• La parité s’arrête encore aux portes du pouvoir local

    Malgré de nets progrès depuis le début des années 2000, les #hommes monopolisent toujours le #pouvoir (présidence, délégations) au sein des institutions locales. La preuve ? En France, en 2018, 84% des #maires sont encore des hommes. Des données que s’est procuré Mediacités confirment l’ampleur du problème, a fortiori dans les #métropoles et #intercommunalités.

    https://www.mediacites.fr/wp-content/uploads/2018/12/Une-parite.jpg
    https://www.mediacites.fr/decryptage/2018/12/10/la-parite-sarrete-encore-aux-portes-du-pouvoir-local
    #genre #femmes #égalité #parité #mairies #France

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  • « Gilets jaunes », un peuple qui vient  ? Par Patrick Cingolani — 20 novembre 2018 à 12:13

    On aura beau dénoncer la dimension d’arriération du mouvement quant à l’enjeu écologique, c’est bien l’égalité sociale contre l’iniquité du traitement de faveur fait aux plus riches qui est l’objet central de cette contestation.

    Le mouvement des « gilets jaunes » ­demande de réfléchir sur la précarité et sur un processus de précarisation qui fait plus écho à la lutte de la jeunesse contre la loi travail qu’aux manifestations antiparlementaires des droites dans l’histoire nationale. Il appartient à ces mouvements qui, ­depuis 1995, sont préoccupés par une insécurité ­sociale de plus en plus endémique et qui par contrecoup, comme en 1995, sont composés de gens qui se soucient tout autant de leur sort que de celui de leurs proches, enfants ou petits-enfants, qui souvent ne peuvent vivre sans leurs aides. On aura beau dénoncer la ­dimension d’arriération du mouvement quant à l’enjeu écologique, il s’inquiète bien de l’avenir et ne fait que le questionner autrement que ne le font d’autres. Si la jeunesse scolarisée et étudiante confrontée à des transitions professionnelles de plus en plus longues, faites de petits boulots, de travail gratuit, d’espoir frustrés, se préoccupait de son avenir, ce mouvement s’inscrit dans la configuration des sociabilités populaires et des ­solidarités de phratrie, de voisinage et de quartier d’une société française traversée par les inégalités de territoire et où l’on s’alarme de tel voisin chômeur, de telle famille appauvrie, autant que de la fille ou du fils qui n’ar­rive pas à joindre les deux bouts.

    Cette précarisation, cette précarité diffuse sont des expériences endémiques ressenties par les foyers et par leurs réseaux familiers. C’est l’incertitude des emplois, des petits boulots, de l’intérim, quand ce n’est pas du chômage ; les difficultés pour se loger et les fins de mois difficiles, « parce qu’on paie les taxes et que l’on n’a pas droit aux aides ».

    C’est la vie chère et la lésine qui ronge le ­revenu des ménages parce que le salaire n’augmente pas, c’est la maison achetée à crédit que l’on arrive plus à payer, c’est fina­lement le coût des ­dépenses de carburant sur le budget. Car la « fracture sociale » d’hier est aussi devenue une fracture territoriale, non seulement parce que de nombreux ménages modestes vivent à l’écart des grandes métropoles technolo­giques et tertiaires, ne jouissant ni de leurs bassins d’emplois ni de leurs réseaux de transports en commun, mais parce que, pour des raisons économiques, ils ont préféré s’installer dans les zones périurbaines où la vie était moins chère et le logement plus acces­sible, même si parfois l’emploi y était plus rare. Une voiture, voire selon les milieux deux voitures, avec ce que cela suppose comme frais, sont devenus des moyens nécessaires pour ces foyers dont chacun des conjoints doit faire plusieurs dizaines de kilomètres pour rejoindre son lieu de travail, mais aussi les centres commerciaux d’un espace qui s’est progressivement vidé de ses commerces de proximité, notamment à mesure du dumping ravageur de ces mêmes grandes surfaces.

    Besoin d’intégrer le social à l’environne­mental

    Ce n’est pas en ironisant sur ces défilés de ­voitures tonitruantes dans les agglomérations, et sur la résistance contre les taxes sur le carburant, dans un contexte de gravité de la crise environnementale, que l’on renverra ce mouvement à l’arriération. Voilà plus d’un demi-siècle que les impasses de la civilisation de la voiture ont été dénoncées. Qu’est-ce qui a été fait ? Croit-on vraiment que des taxes dont on ne sait pas exactement quels budgets elles abondent suffiront à régler une crise ­environnementale dont le président d’une des nations les plus puissantes nie encore avec outrance l’existence ?

    Que cette machine – l’automobile – qui a hanté l’imaginaire du XXe siècle puisse être encore un moyen de socialisation, et que la mécanique puisse être une activité constituante de certaines sociabilités des cités et des quartiers, qui peut s’en étonner, compte tenu de la profondeur historique et du ­caractère populaire de ce moyen technique ? Qui sont ceux, au demeurant, qui tout au long du siècle précédent ont construit des voitures, sinon les ouvriers ? Le problème n’est pas là. Il est dans la difficulté que nous avons à associer la question sociale et la question environnementale. Il est dans le ­besoin d’intégrer le social à l’environne­mental et dans un imaginaire du lien producteur d’expériences alternatives au regard des modèles contemporains.

    Mais cette double question, qui associe crise écologique et crise de civilisation, et dont l’élite dirigeante ne saurait être à la hauteur, ne peut trouver d’issue que dans un sursaut de la revendication égalitaire. L’égalité sociale contre l’iniquité du traitement de faveur fait aux plus riches, qui en dernier ressort est ­l’objet central de ce mouvement des « gilets jaunes », en lutte contre le mépris d’en haut. L’égalité démocratique dans des modalités de mobilisation et de décision qui prennent effectivement en compte l’avis des citoyens sur les questions écologiques plutôt que de laisser celles-ci à l’arbitraire de décisions technocratiques. Une égalité quant aux ini­tiatives ­sociétales, qui fasse droit aux formes expérimentales de vie sociale et environnementale qui naissent ici et là. On ne se sortira pas de la crise civilisationnelle face à laquelle nous sommes par la verticalité du pouvoir. C’est, au demeurant, moins d’une pensée de la prise du pouvoir que de l’horizontalité de la politique égalitaire dont nous avons aujourd’hui besoin.

    Mouvement éruptif

    On aura beau pointer le caractère conservateur, voire réactionnaire de certains acteurs de ce mouvement, il s’agit de comprendre ­politiquement sa polysémie et les diverses ­dimensions de la révolte dans une politique de la précarité qui ne peut être qu’une poli­tique d’alliance, de convergence et d’hori­zontalité. A tout le moins, plutôt que de ­bouder ce mouvement éruptif, il s’agit de l’éprouver dans sa teneur et dans sa portée. Dans la ­dynamique des mouvements sociaux de ces dernières années, de la lutte contre la loi travail aux occupations de la place de la Répu­blique, qui ont constamment conjoint social et démocratique, on pourrait dire que ce mouvement pose pour la première fois, mais comme à l’envers, la question sociale et celle de l’environnement. Le moment est en ce sens sinon décisif du moins important et ne doit pas être perdu dans la reconduction de contradictions et de divisions qui devraient être surmontées : ­entre métropoles et périphéries, entre villes et campagnes, entre les luttes pour la liberté des styles de vie et les luttes sociales, entre classes populaires et classes moyennes, etc. Si le mot « peuple » a encore un sens, ce n’est pas seulement dans son surgissement événe­mentiel, mais surtout dans sa capacité à dire le rassemblement.

    Patrick Cingolani professeur de sociologie, Laboratoire de changement social et politique université Paris-Diderot

    https://www.liberation.fr/debats/2018/11/20/gilets-jaunes-un-peuple-qui-vient_1693139

    #giletsjaunes » #peuple #mouvement #écologie #égalité #contestation #précarité #loi_travail #insécurité_sociale #territoire #emploi #chômage #taxes #vie_chère #salaire #carburant #fracture_sociale #fracture_territoriale #métropoles #périurbain #voiture #automobile #horizontalité #alliances #convergence #périphérie

    https://seenthis.net/messages/737358 via kaparia


  • Disparités territoriales : le dessous des cartes, pour dépasser les visions simplistes
    https://www.caissedesdepotsdesterritoires.fr/cs/ContentServer/?pagename=Territoires/Articles/Articles&cid=1250281110201&nl=1

    A travers chiffres et cartes, « décrire la diversité des territoires », « remettre de la complexité là où prévaut souvent le simplisme », « croiser les données pour nuancer voire inverser les discours », « contrer les clichés non vérifiables »… telle serait, au fond, l’une des vocations de l’observatoire des territoires. Cela semble en tout cas être l’un des enseignements du dernier rapport annuel de cet observatoire créé en 2004 sous l’égide du Commissariat général à l’égalité des territoires (#CGET).
    Présenté le 18 mai, ce document de 150 pages permet en effet de montrer, à travers six analyses thématiques, que « les contrastes entre #territoires » dépassent largement l’éternelle dichotomie entre #métropoles et #monde_rural, entre centres et périphéries. Certes, chaque grand type d’espace – métropoles, villes moyennes, espaces périurbains, espaces ruraux – affiche des caractéristiques spécifiques. Mais des « dynamiques spatiales » contrastées se dessinent aussi au sein de chaque grande catégorie de territoire, souligne Pierre Mirabaud, président du conseil d’orientation de l’observatoire des territoires et ancien Datar.

    https://seenthis.net/messages/697461 via AF_Sobocinski


  • Les #idéopôles s’affirment entre Macron et Mélenchon
    https://www.mediapart.fr/journal/france/040517/les-ideopoles-s-affirment-entre-macron-et-melenchon

    Dans les métropoles gagnantes de la #Mondialisation, les votes divergent de ceux du reste du pays. Le FN y est plus que jamais sous-représenté, et la gauche y progresse ou résiste plus qu’ailleurs. Macron y apparaît comme un médiateur entre les élites du marché et celles du savoir.

    #France #gentrification #géographie_du_vote #Metropoles



  • L’emploi et le territoire : l’émergence des « monstropoles » – carToTem – fabien lambertin cartography
    http://www.cartotem.fr/lemploi-et-le-territoire

    + 113 000 C’est le nombre d’emplois #salariés privés supplémentaires en France depuis 5 ans [20 000/an..., ndc] . Ainsi, en marge de la hausse historique du #chômage, le territoire français continue de créer de l’#emploi.

    Néanmoins, ce chiffre qui pourrait suggérer une bonne santé économique cache une profonde dualité spatiale, une #géographie_économique à deux vitesses qu’illustre parfaitement cette première anamorphose.

    http://www.cartotem.fr/wp-content/uploads/2015/11/anamorph_empINDUSsuppl_20092014_2-01.jpg

    On observe en effet un gain en emploi très fortement concentré géographiquement : six #bassins_d’emploi totalisant un surcroît de 184 000 emplois (Paris, Lyon, Toulouse, Nantes, Bordeaux et Saclay). Ce qui induit que le cumul des 316 autres zones d’emploi accuse un déficit de près de 71 000 emplois salariés. Globalement, 118 zones d’emploi présentent une évolution positive sur les cinq dernières années, pour 204 zones d’emploi qui connaissent des pertes, qui sont supérieures à 1 000 emplois pour 75 d’entre elles.

    Les grandes #métropoles ont donc fait mieux que résister aux effets de la crise depuis 2009. L’Est, le Nord et le grand Bassin Parisien paraissent en revanche plus que jamais écrasés par la capitale. C’est dans ce grand secteur géographique que l’on retrouve les zones d’emploi les plus en souffrance, exception faite de la zone d’emploi de Nice qui connaît des difficultés dans les secteurs du bâtiment et certaines activités de pointe.

    http://www.cartotem.fr/wp-content/uploads/2015/11/anamorph_empINDUSsuppl_20092014_2-01.jpg

    http://seenthis.net/messages/448717 via colporteur


  • Jean-Pierre Garnier sur la gentrification et les métropoles
    http://www.lemonde.fr/logement/article/2015/06/11/les-elus-locaux-ont-pris-le-train-de-la-gentrification-en-marche_4652113_165
    http://s1.lemde.fr/image/2015/06/11/644x322/4652109_3_ab10_le-chantier-de-la-halle-pajol-dans-le-18e_6df1c801beb66c35976da31cc0f0cbc9.jpg

    Les élus locaux ont pris le train de la gentrification en marche en mettant en œuvre des politiques souvent appelées de « renouvellement urbain », qui prennent la forme de programmes de rénovation et de réhabilitation. On restaure l’existant mais en l’adaptant pour en faire un cadre de vie adapté pour de nouveaux habitants, en réaménageant l’intérieur des logements par exemple.
    Programme immobilier neuf dans la rue de la République à Marseille.

    C’est à ce moment-là que le processus de gentrification opère : à l’extérieur, on voit petit à petit apparaître de nouveaux types de commerce « branchés », des galeries d’art, des cafés. L’espace public est lui aussi aménagé, on décide de la piétonnisation de certains espaces, on ajoute des pistes cyclables…

    Même si on parle de politiques de « renouvellement urbain », c’est aussi selon moi une politique de renouvellement du peuple car cela s’est par exemple accompagné de politiques ambiguës en matière de logement social. Les mairies, celles de Paris en particulier, se sont mises à installer des catégories de logements sociaux accessibles à une très large portion de la population française, ce qui a pour effet d’en exclure ceux qui en ont le plus besoin.

    #gentrification #métropoles #urbanisme #Jean-Pierre_Garnier

    http://seenthis.net/messages/446847 via RastaPopoulos


  • Guillaume Duval, Alternatives Economiques - Favoriser les #métropoles : une efficacité contestable - Libre propos - xerficanal-economie.com
    http://www.xerficanal-economie.com/emission/Guillaume-Duval-Favoriser-les-metropoles-une-efficacite-contest
    http://www.xerficanal-economie.com/img/Video/Guillaume-Duval-Favoriser-les-metropoles-une-efficacite-contestable-4269.jpg

    Xerfi Canal TV a reçu Guillaume Duval, rédacteur en chef d’Alternatives Economiques, pour parler de l’aménagement de notre territoire, et pour nous éclairer sur la concentration aujourd’hui des investissements sur les métropoles.

    #économie #aménagement_du_territoire #concentration #inégalités #territoire #géographie #ruralité #ruissellement #ruissèlement

    http://seenthis.net/messages/427613 via Agnès Maillard