Costa-Gavras : biographie et filmographie d’un auteur politiquement engagé

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  • Le cinéma engagé de Costa Gavras
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    Costa-Gavras : biographie et filmographie d’un auteur politiquement engagé
    Cinéaste naturalisé français, Constantin Costa-Gavras (Konstantinos Gavras) est né à Athènes le 13 février 1933 dans une famille d’origine russe.

    Auteur pertinent, politiquement engagé, il est le fils d’un fonctionnaire accusé d’avoir des idées communistes. Pour cette raison, à 18 ans, il décide de partir pour Paris où il s’inscrit à l’Institut des Hautes Etudes Cinématographiques (IDHEC), après un passage par la faculté de lettres. Après avoir travaillé en tant que critique de cinéma et assistant de René Clément et Jacques Demy, il débute derrière la caméra en 1965 avec Compartiment tueurs, produit par Julien Derode et bénéficiant de la participation financière de tous les acteurs. Le film remporte un grand succès et la critique salue la maîtrise de la mise en scène et de la direction d’acteur.

    Après le relatif échec de Un homme de trop, drame situé dans le milieu de la Résistance, il triomphe avec Z en 1969 qui remporte deux prix à Cannes et deux Oscars. Tiré du roman de Vassilis Vassilikos, le film relate l’assassinat authentique du député Lambrakis à Athènes en 1963. Co-écrit par Costa-Gavras et Jorge Semprun, Z est salué par la critique comme le premier grand film politique français.

    En 1970, L’Aveu, d’après le récit autobiographique d’Arthur London, ancien vice-ministre des Affaires étrangères de Tchécoslovaquie, dénonce les excès du Stalinisme. État de siège, en 1973, prend pour cible la main-mise politique des États-Unis sur certains Etats d’Amérique latine et SECTION SPÉCIALE en 1975 évoque une affaire particulièrement sordide de collaboration du gouvernement de Vichy sous l’occupation en août 1941.

    En mélangeant le policier au film politique, Costa-Gavras trouve ses thématiques de prédilection et avec ses films suivants, dénonce les régimes militaires du monde entier.

    Après une rapide excursion dans le film sentimental, (Clair de femme), Costa-Gavras tourne aux Etats-Unis un nouveau film de dénonciation : Missing. C’est en effet un producteur hollywoodien qui lui propose de réaliser ce film sur la responsabilité des services secrets américains dans la chute, au Chili, du gouvernement d’Alliance Populaire du Président Allende. En dépit des dénégations officielles du Département d’État réfutant toute participation au coup d’État du général Pinochet, Missing est bien accueilli par le public aux États-Unis où perdure une solide tradition du cinéma politique. Le film remporte même la Palme d’Or à Cannes en 1982 et un Oscar pour la meilleure adaptation.

    Dans ses films successifs, dont Betrayed (La main droite du diable) en 1988, Costa-Gavras continue son voyage dans le cinéma engagé. En 1989 il réalise un de ses films les plus intenses et courageux, Music Box, avec Jessica Lange. L’actrice et le film reçoivent un prix au Festival de Berlin. Son dernier film Amen réalisé en 2001, est un drame historique dans la droite ligne de ses premiers longs-métrages.
    Filmographie de Costa Gavras

    Réalisateur
    Amen (2001) avec Ulrich Tukur, Mathieu Kassovitz
    Mad City (1997) avec Dustin Hoffman, John Travolta
    A propos de Nice, la suite (1995) de Catherine Breillat, Costa-Gavras avec Bernard Benassayag, Thierry Said Bouibil
    Lumière et compagnie (1995) de Lasse Hallström, Abbas Kiarostami avec Pernilla August, Romane Bohringer
    La Petite Apocalypse (1992) avec Pierre Arditi, André Dussollier Contre l’oubli (1991) de Chantal Akerman, René Allio
    Pour Kim Song-Man (1991) avec MC Solaar, Sai Sai
    Music Box (1989) avec Jessica Lange, Armin Mueller-Stahl
    La Main droite du diable (Betrayed) (1988) avec Debra Winger, Tom Berenger
    Conseil de famille (1985) avec Fanny Ardant, Remi Martin
    Hanna K (1983) avec Jill Clayburgh, Jean Yanne
    Missing (Porté disparu) (1982) avec Jack Lemmon, Sissy Spacek
    Clair de femme (1979) avec Romy Schneider, Yves Montand Section spéciale (1974) avec Michael Lonsdale, Louis Seigner
    Etat de siège (1973) avec Yves Montand, Renato Salvatori
    L’Aveu (1970) avec Yves Montand, Simone Signoret
    Z (1969) avec Yves Montand, Jean-Louis Trintignant
    Un homme de trop (1966) avec Charles Vanel, Bruno Crémer
    Compartiment tueurs (1965) avec Simone Signoret, Yves Montand

    Acteur
    Drôles d’espions (1985) de John Landis avec Chevy Chase, Dan Aykroyd

    Scénariste
    Amen (2001) de Costa-Gavras avec Ulrich Tukur, Mathieu Kassovitz
    La Petite Apocalypse (1992) de Costa-Gavras avec Pierre Arditi, André Dussollier
    Conseil de famille (1985) de Costa-Gavras avec Fanny Ardant, Remi Martin
    Hanna K (1983) de Costa-Gavras avec Jill Clayburgh, Jean Yanne
    Clair de femme (1979) de Costa-Gavras avec Romy Schneider, Yves Montand
    Section spéciale (1974) de Costa-Gavras avec Michael Lonsdale, Louis Seigner
    Etat de siège (1973) de Costa-Gavras avec Yves Montand, Renato Salvatori
    Un homme de trop (1966) de Costa-Gavras avec Charles Vanel, Bruno Crémer
    Compartiment tueurs (1965) de Costa-Gavras avec Simone Signoret,Yves Montand

    Producteur
    Un homme de trop (1966) de Costa-Gavras avec Charles Vanel, Bruno Crémer

    1er assistant réalisateur
    La Baie des anges (1963) de Jacques Demy avec Jeanne Moreau, Claude Mann Les Félins (1963) de René Clément avec Jane Fonda, Alain Delon

    • https://fr.wikipedia.org/wiki/Costa-Gavras
      Konstantínos Gavrás (en grec Κωνσταντίνος Γαβράς), dit Costa-Gavras (Κώστας Γαβράς), est un cinéaste de cinéma français né à Loutra-Iraias (Arcadie) le 12 février 1933.

      Chacun de ses films est, pour lui, l’occasion de témoigner de son engagement dans ses idées et de délivrer un message à propos du pouvoir. Ses premiers succès sont des thrillers politiques comme Z et L’Aveu ; il passe ensuite au drame sentimental puis à la social-fiction.

      Biographie
      En raison des positions politiques de son père (antiroyaliste), Costa-Gavras ne peut étudier en Grèce où le régime écarte les opposants et est contraint de fuir Athènes à 19 ans pour pouvoir étudier. Il rejoint Paris, où il s’inscrit en licence de lettres à la Sorbonne tout en travaillant pour assurer sa subsistance. Il s’est intéressé au cinéma en se rendant à la Cinémathèque française qui se trouvait à l’époque rue d’Ulm. Il cite notamment Les Rapaces d’Erich von Stroheim comme l’un des films qui lui fit découvrir que le cinéma pouvait montrer des choses sérieuses. Il est ensuite admis à l’Institut des hautes études cinématographiques (IDHEC). Il travaille comme assistant pour Henri Verneuil, Jacques Demy et René Clément.

      Le film Le Jour et l’Heure, pour lequel il travaille comme assistant, lui permet de rencontrer Simone Signoret et Yves Montand, avec lesquels il deviendra très ami. Découvrant le livre Compartiment tueurs de Sébastien Japrisot, il en fit le scénario et réussit à y intéresser le producteur Julien Derode ; le film eut du succès en France et même aux États-Unis, où il reçut des critiques dithyrambiques.[réf. nécessaire]
      Le film Z est son premier succès majeur.

      C’est lors d’un séjour en Grèce qu’il découvre le roman Z, de Vassilis Vassilikos, retraçant l’assassinat du leader de la gauche organisé par la police et camouflé en banal accident. Dès son retour, il écrit le scénario du film Z en collaboration avec Jorge Semprún. Ne trouvant pas le financement, il en parle à Jacques Perrin, qu’il connaissait depuis le film Compartiment tueurs. C’est à cette occasion que Jacques Perrin va créer sa propre maison de production pour monter le film et utiliser ses contacts, en particulier en Algérie, où sera tourné le film. Jean-Louis Trintignant a accepté un faible cachet et Yves Montand a accepté de participer. Le film a été un succès à travers le monde et les gens applaudissaient à la fin des séances ; il a été récompensé par le « prix du Jury » au festival de Cannes, l’Oscar du « meilleur film étranger » et celui du « meilleur montage ».

      Lors du montage de Z, au cours du dîner de Noël, Claude Lanzmann lui parle de Lise et Artur London qui avait été vice-ministre des Affaires étrangères de Tchécoslovaquie et était un des trois rescapés des procès de Prague qui s’étaient tenus en 1952. Beaucoup d’intellectuels de sa génération s’étaient enthousiasmés pour le stalinisme « parce qu’il ouvrait des perspectives qui paraissaient formidables. Jusqu’à ce que, peu à peu, on prenne conscience de l’envers du décor. » Yves Montand adhère aussi au projet de L’Aveu, et les financements se débloquent grâce au succès de Z.

      L’Aveu est sorti après Z, dans une époque assez manichéenne : on lui a reproché d’attaquer la droite, puis la gauche, alors qu’il ne voulait que dénoncer les totalitarismes. Certaines personnes ne lui pardonnèrent pas d’avoir levé le voile sur le stalinisme et l’évitaient ostensiblement. Le film a connu un succès considérable et devint un véritable phénomène politique et culturel qui a bouleversé son époque.

      Le film État de siège (1972) jette un coup d’œil sur les dictatures en Amérique Latine et la torture propagée par la CIA.

      Le film Clair de femme (1979) est tiré d’un roman éponyme de Romain Gary qui estima que c’était la première fois qu’il était content de l’adaptation d’une de ses œuvres à l’écran. Costa-Gavras fut séduit, dans cette histoire, par le fait qu’il s’agissait d’une « tentative de profanation du malheur, d’un hymne à la vie et d’une réhabilitation du couple ». Dustin Hoffman considéra ce film comme la plus belle histoire d’amour qu’il connaisse et, lors du tournage du film Mad City, suggéra à Costa-Gavras d’en faire une nouvelle version.

      Auréolé de plusieurs succès, Hollywood commence à faire les yeux doux au réalisateur. Il se voit notamment proposé Le Parrain, mais décline en estimant que le roman de Mario Puzo est "un mauvais bouquin"1.

      Le scénario du film Missing (1982) est adapté du livre de Thomas Hauser : L’Exécution de Charles Horman, lui-même inspiré d’une histoire vraie. Le film raconte l’histoire de la disparition d’un jeune journaliste américain durant le coup d’État du général Augusto Pinochet en 1973. Ce qui l’avait touché dans cette histoire était « beaucoup moins le contexte politique du putsch que le thème du père qui, accompagné par sa belle-fille, recherche son fils coûte que coûte dans un pays en plein chaos. »

      Le film a été très controversé aux États-Unis car il met en lumière l’action des agents du gouvernement américain et leur responsabilité dans ce coup d’État. L’extrême-droite américaine demanda : « Mais que vient faire ici ce communiste européen ? ». Cependant le film reçut la Palme d’or et le prix d’interprétation masculine au festival de Cannes, et l’Oscar du « meilleur scénario », et il est toujours montré et présenté comme un film majeur dans les grandes universités américaines. Les musiques sont d’un autre Grec fameux, Vangelis.

      Dans les années 1980, Costa-Gavras occupe le poste de président de la Cinémathèque française.

      Il est membre du comité de parrainage de la Coordination française pour la Décennie de la culture de paix et de non-violence et du comité de soutien du Centre Primo Levi (soins et soutien aux personnes victimes de la torture et de la violence politique).

      Le 13 juin 2007, il est nommé président et administrateur de la Cinémathèque française.

      En février 2008, il préside la Berlinale 2008, le festival du film de Berlin.

      En 2014, il est président du jury du 40e Festival du cinéma américain de Deauville2.

      Il est le père de Romain Gavras, cofondateur de la société de production Kourtrajmé, d’Alexandre Gavras et de Julie Gavras, assistants et réalisateurs (La Faute à Fidel !, 2006).
      Comme réalisateur
      Costa-Gavras, en avril 2008, pendant le tournage de Eden à l’ouest.
      Longs métrages

      1965 : Compartiment tueurs
      1967 : Un homme de trop
      1969 : Z
      1970 : L’Aveu
      1973 : État de siège
      1975 : Section spéciale
      1979 : Clair de femme
      1982 : Missing
      1983 : Hanna K
      1986 : Conseil de famille
      1988 : La Main droite du diable (Betrayed)
      1989 : Music Box
      1993 : La Petite Apocalypse
      1995 : À propos de Nice, la suite coréalisé avec Catherine Breillat
      1997 : Mad City
      2002 : Amen.
      2005 : Le Couperet
      2009 : Eden à l’ouest
      2012 : Le Capital

      Courts métrages

      1958 : Les Rates
      1991 : Contre l’oubli - segment Pour Kim Song-Man’
      1995 : Lumière et Compagnie - segment

      Comme scénariste
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      1965 : Compartiment tueurs
      1967 : Un homme de trop
      1969 : Z (non crédité)
      1973 : État de siège
      1975 : Section spéciale
      1979 : Clair de femme
      1982 : Missing
      1983 : Hanna K
      1986 : Conseil de famille
      1993 : La Petite Apocalypse
      2002 : Amen.
      2005 : Le Couperet
      2006 : Mon colonel de Laurent Herbiet
      2009 : Eden à l’ouest coscénariste avec Jean-Claude Grumberg
      2012 : Le Capital

      Comme producteur

      1967 : Un homme de trop
      1969 : Ce n’est pas que le début (court métrage documentaire) de Pantelís Voúlgaris
      1975 : Section spéciale (non crédité)
      1985 : Le Thé au harem d’Archimède de Mehdi Charef
      1985 : Pleure pas my love de Tony Gatlif
      2006 : Mon colonel de Laurent Herbiet
      2009 : Eden à l’ouest coscénariste avec Jean-Claude Grumberg

      Comme premier assistant réalisateur

      1960 : Crésus assistant réalisateur de Jean Giono
      1962 : Le Jour et l’Heure assistant de René Clément
      1962 : Un singe en hiver assistant réalisateur de Henri Verneuil
      1963 : La Baie des Anges assistant de Jacques Demy
      1964 : Échappement libre assistant de Jean Becker
      1964 : Les Félins assistant de René Clément

      Comme acteur

      1977 : La Vie devant soi : Ramon
      1985 : Drôles d’espions : Un soldat russe

      Distinctions
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      Récompenses

      Pour Z en 1969 :
      Prix du jury et prix d’interprétation masculine pour Jean-Louis Trintignant au festival de Cannes
      Oscar du meilleur film étranger et Oscar du meilleur montage à Hollywood (nomination à l’Oscar du meilleur réalisateur)
      Prix Edgar-Allan-Poe du meilleur scénario
      Pour Section spéciale en 1975 :
      Prix de la mise en scène au festival de Cannes
      Pour Missing en 1982 :
      Palme d’or et prix d’interprétation pour Jack Lemmon au festival de Cannes
      Oscar du meilleur scénario adapté à Hollywood (et nomination à l’Oscar du meilleur film)
      Pour Music Box en 1990 :
      Ours d’or à Berlin
      Pour Amen. (2002) :
      César du meilleur scénario original ou adaptation 2003
      Pour l’ensemble de sa carrière :
      En 1985, il reçoit la Médaille d’or du mérite des beaux-arts par le Ministère de l’Éducation, de la Culture et des Sports3
      En 2013 : Magritte d’honneur à la 3e cérémonie des Magritte

      Notes et références

      ↑ Thomas Baurez, « Missing - Porté disparu », Studio Ciné Live n°83,‎ octobre 2016, p. 132 à 135
      http://www.allocine.fr/article/fichearticle_gen_carticle=18634103.html [archive]
      ↑ (es) Juan Carlos Ier et Javier Solana Madariaga, « REAL DECRETO 1062/1985 de 19 de junio, por el que se concede la Medalla al mérito en las Bellas Artes, en su categoria de Oro, a las personas y Entidades que se citan », Boletin de Estado, Madrid, no 158,‎ 3 juillet 1985, p. 20959 (lire en ligne [archive]).

      Bibliographie
      Notices d’autorité : Fichier d’autorité international virtuel • International Standard Name Identifier • Bibliothèque nationale de France (données) • Système universitaire de documentation • Bibliothèque du Congrès • Gemeinsame Normdatei • Service bibliothécaire national • Bibliothèque nationale d’Espagne • WorldCat
      René Prédal : Le Cinéma de Costa-Gavras, Le Cerf, 1985