• Non, Game of Thrones n’est pas une série féministe | Sarah Belhadi
    https://www.genre-ecran.net/?game-of-thrones

    Le succès de la série Game of Thrones est un phénomène si retentissant qu’il est devenu impossible de l’ignorer. Elle réunit des millions de personnes à travers le monde, souvent en plein milieu de la nuit pour découvrir la dernière saison. On peut expliquer cet engouement par les nombreux ressorts sensationnalistes de la superproduction : manigances politiques, relations incestueuses, effusion de sang et sexe à profusion. Mais ce qui caractérise avant tout cette fiction c’est sa représentation centrale du pouvoir : le but étant l’accession au trône des personnages présentés comme favoris, le casting se divise entre les prétendants à la couronne et leurs adjuvants/opposants. Et qu’est-ce que le pouvoir, sinon la composante première de nos interactions quotidiennes ? Nous vivons des rapports de force (...)

    https://seenthis.net/messages/784263 via Rezo


  • Caricature du « juif », obsession des « musulmans », tout ce que la critique cinématographique n’a pas vu dans le film « la lutte des classes »

    La Lutte des classes, ou l’obsession de la race - ♀ le genre & l’écran ♂
    https://www.genre-ecran.net/?La-Lutte-des-classes-ou-l-obsession-de-la-race

    La Lutte des classes est une comédie sociale à la légèreté trompeuse et au message politique fort, qui a l’ambition de donner à lire et à comprendre les urgences sociales que vit la banlieue aujourd’hui, telles que les voit le réalisateur Michel Leclerc.

    On y traite des menaces que font peser les musulmans et les Juifs sur le vivre-ensemble, de la violence inouïe dont sont capables les Noirs et les Arabes même quand ils sont en maternelle (armés de leur méchant doudou), et surtout du mal-être des Blancs de classe moyenne et supérieure qui essaient de survivre dans une ville populaire de Seine-Saint-Denis, où ils viennent de débarquer.

    Ces Blancs, de gauche aiment-ils à préciser, sont confrontés à un terrible dilemme :

    Doit-on se résigner à devenir raciste, et risquer de perdre son humanisme de renommée plus que mondiale ?

    Ou alors doit-on bêtement rester attaché à des idéaux égalitaires, et risquer d’être attaqué par les hordes de sauvageons en culotte courte du 93 ?

    Que faire ? Ô dilemme insoluble !

    Ce casse-tête est celui que connait dans le film un couple de parents, Sofia (Leïla Bekhti) et Paul (Edouard Baer), lorsqu’ils décident de vendre leur appartement parisien pour venir vivre dans une maison à Bagnolet.

    Casse-tête car ces parents ont un petit garçon de huit ans, Corentin (Tom Levy), menacé par la violence extrême des enfants noirs et arabes de son âge, scolarisés dans la même école que lui. Les parents ne savent plus quoi faire face à cette violence, tous les jours ils pleurent. Faut-il inscrire Corentin dans une école privée ? Faut-il contourner la carte scolaire pour l’inscrire dans une école publique parisienne ? Ou alors faut-il abandonner sa chère petite tête blonde à la violence communautariste des sauvageons ?

    https://seenthis.net/messages/780750 via Nouvelles d’Orient


  • Agnès Varda, seule femme cinéaste de la Nouvelle Vague | Geneviève Sellier
    https://www.genre-ecran.net/?agnes-varda-seule-femme-cineaste-de-la-nouvelle

    Agnès Varda ne fait pas partie stricto sensu de cette nouvelle génération de cinéastes qui émergent à la fin des années 50, puisqu’elle fait son premier long-métrage, La Pointe courte, en 1954, alors qu’elle a déjà derrière une expérience de photographe de plateau au TNP. Source : ♀ Le genre & l’écran ♂

    https://seenthis.net/messages/771112 via Rezo


  • Ce que les films m’ont appris sur le fait d’être une femme | Manohla Dargis
    https://www.genre-ecran.net/spip.php?article292

    L’un des baisers les plus enchanteurs du cinéma est dans L’Homme tranquille (The Quiet Man), un film classique de John Ford. Maureen O’Hara joue une villageoise irlandaise qui tombe amoureuse d’un Irlandais-Américain incarné par John Wayne. Ils se rencontrent d’abord alors qu’elle surveille ses moutons pieds nus, et dans un premier temps, ils échangent surtout des regards. Mais une nuit il découvre que cette femme volontaire a pénétré dans sa maison. Elle court vers la porte. Il l’attire vers lui. Ils luttent, et alors qu’il tient son bras droit derrière son dos, son bras gauche s’amollit. Il se penche pour l’embrasser en l’enveloppant. C’est exquis, mais certains pourraient appeler ça du viol. Source : Le genre & (...)

    https://seenthis.net/messages/747563 via Rezo


  • « À genoux les gars », d’Antoine Desrosières | Leïla Alaouf
    https://www.genre-ecran.net/spip.php?article288

    À genoux les gars, c’est le récent long-métrage d’Antoine Desrosières, sorti en salle cet été. On avait espéré que le réalisateur se ravise après Haramiste, son premier moyen-métrage qui n’a pas rallié grand monde à sa cause. C’est raté ! Les personnages et les obsessions du réalisateur sont les mêmes : femmes arabes, sexualité, représentations racistes et homophobes. Le film pourrait être un outil de travail à lui tout seul tant il condense la totalité des imaginaires racistes et misogynes. Source : Le genre & l’écran

    https://seenthis.net/messages/743489 via Rezo


  • Razzia, un film de Nabil Ayouch
    A-t-il vraiment été tourné au Maroc ?

    https://www.genre-ecran.net/?Razzia

    La révolte populaire gronde actuellement au Maroc, le pays vit au rythme des manifestations et des répressions policières. Avec Razzia, Nabil Ayouch a l’ambition de nous aider à prendre la température de ce temps aux allures pré-révolutionnaires, et surtout de nous en expliquer les causes. Le réalisateur franco-marocain y parvient-il ?

    Nabil Ayouch a en tout cas pris soin dans Razzia de ne pas bousculer les préjugés de son public cible concernant la société marocaine : tous les clichés racistes y sont méticuleusement respectés, le Marocain y est homophobe, sexiste et antisémite à souhait.

    Dans Razzia, nous suivons le quotidien de cinq personnages, le Berbère, l’Homosexuel, l’Adolescente, le Juif et la Femme. Nabil Ayouch laisse ces personnages nous dire, du point de vue du stéréotype auquel ils sont réduits, ce qu’est la société marocaine et pourquoi elle est sous tension. Et ce qu’ils nous disent est univoque : la société marocaine est une société arriérée culturellement, intolérante vis-à-vis des minorités, et c’est pour cela qu’elle est au bord du gouffre. Les personnages de Ayouch n’existent dans son film que pour marteler cela, scène après scène. Même le personnage secondaire de la pétillante prostituée ne passe dans le film que pour y être maladivement antisémite, quittant précipitamment son client à la simple vue d’une Menorah dans la chambre.

    Et tout est lourd dans le film. Ayouch veut dire que la société marocaine est hypocrite et contradictoire ? Fastoche, l’Adolescente se charge de prier voilée devant un clip télé où des femmes dansent dénudées. Et on devine la fière satisfaction du réalisateur face à cet effet « Grosse contradiction à l’appel du muezzin ». Difficile de la louper en effet...

    Summum de la caricature raciste : le couple que forme Salima et son mari Jawad. Comme le reste dans le film, leur relation est très pauvre, réduite à un message que Ayouch veut faire passer et qui est mis en scène à chaque plan : « Voyez cette misogynie pathologique et cette jalousie maladive chez l’Arabe ». Par exemple cette scène où Salima veut passer un moment tendre avec son mari. Lui ne veut pas, ces douceurs à l’initiative de sa femme, ça l’agace. Il met donc fin à cette tendresse et la viole. Il préfère comme ça, c’est un Arabe.

    À noter que le couple parle français et boit de l’alcool. Nabil Ayouch désislamise et francise pour donner à voir l’essence profonde : l’Arabe a un gros problème dans sa tête avec les femmes. Oui les Arabes sont comme ça Madame Dupont, Musulmans ou pas, vivant au Maroc ou dans les quartiers populaires de France, c’est pareil. C’est les gènes...

    Ce qui est le plus regrettable dans le film, c’est qu’on n’y voit aucune dynamique sociale à l’œuvre. Le film est sans relief, sans profondeur. Gênant pour un film qui prétend parler de luttes et de révoltes. Les cinq personnages sont pourtant liés les uns aux autres, et le fait qu’ils se croisent est censé signifier quelque chose. On ne peut s’empêcher de penser à Une séparation de Asghar Farhadi. Mais là où Farhadi a excellé à traduire par ellipses les tensions politiques et sociales, notamment de classe, sous-tendues par les tensions entre les personnages de son film, chez Ayouch au contraire, il ne se passe rien entre les personnages, ils sont définitivement seuls, réduits à être les victimes d’une société dans laquelle ils semblent tous étrangers, rattachés à rien, ni à leur famille, ni à leurs amis, ni à leur quartier, ni à leur classe. Des personnages caricaturaux qui évoluent de manière isolée dans un Maroc caricatural.

    https://seenthis.net/messages/681866 via Nouvelles d’Orient


  • Une démocratie simulacre / et commentée | John Steppling
    https://www.genre-ecran.net/?Une-democratie-simulacre-et-commentee

    Je n’ai aucun souvenir d’une époque où la culture étasunienne était à ce point compromise par la domination des classes dirigeantes. Hollywood ne cesse de produire, l’un après l’autre, des films et des émissions télévisées chauvines, militaristes et racistes. Les grands médias d’information sont à présent totalement contrôlés par les mêmes forces qui tiennent Hollywood. Nous assistons à la totale capitulation de la classe « progressiste » (liberal class) [1]. Source : Le genre et l’écran

    https://seenthis.net/messages/651607 via Rezo