• Vacances aux Bahamas, chômage mieux rémunéré que le travail : des agents Pôle #Emploi_répondent aux clichés
    https://www.bastamag.net/Pole-emploi-chomage-Bahamas-cliches-reforme-retraites-greve-5-decembre-chr

    Comme pour l’actuelle réforme des retraites, le gouvernement a tenté de justifier sa réforme de l’assurance chômage par une série d’idée reçues allègrement relayées par certains médias. Mais dans la réalité, la plupart des chômeurs galèrent. « Quand vous êtes salarié et que vous voyez certaines personnes qui partent en vacances aux Bahamas grâce à l’assurance chômage, il est légitime de se dire que ce système marche sur la tête ! », Damien Adam, député LREM de Seine-Maritime, novembre 2018. Voilà le genre de (...) #Décrypter

    / #Inégalités, #Fractures_sociales, A la une, Emploi , #Protections_sociales, Quel avenir pour nos protections sociales (...)

    #Quel_avenir_pour_nos_protections_sociales_ ?

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  • https://www.terrestres.org/2019/11/22/leffondrement-a-commence-il-est-politique

    “Il semble clair aujourd’hui que cette séquence est liée à la #mondialisation numérique et financière et à ses trois logiques socio-politiques dominantes : l’accentuation considérable des #inégalités, la financiarisation des dispositifs de gouvernance qui alimente la corruption des élites et la mise en # des systèmes politiques, notamment de #représentation. Ce dernier point est essentiel. Faute de système de médiation, toutes les souffrances, tensions sociales et conflits deviennent potentiellement explosifs. C’est pourquoi les situations d’émeutes et d’affrontements sont si diverses dans le monde alors que leurs modalités pratiques et leurs répertoires se ressemblent tant. L’accentuation des inégalités et la visibilité croissante de la corruption complètent le tableau et sapent de façon irrémédiable la #légitimité d’#Etats qui n’ont plus que la violence pour tenter de se faire respecter15. Par-delà la multiplication des explosions locales de #colère, le début du siècle a été marqué par des # auxquels la mise en perspective donne rétrospectivement un sens historique (cf. ci-dessous).“

    https://seenthis.net/messages/812431 via ant1


  • Rapport sur les inégalités dans les villes aux États-Unis
    https://www.newyorkfed.org/medialibrary/media/research/epr/2019/epr_2019_wage-inequality_abel-deitz.pdf
    https://files-6e3f1wygj.now.sh/inegalites-villes-us.png
    Les #inégalités de revenus augmentent partout, mais encore plus dans les grandes #villes (ce qui n’était pas le cas dans les années 1980, où elles étaient à peu près indépendantes de la taille de la ville).

    #datasource #urban_matter

    https://seenthis.net/messages/812058 via Fil


  • Le geste désespéré d’un étudiant, poussé à bout par la précarité, fait trembler l’université
    https://www.bastamag.net/La-precarite-tue-immolation-Lyon-Crous-logement-etudiant-Solidaires-Franco

    Le 8 novembre, un étudiant a tenté de s’immoler par le feu devant un bâtiment du Crous de Lyon. Un geste qui vise à dénoncer la dégradation des conditions de vie des étudiants. En soutien, un mouvement prend forme autour du message « La précarité tue. » « C’est ici qu’un de nos camarades a tenté de se suicider en s’immolant par le feu. Il voulait dénoncer la précarité dont il était victime au même titre qu’un trop grand nombre d’étudiants et d’étudiantes. » Plusieurs centaines d’étudiants, professeurs, ou (...) #Résister

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    #Quel_avenir_pour_nos_protections_sociales_ ?
    https://www.bastamag.net/IMG/jpg/panneau_conditions_de_vie_decentes_pour_tous_les_etudiants_credit_sophie_chapelle.jpg
    https://www.bastamag.net/IMG/jpg/rassemblement_devant_le_crous_a_lyon_12_novembre_2019-credit_sophie_chapelle.jpg
    https://www.bastamag.net/IMG/jpg/message_publie_par_le_jeune_etudiant_avant_de_s_immoler_devant_le_crous_credit_sophie_chapelle.jpg
    https://www.bastamag.net/IMG/jpg/message_tagge_sur_le_batiment_du_crous_credit_sophie_chapelle.jpg
    https://www.bastamag.net/IMG/jpg/photos_residence_mermoz_pour_bastamag-credit_comite_de_lutte.jpg

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  • Ouverture de l’assurance-chômage aux démissionnaires : une arnaque ?
    https://www.bastamag.net/Pole-emploi-reforme-assurance-chomage-indemnites-salaries-demissionnaires-

    Ouvrir les droits à l’assurance-chômage aux démissionnaires ou aux indépendants figure parmi les promesses du candidat Macron. C’est chose faite, assure le gouvernement. Mais selon les agents du pôle emploi, les conditions d’attribution sont si drastiques que la plupart des intéressés ne pourront en bénéficier. « Bonjour, je viens de démissionner. J’ai entendu dire que je pouvais avoir des droits. » Cette phrase, nombreux sont les agents du Pôle emploi à l’avoir entendue ces derniers mois, tant la (...) #Décrypter

    / Emploi , #Inégalités, #Protections_sociales, A la une

    #Emploi_

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  • « Je n’ai jamais vu ça, un durcissement aussi violent » : des agents de Pôle emploi « horrifiés » par la réforme
    https://www.bastamag.net/reforme-assurance-chomage-pole-emploi-indemnisation-droits-rechargeables-C

    La réforme de l’Assurance-chômage entre en vigueur ce 1er novembre. 1,3 millions de demandeurs d’emploi, dont les plus précaires, verront leurs indemnités baisser dans l’année qui vient. Basta ! a rencontré des agents de Pôle #Emploi_qui décryptent le nouveau système et ses conséquences. C’est une véritable machine à fabriquer de la pauvreté qui va se mettre en branle à partir du 1er novembre. Même les agents du Pôle emploi en prennent le vertige. « Je n’ai jamais vu ça, un tel durcissement, aussi violent, (...) #Décrypter

    / Emploi , #Classes_populaires, #Protections_sociales, #Inégalités, A la une

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  • #Crises sociales, crises démocratiques, crise du #néolibéralisme
    21 OCTOBRE 2019
    PAR #ROMARIC #GODIN

    Les tensions sociales dans le monde ont un point commun : le rejet des #inégalités et de la perte de contrôle démocratique. Le moteur de la #contestation pourrait bien être la perte de pertinence face aux défis actuels du néolibéralisme, qui aggrave sa propre #crise et ouvre la porte à l’affrontement.

    Les militaires dans les rues de Santiago du #Chili, la place Urquinaona de #Barcelone en flammes, des barricades qui hérissent les rues de #Beyrouth… Pendant que la France politique et médiatique se passionne pour un voile, le monde semble s’embraser. Car ces scènes d’#émeutes violentes qui ont marqué les derniers jours ne sont pas isolées. Elles viennent après des scènes similaires en #Équateur, en #Haïti (où le soulèvement populaire se poursuit), en #Irak, en #Égypte, en #Indonésie, à #Hong_Kong, en #Colombie… Sans compter les mouvements moins récents au Zimbabwe, au Nicaragua, en Roumanie et en Serbie durant l’hiver dernier ou, bien sûr, le mouvement des #gilets_jaunes en France.

    Évidemment, il est possible de ne voir dans tous ces événements que des mouvements locaux répondant à des cas précis : la pauvreté endémique en Haïti, la persistance du militarisme de la droite chilienne, la dollarisation partielle ou totale des économies équatorienne et libanaise, le refus de l’#Espagne de reconnaître l’existence d’une « question catalane » ou encore l’aspiration démocratique de Hong Kong. Toutes ces explications sont justes. Mais sont-elles suffisantes ? Les mouvements sociaux ou démocratiques locaux ont toujours existé, mais qu’on le veuille ou non, la particularité du moment est bien qu’ils surgissent au même moment. Immanquablement, cet aspect contemporain des #révoltes sur les cinq continents amène à penser qu’il existe bien un lien entre elles.

    Le néolibéralisme veut vivre et aggrave sa propre crise

    Ce lien pourrait bien se trouver dans la grande crise dans laquelle le monde est entré en 2007-2008. Au-delà de ce qu’en retiennent la plupart des observateurs, le « grand krach » qui a suivi la faillite de Lehman Brothers le 15 septembre 2008, cette crise est bien plus profonde et elle s’est poursuivie jusqu’à nos jours. Car ce n’est pas une simple crise financière ou économique, c’est la crise d’un mode de gestion du capitalisme, le néolibéralisme, qui se fonde sur la mise au service du capital de l’État, la financiarisation de l’économie et la marchandisation de la société.

    Comme celle des années 1930 ou 1970, la crise actuelle remet en cause profondément le fonctionnement contemporain du capitalisme. Ces crises sont souvent longues et accompagnées de périodes de troubles. Comme l’a montré l’historien Adam Tooze dans Le Déluge (Les Belles Lettres, 2015), la crise de 1929 n’est pas le début d’une perturbation du capitalisme, laquelle a commencé pendant la Première Guerre mondiale et n’a réellement trouvé son issue qu’après cette Grande Guerre. Quant au néolibéralisme, il ne s’est imposé que dans les années 1990, vingt ans après le début de la crise de l’ancien paradigme.

    Aujourd’hui encore, la crise est longue et s’approfondit à mesure que le néolibéralisme se débat pour ne pas mourir. Or en voulant survivre, il pousse le monde dans l’abîme. Car, certes, le néolibéralisme a survécu au choc de 2008 et il a même pu revenir après 2010 pour proposer comme solutions au monde l’austérité budgétaire et les « réformes structurelles » visant à détruire les protections des travailleurs et des plus fragiles. Mais en cherchant à rester dominant, le néolibéralisme a encore approfondi sa propre crise.

    Le premier salut de ce système économique mondial a été en effet une fuite en avant dans la croissance menée principalement par un régime chinois soucieux de continuer à alimenter la demande occidentale, dont vit son système économique. Et cette fuite en avant s’est traduite par une surproduction industrielle inouïe qui n’est pas pour rien dans la dégradation brutale de la situation climatique actuelle. Quelques chiffres le prouveront aisément. La Chine produit en deux ans plus d’acier que le Royaume-Uni, qui fut longtemps le premier producteur mondial, en 150 ans et plus de ciment que les États-Unis au cours de tout le XXe siècle. Cette stratégie a échoué. Elle a conduit à un ajustement de l’économie chinoise qui a frappé directement ses fournisseurs émergents, du Brésil à l’Argentine en passant par l’Équateur et le Venezuela. Tous ont vu disparaître la manne des matières premières et ont dû ajuster leurs politiques.

    L’autre moteur de la sauvegarde du néolibéralisme a été la politique monétaire conçue comme un moyen d’éviter toute relance budgétaire dans les pays occidentaux, mais qui, en réalité, n’est parvenue à sauver que le secteur financier et les grands groupes multinationaux. Ce plan de sauvetage du néolibéralisme a profondément échoué. La croissance mondiale n’a pas redécollé et la productivité est au plus bas malgré la « révolution technologique ». Le secteur privé investit trop peu et souvent mal. Depuis quelques mois, l’économie mondiale est entrée dans une phase de nouveau ralentissement.

    Dans ces conditions, l’application continuelle des réformes néolibérales pour sauvegarder les marges des entreprises et les revenus des plus riches a eu également un effet aggravant. On l’a vu : les profits sont mal ou peu investis, la productivité ne cesse de ralentir et la richesse à partager est donc moins abondante. Mais puisque, pour réagir à ce ralentissement, on donne encore la priorité aux riches et aux entreprises, donc à ceux qui investissent mal ou peu, alors les inégalités se creusent encore plus. Dans cette logique, dès qu’un ajustement doit avoir lieu, on réclame aux plus modestes une part d’effort plus importante : par une taxe proportionnelle comme celle sur les appels Whatsapp au Liban, par la fin des subventions pour les carburants en Équateur ou en Haïti ou encore par la hausse du prix des transports publics au Chili. Toutes ces mesures touchent de plein fouet les besoins des populations pour travailler et générer des revenus.

    Quand bien même le différentiel de croissance rapprocherait les économies émergentes de celles de pays dits plus avancés et ainsi réduirait les inégalités au niveau mondial, dans tous les pays, les inégalités nationales se creusent plus que jamais. C’était le constat que faisait l’économiste Branko Milanović dans Inégalités Mondiales (2016, traduit par La Découverte en 2018) qui y voyait un retour de la question des classes sociales. C’est donc bien à un retour de la lutte de classes que l’on assiste au niveau mondial.

    Longtemps, on a pensé que la critique du néolibéralisme était un « privilège de riches », réservée aux pays les plus avancés qui ne connaissaient pas les bienfaits de ce système. D’une certaine façon, la hausse des inégalités était le prix à payer pour le développement. Et il fallait l’accepter au nom de ces populations que l’on sortait de la misère. Mais ce discours ne peut plus fonctionner désormais et c’est la nouveauté de la situation actuelle. La contestation atteint les pays émergents. Le coup d’envoi avait été donné dès 2013 au Brésil, juste après le retournement du marché des matières premières, avec un mouvement social inédit contre les mesures de Dilma Rousseff prévoyant une hausse du prix des transports publics. Désormais, la vague s’intensifie et touche des pays qui, comme le Chili, ont longtemps été présentés par les institutions internationales comme des exemples de réussite et de stabilité.

    Dans ces pays émergents, le ressort du néolibéralisme s’est aussi brisé. Son besoin de croissance et de concurrence le mène dans l’impasse : alors que la croissance est moins forte, la réalité des inégalités apparaît tandis que les hausses passées du niveau de vie font perdre de la compétitivité dans un contexte de ralentissement du commerce mondial. Le mirage d’un rattrapage des niveaux de vie avec les pays les plus avancés, la grande promesse néolibérale, disparaît avec les mesures déjà citées. Aucune solution n’est proposée à ces populations autre qu’une nouvelle paupérisation.

    Le retour de la question sociale

    Mais le néolibéralisme n’en a que faire. Enfermé dans sa logique de croissance extractiviste et comptable, il s’accroche à ses fantômes : la « théorie du ruissellement », la courbe de Laffer ou encore le « théorème de Coase » voulant que les questions de justice distributive doivent être séparées de la réalité économique. Il le fait grâce à un autre de ses traits saillants : « l’encadrement » de la démocratie. « L’économique » ne saurait relever du choix démocratique, il doit donc être préservé des « affects » de la foule ou, pour reprendre le mot devenu célèbre d’Emmanuel Macron, de ses « passions tristes ». Mais cet enfermement est de moins en moins possible alors que les inégalités se creusent et que la crise climatique s’exacerbe. Après cinq décennies de démocratie encadrée, les populations réclament que l’on prenne en compte leurs urgences et non plus celles des « marchés » ou des « investisseurs ».

    La crise actuelle du néolibéralisme a donc trois faces : une crise écologique, une crise sociale et une crise démocratique. Le système économique actuel est incapable de répondre à ce qui devient trois exigences profondes. Face à l’urgence écologique, il propose de répondre par les marchés et la répression fiscale de la consommation des plus faibles. Face à l’urgence sociale et démocratique, la réponse est l’indifférence. Car en réalité, répondre à ces demandes supposerait un changement profond de paradigme économique.

    Investir pour le climat supposerait ainsi de réorienter entièrement les investissements et de ne plus fonder l’économie uniquement sur une croissance tirée par les bulles immobilières et financières. Cela supposerait donc une remise à plat complète du système de création monétaire, ce qui est en germe dans le Green New Deal proposé aux États-Unis et qui effraie tant les économistes néolibéraux. Car, dès lors, la transition climatique ne se fera plus contre les classes sociales fragilisées mais avec elles. En assurant une redistribution massive des ressources au détriment des plus riches, on donnera ainsi aux classes les plus modestes les moyens de vivre mieux sans détruire la planète. Enfin, une association plus étroite des populations aux décisions permettrait de contrôler que ces dernières ne se font pas pour l’avantage des plus riches et du capital, mais bien de l’intérêt commun. Or, c’est précisément ce que le néolibéralisme a toujours rejeté : cette capacité de la démocratie à « changer la donne » économique. Précisément ce dont le monde a besoin aujourd’hui.

    Autrement dit : ces trois urgences et ces trois exigences sont profondément liées. Reposer la question sociale, c’est nécessairement aujourd’hui poser une question démocratique et écologique. Mais comme ce changement est profondément rejeté par le néolibéralisme et les États qui sont acquis à sa logique, il ne reste alors que la rue pour exprimer son besoin. C’est ce qui est sur le point de se cristalliser aujourd’hui. Selon les régions, les priorités peuvent être différentes, mais c’est bien un même système qui est remis en cause, ce néolibéralisme global. Au reste, tous les mouvements connaissent une évolution où la question démocratique et sociale se retrouve, parfois avec des préoccupations écologiques conscientes. Partout, donc, la contestation est profonde et touche au système économique, social et politique.

    Dans une vidéo diffusée sur les réseaux sociaux samedi 19 octobre, on voit des policiers espagnols frappant les manifestants indépendantistes catalans dans les rues de Barcelone. Sur le mur, un graffiti en catalan se détache : « aço és llutta de classe », « ceci est une lutte de classe ». Derrière la question nationale catalane s’est toujours placée la revendication d’une société plus juste et redistributive. Lorsque frappe la répression, cette réalité reprend le dessus. La volonté de reprendre le contrôle démocratique en Catalogne traduit aussi des priorités sociales et écologiques (un des condamnés par la justice espagnol, Raül Romeva, a été un élu écologiste avant de rejoindre le mouvement indépendantiste).

    En France, le mouvement des gilets jaunes ne s’est pas arrêté à une simple « jacquerie fiscale » et la fin de la hausse de la taxe carbone n’a pas mis fin au mouvement. Ce dernier a remis en cause la pratique démocratique du pays et la politique anti-redistributive du gouvernement et le mouvement a même rejoint les mouvements écologistes, comme l’a montré l’occupation d’Italie 2 début octobre. Les angoisses de « fin du mois » et de « fin du monde » commencent à converger. En Équateur, la situation est assez comparable : la lutte contre la fin des subventions à l’essence a permis de mettre en avant l’ampleur des inégalités touchant les populations autochtones, lesquelles sont depuis des années en révolte contre la logique extractiviste de gouvernements à la recherche de dollars.

    Au Liban, où sept personnes détiennent l’équivalent d’un quart du PIB, le rejet du plan de « réformes » prévoyant taxes pour les plus pauvres et privatisations s’est aussi accompagné d’un rejet du gouvernement qui, pourtant, regroupe l’essentiel des partis du pays. Ce lien entre mouvement social et démocratisation est également évident au Chili. À Hong Kong, la contestation démocratique contre un régime chinois qui cherche à tout prix à cacher la crise de son modèle économique a pris un tournant social évident.

    Cette crise n’est qu’un début. Rien ne permet d’espérer que cette crise néolibérale se règle rapidement, bien au contraire. Aux pressions sociales vont s’ajouter les catastrophes climatiques à répétition, comme celles qu’ont connues les Caraïbes depuis quelques années, qui ne feront que dégrader les conditions sociales. Surtout, les États semblent incapables de trouver d’autres solutions que celles issues du bréviaire néolibéral. Certes, en Équateur ou au Liban, les manifestants ont obtenu satisfaction avec le retrait des projets contestés. Au Liban, une mesure redistributive, une taxe sur les bénéfices bancaires a même été accordée. Mais ces victoires sont fragiles et, comme on l’a vu, elles n’épuisent ni les problèmes sous-jacents, ni les revendications démocratiques.

    Confronté à ce conflit permanent et à la contestation de son efficacité, le néolibéralisme pourrait alors se durcir et se réfugier derrière la « violence légitime » de l’État pour survivre. Comme Emmanuel Macron en France qui justifie toutes les violences policières, Pedro Sánchez en Espagne, qui n’a visité que des policiers blessés à Barcelone ce 21 octobre ou Sebastián Piñera, le président chilien invité du G7 de Biarritz en septembre, qui a fait ses annonces sous le regard de militaires comme jadis Augusto Pinochet… Ce dernier a ouvertement déclaré : « Nous sommes en guerre », à propos des manifestants. La guerre sociale devient donc mondiale et elle implique le néolibéralisme et ses défenseurs contre ses opposants.

    Devant la violence de cette guerre et l’incapacité des gouvernants à dépasser le néolibéralisme, on assisterait alors à une convergence du néolibéralisme, autrement dit de la défense étatique des intérêts du capital, avec les mouvements néofascistes et nationalistes, comme cela est le cas depuis longtemps déjà dans les anciens pays de l’Est ou, plus récemment, dans les pays anglophones, mais aussi désormais en Inde et en Chine. Le besoin de stabilité dont le capital a si impérieusement besoin ne pourrait alors être acquis que par une « militarisation » de la société qui accompagnerait sa marchandisation. Le néolibéralisme a prouvé qu’il n’était pas incompatible avec cette évolution : son laboratoire a été… le Chili de Pinochet, un pays alors verrouillé pour les libertés, mais fort ouvert aux capitaux étrangers. Ce retour de l’histoire pourrait être un présage sinistre qui appelle désormais à une réflexion urgente sur la construction d’une alternative sociale, écologique et démocratique.

    https://www.mediapart.fr/journal/international/211019/crises-sociales-crises-democratiques-crise-du-neoliberalisme?onglet=full

    https://seenthis.net/messages/807318 via kaparia


  • « Avec la réforme, les #Retraites de demain ne seront pas suffisantes pour maintenir son niveau de vie »
    https://www.bastamag.net/Reforme-des-retraites-systeme-a-points-penibilite-age-de-depart-duree-de-c

    La réforme des retraites voulu par Emmanuel Macron fait basculer le système par répartition vers un système individualisé, à points. Chacun vivra dans l’illusion qu’il reste maître du niveau de sa future pension, mais exercer un métier pénible ou précaire, connaître des périodes de chômage, se retrouver en invalidité sont autant de facteur qui feront baisser les points accumulés. Entretien avec l’économiste Michaël Zemmour. Basta ! : Cette réforme, et le passage à un système à points, sera-t-elle plus (...) #Décrypter

    / #Luttes_sociales, Quel avenir pour nos protections sociales ?, #Entretiens, Retraites, #Inégalités, A la (...)

    #Quel_avenir_pour_nos_protections_sociales_ ?

    https://seenthis.net/messages/806614 via Basta !


  • Procès de l’accident mortel d’un cordiste : « Pourquoi le parquet a-t-il oublié la société Cristanol ? »
    https://www.bastamag.net/mort-au-travail-cordistes-en-colere-proces-Reims-cristal-union-sucre-Daddy

    Le tribunal correctionnel de Reims jugeait l’accident mortel de Quentin Zaraoui-Bruat, jeune cordiste enseveli en 2017 sous des centaines de tonnes de matière, dans un silo du groupe Cristal Union. Mais l’entreprise donneuse d’ordre ne figurait pas sur le banc des accusés. « Je n’ai pas l’impression d’avoir assisté à un procès. C’était surréaliste... Une parodie de #Justice. » Frédérique Bruat trouve la force de prendre la parole à la sortie du Palais de justice de Reims, ce 4 octobre. Valérie, sa sœur, n’y (...) En bref

    / #Syndicalisme, #Reportages, #Conditions_de_travail, Justice, #Inégalités

    https://www.bastamag.net/IMG/jpg/4o5a3225.jpg

    https://seenthis.net/messages/806156 via Basta !


  • Le vrai bilan du CAC 40 : des profits considérables pour quelques-uns, les coûts pour tous les autres
    https://www.bastamag.net/CAC40-dividendes-actionnaires-licenciements-salaires-grands-patrons-inegal

    Salaires, dividendes, gaz à effet de serre, égalité entre hommes et femmes, droits des travailleurs, pollutions... L’Observatoire des #Multinationales publie la deuxième édition du « Véritable bilan annuel des grandes entreprises françaises », une radiographie du CAC 40 que vous ne trouverez nulle part ailleurs, car elle ne part pas du point de vue des marchés financiers, mais de l’intérêt général. En voici les grandes lignes en matière sociale. L’Observatoire des multinationales publie aujourd’hui la (...) #Décrypter

    / #Enquêtes, Emploi , #Inégalités, #Revenus, #Capitalisme, Multinationales, #Finance, A la (...)

    #Emploi_
    https://www.bastamag.net/IMG/pdf/cr_2019_def.pdf

    https://seenthis.net/messages/803696 via Basta !


  • Allions-nous, réinventons la vie ensemble et décolonisons l’imaginaire de l’exploration #MissionStarTrekTerre ! Nous sommes tous des terrestres sur la même terre, respirant le même air, buvant la même eau. « Redécouvir la terre », un texte fondamental de Pierre Charbonnier, Bruno Latour et Baptiste Morizot, 2017 http://traces.revues.org/7071 #ElitesHorsSol
    #terre #sol #classe #géoclasse #viesurterre #capitalisme #déni #climat #biodiversité #vivant #nonhumains #animés #politique #diplomatie #effondrement #collapsologie #mondialisation #écologie #inégalité #giletsjaunes #Trump #Macron #youth4climate #cohabitation #permaculture


  • Une IA capable de détecter le cancer du sein
    https://usbeketrica.com/article/ia-capable-detecter-cancer-sein
    https://static.usbeketrica.com/images/thumb_840xh/5cd527f8ad0b8.png

    Une équipe de chercheurs du MIT a mis au point une intelligence artificielle capable de détecter un cancer du sein jusqu’à cinq ans avant sa formation, quelle que soit la couleur de peau de la patiente.

    Chaque année, on compte 54 000 nouvelles personnes touchées par le cancer du sein en France, ce qui en fait le cancer le plus répandu chez les femmes. Malgré des campagnes de dépistage importantes, de nombreux cas sont repérés trop tard pour être soignés efficacement. Face à cet enjeu, des chercheurs du Massachusetts Institute of Technology (MIT) essaient d’intégrer l’intelligence artificielle à leurs recherches afin de dépister le cancer plus tôt. Les résultats de leurs travaux ont été publiés, mardi 7 mai, dans la revue Radiology.

    L’intelligence artificielle sur laquelle travaille le MIT permettrait de prédire un cancer du sein jusqu’à cinq ans avant son apparition, à travers l’analyse d’une simple mammographie. Pour arriver à ce résultat, les chercheurs ont analysé les données de plus de 60 000 patientes issues de l’Hôpital général du Massachusetts, précise le site du MIT. Comme les images utilisées avaient été prises plusieurs années auparavant, les chercheurs ont été en mesure d’apprendre à la machine quelles mammographies correspondaient à des femmes ayant développé le cancer du sein et lesquelles ne présentaient aucun signe de cancer.
    Une IA (un peu) plus inclusive

    Pour rendre leur intelligence artificielle plus équitable, les scientifiques lui ont montré des données représentatives de différentes couleurs de peau (l’enjeu étant de permettre à l’IA de repérer les signes avant-coureurs d’un cancer aussi bien sur des personnes blanches que non blanches). Verdict des chercheurs : « Cela fonctionne aussi bien sur des patientes noires que sur des personnes blanches ».

    Données issues d’une étude publiée en 2014 sur le site Wiley Online Library

    La diversité des données reste toutefois très faible, puisque seulement 5 % d’entre elles concernent des femmes noires et 4 % des femmes asiatiques, alors que 81 % proviennent de patientes à la peau blanche. Les chercheurs du MIT cherchent à inclure encore davantage les minorités dans leurs recherches, comme ils l’expliquent au site Engadget : « Nous continuons activement les collaborations avec d’autres hôpitaux pour faire en sorte que notre modèle soit équitable et qu’il fonctionne sur des populations diverses. »
    Un enjeu d’avenir

    Ces enjeux deviennent de plus en plus importants à mesure que l’intelligence artificielle fait son entrée dans le domaine de la santé et de la médecine prédictive. Aujourd’hui, aux États-Unis, les femmes noires ont 42% plus de risques de mourir d’un cancer du sein que les femmes blanches, précise le MIT. Parallèlement, les femmes noires, hispaniques et asiatiques développent le cancer du sein plus tôt en moyenne que les femmes blanches. Et avec le recours à l’intelligence artificielle, ces inégalités risquent encore s’amplifier si les données fournies aux IA ne sont pas plus représentatives.

    Pour gommer ces biais, il s’agit donc de renouveler et diversifier les données médicales. Et il y a fort à faire en la matière puisque, depuis vingt ans, les inégalités liées à la couleur de peau face au cancer n’ont pas diminué, comme le montre une étude publiée en 2014. Elles auraient même augmenté dans le cas du cancer du sein.

    #inégalités #cancer_du_sein #MIT #IA #prédictions_médicales

    https://seenthis.net/messages/795167 via vraiment


  • Pauvreté: la misère des indicateurs

    Alors que l’#ONU s’était félicitée de la diminution de l’#extrême_pauvreté de moitié, la pauvreté, elle, aurait au contraire augmenté depuis 1990. Tout dépend des critères retenus.

    Eradiquer l’extrême pauvreté et réduire de moitié la pauvreté dans le monde. Tels sont les deux premiers buts que se sont fixés les Nations Unies d’ici à 2030 dans le cadre des Objectifs du développement durable (#Agenda_2030). Est-ce réaliste ? Tout dépend de la façon dont seront calculés les résultats !

    En 2015, l’ONU avait annoncé avoir atteint sa cible fixée en l’an 2000 : l’extrême pauvreté avait été réduite de moitié. Pourtant, son mode de calcul est largement contesté aujourd’hui. Non seulement, il n’est pas aisé de mesurer la pauvreté, mais la méthode choisie peut répondre avant tout à des considérations idéologiques et politiques.

    Selon le multimilliardaire #Bill_Gates, s’appuyant sur les chiffres de l’ONU, le monde n’a jamais été meilleur qu’aujourd’hui. Selon d’autres voix critiques, la pauvreté a en réalité progressé depuis les années 1980. Où est la vérité ?

    Le Courrier a voulu en savoir davantage en interrogeant #Sabin_Bieri, chercheuse au Centre pour le développement et l’environnement de l’université de Berne. La spécialiste était invitée récemment à Genève dans le cadre d’une table ronde consacrée à la lutte contre la pauvreté, organisée par la Fédération genevoise de coopération.

    L’ONU s’était félicitée de la réduction de l’extrême pauvreté de moitié (Objectifs du millénaire). Est- ce que cela correspond à la réalité des faits ?

    Sabin Bieri : Si l’on prend le critère qu’elle a choisi pour l’évaluer (élaboré par la #Banque_mondiale), à savoir un revenu de 1,25 dollar par jour pour vivre (1,9 à partir de 2005), c’est effectivement le cas, en pourcentage de la population mondiale. Mais pour arriver à ce résultat, la Banque mondiale a dû modifier quelques critères, comme considérer la situation à partir de 1990 et pas de 2000.

    Ce critère de 1,9 dollar par jour pour évaluer l’extrême pauvreté est-il pertinent justement ?

    Ce chiffre est trop bas. Il a été choisi en fonction de quinze pays parmi les plus pauvres du monde, tout en étant pondéré dans une certaine mesure par le pouvoir d’achat dans chaque pays. Ce seuil n’est vraiment pas adapté à tous les pays.

    Et si une personne passe à trois dollars par jour, cela ne signifie pas que sa qualité de vie se soit vraiment améliorée. De surcroît, la majeure partie de cette réduction de l’extrême pauvreté a été réalisée en #Chine, surtout dans les années 1990. Si on enlève la Chine de l’équation, la réduction de l’extrême pauvreté a été beaucoup plus modeste, et très inégale selon les continents et les pays. On ne peut donc plus s’en prévaloir comme un succès de la politique internationale ! L’extrême pauvreté a beaucoup augmenté en #Afrique_sub-saharienne en particulier.

    Tout cela est-il vraiment utile alors ?

    Il est pertinent de parvenir à une comparaison globale de la pauvreté. Je vois surtout comme un progrès le discours public qui a émergé dans le cadre de ces Objectifs du millénaire. La réduction de l’extrême pauvreté est devenue une préoccupation centrale. La communauté internationale ne l’accepte plus. Un débat s’en est suivi. Accepte-t-on de calculer l’extrême pauvreté de cette manière ? Comment faire autrement ? C’est là que j’y vois un succès.

    Dans ses travaux, le chercheur britannique #Jason_Hickel considère que la Banque mondiale et l’ONU ont choisi ces chiffres à des fins idéologiques et politiques pour justifier les politiques néolibérales imposées aux pays du Sud depuis la fin des années 1980. Qu’en pensez-vous ?

    Ce n’est pas loin de la réalité. Ce sont des #choix_politiques qui ont présidé à la construction de cet #indice, et son évolution dans le temps. La Banque mondiale et le #Fonds_monétaire_international ont mené des politiques d’#austérité très dures qui ont été vertement critiquées. Si on avait montré que la pauvreté avait augmenté dans le même temps, cela aurait questionné l’efficacité de ces mesures. Au-delà, ces #chiffres sur l’extrême pauvreté sont utilisés par nombre de personnalités, comme le professeur de l’université d’Harvard #Steven_Pinker pour justifier l’#ordre_mondial actuel.

    Certains experts en #développement considèrent qu’il faudrait retenir le seuil de 7,4 dollars par jour pour mesurer la pauvreté. A cette aune, si l’on retire les performances de la Chine, non seulement la pauvreté aurait augmenté en chiffres absolus depuis 1981, mais elle serait restée stable en proportion de la population mondiale, à environ 60%, est-ce exact ?

    Oui, c’est juste. Nombre de pays ont fait en sorte que leurs citoyens puissent vivre avec un peu plus de 2 dollars par jour, mais cela ne signifie pas qu’ils aient vraiment augmenté leur #standard_de_vie. Et le plus grand souci est que les #inégalités ont augmenté depuis les années 1990.

    Une mesure plus correcte de la pauvreté existe : l’#Indice_de_la_pauvreté_multidimensionnelle (#IPM). Qui l’a développé et comment est-il utilisé aujourd’hui dans le monde ?

    Cet indice a été créé à l’université d’Oxford. Adapté par l’ONU en 2012, il est composé de trois dimensions, #santé, #éducation et #standard_de_vie, chacune représentée par plusieurs indicateurs : le niveau de #nutrition, la #mortalité_infantile, années d’#école et présence à l’école, et le #niveau_de_vie (qui prend en compte l’état du #logement, l’existence de #sanitaires, l’accès à l’#électricité, à l’#eau_potable, etc.). L’indice reste suffisamment simple pour permettre une #comparaison au niveau mondial et évaluer l’évolution dans le temps. Cela nous donne une meilleure idée de la réalité, notamment pour les pays les moins avancés. Cela permet en théorie de mieux orienter les politiques.

    https://lecourrier.ch/2019/06/13/pauvrete-la-misere-des-indicateurs
    #indicateurs #pauvreté #statistiques #chiffres #ressources_pédagogiques #dynamiques_des_suds

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  • Le père (4/4) : Faut-il abolir le patriarcat ?
    https://www.franceculture.fr/emissions/les-chemins-de-la-philosophie/le-pere-44-faut-il-abolir-le-patriarcat
    https://cdn.radiofrance.fr/s3/cruiser-production/2019/06/29d33334-f775-44b0-a8ca-8d139cd9e4f9/838_gettyimages-496213714.jpg

    Cette question ! C’est en ce moment #femmes #féminisme #inégalités

    Comment définir le patriarcat ? Est-ce un geste si évident, si naturel, que de faire découler du père tout un ordre politique ?

    Manon Garcia, philosophe, est Junior Fellow à la Society of Fellows de l’université de Harvard
    https://cdn.radiofrance.fr/s3/cruiser-production/2018/08/4fd1bc7b-366b-49b9-a79f-8e59a74d45b6/250_97820814394120-5310369.webp

    https://seenthis.net/messages/786959 via odilon


  • The deadly effects of social inequality | News | Harvard T.H. Chan School of Public Health
    https://www.hsph.harvard.edu/news/features/cutter-lecture-michael-marmot-inequality
    https://cdn1.sph.harvard.edu/wp-content/uploads/sites/21/2019/05/Cutter-Marmot.jpeg

    Marmot said that it is the social conditions surrounding poverty that cause health inequities. For example, stressful experiences in childhood such as exposure to #violence on the street can lead to mental illness, risky behaviors, and a lifetime of poor health outcomes. He said that one of the ways that the root causes of health inequities could be addressed would be to reduce childhood poverty. The U.S. and U.K. have the financial capability to do so Marmot said—adding that not doing it is a political decision.

    #pauvreté #inégalités #enfants #politique #états-unis #royaume-uni

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  • Global inequality: Do we really live in a one-hump world?

    There is a powerful infographic that has been circulating on social media for a couple of years now. It illustrates a dramatic transformation from a “two hump world” in 1975 to a “one hump world” today. It was created by Hans Rosling and Gapminder, and has been reproduced and circulated by Max Roser and Our World in Data. Take a look:
    https://i.imgur.com/alwfFV7.png

    It is an astonishing image. In his post on inequality, Roser uses this graph to conclude: “The poorer countries have caught up, and world income inequality has declined.” Hans Rosling went further, saying that thinking about the world in terms of North and South is no longer a useful lens, as the South has caught up to the North. Bill Gates has used the graph to claim that “the world is no longer separated between the West and the Rest.” Steven Pinker leveraged it for the same purpose in his book Enlightenment Now. And Duncan Green recently wrote that income inequality is no longer about a divide between nations or regions of the world, but rather between social groups within the global population as a whole.

    Indeed, the graph gives the impression that all of the world’s people are basically in the same income bubble: whether you’re in Europe, Asia or the Americas, we’re all in the same hump, with a smooth, normal distribution. Clearly globalization has abolished that old colonial divide between North and South, and has worked nicely in favour of the majority of the world’s population. Right?

    Well, not quite. In fact, this impression is exactly the opposite of what is actually happening in the world.

    There are a few things about this graph that we need to keep in mind:

    First of all, the x axis is laid out on a logarithmic scale. This has the effect of cramming the incomes of the rich into the same visual space as the incomes of the poor. If laid out on a linear scale, we would see that in reality the bulk of the world’s population is pressed way over to the left, while a long tail of rich people whips out to the right, with people in the global North capturing virtually all of the income above $30 per day. It’s a very different picture indeed.

    Second, the income figures are adjusted for PPP. Comparing the incomes of rich people and poor people in PPP terms is problematic because PPP is known to overstate the purchasing power of the poor vis-a-vis the rich (basically because the poor consume a range of goods that are under-represented in PPP calculations, as economists like Ha-Joon Chang and Sanjay Reddy have pointed out). This approach may work for measuring something like poverty, or access to consumption, but it doesn’t make sense to use it for assessing the distribution of income generated by the global economy each year. For this, we need to use constant dollars.

    Third, the countries in the graph are grouped by world region: Europe, Asia and the Pacific, North and South America, Africa. The problem with this grouping is that it tells us nothing about “North and South”. Global North countries like Australia, New Zealand and Japan are included in Asia and Pacific, while the Americas include the US and Canada right alongside Haiti and Belize. If we want to know whether the North-South divide still exists, we need a grouping that will actually serve that end.

    So what happens if we look at the data differently? Divide the world’s countries between global South and global North, use constant dollars instead of PPP, and set it out on a linear axis rather than a logarithmic one. Here’s what it looks like. The circle sizes represent population, and the x axis is average income (graphics developed by Huzaifa Zoomkawala; click through for more detail):

    https://i.imgur.com/4kwn8Kh.png

    Suddenly the story changes completely. We see that while per capita income has indeed increased in the global South, the global North has captured the vast majority of new income generated by global growth since 1960. As a result, the income gap between the average person in the North and the average person in the South has nearly quadrupled in size, going from $9,000 in 1960 to $35,000 today.

    In other words, there has been no “catch up”, no “convergence”. On the contrary, what’s happening is divergence, big time.

    This is not to say that Rosling and Roser’s hump graphs are wrong. They tell us important things about how world demographics have changed. But they certainly cannot be used to conclude that poor countries have “caught up”, or that the North-South divide no longer exists, or that income inequality between nations doesn’t matter anymore. Indeed, quite the opposite is true.

    Why is this happening? Because, as I explain in The Divide, the global economy has been organized to facilitate the North’s access to cheap labour, raw materials, and captive markets in the South - today just as during the colonial period. Sure, some important things have obviously changed. But the countries of the North still control a vastly disproportionate share of voting power in the World Bank and the IMF, the institutions that control the rules of the global economy. They control a disproportionate share of bargaining power in the World Trade Organization. They wield leverage over the economic policy of poorer countries through debt. They control the majority of the world’s secrecy jurisdictions, which enable multinational companies to extract untaxed profits out of the South. They retain the ability to topple foreign governments whose economic policies they don’t like, and occupy countries they consider to be strategic in terms of resources and geography.

    These geopolitical power imbalances sustain and reproduce a global class divide that has worsened since the end of colonialism. This injustice is conveniently elided by the one-hump graph, which offers a misleadingly rosy narrative about what has happened over the past half century.

    https://www.jasonhickel.org/blog/2019/3/17/two-hump-world

    #inégalités #monde #statistiques #visualisation #chiffres #évolution
    ping @reka

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  • L’inégalité est-elle au cœur des problèmes de société ?
    http://www.internetactu.net/2019/03/12/linegalite-est-elle-au-coeur-des-problemes-de-societe

    Les épidémiologistes britanniques Kate Pickett (@profkepickett) et Richard Wilkinson (@ProfRGWilkinson), cofondateurs de Equality Trust (@equalitytrust), publient Pour vivre heureux vivons égaux ! (Les liens qui libèrent, 2019), un imposant recueil d’arguments et d’études sur les effets de l’inégalité. C’est un livre qu’il faut certainement lire comme en contrepoint aux ouvrages de (...)

    #Articles #Enjeux #Economie_et_marchés #eDémocratie #inégalités

    https://seenthis.net/messages/766510 via InternetActu [RSS]


  • LA SOUS REMUNERATION DES FEMMES PARMI LES ARTISTES-AUTEURS AFFILIES EST GENERALE ET ENCORE PIRE QUE CELLE OBSERVEE CHEZ LES SALARIES - CAAP
    http://caap.asso.fr/spip.php?article335

    A la base, il y a autant d’hommes que de femmes parmi les artistes-auteurs

    Si l’on considère l’ensemble des artistes-auteurs (affiliés ou non), on constate qu’il y a à peu près autant de femmes que d’hommes (47% de femmes en 2011 et 48,7% en 2013, source MDA-SS). Parmi les affiliés, globalement la proportion de femmes chute à 40%. (« affiliés » c’est-à-dire uniquement les artistes-auteurs ayant des revenus supérieurs au seuil d’affiliation ou ayant été affiliés à titre dérogatoire par la commission professionnelle ad hoc).

    • Dans tous les domaines de la création, les femmes ont des revenus très fortement inférieurs à ceux des hommes.

    Les graphes rouges ci-dessous sont extraits d’un document de l’IRCEC fondé sur les statistiques fournies par la MDA-sécurité sociale et l’AGESSA portant sur les revenus 2011 des artistes-auteurs affiliés.

    Les chiffres présentés seraient évidemment très différents s’ils concernaient l’ensemble des artistes-auteurs et non uniquement ceux qui ont les revenus les plus hauts. Il est donc important de garder à l’esprit qu’il s’agit d’une sous-population (les affiliés) et non de la population totale des artistes-auteurs.

    Pour autant, le constat est affligeant, quelle que soit leur proportion dans la population d’affiliés observée, les femmes ont systématiquement un revenu moyen très inférieur à celui des hommes.

    #inégalités #salaires #revenus #femmes #art #artistes-auteurices (svp) #visualisation

    https://seenthis.net/messages/766362 via odilon


  • « Si on arrête le train, c’est fini » : comment La Thiérache, dans l’Aisne, incarne l’abandon de la France rurale
    https://www.bastamag.net/Si-on-arrete-le-train-c-est-fini-comment-La-Thierache-dans-l-Aisne-incarne

    Dans le Nord de l’Aisne, département qui s’étend des frontières de l’Île-de-France à celles de la Belgique, se trouve une ancienne région historique, précieuse pour son patrimoine architectural, ses produits agricoles et sa biodiversité : la Thiérache. Traversée par deux routes nationales, elle n’offre guère d’autres commodités de transport à ses 100 000 habitants, alors même qu’elle a abrité, dès l’entre-deux-guerres, des sites majeurs des chemins de fer français. À moins de 200 kilomètres de Paris, elle (...)

    #Décrypter

    / A la une, #Reportages, #Classes_populaires, #Inégalités, #Transports, #Services_publics

    https://seenthis.net/messages/764566 via Basta !


  • #Suisse, #grève_féministe 14.6.2019

    Parce que nous en avons assez des #inégalités_salariales et des #discriminations dans le monde du #travail. Parce que nous voulons des rentes qui nous permettent de vivre dignement. Parce que nous voulons que le #travail_domestique, éducatif et de soins soit reconnu et partagé, de même que la charge mentale. Parce que nous nous épuisons à travailler, nous voulons réduire le #temps_de_travail.

    Parce que le #travail_éducatif et de soins doit être une préoccupation collective. Parce que nous revendiquons la #liberté de nos #choix en matière de #sexualité et d’#identité_de_genre. Parce que notre #corps nous appartient, nous exigeons d’être respectées et libres de nos choix. Parce que nous refusons la #violence_sexiste, homophobe et transphobe, nous restons debout ! Parce que nous voulons que la honte change de camp. Parce que lorsque nous venons d’ailleurs, nous vivons de multiples discriminations. Parce que le #droit_d’asile est un droit fondamental, nous demandons le droit de rester, lorsque nos vies sont en danger. Parce que l’école est le reflet de la société patriarcale, elle renforce les divisions et les hiérarchies fondées sur le sexe. Parce que nous voulons des cours d’#éducation_sexuelle qui parlent de notre corps, du #plaisir et de la #diversité_sexuelle. Parce que les espaces relationnels doivent devenir des lieux d’échange et de #respect réciproque. Parce que les institutions ont été conçues sur un modèle patriarcal et de classe dans lequel nous n’apparaissons qu’en incise. Parce que nous, actrices culturelles, sommes trop souvent peu considérées et reconnues. Parce que nous vivons dans une société qui véhicule des représentations stéréotypées de « la femme ». Parce que nous sommes solidaires avec les #femmes du monde entier. Parce que nous voulons vivre dans une société solidaire sans #racisme, sans #sexisme, sans homophobie et sans #transphobie. Pour toutes ces raisons et d’autres encore, nous ferons grève le14 juin 2019 !

    https://frauenstreik2019.files.wordpress.com/2019/02/belles-celles-qui-luttent.jpg
    https://frauenstreik2019.ch
    #respect #homophobie #patriarcat #résistance #stéréotypes #solidarité #féminisme #14_juin_2019

    https://i.imgur.com/tggSxfz.jpg

    https://seenthis.net/messages/764236 via CDB_77


  • L’inquiétante réforme de la #Justice votée par seulement 7 % des députés
    https://www.bastamag.net/L-inquietante-reforme-de-la-justice-votee-par-seulement-7-des-deputes

    Ce lundi 19 février, 42 députés – sur 577 – sont présents pour voter le projet de loi de programmation 2018-2022 pour la Justice. Un sujet crucial : celui-ci prévoit un bouleversement important de notre système judiciaire, déjà bien fragilisé. 31 députés contre 11 approuvent le projet de loi. Soit seulement 7 % des députés ! Les rares parlementaires qui ont pris la peine de se déplacer pour voter en faveur du texte n’ont eu que faire de l’opposition unanime des professionnels de justice. Depuis un an, (...)

    En bref

    / Démocratie !, #Inégalités, Justice

    #Démocratie_ !

    https://seenthis.net/messages/763933 via Basta !


  • BBC - Future - Are we on the road to civilisation collapse?
    http://www.bbc.com/future/story/20190218-are-we-on-the-road-to-civilisation-collapse
    http://ichef.bbci.co.uk/wwfeatures/live/624_351/images/live/p0/71/40/p07140sl.jpg

    Collapse can be defined as a rapid and enduring loss of population, identity and socio-economic complexity. Public services crumble and disorder ensues as government loses control of its monopoly on violence.

    [...]

    We may be more technologically advanced now. But this gives little ground to believe that we are immune to the threats that undid our ancestors. Our newfound technological abilities even bring new, unprecedented challenges to the mix.

    And while our scale may now be global, collapse appears to happen to both sprawling empires and fledgling kingdoms alike. There is no reason to believe that greater size is armour against societal dissolution. Our tightly-coupled, globalised economic system is, if anything, more likely to make crisis spread
    If the fate of previous civilisations can be a roadmap to our future, what does it say? One method is to examine the trends that preceded historic collapses and see how they are unfolding today.

    While there is no single accepted theory for why collapses happen, historians, anthropologists and others have proposed various explanations, including:
    CLIMATIC CHANGE: When climatic stability changes, the results can be disastrous, resulting in crop failure, starvation and desertification. The collapse of the Anasazi, the Tiwanaku civilisation, the Akkadians, the Mayan, the Roman Empire, and many others have all coincided with abrupt climatic changes, usually droughts.

    ENVIRONMENTAL DEGRADATION: Collapse can occur when societies overshoot the carrying capacity of their environment. This ecological collapse theory, which has been the subject of bestselling books, points to excessive deforestation, water pollution, soil degradation and the loss of biodiversity as precipitating causes.

    INEQUALITY AND OLIGARCHY: Wealth and political inequality can be central drivers of social disintegration, as can oligarchy and centralisation of power among leaders. This not only causes social distress, but handicaps a society’s ability to respond to ecological, social and economic problems.
    The field of cliodynamics models how factors such as equality and demography correlate with political violence. Statistical analysis of previous societies suggests that this happens in cycles. As population increases, the supply of labour outstrips demand, workers become cheap and society becomes top-heavy. This inequality undermines collective solidarity and political turbulence follows.

    COMPLEXITY: Collapse expert and historian Joseph Tainter has proposed that societies eventually collapse under the weight of their own accumulated complexity and bureaucracy. Societies are problem-solving collectives that grow in complexity in order to overcome new issues. However, the returns from complexity eventually reach a point of diminishing returns. After this point, collapse will eventually ensue.
    Another measure of increasing complexity is called Energy Return on Investment (EROI). This refers to the ratio between the amount of energy produced by a resource relative to the energy needed to obtain it. Like complexity, EROI appears to have a point of diminishing returns. In his book The Upside of Down, the political scientist Thomas Homer-Dixon observed that environmental degradation throughout the Roman Empire led to falling EROI from their staple energy source: crops of wheat and alfalfa. The empire fell alongside their EROI. Tainter also blames it as a chief culprit of collapse, including for the Mayan. 

    EXTERNAL SHOCKS: In other words, the “four horsemen”: war, natural disasters, famine and plagues. The Aztec Empire, for example, was brought to an end by Spanish invaders. Most early agrarian states were fleeting due to deadly epidemics. The concentration of humans and cattle in walled settlements with poor hygiene made disease outbreaks unavoidable and catastrophic. Sometimes disasters combined, as was the case with the Spanish introducing salmonella to the Americas.

    RANDOMNESS/BAD LUCK: Statistical analysis on empires suggests that collapse is random and independent of age. Evolutionary biologist and data scientist Indre Zliobaite and her colleagues have observed a similar pattern in the evolutionary record of species. A common explanation of this apparent randomness is the “Red Queen Effect”: if species are constantly fighting for survival in a changing environment with numerous competitors, extinction is a consistent possibility.

    #collapsologie #civilisations #complexité #climat #inegalités #pauvreté #oligarchie

    https://seenthis.net/messages/763012 via Kassem


  • Les ravages insoupçonnés des inégalités de richesse, Marie Charrel
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2019/02/25/les-ravages-insoupconnes-des-inegalites-de-richesse_5427810_3234.html

    Les pays où elles sont plus élevées souffrent plus que les autres d’un large éventail de problèmes sanitaires et sociaux, détaille un nouvel ouvrage.

    Les inégalités sont mauvaises pour la santé. A première vue, le constat posé par les épidémiologistes britanniques Richard Wilkinson et Kate Pickett semble relever de l’évidence. Mais il va beaucoup plus loin, ébranlant nombre de convictions et idées reçues sur la psychologie, les relations sociales, et la façon dont elles influent sur l’économie. « Dans les pays développés très inégalitaires, les plus #pauvres ne sont pas les seuls à voir leur santé et conditions de vie se dégrader, explique M. Wilkinson, professeur honoraire à l’université de Nottingham (Royaume-Uni), de passage à Paris. Celles de toutes les classes sociales sont affectées, y compris [celles des] plus aisés. » A l’exception, néanmoins, des 1 % les plus riches.
    L’ouvrage que sa consœur et lui viennent de publier, Pour vivre heureux, vivons égaux ! (Les Liens qui Libèrent, 416 p., 24,50 €), aussi truculent qu’implacable, passe en revue les travaux, statistiques et études publiés sur le sujet ces dernières années. Y compris ceux des auteurs, qui n’en sont pas à leur premier coup d’essai : leur premier livre abordant ces questions, paru en 2009, avait déjà marqué les esprits.

    Stress social
    Ils se concentrent ici sur les pays aux revenus élevés – Etats-Unis, Japon, Australie, Nouvelle-Zélande, et ceux de l’Union européenne (UE). Les corrélations qu’ils mettent en lumière donnent le vertige : les pays où les #inégalités sont les plus élevées souffrent beaucoup plus que les autres d’un large éventail de problèmes sanitaires et sociaux. Ils affichent ainsi une prévalence plus forte des maladies mentales, des problèmes d’addiction au jeu plus fréquents, un niveau scolaire moins bon, plus de harcèlement entre élèves à l’école, une moindre participation à la vie citoyenne, une envolée des comportements incivils…

    Et cela ne tient pas seulement au niveau de dépenses publiques et ou de protection sociale. « Les inégalités augmentent l’anxiété liée au statut social, les inquiétudes nées du jugement des autres » , détaille M. Wilkinson. Plus l’échelle des revenus est éclatée, plus ce #stress_social est répandu. Les ménages aux revenus moyens redoutent le déclassement, tandis que les foyers aux salaires bas craignent que leurs enfants n’aient pas une vie meilleure que la leur…

    Or ces angoisses, combinées à l’absence de mobilité sociale, nourrissent une série d’effets en cascade parfois surprenants. « Elles rendent les contacts dans la société plus difficiles, ajoute l’auteur. Peinant à y faire face, certains sombrent dans la dépression ou la phobie sociale, qui débutent parfois dès l’école. » D’autres se réfugient dans les addictions. D’autres, encore, développent un narcissisme exacerbé. Lorsque la compétition sociale est forte, l’idée qu’il faut se battre bec et ongles pour gravir l’échelle se propage – quitte à écraser les autres ou à rouler des mécaniques pour s’imposer.

    Narcissisme consumériste
    En outre, le besoin de témoigner de sa réussite est lui aussi plus intense : posséder une voiture de luxe, une grande maison, des vêtements de marque… En somme, le narcissisme consumériste est l’autre face de la #phobie_sociale, détaillent les auteurs. « Cela explique d’ailleurs pourquoi les dépenses publicitaires sont moins élevées dans les pays égalitaires, comme le Danemark », note M. Wilkinson. Le besoin d’afficher les signes extérieurs de richesse y est moins prégnant, le recours à la chirurgie esthétique y est moins fréquent…
    En intensifiant la compétition sociale et l’individualisme, les inégalités donnent naissance à une culture glorifiant la prise de risque, et « effaçant la frontière entre le leadership et la domination », ajoute-t-il. Ce qui favorise au passage l’épidémie de pervers narcissiques et le harcèlement moral en entreprise.

    L’ouvrage des deux épidémiologistes s’achève sur le constat également posé par l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) : l’explosion des inégalités est le fruit des mutations à l’œuvre depuis les années 1970 – précarisation des marchés du travail, effondrement du taux de syndicalisation, montée en puissance de la finance. Or, lorsqu’elles atteignent un niveau élevé, les inégalités finissent par peser sur la croissance et favoriser la stagnation économique. « Œuvrer à les réduire n’est donc pas seulement un impératif moral, souligne M. Wilkinson. C’est aussi une exigence économique et de santé publique. »

    « Difficile d’être très optimiste »
    Comment ? D’abord, en prenant en compte l’exigence environnementale. « En dégradant les conditions de vie, le changement climatique rend les inégalités plus explosives encore », résume l’épidémiologiste, qui esquisse une série de propositions : augmenter la taxation sur les hauts revenus tout en éradiquant les paradis fiscaux, insuffler plus de démocratie dans l’entreprise ou instaurer une forme de progressivité dans la fiscalité écologique. « Les changements à mettre en œuvre sont si conséquents qu’il est difficile d’être très optimiste », concède M. Wilkinson. Avant de conclure que l’espoir réside peut-être du côté des jeunes qui, depuis quelques semaines, manifestent en faveur de l’environnement dans plusieurs pays européens.

    #société_de_concurrence #livre

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