• Une France qui se tient sage

    Aveugles et hostiles à l’intelligence d’un mouvement qui retourne contre le néo-pouvoir les #valeurs qu’on lui inculque (#disruption, #mobilité, #agilité) et qui renvoie la #police à sa #violence archaïque (#blindés, #voltigeurs et #police_montée), les médias auront été les meilleurs #chiens_de_garde du #pouvoir et de la police, mais aussi les révélateurs du mépris des #élites et des journalistes pour les gilets jaunes, ces ploucs défavorisés : Cnews invitant #Patrick_Sébastien qui connaît ces gens-là, Le Monde les traitant d’« #invisibles » (mais aux yeux de qui ?), des philosophes contrits qui auraient préféré voir surgir un autre #peuple, plus jeune et plus mixte, congédiant ce peuple-ci comme beauf et FN. Et tous ces #experts nous expliquant que la #révolte a lieu grâce au changement d’#algorithme de #Facebook accentuant le rôle des « groupes », comme si les gens n’étaient pas capables de s’assembler tout seuls, et qu’il fallait bien une intelligence supérieure pour les sortir de leur bêtise. Merci M. Zuckerberg d’illuminer nos campagnes. Or le #mouvement est d’abord un mouvement de #rond-point, de #proximité et de #rencontres, qui provoque une extraordinaire redistribution des rôles.

    Le récit raconté par les médias était répugnant. La #TV s’est encore une fois ridiculisée face à #Internet. D’un côté cette image terrifiante présentée comme sécurisante au JT de 20 h, le 15 décembre, de manifestants devant l’Opéra qu’on empêche de rejoindre les Champs sous l’œil de la police montée prête à charger. De l’autre la profusion sauvage des « vidéos de #violences_policières », qui à force deviennent un genre en soi. Au Burger King à Paris, une femme est matraquée au sol, à Biarritz, en marge de tout mouvement de foule, une autre est frappée au visage par un tir de flash-ball. D’abord on empêche de manifester, puis on parque dans une fan zone, ensuite on gaze, et la semaine suivante on interdit les casques, masques et lunettes, indices de « radicalisation ». Des #CRS caparaçonnés en Robocop visent la tête nue de gilets jaunes auxquels on retire le droit de se protéger. Résultat : 170 personnes à l’hôpital à Paris le 8 décembre. 24 plaintes de photographes et journalistes. #Intimidation totale des manifestants. Et la honte : Paris se refermant sur lui-même comme un château-fort face aux hordes de manants.

    Les médias n’agissent pas que par obéissance, mais par perplexité et bêtise, parce qu’il leur manque une case : la case politique. Habitués à commenter des stratégies électorales, ils ne comprennent pas quand émerge un #fait_politique, ils ne le voient pas. Ils répètent que le mouvement n’est pas politique (alors qu’il n’est pas partisan, ce n’est pas la même chose). À la place, on le moralise (la violence, c’est mal !), on le judiciarise. On le scinde : les bons manifestants (qui se tiennent sages) et les mauvais (qui cassent). On parle de casseurs en mélangeant les pilleurs qui en profitent et les manifestants en colère qui se demandent jusqu’où ils sont prêts à aller. Pire encore : on militarise le conflit. Les médias ont parlé de scènes de guerre (quand parfois brûlaient juste une poubelle et un sapin de Noël), fantasmé la guerre civile, épouvantail agité par un État irresponsable qui comptait bien monter les uns contre les autres (« il va y avoir des morts ! »). La police a sorti les chiens, joué aux cow-boys avec ses LBD40, des flash-balls augmentés. Un quart de Paris a été transformé en ville morte, 46 stations de métro fermées le 15 décembre. Il fallait y être pour voir les gilets jaunes transformés en âmes errantes cherchant un endroit où se retrouver. Et on s’étonne de la colère du peuple alors qu’on le traite en ennemi ?

    Le contrechamp logique est la vidéo inouïe des lycéens de Saint-Exupéry à #Mantes-la-Jolie, qui dit l’ambition de ce pouvoir de plus en plus autoritaire. Une France qui se tient sage comme une image. La #banlieue ressemblait soudain aux pires fantasmes de BFM, TF1 ou LCI : à la Syrie. Une voix sinistre se félicitait en sifflotant : « Voilà une classe qui se tient sage, faudra balancer à leurs profs, je pense ils ont jamais vu ça. » Des #images « choquantes » ont dit les médias : ça n’engage à rien. Même ce planqué de Blanquer l’a dit. Alors qu’elles sont monstrueuses, inadmissibles, inexcusables. Les journalistes ont appris à l’école à ne pas donner leur avis, à recueillir les propos, citer les réseaux sociaux et réciter les éléments de langage. Des lycéens ont été agenouillés comme attendant une balle dans la tête, et jetés au milieu des poubelles, comme des détritus. Quelle leçon le petit coq français sur son fumier va-t-il encore vouloir donner au monde en matière de droits de l’homme ?

    https://www.cahiersducinema.com/wp-content/uploads/2018/12/751-300x287.jpg
    https://www.cahiersducinema.com/produit/edito-n751-janvier-2019-une-france-qui-se-tient-sage

    #médias #gilets_jaunes #presse #journalisme #catégorisation #bons_manifestants #mauvais_manifestants #casseurs
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  • Des couacs sur la ligne de train Delle-Belfort deux mois après son ouverture Gaël Klein/kkub - 28 Janvier 2019 - RTS
    https://www.rts.ch/info/regions/jura/10173243-des-couacs-sur-la-ligne-de-train-delle-belfort-deux-mois-apres-son-ouve

    La ligne de train Delle-Belfort ne remplit pas les attentes, près de deux mois après son ouverture, avec tout juste 200 passagers par jour au lieu des 1500 attendus. En cause, notamment, de nombreux dysfonctionnements côté français.

    Ces problèmes ont été révélés vendredi lors de l’assemblée d’une association présidée par le canton du Jura et le département français du Territoire de Belfort. Les élus sont fâchés.
    https://www.territoiredebelfort.fr/sites/default/files/styles/zoom/public/thumbnails/image/inauguration_reouverture_de_la_ligne_belfort_delle_jfl_123.jpg?itok=vdl9Cqv_
    Frédéric Rousse, vice-président du Conseil départemental du Territoire de Belfort, a dressé la liste des problèmes qui affectent en France la ligne Bienne-Belfort. Pêle-mêle : le tarif forfaitaire prohibitif, la desserte réduite par la SNCF durant le week-end et les vacances scolaires et même l’ascenseur pour le transfert en gare TGV qui n’a jamais fonctionné parce qu’il n’est pas fait pour l’extérieur.

    La SNCF a également décidé la semaine passée de supprimer, en raison de travaux et pour trois mois, le premier train de la journée prévu pour emmener les frontaliers en Suisse. Ce train a été remplacé par des bus avec une demi-heure de trajet supplémentaire.

    Solutions à trouver rapidement
    Pour Frédéric Rousse, la région doit intervenir au plus vite. « On ne peut pas continuer comme ça, la région doit revoir sa copie, engager une vraie réflexion et trouver des solutions viables qui permettront de faire de cette ligne une vraie réussite », préconise-t-il.

    Côté suisse, on constate, mais on entend réagir. La Confédération et le Jura ont investi plus de 30 millions de francs dans la réouverture de la ligne, une exception au principe de territorialité. 

    Projet pour promouvoir la mobilité durable
    « Il est inquiétant de voir que de petites anomalies peuvent être fortement préjudiciables aux usagers et rendre la ligne peu attractive au départ, ce qui sera par la suite difficile à récupérer », relève le ministre de l’Environnement jurassien David Eray. L’élu indique qu’un plan d’action et des délais seront exigés de la part de la SNCF.

    Pourtant, en dépit des difficultés, élus et collectivités continuent à y croire. Ils ont même voté le dépôt d’un projet Interreg de 900’000 francs destiné à promouvoir la mobilité durable transfrontalière, nommé « BienBel », pour Bienne-Belfort.

    #Transports #mobilité #trains #transports_en_commun #intercités #transfrontaliers #lignes #BienBel #France #Suisse #SNCF #CFE #dysfonctionnements

    https://seenthis.net/messages/755710 via BCE 106,6 Mhz


  • Voilà à quoi ressemble un « trottoir intelligent » | L’interconnexion n’est plus assurée
    http://transports.blog.lemonde.fr/2019/01/13/voici-un-trottoir-intelligent
    http://transports.blog.lemonde.fr/files/2019/01/Trottoir-intelligent-2679-1024x768.jpg

    Un #trottoir conçu pour le piéton. Et si le « trottoir intelligent » n’était pas d’abord intelligent, mais en priorité un trottoir ? Voici, sur l’image d’ouverture, un exemple tout bête, trouvé au hasard de pérégrinations à Aix-les-Bains, en Savoie. Le trottoir, un enrobé de bitume tout à fait classique, s’élargit à l’endroit où est posé un lampadaire. Ben oui, c’est tout bête. Ainsi, le piéton dispose de la même largeur pour marcher tout au long du cheminement, et ne doit pas se livrer à des contorsions compliquées, ni descendre sur la chaussée, pour passer l’obstacle. Sur l’image ci-dessus, le même principe a été appliqué pour contourner un escalier, à Nevers.

    #transports #urbanisme #mobilité

    https://seenthis.net/messages/752791 via Agnès Maillard


  • « La gratuité est plus économe que le système actuel »
    https://usbeketrica.com/article/paul-aries-gratuite-decroissance-transports
    https://s3-eu-west-1.amazonaws.com/usb-prd-upload/images/thumb_840xh/5c19145570207.jpg

    Entretien avec le politologue Paul Ariès, partisan d’une décroissance fondée sur le désir et la gratuité, notamment celle des transports en commun.

    « La #gratuité dans les #transports franciliens, la belle utopie que voilà ! », déclarait en octobre dernier la présidente du conseil général d’Ile-de-France, Valérie Pécresse. En effet, après sa mise en place à Dunkerque, Paris est en train d’étudier la gratuité des transports dans la capitale. Tandis que certains critiquent une mesure trop coûteuse, d’autres voix s’élèvent pour défendre la gratuité comme un modèle de société d’avenir, remettant en question la marchandisation et permettant de renouer avec le politique. Parmi ces voix, celle du politologue Paul Ariès, proche du réseau international des villes lentes, directeur de l’Observatoire de la gratuité et auteur de plusieurs ouvrages, dont Gratuité vs Capitalisme (Larousse, 2018).

    #mobilité #circulation #déplacements

    https://seenthis.net/messages/745336 via Reka


  • Gilets jaunes : samedi à Paris, la police avait une arme secrète [du #liquide_incapacitant ? parole de flic et de journaliste, mais qui sait, ndc]
    https://www.marianne.net/societe/gilets-jaunes-paris-police-arme-secrete
    https://www.marianne.net/sites/default/files/capture_decran_2018-12-10_a_18.27.14.png

    Selon nos informations, certains des blindés de la #gendarmerie disposés pour la première fois dans Paris ce samedi 8 décembre étaient secrètement équipés d’une réserve de liquide incapacitant. Un dispositif radical qui ne devait servir qu’en dernier recours.
    C’est dire si le pouvoir a eu peur. Samedi 8 décembre, certains des blindés de la gendarmerie disposés pour la première fois dans Paris étaient secrètement équipés d’un dispositif radical, qui n’aurait été utilisé « qu’en dernier recours » : une réserve de liquide incapacitant. Selon nos sources, la pulvérisation de ce liquide sur une foule de gilets jaunes aurait été capable de « les arrêter net, mettant les gens à terre, même avec des masques ». Chaque engin aurait pu « neutraliser » une surface de plusieurs terrains de football… « Heureusement, que l’on n’en est pas arrivé là », ajoute cette source haut placée dans le dispositif policier. « L’autorité politique », comme le disent les fonctionnaires, aurait approuvé l’éventuel emploi d’un tel produit, qui n’aurait été utilisé qu’en cas de « débordement ultime ». Une sorte de « dernier rempart », utilisable sur décision politique… Interrogée, la préfecture de police de Paris renvoie au #ministère_de_l'Intérieur.

    C’est le premier enseignement de la journée du 8 décembre : le préfet de police de Paris a perdu son leadership sur le maintien de l’ordre dans la capitale. La semaine dernière, le ministère de l’Intérieur, sous la double commande de Christophe Castaner et Laurent Nuñez, a pris les choses en main, largement épaulé en ce sens par les #syndicats_policiers. Cette mainmise du ministère de l’Intérieur ne s’est pas faite sans friction avec la préfecture de police de Paris, où le #préfet #Michel_Delpuech a grincé à plusieurs reprises devant la mise en place d’un dispositif mobile et décentralisé, contraire aux pratiques antérieures. Selon nos informations, le préfet a d’ailleurs réclamé en fin de semaine dernière « des instructions écrites », ce qui, en mœurs préfectoraux, consiste à « se couvrir » à l’approche d’une situation controversée. « D’un point de vue policier, le #maintien_de_l’ordre de samedi à Paris a finalement été un succès, ces frictions ne sont plus d’actualité », sourit une source à la préfecture de police. Bilan en six points.

    1 - Un nettoyage sans précédent. De mémoire de policier, aucune #manifestation parisienne contemporaine n’avait mobilisé autant de préparatifs en amont. Quasiment toute la rive droite avait tiré les stores, barricadé ses vitrines et rangé ses voitures. Le mobilier urbain avait été démonté et la plupart des chantiers de voirie vidés sur un large périmètre, pas seulement autour de la place de l’Etoile. Lors de la première manifestation sur les Champs-Elysées, celle du 24 novembre, un seul chantier sur l’avenue avait servi de combustible aux barricades. Lors de la deuxième manifestation, ce sont tous les chantiers autour de l’Etoile qui ont joué le même rôle… Samedi 8 décembre, pour ne pas fournir « armes et combustibles aux manifestants », la majeure partie de la rive droite ressemblait à une ville morte.

    2 - Des mesures d’exception aux abords. Autre initiative policière restée cachée jusqu’à samedi matin, les #fouilles_préventives. Vendredi, les #procureurs compétents, notamment aux péages de la région parisienne, avaient pris des réquisitions judiciaires autorisant les contrôles d’identité, invoquant les risques d’infractions liées à la manifestation sur Paris. Ces contrôles ont permis de saisir des objets potentiellement dangereux comme des boules de pétanque, des manches de pioche, ou d’autres signant la participation à un rassemblement, comme des masques de plongée. Résultat, samedi, Paris a battu son record de #gardes_à_vue. Le dispositif initial permettant d’en absorber 800 a même été dépassé. Il y en a finalement eu 974 en région parisienne. Mais « seulement » 278 ont donné lieu à un déferrement judiciaire. Dans la majorité des cas, les gardes à vue étaient levées ou se soldaient par un « #rappel_à_la_loi ». Autrement dit une admonestation [non, le rappel à la loi est la reconnaissance d’une infraction suite à laquelle les dispositions prévues pour la récidive légale sont applicables : aggravation de la peine encourue, ndc] , la simple possession d’un masque de plongée ou d’une bombe à peinture ne pouvant pas, en tant que tel, constituer un délit.

    Les interpellations de Julien Coupat, figure de l’ultragauche, ainsi que d’autres activistes d’extrême droite, dès samedi matin, participent du même « dispositif préventif » inédit et controversé. Henri Leclerc, ancien président de la Lige des droits de l’Homme, dénonce un potentiel usage « liberticide très grave ». En clair, une sorte d ’interdiction de manifester qui ne dirait pas son nom .

    « On assume, confie une source policière. Au moins, ces gens n’étaient pas dehors. Cela a fait dégonfler les effectifs de durs potentiels ». Autre dispositif en amont, la plupart des gilets jaunes, avant de rejoindre les principaux « spots » de manifestation (Champs-Elysées, Bastille, République), étaient systématiquement fouillés. La plupart y perdaient leurs masques de protection contre les lacrymogènes. Pour parvenir jusqu’au Champs-Elysées, avec toutes les stations de métro bloquées et les barrages de policiers disposés à certains endroits autour du périmètre interdit, la plupart des gilets jaunes ont dû marcher plusieurs heures… Résultat, une grosse partie des manifestants errait d’un point à un autre, sans parvenir à rejoindre aucun « point chaud ». De fait, durant la quasi-totalité de la journée, le rapport de force sur les lieux de friction est toujours resté à l’avantage des policiers [ en jouant sur la #mobilité et une certaine rapidité "on a évite la formation de #nébuleuses" disait un type du syndicat des commissaires, ndc] .

    3 - Un dispositif mobile et décentralisé. C’est la grande nouveauté de cette journée. Les policiers et gendarmes sur Paris étaient « mobiles » et leur commandement largement décentralisé, par secteur . « Bien sûr, il y avait toujours autant de galonnés autour du préfet, dans la salle de commandement de la préfecture de police, se désole un fonctionnaire, mais pour la première fois, c’est vraiment le commissaire de terrain qui menait sa troupe en fonction de ce qu’il voyait sur place » . Avec une efficacité spectaculaire, à l’œuvre sur les Grands Boulevards, où, avançant au milieu de deux canons à eau, des policiers et gendarmes « nettoyaient » au fur et à mesure les feux de poubelles moins de cinq minutes après leur déclenchement. « Comme à l’entraînement ! On avançait vite, sans leur laisser le temps de former une véritable barricade devenant vite un point de fixation », raconte un fonctionnaire. Ce dispositif a permis d’éviter la confrontation générale du 1er décembre, avec une place de l’Etoile occupée par les gilets jaunes et des forces de l’ordre assiégées des heures durant, en direct sous les yeux des caméras du monde entier. « Samedi, dans l’après-midi, il y a eu des moments de grande tension , notamment autour de l’Etoile, mais ils se sont moins vus », admet cette source.

    Jusque-là, le maintien de l’ordre parisien « habituel » privilégiait l’absence de contact avec la foule [ heu oui, toujours très variable ce principe, ndc] . « Pour ce genre de manifestation, la mobilité était souhaitable depuis longtemps, il y aura un avant et un après samedi 8 décembre », se réjouit un commissaire parisien, saluant pour sa part l’efficacité du dernier dispositif. « On nous rétorque depuis des années que le contact risque d’augmenter le nombre de blessés, cela n’a pas été le cas », ajoute-t-il. Le bilan de samedi est de 264 blessés dont 39 fonctionnaires. Un manifestant a eu une main arrachée à cause d’une grenade, une femme a perdu un œil sur les Champs-Elysées, vraisemblablement à cause d’un tir de flash-ball. Dès vendredi, après des premiers incidents liés à des #flash-ball lors de manifestations lycéennes, 200 personnalités, dont plusieurs députés de gauche, ont appelé à cesser immédiatement l’usage de ces armes.

    4 - Une mobilisation en hausse. Autre constat, malgré les appels incitant à ne pas manifester à Paris, la mobilisation des gilets jaunes a grossi d’une semaine sur l’autre. Le message envoyé par l’Elysée, selon lequel certains « venaient pour tuer » [ et que on va légitimement se défendre avec nos joujoux ; menaces de mort contre les manifestants, ndc] , n’est pas parvenu à inverser la tendance. Aucune arme n’a pourtant été saisie lors des contrôles de police. « La dramatisation n’a pas empêché le monde, de l’ordre de 10.000 personnes » [ quelle rigolade, encore une fois : qui informe les journalistes ? ndc] , admet un fonctionnaire. Ce 8 décembre, les #gilets_jaunes étaient visibles par grappes de Bastille à l’Etoile en passant par République et les grands Boulevards, quand le week-end précédent, ils n’étaient concentrés que sur l’Etoile. « Raison de plus pour se féliciter de notre dispositif », glisse un syndicaliste qui espère, sans trop y croire, « que la tension va désormais retomber ». « Si ce samedi, on avait fait comme le week-end d’avant, on aurait eu une nouvelle journée de chaos, dit-il. Mais je ne sais pas combien de samedis consécutifs on tient encore comme cela ». Face aux 136.000 gilets jaunes recensés dans toute la France, ce 8 décembre, le ministère de l’Intérieur avait déployé 89.000 policiers. Sans parler des effectifs d’agents municipaux pour ranger et réinstaller le mobilier urbain, et des efforts des commerçants pour barricader et débarricader leurs vitrines.

    5 - Un déséquilibre Paris-Province. Autre constat, la province trinque. Saint-Etienne, Toulouse, Bordeaux notamment ont été le théâtre d’affrontements d’une rare violence. « Sur 150 unités, 50 étaient à Paris et cent en province », indique une source au ministère de l’Intérieur. Un tiers, deux tiers… Officiellement, pas question d’avouer que certaines zones avaient été dégarnies faute de troupes. Ce lundi matin, en déplacement à Bordeaux, Laurent Nuñez a estimé que les effectifs (4 unités) y avaient été suffisants. Une affirmation qui fait sourire certains syndicalistes. « Le ministre ne peut pas le dire, mais certains secteurs étaient très dégarnis. Samedi, on était à notre maximum. On ne peut pas plus… Au delà, c’est l’armée qu’il faut appeler », dit un policier. C’est d’ailleurs le paradoxe de ce mouvement. Etant durable, disséminé sur tout le territoire et violent, il met les forces de l’ordre au bord de la rupture. Samedi prochain, en cas d’acte V, Paris sera-t-il délaissé de certaines unités au profit de villes de province ? La décision politique, au ministère de l’Intérieur, ne sera pas facile à prendre.

    6 - Des pillages du soir en hausse. Le dernier constat concerne ce que certains policiers appellent la troisième mi-temps des manifestations de gilets jaunes : les #pillages. Samedi soir à Paris, ils ont été « deux fois plus nombreux encore que ceux du 1er décembre », selon un policier de terrain. « Ce sont des petits groupes, pour la plupart de #jeunes_de_banlieue, qui attendent la fin de la journée et la tombée de la nuit pour cibler des boutiques et se servir », se désole-t-il. De fait, les 90 mineurs arrêtés samedi à Paris l’ont tous été en flagrant délit de pillage, ainsi que bon nombre de « jeunes majeurs ». « Un gérant de bijouterie a tiré au flash-ball… Si ces pillages continuent, cela peut dégénérer », prévient ce policier, qui craint un « sérieux risque de bavure » de ce coté-là. « De toute façon, maintenant, on marche sur le bord d’un volcan », conclut-il. Jusqu’à quand ?

    Le message émis le 1er décembre à Paris, au Puy en Velay et ailleurs a été entendu et repris le 8 décembre dans de nombreuses grandes villes et villes moyennes. Ce que l’action de la police a parfois favorisé, comme dans le cas de ces bordelais qui avaient payé leur billet de train mais ont été empêchés de « monter à Paris » par la police.

    Avec sa tête de bon élève ce soir (la pitoyable scène de contrition est la seule que j’ai vue), et sa fausse hausse du SMIC, nul doute que nombreux seront ceux pour qui Jupiter fait à minima office de tête à claque.

    https://seenthis.net/messages/742940 via colporteur


  • « J’ai craqué, j’ai repris la voiture » : des usagers du #train racontent ce qui les a contraints à renoncer
    https://www.francetvinfo.fr/economie/transports/gilets-jaunes/j-ai-craque-j-ai-repris-la-voiture-des-usagers-du-train-racontent-ce-qu
    https://www.francetvinfo.fr/image/75j2v1f42-a2b1/1500/843/16201487.jpg

    Jusqu’à la mi-mars, chaque matin, Isabelle prenait sa voiture pendant huit minutes, se garait sur le parking de la petite gare de Chasseneuil-sur-Bonnieure (Charente), s’engouffrait dans un TER puis montait dans un bus pour, enfin, atteindre son lieu de travail, à Angoulême. Au total, 50 minutes de trajet, contre 25 en voiture. « Ce n’était pas gênant, car je commence le travail à 9 heures », relate cette secrétaire administrative de 52 ans, qui énumère les avantages du train. « C’est pratique, on consomme moins, c’est plus confortable. Avec une amie, on le prenait ensemble. »

    Mais le train, pour Isabelle, c’était avant. Avant que la ligne TER Angoulême-Limoges ne soit suspendue pour « un problème de géométrie des voies ». Finalement, les travaux prévus n’ont jamais été réalisés et la ligne reste fermée. « On nous a dit que la ligne était pourrie, trop dangereuse pour les usagers », commente Isabelle, qui renvoie aux articles de La Charente libre. Le Monde aussi en a parlé. La SNCF a mis en place des bus de remplacement pour pallier ce manque. « Mais ils sont complets car il n’y en a pas assez », affirme Isabelle, qui explique qu’une quarantaine de personnes prenaient ce TER chaque jour.

    #transport #mobilité

    https://seenthis.net/messages/738210 via Agnès Maillard




  • La police talonne les cyclistes du South Side
    Mary Wisnievki, reporter au Chicago Tribune, spécialiste de la mobilité, a mis en évidence en mars 2017, que la police verbalisait différemment les cyclistes noirs.. En un an, rien n’a changé sous le ciel de la Chi-City
    http://residenchi.constantvzw.org/2018/07/30/mobilite-la-police-talonne-les-cyclistes-du-south-side
    http://residenchi.constantvzw.org/wp-content/uploads/2018/07/43327960982_435f04126f_z.jpg
    #chicago #mobilité #vélo #discrimination #police

    https://seenthis.net/messages/716042 via Supergéante


  • Estonie : bus gratuits sur l’ensemble du pays, une première européenne - Sciencesetavenir.fr
    https://www.sciencesetavenir.fr/nature-environnement/estonie-bus-gratuits-sur-l-ensemble-du-pays-une-premiere-europeenne
    https://www.sciencesetavenir.fr/assets/img/2018/07/26/cover-r4x3w1000-5b59bcebb2995-1c1bffb5f2f108381d0affdeaf2e5e3fa21d9cf2-jpg.jpg

    « Nous cherchions comment animer les régions rurales, arrêter l’exode vers les villes », a indiqué à l’AFP Mme Simson, soulignant que le programme est le fruit de discussions entre le gouvernement central et les comtés.

    « Au niveau d’un comté, le transport gratuit par bus vise principalement à créer des possibilités pour la #mobilité des habitants des régions rurales, afin de leur garantir l’accès aux services quotidiens », a-t-elle précisé.

    #transport #ruralité #égalité

    https://seenthis.net/messages/710806 via Agnès Maillard


  • La Tesla était en autopilotage lors du crash (1 mort) _ 31 mars 2018

    L’Autopilot était enclenché lors de l’accident mortel impliquant la Tesla X d’un homme de 38 ans, le 23 mars en Californie.

    http://www.lessentiel.lu/dyim/e354f4/B.M600,1000/images/content/2/6/1/26138073/2/topelement.jpg
     » Jamais une Model X de la marque Tesla n’a été autant endommagée" selon le Conseil national de la sécurité des transports américains.

    Le constructeur de voitures électriques Tesla a déclaré que le logiciel de conduite Autopilot était enclenché pendant un récent accident mortel aux Etats-Unis, un aveu qui pourrait accentuer les craintes sur ce type de système permettant des manoeuvres sans l’intervention du conducteur.

    Une Tesla de la gamme Model X a percuté une glissière de sécurité en béton sur une autoroute le 23 mars près de Moutain View, en Californie. Le conducteur, identifié par la presse locale comme étant un homme de 38 ans, est mort plus tard à l’hôpital. « Dans les instants avant la collision (...) l’Autopilot était engagé », a expliqué Tesla dans un communiqué diffusé en ligne vendredi soir.

    Réduction des collisions
    « Il y a plus d’un an, le gouvernement américain avait estimé que la première version d’Autopilot réduisait le taux de collision de 40% », prend soin de souligner le groupe fondé en 2003 et dirigé par l’entrepreneur d’origine sud-africaine Elon Musk. « Le conducteur avait reçu plusieurs avertissements visuels et un (avertissement) audible le prévenant qu’il devait maintenir les mains (sur le volant) plus tôt et les mains du conducteur n’ont pas été détectées sur le volant pendant les six secondes ayant précédé la collision », explique Tesla.

    « Le conducteur a eu environ cinq secondes et 150 mètres de vue dégagée sur la barrière et la partie endommagée de la glissière de sécurité mais les enregistrements du véhicules montrent qu’aucune action n’a été entreprise », poursuit Tesla. Le fait que cette glissière ait été « emboutie au cours d’un précédent accident sans être remplacée ensuite », explique que le véhicule Tesla ait été autant accidenté, selon le groupe.

    Aucune action entreprise
    « Nous n’avons jamais vu ce niveau de dégâts sur un Model X dans d’autres accidents », affirme-t-il. Le NTSB, le régulateur des transports américain, qui s’intéresse particulièrement au système d’Autopilot permettant un certain nombre de manoeuvres sans l’intervention du conducteur, a ouvert mardi une enquête à la suite de cet accident. En 2016, un automobiliste américain avait déjà trouvé la mort au volant d’une berline Model S de Tesla équipée d’Autopilot.

    Sur Twitter, les messages critiquant le manque de sécurité de ces voitures capables de rouler sans l’intervention d’un homme sont nombreux. Un utilisateur du réseau ne comprend pas le manque de compassion de la part de l’entreprise Tesla vis-à-vis des victimes. Il se questionne aussi sur la faiblesse de réaction des dirigeants d’Uber qui ont connu un accident mortel avec un de leurs véhicules autonomes en Arizona le 18 mars.

    Source : http://www.lessentiel.lu/fr/news/story/La-Tesla-etait-en-autopilotage-lors-du-crash-26138073
    #autopilote #voiture_autopilotée #voiture_autonome #transport #Tesla #voitures_autonomes #voiture #mobilité #automobile #robotisation #pieton #innovation #silicon_valley #intelligence_artificielle

    https://seenthis.net/messages/681768 via BCE 106,6 Mhz


  • #Luxembourg, laboratoire européen du transport public
    https://derivations.be/archives/numero-5/luxembourg-laboratoire-europeen-du-transport-public.html

    Le 10 décembre 2017 sera à marquer d’une pierre blanche dans l’histoire du Grand-Duché de Luxembourg : il verra l’inauguration du premier tronçon du nouveau tramway mais aussi de plusieurs autres infrastructures — gares et funiculaire — qui vont fortement y améliorer les performances du transport public. Le niveau très élevé de l’investissement comme le haut degré d’intermodalité de ces projets sont en passe de faire de la ville de Luxembourg une capitale du transport public européen. Il ne faut pas s’y (...)

    #Numéro_5_-_décembre_2017

    / #Tram, Mobilité, Luxembourg, #Chemin_de_fer

    #Mobilité



  • #Luxembourg, laboratoire européen du transport public
    http://derivations.be/archives/numero-5/luxembourg-laboratoire-europeen-du-transport-public.html

    Le 10 décembre 2017 sera à marquer d’une pierre blanche dans l’histoire du Grand-Duché du Luxembourg : il verra l’inauguration du premier tronçon du nouveau tramway mais aussi de plusieurs autres infrastructures — gares et funiculaire — qui vont fortement y améliorer les performances du transport public. Le niveau très élevé de l’investissement comme le haut degré d’intermodalité de ces projets sont en passe de faire de la ville de Luxembourg une capitale du transport public européen. Il ne faut pas s’y (...)

    #Numéro_5_-_décembre_2017

    / #Tram, Mobilité, Luxembourg, #Chemin_de_fer

    #Mobilité


  • #Migrations et #inégalités : l’importance des classes sociales. Entretien avec Anne-Catherine Wagner - Métropolitiques
    http://www.metropolitiques.eu/Migrations-et-inegalites-l-importance-des-classes-sociales-Entretien
    http://www.metropolitiques.eu/IMG/arton1167.jpg?1512001982

    Le capital international est une notion d’inspiration bourdieusienne qui permet de penser ensemble différentes ressources : le #capital économique, mais aussi le capital linguistique et social. Pour comprendre la position de différentes catégories de population étrangère, il faut s’intéresser au type et au montant du capital international détenu. Les grands #bourgeois détiennent toutes les formes de capital international. Ils possèdent différents lieux de résidence ainsi que des entreprises, ils ont souvent été élevés au contact de nurses irlandaises ou anglaises, et ils ont une famille étendue à l’échelle internationale qui leur permet de s’insérer dans la « société » et les clubs de tous les pays. Héritiers de familles de banquiers ou d’industriels, ils représentent un cas idéal-typique de la #mobilité internationale car ils ont la capacité d’être chez eux partout dans le monde. Je me souviens, par exemple, de ce comte qui me disait : « Aujourd’hui, c’est tellement rapide les transports, j’appelle ma fille qui vit en Argentine, elle m’invite à dîner, je prends l’avion et j’y suis le soir. » En comparaison, les cadres internationaux ne sont pas toujours aussi fortunés, leur maîtrise des langues est plus variable, et ils peuvent rejoindre des associations où nouer des liens, mais n’ont pas un réseau familial étendu à l’échelle internationale.

    Cette notion permet ensuite de penser la circulation des #ressources. Alors qu’ils ne sont pas les plus mobiles, les migrants privilégiés détiennent les capitaux qui circulent le mieux à l’échelle internationale : l’argent, les diplômes, la culture… Leurs pratiques ont des effets symboliques sur la célébration de la mobilité et du voyage, notamment dans les valeurs éducatives transmises aux enfants. En parallèle, les migrants non qualifiés qui connaissent une mobilité plus intense ont des ressources linguistiques et des réseaux de sociabilité étendus, mais plus difficilement convertis dans le pays d’accueil. Alors que le bilinguisme est célébré dans les milieux aisés, les langues d’origine peuvent devenir un stigmate au sein des classes populaires.

    https://seenthis.net/messages/648634 via Agnès Maillard


  • Aux États-Unis : les trajets domicile-travail pour tracer les mégarégions

    http://veillecarto2-0.fr/veille-2/outils-2-0-veille-2/aux-etats-unis-trajets-domicile-travail-tracer-megaregions
    http://veillecarto2-0.fr/wp-content/uploads/2017/06/wsi-imageoptim-journal.pone_.0166083.g006-768x510.jpg
    http://veillecarto2-0.fr/wp-content/uploads/2017/06/wsi-imageoptim-journal.pone_.0166083.g009.jpg

    Garrett Dash Nelson du Dartmouth College et Alasdair Rae de l’université de Sheffield proposent un redécoupage des Etats-Unis basé sur les migrations domicile-travail. Leur travail se base à l’échelle des îlots de recensements (census tract) sur plus de 4 millions de déplacements. Ceux-ci sont inférieurs ou égaux à 160km.

    Le but est, à partir de ces réseaux, de tracer le territoire des « mégarégions ». Une mégarégion est, aux États-Unis, une région qui dépasse les limites administratives des États et qui regroupe autour d’un centre métropolitain une orbite de villes plus petites.

    #états-unis #mobilité #circulation #visualisation #cartographie

    https://seenthis.net/messages/632842 via Reka



  • « L’art » de relater le décès d’un cycliste – Journal Métro
    http://journalmetro.com/actualites/montreal/1173905/lart-de-relater-le-deces-dun-cycliste/amp
    https://journalmetrocom.files.wordpress.com/2016/08/vecc81lo.jpg

    La leçon qu’en tire la chercheuse est sans appel : « Il existe un certain inconfort à responsabiliser un individu pour la mort d’autrui, alors que d’induire une responsabilité à un individu pour son propre décès demeure plus accepté ». En entrevue, Joëlle Gélinas souligne que « cet inconfort est for probablement culturel et pas propre aux journalistes ». Elle se demande aussi si ce type de formulation n’est pas utilisé pour préserver la présomption d’innocence des chauffeurs impliqués.

    #mobilité #journalisme #euphéminisation #vélo

    https://seenthis.net/messages/623349 via Agnès Maillard


  • #National_Disintegrations

    A major breakthrough occurred when Gilles Labarthe—the journalist who’s interviewed in the film—we were driving around Geneva and looking the various Freeport buildings. And then he showed us the annex over at the airport and said, “Oh, I should show you this other place where I worked. It’s just over there—”

    http://res.cloudinary.com/bombmagazine/image/upload/v1502115038/820430723-08072017-braden-king-freeport-03.jpg
    http://res.cloudinary.com/bombmagazine/image/upload/v1502115011/627096487-08072017-braden-king-freeport-01.jpg
    http://bombmagazine.org/article/876787/national-disintegrations
    #film #documentaire #ports-francs #Genève #douane #Suisse #spéculation #paradis_fiscaux #commerce #port-franc #art #discrétion #stabilité_économique #stabilité_politique #richesse #invisibilité #enclaves #zones_extra-territoriales #Tilleuls #foyer_des_Tilleuls #réfugiés #camp_de_réfugiés #mobilité #immobilité #enfermement #géographie #cage #rencontres_improbables

    Très bien fait, @reka @simplicissimus et @fil vous allez aimer.
    Signalé par @CharlesHeller

    https://seenthis.net/messages/621251 via CDB_77


  • Distance spatiale et distance de classe - Métropolitiques
    http://www.metropolitiques.eu/Distance-spatiale-et-distance-de.html
    http://www.metropolitiques.eu/IMG/arton1128.jpg?1499657554
    Un article très important sur un changement profond du monde du #travail qui se traduit bien sûr par des #inégalités plus marquées, des #mobilités sociales fortement réduite et des #antagonismes de #classes grandissants.

    La mobilité géographique contre la promotion locale

    Le système de promotion interne à l’œuvre à la SNCF, comme dans la plupart des entreprises industrielles publiques, a longtemps favorisé une stabilisation du personnel ainsi qu’une forte composition familiale. Les enfants de salariés, qu’ils soient ouvriers ou cadres, pouvaient être privilégiés lors des embauches. Mais ce système qui rendait possible la constitution d’un corps de cadres réalisant l’essentiel de leur carrière sur le site est remis en cause par le tournant néolibéral qui touche le transport ferroviaire, comme les autres secteurs publics. À partir des années 1990-2000, les réformes dites de « modernisation » et l’application de méthodes de management importées du privé mettent à mal la reproduction du groupe des agents d’encadrement, qui se singularisaient par des origines populaires, un ancrage local et une maîtrise technique partagée avec les ouvriers. À cet égard, la remise en cause des savoir-faire et la démonétisation des ressources liées à l’autochtonie (Retière 2003) ne concernent pas seulement les classes populaires ; elle touche aussi les cadres.

    Depuis les années 2000, les responsables ne font en général que passer à la tête des établissements de la SNCF. Ils doivent faire preuve de mobilité, qui ne favorise pas leur insertion locale et leur attachement aux salariés. Selon un processus général à toute l’industrie, l’encadrement patronal des ateliers ferroviaires est de moins en moins constitué de cadres « maison ». Certaines formes de promotion interne ont disparu avec l’allongement des études et la multiplication d’agents recrutés grâce à leurs diplômes et non sur examen ou concours, notamment des ingénieurs des grandes écoles (Andolfatto, Dressen et Finez 2012 ; Boussard 2011). Une fraction importante des dirigeants de la SNCF ne sont plus cheminots et viennent du secteur privé (Valéo, Thompson, Renault, etc.).

    Rarement d’origine populaire, les nouveaux responsables de l’atelier où a été mené l’enquête de terrain viennent désormais de l’extérieur, pour des missions de courte durée, et ne s’installent pas sur place. Ils résident dans l’agglomération régionale, située à 70 kilomètres du bourg, voire dans des grandes villes plus éloignées encore [1]. Contrairement à leurs prédécesseurs, ces cadres managers ne s’investissent plus dans la vie locale, ils ne font pas leurs courses dans le bourg et ne jouent pas dans le club de foot. Leurs enfants ne fréquentent pas les enfants d’ouvriers dans l’école communale. Leur distance aux classes populaires locales est indissociablement sociale et spatiale. Elle est entretenue par une organisation du travail qui les incite à une mobilité incessante et à la dépersonnalisation de leur relation avec les salariés d’exécution.

    https://seenthis.net/messages/613758 via Agnès Maillard



  • Nous poursuivons - dans visionscarto.net - la publication des archives.

    Pour cette fournée, nous proposons quelques cartes et graphiques, simples et conventionnels mais assez parlant, sur la question de l’#éducation, l’#enseignement supérieur, de la production du savoir, de la #mobilité des étudiants, du financement de la #recherche. Certains docs sont ancien (plus de dix ans) d’autres plus récents, mais ça donne quand même une idée des tendances, et c’est une base de travail et de départ pour produire — un peu plus tard — la mise à jours et les compléments.

    Avec une petite synthèse d’un projet de recherche sur la production du savoir mené il y a dix ans par Rigas Arvanitis, Denis Eckert et Laurent Jégou.

    Je vous laisse découvrir les distributions spatiales...

    Les 500 universités les plus importantes au monde
    https://visionscarto.net/les-500-universites-les-plus-importantes

    https://visionscarto.net/local/adapt-img/1300/10x/local/cache-vignettes/L2283xH1371/32875294255_e3cd-cb675.png?1487174253

    Nombre d’articles scientifiques publiés dans le monde, 1988-2008
    https://visionscarto.net/articles-scientifiques-dans-le-monde

    Nombre d’articles scientifiques publiés en chine, 1988-2008
    https://visionscarto.net/articles-scientifiques-en-chine

    https://visionscarto.net/local/cache-vignettes/L688xH1024/32350531843_8dae-5f571.jpg?1488281612

    Proportion des femmes dans la recherche, 2007-2009
    https://visionscarto.net/proportion-des-femmes-parmi-dans-la-recherche

    https://visionscarto.net/local/cache-vignettes/L820xH1024/33008833152_9bc6-1bfba.jpg?1488282292

    Pays d’origine des étudiant·es en mobilité vers la France et répartition entre étudiantes et étudiants
    https://visionscarto.net/pays-d-origine-des-etudiants-en-mobilite

    Part du financement privé et public dans l’enseignement supérieur en 2008
    https://visionscarto.net/repartition-financements-enseignement-superieur

    Étudiant·es en mobilité entrante et sortante dans le monde, 2014
    https://visionscarto.net/etudiants-en-mobilite-entrante-et-sortante

    https://visionscarto.net/local/cache-vignettes/L1024xH675/33010049532_c5b4-13b73.jpg?1488283092

    Pays d’origine des étudiant·es choisissant la France
    https://visionscarto.net/etudiants-choisissant-la-france

    On a beaucoup, beaucoup de documents qui dorment tranquillement à l’ombre de nos disques durs, aussi de nos étagères pour ce qui n’est pas numérisé. Archives géographiques, historiques, brouillons, méthodo, etc... Il y a de quoi faire, et on aimerait pourvoir tout rendre public tout de suite, hélas chacun de nous n’a que deux mains et dix doigts, et peu de temps avant, entre et après le « vrai » travail. Et il faut encore trier, préparer, archiver. Mais petit à petit, ça vient.

    Université #connaissance #recherche

    https://seenthis.net/messages/574206 via Reka


  • Revue Projet » « Distribuer équitablement les #revenus primaires »
    http://www.revue-projet.com/articles/2017-02_philippe-askenazy_distribuer-equitablement-les-revenus-primair

    Aux divergences salariales s’ajoutent celles des conditions de #travail. L’#intensification du travail pèse principalement sur ceux qui sont en bas de l’échelle sociale. Ils subissent ainsi une double peine : leur #rémunération tend à stagner, du fait du discours sur l’improductivité, et pourtant ce sont eux qui subissent de plein fouet l’intensification du travail. Au contraire, on valorise – et on plaint – les productifs, les créatifs, dont les conditions de travail sont objectivement bonnes et ont même tendance à s’améliorer.

    Cette inégale intensification masque une forme d’#exploitation de l’humain, qui trouve son parallèle dans l’exploitation de la nature. Le #productivisme opère une pression accrue, à la fois sur une masse de travailleurs en équilibre et sur une partie de l’environnement qui s’en trouve menacée. Dans les dernières décennies, les exigences de #flexibilité en termes de #mobilité et d’horaires n’ont cessé de s’accroître. Les temps et la fréquence des déplacements (domicile-travail, multiples lieux de travail) ont explosé. Or cette mobilité contrainte augmente fortement les émissions de CO2.

    https://seenthis.net/messages/565460 via Agnès Maillard


  • La fracture #mobilité s’accroît entre les #territoires - Localtis.info - Caisse des Dépôts
    http://www.localtis.info/cs/ContentServer?pagename=Localtis/LOCActu/ArticleActualite&jid=1250278330519&cid=1250278319729
    Mais quelle #fumisterie : des Assisses de la mobilité organisées par Total, alors que c’est le tout bagnoles qui a tué les alternatives de transports plus économiques, réduisant les campagnards à maintenir une voiture coute que coute pour se déplacer !
    Leur solution, c’est bien sûr plus de bagnoles pour que les pauvres puissent aussi engraisser les pétroliers !

    Les difficultés d’accès à la mobilité sont un frein à l’emploi. C’est, pour faire court, tout le propos du Laboratoire de la mobilité inclusive. Les 4es rencontres organisées le 18 janvier à Paris par cette instance hybride - créée par Total avec l’association Wimoov (anciennement Voiture & co, pionnier du covoiturage), et qui fédère aujourd’hui seize acteurs, privés, publics et issus de la société civile - ont réuni près de 300 personnes. Dont des élus locaux, maires et parlementaires, ainsi que des experts et représentants d’opérateurs de transports. « Notre but est d’éveiller les consciences sur l’importance de développer une mobilité inclusive et de sensibiliser davantage les élus et autorités organisatrices. La mobilité est une compétence. Tout le monde ne maîtrise pas ses codes », souligne Manoelle Lepoutre, directrice Engagement et société civile du groupe Total. A ses côtés, Florence Gilbert, qui représente Wimoov et préside ce laboratoire devenu une fondation, ajoute que la mobilité inclusive doit donc apporter des solutions contre l’exclusion sociale et professionnelle. Et que la loi NOTRe, en validant le transfert des compétences transport des départements vers les régions, offre désormais un bon cadre pour « hisser l’enjeu au cœur des politiques régionales ».

    https://seenthis.net/messages/562263 via Agnès Maillard


  • De quelle #mobilité avons-nous vraiment besoin ?
    https://reporterre.net/De-quelle-mobilite-avons-nous-vraiment-besoin
    https://reporterre.net/IMG/arton11101.jpg

    À l’heure où des millions de réfugiés sont forcés à une mobilité imposée par la guerre ou la terreur, nos problèmes d’embouteillages, de manques de pistes cyclables et de tarifs ferroviaires exorbitants sont bien relatifs. Mais derrière ces tracas du quotidien, la question de la #politique des #transports soulève des enjeux très importants, à commencer par la préoccupation environnementale. Le transport est le principal émetteur de gaz à effets de serre tout en rejetant d’autres polluants, essentiellement à cause de la route. Car après avoir façonné le #territoire, l’automobile en reste la reine.
    Sur le rail, la vitesse est privilégiée au détriment d’un maillage du territoire. Les infrastructures de transports sont de plus en plus soumises aux règles des compagnies privées et à leur unique souci de rentabilité. Le fret est déjà ouvert à la concurrence et le trafic voyageur s’y prépare. Les autoroutes, elles, ont été vendues en 2006 par l’État à trois compagnies qui donnent des milliards à leurs actionnaires.
    Se pencher sur ces questions, c’est imaginer l’idée d’un service public de transport, qui permettrait à chacun de se déplacer facilement sans trop polluer. L’idée qui revient souvent pour inverser la logique actuelle est de faire payer au routier le coût qu’il représente pour la société, ce qui permettrait véritablement de développer des alternatives.

    https://seenthis.net/messages/548799 via Agnès Maillard