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علمني ابي رحمه الله ان الطمع يفسد الطبع

  • (3) Bakhiiiiiiiiiiiiiiiir !!! La femme algérienne... - Fateh Boureboune
    https://web.facebook.com/permalink.php?story_fbid=2234736100180013&id=100009309344792&comment_i

    Bakhiiiiiiiiiiiiiiiir !!!

    La femme algérienne n’est ni ma mère, ni ma sœur, ni mon épouse.

    La Femme Algérienne est Cette Citoyenne, qui pour l’être et le rester - à l’instar du Citoyen- doit respecter les lois qu’elle a votées jusqu’à ce que ces dernières revendiquent renouvellement.

    Je vois la femme algérienne en tous lieux en toutes responsabilités, tête nue ou chevelure protégée par un foulard. La TV en est le meilleur échantillon.

    Je commence par cela car j’abhorre les charlatans, les prédicateurs, les prêcheurs arrosés à l’eau bénigne pas bénite de la louange-sacrement du moderne templier très vite lié des pieds et des mains et destiné au lendemain sacrificiel.

    Quand on s’est vu décerné le Goncourt du premier roman pour son deuxième, l’évidence ne réclame nul écho.

    Lorsque « le deuxième roman » primé édité ailleurs n’est pas semblable à l’édition Barzakh, l’évidence est évidée.

    Les initiés à l’analyse du discours saisiront très vite de quoi je traite ensuite.

    l’analyse du discours :

    Il s’agit d’une discipline ayant ses méthodes, ses grilles, ses modes opératoires, son arsenal définitionnel, ses concepts et ses notions initialisantes.

    J’ai préféré mon énumération épistémologiquement régressive.

    Une vidéo d’une interview de Kamel Daoud circule, qu’en dit mon analyse discursive neutre au maximum :

    « Kamel Daoud encourage la pornographie et la prostitution. »

    Je possède la preuve par neuf et la preuve par l’œuf de ce que j’avance.

    Le Papy Grincheux.

    NB : La femme algérienne n’a pas besoin que je la défende ; elle a la tête sur les épaules, l’intelligence vive, bon pied bon œil,les reins solides et le poing ferme. Elle connaît ses droits et ses devoirs. Elle sait qu’elle peut par « une grève des marmites » mettre tout le monde à ses pieds.


  • Les gilets jaunes devant le mur invisible, dressé par l’oligarchie financière – Salimsellami’s Blog
    https://salimsellami.wordpress.com/2018/12/08/les-gilets-jaunes-devant-le-mur-invisible-dresse-par-loligar
    https://www.legrandsoir.info/local/cache-vignettes/L350xH197/arton34210-a4deb.jpg

    « On ne règle pas un problème en utilisant le système qui l’a engendré. Ce n’est pas avec ceux qui ont créé les problèmes qu’il faut les résoudre. » A .Einstein

    There is no alternative : Je ne changerai pas de cap

    En mars 2018, retraite, code du travail, chômage, défense des services publics dont la SNCF furent au centre des manifestations et de grèves. Celle des cheminots fut au centre du mécontentement social. Trois mois après, la consultation entre le gouvernement et les syndicats déboucha sur une fin de non recevoir sur l’essentiel des revendications. A savoir, l’ouverture du transport ferroviaire à l’entreprise privée avec son corollaire le démantèlement du statut des cheminots. Concernant le Code du travail et les retraites, le gouvernement fût également inflexible. Une inflexibilité présidentielle qui entraîna le premier ministre E.Philippe à énoncer, sans sourciller, une aberration : « le recours aux ordonnances permettra une large concertation. » (1) Sans commentaire !

    Et face au mécontentement social exprimé par le mouvement des gilets jaunes, dès le 21 novembre, le président , toujours inflexible, déclara qu’il ne veut pas : « changer d’avis, en assumant ses positions et actions… » (2)

    C’est le fameux « there is no alternative » de l’ancienne premier ministre britannique M.Thatcher qu’E.Macron traduit en français par : « je ne céderai rien. »

    Etat souverain, oui ! Mais à condition d’obéir à l’oligarchie financière

    Quand le candidat E.Macron clame que sa « volonté de transgression est très forte » , tel un adolescent voulant prouver qu’il est plus courageux que les autres, E.Macron annonça sa détermination pour la mise à mort de l’exception française. Services publics, Protection sociale et médicale, Education nationale, bref , le bien commun, doivent se soumettre aux normes définies par la Commission de Bruxelles et le FMI. Normes connues sous le vocable d’ajustements structurels contenus dans le Traité européen de Lisbonne, signé en 2002 par la France.Aussi, il ne faut pas se leurrer, la volonté jupitérienne de transgression qui anime le président français est imposée par la Commission de Bruxelles, le FMI, la BM et l’OMC.

    Cependant, il faut reconnaître que la pensée présidentielle est cohérente. Une pensée que le candidat E. Macron a énoncé sans détour dans les termes suivants : « notre solidarisme a joué à plein, avec pertinence et force. Mais ce qu’on appelle la solidarité ne se vit , en France, qu’avec l’appui de l’Etat providence, celui des trente glorieuses… Le modèle français dispose de solide bases solidaristes, mais il n’en est pas moins installé dans une approche corporatistes… Cette démarche convenait fort bien à des partenaires sociaux corporatistes… En réalité, il est assez injuste… » (3)

    Les barbarismes « solidarisme, solidariste » accolés à corporatiste ne sont nullement innocents. Ces barbarismes servent à disqualifier, dans une première étape, le système social français. Afin de mettre en place, dans une deuxième étape, les réformes nécessaires pour son démantèlement, en affirmant qu’ « il existe une autre et véritable solidarité, une justice sociale qui se construit par la mobilité individuelle… » (3)

    L’actuel Président français incarne la synthèse politique de la cohabitation et de l’alternance gauche-droite avec l’ inflexibilité en plus. C’est la nouveauté dans la gouvernance de la France sous l’œil vigilant de la Commission de Bruxelles et du FMI.

    Et pour préciser le fond de sa pensée, E.Macron n’a pas peur de la caricature en affirmant que la France est divisée en deux : « la France des nomades heureux et la France des sédentaires qui subissent. » (3)

    Traduction : l’heureux est flexible et s’adapte au moule idéologique du néo-libéralisme.

    Tandis que le sédentaire, pauvre s’entend, refuse ou n’a pas les capacités de prendre la forme du moule tout spécialement conçu pour lui. Et donc il est responsable de ce qu’il subit !

    Il faut souligner que les salaires sont soumis à cette flexibilité et cette mobilité. Vers le bas, évidemment. Ce qui nous amène à la situation sociale et politique actuelle.

    La ’’France silencieuse’’ porte des gilets jaunes

    Tout d’abord, le mouvement social des gilets jaunes a démontré, à qui veut bien comprendre, que la France ’’ nomade-sédentaire’’ est une vue de l’esprit d’un président qui confond sa propre vision du réel avec le réel.

    En effet, une partie de la France réelle est constituée de travailleurs pour qui la transition entre la fin d’un mois et le suivant est devenue un chemin de croix. Cette France, le président l’a rencontrée dans son périple mais ne l’a pas entendue . Et pour cause, c’est à elle de s’adapter et d’accepter la vérité présidentielle.

    Depuis le 17 novembre, elle lui répond : pouvoir d’achat et dignité. Comme réponse, le chef de l’exécutif s’est installé dans une posture qui traduit l’ arrogance, le mépris et la démagogie.

    Arrogance : je ne changerai pas de cap ! Propos qui fait écho au fameux : je suis le seul responsable qu’il viennent me chercher !

    Mépris parce que, face à l’anxiété et à la difficulté sociale pour faire la ‘’transition entre les deux bouts’’, il répond : transition énergétique et changement de pédagogie parce que le peuple n’a pas compris. Ce qui signifie qu’il possède la vérité… Bien sûr, celle de l’oligarchie financière. Sans oublier, fainéants, les riens…

    Démagogie : illustrée par le ’’selphie’’ avec le braqueur, pour faire peuple…

    Enfin, je ne peux taire le cynisme d’un président qui veut sauver la planète tout en participant à un crime contre l’humanité au Yémen et à la destruction d’un Etat souverain, la Syrie. Tout en fermant les yeux sur la violence sociale et militaire dont est victime le peuple palestinien, vivant sous le régime d’un apartheid. Mais là, l’auteur du crime est l’État d’Israël donc il faut se taire. Quant à la Libye, le président avoue que l’Etat français « a eu tort de faire la guerre de cette manière en Libye. Quel fut le résultat de ces interventions ? Des États faillis dans lesquels prospèrent les groupes terroristes » (4). Mais pour autant il ne tire pas de leçon concernant la Syrie et le Yémen…Que conclure ?

    Quant aux députés de la République en marche, sans peur du ridicule, récitent les théories de la communication en utilisant ’’les éléments de langage’’ qui servent à travestir la réalité !

    Alors que faire ?

    Tandis que le président, après avoir, tel un commandant de compagnie de CRS, partagé le repas avec ses hommes puis visité, à la dérobade et sous les huées, la préfecture de Puy-En-Velay, son premier ministre annonce la suspension puis la suppression de la hausse, entre autres, des taxes de carburants…Tout ça pour ça..!

    Enfin, suite à la réforme des lycées, les élèves désertent les classes et bloquent les lycées. Les étudiants font de même…Cela dit, je ne peux taire une intuition, la force du mouvement des gilets jaunes réside dans sa seule « légitime revendication » (5), débattue dans des assemblées, sans dirigeant au sens traditionnel du terme. Ce mouvement rend plus visible le mur idéologique dressé par l’oligarchie financière…

    Mais quel est son devenir politique ?

    C’est chose aisée de trouver les mots pour dénoncer les violences physiques et les dégradations matérielles. Il n’en est pas de même concernant la violence économique et sociale que subit un peuple et dont l’auteure est une nouvelle féodalité, l’oligarchie financière. Une violence qui se traduit tout d’abord par une colère muette qu’opportunistes et politiciens récupèrent en faisant oublier qu’ils ont participé dans un passé encore présent à sa naissance.

    Il faut tout d’abord démonter leurs discours politiques, puis démontrer les voies à suivre. D’où la difficulté…En effet, les problèmes graves et urgents qui se posent au peuple français exigent une vision à long terme, à même d’insuffler un élan d’espérance pour une émancipation collective. Le mouvement des gilets jaunes en est-il un des balbutiements ?

    M. El Bachir

    (1) https://twitter.com/enmarchefr/status/968078324928049157

    (2) https://www.paris-normandie.fr/actualites/societe/macron-annonce-qu-il-ne-changera-pas-de-cap–les-reactions-des-gilets

    (3) https://www.challenges.fr/election-presidentielle-2017/interview-exclusive-d-emmanuel-macron-je-ne-crois-pas-au-president-normal

    (4) https://www.bfmtv.com/politique/macron-previent-que-la-france-pourra-frapper-seule-en-syrie-1191659.html

    (5) https://www.cnews.fr/videos/france/2018-11-30/en-argentine-macron-repond-aux-gilets-jaunes-et-tacle-francois-hollande                                                                                                            

    URL de cet article 34210 
    https://www.legrandsoir.info/les-gilets-jaunes-devant-le-mur-invisible-dresse-par-l-oligarchie-fina


  • VIDÉO. DES ÉVÉNEMENTS D’AL HOCEIMA AUX GILETS JAUNES: LE TRAITEMENT SCHIZO DE FRANCE 24 – Salimsellami’s Blog
    https://salimsellami.wordpress.com/2018/12/03/video-des-evenements-dal-hoceima-aux-gilets-jaunes-le-traite
    http://i.le360.ma/fr/sites/default/files/styles/asset_image_in_body/public/assets/images/2018/12/xvm5e222a84-f65e-11e8-b534-f05b86df9909.jpg

    Affrontements dans les avenues de Paris, samedi 1er décembre 2018.                                                                                                 © Copyright : DR

    Très critique à chaque fois que les autorités réagissent à des émeutes au Maroc, la chaîne française s’est montrée des plus sévères à l’égard du mouvement des Gilets Jaunes, avec un traitement minimal. Que cache cette politique de deux poids, deux mesures ?

    France 24 nous a habitués à un traitement des plus critiques de l’actualité parfois mouvementée au Maroc, comme les évènements qui sont survenus, en 2017, à Al Hoceima. Toute réaction des autorités est ainsi systématiquement passée par la chaîne d’information en continu par les filtres des droits de l’homme et de la liberté d’expression, et ses journalistes n’ont eu de cesse de dire, à cor et à cri, ô combien les réactions des autorités marocaines sont dures, inacceptables et disproportionnées.

     

    Au cours de ces mêmes évènements d’Al Hoceima, nous, téléspectateurs, avons d’ailleurs été amplement servis par cette ligne éditoriale partiale, quand Nasser Zefzafi, le meneur de ces émeutes, avait été dépeint comme un Che des temps modernes, et quand le maintien de l’ordre et de la sécurité des personnes et des biens avait été présenté comme une répression à large échelle. La chaîne n’ayant pas hésité, au demeurant, à illustrer ses propos par des images ayant trait à une toute autre actualité, relative à d’autres lieux et à d’autres dates.

     

    Cette fois-ci, d’autres émeutes ont éclaté, non au Maroc, mais au cœur de Paris, ville lumière, capitale de France.

     

    Les images qui ont circulé à travers les médias du monde entier sont choquantes. L’irruption de la violence, samedi dernier, a été illustrée par des faits extrêmement graves. Le New York Times parle d’une « version moderne d’une révolte des paysans et des ouvriers » qui a transformé « les plus riches avenues et les sites les plus célèbres du pays en véritables zones de guerre ». Les médias britanniques ont diffusés en boucle les images des affrontements dans les avenues de Paris, l’Arc de triomphe noyé dans les gaz lacrymogènes et le visage vandalisé de la statue de Marianne dans la galerie de ce monument. Frankfurter Allgemeine Zeitung parle, quant à lui, de « scènes de guerre civile ». 

    Les dégâts observés sur les Champs-Elysées, sous l’Arc de Triomphe et sur l’avenue Kléber, entre autres, sont impressionnants.

     

    Mais alors que la contestation désorganisée du mouvement des Gilets jaunes, née de l’opposition à la hausse des taxes sur le carburant, est la plus sérieuse secousse du quinquennat d’Emmanuel Macron, cette même France 24 a curieusement préféré regarder ailleurs.

     

    Alors que pour la seule journée de samedi, on dénombre 678 interpellations, dont 412 à Paris -dépassant de loin le nombre des interpellés lors des événements d’Al Hoceima, 248 incendies, 112 véhicules incendiés, 130 mobiliers urbains détruits et quelque 263 blessés, la chaîne, qui relève du ministère français des Affaires étrangères auquel elle doit son financement, s’est empêtrée dans un traitement bizarrement minimal, amoindrissant ces faits.

     

    Plusieurs centaines de milliers (voire un million d’euros) de pertes matérielles sont à déplorer : un symbole national, l’Arc de Triomphe, a été vandalisé samedi après-midi, des œuvres d’art ont été endommagées, des dispositifs informatiques sont désormais hors d’usage.

     

    Mais ces faits graves ne le sont pas tant que ça, aux yeux de la chaîne.

     

    Le chef de l’Etat chamboule son agenda pour constater les pertes et dépêche son Premier ministre pour trouver une issue à une crise qui va crescendo ?

     

    Cela ne mérite que d’être vaguement évoqué. La capitale de la septième plus grande puissance au monde est à feu et à sang ?

     

    Cela n’a finalement aucun intérêt.

     

    La presse du monde entier est, de son côté, fortement choquée par l’ampleur de la violence et les événements de Paris sont à la Une de tous les journaux.

    Vidéos. Nouveau scandale : quand France 24 illustre les manifestations d’Al Hoceima avec des images…du Venezuela

     

    Mais France 24, qui avait été si prompte à accorder un intérêt interlope aux évènements d’Al Hoceima, allant jusqu’à substituer d’autres images, issues d’autres faits, pour appuyer ses « dénonciations », a très curieusement fait preuve d’un traitement minimaliste de ces émeutes et de leurs conséquences.

     

    Que faut-il donc retenir, si ce n’est que le traitement journalistique de la chaîne dépend pour beaucoup des humeurs et des orientations idéologiques de ses dirigeants ? Et qu’à l’objectivité devant guider la démarche de ces derniers, prévaut l’injuste, inique, règle du deux poids, deux mesures ?

     

    En France, des chefs d’« actes de violence sur personne dépositaire de l’autorité publique », « dégradations sur des biens destinés à l’utilité publique », « regroupements en vue de commettre des violences », ou encore « port d’armes », passibles de 3 à 7 ans d’emprisonnement, choquent la presse mondiale, mais interpellent peu France 24 qui a pourtant si bien su fait preuve de zèle quand il s’est agi du Maroc.

     

    Au Maroc, on peut donc allègrement mettre le feu à un commissariat de police, au risque de voir ses agents en fonction brûler vif, mais passer quand même pour un héros aux yeux de France 24… Quand des chefs d’accusation identiques sont retenus, ils sont par définition suspects et quand un procès est mené, il devient très vite politique. En France, quand les manifestants ont mis le feu dans une préfecture de police et ont empêché les sapeurs pompiers de le circonscrire alors que les policiers étaient dedans (à l’image d’ailleurs de ce qui avait été commis à Imzouren lors du « Hirak »), les poursuites sont immédiatement lancées.

     

    D’une seule voix, sur tous les plateaux télé de France, on redouble d’efforts et de messages pour dénoncer les violences et les casseurs. Certains commentateurs ont appelé à mieux équiper les forces de l’ordre pour sécuriser les espaces publics et protéger les biens des citoyens.

     

    Mais quand il s’est agi du Maroc, et au nom des droits de l’homme, tous les excès des émeutiers ont été curieusement tolérés, et les tentatives de faire régner l’ordre, de protéger les biens publics (et ceux des citoyens), se sont transmuées, aux yeux des journalistes, en « violences policières ».

     

    Chers journalistes de France 24, où fichtre sont donc passés ces beaux principes que vous prôniez pour le Maroc, face aux violences inouïes de ce samedi noir à Paris ?

    Par Tarik Qattab                                                                                              http://fr.le360.ma/medias/video-des-evenements-dal-hoceima-aux-gilets-jaunes-le-traitement-schizo-de- ?


  • Le message clair des gilets jaunes à BHL. Par Michel Onfray – Salimsellami’s Blog
    https://salimsellami.wordpress.com/2018/12/03/le-message-clair-des-gilets-jaunes-a-bhl-par-michel-onfray
    https://www.les-crises.fr/wp-content/uploads/2018/11/Capture-d%E2%80%99%C3%A9cran-2018-11-20-%C3%A0-16.19.20-590x420.png

    A l’heure où la France pauvre et modeste des Gilets jaunes fait savoir ses difficultés à se nourrir, à se loger, à se vêtir et son impossibilité d’offrir des sorties, des loisirs ou des vacances à ses enfants, Carlos Ghosn, grand patron français (mais aussi brésilien et libanais, il a la triple nationalité), se fait arrêter au Japon parce qu’il fraude le fisc… Pauvre chéri : il ne gagnait que 16 millions d’euros par an ! Il lui fallait bien mettre un peu d’argent de côté s’il voulait survivre un peu…

    J’y vois un symbole de la paupérisation induite par ce libéralisme que Mitterrand fait entrer dans la bergerie française en 1983 avec les intellectuels médiatiques du moment, Nouveaux Philosophes en tête. Des pauvres de plus en plus pauvres et de plus en plus nombreux, puis des riches de plus en plus riches et de moins en moins nombreux : voilà ce qu’est la paupérisation. L’Empire maastrichtien est la créature des clones de Carlos Ghosn qui paupérisent à tour de bras. Macron est l’un d’entre eux.

    Les journalistes des médias dominants clament partout que le message des Gilets jaunes est confus, invisible, illisible, divers, diffus, multiple, contradictoire : non, il ne l’est pas. Il est même très clair : ce que dénoncent les Gilets jaunes, c’est tout simplement cela : la paupérisation.

    On le voit dans les reportages, ce peuple-là n’est pas doué pour la rhétorique et la sophistique, la dialectique et la parole. Il dit simplement et clairement des choses simples et claires que les diplômés des écoles de journalisme, de Science Po, de l’ENA ou de Normale Sup ne comprennent pas parce que ça dépasse leur entendement. Ils sont pauvres et l’engeance qui tient le pouvoir, politique, médiatique et économique, ne sait pas ce que signifie faire manger une famille avec 5 euros par repas. Ils ne le savent pas…

    Il est facile de salir ces gens modestes comme le font Libération et Le Monde, L’Obs (avec un article dégoûtant d’un nommé Courage, probablement un pseudonyme…), voire l’inénarrable BHL. “Ces pauvres qui disent qu’ils le sont et qu’ils n’en peuvent plus de l’être, quelle beaufitude, quelle grossièreté, quel manque de manière !”. Et ces journaux seraient des journaux de gauche ? Qui peut encore le croire ?

    “Salauds de pauvres !” disent Quatremer & Joffrin, Courage & Askolovitch (qui m’inonde de textos insultants en me disant que tout le monde “se fout” de ce que j’écris, sauf lui apparemment…), Xavier Gorce, dessinateur au quotidien du soir & BHL. Car tous souscrivent comme un seul homme à cette saillie qu’on entend dans la bouche de Gabin dans La Traversée de Paris, un film de Claude Autant-Lara, un ancien du Front national version Jean-Marie Le Pen : “Salauds de pauvres !” Le rideau se déchire enfin !

    BHL écrit : “Poujadisme des Gilets jaunes. Échec d’un mouvement qu’on nous annonçait massif. Irresponsabilité des chaînes d’info qui attisent et dramatisent. Soutien à Macron, à son combat contre les populismes et à la fiscalité écolo” (17 novembre 2018). Passons sur la rhétorique du personnage, il y a bien longtemps qu’il ne pense plus et qu’il ne fonctionne qu’aux anathèmes –peste brune, rouges-bruns, poujadistes, fascistes, nazis, staliniens, pétainistes, vichystes, maurrassiens sont ses arguties préférées pour clouer au pilori quiconque ne pense pas comme lui. BHL a le record mondial du point Godwin ! Chez lui l’insulte a depuis longtemps remplacé toute argumentation digne de ce nom. Dans le registre des insultes, on l’a oublié, il y avait aussi : “saddamite”…

    C’est le néologisme créé par lui pour insulter Jean-Pierre Chevènement lors de la guerre du Golfe. A cette époque, BHL ne s’est pas fait traiter d’homophobe ! Il est vrai que ses amis dans la presse sont nombreux et qu’il dispose d’un efficace pool qui nettoie le net de ses bêtises en les renvoyant dans les pages invisibles du net –vérifiez en tapant “BHL saddamite Chevènement” sur le net, plus rien, nettoyé… Étonnant ! Car dans Bloc-Notes. Questions de principe cinq, page 141 de l’édition du Livre de poche, on peut encore y lire : “Chevènement saddamite et philoserbe”. J’attends que, des Inrocks à Libération, du Monde à France-Inter, on dénonce cette homophobie qu’on m’a prêtée il y a peu parce que, moi, je ne souscrivais pas au doigt d’honneur antillais qui semblait ravir le président de la République, et que je l’ai fait savoir sur le mode ironique. Il est vrai que BHL et l’humour, ça fait deux…

    BHL qui fait tant pour qu’on parle de ses livres à chacune de ses parutions voudrait qu’on ne parle pas des Gilets jaunes dans les médias ! Comme si c’étaient les journalistes qui créaient l’actualité…

    La pauvreté existe parce qu’on la montre.

    Ne la montrons pas,

    De cette manière elle n’existera plus.

    C’est ainsi qu’on apprend à penser à l’Ecole normale supérieure ! Censurons ces Gilets jaunes à la télévision, demandons à France-Culture comment on s’y prend pour interdire de parole sur les radios du service public, et faisons taire cette racaille populiste, crypto-fasciste, lepeniste, vichyste, pétainiste, nazie –ne nous interdisons rien ! Car quiconque demande du pain pour ses enfants est une ordure populiste bien sûr…

    Que BHL soutienne Macron, il n’y a rien là que de très normal. Avec Stéphane Bern et les Bogdanoff, Line Renaud et Philippe Besson, ce qui se faisait de mieux chacun dans son domaine a offert ses courbettes au Prince. Il y en eut de plus malins qui vinrent manger la soupe payée par le contribuable à Bercy, qui servait à préparer la présidentielle. On n’y mangeait pas des repas à cinq euros…

    Enfin, que BHL soutienne “la fiscalité écolo”, comme son ami Cohn-Bendit, n’est pas non plus étonnant : il reprend l’élément de langage qui voudrait que ces taxes aillent à la fiscalité verte alors qu’elles vont majoritairement dans les caisses de l’Etat. La revue Que choisir l’a récemment montré dans l’un de ses articles [1].

    Pour salir les Gilets jaunes, des journalistes et des éditorialistes affirment qu’ils refusent la fiscalité, qu’ils sont contre les taxes, qu’ils refusent les impôts, qu’ils rechignent à payer des taxes écologiques. C’est faux. C’est Carlos Ghosn qui refuse de payer ses impôts, ainsi que les riches qui ont placé leur argent dans les paradis fiscaux avec l’assentiment de l’Etat français, pas les Gilets jaunes qui, eux, veulent bien payer des impôts directs et indirects, mais s’insurgent que ces impôts, qui doivent servir à payer le salaire des fonctionnaires, à faire fonctionner les écoles, les hôpitaux, les commissariats, les gendarmeries, soient accompagnés en province de suppressions de fonctionnaires et de fermetures d’écoles, d’hôpitaux, de commissariats, de gendarmeries.

    Revenons à BHL : s’il est tellement soucieux de l’état de la planète qu’il estime que l’Etat maastrichtien doive faire payer les pauvres avec leurs voitures de travail afin que les riches puissent polluer en se déplaçant en avion, alors qu’il cesse de passer son temps entre deux aéroports lui qui disait sans vergogne qu’il avait trop de maisons…

    On peut lire en effet dans L’Obs (5 juillet 2017) : “J’ai trop de maisons dans le monde” : Bernard-Henri Lévy se résout à vendre une de ses villas pour 6 millions d’euros. Lisons cet article : “Trop d’argent, pas assez de temps. Bernard-Henri Lévy a confié à Bloomberg dans un article publié ce lundi qu’il était contraint de vendre une de ses villas au Maroc, à Tanger, faute de pouvoir en profiter suffisamment : “Je partage mon temps entre Paris, New York et Marrakech. J’ai trop de maisons dans le monde et hélas, l’année ne dure que 52 semaines”. Prix de la demeure sacrifiée : 6 millions d’euros, en vente sur le site de Christie’s International Real Estate, pour 600 mètres carrés situés “au sommet d’une falaise, face à Gibraltar, au point précis où se côtoient l’Atlantique et la Méditerranée”, affirme BHL, bon vendeur. Bonjour la trace carbone du philosophe !

    On comprend que cet homme-là ignore quelle misère signifie un trou de cinquante euros dans le budget d’une famille vivant avec moins de mille euros par mois… “Salauds de pauvres !”, en effet.

    Michel Onfray
    ______________________________

    [1] : https://www.quechoisir.org/billet-du-president-fiscalite-ecologique-le-matraquage-fiscal-se-colore-

    Source : Michel Onfray, 18-11-2018

    https://www.les-crises.fr/le-message-clair-des-gilets-jaunes-a-bhl-par-michel-onfray


  • Petit soldat de Macron, Laurent Berger dénonce le « totalitarisme » des gilets jaunes – Salimsellami’s Blog
    https://salimsellami.wordpress.com/2018/11/28/petit-soldat-de-macron-laurent-berger-denonce-le-totalitaris
    http://www.revolutionpermanente.fr/local/cache-vignettes/L640xH360/arton13736-c06dd.jpg?1542668662

    Face à la mobilisation des gilets jaunes, le secrétaire général de la CFDT n’a pas hésité, en bon petit soldat de Macron à taxer de « totalitarisme » le mouvement et à appeler à l’apaisement. 

    LE DIRIGEANT DE LA CFDT « S’INQUIÈTE » D’UNE « FORME DE TOTALITARISME » CHEZ LES GILETS JAUNES
    Ces derniers jours, le secrétaire général de la CFDT, Laurent Berger s’est exprimé dans la presse au sujet de la mobilisation des gilets jaunes. La direction de la CFDT ne manque jamais une occasion de ne pas nous surprendre. Face à l’ampleur de la mobilisation qui s’est exprimée contre la vie chère samedi 17 novembre, la préoccupation principale du dirigeant de la CFDT a été de « s’inquiéter » de la violence des méthodes employées par les gilets jaunes. En cela, Laurent Berger, se place dans la lignée de tous ceux qui s’appuient aujourd’hui sur des actes de violence marginaux pour discréditer l’ensemble du mouvement des gilets jaunes et la colère légitime qu’il exprime.

    Par ailleurs, sans évoquer les violences racistes ou homophobes, qui ont pu se manifester de la part de manifestants dans quelques blocages, Laurent Berger fait plutôt référence à l’attaque contre la démocratie que constituerait la méthode du blocage :« Qu’on soit obligé » d’être « d’accord avec ceux qui manifestent pour pouvoir passer, c’est une forme de totalitarisme qui n’est pas acceptable », « La démocratie, c’est écouter ce que disent tous les citoyens comme ceux qui ont manifesté ». En cela, les critiques qu’il oppose à la mobilisation des gilets jaunes ne sont pas loin de rappeler celles qui sont inexorablement faites aux grévistes, preneurs d’otage, pendant les grèves – notamment de cheminots.

    ET APPELLE À L’ « L’APAISEMENT » POUR RAMENER LA RÉVOLTE SUR LE TERRAIN DES NÉGOCIATIONS
    La mobilisation pour Laurent Berger, doit revenir sur un terrain institutionnel, celui des négociations entre les différents acteurs traditionnels du « dialogue social ». Une prise de position qui, c’est le moins qu’on puisse dire, ne détonne pas dans l’histoire de la CFDT, qui historiquement s’oppose aux affrontements de classe au prétexte que la négociation de la casse de nos acquis sociaux serait à privilégier.

    Dans un contexte d’affaiblissement du gouvernement où s’exprime une telle colère populaire, quand des centaines de milliers de travailleurs sont actuellement en train de se mobiliser à l’appel de nulle organisation, les directions syndicales devraient pourtant soutenir le mouvement et construire la mobilisation dans le monde du travail, en appelant à bloquer l’économie par la grève.

    Ce n’est en rien ce que propose Laurent Berger, qui, dans une interview pour le journal Le Monde enjoint au contraire à « l’apaisement » : « Aujourd’hui, j’ai envie d’avoir un message d’apaisement, même si c’est un peu à contre-courant. Nous sommes dans une démocratie, c’est un bien inestimable. Il y a des intérêts divergents, des façons de penser différentes et c’est très bien. Mais il faut que cela puisse s’exprimer dans des cadres prévus pour ça et que l’on trouve des solutions ensemble. Force est de constater qu’en ce moment pas grand monde n’a envie de se mettre autour d’une table. C’est juste ce que j’ai appelé à faire. ».

    L’APPEL DÉSESPÉRÉ DE LAURENT BERGER À RÉTABLIR LES CORPS INTERMÉDIAIRES, RESTÉ SANS RÉPONSE
    Comme à son habitude, la direction de la CFDT est venue, ces derniers jours, mendier des négociations devant le gouvernement. Laurent Berger a ainsi appelé Macron et Edouard Philippe à former « un pacte social de la conversion écologique » réunissant le gouvernement, les organisations patronales, syndicales ainsi que les associations. A ce comportement de laquais, Édouard Philippe a simplement répondu par un refus pur et simple de tenir une telle conférence, arguant que « les “gilets jaunes” n’attendent pas une réponse institutionnelle à leurs revendications ». Un argument qu’on ne peut qu’approuver.

    « J’en prends acte » note Laurent Berger dans son interview pour Le Monde : « Édouard Philippe persiste dans un rapport direct au « peuple » qui le met en difficulté aujourd’hui. Il y a une défiance très forte à l’égard du gouvernement. Si l’exécutif persiste à ne pas vouloir faire avec les corps intermédiaires pour trouver des solutions collectives, il va dans le mur ».

    La véritable inquiétude de la direction de la CFDT n’est ainsi pas la destruction des acquis sociaux et la baisse de pouvoir d’achat de la majorité de la population, qui peine de plus en plus à vivre dans des conditions décentes, mais l’instabilité qu’engendre la destruction des corps intermédiaires. Une préoccupation que partage en grande partie la bourgeoisie, comme en témoignent le grand nombre d’éditos à ce sujet dans la presse patronale, comme les Echos ou L’Opinion.

    Depuis le début de son quinquennat Macron, s’est en effet démarqué de ses prédécesseurs par sa tendance à sauter par dessus les corps intermédiaires, privilégiant, plutôt que l’habituel simulacre de « dialogue social », l’offensive brutale et sans la moindre concession à laquelle pourrait s’accrocher les directions syndicales pour négocier.

    Le danger, en train de se concrétiser aujourd’hui, pour Macron, est de ne plus disposer des organisations syndicales pour canaliser la colère sociale et de la voir s’exprimer par des voies bien plus radicales et chaotiques que ce à quoi les classes dominantes ont l’habitude de faire face. « Le président, qui rêvait d’un monde sans corps intermédiaires, produit malgré lui un mouvement qui lui ressemble. Neuf, puissant sans doute, difficilement sondable. Affronter son miroir n’est pas un cadeau. Avec qui discute-t-on quand il n’y a pas de leader identifié ? Comment évalue-t-on l’ampleur, comment pare-t-on les risques ? Quels sont les leviers pour désamorcer une colère virale ? Le pouvoir n’a ni les capteurs ni les pare-feu habituels. Il sent le danger et navigue dans le noir. » note ainsi Cécile Cornudet dans un édito des Echos

    Crédits photo : PATRICK KOVARIK / AFP                                                
    Léa Luca                                                                http://www.revolutionpermanente.fr/Petit-soldat-de-Macron-Laurent-Berger-denonce-le-totalitarisme-


  • DIGRESSION : La cérémonie vaudou, Abdelaziz et… la cruche ! – Salimsellami’s Blog
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    Ce n’est pas seulement un fou-rire qui m’a pris mais un véritable étouffement d’apoplexie en apprenant la nouvelle. Mon fils, surpris et inquiet par mon hurlement de rire, a été courir me chercher un verre d’eau.

    Il m’a demandé de lui expliquer ce qui a causé un tel cataclysme d’hilarité devant l’ordinateur alors que la minute d’avant fut des plus calmes. J’ai écarté l’idée de lui en donner l’explication car Abdelaziz et les pitreries du pays natal de son père, ce n’est pas tout à fait dans les possibilités de sa compréhension.

    Mais, vous, mes chers lecteurs, ce monde guignolesque, vous le connaissez. J’avais toujours pensé que mes concitoyens d’Oran avaient beaucoup d’humour. Mais là, nous dépassons les limites de leur talent. L’association des anciens Moudjahidines, reconstituée en association des vieux larrons, a eu l’idée d’offrir au Dieu Abdelaziz…une cruche ! Jamais cadeau n’aura été autant identifiant de la personne honorée.

    Ces vaillants combattants, dont la douleur fut noyée par la thérapie des milliards, sont de la génération qui me précède. Or, la mienne étant parfaitement francophone, on peut supposer qu’ils le sont. Et dans ma génération, on ne pouvait faire cette erreur sauf à être crétin ou avoir une idée perverse derrière la tête, un message à faire passer.

    Le dictionnaire nous apprend qu’une cruche est un récipient servant à stocker l’eau et permettre de la boire. Mais en définition secondaire, car il y a toujours des acceptions différentes aux mots de la langue, une cruche est le terme qui désigne une personne débile, un idiot.

    Dans ma génération, le dernier des abrutis le savait, il n’est donc pas possible qu’ils ne le sachent pas, ils étaient une quarantaine présents à la cérémonie du cadeau. Mais il est vrai que le dernier des abrutis est encore dans le classement à l’échelle humaine, au-delà nous sommes aux-frontières extrêmes de l’espèce.

    A-t-on idée d’offrir un bourricot à Ould Abbès, une dinde à la députée Naima Salhi ou un bouquet d’épines à une belle -mère ? Assurément, non, à moins de vouloir délibérément faire passer un message, cela a été déjà dit. Mais il faudrait encore que le récipiendaire du cadeau ait le niveau suffisant pour comprendre la profondeur de l’humour, l’intensité de l’insulte, la signification cachée de l’acte. Dans les exemples cités précédemment, il semble que cela soit improbable.

    Au-delà de cette anecdote, il y a plus grave. J’ai appris, suite à cette information, qu’un usage s’était instauré dans la secte des adorateurs du Dieu Abdelaziz. Il consiste à présenter une offrande devant la photo de la divinité incarnée, souvent en l’embrassant et en entourant le cadre d’un insigne d’honneur. Le dernier cadeau, celui qui précède la cruche, fut un cheval qu’on a présenté devant son portrait. Je l’ignorais.

    Nous sommes dans la phase terminale de l’explosion de débilité qui atteint ce pays qui m’a vu naître. Une secte d’adorateurs se réunit devant le portrait du Grand esprit, lui présente une offrande et entame un chant de louanges et de dévotion. Cela n’existait plus depuis les Aztèques.

    Il est vrai que certains êtres humains sont souvent prêts à fouler au pied leur dignité pour une somme d’argent ou un pouvoir quelconque. Vu les milliards engloutis pour assécher leurs blessures d’anciens combattants, ou supposés l’être, cela vaut bien une messe vaudou envers celui qui les a soignés par la thérapie des milliards offshore.

    C’est triste, consternant, mais il y a toujours de l’optimisme dans toute désespérance car nous atteignons le dernier stade de la folie, celui qui précède la mort et le silence.

    Aurons-nous un jour leur mort et leur silence définitif ? Abdelaziz nous prouve qu’il faut le mériter et avoir la patience éternelle des sages.

    Ce régime nous a habitué à l’avoir.
     

    Sid Lakhdar Boumédiene, enseignant

    (Oranais mais qui n’offre pas de cruche)                                                        AuteurBoumediene Sid Lakhdar, enseignant                                                                      http://www.lematindalgerie.com/la-ceremonie-vaudou-abdelaziz-et-la-cruche


  • Le sérail en perte de vitesse ? – Salimsellami’s Blog
    https://salimsellami.wordpress.com/2018/11/26/le-serail-en-perte-de-vitesse
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    C’est clair désormais que les « décideurs » (sur lesquels personne n’arrive à mettre un nom ou un visage) sont en pleine panique alors que l’échéance de la prochaine élection présidentielle n’est plus très lointaine, à peine quelques mois.

    Devant la plus que probable incapacité de Bouteflika à se représenter pour une cinquième mandature, compte tenu de la dégradation continue de son état de santé, comme l’ont montré les dernières images de la télévision publique, on ne sait plus dans les cercles décisionnels quelle attitude adopter pour combler le vide sidéral que l’actuel Président va laisser aux héritiers du système si l’hypothèse de son retrait se confirme officiellement.

    Si, jusque-là, la consigne était de gagner du temps pour mieux se préparer à toutes les éventualités contraignantes pour le régime, il semble que l’évidence d’une solution intermédiaire s’avère plus que jamais impérative et ne laisse surtout plus de marge pour les improvisations, même si elle a du mal à se dessiner.

    Dans cette optique, ceux qui ont pignon dans les arcanes du Pouvoir n’hésitent plus à admettre aujourd’hui qu’il n’existe aucun plan B pour surmonter sans trop de dégâts cette défection qui ne figurait dans aucune perspective à moyen terme.

    Et c’est précisément ce manque d’anticipation pouvant prendre les « décideurs » au dépourvu qui pose problème, alors que tout paraissait bien ficelé pour amener Bouteflika à se succéder à lui-même, soit comme candidat ultra favori pour une cinquième mi-temps électorale, imaginée comme une simple formalité, soit comme postulant incontournable de la « continuité » promu à un plébiscite de la famille révolutionnaire pour poursuivre son œuvre.

    C’est donc l’homme de la nouvelle situation ainsi créée qui manque le plus et qui apparemment reste difficile à faire émerger, alors qu’une véritable course contre la montre a été engagée pour se prémunir contre les mauvaises surprises. Qui serait capable de prendre la relève d’un Président érigé au rang de « messie » qui a régné sans partage pendant vingt ans sur le pays et auquel on a tressé des lauriers hors du commun ne correspondant nullement à ses résultats ?

    La question n’est pas simple. Elle est cruciale en ce qu’elle doit associer dans sa forme, comme dans son contenu, tous les paramètres d’influence pour permettre au régime de survivre à lui-même, tout en donnant l’illusion d’un changement.

    Devant l’effarante image de désertification du personnel politique inspirée par Bouteflika, il ne faut pas être grand clerc pour faire l’amer constat que les candidats potentiels en mesure de lui succéder avec une réelle capacité de diriger le pays ne courent pas les rues. En théorie, il a fait le « nettoyage » à tous les paliers de la vie politique et associative pour instaurer la… paralysie participative, et ce n’est pas l’opposition qui soutiendra le contraire.

    Car, l’une des missions parmi les plus sensibles que Bouteflika s’est particulièrement appliqué à réaliser en y mettant toute la force de son autoritarisme, a été de réduire le champ du multipartisme à néant pour mieux neutraliser les leaders d’opinion à forte personnalité et empêcher ainsi qu’une sérieuse et rigoureuse concurrence soit portée à la politique unilatérale prônée par le système.

    Il est évident que le Président, avant sa maladie, avait engagé l’essentiel de son énergie à couper toutes les têtes qui risquaient de lui faire de l’ombre. En parfait Zaïm n’admettant aucune rivalité, il a voulu ainsi tracer la route de son destin en restant le seul maître du jeu.

    En quatre mandats successifs, l’activité politique centrale du pays a été orientée vers le monopole des deux partis du pouvoir, le FLN et le RND, ne laissant que l’alibi d’exister à une opposition autour de laquelle toutes les voies d’émancipation ont été soigneusement verrouillées.

    Ceci pour dire que sur un terrain aussi miné, les partis d’opposition, notamment ceux de la mouvance démocratique, éprouvent toutes les difficultés à faire sortir de leurs rangs un postulant ayant le profil et l’envergure pour remporter l’élection présidentielle, alors que, théoriquement, c’est de leur unique mouvement que pourrait intervenir le basculement du régime autocratique que nous vivons vers le régime républicain dont a besoin le pays. Cette politique de vouloir stériliser l’opposition n’est pas fortuite.

    Elle commande de faire place nette à l’action du régime et donc de lui offrir les conditions idoines pour se régénérer en puisant dans son propre vivier le personnel politique ou l’élite de substitution. A partir de ce postulat, il est aisé de penser que le futur Président sera encore, sauf miracle, issu du sérail.

    On le présentera comme l’homme de la transition, mais ce sera forcément le représentant du clan dominant qui n’ose pas imaginer un instant que les affaires du pays puissent être contrôlées sans lui. On saisit toute l’amplitude de l’engrenage dans lequel nous a mis le régime de Bouteflika, lequel, même partant, pèse de tout son poids sur l’avenir du pays.

    Un avenir sombre, qui va encore différer les espoirs d’une authentique démocratie. Si à un moment le nom du frère du Président a circulé pour prétendre à la succession par voie filiale, cette option a vite été étouffée dans l’œuf, car trop grosse pour être crédible. Il y a encore le nom du vice-ministre de la Défense, qui a, lui aussi, été cité dans les possibles solutions de substitution, une sorte de rescousse à la Sissi, en Egypte, mais là encore rien de probable n’est apparu pour rendre imaginable une telle version.

    Entre les deux « propositions », les poids lourds du sérail ne se bousculent pas au portillon, même si le candidat du « consensus » généralement estampillé par l’Armée est toujours le dernier à être révélé avant le départ de la course pour maintenir entier le suspense. Il reste les spéculations d’usage sur les postulants sponsorisés et les inévitables lièvres.

    A ce titre, beaucoup croient que le Premier ministre, qui a longtemps joué dans l’antichambre, voit s’offrir à lui une chance exceptionnelle de réaliser enfin son rêve en l’absence de Bouteflika, contre lequel il a juré de ne jamais se présenter.

    Une élection sans ce dernier est une opportunité qui ne se renouvellera pas pour Ouyahia, comme l’a compris d’ailleurs Ziari, l’ancien président de l’APN, aux yeux de qui ce dernier passe pour être le plus indiqué pour assurer la continuité du régime. Faux, semble lui rétorquer le ministre de la Justice qui, pour se faire entendre, n’a pas trouvé meilleur argument que de descendre en flèche la « notoriété » de son responsable hiérarchique.

    La guerre au sommet pour l’après- Bouteflika est ouvertement déclarée. Elle ne fait que commencer en instaurant un climat de panique, dont les premières secousses sont ressenties au sein du vieux parti qui perd ainsi un agitateur de premier ordre, en l’occurrence son SG. Ce sont des signes qui renseignent sur l’affolement d’un sérail en perte d’imagination.                                                    https://www.elwatan.com/edition/culture/le-serail-en-perte-de-vitesse-22-11-2018


  • Le FLN est-il toujours crédible ? – Salimsellami’s Blog
    https://salimsellami.wordpress.com/2018/11/23/le-fln-est-il-toujours-credible
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    Crise ou pas crise. Démission de l’un ou limogeage de l’autre. L’essentiel est dans l’avenir que prévoit la providence à ce prestigieux Front, devenu Parti. La fièvre chronique ayant frappé l’APN et les primaires du Sénat motive la question en titre. 

    La présence structurelle du parti semble donner entre deux échéances électorales l’impression d’une simple existence d’un néant dynamique soit l’illusion de la coquille vide. Ce grand parti libérateur et rédempteur, artisan du sentiment nationaliste ne serait-il plus habité par ces élans rassembleurs et unitaires de la composante patriotique ? Aurait-il subi, à l’instar d’autres corporations le syndrome de l’usure et du vieillissement méthodique et fonctionnel malgré le renfort d’une jeunesse hélas en mal de formation idéologique ? Cet anachronisme qui ne devait point sévir au sein des forces vives et centrifuges serait pourtant devenu une nature essentielle pour le fonctionnement de tout l’appareil tant central que local. 

    Si la libération du pays avait exigé dans le temps l’utilité nécessaire d’un front unique apte à pouvoir mener vers les rives de l’indépendance l’immense volonté populaire, il en serait un peu autrement après la période post-indépendance. Le parti se transformant en un appareil usuel de propagande commençait à se faire sortir de l’option politique qui devrait tendre à réunir davantage les potentialités managériales et gestionnaires. Il faisait plus dans l’inquisition que dans la persuasion politique. L’Etat se confondait dans la rigueur qu’exerçait par fonction non élective le commissaire du parti. L’administration ne trouvait issue que dans l’application de résolutions. Il subsiste cependant, nonobstant le multipartisme certaines intercessions du même genre. 

    L’unicité du parti n’avait rien apporté comme élément fondateur d’une nation si ce ne fut cette discipline quoique honnie, mais qualifiée d’indispensable pour éviter toute dérive. Le moindre vent de vouloir dire ou faire des choses en dehors d’un « cadre organisé » s’assimilait de facto à un acte contre-révolutionnaire. La démocratie n’avait qu’une signification occidentale et bourgeoise au moment où, l’appropriation de l’outil de travail, la justice sociale et l’égalitarisme rimaient avec la négation des classes. L’embourgeoisement condamné à plus d’un titre sera une fois la démocratie mise sur scène, un mode apte à appâter les foules et gagner croit-on, l’estime de la populace. Les slogans d’à bas l’impérialisme et la réaction se tairont et les vociférateurs feront la chaîne devant les ambassades des pays qualifiés ainsi. Le parlement en 1976 ne constituait qu’un regroupement de gens réunis pour une utilité tout en faisant office d’une preuve tenant lieu d’un amphithéâtre de libre expression dans le cadre d’une démocratie « responsable et organisée » mais à voir sa composante aujourd’hui, les regrets de cette période vous tiennent au cou. Des gens de tout bord. Des députés, au moins certains n’ont aucun punch, ni gabarit, ni ne peuvent tenir la gorge en hauteur. 

    En fait de classes, elles n’avaient certes aucun statut juridique sauf que la réalité matérielle de certains pontes en disposait autrement. L’opulence ne signifiait pas un rang mercantile donné beaucoup plus qu’elle voulut signifier un état d’esprit. La division sociale n’était pas douée d’être perçue telle une expression justifiant l’option politique prise dans la théorie de la lutte des classes. La bourgeoisie d’alors se limitait à un affichage idéologique tacite et dissimulé parfois contraire, dit-on aux principes de la révolution populaire. En ce jour l’oligarchie a pris en otage ce faramineux sigle. Ou sont-ils ce socialisme, cette lutte de classes, cette charte nationale ? La représentativité élective sous ce parti tend de jour en jour à devenir l’apanage de la finance, du clanisme et loin d’un consensus idéologique ou d’un courant politique défini. On l’aurait vu dans les dernières joutes électorales et en ces jours-ci, fin novembre 2018 dans le renouvellement du tiers sénatorial. 

    L’édification nationale formée de taches de grandes envergures tels que le barrage vert, la transsaharienne, le volontariat dans la campagne, devait se partager par tout un chacun sans quoi les idéaux majeurs d’une révolution jeune et ferme n’auraient point eu les mérites dignes de la grandeur d’une nation à peine sortie des affres séculaires de la dépendance colonialiste. Oui cela va paraitre un langage ancien, obsolète et dépassé. Mais, c’est cela l’âme d’un parti, sa raison d’être sinon ; il n’exprimera qu’une association d’intérêt disons…public. 

    Ce fut un temps où l’engagement politique ne variait nullement de l’ardeur à pouvoir continuer la révolution autrement et sur d’autres fronts. L’école, la rue, l’usine et tout espace de la vie active ne pouvait être extrait à un militantisme qui ne cesse de déborder jusqu’aux fins de tous les rouages institutionnels. Maintenait nous assistons à une forme de militantisme qui ressemble beaucoup plus à une recherche de gain et de profit. La parti s’est transformé en une agence d’emploi, un organisme recruteur et non pas une tribune hissant la voix du peuple profond. Ce sont ces sacrées indemnités introduites depuis 2012 pour les élus qui ont faussé le jeu. Le militantisme doit être un acte bénévole et gratuit. La seule rétribution ce sera cette satisfaction à pouvoir su élever le niveau de la conscience politique des grandes masses. Oui, vous y verrez là, un discours ancien, obsolète et dépassé. Allah ghaleb. 

    Le parti qui jusqu’ici remporta la victoire sur un plan et la perdit sur tous les autres se trouvait coincé entre les serres d’un système qui voulut en faire un simple mécanisme de règlement de compte historique. Tantôt il prêchait la bonne parole au profit d’un pouvoir, tantôt il faisait dans l’éloge et la déification de personnes. Il était ainsi devenu au regard des foules le réceptacle de l’échec de toute politique. Il en était prescrit insidieusement d’en faire le parti unique. Il jouait le rôle sans avoir en finalité le mot ou l’ultime mot. Dans cette lancée le FLN ne pouvait survivre aux mites qui le rongeaient. Les figures de proue commençaient à lui causer une sérieuse hémorragie pour voir d’autres noms s’élever et s’ériger à l’avenir en des symboles incontournables dans l’échiquier politique algérien. 

    Octobre 1988 ne fut en d’autres termes qu’un salut politique pour la résurrection du FLN. Jusqu’aux soupirs languissants de l’agonie organique il lui avait permis en fin de cheminement un certain « ressourcement ». Bien ou mal opérée, cette nouvelle démarche dynamique n’aurait pas réussi totalement du seul fait de l’insistance farouche et sournoise de l’ancienne garde. Manœuvrant à distance, les caciques ne lâchent pas les rennes qui les ont traînés aux zéphyrs de la gloire Du jeune Etat. Les coulisses ne sont plus utiles, pour eux plus que ne le sont les eaux troubles de ce qu’ils qualifieront de démocratie. Cette dernière est là d’abord au service de leurs intérêts. Puis, elle aura à servir dans un proche avenir ceux de leurs relais que sont les futurs certains personnages politiques façonnés dans le coté cour de l’immeuble coté infecte de la corporation. 

    C’est ainsi que l’on s’aperçoit au fur et à mesure du défilé de toutes les élections que les batailles dans le parti n’ont jamais pris l’allure de courants idéologiques contradictoires. Les conflits opposaient les personnes, les clans et les familles et non les idées ou la nature de projets sociaux. Il reste édifiant encore de pouvoir constater avec lassitude que même avec la survenance, d’ailleurs salutaires d’autres associations politiques, le FLN tient à contrario du discours à imposer une caste au nom d’une légitimité, non plus historique mais conjoncturellement obéissante. L’opportunisme est confectionné grâce à l’octroi d’une carte ou le renouvellement d’une autre. La lutte n’apparaît qu’autour de l’échéance de vote qui fera le plus souvent des hommes publics pour ceux qui ne sont que de quelconques noms usuels. Il n’y qu’à voir ces récentes candidatures au Senat. L’ego a aveuglé presque tout le monde ou ce ptit tout le monde aspire sans nul égard au profil adéquat, à désirer sans scrupules devenir sénateur. Les actuelles primaires, qui ne devraient pas avoir lieu sont la preuve de ce manque de fermeté centrale. L’on aurait dû imposer ces primaires dans les élections locales et laisser les militants dresser les listes à soumettre aux citoyens électeurs. Et non l’inverse. Car en matière de Senat, l’affaire se joue en interne et tous les militants ne sont pas tous électeurs. L’on n’a pas à mener campagne au sein même de son parti. Et alors que faire lors du vote du 29 décembre ? Il va falloir aussi refaire une autre campagne pour encore s’assurer la voix des siens, de son propre parti. Drôle de situation, drôle d’irresponsabilité. 

    Le sens éveilleur de ceux qui ne vivent que par la légende, les rapports et la carte du parti, ne sera certainement pas capable d’entraîner dans un élan enthousiaste le resserrement des rangs que les intérêts personnels ont dispersés. Comment une population locale qui ne connaît de certains noms que l’habitude de les voir ressurgir aux moments opportuns, puisse croire le discours redondant tendant à faire du renouveau et du rajeunissement un credo sacro-saint du parti nouvelle-version alors que le plateau candidatural qui lui serait présenté n’offre que du réchauffé ? Qu’ont-ils fait ces éternels candidats, ratés à tout métier, oisifs en perpétuelle attente de meilleures opportunités électorales ? 

    Faisant dans une nébuleuse volonté, sa propension de changement, il n’arbore qu’une démocratie circonstancielle dénuée de toute logique propre à un parti où le centralisme démocratique était une règle d’or. La probable défection collective des vrais militants, les opportunistes, les attentistes et la présence intense et dense des profiteurs sans idéologie ni cognition et dont l’unique but n’est autre que de continuer à se positionner dans un confort matériel singulier insistent pour jeter un regard sérieux et radical dans les entrailles du parti. La nouvelle direction reste tenue à apporter un rafraichissement, non seulement dans l’organisation territoriale des bureaux de Mouhafadha mais également dans l’esprit de ceux qui viennent s’enrôler. 

    Bouchareb ou un autre Secrétaire général sont dans le devoir moral et historique de redresser cette situation où règnent la rente, le carriérisme et l’entremise malsaine. Etre membre du bureau politique ou du comité central ne doit plus faire rire. Tellement pris en dérision, ce titre si peu ou prou noble dans le passé qu’il recommande à la direction centrale de penser à tracer des pré-requis, un canevas critériologique et de s’atteler dans le prochain congrès à réaménager les conditions y afférentes. Il doit émaner d’un parcours studieux, d’une aptitude à la réflexion, de stature, de forte dimension, de personnalité, de maturité politique le tout dans une envergure nationale. Il y lieu aussi de finir avec cet automatisme disant qu’un député est forcement membre du CC. Si l’on avait à citer des noms, wallah c’est le fou-rire qui prendra le dessus.                                      
    par El Yazid Dib                                                                                                               http://www.lequotidien-oran.com/?news=5269492


  • Maroc-Israël : Hassan II, la grande imposture, par René Naba – Salimsellami’s Blog
    https://salimsellami.wordpress.com/2018/11/22/maroc-israel-hassan-ii-la-grande-imposture-par-rene-naba
    https://salimsellami.files.wordpress.com/2018/11/hassan-ii.jpg

    Le Roi Hassan II du Maroc, Président du Comité Al Qods » (Jérusalem), hôte du premier sommet islamique de l’époque contemporaine (Rabat 1969), apparaît rétrospectivement comme l‘un des grands traîtres à la cause arabe et son long règne de 38 ans (Mars 1961-Juillet 1999) une vaste supercherie, si toutefois sont avérées les révélations contenues dans le livre du journaliste israélien Ronen Bergman « Rise and Kill First : The secret History of Israel’s targeted assassinations », ED. Penguin Random House.

    LES DIRIGEANTS ARABES PLACÉS SUR ÉCOUTE SUR ORDRE DE RABAT
    Réputé pour son sérieux, chroniqueur militaire de Yedioth Aharonoth et du New York Times, l’auteur soutient que les dirigeants arabes ont été placés sur écoute des services israéliens grâce à la connivence marocaine lors du Sommet arabe de Casablanca de septembre 1965. Du jamais vu même dans les fictions les plus satiriques, cette trahison dénote la désinvolture du monarque chérifien à l’égard de ses pairs et de son mépris pour la cause palestinienne.

    Version arabe de ce récit selon la recension de l’ouvrage établi par le site en ligne Ar Rai Al Yom à l’intention du locuteur arabophone.
    https://www.raialyoum.com/?p=821705

    La date n’est pas anodine. Scellé par la signature d’un pacte de solidarité et de coexistence pacifique entre régimes arabes, ce sommet s’est tenu en septembre 1965, au terme d’un été particulièrement brûlant au Maroc, marqué par la terrible répression de la révolte étudiante de Casablanca (23 mars 1965) qui fit officiellement 7 morts et 168 blessés. En fait 400 morts selon l’ambassade de France à Rabat.

    Sentant le vent du boulet, le jeune monarque a eu la lumineuse idée de se tourner alors vers les Israéliens, comme garde fou aux débordements de son opposition interne et externe. Autrement dit, contre la volonté de son peuple, il s’allia aux ennemis du Monde arabe pour la survie de son trône, dans la pure tradition de la servitude coloniale. Un schéma identique sera observé 70 ans plus tard par le trône wahhabite, bradant la Palestine, par une alliance ouverte avec Israël.

    Dans une sorte d’échange de bons procédés, Hassan II percevra le prix de sa forfaiture au plan arabe, un mois plus tard, par l’élimination d’un des espoirs de la renaissance arabe, Mehdi Ben Barka.

    Figure mythique de l’opposition démocratique marocaine, l’ancien professeur de mathématiques d’Hassan II sera enlevé en octobre 1965 à Paris avec la complicité du Mossad, et carbonisé par des sbires marocains, un mois après la tenue du sommet de Casablanca.

    Principal opposant socialiste au roi Hassan II et leader du mouvement tiers-mondiste et panafricaniste, Mehdi Ben Barka a été enlevé le 29 octobre 1965 à Paris alors qu’il tentait, en sa qualité de « commis-voyageur de la révolution », de fédérer les mouvements révolutionnaires du tiers-monde en vue de la Conférence Tri-continentale devant se tenir en janvier 1966 à la Havane en vue de faire converger « les deux courants de la révolution mondiale : le courant surgi avec la révolution d’Octobre et celui de la révolution nationale libératrice ». Pour l’historien René Galissot, « c’est dans cet élan révolutionnaire de la Tri-continentale que se trouve la cause profonde de l’enlèvement et de l’assassinat de Ben Barka ».

    Sur ce lien, Le rôle de Mehdi Ben Barka et de la tri-continentale dans le réveil des peuples colonisés

    https://www.madaniya.info/2015/12/20/non-alignes-tricontinentale-60-eme-anniversaire-1-2
    https://www.madaniya.info/2015/12/26/non-alignes-tri-continentale-60-eme-anniversaire-2-2
    La mise sur écoute des dirigeants arabes a permis aux Israéliens de prendre note de la stratégie de reconquête de la Palestine, comme des divergences inter arabes. La décision marocaine aura constitué « Le plus grand trésor stratégique d’Israël ». Le journaliste israélien a estimé que cette information était « la raison principale qui a poussé Israël à prendre la décision de faire la guerre aux États arabes en Juin 1967 », deux ans après le sommet de Casablanca, et qui a infligé une terrible défaite à l’Égypte, à la Syrie et à la Jordanie.

    L’incendie de la Mosquée Al Aqsa par un illuminé israélien, en 1969, donne l’occasion au souverain chérifien de se refaire une virginité politique à l’occasion du sommet Islamique de Rabat, en 1969. Deux ans après la défaite de juin 1967, dont il en a été indirectement responsable, le « Commandeur des Croyants » va cumuler cette fonction spirituelle avec celle plus politique de président du « Comité Al Qods ».

    Le sommet islamique de Rabat a marqué, sur le plan idéologique, le début de l’instrumentalisation de l’Islam comme arme politique contre l’athéisme soviétique et le nationalisme arabe, et, sur le plan stratégique, le détournement du combat pour la libération de la Palestine, vers des contrées périphériques, à des milliers de km du champ de bataille de la Palestine, avec Al Qaida en Afghanistan et les djihadistes arabo afghans au Caucase et en Bosnie au Kosovo, avant d’être dirigé contre les pays arabes à structure républicaine (Libye, Syrie) à l’occasion du déclenchement de la séquence dite du « printemps arabe » et le surgissement de groupements terroristes islamistes Daech, Jabat An Nosra, Jaych al Islam, opérant, dans le sud de la Syrie, en coopération avec Israël.

    Le Maroc figurera lors de cette séquence comme l’un des plus gros exportateurs du terrorisme islamique vers l’Europe occidentale (Attentat de Madrid 2004 qui a fait 200 morts, l’assassinat de Théo Van Gogh, les attentats de Bruxelles en 2015 et les attentats de Barcelone en 2017).

    Pour aller plus loin sur ce thème

    http://www.renenaba.com/de-l-instrumentalisation-de-l-islam-comme-arme-de-combat-politique

    Nonobstant la coopération sécuritaire entre le Maroc et Israël, Hassan II, fait rarissime dans les annales, devra faire face à deux séditions militaires, à son palais de Skhirat, le 10 juillet 1971, jour de son anniversaire, puis l’année suivante contre son propre Boeing par un groupe d’aviateurs ; indice d’un fort ressentiment à son égard, deux ans après son sacre de Rabat.

    Au delà du rôle du Mossad dans l’enlèvement de Mehdi Ben Barka, la vassalité du trône alaouite à l’égard de l’État Hébreu s’est concrétisée sous le règne de son successeur Mohammad VI avec le scandale du « Collier de la Reine » dans sa version tropicale ; un scandale qui titre son nom du bijou offert par l’épouse du Roi à Tzipi Livni, ancien ministre israélien des Affaires étrangères, dans la foulée de la destruction de la bande de Gaza (2007-2008), dont l’ancienne agent du Mossad en Europe en a été la coordonnatrice.

    Pour aller plus loin sur l’affaire du collier de la reine
    http://www.renenaba.com/le-collier-de-la-reine

    LE MAROC, PIVOT CENTRAL DU DISPOSITIF OCCIDENTAL EN AFRIQUE VIA LE SAFARI CLUB
    Pivot central du dispositif occidental en Afrique, le Royaume fondera, en 1976, avec la France, l’Egypte, l’Iran et l’Arabie saoudite, le « Safari Club », se donnant ainsi l’illusion de « jouer dans la cour des grands ». En pleine négociation de paix égypto-israélienne, il assumera le rôle de gendarme, non sur le champ de la confrontation israélo-arabe, mais à des milliers de kilomètres de là, non pour la récupération des Lieux Saints de l’Islam, mais pour le maintien au pouvoir d’un des dictateurs les plus corrompus de la planète le Zaïrois Mobutu, agent attitré des Américains dans la zone centrale de l’Afrique, l’assassin de Patrice Lumumba, le chef charismatique de l’Indépendance du Congo ex belge.

    En soutien à Jonas Savimbi, l’agent de la CIA en Angola ; ou encore l’ivoirien Félix Houphouet Boigny, le principal pourvoyeur des djembés et des mallettes à une caste politico médiatique française vénale.

    Le Maroc était représenté au sein de cette structure par le général Ahmad Dlimi, un des artisans de la liquidation de Mehdi Ben Barka, l’ancien lieutenant du général Mohamad Oufkir, l’homme des basses oeuvres de la dynastie alaouite, tous les deux liquidés sans autre forme de procès sur ordre du Palais royal.

    À propos du safari Club

    https://fr.wikipedia.org/wiki/Safari_Club

    La dynastie chérifienne a constamment justifié sa relation privilégiée avec Israël par la spécificité du judaïsme marocain.

    Cf sur ce point, l’analyse d’Abraham Sarfati, l’un des plus célèbres opposants marocain à Hassan II.
    http://www.renenaba.com/jordanie-et-maroc-additif

    Il n’en demeure pas moins que le règne d’Hassan II, malgré les prosternations d’une presse française vénale, sera néanmoins qualifié de « Règne du Bagne et de la Terreur », dont le cas le plus illustre aura été le bagne de Tazmamart et l’arbitraire qui frappa notamment les Frères Bourequat.

    Pour aller plus loin sur cette affaire, cf le lien suivant
    http://www.renenaba.com/maroc-les-trois-freres-bourequat-40-ans-apres-le-retour-des-fantomes-vivan

    LE MAROC, POURVOYEUR DE PROSTITUÉES POUR LES PÉTROMONARCHIES ET REFUGE DE LA MAFIA ISRAÉLIENNE
    Un des principaux pourvoyeurs de la prostitution à destination du Golfe pétro monarchique, où près de vingt mille marocaines y font l’objet d’exploitations sexuelles, le Maroc passe de surcroît pour être un refuge pour la mafia israélienne. Le royaume aurait accueilli plusieurs anciens membres de la mafia israélienne, selon le quotidien israélien Haaretz, en date du vendredi 14 septembre 2012.

    Gabriel Ben-Harush et Shalom Domrani, deux figures puissantes de la mafia israélienne, recherchées depuis des années par l’Interpol, figuraient parmi les noms cités par le journal. Cf à ce propos : http://www.yabiladi.com/articles/details/12903/maroc-refuge-pour-mafia-israelienne.html

    Pour aller plus loin sur ce sujet cf :
    http://www.renenaba.com/yves-mamou-et-le-phenomene-de-serendipite

    Ronen Bergman mentionne 2700 assassinats ciblés orchestrés par Israël ; soit en moyenne 40 opérations par an. Les Israéliens n’auront fait que reprendre les méthodes en vigueur en Palestine par les britanniques, notamment le général Orde Wingate, qui avait créé dans la décennie 1930 les « Special Night Squads », les « Escadrons Nocturnes Spéciaux » composés de combattants juifs chargés des raids contre les villages arabes en procédant à l’élimination des meneurs.

    La France en a fait usage pendant la guerre d’Algérie et François Hollande a même admis que Paris y avait eu recours dans le cadre de la lutte contre le terrorisme. Les deux derniers présidents américains ont eu également recours aux « assassinats extrajudiciaires », George W. Bush jr, après les attentats terroristes du 11 Septembre 2001, et Barack Obama a ordonné plusieurs centaines d’exécutions ciblées par drones.

    YASSER ARAFAT, CHEIKH AHMAD YASSINE, ABDEL AZIZ RANTISSI
    La connivence israélo-marocaine s’est poursuivie en dépit de la décapitation du leadership palestinien, par les Israéliens, et le recours aux assassinats « extra judiciaires » des deux principaux dirigeants du Hamas, Cheikh Ahmad Yassine et son successeur Abdel Aziz Rantissi. Une collision qui acte une forme de forfaiture de la part du pouvoir chérifien.

    Le livre suggère aussi clairement qu’Israël a utilisé un poison radioactif pour tuer Yasser Arafat, le chef historique palestinien, ce que les dirigeants israéliens ont toujours nié. Bergman écrit que la mort d’Arafat en 2004 correspondait à un modèle et avait des partisans. Mais il évite d’affirmer clairement ce qui s’est passé, expliquant que la censure militaire israélienne l’empêche de révéler ce qu’il pourrait savoir.

    Deux monuments ont été édifiés au Maroc pour immortaliser l’oeuvre d’Hassan II : son mausolée à Rabat et la Mosquée de Casablanca, l’une des plus grandes du monde, qui porte son nom. Mais celui que la presse occidentale, particulièrement la presse française engourdie par la diplomatie de la Mamouniya, encensait comme un « Machiavel arabe doté de la baraka », se révélera être, à la lecture des révélations du livre de Ronen Bergman, un mauvais génie, une imposture.

    Et les deux monuments édifiés à la gloire posthume du Commandeur des Croyants et Président du comité Al Qods, -mais néanmoins un des principaux artisans du bradage de la Palestine, au même titre que l’Arabie saoudite-, se perçoivent, rétrospectivement, comme les stigmates du règne hideux d’un parfait sous traitant de l’impérium israélo-occidental. D’un être maléfique. D’un souverain vil et servile.

    Source : Madaniya, René Naba, 17-11-2018                                           https://www.les-crises.fr/maroc-israel-hassan-ii-la-grande-imposture-par-rene-naba


  • Mainmise des généraux sur le ciment égyptien – Salimsellami’s Blog
    https://salimsellami.wordpress.com/2018/11/22/mainmise-des-generaux-sur-le-ciment-egyptien
    https://orientxxi.info/IMG/arton2767.jpg?1542564975

    Ouvriers de Tourah Cement Company, la plus ancienne cimenterie d’Égypte.

    Sur l’autoroute de 120 km qui relie le gouvernorat de Beni Suef au Caire, trois imposantes constructions se dressent en plein désert : une aciérie, propriété d’un affairiste proche des services de renseignement militaire, une prison et la plus grande cimenterie du monde contrôlée par l’armée égyptienne. Le 15 août 2018, le président Abdel Fattah Al-Sissi a inauguré en grande pompe ce gigantesque complexe d’une capacité de 12,8 millions de tonnes/an (Mt/an) qui a bouleversé le marché du ciment en Égypte. Sixième producteur mondial en 2017, sa production totale (69 Mt/an) est le fait de 29 entreprises. À partir de 2015, l’armée a augmenté sa production de 4 Mt/an, la portant à plus de 22 Mt/an et a porté un coup sévère à ses concurrents du privé comme du secteur public, conduisant notamment à la disparition d’un important groupe appartenant à l’État.

    FERMETURE DES ENTREPRISES D’ÉTAT
    Al-Quomia a fermé le 17 mai 2018 en raison de pertes considérables : 47,452 millions d’euros (971,3 millions de livres égyptiennes, LE) pour l’exercice 2017, mettant au chômage plus de 2 300 salariés. Jusqu’en 2014, le groupe, rare rescapé des privatisations de l’ère Moubarak, produisait plus de 4,5 Mt/an, mais à partir de l’année suivante, il a dû fermer l’une après l’autre ses quatre cimenteries. Sa direction invoque la hausse des coûts de production, de l’exploitation des carrières, de la maintenance. De même, sur ordre du gouvernement, la conversion au charbon à la place du gaz naturel — meilleur marché — comme combustible.

    Dans son allocution, le président Al-Sissi a prétexté les salaires élevés des ouvriers, près de 14 000 LE (700 euros) par mois pour justifier la fermeture d’Al-Quomia, mais des sources internes font état de 6 000 à 7 000 LE et la Cour des comptes, assez indépendante, juge que l’arrêt de la production début 2017 a « causé de lourdes pertes au lieu de régler les problèmes ». Un actionnaire privé (3 % du capital échappe à l’État) a même accusé en public la direction du groupe de « complicité dans l’accaparement du marché par les militaires ». Il ne reste plus qu’une seule société d’État dans le secteur, Al-Nadha, désormais dirigée elle aussi par un général.

    Selon le président Al-Sissi, la nouvelle cimenterie de Beni-Suef répond aux besoins du marché et réduira l’importation de ciment. Il n’en est rien. Selon le vice-président de la branche ciment à la Fédération des industries égyptiennes (Federation of Egyptian Industries, FEI) Ahmed Draz, en 2017 la capacité de production était de 69 Mt/an, « alors que la demande n’a pas dépassé 52 Mt ». Selon lui, le secteur affronte la hausse des coûts, la surproduction de ciment et le problème des carrières, autant de défis qui affaiblissent les entreprises.

    Malgré leurs pertes et la surproduction qui pèsent sur le secteur, les généraux ont voulu s’imposer à tout prix. Cela a commencé en 2001 avec la construction de la cimenterie d’Al-Arich, au Nord-Sinaï (4 Mt/an), mais depuis 2015 leur appétit a été décuplé. En 2014, un décret d’Al-Sissi confère à l’armée le droit de gérer les carrières. « Depuis, les tarifs du sable ont triplé » , dit-on à la FEI. En février 2018, Al-Arich a porté sa production à 9,6 Mt/an. Avec la nouvelle unité de Beni-Suef qui a coûté 1,2 milliard de dollars (1,05 milliard d’euros) financés par l’armée, mobilisé 8 000 ouvriers nuit et jour pendant deux ans et emploie une technologie chinoise, la production totale de ciment en Égypte sera en année pleine de 87 Mt/an.

    LE QUART DE LA PRODUCTION NATIONALE
    L’objectif de cette offensive à la hussarde est de redessiner la carte du ciment en Égypte. « Les forces armées veulent restructurer le marché, contrôler le prix du ciment et empêcher les privés de le manipuler », affirme Ahmed Al-Zeini, président de la branche à la FEI. Selon la banque CL Capital, l’armée est désormais le cimentier n° 1 en Égypte, avec le quart de la production nationale. Le marché subira de fortes fluctuations pendant des années, « l’impact des projets militaires sur le secteur se fera sentir jusqu’en 2022 », note la banque. Certaines entreprises en souffrent déjà, notamment les multinationales étrangères.

    Al-Suez, 2e producteur du pays, qui appartient à l’allemand Heidelberg et à l’italien Italcementi, a déjà perdu 1,1 milliard de LE (54 millions d’euros) en 2017 et s’attend à de nouvelles pertes en 2018. Pour s’en sortir, Lafarge Égypte, 3e producteur (environ 10 Mt/an), exporte jusqu’à 20 % de sa production. Ce n’est pas la solution miracle, les prix internationaux sont inférieurs au coût de revient local.

    Privées ou publiques, égyptiennes ou étrangères, les entreprises sont coincées entre un marché intérieur déprimé qui achète au meilleur prix et un concurrent en kaki qui jouit d’énormes avantages : l’armée ne paie ni droits de douane ni impôts, elle emploie des conscrits non rémunérés dans ses installations, bénéficie de réductions sur les transports et dispose gratuitement de carrières. Enfin, des généraux à la retraite sont en poste dans des ministères de tutelle décisifs pour le secteur comme les transports, l’approvisionnement et l’habitat.

    DES SINÉCURES POUR LES OFFICIERS
    Fort de ses privilèges, les cimenteries militaires vendent en moyenne la tonne de ciment 860 LE (42,59 euros) alors que les coûts de production dans le privé et chez Al-Nadha, la dernière société d’État, atteignent 940 LE (46,55 euros).

    De fait, le ciment n’est pas une exception. L’armée investit en effet dans presque tous les secteurs de l’économie : acier, marbre, cuir, agroalimentaire, électroménager, médicament en liaison avec des laboratoires étrangers… Les profits, s’il y en a, vont directement dans la poche de l’institution militaire dont le budget reste un secret et qui s’érige peu à peu en pôle économique rival du secteur public. L’État y perd d’importantes recettes fiscales et des ressources pour ses services publics, les militaires y gagnent des postes pour les officiers généraux mis à la retraite, la population un ciment à peine moins cher compte tenu de la lourdeur des circuits de distribution.

    Si Gamal Abdel Nasser nationalisait pour rendre le pays autosuffisant, Al-Sissi étend l’emprise des généraux à toute l’économie à coup d’avantages exclusifs et de coups de pouce discrets pour offrir des sinécures aux officiers supérieurs   .JAMAL BOUKHARI  Journaliste basé en Egypte.                                  https://orientxxi.info/magazine/mainmise-des-generaux-sur-le-ciment-egyptien,2767


  • #Unity4J : Christine Assange lance un appel d’urgence – Salimsellami’s Blog
    https://salimsellami.wordpress.com/2018/11/14/unity4j-christine-assange-lance-un-appel-durgence
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    (traduit à partir de la transcription d’un document sonore) Ceci n’est pas un exercice. C’est une urgence. La vie de mon fils, le journaliste Julian Assange, est en danger imminent et grave. Je vous remercie tous d’entendre l’appel d’une mère qui vous demande de l’aider à le sauver. Bien que Julian soit un journaliste primé à maintes reprises, très aimé et respecté pour avoir courageusement dénoncé, dans l’intérêt du public, des crimes graves et la corruption à haut niveau, il est actuellement seul, malade, souffrant et réduit au silence et à l’isolement, coupé de tout contact et torturé au cœur de Londres. La prison moderne des prisonniers politiques n’est plus la Tour de Londres mais l’Ambassade de l’Equateur. Voici les faits : Julian est détenu depuis près de huit ans sans inculpation. Vous avez bien lu : sans inculpation. Au cours des six dernières années, le gouvernement britannique a refusé ses demandes d’accès aux soins de santé de base : air frais, exercice, soleil pour la vitamine D et accès à des soins médicaux et dentaires appropriés. En conséquence, sa santé s’est sérieusement détériorée et les médecins qui l’examinent mettent en garde contre ces conditions de détention qui mettent sa vie en danger. Un assassinat lent et cruel se déroule sous nos yeux à l’ambassade de Londres. En 2016, après une enquête approfondie, les Nations Unies ont statué que les droits de Julian avaient été violés à plusieurs reprises, qu’il était détenu illégalement depuis 2010, et ont ordonné sa libération immédiate, un sauf-conduit et son indemnisation. Le gouvernement britannique a refusé de se conformer à la décision de l’ONU. Le gouvernement américain a déclaré que l’arrestation de Julian était une priorité. Ils veulent contourner la protection des journalistes américains en vertu de leur Premier Amendement [de la Constitution US] en l’accusant d’espionnage. Ils ne reculeront devant rien pour le faire. En raison de la menace que les États-Unis font peser sur l’Équateur, son droit d’asile est maintenant directement menacé. Les pressions exercées par les États-Unis sur le nouveau président équatorien ont conduit Julian à être placé en isolement cellulaire strict et sévère au cours des sept derniers mois. Privé de tout contact avec sa famille et ses amis. Seuls ses avocats peuvent lui rendre visite. Il y a deux semaines, la situation s’est considérablement aggravée. L’ancien président de l’Équateur, Rafael Correa, qui a légitimement accordé à Julian l’asile politique devant les menaces américaines contre sa vie et sa liberté, a publiquement averti que lorsque le vice-président américain Mike Pence s’est récemment rendu en Équateur, un accord a été conclu pour livrer Julian aux États-Unis. Il a déclaré que parce que le coût politique d’une expulsion de Julian était trop élevé, le plan consiste à le briser mentalement. Un nouvel ensemble de règles et de protocoles inhumains, impossibles à mettre en œuvre, a été mis en place à l’ambassade pour le torturer au point de le faire craquer et le forcer à partir. En même temps, un membre du gouvernement équatorien a tenté à plusieurs reprises d’annuler la citoyenneté équatorienne [de Julian] afin qu’il puisse être extradé directement vers les États-Unis. Alors que ses avocats contestaient cette dernière violation de ses droits humains en vertu de la Constitution équatorienne, l’avocat du gouvernement a averti Julian que même son témoignage décrivant ses souffrances pourrait constituer une violation du nouveau protocole et un motif d’expulsion de l’ambassade. Ils lui ont refusé la visite de ses avocats pendant quatre jours, avant l’audience de lundi prochain, ce qui compromet la préparation de son dossier et accroît encore son isolement, son anxiété et son stress. Ils sont en train de piéger mon fils pour avoir une excuse pour le livrer aux États-Unis, où il fera l’objet d’un simulacre de procès. Au cours des huit dernières années, il n’a pas eu accès à un processus juridique approprié. A chaque étape, c’est l’injustice qui a prévalu, avec un énorme déni de justice. Il n’y a aucune raison de penser qu’il en sera autrement à l’avenir. Le grand jury américain qui produit le mandat d’extradition se tient en secret, a quatre procureurs mais pas de défense ni de juge. Le traité d’extradition entre le Royaume-Uni et les États-Unis permet au Royaume-Uni d’extrader Julian vers les États-Unis sans qu’il y ait de preuve prima facie. Une fois aux États-Unis, la National Defense Authorization Act permet la détention illimitée sans procès. Julian risque d’être emprisonné à Guantánamo Bay et torturé, d’être condamné à 45 ans de prison de haute sécurité, ou la peine de mort. Mon fils est en danger critique à cause d’une persécution brutale et politique par les tyrans au pouvoir dont il a courageusement dénoncé les crimes et la corruption quand il était rédacteur en chef de WikiLeaks. Les entités corrompues qui, au gouvernement, parlent d’intimidation, de fausses nouvelles et de droits humains sont les mêmes brutes qui poussent mon fils à la mort. Il semblerait que le journalisme courageux, honnête et primé à plusieurs reprises soit devenu une activité dangereuse. Les voies légales ont été subverties, et il est donc peu probable qu’elles puissent le sauver. Parce qu’il s’agit d’une persécution politique transnationale par une superpuissance sauvage en collusion avec ses alliés, sauver Julian nécessite l’indignation des peuples du monde. Je vous demande de faire du bruit, beaucoup de bruit, et de continuer à en faire jusqu’à ce que mon fils soit libéré. Nous devons protester contre cette brutalité assourdissante. J’en appelle à tous les journalistes pour qu’ils se dressent, parce qu’il est votre collègue – et parce que vous serez les prochains. J’en appelle à tous les politiciens qui disent qu’ils sont entrés au Parlement pour servir le peuple, pour qu’ils se dressent maintenant. J’en appelle à tous les activistes qui soutiennent les droits de l’homme, les réfugiés, l’environnement, et qui sont contre la guerre, à se dresser maintenant parce que WikiLeaks a servi les causes que vous défendez, et Julian souffre maintenant pour cela, à vos côtés. J’en appelle à tous les citoyens attachés à la liberté, à la démocratie et à la justice, à mettre de côté leurs divergences politiques et à s’unir et à se mobiliser maintenant. La plupart d’entre nous n’ont pas le courage des lanceurs d’alerte, ni des journalistes comme Julian Assange qui les publient, afin que nous soyons informés et avertis des abus de pouvoir. Mais nous pouvons nous mobiliser en masse et les protéger. Tout au long de l’histoire, lorsque les abus de pouvoir sont devenus insupportables pour le peuple, celui-ci s’est uni et s’est levé pour les faire cesser. Le moment est venu de dire « ça suffit ! Nous, les gens, ne resterons pas les bras croisés et ne regarderons pas mourir ce courageux journaliste. Traduction « gorge nouée et rage au ventre. Où sont les médias « alternatifs » ? » par VD pour le Grand Soir avec probablement toutes les fautes et coquilles habituelles.http://

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  • L’ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE DE 2019 : ENTRE ESPOIRS ET PÉRILS – Salimsellami’s Blog
    https://salimsellami.wordpress.com/2018/11/14/lelection-presidentielle-de-2019-entre-espoirs-et-perils
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    L’élection présidentielle de 2019 intervient dans un contexte on ne peut plus défavorable, comme l’Algérie n’en a jamais connu depuis le recouvrement de son indépendance.

    Elle offre l’image d’un pays qui vit mal une absence manifeste de l’autorité publique, un Etat déliquescent, une population traversée par un désespoir qu’explique la perte de ses repères et de ses valeurs, une crise économique appréhendée davantage comme une conséquence d’une mauvaise gouvernance que comme fatalité, une baisse du pouvoir d’achat, une hausse du taux de chômage, une succession d’« affaires » où la corruption et la rapine ont gangrené aussi bien l’appareil économique que les institutions et les esprits.

    Dans cette ambiance délétère, il ne se passe pas un seul jour sans son lot de révélations qui renforcent le doute du peuple sur les capacités de ses gouvernants à diriger le pays, tant leurs actions s’inscrivent aux antipodes de ce qu’il en attend… Ainsi, les Algériens ne sont pas sans vivre cette gouvernance, où se côtoient incompétence, malhonnêteté, népotisme, clanisme, affairisme, courtisanerie et autres mauvais « ismes », comme un profond traumatisme dont ils ne demandent qu’à en sortir au plus vite.

    Certains, ayant perdu tout espoir, ont, au péril de leur vie, choisi la voie de la « harga », d’autres, nourrissant encore quelques espoirs en les joutes électorales à venir pour voir les choses changer vers le mieux, rongent leur frein en attendant. Tel est le décorum de la joute électorale de 2019.

    Les Algériens n’attendent rien de moins de ce rendez-vous que la fin de tout ce qui a contribué à mettre leur pays sur une pente aussi raide que fatale, avec, en contrebas, – craignent-ils – son effacement, tant les forces centrifuges poussant vers le sécessionnisme n’ont jamais été aussi manifestes et les conditions pour la réalisation de leurs desseins aussi favorables.

    Au lieu de répondre à ces attentes populaires, une poignée de pseudo-nationalistes, autoproclamés détenteurs de la légitimité historique, et prétendument soucieux du devenir de la nation, se méprenant de la maturité et de l’intelligence de ce peuple, ont fait de la continuité au nom de la stabilité un hymne et de l’adulation de l’homme une idéologie. Et, quoiqu’ils s’abstiennent de préciser si c’est de la stabilité de leur situation de rentiers qu’il s’agit ou de celle du pays, le peuple détient la réponse !

    Il est convaincu que ceux qui l’ont mené à l’état de désespoir dans lequel il se trouve, alors qu’ils disposaient de conditions on ne peut plus favorables, ne sauraient se convertir, l’espace d’un mandat supplémentaire, qui bouclerait leur quart de siècle de règne, en bons samaritains, pour améliorer son sort et faire sortir le pays du bourbier dans lequel leur politique l’a enfoncé. Ils ont failli et leur échec est collectif. Il est loin d’être celui d’un homme seul, il est celui de tout un système, désormais arrivé aux termes de son existence, entre autres, par défaut d’une idéologie en rapport avec son temps, à laquelle les incantations des thuriféraires ne sauraient en aucune manière se substituer.

    Dépourvues de cadre normatif, au lieu de susciter l’adhésion, ces invocations ne font que contribuer à légitimer le doute sur tout ce qui est dit ou entrepris par l’Etat.

    Il ne pouvait, en toute logique, en être autrement tant la préoccupation majeure est la satisfaction de l’ego et non du collectif, du clan et non de l’Etat. C’est à travers cette grille qu’il faille décrypter cette ferveur faussement militante, encore moins nationaliste.

    Lorsque l’adulation de l’individu s’érige en idéologie et devient la motivation suprême d’un prétendu militantisme et de l’engagement politique, le doute n’est plus permis, la République est en danger ! La courtisanerie empreinte d’obséquiosité ne saurait, sauf à insulter les valeurs que le 1er Novembre nous a laissées en legs, s’ériger en référentiel républicain, encore moins, révolutionnaire. Le peuple algérien n’a pas brisé les chaînes du colonisé qu’il était pour accepter les ficelles de marionnette dont on cherche à le parer.

    La Révolution ne s’est pas faite pour que les Algériens se convertissent en idolâtres ! Et, s’il fallait à tout prix qu’il en soit ainsi, l’image des « six immortels » aurait été la plus indiquée, tant ils ont incarné et continueront à le faire pour les générations à venir, le sens du sacrifice et du don de soi pour que l’Algérie soit telle qu’ils l’ont voulue, n’ayant pour seul et unique héros que le peuple. Par les temps qui courent, il ne serait pas inutile de rappeler que, s’il est une valeur cardinale pour la défense de laquelle les Novembristes ont été intransigeants, c’est bien celle de la transcendance de l’individu qu’elles que soient ses vertus. Notre histoire en est témoin.

    C’est dire que le culte de la personne n’a jamais fait partie de notre culture politique. Prétendre le contraire, c’est remettre en question les fondamentaux de ce qui a donné corps à notre nation et le bien-fondé de la collégialité, comme cadre décisionnel, qui a été la marque de fabrique de notre Révolution, et dont l’Algérie indépendante a fait un socle de gouvernance.

    Cette irruption d’une pratique étrangère à nos mœurs politiques est on ne peut plus révélatrice de la vacuité doctrinale et idéologique qui caractérise certains partis, du vide dangereux que représente l’absence de débats d’idées au sein de la classe politique nationale et de la mise dos-à-dos des générations présentes, au moment où le resserrement des rangs et l’unité s’imposent non plus comme un choix, mais comme nécessité absolue pour sauver la nation.

    La démocratie, pourtant consacrée pour la énième fois dans la loi fondamentale, n’a jamais été en aussi net recul. Le peuple boude les institutions, raille ses gouvernants et, de plus en plus, perd toute confiance en son Etat. Il lui tourne le dos… Ainsi, la fracture entre la population et ses dirigeants se creuse chaque jour davantage, conséquence évidente d’une légitimité à acquérir et d’une méfiance à bannir.

    Le peuple vit désormais seul l’angoisse et l’inquiétude. Désemparé et désespéré, de plus en plus convaincu que son aspiration au meilleur des mondes relève de l’impossible, il a réduit ses ambitions à une seule et unique revendication : la reconnaissance de son état de citoyen par le respect de son choix électoral individuel. Au lieu d’être à son écoute et de répondre à ses questionnements, on ne peut plus légitimes, ceux qui, l’espace d’une campagne, se sont convertis en gardiens du temple, veulent lui imposer ce qu’ils considèrent être la panacée à tous les maux dont il souffre : la continuité au nom de la stabilité.

    A l’évidence, ceci dénote que, du réel, gouvernants et gouvernés ont des perceptions différentes, si elles ne sont pas totalement divergentes, laissant penser que chacune des deux parties vit sur sa propre planète. Un discours d’autistes, en somme. Dès lors, nous assistons à deux mouvements antagonistes. D’un côté, les uns crient au changement, de l’autre, c’est à la stagnation, érigée en credo idéologique par défaut, qu’on fait campagne.

    De cette confrontation se nourrira l’élection présidentielle de 2019. Sera-t-elle ce qu’ont été toutes celles qui l’ont précédée, ou constituera-t-elle le point de rupture que trois générations ont si patiemment attendu depuis plus d’un demi-siècle ? Rien n’invite à penser que le pouvoir, disposant des moyens qui sont les siens, puisse arriver à faire avaler aux Algériens cette fois-ci, encore, une pilule aussi amère. Rien ne se passera comme par le passé. Indéniablement, les conditions qui prévalent sont des plus complexes et nullement pareilles à celles que le pays a eu à connaître depuis 1962. Elles sont d’ordre interne et externe.

    Sur le plan externe, le monde est devenu fort effervescent, il se caractérise par une mutation dans les relations internationales qui présage de l’avènement d’un nouvel ordre mondial devant se substituer à celui né de la Deuxième Guerre mondiale, avec l’émergence de nouveaux pôles de puissance et de nouveaux rapports de force où la compétitivité dans tous les domaines sera féroce et l’instabilité une variable dont il serait hasardeux de ne pas en tenir compte.

    Ces transformations dont nous vivons les prémisses supposent des postures impliquant des positionnements et des stratégies en totale rupture avec ceux du moment, et encore davantage avec ceux du passé, tant les remises en cause qu’elles recèlent sur les plans géopolitique, géostratégique, politique, économique, scientifique et technologique sont importantes. Plus aucune économie nationale n’est fermée. Plus aucune politique de sécurité nationale n’est exclusivement interne. S’il en est ainsi des grandes puissances, comment pourrait-il en être autrement des autres.

    Sur le plan interne, quoique les aspects économiques, sécuritaires et sociaux pèsent de tout leur poids sur le quotidien des Algériens, ce sont ceux d’ordre politique qui sont déterminants tant, de leur résolution dépendent les premiers. Il en est ainsi du déficit démocratique des institutions qui n’est pas sans déteindre sur, d’une part, leur légitimité et leur fonctionnement et, d’autre part, sur le rapport, d’une manière plus générale, du peuple à l’Etat dont il ne cesse de dénoncer l’absence. C’est de cette attitude que naît la perversion citoyenne et se nourrit la pratique de la corruption.

    Cette dernière étant, ni plus ni moins, perçue que comme un moyen pour contourner les lois et les règlements et le sésame pour obtenir autant ce qui est de droit que ces textes sont censés interdire ou limiter. La corruption s’érige désormais en « doublure » de la voie normale, non seulement pour les seuls laissés-pour-compte, ce qui est en soi alarmant, mais aussi – autant dire notamment – pour l’élite sociale, comme le confirment les scandales à répétition que vit le pays.

    Ainsi, elle a altéré à un niveau insoupçonné la crédibilité de l’Etat, gangrené son tissu social et attenté à la sacro-sainte unité nationale tant les revendications sécessionnistes se font désormais au grand jour et ne relèvent plus de la vue de l’esprit. Ce fléau menace désormais sérieusement notre cohésion sociale et notre sécurité nationale ! Et, cerise sur le gâteau, c’est dans ce climat délétère qu’intervient un obscur boucher qui n’a rien trouvé de mieux que d’user de son « droit d’abattage » pour achever ce qui reste de la République. L’actualité en est témoin !

    C’est dans cette conjoncture où rien n’invite à l’optimisme que se présentent ces élections et où deux tendances que tout oppose sont en confrontation, latente, pour le moment.

    D’un côté, une minorité d’apparatchiks intéressés, qui, confiants en les stratagèmes qui ont déjà fait leurs preuves dans les précédentes joutes, militent pour la continuité à travers la reconduction du mandant actuel pour un cinquième dont ils seront les seuls bénéficiaires par la « rallonge » qu’elle leur procurerait, en attendant, pensent-ils, d’élaborer une stratégie pour la revitalisation d’un système politique devenu entropique et, historiquement, arrivé au bout de son cycle.

    De l’autre côté, une majorité populaire qui aspire à sortir de ce traumatisme collectif dans lequel l’a plongée la minorité prédatrice. Cette dernière qui, après s’être accaparé de son histoire, de sa religion, de son identité et de ses richesses s’apprête à présent, en voulant lui imposer ses choix en 2019, à lui donner l’estocade et lui spolier d’une manière définitive ce qu’elle lui a toujours dénié, sa citoyenneté, hypothéquant ainsi irrémédiablement son avenir et celle de sa descendance. Cette majorité clame haut et fort le changement pour des lendemains meilleurs, convaincue qu’elle est que l’état de déliquescence dans lequel se trouve l’Algérie, elle le doit à ces adeptes de la stabilité.

    Elle est tout aussi convaincue que cette thématique à laquelle ces « stabilocrates » s’accrochent par, prétendent-ils, amour du Président, cache mal leurs intentions réelles qui se résument à la préservation de leurs seuls acquis et des privilèges que leur procure leur proximité du pouvoir. Il n’est nul besoin d’être grand clerc pour se rendre compte que, de la personne du Président, ils n’en ont cure. Eussent-ils éprouvé un quelconque respect à son égard et un minimum de reconnaissance pour ce qu’il a fait pour ce pays depuis sa prime jeunesse, qu’ils se seraient abstenus de le pousser vers ses limites humaines desquelles son état de santé le rapproche.

    D’où cette ligne de rupture qui fait que ces élections ne sauraient en aucune manière être abordées comme les précédentes et se suffire de la seule ingénierie du pouvoir. Dans l’imaginaire collectif, la défiance envers l’administration soupçonnée de corruption et de falsification des résultats électoraux s’est imposée au fil du temps en invariant, comme en témoignent les forts taux d’abstention observés lors de toutes les élections précédentes, y compris, locales. Tout prête à croire que, cette fois-ci, le peuple et son élite semblent décidés à ne pas les laisser faire.

    La maladie du Président et le vieillissement du traditionnel creuset qu’incarne sa génération interviennent à un moment où la légitimité historique, naguère argument de taille pour convaincre le peuple de la justesse des choix du système, a perdu toute son acuité.

    Il ne peut en être autrement face à une jeunesse largement majoritaire, quoique tournée vers d’autres horizons et à la recherche de ses propres repères, n’en demeure pas moins résolue à en découdre. Sauf à feindre l’ignorance et l’aveuglement, l’Algérie se trouve bel et bien sur une ligne de crête, entre ubac et adret, entre une génération, abusant de son droit d’aînesse dont l’histoire l’a servi et qui cherche à disposer du pouvoir ad vitam aeternam, et d’autres, notamment celle qui lui emboîte le pas qui s’impatiente, estimant que son heure pour passer aux commandes de ce pays a sonné et qu’il est temps qu’elle assume, en toute légitimité, sa part de responsabilité face à l’histoire.

    Toutes ces considérations, si elles rendent potentiellement problématiques les élections de 2019, ne permettent pas moins de dresser le profil du futur Président, si tant est que la volonté de tous converge vers la mise en place des voies, des moyens et des conditions à même de permettre à ce pays de sortir des sentiers battus et de l’engager sur ceux de la reconstruction et de la modernité.

    Au-delà des qualités morales et des pré requis professionnels qui, sous d’autres cieux, sont exigibles de tout postulant aux services de l’Etat et de la communauté à quelque niveau de responsabilité que ce soit, il est requis du futur Président, notamment, d’être profondément convaincu des principes de liberté et de justice sociale et que l’unique force d’un pouvoir politique est celle que lui confère la légitimité populaire dont l’urne est l’incarnation ; d’être porteur d’un projet de société novateur en rapport avec les aspirations du peuple et en rupture totale avec les pesanteurs dogmatiques ; d’être « générationnellement » en phase avec son peuple pour comprendre le langage et saisir le message de sa composante la plus importante, la jeunesse, à l’égard de laquelle il doit faire montre de réactivité et être en mesure de lui insuffler l’indispensable espoir pour qu’elle soit l’acteur privilégié de la reconstruction nationale ; de jouir de l’indispensable potentiel cognitif à même de lui permettre de se projeter pour anticiper les mouvements d’intérêts à quelque niveau que ce soit et d’où qu’il puisse émaner des individus, des groupes sociaux ou des Etats ; d’être capable, intellectuellement, d’impulser à la société l’indispensable élan pour en faire une société de connaissance, condition sine qua non pour mieux préparer le pays aux défis existentiels auxquels il aura à faire face dans le futur non pas lointain mais immédiat.

    Ces exigences à son égard se démultiplient lorsqu’il s’agit de frayer à l’Algérie une place en rapport avec son potentiel et ses ambitions, dans une confrontation où les pays les plus faibles seront tout simplement condamnés à l’effacement…. Autant de postulats auxquels il lui appartiendra de répondre.

    C’est dire qu’il est attendu de la prochaine élection présidentielle d’être celle du renouveau et de l’espoir, celle qui accompagnera l’Algérie vers les berges de l’espoir et de la renaissance, celle du passage de flambeau entre une génération qui a achevé sa mission historique et une autre qui est prête à la prendre de bon droit, pour qu’il continue à éclairer la voie des générations d’Algériens à venir. Et, c’est parce que la prochaine élection présidentielle est déterminante pour la nation et son devenir, nous devons faire preuve de sagesse et l’appréhender avec le maximum d’attention requise en mettant en avant le seul intérêt national. Ce ne serait nullement exagéré d’affirmer qu’elle est porteuse, à la fois, de périls et d’espoirs.

    De périls. Si l’ambition et les intérêts des individus l’emportent sur la raison. Si la crainte des revanchards estompe la vaillance des Algériens. Si l’on fait de l’entêtement une politique en optant pour un passage en force, aux seules fins de sauver le régime et ceux qui gravitent autour, au prétexte que c’est le souci de continuité et de stabilité qui prévaut. Si l’on considère que ce peuple est immature et qu’il faille choisir à sa place ceux qui présideront demain à sa destinée. Si l’on persiste à user des anciennes recettes pour pervertir la sanction des urnes et se déjouer de la volonté populaire. Les retombées d’une telle approche ne peuvent être que dévastatrices tant elles portent en elles les germes du désordre et de la désunion, qu’aucune force, quelle qu’elle soit, ne serait en mesure de contenir. Elle serait suicidaire aussi bien pour les individus, que pour l’Etat et la nation.

    D’espoirs. Si l’on tient compte des donnes objectives nouvelles et des aspirations de ce peuple majoritairement jeune, non pas pour lui imposer une solution, mais d’agir pour qu’il soit associé à sa recherche. Si on laisse le peuple choisir son favori parmi l’élite réelle de la nation, seule capable de lui faire franchir le gué et de le mettre en phase avec son destin. Si l’on fait passer l’Algérie avant les hommes. Si l’on fait de « l’Algérie avant tout » de feu Boudiaf notre slogan et qu’on laisse le génie nationaliste faire son œuvre. A coup sûr, il la sortira de l’ornière !

    Ces échéances électorales placent tous les Algériens devant ce choix cornélien, d’un côté le pays, de l’autre, les individus. Il s’agit de toute évidence d’un véritable challenge, hors de portée du seul pouvoir, davantage enclin à sauver sa mise. Pour le réussir, la contribution de tous, non seulement celle du pouvoir et de l’opposition, mais celle de tout le peuple, est vitalement requise.

    Elle s’impose à tous les Algériens. Abstenons-nous de mépris et de haine entre générations et d’esprit de vengeance en ce qu’ils ne peuvent mener qu’au chaos. Faisons amende honorable par rapport à notre présent et à notre passé et affrontons l’avenir autrement que nourris par la peur et l’appréhension. Hissons-nous à la hauteur de l’esprit et de la lettre de Novembre. Reconnaissons à notre jeunesse son droit légitime à l’alternance et redonnons-lui l’espoir en son pays.

    Donnons à l’Algérie la place qui lui sied dans nos cœurs et laissons la raison prendre le dessus sur nos instincts. Il y va du devenir de notre nation, gardons-nous de l’exposer à l’effacement. C’est par rapport à cette posture que l’Algérie sera ou ne sera pas, et c’est par rapport à elle que l’Histoire jugera les uns et les autres !

    Par Ghediri Ali , Général-major à la retraite     
    EL WATAN12 NOVEMBRE 2018


  • INCARCÉRATIONS DES CADRES : LE TÉMOIGNAGE D’UN ANCIEN SYNDICALISTE DU COMPLEXE D’EL HADJAR – Salimsellami’s Blog
    https://salimsellami.wordpress.com/2018/11/14/incarcerations-des-cadres-le-temoignage-dun-ancien-syndicali
    http://lequotidienalgerie.org/wp-content/uploads/2018/11/injustice-justice.jpg

    En 1996, quand le gouvernement avait décidé d’incarcérer des centaines de cadres d’entreprises publiques, Smaïl Kouadria était membre de la section syndicale du Complexe sidérurgique d’El Hadjar. Il était en charge des affaires sociales et conflits.

    QUAND L’AFFAIRE DES 700 CADRES DONT SEPT DE SIDER, À LEUR TÊTE LE PDG MESSAOUD CHITTIH, S’ÉTAIT PRODUITE, VOUS ÉTIEZ MEMBRE DU BUREAU DE LA SECTION SYNDICALE DE CETTE ENTREPRISE PUBLIQUE. UN TÉMOIGNAGE ?
    À l’époque on était choqué par la méthode musclée d’interpellation par des brigades de gendarmerie qui sont venues à l’usine arrêter les cadres incriminés, dans leurs bureaux. Les gendarmes étaient venus munis d’un mandat de dépôt confectionné en 24 heures et ils ont décapité une entreprise de 18 000 travailleurs de 07 de ses cadres occupants des postes névralgiques et stratégiques. Il y avait Chettih ( PDG), Mme Laoudi (DRH) décédé en prison des suites d’un cancer, Mohamed Maiza (DAG), Benmihoub (Directeur des finances), etc. L’avocat des familles des cadres incarcérés nous avait confirmé que la décision du mandat de dépôt avait été établie par le procureur sur la base d’un dossier vide. C’est après l’incarcération des cadres qu’ils avaient commencé à chercher des preuves.

    QU’EST-CE QU’ILS LEUR ONT REPROCHÉ ?
    On leur avait reproché une mauvaise gestion de l’entreprise. Entre autres reproches, qui ont été fait aux cadres de l’entreprise : à l’époque, les dirigeants de Sider étaient en négociations avec des experts de l’entreprise autrichienne Voestalpine pour la réhabilitation du laminoir à chaud. Avec le terrorisme, ils étaient obligés de se rendre à Tunis pour mener les négociations avec la partie autrichienne et cela avait occasionné des frais (frais de missions, hébergement, transport, restauration, etc.). Cela était considéré comme un abus en matière de gestion. Autre acte de gestion reproché aux cadres : le fait d’avoir signé un accord avec la section syndicale portant subvention du repas des travailleurs après avoir signé un autre accord portant revalorisation de la prime de panier. Les salaires étaient bas et les travailleurs préféraient manger ailleurs que dans le restaurant de l’entreprise. Or, le repas chaud était indispensable pour les travailleurs, notamment pour ceux qui travaillaient dans les zones chaudes. C’était un accord légal et enregistré à l’inspection du travail. Çà avait été considéré comme un acte de mauvaise gestion. Autre grief retenu contre eux : la construction de bungalows équipés du strict minimum à l’intérieur du complexe pour pouvoir héberger les étrangers qui venaient nous rendre visite. Il arrivait à des cadres qui travaillaient jusqu’à une heure tardive d’y passer la nuit, il était impossible pour eux, vu la conjoncture de l’époque (terrorisme) de rejoindre leurs foyers. Et cela était considéré comme un acte de mauvaise gestion. Toutes les demandes de la défense pour la remise en liberté provisoire de ses clients avaient été rejetées par le juge. Ils avaient passé quatre ans en prison. Certains étaient morts, d’autres étaient sortis avec des séquelles, d’autres encore avaient refusé de reprendre le service.

    MAIS QUI ÉTAIT RESPONSABLE À VOTRE AVIS ?
    La responsabilité politique incombe à Ahmed Ouyahia qui était chef du gouvernement. La décision a été prise au nom du gouvernement. À mon avis, Ouyahia faisait partie d’un cercle et c’était lui qui a exécuté la décision.

    Et 2001, quand le procès s’était tenu, la justice l’avait d’ailleurs convoqué, il n’était alors plus chef du gouvernement, mais comme témoin à charge. Il était venu à Annaba et avait assisté au procès. Le dossier était vide et la défense a démonté tous les chefs d’inculpation retenus contre eux et autres pièces à conviction. L’actuel Premier ministre n’avait pas pu opposer des arguments solides, mais plutôt des réponses politiques. À à la fin du procès, ils étaient libérés, et même réhabilités.

    MAIS POURQUOI LES A-T-ON MIS EN DÉTENTION PENDANT QUATRE ANS POUR UN DOSSIER VIDE ?
    Il faut rappeler le contexte historique de l’affaire. L’Algérie venait de signer les accords avec le FMI et entamait la mise en application du plan d’ajustement structurel. Mohamed Betchine, qui était conseiller spécial du Président Zeroual, gérait tout. Il s’attelait à lancer un parti politique ouvert à toutes les catégories sociales comme suggéré par le défunt Mohamed Boudiaf et qui a débouché par la suite sur la création du RND. À la veille de l’incarcération des cadres de Sider, le gouvernement avait octroyé des licences d’importation de rond à béton à des privés. C’était une première car à l’époque Sider avait le monopole sur le marché et on était présent partout, y compris au sud du pays. Quand sa production de rond à bétons ne suffisait pas, c’est elle qui achetait à l’étranger. Étant informé à l’avance du projet, Messaoud Chettih avait donné des instructions pour réduire les prix pour contrer les nouveaux concurrents. Sider ne vendait pas à perte, mais sa marge bénéficiaire était minime. Les bateaux contenant le rond à béton des importateurs sont restés en rade pendant plus de 15 jours. C’est pendant cette période qu’on a arrêtés les cadres de Sider. L’entreprise a été par la suite choisie pour une opération pilote de la privatisation. Ils ont décapité toutes entreprises publiques avant de procéder à leur filialisation et par la suite, à leur privatisation. La société d’El Hadjar par exemple a été morcelée en 24 filiales. Une chose est sûre, l’incarcération des cadres de Sider était préméditée et entrait dans le cadre de la stratégie mise alors en œuvre en matière d’ajustement structurel.

    POURQUOI A-T-ON ATTENDU PLUS DE QUATRE ANS POUR LES LIBÉRER ?
    Le Président Bouteflika a été élu en 1999. À son arrivée au pouvoir, il a été mis devant le fait accompli. Le processus de privatisation tirait à sa fin et il ne pouvait pas remettre en cause un processus ayant fait l’objet de négociation avec une organisation internationale. Mais c’était lui qui a libéré les cadres incarcérés avant de les réhabiliter. Et en 2008, il a stoppé l’opération des privatisations. En 2009, il avait pris deux mesures importantes : l’introduction du droit de préemption et l’institution de la règle 49/51. Ce sont là deux verrous pour prémunir le tissu industriel du bradage.                                                                                                                                          Par : Sonia Lyes 14 Nov. 2018 TSA                                                 http://lequotidienalgerie.org/2018/11/14/incarcerations-des-cadres-le-temoignage-dun-ancien-syndicaliste-


  • Algérie- Octobre 1988 : Un tragique « chahut de gamins » – Salimsellami’s Blog
    https://salimsellami.wordpress.com/2018/11/11/algerie-octobre-1988-un-tragique-chahut-de-gamins
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    « Il n’est pas de vent favorable pour celui qui ne sait où il va ». Sénèque

    D’une façon quasi rituelle, nous nous remémorons le 5 octobre 1988, dans sa dimension tragique, qui a vu la fine fleur du pays être fauchée, mais aussi le souvenir, la nostalgie d’une époque qui, certes, n’a pas duré, mais qui donnait l’illusion que tout était permis, que l’Algérien, ce frondeur, avait le droit au chapitre, il pouvait critiquer. Il était, en un mot, acteur de son destin.

    Sofiane Djilali écrit à juste titre :

    « (…) Mais juste au lendemain des troubles et avec les promesses présidentielles, la démocratie semblait à portée de main. L’espoir s’insinuait dans le coeur des citoyens. La vie politique s’alluma, les langues se délièrent et une formidable ouverture se dessina. Parler, agir dans l’opposition, défendre ses opinions, écrire dans une presse libre, crier à gorge déployée dans les manifestations de rue, lancer ses diatribes à la télévision, tout était devenu possible. Mais le fol espoir allait vite retomber. La mal-vie, les frustrations, la misère morale et les univers mentaux inconciliables, traduisant la fragilité du processus de formation de la nation, allaient servir de détonateur entre les mains d’un pouvoir rusé et faire échec à la première tentative démocratique dans le Monde arabe. Les Algériens perdirent pied et s’accrochèrent par réflexe atavique ou eschatologique aux discours les plus radicaux, les plus sectaires, les plus dangereux. Les valeurs, identitaires ou religieuses, étaient le refuge, la voie du ´´salut´´. La descente aux enfers pouvait commencer. »(1)

    1988 arrive : en Algérie, nous sommes à la fin d’un règne sans partage avec un parti unique et sa poigne de fer qu’a verrouillée le paysage politique. Pendant plus de 12 ans, le pays détricotait minutieusement ce que le défunt président Boumediene avait construit laborieusement. Nous sommes bien contents que par sa fameuse phrase à la face du monde : « Kararna ta’emime el mahroukate », il ait pu sauver la souveraineté de l’Algérie. Avec seulement 22 milliards de dollars, Boumediene avait assis les fondations de l’État. Que se passe-t-il après ? Il faut dire que le début des années 1980 a correspondu avec l’euphorie d’un baril à 40 dollars et un dollar à 10 francs. L’Algérien découvrait le PAP (Programme antipénurie) ; ce fut le début de la ´´bazarisation´´ du pays. à coups de dollars, l’Algérien découvrait, sans effort, sans sueur, le fromage Emmental, la machine à laver, le hors-bord, même pour ceux du Sud, au nom de l’équilibre régional… C’était aussi l’époque de la suppression de l’autorisation de sortie avec possibilité de changer 5000 francs à moins de 10 dollars en juillet 1986 ! Ce qu’on appela le contrechoc pétrolier. Du même coup, des petits pays furent ruinés. Les recettes de l’Algérie ne dépassèrent pas les 4, 5 milliards de dollars. L’Algérie s’endetta lourdement pour nourrir la population. Les Algériens se réveillèrent brutalement. Trente ans rien n’a changé si ce n’est que la corruption est devenue structurelle, le gaspillage un sport national

    Benjamin Stora écrit pour sa part : « Le 22 octobre, dans un communiqué diffusé par l’agence officielle Algérie Presse Service (APS), des avocats algériens protestent contre les arrestations et se prononcent pour un pouvoir judiciaire indépendant. Un Comité national contre la torture, créé fin octobre, rassemble des universitaires, des syndicalistes. Les revendications portent sur la nécessité de réformes profondes du système politique, la fin du parti unique, la garantie des libertés démocratiques. L’onde de choc « d’octobre 1988 » marque la fin d’une époque. Le séisme est tel que s’organise rapidement le passage au multipartisme. Le 10 octobre 1988, le président Chadli Bendjedid annonce un référendum révisant la Constitution de 1976,. Le 3 novembre, le référendum pour la modification de la Constitution est massivement approuvé (92,27% de « oui », avec un taux de participation de 83,08%) ». (2)

    Benjamin Stora parle d’une possible manipulation : « Cette fin du parti unique suscitera bien des interrogations. Les émeutes d’octobre 1988 n’ont-elles été qu’un vaste complot destiné à « ravaler » le système, à en finir avec certains membres du FLN au profit d’autres clans ? « Les événements n’étaient pas factices. « Ils ont représenté un appel au secours d’une jeunesse qui aspirait à un changement radical de la situation dans la pays (…) De toute façon, avec l’« octobre noir », arrive le temps des explorations méthodiques et des inventaires historiques. On pouvait lire ces lignes dans l’hebdomadaire Algérie-Actualité du 24 novembre 1988 : « Les enfants d’octobre 1988 ressemblent étrangement à ceux du 8 mai 1945, à ceux de novembre 1954, à ceux de décembre 1960. […] Entre tous ces enfants, il n’y a pas qu’une ressemblance, il y a identité de revendication, sauf à renier l’histoire du Mouvement national algérien contemporain. L’examen lucide de notre histoire, l’humble étude des faits, de tous les faits, nous permettront certainement de régler nos problèmes. » (2).

     « Il y a 28 ans, le 5 octobre 1988 lit-on sur Wikipédia les chars de l’armée sont descendus dans la rue pour affronter des jeunes sortis exprimer leur mécontentement. Les forces de sécurité ont tué 169 personnes selon un bilan officiel, 500 selon d’autres sources. (…) L’appropriation du mouvement par les islamistes a été abondemment (…) Des tracts anonymes attribués à Ali Benhadj et appelant à une marche de protestation contre la répression et pour la défense de l’islam sont distribués les 9 et 10 dans les mosquées d’Alger…) La prééminence donnée au rôle des islamistes dans le processus de politisation de l’émeute s’explique par le rôle majeur qu’ils joueront ultérieurement dans la transition démocratique. Cette mobilisation multi-sectorielle réunit des acteurs préalablement organisés et dont l’implication dans l’espace public a déjà été actée : avocats, médecins, journalistes, étudiants, universitaires, militants de la Ligue algérienne des droits de l’homme (Ladh), « berbéristes », membres du Parti de l’avant-garde socialiste (PAGS, communiste), anciens hommes d’État en exil comme le premier président algérien Ahmed Ben Bella et le fondateur du Front des forces socialistes (FFS) Hocine Aït-Ahmed. Des communiqués de presse et des lettres ouvertes sont rédigés, des pétitions adressées à l’Assemblée populaire nationale. Enfin, la Ligue algérienne des droits de l’homme rédige, à l’appui de sources médicales, un rapport sur la torture exercée à l’encontre des émeutiers arrêtés. La majorité des réactions se cristallisent d’abord sur la dénonciation de la répression. » (3)

    La jeunesse de 2018 et sa perception d’octobre 1988

    Un article délicieux de Walid Ait Saïd résume en deux réflexions la mal-vie et ce que pensent les jeunes de la symbolique du 5 Octobre 1988 :

    « Pour ce jeune médecin né en 1992, Octobre 1988 a été détourné par les islamistes qui étaient à l’affût de la moindre ouverture. « Il est vrai que cette date a permis d’arracher plus de liberté. Mais le peuple qui souffrait de la mal-vie et des années de dictature a été très très vite endoctriné par les islamistes », estime-t-il. « Ils ont fait dans le populisme, ils ont fait peur au peuple, ils se sont appuyés sur une fausse interprétation de la religion pour servir leurs ambitions partisanes. La révolte des jeunes qui espéraient plus de liberté et surtout une meilleure vie s’est transformée en un moyen d’imposer l’islamisme ! »

    « On n’est pas inculte à ce point. C’est juste que les espoirs qui berçaient nos aînés se sont transformés en nos désillusions… », tient à souligner Farid. O., né un certain 4 octobre 1988. Pour ce jeune chirurgien dentiste, ce « mai 68 » algérien n’aura rien apporté de bien. « C’est vrai que c’était à partir de là que le multipartisme a vu le jour. Mais concrètement qu’avons-nous fait avec ces partis ? Si ce n’est avoir des Benhamou et Naïma Salhi qui font les clowns en nous faisant croire que c’était cela la liberté d’expression », poursuit-il avec colère. (…) Moi je ne la reconnais pas ! Non pas du fait que le combat de mes aînés ne portait aucune symbolique, mais du fait que selon moi, cela n’a rien changé », dit cette ingénieure. « Les choses ont-elles vraiment changé ? Moi j’ai l’impression d’être revenu 30 ans en arrière. Non pas à cause des Stan Smith qui sont revenus à la mode, mais du fait qu’en 2018 il y ait encore des chaînes humaines pour espérer avoir un…sachet de lait », conclut-elle très amèrement. » (5)

    Hocine Neffah quant à lui s’interroge sur le « chahut de gamins » ? :

    « Aujourd’hui, écrit-il de ce sacrifice, malgré le mensonge, le black-out et les entraves qui empêchent la vérité de voir le jour, l’Algérien en tire une légitime fierté. Et il n’a pas tort. Car, grâce à un chahut de gamins, la sève démocratique a été libérée. Grâce à la jeunesse algérienne qui avait inondé la rue de son sang, aux cris de « Algérie démocratique », le pays a connu son « automne démocratique ». C’est bien le 5 Octobre qui a donné naissance au multipartisme, à la presse indépendante et aux libertés individuelles. Il est vrai que ce mouvement a vite été récupéré par des fondamentalistes qui ont, quelques années après, plongé le pays dans une tragédie qui a fauché la vie de plus de 200.000 personnes. » (6)

    L’après-88 et la « récupération » : La décennie noire

     « Si l’automne 1988 voit se préciser les revendications sur la libéralisation du régime, personne ne songe néanmoins à réclamer clairement l’instauration du pluralisme partisan. La nouvelle Constitution de février 1989 leur donne une assise légale avant que l’affrontement contre l’État commence en 1991 et de façon violente pour les premiers, et en 2001 (Printemps noir 2001 – 2002) sous forme d’une « dissidence citoyenne » pour les seconds. Le gouvernement Hamrouche (1989 – 1991), porteur d’un esprit de réformes, va être contrecarré dans ses projets par les réseaux clientélistes liés aux clans militaires. » (3)

    « Commence aussi après octobre 1988, poursuit Stora, une course de vitesse pour savoir qui, d’un « pôle démocrate » ou d’un « pôle islamiste », peut se substituer au vide laissé par le parti unique FLN. Cette bataille se déroule au moment où se dessinent les contours d’un « nouvel ordre mondial ». L’année suivante, le mur de Berlin s’effondre, et progressivement tous les pays de l’Est accèdent à la démocratie politique. La guerre du Golfe, en 1991, voit l’effacement du rôle politique joué par l’Urss () Après avoir connu un court moment d’euphorie démocratique, l’Algérie va s’enfoncer dans l’engrenage tragique de la violence : près de 150.000 morts tout au long des années 1990. (…) Le 5 octobre 2008, dans le Quotidien d’Oran, on peut lire, sous la plume d’Abed Charef : « Octobre aura finalement été une grande illusion (…) Depuis, le pays continue de s’enfoncer. En octobre 1988, le pays n’avait pas d’argent, mais il y avait une réelle volonté de s’en sortir. En 2008, l’Algérie a de l’argent, mais elle est incapable de se dessiner un avenir. » (2)

    L’amère désillusion 30 ans après : le FLN des satrapes en tête

    « Pour Azouaou Hamou Lhadj blessé grièvement, ayant perdu un bras lors des émeutes, le multipartisme, les libertés syndicales, d’association, de la presse sont nés des « Événements d’octobre 1988 ». Mais en 2018, l’ex-parti unique reste malgré tout hégémonique et les jeunes ont peu de perspectives d’avenir : 30% d’entre eux sont au chômage et beaucoup peinent à se loger. (…) Des pénuries et une flambée des prix alimentent un contexte de contestation sociale et de violentes émeutes éclatent « Comme tous les jeunes, j’en avais marre de la ´´hogra´´ (terme désignant le mépris, l’injustice), on commençait à entendre parler des premières affaires de corruption (…) On en avait marre du parti unique. On voulait que ça change », se souvient-il. (…) Des « jeunes sont morts pour la démocratie, les droits de l’homme, la liberté de la presse, le multipartisme », or 30 ans après, « les acquis d’Octobre ont été remis en cause », souligne-t-il. « Il ne reste presque rien, si ce n’est une presse au ton libre », constate-t-il amèrement. La révolte a certes mis fin au règne du parti unique, aux monopoles syndical et des médias d’Etat, mais l’euphorie fut de courte durée. En 1988, « nous étions fiers. Il y avait beaucoup plus d’espoir il y a 30 ans qu’aujourd’hui », estime amèrement Azouaou Hamou Lhadj avant d’énumérer : « scandales de corruption, de trafic de drogue, impunité (…) Le régime est le même. » (4)

    La régression inféconde trente après

     « L’Algérie lit on sur une livraison du Huffington Maghreb n’accumule plus, elle perd ce qu’elle avait et ce qu’elle savait faire, y compris dans l’adversité de l’occupation coloniale. Elle est constamment prise dans une entreprise de dilapidation d’un capital de valeurs durement accumulées par des générations de militants de la cause nationale. Les Algériens n’ont pas obtenu l’Etat auquel ils aspiraient et que voulaient les militants de la cause nationale. La résilience de la nation algérienne persiste surtout grâce à la mémoire, non instrumentalisée, que les Algériens ont gardé de tout cet effort accompli par des hommes et des femmes pour résister et construire. Mais cette transmission intime, souvent familiale, qui a été un antidote à une sorte de conjuration révisionniste et négationniste arrive à ses limites, les témoins partent et la génération intermédiaire, pour des raisons objectives, n’assure plus la transmission, n’assume pas le rôle, combien essentiel, de passeur. (7)

    Abdelatif Rabah observateur averti de la scène algérienne dans une analyse magistrale nous explique comment les « acquis des travailleurs furent détricotés minutieusement et comment l’Algérie a été livrée à la bazarisation  qui a suivi la mort de Houari Boumédienne en éradiquant les « pousses » d’un développement endogène certes poussif mais le seul capable de nous sortir de la dépendance et de la spirale du sous développement. Il écrit : 

    « Après la mort de Houari Boumediene, en décembre 1978, le camp libéral était entré en campagne pour engager l’idée qu’il fallait changer de cap. La « Synthèse du bilan économique et social de la décennie 67-78 » adoptée en 1980 est emblématique de cette action de propagande. L’industrialisation, encore dans sa phase embryonnaire, est soumise au crible d’une critique sans nuance. La révolution agraire est remise en cause puis, abandonnée. Les réformes dites de l’autonomie des entreprises inspirées des préceptes de la Banque mondiale et du FMI déplacent le centre de gravité de la problématique économique algérienne de la construction des bases productives et du cadre institutionnel du développement national indépendant sur la question du mode de régulation et du passage à l’économie de marché ». (8)

    « L’Algérie entre dans la décennie 1990 avec une nouvelle Constitution, votée en février 1989 qui consacre l’abandon de la référence à la Charte nationale ainsi qu’au socialisme et la disparition des articles 94 et 95 de la Constitution de 1976 disposant que « le système institutionnel algérien repose sur le principe du parti unique » et que « le FLN est le parti unique du pays ». Le multipartisme fait son entrée sur la scène politique. Il se caractérise surtout par un phénomène de « déversement de la religion dans la politique », selon l’expression de Jacques Berque. Le FIS (Front islamique du salut) en sera le principal que le plus puissant protagoniste ». (8)

    « Inaugurées, à pas feutrés, dès le début de la décennie 1980, sous l’ère de Chadli Benjedid, puis approfondies et dotées d’un corps de doctrine, par l’équipe des réformateurs du gouvernement Hamrouche, les réformes vont connaître une intensification et une accélération extraordinaires à la faveur du plan d’ajustement structurel conclu avec le FMI, en 1994-1995. Ces réformes menées à la hussarde vont imprimer à toute la décennie1990 et même au-delà, les marques multiformes d’un processus de régression économique et sociale visibles sur le niveau de vie de la majorité de la population, comme sur le niveau d’activité entreprises et des services publics. C’est l’ère du démantèlement du secteur public, des licenciements massifs, du chômage, des salaires impayés, de la précarité, de l’explosion de la pauvreté, du recours à la justice contre les grèves et les grévistes, de l’essor des grosses fortunes… Depuis 1986, l’investissement est au point mort. C’est la panne totale. Ni infrastructures sportives dignes de ce nom, ni salles de cinéma, ni théâtres, ni salles de concert, ni universités, ni lycées, ni infrastructures de santé. D’année en année, les cohortes de chômeurs s’allongent, deux jeunes sur trois en font partie. La situation sanitaire du pays se dégrade avec le recul des programmes de vaccination et la recrudescence des épidémies. L’anarchie du foncier engloutit des dizaines de milliers d’hectares parmi les plus fertiles. L’État perd le contrôle du développement urbain » (8).

    « Le secteur d’État a cessé d’être le symbole de la réussite sociale. Le système scolaire aussi. Un quart de siècle de libéralisme économique a engendré un puissant mouvement de décompositions, de déclassements- reclassements sociaux, contribuant à fragmenter la société et à casser les anciens clivages. Ce qui structure la réalité sociale, aujourd’hui, c’est la dynamique des inégalités croissantes qui séparent le haut et le bas des revenus, des inégalités de patrimoine, biens fonciers ou immobiliers, produits financiers, ressources en devises, des inégalités en termes de mobilité internationale et de statut citoyen y afférent. Les forces de l’argent, prédatrices et parasitaires sont à présent aux commandes de l’Etat plus que jamais, plongées dans la logique du libéralisme prédateur et destructeur du tissu national et social. »

     Conclusion

    Ce ne fut pas un chahut de gamins ! les jeunes qui sont descendus dans la rue, ont peut-être été manipulés, mais les causes de la mal-vie étaient réelles. C’est par-dessus tout la hogra, le népotisme, le passe-droit, le fait du prince, la corruption et le manque de perspectives. Octobre 88 attend toujours son autopsie sur les tenants et les aboutissants de ce début de tragédie qui a fait entrer l’Algérie dans la spirale de la violence. Certes, nous avons traversé plusieurs décennies : ´´la décennie noire´´, ´´la décennie rouge´´, voire aussi ´´les décennies blanches´´, en ce sens que nous n’avons rien créé de pérenne. La population de 1988 n’est pas celle de 2018 qui, à bien des égards, est toujours aussi fragmentée et en errance.

    Qu’avons-nous fait depuis 30 ans, à part manger la rente ? 800 milliards depuis 2000 et une difficulté pour aller de l’avant avec une dépendance à 98% des hydrocarbures et un système éducatif qui peine pour des raisons multiples idéologiques, financières et un manque de visibilité du pays, à se déployer. Certes, Il est vrai que l’on ne peut pas mettre sur le même pied les besogneux, qui suent sang et eau, et le député gros et gras car, bien nourri. Sans aucune valeur ajoutée. Il est vrai aussi que l’on ne peut pas mettre aussi sur le même plan l’enseignant qui fait son djihad au quotidien pour des clopinettes et le trabendiste du conteneur ou le footballeur qui garde une cage à 4 millions de DA/mois qui gagne ainsi en une fois le salaire d’un enseignant, qui doit se réincarner plusieurs fois comme Highlander pour y arriver. Pourtant, le pays n’a jamais été aussi riche.

    Pourtant, vus de loin, tous les attributs, tous les insignes dignes d’un État de droit semblent réunis : une Constitution, un Sénat, un Parlement, une Assemblée populaire, des juges et des magistrats pour dire le droit des tribunaux administratifs, un pluralisme politique, mais, à y voir de plus près, le tableau n’est guère enthousiaste.

    Octobre 1988 fut une parenthèse douloureuse dont on n’a a pas tiré les leçons. Et pourtant, les jeunes, objet de toutes les manipulations, ne demandent qu’à vivre, étudier et faire preuve d’imagination. Une petite anecdote d’il y a quelques années : des harraga en mer écoutent la radio et apprennent que l’Équipe nationale a battu la Zambie. Demi-tour vers la mère patrie pour fêter l’événement dignement. Tôt, le lendemain, les harraga repartent à l’aventure et risquent leur vie, l’Algérie n’ayant pas su les retenir. Comment plus de trente ans après avoir conjuré ces signes indiens, l’on continue à errer sans boussole

    À quand « la décennie verte » de l’espoir ? Seuls le consensus, le dialogue, la parole désarmée, l’intérêt supérieur du pays permettront de réconcilier les Algériens et mettre fin à la guerre sourde de positions entre deux visions pour l’Algérie, celle d’une Algérie satellite d’une oumma arabe moyenâgeuse et celle d’un miroir aux alouettes de l’Occident dont on ne copie que les travers et non leur prouesse technologique. Ces deux visions n’ont évidemment aucune idée de ce que pourrait être la vie selon la mentalité algérienne. Qu’allons-nous laisser aux générations suivantes ? À nous de nous organiser pour donner de l’espoir à cette jeunesse qui a perdu ses illusions. Pour cela, seul le parler vrai, le patriotisme, la fidélité aux valeurs nous permettront enfin de bâtir une Algérie qui sortira de la malédiction de la rente pour se mettre enfin au travail.

    Prof. Chems Eddine Chitour

     

    Notes

    1.Sofiane Djilali : Évocation : I. Octobre 88, la fin des illusions. Agoravox 3.10.2009

    2.Benjamin Stora https://blogs.mediapart.fr/benjamin-stora/blog/071008/octobre-1988-une-nouvelle-histoire-commence-en-algerie

    3.https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89v%C3%A9nements_du_5_octobre_1988_en_Alg%C3%A9rie

    4.AFPhttps://www.liberation.fr/planete/2018/10/04/algerie-l-amere-desillusion-d-un-manifestant-de-la-revolte-d-octobre-1988

    5 Walid Ait Sa¨dhttp://www.lexpressiondz.com/actualite/301233-racontez-nous-octobre.html

    6.Hocine Nefhah http://www.lexpressiondz.com/actualite/301230-l-ivresse-des-possibles.html

    7.https://www.huffpostmaghreb.com/entry/lalgerie-naccumule-plus-elle-perd-ce-quelle-avait_mg_5bb34fffe4b0ba

    8.Abdelatif Rabah 1988-2018 : de l’économie du développement a l’économie de la prédation lu sur un site internet

    Article de référence :

    http://www.lexpressiondz.com/chroniques/analyses_du_professeur _chitour/301290-un-tragique-chahut-de-gamins.html

     

    La source originale de cet article est Mondialisation.ca
    Copyright © Chems Eddine Chitour, Mondialisation.ca, 2018


  • Les projets d’Horace et la « loi de l’humiliation universelle » des Algériens ! – Salimsellami’s Blog
    https://salimsellami.wordpress.com/2018/11/10/les-projets-dhorace-et-la-loi-de-lhumiliation-universelle-de
    https://www.legrandsoir.info/local/cache-vignettes/L350xH204/arton32365-7cf28.jpg

    Les mêmes députes applaudissent Ouyahia comme ils ont applaudi Tebboune ! Drôle de démocratie. C’est la démocratie populaire ! Les limites entre la vérité et le mensonge sont flexibles. Le mensonge ne trouve plus de résistance qui peut l’arrêter. Il avance et gagne du terrain dans le champ de bataille pour arriver au pouvoir. Nous devons dire l’amère vérité au peuple : Ouyahia n’est pas un Kaczynski mais peut-être un courtisant des Kaczynski. Sidi Saïd n’est pas Lech Walesa car il n’a jamais travaillé. Ali n’est pas le petit-fils de Cheikh Al Haddad mais son homonyme.

    Je commence mon texte par une illustration qui résume notre quotidien : Madame Houda est en retard pour aller à un rendez-vous avec Zizou le secrétaire général d’un ministère. Elle presse, met ses enfants dans la voiture et démarre. En route, elle ne se souvient plus si elle a fermé la porte de son appartement. Elle retourne pour vérifier et repart. Le voyant de l’essence du tableau de bord tourne au rouge. Elle passe faire le plein, la pompe 24/24 est en panne et il y a un accident sur le trajet. Madame Houda profite du bouchon pour vérifier si elle a assez de dinars pour payer l’essence. Elle ne trouve pas son porte-monnaie. Elle contacte monsieur Didou le boucher, son ex-mari, pour l’aider à trouver une solution. Didou ne répond pas à son appel téléphonique. Il est politiquement occupé. Il révise la loi pour vérifier si son étude économique concernant l’importation de viande est conforme. Il prépare son rapport pour expliquer aux bouchers l’idée de sa découverte. D’après son raisonnement, si cette idée s’applique convenablement, elle empêchera le couteau des bouchers de toucher à l’os. Madame Houda est coincée. Elle a tout raté. Le rendez-vous de sa vie s’évapore et ses rêves se dissipent et s’envolent. Pour oublier ce cauchemar, elle rentre chez elle à pied et regarde en compagnie de ses enfants Didou le petit lapin héros de la série d’albums illustrés par Yves Got.

    Cette histoire suit la loi de Murphy. Elle est connue sous de nom de « loi de l’humiliation universelle ». Sous l’administration d’Ouyahia les Algériens vivront sous cette loi.

    A l’université, la couleur de toge définit le grade des professeurs. Dalton était professeur d’université. A l’âge de 28 ans, il découvre qu’il n’a pas la même vision que le reste de la population. Ce serait sa difficulté à choisir une toge correspondant à son rang dans les cérémonies universitaires qui lui aurait permis de prendre conscience de son déficit dans la perception des couleurs. Monsieur Ouyahia porte une toge de croyance RND, si croyance existe chez lui. Il est chef de cabinet de Bouteflika, qui est FLN de conviction, et Premier ministre. Trop de robes sur son corps. Quand il parle aux Algériens, il est politiquement daltonien et vit dans la confusion des couleurs. Il ignore la couleur de robe qu’il porte. C’est cette situation qui rend son discours maelström. Le maelström verbal le rend indésirable. Le terme maelström vient du norvégien. Il désigne un courant marin tourbillonnant généré par les marées. Ce courant fougueux entraîne irrésistiblement les choses sur son passage. Peut-être après cette expérience Ouyahia va laisser la place aux gens compétents. Que Dieu protège l’Algérie de ce courant.

    Je continue, le projet d’Ouyahia me rappelle le film français « Un papa pour les Dalton », réalisé par Philippe Haïm, sorti en 2004. Ce film est une adaptation de la bande dessinée Lucky Luke, qui se concentre sur les personnages des frères Dalton. Les quatre frères Dalton sont des bandits les plus foireux du Far West. Ils n’ont pas de chance. Leur mère, Ma Dalton les menace de ne pas les laisser revenir chez elle, s’ils ne se décident pas à attaquer une banque ou imprimer des faux dollars ! Quand les Dalton, décident de dévaliser une banque pour faire plaisir à leur mère, leurs ennuis ne font que commencer. Après une évasion de prison, les quatre frères traversent la frontière mexicaine en quête d’un sombrero magique qui leur permettra d’arriver à leurs fins. Mais le parcours est semé d’embûches et Lucky Luke est à leur poursuite. Lucky Luke est le cow-boy solitaire le plus célèbre du Far West.

    Ma Dalton, dépassant la soixantaine, tombe amoureuse d’un certain Horace, un sacré menteur et trafiqueur qui la dépasse de vingt ans. En fréquentant Horace, le vieux loup, Ma Dalton découvre que ses yeux n’étaient pas noirs mais bleus. Après cette découverte un peu trop tard, elle décidât de se marier à Horace. Horace devient alors son septième mari. Ma Dalton est bien introduite dans le système. Elle supplie le Garde des Sceaux, patron du parquet pour que ses fils assistent à ses fiançailles.

    Lucky Luke escorte les quatre terribles bandits aux fiançailles de leur maman chérie ! Joe, le petit des Dalton, est dans une colère noire. Il refuse Horace comme nouveau papa. Il a juré de le tuer. Lucky Luke aussi à des doutes, il se pose la même question : Horace est-il vraiment amoureux de Ma Dalton ? Lucky Luke sait qu’Horace mentait à Ma Dalton et Ma Dalton a cru à ses mensonges. Il sait aussi que les projets mensongers d’Horace ont stimulé la volonté du business chez Ma Dalton. Ma Dalton est une vieille fauchée. Le seul moyen pour réaliser les projets d’Horace sur l’ile du diable est d’encourager ses fils à dérober une banque ou à falsifier des dollars. Quand on est fauché on ne réfléchit pas aux conséquences de nos actes. J’ai peur de dire que la situation financière actuelle ressemble à la situation financière de la famille de Ma Dalton.

    Je continue. Lech veut dire pourquoi dans le dialecte des Algériens de l’est. L’Algérien dit lech quand il voit son droit bafouillé. En politique, les Lech sont rares. Par contre, les lèche-bottes, il y en a plein et ils sont faciles à recruter ! Pour éviter la confusion, je définis les mots. Un lèche-bottes est une personne rampante. Elle utilise la flatterie pour se mettre dans les bonnes grâces de ses supérieurs, de personnes détenant du pouvoir ou représentant l’autorité. Par contre, Lech est un prénom polonais. Ce prénom est symbole de la Pologne moderne et conservatrice.

    Je m’explique. Lech Kaczynski et Jaroslaw Kaczynski sont des jumeaux. L’un était président ; l’autre, Premier ministre. Ils se partageaient le pouvoir comme dans un miroir. Le grain de beauté sur la joue de Lech fait la différence. Les Kaczynski avaient un rêve : une IVe République nettoyée de la corruption et de l’héritage communiste, berceau de l’homme nouveau et conservateur. La mort de Lech dans un crash a mis fin à leur rêve.

    Un autre Lech mérite une citation. C’est Lech Walesa. Qui est Lech Walesa ? Pour comprendre la vie de ce syndicaliste et le sacrifice de ce grand homme, je recommande aux lecteurs de voir le film d’Andrzej Wajda sur Lech Walesa « L’Homme du peuple ». Le film narre l’histoire de Lech Walesa, célèbre électricien syndicaliste avant son élection comme chef de l’État en Pologne. Daniel Vernet résume bien la vie de cet homme « Sans Lech Walesa, sans le soulèvement des ouvriers des chantiers navals de Gdansk, sans leur entente étroite et inédite avec les intellectuels dissidents de Varsovie et de Cracovie, le mur de Berlin ne serait sûrement pas tombé et avec lui le bloc soviétique ».

    Nous devons dire l’amère vérité au peuple : Ouyahia n’est pas un Kaczynski mais peut-être un courtisant des Kaczynski. Sidi Saïd n’est pas Lech Walesa car il n’a jamais travaillé. Ali n’est pas le petit-fils de Cheikh Al Haddad mais son homonyme.

    La confusion chez nous est quotidienne. Le brouillard politique est épais. La vérité sur notre futur politique est difficile à prédire. Les déclarations de certains experts font peur. Tebboune nous a rassurés qu’il est venu exécuter le programme du Président Bouteflika. Pour Tebboune l’Algérie allait très bien et son économie n’est pas alarmante. En juin dernier, il prononce un discours devant nos députés : »La situation économique de l’Algérie n’est pas aussi critique et les voyants ne sont pas au rouge, et ce, malgré le recul des ressources financières du pays de plus de 50% depuis 2014 engendré par la chute des prix du pétrole. Il ajoute, la crise est plus morale que financière ». Nos députés ont fortement applaudi et ont adopté son programme. Abdelmadjid Tebboune a rassuré l’opinion publique quant à la bonne santé financière de l’Algérie. Les Algériens étaient soulagés. Nos députés ont applaudi et ont voté haut les mains pour dire oui au programme de Tebboune.

    Trois mois après, Ouyahia, au même titre que Tebboune, tire la sonnette d’alarme et dit : « Si l’insistance sur le recours au produit national trouvait, par le passé, une explication dans la volonté de promouvoir la création d’un système de production de biens et de services, la question porte aujourd’hui sur la protection de la souveraineté économique et financière du pays ». Les mêmes députes applaudissent Ouyahia comme ils ont applaudi Tebboune ! Drôle de démocratie. C’est la démocratie populaire !

    Les limites entre la vérité et le mensonge sont flexibles. Le mensonge ne trouve plus de résistance qui peut l’arrêter. Il avance et gagne du terrain dans le champ de bataille pour arriver au pouvoir.

    Je conclue par une parole de Gandhi : Les sept fautes sociales de l’humanité sont la politique sans principes, la richesse sans travail, le plaisir sans conscience, la connaissance sans volonté, les affaires sans morale, la science sans humanisme, et la religion sans sacrifice…. L’Algérie est très chère. Il ne faut pas la laisser entre les mains des sans principes, sans morale et sans conscience….

    Dr. Omar Chaalal

     » » http://www.lematindz.net/news/25455-les-projets-dhorace-et-la-loi-de-l
    URL de cet article 32365
    https://www.legrandsoir.info/les-projets-d-horace-et-la-loi-de-l-humiliation-universelle-des-algeri


  • Chroniques du temps qui passe. CKNews : Le burnous de Bibite illusionne Héraclius ! – Salimsellami’s Blog
    https://salimsellami.wordpress.com/2018/11/10/chroniques-du-temps-qui-passe-cknews-le-burnous-de-bibite-il
    https://www.legrandsoir.info/local/cache-vignettes/L350xH248/arton32623-fa2f0.jpg

    les miaules et les aboiements se mélangent. Les règles qui gouvernent le village comme ses habitants sont entourés d’obscurité. Tout le monde calcule et spécule. Personne ne connait la vérité tant que le burnous de Bibite illusionne Héraclius au Château de Kafka.

    Je commence par justifier le titre de ce texte. En général le pouvoir habite un château. Le château, « Kasr » en arabe, est le symbole de puissance et de grandeur. Le rôle du château était de protéger le territoire. Dans certains pays les châteaux sont transformés en musés ou cabarets. Le château de Kafka est une œuvre littéraire. Plusieurs lectures ont été données de ce roman. Certaines voient dans le Château une métaphore de l’État et de son l’administration abusante. Le labyrinthe bureaucratique du château représente la confusion mentale au sein du l’Etat. Kafka nous montre dans le Château l’absurdité du monde et met en exergue la puissance et l’arbitraire de l’autorité d’une administration aux subdivisions infinies, complexe et compliquées. Quant au village où se trouve le château, il est inaccessible et plein de contradictions.

    Ibn Khaldoun a fait du burnous le symbole de l’identité maghrébine. Se vêtir d’un burnous est tout un art. Son possesseur doit savoir le porter et le respecter. Le burnous est synonyme de sagesse, d’autorité et de modération. L’Emir Abdelkader, Cheikh Al Hadad, Cheikh Bouaamama et Boumediene ont porté cet habit. Dans certaines régions d’Algérie on consacre une journée au cheval et une journée au burnous. A Tiaret on organise le salon du cheval. A Bouzeguene dans willaya de Tizi Ouzou les habitants organisent la fête du burnous. En 2015, j’ai assisté à cette fête. La fête avait pour slogan Dignité et bravoure !

    Hélas ! Le cheval et le burnous sont devenus des outils sans valeurs aux mains de clowns durant les compagnes folkloriques politiques ! Dans la zaouïa de Bibite les larbins et les escrocs portent un burnous et jouent les jeux de si El Hadj !

    Pour Héraclius, je reviens à l’histoire. L’historien américain Warren Treadgold le décrit comme « une imposante mais tragique figure, qui a survécu à sa réputation et à ses succès ». Héraclius était contemporain du prophète sidi Mohamed (paix soit sur lui). Le prophète lui a envoyé une lettre lui demandant d’embrasser l’Islam. Héraclius répondit par des présents. Héraclius prit le pouvoir à Constantinople le 3 octobre 610 dans une période très critique de l’Empire romain d’Orient. On le nomme le sauveur de Byzance. L’empereur, âgé de 65 ans, sombre dans la maladie et la dépression. Héraclius, réduit à l’inaction, presque à l’immobilité, par la superstition et le découragement, devint hydropique. Il finit par ne plus se mouvoir. Tel est le principal symptôme de ce mal désespérant qui fait assister ceux qui en sont atteints à un dépérissement graduel de leur âme et de leur corps. Apres cette introduction je reviens à nos moutons.

    Durant l’empire Ottoman, Bibite était le chef de cabinet du Vali. Le courrier destiné au Vali passe par son bureau. C’est lui qui accepte ou refuse les poèmes de glorifications et éloges du Vali. Au déclin de l’empire, les Beys, Deys, les Pachas et les Khoudja flattaient le Vali pour s’éterniser à leur poste politique. Le meilleur flatteur est présenté au Vali comme le citoyen exemplaire. Il est récompensé, décoré et devient intouchable. L’expression algérienne « h’kiha el Bibite » vient de cette histoire. Enfin KCN est l’abréviation de Château Kafka News

    Il est très malheureux de dire que nous vivons une stérilité intellectuelle. L’école a mis au monde des cerveaux inertes. Ces têtes de gourdes ronronnent dans les cités universitaires. Elles sont incapables de relever le défi technologique. A défaut d’innovation, nous sommes fiers de singer Mugabe. Mugabe fut nommé en 2016 roi de la planche à billets. Mugabe n’est plus. L’héritier de ce roi est de chez nous.

    En Algérie, les circonstances et l’opportunisme délimitent les idées. L’opportunisme veut qu’une zaouïa accepte la corruption de Sonatrach et l’appelle présents ou hommages. La zaouïa d’Amar parle du futur président de la république qui mijote dans la tête de Jamal. Sidi Amar Zdeqdaqdaq donne à Jamal le surnom de « père de la stratégie ». Sa baraka fait de ce dernier un Scipion l’africain, Alexandre le grand, Napoléon ou Hannibal Barca. Les circonstances veulent que la zaouïa de Naceur, le sorcier du système, nomme si Bibite par un h’rzz. Les mêmes circonstances habilitent Cheikh Bibite et lui donnent carte blanche. Il a l’autorité absolue de taxer de rebelle tout algérien qui pense au changement. Enfin une seule zaouïa, la zaouïa de Sidi Trichomey, compare Abdelaziz à Héraclius qui fut trahis par ses propres hommes. Chaque Roméo loue sa Juliette selon les circonstances ! Dans cette saloperie ou folklore religieux, la République se dilue et perd son statut.

    Aujourd’hui, les algériens ont le sentiment que le discours politique n’a plus de sens, que les mots sont déconnectés des vraies convictions des hommes politiques. Les mots qui sortent des bouches des chefs de partis ne sont plus représentatifs du parti. Le nouveau discours du FLN n’est plus valable. Il ressemble au discours RND. Le jargon politique flatteur composé d’une suite de mots “liberté”, “laïcité”, “république”, “programme du président”, “zaouïa”, “stabilité”, “sécurité”, “terrorisme”, “printemps arabe” est employé par tous. Ces mots ont un sens très différent selon la manière dont ils sont usés. Le peuple a perdu ses repères.

    Cette confusion me permet de continuer mon texte à la manière de Walter Benjamin. Chez Kafka, comme chez Bibite, la vérité est enregistrée dans des dossiers, mais ces dossiers sont tenus secrets. Les élus sont réduits à des khodja chez Bilite et la vérité n’a aucune importance chez eux. Leur seul souci est de chercher à savoir à quoi ils ressemblent quand ils touchent la main à Bibite sous les feux d’un camera répugnant. Nous vivons la sous-culture du paraitre qui nous détruit. Nos khoudja n’ont jamais su comment utiliser un miroir avant de s’adresser au Peuple. Le miroir reflète leur laideur.

    Chez nous, le miroir du système khoudja repose sur deux axiomes. L’axiome du chat et l’axiome du chien. Les militants du FLN aiment les chats qui aboient. Les militants du RND aiment les chiens qui miaulent. Pour maintenir un équilibre inversé du miroir sur ces deux axiomes le système a besoin de deux outils. Un idiot khoudja utile et une andouille khoudja indispensable. Ces deux outils permettent au système khoudja d’exister et continuer d’exister. En plus clair, les idiots utiles sont ceux qui militent pour la croissance d’un système dont eux-mêmes seraient les premières victimes. Les andouilles indispensables sont les gens qui acceptent un discours absurde qui les insulte dans le système dont ils font partie. Le peuple joue le jeu. Il accepte tous les chats et tous les chiens sans entendre leurs voix. Le peuple sait qu’une fois rejetés et humiliés par le système, ces animaux se retirent et gardent le silence. Ils attendent…espérant être réfléchis dans un nouveau miroir. Le miroir des khoudja est l’inverseur de la vérité. Comme dans Don Quichotte, le Chevalier des Miroirs est l’ennemi mortel de l’Hidalgo dont il renie l’inspiration. Je laisse aux lecteurs d’imaginer la suite.

    Dans cette situation, le peuple est obligé de faire des choses anormales parce que les khoudja responsables lui font subir des choses qui ne sont pas admissibles. Ce gâchis politique est une honte et le silence approbateur qui l’entoure tout autant. Nous sommes en 2017 et le temps de la rigolade politique dure. Je rappelle aux gens qui font semblant de nous gouverner que l’orgueil démesuré dans le pouvoir n’est plus accepté dans le temps moderne.

    Dans l’obscurité diplomatique et la turbulence économique le peuple est coincé à bord d’un appareil algérien érodé par la corruption, les mensonges, les discordes politiques et les retards. Dans ce voyage improvisé nos cœurs sont serrés à l’étau. Le co-pilote a perdu le sens des réalités. Conquis par l’obsession de sa propre image et son abus de pouvoir, il nous annonce que le couteau a touché l’os. Il continue dans son absurdité et nous message la direction de l’enfer qui nous attend. La démagogie cache son nez et l’arrogance jaillit de son regard. Atteint par la maladie du pouvoir, il ne contrôle plus ses paroles. Sans robe rouge de procureur et sans scrupule il se substitue à la justice. Acquitte et innocente les escrocs. Comme Bibite, il contrôle les médias et oriente son influence vers des crieurs publics vendus qui conduisent les débats politiques obscurantistes. Si Jamel miaule pour dire oui aux chats qui aboient. Il profite des billets singes de si Ahmed pour payer les cinq milles dinars à ses fidèles électeurs.

    Devine, si tu peux ; et choisis, si tu l’oses disait Corneille. Cette situation confuse me permet de dire que Le FLN de 2017 n’est plus le FLN de ma mère. Ma mère a vécu un siècle. Elle a toujours voté FLN. Elle a toujours chanté « La vie ne vaut rien, mais rien ne vaut la vie ». Dieu merci ! Elle n’est plus en vie pour entendre les chats qui aboient et les chiens qui miaulent dans une nuit de détresse. Une nuit où la honte ne dérange plus personne. Dans une nuit où la colère du lait plastifié qui ronge les pères de famille n’a plus d’échos.

    Dans cette lutte de clans, la confusion a permis au discours de rani zaafane de traversé le monde en quelques minutes. Quatre millions de personnes ont écouté ce discours en trois jours. Plus de dix stations de télévisions ont diffusé ce discours. Je tire chapeau à ce jeune qui sait faire la distinction entre un rat et un écureuil. Il est l’homme de base d’une jeunesse qui combat pour notre dignité.

    Il ne faut pas rester au verbe avec des bras croisés ! Les ratés de la révolution ont écroué notre histoire. Unissons-nous et sortons notre histoire des clapiers coloniaux. Dégageons les chaînes qui serrent nos cerveaux et étranglent nos voix. Détruisons le mur de la honte qui entoure la République. Les aveugles nous guident vers un futur flou. Ils n’ont rien à nous apprendre dans leur politique indigeste. Leurs esprits sont bloqués et leur volonté n’a plus de valeur. Leurs mensonges ne nous mènent nulle part et leur empire imaginaire est identique au château de Kafka.

    En conclusion : les miaules et les aboiements se mélangent. Les règles qui gouvernent le village comme ses habitants sont entourés d’obscurité. Tout le monde calcule et spécule. Personne ne connait la vérité tant que le burnous de Bibite illusionne Héraclius au Château de Kafka.

     » » http://www.lematindalgerie.com/cknews-le-burnous-de-bibite-illusionne-heraclius
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  • SILA : commerce ou culture ? – Salimsellami’s Blog
    https://salimsellami.wordpress.com/2018/11/08/sila-commerce-ou-culture
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    Quels sont donc les paramètres liés à l’importance d’un salon dédié au livre ? Le nombre de copies vendues ou celui des visiteurs ? Le chiffre d’affaires réalisé ou le remplissage des parkings et autres espaces y attenant ? A qui aurait en finalité profité l’organisation d’un tel salon ? Quelle est cette plus-value intellectuelle que va apporter cette manifestation ?

    Sans oser attenter à la solennité du lieu ou à l’esprit intrinsèque de l’événement, tout salon n’est que confort d’assise et d’abandon aux nonchalances du cuir et du velours des sièges et sofas. Dans une administration, un salon cache un bureau, dans une entreprise, l’exposition dissimule la machine de production, dans une justice il éclipse la balance et que divulgue-t-il enfin dans la vente de livres ?

    La foire dans le livre comme toute autre est où le premier profit est le profit. Entre l’éditeur et l’écrivain le fossé n’est fait que du nombre de feuillets, du bristol et de l’encre usitée. Ce folklore paginé ne profite qu’aux industriels de la barbotine alfatière. Il y avait autant de livres que moins de lecteurs, autant d’auteurs que moins d’éditeurs. Autrement dit et vu sous un autre angle ce commerce de l’intelligence est aussi un monde où se disputent l’art et l’intérêt, la gloire et le gain. Ainsi un amalgame vient chaque année pour s’instaurer dans l’idée génésiaque présidant à l’organisation d’une exposition commerciale. Le public est confondu. Enfants à la recherche de manuels scolaires, avec une croyance ferme qu’il pourrait s’agir là d’une kermesse à bas prix ; se pressent en compagnie de mères dont le seul souci réside dans l’économie des frais de fournitures scolaires. Les autres, rares mais plus avertis et habitués sont préparés à épier les nouveautés dans le rang des best-sellers nationaux ou étrangers. Les libraires peu nombreux emplissent l’étagère beaucoup plus par du papier-fort et des boites de couleurs que des dernières œuvres littéraires. Chez eux aussi le spectre de l’informel fait ravage. Derrière chaque libraire se cache un éditeur. Derrière chaque grand éditeur se cache une grosse machine d’imprimerie. Le plus gros de l’âme d’un livre ne se situe plus dans le fil romanesque qui ‘anime mais bel et bien dans le vacarme des rotatives toussant de jour comme de nuit. Le réseau de distribution ressemble étrangement à celui qui se pratique dans l’agro-alimentaire. Les retards de livraison, les crédits à la vente, le défaut de paiement, le retour d’invendus font la même scène que s’il s’agissait de pomme de terre ou parpaings bitumeux. Ainsi pour paraphraser un ami en butte à l’édition l’on saura bien dire que « derrière chaque livre, il existe une grosse affaire d’argent » pas pour son auteur, mais pour son fabricant.

    S’il y a un mérite qui existe dans ce salon, c’est qu’il met en relief timidement de nouveaux noms. Ceux à qui le monde de l’édition demeure un obstacle plus saumâtre et laborieux que l’œuvre elle-même. Par contre les « clients potentiels » sont les eternels convives, les seuls modérateurs et les animateurs privilégiés. Ils sont toujours les mêmes. On les voit un peu partout. Ce sont presque comme ces leaders de partis qui n’apparaissent qu’à l’intermittence des échéances électorales. Il est en toute évidence un vrai salon calfeutré et capitonné pour certains au moment ou nombreux autres sont dans l’antichambre, le patio ou les couloirs poisseux d’un espace qui ne peut dire son véritable raisonnement. C’est une affaire de location du sol. A 6000 dinars le mètre carré, les petites boites on ne les voit pas. Cependant celles appartenant à l’Etat sans y être impliquées directement dans le processus du livre mais gravitant autour comme des scories, y sont majestueusement installés. Juste pour la galerie. Façon de dire, on est là.

    Les statistiques fournies par les organisateurs ne montrent que des chiffres sur le nombre des éditeurs, exposants, leurs nationalités. Il n’existe aucun renseignement sous forme de bilan dressé au titre du salon précédent. En fait l’on aimerait être édifié sur le profil du visiteur de ce salon. Visiteur, curieux, badaud, lecteur, accrocs, revendeur, libraire ? Son niveau, son rang, ses goûts, ses préférences ? Sa langue de lecture ? Enfin son intérêt, son amour pour la chose culturelle ?

    Le salon international du livre d’Alger est une circonstance formidable dans la mesure où il participe à la médiatisation de la production littéraire nationale ou étrangère. Il tient à aider les maisons d’éditions dans un travail supplémentaire de marketing qu’elles n’arrivent pas encore à maîtriser sauf par quelques panneaux d’une publicité timide à insérer dans certains quotidiens nationaux. Si ce n’étaient les rubriques culturelles de quelques rédactions, personne n’en saurait davantage sur tel ou tel auteur. Ainsi tous s’équivaudront. Croyez-vous que pour être édité il vous faudrait de l’aptitude ? Le talent devra exister avant la germination du désir envers l’édition. Le piston dans l’édition bat son plein. C’est ainsi que certaines maisons d’éditions à peine de disparaître doivent fournir un grand effort vers la promotion de leur produit. L’ENAG, entreprise publique confond les rôles qui lui sont attribués. Elle se noie dans la complexité de l’édition et du commissariat du salon. Elle oublie ses auteurs. Sinon elle fait dans les deux poids deux mesures. Wacini est invité à déjeuner, l’autre ou les autres en séance de signature pas même une bouteille d’eau. Le grand mal de cette entreprise se situe dans sa politique d’édition, si du moins elle existe. Elle est totalement absente. Un déclic lui doit être administré dans son volet de politique promotionnelle éditoriale, sans ça, c’est l’asphyxie. Sans la subvention publique, elle mourra. Pari.

    Il fut un temps où le temps était au monopole de l’unique société nationale d’édition et de diffusion (sned) que de rares noms avaient pu émerger des presses politiquement grincheuses et parcimonieuses de cet organisme de l’Etat. Avec l’avènement de la démocratie, conditionnée dans son essence par la liberté d’expression, la chose imposait sans ambages l’ouverture du monde de l’édition. Il n’y a pas plus nostalgique que de revisiter les années passées où la foire du livre, au plan local ou régional constituait un événement. En ces temps là, la révolution culturelle ne manquait que d’une culture révolutionnaire. Sinon, le soutien accordé aux prix du livre importé, sur budget de l’Etat ne rimait pas avec commercialité, rentabilité ou performance des entreprises.

    Le SILA, devrait à l’aide de ses sponsors (peu nombreux et hors champ culturel) créer l’envie de lire. Il devra entre autre ; de paire avec ses « clients » et patentés que sont les éditeurs inciter à la consommation bibliographique. Il n’est cependant en aucun cas responsable de la léthargie dans laquelle se trouve la situation atrophiée du taux négligeable de lecture actuelle. Le prix est certes déterminant dans la relance de la lecture, mais il ne peut être l’unique facteur de la régression lectorale. Que faut-il attendre pour la politique du livre, que si dans un pays le prix d’un livre de poche dépasse celui de la poule de chair ? Le constat est amer. L’école ne fait plus donner l’envie de lire et de bouquiner. Nos universités ne sont que des débats de restauration, de transport et d’hébergement. Enfin cette reculade face à l’ardeur de dévorer les pages, de connaître les chefs d’œuvres universels, de découvrir les nouveaux talents, les poètes en herbe, les néo-nouvellistes suscite à bien des égards beaucoup d’inquiétude.

    Le problème en somme n’est donc pas un cas d’édition. Ni encore de production. Il s’agit d’une absence manifeste d’acheteurs. Les éditeurs choisissent, et c’est une légitimité, l’aspect commercial, loin de l’authenticité d’un travail intellectuel. Combien ceci va remporter s’exprime en centimes et non pas en audience. Ceci reste corroboré par la convoitise acharnée pour le livre scolaire, point de fixation des imprimeries privées, car les « acheteurs » sont répertoriés sur les bancs des écoles et bien obligés d’honorer la commande, sinon le ministère de l’éducation ou de la solidarité nationale le fera à leur place.

    Enfin le Sila ressemble bel et bien à ce monde que nous vivons dehors. Il y ceux qui sont déjà connus et qui semblent rapporter et ceux qui y viennent croyant se faire connaitre. J’ai vu des auteurs dédicaçant tout le long de la semaine leurs œuvres. Ils pointent la journée entière, se fixent derrière l’amas de livres et attendent d’y apposer une dédicace. L’on dirait qu’ils sont recrutés journaliers chez leurs éditeurs. D’autres moins nombreux, à l’instar de Yasmina Khadra ou Daoud qui ont crée une longue file d’attente ou Azzedine Mihoubi doivent leur aura à autre chose. Le talent ? Le statut ? Les médias ? Deux plumes, deux livres. Poids et mesures.                                                                                                                              par El Yazid Dib                                                                                                                      http://www.lequotidien-oran.com/index.php?news=5268829


  • CES BOUFFONS QUI NOUS GOUVERNENT … – Salimsellami’s Blog
    https://salimsellami.wordpress.com/2018/11/07/ces-bouffons-qui-nous-gouvernent
    http://lequotidienalgerie.org/wp-content/uploads/2018/11/ouyahia-heddad-sidi-said-600x261.jpg

    « Il faut rappeler à tous les Algériens et Algériennes que, suivant les orientations du président de la République et conformément à son programme complémentaire dans tous les secteurs, que les abus dont ont été victimes dans les années 1990 les cadres de l’État, font partie du passé et ne peuvent en aucun cas se reproduire. »

    C’est ce qu’a déclaré récemment Tayeb Louh à son auditoire, en visant son premier ministre, comme si on ne le savait pas et comme s’il se sentait en dehors du système auquel il appartient. Ce nième règlement de compte au sommet de l’Etat cache mal le désarroi du Pouvoir. Et il est difficile de penser que la charge du ministre de la justice contre Ouyahia soit spontanée. A la veille du prochain scrutin présidentiel, les clans s’organisent et avancent leurs pions. En plus d’un malade qui nous gouverne, nous avons des clowns dans certains ministères et à la tête du principal parti politique algérien qui aura réussi à occuper la scène médiatique par ses ridicules déclarations qui font rire un temps certes, mais qui finissent par agacer n’importe quel citoyen soucieux du bien être de son pays.

    L’arrestation et la libération des cinq généraux, la guignolesque éviction de Bouhadja, ex Président de l’APN, non parachevée puisque les banques algériennes le considèrent encore aujourd’hui , d’après la presse, comme le Président légitime, et son remplacement par Mouadh Bouchareb, autre serviteur du Pouvoir, l’arrestation et l’emprisonnement des journalistes et artistes dénotent d’une effervescence au sommet de l’Etat aggravée par un mutisme d’El Mouradia qui en dit long sur sa capacité à gérer le pays.Et pourtant six mois nous séparent de la prochaine élection présidentielle ! C’est peu six mois ! Normalement, une campagne présidentielle aurait du commencer avec des présidentiables, des partis politiques en lice fussent ils présidentiels, des programmes, des alternatives au Pouvoir actuel etc. Rien de tout cela. Le pays semble figer à la décision que tout le monde attend : la candidature ou non de l’actuel Président, âgé, souffrant, inaudible et dont la dernière apparition publique a suscité autant d’émotions que de révolte.

    L’opposition officielle, très divisée et affaiblie reste muette et attend son heure. Les divisions internes des partis ont fini par décourager plus d’un ! Même les partis présidentiels sont tiraillés de l’intérieur, leur seul consensus commun est la fidélité au Président en place. En revanche, fait unique au monde, on peut signaler l’opportuniste alliance du principal syndicat du pays, du patronat et du FLN en faveur du Président !

    L’opposition officielle ou informelle est donc affaiblie. D’abord, les partis politiques traditionnels y compris le FFS et le RCD font face à de profondes divisions internes. La fameuse alliance qui rassemblait des partis opposés au 4eme mandat n’est qu’un souvenir ! Même Benflis aurait jeté l’éponge dernièrement !

    La TV officielle ne cesse de nous rappeler les réalisations du Chef de l’Etat actuel : la paix sociale c’est lui, les logements c’est lui, les barrages c’est lui, l’organisation des grandes manifestations culturelles ou artistiques c’est lui, le soutien des prix des produits de première nécessité c’est encore lui. Il est omniprésent tout en étant absent. Presque aucun ministre ne prend la parole dans les gros médias sans citer les orientations du Président de la République. Du jamais vu ! Difficile de croire qu’il n y a pas eu une instruction dans ce sens…

    Et face à cette TV officielle, le Pouvoir se sert de certaines TV poubelles privées pour mettre en avant les règlements de compte entre clans et occuper le peuple par des informations sorties de nulle part, de faux débats sur des sujets se rapportant à notre culture, notre société ou notre histoire. Et ça marche, du moins dans les réseaux sociaux…

    Devant ce vide partisan sidéral, des mouvements de la société civile, sous contrôle, tentent vainement de se positionner sur le terrain politique avec un semblant de programme mais dont l’assise populaire reste faible.

    Six mois donc nous séparent de ce rendez-vous populaire qualifié par le pantin Sidi Said de « simple formalité », sans que sa déclaration ne choque. Comme si les algériens étaient résignés à ce triste sort d’un immense pays, riche, avec d’énormes potentiels de développement, et gouverné par un incroyable conglomérat d’opportunistes.

    Si ce Pouvoir a tenu jusque là c’est parce qu’il a réussi à faire perdurer la paix sociale par une politique de distribution d’une partie de la rente énergétique.

    L’APS nous a annoncé le mois dernier que les réserves de change de l’Algérie ont subi une baisse atteignant les 88,6 milliards de dollars à la fin juin 2018 contre 97,3 milliards de dollars à la fin décembre 2017. Le ministre des Finances, avait indiqué que ces réserves de change devraient s’établir à 85,2 milliards $ à fin 2018 et à 79,7 milliards $ en 2019 (18,4 mois d’importations) avant d’atteindre 76,2 milliards $ en 2020.

    On est loin des 194 milliards de $ accumulés en 1993 qui donnaient plus de crédibilité à la politique gouvernementale.

    A cette baisse des réserves de change, il faut rajouter celle de l’augmentation du chômage, notamment chez les jeunes diplômés ou non, une inflation qui ne dit pas son nom, une dépréciation du dinar dont les conséquences se font sentir tous les jours, des « libertés publiques » sous contrôle et un mécontentement social larvé qui n’attend que son heure pour s’exprimer.

    A l’approche des élections, le Pouvoir semble ouvrir toutes les vannes budgétaires pour satisfaire les besoins d’une population désarçonnée dans l’espoir de la voir se mobiliser en faveur du système actuel en avril prochain. Cette politique du court terme a ses limites. Et la marge de manœuvre en matière de manipulation de l’opinion publique sera, si la tendance actuelle d’appauvrissement du pays se poursuit, très étroite.

    Il est peu probable que l’actuelle politique généreuse de l’Etat en faveur des nécessiteux soit poursuivie après avril 2019. Parce qu’elle sera rattrapée par les impitoyables chiffres économiques qui ne plaident pas en sa faveur en ce moment.

    L’espoir viendrait t-il de la « société civile » ? La lecture de l’article de Louisa Dris-Aït Hamadouche, « La société civile vue à l’aune de la résilience du système politique algérien », paru l’an dernier dans la revue « Année du Maghreb, laisse des interrogations légitimes.

    « La vision sans l’action est un rêve éveillé. L’action sans la vision est un cauchemar » dit un dicton japonais !                                                                Par YOUCEF L’ASNAMI                                                                                                             http://lequotidienalgerie.org/2018/11/07/ces-bouffons-qui-nous-gouvernent


  • Quand un colonialisme en cache un autre – Salimsellami’s Blog
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    Que les enfants yéménites meurent de faim par milliers, que les Palestiniens tombent sous les balles de l’occupant, que la Syrie soit un champ de ruines et la Libye plongée dans le chaos, tout cela ne nous émeut guère. On manifeste, on fait grève, on proteste ? Pas vraiment. Ni manifestations significatives, ni débats dignes de ce nom. Le crime néocolonial passe comme une lettre à la poste. Et pourtant, si nous subissions ce que nos gouvernements infligent à des peuples qui ne nous ont rien fait, que dirions-nous ? Si une alliance criminelle nous condamnait à mourir de faim ou du choléra, comme au Yémen ? Si une armée d’occupation abattait notre jeunesse parce qu’elle ose protester, comme en Palestine ? Si des puissances étrangères armaient des milices pour détruire notre république, comme en Syrie ? Si une coalition étrangère avait bombardé nos villes et assassiné nos dirigeants, comme en Libye ?

    La tendance des pays dits civilisés à jeter un voile pudique sur leurs propres turpitudes n’est pas nouvelle. Propre sur lui, le démocrate occidental voit plus facilement la paille dans l’œil du voisin que la poutre qui loge dans le sien. De droite, de gauche ou du centre, il vit dans un monde idéal, un univers heureux où il a toujours la conscience de son côté. Sarkozy a détruit la Libye, Hollande la Syrie, Macron le Yémen, mais il n’y aura jamais de tribunal international pour les juger. Mesurés à l’aune de notre belle démocratie, ces massacres ne sont que des broutilles. Un égarement passager, à la rigueur, mais l’intention était bonne. Comment des démocraties pourraient-elles vouloir autre chose que le bonheur de tous ? Surtout destiné à l’électeur moyen, le discours officiel des Occidentaux traduit toujours l’assurance inébranlable d’appartenir au camp du bien. ’Vous souffrez de l’oppression, de la dictature, de l’obscurantisme ? Ne vous inquiétez pas, on vous envoie les bombardiers !’.

    Il arrive toutefois qu’au détour d’une phrase, dans le secret des négociations internationales, un coin de voile soit levé, subrepticement. On assiste alors à une forme d’aveu, et voilà qu’un margoulin confesse le crime en esquissant un sourire narquois. En 2013, au moment où la France intervient au Sahel, Laurent Fabius, ministre français des affaires étrangères, appelle son homologue russe pour obtenir l’appui de la Russie à l’ONU. Lavrov s’étonne alors de cette initiative française contre des djihadistes que Paris avait soutenus lors de l’intervention en Libye, en 2011 : ’C’est la vie !’, lui rétorque le ministre français. Semer la terreur pour abattre un Etat souverain ? C’est ’la vie’ selon Fabius. Mais que ce criminel se rassure : aucun juge ne lui demandera des comptes. La Cour pénale internationale (CPI) est une Cour pour les indigènes : c’est réservé aux Africains. Les gens comme Fabius ont l’art de passer entre les gouttes.

    Abreuvés d’un discours qui leur dit que leur pays est toujours du bon côté, les Français semblent à des années-lumière du chaos que contribuent à bâtir leurs propres dirigeants. Les problèmes du monde ne les affectent que lorsque des hordes de miséreux se pressent aux portes, et ils sont nombreux à accorder leurs suffrages – comme beaucoup d’Européens – à ceux qui prétendent leur épargner cette invasion. Bien entendu, cette défense d’un ’chez soi’ devrait logiquement s’accompagner du refus de l’ingérence chez les autres : que vaudrait un patriotisme qui autoriserait le fort à s’ingérer dans les affaires du faible ? Or l’expérience montre que ces ’patriotes’ sont rarement à la pointe du combat pour l’indépendance nationale en dehors du monde prétendument civilisé. Quels partis de droite européens, par exemple, soutiennent le droit des Palestiniens à l’autodétermination nationale ? Manifestement, ils ne se précipitent pas pour honorer leurs propres principes.

    Mais ce n’est pas tout. On peut même se demander si ces prétendus patriotes le sont vraiment pour eux-mêmes : combien d’entre eux, en effet, sont-ils favorables à la sortie de leur propre pays de l’OTAN, cette machine à embrigader les nations européennes ? Comme pour la question précédente, la réponse est claire : aucun. Ces ’nationalistes’ font le procès de l’Union européenne pour sa politique migratoire, mais c’est le seul morceau de leur répertoire patriotique, véritable disque rayé aux accents monocordes. Ils gonflent les muscles face aux migrants, mais ils sont beaucoup moins virils face aux USA, aux banques et aux multinationales. S’ils prenaient leur souveraineté au sérieux, ils s’interrogeraient sur leur appartenance au ’camp occidental’ et au ’monde libre’. Mais c’est sans doute beaucoup leur demander.

    Dans cette incohérence généralisée, la France est un véritable cas d’école. Une certaine droite – ou extrême-droite, comme on voudra – y critique volontiers les interventions à l’étranger, mais de manière sélective. Le Rassemblement national, par exemple, dénonce l’ingérence française en Syrie, mais il approuve la répression israélienne contre les Palestiniens. Le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes serait-il à géométrie variable ? En fait, ce parti fait exactement l’inverse de ce que fait une prétendue gauche, qui soutient les Palestiniens – en paroles – et approuve l’intervention occidentale contre Damas, trouvant même qu’on n’en fait pas assez et qu’il faudrait bombarder ce pays plus sévèrement. Le drame, c’est que ces deux incohérences jumelles – et en miroir – aveuglent le peuple français. On mesure cet aveuglement au résultat, lorsqu’on voit des gauchistes souhaiter le renversement d’un Etat laïc par des mercenaires de la CIA (au nom de la démocratie et des droits de l’homme), et des nationalistes soutenir l’occupation et la répression sionistes en Palestine (au nom de la lutte contre le terrorisme et l’islamisme radical).

    Il est vrai que ce chassé-croisé entre pseudo-patriotes et pseudo-progressistes a aussi une dimension historique. Il charrie à sa façon l’héritage empoisonné des temps coloniaux. Ainsi la droite nationaliste critique le néocolonialisme occidental en Syrie, mais elle trouve insupportable qu’on évoque les crimes coloniaux commis par la France dans le passé en Indochine, en Algérie ou à Madagascar. On suppose que ce n’est pas volontaire, mais la gauche universaliste contemporaine – au nom des droits de l’homme – fait exactement l’inverse : elle fait le procès du vieux colonialisme façon « Algérie française » mais elle approuve l’intervention néocoloniale en Syrie contre un Etat souverain qui a arraché son indépendance à l’occupant français en 1946. Bref, la droite aime follement le colonialisme au passé, la gauche l’aime passionnément au présent. La boucle est bouclée, et en définitive tout le monde est d’accord. Principale victime : la lucidité collective.

    La France est l’un des rares pays où un colonialisme en cache un autre, le vieux, celui qui plonge ses racines dans l’idéologie pseudo-civilisatrice de l’homme blanc, se trouvant comme régénéré par le sang neuf du bellicisme droit-de-l’hommiste. Ce néocolonialisme, à son tour, est un peu comme l’ancien colonialisme ’mis à la portée des caniches’, pour paraphraser Céline. Il veut nous faire pleurer avant de lancer les missiles. En tout cas, la connivence implicite entre les colonialistes de tous poils – les vieux et les jeunes, les archéo et les néo – est l’une des raisons de l’errance française sur la scène internationale depuis qu’elle a rompu avec une double tradition, gaulliste et communiste, qui lui a souvent permis – non sans errements – de balayer devant sa porte : la première par conviction anticolonialiste, la seconde par intelligence politique. Un jour viendra sans doute où on dira, pour faire la synthèse, que si la France a semé le chaos en Libye, en Syrie et au Yémen, au fond, c’était pour « partager sa culture », comme l’a affirmé François Fillon à propos de la colonisation française des siècles passés. Au pays des droits de l’homme, tout est possible, et même prendre des vessies pour des lanternes.

    Bruno GUIGUE

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    https://www.legrandsoir.info/quand-un-colonialisme-en-cache-un-autre.html


  • Othmane Belouizdad : « Je suis ‘‘enterré’’ au cimetière de Maghnia » – Salimsellami’s Blog
    https://salimsellami.wordpress.com/2018/11/07/othmane-belouizdad-je-suis-enterre-au-cimetiere-de-maghnia
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    A l’instar de son compagnon d’armes et son associé en affaires, lui aussi membre du groupe des 22, le regretté Zoubir
    Bouadjadj, Othmane Belouizdad est un homme silencieux. Tellement silencieux que beaucoup arrivent à peine à croire que cet homme de 88 ans, toujours alerte, que Dieu lui prête vie, continue à vaquer à ses occupations dans le tumulte et le vacarme de la vie. Surtout n’évoquez pas avec lui la politique, sujet qu’il abhorre depuis qu’il a mis un trait dessus après l’avoir pratiquée dans le tourbillon de la guerre.

    Celle-ci terminée, Othmane s’est retiré chez lui avec le profond sentiment du devoir accompli. Depuis, il stigmatise la politique et surtout la manière dont elle est pratiquée avec ses mensonges, ses chausses-trappes et ses hypocrisies. C’est pourquoi lorsqu’il constate aujourd’hui ses méfaits il en est outré.

     

    Préférant le réalisme à l’optimisme, Si Othmane a préféré le silence, d’autres on ne sait pour quelle raison ont choisi pour lui le silence des cimetières, principalement celui de Maghnia où son nom agrémenté de sa photo est immortalisé pour la postérité sur la liste des chouhada. Cette histoire d’outre-tombe de mauvais goût le fait sourire. « Il y a quelques années, nous sommes partis, Ahmed El Caba, Hadj Slimane, le Dr Benadouda, Moumdji et moi à Tlemcen pour assister à un colloque. Nous voulions au terme de cette rencontre faire un peu de tourisme. Nous sommes partis à Maghnia où on s’est arrêtés au cimetière des chouhada.

    Là, nous découvrîmes une stèle dédiée aux chouhada où je figure avec ma photo. Le Dr Benadouda s’est empressé de me prendre en photo dans cette posture insolite. Je ne savais pas que j’avais quitté ce bas monde. Alors, pour rire, j’ai suggéré à mes amis d’aller vite à la mairie pour réclamer la pension de chahid. » Cet épisode extravagant le fait rire encore. Mais plus sérieusement, on décèle à travers ce fait la haute idée que le pouvoir se fait de la préservation des symboles de la lutte contre le joug colonial.

    Othmane raconte qu’au cours d’une rencontre avec Ben Bella, il lui a fait part de cette « bourde » commise dans son patelin ; il en resté bouche bée. Méditerranéen jovial, Othmane n’a pas dérogé à la tradition chaleureuse qui sied aux gens de cet espace géographique. Des passionnés qui savent opposer à la tragédie un humour sarcastique sûrement salvateur. Quand on naît dans un quartier populaire comme celui de Belcourt, de surcroît révolutionnaire, fils d’un homme qui croit aux vertus du travail, imprégné tout jeune d’un code de l’honneur familial, patriote et militant, on apprend vite les subtilités et les exigences de la vie.

    L’histoire est ingrate

    Tantôt énergique, tantôt mélancolique, fonceur ou désabusé, ce vieux monsieur à l’air digne et courtois nous explique comment parfois l’histoire ingrate maltraite son peuple. De Belcourt de sa naissance, il garde des souvenirs vivaces. D’abord, c’est qui Belcourt ? « Je pense, selon mes informations, que le nom est dû à un maréchal-ferrant. Il s’appelait Belcourt et pratiquait l’art de forger et d’adapter aux sabots des chevaux des semelles et des contours protecteurs qu’il fabriquait lui-même.

    Il était très connu, d’autant qu’on venait de tous les coins, notamment les cavaliers attirés par la foire qui jouxtait son atelier et où se pratiquaient des exhibitions. C’était un passage obligé et tout le quartier tient son nom de ce patronyme ». Révolutionnaire, le quartier de Belcourt l’était avec les Belouizdad, Bouda, Mahsas, El Caba, Moumdji, Tazir, Bouadjadj et bien d’autres. Le Dr Benadouda raconte : « Quand son père qui travaillait dans les pièces détachées chez Chereau & Cie a été arrêté en mai 1945, Othmane avait 16 ans. Il est parti à sa recherche au commissariat.

    Un homme complètement défiguré par la torture en est sorti. Othmane s’est approché de lui pour qu’il lui donne des informations sur son père. Il ne l’avait pas reconnu, c’était son paternel. Un sentiment diffus de colère et de haine contre l’occupant s’est emparé du jeune mineur. » C’est sans doute à partir de là que Othmane, très jeune, rejoindra la résistance.

    Benguesmia, compagnon de lutte et ami témoigne : « Othmane, on le voyait petit par la taille mais grand dans le sacrifice. Toute la famille
    Belouizdad s’est engagée fermement dans la résistance et n’a pas arrêté de militer, à commencer par Mohamed, très jeune leader dans l’Organisation spéciale (OS), hélas mort très tôt à la fleur de l’âge, 24 ans, après avoir montré des qualités insoupçonnables de guide et de leader. » Othmane parle peu, mais il est des silences parlants où on en vient presque à lire ouvertement sur le visage les non-dits qui en disent long. L’homme est à la fois douloureux, entier et anxieux.

    L’OS et le groupe des 22

    Jeune, il a eu un scolarité normale près de chez lui à la rue Causemille. Il est né le 25 juillet 1929, non loin des magasins qu’il gère toujours. Lorsque la Deuxième Guerre éclata en 1939, tout est parti en l’air. « Je me débrouillais en vendant des sardines, des figues et parfois des armes. Tout ce qui est bricolage m’intéressait et le marché noir instauré de facto après le débarquement des Alliés en 1942, encourageait tout trafic. On achetait des armes chez les Américains surtout car les Anglais étaient moins coopératifs.

    Mon père Ahmed tenait un bureau de tabac à Belcourt. Le 8 novembre 1942, ils ont débarqué du côté du Hamma après les Halles. Je suis descendu dans le tunnel. Je m’attendais à des cow-boys sur des chevaux. J’ai trouvé des sacs de sable et des hommes lourdement armés. Ils m’avaient donné un pain que je distribuais en bribes en cours de route. Avant d’arriver à la maison, il ne restait qu’un bout que j’ai offert à ma mère. Quant au chewing-gum qu’ils m’ont offert, je l’ai avalé, pensant que c’était un bonbon. » C’étaient les années noires, les maladies, la misère et la mort. Face à cela, il n’y avait que la solidarité.

    Sur son frère aîné Mohamed, Othmane avoue qu’il ne l’a pas bien connu dès lors que très jeune il avait des responsabilités dans le parti : « Je sais qu’il vivait dans des conditions précaires à Constantine où le parti l’a muté à la fin des années quarante. » El Caba, qui l’avait rejoint pour une courte période dans la capitale de l’Est, témoigne que « le partage était notre credo. Au déjeuner, on se disait : moi ‘‘chorba’’ et toi ‘‘chtitha’’ et on partage. C’est dire le sentiment d’entraide qui nous animait. » A travers le discours de Othmane se dégage toute une philosophie, à savoir que cette trempe d’hommes avaient réellement plus d’ambition pour leur pays que pour leur personne.

    A Belcourt, les noms de Merzougui, Tounsi, Bouadjadj, Belouizdad, Mahsas, El Caba, Merakchi, Bouguerra et les autres claquent comme des balles de mitraillettes. « Othmane a beaucoup fait pour la lutte. Il n’en parle pas », témoigne M. Benguesmia, autre résistant qui l’a bien connu. « Merzougui nous avait programmé une réunion au Clos Salembier. Othmane est venu avec la 4 CV de son frère Mustapha, médecin, et nous a transportés. En cours de route, un inconnu est monté dans la voiture.

    Merzougui nous a dit que l’arrivant était le responsable. Il était jeune. Ils l’appelaient ‘‘Le p’tit’’. C’était Didouche Mourad. Il a commencé son discours par des anecdotes, puis est passé aux choses sérieuses, il nous a subjugués. Il nous paraissait tellement grand au fur et à mesure de son discours. Dans la crise qui a secoué le parti, on n’était ni pour l’un ni pour l’autre camps, on était des ‘‘neutralistes’’. Bouguerra avait approuvé notre position. » Tous se rappellent ces phrases de Didouche : « On a toujours prétendu que ce peuple est un baril de poudre. Si c’est le cas, nous sommes l’étincelle et il explosera.

    On aura fait notre devoir vis-à-vis du peuple ». Othmane, qui préfère rester au stade de la cordialité et de la réserve, consent quand même à livrer quelques confidences. « J’étais avec Didouche et Ben M’hidi près du Pont des suicidés à Hydra. Je ne connaissais pas Larbi. On a entamé la discussion et on regardait alentour les belles villas occupées par les colons : ‘‘Tu vois ces belles bâtisses, demain à l’indépendance on y logera les familles de chouhada et leurs enfants’’, avais-je suggéré.

    Didouche m’avait répondu : ‘‘J’ai bien peur des lendemains de la libération. Ce sont ceux qui sont actuellement contre l’indépendance qui seront aux commandes’’ ». Fatidique prédiction. Othmane, habile organisateur, était prêt dès le déclenchement de la Révolution, mais il sera arrêté quelques semaines après et emprisonné dans les prisons algériennes et en France jusqu’en 1962. « Après l’arrestation de Othmane, on est restés sans contact. On n’avait pas d’expérience et Bitat qui est rentré à Alger on ne le connaissait pas », témoigne Belguesmia.

    Othmane, qui préfère parler des autres, évoque « Tounsi, enfant de Belcourt devenu un des lieutenants de Abane Ramdane, cet architecte de la Révolution qui a une grande part dans l’indépendance. » Il évoque aussi Lakhdar Rebbah qui s’est dépensé sans compter plus que tous. Il évoque Bouda Ahmed, « grand par la taille et par l’esprit. Il était sincère jusqu’à la naïveté et désintéressé. C’était un orateur qui savait haranguer les foules. Nous étions jeunes, pas trop portés sur les discours politiques.

    Quand il donnait un conférence, on savait quand il commençait, mais jamais quand il terminait. On était jeunes et il s’adressait plutôt aux adultes. A l’indépendance, un journaliste syrien est venu me voir pour connaître mon sentiment vis-à-vis des pays frères qui ont aidé l’Algérie dans sa lutte et notamment ceux qui y ont mis plus de conviction. A sa grande surprise, j’ai répondu : ‘‘Les colons’’. Interloqué, il eut la force de me répliquer. ‘‘Mais ils étaient contre vous, c’étaient vos ennemis’’. C’est leur haine, leur oppression et leur mépris à notre encontre qui nous ont incités à nous révolter », lui ai-je répondu.

    Le souvenir d’arezki kehal

    Othmane parlera aussi du premier martyr, Arezki Kehal, mort en 1939 : « Quand j’étais en prison dans l’isolement à Rouen, mes pensées allaient vers ce résistant, ce qui m’encourageait en répétant le poème que lui a dédié Ahmed Bouda ». A l’indépendance, Khider est venu lui proposer un fauteuil à l’Assemblée comme député. « Je l’ai remercié et décliné son offre. Moi, j’ai toujours travaillé dans la mécanique et puis, dans mon esprit, je n’ai pas combattu pour le pouvoir mais pour les générations à venir. Nous, notre mission pour l’indépendance était terminée.

    A l’Assemblée, mon nom a été avancé sans me consulter. J’ai exigé qu’on le retire de la liste. » Les anciens  ? « Souvent, on ne se rencontre que dans les cimetières où un des nôtres nous quitte pour un monde meilleur car celui que nous vivons est infesté de maux. » L’écriture de l’histoire ? « Ce n’est pas l’histoire, mais des histoires et chacun l’écrit à sa façon ». Mais ce qui le chagrine le plus, ce sont ces nostalgiques de la colonisation. « Je crois que la Poste de Belouizdad n’a pas encore reçu le message, puisque ses cachets et ses tampons sont toujours estampillés avec la mention Belcourt. »

    A la question de savoir pourquoi le FLN historique a été squatté, la réponse fuse tel un boulet : « Le pays entier est squatté. Que voulez-vous ? que pèse le FLN devant tout le pays ? Je crois qu’on détourne l’attention vers des futilités pour faire oublier les problèmes essentiels. » Belouizdad, un quartier emblématique plein de gloire. Et si Hocine Aït Ahmed a décidé d’y effectuer son dernier voyage vers l’au-delà, cela n’est sûrement pas le fait du hasard…

    PARCOURS
    Naissance le 25 juillet 1929 à Belcourt. Issu d’une famille composée de 5 frères et 2 sœurs, son père Ahmed tenait un bureau « tabac » dans le même quartier. Son frère Sahnoun est mort sous la torture à la prison d’El Harrach.

    Son frère Mohamed, dirigeant de l’OS, est décédé suite à une maladie à l’âge de 27 ans ; son frère Mustapha est l’un des premiers médecins algériens. Othmane a milité très jeune pour la cause nationale, a été dans le noyau du groupe des 22 avec Didouche, Krim, Bitat, Merzougui, Bouadjadj, Benboulaid, Ben M’hidi et Boudiaf…

    Arrêté quelques semaines après le déclenchement de la Révolution, il a été emprisonné en Algérie et en France ; libéré en 1962. Marié, 3 enfants, 2 garçons et 1 fille. Toujours en activité dans son entreprise à Belouizdad.

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  • Le sourire de Ben M’hidi, le regard d’Ali la Pointe, et la déchéance de Bouteflika et sa clique « Algérie Résistance
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    https://mohsenabdelmoumen.files.wordpress.com/2018/11/le-1er-novembre1.jpg

    Aujourd’hui, 1er Novembre, mes pensées vont aux jeunes révolutionnaires qui se sacrifiés pour une idée de liberté et de dignité. Ce sont des Immortels. J’ai toujours eu de l’admiration pour les gens qui sont morts pour une idée et un mépris sans limite pour ceux qui s’accrochent au pouvoir et les larbins qui les vénèrent. Pauvre Algérie ! Quand on pense à ces jeunes hommes qui ont donné leur vie pour l’indépendance du pays et qui ont écrit leur nom dans le marbre de l’Histoire, cette jeunesse fauchée à la fleur de l’âge qui a voulu rêver d’une nation libre et fière, débarrassée de l’esclavagisme colonisateur, et que l’on voit ce pays qui a vécu une épopée prodigieuse dirigé aujourd’hui par un vieillard léthargique corseté dans une chaise roulante, c’est triste à en pleurer. Ces Braves disparus trop tôt nous manquent terriblement, eux les phares et les repères de notre nation. Nous sommes tous des orphelins en ces heures sombres que traverse l’Algérie ravagée par une cohorte de hyènes qui la dépècent jour après jour. Qu’avez-vous fait de l’Algérie de Novembre, bande de pilleurs, bande de chacals ? Comment fêter un 1er Novembre quand on sait l’avenir de l’Algérie cadenassé comme le Parlement, car oui ! ils ont osé cadenasser le Parlement parce que des « députés » de la chkara, des begarra, ont cru que le siège du Parlement est une boutique appartenant à leurs parents ! Il n’y a plus d’honneur, plus de fierté, ils ont tout saccagé. Comme nous sommes loin des rivages des enfants de Novembre… Comment regarder les portraits de Ben M’hidi, d’Ali la Pointe, de Ben Boulaïd, et tous les autres martyrs, comment penser à ces anonymes si nombreux, sans avoir les larmes aux yeux devant la situation désastreuse dans laquelle se trouve aujourd’hui notre cher pays ? Ils nous ont donné une patrie. Qu’en ont fait ces chacals ? Ils l’ont souillée, malmenée, pillée, violée, trahie, et ils osent parler de bilan et d’un cinquième mandat pour leur président momifié. Quel bilan ? Celui d’un président dans une charrette poussée par une horde sauvage avec, à leur tête, le chef d’orchestre Saïd Bouteflika, le frère cadet ? Tels des pharaons, ils refusent de croire à la mort et traînent leurs carcasses d’année en année. Ils se prennent pour des dieux alors qu’ils ne sont que des cloportes, des vieux débris et des épaves dont même la mort ne veut pas. Devons-nous encore assister au lent délabrement de notre Algérie entre les mains d’une cohorte de malfrats qui appellent en chorale à la continuité de la rapine et des détournements alors qu’ils ont tous échoué ? Car l’Algérie ne produit rien et est absente de la scène internationale par la faute d’une clique d’usurpateurs sans foi ni loi. Les martyrs ont signé l’acte de naissance de l’Algérie avec leur sang et un gang de mafieux est en train d’effacer le nom de notre patrie de l’histoire de l’humanité.

    Regardez comment Saïd Bouteflika, ce gnome, joue avec un si beau pays à l’histoire millénaire. Je ne le répèterai jamais assez, si vous considérez l’Algérie comme votre propriété privée, montrez-nous l’acte de propriété. Si non, on vous résistera par la légitimité du sang de nos martyrs et de nos ancêtres. Pour nous, l’Algérie est la terre de nos ancêtres, elle coule dans nos veines. Pour vous, l’Algérie est un compte en banque et des biens immobiliers. Vous êtes coupables de haute trahison, coupables d’avoir sali ce pays, d’avoir bradé ses richesses, d’avoir fait de nous la risée du monde, vous n’avez rien produit, ni valeur ajoutée, ni économie forte, vous n’avez ni institutions, ni état de droit, rien. Que produisez-vous à part vendre les richesses du sous-sol que le bon dieu nous a données ? Vous n’avez rien produit, pas même un clou. Vous êtes des misérables. Vous n’avez ni respect, ni limite, ni honneur. Vous régnez par l’anarchie et le chaos. Je vous défie de montrer votre bilan. Où est-il ? Dans le scandale de l’autoroute Est-Ouest, dans le scandale de Sonatrach, dans le scandale de la grande mosquée ? Et j’en passe. Non, je ne vais pas ressasser ce que j’ai écrit dans mes nombreux articles depuis des années, j’ai toujours dit que vous nous ramèneriez droit dans le mur. Nous y allons à la vitesse de la chaise roulante d’un vieillard à moitié mort, lentement mais inéluctablement. Vous avez échoué politiquement, économiquement, socialement, et au lieu de vous retirer discrètement, vous avez l’effronterie de vous montrer et de vanter des mérites que votre président n’a pas et n’a jamais eu, de vous incruster et de revenir encore et encore nous saouler avec vos turpitudes et vos ruses dont personne n’est dupe. Vous n’avez aucune honte, aucune gêne. Et vous nous assommez avec vos « Monsieur le Président a écrit », « Monsieur le Président a décidé », Monsieur le Président a signé », etc. en vous prosternant devant un portrait dont la vue nous donne la nausée. Ramenez votre cadavre ambulant avec lequel vous dirigez le pays et faites-lui prononcer une seule phrase devant le peuple algérien ! La Terre entière sait que la momie qui vous sert d’alibi dans votre œuvre destructrice des valeurs de la nation algérienne est incapable de parler depuis des années, et si ce n’était que ça ! On va bientôt citer le règne de Bouteflika comme étant un cas d’espèce, il sera désigné comme le président dont le frère cadet dirige le pays par procuration. L’Algérie va entrer dans le Guinness Book par votre forfaiture comme étant le seul pays au monde dont le président ne parle pas, ne voyage pas, ne représente son pays nulle part et qui, par son handicap et son inaptitude à gouverner, a éclipsé l’Algérie de la scène internationale. Vos effets sur la société sont néfastes, vous avez détruit ce qui faisait la beauté de notre nation. Tout est devenu noir sous votre règne, il n’y a plus ni famille, ni respect, la religion est instrumentalisée et utilisée à des fins politiques, tout est mensonge, vous avez élevé une génération de mutants qui sont à votre image et à celle de votre progéniture. N’avez-vous pas assez pris dans nos caisses, dans nos rêves, dans nos larmes ? Et vous continuez, jamais rassasiés. Quelle image donnez-vous du pays avec votre président avachi dans sa charrette ? Que vous êtes des nouveaux colons, des pilleurs, des malfrats, des corrompus. Les jeunes générations se jettent à l’eau pour vous fuir, sachant qu’elles n’ont aucun avenir dans le pays qui les a vus naître. La planète entière se rit de nous, mais vous voulez quand même un cinquième mandat pour ce qui vous tient lieu de président. Je m’interdis de respecter votre cadavre ambulant. Foutez-la paix à la terre de mes ancêtres, vous êtes une balafre dans le soleil algérien, une plaie dans la terre algérienne, une calamité pour ce pays qui n’a jamais eu de chance, ce pauvre pays qui n’en peut plus de vous. Soyez maudits, vous et votre descendance, pour tout le mal que vous nous faites. Votre place est dans les égouts de l’histoire et, si Dieu le veut, j’irai cracher sur vos tombes maudites. En attendant de vous voir tous crever, je continue à rêver du regard d’Ali La Pointe, du sourire de Ben M’hidi et de notre beau drapeau. Nos martyrs sont morts jeunes, beaux et fiers. Dieu les a aimés. Que c’est beau un martyr, que c’est laid un vieux despote.

    Mohsen Abdelmoumen


  • TOUCHEZ PAS AUX PRIVILÈGES !! – Salimsellami’s Blog
    https://salimsellami.wordpress.com/2018/10/30/touchez-pas-aux-privileges
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    Les troublantes décisions du nouveau président de l’APN : L’Assemblée otage du système des privilèges

    A peine plébiscité par l’alliance présidentielle FLN-RND-TAJ-MPA et indépendants, Mouad Bouchareb, successeur de Saïd Bouhadja à la tête de l’Assemblée populaire nationale (APN), s’est installé au bureau de ce dernier, situé au 5e étage, sans passation de consignes.

    Une autre violation de la loi, sachant que Bouhadja n’a toujours pas démissionné et, de ce fait, il reste, au vu de la loi, le président légitime. Par cette situation de « fait accompli », le nouveau président de l’Assemblée n’a pas attendu pour « rétablir » ce que Bouhadja avait « osé » changer dans la gestion administrative de cette « boîte de Pandore » qu’est l’Assemblée.

    Quelques heures seulement après son « intronisation », il reçoit l’ex-secrétaire général Bachir Slimani, pour lui réitérer sa promesse de le réintégrer à son poste. Sitôt promis, sitôt fait. Mouad Bouchareb annule la mise de fin de fonctions de Slimani, signée par Bouhadja, et appose, pour la première fois, sa signature en tant que président de l’Apn sur la décision de sa réintégration à son poste de secrétaire général.

    En fait, Bouhadja ne savait certainement pas que son secrétaire général est un personnage « extrêmement important » au sein de l’institution qu’il préside. Il est au cœur même du système des privilèges et du partage de la rente, mais aussi sa boîte noire. Un statut qui le rend intouchable, et ce, depuis des années.

    En intellectuel assez prudent, Mohamed Larbi Ould Khelifa, le prédécesseur de Bouhadja, l’avait licencié en 2014, et désigné chef de cabinet, comme intérimaire. Le même groupe, qui a mené la fronde durant les trois dernières semaines, a exigé sa réintégration sous prétexte que c’est la Présidence qui l’a décidé. Mesurant le degré des alliances d’intérêt au sein de l’Assemblée et à l’extérieur, Ould Khelifa a préféré céder en réintégrant Slimani.

    Ce dernier prend de l’assurance, mais aussi de la puissance. « Par sa connaissance de tous les fonctionnements de l’administration, les points forts et les points faibles des uns et des autres et leurs secrets, il est devenu intouchable », nous dit-on. Mais Saïd Bouhadja – avec toute son expérience dans les « magouilles politiques » et les « mouvements de redressement » en tant qu’ancien mouhafedh (commissaire du parti du FLN) – n’a pas mesuré la « puissance » des « réseaux » du secrétaire général et leurs ramifications à l’extérieur de l’Assemblée.

    Il avait engagé une opération d’assainissement de la gestion de l’Apn, ce « panier à crabes », qu’aucun des présidents qui l’ont précédé n’a pu faire. Son erreur, révèlent certains députés bien informés, est de ne pas avoir changé le personnel administratif, comme le lui confère le règlement intérieur.

    Bouhadja a « franchi la ligne rouge » en demandant à son secrétaire général l’état des lieux du personnel, du parc automobile, du budget de la pièce détachée, de la consommation de carburant, des frais de missions, etc. En bref, il venait de mettre le pied dans le guêpier des privilèges.

    « Depuis des années, les vice- présidents, les présidents des commissions, les chefs des groupes parlementaires mais aussi de simples députés aux puissantes connaissances s’octroient des avantages hallucinants », nous dit-on, précisant : « Certains s’offrent de longues listes de recrues, dont plusieurs ne viennent même pas à l’Assemblée. Le cas de Bahaeddine Tliba est révélateur.

    En tant que vice-président, il a fait recruter 87 personnes, d’autres comme lui circulent avec 2, 3 voire 5 véhicules de l’Assemblée, sans compter leurs collègues qui passent leur temps à voyager d’un pays à un autre avec des frais de mission dépassant l’entendement. »

    Ce n’est là que la partie visible de l’iceberg et le premier responsable qui gère toute cette rente n’est autre que le secrétaire général. Il concentre toute l’information à son niveau. Les états demandés par Bouhadja ne lui parviennent pas. Il se débrouille pour en avoir une partie d’ailleurs. La situation est « catastrophique », dit-il lors de ses nombreuses sorties médiatiques. C’est alors qu’il commence à sévir.

    Il exige la récupération des nombreux véhicules affectés à des personnalités extra-Assemblée, mais aussi à l’annulation des conventions avec plusieurs ateliers de mécanique qui assurent l’approvisionnement en pièces détachées (qui a coûté, en 2017, pas moins de 120 millions de dinars) et l’entretien des véhicules du parc.

    Bouhadja, une menace pour les intérêts et les privilèges

    Rien ne va plus entre le président et le secrétaire général. L’opposition de ce dernier à l’augmentation des frais de mission du chef du protocole devant accompagner Bouhadja à l’étranger est considérée comme un affront. Du coup, Bouhadja, usant de son pouvoir que lui confère la loi, met fin aux fonctions de Slimani. Le même groupe de députés, qui a réintégré ce dernier en 2014, revient à la rescousse.

    Il exige de Bouhadja sa réintégration sur la base du message de la Présidence qu’il dit détenir. Mais Bouhadja surprend tous ses détracteurs en disant que la décision était déjà prise et que la Présidence n’avait pas besoin d’intermédiaire pour prendre attache avec lui. La réaction était imprévisible. Elle suscite des réactions violentes, surtout qu’elle intervenait quelques jours seulement après la décision de récupérer les deux véhicules avec chauffeur qui étaient mis à disposition du secrétaire général du FLN.

    La gestion de Bouhadja commence à menacer les intérêts et les privilèges aussi bien des députés du FLN que du RND et des petites formations politiques qui vivotent autour d’eux. Du coup, Bouhadja était devenu l’homme à abattre et tous les moyens, aussi vils soient-ils, étaient permis.

    Retrait de confiance qui n’existe nulle part dans la loi, gel des activités parlementaires créant une situation de vacance, fermeture des accès de l’Assemblée avec chaînes et cadenas pour empêcher Bouhadja de rejoindre son bureau, convocation illégale du bureau de l’Apn pour déclarer la vacance du poste de président, validée par la commission juridique, sans aucun habillage légal, et arriver à la fin de ce parcours à une plénière qui entérine toutes les violations et plébiscite un successeur, Mouad Bouchareb, la figure de proue de l’opposition à Bouhadja.

    Ses premières décisions prises quelques heures seulement après son intronisation lèvent le voile sur les véritables raisons qui ont mis la troisième institution du pays au centre d’une crise politique très grave. La première a été l’annulation de la décision de licenciement du secrétaire général de l’Assemblée, Bachir Slimani, et sa réintégration à son poste.

    La deuxième décision de Mouad Bouchareb a été d’annuler l’ordre de Saïd Bouhadja, qui consistait à récupérer les deux véhicules (C5 et Passat) avec deux chauffeurs (rémunérés par l’Apn) affectés à Djamel Ould Abbès, secrétaire général du FLN. Ce dernier ne bénéficiait pas uniquement des voitures et des chauffeurs du parc de l’Assemblée, mais aussi du carburant et de toutes les prestations liées à la maintenance des deux véhicules.

    Une telle décision démontre à quel point la séparation des pouvoirs en Algérie est utopique. La crise que la troisième institution républicaine a vécue a le mérite de dévoiler l’hégémonie que les partis de la majorité ont fini par avoir sur elle, dans le seul but de continuer à bénéficier d’indus privilèges au moment où le peuple a du mal à supporter les taxes et la hausse des prix induites par la crise financière que traverse le pays

     SALIMA TLEMCANI
    El Watan 28 OCTOBRE 2018


  • Les risques majeurs - RipouxBliquedesCumulardsVentrusGrosQ
    http://slisel.over-blog.com/2018/10/les-risques-majeurs.html
    https://ramatuelle.fr/wp-content/uploads/2017/04/inter-DICRIM-570x410.jpg

    Encore l’illusion dans un événement. Les caprices de la nature, ses retournements, ses passions et ses débordements font maintenant des haltes dans des symposiums dits de haut niveau. Pourtant la météo n’est pas destinée à des bureaux situés dans l’altitude des cerveaux. Elle est là, chez le cantonnier que l’on devait former par le comment faire le curage, l’élagage et autres tâches de désencombrement de l’hygiène urbaine. Les technologies nouvelles de l’administration des cités ne doivent pas rester dans des data-shows à présenter en cercle fermé pour en tirer une autosatisfaction, croyant de la sorte avoir déjà en main la maîtrise des catastrophes. Tiens, mais ou est donc passée la phase pratique de cette intelligence que l’on voudrait copier pour la faire coller dans le cœur de la ville ? Demain nous passerons à la ville écolométrique, après la commune électronique, le guichet informatique, les documents biométriques et la démocratie spécifique. Voyez-vous, les mots emphatiques et les slogans déclamatoires sont si simples que l’on oublie vite l’acte matériel et son taux de réalisation. On ira peut-être crescendo dans la capacité de placer un robinet d’arrêt dans le ciel, un autre dans le rivage et un goulot d’étranglement dans tout lit d’oued. Le tout, nous dira-t-on un jour, sera dirigé distantiellement. D’un clic on l’ouvre, d’un autre clic on le ferme. A l’humeur du chef. Ce n’est plus « le jour qui a peur du soleil », mais le wali qui a peur de la pluie.

    Le climat a dépassé sa définition de phénomène naturel pour s’ériger en un épouvantail effrayant chez les gouverneurs. Il leur fait peur, en faisant grossir la crainte et la boule au ventre. Alors l’on se concerte de surcroît à l’orée d’un hiver déjà entamé pour circonscrire tous ses périls majeurs.

    A vrai dire, tous les risques dits majeurs ne sont pas dans les inondations ou dans les veines des caniveaux qui ne peuvent plus les absorber. Ils sont tout aussi loin d’être majeurs dans les échelles sismiques ou dans les affaissements de terrain. C’est dire que ça ne sert à rien d’agrandir le diamètre des buses destinées à avaler les torrents pluviaux alors qu’il suffit de faire apprendre ce petit geste de ne rien jeter au hasard et de faire tout en bonne et due forme. En étude et en prévision. Il suffit aussi de faire savoir aux déposants de déchets solides, aux acquéreurs de nouveaux logements à refaire, aux marchands, passants, épiciers, manufacturiers, promoteurs, enfin à la société citoyenne que n’importe quelle circonférence d’égout ne peut admettre une carcasse de cuisinière, un vieux matelas ou des tonnes de bouteilles et bidons plastiques. Cette mission est plus difficile que de faire une sécurisation de périmètre de zone inondable ou de détournement de l’aval ou de l’amont d’un flux naturel. Cette mission qui n’est nullement l’exclusivité du ministère de l’Intérieur et personne n’a le droit de s’en attribuer les supériorités, est aussi celle des médias, de l’école, de la mosquée et de la famille.

    C’est à la délégation créée à ce propos donc qu’échoit la responsabilité non pas de gérer intuitu-personae mais de mobiliser, sensibiliser, superviser, piloter tous les acteurs et facteurs induits dans le circuit des risques majeurs. Rien n’empêche d’instituer des piquets d’alerte et de surveillance, des modules réducteurs de vulnérabilité à mettre en œuvre là où la catastrophe ou le désastre présente des menaces de survenance. La commune. La nature a horreur du bricolage. Elle n’aime pas le précaire ou le ravalement du parterre. Malléable et flexible, elle s’apprivoise doucereusement et avec ses propres moyens. Avec une connaissance parfaite des événements fâcheux qu’elle ne cache pas et qui sont susceptibles de se produire ; la nature montre clairement ses aléas. Provoquée, elle se défend comme un animal et s’en fout éperdument des réunions du ministre ou des walis pour décrocher sinistrement ses droits au sol.

    Alors, il faut bien prendre soi-même le risque d’être un responsable entier, de dire non à un permis de construire contre nature, de ne pas se complaire dans un marché impudique, d’apprécier la bruine et d’accepter la critique. Et ce sont ceux-ci les gros risques majeurs qu’il faudrait savoir prendre.                                        Publié par El-Yazid DIB                                                                                                      http://www.lequotidien-oran.com/?news=5268139


  • Assassinat de Khashoggi : Le pire est à venir (RT) – Salimsellami’s Blog
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    Assassinat de Khashoggi : Le pire est à venir (RT)
    octobre 28, 2018 par salim sellami, publié dans uncategorized
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    La nouvelle* que des « parties défigurées du visage et du corps » de Khashoggi auraient été retrouvées dans le jardin du consulat saoudien à Istanbul, sonne la fin de la récréation pour les collaborateurs occidentaux de la dictature tyrannique arabe.

    Après Khashoggi lui-même, le principal perdant du meurtre le plus répugnant d’Istanbul est le président américain Donald Trump – comme je l’avais prédit ici il y a des semaines. Sa déclaration selon laquelle la couverture saoudienne était « crédible » a suscité les moqueries du reste du monde par son côté « Lady MacBeth », et l’a ridiculisé. Le comportement de son propre « prince héritier » – son gendre Jared Kushner – a été plus vénal que digne d’un opéra-comique.

    Comme je l’avais prédit, bien que la famille Clinton ait largement profité des largesses saoudiennes, les démocrates et leurs vastes soutiens médiatiques ont fait de l’assassinat de Khashoggi leur nouveau casus belli, en lieu et place du « Russiagate » en perte de vitesse (en fait les mêmes personnes qui, ces deux dernières années, ont inondé les ondes américaines de haine russophobe ont levé les mains au ciel, horrifiés, quand Trump – le pantin de Poutine, rappelez-vous – a annoncé une course aux armes nucléaires contre la Russie).

    D’Uber à Facebook, de JP Morgan à Virgin, des dizaines de sociétés et personnalités ont renoncé à aller au « Davos du désert » et le royaume « est en crise » comme vient de le reconnaître publiquement le ministre saoudien de l’énergie.

    Tout cela va de soi et on peut facilement prédire la fin du règne aussi court que brutal et meurtrier du Caligula saoudien qui a tué des milliers de personnes au Yémen, en Syrie, et même en Arabie saoudite.

    En Occident, c’est comme si on allumait tout à coup la lumière et qu’on voyait les cafards s’enfuir à toutes vitesses. Nulle part ce spectacle n’est aussi abject qu’au Royaume-Uni.

    Dans les années 1980, j’ai été envoyé en mission parlementaire en Arabie saoudite, sous la direction de Sir Francis Pym, qui a ensuite reçu le titre de Lord, un grand Tory qui fût ministre des Affaires étrangères de Grande-Bretagne, avant que cette fonction ne se dégrade du fait de la médiocrité et du manque évident de classe de ses occupants. Il y avait des tensions entre les Britanniques et les Saoudiens qui menaçaient de perturber le contrat d’armes extrêmement lucratif et très crapuleux d’Al Yamamamah.

    « De la pommade, mon cher, de la pommade », voilà notre mission, m’a dit Sir Francis. Nous devons les couvrir de pommade. « Il n’est pas question de s’excuser…. je ne m’excuserai pas « , a-t-il ajouté (je le répète, à l’époque, c’était la grande classe), les enduire d’une bonne couche de pommade, voilà notre feuille de route.

    Nous avons rencontré le roi saoudien de l’époque et la plupart des princes importants ; Sir Francis était un maître dans sa partie. Il ne s’est jamais excusé, mais il leur a mis beaucoup, beaucoup de pommade. Cela a marché, et le sale business de traire les vieux idiots au pouvoir à Riyad a repris.

    Bien sûr, les profits britanniques n’avaient rien de comparables avec le butin des Etats-Unis, et la différence entre les deux n’a fait que croître pendant les trente années suivantes. L’autre différence est que, maintenant, ce ne sont plus seulement les fusils, mais le beurre, la technologie, les médias, les films, les loisirs (qui savait que Disneyland était un parc de jeux saoudien ?) et le tourisme.

    En réalité, des milliers de médias occidentaux et leurs petites mains ont été corrompus par l’or saoudien. Toutes sortes de think-tanks, d’ »instituts », et même le Musée d’histoire naturelle de Grande-Bretagne, recevaient de l’argent de la Maison des Saoud. La malchance a voulu que, la nuit même où la musique s’est arrêtée avec le meurtre d’un chroniqueur du Washington Post et le démembrement de son corps, l’ambassade saoudienne organisait une soirée dans l’une des augustes salles de ce Musée.

    L’ironie du fait que le Royaume Créationniste** choisisse de siroter des cocktails sans alcool dans la maison que Charles Darwin a construite, n’a pas échappée à grand monde. Les journaux et les magazines qui s’étaient engraissés ouvertement et secrètement grâce au sponsoring saoudien, à coup de revenus publicitaires et autres arrangements entre amis sont maintenant choqués ! Choqués ! Comme le chef de la police de Vichy corrompu qui « découvre » qu’il y a des tables de jeux au Rick’s Café de Humphrey Bogart dans le film « Casablanca ».

    Personne n’a retourné sa veste aussi vite que le chef des relations publiques du Prince héritier saoudien en occident, Thomas Friedman du New York Times.

    Lors de son apparition avec Christiane Amanpour de CNN, Friedman a semblé au bord de la dépression nerveuse. Avoir gaspillé des dizaines de milliers de mots pour un criminel comme Mohammed bin Salman ! Il ne faut rien regretter Tom, tu as été bien payé pendant tout le temps que ça a duré !

    Comme Oscar Wilde l’a dit à propos de la scène de lit de mort dans « Little Nell » de Charles Dickens – « il faudrait avoir un cœur de pierre pour ne pas rire. »

    Mais le plus dévastateur a été la corruption dans la classe politique elle-même, et on en entendra bientôt parler.

    Lorsque le dirigeant travailliste Jeremy Corbyn a déposé une motion plus tôt dans l’année pour faire cesser les ventes d’armes britanniques à l’Arabie saoudite en attendant une enquête sur l’utilisation de ces armes dans la guerre sanglante contre le Yémen, la motion aurait très bien pu passer, si plus de 100 députés travaillistes de son propre camp ne s’étaient pas rendus coupables de trahison. Des députés travaillistes gays se sont rangés dans le camp de ceux qui jettent les gays du haut des immeubles. Des députés travaillistes féministes se sont rangés dans le camp de ceux qui ne reconnaissent aucun droit aux femmes. Tous ces démocrates ont soutenu l’absence désertique de liberté et de démocratie. Je n’ai pas compris et je me suis posé des questions sur l’ampleur du soutien saoudien au sein des députés du Parti travailliste. Je pense que tout s’éclairera bientôt.

    Car cette histoire n’a pas fini de faire des vagues.

    Pour l’heure, les « Gardiens des Deux Saintes Mosquées », pour donner aux rois saoudiens leur titre du vendredi***, sont occupés à effacer le visage de Jamal Khashoggi, un homme qui a peut-être légèrement critiqué la politique saoudienne, mais qui a soutenu l’armée de coupeurs de têtes financée par les Saoudiens en Syrie, jusqu’au l’instant même où sa propre tête a été arrachée de ses épaule. Cet homme qui a écrit un éditorial du Washington Post intitulé « Il est temps de diviser la Syrie » a lui-même été divisé en plusieurs parties par les instigateurs de la division avortée de la Syrie.

    Même Shakespeare n’aurait pas pu écrire une pareille histoire.

    George Galloway

    George Galloway a été membre du Parlement britannique pendant presque 30 ans. Il anime des émissions de TV and de radio (y-compris sur RT). Il est cinéaste, écrivain et un orateur renommé.

    Traduction : Dominique Muselet

    Notes :

    Maintenant démentie

    * Le créationnisme est la croyance religieuse selon laquelle une création divine est responsable de la vie et de l’univers, s’opposant généralement au consensus scientifique qui soutient une origine naturelle au moyen de l’évolution du vivant fondé sur la sélection naturelle (Wikipedia).

    * Jour de la prière dans l’Islam

     » » https://www.rt.com/op-ed/442048-khashoggi-uk-west-murder
    URL de cet article 33993
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  • Génocide au Yémen sous l’égide des États-Unis (Medium) – Salimsellami’s Blog
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    ’Seul Dieu peut sauver nos enfants’, disent les pères et les mères yéménites obligés de regarder leurs enfants mourir, sans rien pouvoir faire d’autre que de les réconforter dans leurs derniers instants et prier Dieu de les épargner. Les pères et les mères prient et consolent pendant que, l’un après l’autre, leurs enfants meurent du choléra, de déshydratation et de faim.

    Où est Dieu ? Il ne peut pas traverser le blocus total imposé par les États-Unis au Yémen pour sauver ses enfants. Une épidémie de choléra n’est pas une catastrophe naturelle, c’est une œuvre humaine. Depuis 2015, l’épidémie de choléra est la conséquence de la guerre biologique contre le Yémen. Les bombes américaines larguées par des pilotes saoudiens ont détruit les systèmes d’eau et d’égouts du Yémen. Les pièces détachées, les produits chimiques et le carburant nécessaires au fonctionnement des stations d’épuration des eaux usées du Yémen sont interdits d’entrée. L’eau potable, le vaccin contre le choléra et même les comprimés individuels de purification de l’eau ne peuvent pas non plus entrer. L’épidémie de choléra qui en a résulté était prévisible.

    Les eaux usées des usines de traitement hors d’usage débordent dans les cours d’eau qui irriguent les terres agricoles, contaminant ainsi les légumes avant leur mise sur le marché. Les eaux usées se déversent dans les villes, les zones résidentielles et les camps de réfugiés. Les mouches pullulent au-dessus des eaux usées et répandent le choléra partout. Le Comité international de la Croix-Rouge, le Croissant-Rouge et Médecins sans frontières, les hôpitaux, les cliniques, les organisations de secours et les défenseurs des droits humains ont été ciblés par des bombardements.

    Les Nations-Unies, contrôlées par les États-Unis, donnent un semblant de légalité au blocus et à l’embargo sur les armes qui cible unilatéralement le Yémen. Cela ne sert à rien de se demander pourquoi l’ONU n’a pas aussi interdit la livraison d’armes à l’Arabie saoudite. On connait la réponse.

    L’ONU se désole de la crise humanitaire et de la pire épidémie de choléra de l’histoire de l’humanité. Mais l’ONU ne fait rien pour arrêter le génocide saoudien conduit par les États-Unis ni la destruction du Yémen, et elle publie des chiffres sciemment faux et sous-évalués sur le nombre de morts civiles.

    L’ancienne ambassadrice des États-Unis auprès des Nations-Unies, Nikki Haley, s’est mise en colère lorsque l’ONU a osé critiquer timidement les États-Unis, pour avoir déplacé leur ambassade à Jérusalem. Elle a parlé du ’manque de respect’ de l’ONU à l’égard des Etats-Unis et a menacé de représailles financières l’ONU et les pays dont les votes n’étaient pas conformes aux souhaits des Etats-Unis. L’ONU n’est pas un médiateur honnête, car elle est dominée pas les Etats-Unis et elle a peur de les contrarier.

    Le président Donald Trump a réduit le financement des agences humanitaires de l’ONU, il n’a pas essayé d’empêcher Israël d’assassiner des milliers de Palestiniens non armés, il a sorti les États-Unis du Conseil des droits de l’homme de l’ONU et il se moque de la Cour internationale de justice des Nations-Unies. Le conseiller de Trump pour la sécurité nationale, John Bolton, a déclaré que les États-Unis prévoyaient de se retirer d’un plus grand nombre de traités qui constituent le fondement du droit international.

    En d’autres termes, Bolton confirme que les États-Unis sont un État voyou ; ils ridiculisent les Nations-Unies. Dès le début de la guerre contre le terrorisme de l’ère Bush, les États-Unis ont fait preuve du plus grand mépris pour les Conventions de Genève. Obama a également violé le droit international coutumier en toute impunité. Obama a assassiné des citoyens américains, bombardé au drone des mariages et des funérailles en Afghanistan, et détruit la Libye. Il a envahi la Syrie dans une guerre d’agression illégale. Obama était un expert en tueries. Il paraît qu’il s’en est même vanté.

    Causer délibérément une épidémie de choléra, revient à mener une guerre biologique. Le Yémen n’est pas le premier pays contre lequel les États-Unis utilisent des armes biologiques et chimiques. Pendant la guerre de Corée des années 1950, les Etats-Unis ont été accusés de manière convaincante de guerre biologique. Pendant la guerre du Vietnam, les États-Unis ont pulvérisé des millions de gallons d’agent Orange, qui ont empoisonné le sol, les rivières et les gens. L’agent Orange, 50 ans plus tard, ’provoque encore des fausses couches, des maladies de peau, des cancers et des malformations congénitales’.

    Les États-Unis ont contaminé la Bosnie, l’Afghanistan et le Moyen-Orient avec de l’uranium dit appauvri. L’uranium appauvri peut causer le cancer, des malformations congénitales et probablement beaucoup d’autres problèmes de santé. Les États-Unis le savent. Les vétérans américains de la guerre en Irak ont reçu un avertissement sanitaire.

    En 1995, Madeleine Albright est interviewée par Lesley Stahl dans l’émission ’60 Minutes’. Cette interviewdevrait avoir la place d’honneur au musée de l’Infamie pour l’éternité. Stahl a demandé à Albright si la mort de plus de 500 000 enfants irakiens causée par les sanctions américaines ’valait la peine’. La réponse d’Albright a été : ’Je pense que c’est un choix très difficile, mais le résultat… nous pensons que le résultat en valait la peine.’ (Albright ne nous a pas dit qui était ce ’nous’.) On sait maintenant que ’nous’ avons délibérément utilisé la guerre biologique pour tuer ces 500 000 enfants irakiens.

    Combien d’autres enfants, Albright, l’administration Bill Clinton et ’nous’ avons-nous tué dans le monde parce que ’nous’ pensions que cela en ’valait la peine’ ? Des centaines de milliers, selon une étude du document partiellement déclassifié de la Defense Intelligence Agency ’IRAQ WATER TREATMMENT VULNERABILITIES’ [souligné dans l’original]. Le document partiellement déclassifié a été découvert en 1998 sur un site Web officiel du Système de santé militaire. En 2001, l’Association pour les élèves victimes de génocide a publié l’étude susmentionnée : Le rôle des ’vulnérabilités du traitement de l’eau en Irak’ dans l’arrêt d’un génocide et la prévention d’autres génocides.

    Pendant la première guerre du Golfe de 1991, les États-Unis ont délibérément pris pour cible toutes les usines de purification de l’eau et tous les travaux d’assainissement en Irak, ce qui constitue en soi un crime de guerre. Le document ’Iraq Water Treatment Vulnerabilities’ (Vulnérabilités du traitement de l’eau en Irak) produit par le ministère américain de la Défense et mis en œuvre en 1991, a continué d’être appliqué sous le Président Bill Clinton. Même après qu’Albright a admis à l’émission ’60 Minutes’ que le régime de sanctions américain avait tué 500 000 enfants irakiens, ’nous’ avons continué l’embargo draconien sur le matériel de purification de l’eau.

    Le ministère de la Défense et le ’nous’ de Madeleine Albright savaient que sans eau potable, les maladies véhiculées par l’eau, comme le choléra, affecteraient et tueraient des centaines de milliers d’Irakiens. Priver une population entière des produits de premières nécessités est un génocide, et c’est une violation des Conventions de Genève. Détruire l’approvisionnement en eau potable pour causer sciemment des épidémies comme le choléra, c’est une guerre biologique.

    Les sanctions économiques et les embargos commerciaux sont une guerre de siège barbare contre des populations civiles. Il n’y a aucun moyen de les blanchir grâce à des éléments de langage comme cibles chirurgicales ou intervention humanitaire. Accordez maintenant une pensée aux millions d’habitants de Cuba, d’Iran, du Venezuela, de la Syrie, de la Birmanie et de la Côte d’Ivoire qui subissent aujourd’hui un embargo américain.

    Le document ’Iraq Water Treatment Vulnerabilities’ révèle l’intention diabolique qui peut présider aux sanctions, même quand elles sont autorisées par l’ONU. C’est pour ces raisons, entre autres, que le Comité international de la Croix-Rouge a souvent exprimé ses inquiétudes sur l’usage de ces sanctions, même quand l’ONU les autorisait. L’ONU n’a pas plus le droit qu’un autre de violer les Conventions de Genève, et l’ONU outrepasse son autorité lorsqu’elle le fait.

    Les Etats-Unis ont également outrepassé l’autorisation de l’ONU en imposant un blocus total au Yémen. Comme on pouvait s’y attendre, des enfants meurent du choléra au Yémen, tout comme en Irak. Des dizaines de milliers de civils sont morts de faim, de maladie et de manque de médicaments. Et vingt millions d’êtres humains meurent en ce moment de faim dans une famine provoquée par les États-Unis et leur mandataire, la coalition dite saoudienne.

    Depuis trois ans, à commencer par l’administration Obama, les États-Unis livrent à l’Arabie saoudite les bombes, les munitions, le carburant. Pire encore, l’armée américaine est au centre du commandement et du contrôle de la guerre au Yémen. D’autres pays qui profitent de la guerre, comme le Royaume-Uni, les pays de l’UE et le Canada, ont aussi les mains couvertes du sang et des excréments infectés par le choléra des enfants yéménites.

    Les forces spéciales américaines, la Seal Team 6 et la CIA effectuent des raids nocturnes et des missions, comme celle qui a tué Nora, une fillette de 8 ans, qu’on voit ci-dessus. C’était une citoyenne américaine qui vivait avec ses grands-parents dans un village yéménite.

    Nora était la fille d’Anwar al-Awlaki, qui fut le premier citoyen américain connu pour avoir été exécuté par les États-Unis hors de toute procédure régulière. Une semaine plus tard, son fils de 16 ans, Abdulrahman al-Awlaki, a été lui aussi assassiné par un drone américain. Barack Obama a commis ces meurtres en 2011.

    C’est également Obama qui a planifié le raid au cours duquel Nora a été tuée sur ordre de Trump, le 29 janvier 2017. Lorsqu’on a demandé au secrétaire de presse d’Obama, Robert Gibb, pourquoi Abdurahman, 16 ans, avait été tué, il a répondu que son crime était qu’il ’aurait dû avoir un père plus responsable’. C’était aussi le ’crime’ de Nora ?

    La guerre contre le Yémen est une guerre sale tout comme celles d’Irak, de Libye et de Syrie. Il s’agit de la destruction d’un pays et du massacre de ses civils, qui constitue un véritable génocide même si ça n’est pas officiellement reconnu comme tel. Le Royaume d’Arabie saoudite et sa soi-disant coalition sont des mandataires américains qui paient les bombes et les larguent. Ce sont les États-Unis qui choisissent les cibles, depuis le centre de commandement et de contrôle.

    Au sol au Yémen se bat une armée de terroristes salafistes parrainés par les États-Unis, l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis, les moudjahidin, Al-Qaïda, les Frères musulmans et Blackwater (rebaptisés Academi), des mercenaires étasuniens, somaliens et sud-américains. Des terroristes soutenus par l’Arabie saoudite attaquent dans le nord, tandis que les Émirats arabes unis soutiennent des attaques terroristes dans le sud. Des terroristes soutenus par l’Arabie saoudite combattent des terroristes des Émirats arabes unis. L’Arabie saoudite impose un blocus au Qatar, suite à un différend sur le Yémen.

    Le gouvernement de facto du Yémen est la direction du Mouvement Houthi, du nom de son fondateur charismatique Hussein Badreddin al-Houthi. Le Mouvement Houthi est soutenu par les unités militaires du Yémen, les forces de sécurité et une large base du peuple yéménite, dont de nombreux sunnites. Cela ne veut pas dire que les Yéménites sont tous pareils. Ils ne le sont pas, mais lorsque leur intérêt commun est en jeu, ils s’unissent, malgré leurs différences.

    Certains groupes internes s’opposent au mouvement Houthi et collaborent avec les groupes terroristes saoudiens et émiriens, mais il ne s’agit pas d’une guerre sunnites contre chiites. La guerre n’est pas non plus une guerre par procuration entre l’Arabie saoudite et l’Iran, comme le monopole médiatique mainstream voudrait le faire croire au public américain.

    Les chiites zaydites, qui représentent environ 42% de la population du Yémen, sont plus proches de l’islam sunnite qu’ils ne le sont de la branche chiite de l’Islam iranien. Le mouvement Houthi, dirigé par Zaidi, ’n’a pas appelé à la restauration de l’imamat au Yémen, et les griefs religieux n’ont pas été un facteur majeur dans la guerre’, selon Al Jazeera. Au contraire, le Mouvement Houthi est surtout de nature économique, politique et régionale.

    Il existe un mouvement séparatiste dans ce qui était autrefois le Yémen du Sud, qui était jusqu’en 1990 un pays communiste distinct : la République démocratique du Yémen. Avant l’unification, le Yémen du Nord était la République arabe du Yémen. Dans la lutte pour le pouvoir qui a suivi l’unification, le Sud a perdu le pouvoir et le contrôle. Les Émirats arabes unis soutiennent un groupe séparatiste du sud, le Conseil de transition du sud, qui s’oppose également à Hadi et à l’Arabie saoudite. Comme nous l’avons dit, les terroristes soutenus par l’Arabie saoudite luttent contre les terroristes soutenus par les Émirats arabes unis.

    Les Etats-Unis, l’Arabie saoudite et l’ONU tentent de faire passer Abdrabbuh Mansour Hadi pour le ’gouvernement légitime internationalement reconnu du Yémen’. Hadi a été président d’un gouvernement intérimaire du Yémen de 2012 à 2014. Hadi s’est frauduleusement maintenu en place après la fin de son mandat en 2014.

    Hadi a été destitué de force par le Mouvement Houthi et un large soulèvement de la base du peuple yéménite. Hadi a démissionné de son poste et s’est enfui en Arabie saoudite. Les Etats-Unis, l’Arabie saoudite et l’ONU utilisent Hadi comme figure de proue pour donner un semblant de légalité à la guerre d’agression illégale menée par les Etats-Unis contre le Yémen.

    Il y a peu ou pas de preuves que l’Iran fournisse au Mouvement Houthi des armes, du matériel ou des combattants. Regardez la carte. Même s’il le voulait, comment l’Iran pourrait-il livrer massivement des armes avec le blocus total imposé par les États-Unis ? L’Iran a déjà beaucoup à faire avec le soutien (juridique) qu’il apporte à son allié syrien. L’Iran doit aussi gérer sa propre crise économique causée par les sanctions économiques illégales des États-Unis, réimposées par l’administration Trump.

    Lorsque les États-Unis ont dû fournir des preuves tangibles de l’implication de l’Iran au Yémen, l’ancienne ambassadrice à l’ONU, Nikki Haley, n’a pu présenter que des morceaux de missile. L’ONU les a rejetés au motif qu’Haley n’apportait ’aucune preuve quant à l’identité du courtier ou du fournisseur’. L’Iran a nié toute implication au Yémen et rejeté les affirmations des États-Unis comme non fondées, et il a ajouté :

    ’Ces accusations visent également à couvrir les crimes de guerre saoudiens commis au Yémen avec la complicité des Etats-Unis, et à détourner l’attention de la guerre d’agression contre les Yéménites qui s’enlise.’

    Les Yéménites, quelle que soit leur religion, leur région ou leur tribu, sont farouchement nationalistes et ils ne sont à la solde de personne. Ils n’apprécient pas que des envahisseurs étrangers veuillent les dominer. Le Yémen, comme l’Afghanistan, est un cimetière où les empires viennent mourir. Les Britanniques et les Égyptiens l’ont appris dans les années 1960 et maintenant les Saoudiens et les Émirats arabes unis l’apprennent à leurs dépens.

    Les Etats-Unis ressemblent à un empire zombie. Confronté à l’humiliation et à la défaite, ils laminent leurs adversaires depuis le ciel, comme en Irak, Libye et Syrie. Les Etats-Unis n’ont aucune pitié pour la population civile. Les Etats-Unis détruisent les infrastructures civiles, bloquent la nourriture, l’eau et les médicaments. Ils larguent des bombes à fragmentation et du phosphore blanc sur les populations, et ils empoisonnent l’eau, le sol et l’air avec des armes biologiques, chimiques et radioactives.

    Pas plus que l’Irak, la Libye, la Syrie et tant d’autres petits pays que les États-Unis ont qualifiés d’ennemis, le Yémen ne constitue une menace pour la sécurité nationale américaine. Pourquoi les États-Unis détruisent-ils tous ces petits pays et pourquoi les États-Unis détruisent-ils le Yémen ?

    Dans les années 1990, après l’effondrement de l’URSS, les États-Unis ont entrepris de construire un empire pour dominer le monde, et ils n’en ont pas fait mystère. Le projet américain de domination du monde a pris différents noms, comme la Doctrine Wolfowitz, le Projet pour un nouveau siècle américain (PNAC), Full Spectrum Dominance, the Indispensable Nation, American Exceptionalism, New World Order et, plus subtilement, le rôle du leadership mondial américain.

    Quel que soit le nom que l’on donne à la domination du monde par les Etats-Unis, c’est toujours la même chose. Les Etats-Unis se considèrent au-dessus du droit international, du comportement moral coutumier et estiment qu’ils sont les seuls à avoir le droit d’agir en fonction de ce qu’ils croient être leur intérêt politique, militaire et financier. Si les États-Unis étaient une personne, ils seraient diagnostiqués comme psychopathe, sans conscience, sans empathie et sans remords ; agressif, narcissique et tueur en série.

    Le Yémen est souvent décrit par les médias grand public comme ’le pays le plus pauvre du Moyen-Orient’, comme s’il n’avait aucune richesse qu’on pourrait vouloir s’approprier. La population du Yémen est pauvre, mais le Yémen a du pétrole, des pipelines, de l’or, des minéraux, de l’agriculture, de la pêche, des entreprises publiques, des biens immobiliers enviables, de l’argent et un grand potentiel touristique du fait de sa géographie.

    Les 30 millions d’habitants du Yémen sont à la fois une source potentielle de main-d’œuvre bon marché et un marché potentiel pour les produits des entreprises mondiales américaines. Le Yémen est stratégiquement situé dans le détroit de Bab-el-Mandeb, par lequel passent 1,4 milliard de barils de pétrole chaque jour. Pendant des millénaires, le Yémen a été un pôle commercial.

    Les Etats-Unis convoitent la richesse du Yémen et sa position stratégique dans le cadre du nouvel ordre mondial néolibéral. La vision américaine du Nouvel Ordre Mondial est un monde dominé par les multinationales américaines, les institutions financières américaines et les riches dynasties familiales américaines.

    La politique étrangère des États-Unis est façonnée par des intérêts particuliers, des monopoles et leurs comités d’action politique (PACS), comme les fabricants d’armes, les multinationales financières, pharmaceutiques et agroalimentaires. Des pays étrangers comme Israël et l’Arabie saoudite ont également des lobbies puissants qui peuvent manipuler la politique étrangère américaine à leur avantage. La politique étrangère américaine n’a pas grand-chose à voir avec les intérêts du citoyen américain moyen.

    Le Yémen est le voisin méridional du Royaume d’Arabie saoudite, et les Saoudiens veulent un gouvernement corrompu, complaisant et docile au Yémen. Le Royaume a élargi sa frontière pour empiéter sur les frontières septentrionales du Yémen, berceau du mouvement Houthi. La dynastie saoudienne craint également l’influence d’un peuple yéménite indépendant sur le peuple opprimé par la dynastie saoudienne. Le Royaume est un baril de poudre, au moindre soulèvement populaire il va exploser.

    L’Arabie saoudite utilise l’islam wahhabite extrémiste comme subterfuge politique pour recruter des djihadistes et des terroristes et pour étendre son influence en Asie occidentale, en Afrique et au-delà. Le terrorisme international est une initiative conjointe des États-Unis, de l’Arabie saoudite et d’autres États membres du Conseil de coopération du Golfe (CCG). Tous les états du CCG : Arabie saoudite, EAU, Bahreïn, Oman et Koweït sont des monarchies théocratiques. Cela en dit long sur les valeurs américaines en matière de démocratie et de droits humains.

    Les États-Unis convoitent depuis longtemps les richesses du Yémen. Au milieu des années 1980, la famille Bush et ses amis pétroliers texans de Hunt Oil ont investi dans le bassin pétrolifère de Marib Shabwa au Yémen. Bush a obtenu pour Hunt Oil les droits d’exploration future. L’ancien directeur de la CIA, puis vice-président Bush, s’est arrangé en douce pour que Saddam Hussein, le président de l’Irak, finance les investissements de Bush-Hunt au Yémen. Quelques années plus tard, Bush a ’remboursé’ le prêt de Saddam avec l’opération militaire Shock and Awe.

    La guerre qui a débuté en 2015 a pour but de protéger les investissements américains dans les entreprises internationales, le néolibéralisme et le projet de nouvel ordre mondial. Le peuple yéménite a été un farouche opposant du néolibéralisme, et il aime son vieil ordre mondial. Ils se sont rebellés contre les 33 années de règne d’Ali Abdullah Saleh parce qu’il avait vendu le Yémen au néolibéralisme, puis le peuple s’est rebellé contre le gouvernement intérimaire de Hadi qui complotait de vendre au rabais leurs biens publics à l’empire néolibéral.

    Les Etasuniens qui profitent du néolibéralisme n’ont pas apprécié que leur bienfaiteur Hadi ait été renversé par le mouvement Houthi. Et l’Arabie saoudite, qui essaie d’exploiter le Yémen depuis des décennies, n’a pas apprécié non plus. Les vautours des autres pays du Conseil de coopération du Golfe (CCG) encerclent le Yémen dans l’espoir de se repaître aussi de son cadavre.

    Les Etats-Unis fournissent aux pays du CCG le dispositif ’Shock and Awe’ pour tuer la proie, et ils se moquent pas mal de tuer 22 millions de personnes dans le processus de pillage du Yémen. Ce sont les États-Unis qui fournissent les bombes. La coalition des pays du Golfe dirigée par l’Arabie saoudite ne fait que les larguer

    En résumé, il n’y a pas de guerre civile au Yémen. L’Iran est le bouc émissaire d’une guerre d’agression illégale menée par les États-Unis. L’Arabie saoudite et sa coalition d’États membres du Conseil de coopération du Golfe (CCG) ont leur siège à Riyad, en Arabie saoudite. Les États membres du CCG sont l’Arabie saoudite, le Bahreïn, Oman et les Émirats arabes unis. Ce sont toutes des monarchies. Les Etats-Unis espèrent remporter les plus gros lots au Yémen, et l’Arabie saoudite, les EAU et le Qatar s’affrontent pour les miettes. La vie de 22 millions de Yéménites ne tient qu’à un fil, à cause du blocus américain de nourriture, d’eau et de médicaments. Les États-Unis sont responsables de la pire épidémie de choléra de l’histoire. C’est une guerre biologique et un génocide.

    Jeremy Salt

    Traduction : Dominique Muselet

     » » https://medium.com/@JeremySalt/by-jeremy-salt-20d660618e79
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    https://www.legrandsoir.info/genocide-au-yemen-sous-l-egide-des-etats-unis-medium.html