• Gérard #Noiriel : « Eric Zemmour légitime une forme de délinquance de la pensée »

    L’historien de l’immigration s’attache dans son dernier livre, « Le Venin dans la plume » (La Découverte), à montrer comment la rhétorique identitaire du polémiste est comparable aux imprécations antisémites d’Edouard Drumont. Il détaille son travail dans un entretien au « Monde ».

    Propos recueillis par Nicolas Truong

    Historien et directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS), Gérard Noiriel est l’auteur de nombreux ouvrages sur l’histoire de l’immigration en France, sur le #racisme, sur l’histoire de la classe ouvrière et sur les questions interdisciplinaires et épistémologiques en #histoire. Après Une histoire populaire de la France. De la guerre de Cent Ans à nos jours (Agone, 2018), il publie Le Venin dans la plume . Edouard Drumont, Eric Zemmour et la part sombre de la République (La Découverte, 252 pages, 19 euros, à paraître le 12 septembre), dans lequel il compare la grammaire identitaire des deux pamphlétaires nationalistes.

    On compare souvent la situation politique actuelle à celle des années 1930. Or, dans ce livre, vous expliquez que, pour comprendre la rhétorique réactionnaire d’aujourd’hui, il faut partir des années 1880. Comment avez-vous eu l’idée de croiser ces deux figures que sont Zemmour et Drumont ? Quelles sont les ressemblances qui vous ont le plus frappé et les divergences les plus notables ?

    L’histoire montre que, depuis le XVe siècle et la redécouverte de l’imprimerie en Europe, les révolutions de la communication ont toujours eu des conséquences extrêmement importantes sur la vie économique, sociale et politique. L’explosion de l’Internet, des réseaux sociaux et la multiplication des chaînes d’information en continu illustrent une nouvelle révolution de ce type, comparable à celle que les Français ont connue à la fin du XIXe siècle, lorsque le triomphe de la presse de masse a provoqué une profonde restructuration de l’espace public. Je montre dans ce livre que l’important écho rencontré par des polémistes comme Drumont, à la fin du XIXe siècle, et Zemmour aujourd’hui est la conséquence de ces révolutions communicationnelles. Les années 1930 ont porté au paroxysme les effets politiques du discours antisémite de Drumont et consorts, mais c’est à la fin du XIXe siècle qu’il a été élaboré.

    J’avais déjà beaucoup travaillé sur les écrits d’Edouard Drumont dans mes précédentes recherches. Ce qui m’avait permis de repérer un point commun avec Eric Zemmour : le recours constant aux polémiques, aux scandales pour exister dans l’espace public. Toutefois, c’est seulement lorsque je me suis attelé à la rédaction du présent livre que j’ai comparé minutieusement les discours de ces deux polémistes. J’ai découvert alors, avec stupéfaction, que les points communs allaient bien au-delà de ce que je pensais au départ. Certes, il y a des différences indéniables dans leur prose car, aujourd’hui, on ne peut plus insulter les gens de la même manière que Drumont le faisait au XIXe siècle. Néanmoins, si l’on analyse ce que j’appelle la « grammaire », c’est-à-dire les règles qui sous-tendent leur discours identitaire pour dire le vrai et le faux, on constate qu’elles sont quasiment identiques ; sauf que Drumont s’en prend aux juifs et Zemmour, aux musulmans.

    Peut-on mettre l’antisémitisme de Drumont et l’islamophobie de Zemmour sur le même plan ? Est-il possible de comparer la haine d’un peuple avec la crainte d’une religion ?

    Je sais bien que certains considèrent que le génocide perpétré contre le peuple juif au XXe siècle interdit qu’on puisse comparer l’antisémitisme et l’islamophobie. Mais, dans mon livre, j’utilise le mot « antisémitisme » au sens que lui donnaient les adversaires de Drumont à la fin du XIXe siècle. Notamment Anatole Leroy-Beaulieu, qui définissait l’antisémitisme comme une « doctrine de haine » tournée contre les juifs. J’utilise le mot « islamophobie » pour désigner la « doctrine de haine » qui s’attaque aux musulmans. En ce sens, la comparaison me semble légitime. Je montre que la stigmatisation des musulmans qu’alimente Zemmour dans ses livres mobilise le même genre de rhétorique identitaire que celle de Drumont à l’égard des juifs.

    Quels sont les méthodes, thèmes et exemples récurrents de l’histoire identitaire ? Quelles sont les règles de leur « grammaire identitaire » ?

    Sans pouvoir détailler ici l’analyse que j’ai développée dans le livre, je voudrais insister sur le rôle capital que joue la rhétorique (entendue comme l’art de la persuasion) dans la diffusion du type d’histoire identitaire qu’a inventé Drumont et que Zemmour a adaptée au contexte d’aujourd’hui. Je reproche à mes collègues universitaires qui ont travaillé sur ces questions de se limiter le plus souvent aux arguments avancés par les auteurs réactionnaires, en laissant de côté la réception de ces discours dans le public.

    Les journalistes polémistes comme Drumont ou Zemmour n’ont fait que reprendre à leur compte des thèmes qui ont été mis en circulation par d’autres avant eux. Leur art (on pourrait même dire leur talent) se situe au niveau des techniques de persuasion qu’ils mobilisent pour diffuser ces thèses dans le grand public. Ce qui m’a frappé, c’est qu’Eric Zemmour utilise aujourd’hui les mêmes recettes qu’Edouard Drumont il y a cent trente ans. Il s’agit d’une histoire identitaire qui met en scène des personnages (et non des individus réels) et qui est tout entière centrée sur le clivage entre « eux » (les étrangers) et « nous » (les Français). La France est elle-même présentée comme une personne possédant une identité immuable, cimentée par la religion catholique ; ce qui explique que l’étranger soit défini lui aussi par référence à la religion.

    Cette histoire identitaire prend la forme d’une tragédie. Elle annonce la disparition de la France vaincue par « le parti de l’étranger », en faisant constamment le lien avec l’actualité. Son efficacité tient au fait qu’elle mobilise le sens commun, c’est-à-dire ce que tous les Français savent car ils l’ont lu dans le journal ou qu’ils l’ont vu à la télévision. D’où l’importance capitale accordée aux faits divers, aux crimes, aux attentats, etc. Plutôt que de parler de « racisme », je dirais qu’il s’agit de deux formes de nationalisme : au nationalisme antisémite de Drumont a succédé le nationalisme islamophobe de Zemmour. Il faut toutefois préciser que la force de persuasion de ce type de discours tient aussi au fait que la dénonciation de la menace étrangère s’inscrit dans une vision plus globale de la société, centrée sur le thème de la décadence. Comme on le sait, Zemmour s’en prend aussi aux femmes, aux homosexuels, aux universitaires, etc. Mais on a oublié que Drumont s’attaquait déjà aux mêmes cibles.

    En quoi la « rhétorique de l’inversion » – qui fait des dominés des dominants – est-elle si importante à leur entreprise idéologique ?

    J’ai été frappé, en effet, de constater que nos deux polémistes nationalistes mobilisaient constamment la rhétorique de l’inversion dominants/dominés. Autrement dit, ils ne nient pas l’existence des relations de pouvoir, mais ils les renversent. C’est une pièce maîtresse dans un discours qui vise à avoir toujours le dernier mot. Drumont et Zemmour prétendent élaborer une contre-histoire, qu’ils opposent à « l’histoire officielle ». Elle consiste à présenter les minorités qui ont été persécutées au cours du temps comme des dominants qui mettaient en péril l’identité de la France. Comme Drumont l’avait fait avant lui, Zemmour va jusqu’à justifier la Saint-Barthélemy ou le massacre des protestants de La Rochelle par Richelieu.

    Cette « contre-histoire » a bien sûr pour but de légitimer la politique répressive qu’ils prônent à l’égard des minorités du présent (les juifs pour Drumont, les musulmans pour Zemmour). La rhétorique de l’inversion dominants/dominés permet aussi à ces polémistes omniprésents dans les médias de faire croire à ceux qui les lisent ou qui les écoutent qu’ils sont eux-mêmes des dominés, victimes des universitaires « bien-pensants ». Drumont dénonçait les « élites enjuivées », Zemmour s’en prend aux « islamo-gauchistes » ; les mots ont changé mais la rhétorique est identique. Dans les deux cas, il s’agit de discréditer les vrais savants en les présentant comme des dominants qui ont falsifié l’histoire de France pour servir ce que Zemmour appelle « le parti de l’étranger ». L’analyse que j’ai faite, dans mon livre, des commentaires mis en ligne sur les sites qui font la promotion des thèses de Zemmour montre clairement l’efficacité de cette rhétorique. Tous ceux qui s’efforcent de lutter contre ces discours de haine sont présentés comme des « collabos » au service des islamistes.

    Vous écrivez que ce que vous avez vous-même éprouvé en lisant les pages de Destin français (Albin Michel, 2018) consacrées à votre communauté professionnelle est comparable à « ce que ressentent les membres des communautés musulmanes quand Zemmour discrédite leur religion, ou les homosexuels quand il s’en prend au « lobby gay » ». Quels ont été les ressorts émotionnels de votre indignation ? Pourquoi vous était-il impossible d’entonner personnellement, comme Eric Zemmour, la rengaine du « C’était mieux avant » ? Pourquoi était-il important de parler de vos propres origines sociales ?

    L’autonomie qu’ont acquise progressivement les sciences sociales est indispensable au progrès de la connaissance, mais elle incite les chercheurs à voir la société comme une immense salle de cours. C’est ce qui explique le peu d’attention qu’ils accordent à la réception du savoir. Tous ceux qui se préoccupent de ce qu’on appelle « la fonction civique de l’histoire » devraient pourtant tenir compte du rôle essentiel que jouent les émotions dans l’adhésion ou le rejet d’un discours public.

    C’est ce souci qui m’a incité à commencer le livre en évoquant ma propre trajectoire. Dans les quelques pages de cet avant-propos, je me suis placé finalement sur le même terrain que Zemmour, qui ne cesse de mettre en avant ses origines populaires pour discréditer les universitaires et nous seriner que « c’était mieux avant ». Comme je suis issu d’un milieu plus populaire que le sien, il m’a semblé que j’étais bien placé pour rappeler tous les obstacles qu’ont dû franchir les « transclasses » de ma génération afin d’échapper au destin social que l’école républicaine leur avait fixé. Quand on me dit : « C’était mieux avant », je réponds : « Ça dépend pour qui. » Si nous étions dans un monde où seul compte l’échange d’arguments, je n’aurais pas eu besoin d’évoquer mon parcours. Je l’ai fait parce que je sais que cela aura un impact dans le public, surtout auprès de ceux qui n’ont pas les compétences pour arbitrer les querelles historiographiques.

    C’est ce qui m’a poussé aussi à informer les lecteurs des raisons subjectives qui m’ont conduit à écrire ce livre, à savoir le sentiment d’indignation que j’ai ressenti quand j’ai lu les pages du Destin français où les enseignants-chercheurs de mon genre sont traînés dans la boue. Je ne pouvais pas admettre que le monde savant auquel j’ai eu accès au prix de mille sacrifices et d’efforts soit piétiné sans aucune preuve par un journaliste qui distille continuellement son venin avec la complicité des médias les plus puissants.

    Pourquoi la structuration du champ médiatique est-elle déterminante pour comprendre leur émergence ?

    Ce n’est pas un hasard si La France juive , publié en 1886, a été le premier best-seller des livres politiques de la IIIe République. La presse de masse s’impose à ce moment-là en introduisant la logique capitaliste dans l’univers de la communication. De nouveaux quotidiens voient le jour, qui peuvent toucher jusqu’à un million de lecteurs, tout en se livrant une concurrence acharnée. Les recettes qu’ils inventent pour élargir leur audience sont toujours en vigueur aujourd’hui. Elles relèvent de ce que j’appelle la « fait-diversion de l’actualité ». Les crimes, les catastrophes, les scandales occupent une place de plus en plus grande car ce sont des thèmes porteurs.

    Drumont a été le premier à exploiter cette logique nouvelle. Il fait scandale en insultant ses adversaires pour que ces derniers le provoquent en duel ou le traînent en justice, ce qui alimente sa notoriété et son statut de victime. C’est ainsi que Drumont est devenu un « bon client » pour les journalistes de son temps. La majorité d’entre eux n’étaient sans doute pas antisémites. Mais comme ses scandales à répétition permettaient de gonfler les tirages, la grande presse les a amplement relayés, légitimant du même coup la prose de Drumont. Il faut dire que personne ne pouvait imaginer à cette époque les horreurs auxquelles conduiraient ces délires.

    Eric Zemmour utilise aujourd’hui les mêmes recettes, mais en les adaptant à l’âge d’Internet et des chaînes d’info en continu. Les duels ne se déroulent plus au petit matin dans le bois de Boulogne mais le soir sur les plateaux télévisés. Les journalistes d’aujourd’hui qui relayent complaisamment les obsessions zemmouriennes ne les partagent pas toujours, mais comme c’est bon pour l’Audimat, ils les diffusent eux aussi sans état d’âme.

    De la tuerie de Christchurch, en Nouvelle-Zélande, à celle de Dayton, aux Etats-Unis, les idées de l’écrivain Renaud Camus sur le « grand remplacement », dont certaines sont partagées par Eric Zemmour, sont lues et revendiquées par des terroristes suprémacistes. Les mots de ces polémistes d’extrême droite sont-ils des mots qui tuent ?

    Curieusement, ceux qui ne cessent d’affirmer que le Coran est la source de tous les attentats commis par les terroristes se réclamant de l’islam réfutent énergiquement ce genre d’arguments quand leurs adversaires accusent Camus ou Zemmour d’inspirer les terroristes suprémacistes. Là encore, le chercheur doit se tenir à distance de ces polémiques pour analyser au cas par cas comment ces criminels s’approprient les discours racistes qui sont à leur portée, le plus souvent pour justifier leurs actes. Il est certain qu’un livre à lui seul ne suffit pas pour déclencher un passage à l’acte. Cela n’empêche pas que les flots de haine qui sont diffusés par ces pamphlétaires et leurs alliés peuvent être reçus par les extrémistes comme une légitimation de la violence à l’égard des « étrangers ».

    Par conséquent, je ne dirais pas que les mots d’Eric Zemmour sont des mots qui tuent, mais je suis bien obligé de constater que, d’un côté, ses propos insultants humilient ceux qui en sont les cibles et que, d’un autre côté, ils confortent la vision du monde de ceux qui sont envahis par la haine de l’autre. Dans mon livre, j’ai fait une petite analyse des commentaires concernant Eric Zemmour mis en ligne sur des sites d’extrême droite comme Riposte laïque. C’est assez terrifiant. On constate que les écrits du polémiste libèrent chez ces lecteurs des pulsions que le droit actuel s’efforce de contenir. En répétant sans cesse qu’il est victime des « bien-pensants », que la liberté d’expression est bafouée par ses contradicteurs, Eric Zemmour légitime une forme de délinquance de la pensée comparable à celle que Drumont légitimait à l’égard des juifs.

    Edouard Drumont a prolongé son engagement de polémiste en se lançant dans la politique active, puisqu’il fut élu député en 1898. Pensez-vous qu’Eric Zemmour suivra la même voie ?

    Ses partisans annoncent « une première grande convention de la droite, qui a vocation à devenir le lieu incontournable des débats philosophiques et politiques de demain » pour le 28 septembre, en présence de Marion Maréchal, la petite-fille de Jean-Marie Le Pen, et d’Eric Zemmour (Le Monde du 5 septembre). On verra ce qu’il en sortira. Mais je doute fort que le polémiste du Figaro franchisse le pas. La tentative de Drumont pour fonder un parti antisémite fut un échec et sa carrière de député prit fin à l’issue de son premier mandat. Plus prudent, Zemmour se contentera sans doute de jouer les éminences grises de cette nouvelle droite extrême.

    Comment contrer Zemmour et ses avatars aujourd’hui ?

    Le principal message que j’ai voulu faire passer dans ce livre est le suivant : je suis absolument convaincu que si nous voulons éviter qu’à brève échéance un Trump, un Johnson, un Salvini ou un Bolsonaro made in France s’installe à la tête de l’Etat, tous ceux qui ont l’immense privilège de pouvoir parler en public – experts, artistes, journalistes, universitaires, politiciens, etc. (je m’inclus évidemment dans le lot) – doivent aujourd’hui s’interroger sans faiblesse sur leur propre rôle.

    Dans son dernier livre, intitulé Destin français , Zemmour a accusé les historiens comme moi d’obéir à une « logique mafieuse », de tenir « les manettes de l’Etat », de manipuler une « grande machinerie » qui « euthanasie la France ». Ce livre a bénéficié, à l’automne 2018, d’une formidable campagne de promotion ; non seulement dans Le Figaro et ses filiales, mais aussi à la radio, sur les chaînes d’info en continu (BFM-TV, CNews, LCI), sur plusieurs chaînes de la TNT. A ma connaissance, aucun de ces journalistes n’a demandé à Zemmour quelles étaient les preuves qu’il pouvait produire à l’appui de ces accusations contre les historiens. Aucun d’entre nous n’a été invité pour défendre la dignité de notre profession face à ces calomnies.

    L’entretien publié dans Le Point pour faire la promotion du livre de Zemmour a repris en titre l’une de ses phrases affirmant : « La plupart des historiens n’assument plus l’histoire de France ». Bel exemple de « fake news », puisque rien qu’entre 2016 et 2018 trois volumineuses histoires de France ont été publiées par des universitaires, notamment la mienne, parue en même temps que l’ouvrage de Zemmour, mais dont Le Point n’a évidemment pas dit un mot. Il s’agit de Les Luttes et les rêves. Une histoire populaire de la France de 1685 à nos jours , de Michelle Zancarini-Fournel (La Découverte, 2016) ; Histoire mondiale de la France , sous la direction de Patrick Boucheron (Seuil, 2017) ; Une histoire populaire de la France. De la guerre de Cent Ans à nos jours (Agone, 2018).

    Voilà comment ces journalistes conçoivent le pluralisme ! Comment, dans ces conditions, prendre au sérieux leurs propos quand ils affirment combattre le populisme et les fausses nouvelles ?

    Mais le plus inquiétant, c’est que les institutions qui représentent notre communauté professionnelle ne se sont pas mobilisées, elles non plus, pour défendre les enseignants-chercheurs mis en cause par le polémiste. Beaucoup d’universitaires estiment en effet qu’ils n’ont pas à répondre à ce genre de provocations. C’est une lourde erreur car nous ne sommes pas des chercheurs de droit divin. Nous avons des comptes à rendre aux citoyens puisque c’est grâce à leurs impôts que nous percevons nos salaires. Si, comme le dit encore Eric Zemmour, dans Le Figaro, « la plupart des historiens qui se prétendent scientifiques sont devenus de nouveaux prêtres qui servent les nouveaux dieux », autant fermer tous les départements d’histoire dans les universités. Mais si le métier de journaliste se résume à faire la promotion commerciale de la prose des pamphlétaires nationalistes parce que c’est bon pour l’audience, autant fermer aussi les écoles de journalisme et recruter des animateurs en CDD.

    Le grand point commun entre les dirigeants populistes qui sont aujourd’hui au pouvoir dans le monde, c’est que leur nationalisme s’accompagne toujours d’un puissant anti-intellectualisme. Si on laisse le champ libre à Zemmour pour labourer le terrain, il ne faudra pas s’étonner du résultat. Marc Bloch a écrit son Apologie pour l’histoire ou métier d’historien (1949), livre dans lequel il défend le métier d’historien, pendant la Résistance, au moment où il combattait l’occupant nazi les armes à la main. Défendre la science historique était à ses yeux, en effet, une autre manière de résister. Dans ce livre, il déplore le repli de ses collègues universitaires dans leur tour d’ivoire et leur « ésotérisme rébarbatif ». Ce qui conduit « à livrer sans défense la masse des lecteurs aux faux brillants d’une histoire prétendue, dont l’absence de sérieux, le pittoresque de pacotille, les partis pris politiques pensent se racheter par une immodeste assurance ». Et les noms qui s’imposent sous sa plume pour illustrer ce type d’histoire réactionnaire sont Charles #Maurras et Jacques Bainville, les deux « historiens » dont se réclame constamment Eric #Zemmour dans ses livres.

    #antisémitisme #islamophobie

    https://seenthis.net/messages/800868 via kaparia


  • Myths of Christian Zionism Exploded By Daniel Hummel – The Forward
    https://forward.com/culture/430251/why-everything-you-think-you-know-about-christian-zionism-is-wrong
    https://images.forwardcdn.com/image/1090x480/center/images/cropped/istock-160945163-1566835185.jpg

    Très intéressant compte-rendu d’un livre (dont l’auteur s’appelle Daniel Hummel) qui affirme que les chrétiens sionistes ne sont pas du tout des antisémites comme présentés traditionnellement (notamment par des « juifs libéraux »), et sont des sionistes convaincus. Ils partagent avec leurs homologues juifs sionistes leur #ultra-nationalisme, leur #racisme anti-arabe et leur #islamophobie ; ces derniers attributs, affirme l’auteur du compte-rendu, sont probablement les raisons pour lesquelles les « juifs libéraux » préfèrent les présenter comme des chrétiens d’extrême-droite pseudo sionistes et antisémites.

    Hagee and Falwell are no longer the most important Christian Zionist leaders. The center of the movement has shifted overseas. When Hummel visited the “International Christian Embassy’s Feast of Tabernacles celebration,” he heard a Nigerian preacher addressing an international audience, with only a muted American presence. The global movement emphasizes Jewish-Christian “reconciliation” and a shared biblical inheritance, often rejecting end-times prophecies. They also associate Israel with far-right, ultra-nationalist politics, as when the Brazilian Pentacostalist Rene Terra Nova “administered a mass baptism in the Jordan river to a group of Brazilian tourists before leading a chant in support” of fascist leader Jair Bolsanaro — a gathering that reached large Brazilian audiences through social media.

    Hummel has written a masterful, very readable book that manages at once to mount a surprising argument and tell compelling narrative history. Nor is he an apologist for Christian Zionism: he emphasizes repeatedly the “dark underside of reconciliation” between Jews and Christian Zionists in “the erasure of concern for Arab Christians and… Palestinians.” That critique is inescapable and damning, though of course it applies to Graham, Falwell, and Hagee not because they are Christians, but because they are Zionists.

    Reading Hummel, I realized that liberal Jews prefer to imagine Christian Zionists as anti-Jewish because we find it painful to confront the sincerity and integrity of their Zionism. We would prefer to think of their Islamophobia and imperialism as “Christian” and quarantine the American right from Jewish concerns and interests. We would prefer not to reckon with the fact that Israel has become the central symbolic cause of the world’s political right. We would prefer to deny what Christian Zionists announce loudly and repeatedly — that they reject Christian anti-Semitism and love Jews — because we are ashamed to be loved by such people. Progressive Jews caricature Christian Zionism only partly because we so poorly understand evangelicalism. More deeply, we do so because we would rather not understand why Zionism is so attractive to the Christian Right, for to do so would prompt too many questions about our own Zionism .

    #sionisme

    https://seenthis.net/messages/798960 via Kassem


  • La radicalisation n’existe pas, ce qui ne veut pas dire qu’elle ne soit rien

    Les sciences sociales à l’appui d’une nouvelle raison d’État

    Par Hamza Esmili

    Le discours sur la radicalisation s’est amplifié depuis les attentats de 2015 à Paris. Un champ de recherche s’est constitué autour de cette notion confuse, nourri de savoirs produits par des chercheur·es en sciences sociales. Contestables, ces savoirs ont l’avantage d’être prêts à l’emploi pour toutes sortes d’instances, des services sociaux à l’institution pénitentiaire, et sont mobilisés aussi bien dans les discours politiques qu’administratifs.
    Hamza Esmili, doctorant en sociologie, revient sur l’élaboration de ce concept bancal qui permet utilement de dépolitiser la violence qu’il cible et de réaffirmer l’ordre libéral et les contours souverains de la nation.

    https://www.jefklak.org/la-radicalisation-nexiste-pas-ce-qui-ne-veut-pas-dire-quelle-ne-soit-rien

    https://www.jefklak.org/wordpress/wp-content/uploads/2019/05/Une_Radicalisation2_SiteJK-page001-1050x527.jpg

    #radicalisation #islamophobie #prison #discrimination #islam #racisme

    https://seenthis.net/messages/778512 via Jef Klak


  • Suite à la déferlante islamophobe, le CCIF, Comité Contre l’Islamophobie en France, a lancé le HT #àNousLaParole
    Le but ? Permettre aux femmes musulmanes françaises de parler de l’islamophobie à laquelle elles sont constamment confrontées alors que leur parole est confisquée.
    Les témoignages abondent : https://twitter.com/hashtag/%C3%A0NousLaParole
    #racisme #islamophobie

    https://seenthis.net/messages/763654 via ¿’ ValK.


  • Loi Blanquer : quand les parlementaires se défoulent
    https://blogs.mediapart.fr/b-girard/blog/160219/loi-blanquer-quand-les-parlementaires-se-defoulent

    Dans un contexte brutalement populiste de remise en cause du principe parlementaire, l’Assemblée nationale, avec la discussion du projet de loi #Blanquer, est en train d’apporter à ses détracteurs la pire réponse qui soit : brutale et populiste.

    Sur le fond comme sur la forme, c’est une semaine de défoulement que se sont offerte les députés. Des amendements à la pelle chaudement défendus sur des sujets comme l’uniforme scolaire (et la tenue vestimentaire des enseignants), la présence des symboles nationaux (un lever des couleurs chaque matin dans les écoles ?), la suppression de l’éducation sexuelle, du principe d’égalité entre hommes et femmes, de l’enseignement de l’anglais en primaire, la possibilité d’une amende de 450 euros (!) pour toute insulte proférée par un élève, bien sûr l’incontournable question du foulard etc : les préoccupations reflétées par ces propositions, discutées ou pas, adoptées ou non en quelques minutes, voire en quelques secondes, donnent une bien piteuse image de la représentation nationale. Et lorsqu’au fil des débats, on en arrive à une question aussi lourde de conséquences que « l’école du socle », qui porte en germes le risque d’absorption de l’enseignement primaire par le secondaire - une question donc fondamentale mais qui n’a fait l’objet d’aucune étude préalable, d’aucune concertation – il ne faut néanmoins pas plus d’une demi-heure à une poignée de parlementaires pour en adopter le principe.

    Méconnaissance du sujet (par exemple l’ignorance crasse des députés sur les programmes scolaires), dogmatisme et incapacité réelle à prendre en considération la complexité des choses, refus du débat, mépris pour l’opinion d’autrui, conception abusive de la majorité (les plus nombreux ont nécessairement raison), inclination à satisfaire momentanément ses électeurs plutôt qu’à œuvrer pour l’intérêt général : en proie au populisme le plus débridé, les députés ont fait le choix de décisions insensées qui engagent l’avenir pour de longues années.

    Face à un projet de loi ministériel porté par une idéologie lourdement réactionnaire, les parlementaires non seulement n’ont pas joué leur rôle de contrôle du gouvernement mais ils ont renforcé le ministre dans son arrogance et son sentiment de toute puissance. Arrogance et sentiment de toute puissance qui ne tombent pas de nulle part mais qui ont été incontestablement encouragés par le silence ou la complaisance qui accompagnent Blanquer depuis bientôt deux ans : brutal et doctrinaire, il l’était déjà à sa nomination. Mais l’on est bien forcé de constater que ses premières mesures, ses premières annonces – suspension de la réforme du collège, retour à la semaine de quatre jours en primaire, encouragement au redoublement etc – n’avaient guère suscité de critiques, pas davantage que son mode opératoire fait d’une communication forcenée et d’annonces démagogiques. Tradition bien française : il aura fallu la réforme du lycée et celle du bac pour faire émerger de la quasi confidentialité une contestation qui n’avait sans doute pas jugé nécessaire (ou suffisamment digne…) de s’appliquer aux autres niveaux d’enseignement.

    Alors que les parlementaires font l’objet de menaces et d’agressions personnelles difficilement justifiables même dans une démocratie aussi étriquée que la 5e république, que le Palais-Bourbon a été la cible d’une attaque qui n’est pas sans évoquer les émeutes factieuses de février 34, que la contestation politique se noie dans l’hystérie verbale et la violence physique, que certains syndicats ne voient pas d’inconvénients à défendre leur cause au côté d’irresponsables aventuriers, la question éducative mérite sans doute une autre approche. Il y a urgence, même…

    #éducation #nationalisme #classisme #sexisme #islamophobie #réactionnaires #école

    https://seenthis.net/messages/760687 via mad meg


  • « Un buzz malveillant à des fins politiques et commerciales. »
    http://www.editionslibertalia.com/blog/veronique-decker-a-propos-de-inch-allah-davet-lhomme-181022
    https://www.fayard.fr/sites/default/files/images/livres/couv/9782213705897-001-T.jpeg

    Véronique Decker à propos du livre Inch’ Allah. L’islamisation à visage découvert, par Ivanne Trippenbach, Célia Mebroukine, Romain Gaspar, Hugo Wintrebert et Charles Delouche, sous la direction de Gérard Davet et Fabrice Lhomme (Fayard, octobre 2018)

    Ce qui me pose souci, ce ne sont pas seulement les conditions de la fabrication du livre, avec des « témoins » qui ne sont pas autorisés à relire les passages les citant alors que des extraits étaient commentés à la télévision, à la radio, dans un hebdomadaire réac-publicain ou sur les réseaux sociaux. Ce qui me pose souci, c’est le projet politique douteux du livre, c’est l’accumulation d’anecdotes non datées, mettant bout à bout dans un inventaire à la Prévert un rebouteux islamique, une femme de ménage mécontente d’avoir à passer l’aspirateur dans une salle pleine de tapis, une école salafiste, des hommes qui refusent de serrer la main des femmes, 143 absents dans une école le jour de l’Aïd, des jeunes croulant sous une montagne de préjugés… sans aucune réflexion. Mais avec des incises tendancieuses, comme le fait de me présenter comme « une enseignante soldat », ou pire : d’imaginer que mon projet serait de « contenir l’islam ».

    #médias #presse #journalisme #islamophobie

    https://seenthis.net/messages/730647 via riff-raff


  • L’économie de la haine - Les mots sont importants (lmsi.net)
    http://lmsi.net/L-economie-de-la-haine
    Au final, il s’agit une fois de plus de contrôler les #femmes et de les exclure.

    S’agissant des humiliations quotidiennes dans le milieu professionnel, Çala raconte l’ambivalence de ses employeuses-eurs et le pouvoir discrétionnaire dont ils et elles font preuve s’agissant du port du #foulard, voire du bandeau :

    « À mon travail, je travaillais comme animatrice, le directeur il m’a dit que je devais enlever le bandeau, alors que ma supérieure elle m’avait dit que je pouvais le porter. Il m’a pas donné de raisons, maintenant je l’enlève. Ce qui m’a choqué c’est qu’on accepte et qu’après on me demande de l’enlever, alors qu’au départ j’avais proposé. »

    « Une fois, il y a une mère qui venait chercher son enfant, ma supérieure elle m’a dit de me mettre sur le côté, comme pour me cacher. C’est la mère, elle avait de mauvaises pensées. »

    Une autre enquêtée, animatrice dans une structure associative d’accompagnement à la scolarité et soumise au même type d’injonctions successives et contradictoires, finira par quitter son emploi.

    Certaines femmes disent avoir choisi donc de porter un bandeau, voire d’alterner les moments de voilement et de dévoilement. En tout cas, elles recherchent les espaces qui leur sont potentiellement ouverts. Beaucoup d’entre elles évoquent des niches professionnelles dans lesquelles elles espèrent s’insérer. Les femmes plus dotées en ressources économiques et sociales peuvent se tourner vers des « espaces réservés » [14], comme des formes d’entrepreneuriat social et confessionnel [15], mais les formes d’#exclusion du marché du travail sont pour toutes réelles, et le #déclassement des jeunes femmes qualifiées brutal. Le sociologue Julien Beaugé relate l’exemple d’une femme titulaire d’un BTS assistante de direction et qui, faute d’être employée, finit par devenir assistante maternelle [16].

    Là où l’#islamophobie n’a pas la force du droit, l’expérience de la #stigmatisation et des #discriminations produit des rapports aux espaces sous une forme duale : des espaces où la circulation est relativement libre s’opposent à ceux où elle est contrainte, voire interdite. L’exemple de la fréquentation des plages à la suite des « débats » de l’été 2016 sur le burkini est de ce point de vue particulièrement éclairant.

    https://seenthis.net/messages/704868 via Agnès Maillard


  • Réaction de #Nicole_Lapierre au #Manifeste_contre_le nouvel_antisémitisme

    En tant que juive

    Or, ce manifeste est pernicieux.

    D’une part, parce qu’il enrôle le combat contre l’#antisémitisme dans une revendication nationaliste et une captation identitaire dont il n’a que faire. Et d’autre part, parce qu’il agite la vieille et dangereuse thématique de la « #concurrence_des_victimes », en opposant deux populations, au nom d’une hiérarchie des #préjudices. D’un côté la lutte contre l’#antisémitisme, juste, nécessaire, dans l’ombre portée de la #Shoah. De l’autre la dénonciation, jugée exagérée, voire injustifiée, de l’#islamophobie, qui « dissimule les #chiffres du ministère de l’Intérieur : les Français juifs ont 25 fois plus de risques d’être agressés que leurs concitoyens musulmans. »

    Las, « la bassesse électorale calcule que le vote musulman est dix fois supérieur au vote juif. » Selon cette comptabilité, cela pourrait empirer, d’où cet « avertissement solennel » selon lequel « La #France sans les Juifs, [ne serait] plus la France ». Et son envers subliminal, mais explicite chez quelques signataires de ce manifeste : la France submergée par le « #grand_remplacement » musulman, ne serait plus la France. Les uns enrichissent le pays, son histoire et sa culture, ce qui est indéniable et a été longtemps nié. Les autres l’envahissent, et cette symétrie inversée est infâme, niant qu’à leur tour ils l’enrichissent.

    Si le poids des chiffres ne suffit pas, on y ajoute le poids des #mots : il s’agit « d’une #épuration_ethnique à bas bruit au pays d’Émile Zola et de Clemenceau ». Bref, il y a de #vraies_victimes, juives, et de #fausses_victimes, musulmanes, parmi lesquelles se recrutent les bourreaux. Ce face à face mortifère ne peut qu’attiser les peurs et les haines en prétendant les combattre. Le #péril est là.

    https://blogs.mediapart.fr/nicole-lapierre/blog/240418/en-tant-que-juive
    #nationalisme #islam #judaïsme #manifeste

    https://seenthis.net/messages/689666 via CDB_77


  • En Tchéquie, papy fait du #Terrorisme
    https://courrierdeuropecentrale.fr/tchequie-papy-terrorisme

    La semaine dernière, la police tchèque a arrêté un retraité de 70 ans accusé d’avoir causé deux accidents de trains l’été dernier afin de faire croire en des attaques islamistes. Même s’il n’y a pas eu – comme on dit – mort d’homme, le cas est révélateur des proportions que peut prendre l’hystérie contre l’Islam […]

    #Société #islamophobie #Milan_Chovanec #une-sous


  • Heureusement qu’il y a le #NPA

    « L’affaire Mennel », énième symptôme de la normalisation de l’islamophobie

    Difficile en effet de ne pas remarquer que des personnalités publiques comme Matthieu Kassovitz, Jean-Marie Bigard ou Marion Cotillard, qui ont tous trois tenus des propos que l’on pourrait qualifier de complotistes à propos du 11 septembre, n’ont pas subi de tels procédés d’excommunication. Leur faciès leur vaut de passer au travers des mailles du filet raciste, qui se resserre en revanche immanquablement sur celles et ceux qui n’ont pas la bonne couleur de peau et la bonne religion. Ainsi que l’a relevé Rokhaya Diallo, « si Mennel Ibtissem s’était présentée sans foulard, personne n’aurait songé à explorer son profil. Que sait-on des opinions des autres candidatEs ? Les musulmanEs qui osent apparaitre publiquement n’ont pas le droit de commettre la moindre erreur. C’est un acharnement ciblé. »

    https://npa2009.org/actualite/antiracisme/laffaire-mennel-enieme-symptome-de-la-normalisation-de-lislamophobie

    #Julien-Salingue #NPA #Mennel #Islamophobie



  • Le gouvernement impose au #CNNum l’exclusion de #Rokhaya_Diallo
    https://www.mediapart.fr/journal/france/141217/le-gouvernement-impose-au-cnnum-l-exclusion-de-rokhaya-diallo

    Lundi, le gouvernement installait officiellement le Conseil national du numérique avec, parmi ses membres, la militante féministe et anti-islamophobie. Trois jours plus tard, il demande à la présidente du CNNum de revoir sa copie, en l’excluant. Le secrétaire d’État au numérique explique avoir reçu de nombreux messages s’indignant de cette nomination.

    #France #anti-racisme #islamophobie #Mounir_Mahjoubi


  • Brûler les sorcières. Entretien avec #Houria_Bouteldja
    http://www.contretemps.eu/bruler-sorcieres-entretien-houria-bouteldja

    Ce n’est pas la première fois que tu subis des attaques calomnieuses de la droite comme de la #gauche, mais celles-ci sont particulièrement violentes. Pourrais-tu revenir sur ce qui a provoqué la salve d’attaques à laquelle tu dois faire face actuellement ?

    #Conjoncture #Diaporama #antiracisme #Danièle_Obono #décolonial #gauche_radicale #indigènes #islamophobie #Mélenchon #PIR #quartiers_populaires #racisme


  • Nawel, 38 ans, voilée, victime d’une agression raciste et islamophobe par un agent de la mairie du 12ème arrondissement de Paris | Bondy Blog
    http://www.bondyblog.fr/201711251134/nawel-38-ans-victime-dune-agression-raciste-et-islamophobe-par-un-agent-de

    Nawel, une femme de 38 ans, portant le voile, témoigne au Bondy Blog d’une agression qu’elle a subie le 23 novembre par un agent de la mairie du 12ème arrondissement alors qu’elle roulait près d’un établissement scolaire : coup de poing, gifle, insultes raciste et islamophobe. Une agression confirmée par un témoin. Récit.

    Cette agression extrêmement choquante a été perpétrée pendant le service de l’agent de la mairie. À ce titre, il serait de bon ton que la dite mairie assume ses responsabilités et au minimum réponde aux journalistes et communique sur les sanctions professionnelles prévues à l’encontre de cet agent. Vérifié vite fait : la maire est Catherine Baratti-Elbaz (liste PS/PCF/MRC/Les Verts).

    Nous avons cherché à joindre la mairie du 12ème arrondissement tout au long de la journée de vendredi 23 novembre, sans succès.

    #violences #femmes #islamophobie #racisme #voile #agression

    https://seenthis.net/messages/647457 via ninachani


  • Au nom des droits des femmes ? #fémonationalisme et néolibéralisme
    http://www.contretemps.eu/femonationalisme-islamophobie-neoliberalisme

    Sara R. Farris est une féministe marxiste qui mène des recherches sur le fémonationalisme. Elle vient de publier In the Name of Women’s Rights. The rise of Femonationalism, Duke 2017. […]

    #Diaporama #Théorie #extrême_droite #fascisme #féminisme #homo-nationalisme #immigration #intégration #islamophobie #néo-libéralisme #racisme


  • Usul : #islamophobie, un #racisme et de #droite et de #gauche
    https://www.mediapart.fr/journal/france/201117/usul-islamophobie-un-racisme-et-de-droite-et-de-gauche

    À l’heure où #Manuel_Valls tente un retour sur le devant de la scène politique en ciblant les « islamo-gauchistes », Usul et Cotentin décryptent, en collaboration avec le Collectif des raciné.e.s, les expressions toutes françaises de l’islamophobie, qui semblent toujours tolérées à gauche.

    #France #discriminations #islam #religion



  • #Ghassan_Hage : « Les réfugiés sont traités comme des déchets non recyclables »
    https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/231017/ghassan-hage-les-refugies-sont-traites-comme-des-dechets-non-recyclables

    On ne peut pas être antiraciste sans être écologiste, et inversement. La façon dont les sociétés occidentales traitent « l’autre » relève d’une volonté de domestication dont il faut sortir, explique l’anthropologue libano-australien Ghassan Hage dans un livre fondateur, Le Loup et le musulman.

    #Culture-Idées #Anthropocène #Ecologie #islamophobie #racisme


  • Les prévisions de @Causeur :

    « Et donc, dans 40 ans au plus tard, il est à peu près certain que la majorité de la population sera d’origine musulmane, en Autriche, en Allemagne, en Espagne, en Italie, en Belgique, en Hollande. Encore une fois, il ne s’agit pas de prédictions mais de calculs et je ne fais même pas appel à l’arrivée de nouveaux immigrants. »

    En 1995 déjà, Le Figaro Magazine faisait sa Une avec une Marianne voilée en titrant que, en 2015, la France serait musulmane. Il faudra donc attendre encore 40 ans. #islam #islamophobie

    https://seenthis.net/messages/636040 via Nouvelles d’Orient


  • Un #colloque universitaire sur l’islamophobie annulé sous la pression
    https://www.mediapart.fr/journal/france/051017/un-colloque-universitaire-sur-l-islamophobie-annule-sous-la-pression

    Une conférence mêlant universitaires et acteurs associatifs dédiée à l’islamophobie devait se tenir à l’Université de #Lyon-2, avant de subir une offensive menée par le #printemps_républicain et l’extrême droite. Les organisateurs dénoncent une atteinte à la liberté d’expression.

    #France #islamophobie #Licra


  • ... Et Louis Eriksen, 76 ans, leur fait un doigt en passant sur la place !

    ... ou petite résistance à la norvégienne.

    https://gfx.nrk.no/9Aa1UMAqRYjNB4WFY2XxewxqYFMomunG_tnt0g-6i1Cg.jpg

    Ga SIAN finger’n - NRK Buskerud - Lokale nyheter, TV og radio
    https://www.nrk.no/buskerud/ga-sian-finger_n-1.13705168

    « Je suis content de l’avoir fait. Qu’aurai-je pu faire d’autre ? Les fuir ? Ce n’est pas dans ma nature. Je n’ai rien dit, j’ai juste exprimé mon dégoût » a dit Louis Eriksen à NRK.

    Louis Eriksen a 76 ans, il était au café sur le Nytorget à Kongsberg alors que le SIAN (Stop Islamisering av Norge [Contre l’islamisation de la Norvège] - http://sian.no/] - un petit groupe d’extrême-droite raciste et xénophobe) organisait une manifestation sur la place principale de Kongsberg samedi dernier.

    « C’était le jour du marché paysan, et ils étaient là avec des membres qui parlaient dans le micro. Ils m’ont vraimnt gonflé », a-t-il simplement dit.

    Tranquillement, il a levé son doigt. Un peu automatiquement

    La photo prise par la journaliste de Lågendalsposten, Irene Mjøseng, s’est largement répandue sur les médias sociaux.

    – Que pensez-vous du fait que plusieurs centaines de gens ont partagé la photo de votre geste ?

    – Cela prouve que nous sommes nombreux à être révoltés par leur position. Nous protestons contre cela. Malheureusement, il y avait peu de monde, mais vraiment, je trouve super bien que tant de gens aint trouvé utile de partager l’image en signe de soutien.

    #norvège #racisme #résister #résistance #xénophobie #islamophobie

    https://seenthis.net/messages/632539 via Reka


  • La justice rétablit les menus sans porc dans les cantines à Chalon
    https://www.mediapart.fr/journal/france/280817/la-justice-retablit-les-menus-sans-porc-dans-les-cantines-chalon

    Le maire (LR) de #Chalon-sur-saône, soutenu par Nicolas Sarkozy, avait mis fin en 2015 aux plats de substitution au porc dans les cantines scolaires de la ville. Deux ans plus tard, la ligue de défense judiciaire des musulmans a obtenu gain de cause : le tribunal administratif de Dijon vient d’annuler la décision de la ville.

    #France #cantine_scolaire #discriminations #Gilles_Platret #islamophobie #plat_de_substitution #Riposte_laïque #Yves_Jégo

    • Notre société civile a établi des règles de vie dont certaines d’origine religieuse débordent sur la vie civile. Depuis 1905 les 2 domaines ne doivent plus interférer. Aujourd’hui d’autres règles d’origine religieuse veulent déborder dans la vie civile et s’imposer par la loi. Je ne vois pas pourquoi et au nom de quoi le législateur interfère. A moins que ces menus ne soient pas voulus par toutes les parties, donc à soumettre à un vote citoyen type votation à la façon suisse, il n’a pas à interférer, puisque les conditions sanitaires sont conformes à la loi. Rappeler le droit des enfants signifie nier le droit de la société civile toute entière. L’intérêt commun ne saurait prévaloir sur des micros-intérêts individuels, sauf à dériver vers une société communautaire voire anglo-saxonne noyautée jusqu’à la moelle par l’ultra-individualisme libéral et la domination du droit commun sur le droit romain. Par ailleurs, point de vue personnel, l’interdiction du porc dans la religion musulmane n’est pas suivie à la lettre par tous les croyants musulmans. Et des historiens pourraient facilement en trouver la source dans l’état de l’hygiène et de l’élevage des porcins au moment où ces habitudes devenues religieuses furent gravées dans des écrits religieux. Cela me fait penser à l’Eglise des Saints des derniers jours (les Mormons) et leur phobie sacralisée de l’alcool... décrétée par le révérend John Smith en plein désastre sanitaire aux USA, lorsque la conquête de l’Ouest se faisait à coups de caisses de whisky frelaté et de Winchesters. Finalement, Dieu en sa sagesse indéfinissable et insondable, est un fin observateur des humains qu’il a engendré, et aussi perplexe que désolé, il se décarcasse comme personne pour trouver une solution chaque fois qu’ils déconnent. Même si ses créatures, décidément indécrottables et perfectibles, finissent toujours par la gâcher.


  • Une tourmente islamophobe s’empare de l’association féministe Lallab
    https://www.mediapart.fr/journal/france/260817/une-tourmente-islamophobe-s-empare-de-l-association-feministe-lallab

    Après des attaques par l’extrême droite et la gauche laïciste sur les réseaux sociaux, l’agence du service civique a retiré une annonce de cette association de féministes musulmanes qui cherchait des volontaires.

    #France #féminisme #islamophobie