• Quand des villes refusent d’être vendues à des multinationales
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    Écrasées de #dettes, poussées à la #marchandisation, les villes sont sommées de se vendre aux multinationales. Mais partout dans le monde, des municipalités cherchent à se réapproprier leur #pouvoir_d’agir.

    Comment les élus locaux et les citoyens peuvent-ils s’opposer à la main-mise grandissante des firmes ? C’est tout l’objet d’une publication inédite, parue ce jeudi 27 février, intitulée Villes contre multinationales, éditée par Ritimo. De la privatisation de l’eau à l’essor d’Airbnb en passant par la « smart city » connectée en 5G, « les villes sont devenues un champ de bataille face au poids croissant des grandes entreprises », peut-on lire en introduction.

    La publication réunit une série d’articles rédigés par des journalistes, des militants, des élus et des chercheurs européens, membres d’Enco, un réseau de médias et d’ONG « qui se consacrent à enquêter et informer sur les entreprises multinationales et leur pouvoir ».

    Un travail qui tombe à pic, à deux semaines des élections municipales : « On espère donner des idées aux candidats et futurs élus, casser ce sentiment qu’il n’y a pas d’alternatives, pas de possibilités de s’opposer aux multinationales », explique Olivier Petitjean, membre de l’Observatoire des multinationales, joint par Reporterre. De l’Espagne au Royaume-Uni, en passant par la Tchéquie et la France, de nombreuses municipalités ont en effet cherché à se réapproprier leur pouvoir d’agir.

    Car il s’agit bien d’une reconquête démocratique. Depuis la crise financière de 2008, « la pression économique et politique sur les villes s’est considérablement accrue, soulignent les auteurs. Nombre d’entre elles se sont retrouvées écrasées de dettes, poussées à vendre des biens, privatiser des services publics, réduire leurs dépenses. » Les fonds financiers en quête de nouveaux placements profitables ont investi le secteur du tourisme et de l’immobilier, mais également celui des nouvelles technologies.

    Laia Forné, sociologue espagnole spécialiste des questions d’urbanisme, de démocratie et de communs, évoque ainsi une « marchandisation des villes » :

    La gouvernance urbaine de nos villes a été basée sur une coopération entre les secteurs public et privé qui a mené à la privatisation de biens fondamentaux comme la terre, le logement, l’eau et le patrimoine municipal, tout en créant des structures de gouvernance opaques et antidémocratiques. Le modèle de gouvernance qui a prévalu était celui de la concession public-privé, où le secteur privé engrange les bénéfices de grands projets spéculatifs tandis que le secteur public en assume les risques. »

    L’un des principaux leviers des firmes réside ainsi dans la spéculation immobilière, comme le raconte Max Carbonell, membre de l’Observatoire de la dette dans la globalisation (ODG), et militant espagnol du mouvement pour le logement. Blackstone, une des multinationales qui possèdent le plus de propriétés (ou « actifs financiers ») au monde, a acquis de nombreux bâtiments à Barcelone, notamment un immeuble dans le quartier de Raval, l’un des plus pauvres de la ville.

    « Blackstone n’y voyait qu’un actif financier sur lequel spéculer et se préparait à mettre les familles à la rue pour pouvoir le revendre – ou le relouer – à un prix bien plus élevé, écrit-il. [Pour Blackstone et d’autres sociétés du même type, le] mode opératoire commun se résume à "buy it, fix it, sell it", acheter, réparer, revendre). »

    Aujourd’hui, les villes du monde sont sommées d’entrer en compétition les unes avec les autres sur le marché international pour attirer le maximum de touristes et d’opportunités d’affaires financières et immobilières possibles (avec tous les secteurs d’activité qui leur sont liés). En d’autres termes : on vend des villes, on vend notre ville, à des investisseurs du secteur du tourisme et de l’immobilier.

    À Barcelone, une mobilisation populaire portée par le Syndicat des habitants du Raval (SHR) a finalement contraint Blackstone à négocier : en 2019, l’entreprise a fini par accepter que les familles restent et paient un loyer modéré, en partie financé par la municipalité.

    Ainsi, la publication Villes contre multinationales diffuse des exemples de luttes locales, souvent longues et difficiles, tant la puissance des firmes apparaît illimitée. En Croatie, le journaliste Igor Lasic explique comment la société Razvoj Golf, porteuse d’un projet de golf géant dans la ville touristique de Dubrovnik, a porté plainte en 2017 contre l’État auprès d’un tribunal d’arbitrage dans le cadre d’un accord de libre-échange, réclamant 500 millions d’euros de compensation pour le blocage de ses projets par un mouvement citoyen.

    À Bruxelles, le chercheur Kenneth Haar relate les manœuvres d’Airbnb auprès de la Commission européenne « pour reprendre la main » face à la contestation croissante des métropoles comme Amsterdam ou Berlin : « La Commission fait depuis lors pression sur les États membres [leur] faisant savoir que les restrictions trop strictes aux activités d’Airbnb et des autres plateformes peuvent contrevenir à la législation européenne ».
    « La "ville intelligente" n’est qu’un nouveau nom pour la ville privatisée »

    Nouveau cheval de Troie des multinationales, le concept de « smart cities » a le vent en poupe. Selon Olivier Petitjean, « la "ville intelligente" n’est qu’un nouveau nom pour la ville privatisée ». Pour les entreprises comme Suez et Veolia, « la "smart city" est surtout promue comme un moyen d’intégrer la gestion des services publics locaux comme l’eau, les déchets, le transport public, le chauffage urbain, l’éclairage, la gestion des équipements, pour rendre le tout plus "efficient" ». Au-delà, ces « smart cities » sont une aubaine pour les géants du numérique et les plateformes comme Google, Uber, Amazon, Airbnb ou Deliveroo car elles permettent non seulement « une collecte massive de données sur les habitudes individuelles et les tendances urbaines, mais aussi de ce fait une capacité d’influencer la fabrique même des villes (par exemple ses flux de trafic, le développement économique de certains quartiers, etc.) sans contrôle par les élus locaux ».

    Le combat des David citadins contre les Goliath multimillionnaires serait-il perdu d’avance ? « La bataille est en cours, dit Olivier Petitjean. Il existe des marges de manœuvre, mais il y a besoin que les villes créent des alliances, échangent leurs idées, fassent contre-poids aux multinationales. » Pour lui, « la transition écologique et sociale est une opportunité pour que les villes sortent de la dépendance aux multinationales. Pour réduire ses déchets, une ville peut décider de s’engager dans une démarche zéro déchet, en impliquant les citoyens, plutôt que de s’en remettre à la construction d’un nouvel incinérateur par une multinationale comme Suez. »

    De fait, les 200 pages de la publication regorgent d’initiatives portées par des villes. Hazel Sheffield, journaliste anglaise, détaille l’histoire de Preston, petite ville de 140.000 habitants dans le nord de l’Angleterre, fortement touchée par la désindustrialisation, qui « a réorienté radicalement ses achats publics pour favoriser le tissu économique et social local, plutôt que les grandes entreprises ». « Les gros contrats, par exemple pour la rénovation du marché de Preston, sont divisés en lots plus petits pour permettre aux PME de répondre aux appels d’offres, et des clauses sociales y sont attachées, comme de garantir aux travailleurs des salaires décents », raconte-t-elle. Bien que les règles européennes, d’inspiration néolibérale, ne soient pas favorables à de telles clauses, « tant que les autorités assurent une procédure équitable, elles peuvent sélectionner les fournisseurs en fonction d’une série de critères dont le prix, mais aussi la qualité, le risque, la valeur sociale et d’autres facteurs », précise la journaliste. Les achats de services, de travaux et de fournitures des villes de l’Union européenne représentent près de 2.000 milliards d’euros par an, soit environ 14 % du PIB de l’Union. « Le potentiel de transformation de ces nouvelles politiques progressistes de marchés publics est donc énorme », note aussi Olivier Hoedeman, co-fondateur du Corporate Europe Observatory.
    L’eau à Grenoble, la gestion des ordures à Naples... Autant d’exemples de remunicipalisation

    Outre les achats publics, la publication met en avant de multiples exemples de (re)municipalisation : l’eau à Paris et Grenoble, les terres agricoles à Mouans-Sartoux ou Vannes, la gestion des ordures à Naples ou la distribution d’électricité dans certaines communes espagnoles.

    Pour la sociologue Laia Forné, cette reconquête n’est possible et durable qu’à travers la mise en place d’un « municipalisme public-citoyens », alliant élus et mouvements sociaux. À Barcelone, le nouveau système qui oblige les grandes développeurs immobiliers à consacrer 30 % de leurs opérations à du logement social, en fournit un bon exemple : « Tandis que la municipalité apportait le savoir-faire technique pour rédiger une législation adaptée, les mouvements sociaux pour le logement ont mobilisé l’opinion publique et exercé une pression politique suffisante pour dépasser les logiques partisanes. » Elle parle également de « co-responsabilité », illustrée par la création du programme barcelonais de « Patrimoine citoyen », dont l’objectif est « de créer des cadres innovants associant citoyens et institutions pour gérer les ressources publiques, y compris les édifices publics, les vergers urbains, l’espace public et certains services sociaux. »

    « Les élus ne peuvent pas tout, les villes sont face à des pouvoirs puissants et riches, conclut Olivier Petitjean. Il est donc essentiel que les municipalités volontaristes soient soutenues par des mouvements sociaux. Il est aussi nécessaire que ces villes se mettent en réseau, s’allient pour peser face aux multinationales. Et surtout, il faut une bonne dose de courage. »

    https://reporterre.net/Quand-des-villes-refusent-d-etre-vendues-a-des-multinationales

    #villes #géographie_urbaine #résistance #multinationales #Barcelone #eau #Grenoble #remunicipalisation #Blackstone #Airbnb #Bruxelles #smart_cities #ville_intelligente #ubérisation #Preston #désindustrialisation #UK #Angleterre #Naples #ordures #Mouans-Sartoux #Vannes #terres #Espagne #municipalisme_public-citoyens #co-responsabilité #patrimoine_citoyen #mouvements_sociaux #réseaux #livre #ressources_pédagogiques #urban_matter

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    Pour @etraces :

    Nouveau cheval de Troie des multinationales, le concept de « smart cities » a le vent en poupe. Selon Olivier Petitjean, « la "ville intelligente" n’est qu’un nouveau nom pour la ville privatisée ». Pour les entreprises comme Suez et Veolia, « la "smart city" est surtout promue comme un moyen d’intégrer la gestion des services publics locaux comme l’eau, les déchets, le transport public, le chauffage urbain, l’éclairage, la gestion des équipements, pour rendre le tout plus "efficient" ». Au-delà, ces « smart cities » sont une aubaine pour les géants du numérique et les plateformes comme Google, Uber, Amazon, Airbnb ou Deliveroo car elles permettent non seulement « une collecte massive de données sur les habitudes individuelles et les tendances urbaines, mais aussi de ce fait une capacité d’influencer la fabrique même des villes (par exemple ses flux de trafic, le développement économique de certains quartiers, etc.) sans contrôle par les élus locaux ».

    https://seenthis.net/messages/856138 via CDB_77


  • Main basse sur l’#eau | ARTE
    https://www.arte.tv/fr/videos/082810-000-A/main-basse-sur-l-eau
    https://static-cdn.arte.tv/resize/khduCrAqR9NLBxeC-dvqbyhsphk=/940x530/smart/filters:strip_icc()/apios/Img_data/cache-buster-1574694506/26/082810-000-A_2908990.jpg

    Le prometteur marché de l’eau s’annonce comme le prochain casino mondial. Les géants de la finance se battent déjà pour s’emparer de ce nouvel « or bleu ». Enquête glaçante sur la prochaine bulle spéculative.

    Réchauffement climatique, pollution, pression démographique, extension des surfaces agricoles : partout dans le monde, la demande en eau explose et l’offre se raréfie. En 2050, une personne sur quatre vivra dans un pays affecté par des pénuries. Après l’or et le pétrole, l’"or bleu", ressource la plus convoitée de la planète, attise les appétits des géants de la #finance, qui parient sur sa valeur en hausse, source de #profits mirobolants. Aujourd’hui, des #banques et fonds de placements – Goldman Sachs, HSBC, UBS, Allianz, la Deutsche Bank ou la BNP – s’emploient à créer des #marchés porteurs dans ce secteur et à spéculer, avec, étrangement, l’appui d’ONG écologistes. Lesquelles achètent de l’eau « pour la restituer à la nature », voyant dans ce nouvel ordre libéral un moyen de protéger l’environnement.

    En Australie, continent le plus chaud de la planète, cette #marchandisation de l’eau a pourtant déjà acculé des fermiers à la faillite, au profit de l’#agriculture_industrielle, et la Californie imite ce modèle. Face à cette redoutable offensive, amorcée en Grande-Bretagne dès #Thatcher, la résistance citoyenne s’organise pour défendre le droit à l’eau pour tous et sanctuariser cette ressource vitale limitée, dont dépendront 10 milliards d’habitants sur Terre à l’horizon 2050.

    De l’Australie à l’Europe en passant par les États-Unis, cette investigation décrypte pour la première fois les menaces de la glaçante révolution en cours pour les populations et la planète. Nourri de témoignages de terrain, le film montre aussi le combat, à la fois politique, économique et environnemental, que se livrent les apôtres de la #financiarisation de l’eau douce et ceux, simples citoyens ou villes européennes, qui résistent à cette dérive, considérant son accès comme un droit universel, d’ailleurs reconnu par l’#ONU en 2010. Alors que la bataille de la #gratuité est déjà perdue, le cynisme des joueurs de ce nouveau #casino mondial, au sourire carnassier, fait frémir, l’un d’eux lâchant : « Ce n’est pas parce que l’eau est la vie qu’elle ne doit pas avoir un prix. »

    https://seenthis.net/messages/816326 via Kassem


  • Attention ! Ce blog « carbure » au #nihilisme.

    Où l’on déconstruit l’idéologie du #green_new_deal en égratignant au passage son égérie suédoise en laissant les lecteur·rices sur leurs « fins ». Le communisme pourra-t-il mieux faire ? Pas si sûr ...
    (Je vous en propose ci-dessous le passage émotionnellement le plus neutre).

    Le vert est la couleur du dollar. A propos de Greta et de la transition technologique – carbure
    https://carbureblog.com/2019/11/01/le-vert-est-la-couleur-du-dollar-a-propos-de-greta-et-de-la-transition-

    Le capitalisme n’est pas une technostructure qui finirait par devenir obsolète et par s’arrêter faute de matières premières, mais un rapport social d’exploitation, c’est-à-dire une domination de classe fondée sur l’extraction de plus-value qui veut se maintenir pour elle-même, quelles que soient les conditions et l’arrière-plan catastrophique ou non de cette domination. La catastrophe écologique et les perturbations sociales qu’elle risque d’entraîner ne constituent pas une remise en cause de ce rapport en tant que tel, à moins de considérer que l’essence du capital repose dans une bonne vie bien organisée : elle vient simplement s’ajouter aux conditions de crise. Dans ces circonstances, que quelques personnes possédant du terrain parviennent à pratiquer la permaculture entre elles ou à mettre des revenus en commun n’a rien d’impossible, tant qu’elles ont les moyens de payer et que l’Etat ne les considère pas comme une menace (ce qui inscrit leur absolue marginalité dans la liste de leurs conditions nécessaires d’existence). Et outre la question de la possibilité de ces expériences, on peut aussi se demander si elles sont bien désirables : l’importance du patrimoine foncier dans ce genre d’alternatives, telles qu’elles peuvent déjà exister, et l’exploitation des plus précaires par de petits propriétaires peuvent nous donner une idée de la structure de classe qui s’y dessine. La classe moyenne n’a jamais rien fait d’autre que tenter de s’extraire, même précairement, de la condition commune : qu’elle vote ou qu’elle plante des choux, cela n’a jamais rien changé à quelque catastrophe que ce soit. Il n’y a rien d’étonnant à ce que même à la dernière extrémité, en une ultime robinsonnade, elle ne parvienne pas à imaginer autre chose que ce qu’elle connaît, et préfère considérer que la catastrophe est inévitable qu’envisager le dépassement des rapports sociaux qui la constituent comme classe.

    #critique_de_ la_valeur #marchandisation #communisme #communisation #capitalisme #lutte_des_classes

    https://seenthis.net/messages/814673 via Sombre


  • [Le culte du bonheur créé] de nouvelles hiérarchies émotionnelles où ceux qui râlent, ceux qui sont en colère sont « pathologisés ».

    En plus d’être le jour du Printemps, aujourd’hui c’est aussi la Journée Mondiale du Bonheur ! C’est donc l’occasion idéale pour (ré)écouter la sociologue Eva Illouz, co-auteur de « Happycratie : Comment l’industrie du bonheur a pris le contrôle de nos vies »...
    Youpee !

    https://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-2eme-partie/heureux-qui-comme-moi-je
    http://3.bp.blogspot.com/-lnmJ2_rdI0A/U_4B6klT7GI/AAAAAAAAA7E/FB9AlRbN56s/s1600/smileone.jpg
    #bonheur #marchandisation #Printemps #JournéeMondialeduBonheur

    https://seenthis.net/messages/768644 via ¿’ ValK.


  • Ce film, diffusé en coopération avec le CHS du XXe siècle, retrace l’histoire, la mémoire et la légende d’un mouvement subversif… qui a fini par être patrimonialisé par la société qu’il voulait renverser

    https://sms.hypotheses.org/13472

    https://sms.hypotheses.org/files/2018/10/a-bas-ConvertImage-1-371x500.jpg

    #film, #situationnisme, #debord, #spectacle, #marchandisation, #patrimoine, #évolution, #histoire, #mémoire, #subversion, #subvertir, #symbole, #1968, #mai, #IS, #internationale_situationniste, #postérité, #légitimation

    https://seenthis.net/messages/727077 via Mondes Sociaux


  • « Emmanuel Macron veut liquider le modèle social français » - Entretien avec Frédéric Farah - Le Vent Se Lève
    http://lvsl.fr/macron-liquider-modele-social-farah
    http://lvsl.fr/wp-content/uploads/2017/01/fred.jpg

    Aujourd’hui, après 30 ans de réformes pour ne pas dire de #régressions, Emmanuel Macron et autres Fillon demandent avec plus ou moins de brutalité d’épouser une voie allemande en matière sociale, c’est-à-dire d’accélérer la #liquidation de notre modèle social. Pour eux, il faut désormais soumettre l’#économie française à marche forcée à ce projet européen dont la forme brutale s’est exprimée dans les pays du sud et particulièrement en Grèce. Yannis Varoufakis l’a bien dit : l’objectif de Schäuble est l’État social français. Jean-Claude Juncker a quant à lui clairement dit que la loi El Khomri était le minimum que pouvait faire la France. Macron c’est la version high tech de ce projet tandis que François Fillon incarne la version Tweed et défense des clochers, mais en définitive il s’agit de la même histoire.

    #marchandisation #précarité

    https://seenthis.net/messages/563970 via Agnès Maillard


  • Don d’organes : on vous prive de l’usage de votre #corps ! [Replay] | Contrepoints
    https://www.contrepoints.org/2016/12/29/203219-don-dorganes-la-collecte-plus-efficace
    https://www.contrepoints.org/wp-content/uploads/2014/07/Chirurgie-salle-dopérations-5-Crédits-CG94-photos-licence-Creative-Commons.jpg
    Des questions d’#éthique cruciales qui n’ont — bien sûr — fait l’objet d’aucun #débat public, le tout dans un contexte global de #marchandisation de la #santé et d’#inégalités croissantes dans l’accès aux soins.

    Les #organes sont assimilés à des biens recyclables allant d’un donneur à un ou plusieurs receveurs par l’intermédiaire des institutions. La sauvegarde des organes en bonne santé se fait de force, à coup de lois (interdiction de fumer, de boire, de manger mal…). Puis, en fin de vie, le porteur d’organe, dit citoyen, se transforme en ressource potentielle au #profit de l’ensemble social sur un marché qui dysfonctionnerait.

    Dans ce contexte, se pose la question difficile des familles et de la gestion de l’accompagnement des mourants. Si les organes peuvent être prélevés sans consentement préalable, dans quelles conditions se passera la fin de vie des donneurs désignés ? Pourront-ils toujours être entourés de leurs proches jusqu’au bout ou s’éteindront-ils seuls dans une salle d’opération ?

    Appliquer strictement cet amendement sans déstabiliser l’équilibre de confiance déjà bien fragile, après toutes les affaires (sang contaminé, implant…) que l’on connait, entre la #société et les acteurs de la #médecine semble impossible.

    Quant au bénéfice de la mesure, rien n’indique aujourd’hui que le nombre d’inscriptions dans le registre des refus n’explosera pas dans le futur limitant les bénéfices escomptés. Par contre, il est évident que le gain de cette mesure dépendra surtout des critères de définition du type de patients admissibles et que plus ils seront larges, plus ils seront importants, estompant la distinction entre donneur #mort et en train de mourir.

    Et de là il pourrait être très facile de favoriser la survenue rapide de l’arrêt cardiaque au profit d’un prélèvement d’organe ou encore abandonner tout simplement la « dead donor rule » (la règle du donneur mort). Les coûts psychiques pour les soignants, qui vont devoir endosser la responsabilité de trancher entre les intérêts d’un donneur en fin de vie et ceux de receveurs potentiels à sauver, vont être énormes.

    Quel impact tout ceci pourrait avoir sur les soins donnés et l’appréhension de fin de vie des patients ? Est-il acceptable de sacrifier une vie au profit d’une autre, remplacer une mort spontanée par une autre intentionnelle dans une logique purement utilitariste ? Ce n’est pas certain mais, pourtant, on constate que dans quelques pays cela le devient.

    https://seenthis.net/messages/556368 via Agnès Maillard



  • #Mort : faites vos comptes !
    https://www.franceculture.fr/emissions/le-billet-economique/mort-faites-vos-comptes
    https://s3-eu-west-1.amazonaws.com/cruiser-production/2016/11/b3c36cd9-c0aa-40cb-b787-923fd2e352c5/600x337_maxpeopleworld762747.jpg
    Comme d’hab’, on découvre que la #concurrence, contrairement à ce que nous susurrent les succubes néolibérales, a fait flamber les #prix

    Combien coûte la mort ? Question morbide s’il en est dont on ne découvre la réponse que quand on fait l’expérience de la mort d’un proche. Le coût, économique, de la mort, c’est essentiellement le coût des #obsèques.

    Ce marché a été libéralisé en 1998. Avant, on n’avait pas le choix de l’opérateur funéraire. Aujourd’hui, il faut comparer les prix, et loin de diminuer, ils ont augmenté à un rythme bien supérieurs à l’#inflation, justement parce que les familles des défunts ne font pas jouer la concurrence (ici la démarche à suivre) et ne demandent souvent qu’un seul devis.

    Au final, selon le Parisien de ce 1er Novembre, cela revient entre 4000 euros et 7000 euros pour une inhumation, 3500 et 4000 euros pour une crémation. Mourir à Paris coûte 30% plus cher. Certains assureurs ou mutuelles proposent aussi des estimations sur leur site. Que Choisir a également mené cette recherche en 2014, vous trouverez ici une infographie.

    https://im.quechoisir.org/node/actualite-pompes-funebres-et-obseques-infographie-des-ecarts-de-prix-inouis-6319/inline-8549.jpg
    #marchandisation

    https://seenthis.net/messages/538553 via Agnès Maillard



  • Le coût de la rentrée (L’Humanité)
    http://www.humanite.fr/le-cout-de-la-rentree-614968

    Ce principe de gratuité fut inscrit dans notre constitution en 1946.
    Je rêve d’une école conforme à ses principes, c’est naïf peut être mais on ne se refait pas, une école qui donnerait en début d’année à chaque élève de quoi écrire, lire, faire du sport, oui vous avez bien lu faire du sport, car je pense que l’école devrait fournir chaussures, survêtements et tee shirt, l’école devrait être un rempart aux marques et aux marketing asservissant. L’école devrait même assurer les élèves lorsque le contrat d’assurance des parents ne couvrent pas tous les risques. L’Etat verse une allocation de rentrée aux familles afin qu’elles dépensent cet argent à l’hypermarché du coin. Quand on y pense c’est vertigineux, en être arrivé là... Un peu moins de deux milliards d’euros, j’y vois une subvention de la grande distribution, ce serait moins hypocrite que l’Etat fasse des chèques directement à M&Me Leclerc, Auchan, Carrefour and co.

    #éducation #coût_de_l'éducation #gratuité #allocation_de_rentrée #marchandisation

    https://seenthis.net/messages/521338 via Heautontimoroumenos


  • La lente déchéance de l’idéal olympique. Une #marchandisation sauvage | Mondialisation - Centre de Recherche sur la Mondialisation
    http://www.mondialisation.ca/la-lente-decheance-de-lideal-olympique-une-marchandisation-sauvage/5541723

    En clair, dans les JO actuels, la plupart des disciplines « modernes » excluent d’emblée ceux qui n’ont ni les structures ni le climat approprié ni le relief et la géographie. Ce n’est pas à ds saheliens qu’il faut parler de canoe kayak ou de ski. De plus, quand on ajoute de nouvelles disciplines généralement bourrées de technologies, du même coup on écarte la force physique car l’immense majorité des pays n’en dispose pas. On le voit, les Jeux olympiques ne pourront jamais se dérouler dans les pays du Sud. Il n’a même pas été envisagé la coordination entre plusieurs pays.

    #sport #discrimination

    https://seenthis.net/messages/517571 via Agnès Maillard


  • Et si nous vivions dans un État sans fonctionnaires ?
    http://www.lagazettedescommunes.com/444271/et-si-nous-vivions-dans-un-etat-sans-fonctionnaires
    http://www.lagazettedescommunes.com/wp-content/uploads/ok_uchronie.jpg
    Le récit, comme#formatage des esprits !
    Ne croyez pas une demi-seconde que cet exercice était vain ou isolé !

    L’#uchronie, au départ cauchemardesque pour les membres du petit groupe, prend donc vie en se nourrissant des propositions et des expériences de chacun. A l’heure du bilan, les participants sont enfin invités à « piocher » parmi les idées qui ont émergé lors de la séance.

    Et parmi celles que le groupe aimerait voir se mettre en place dès aujourd’hui, il y a :

    Délivrer une formation aux #valeurs du service public dans les écoles ;
    Apprendre aux plus jeunes les techniques pour travailler ensemble, inculquer « le sens du collectif » ;
    Mieux travailler sur les métiers de demain ;
    Anticiper les départs selon les différents types d’emploi et de compétences.

    « Heureusement, rien de tout cela ne se produira » souffle un monsieur avant de quitter la salle. Soulagé sans doute de quitter ce monde de science-fiction…

    #marchandisation

    http://seenthis.net/messages/493791 via Agnès Maillard


  • Où est passée la médecine que j’ai connue interne ? | Sébastien M.
    http://www.huffingtonpost.fr/sebastien-m/ou-est-passee-la-medecine-que-jai-connue_b_10059784.html
    http://i.huffpost.com/gen/4337752/images/o-DOCTOR-facebook.jpg

    J’ai vu l’efficience légitime apporté par l’amélioration de la formation et des équipements se fracasser sur l’exigence intransigeante des chiffres du temps d’attente et du nombre de patients facturés.

    J’ai vu de nouveaux organisationnels scinder les équipes en filières déconnectées, chacune gérant son micro bout de pont dans ce grand bateau à la ligne de flottaison proche du bastingage. J’ai vu des cadres infirmiers, initialement référents techniques d’expérience, se transformer en gestionnaires, et des médecins en managers du chronomètre.

    J’ai vu le périmètre de mon regard se restreindre à un écran d’ordinateur, remplaçant l’échange personnalisé par des clics de souris et des frappes sténographiques. J’ai vu « Madame Dupont » devenir « le box 22 ».

    #santé #hôpital #médecine #rentabilité #marchandisation

    http://seenthis.net/messages/492735 via Agnès Maillard


  • Devenez actionnaire... d’un individu, par Laura Raim (Le Monde diplomatique, août 2014)
    https://www.monde-diplomatique.fr/2014/08/RAIM/50696
    https://www.monde-diplomatique.fr/IMG/arton50696.jpg

    M. Adam Steege, un individu bien réel, pourrait presque être un personnage de HSE. Pour financer sa start-up de matériel chirurgical, ce diplômé de Columbia a ouvert un profil sur le site Upstart, créé en 2012. Alors que sur les sites de financement participatif classiques, comme Ulule, c’est le projet que l’on vend aux investisseurs (1), ici, c’est... l’individu. Le curriculum vitae de M. Steege a visiblement convaincu : l’ingénieur de 27 ans a levé 60 000 dollars (45 000 euros) auprès de vingt-six investisseurs, à qui il doit désormais 6 % de ses revenus annuels pendant dix ans.

    #marchandisation

    http://seenthis.net/messages/487219 via Agnès Maillard


  • Centre d’actualités de l’ONU - Investir davantage dans la #santé mentale bénéficierait aussi à l’économie, selon l’OMS
    http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=37012&Cr=OMS&Cr1=
    http://www.un.org/News/dh/photos/large/2015/September/09-10-2015Drugs_WHO.jpg
    Après, on peut peut-être envisager de soigner les gens pas seulement pour ce qu’ils rapportent, mais juste parce qu’ils souffrent et qu’ils en ont besoin pour avoir une vie meilleure, non ?

    Publiée dans The Lancet Psychiatry, cette étude démontre en effet que chaque dollar américain investi dans le développement du traitement de la dépression et de l’anxiété en rapporte quatre autres sous forme d’une amélioration de la santé et de la capacité de #travail.

    #marchandisation

    http://seenthis.net/messages/479755 via Agnès Maillard


  • Miroir Social - #Reclassement des #chômeurs : quand le service public fait mieux que le secteur privé
    http://www.miroirsocial.com/actualite/13183/reclassement-des-chomeurs-quand-le-service-public-fait-mieux-que-le-se

    Il y a exactement 10 ans, Pôle emploi (ou plus exactement l’ANPE / Unedic de l’époque) enclenchait sa politique de #sous-traitance du reclassement des demandeurs d’emploi auprès d’opérateurs privés de placement (OPP). Pour calmer l’émoi suscité par cette décision controversée, il promettait une évaluation rigoureuse. Qu’en est-il aujourd’hui ? On constate que les évaluations menées sont convergentes : le service public de l’emploi (SPE) fait mieux et moins cher que les OPP. Et pourtant, Pôle emploi poursuit imperturbablement (et dans l’indifférence générale de la part des acteurs politiques…) sa stratégie de sous-traitance.

    #privatisation #marchandisation #chômage

    http://seenthis.net/messages/476290 via Agnès Maillard


  • EuropaCity, ou comment Auchan veut divertir le Grand Paris | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/france/260316/europacity-ou-comment-auchan-veut-divertir-le-grand-paris?onglet=full
    https://static.mediapart.fr/files/2016/03/21/sce-ne-de-bat-gonesse.jpg

    Selon ses promoteurs, EuropaCity devrait aussi héberger un cirque, une halle culturelle, des magasins collaboratifs, des hôtels, des espaces de coworking, un fablab géant, du pair à pair, une recyclerie. Dans Play, son magazine promotionnel, on peut lire des interviews de Jean Blaise, le fondateur du Festival des Allumés de Nantes et du Lieu unique à Nantes, de Diana Filippova, l’une des coordinatrices de OuiShare, de Stéphane Distinguin, membre du Conseil national du numérique et ancien président de La Cantine, et du designer Erwan Bouroullec. « On va fabriquer un laboratoire à partir duquel on retiendra et extraira des formes, des codes, des valeurs qui vont ensuite servir pour le commerce du XXIe siècle. Comme lieu de laboratoire, c’est passionnant », y explique le sociologue Jean Viard. Au total, l’espace promis à la culture ne représenterait qu’un cinquième de tout ce qui est prévu pour le commerce, mais selon David Leblon, directeur du développement d’EuropaCity : « 50 000 m2 d’équipement culturel, c’est l’équivalent de Beaubourg. Ce n’est pas du saupoudrage. » Si bien que pour Jean-Pierre Blazy, maire PS de Gonesse, grand soutien d’EuropaCity, « pour moi, le cœur, c’est le projet culturel. Il peut faire du triangle de Gonesse, considéré comme répulsif, un endroit où on va comme on va au Grand Palais ». Le projet dépend de la mise en place de la future ligne 17 du Grand Paris Express, qui doit relier les villes de banlieue franciliennes. Pour Auchan, EuropaCity n’est pas un lieu de villégiature, c’est « un quartier » à vivre.

    #marchandisation #temps

    http://seenthis.net/messages/473723 via Agnès Maillard


  • Voici la nouvelle caisse testée par Lidl | Olivier Dauvers
    http://www.olivierdauvers.fr/2016/01/13/voici-la-nouvelle-caisse-testee-par-lidl
    http://www.olivierdauvers.fr/wp-content/uploads/2016/01/Lidl-Morangis-1.jpg

    un long tapis avant la caisse (jusqu’à presque 4 mètres dans certains cas) permet au client de déposer tous ses articles et de se concentrer sur l’ensachage ; pour l’ensachage justement, la (toute) petite plate-forme après caisse oblige le client à tenir le rythme de la caissière. Et voilà comment le client participe à la productivité en caisse !

    En conséquence, l’expérience-client est un vraie point noir. Si noir que je doute parfois que les “grands patrons” du HD fassent de temps à autre de “gros paniers” dans leur enseigne. Pour le faire (chez Lidl comme ailleurs of course), je l’affirme : c’est le pire moment de l’expérience d’achat globale. Et le simple fait d’améliorer cette étape “récupèrera” automatiquement des gros chariots. Et dopera le panier moyen de l’enseigne.

    #consommation #marchandisation #exploitation

    http://seenthis.net/messages/449154 via Agnès Maillard