• Psychopathologie de l’invasion zombie : le cas du quisling

    Dans le roman World War Z, Max Brooks invente une maladie mentale propre à l’invasion Zombie : les quilings. Ce terme se référant à Vidkun Quisling, un politicien Norvégien ayant collaboré avec le régime nazi, est devenu un synonyme de « traître » dans le monde anglophone. Ainsi, il fut utilisé par l’auteur pour désigner des humains qui se mettent à se comporter littéralement comme des zombies en attaquant et en mordant les autres. Dans cet article nous allons voir que cette figure psychopathologique fictionnelle servira finalement à donner corps à un propos universaliste sur la nature humaine. Un propos qui, on peut s’y attendre, sera à la hauteur des sombres situations qu’une apocalypse Zombie met en scène.

    #zombie #zombi #mort-vivant #psychanalyse #Max_Brooks
    http://www.jcdardart.net/index.php?article9/psychopathologie-de-l-invasion-zombie-le-cas-du-quisling


  • Le concept d’#identité #narrative de #Ricoeur est vraiment une belle trouvaille

    Sans le secours de la narration, le problème de l’identité personnelle est en effet voué à une antinomie sans solution : ou bien l’on pose un sujet identique à lui-même dans la diversité de ses états, ou bien l’on tient, à la suite de Hume et de Nietzsche, que ce sujet identique n’est qu’une illusion substantialiste […] Le dilemme disparaît si, à l’identité comprise au sens d’un même (idem), on substitue l’identité comprise au sens d’un soi-même (ipse) ; la différence entre idem et ipse n’est autre que la différence entre une identité substantielle ou formelle et l’identité narrative. […] À la différence de l’identité abstraite du Même, l’identité narrative, constitutive de l’ipséité, peut inclure le changement, la mutabilité, dans la cohésion d’une vie. Le sujet apparaît alors constitué à la fois comme lecteur et comme scripteur de sa propre vie selon le vœu de Proust. Comme l’analyse littéraire de l’autobiographie le vérifie, l’histoire d’une vie ne cesse d’être refigurée par toutes les histoires véridiques ou fictives qu’un sujet se raconte sur lui-même. Cette refiguration fait de la vie elle-même un tissu d’histoires racontées. […] L’identité narrative n’est pas une identité stable et sans faille ; de même qu’il est possible de composer plusieurs intrigues au sujet des mêmes incidents […] de même il est toujours possible de tramer sur sa propre vie des intrigues différentes, voire opposées. […] En ce sens, l’identité narrative ne cesse de se faire et de se défaire

    Ricoeur, P. (1985) Temps et récits III, Le temps raconté, éditions du Seuil


  • Le Facebookenstein, la Compassion Team et le suprême Leader Snooze.

    C’est ce moment que traverse Facebook actuellement. Le dernier emballement médiatique s’est cristallisé autour de la conférence de Chamath Palihapitiya, ex VP chargé de la croissance de l’audience, dans une conférence repérée par The Verge, et où il n’a pas de mot assez durs pour qualifier « cette merde » (sic). Cet article du Monde vous raconte tout ça très bien.

    A partir de là on est allé exhumer d’autres déclarations d’autres anciens responsables de Facebook ou de chez Google, et on a bien sûr fait le rapprochement avec ce mouvement qui touche depuis bientôt deux ans les ingénieurs de la Silicon Valley qui traversent une crise de conscience en mode « rholala on s’est gavé de thunes mais est-ce qu’on n’a pas un peu programmé et interfacé des trucs moisis qui auraient tendance à abrutir les gens ? » Bref une sorte de révélation christique à la Claudel mais avec Patrick Le Lay dans le rôle de Jesus, et à l’envers.

    S’il fallait dater au carbone 14 ce mouvement, on pourrait le faire commencer fin Juin 2016. Juin 2016 c’est la publication remarquée du bouquin "Chaos Monkeys" où un ancien chef de produit de chez Facebook révélait notamment comment Facebook mentait sur sa capacité et ses stratégies d’influence ainsi que sur la volumétrie et l’ampleur des données recueillies sur les utilisateurs. En Juin 2016 c’est aussi un repenti ex « philosophe produit » ("Design ethicist") de chez Google, Tristan Harris, qui nous livrait ses confessions, nous racontait les cours de « persuasion technologique », et comment il avait du remords et comment il partait fonder son label « Time Well Spent » après avoir passé des années à imaginer des stratégies et des interfaces capables de siphonner du temps de cerveau disponible à grands coups de captologie et de notifications.

    http://affordance.typepad.com//mon_weblog/2017/12/facebookenstein.html


  • Dans son livre “Le Corps-Marché”, la sociologue canadienne Céline Lafontaine, professeure à l’université de Montréal, dénonce la “bioéconomie”, une économie fondée sur la marchandisation du corps.

    S’attachant en particulier à l’industrie biomédicale, Céline Lafontaine délivre une enquête documentée et pragmatique sur les enjeux de la bioéconomie. Elle éclaire les règles d’un marché mondialisé du corps humain, dont les éléments (sang, ovules, cellules, tissus…) sont de plus en plus marchandisés, comme dans l’industrie de la procréation. Par-delà les clivages éthiques que tous ces débats suscitent entre les citoyens – par exemple au sujet de la gestation pour autrui –, elle consigne précisément les enjeux réels de cette bioéconomie souveraine. Un éclairage à partir duquel les positions éthiques de chacun peuvent s’ajuster en fonction de plusieurs conceptions possibles de la liberté et de l’égalité

    http://www.lesinrocks.com/2014/05/21/actualite/societe/bioeconomie-cest-stade-ultime-du-capitalisme-11505911
    #corps #marchandise #capitalisme #procreation #organe


  • Contrairement à certaines idées reçues, Marx appartient bien aux philosophes qui font du corps un enjeu fondamental : son matérialisme est un matérialisme de la pratique et la pratique ne peut être pensée de façon non idéaliste sans qu’un rôle déterminant revienne au corps. La critique de l’Économie politique, elle aussi, accorde au corps un rôle décisif : l’exploitation capitaliste n’est pas possible sans coercition corporelle et la critique du salariat ne peut être menée à bien sans examen de ses effets délétères sur les corps. Dans le marxisme et, plus généralement, dans la pensée critique, l’enjeu est double. Enjeu politique, d’une part, puisque si la domination et l’oppression passent par les corps, la critique suppose une analytique des corps. Enjeu théorique, d’autre part, dans la mesure où la référence au corps vaut comme un argument contre un certain nombre de présupposés idéalistes et harmonicistes que l’on trouve parfois chez les fondateurs des sciences humaines, et aussi contre les préjugés de l’antinaturalisme philosophique et sociologique de nos contemporains : le monde social n’est pas constitué seulement par des représentations, des règles, des signes et des interprétations, mais aussi par des corps, et ceux-ci ne sont pas seulement des instruments d’action ou des habitudes sédimentées, des désirs et des schèmes corporels socialement construits ; ils consistent en outre en des processus dynamiques susceptibles de résister à l’appropriation sociale et culturelle dans des expériences de la souffrance ou du refus susceptibles d’ouvrir des lignes de fuite. Ni matière infiniment malléable par les normes, ni simple réceptacle des intériorisations sociales, le corps est le lieu matérialiste d’une subjectivité qui n’est pas non plus à concevoir comme une source naturelle de subversion révolutionnaire. Lieu où s’incarnent et se reproduisent dominations et oppressions, il ne constitue ni l’origine, ni le lieu principal des résistances, mais simplement l’un des facteurs importants et l’un des compagnons fréquents de l’agir protestataire. Pour identifier cette ambivalence politique du corps, les traditions marxistes et post-marxistes fournissent une aide incomparable.

    https://www.cairn.info/revue-actuel-marx-2007-1-page-14.htm
    #corps #marchandise #marx #travail #proletariat #capitalisme #foucault


  • L’axe Washington-Riyad-Tel-Aviv (7 décembre 2017)
    https://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2017-12-07-Jerusalem
    https://www.monde-diplomatique.fr/IMG/arton58236.jpg

    L’annonce par le président Donald Trump de sa décision de transférer l’ambassade des États-Unis de Tel-Aviv à Jérusalem ne suscitera pas beaucoup de réactions hostiles aux États-Unis : la plateforme du parti démocrate de 2016 réclamait en effet que la ville « demeure la capitale d’Israël » (comme si ce choix revenait aux États-Unis…) ; celle du parti républicain reconnaissait Jérusalem « comme la capitale éternelle et indivisible de l’État juif » et insistait pour que l’ambassade américaine y fût déplacée « conformément à la loi des États-Unis » (le Congrès a souvent voté des résolutions en ce sens, à des majorités écrasantes).

    De fait, depuis près de trente ans la position de Washington épouse presque systématiquement celle des dirigeants israéliens. Et la révélation d’une intervention d’un proche de M. Trump auprès de l’ambassadeur russe, destinée à empêcher le vote d’une résolution condamnant la colonisation israélienne de territoires palestiniens, a, bizarrement, été présentée comme une preuve (supplémentaire) des liens entre MM. Poutine et Trump alors qu’elle démontrait surtout la collusion entre le président américain et son gendre et le premier ministre israélien Netanyahou.

    Désormais, Israël peut également compter sur l’appui tacite de l’Arabie saoudite qui a fait de l’Iran son ennemi principal. Au point que le royaume a combattu la République islamique en Syrie (comme Israël), qu’il a tenté de déstabiliser le Liban (où le Hezbollah est allié à Téhéran) et qu’il livre une guerre impitoyable aux rebelles du Yémen soupçonnés d’appuyer l’Iran dans la région. Une guerre impitoyable et néanmoins « oubliée », qu’appuie Washington, dans le silence complice des chancelleries européennes, comme la France — dont les armes s’exportent toujours aussi bien dans le Golfe.


  • L’utilisation intensive des algorithmes dans l’industrie du numérique semble dessiner les contours d’un modèle de création de valeur sans intervention humaine. Voilà encore de quoi fabuler allègrement sur la « fin du travail ». Mais c’est précisément lorsque le mythe du « tout automatisé » semble se concrétiser qu’il se révèle illusoire. Car les machines, même apprenantes, laissent toujours vierge un territoire de tâches et d’activités.

    Les raters constituent une figure à la fois emblématique et peu connue du travailleur oeuvrant dans l’industrie de la donnée. On ne sait pas combien ils sont, encore moins qui ils sont.

    Étudiants, homeworkers, femmes au foyer, précaires des cinq continents, ils travaillent indirectement pour Google, Amazon ou Microsoft. Ils s’appellent eux-mêmes human raters quand le langage plus officiel des intitulés les baptise Internet evaluators ou Internet assessors. On connaît peu les entreprises de sous-traitance qui se chargent de rémunérer leurs prestations et d’organiser une vente de travail de masse, chronométré à la seconde près. Enfin, on ne sait pas toujours ce que font précisément ces raters, si ce n’est qu’ils travaillent en ligne sur leur propre outil de travail (un ordinateur ou un smartphone) et qu’ils sont payés pour compléter, faciliter ou évaluer le « travail » des algorithmes.

    https://theconversation.com/a-la-rencontre-des-raters-petites-mains-des-big-data-86484



  • Internet, raison et sentiments
    https://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-2eme-partie/internet-raison-et-sentiments
    http://media.radiofrance-podcast.net/podcast09/12360-28.12.2016-ITEMA_21179411-1.mp3

    Le web - et notamment via les réseaux sociaux - est devenu un espace majeur pour le partage des émotions. Les sentiments vécus lors de chaque événement, collectif ou privé, trouve un terrain d’expression sur le net. Mieux, si le partage de nos émotions est un élément fondamental de la vie sociale, le moyen numérique permettrait encore plus au groupe de bénéficier d’une expérience particulière. L’expression des émotions semble être néanmoins exacerbée dans cette relation dématérialisée. On constate en effet que l’émergence d’Internet modifie la définition sociale des émotions. Que devient notre vie émotionnelle dans un environnement qui exclut toute présence physique ? Quelles nouvelles formes d’échanges émotionnels Internet crée-t-il ? On en parle avec le sociologue Dominique Cardon.

    "La grande transformation numérique est en train de bouleverser la forme de l’espace public. Or, on applique à cette nouveauté beaucoup de critères, de raisonnements, d’interprétations qui viennent de la forme ancienne de l’espace publique. Et du coup, on a du mal à comprendre la nouveauté."

    #filter_bubble #personnalisation #médias_sociaux etc.

    Où j’apprends qu’il y a eu une tribune pour des États généraux du Web indépendant ? On a du en parler ici forcément.

    Et aussi que Google a mis en place un Google actu inversé (qui ne recense que les infos dont tout le monde se fout).

    J’irais chercher les liens plus tard.

    https://seenthis.net/messages/556350 via tbn


  • Pourtant, quand on regarde un peu le fonctionnement des services en ligne, force est de constater qu’à mesure qu’elle nous est assénée comme notre avenir le plus certain, la personnalisation ressemble chaque jour un peu plus à une illusion. En fait, ce qu’on tente d’adapter, ce n’est pas notre unicité à un service, mais les caractéristiques d’un service à de grands ensembles d’utilisateurs auxquels les systèmes tentent de nous faire correspondre peu ou prou. La publicité en ligne ne nous cherche plus nous, internautes uniques dans l’océan des logs, elle cible les cohortes auxquels nous correspondons : cohortes d’âges, de revenu, de résidences, d’intérêts… Hormis quand nous revenons d’un magasin en ligne, où elle s’affole pour nous montrer les produits qu’on a le plus souvent déjà acheté, la publicité nous montre, au mieux ce qu’ont vus nos cohortes d’amis, ce qu’ont vus des cohortes de gens censés nous ressembler, au pire ce que voit n’importe qui.

    Après avoir longtemps cherché à découvrir nos singularités, les grandes machineries du web semblent même avoir fait machine arrière sur la question de la personnalisation. Le moteur de recommandation de YouTube en fournit une très bonne illustration : les outils de personnalisation comme l’historique où les abonnements à des chaînes ont été peu à peu abandonné au profit d’outils qui produisent du consensus, de l’adhésion, de l’engagement. Le Time Watch, le temps passé des autres utilisateurs, et la fraîcheur des contenus, sont devenus les critères principaux de la recommandation. On vous recommande ce que les autres ont vu, viennent de voir, ce qu’ils sont censés avoir le plus apprécié seulement parce qu’ils y ont passé du temps. On en revient – ou on ne sort pas – au plus lu, au plus vu, au plus recommandé… La personnalisation semble en passe de devenir rien d’autre qu’un prétexte pour adapter les contenus les plus vus à notre réceptivité. Elle ressemble de plus en plus à une optimisation de l’audience qu’à une personnalisation.

    La personnalisation visait originellement à moduler les services numériques auxquels on accédait selon ses caractéristiques et préférences personnelles. Son objectif était de rendre chaque service unique, adapté aux besoins et goûts de l’utilisateur. Mais est-ce vraiment cela que proposent les services en ligne ? Cherchent-ils à donner à chacun une information unique depuis ce qu’ils savent de nous ? Force est de constater que ce que les systèmes poussent jusqu’à chacun ce n’est pas le spécifique, mais bien ce qui est le plus commun. Nous ne sommes pas devant une personnalisation, mais bien confrontés à son contraire : une dépersonnalisation. Nous sommes fondus dans les cohortes et catégories auxquelles nous sommes reliés. Plutôt que d’être individualisés, nous sommes généralisés… ce qui participe largement à la polarisation et aux discriminations dont se font l’écho chaque jour les informations sur nos rapports aux services numériques et réseaux sociaux du web.

    http://internetactu.blog.lemonde.fr/2017/11/11/la-personnalisation-un-mythe
    #personnalisation #reseauxsociaux #numérique #internet #publicite #youtube



  • - Venons-en justement aux sciences humaines, à la psychanalyse en particulier...

    – Le cas de la psychanalyse est effectivement intéressant. Elle s’est établie contre un certain type de psychiatrie (celle de la dégénérescence, de l’eugénisme, de l’hérédité). C’est cette pratique et cette théorie -représentées en France par Magnan -qui ont constitué son grand repoussoir. Alors, effectivement, par rapport à cette psychiatrie-là (qui reste d’ailleurs la psychiatrie des psychiatres d’aujourd’hui), la psychanalyse a joué un rôle libérateur. Et, dans certains pays encore (je pense au Brésil), la psychanalyse jouait un rôle politique positif de dénonciation de la complicité entre les psychiatres et le pouvoir. Voyez ce qui se passe dans les pays de l’Est. Ceux qui s’intéressent à la psychanalyse ne sont pas les plus disciplinés des psychiatres...

    Il n’en reste pas moins que, dans nos sociétés à nous, le processus continue et s’est investi autrement... La psychanalyse, dans certaines de ses performances, a des effets qui rentrent dans le cadre du contrôle et de la normalisation.

    Si l’on arrive à modifier ces rapports ou à rendre intolérables les effets de pouvoir qui s’y propagent, on rendra beaucoup plus difficile le fonctionnement des appareils d’État...

    Autre avantage à faire la critique des rapports au niveau infime :

    à l’intérieur des mouvements révolutionnaires, on ne pourra plus reconstituer l’image de l’appareil d’État.

    « Pouvoir et corps », Quel corps ?, no 2, septembre-octobre 1975, pp. 2-5. (Entretien de juin 1975.)

    Dits Ecrits tome II texte n°157

    http://1libertaire.free.fr/MFoucault219.html
    #psychanalyse #pouvoir #corps #foucault



  • L’encampement du monde | Cairn.info
    https://www.cairn.info/revue-plein-droit-2011-3-page-21.htm

    une poétique de l’exil a édifié le portrait romantique de l’exilé, nous lui attribuions une dimension spirituelle, très forte sur le plan intellectuel et artistique. De grandes figures ont émergé de cette situation de déracinement, jusqu’à s’affirmer dans une véritable littérature d’exil. Je pense notamment à l’intellectuel américain d’origine palestinienne Edward Saïd, dont les Réflexions sur l’exil ont été un des points de départ de ma réflexion. Ou encore à la philosophe Hannah Arendt qui, la première, a pensé le statut des « sans État » et des réfugiés, en partie à partir de sa propre expérience de réfugiée allemande aux États-Unis. Malgré les pertes, les incertitudes et la souffrance produites par l’exil, les sujets de l’exil ont ainsi pu redonner sens à leur existence, se ré-ancrer, trouver une place, être bien là tout en pouvant « penser ailleurs » (selon les mots de Nicole Lapierre qui désigne le regard critique qu’offre l’exil lui-même). Cette présence au monde, si particulière et riche, s’est exprimée, selon les parcours des uns et des autres, sous les formes de la performance politique, artistique, ou narrative : par le récit de soi, faire de soi un autre et ainsi se détacher d’un soi laissé « en souffrance »… le sujet de l’exil arrive ainsi à exister quand il est objectivement à nouveau ancré.