#critique_a_2_balles

  • Les vrais effets spéciaux ne vieillissent pas
    https://i.ytimg.com/vi/ZuYUf66Bpi0/maxresdefault.jpg
    King Kong, Merian C. Cooper, Ernest B. Schoedsack, 1933
    Un vrai film magnifique. Avant. Avant que le cinéma ne devienne un art. Avant que les studios n’en fassent une usine. Avant le code Hayes. Il y a eu quelques années avec cet entredeux où le cinéma était d’abord matière à penser. 1933. C’était y a longtemps. Et moi, j’avais jamais vu ce film. Quel idiot ! Maintenant je vais le montrer à ma nièce de dix ans. Ca dure deux heures et en même temps que j’y trouve, comme d’habitude, de l’histoire du monde et du cinéma, de l’histoire du racisme impérialiste aussi, j’y trouve de l’histoire de la sensation. Ca fait quoi de représenter une bête de cinq mètres de haut sur un écran ? Ca faisait quoi pour les gens ?
    Et comment on faisait en 1933 pour être aussi juste, symbolique, psychanalytique, contestataire avec l’idée de la monstruosité. King Kong est monstre. King Kong est nous.
    https://www.youtube.com/watch?v=PbrikL8IjXM


    #Critique_a_2_balles #King_Kong #1933 #cinema #Mirian_C_Cooper #Ernest_B_Schoedsack

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  • Mais c’est vrai ? On peut faire ça en vrai ? Je veux dire avec son corps ?
    http://aws.vdkimg.com/film/2/9/8/8/298866_poster_scale_188x250.jpg
    La mante religieuse, Shaolin mantis, Tang lang, Liu Chia-Liang, 1978

    Ah bah voilà ! On peut faire ça, des scènes de kung fu merveilleuses et sans découpage excessif et puis un scénario qui ne soit pas tout à fait ridicule. Un film qui sait où mettre ses priorités : des plans séquence de castagne chorégraphiés magnifiques, un scénario minimal avec très très peu de blagues ridicules. Du très très honnête.
    Mais alors pourquoi a-t-on arrêté d’utiliser des couleurs aussi belles ?
    Une très très bonne bande annonce
    https://www.youtube.com/watch?v=AZFsLGkWIB0


    #critique_a_2_balles #cinema #film_de_genre #shaolin_mantis #kung_fu #très_bonne_bande_annonce #liu_chia-liang #1978 #insecte

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  • Voilà. Plutôt que de regarder état des lieux, il faut regarder ça
    http://old.film-documentaire.fr/photos/films/abiento2.jpg
    A bientôt j’espère, Chris Marker, 1968
    Au cas où vous ne le sachiez pas. Chris Marker profite de la grève de la rhodia de Besançon fait en 67 pour filmer les ouvriers. Il fait ce film qui d’ailleurs est considéré, à tort, comme un monument du documentaire militant. Ensuite il le montre aux ouvriers et il enregistre les débats. Ces derniers trouvent que dans ce film le réalisateur se prend un peu pour un touriste qui les trouve si merveilleux ces ouvriers qui luttent. Alors il leur dit « un cinéma militant ne sera que l’oeuvre des ouvriers eux-mêmes ». C’est ainsi que naissent les groupes medvetkine. Leur premier film « classe de lutte », lui, est un vrai film merveilleux, militant, collectif, féministe, qui déchire.
    https://www.youtube.com/watch?v=VVWBRpT-hRI


    #critique_a_2_balles #a_bientôt_j'espère #chris_marker #1968 #groupe_medvetkine #cinema_militant

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  • http://www.notrecinema.com/images/cache/la-vie-d-o-haru--femme-galante-affiche_184896_37765.jpg
    la vie d’O’Haru femme galante, Kenji Mizoguchi, 1952

    Bon voilà, c’est exactement ce que je disais à propos du fameux néoréalisme italien. On n’a jamais parlé de néoréalisme japonais, et pourtant regardez celui-là et vous verrez que filmer le réel et de laisser s’exprimer et ben c’est exactement ce qu’il y a dans ce film.
    En fait tout est une affaire de critiques qui savent trouver les bons mots aux bons moments et inventer des mouvements, des écoles alors que les pauv’ filmes, au départ y z’ont rien demandé.
    Le destin d’O’Haru est terrible et puis ça dure 2h10 histoire qu’on voit bien à quel point il est terrible. Et rien n’est un hasard, ce n’est pas une destinée, c’est la condition des femmes au Japon à cette époque là que je sais même pas quelle époque c’est. Vendue par son père à un empereur dont la femme est stérile pour faire un héritier. Jetée par l’empereur après avoir eu son héritier. Du coup retour chez la famille alors déshonorée qu’a la bonne idée de la vendre à une maison de passe etc. Et ça continue comme ça jusqu’à la fin avec une cerise sur le gâteau que je décide de ne pas raconter en espérant que certaines et certains d’entre vous trouvent ce film facile sur un site de streaming quelconque.
    Et c’est aussi exactement tout ce qu’on peut reprocher aux films de Kazan critiqué il y a deux semaines. Enfin bref, à côté Dancer in the dark c’est du pipi de chat.

    https://www.youtube.com/watch?v=k0_9Fz8E26g


    #critique_a_2_balles #la_vie_d'o'haru_femme_galante #Kenji_mizoguchi #1952 #cinéma #b&w #japon #mélo_qu'on_pleure_a_la_fin

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  • http://fr.web.img4.acsta.net/medias/nmedia/18/64/98/22/18815773.jpg
    J’ai mieux dans ma chambre, qu’est-ce que fous cette main ridicule sur l’affiche ?, moi, il y a douze ans j’ai acheté une affiche de collection beaucoup plus belle
    The Haunting, La Maison du Diable, Robert Wise, 1963

    La maison. La conscience. L’intérieur. La maison comme le cerveau.
    Le principe du film d’épouvante est un masque pour dire. Parfois le cinéma a besoin des oripeaux du genre pour faire métaphore. On va arrêter avec cette expression : « faire métaphore ». Ca commence à être un lieu commun dans mes #critique_a_2_balles . Je veux dire que le principe du genre est un carcan, des bandes de tissus très très serrées pour plonger le et la spectateuse dans un univers qui va, à son tour décaler la règle. Translater le regard.
    Ai-je raison @mad_meg de penser que Wise nous parle de la perte de la virginité ? Il y a les mythes freudiens dans ce film de l’œdipe et d’Electre. Et en même temps les bases de la pléthore de teen movies qui suivront beaucoup plus tard.
    Et l’importance de la maison dans ce film. Elle est belle, putain. J’imagine les décors et les artisans sous-payés...
    Il n’y a pas l’horreur qu’un ou qu’une spectatrice pourrait imaginer si on lui dit film d’horreur... mais il y a l’angoisse, la solitude et l’inconnu.
    A ce moment là je ne sais plus trop quoi écrire sur ce film merveilleux. C’est sur aujourd’hui il faut, pour le regarder dans son salon, fermer les volets, éteindre son téléphone, fermer toutes ses applis et ne pas se laisser emmerder par un « la base virale de votre ordinateur a été mise à jour ». Il faut vraiment se laisser prendre. C’est assez envoutant mais il faut y mettre un peu du sien. Mais si on fait un petit peu d’effort... on voyage.
    Je disais donc que comme je ne sais plus trop quoi écrire, je dis quelques phrases inspirées de la discussion sur le film que je viens d’avoir avec Marie.
    La maison est un personnage. L’héroïne ne s’appelle pas Abigail, elle s’appelle Eleonor. Ah oui, Abigail c’est le fantôme. Oui mais c’est aussi un peu son double. On peut donc dire que l’héroïne du film est Abigail. Oui tu as raison finalement, mais Conan le Barbare est un film à chier. Non, je n’écrirai pas ça. C’est pas toi qui tape c’est moi. Ben oui d’accord, c’est le contrat, mais si je veux pas écrire j’écris pas, d’accord ? Ecoute Marie je n’ai pas envie de te contredire et puis cette critique à 2 balles ne parle pas de Conan le Barbare. Bon d’accord mais j’ai raison. Oui d’accord tu as raison.

    https://www.youtube.com/watch?v=AeAzGxWlEcg

    #La_maison_du_diable # The_Haunting #Robert_Wise #1963 #Cinema #pas_viol #Conan_le_barbare #Marie #Maison_et_travaux #N&B #film_d'horreur #epouvante #Jean-Michel_Freud #Œdipe #Electre

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  • http://www.wik-rennes.fr/sites/default/files/styles/mywik_logo/public/mywik/logo/logo_cdd.jpg
    D’aucun me diront que ce n’est pas encore tout à fait « un vrai métier ». D’ailleurs ce n’en est pas un du tout puisque ce n’est jamais que le statut d’adhérent d’une association rennaise.
    M’en fou un peu, ils et elles m’envoient les films visionnables sur internet. Je les mate et on en cause en groupe pour la sélection pour le prochain mois du doc.
    Alors voilà, je vais goupiller à continuer mes #critique_a_2_balles en copiant celles que je fais pour ce groupe. Le style n’est pas vraiment le même, vous me direz (j’espère)
    #comptoir_du_doc #rennes #mois_du_film_documentaire #cinema

    http://seenthis.net/messages/485435 via Rémi Gendarme


  • https://upload.wikimedia.org/wikipedia/en/thumb/d/d5/Descentposter.jpg/220px-Descentposter.jpg
    The descent, Neil Marshall, 2005

    C’est terrible de vieillir... En voyant ce film, je m’aperçois que cela faisait bien longtemps que je n’avais pas vu de film d’horreur. Pourtant je me rappelle très bien de l’époque où je les connaissais tous, je les voyais tous et au cinéma... 50 francs la place que je payais... Beaucoup de gens me disaient d’arrêter ça immédiatement, que je valais mieux que ça et que c’était absolument immonde de les regarder tous aussi méticuleusement. Bref, je constate que c’est bien fini. Peut-être la faute à Scream, et à la cohorte de grosses merdes sorties juste après... En tous cas j’ai du arrêter parce que si je réfléchi le dernier date vraiment de plusieurs mois, et encore, c’était un hasard.
    Alors avant hier je redécouvre des choses, je ne sais pas des petits machins qu’on pourrait appeler émotions. Mais vraiment des toutes petites hein ? Comme si une fois de temps en temps le cynisme et le second degré foutaient le camp pour juste regarder, naïvement. Et peu importe les dialogues de merde et les grosses ficelles. Ce film là en fait ne nous prend pas trop pour des cons, il fait les choses bien. Les héroines ne sont pas trop ridicules (ou alors c’est les deux mois d’hôpital qui m’ont sérieusement ramolli le cerveau) et les images, les cadres, et tout sont vraiment chiadés. Les nanas partent en expédition de spéléo. Au bout de trois quart d’heure il y a des gros monstres dégueulasses qui leur tombent dessus et qui les grignotent... Voilà c’est tout. Et c’est là que je reparle des plans et des cadres hyper claustrophobiques. Les lumières sont terribles. Bon, on va pas dire que ça fait vraiment peur, c’est simplement très beau, et les scènes gorres aussi.

    Du coup je ne regarderais même pas le 2, comme lorsque quelqu’un vous embrasse et que vous ne voulez plus jamais vous laver les dents pour garder un petit peu de cet arôme délicieux.
    https://www.youtube.com/watch?v=CSYg7Z1KS_I


    #the_descent #neil_marshall #2005 #cinéma #horreur #critique_a_2_balles

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  • http://www.kinopitheque.net/wp-content/uploads/2013/11/Charulata.jpg
    Charulata ; Satyajit Ray ; 1964
    Oulala j’ai visé un peu haut pour la reprise des critiques à 2 balles. Pas très malin.
    On a beau aimé le cinéma et le défendre, je veux dire tous les cinémas, il y a quand même des codes et des habitudes. Il faut bien comprendre que pendant deux mois, ma plus proche amie a été la TNT...c’est dire les dégâts.
    Enfin bon ça fait quand même un bien fou de voir un aussi beau visage filmé longtemps et calmement surement d’ailleurs à la taille de la fiction de Satyajit.
    Alors voilà disons que c’est un petit peu « au début elle est froide mais après elle est bonne ». Donc au début c’était plutôt difficile de m’adapter et de rentrer dedans. Charulata est mariée elle est riche et elle s’ennuie. Elle regarde le monde autour d’elle mais disons qu’elle a tellement de charme que le spectateur est embarqué calmement et est épanoui dans son univers d’ennui. Et puis aussi elle chante vachement bien. Ca fait du bien de voir des films indiens qui ne gigotent pas dans tous les sens en chantant des morceaux qu’on imagine bien débile.
    Et au bout d’1h30 tu la vois la force du cinéma dans ta gueule, Charulata est triste, et elle pleure et mon dieu tu sais pas vraiment pourquoi mais toi tu pleures aussi...

    #cinéma #Charulata #Satyajit_Ray #1964 #B&W #Inde #critique_a_2_balles
    https://www.youtube.com/watch?v=EtpivRiw1W8

    http://seenthis.net/messages/472399 via Rémi Gendarme


  • http://cdn.cinemur.fr/movies/cache/600x800_232191.jpg
    Indésirables, Philippe Barassat, 2015
    Comme je l’ai dit : 2 fois 1h30 de route pour aller voir ce film dans la seule salle de Dordogne. Vraiment pas déçu. Ce film est important. Il n’y a pas de doutes.
    Je trouve ce genre de moment que j’adore où on ne peut différencier la forme et le fond.
    Je ne permettrais personne de dire qu’Indésirables « aborde la question de l’accompagnement sexuel pour les handis », ce n’est pas la question. C’est un thème du film, certes, le héro se fait proposer de passer du temps avec des femmes, mais pas que, en échange d’un peu d’argent. Et là, moi, je trouve la différence essentielle entre un film à thèse, que l’on peut aussi appeler film de propagande, et un film de cinéma avec la seule chose que sait faire bien le cinéma c’est à dire des représentations, des récits, des images.
    Et c’est comme ça que ce film pose des questions, bien réelles !
    Bon. Il couche avec la première fille. C’est vachement bien. Il y a du corps, et ça c’est rare. Parce que, j’arrête pas de le dire, le handicap, comme le cinéma, c’est une histoire de corps. Et là, il y en a. Et le héro qui a sa vie, se trouve bien débile quand la fille lui dit qu’elle est amoureuse de lui et qu’elle veut se marier. Bah oui tiens tu t’attendais à quoi ?
    Et finalement, Jeremie, il se met à enchaîner. Ca défile dans son appart’, de toutes les tailles et de toutes les formes. La cour des miracles je vous dis ...
    Et puis il vient des bribes, des doutes, pourquoi il fait ça ? Le plaisir sexuel, on s’en fiche ... mais le reste, la charité, la compassion, le plaisir de sa propre image d’être celui qui accepte de faire ce que les éducs n’ont jamais toléré ... le sauveur. C’est Hervé Chenais, merveilleux dans son zozotement lubrique qui lui dit ça la première fois. Est-ce que ce n’est pas lui Jeremie qui a besoin de ces monstres pour ce sentir utile ?
    Et c’est là qu’on touche les limites, autant pour le débat que pour le cinéma. Le générique crédite les nombreux participants ainsi : non pas un film avec mais un film grâce à. On sent bien que celui-ci est fait avec 2 francs 50. C’est bien pour ça qu’il passe nulle part. Ce n’est pas vraiment à cause de sa qualité.
    Les images et idées données dans ce film dépassent largement son niveau de production. Alors, ça déconne un peu, forcément, trop de choses sont textuelles et pas vraiment mises en film. Il a voulu tout mettre dedans et parfois, il n’y a pas la place.
    Par exemple, la scène de fin ne tient pas debout (eheh c’est rigolo comme tournure... : - )) pas assez. Mais c’est pas grave parce qu’on sent ce qu’il aurait fallu faire.
    Il faut soutenir ce film à mort. Il faut qu’il passe au cinémabrut :
    http://www.cinemabrut.com
    Et à l’étrange festival :
    http://www.etrangefestival.com
    Et dans tous les festivals LGBT de France et de Navarre.

    Bref, vive le cinéma, vive le handicap, vive le corps et vive le cul !
    https://www.youtube.com/watch?v=XZT7YMf9DRc


    #critique_a_2_balles #Indésirables #Philippe_Barassat #Hervé_Chenais #2015 #film_d'handicapé #cinéma #cinémabrut #accompagnement_sexuel #prostitution #handicap #stras

    http://seenthis.net/messages/375425 via Rémi Gendarme


  • http://www.espace-video.net/wp-content/uploads/2013/10/rebelle.jpg
    Rebelle, Mark Andrews, 2012
    Ca y est, ils ont enfin compris que pour modéliser des cheveux il fallait prendre le modèle d’un fluide. Ces cheveux roux ils déchirent. C’est au moins 3 temps plein pendant 2 ans. Oui, l’eau aussi ils ont bossé. Et pour une fois je suis content de pas m’être collé un Disney qui me prend pour un con. Malgré la morale familiale, le film nous propose un salue par l’autonomie et l’indépendance de son héroïne.
    Certes il aurait pu être sous -entendu une affection particulière pour les camarades de son genre mais bon, faut pas rêver ...
    Oui oui, non, j’y repense, ils ont plutôt bossé leur gender studies. J’ai même rigolé avec les 3 mongoliens qu’on voit en second plan sur l’affiche.
    https://www.youtube.com/watch?v=R6vSBLG7IbM


    #critique_a_2_balles #Rebelle #Disney #2012 #Mark_Andrews #Animation #Cinéma #Gender_Studies

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