• Coronavirus : à Paris, voyages au bout de la nuit
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/04/17/coronavirus-a-paris-voyages-au-bout-de-la-nuit_6036869_3224.html
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    REPORTAGEDepuis le début du confinement, le pouls de la capitale bat au ralenti. Et plus encore après la tombée du jour, quand la cité n’est plus qu’un théâtre d’ombres.

    « Vous connaissez Ayn Rand ? Non ? ! Il faut lire Ayn Rand, c’est une romancière, la grande théoricienne de la philosophie libertarienne. Voilà, c’est ça que je suis, un libertarien, c’est-à-dire un gros égoïste qui essaie de prendre soin de soi et de ses proches. Et si chacun fait cela, peut-être qu’un avenir est possible. Sinon, on est foutus. Parce que là, je peux vous le dire, on est devant la pire crise économique qu’a connue l’humanité. Ça va être un carnage et il ne vaudra mieux pas être là quand ça va péter. On est tous à se demander où on va aller pour la suite. Parce que l’avenir à Paris, dans notre petit appart qui a coûté un bras, ça va pas être possible. Ça va être la guerre, je vous le dis, la guerre. Et nous, les bobos comme moi, on n’est pas armés pour ça. Le mendiant à qui je donne d’habitude à la sortie du supermarché, je le vois, lui, il est peinard. Détendu. Les SDF, c’est eux qui s’en sortiront parce qu’ils n’ont rien à perdre et qu’ils sont déjà en mode Mad Max. »

    Il est bientôt minuit. Tanguy – les personnes rencontrées ont préféré ne donner que leur prénom – est descendu de chez lui pendant que ses filles dorment pour acheter deux bières dans la petite épicerie de sa rue, perpendiculaire aux Grands Boulevards. Des XL, pour traverser cette première nuit chaude de l’année, un air d’été, de putréfaction, de vacances de la fin du monde. La conversation s’est engagée à distance, et maintenant, Tanguy ne s’arrête plus de parler. En un quart d’heure, on en sait plus sur sa vie que son voisin de palier. C’est le propre des guerres et des grandes catastrophes de produire un tel mélange de concision et de confusion : il faut que tout sorte d’un coup avant de se retrouver les tripes à l’air. Sa vie défile comme un film muet accéléré. Tanguy a fait HEC, n’a pas aimé le monde de l’entreprise et de la finance. S’est installé à son compte en faisant « un peu d’immobilier et un peu de trading ». Deux enfants, divorce ou séparation. Plus tout jeune, quelques cheveux gris, mais ça fait partie de son charme de quadra mal rasé, en jean et tee-shirt sous une chemise déboutonnée. Une ex-amoureuse qui habite dans la même rue l’a appelé au téléphone : il pensait qu’elle voulait retenter sa chance, elle voulait juste lui annoncer qu’elle toussait. « Prendre soin de soi et de ses proches. » Oui, mais comment ? Insondable est la nuit.

    Tanguy repart avec ses deux bières poursuivre son cauchemar en confinement. Tout le temps de la discussion, aucun autre client ne s’est présenté au comptoir de l’épicerie Super Market. Zeitoun, le gérant, est affalé sur son comptoir. En mode survie. Pourquoi rester ouvert aussi tard ? « La journée, les grandes surfaces attirent toute la clientèle. Je suis obligé de rester ouvert le soir pour attraper les autres. Je ne peux pas fermer, comment je vais payer 3 000 euros de loyer, sinon ? » Son regard erre sur le mur de bouteilles d’alcool bon marché scintillant de toutes les couleurs sous l’aveuglante lumière du néon. Inquiète est la nuit.

    Une nuit en nuances de gris

    La porte Saint-Denis écarquille son œil de Cyclope, muette d’horreur face au vide qui l’entoure, médusée par le silence qui l’enveloppe. Où sont-ils tous, les poivrots, les fêtards, les clodos, les crevards, les Turcs, les Kurdes, les Arabes, les Africains et les autres ? Partis, envolés, effacés. Oubliés. Même le Paris qui ne dort jamais s’est claquemuré. Il y a bien quelques dealeurs à la recherche de clients, quelques SDF à la recherche de nourriture ou d’un refuge, quelques employés de restaurants qui rentrent chez eux en pressant le pas, mais pas de quoi fouetter un chat de gouttière. Paris n’est pas Istanbul et compte d’ailleurs nettement plus de rats que de chats.

    Quatre nuits d’affilée, on est sorti vérifier si, dans la nuit de Paris, tous les chats sont vraiment gris. Chercher le long de ses artères le pouls faiblard d’une capitale sous Covid-19, toucher son front moite d’une mauvaise fièvre, celle qui brûle la cervelle, écrase le thorax et fait trembler les membres. Au début du confinement – que cela paraît loin déjà ! –, la nuit commençait bien avant les applaudissements de 20 heures. Mais le changement d’heure et l’arrivée du printemps ont repoussé les ténèbres bien après l’hommage quotidien aux soignants. Au tout début, donc, il n’y avait personne, sauf ceux qui ne pouvaient pas faire autrement, les « sans » : sans-abri, sans-papiers, sans-domicile-fixe, sans-famille. Il y avait le froid aussi, un froid sans pitié.

    Désormais, la nuit est un nuancier de gris. D’abord, les joggeurs, dont la pratique a été repoussée après 19 heures. Ils slaloment entre les promeneurs de chiens. Ensuite, les livreurs, qui sillonnent la ville en tous sens et à toute heure, à scooter ou à vélo. Puis les couples, qui prennent le frais, main dans la main, émerveillés et intimidés par cette ville déserte et pourtant vivante. Et enfin tous ces « sans », dont la présence, d’ordinaire noyée dans la foule nocturne et le vacarme automobile, saute aux yeux. La nuit leur appartient autant qu’elle les possède. Gloutonne est la nuit.

    Les sapeurs-pompiers de Paris récupèrent un sans-abri malade, au Forum des Halles, à Paris, le 8 avril. OLIVIER LABAN MATTEI / MYOP POUR "LE MONDE"

    Dans l’ancien ventre de Paris, aux Halles, tous les SDF s’appellent Jonas. C’est leur royaume dévasté. Le centre commercial a fermé ses portes, les contraignant à dormir les uns contre les autres dans les issues de secours, les entrées du métro et du RER, qui ferment leurs portes à 22 heures. En surface, le jardin est occupé par différents groupes qui se croisent en une chorégraphie erratique. On se rassemble par affinités, origines, addictions ou hasard. Les SDF isolés risquent d’être rançonnés, pour une cigarette ou une bouteille, voire de se faire agresser gratuitement. Un groupe de jeunes Antillais propose un peu de « shit », sans conviction. A côté, des Russes sont saouls comme des Polonais. L’un d’eux frissonne et tousse en crachant du sang. Les pompiers arrivent rapidement. Coronavirus ? « Bah, on sait pas, on va le tester, mais j’ai peur que le virus ne soit pas son souci principal », soupire un pompier fataliste.

    L’axe de la misère

    Les jeunes Antillais, eux, n’ont pas peur du Covid-19 : « C’est une question d’anticorps et de gênes », assure David. Mais quand les autorités lui ont proposé de se confiner dans un gymnase ou un hôtel réquisitionné, il a préféré refuser, par prudence : « Entassés dans un gymnase, ou à deux dans une chambre d’hôtel, on est sûr de l’attraper. » Mais dans la rue, tout est devenu plus difficile : moins de passage, moins de commerces ouverts, donc moins d’argent. « Les gens, ils reculent quand ils nous voient parce qu’on n’a pas de masques. » La Croix-Rouge distribue des repas tous les midis au pied de l’église Saint-Eustache.

    Un sans-abri compte l’argent gagné dans la journée, autour du Forum des Halles, le 8 avril. OLIVIER LABAN MATTEI / MYOP POUR "LE MONDE"

    Sophie, sans-abri, nettoie les vitres de la terrasse d’un restaurant où elle passera la nuit, à proximité de l’esplanade du Forum des Halles, le 8 avril. OLIVIER LABAN MATTEI / MYOP POUR "LE MONDE"

    Plus loin, au pied de la Bourse de commerce, qui doit accueillir la collection Pinault en septembre, la « famille » de Francesca – trois femmes, deux hommes, « une invitée » et le chien – a installé son campement sous l’auvent d’un restaurant en réfection de la rue Coquillère, entre l’As de trèfle et Au pied de cochon. Le bric-à-brac de matelas, coussins, lampes et vivres est soigneusement rangé dans un coin. Sophie, l’« invitée », fait les carreaux. Lola, la métisse, dit qu’à elles trois, avec Francesca, l’Italienne, et Gracias, l’Espagnole, « [elles font] la mondialisation ». Les deux hommes, Momo et « le Vieux », restent muets : « Les femmes dans la rue, c’est des problèmes, finit par lâcher Momo. Ça crée des jalousies, des disputes. »

    Francesca est née dans le nord de la péninsule, il y a à peine trente ans, et a eu deux filles : la première est morte d’une leucémie, la seconde a été placée. « Le père est toujours dans le crack, moi, je préfère l’alcool. » Aujourd’hui, le seul être dont Francesca ne pourrait plus se passer est son chien. Après des années d’attente, elle s’est vu attribuer un appartement thérapeutique, mais elle n’a pas pu y emménager à cause du confinement. « T’as l’espoir et puis d’un coup, on te le retire. Ça s’appelle un ascenseur émotif », philosophe Lola. Brutale est la nuit.

    Une femme sans domicile fixe devant la gare de l’Est, à Paris, le 10 avril. OLIVIER LABAN MATTEI / MYOP POUR "LE MONDE"

    Un groupe de sans-abri et de toxicomanes sur le parvis de la Rotonde, place de la Bataille-de-Stalingrad, à Paris, le 11 avril. OLIVIER LABAN MATTEI / MYOP POUR "LE MONDE"

    L’axe de la misère part des Halles et remonte vers le nord de Paris en passant par les gares de l’Est et du Nord, avant de rejoindre Stalingrad, place forte des « crackés » et des paumés, puis de finir à la porte d’Aubervilliers, principal rassemblement des migrants depuis le démantèlement du camp de la porte de la Chapelle. Tout le reste est strictement vide une fois passé 22 heures, à l’exception de quelques ombres furtives. Rue Saint-Denis, pas une prostituée en vue. Le seul commerce ouvert est une sandwicherie, Le Généreux, qui fait de la vente à emporter. Un client qui souhaite s’attabler pour avaler son kebab se voit fermement rappeler les règles par Smat, le cuistot. Le client repart à vélo pour Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), où il habite : « Je viens tous les jours pour m’occuper de ma mère. Elle m’emploie comme aide à domicile. C’est comme ça que je vis. » Il a 60 ans passés.

    Des tribus et une caste

    Smat a convaincu son patron de rouvrir la sandwicherie parce qu’il devenait « fou » dans son studio de la Courneuve, au bout de deux semaines de confinement. « Comme on ne vend presque rien, à peine vingt sandwiches par jour de midi à minuit, mon collègue et moi avons accepté de baisser notre salaire de 300 euros. » Ils gagnent désormais 1 300 euros par mois. Son patron les raccompagne tous les soirs en scooter du quartier Montorgueil à la Courneuve à minuit ou 2 heures du matin, selon que les affaires marchent plus ou moins mal. Chiche est la nuit.

    Mohamed-Amin, étudiant en administration économique et sociale, profite de son job de livreur pour sortir voir un de ses amis, le 9 avril. OLIVIER LABAN MATTEI / MYOP POUR "LE MONDE"

    Un homme récupère sa commande dans un restaurant de la rue Saint-Denis, à Paris, le 8 avril. OLIVIER LABAN MATTEI / MYOP POUR "LE MONDE"

    Hakim Amarouche, chauffeur de taxi parisien, attend des clients dans la rue Réaumur, le 8 avril. OLIVIER LABAN MATTEI / MYOP POUR "LE MONDE"

    Hakim aussi préfère travailler que ne rien faire. Il a convaincu le patron de sa société de taxi de lui laisser la voiture. « Ça fait tellement longtemps que je dors le jour et veille la nuit, je ne me vois pas changer de rythme. Mais franchement, il m’est arrivé de faire des nuits à une course de 20 euros. C’est pas pour l’argent, c’est pour pas péter un câble. » Il a du gel hydroalcoolique mais plus de masques. Il ajoute : « Au moins, je peux circuler et passer voir les copains. Parce que sinon, la nuit, y a que des fous et des zombies dehors. » C’est un peu exagéré : Christel et Timothée, tout droit sortis d’un catalogue de The Kooples, promènent leur chien à la fraîche, un bouledogue miniature. Christel, pourtant pas bégueule, ne veut plus sortir le chien seule car elle « ne se sent pas en sécurité, surtout à cause des hommes d’Europe de l’Est sous alcool ».

    Chaque tribu reste à part : les sportifs, les poivrots, les couples, les promeneurs de chiens, les drogués, les migrants. Pas ou peu de rencontres imprévues : il faut profiter à fond du peu de temps imparti en cas de contrôle policier. Les livreurs forment une caste à part. On les retrouve en groupes, devant les rares restaurants ouverts. Penchés sur leurs scooters, ils ressemblent à des cowboys abreuvant leur monture autour du même puits. Eux aussi ont moins de travail : « Trop peu de restaurants ouverts pour trop de demande, constate Amir. L’attente est longue, on se bat pour les livraisons. Les gens s’énervent. En fait, les clients sympas sont plus sympas et les emmerdeurs plus chiants. Ils insistent pour que tu montes dans l’immeuble alors que c’est interdit. » Grâce à son métier, Amir en voit des vertes et des pas mûres : « Les geeks dans leur chambre de bonne qui commandent deux Twix et une bouteille d’eau pour toute la journée ; l’handicapé de la cuisine qui commande trois croque-monsieur, ça fait pitié. » « C’est toi qu’il voulait kékro [“croquer”, en verlan] », le charrie son copain Abdoulaye. Ironique est la nuit.

    Mohamed-Amin est livreur lui aussi, mais en mode dilettante. Il ne prend pas les courses qui ne le rapprochent pas d’un copain. « L’attestation de travail, je m’en sers surtout pour bouger », rigole-t-il. Ce soir-là, il a rejoint Eddy, son pote de fac, au pied du 12-2, la cité du 122, boulevard de l’Hôpital. « La nuit, on chill, on est entre nous, loin de la mifa [la “famille”] », confirme ce dernier, survêtement bleu électrique et cheveux impeccablement tirés. Et le virus ? « J’ai bien flippé quand j’ai appris qu’un pote du Val-d’Oise était en coma artificiel, assure Mohamed-Amin. Mais le lendemain, j’ai recommencé à sortir. C’est plus fort que moi. » Ses Ray-Ban le protègent de la nuit.

    Gigantesque musée après fermeture

    Dans l’immense échangeur RER de la gare du Nord, on ne croise que des soignants rentrant en banlieue. Un homme fait des rodéos sur une trottinette électrique équipée d’une sono poussée à fond. Une Allemande, visiblement perdue et dérangée, en pyjama vert d’hôpital psychiatrique, cherche comment se rendre à Villiers-le-Bel, à 21 h 45. En surface, un homme en sandales pédale lentement, le nez levé pour contempler l’immense nef de la gare du Nord. Reynald est un esthète, horloger de métier : « Je ne verrai probablement plus jamais Paris comme cela, alors je pars à vélo tous les soirs. Dans ce climat de peur épouvantable, je me nourris de toute cette beauté. » Dehors, la nuit est complète : c’est l’heure des zombies. L’hôpital voisin, Lariboisière, a dû embaucher des gardes du corps pour accompagner le personnel soignant au métro.

    Dans les couloirs déserts de l’échangeur RER de la gare du Nord à Paris, le 10 avril. Olivier Laban-Mattei / MYOP POUR LE MONDE

    Reynald n’est pas le seul à chercher à échapper à la pesanteur ambiante, à l’image de ce couple rencontré autour du jardin du Luxembourg. Elle, Aude, la cinquantaine, médecin hospitalier, lui, Jean-Paul, la soixantaine, haut fonctionnaire bientôt à la retraite, domiciliés à Port-Royal. « Tous les soirs, nous faisons un parcours différent pour redécouvrir le quartier. J’ai un autre regard, je découvre des façades, des portes cochères s’émerveille-t-elle. C’est une ambiance très spéciale, insolite. Parfois, nous faisons un petit pèlerinage devant le dernier restaurant où nous avons dîné pour l’anniversaire de mon mari. C’était trois jours avant le confinement. Ça paraît une éternité. » L’éternité, on pourrait presque la toucher du doigt devant le Panthéon, soudain intimidant dans la nuit. Céline, Norma et Renée, trois étudiantes libanaises résidant au Foyer franco-libanais tout proche, en sont presque saisies. Elles ont préféré poursuivre leurs stages et leurs études à Paris que prendre un vol de rapatriement pour rentrer au pays. « Pour une fois que le gouvernement libanais gère bien une crise », rigolent-elles. Face au Panthéon, on voit la tour Eiffel, au loin. Des perspectives insoupçonnées se révèlent.

    Tout-Paris est un gigantesque musée après fermeture. Dans le Quartier latin, on remarque une petite maison ancienne, verte, tout droit sortie du Moyen Age, au croisement des rues Galande et Saint-Julien-le-Pauvre. Derrière la fenêtre à carreaux épais, la silhouette d’une femme qui semble tricoter à la bougie. Le long des quais, devant Notre-Dame, la Seine est sage comme un miroir. Ses eaux noires glissent à l’allure d’un tapis roulant. Sioomin et Marion se promènent main dans la main, bouche bée : « D’habitude, il y a trop de monde, et là, pas assez. » Mutique est la nuit.

    Le Quartier latin, à Paris, le 12 avril. OLIVIER LABAN MATTEI /MYOP POUR "LE MONDE"

    Un sans-abri se repose sur la terrasse d’un restaurant du boulevard Saint-Michel, à Paris, le 12 avril. OLIVIER LABAN MATTEI /MYOP POUR "LE MONDE"

    Rudy, chauffeur de bus sur la ligne 96, à Paris, le 12 avril. OLIVIER LABAN MATTEI / MYOP POUR "LE MONDE"

    Rudy, chauffeur sur la ligne de bus 96, se souvient qu’il y a quatre mois seulement, pendant la grève contre la réforme des retraites, il bataillait pour faire rentrer 200 personnes dans un véhicule conçu pour 90. Aujourd’hui, il lui arrive d’aller d’un terminus à l’autre sans charger personne. Trop ou pas assez, mais Rudy est toujours aussi zen. Ce soir-là, quatre jeunes rentrent aux Lilas en se faisant des checks sonores au fond du bus. « J’ai fait huit mois de bracelet [électronique], je vais mourir si je sors de chez moi. Déjà, le virus, ça casse bien le délire. Je donnerais tout pour une bonne chicha », confie un gaillard à casquette et sans masque – « truc de boloss ». Des chichas clandestines, il paraît qu’il y en a une à Bondy et une autre à Sevran, mais il faut connaître le propriétaire, qui n’ouvre qu’aux personnes de confiance. Secrète est la nuit.

    Des cimes aux abîmes

    D’autres vont s’enivrer des odeurs des fleurs et de la terre humide au sommet du Sacré-Cœur. Après 22 heures, l’esplanade devant la basilique est le lieu préféré des couples d’amoureux. Ils se tiennent à distance les uns des autres, pétrifiés par le mélange des sensations : la beauté du panorama, la force du silence, la puissance des fragrances, la fraîcheur de la brise d’air pur qui donne le sentiment d’être en altitude. Roxanne et Thomas, tous deux étudiants, sont comme hypnotisés par la lune rousse qui a des allures de « soleil cou coupé » d’Apollinaire. « C’est une période dure, constate Thomas, mais je vois aussi beaucoup de solidarité entre voisins, des gens qui font connaissance à l’échelle de leur immeuble et s’organisent pour les plus démunis. » Tendre est la nuit.

    Cent trente mètres plus bas, au pied de la butte Montmartre, commence le royaume de l’infortune. Barbès, La Chapelle, Stalingrad, autre axe de la misère, ouest-est celui-là. A Stalingrad, trois distributions de nourriture avaient lieu simultanément la veille de Pâques pour les sans-abris de la Rotonde. C’est là que se rassemblent le plus grand nombre de #SDF dans la capitale, dont nombre de toxicomanes depuis que la « colline du crack », à la porte de la Chapelle, a été évacuée. Dorian et Odile, qui travaillent dans une supérette bio des alentours, passent donner des invendus, surtout du pain. « Lorsqu’on a commencé les distributions, raconte Frédéric, bénévole pour autremonde, une association de lien social du 20e arrondissement, tout disparaissait en trente minutes. Depuis, les circuits de distribution se sont un peu réorganisés. »

    Une bénévole de l’association Autremonde assure une distribution de nourriture au niveau de la station de métro Jaurès, à Paris, le 11 avril. OLIVIER LABAN MATTEI / MYOP POUR "LE MONDE"

    Un couple sur les marches du Sacré-Cœur, à Paris, le 11 avril. OLIVIER LABAN MATTEI / MYOP POUR "LE MONDE"

    Un groupe de sans-abri et de toxicomanes sur le parvis de la Rotonde, place de la Bataille-de-Stalingrad, à Paris, le 11 avril. #OLIVIER_LABAN_MATTEI / MYOP POUR "LE MONDE"

    « Nous n’avons pas vocation à distribuer de la nourriture, explique Marie Nardon, la présidente de l’association. Mais lors de notre première maraude d’après confinement, le 23 mars, nous avons constaté que les gens à la rue crevaient littéralement de faim. On a même vu quelqu’un échanger un sac de couchage pour un sandwich. Aujourd’hui, 70 bénévoles se relaient chaque semaine pour distribuer à manger et à boire. La Protection civile nous fournit les repas. Nous avons commencé aussi une distribution hebdomadaire dans nos locaux, parce qu’il y a la pauvreté invisible de ceux qui ne sont pas à la rue mais n’ont plus aucun revenu. Nous avons aussi, avec les autres associations, insisté pour la réouverture des sanisettes et toilettes publiques. D’après la mairie, 140 ont été remises en service. »

    Hussein, un Turc bien mis que les aléas de la vie ont mené à la rue, voudrait trouver une place en foyer, à l’hôtel ou dans un gymnase. « N’importe quoi, mais pas la rue. Je ne dors pas la nuit car j’ai tout le temps peur. Seulement le 115 (SAMU social de Paris), quand j’arrive à l’avoir au téléphone, me répond qu’il n’y a plus de place. » « Il faudrait que l’Etat réquisitionne les logements de tourisme », suggère Mme Nardon.

    Lune rousse au-dessus de Paris, vue de la butte Montmartre, le 11 avril. OLIVIER LABAN MATTEI / MYOP POUR "LE MONDE"

    Hussein passe le temps sur un banc près du métro Anvers à Paris. L’entreprise de BTP qui le faisait travailler a fermé, le laissant à la rue sans revenu. Le 10 avril. OLIVIER LABAN MATTEI / MYOP POUR "LE MONDE"

    La porte d’Aubervilliers est l’autre « cluster » de la misère à Paris. Les migrants chassés du campement de la porte de la Chapelle s’y sont installés. Ils passent le plus clair de la journée regroupés par langue ou par nationalité sur l’espace vert entre les deux voies qui mènent au boulevard périphérique. C’est là qu’associations et particuliers viennent distribuer de l’aide. Dorothée est venue le dimanche de Pâques à la tombée de la nuit. Cette esthéticienne d’une soixantaine d’années avait récolté deux chariots auprès des commerçants dans son quartier, dans le 19e arrondissement. Mais le premier a disparu aux mains d’un groupe de jeunes partis le revendre. Le second est dédaigné, car essentiellement constitué de sandwichs au jambon : « Je ne comprends pas, se récrie la femme, peu au fait des interdits alimentaires musulmans. Quand on a faim, on fait pas le difficile. » Drôle de bonne samaritaine ! Elle est venue de son propre chef, sans association, ni masque ni gants. « Je suis contre Pasteur, et de plus, je suis en très bonne santé », se persuade-t-elle.

    A Paris, l’infortune des « confinés dehors » , Simon Piel et Joan Tilouine le 15 avril 2020
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/04/15/a-paris-l-infortune-des-confines-dehors_6036606_3224.html

    REPORTAGE Dans les quartiers du nord et de l’est de la capitale, sans-abri et toxicomanes errants sont les dernières âmes qui vivent dans les rues désertes.

    Nul ne veut mourir seul sur le boulevard de la Chapelle. Allongé sur le bitume crasseux, le corps comme désarticulé, appuyé sur le grillage qui surplombe les trains de la gare du Nord, un homme d’une cinquantaine d’années quitte doucement ce monde à l’arrêt. Hagard et désorienté, il ne prête même plus attention à Barbès et à ses rues vides où, ce vendredi 10 avril vers 17 heures, ne grouillent plus que des petits dealeurs et des toxicomanes aguerris à toutes les combines de la survie dans Paris.

    Même les rayons de soleil de ce printemps qui démarre paraissent l’accabler un peu plus. Il n’a ni toit ni d’autres habits que cette tenue d’hôpital trop large pour son corps fluet. Il ne parle plus. Des pompiers ont été alertés par des policiers écumant les 10e et 18e arrondissements, qui suspectent une infection au coronavirus.

    Depuis la mise en place du confinement, il n’est plus possible de regarder ailleurs. Les ombres qui errent en quête de survie ont investi le nord-est de Paris. « On ne fait quasiment plus que du Covid-19 », dit l’un des policiers, inquiet de la dégradation rapide de l’état de santé de l’homme sans nom. Un pompier en combinaison intégrale tente de le soulager en lui apportant de l’oxygène médical. Il faut le transporter à l’hôpital Lariboisière, tout proche. Il est bientôt 18 heures. Il ne mourra pas sur le boulevard de la Chapelle.

    Dans le quartier de Belleville, le 4 avril à Paris. DIANE GRIMONET

    A la station de métro Barbès-Rochechouart, sur un bout d’asphalte envahi par les pigeons, Arlan installe ses matelas noircis par la crasse avant d’avaler une salade glanée dans les poubelles. Visage grêlé, œil gauche percé recouvert par une frange de cheveux longs et gras, ce quadragénaire sri-lankais a échoué là il y a plusieurs mois.

    « On le voit tous les jours, et il faut l’aider, car ici c’est dangereux », dit un jeune revendeur de cigarettes de contrebande qui passe par là. Arlan ne se plaint ni de l’insécurité, ni de l’absence de points d’eau, ni de la fermeture des toilettes publiques. « Je ne me douche pas depuis bien longtemps et, ici, je n’ai pas de problème », lâche-t-il, indifférent au ballet des toxicomanes et des margoulins qui rôdent autour du métro.

    Quelques cars et voitures de police passent mais ne s’arrêtent pas. La veille, des CRS étaient déployés en nombre dans le quartier. « Le lendemain et les jours suivants, ils n’étaient plus là, glisse Michael, un gaillard de 43 ans. C’est parce que le préfet était dans le quartier. » Avec quatre collègues, il escorte, depuis le 31 mars, le personnel soignant de l’hôpital Lariboisière sur la centaine de mètres qui mènent au métro ou à la gare du Nord.

    « Il y a eu trop d’agressions, de vols, de tracas faits par les toxicos. Ma mission, c’est qu’ils arrivent sans problème », explique le garde du corps, ancien militaire reconverti dans la sécurité privée depuis dix ans. En cas d’embrouille, il ne compte que sur ses gros bras, sa bombe lacrymogène, sa matraque télescopique et sa maîtrise des techniques de self-défense. « Je fais du pencak-silat, un art martial indonésien », dit-il fièrement de sa voix grave qui s’échappe de son épais masque en tissu noir. « Il n’y a que des cafards dehors en ce moment », poursuit son collègue.

    « Les grands oubliés »

    Sur le chemin, ils peuvent croiser Ndiaye, alias « Beurre de karité », qui musarde avec son sac à dos de randonneur et son tapis de sol. A 47 ans, ce Sénégalais sans papiers ni logement depuis six mois se débat dans ces rues interlopes, angoissé par le Covid-19 qui pourrait lui être fatal. Il a de sérieux problèmes pulmonaires. « Mes médicaments et mes ordonnances ont été volés pendant que je dormais. Dans la rue, il y a trop de charognards ; t’es pas encore mort qu’ils viennent pour te finir et te dépouiller », raconte-t-il. Puis il reprend sa marche d’un pas décidé, comme s’il savait subitement où le mènera son interminable errance.

    Ceux qui n’ont plus l’énergie de se mouvoir se retrouvent rue Saint-Vincent-de-Paul, à une dizaine de mètres de l’entrée de l’hôpital Lariboisière. Un toxicomane édenté s’y cache derrière une voiture. Sur le trottoir d’en face, une femme d’une trentaine d’années, assise sous un porche, les pieds nus ravagés par les mêmes trous de seringue qui parsèment ses jambes et son cou, se prépare un shoot. « Ça va, oui », parvient-elle à articuler.

    Son injection sera photographiée par un habitant exaspéré par ces scènes qui se répètent et bouleversent la vie du quartier. Des images ensuite retweetées par le compte Riverains Lariboisière gare du Nord avec ce commentaire : « Il faisait beau, on entendait les enfants jouer sur les balcons. Sans vouloir stigmatiser, sous leurs yeux, [il y avait] des shoots à la seringue et des fumeurs de crack. »

    Sophie Paris X
    @SophieParisX
    Hier rue St-Vincent de Paul #Paris10 il faisait☀️on entendait les enfants jouer sur les balcons mais sans vouloir "stigmatiser",sous leurs ????shoots ????et fumeurs de crack
    –Soignants escortés
    –Toxicos soutenus par assos unilatérales
    –Qui se soucie des habitants #SCMR salle de shoot ?
    Voir l’image sur Twitter

    Dans une tribune parue le 9 avril dans Libération, un collectif d’associations a décidé d’alerter sur la situation des usagers de drogues, les « grands oubliés » du Covid-19. « La crise actuelle agit en révélateur des manquements de notre société vis-à-vis de ses membres les plus vulnérables, et met en lumière les limites d’un système basé sur la prohibition et la répression », écrivent ces professionnels du monde associatif.

    La docteure Elisabeth Avril, directrice du centre Gaïa, la salle de consommation de drogue à moindre risque jouxtant l’hôpital Lariboisière, fait partie des signataires. Beaucoup des personnes que reçoit l’association « vivent de la manche, mais aujourd’hui, en raison du confinement, ça ne leur rapporte plus rien », explique-t-elle. Elles sont sans domicile fixe pour la plupart. Début avril, une soixantaine d’entre elles ont été relogées grâce à la solidarité de quelques hôteliers. Les plus autonomes – entre 70 et 100 par jour depuis le début du confinement – se déplacent jusqu’au centre Gaïa pour accéder à un traitement de substitution. Le chiffre de fréquentation de la salle a décru à l’initiative de la direction en raison de la nécessité d’observer les gestes barrières et la distanciation sociale. Les usagers n’ont ni masque ni gel, l’équipe de Gaïa peinant déjà à en avoir pour elle, mais rentrent désormais un par un. Ils doivent patienter à l’extérieur, ce qui les rend encore un peu plus visibles pour les riverains.

    Fragilisés par la rue

    La moitié sont accros au Skenan, un antalgique composé de sulfate de morphine utilisé contre le cancer et moins risqué que l’héroïne de mauvaise qualité. Les plus précaires se rabattent sur de la drogue bon marché vendue autour de la gare de Nord, dont le parvis paraît avoir été abandonné. Seuls quelques chauffeurs de taxi, de rares bus et le kebab Oasis du Nord poursuivent leurs activités. Les devantures du McDonald’s, du Burger King et de la célèbre brasserie Art déco terminus Nord, tous fermés, sont squattés par des sans-abri couchés dans la saleté.

    De chaque côté de l’entrée de la gare, rue de Dunkerque, les dealeurs, eux, continuent leurs affaires à ciel ouvert. « On peut y trouver facilement un petit caillou de crack pour 12 euros, de quoi se faire un ou deux shoot à la pipe en ce moment, mais c’est de la “pharmacie”, avec moins de 2 % de coke dedans. Ça bouche les artères et la descente est hyper dure », dit Hervé, un usager de la salle Gaïa, la quarantaine abîmée. « Nous, on est à la rue, on a besoin de notre came, coronavirus ou pas », ajoute-t-il.

    Les prix ont augmenté avec la crise sanitaire et ses conséquences sur l’approvisionnement des trafiquants, mais il est encore aisé d’acheter de la drogue dure. A Stalingrad aussi, où le nombre d’usagers et de dealeurs a considérablement augmenté depuis le démantèlement de la « colline du crack », porte de la Chapelle en février. En fin de journée, alors que la nuit tombe, ne se croisent plus sur la place de la Bataille-de-Stalingrad, dans le 19e arrondissement que les joggeurs, les dealeurs et les toxicomanes. « Stal » est redevenue, crackopolis, la cité du crack.

    Entre #Jaurès et #Stalingrad, le 21 mars à Paris. DIANE GRIMONET

    « La crise sanitaire rend visibles ceux qui étaient jusque-là invisibles et fait ressortir les inégalités. On ne voit plus qu’eux car il n’y a plus qu’eux dehors, les confinés dehors, constate Louis Barda, coordinateur des programmes de Médecins du monde à Paris. La situation est très compliquée, car l’Etat se repose trop sur le secteur associatif, dont l’activité a baissé avec le confinement. Les SDF sont surexposés à la maladie. »

    Certaines pathologies liées à la vie dans la rue, comme les problèmes respiratoires dus à la pollution respirée jour et nuit, les rendent encore plus fragiles face au coronavirus. M. Barda rappelle que les politiques publiques ont toujours visé à repousser les plus démunis vers la périphérie. Malgré les quelques poches de très grande pauvreté dans le nord et l’est de Paris, c’est bien sur les boulevards extérieurs, à hauteur du boulevard Ney, au niveau de la porte de la Chapelle ou, plus à l’est, à proximité de la porte d’Aubervilliers, au niveau de la gare Rosa-Parks, que le paysage est le plus cauchemardesque.

    Porte de la Chapelle, le long de la ligne de tram T3b, qui rallie la porte de Vincennes via les boulevards extérieurs, débute un autre voyage dans la grande précarité. Des affiches « Paris, votez Campion » rappellent le temps d’avant. La tour Super Chapelle, du haut de ses 86 mètres, domine l’horizon. Le slogan de la marque d’électroménager coréen LG qui s’affiche à son sommet a beau rappeler que « life’s good », impossible d’ignorer les petits groupes de dealeurs qui officient en bas et sous les abris de chaque arrêt du tram. Ils ne se cachent même plus des policiers, pourtant postés à quelques dizaines de mètres.

    Il y a aussi de nombreux migrants. De jeunes adultes pour l’essentiel, venus de pays lointains en guerre, de Somalie, du Soudan ou d’Afghanistan, ou de dictatures, comme l’Erythrée. De l’autre côté du périphérique, à Aubervilliers, un campement à ciel ouvert a été « évacué » par les forces de l’ordre le 24 mars à l’aube. « Dans la brutalité », selon plusieurs associations qui avaient vainement réclamé l’installation de points d’eau. Près de 700 migrants s’entassaient sur un terrain vague, dans des conditions d’insalubrité et de promiscuité augmentant considérablement le risque d’infection au Covid-19.

    Initiatives solidaires

    La plupart de ces exilés ont été relogés dans des hôtels et des gymnases aménagés dans l’urgence et gérés par des associations dont les membres n’ont souvent pas d’équipements de protection contre le virus. D’autres ont repris leur errance. Après avoir détruit leurs tentes, des policiers leur ont conseillé d’aller à Paris. Ils se retrouvent aujourd’hui à végéter autour de Rosa-Parks, devenu pour l’occasion un nouveau terminus de la misère.

    En cette fin d’après-midi, sur la pelouse passée au peigne fin par des toxicomanes en quête de mégots ou de microdoses égarées, Mohammed Nur Ali papote en arabe avec deux camarades de galère. Ce Somalien de 43 ans a quitté Mogadiscio pour chercher la paix et la prospérité à plus de 10 000 km au nord. Il est arrivé en France il y a trois ans. Vêtu de guenilles, une bière Baltus à la main, Mohammed a la bouche pâteuse et l’œil torve. La faute sans doute à la mauvaise drogue qui circule ici. « Je dors dehors sous une tente ou dans l’herbe. Nos situations mentales sont terribles. On est déjà morts, alors le coronavirus… », dit-il en anglais. Puis, son visage couvert de cicatrices se ferme et son regard se durcit : « Si vous voulez que je vous raconte ma vie, donnez-moi de l’argent ou des “pills” [de la drogue sous forme de cachets]. » Samir, un jeune Afghan de 23 ans, se lève pour le calmer : « Vous savez, le coronavirus n’a rien changé pour nous. On doit toujours survivre. » Depuis peu, des points d’eau ont été installés sur place et à 20 heures un camion des Restos du cœur doit venir distribuer des repas et soulager quelques douleurs.

    Sophie Paris X
    @SophieParisX
    Aujourd’hui avec ma fille nous avons soutenu l’initiative du restaurant Boua Thaï rue St-Vincent de Paul #Paris10 en l’aidant à préparer 30 Bo Bun destinés aux soignants de la maternité @HopLariboisiere pour les remercier, les encourager et les soutenir ????????#SoutienAuxSoignants
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    Car si le secteur associatif a d’abord été pris de court par la crise sanitaire, il commence à s’organiser et des initiatives solidaires se mettent peu à peu en place.

    Chacun tente d’aider comme il peut. Comme cette cantine asiatique de la rue Saint-Vincent-de-Paul (10e arrondissement), qui prépare des bo bun pour le personnel de Lariboisière, et ce camion des Restos du cœur qui s’arrête devant la salle de consommation de drogue pour distribuer quelques vivres.

    Un peu plus au nord, dans le 18e arrondissement, des brasseries et des restaurants s’activent pour préparer des paniers repas frais pour les sans-abri et les familles dans le besoin. L’un d’eux a déployé son auvent pour que des SDF puissent s’y abriter.

    Au bout du passage Ramey, dans un bâtiment semi-industriel aux murs recouverts d’œuvres de street art, Louise et Anne chargent une camionnette de thermos remplis de soupe et de café, constituent des casiers de gâteaux, de dentifrice, de vêtements qu’elles disposent dans le coffre. Il est bientôt 20 heures, ce jeudi 9 avril, au siège parisien du Secours populaire, et ces deux jeunes bénévoles de moins de 30 ans mettent leurs masques, reçus quelques jours plus tôt, avant de commencer leur tournée dans un Paris déserté.

    Le réconfort de Jésus et d’Edith Piaf

    Premier arrêt non loin de la place de Clichy. Une grappe d’habitués se retrouvent autour de la fourgonnette. Il y a Didier, 60 ans, désormais logé dans un studio d’Emmaüs, après trente et un ans à la rue. « Quand je sors, j’ai mon papier d’autorisation, comme un écolier. Mais il n’y a rien dehors, et surtout pas de travail », soupire-t-il.

    Débrouillard, il est l’un des seuls à avoir un masque, d’où s’échappe un sourire lorsque Isabelle, petite dame énergique de 80 ans, se met à chanter Edith Piaf – Je ne regrette rien, puis La Vie en rose –, rompant le silence d’une ville confinée. Des riverains applaudissent l’ancienne SDF. Insuffisant toutefois pour arracher un sourire à Elisabeth. Cette Béninoise, précipitée dans la rue à la suite d’une série de tracas personnels, mendie comme elle peut, plus terrorisée à l’idée de contracter le Covid-19 que d’être une fois encore agressée par des voyous armés de couteaux. Son visage porte une cicatrice et elle affirme avoir été agressée sexuellement. Alors, elle serre fort dans sa main droite le crucifix en plastique dont elle ne se sépare jamais. « Hier, j’ai eu 8 euros en mendiant et avant hier, on m’a donné 10 euros pour m’acheter des couches, car je suis incontinente à la suite d’un cancer du rein. Je me demande pourquoi je suis en vie », dit-elle, confiant devoir en plus lutter contre l’alcoolisme.

    « Tout ça, c’est du lavage de cerveau du gouvernement, on a oublié les “gilets jaunes”, les manifs contre la réforme des retraites. De Gaulle, il a dit “les Français sont des veaux” », s’énerve Mouss, ancien conducteur d’engin chez ArcelorMittal, à la rue depuis onze ans, à l’occasion d’un arrêt du Secours populaire derrière le Musée d’Orsay.

    Chapeau de cow-boy froissé sur la tête, il ironise sur la crise et en renverse sa soupe. « La distanciation sociale, c’est impossible de toute façon. Comment faire l’amour à un mètre ? Tu n’as pas fait l’amour depuis le 16 mars, toi ? », lance-t-il, rigolard, avant de demander « si l’on va nationaliser ou privatiser le virus ».

    Dans le quartier de Belleville, le 23 mars à Paris. DIANE GRIMONET

    En plein milieu de l’avenue de l’Opéra, Erwan, 24 ans, profite de la prise extérieure et du Wi-Fi d’un hôtel pourtant fermé devant lequel il a posé son matelas. Ce Nantais, amateur de techno passé par la case prison, tue le temps en jouant à Call of Duty sur son téléphone, en fumant du haschich acheté à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis).

    La journée, il attend devant un tabac resté ouvert que des badauds jettent quelques pièces dans son Tupperware troué. « Je fais attention aux clochards bourrés qui postillonnent et aux Roumains qui veulent me couper la tête, car ils disent que je leur ai pris leur place de manche », glisse le jeune homme, emmitouflé dans une polaire élimée. Il ne « fait » plus que 12 euros par jour, contre près de 30 avant le confinement, et galère pour trouver des bains-douches restés ouverts. « Je ne sais pas comment je ferais sans les maraudes quotidiennes. Depuis le coronavirus, il y a un peu plus de solidarité. Mais dès que la crise sera terminée, ça recommencera comme avant. », dit-il en riant.

    #Diane_Grimonet, la photographe des déshérités
    Diane Grimonet vit et travaille à Paris. Elle photographie depuis trente ans les communautés les plus #précaires : #mal-logés, #sans-papiers, squatteurs du périphérique ou Roms. Elle intervient aussi régulièrement dans les ­milieux scolaires ou associatifs, avec ses archives comme support, et organise des ateliers photo pour les personnes en ­difficulté. En 2020, des images de sa série « Sans-papiers » ­rejoignent le Musée national de l’histoire de l’immigration.
    Depuis le 18 mars 2020, elle arpente les quartiers du #Nord-Est _parisien et rencontre les plus #vulnérables qui vivent dans la rue au temps de l’épidémie due au coronavirus.

    https://www.youtube.com/watch?v=9uNMRv-6IiA

    #photo #misère #pauvres

    https://seenthis.net/messages/844309 via colporteur


  • Après le choléra, si on allait regarder comment se comporte la #grippe à nos #frontières ?
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    Mais attention, pas n’importe quelle grippe : la GRIPPE ITALIENNE, dont je suis un expert depuis 48 heures.

    Cette #épidémie a envahi notre douce #France en janvier 1949 et aurait causé quelque 11 000 décès ! C’est par analogie avec la terrifiante #Grippe_espagnole de 1918, qu’on l’a appelée italienne, mais aussi parce qu’elle nous venait bien d’#Italie où elle avait fait « son apparition » deux mois auparavant.

    #1949, c’est peu de temps après la fin de la Seconde Guerre mondiale. L’Europe est encore en pleine reconstruction. Je vous laisse donc imaginer l’état sanitaire et social de la France, ainsi que la dureté des conditions d’existence dans les quartiers populaires et les villes ouvrières…

    Pour y voir plus clair, je vous ai préparé une petite revue de presse d’époque (merci la BNF et retronews !) qui permet de mieux comprendre les phénomènes d’ « #opinion_publique » associés à l’épidémie. Et vous allez voir que ça résonne avec notre époque.

    Sous la plume de l’Ingénu, on peut lire dans « #Droit_et_Liberté » (organe du #M.N.C.R. —qui donnera naissance au #MRAP— qui sous l’Occupation stigmatisait le racisme hitlérien et mobilisait l’opinion française au moyen de ses publications clandestines) ce petit billet, du 15 janvier 1949, intitulé :
    « La grippe c’est moche ! »

    Conversation dans le métropolitain :
    « -Est-ce que comme tout le monde vous avez fait connaissance avec la grippe italienne ? -Pourquoi me serais-je singularisé ? (...) Oui j’ai eu la grippe comme tout le monde, mais pour la qualifier d’italienne, c’est une autre histoire. Pourquoi mettre en cause un peuple qui, pour une fois, ne nous a rien fait ? Appelons la plutôt, si vous le voulez bien, la #grippe_Moch ! (#Jules_Moch, ministre de l’Intérieur).
    –Là je crois que vous exagérez. En quoi le ministre de l’Intérieur, si critiquable qu’il soit par ailleurs pourrait-il être tenu responsable du virus A ou du virus B ?
    –Évidemment les ministres ne sécrètent pas les microbes comme les calomnies gratuites. Mais dans certains cas ils sont directement responsables de la #santé de la population. Quand à force d’#injustice, de #favoritisme, de #brutalité, d’#exactions on fait régner la #misère et la #sous-alimentation, on est directement responsable des épidémies qui, ensuite, touchent une population en état de moindre résistance (…) Ignorez-vous (…) que les principaux foyers de grippe se situent dans les régions où les #CRS de Monsieur #Moch ont sévi ? Partout où les #politiques_de_terreur ont contraint les hommes à la #misère. Dans le #Nord, à #Saint-Étienne et ailleurs, la grippe est deux fois plus violent que dans le reste du pays… ».

    La palme de l’humour revient à la célèbre #Françoise_Giroud qui dans « Carrefour » 12-01-1949, osa cette formule :
    « on l’appelle italienne, non pas parce qu’elle attaque dans le dos (allusion au « coup de poignard dans le dos » de juin 1940), mais parce que 60 Italiens sur 100 en sont atteints ».

    En guise de conclusion, si vous avez envie de rigoler plutôt que d’éternuer, allez regarder ce que le loufoque #Pierre_Dac conseillait alors comme remède :
    https://www.ina.fr/video/AFE85002888

    Source : #Philippe_Hanus sur FB :
    https://www.facebook.com/philippe.hanus.94/posts/685384552198004

    #1949 #histoire

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    Beaucoup de seenthisien·nes vont apprécier cela :

    -Évidemment les ministres ne sécrètent pas les microbes comme les calomnies gratuites. Mais dans certains cas ils sont directement responsables de la #santé de la population. Quand à force d’#injustice, de #favoritisme, de #brutalité, d’#exactions on fait régner la #misère et la #sous-alimentation, on est directement responsable des épidémies qui, ensuite, touchent une population en état de moindre résistance (…) Ignorez-vous (…) que les principaux foyers de grippe se situent dans les régions où les #CRS de Monsieur Moch ont sévi ? Partout où les #politiques_de_terreur ont contraint les hommes à la #misère. Dans le #Nord, à #Saint-Étienne et ailleurs, la grippe est deux fois plus violent que dans le reste du pays… ».

    ping @reka @fil @nepthys @odilon @davduf @simplicissimus

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  • Migrants : l’irrationnel au pouvoir ?

    Les dispositifs répressifs perpétuent le « problème migratoire » qu’ils prétendent pourtant résoudre : ils créent des migrants précaires et vulnérables contraints de renoncer à leur projet de retour au pays.
    Très loin du renouveau proclamé depuis l’élection du président Macron, la politique migratoire du gouvernement Philippe se place dans une triste #continuité avec celles qui l’ont précédée tout en franchissant de nouvelles lignes rouges qui auraient relevé de l’inimaginable il y a encore quelques années. Si, en 1996, la France s’émouvait de l’irruption de policiers dans une église pour déloger les grévistes migrant.e.s, que de pas franchis depuis : accès à l’#eau et distributions de #nourriture empêchés, tentes tailladées, familles traquées jusque dans les centres d’hébergement d’urgence en violation du principe fondamental de l’#inconditionnalité_du_secours.

    La #loi_sur_l’immigration que le gouvernement prépare marque l’emballement de ce processus répressif en proposant d’allonger les délais de #rétention administrative, de généraliser les #assignations_à_résidence, d’augmenter les #expulsions et de durcir l’application du règlement de #Dublin, de restreindre les conditions d’accès à certains titres de séjour, ou de supprimer la garantie d’un recours suspensif pour certain.e.s demandeur.e.s d’asile. Au-delà de leur apparente diversité, ces mesures reposent sur une seule et même idée de la migration comme « #problème ».

    Cela fait pourtant plusieurs décennies que les chercheurs spécialisés sur les migrations, toutes disciplines scientifiques confondues, montrent que cette vision est largement erronée. Contrairement aux idées reçues, il n’y a pas eu d’augmentation drastique des migrations durant les dernières décennies. Les flux en valeur absolue ont augmenté mais le nombre relatif de migrant.e.s par rapport à la population mondiale stagne à 3 % et est le même qu’au début du XXe siècle. Dans l’Union européenne, après le pic de 2015, qui n’a par ailleurs pas concerné la France, le nombre des arrivées à déjà chuté. Sans compter les « sorties » jamais intégrées aux analyses statistiques et pourtant loin d’être négligeables. Et si la demande d’asile a connu, en France, une augmentation récente, elle est loin d’être démesurée au regard d’autres périodes historiques. Au final, la mal nommée « #crise_migratoire » européenne est bien plus une crise institutionnelle, une crise de la solidarité et de l’hospitalité, qu’une crise des flux. Car ce qui est inédit dans la période actuelle c’est bien plus l’accentuation des dispositifs répressifs que l’augmentation de la proportion des arrivées.

    La menace que représenteraient les migrant.e.s pour le #marché_du_travail est tout autant exagérée. Une abondance de travaux montre depuis longtemps que la migration constitue un apport à la fois économique et démographique dans le contexte des sociétés européennes vieillissantes, où de nombreux emplois sont délaissés par les nationaux. Les économistes répètent qu’il n’y a pas de corrélation avérée entre #immigration et #chômage car le marché du travail n’est pas un gâteau à taille fixe et indépendante du nombre de convives. En Europe, les migrant.e.s ne coûtent pas plus qu’ils/elles ne contribuent aux finances publiques, auxquelles ils/elles participent davantage que les nationaux, du fait de la structure par âge de leur population.

    Imaginons un instant une France sans migrant.e.s. L’image est vertigineuse tant leur place est importante dans nos existences et les secteurs vitaux de nos économies : auprès de nos familles, dans les domaines de la santé, de la recherche, de l’industrie, de la construction, des services aux personnes, etc. Et parce qu’en fait, les migrant.e.s, c’est nous : un.e Français.e sur quatre a au moins un.e parent.e ou un.e grand-parent immigré.e.

    En tant que chercheur.e.s, nous sommes stupéfait.e.s de voir les responsables politiques successifs asséner des contre-vérités, puis jeter de l’huile sur le feu. Car loin de résoudre des problèmes fantasmés, les mesures, que chaque nouvelle majorité s’est empressée de prendre, n’ont cessé d’en fabriquer de plus aigus. Les situations d’irrégularité et de #précarité qui feraient des migrant.e.s des « fardeaux » sont précisément produites par nos politiques migratoires : la quasi-absence de canaux légaux de migration (pourtant préconisés par les organismes internationaux les plus consensuels) oblige les migrant.e.s à dépenser des sommes considérables pour emprunter des voies illégales. La #vulnérabilité financière mais aussi physique et psychique produite par notre choix de verrouiller les frontières est ensuite redoublée par d’autres pièces de nos réglementations : en obligeant les migrant.e.s à demeurer dans le premier pays d’entrée de l’UE, le règlement de Dublin les prive de leurs réseaux familiaux et communautaires, souvent situés dans d’autres pays européens et si précieux à leur insertion. A l’arrivée, nos lois sur l’accès au séjour et au travail les maintiennent, ou les font basculer, dans des situations de clandestinité et de dépendance. Enfin, ces lois contribuent paradoxalement à rendre les migrations irréversibles : la précarité administrative des migrant.e.s les pousse souvent à renoncer à leurs projets de retour au pays par peur qu’ils ne soient définitifs. Les enquêtes montrent que c’est l’absence de « papiers » qui empêche ces retours. Nos politiques migratoires fabriquent bien ce contre quoi elles prétendent lutter.

    Les migrant.e.s ne sont pas « la #misère_du_monde ». Comme ses prédécesseurs, le gouvernement signe aujourd’hui les conditions d’un échec programmé, autant en termes de pertes sociales, économiques et humaines, que d’inefficacité au regard de ses propres objectifs.

    Imaginons une autre politique migratoire. Une politique migratoire enfin réaliste. Elle est possible, même sans les millions utilisés pour la rétention et l’expulsion des migrant.e.s, le verrouillage hautement technologique des frontières, le financement de patrouilles de police et de CRS, les sommes versées aux régimes autoritaires de tous bords pour qu’ils retiennent, reprennent ou enferment leurs migrant.e.s. Une politique d’#accueil digne de ce nom, fondée sur l’enrichissement mutuel et le respect de la #dignité de l’autre, coûterait certainement moins cher que la politique restrictive et destructrice que le gouvernement a choisi de renforcer encore un peu plus aujourd’hui. Quelle est donc sa rationalité : ignorance ou électoralisme ?

    http://www.liberation.fr/debats/2018/01/18/migrants-l-irrationnel-au-pouvoir_1623475
    Une tribune de #Karen_Akoka #Camille_Schmoll (18.01.2018)

    #irrationalité #rationalité #asile #migrations #réfugiés #préjugés #invasion #afflux #répression #précarisation #vulnérabilité #France #économie #coût

    https://seenthis.net/messages/705790 via CDB_77


  • *Christian Maillot, l’enfant marron qui cherchait des allumett es* - 7 Lames la Mer
    http://7lameslamer.net/christian-maillot-l-enfant-marron-2238.html
    http://7lameslamer.net/IMG/arton2238.png

    A 7 ans, il se sauve pour échapper à la #misère. Ventre vide, il erre, dort dans les herbes, mendie, cherche du travail... L’urgence : #survivre. « Une #enfance marron », disait-il lorsqu’il évoquait ses souvenirs. Ce n’est qu’à 18 ans qu’il commence à #manger à sa faim. Voici l’histoire de Christian Maillot, l’enfant errant qui rêvait d’apprendre à lire et à écrire et dont le principal souci était de trouver des allumettes...

    #LaReunion #pauvreté


  • La proportion des Etats-uniens agés de plus de 65 ans et se déclarant en banqueroute a triplé depuis 1991, selon une nouvelle étude (NYT, site payant).

    ‘Too Little Too Late’ : Bankruptcy Booms Among Older Americans - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2018/08/05/business/bankruptcy-older-americans.html

    For a rapidly growing share of older Americans, traditional ideas about life in retirement are being upended by a dismal reality: bankruptcy.

    The signs of potential trouble — vanishing pensions, soaring medical expenses, inadequate savings — have been building for years. Now, new research sheds light on the scope of the problem: The rate of people 65 and older filing for bankruptcy is three times what it was in 1991, the study found, and the same group accounts for a far greater share of all filers.

    Accès direct à l’étude :
    Graying of U.S. Bankruptcy : Fallout from Life in a Risk Society by Deborah Thorne, Pamela Foohey, Robert M. Lawless, Katherine M. Porter :: SSRN
    https://papers.ssrn.com/sol3/papers.cfm?abstract_id=3226574

    Abstract
    The social safety net for older Americans has been shrinking for the past couple decades. The risks associated with aging, reduced income, and increased healthcare costs, have been off-loaded onto older individuals. At the same time, older Americans are increasingly likely to file consumer bankruptcy, and their representation among those in bankruptcy has never been higher. Using data from the Consumer Bankruptcy Project, we find more than a two-fold increase in the rate at which older Americans (age 65 and over) file for bankruptcy and an almost five-fold increase in the percentage of older persons in the U.S. bankruptcy system.

    #personnes_agées #retraités #old_people #pensions #USA #Etats-Unis #misère #poverty #banqueroute #bankruptcy

    https://seenthis.net/messages/713195 via David Sharp


  • Mamzelle Paula, star d’un bar sans frontières - 7 Lames la Mer
    http://7lameslamer.net/mamzelle-paula-2212.html
    http://7lameslamer.net/IMG/arton2212.png

    Née dans la #misère au Tampon en 1913, Paula est devenue l’un des personnages les plus célèbres de #LaRéunion [et même au-delà], a fait du #cinéma, n’a donné son cœur qu’à un seul homme et avait pour devise : « le chien qui ne marche pas ne ramasse pas d’os ». Paula, elle, marchait, même si sur la fin, elle devait s’aider de béquilles. Voici l’histoire de #PaulaOliviaCrezo, alias #MamzellePaula, truculente maîtresse des nuits portoises pendant plus de 40 ans.

    #PaulaCrezo #théâtre #ThéâtreVollard #marinemarchande #rumba #séga #CargopourLaRéunion


  • OPINIONS :: AGORA :: Le cauchemar des travailleurs de l’industrie du jouet
    https://www.lecourrier.ch/154728/le_cauchemar_des_travailleurs_de_l_industrie_du_jouet

    La réalisation des rêves des enfants sous le sapin de #Noël signifie #misère et #exploitation pour les travailleurs et travailleuses des usines de jouets en Chine. Ces derniers, souvent travailleurs migrants séparés de leurs proches, triment en moyenne 11 heures par jour et jusqu’à six jours par semaine. Les salaires minimum qui suffisent à peine pour survivre ne permettent pas une existence digne, et encore moins d’investir dans l’avenir. Et ce n’est pas tout. Ils travaillent souvent avec des substances, comme la « banana oil » ou le benzène, qui peuvent conduire à de graves empoisonnements, à des leucémies voire à la #mort.

    https://seenthis.net/messages/648642 via Agnès Maillard


  • Le tiers des français frappés par la pauvreté : 11e baromètre du Secours Populaire Français
    https://www.initiative-communiste.fr/articles/luttes/tiers-francais-frappes-pauvrete-11e-barometre-secours-populair

    La politique imposée par le MEDEF, l’Union Européenne, l’euro, c’est toujours moins de Sécurité Sociale, toujours moins de salaires, toujours plus de précarité. Pourquoi ? pour diminuer les impôts des riches (ISF et cie) et augmenter les impôts des travailleurs (CSG, TVA…) tout en diminuant les aides sociales (APL etc…). En clair les travailleurs doivent […]

    #2-lutte_des_classes_et_renaissance_communiste #articles #5-FRANCE #inégalités #injustice #misère #pauvres #pauvreté #secours_populaires_français


  • « #Avortement, les femmes décident ! » Un droit explosif !
    http://www.gaucherepublicaine.org/respublica/avortement-les-femmes-decident-un-droit-explosif/7400584

    Les politiques néo-libérales sont une #misère pour les #corps des #femmes et se tournent contre leur autonomie ! Elles s’attaquent de manière globale à leur autodétermination de leur capacité reproductive, surtout par la désagrégation de l’État social et la #privatisation des services de santé.

    Avoir un enfant est devenu un privilège pour les riches dans la Grèce des mémoranda. Des dilemmes impossibles sont imposés aux parents par les mesures d’#austérité inhumaines imposées comme nous le savons, par la Commission Européenne et ses alliés.

    Beaucoup de femmes surtout pauvres, jeunes, immigrées, réfugiées… des femmes, même sans enfants, qui souhaiteraient rester enceintes au moins pour une première fois sont réellement forcées d’arrêter leur grossesse pour des raisons purement économiques.

    Réduction spectaculaire des naissances, augmentation du nombre d’avortements, parfois dans des conditions très précaires et dangereuses, (bien que officiellement l’avortement est légal depuis 1986) contrôle prénatal inadéquat, augmentation des embryons morts… voilà les conséquences tragiques de ces politiques de coupes des dépenses pour la santé. En plus, le démantèlement du système public de santé, la fermeture d’hôpitaux, la réduction du personnel (surtout féminin), tout cela combiné aux privatisations de ces services désormais payants, en rendent l’accès très difficile.

    En Grande-Bretagne, un autre exemple pernicieux de l’austérité : Une nouvelle législation a été adoptée qui ne permet l’attribution des prestations (à partir de 2017) qu’aux familles à seulement deux enfants. S’il y a un 3ème enfant, la seule façon d’accéder aux prestations sera de démontrer que l’enfant est né à cause d’un viol de la mère. C’est atroce ! La mère doit signaler le viol, faire face à un tribunal et avoir la preuve du viol pour accéder aux prestations. Il s’agit essentiellement d’une loi qui pénalise les femmes pauvres qui ont plus de 2 enfants.

    https://seenthis.net/messages/628756 via Agnès Maillard


  • Comment renflouer les laboratoires ?

    La ministre de la Santé Agnès Buzyn envisage de « rendre onze vaccins obligatoires »
    http://www.europe1.fr/sante/la-ministre-de-la-sante-agnes-buzyn-envisage-de-rendre-onze-vaccins-obligato
    http://cdn2-europe1.new2.ladmedia.fr/var/europe1/storage/images/europe1/sante/la-ministre-de-la-sante-agnes-buzyn-envisage-de-rendre-onze-vaccins-obligatoires-3362066/41723855-1-fre-FR/La-ministre-de-la-Sante-Agnes-Buzyn-envisage-de-rendre-onze-vaccins-obligatoires.jpg

    et avec des arguments émotion au nombre de morts … (10 en 10 ans, à vérifier) à ce compte là, si tu commençais par interdire la bagnole ?

    tuberculose, coqueluche, rubéole, rougeole, oreillons, varicelle, grippe, hépatite B, pneumocoque, méningocoque C, papillomavirus

    #obligation_vaccinale #vaccins #misère_politique #maladie_publique #big_pharma

    et encore, les légisgastriques ne sont pas encore passées, keskeçava être après …

    https://seenthis.net/messages/607340 via touti


  • Tino et Marceline marchaient avec la lune...

    http://7lameslamer.net/tino-et-marceline-marchaient-avec-1043.html
    http://7lameslamer.net/IMG/arton1043.png

    Dans les rues du #Port, jusque sur les quais, ils déambulaient, transportant les garde-manger pour les travailleurs. Leur travail à eux, c’était ça : transporter le manger pour les autres. Une vie de #misère, de #rhum, de tangages... mais une vie à deux. Voici l’histoire de Tino et Marceline, les insérables. Une histoire vraie rapportée par le #poète Patrice Treuthardt et mise en couleurs par l’artiste Térésa Small.

    #laRéunion #docker #creole


  • « Chez Marcel », la dernière séance derrière la porte en fer

    http://7lameslamer.net/chez-marcel-derriere-la-porte-en-1107.html
    http://7lameslamer.net/IMG/arton1107.png

    Avril 1991. Minuit. La voiture s’engouffre dans la ruelle #Chinois déserte. Habituée du macadam casse-cassé des lieux, elle se faufile entre les nids de poule malgré l’absence d’éclairage et trouve sa place face au plus célèbre établissement de #SaintDenis et de #LaRéunion : « #ChezMarcel ». La lourde porte en fer est cadenassée comme d’habitude par une impressionnante chaîne. Il suffira de cogner à la porte pour que les yeux bleus de Marcel me laissent entrer. Ce soir-là, la porte s’entrebâillera une dernière fois... pour ne plus jamais s’ouvrir.

    #creole #bar #restaurant #barrestaurant #theatreVollard #misere


  • La fabrique du #monstre, autopsie du #clientélisme #politique - The Dissident - The Dissident
    http://the-dissident.eu/10944/fabrique-monstre-autopsie-clientelisme-politique
    http://the-dissident.eu/wp-content/uploads/2016/06/bloggif_5762cba134639.jpeg

    J’ai beaucoup écrit sur ces sujets. J’ai fait un premier livre « French deconnection » (Wildproject/Robert Laffont 2014) qui raconte les trafics de stupéfiants vus de l’intérieur. Je parle des idées reçues sur les petits #dealers qu’on fait passer pour des gars qui se font beaucoup d’argent. Je démontre qu’ils sont mis de côté, que leur trajectoire est loin d’être ascendante. Je voulais qu’on arrête de séparer toutes les actualités marseillaises : les règlements de compte, le clientélisme, la #misère, l’#immobilier… Ces problématiques s’imbriquent les unes dans les autres. Mon idée c’est de raconter les #systèmes. Comment les choses sont reliées entre elles. Le politique prend bien soin de séparer les choses pour qu’on ne comprenne pas que c’est l’absence de décisions politiques – ou au contraire des décisions politiques bien précises – qui en bout de chaîne, comme des dominos, amènent au pire.

    http://seenthis.net/messages/500930 via Agnès Maillard


  • Sans toit, ni data
    Par Mickael Correia.
    Paru dans le CQFD n°144 – actuellement en kiosque.
    http://cqfd-journal.org/Sans-toit-ni-data

    http://cqfd-journal.org/IMG/jpg/-28.jpg

    D’autres applications caritatives proposent depuis peu aux péquins lambdas de s’adonner à la lutte digitale contre l’exclusion grâce à leur smartphone. En téléchargeant Homeless Plus, l’âme charitable peut géolocaliser les besoins d’un SDF – mais ce dernier reste anonyme, ouf ! –, indiquer son sexe et son humeur grâce à des « émoticônes », puis enregistrer cinq types d’ actions qu’il a ou qu’il faudrait mettre en œuvre pour le pauvre indigent : dons d’argent, nourriture, boisson, vêtements ou discussion. Tout autre zigue ayant l’application pourra consulter sur une carte les données compilées sur les SDF pour leur venir en aide. Utilisateur d’Homeless Plus, Eric témoigne sur le site de l’application : « Mon fils et moi avons discuté cinq minutes et donné un sandwich et un litre de jus de pomme à Fred. Là, ses yeux se remplissent de larmes, dur de trouver les bons mots. L’agitateur de bonne humeur que je suis prend un coup d’humanisme. » Gloire à Homeless Plus ! Imaginez une horde de bienfaiteurs penchés sur leur smartphone venus vous apporter leurs vieilles couvertures ou un fond de café sans que vous n’ayez rien demandé...

    #Entourage #SDF #Misère_du_numérique #Contrôle_social

    http://seenthis.net/messages/499403 via CQFD



  • Tribune de la Charte - Parole d’#auteur : Thierry Lefèvre - Tous les livres et la littérature jeunesse
    http://jeunesse.actualitte.com/humeur/tribune-de-la-charte-parole-d-auteur-thierry-lefevre-1182.htm

    Il y a autant d’incompétents et d’abrutis dans les maisons d’édition, les librairies, les bibliothèques, et chez les auteurs, que partout ailleurs. J’ai rencontré quelques fameux zavatra cosmiques chez les éditeurs, de véritables nuisibles. Je me contenterai d’en évoquer deux qui, selon moi, sont exemplaires de l’exploitation des auteurs. Un petit éditeur d’art, l’un des plus fins entourloupeurs que je connaisse : pas de droits, que du forfait, du moins à l’époque où je bossais pour lui comme auteur et rewriter, des assauts téléphoniques répétés pour obtenir son chèque. Et une maison de taille moyenne dont les contrats sont tout simplement léonins : quand on signe chez cet éditeur, les droits d’auteur d’un titre sont couplés avec ceux d’un second ouvrage à venir. Autrement dit et à condition d’en écrire deux, vous vendez bien un livre et vous vous plantez sur l’autre, les pertes sont compensées par les profits. Vous ne touchez jamais rien au-delà de l’à-valoir. Le pire, c’est que ce mec continue de sévir.

    #RSA #précarité #misère #exploitation

    http://seenthis.net/messages/477276 via Agnès Maillard


  • The Law Firm That Works with Oligarchs, Money Launderers, and Dictators | VICE | United States

    http://www.vice.com/read/evil-llc-0000524-v21n12

    Tiens c’est marrant, Ken Silverstein dans Vice News parlait déjà de Mossack Fonseca et de Bachar al Assad le 3 décembre 2014. Jérôme Fenoglio ce matin citait sur France Inter, très fier de lui - et en « exclusivité » s’il vous plait - le nom de Bachar dans les #panamaleaks :) Qu’on ne vienne pas me dire après que les journalistes du Monde font leur boulot correctement. #misère (du journalisme français).

    https://vice-images.vice.com/images/articles/meta/2014/12/03/evil-llc-0000524-v21n12-1417576773.jpg?resize=*:*&output-quality=75

    One purpose of a so-called shell company is that the money put in it can’t be traced to its owner. Say, for example, you’re a dictator who wants to finance terrorism, take a bribe, or pilfer your nation’s treasury. A shell company is a bogus entity that allows you to hold and move cash under a corporate name without international law enforcement or tax authorities knowing it’s yours. Once the money is disguised as the assets of this enterprise—which would typically be set up by a trusted lawyer or crony in an offshore secrecy haven to further obscure ownership—you can spend it or use it for new nefarious purposes. This is the very definition of money laundering—taking dirty money and making it clean—and shell companies make it possible. They’re “getaway vehicles,” says former US Customs investigator Keith Prager, “for bank robbers.”

    http://seenthis.net/messages/476264 via Reka


  • Ti Quatorze, Vierge noire devant la cathédrale - 7 Lames la Mer
    http://7lameslamer.net/Ti-Katorz-te-fale-pa-kalkil-ael.html
    http://7lameslamer.net/IMG/arton52.jpg

    La Réunion, qui tergiverse entre colonie et départementalisation, celle de l’après-guerre et des cars courant d’air, celle du chemin de fer et des Messageries Maritimes, celle qui peu à peu s’éloigne de nos mémoires, dont on efface en douce les vestiges pour leur substituer d’arrogants bâtiments sans âme ni prestige, celle dont on feint de penser qu’elle n’a d’intérêt que pour les nostalgiques réfractaires à la modernité… Cette Réunion-là n’a pas fini d’alimenter nos imaginaires par la profusion de personnages populaires qu’elle a engendrée et dont les ombres hantent encore les rues de nos cités et la mémoire collective. Léone Claire Lagarigue, plus connue sous le ti’nom de « Ti Quatorze », était de ceux-là.

    #laréunion #journéeinternationaledesfemmes #misère


  • Ruée des jeunes français vers les armées
    http://www.lemonde.fr/attaques-a-paris/article/2015/11/19/ruee-des-jeunes-francais-vers-les-armees_4813438_4809495.html

    C’est du jamais vu. Les jeunes français se ruent à la porte de l’armée, pour s’engager. Depuis les attentats du 13 novembre, les demandes reçues par le site internet sengager.fr de la défense ont triplé. « Je suis sur le c… ! », n’hésite pas à s’exclamer jeudi 19 novembre le colonel Eric de Lapresle, chef du bureau marketing et communication du recrutement pour l’armée de terre, « c’est un phénomène totalement inédit ».

    La défense n’a pas voulu communiquer sur ce phénomène durant la période de deuil national, gênée de pouvoir laisser penser qu’elle « surfait sur les morts du 13 novembre ». Aujourd’hui, elle donne ses chiffres : elle reçoit 1 500 demandes par jour contre 500 avant les derniers attentats.

    L’armée de terre, qui exprime traditionnellement les plus gros besoins en effectifs, vivait déjà en 2015 une année exceptionnelle. En effet, après les attentats de janvier contre Charlie et l’Hyper Casher, le président de la République avait décidé de sauver une grande partie des postes qui devaient être supprimés dans la défense, et les bureaux de recrutement avaient dû repartir en campagne. Les régiments auront embauché 15 000 jeunes d’ici à la fin 2015, contre 10 000 en 2014.

    Et pour être curé ? #misère #armée

    http://seenthis.net/messages/430202 via odilon


  • La haine du pauvre
    http://julienbezolles.blogspot.fr/2009/07/la-haine-du-pauvre.html

    Un vrai pauvre sait que sa misère empêchera de toute façon que les choses se passent bien et alors il prend les devants pour que tout rate. C’est ça la dignité qui lui reste.
    Le vrai pauvre sait qu’il restera dans la merde que la société prétende l’aider ou non, mais qu’après l’aide de la société, il aura l’humiliation en plus, car elle prétendra avoir des droits sur lui et lui reprochera de n’avoir pas fait ce qu’il fallait.

    Le vrai pauvre n’est pas aimable. Non pas par choix ou par militance. Si le vrai pauvre est désagréable, ce n’est pas par une misanthropie délibérée face à une société injuste qui le rejette. Le mythe du pauvre façon Michel Simon dans « Boudu sauvé des eaux » est une imposture d’intello, un fantasme de bo-bo. Si le vrai pauvre est infréquentable, c’est simplement parce qu’il est pauvre, et que sa condition de réprouvé de la société, de génération en génération, en fait un étranger sur sa propre terre, exclu de tous les comportements et les règles sociales qui permettent de différencier ceux qui sont dans la #société et ceux qui n’en sont pas.

    Entendons nous bien, quand je parle de ces pauvres-là, ceux dont personne ne veut, ni dans des écoles, ni dans des logements, et bien sûr pas davantage dans les cabinets médicaux ou les hôpitaux, mais seulement dans les asiles et dans les #prisons, je ne parle pas des pauvres provisoires, des pauvres de transition, ceux « tombés dans la #misère », les « nouveaux pauvres » décrits par les sociologues de télévision. Non cette pauvreté-là, et je parle pour en avoir tâté, est une #pauvreté aimable, propre sur elle, bien de sa personne. Car cette pauvreté-là, ma brave dame, on la connaît, on la touche du doigt, elle nous émeut même parfois, car on peut s’y identifier. Tout est là. Ca pourrait être nous, ou quelqu’un qu’on connaît. C’est celle de Jugnot dans « Une époque formidable ».
    [...]
    Le vrai pauvre, le mauvais pauvre, suscite le rejet, le malaise. Il révèle en nous l’échec de notre système, de nos valeurs, de tout ce que nous portons et transmettons. Comment ? Il résiste à nos tentatives d’intégration, d’insertion, à notre bonté !! Mais c’est donc parce qu’il le veut bien ! Le vrai pauvre c’est celui qui nous met en échec, qui nous fait tout rater alors que nous pensons être bon. Le vrai pauvre rate tout, se plante tout le temps, et son échec infini éclabousse tout ceux qui sont en contact avec lui, quels qu’ils soient. La rencontre du vrai pauvre est insupportable, intolérable. Elle ne peut être qu’échec, et s’il y a échec c’est donc de sa faute puisque, moi, j’ai réussi.

    #guerre_aux_pauvres #imaginaire #exclusion #psychiatrisation

    http://seenthis.net/messages/412609 via koldobika


  • L’Art d’ignorer les #pauvres, par John K. Galbraith
    http://www.les-crises.fr/ignorer-les-pauvres-galbraith
    http://www.les-crises.fr/wp-content/uploads/2015/06/john-kenneth-galbraith.jpg

    Chaque catastrophe ” naturelle ” révèle, s’il en était besoin, l’extrême fragilité des #classes populaires, dont la vie comme la survie se trouvent dévaluées. Pis, la compassion pour les pauvres, affichée au coup par coup, masque mal que de tout temps des penseurs ont cherché à justifier la #misère – en culpabilisant au besoin ses victimes – et à rejeter toute #politique sérieuse pour l’éradiquer.

    Je voudrais livrer ici quelques réflexions sur l’un des plus anciens exercices humains : le processus par lequel, au fil des années, et même au cours des siècles, nous avons entrepris de nous épargner toute mauvaise conscience au sujet des pauvres. Pauvres et riches ont toujours vécu côte à côte, toujours inconfortablement, parfois de manière périlleuse. Plutarque affirmait que ” le déséquilibre entre les riches et les pauvres est la plus ancienne et la plus fatale des maladies des républiques “. Les problèmes résultant de cette coexistence, et particulièrement celui de la justification de la bonne fortune de quelques-uns face à la mauvaise fortune des autres, sont une préoccupation intellectuelle de tous les temps. Ils continuent de l’être aujourd’hui.

    http://seenthis.net/messages/375943 via Agnès Maillard