirat de la mort” écoutent, notent, enregistrent, et surtout vont rapporter et diffuser. C’est que perdre une guerre est une chose, mais perdre le monopole du discours médiatique officiel en est une autre. C’est insupportable pour nos borgias. Or réfléchissons : jamais auparavant, la Russie n’était allée aussi loin en exposant ainsi sa parole diplomatique. Pensez-vous que la Russie irait ainsi compromettre sa parole diplomatique devant le concert des 192 autres nations de l’ONU qui suivent forcément les travaux de l’OPCW-OIAC, si elle n’avait pas de bonnes raisons ? Depuis Poutine à tout le moins, la parole diplomatique de la Russie a-t-elle été prise en défaut ? Pourtant vous pouvez faire confiance à notre presse officielle pour tenter de le faire. Chaque jour. Chaque minute. Et encore une fois, les “affaires” reprochées à la Russie (Politkovskaïa , Nemtsov, Litvinienko, Skrypal etc.) n’ont pas plus de réponse judiciaire satisfaisante, que par exemple les attentats de 2001 et leurs “Gitmo 5” par lesquels toute cette histoire de “guerre sans fin à la terreur” à commencé. Et ni Clinton, Bush Jr. ou Obama, ni Madeleine Albright, ni Colin Powell, ni Blair ou Cameron, ni Victoria“fuck the E.U.”Nuland, ni Sarkozy, BHL ou Hollande, ni Netanyahu ne croupissent en prison alors que ce sont d’authentiques massacreurs de civils.
    Ce constat est d’autant plus important, qu’il intervient dans une phase de “transition” dans le quartier incriminé. Le nettoyage de la vermine jihadiste était en cours. Il n’était pas terminé (s’il peut l’être un jour, cf. la situation de l’Afghanistan 16 ans après). Il y restait encore des éléments douteux, et avec eux, des Casques blancs douteux eux aussi, dont les perspectives de vie future étaient comment dire... sérieusement réduites avec l’arrivée de l’armée syrienne après les bombardements russo-syriens. C’est dans ce climat d’extrême tension que les auteurs de l’attaque au gaz chimique ont choisi d’agir. Un moment où le sort d’un quartier peut basculer d’une seconde à l’autre. Et surtout un moment où les forces loyalistes “marchaient sur des oeufs”, car espionnés de façon obsessionnelle tant sur le terrain que par satellites, par les forces OTAN-Golfe-Israël. Pourquoi dans ces conditions, se suicider en direct sur des "BFM" ? Pourquoi ? Vos explications ?
    Et d’ailleurs, qu’avons-nous à nous mettre sous la dent en face ? Les témoignages d’attaque chimique viennent “d’activistes” qui ne sont pas clairement identifiés et aucun nom n’a été divulgué à cette heure, à l’inverse des familles syriennes qui témoignent courageusement en leur nom, qu’elles engagent au même titre que leur vie. Ils viennent aussi de secouristes Casques blancs d’origine britannique, extrêmement liés aux groupes jihadistes de toutes obédiences, et tous sous l’influence de l’islam radical de leurs “patientèle islamiste”, tandis qu’à chacun des revers guerriers désespérés de cette “patientèle islamiste” correspond toujours un moment médiatique où sont déclenchées des attaques chimiques de ce fait a priori suspectes vis-à-vis du camp de l’opposition armée (du moins lorsqu’on est un journaliste sain d’esprit). Ben Salmane n’avait-il pas dit “Assad va rester”, et Trump ne venait-il pas de dire qu’ “il se retirait de Syrie” (sauf si Ben Salmane paye sa tournée ?). Belle fenêtre de tir, non ? Pas question que nos parrains se débinent. Vite, un rappel à l’ordre, même en dépit du caractère suicidaire, voire carrément débile, d’une telle attaque en pleine reconquête victorieuse du territoire national. Pas grave. Gap psychologique et omerta médiatique. Plus c’est gros... Les témoignages viennent enfin de civils eux aussi forcément suspects de corruption. Car il faut être honnête : Il n’y a pas que le gouvernement syrien qui serait capable de menacer des témoins. Ainsi nous avons massivement corrompu et menacé les officiers, fonctionnaires, parlementaires de l’armée et du gouvernement syriens dès 2011 afin de couper la tête du commandement militaire, administratif et présidentiel de la Syrie. C’est un fait, pas une supposition. Et ces civils sont forcément suspects aussi d’être sous l’influence de nos services secrets omniprésents sur le sol syrien, tout simplement parce que là-bas nous sommes en guerre, quoiqu’en disent nos "Marcheurs", aux côtés des britanniques et des américains. Pour illustrer ce fait, rappelons que l’affaire LAFARGE ne fait que commencer. Jusqu’où sommes-nous allés avec Al Nusra ? Car il n’y a in fine que 2 camps et pas 3, comme dans toute guerre forcément manichéenne et réductrice.
    2 camps et pas plus, avec des girouettes sanguinaires au milieu manipulées par nous, mais in fine habilement et souvent diverties de leur sauvagerie par le camp loyaliste. Songez : Notre camp veut constamment extraire le pire de ces girouettes sanguinaires selon la bonne vieille méthode occidentale, c’est-à-dire “prend l’argent, fait ce qu’on te dit tant qu’on a besoin de toi et ferme-là”, dans le but d’exterminer, alors que le camp loyaliste agit avec eux de façon disons, plus orientale, par allégeances, filiations, discussions, et surtout sans aucun tapage médiatique, dans le but de neutraliser. Au fil de la reconquête de l’intégrité du territoire syrien par les forces loyalistes, le résultat me semble à chaque fois bien moins létal que les résultats de nos choix dantesques : transferts massifs d’armes (dixit Hollande et relire Seymour Hersh et le site Balkaninsight), formation au combat et à la manipulation des médias, et si rien ne fonctionne, bombardements massifs indistincts comme à Mossoul ou Raqqa devenus des cimetières putrides à ciel ouvert oubliés de nos BFM.
    Mais enfin, tout cela ne suffit pas me direz-vous. Pourquoi croirions-nous davantage le camp loyaliste ? Il y a aussi cet argument : Parce qu’en face, du côté des faits, nous n’avons toujours pas retrouvé et analysé le moindre corps d’enfant ou d’adulte parmi les 40 victimes alléguées, alors même que les Casques blancs se sont rués vers les hôpitaux et les caméras pour porter dans leurs bras des blessés arrosés d’eau... on nous prend vraiment pour des cons ou ce n’est qu’une impression ? Où sont les vraies victimes au fait ? D’habitude nos Casques blancs les exhibent devant toutes leurs caméras et celles d’Al-Jazeera et BFM, non ? Ici quelques photos et vidéos circulent, mais les vrais corps des morts filmés ? Ont-ils été analysés ? Pouvons-nous avoir les résultats des autopsies ? Les Casques blancs, pourtant crées par des anciens de l’armée britannique, sont-ils incapables d’ex-filtrer 1 ou 2 corps en leur conservant leur traçabilité judiciaire ? Nous financerions des nazes à ce point ? Une chaine causale à valeur judiciaire relie-t-elle vraiment ceux qui accusent à ceux qui sont présumés morts ? Les données primaires de "l’Evaluation Nationale" agitée par Macron sous le nez de Trump et Poutine sont-elles publiques ?
    La vérité est que ces pratiques de barbouzes sont devenues une antienne qui ne fonctionne plus, qui patine. Et leurs orchestrateurs paniquent. Il faut frapper, frapper et encore frapper, coûte que coûte, y compris au mépris de notre honneur, même si cela ne fonctionne plus, quitte à accepter, poliment et discrètement en plus, de pouvoir frapper “sans faire de morts” (!), dernière trouvaille de Poutine qui sauve la face une seconde fois de la Présidence américaine (la première ? Fin Août 2013, lorsqu’Obama s’apprêtait, dans la foulée de Cameron, à recevoir une gifle du Congrès qui allait largement voter contre une frappe US évitée grâce à l’accord de destruction des stocks chimiques syriens à bord de navires américains, proposé par Poutine déjà, et accepté sans un mot par un Obama qui risquait le désaveu). Une trouvaille elle aussi révélatrice : Comme quoi l’OTAN est parfaitement capable d’être professionnelle et discrète quand elle agit dans le sens de la diplomatie, même à contre-coeur, ici comme si elle cherchait à se faire pardonner de ses barbouzeries, ou comme si, jusqu’au boutiste, elle mordait au dernier morceau de viande qui lui reste en attendant une meilleure chasse. Car dans tous les autres cas, l’OTAN agit dans le sens d’opérations de sabotage et de sabordage de la vérité, qui elles sont toujours largement relayées sur nos "BFM" afin que les flashes des sunlights aveuglent nos peuples “sidérés”, comme disait Valls. “Plus c’est gros, plus ça passe”, nous disait un ancien champion nazi de la propagande qui finit lui aussi par s’immoler en martyr de son idéologie un peu “poussé au geste” par l’arrivée des russes, déjà.
    Oui mais voilà : Du côté des pays OTAN-Golfe-Israël, excusez-moi, mais leurs mensonges finissent toujours par s’étaler en une des journaux, puisqu’il parait que notre presse officielle est la meilleure du monde. Mensonges de Tony Blair qui s’excuse avec 15 ans de retard, un peu “poussé au geste” lui aussi par le Rapport Chilcot, et malgré les protestations massives de son peuple dès 2003. Mensonges de Sarkozy malgré des sondages du peuple français défavorables aussi, ayant mené à l’assassinat par la DGSE (secret de polichinelle) du seul leader qui avait averti sur le risque d’importer le jihadisme et de créer un exode de réfugiés de guerre vers l’Europe. Mensonges des administrations américaines sur toutes leurs guerres menées depuis 2001 dans le monde, au nom d’un attentat en 2001 aujourd’hui encore bien mystérieux et père de toutes les guerres militaires et médiatiques du camp OTAN-Golfe-Israël, camp incapable de nous faire naviguer correctement entre complots officiels et complots fabulés. Alors excusez-moi tous, désolé, pardon pardon, mais voyez-vous, personnellement, je lis et regarde ce que russes et syriens ont à dire, et à l’aune de notre Histoire récente, je respecte leur parole bien davantage que celle de mon propre pays et des collabos de service auxquels notre dernier ludion en date à l’Elysée ose encore s’associer.
    Bertrand V


  • La situation à Gaza - lettre au gouvernement français

    Paris, le 24 avril 2018

    Monsieur le Président de la République,

    Depuis le 30 mars 2018, des dizaines de milliers de manifestants pacifiques se sont rassemblés en différents endroits de la bande de Gaza, non loin de la clôture militarisée qui sert de frontière avec Israël, dans et autour de la « zone tampon » décrétée par Israël sur le territoire palestinien et interdite aux Gazaouis.

    Ils marquaient ainsi le début de la « Grande Marche du Retour », mouvement populaire et non-violent visant à se prolonger jusqu’au 15 mai 2018, date qui marquera les 70 ans de la Nakba. Parmi leurs revendications : le droit au retour des réfugiés palestiniens (70% des habitants de Gaza sont réfugiés) et la levée du blocus de Gaza qui dure depuis plus de 10 ans en toute illégalité.

    Dès la première manifestation le 30 mars, l’armée israélienne a lancé des gaz lacrymogènes en utilisant des drones et a tiré de manière indiscriminée sur les manifestants à balles réelles. Des médecins, des journalistes et des enfants ont été ciblés. Au 23 avril, on comptait 40 morts à Gaza depuis le début des manifestations et plus de 5000 blessés, dont 1700 par balles, dont des balles à effet explosif. Médecins sans Frontières a souligné des blessures « inhabituelles et dévastatrices », « les patients doivent subir des opérations chirurgicales extrêmement complexes, et nombre d’entre eux auront des séquelles à vie » a témoigné la cheffe de mission en Palestine. Certains risquent l’amputation.

    La violence de la répression par l’armée israélienne était en outre préméditée et annoncée. La veille, le chef d’état-major israélien annonçait le déploiement d’une centaine de tireurs d’élite le long de la frontière et annonçait : « En cas de danger mortel, il y a autorisation d’ouvrir le feu […] Les instructions sont d’utiliser beaucoup de force. »

    Le gouvernement israélien refuse toute enquête indépendante, comme le demandent les Nations unies et l’Union européenne. Amnesty International et Human Rights Watch ont également appelé à une enquête et condamné l’usage excessif de la force par l’armée israélienne. Quatre organisations israéliennes ont, elles, fait appel devant la Cour suprême israélienne contre l’autorisation d’utiliser des armes à feu, précisant que les manifestations dans la Bande de Gaza ne sont pas interdites et que les tentatives de franchir la clôture devraient être considérés comme des « désordres civils » et non des « attaques armées ».

    En réprimant de la sorte des manifestations pacifiques, l’Etat d’Israël viole un certain nombre de règles internationales et de droits fondamentaux, à commencer par la liberté de manifester. En outre, l’usage de la force indiscriminée contre des civils et l’usage de balles réelles à l’encontre de personnes ne posant pas de danger imminent ni mortel sont interdits par le droit international humanitaire (principes de distinction, de précaution et de proportionnalité exigés par le Protocole additionnel I aux Conventions de Genève). Le commandement d’une telle action est également illégal. Selon la IVe Convention de Genève (article 147), les actes commis peuvent être constitutifs de crimes de guerre et, comme l’a récemment rappelé Fatou Bensouda, procureur de la Cour pénale internationale, les personnes ayant commis et commandé un acte constitutif d’un crime de guerre peuvent être poursuivies par la Cour (article 8 du Statut de Rome). Enfin, cibler des journalistes viole la résolution 2222 du Conseil de sécurité de l’ONU sur la protection des journalistes en situation de conflits.

    Ces manifestations témoignent de la permanence de la question des réfugiés, 70 ans après l’expulsion de plus de 800 000 Palestiniens de leurs foyers. Aujourd’hui ils sont plus de 5 millions de réfugiés à être enregistrés auprès de l’UNRWA.
    Elles mettent également en lumière la situation dans la Bande de Gaza. Malgré les avertissements de l’ONU qui a jugé ce territoire palestinien occupé inhabitable d’ici moins de deux ans, l’inaction de la communauté internationale demeure. Les attaques israéliennes répétées contre des civils depuis 2008 restent également impunies, suscitant un désespoir et un sentiment d’injustice immense chez les Gazaouis.

    S’agissant des violations flagrantes du droit observées dans la Bande de Gaza, nous demandons donc à la France, dans une optique humanitaire et en tant que garante du droit international :
    d’appeler à l’ouverture d’une enquête indépendante et impartiale sur l’utilisation d’armes létales - et possiblement de munitions non conventionnelles - contre des manifestants désarmés ;
    de demander, au sein des institutions européennes, l’exclusion des entreprises militaires israéliennes des programme-cadres européens comme Horizon 2020 et FP9. En effet, la participation d’Israël aux programme-cadres de l’Union européenne pour la recherche et le développement technologique permet l’apport de soutiens financiers européens à des industries militaires telles que Elbit et Israel Aerospace Industries, les deux principaux fournisseurs de drones à l’armée israélienne complices des crimes de guerre israéliens.
    de concourir à mettre un terme à l’impunité des autorités israéliennes au moyen notamment d’un soutien affirmé à des mécanismes juridiques internationaux tels que la Cour Pénale Internationale.
    Par ailleurs, la France doit :
    demander aux autorités israéliennes la levée complète du blocus de Gaza, cause première de la crise humanitaire ;
    prendre en compte de manière juste et légitime la question des réfugiés palestiniens et du droit au retour dans les discussions bilatérales et négociations à venir sur la question palestinienne, en application de la résolution 194 de l’Assemblée générale de l’ONU.

    Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président, l’assurance de notre profonde considération.

    Mme Claude Léostic, Présidente de la Plateforme des ONG françaises pour la Palestine

    La lettre a également été envoyée au Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères


  • Important ! NRobin
    COMMUNIQUE : SCIENCES PO ENTRE DANS LA LUTTE
    Les étudiant.e.s de Sciences Po Paris réuni.e.s en AG ce 17 avril ont pris collectivement la décision d’occuper pacifiquement le bâtiment principal de l’école de manière reconductible. Cette décision vaut jusqu’au retrait de la loi ORE et de toutes les lois antisociales et racistes portées par ce gouvernement (loi asile et immigration, casse de la fonction publique...), et pour lesquelles le terrain est préparé depuis de nombreuses législatures maintenant. Face à cette vaste entreprise néolibérale et raciste menée sur tous les fronts par Macron, nous considérons comme essentiel de nous mobiliser de manière concrète, en bloquant les lieux de production de richesses et de savoir.

    En tant qu’étudiant.e.s à Sciences Po, certaine.s diront que nous n’avons pas notre mot à dire dans le mouvement social étudiant actuel contre la sélection, puisque notre école est par essence sélective : nous estimons que notre école sert de laboratoire aux politiques d’éducation néolibérales et racistes telles que celles orchestrées aujourd’hui par le gouvernement.

    Malgré les mesures mises en place en faveur de plus de diversité, Sciences Po nous laisse un aperçu de ce à quoi ressemblera l’enseignement supérieur si nous laissons faire Macron. L’accès à l’école reste fortement inégalitaire, une sélection sociale qui se renforce au cours de la scolarité du fait de la pression scolaire et mentale subie. A cela s’ajoutent de fortes violences sexistes, racistes et de classe reproduites tant par l’institution que par le corps enseignant et étudiant et contre lesquelles rien n’est fait.

    De plus, occuper Sciences Po est fortement symbolique : en tant que fac où a étudié Emmanuel Macron et de nombreux membres de sa majorité parlementaire, celle-ci se fait le relais académique et symbolique de l’idéologie néolibérale et raciste dominante, qui transparaît tant dans la gestion de l’école que dans les contenus des enseignements. De nombreuses multinationales subventionnent notre école pour que soient vantées dans nos cours leurs pratiques d’exploitation des travailleur.euse.s, d’appropriation des ressources naturelles dans les pays du Sud Global, de violations des droits humains et de destruction de la planète. Cours d’économie néolibérale obligatoire en première année, cours néocoloniaux sur entrepreneuriat en Afrique, sur le droit du pétrole en master Énergie, sur la meilleure manière de licencier des salarié.e.s en master Ressources Humaines... Notre école est pleine de ces modules visant à former les hauts fonctionnaires zélés du régime libéral et autoritaire et les délinquants à col blanc qui ne cessent de renforcer leurs positions.

    Pour ces raisons, nous appelons tou.te.s les étudiant.e.s révolté.e.s par la politique de Macron, de Mion et de leurs allié.e.s à nous rejoindre pour faire de Sciences Po un lieu ouvert à tou.te.s, étudiant.e.s, chômeur.se.s, précaires, salarié.e.s, exilé.e.s, avec ou sans papiers, en vue de briser ce temple de l’enseignement injuste, inégalitaire et élitiste que l’on essaie de nous imposer.
    Nous, étudiant.e.s de Sciences Po réuni.e.s en AG :
    - tenons avant tout à préciser que les appariteur.se.s et personnels de sécurité ne sont pour rien dans notre mobilisation, et qu’aucune sanction ne sera tolérée contre elles et eux.
    - demandons la non-comptabilisation des absences les jours de manifestation, afin de permettre à chacun.e.s de pouvoir y participer et de se mobiliser pour ses droits.
    - actons le fait que le pouvoir est entre les mains d’une élite, et que les tractations de couloir sont malheureusement très efficaces pour faire advenir le changement. Aussi, nous demandons à Frédéric Mion, directeur de l’IEP, de faire marcher ses réseaux pour obtenir le retrait de tous les projets de loi que nous condamnons. Si des ordonnances permettent de les appliquer, deux ou trois coups de téléphone seront bien en mesure de les abroger.
    - Nous invitons les enseignant.e.s à réfléchir et discuter avec nous afin de construire une pédagogie nouvelle et de décloisonner les savoirs. Les enseignant.e.s vacataires, précarisé.e.s par les mêmes logiques qui conduisent aujourd’hui à la sélection, réclament que leurs cours soient payés quand bien même ils ne seraient pas assurés du fait de l’occupation.

    Aujourd’hui, nous occupons Sciences Po pour bloquer la production de ce savoir dominant qui forme les fondations du monde actuel qui sont classistes, racistes, sexistes.
    Nous occupons Sciences Po pour bloquer la reproduction des élites libérales, celles qui aujourd’hui sélectionnent aux frontières et à l’université, privatisent le pays et précarisent les plus exposé.e.s.
    Nous occupons Sciences Po car nous ne voulons plus écouter la litanie de vos théories dominantes, qui ne laissent aucun espace aux savoirs critiques et passent au rouleau compresseur la possibilité d’inventer un autre savoir pour un autre monde.
    Nous occupons Sciences Po contre leurs contrôles et leurs caméras, et avec notre désir de faire de notre école un lieu de rencontre et d’émancipation ; contre leur néo-management, nous affirmons l’entraide, la solidarité, l’autogestion et la lutte concrète et efficace contre toutes les formes d’oppression.
    Nous occupons Sciences Po en soutien à tou.te.s les exilé.e.s et notamment celleux qui occupent le bâtiment A de Paris 8 et leur demande de régularisation collective.
    Nous occupons Sciences Po parce que Macron en est sorti, et que nous ne voulons pas finir comme lui.


  • En quete de vérité dans les décombres de Douma et et les doutes d’un médecin sur l’attaque chimique, par Robert Fisk

    https://www.les-crises.fr/en-quete-de-verite-dans-les-decombres-de-douma-et-les-doutes-dun-medecin-

    17.4.2018 // Les Crises
    En quête de vérité dans les décombres de Douma – et les doutes d’un médecin sur l’attaque chimique, par Robert Fisk
    Syrie

    Le reportage exclusif de Robert Fisk, qui a enquêté à Douma.

    On restera évidemment prudent et plein de circonspection, tant la guerre de propagande fait rage entre les différents camps.

    Source : Robert Fisk, The Independent, 16/04/2018

    Exclusif : Robert Fisk rend visite à la Clinique syrienne au cœur d’une crise globale.

    C’est l’histoire d’une ville appelée Douma, un endroit putride, ravagé, plein d’immeubles résidentiels défoncés, et où se trouve une clinique souterraine dont les images de souffrance ont permis à 3 des plus grandes puissances du monde occidental de bombarder la Syrie la semaine dernière. Il y a même un docteur sympa en blouse verte qui, alors que je le localise justement dans cette même clinique, me dit avec entrain que la vidéo du « gaz » qui a horrifié la planète – malgré tous les sceptiques – est absolument authentique.

    Les récits de guerre, cependant, ont pour habitude de tourner au cauchemar. Et ce même médecin-chef syrien de 58 ans ajoute ensuite une chose profondément dérangeante : les patients, dit-il, ont été exposés non pas à du gaz, mais à un manque d’oxygène (hypoxie) dans les tunnels jonchés de déchets, et dans les sous-sols où ils vivaient, au cours d’une nuit de grand vent et de bombardements intensifs qui ont déclenché une tempête de poussière.

    Tandis que le docteur Assim Rahaibani énonce cette conclusion extraordinaire, il est important d’observer qu’il n’est pas, de son propre aveu, un témoin lui-même, et que bon angliciste, il se réfère 2 fois aux djihadistes armés de Jaish el-islam [l’armée de l’Islam] à Douma comme à des terroristes, l’expression du régime qui désigne ses ennemis, et un terme utilisé par beaucoup de gens partout en Syrie. Ai-je bien entendu ? Quelle version des événements sommes-nous supposés croire ?

    Par malchance aussi, les médecins de garde lors de cette nuit du 7 avril sont tous les 2 à Damas, afin d’apporter leurs indices de preuve à une enquête sur les armes chimiques, qui devra tenter de fournir une réponse définitive à cette question dans les semaines à venir.

    Entretemps, la France a dit qu’elle avait « la preuve » que des armes chimiques avaient été utilisées, et les médias US ont cité des sources qui attestaient aussi ce fait. L’Organisation des Casques Blancs a aussi déclaré que ses partenaires sur le terrain traitaient 500 patients « présentant des signes et des symptômes correspondants à une exposition à des substances chimiques toxiques. »

    Au même moment, les inspecteurs de l’OPCW, [Organisation pour l’Interdiction des Armes chimiques OIAC], sont dans l’impossibilité de parvenir ici sur le site de l’attaque au gaz alléguée, apparemment parce qu’ils n’avaient pas les bonnes autorisations de l’ONU.

    Avant d’aller plus loin, les lecteurs doivent savoir que ce n’est pas le seul récit qui a cours à Douma. Il y a beaucoup de gens avec qui j’ai discuté au milieu des ruines qui déclarent qu’ils n’ont jamais cru à ces histoires de gaz – qui ont été fabriquées, disent-ils, par les groupes islamistes armés. Ces djihadistes d’un genre particulier ont survécu sous un déluge d’obus, en vivant dans les logements d’autres gens, et dans de vastes et larges tunnels équipés de routes souterraines creusées dans la roche par des prisonniers à l’aide de pioches sur 3 niveaux sous la ville. Je me suis promené dans 3 d’entre eux hier, des couloirs immenses faits de roche naturelle qui contenaient encore des roquettes russes – oui, russes – et des voitures carbonisées.

    Ainsi, l’histoire de Douma n’est donc pas qu’une histoire de gaz ou pas, comme l’affaire en a l’air. Il s’agit de celle de milliers de gens qui ont choisi de ne pas évacuer la zone dans des bus la semaine dernière, aux côtés des combattants avec lesquels ils étaient forcés de vivre comme des troglodytes pendant des mois afin de survivre. Je me suis promené dans cette ville assez librement hier, sans soldats, sans policiers ou garde du corps qui scrute mes pas, juste 2 amis syriens, un appareil photo et un carnet. Parfois je devais escalader des remparts de plus de 6 mètres, ou gravir comme des murs de terre. Heureux de trouver un étranger parmi eux, plus heureux encore que le siège de la ville soit enfin terminé, la plupart ont le sourire ; enfin ceux dont vous pouvez voir les visages bien sûr, parce qu’à Douma, un nombre surprenant de femmes portent le hijab noir qui couvre tout leur corps.

    Je me suis d’abord rendu à Douma en tant que membre d’un convoi de journalistes sous escorte. Mais une fois qu’un général ennuyeux nous eût annoncé sur le parvis d’une mairie démolie « Je n’ai pas d’informations. » – ce foutu langage officiel arabe d’une utilité remarquable – je me suis éclipsé. Plusieurs autres reporters, la plupart syriens, en firent autant. Même un groupe de journalistes russes – tous en treillis militaire – s’écarta du groupe.

    Je pus rejoindre au bout d’une courte marche le docteur Rahaibani. Depuis la porte de sa clinique souterraine – appelée « Point 200 », dans la géologie bizarre de cette ville partiellement enterrée – il y a un couloir qui descend. C’est là où il m’a montré son hôpital inférieur, et les quelques lits où une petite fille pleurait tandis que des infirmières s’occupaient d’une coupure au-dessus de son œil.

    « J’étais avec ma famille dans le sous-sol de ma maison, à 300 mètres d’ici au cours de la nuit. Mais tous les docteurs ici savent ce qui s’est passé. Il y avait un bombardement intense [par les forces gouvernementales] et les avions survolaient toujours Douma la nuit – mais cette nuit-là, il y avait du vent et des nuages de poussière gigantesques se sont engouffrés dans les sous-sols et les caves où les gens vivent. Des personnes qui souffraient d’hypoxie, en manque d’oxygène, commencèrent à arriver ici. C’est alors que quelqu’un à la porte, un « Casque Blanc », cria « Gaz ! », et ce fut la panique. Les gens se mirent à s’asperger d’eau les uns les autres. Oui, la vidéo a été filmée ici, elle est authentique, mais ce que vous voyez, ce sont des gens qui souffrent d’hypoxie – et non d’empoisonnement au gaz. »

    Le correspondant pour le Moyen Orient de l’INDEPENDENT Robert Fisk dans l’un des tronçons de tunnels déblayé sous Douma par des prisonniers des rebelles syriens (yara Ismail)
    Bizarrement, après avoir bavardé avec plus de 20 personnes, je me suis retrouvé incapable d’en trouver une seule qui montre le moindre intérêt pour le rôle que Douma avait pu jouer dans le déclenchement des attaques occidentales. En fait, 2 m’ont même dit qu’elles ignoraient qu’il y avait un lien.

    Mais c’est un monde étrange dans lequel je me suis aventuré. 2 hommes, Hussam et Nazir Abu Aishe, me confièrent qu’ils étaient incapables de me dire combien de personnes avaient été tuées à Douma, bien que le second eût admis qu’il avait un cousin qui avait été exécuté par Jaish el-Islam [l’armée de l’Islam], pour avoir été suspecté d’être « proche du régime ». Ils haussèrent les épaules lorsque je les interrogeai sur les 43 personnes censées avoir péri lors de l’infâme attaque de Douma.

    Les Casques Blancs – les secouristes médicaux déjà célèbres en occident mais dont la propre histoire présente des recoins intéressants – ont joué un rôle désormais bien connu durant les combats. Ils sont en partie financés par le Foreign Office [Ministère des Affaires Etrangères britannique], et la plupart des bureaux locaux étaient administrés par des hommes de Douma. J’ai retrouvé leurs bureaux démolis pas très loin de la clinique du docteur Rahaibani. Un masque à gaz trainait sur un container de nourriture avec un œil percé, et une pièce était occupée par une pile d’uniformes camouflés très sales. Mise en scène ? Je me le suis demandé mais j’en doute. L’endroit était jonché de capsules, d’équipements médicaux hors d’usage, et de dossiers, de lits et de matelas.

    Bien sûr que nous devons écouter leur version des faits, mais ce ne sera pas le cas ici : Une femme nous a dit que tous les membres des Casques Blancs à Douma avaient abandonné leur Quartier Général et choisi de prendre les bus affrétés par le Gouvernement et protégés par les Russes, pour rejoindre la province rebelle d’Idlib avec les groupes armés, lorsque la trêve fut négociée.

    Les étalages étaient ouverts, il y avait une patrouille de la Police militaire russe – un ajout optionnel lors de tout cessez-le-feu en Syrie à présent – et personne ne s’était même donné la peine d’investir les sous-sols de la prison islamiste interdite près du Square des Martyrs où les victimes étaient supposées être décapitées. Le complément de Police civile est fourni par le Ministère de l’Intérieur – ils portent de façon étrange des vêtements militaires – et ils sont surveillés par les Russes qui eux-mêmes peuvent – ou pas- être sous surveillance des seconds. Là encore, mes questions sérieuses sur le gaz furent accueillies avec ce qui sembla être une authentique perplexité.

    Comment se pourrait-il que des réfugiés en provenance de Douma arrivés jusque dans les camps de Turquie aient pu décrire une attaque au gaz dont personne aujourd’hui à Douma ne semble se souvenir ? Je me suis dit, alors que je marchais dans les tunnels entrecroisés de ces misérables prisonniers, que les citoyens de Douma vivaient si isolés les uns des autres depuis si longtemps que « l’information » au sens que nous lui prêtons, n’avait tout simplement aucune signification pour eux. « La Syrie n’en produit pas comme la démocratie à la Jefferson » – comme j’aime cyniquement à le dire à mes collègues arabes – et c’est effectivement une dictature impitoyable, mais pas au point d’intimider ces gens heureux de voir des étrangers parmi eux, et de les empêcher de réagir avec quelques paroles de vérité. Alors que m’ont-ils dit ?

    Ils m’ont parlé des islamistes sous le pouvoir desquels ils ont été obligés de vivre. Ils m’ont parlé de la façon dont les groupes armés avaient volé des logements aux civils pour se prémunir du gouvernement syrien et des bombardements russes. Les [islamistes de] Jaish el-Islam avaient brûlé leurs bureaux avant de fuir, mais les constructions massives qu’ils avaient édifiées à l’intérieur des zones de sécurité avaient été presque toutes réduites en bouillie par les raids aériens. Un colonel syrien que j’ai rencontré derrière l’une de ces constructions m’a demandé si je voulais me rendre compte de la profondeur de ces tunnels. Je me suis arrêté au bout de 2 kilomètres, lorsqu’il me fit observer en langage codé que « ce tunnel pourrait aussi bien mener jusqu’à la Grande Bretagne. » Ah oui… Mme May, me dis-je, dont les frappes aériennes ont été si intimement liées à ce lieu de tunnels et de poussière… Et de gaz ?

    Source : Robert Fisk, The Independent, 16/04/2018

    Traduit par BR pour le site www.les-crises.fr.


  • Un excellent communiqué du Syndicat de la médecine générale

    Communiqué de presse du 16 avril 2018

    Contre les expulsions à Notre-Dame-des-Landes,
    le Syndicat de la Médecine Générale se mobilise !

    Depuis le lundi 9 avril, jour où ont commencé les expulsions sur le site de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes, des membres du SMG sont présent.e.s sur place au sein d’un collectif de soignant.e.s, en lien avec l’équipe « médic » des habitants. Le but de ce collectif est de participer aux soins et de témoigner d’éventuelles blessures faites aux habitant.e.s par les forces de l’ordre.

    Alors que des discussions étaient entamées pour l’avenir de ce territoire, après l’abandon du projet d’aéroport, le gouvernement a décidé de procéder à des expulsions violentes de nombreux lieux de vies. Il s’agit d’habitats alternatifs et collectifs respectueux de ce milieu fragile, dont certains développent des projets artisanaux et agricoles protégeant la biodiversité du site et la santé de tous et toutes.

    Le SMG s’insurge contre cette violence d’Etat qui refuse toute expérimentation d’organisation alternative collective et solidaire du vivre-ensemble. En effet, la ZAD n’est pas que le lieu d’un projet abandonné d’aéroport, elle est aussi un lieu d’expérimentation sociale utile à tou.te.s, y compris dans le soin et la santé. En tant que soignant.e.s, nous soutenons cette lutte sociale pour le droit à vivre différemment.

    Guillaume Getz, président
    François Meuret
    Marie Kayser

    Syndicat de la Médecine Générale
    52 rue Gallieni, 92240 Malakoff
    Tél : 01 46 57 85 85 - Fax : 01 46 57 08 60
    syndmedgen@free.fr




  • https://cdn.radiofrance.fr/s3/cruiser-production/2018/04/544e22f6-c0b1-4a8a-9335-c91e32ec039b/738_000_par8166832_1.jpg
    Frappes en Syrie. L’Excellent Emmanuel Todd. Je partage tout à fait sa position ! NRobin

    https://francais.rt.com/france/49918-emmanuel-todd-tout-que-disent-russes-russie-satan-poutine

    Emmanuel Todd : « Tout ce que disent les Russes est considéré comme la parole de Satan »
    16 Apr 2018 | 16 avr. 2018Em
    manuel Todd le 7 mai 2015 à Paris.
    Emmanuel Todd le 7 mai 2015 à Paris. (image d’illustration)ERIC FEFERBERG / AFP
    https://goo.gl/images/2xYUfr
    L’historien et essayiste français Emmanuel Todd a analysé pour France Culture le traitement médiatique dont fait l’objet en ce moment la Russie. Entre « irrationalité » et « russophobie », il dénonce la vision négative qu’ont les Occidentaux de Moscou.
    Pour Emmanuel Todd, invité de France Culture ce 14 avril, soit quelques heures après les frappes conjointes de Paris, Washington et Londes contre Damas, la presse occidentale entretient « la vision d’une Russie hyper-puissante, menaçante, tentaculaire, totalitaire : une vision hallucinatoire ». Mais si la Russie est une « démocratie autoritaire », estime-il, Vladimir Poutine est « élu », les Russes sont informés, même s’il y a « un certain type de contrôle des organes de presse ». Comment alors expliquer l’obsession de la Russie dans la presse occidentale ?

    Emmanuel Todd dénonce la « vision extrêmement négative de la Russie » qu’ont les Occidentaux
    Selon Emmanuel Todd, une des raisons est d’ordre militaire. Car dans ce domaine, les Russes « sont revenus à parité » avec les Occidentaux, ils ont effectué une « remontée technologique ». « C’est le seul pays qui est aujourd’hui capable de faire face aux Etats-Unis sur le plan militaire », poursuit l’essayiste qui avait prédit dans les années 1970 la chute de l’URSS.

    « L’idée qu’un seul pays au monde [les Etats-Unis] serait capable de faire ce qu’il veut n’est pas un bon concept d’un point de vue libéral », dogme cher aux Américains, selon lui. « Si on pense en termes d’équilibre des pouvoirs, on peut se dire que c’est mieux ! Même si l’on n’aime pas la Russie, l’existence d’un pôle de stabilité qui n’a pas de possibilité d’extension [au vu de sa population] devrait réjouir », poursuit-il.

    « [Pourtant] il y a cette vision extrêmement négative de la Russie et donc tout ce que disent les Russes est considéré comme la parole de Satan, on dit que Poutine est un monstre », s’indigne Emmanuel Todd. Rapportant ses entretiens avec des officiels russes, il confie : « Le niveau intellectuel des diplomates russes est très supérieur à celui des Occidentaux. Ils ont une vison de l’Histoire, du monde, de la Russie : un contrôle de soi qu’ils appellent "professionnalisme". »

    J’ai dû aller sur le site de RT France, le truc russe, pour comprendre à peu près ce qu’il se passait en Syrie. C’était beaucoup plus détaillé, il y avait toutes les informations qu’il y avait dans les autres [médias], plus d’autres

    Tentant d’interpréter, avec difficultés, la russophobie qu’il estime poindre chez le Premier ministre Theresa May et le président américain Donald Trump, il concède « ne pas comprendre ». « Comment la Russie menace-t-elle l’Angleterre ? C’est plutôt Barnier [négociateur en chef de l’Union européenne sur le Brexit] qui les menace avec son jeu sur la frontière irlandaise. Pour Trump, chaque fois qu’il tire des missiles et qu’il dit des choses anti-russes, il a constaté que le Washington Post et le New York Times lui lâchent les baskets. »

    Emmanuel Todd recommande également « à tout le monde la lecture des textes de Lavrov [ministre russe des Affaires étrangères] et de Poutine s’ils veulent lire des choses intelligentes sur la géopolitique ».

    Il dresse en revanche un portrait sévère de la presse occidentale sur ces questions : « Je vous jure que ce matin [le 14 avril] les exposés du Guardian, du Daily Telegraph et du Monde sur ce qu’il se passait [en Syrie] étaient tellement mauvais, que j’ai dû, ce que je n’ai jamais fait de ma vie, j’ai dû aller sur le site de RT France, le truc russe, pour comprendre à peu près ce qu’il se passait en Syrie. C’était beaucoup plus détaillé, il y avait toutes les informations qu’il y avait dans les autres, plus d’autres. »

    Lire aussi : Syrie : Emmanuel Macron accuse la Russie d’être « complice » de l’utilisation d’armes chimiques


  • Manifestation kabyles (de la Grande Kabylie) à Bastille pour l’autodétermination

    Ça y est ! Alors que les algeriens n’ont pas fini d’enterrer leurs morts (257 morts dans un crash d’avion militaire), les indépendantistes kabyles manifestaient hier à Paris-Bastile pour l’autodétermination. Il ne manquait plus que ça à BHL pour aller au bout de ses projets ! Merci aux kabyles illuminés !
    Pourtant en Algérie, un bon nombre de communautés berbères ou non cohabitaient jusqu’ici sans trop d’histoires (comme en Yougoslavie dans le temps) Et dans une famille algerienne, nous pouvions encore être fiers d’être multiéthnique (chaoui, petit et grand Kabyle, sahraoui, beldi, benimzab, arabe, turc, etc.)
    Je suis moi-même d’origine arabo-kabylo-turque et fière de l’être !
    Dans la communauté kabyle de Grande kabylie (Tiziouzou), le racisme ethnique est palpable ces dernières années sans mettre tout le monde dans le même sac évidemment. Pour certains, le mouvement des indépendantistes catalans est un modèle à suivre.
    Avis donc aux agents de la CIA et du Mossad, à BHL, une occasion en or s’offre à eux pour des futures frappes chirurgicales en Algérie. Le sang a déjà coulé avec le GIA, je note également l’expansion de certains groupuscules évangélistes, mais ça ne marche pas !
    Ainsi et si je comprends bien, cette communauté qui fait partie de moi-même, accepte l’islamisation mais ni l’arabité ni l’algérianité dans son ensemble ! Pas clair !
    Bon courage !

    https://tamurt.info/fr/kabyles-de-paris-ont-marche-lindependance-de-pays

    Notez bien le titre de ce lien : « Les Kabyles de Paris ont marché pour l’indépendance de leur pays »
    Quel pays ???



  • https://www.les-crises.fr/michel-raimbaud-la-nouvelle-guerre-froide-se-transforme-progressivement-e

    Michel Raimbaud : “La nouvelle guerre froide se transforme progressivement en une guerre ouverte”

    Excellente synthèse de Michel Raimbaud, ancien ambassadeur de France au Soudan et en Mauritanie. Il est l’un de nos grands spécialistes du Moyen-Orient, et nous vous renvoyons vers son excellent livre Tempête sur le Grand Moyen-Orient

    Halte à la guerre infâme !

    Une guerre implacable, sauvage, meurtrière et destructrice, fait rage en Syrie depuis mars 2011. Devenue universelle grâce au renfort venu de 120 pays que l’Empire Atlantique a pu attirer dans sa galère, elle menace ces jours-ci de dégénérer en un conflit mondial au sens plein et entier du terme.

    Beaucoup parmi les plus optimistes n’en sont plus à se demander si la guerre des Trois (Etats-Unis, France, Grande-Bretagne) aura lieu ou non, mais si elle s’allumera demain ou après-demain. On a beau en refuser la perspective tant elle heurte la raison, les réalités sont là. Il est évident que la nouvelle guerre froide que l’on a vu apparaître depuis une décennie entre l’Occident et ses complices d’une part, la Russie et ses alliés d’autre part, vire peu à peu à la guerre ouverte. Si le monde arabo-musulman est le théâtre privilégié et l’enjeu géopolitique de cet affrontement global entre l’Empire Atlantique déclinant et l’Eurasie renaissante ou émergente, la Syrie en est l’épicentre, pour diverses raisons, géopolitiques et stratégiques notamment.

    Dans nos « démocraties » occidentales qui unilatéralement se disent grandes, les « élites » qui ont soumis les populations à un lessivage de cerveau sans précédent font semblant de croire encore à la narrative mensongère, immorale et imbécile injectée depuis sept ans dans les méninges ramollies par le « mainstream » médiatique, universitaire et politique. Il serait étonnant que ces esprits pleins de morgue et de suffisance y croient vraiment : ce serait d’ailleurs inquiétant pour leur santé mentale. Ecartant donc l’hypothèse, on retiendra plutôt qu’ils ont trouvé un fonds de commerce gratifiant dans cette gigantesque escroquerie intellectuelle et qu’ils ont réussi à l’acclimater sous nos latitudes où l’on se dit cartésien, puisqu’elle provoque si peu de réactions… Pour l’instant !

    Si elles avaient une mémoire collective, les opinions se souviendraient du sort de l’Irak, de la Somalie, de la Libye…peut-être de l’ex-Yougoslavie, voire du Yémen où destructions et massacres se poursuivent sous l’égide de l’ami stratégique imprévu qu’est le jeune Mohammed Ben Salman, étreint avec effusion par notre ministre des affaires étrangères lorsqu’il débarque tel le Messie. Elles reverraient Colin Powell brandissant ses fioles venimeuses et chimiques pour justifier une invasion de l’Irak et son démantèlement. Pas de sa faute : il était, dira-t-il la bouche en cœur, mal informé par ses « services ». Mais les opinions « civilisées » (que l’on appellerait dédaigneusement « rues » si elles étaient « arabes ») sont anesthésiées par le flot de désinfo et de désintox, hébétées par les débats de société qui leur sont proposés ou imposés, toujours anecdotiques et marginaux. La guerre ou la paix ? Bof. Quant aux élus, ils sont superbement ignorés : à quoi pourraient-ils servir ?

    Frétillant comme son prédécesseur Hollande à l’idée de participer aux frappes contre la Syrie et le « régime de Bachar », Macron, qui réserve ses pensées complexes à son ami Trump, esprit bien connu pour sa subtilité, ose qualifier cette nouvelle attaque illégitime, arrogante et dépravée de « devoir moral ». Devons-nous nous habituer à voir par les nuits sans lune nos dirigeants se tortiller sur leur fauteuil, le doigt sur le bouton et le petit doigt sur la couture du pantalon, attendant le feu vert des fous du Pentagone ou de la Maison-Blanche pour lancer leurs engins meurtriers sur la Syrie qui ne les a jamais agressés ? Quelle sinistre comédie ! Comme si 400 000 morts, 13 ou 14 millions de réfugiés, exilés ou déplacés, un pays ravagé, ne suffisaient pas à combler le sens moral de ces hautes consciences. Après sept ans de mensonges éhontés, de destructions systématiques, de méfaits innommables, peut-on vraiment dire que « le respect de l’autre » est une « valeur de l’Occident » ?

    A la vue des séances consacrées à la Syrie et à l’audition des échanges qui les agrémentent, on peut dire que la prestation – navrante – du Conseil de Sécurité témoigne de la ruine globale du système international. Adieu aux vagues espoirs que l’on pouvait nourrir quant aux capacités des Nations-Unies et à son instance suprême en matière de paix et de sécurité à imposer un ordre pacifique. Les principes fondateurs du droit onusien, tels que les énonce la Charte fondatrice de San Francisco, ne sont plus ni respectés ni admis comme références par l’ensemble des Etats représentés à l’Assemblée Générale et certains des membres permanents du Conseil de Sécurité les bafouent sans même s’en cacher, ou les ignorent superbement. Les Trois Occidentaux, qui osent s’identifier sans complexe à la « communauté internationale » alors qu’ils représentent 7 à 8% de la population mondiale, constituent en effet le corps de bataille du parti de la guerre et du chaos, leurs adversaires – Russie, Chine, Iran, Syrie, etc…– représentant sans ambigüité le camp de la légalité et du droit.

    Au-delà du droit, c’est la diplomatie qui est en danger. Bien plus que le clivage Est/Ouest nouveau modèle, il faut incriminer la perte des us et coutumes, des pratiques, des normes et du langage de la diplomatie. Comment justifier le honteux spectacle des représentants occidentaux maniant la menace, l’injure, le mensonge et les propos aberrants dans l’enceinte du Conseil, transformé en parterre d’enragés et de falsificateurs ? Comment qualifier le grossier personnage élu par l’Amérique profonde et soutenu par son Etat profond dès lors qu’il bombarde ? Elephantman dans un magasin de porcelaine, il incarne mieux que tout autre avant lui le système que suggéraient, il y a quasiment un demi-siècle, Nixon et Kissinger dans la théorie du Mad Man : l’Amérique doit compter parmi ses dirigeants des cinglés dont l’imprévisibilité sera de nature à terroriser ses ennemis. M. Trump tweete parmi nous.

    La France ne vaut guère mieux. Elle fait partie de ces pays qui « prétendent dire le droit » tout en le violant à l’occasion, comme le reconnaissait implicitement son président en décembre dernier dans une interview à France 2. La voilà qui se joint au régime trumpiste criminel pour clamer qu’elle procédera à des frappes contre la Syrie, avec ou sans résolution du Conseil de Sécurité. Alors que son siège permanent est lorgné par de grands amis comme l’Allemagne, ne risque-t-elle pas de perdre à jamais son statut « privilégié » en s’affichant ainsi prête à bombarder sans mandat un Etat-membre, après avoir contribué à sa destruction et tenté de renverser son président légitime ?

    Ne scie-t-elle pas la branche sur laquelle elle est majestueusement assise, cette France qui naguère tenait la Charte onusienne pour une Bible et fondait sa diplomatie sur la légalité internationale, et qui désormais en bafoue régulièrement les principes majeurs : égalité souveraine des Etats, non-ingérence, droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et droit des Etats à choisir leur régime politique sans ingérence étrangère ? Cette France que l’on écoutait souvent, la « trouvant juste même lorsqu’elle se montrait injuste ».

    Revenons aux fondamentaux. Malgré la phrase sacro-sainte qui, en Occident et dans notre Hexagone, sert de gilet pare-balle aux mieux intentionnés, rappelons que Bachar Al Assad, président légitime d’un pays en guerre, sans qui la Syrie ne serait plus qu’un souvenir, fait seulement son devoir. On servirait moins souvent la rengaine qu’il n’est « pas irréprochable » si l’on posait la question de l’honorabilité de ses ennemis ou détracteurs, qu’ils soient sauvages ou mal dégrossis, ou délicats et donneurs de leçons. Irréprochables, les dirigeants des « grandes démocraties » ? Irréprochables, ceux qui soutiennent l’insoutenable et en masquent l’horreur ? Irréprochables ces retraités aveugles, sourds et muets quant aux crimes inscrits à leur palmarès ?

    Nos présomptueux dirigeants qui n’ont cessé de jouer avec le feu et sont responsables de l’embrasement, ne s’émeuvent pas pour autant, sûrs de leur bon droit et de leur aptitude à gérer les évènements entre affinitaires de belles manières. Si nous l’ordonnons, pensent ces va-t-en guerre qui adorent les ordonnances, il faudra bien que la piétaille des braves gens se mette en marche, au pas cadencé, avec tambour et trompette. C’est le métier de la France d’en bas d’obéir sans broncher à celle d’en haut, pensent-ils. Eh bien non ! Il faut leur donner tort. La France est partie prenante dans la nouvelle agression qui se prépare. Si par grand malheur elle est lancée, nul n’en connaît les suites. Il y aura des représailles et nous ne serons pas épargnés. « Pourquoi nous ? » ou « nous ne savions pas » seront de piètre utilité.

    Réveillons-nous car il se fait tard.

    Michel Raimbaud


  • Une série de crashs d’avions militaires en Algérie !!!

    https://www.nouvelobs.com/monde/20180411.OBS5005/algerie-le-crash-d-un-avion-militaire-fait-257-morts.html

    L’Obs

    Algérie : le crash d’un avion militaire fait 257 morts

    Le crash a fait 257 morts, majoritairement des militaires. (Anis Belghoul/AP/SIPA)
    Aucune hypothèse n’a été pour l’heure avancée pour expliquer l’accident qui s’est produit peu après le décollage de l’appareil.
    Par L’Obs

    Publié le 11 avril 2018 à 15h13
    Un avion de l’armée algérienne s’est écrasé mercredi 11 avril peu après son décollage de la base aérienne de Boufarik, à une trentaine de kilomètres au sud d’Alger, faisant 257 morts, majoritairement des militaires.

    Un photographe de l’AFP sur place pouvait voir l’épave calcinée et noircie de l’appareil dans une zone inhabitée, un champ situé à une centaine de mètres des murs d’enceinte de la base aérienne.

    Les flammes qui ont ravagé la quasi-totalité de l’avion sont désormais éteintes, a-t-il constaté. Des dizaines de camions de pompiers et des centaines d’ambulances étaient visibles sur les lieux, bouclés par les forces de sécurité qui empêchaient journalistes et badauds de s’approcher.

    Pas de survivant
    Le crash a fait 257 morts, majoritairement des militaires et des membres de leurs familles, a annoncé le ministère algérien de la Défense dans un communiqué.

    Les victimes sont les dix membres d’équipage et 247 passagers, « dont la plupart sont des personnels de l’Armée nationale populaire ainsi que des membres de leurs familles », précise le ministère, sans faire état d’éventuels survivants.

    Le vice-ministre algérien de la Défense, également chef d’état-major de l’Armée nationale populaire (ANP, forces armées algériennes), le général Ahmed Gaïd Salah, s’est rendu sur les lieux de l’accident et a ordonné la mise en place « immédiate d’une commission d’enquête afin de déterminer les circonstances de l’accident », selon le ministère de la Défense.

    Un avion de fabrication russe
    L’appareil accidenté est un Iliouchine IL-76, un quadriréacteur civil ou militaire de fabrication soviétique puis russe, à bord duquel une centaine de personnes avaient pris place, avait indiqué dans un premier temps une source militaire à l’AFP.

    Selon le site internet du constructeur, l’IL-76 peut transporter entre 126 et 225 passagers selon les versions.

    « Un avion de transport militaire assurant le vol Boufarik - Tindouf - Béchar s’est écrasé ce matin du 11 avril 2018 dans le périmètre de la base aérienne de Boufarik dans un champ agricole inhabité », avait indiqué auparavant le ministère algérien de la Défense.

    Tindouf, à 1.800 kilomètres d’Alger, près des frontières du Maroc et du Sahara occidental, abrite de nombreux camps de réfugiés sahraouis, ainsi que le siège d’administrations de la République arabe sahraouie démocratique (RASD), proclamée en 1976 par les indépendantistes du Front Polisario.

    Le Polisario, soutenu par Alger, réclame l’indépendance du Sahara occidental, revendiqué par le Maroc qui en occupe la majeure partie depuis 1975.

    Béchar, à 1.000 kilomètres environ au sud-ouest d’Alger, abrite une importe base militaire, près de la frontière fermée entre l’Algérie et le Maroc, les deux frères ennemis du Maghreb.

    Une série de crashs
    Aucune hypothèse n’a été pour l’heure avancée pour expliquer l’accident.

    Plusieurs appareils de l’armée algérienne se sont écrasés ces dernières années, faisant des dizaines de victimes. Le plus grave de ces dernières années remonte à février 2014 : 77 personnes − militaires et membres de leurs familles − avaient péri dans l’accident d’un Hercules C-130, appareil de transport de l’armée algérienne, qui s’était écrasé alors qu’il survolait le mont Fortas, près d’Oum El Bouaghi (500 kilomètres à l’est d’Alger).

    Une personne avait survécu. Le ministère de la Défense avait attribué l’accident aux mauvaises conditions météorologiques.

    Plus récemment en 2016, 12 militaires algériens ont été tués dans l’accident de leur hélicoptère qui s’était écrasé dans le sud du pays en raison d’une panne technique.

    En novembre 2014, un chasseur MiG-25 de l’armée algérienne s’était écrasé lors d’un entraînement à 200 kilomètres au sud d’Alger, après que son pilote se fut éjecté. Un mois auparavant, un bombardier Sukhoï-24 s’était écrasé lors d’un entraînement au sud d’Alger, tuant les deux militaires à bord.

    En décembre 2012, deux pilotes de l’armée de l’air algérienne avaient péri dans la collision en plein vol de leurs deux avions de combat au cours d’un entraînement à Tlemcen, dans l’extrême ouest algérien.

    Un mois auparavant, six personnes – cinq militaires et un représentant de la Banque d’Algérie – avaient été tuées dans la chute d’un appareil CASA C-295 de l’armée de l’air algérienne, dans le sud-est de la France, un accident attribué à une accumulation de givre.

    (Avec AFP)



  • Agression de Damas
    Le gouvernement syrien n’avait aucun intérêt à utiliser des armes chimiques. Selon lui, les russes auraient été alertés par Trump qui auraient alerté Assad pour qu’il n’y ait pas de victimes des frappes sur les sites ciblés. Les cibles concernaient essentiellement des anciennes bases qui n’étaient pas en fonction. Les gendarmes de l’OTAN avaient perdu la partie et devaient intervenir dans la cadre d’une opération de communication grotesque pour montrer qu’ils existent encore. Les turcs et les anglais auraient participé à ce montage.

    Je rappelle que la Turquie d’Erdogan soutient cette intervention (ce qui n’est guère étonnant de la part d’un Etat membre de l’OTAN qui finance Daesh et qui massacre les kurdes !).

    Ces interventions et frappes sur des pseudo-sites chimiques en Syrie, est-ce pour détruire les preuves du montage des puissances coloniales ? Des sites dont on nous dit qu’ils sont obsolètes ou utilisés par des rebelles !

    https://youtu.be/6ZtR5188IdU

    https://francais.rt.com/entretiens/49754-alain-corvez-syrie-faucons-americains-une-seule-issue-guerre

    Alain Corvez : en Syrie, « les faucons américains ne voient qu’une issue, la guerre » (VIDEO)
    13 Apr 2018 | 13 avr. 2018
    L’ex-conseiller en relations internationales au ministère français des Affaires étrangères estime que les Occidentaux, en échec, optent pour la politique du pire en Syrie. Mais pour cela, ils doivent, selon lui, manipuler leur opinion publique.
    Ancien conseiller du général commandant la Force des Nations unies déployée au Sud-Liban (FINUL) et ancien conseiller en relations internationales au ministère français des Affaires étrangères, Alain Corvez se montre très inquiet face aux risques d’embrasement et d’extension international du conflit en Syrie.

    Tout ceci est le résultat des échecs de la stratégie américaine

    « Tout se prépare pour qu’il y ait une intervention. Je souhaite qu’au dernier moment elle soit annulée, parce qu’elle entraînerait des conséquences incalculables », constate-t-il, soulignant qu’on ne pouvait menacer la Russie, puissance nucléaire, de frappes, comme l’a fait Donald Trump le 11 avril dernier. « Tout ceci est le résultat des échecs de la stratégie américaine, dans le monde en général, mais tout particulièrement au Moyen-Orient », explique-t-il, avant de poursuivre : « Les faucons américains ne voient qu’une issue : la guerre. »

    Pour autant, en cas de frappes occidentales en Syrie, en sa qualité d’ancien militaire, Alain Corvez doute de la capacité des Occidentaux à non seulement se coordonner mais aussi à identifier clairement des cibles stratégiques réelles. « On sait aujourd’hui depuis la libération de la Ghouta que l’armée syrienne a découvert des laboratoires artisanaux mais très sophistiqués de fabrication d’armes chimiques par les djihadistes », souligne-t-il, mettant en doute l’objectif retenu par Emmanuel Macron de frapper le supposé potentiel chimique de Damas.

    Est-ce qu’on déclare la guerre sans même consulter les citoyens ?

    Aussi, Alain Corvez souligne l’importance déterminante de la fabrique du consentement de la population des pays occidentaux. Selon lui, l’opinion publique occidentale est intoxiquée par ses médias. « Tout ceci est très grave parce que nous sommes à la veille d’une attaque qui pourrait être le début d’une guerre mondiale », prévient-il. Et de s’interroger : « Est-ce qu’on déclare la guerre contre l’avis ou sans même consulter les citoyens des pays qui partent en guerre ? C’est quand même le principe de base de la démocratie. »

    Lire aussi : Si des frappes françaises étaient décidées en Syrie, vous ne le saurez pas


  • Écouter et lire Russia Today pour comprendre avant clôture.
    Un des rares médias en France qui nous donnent des arguments et des informations crédibles.

    https://francais.rt.com/international/49783-frappes-syrie-ont-ete-menees-violation-droit-international-poutin

    Selon Vladimir Poutine, les frappes en Syrie ont été menées en violation du droit international
    14 Apr 2018 | 14 avr. 2018
    Un missile fend le ciel de Damas dans la nuit du 13 au 14 avril
    Un missile fend le ciel de Damas dans la nuit du 13 au 14 avrilSana / Reuters
    Dans une déclaration, le président russe a estimé que les frappes menées par la France, le Royaume-Uni et les Etats-Unis contrevenaient au droit international et la charte de l’ONU. Moscou demande une réunion d’urgence du conseil de sécurité à l’ONU.
    Vladimir Poutine a estimé dans une déclaration que les frappes des Etats-Unis, de la France et du Royaume-Uni en Syrie à l’encontre de Damas, dans la nuit du 13 au 14 avril, avaient été menées en violation du droit international et de la charte des Nations-unies.

    Le président russe a condamné ces attaques en Syrie « où les forces russes aident le gouvernement légitime à combattre les terroristes. »

    Vladimir Poutine juge par ailleurs que l’escalade des tensions dans le dossier syrien produit un effet dévastateur sur la qualité des relations internationales.

    Les Etats-Unis empirent la situation, selon Poutine
    Il ajoute que les actions des Etats-Unis empirent la catastrophe humanitaire syrienne et imposent des souffrances aux populations civiles.

    Mais pour le président russe l’Histoire rendra compte de ces actions, « de la même manière qu’elle retenu la culpabilité de Washington pour les massacres en Yougoslavie. »

    Selon lui, ces actions n’auront pour effet que d’accélérer une nouvelle vague de réfugiés qui fuient la Syrie et la région alentour.

    Vladimir Poutine estime que Washington a lancé « une agression contre un Etat souverain qui se trouve actuellement en première ligne de la lutte contre le terrorisme. »

    Un réunion d’urgence à l’ONU voulue par Moscou
    La Russie a également annoncé convoquer une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU : « La Russie convoque une réunion d’urgence du Conseil de sécurité de l’ONU pour évoquer les actions agressives des Etats-Unis et de leurs alliés », a fait savoir le Kremlin dans un communiqué.

    Lire aussi : Les premières images des frappes occidentales en Syrie (PHOTOS, VIDEOS)


  • Les SALAUDS, ils ont lâché leurs bombes sur Damas !
    Après une victoire diplomatique écrasante de Poutine pour rétablir une paix durable dans la région du Moyen-Orient, les 3 pays complotistes la GB, la France et les États-Unis, avec leurs alliés Israël et l’Arabie Saoudite nous prouvent qu’ils sont les maîtres du monde et ont montré encore une fois qu’avec des mensonges, ils sont capables d’intervenir de façon unilatérales pour détruire le monde.
    Ça fait longtemps que les puissances coloniales, les sionistes, les russophobes veulent la tête du Président de Syrie.
    Coût de l’opération estimée pour l’instant rien que pour 103 missiles largués sur des sites militaires : 30 millions d’euros dont 71 interceptés et détruits par l’armée syrienne.

    J’attends la suite du bilan (escalade et victimes de la guerre)
    Je déplore que certains groupes de gauche et d’extrême gauche soient complices de complot ! Ceux-là même qui prétendent lutter pour la cause palestinienne ! Indignations à géométrie variable ! Quand il s’agit du massacre des palestiniens et des yéménites, ils se prosternent !

    De Gaulle doit se retourner dans sa tombe et la France est définitivement anti-gaulliste.
    Desormais, nous sommes tous anticomplotistes !
    NRobin

    Avant que RT France ne soit censurée car non alignée sur les médias-mensonge et les stratégies de l’OTAN :

    https://francais.rt.com/international/49759-syrie-frappee-alors-quelle-avait-chance-avenir-pacifique

    La Syrie frappée alors qu’elle avait « une chance d’avoir un avenir pacifique », regrette la Russie
    14 avr. 2018, 06:05

    La Syrie frappée alors qu’elle avait « une chance d’avoir un avenir pacifique », regrette la Russie© Yiannis Kourtoglou Source : Reuters
    Un avion militaire français dans une base britannique à Chypre, le 14 avril 2018 (illustration)

    La Syrie, qui a résisté pendant des années à « une agression terroriste », a été frappée par une opération militaire occidentale alors qu’elle avait « une chance d’avoir un avenir pacifique », a déploré le ministère russe des Affaires étrangères.

    « Un coup a été porté contre la capitale d’un Etat souverain qui a tenté pendant de nombreuses années de survivre au milieu d’une agression terroriste », a écrit sur Facebook la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères, Maria Zakharova, réagissant aux frappes menées par Washington, Paris et Londres ce 14 avril. Les frappes occidentales contre la Syrie interviennent « au moment où elle avait une chance d’avoir un avenir pacifique », a-t-elle déclaré, se référant au fait que les forces gouvernementales syriennes soutenues par la Russie ont repris une grande partie des territoires qui étaient tenus par les groupes rebelles islamistes.

    Dans la nuit du 13 au 14 avril, Washington, Paris et Londres ont mis leurs menaces à exécution et ont mené des frappes contre les autorités syriennes, en représailles à l’attaque chimique présumée dans la Ghouta, que ces pays attribuent à Damas.

    Les Occidentaux s’appuient, pour accuser les autorités syriennes, sur l’organisation controversée des Casques blancs, qui avait dénoncé un recours au chlore, ce qui a été immédiatement démenti par les médias publics syriens. Le tout aussi controversé Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH) avait en outre fait état de dizaines de cas de suffocation, dont certains mortels, sans toutefois se prononcer sur l’emploi ou non d’armes chimiques.

    La Russie, pourtant, affirme détenir les « preuves irréfutables » de la mise en scène de cette supposée attaque chimique dans la Ghouta.

    Lire aussi : Les premières images des frappes occidentales en Syrie (PHOTOS, VIDEOS)

    • Respect pour nos excellents experts en géopolitique et visionnaires : Michel Collon, Jean Bricmont, François Asselineau, Bruno Guigue, Jean Lassalle, et bien d’autres fort heureusement non alignés sur les stratégies de guerres et la politique de l’OTAN

    • Manifestations en GB et en Grèce et ce n’est que le début. En France, il ne faut pas y compter, la propagande des médias-mensonge a fait ses preuves !

    • Les turques sont mal-gouvernés !
      08h01 CET
      Le ministère des Affaires étrangères turc a jugé « appropriées » les frappes contre la Syrie. « Nous saluons cette opération qui soulage la conscience de l’humanité tout entière face à l’attaque de Douma que tout porte à attribuer au régime syrien », a affirmé un communiqué du ministère turc des Affaires étrangères.


  • https://media.ouest-france.fr/v1/pictures/9f8152978690bac1fffa70a3e4f35879-the-voice-la-chanteuse-mennel-sera-totalement-coupee-au-montage.jpg?width=375&height=211&fill=0&focuspoint=48%2C34&cropresize=1

    Mennel, une jeune artiste chanteuse de 22 ans d’origine syrienne qui porte le foulard, victime du FN et des anti-complotistes ?

    Elle a eu le malheur d’écrire sur sa page Facebookque "les vrais terroristes, c’est notre gouvernement" (comme le pense bon nombre d’internautes à cause de la politique va-en-guerre mené ile par ce gouvernement) , il lui est reproché d’avoir écrit des sottises sur le conducteur terroriste des attentats de Nice et surtout d’avoir partagé des postes de Tariq Ramadan et de Dieudonné.

    Et évidemment, c’est un FN Philippe Vardon qui la dénonce auprès du PDG de TF1.

    Alors mise en garde : si vous partagez du Dieudonné et du Tariq Ramadan, vous savez ce qui vous attend ! Bientôt, vous ne pourrez plus partager les débats contradictoires de l’émission CSOJ de Frédéric Taddéï !

    En France, l’heure est à la dictature de la pensée unique et des règlements de compte. NRobin

    Rappel des faits
    The Voice : Mennel virée : Les vraies raisons de son départ ! 9/02

    https://www.ouest-france.fr/medias/tf1/the-voice-polemique-autour-d-une-candidate-pour-ses-propos-apres-l-atte

    Polony/Glucksman sur MENNEL "on a fait d’elle une martyre"
    https://youtu.be/TnL7C78zaCQ

    Le conseiller régional et responsable du bassin niçois au FN, Philippe Vardon, annonce avoir écrit au PDG de TF1, rapporte Nice matin. Mais aussi à la société qui produit l’émission « pour leur demander son exclusion du programme ». ET son soutien à Tariq Ramadan et à Dieudonné !
    The Voice. Polémique autour d’une candidate pour ses propos après l’attentat de Nice inquiètent… Après avoir ébloui les spectateurs de TF1, lors de la diffusion du précédent épisode de The Voice, samedi 3 février, Mennel Ibtissem vient d’être rattrapée par une série de propos controversés et pour avoir partagé des publications de Dieudonné. "On me prête des intentions qui ne sont pas les miennes", a réagi la jeune femme tout en disant condamner "avec la plus grande fermeté le terrorisme".

    Samedi soir, pendant la diffusion du télé-crochet de TF1, Mennel Ibtissem, 22 ans, entonne l’ Hallelujah de Leonard Cohen. Bluffés par sa prestation, les spectateurs se penchent sur son histoire. Résultat ? Comme le raconte le quotidien Nice matin, ils exhument, depuis le compte Facebook de la jeune femme des publications qui risquent d’écorner son image.

    Face à la polémique naissante, la chanteuse a dans un premier temps fermé ses comptes personnels Facebook et Twitter. Son compte Facebook officiel, quant à lui, est toujours ouvert. Mais c’était sans compter sur la promptitude des internautes à multiplier les captures d’écran, qui prolifèrent, depuis, sur le net.

    Mennel Official
    5 février ·
    Depuis hier, je lis beaucoup de choses qui sont sorties de leur contexte.
    On me prête des intentions qui ne sont pas les miennes et qui ne reflètent aucunement ma pensée.

    Je suis née à Besançon, j’aime la France, j’aime mon pays. Je condamne bien évidement avec la plus grande fermeté le terrorisme. C’était la raison de ma colère. Comment imaginer défendre l’indéfendable !

    Je prône un message d’amour, de paix et de tolérance, la preuve en est mon choix de chanter Hallelujah de Léonard Cohen. Cette chanson illustre parfaitement le message que je souhaite faire passer en tant qu’artiste.

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    Ces mots qui ne passent pas
    Au lendemain de l’attentat de Nice du 14 juillet 2016, elle aurait publié sur son compte Facebook un message sans équivoque : « C’est devenu une routine, un attentat par semaine. Et toujours pour rester fidèle, le « terroriste » prend avec lui ses papiers d’identité. C’est vrai que quand on prépare un sale coup, on n’oublie surtout pas de prendre ses papiers ! » Le tout estampillé du hashtag « Ne nous prenez pas pour des c*** ».

    Quinze jours plus tard, au lendemain de l’attentat à l’église de Saint-Étienne-du-Rouvray, elle aurait ajouté, toujours sur Facebook, « les vrais terroristes, c’est notre gouvernement. » Une phrase aujourd’hui massivement relayée sur les réseaux, accompagnée de commentaires outrés. Manifestement, elle ne passe pas.

    Des soutiens gênants
    Dans un autre registre, son soutien affiché au polémiste Dieudonné ou encore à l’islamologue Tariq Ramadan, notamment par le biais de partages Facebook, interroge.

    Le conseiller régional et responsable du bassin niçois au FN, Philippe Vardon, annonce avoir écrit au PDG de TF1, rapporte Nice matin. Mais aussi à la société qui produit l’émission « pour leur demander son exclusion du programme ».

    « On me prête des intentions qui ne sont pas les miennes »
    En début de soirée ce lundi, la jeune femme a réagi sur sa page officielle. « Depuis hier, je lis beaucoup de choses qui sont sorties de leur contexte. On me prête des intentions qui ne sont pas les miennes et qui ne reflètent aucunement ma pensée », a-t-elle indiqué avant d’ajouter condamner « bien évidemment avec la plus grande fermeté le terrorisme »


  • Une exception à la ligne éditoriale de L’Express de l’époque ? NRobin

    https://www.lexpress.fr/actualite/monde/afrique/algerie-des-1955-francois-mauriac-denoncait-la-torture-dans-l-express_12015

    Algérie : dès 1955, François Mauriac dénonçait la torture dans L’Express
    Par François Mauriac, publié le 20/12/2012 à 16:16
    Algérie - Le 15 janvier 1955, François Mauriac publie dans l’Express un article abordant la question de la torture durant la guerre d’Algérie. (Photo : Les parachutistes du colonel Bigeard interrogent Omar Merouane, le 14 mars 1957)
    Algérie - Le 15 janvier 1955, François Mauriac publie dans l’Express un article abordant la question de la torture durant la guerre d’Algérie. (Photo : Les parachutistes du colonel Bigeard interrogent Omar Merouane, le 14 mars 1957A
    AFP/J. Grevin
    Le 15 janvier 1955, dès le début de la guerre d’Algérie, et quelques semaines après l’envoi des premiers renforts français dans les Aurès, L’Express aborde, sous la plume de François Mauriac, la question de la torture. Nous publions ici l’intégralité de cet article.
    [Archives] Dans L’Express du 15 janvier 1955, François Mauriac aborde la question de la torture. Il rapporte, sous la forme d’un dialogue, le témoignage d’un ami de Constantine. Celui-ci raconte « le baquet d’eau sale où la tête est maintenue jusqu’à l’étouffement », « le courant électrique sous les aisselles et entre les jambes », « l’eau souillée introduite par un tuyau dans la bouche ».

    L’écrivain l’écoute. L’Express sera désormais à la pointe du combat contre la torture. Au nom d’une vision humaniste que partagent avec François Mauriac les grandes signatures du journal. Le titre de ce premier article de l’écrivain est le même qui sera choisi trois ans plus tard, en 1958, par l’éditeur du livre d’Henri Alleg sur le même sujet : La Question. La torture peut-elle être considérée comme un mal nécessaire à la lutte contre le terrorisme ? Français Mauriac choisit de répondre non.

    L’Express du 15 janvier 1955

    « Je hais cruellement la cruauté, et par nature et par jugement, comme l’extrême de tous les vices. » Montaigne (Livre II, Ch. 11). « C’est à Moi que vous l’avez fait. » Matt. XXV, 40.

    – Vous seul pouvez parler... Vous seul.
    Je détourne la tête. Que de fois l’aurai-je entendu ce « vous seul » ! Mes ennemis croient que je cède à la passion d’occuper la scène. Je soupire :
    – Il faudrait des preuves. On n’a jamais de preuves.
    – Moi, j’ai vu, dit l’homme.
    Je l’observe à la dérobée : je connais bien ce regard : celui de mon ami R., celui de ce prêtre de la Mission de France qui travaille dans la région de Constantine, le regard de ceux qui ont vu de leurs yeux, qui ne peuvent plus penser à rien d’autre ; toutes les fleurs du monde sont flétries pour eux. Des obsédés, bien sûr. Moi-même, je commence à la subir, cette obsession, mais un écrivain est habile à s’évader. J’insiste, presque suppliant :
    – À quoi bon, puisque « ça » ne laisse pas de traces !
    – Ils n’ont pas renoncé aux coups de nerf de boeuf, vous savez ! Mais la baignoire, ou plutôt le baquet d’eau sale où la tête est maintenue jusqu’à l’étouffement, mais le courant électrique sous les aisselles et entre les jambes, mais l’eau souillée introduite par un tuyau dans la bouche jusqu’à ce que le patient s’évanouisse...
    – Ce n’est pas possible, dis-je.
    – Mais oui : comme pour la Brinvilliers, comme pour Damiens... Cela ne laisse guère de traces en effet, non plus que les goulots de bouteille enfoncés...

    Je l’interromps :
    – Je sais... d’autres m’ont raconté. Mais pourquoi ? pourquoi ?
    – Il s’agit d’obtenir des suspects (et je ne prétends certes pas qu’ils soient tous innocents) l’aveu de leur participation directe ou indirecte au terrorisme. Mais surtout, on attend d’eux qu’ils dénoncent leurs camarades. Je me rappelle celui qui avait fini par céder : il était fou de désespoir et de honte : « Je suis déshonoré, gémissait-il, je les ai livrés... ». Songez que ces tortures sont coupées d’interrogatoires qui se prolongent durant des heures et on les laisse presque toujours sans nourriture. Alors ils signent n’importe quoi.

    – Mais... les juges ?
    – Oh ! avant de les conduire au palais de Justice, on rend les victimes présentables... Un rien de toilette, quoi ! Il n’empêche qu’au début de novembre les comparutions avaient lieu très tôt ou très tard pour qu’il n’y eût pas de témoins. Le 12 novembre à 7 heures du matin, ma femme, qui faisait le guet, a tout de même vu des garçons encore tout sanglants, à leur entrée chez le juge.
    – Sans avocat ? Je croyais que la présence de l’avocat était exigée par la loi.
    – Nous ne sommes prévenus ni de l’heure ni du jour de la comparution. Pour avoir quelque chance d’assister un client, j’ai dû faire le guet, moi aussi, à la porte du juge : oui, huit heures d’affilée...
    – La police a donc le droit de détenir un individu plus de vingtquatre heures sans le déférer au magistrat ? On m’avait pourtant dit...
    – L’article 114 du code pénal réprime en effet la séquestration arbitraire.

    – Mais là encore, comment faire la preuve ?
    – Oh ! très aisément ; il suffit de rapprocher deux dates : celle de l’arrestation et celle du mandat de dépôt ou de l’ordonnance de mise en liberté.
    – Alors pourquoi ne pas déposer plainte ?
    – Croyez-vous que les victimes s’en privent ? Des plaintes ? Combien n’en a-t-on pas déposé ! Aucune n’a jamais été instruite. Vous entendez bien : aucune, à ma connaissance, du moins. Pauvres « citoyens français » ! Ils n’ont pas plus de recours que nos « protégés ».
    – Écoutez, je me rappelle qu’une fois au moins vous vous êtes trompé. France-Maghreb était intervenu en faveur de Moulaï Merbah, secrétaire général d’une fraction du MTLD. Le ministre de l’Intérieur a eu la preuve qu’il s’agissait d’une erreur, que ce suspect n’avait pas été torturé.

    – Oui, et Mitterrand était de bonne foi. C’est lui qui a été dupe. Je connais bien toute l’histoire : Moulaï Merbah ne fut conduit devant le doyen des juges d’instruction que le 5 novembre et ce fut le 9 que son avocat, depuis cinq jours à Alger, put enfin communiquer avec lui et apprit de sa bouche les tortures qu’il avait endurées. Son dos était couvert de plaies ouvertes ou à peine fermées. Un gardien de prison affirma que l’accusé était dans cet état-là lorsqu’il avait été écroué. Mais le médecin légiste, invité à l’examiner, fut d’avis que Moulaï Merbah se portait le mieux du monde : c’est ce certificat qu’a eu entre les mains le ministre de l’Intérieur.

    – Vous voyez ! La preuve irrécusable fera toujours défaut.
    – Non ! Pour beaucoup de cas, nous avons des témoins. Ma femme a vu la poitrine blessée d’Abd el-Haziz. Le juge a consenti à appeler un médecin légiste, mais non à ce que l’examen ait lieu en présence d’un professeur de la Faculté d’Alger. Je pourrais vous raconter l’histoire d’Adad Ali, conseiller municipal d’Alger, dont journalistes, avocats, magistrats qui se trouvaient dans le couloir quand on l’amena, constatèrent l’état d’hébétude. À la face, aux jambes, les traces de coups étaient visibles. Le juge convoqua sur l’heure un médecin. Et Laichaoui, l’ami de Mme Mounier, de Domenach, du professeur Madouze, comment douterions-nous de sa parole quand il raconte ce qu’il a subi ?

    Nous nous taisons. L’homme rêve un instant, puis il dit :
    – La détention en elle-même, quelle torture ! On parle d’Oudjda. Si vous connaissiez la prison de Tizi-Ouzou ! Les détenus y sont parqués à soixante et onze dans des pièces de cent cinq mètres carrés. Il leur est interdit d’ouvrir la bouche, fût-ce pour prier. Des « droit commun » les surveillent : l’école de Himmler, quoi ! Quel héritage !
    Encore un silence et j’entends de nouveau l’éternelle parole :
    « Vous seul... Si les gens savaient... Vous, ils vous croiront. »
    Je secoue la tête :
    – Mais non ! ils s’irritent au contraire de ce qu’on les oblige à voir ce qu’ils sont résolus à ignorer. Ils admettent que toute civilisation repose sur une horreur cachée : prostitution, traite des femmes, police des moeurs, maisons de correction, geôles pour les fous et les idiots, toutes les tortures : c’est le mal nécessaire. Malheur à qui ose en parler ouvertement ! Les Aztèques scellaient des débris humains dans les pierres du temple élevé à la gloire du dieu Soleil.

    – Mais nous ne sommes pas des Aztèques.
    – Non, bien sûr ! Nous sommes les Français de cette France dont les meilleurs fils, de génération en génération, ont mieux compris qu’aucun autre peuple et mis en pratique le Sermon sur la montagne, Nous sommes cette France qui a proclamé les Droits de l’Homme à la face d’une Europe enivrée.
    – ... Oui, et dire que, pour la plupart de ceux que nous faisons souffrir, la France reste cette France-là !
    – Les bourreaux n’auront donc même pas l’excuse des conquérants, car ce n’est pas par la force, c’est par son message humain que la France reste conquérante : en la déshonorant, ils la désarment.

    Il soupire : « Les bourreaux perdront tout ! » Il se lève, me tend la main, hésite et d’une voix timide :
    – Avez-vous lu mon livre sur les Malgaches ?
    Je baisse la tête. Il insiste :
    – Les parlementaires malgaches... Ils sont innocents, vous savez ! Ils souffrent depuis des années. L’un d’eux s’affaiblit, va peut-être mourir. Ce sont des chrétiens, vos frères. Vous devriez...
    Je réponds : « Oui... oui... » Je l’accompagne jusqu’à la porte. Me voici seul. J’ouvre distraitement l’album des disques de Mozart, les Sonates pour piano interprétées par Gieseking, que J... m’a rapporté de New York. J’en choisis un... Mais non : l’horreur de ce que j’ai entendu emplit encore la pièce. Cette musique du ciel n’est pas pour moi. Je suis comme un homme qui a pris part, sans le vouloir, à un crime et qui hésite à aller se livrer.

    Extrait de Algérie, la désillusion, L’Express Roularta éditions, 2011.


  • « Cheminots, tenez bon et merci pour nous ! »

    Mme Elisabeth.BORNE ministre des transport déclare « la SNCF ne sera jamais privatisée....!!!  ».

    Pipeau ! Ouvrir l’ensemble du réseau ferré à la concurrence implique de privatiser la SNCF !

    Revoir le statut des cheminots est un prétexte et une étape obligée pour parvenir à cet objectif.

    Soutenir tous les grévistes du service public, et demander l’abrogation pure et simple de la réforme du statut des cheminots revient à défendre nos acquis contre toute tentative de destruction par les pouvoirs capitalistes. NRobin

    A lire dans le Monde Diplomatique d’avril 2018

    – Page 1 Anicet Le Pors les fonctionnaires voilà l’ennemi P10-11

    – Page 9 Pierre Rimbert l’Intérêt général de la casse

    – Page 13 benoit Duteurtre le chemin de fer coûte trop cher



  • http://www.chroniquepalestine.com/syrie-la-machine-fabriquer-des-preuves

    Syrie : la machine a fabriquer des preuves
    10 avril 2018
    Photo : archives
    Patrouille de l’armée syrienne dans un quartier de Homs dévasté par les combats - Juillet 2013 - Photo : archives
    Abdel Bari Atwan – Les Russes avaient averti il ​​y a plusieurs semaines qu’un incident chimique serait monté de toutes pièces pour justifier une attaque américaine contre la Syrie.
    Un tir de missiles américains sur la Syrie est-il imminent – ciblant peut-être la capitale Damas cette fois ? C’est certainement l’impression donnée par le président américain Donald Trump lorsqu’il a accusé le président russe Vladimir Poutine et l’Iran de l’utilisation présumée d’armes chimiques dans la ville de Douma, prétendument en soutien au président Bachar al-Assad – qu’il a qualifié d’ « animal », et menacé d’un « prix à payer » par tous.

    L’Union européenne a rapidement emboîté le pas, déclarant que « le régime Assad » était responsable de l’attaque chimique dans le district de la Ghouta orientale, et des déclarations similaires émaneront probablement de divers gouvernements européens et de pays comme le Canada et l’Australie. C’est devenu la procédure normale pour préparer l’opinion publique à une action militaire, avant même que des enquêtes internationales impartiales aient même commencé à établir la vérité ou à identifier les auteurs.

    L’équipe de sécurité nationale de Trump se réunissait dimanche soir pour envisager de répondre à l’attaque chimique. La décision semble déjà avoir été prise, donc aucune considération réelle n’est nécessaire, autre que sur l’ampleur et la nature de la frappe et des cibles qui devraient être touchées en Syrie. Nous pouvons nous réveiller lundi matin aux nouvelles que l’attaque prévue a eu lieu.

    Thomas Bosert, le conseiller de Trump en matière de sécurité intérieure et d’antiterrorisme, a déclaré dimanche dans une interview à la télévision américaine qu’il n’excluait rien et que l’administration « examinait l’attaque à ce stade », tout en décrivant les images de l’incident chimique comme « horribles. »

    Le ministère syrien des Affaires étrangères a nié toute utilisation d’armes chimiques dans la Ghouta et a accusé les médias de s’être alignés sur Jaish al-Islam pour fabriquer l’histoire afin d’impliquer l’armée syrienne. L’armée a fait des progrès constants dans la région et est sur le point d’éliminer les poches restantes d’hommes armés. Elle a conclu un accord avec les combattants de Jaish al-Islam à Douma, dernier bastion du groupe, leur offrant un passage sûr vers Jarablus ou Idlib en échange de l’abandon de leurs postes et de la libération de 3500 prisonniers.

    Il y a deux semaines, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a déclaré qu’il s’attendait à ce que des groupes armés syriens « fabriquent » une attaque chimique afin de donner à Trump un prétexte pour frapper des cibles syriennes, tandis que le président français Macron menaçait d’intervenir militairement si était avérée l’utilisation d’armes chimiques.

    Une source officielle citée par l’agence de presse officielle SANA a noté que « l’armée avance rapidement et résolument dans la Ghouta et n’a pas besoin d’utiliser des armes chimiques, comme le prétendent certaines chaînes de télévision soutenant les terroristes ». La même agence a ajouté que « les terroristes et leurs commanditaires avaient également proféré de fausses accusations sur l’utilisation d’armes chimiques par l’armée à Alep, mais celles-ci n’avaient pas fonctionné à l’époque et ne fonctionneront pas plus maintenant dans la Ghouta orientale. » De telles déclarations reflètent une grande confiance en soi.

    La grande question maintenant n’est pas de savoir si les Américains vont attaquer – cela semble presque certain – mais comment les Russes réagiront. Déploieront-ils leurs missiles de défense antiaérienne S-400 pour protéger les sites militaires et de sécurité à Damas où sont stationnés des conseillers russes, comme l’a récemment averti le chef d’état-major russe ?

    Nous ne pouvons pas non plus répondre à cette question, qui est probablement un secret militaire de premier ordre. Mais cela ne nous surprendrait pas, si les dirigeants russes réagissaient différemment cette fois – à moins que les frappes américaines ne se révèlent purement de l’esbroufe, comme le barrage de 59 missiles de croisière lancés l’année dernière sur la base aérienne de Shueirat près de Homs, sous le prétexte qu’elle aurait servi de base de lancement d’un bombardement chimique sur Khan Sheikhoun dans la campagne autour d’Idlib. La frappe de missiles a entraîné des dommages matériels négligeables.

    Les États-Unis ont essuyé une défaite majeure en Syrie, comme Trump l’a reconnu ouvertement il y a quelques jours quand il a déclaré qu’il retirerait ses forces du pays après que les États-Unis eurent dépensé 70 milliards de dollars et n’aient rien gagné en retour.

    Le président américain se comporte comme un taureau enragé, s’en prenant sans réfléchir à gauche et à droite. Il se prépare peut-être à commettre une grande folie en Syrie pour se venger de la défaite du projet américain face à la Russie. S’il le fait, il ne fera qu’aggraver sa défaite politique et militaire. C’est lui et le cabinet de guerre ouvertement raciste – dont il s’est entouré qui l’encourage à devenir encore plus imprudent – qui auront un « prix à payer ».

    A1* Abdel Bari Atwan est le rédacteur en chef du journal numérique Rai al-Yaoum. Il est l’auteur de L’histoire secrète d’al-Qaïda, de ses mémoires, A Country of Words, et d’Al-Qaida : la nouvelle génération. Vous pouvez le suivre sur Twitter : @abdelbariatwan