• Intersectionnalité
    http://mouvements.info/intersectionnalite
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    À l’automne 2018, l’historien Gérard Noiriel a publié sur son blog personnel1 un long texte particulièrement relayé et discuté parmi les chercheur.e.s en #sciences_sociales sur les réseaux sociaux. Il y commente la controverse entre Mark Lilla et Eric Fassin au sujet du concept de « #gauche_identitaire » et élargit son propos à l’écriture de l’histoire des #classes_populaires. Il reprend notamment une idée développée dans l’introduction de son nouveau livre, Une histoire populaire de la France : « la crise du mouvement ouvrier a considérablement affaibli les #luttes_sociales au profit des conflits identitaires. Le projet d’écrire une #histoire_populaire du point de vue des vaincus a été accaparé par les porte-parole des #minorités (religieuses, raciales, sexuelles) pour alimenter des histoires féministes, multiculturalistes ou postcoloniales, qui ont contribué à marginaliser l’histoire des classes populaires. Il suffit de consulter la bibliographie des articles et ouvrages publiés en histoire ces dernières années ou de regarder les recrutements sur des postes universitaires pour être convaincu de cette remarque »2. L’accueil enthousiaste de ce texte auprès de certain.e.s chercheur.e.s en sciences sociales nous a étonné.e.s et interpellé.e.s. En tant que chercheur.e.s travaillant sur ces questions, il nous était difficile de rester silencieux/euses, pour au moins deux raisons.

    Dossier #intersectionnalité (lu que l’intro) #genre #minorités

    https://seenthis.net/messages/759770 via odilon



  • « Le #classement_de_Shanghaï n’est pas fait pour mesurer la qualité des universités françaises »

    Pour le chercheur #Hugo_Harari-Kermadec, ce classement a surtout poussé la #France à faire des choix qui vont à l’encontre de « l’esprit de #service_public ».

    Le classement de Shanghaï des universités, dont la dernière édition est rendue publique jeudi 15 août, et les #politiques_d’excellence qui soutiennent cette #compétition entre établissements ont accentué la #polarisation de l’#enseignement_supérieur français, c’est-à-dire la logique de #distinction de quelques établissements au détriment des autres.

    Ces « champions » sont aussi ceux qui accueillent la population étudiante la plus favorisée socialement. C’est ce qu’explique Hugo Harari-Kermadec, maître de conférences en économie à l’Ecole normale supérieure (ENS) Paris-Saclay et spécialiste de l’enseignement supérieur. Il est l’auteur du livre Ce que Shanghaï a fait à l’université française, qui paraîtra en octobre aux éditions Le Bord de l’eau.

    Dans toutes les éditions du classement de Shanghaï, les établissements français sont plutôt mal classés. Est-ce le symptôme d’une mauvaise santé chronique des universités françaises ?

    C’est surtout le signe que ce classement n’est pas fait pour mesurer la qualité des universités françaises. Il a une importance considérable dans le débat public français, alors que ce n’est pas le cas aux Etats-Unis, au Royaume-Uni, où les établissements universitaires sont pourtant très bien classés. Ni en Allemagne, où ils sont mal placés, pour des raisons similaires à la France. Des présidents de facultés allemandes refusent même de transmettre leurs informations au cabinet de conseil qui établit le classement.

    En France, le classement de Shanghaï a entraîné des #choix_politiques, comme des #regroupements_universitaires, parfois artificiels, mais pourtant sans grands effets sur la place des établissements dans ce palmarès.

    Les faibles #performances des facultés françaises dans le classement de Shanghaï ne sont pas, en soi, un signe de mauvaise santé. Ce qui ne veut pas dire qu’elles aillent bien. Elles manquent très sérieusement de moyens, surtout pour l’enseignement. Elles doivent en permanence s’adapter à un contexte réglementaire bouleversé depuis vingt ans, à une mise en concurrence pour obtenir des financements – pour la rénovation des campus ou pour les projets de recherche.
    L’excellence de la #recherche compte énormément dans ce classement. Comment peut-elle s’articuler, dans un contexte budgétaire contraint, avec la nécessité d’accueillir en licence un nombre croissant d’étudiants ?

    La politique du gouvernement est, sans l’assumer, de créer d’un côté des « #universités-licence » sans réelle recherche, et de l’autre, quelques très grandes universités de recherche, fusionnées avec des grandes écoles.

    Cette logique est manifeste au travers des projets #IDEX (#initiative_d’excellence), ces programmes de financement de pôles universitaires qui revendiquent une excellence visible depuis Shanghaï. Mettre en avant le classement de Shanghaï dans la communication gouvernementale permet de justifier les importants #financements attribués à certains établissements – près de 1 milliard d’euros pour l’université Paris-Saclay. En outre, cette politique dite d’excellence a relégué au second plan l’accueil des nouveaux étudiants nés avec le boom démographique du début des années 2000.

    Faire de la recherche et former le plus grand nombre, est-ce contradictoire ?

    Dans la mise en œuvre des politiques publiques « d’excellence » à laquelle nous assistons, oui. Cela ne devrait pas l’être, puisque le lien entre #enseignement et recherche est la caractéristique du système universitaire.

    Le #projet_Saclay a ainsi changé un nombre incalculable de fois pour arriver à un ensemble qui pourrait être classé par Shanghaï ; c’est-à-dire ressembler institutionnellement à une université anglo-saxonne. La nouvelle #université_Paris-Saclay, qui naîtra au 1er janvier 2020, sera un établissement avec des étudiants presque tous sélectionnés, focalisé sur le niveau master et le doctorat, et avec beaucoup plus de recherche et beaucoup moins d’enseignement que dans une université française traditionnelle.

    Quels sont les effets de cette course à l’excellence, et de cette compétition entre universités françaises ?

    Au sein du collectif de recherche Acides, avec Romain Avouac, nous avons montré que les universités françaises sont très polarisées suivant l’origine sociale des étudiants.

    A #Paris-Dauphine, on ne trouve pratiquement pas d’enfants des classes populaires. A l’inverse, certaines universités d’outre-mer ou des Hauts-de-France ont très peu d’enfants de cadres, alors qu’ils constituent 40 % de la population étudiante à l’université. Et, surprise, les universités à la population étudiante la plus aisée sont celles qui sont les mieux classées par Shanghaï, et qui reçoivent les financements IDEX.

    Les #financements des politiques publiques de « l’excellence » renforcent donc indirectement la #polarisation_sociale du #système_universitaire, en donnant plus de moyens pour l’éducation des étudiants favorisés. Finalement, adapter le système universitaire français au classement de Shanghaï, c’est lui faire adopter une logique de concurrence et de #rationalisation_économique, au détriment de l’esprit de service public et des missions académiques.

    Ces classements sont-ils regardés par les étudiants ?

    La sociologue Leïla Frouillou a montré en 2017 que les classements d’universités sont en réalité peu suivis par les étudiants. Même ceux de Dauphine, pourtant bien classée par Shanghaï, n’ont pas suivi le palmarès pour choisir leur établissement, comme l’ont montré dans leurs travaux les chercheurs Séverine Chauvel et Pierre Clément.

    Il en va autrement pour les étudiants en mobilité internationale, en particulier en provenance d’Asie. D’une part parce qu’ils ne connaissent pas les universités françaises, contrairement aux étudiants français qui suivent les conseils de leurs enseignants et de leurs parents, amis, familles. D’autre part, choisir une université bien classée est un argument de poids lorsqu’il s’agit d’obtenir un prêt étudiant pour financer le voyage, le coût de la vie et les frais d’inscription.

    https://www.lemonde.fr/campus/article/2019/08/15/le-classement-de-shanghai-n-est-pas-fait-pour-mesurer-la-qualite-des-univers
    #université #qualité #science #ranking #excellence #classes_sociales

    https://seenthis.net/messages/797403 via CDB_77


  • En Grèce, dans une usine autogérée, le travail devient un « lieu de solidarité et de liberté »
    https://www.bastamag.net/Grece-Vio-Me-cooperative-usine-autogeree-savons-ecologiques-legislatives-T

    Ils ont repris leur usine en faillite suite à la crise financière, réorienté la production, plus « écologique », sauvegardé une vingtaine d’emplois, créé un réseau de distribution pour vendre leurs produits. Et décliné concrètement le credo « Occuper, #Résister, produire ». Peu soutenus par le gouvernement de gauche, qui vient d’être battu aux élections législatives, les ouvriers grecs de l’usine Vio Me, à Thessalonique, ne sont pas au bout de leur peine. Reportage. « On n’est pas assez pour défendre notre usine (...) Résister

    / A la une, #Luttes_sociales, #Syndicalisme, #Europe, #Transformer_le_travail, #Travailler_autrement, #Classes_populaires, (...)

    #Emploi_

    https://seenthis.net/messages/791572 via Basta !


  • Brésil : « Les miliciens ne supportent pas les femmes qui ne se soumettent pas, ils vont les éliminer »
    https://www.bastamag.net/Bresil-Les-miliciens-ne-supportent-pas-les-femmes-qui-ne-se-soumettent-pas

    Les vastes – et souvent meurtrières – opérations de police pour lutter contre le trafic de drogue dans les favelas de Rio sont régulièrement médiatisées. Les rackets, assassinats et activités illégales perpétrés par les « milices » dans la banlieue de Rio le sont beaucoup moins. Pourtant, ces milices, héritières des escadrons de la mort constitués pendant la dictature militaire, « sont plus puissantes que le trafic », estime le sociologue José Cláudio, et entretiennent des liens étroits avec le monde (...)

    #Décrypter

    / #Droites_extrêmes, #Amériques, A la une, #Classes_populaires, #Droits_fondamentaux

    https://seenthis.net/messages/765010 via Basta !


  • « Si on arrête le train, c’est fini » : comment La Thiérache, dans l’Aisne, incarne l’abandon de la France rurale
    https://www.bastamag.net/Si-on-arrete-le-train-c-est-fini-comment-La-Thierache-dans-l-Aisne-incarne

    Dans le Nord de l’Aisne, département qui s’étend des frontières de l’Île-de-France à celles de la Belgique, se trouve une ancienne région historique, précieuse pour son patrimoine architectural, ses produits agricoles et sa biodiversité : la Thiérache. Traversée par deux routes nationales, elle n’offre guère d’autres commodités de transport à ses 100 000 habitants, alors même qu’elle a abrité, dès l’entre-deux-guerres, des sites majeurs des chemins de fer français. À moins de 200 kilomètres de Paris, elle (...)

    #Décrypter

    / A la une, #Reportages, #Classes_populaires, #Inégalités, #Transports, #Services_publics

    https://seenthis.net/messages/764566 via Basta !


  • « Sous la douche, le ciel » : chronique d’une lutte pour la dignité des sans-abris et des précaires
    https://www.bastamag.net/Sous-la-douche-le-ciel-chronique-d-une-lutte-pour-la-dignite-des-sans-abri

    Comment raconter, à l’heure des sanctions contre les chômeurs, des politiques urbaines anti-SDF et des coupes sociales généralisées, la lutte des plus précaires pour leur dignité ? Sans jamais tomber dans la condescendance ou le constat d’impuissance, Sous la douche, le ciel, film documentaire des réalisateurs Effi et Amir, prend le parti de l’humour et d’un regard centré sur l’intime pour questionner frontalement les velléités à la fois excluantes et profondément intrusives du monde actuel. Valorisant (...)

    #Chroniques

    / #Alternatives_concrètes, #Inégalités, #Classes_populaires, #Arts_et_cultures

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  • Rencontres aux ronds-points. La mobilisation des #gilets_jaunes dans un bourg rural de #Lorraine

    À partir de l’observation locale menée par le sociologue R. Challier, le mouvement des gilets jaunes révèle son pouvoir transformateur de la #conscience_de_classe.

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    https://laviedesidees.fr/Rencontres-aux-ronds-points.html
    #classes_sociales #Raphaël_Challier

    https://seenthis.net/messages/761503 via CDB_77


  • « Ce qui se passe ici, cette entraide, je n’avais jamais vu ça » : reportage à la maison du peuple de Saint-Nazaire
    https://www.bastamag.net/Ce-qui-se-passe-ici-cette-entraide-je-n-avais-jamais-vu-ca-reportage-a-la

    A Saint-Nazaire, les gilets jaunes ont leur quartier général : la « maison du peuple », un ancien bâtiment du Pôle emploi qu’ils occupent depuis la fin novembre. Dans le bouillonnement des discussions, des débats et des actions, travailleuses précaires, retraités, chômeuses ou SDF s’y politisent à grande vitesse. Dans ce territoire marqué par une forte culture ouvrière, leur action s’articule avec celle des syndicats, dont ils reçoivent le soutien. Après bientôt trois mois d’une mobilisation nourrie par (...)

    #Résister

    / #Luttes_sociales, #Syndicalisme, #Inégalités, #Classes_populaires, #Souveraineté_populaire, A la une, Innovation (...)

    #Innovation_politique

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  • Violences : « Comparer des voitures brûlées avec les ravages du néolibéralisme depuis 40 ans est absurde »
    https://www.bastamag.net/Violences-Comparer-des-voitures-brulees-avec-les-ravages-du-neoliberalisme

    Les images de violence « ne résument en rien le mouvement actuel », estime l’historien François Cusset, auteur d’un livre sur « Le déchainement du monde, logique nouvelle de la violence », publié au printemps dernier. Pourtant, nombre de commentateurs indignés tentent bien de réduire la mobilisation des gilets jaunes aux seules images de dégradations et d’affrontements. Et passent sous silence d’autres violences, celles « du temps ordinaire » que décrit l’historien dans son livre : contagion sociale du (...)

    #Décrypter

    / A la une, #Luttes_sociales, #Entretiens, #Classes_populaires, #Fractures_sociales, (...)

    #Capitalisme

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  • Violences : « Comparer des voitures brûlées avec les ravages du néolibéralisme depuis 40 ans est absurde »
    https://www.bastamag.net/Comparer-quelques-voitures-brulees-avec-les-ravages-du-neoliberalisme-depu

    Les images de violence « ne résument en rien le mouvement actuel », estime l’historien François Cusset, auteur d’un livre sur « le déchainement du monde, logique nouvelle de la violence », publié au printemps dernier. Pourtant, nombre de commentateurs indignés tentent bien de réduire la mobilisation des gilets jaunes aux seules images de dégradations et d’affrontements. Et passent sous silence d’autres violences, celles « du temps ordinaire » que décrit l’historien dans son livre : contagion sociale du (...)

    #Décrypter

    / A la une, #Luttes_sociales, #Entretiens, #Classes_populaires, #Fractures_sociales, (...)

    #Capitalisme

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  • Analyse. « Ce mouvement est l’expression même de la lutte des classes » | L’Humanité
    https://www.humanite.fr/analyse-ce-mouvement-est-lexpression-meme-de-la-lutte-des-classes-665224

    [...] Vos travaux de recherche portent en partie sur les classes populaires. Le mouvement des #gilets_jaunes remet-il à l’ordre du jour cette notion de #lutte_des_classes ?

    OLIVIER MASCLET En France, ce que désigne la notion de « #classes_populaires », c’est le vaste continent des employés et des ouvriers. Un Français actif sur deux est un ouvrier ou un employé. Ça fait du monde : environ 14 millions de personnes, chiffre auquel il faut ajouter les retraités qui sont, majoritairement, d’anciens ouvriers et employés qui vivent aujourd’hui avec des pensions modestes. Rien d’étonnant donc à ce qu’ils endossent eux aussi le gilet jaune. En sociologie, on définit ces classes populaires par le cumul de trois caractéristiques : faiblesse des ressources économiques, petitesse du statut social, distance au capital culturel.

    La lutte des classes n’a d’une certaine façon jamais cessé, mais les sociologues la conçoivent d’une autre façon que les marxistes purs et durs. Pour eux, il s’agit d’un affrontement entre deux blocs, possédants d’un côté, prolétaires de l’autre. Bien sûr, il existe toujours des prolétaires ou des travailleurs d’exécution dont la seule richesse est leur force de travail, mais il existe aussi plusieurs autres classes sociales, et la classe des travailleurs du bas de l’échelle salariale est elle-même très ­hétérogène, en tout cas « sur le papier », c’est-à-dire quand on regarde comment les ressources économiques et culturelles, pour ne parler que de celles-ci, sont distribuées. Pour les sociologues pour qui la notion de classe sociale conserve sa pertinence, dont je suis, la lutte des classes n’est pas réductible à un affrontement bloc contre bloc. Elle est multiple parce qu’elle oppose des classes et des fractions de classes nombreuses et parce qu’elle prend des formes différentes dans les différents champs. Il y a toujours dans notre pays des dynamiques très fortement inégalitaires, qui font le bonheur des plus aisés au plan économique et culturel, et qui aggravent le sort des plus modestes. Le mouvement des gilets jaunes ne remet pas à l’ordre du jour la lutte des classes. Il en est l’expression même.

    Au-delà de la fracture sociale, peut-on parler d’une fracture culturelle ?

    OLIVIER MASCLET Oui, c’est évident. Cette fracture se fait sentir dans la perception que toute une partie des Français a des gilets jaunes. Les journaux comme le Monde, l’Humanité ou Libération font accéder à des points de vue qui soutiennent le mouvement ou au moins cherchent à le comprendre. Mais ailleurs, en particulier sur la Toile, beaucoup d’avis le condamnent. Les gilets jaunes sont décrits comme des beaufs, des pollueurs, des accros à la bagnole, des racistes qui livrent les sans-papiers à la police… Le mépris envers les « petites gens » est gigantesque. Et ce mépris est loin d’être le seul fait des gens de droite ou d’odieux réactionnaires. On trouve aussi des gens de gauche qui ne se reconnaissent pas vraiment dans ce mouvement, qui ont du mal à se solidariser avec les gilets jaunes, qui ne savent pas vraiment qui ils sont, qui voient en eux la menace de l’extrême droite. Des années 1950 aux années 1970, la classe ouvrière était alors un groupe dominé, mais qui inquiétait par son nombre et sa capacité de mobilisation et que les #intellectuels et artistes soutenaient. Elle était au centre de tous les discours et de toutes les attentions politiques et intellectuelles. Aujourd’hui, les travailleurs du bas de l’échelle ont perdu cette centralité et ils ne sont plus tellement soutenus par les #artistes et les intellectuels. Il n’y a plus vraiment de contre-discours opposé au mépris.

    https://seenthis.net/messages/744614 via colporteur


  • Les Gilets Jaunes, l’économie morale et le pouvoir | Samuel Hayat -
    https://samuelhayat.wordpress.com/2018/12/05/les-gilets-jaunes-leconomie-morale-et-le-pouvoir

    (...)Difficile de ne pas être saisi par le mouvement en cours. Tout y est déconcertant, y compris pour qui se fait profession de chercher et d’enseigner la science politique : ses acteurs et actrices, ses modes d’action, ses revendications. Certaines de nos croyances les mieux établies sont mises en cause, notamment celles qui tiennent aux conditions de possibilité et de félicité des #mouvements_sociaux. D’où sinon la nécessité, du moins l’envie, de mettre à plat quelques réflexions issues de la libre comparaison entre ce que l’on peut voir du mouvement et des connaissances portant sur de tout autres sujets. A côté des recherches sur le mouvement en cours, espérons que l’éclairage indirect que donne la confrontation à d’autres terrains pourra dire quelque chose de différent sur ce qui a lieu.

    La situation

    Les images rapportées par les médias comme les déambulations personnelles pendant les événements du 1er décembre ont donné à voir un Paris jamais vu, ni en 1995, ni en 2006, ni 2016, trois moments pourtant où l’espace-temps habituel des mobilisations parisiennes s’était trouvé profondément déformé. Certains ont pu parler d’émeutes ou de situation insurrectionnelle. C’est possible, et pourtant rien ne ressemble à ce qui a pu avoir lieu durant les insurrections de 1830, 1832, 1848 ou 1871. Toutes ces insurrections avaient lieu au quartier, mettant en jeu des sociabilités locales, un tissu relationnel dense permettant aux solidarités populaires de se déployer. Mais le 1er décembre, le feu a pris au cœur du Paris bourgeois, dans ce nord-ouest parisien qui n’avait jusqu’ici jamais été vraiment le théâtre de telles opérations. Loin d’être menées par des forces locales, érigeant des barricades pour délimiter un espace d’autonomie, ces actions ont été le fait de petits groupes mobiles, habitant souvent ailleurs.

    Évidemment, les sociabilités locales jouent dans la formation de ces groupes. Il suffit de regarder ailleurs qu’à Paris pour voir la réappropriation collective d’un territoire, la formation de liens durables… Mais le 1er décembre, ces solidarités se sont déplacées dans un espace de manifestation lui-même plutôt habituel : les lieux du pouvoir national. On est là dans un registre tout à fait moderne, n’en déplaise à ceux qui parlent de jacqueries : c’est bien d’un mouvement national et autonome dont il s’agit, pour reprendre les catégories clés par lesquelles Charles Tilly qualifie le répertoire d’action typique de la modernité. Mais les règles de la manifestation, fixées de longue date (on situe généralement leur formalisation en 1909[3]), sont ignorées : pas de cortège, pas de responsables légaux, pas de parcours négocié, pas de service d’ordre, pas de tracts, de banderoles, d’autocollants, mais des myriades de slogans personnels inscrits au dos d’un gilet jaune.

    Toute la pratique du #maintien_de_l’ordre en est bouleversée, et on a pu voir combien les professionnels de la répression, malgré leur nombre, leur armement, leur entraînement, s’étaient trouvés débordés, incapables d’assurer même leur propre sécurité, sans parler de celle des biens et des personnes. On peut penser que les forces de l’ordre ne vont pas accepter longtemps de se faire ainsi malmener, et les violences policières, déjà très nombreuses, risquent d’encore s’amplifier [comme le confirme déjà des lynchages policiers le 1/12 et les innombrables tirs #policiers qui ont mutilés au moins quatre #lycéens ce derniers jours, ndc] , comme les appels à l’extension de l’usage de la force, voire à l’état d’urgence. Cet échec du maintien de l’ordre physique est allé de pair avec un échec encore plus complet du maintien de l’ordre symbolique : un président en déplacement pour un sommet international, un gouvernement inaudible (la rançon à payer pour un pouvoir personnel s’étant entouré de courtisans médiocres pour qu’aucune ombre n’en affaiblisse l’éclat), le pseudo-parti au pouvoir (LREM) occupé le même jour à élire un nouveau délégué général, comme si de rien n’était. (...)

    Les #revendications, justement, méritent qu’on s’y attarde. On en sait peu sur la manière dont elle a été composée, mais une liste de 42 revendications a été diffusée et largement reprise, tant dans les groupes que par les médias. Ces revendications possèdent quelques traits remarquables qui ont déjà été relevés : elles sont majoritairement centrées sur les #conditions_de_vie, bien au-delà de la seule question du prix de l’essence ; elles contiennent des prises de position contre la libre circulation des #migrants ; elles proposent des changements institutionnels qui renforcent le contrôle citoyen sur les élu.e.s, dont la rémunération se trouverait d’ailleurs ramenée au #salaire_médian. Cette liste a été qualifiée de « magma de revendications hétéroclite ». Il me semble au contraire qu’elle est profondément cohérente, et que ce qui lui donne sa cohérence est aussi ce qui a permis à la mobilisation des gilets jaunes de prendre et de durer : elle s’ancre dans ce que l’on peut appeler l’#économie_morale des #classes_populaires.

    L’économie morale des #Gilets_Jaunes

    Le concept d’économie morale est bien connu des chercheur.e.s en sciences sociales. Il a été développé par l’historien E. P. Thompson pour désigner un phénomène fondamental dans les mobilisations populaires au XVIIIe siècle : celles-ci faisaient appel à des conceptions largement partagées sur ce que devait être un bon fonctionnement, au sens moral, de l’économie. Tout se passait comme s’il allait de soi que certaines règles devaient être respectées : le prix des marchandises ne devait pas être excessif par rapport à leur coût de production, des normes de réciprocité plutôt que le jeu du marché devaient régler les échanges, etc. Et lorsque ces normes non écrites se trouvaient bafouées ou menacées par l’extension des règles du marché, le peuple se sentait tout à fait dans son droit en se révoltant, souvent à l’initiative de #femmes, d’ailleurs. Leur mobile était bien économique, mais pas au sens habituel : ils n’étaient pas mus par des intérêts matériels au sens strict, mais par des revendications morales sur le fonctionnement de l’économie.

    https://seenthis.net/messages/741622 via colporteur


  • Baromètre Ipsos-SPF 2018, une #intensification de la #pauvreté | Secours populaire
    https://www.secourspopulaire.fr/barometre-ipsos-spf-2018

    L’intensification de la pauvreté en France en 2018 poursuit une tendance inquiétante. Plus d’un tiers des Français y a été confronté comme les chiffres du nouveau baromètre Ipsos-SPF le montrent et ils sont nombreux à redouter l’avenir difficile réservé à leurs enfants.

    En gros, les #inégalités se creusent !

    Et surtout, elles deviennent irréversibles, ce qui signifie que la stratification en #classes_sociales se fixe en #castes bien étanches

    La mobilité sociale marque le pas dans les pays de l’OCDE. OCDE. Juin 2018
    http://ses.ens-lyon.fr/actualites/rapports-etudes-et-4-pages/la-mobilite-sociale-marque-le-pas-dans-les-pays-de-locde-ocde-juin-2018

    Alors que les inégalités de revenu se creusent depuis les années 90, la mobilité sociale marque le pas : les personnes situées au bas de l’échelle sont désormais moins nombreuses à grimper les échelons, tandis que les plus riches conservent, dans une large mesure, leurs privilèges. Or les effets d’une telle situation sur le plan économique, social et politique sont très dommageables, selon un nouveau rapport publié par l’OCDE. L’étude « A Broken Social Elevator ? How to Promote Social Mobility » montre que, compte tenu des niveaux actuels d’inégalités et de mobilité intergénérationnelle sur l’échelle des revenus, au moins cinq générations (ou 150 ans) pourraient être nécessaires, en moyenne dans les pays de l’OCDE, pour que les enfants de familles modestes parviennent à se hisser au niveau du revenu moyen (voir le graphique ci-dessous). Dans les pays nordiques, cela pourrait prendre deux à trois générations seulement, tandis que dans certaines économies émergentes, ce processus pourrait se dérouler sur neuf générations ou plus. Un enfant sur trois dont le père a des revenus modestes percevra lui aussi de faibles revenus ; pour les deux autres tiers, la mobilité ascendante sur l’échelle des revenus se limitera souvent à l’échelon voisin.

    Cinq générations, c’est la moyenne : en France, c’est six (PDF - en) : http://www.oecd.org/france/social-mobility-2018-FRA-EN.pdf

    https://seenthis.net/messages/723731 via Agnès Maillard



  • Instantané d’aire d’autoroute, quand la #classe_obscène (beau nom que Lordon a trouvé pour qualifier la #bourgeoisie triomphante) est bien obligée de se mêler, brièvement, aux #classes_populaires.

    L’autoroute est chargée, la station service fourmille. Comme d’habitude, les hommes entrent et sortent de leurs toilettes librement, tandis que côté femmes, une file d’une vingtaine de personnes patiente. Arrive une femme âgée, vêtue simplement d’une robe à fleurs défraîchie, marchant d’un pas lourd avec une canne. Elle tient deux enfants par la main. Elle observe la longue queue et s’avance pour voir où elle mène :
    « - C’est pour les toilettes tout ça ?
    – Eh oui... »
    Elle sourit, gênée, et continue à remonter lentement la queue. Elle arrive à l’entrée des WC. Dans ma nuque, une voix marmonne : « Non mais je rêve, elle va pas faire ça quand même ? » La vieille femme entre. De derrière moi surgit une passionnée de fitness et de cardio-training, 1m80, bronzée aux UV, mèches oxygénées et savamment coupées, tenue sport. Elle bondit après la vieille femme et hurle : « Il y a une file d’attente là ! La moindre des politesses ce serait de demander la permission de passer devant tout le monde ! C’est pas croyable ça ! » J’écarquille les yeux :
    « - Mais enfin madame, vous voyez bien que c’est une personne âgée qui se déplace difficilement !
    – Vous voulez que je vous pisse dessus, vous ?
    – Je vous demande pardon ? »
    Au même moment, la femme devant moi, corpulente, dreads approximatives sur la tête, réconforte doucement la vieille dame :
    « - Quand elle aura sa vieille maman avec une canne, elle comprendra. »
    La sportive jette ses phrases comme des couteaux :
    « - Ouais bah ma mère elle est morte, alors d’ici à ce qu’elle ressorte de sa tombe on a le temps. »
    L’ancienne, embarrassée, tente de se justifier :
    « - Vous comprenez, ce n’est pas un handicap, la canne me sert à...
    – Vous inquiétez pas, j’ai tout à fait compris la situation, je vois bien que c’est pas un handicap et que vous n’êtes pas prioritaire.
    – C’est un problème de hanche qui a...
    – Oh la la, me racontez pas votre vie, j’ai pas envie de vous entendre. Je suis médecin, les gens payent pour me parler. Y a un minimum de politesse à avoir. »
    Je fais remarquer que la courtoisie, c’est précisément à nous d’en faire preuve. M’ignorant superbement, la sportive reprend sa place dans le rang en jetant des « Avec sa canne, là, j’hallucine ! », tandis que la femme aux dreads et moi parlons à la vieille dame et lui signalons bientôt un WC qui se libère.
    L’épilogue n’est pas plus joyeux. Tandis que j’arrive moi-même dans les toilettes, j’entends dans celles d’à côté une voix d’ouvrière ou d’employée, expliquant à une petite fille : « Bah c’est vrai que maintenant la canne ça rend pas toujours prioritaire, parce que c’est pas forcément un handicap. En plus y a des handicaps, on les voit pas. Par exemple moi, si ça se trouve j’ai un handicap et personne le sait. On peut pas savoir. »

    #humiliation #priorité #handicap #vieillesse #pauvreté #judiciarisation #fascisme #mépris_de_classe #politesse

    https://seenthis.net/messages/717959 via intempestive


  • CLASSE / RACE : FAUX DILEMME, VRAI PROBLÈME | Guillaume Deloison
    https://guillaumedeloison.wordpress.com/2018/07/16/classe-race-faux-dilemme-vrai-probleme

    Pour certain le racisme n’a jamais ségrégué les personnes en « communautés distinctes », il faut « l’action d’individus » plus ou moins malintentionnés vis-à-vis de la lutte de classe, de la classe ouvrière et ses institutions pour que tels malheurs arrivent, pour que la lutte des classes soit effacé par la lutte des races.

    Comme s’il n’y avait pas eu d’ « affaires du foulard », de déclarations gouvernementales lors des grèves de l’automobile au début des années 1980, de débats sur la construction de mosquées et des menus de substitution dans les cantines scolaires, de tapages médiatiques autour des perquisitions administratives et des assignations à résidence, comme si la « double peine » et l’inflation du soupçon administratif à chaque étape de la vie quotidienne n’existait pas, comme si personne n’aurait entendu parler de l’effondrement des « Twin Towers » sans les xénophobes et les xénophiles, sans qui également le massacre du Bataclan serait sans doute resté « confidentiel ».

    Mais pourquoi le « bouc émissaire » est-il devenu « musulman » et n’est pas resté « arabe », « travailleur immigré » ou « immigré » tout court ? La « décomposition du mouvement ouvrier » est un facteur objectif bien général et bien antérieur à la fabrication du musulman comme marqueur racial. Les causes de la « culturalisation » de l’immigré et de sa descendance puis la confessionnalisation de cette « culturalisation » sont des processus réels de la crise et de la restructuration des années 1970 aux années 1980, le regroupement familial, les « deuxième et troisième générations » pour exemple… étudions ces processus.

    #race #luttes_des_classes #classe_ouvrière et #segmentation_raciale

    https://seenthis.net/messages/709865 via Sombre


  • À la merci d’un courant violent : la Grèce après l’accord du 21 juin

    La manœuvre de longue haleine consistant à instiller des signifiants et des préjugés nationaux afin de diviser celles et ceux qui se trouvent également en butte, à travers tout le continent, au démantèlement de l’État-providence n’est pas que le fait de l’extrême-droite : elle est au cœur de la stratégie de domination néo-libérale et s’est avérée particulièrement payante dans le cas de la Grèce. Ce constat devrait, a contrario de l’illusion nationaliste, nous engager à rechercher les voies d’une alliance de classes porteuse des expériences, revendications et initiatives politiques des victimes de l’austérité.

    #Grèce #Europe #Eurogroupe #dette #néo-libéralisme #austérité #tourisme #classes_sociale #alliance_de_classes #nationalisme #souverainisme #hégémonie

    https://oulaviesauvage.blog/2018/07/05/a-la-merci-dun-courant-violent-la-grece-apres-laccord-du-21-juin

    https://seenthis.net/messages/706594 via kaparia


  • Quand les forces de l’ordre tuent : 40 ans de décès sans bavures ?
    https://www.bastamag.net/Quand-les-forces-de-l-ordre-tuent-40-ans-de-deces-sans-bavures

    Tué par balle, mort par asphyxie à la suite d’une interpellation, tué dans un accident en tentant d’échapper à un contrôle, retrouvé inerte en cellule de dégrisement… Ces affaires recouvrent des situations de nature très différentes, que nous avons tenté de classifier dans une base de données inédite en France. Existe-t-il cependant un portrait-type des personnes tuées ? Certaines classes d’âge et populations sont-elles plus concernées que d’autres ? Voici une première analyse. Basta ! publie une base de (...)

    #Décrypter

    / #Classes_populaires, #Migrations, #Justice, #Droits_fondamentaux

    https://seenthis.net/messages/701920 via Basta !


  • Le Parcoursup des filles
    http://www.laviedesidees.fr/Le-Parcoursup-des-filles.html

    La plateforme Parcoursup régule désormais l’orientation vers les études supérieures. Loin d’être uniforme, ce dispositif va produire des effets d’exclusion sur les publics les plus sensibles aux verdicts scolaires : les filles, et plus encore celles issues de milieux populaires.

    #Essais

    / #genre, université, #classes_populaires

    #université

    https://seenthis.net/messages/698821 via La Vie des idées


  • #Lycée_militaire de #Saint-Cyr : une machine à broyer les femmes - Libération
    http://www.liberation.fr/france/2018/03/22/lycee-saint-cyr-une-machine-a-broyer-les-femmes_1638211

    « Libération » a enquêté sur le #sexisme érigé en système au sein des #classes_préparatoires militaires par un puissant groupe d’élèves : les « tradis ». Entre humiliations et #harcèlement_moral, tout est fait pour saper les ambitions des étudiantes.

    #armée #misogynie

    https://seenthis.net/messages/678952 via AF_Sobocinski


  • Nous sommes la #Classe_ouvrière #JRCF
    https://www.initiative-communiste.fr/jrcf/sommes-classe-ouvriere-jrcf

    Nous, des usines, des champs, du transport, du bâtiment, des ports, nous qui produisons biens et services, le matin, le soir, et la nuit. Nous qui faisons vivre notre pays, nous qui répondons présent pour le défendre, nous que l’on déconsidère néanmoins… Parce que la classe ouvrière est au front de l’économie, elle qui crée […]

    #1-PRCF #articles #JRCF #jeunes_communistes #Lutte_des_classes #ouvriers #PRCF ? #travaileurs



  • Usul. Les #Bobos : tentative d’autocritique
    https://www.mediapart.fr/journal/france/080118/usul-les-bobos-tentative-d-autocritique

    Peut-on encore sauver les bobos ? Nos spécialistes en bobologie Usul et Cotentin relèvent le défi, en se confrontant à de nombreuses questions. Qui sont-ils ? Qui les détestent et pourquoi ? Qu’ont-ils donc fait de travers pour devenir la cible de tant de critiques ?

    #France #bourgeois #classes_populaires #François_Ruffin #gauche #La_France_insoumise #Marine_Le_Pen #Nicolas_Sarkozy #parti_socialiste #social-démocratie


  • Notes contre la #prison
    http://www.contretemps.eu/notes-contre-la-prison

    Cette intervention a été prononcée lors de la soirée Faire front dans le cadre du colloque Penser l’émancipation, à La Générale Nord-Est, le 16 septembre 2017. Antonin Bernanos prenait la parole aux côtés d’orateurs issus de diverses franges du mouvement social, de l’antiracisme à la lutte contre la loi travail. Depuis lors, il a été jugé dans le cadre de l’affaire du Quai de Valmy, et incarcéré à Fleury-Mérogis pour purger une peine de 5 ans de prison dont deux avec sursis. Dans ce texte, il prenait appui sur ses 10 mois de détention provisoire pour engager une réflexion sur la prison et sur les stratégies de lutte contre la (...)

    #Diaporama #Stratégie #autoritarisme #classes_populaires #Etat #justice #néolibéralisme #prisonniers #Prisons #quartiers_populaires #question_carcérale #racisme #répression