• Première victoire en France devant la justice contre la reconnaissance faciale ! – La Quadrature du Net
    https://www.laquadrature.net/2020/02/27/premiere-victoire-en-france-devant-la-justice-contre-la-reconnaissance

    Le 3 février dernier, La Quadrature du Net, La Ligue des Droits de l’Homme, la FCPE et la CGT Educ’Action des Alpes Maritimes étaient en audience devant le tribunal administratif (TA) de Marseille contre la mise en place d’un système de reconnaissance faciale à l’entrée de deux lycée de la région PACA. Le TA a rendu sa décision hier, en statuant sur l’incompétence de la région PACA en matière d’encadrement et de surveillance des élèves annulant, de fait, la délibération lançant l’expérimentation du (...)

    #CNIL #surveillance #facial #procès #biométrie #CCTV #étudiants #enseignement #[fr]Règlement_Général_sur_la_Protection_des_Données_(RGPD)[en]General_Data_Protection_Regulation_(GDPR)[nl]General_Data_Protection_Regulation_(GDPR) #vidéo-surveillance #reconnaissance #algorithme (...)

    ##[fr]Règlement_Général_sur_la_Protection_des_Données__RGPD_[en]General_Data_Protection_Regulation__GDPR_[nl]General_Data_Protection_Regulation__GDPR_ ##LDH-France ##LaQuadratureduNet
    https://www.laquadrature.net/wp-content/uploads/sites/8/2020/02/7-1.png

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  • Si la police est raciste, ses algorithmes le seront aussi | korii.
    https://korii.slate.fr/tech/intelligence-artificielle-algorithmes-police-biais-racisme-donnees-appre

    Tant que les forces de l’ordre ne seront pas irréprochables, les IA ne feront qu’accentuer leurs défauts. L’expression « tel maître, tel chien » n’est pas applicable qu’à nos animaux de compagnie, elle fonctionne aussi très bien pour l’intelligence artificielle –c’est même l’une de ses principales failles. Parce qu’elles apprennent des données produites par l’être humain, les IA se nourrissent de nos trouvailles mais aussi de nos erreurs. À DRH sexiste, IA de recrutement sexiste. À forces de l’ordre racistes, (...)

    #police #biométrie #algorithme #facial #prédiction #racisme #discrimination (...)

    ##reconnaissance
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  • La loi audiovisuelle pourrait limiter le droit de grève à Radio France | Le Figaro, Enguérand Renault (18/02/2020)
    https://www.lefigaro.fr/medias/la-loi-audiovisuelle-pourrait-limiter-le-droit-de-greve-a-radio-france-2020

    La scène se passe le vendredi 31 janvier 2020 dans les locaux du ministère de la Culture. Au 60e jour de grève à #Radio_France, Franck Riester a reçu l’ensemble des représentants syndicaux ainsi que la direction du groupe audiovisuel public. Très ferme, il a rappelé que les économies demandées à Radio France seraient maintenues, qu’il soutenait la direction et qu’il ne se mêlerait pas des négociations à venir. Ce discours a porté ses fruits puisque trois jours plus tard, la CGT, dernier syndicat à maintenir son préavis de grève, suspendait le mouvement pendant les négociations sur la rupture conventionnelle collective.

    Mais au cours de la conversation, le ministre a glissé une petite bombe. Il a clairement prévenu les syndicats du risque que certains parlementaires, excédés par la durée de la grève, déposent des amendements visant à assurer la continuité du service public. Comme pour le dispositif qui existe à la SNCF, il pourrait être demandé aux salariés grévistes de se déclarer à l’avance. Ce qui n’est aujourd’hui, pas le cas à Radio France. Ce ou ces amendements pourraient être examinés dans le cadre de la loi audiovisuelle.

    Au ministère, on confirme cette hypothèse même si on ajoute que le gouvernement ne sera pas à l’initiative de ces amendements. Toutefois, il pourrait ne pas s’y opposer. Du côté du Parlement, certains proches de la majorité évoquent également cette possibilité.

    L’enjeu est simple. Au moment où la redevance est remise en question en Grande-Bretagne et où, en France, le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin ne cache pas son envie de la supprimer, la question de l’acceptabilité par les Français de cet impôt impopulaire est un sujet. Comment accepter encore de payer 138 euros de redevance lorsque le service public ainsi financé peut priver les contribuables de leurs programmes radiophoniques favoris pendant 63 jours ?

    En réalité entre le 25 novembre 2019, début de la #grève, et le 3 février, date de sa suspension, le nombre de grévistes était très faible, à l’exception des huit journées organisées par l’intersyndicale (CGT, SUD, SNJ, CFDT, Unsa et FO), notamment le 25 novembre, les 4, 5 et 19 décembre ou encore le 8 janvier qui ont vu une mobilisation importante. En dehors de ces dates, seule la CGT avait déposé un préavis reconductible Et durant plus d’une cinquantaine de jours il a suffi de 1 % à 3 % de grévistes pour quasiment paralyser les antennes de France Inter, Franceinfo, France Culture ou FIP.

    Du coup, tout le monde va scruter les débats sur le projet de loi. La commission des affaires culturelles se réunira du 2 au 6 mars pour examiner le texte de loi ainsi que les amendements qui seront déposés. C’est à ce moment-là que l’on verra s’il y a un bien un débat sur la continuité du service public. À moins qu’un amendement soit glissé au cours du débat dans l’hémicycle qui doit débuter théoriquement le 31 mars.

    Cette question des modalités du droit de grève pourrait tendre encore un peu plus le climat social au sein de Radio France. « Je ne vois pas comment ils pourraient encadrer davantage la grève. Les syndicats doivent déposer un préavis cinq jours francs avant la grève. Une période pendant laquelle la direction peut négocier. Mais, elle ne peut pas changer les tableaux de service des équipes pour remplacer un gréviste par un non-gréviste », explique Philippe Ballet, délégué Unsa Radio France. Et ce n’est pas avec les rediffusions d’émissions pendant les grèves que l’on assure la continuité d’une matinale sur France Inter ou d’un fil rouge sur Franceinfo. De son côté, Lionel Thomson, secrétaire du SNJ-CGT de Radio France, « trouve terrible cet empressement à toucher aux modalités de la grève. Il faudrait plutôt régler les problèmes de fond, liés au financement du service public ».

    #audiovisuel_public

    https://seenthis.net/messages/827693 via tbn


  • Gendnotes, faciliter le fichage policier et la reconnaissance faciale – La Quadrature du Net
    https://www.laquadrature.net/2020/02/25/gendnotes-faciliter-le-fichage-policier-et-la-reconnaissance-faciale

    Le gouvernement vient d’autoriser la gendarmerie à déployer une application mobile qui facilite la collecte de photos et d’informations sensibles (religion, politique, sexualité, prétendue origine raciale) et leur transfert dans des fichiers extérieurs – tel que le TAJ, qui permet la reconnaissance faciale, ou les fiches des services de renseignement, qui ont une activité de surveillance politique. Samedi, a été publié un décret qui autorise les gendarmes à utiliser sur leur tablette l’application (...)

    #reconnaissance #facial #biométrie #smartphone #algorithme #profiling #TAJ #CNIL #LaQuadratureduNet (...)

    ##Gendnotes
    https://www.laquadrature.net/wp-content/uploads/sites/8/2020/02/bug.png

    https://seenthis.net/messages/827657 via etraces


  • JE T’ATTENDS À CHARONNE
    https://la-bas.org/5951

    8 février 1962. La police charge, les manifestants s’écrasent dans l’escalier du métro Charonne, les flics cognent et balancent des grilles d’arbres sur la foule. Neuf morts, des dizaines de blessés. Une émotion énorme. Mais qui est responsable ? Qui a donné l’ordre ? Qui a tué ? On ne saura jamais. Massacre d’État, violences policières, combien de temps accepterons-nous encore l’impunité ?Continuer la lecture…

    #Radio #France #Paris_et_banlieue #Répression #Mémoire
    https://la-bas.org/IMG/arton5951.jpg?1582651542


  • CHARONNE, UN MASSACRE D’ÉTAT
    https://la-bas.org/5919

    Ni banderoles, ni slogans. Une marche funèbre au loin, les portraits des victimes et le silence innombrable des pas. Jamais Paris n’avait vu autant de fleurs, autant de foule, autant de visages graves. Nous sommes un million, disait Pierrot, au moins un million. On était là, le cœur battant entre la République et le cimetière du Père-Lachaise pour l’enterrement des huit tués par la police au métro Charonne. Huit morts. Et un neuvième, mort de ses blessures trois mois plus tard. Une des plus profondes émotions d’un peuple ce 13 février 1962, une des plus profondes communions. L’ami Pierrot n’est plus, mais quelle trace de tout cela nous reste aujourd’hui ? Quelle trace a laissé ce massacre à jamais impuni ? Il faut laisser sa part à l’oubli et à la gomme du temps. Et d’autres crimes attendent en (...)

    #Articles #Histoire_coloniale #Répression
    https://la-bas.org/IMG/arton5919.jpg?1581717182



  • Met police chief : facial recognition technology critics are ill-informed | Technology | The Guardian
    https://www.theguardian.com/technology/2020/feb/24/met-police-chief-cressida-dick-facial-recognition-technology-critics-il

    Cressida Dick defends tech after civil liberties groups raise fears over accuracy and privacy The Metropolitan police commissioner, Cressida Dick, has attacked critics of facial recognition technology for using arguments she has claimed are highly inaccurate and ill-informed. The Met began operational use of the technology earlier this month despite concerns raised about its accuracy and privacy implications by civil liberties groups, including Amnesty International UK, Liberty and Big (...)

    #reconnaissance #discrimination #facial #biométrie #CCTV #algorithme #MetropolitanPolice

    https://i.guim.co.uk/img/media/6527a5db37946bab14375a67ded41e294359749b/109_407_2779_1667/master/2779.jpg

    https://seenthis.net/messages/827528 via etraces


  • Alexa, Siri et autres assistants vocaux vous écoutent inopinément jusqu’à 19 fois par jour
    https://www.nouvelobs.com/high-tech/20200223.OBS25198/alexa-siri-et-autres-assistants-vocaux-vous-ecoutent-inopinement-jusqu-a-

    Que les assistants numériques tels qu’Alexa (Amazon), Google Home et autres interfaces d’appareils connectés fonctionnent parfois à l’insu de leurs utilisateurs, c’est connu depuis longtemps – en 2018, un couple avait même eu la surprise de découvrir que l’enregistrement de sa conversation venait d’être transmis à un de ses contacts, qui les en avait avertis. On sait aussi que pour améliorer le service (les logiciels de reconnaissance vocale ne réussissant pas toujours à comprendre ce qu’on leur dit), (...)

    #Apple #Google #Microsoft #Amazon #Home #HomePod #Alexa #Cortana #domotique #Echo #Siri #reconnaissance #écoutes #voix (...)

    ##bug

    https://seenthis.net/messages/827479 via etraces




  • AGRICULTEURS : ON EST EN TRAIN DE CREVER !
    https://la-bas.org/5948

    Le salon de l’agriculture ne peut plus cacher l’agonie du monde paysan en #France. Si l’agriculture intensive a pu résoudre des famines à travers le monde, elle a aussi entraîné des destructions sociales et environnementales sans précédent dans l’histoire humaine.Continuer la lecture…

    #Radio #Environnement #Alimentation #Santé
    https://la-bas.org/IMG/arton5948.jpg?1582547238


  • Casey est de retour ! Nouveau groupe, Ausgang, nouveau clip (ci-dessous), nouvel album le 6 mars prochain, concerts le 17 mars à La Maroquinerie, le 10 avril à Ivry, et à suivre...

    Chuck Berry
    Ausgang (Casey, Marc Sens, Manusound, Sonny Troupé)
    https://www.youtube.com/watch?v=ijPK6pLKy1E

    Me demande pas si je suis à ma place, j’ai déjà brûlé la scène
    Te voiler la face, c’est te faire croire que l’inventeur du rock n’a pas du tout mes gènes
    Et dans les champs au bas de l’échelle, oui c’est mon peuple qui portait les chaînes
    Plutôt qu’faire ça dans la rock, attitude de toute la bourgeoisie parisienne
    Moi, j’aime le cuir, le blanc de mes pompes, le bleu de mon jean, c’est de l’hygiène
    Paraître pauvre, c’est un caprice, un privilège que les riches aiment
    Ma race a mis dans la musique sa dignité de peur qu’on lui prenne
    A fait du blues, du jazz, du reggae, du rap pour lutter et garder forme humaine
    Et l’Occident qui avait honte a inventé le punk s’est haï lui-même
    Tu as le cuir, la coupe, les clopes, les bottes et la Fender
    Les anecdotes, Les Enfants du Rock, la collection de vinyles de ton père
    Je l’ai dans la chair, je l’ai dans les veines, qu’est-c’que tu crois ? Cette histoire est la mienne

    J’ai dit Jimmy Hendrix et puis Chuck Berry
    Jimmy Hendrix et puis Chuck Berry
    Jimmy Hendrix et puis Chuck Berry
    Jimmy Hendrix et puis Chuck Berry

    Je fais du rap, je fais du rock où je vais, je suis moi-même
    Ces deux milieux sont jamais prêts pour le show que je produis chaque fois qu’je m’amène
    Anomalie du 93 avec une gueule caribéenne
    J’ai un penchant, j’l’ai jamais caché pour les textes qui autopsient ma haine
    Ma bouche a tout, toujours des cartouches à cracher et du coup cela créé le malaise
    Et je suis noire dans un monde blanc, c’est impossible que je le taise
    Sur la guitare, la batterie et la basse, je viens casser l’ambiance et rapporter la crasse
    Le rock est sans défense, je bouge dans tous les sens, l’ai arrosé d’essence, lui ai donné la chasse
    Oui, j’ai l’aisance, je l’ai dans le sang, dans mon élément, ça me va comme un gant
    On m’a pas invité, c’est pas moi qu’on attend, je viens représenter le clan des combattants
    Dispo pour ma diaspora pillée par des types mourants
    J’l’ai dans la chair, j’l’ai dans les veines car cette histoire est la mienne

    #Casey #Ausgang #rap #rock #Musique #Musique_et_politique #France

    https://seenthis.net/messages/827185 via Dror@sinehebdo


  • Flexibiliser le travail et produire des vies illégales

    En France, l’#ubérisation trouve des ressources dans les migrations. Ce phénomène est ici analysé et décrit par un ressortissant de Guinée qui vit à Grenoble depuis 2016, co-auteur d’une recherche-création entre géographie, art et droit.

    Si les migrations vers l’Europe et la France occupent les discours politiques et médiatiques, leurs modalités d’exploitation par le travail y sont bien moins évoquées. Les vies rendues illégales constituent une réserve de #main-d’œuvre exploitable et hyperflexible, dans un contexte précisément de flexibilisation et d’ubérisation du travail, notamment par le développement des applis de VTC ou de #livraison. Dans leurs travaux portant sur les liens entre migrations et travail, Sandro Mezzadra et Brett Neilson précisent que « la flexibilité, qui fabrique de la #précarité, est devenue la norme », tandis que les migrations forment « un terrain crucial d’expérimentation pour de nouvelles formes de "capture" du travail ».

    Cette exploitation du travail en #France, de vies rendues illégales, s’inscrit dans des formes d’exploitations plus larges de la force de travail, notamment d’entreprises européennes et françaises en Guinée pour l’extraction de ressources minières, qui entraînent des destructions sociales et environnementales et des migrations. Autrement dit, les liens entre migrations et exploitation de la force de travail se comprennent depuis un continuum qui dépasse très largement les frontières nationales, et s’inscrit dans des rapports en grande partie hérités de la #colonisation.

    #Pathé_Diallo, ressortissant de Guinée qui réside à Grenoble depuis 2016, décrit cette relation entre migration, exploitation et ubérisation dans le cadre d’une œuvre de création et de recherche intitulée Bureau des dépositions (1), à laquelle participent plusieurs géographes.

    « C’est un cercle vicieux »

    « Les Etats font exprès de ne pas délivrer des papiers à tout le monde pour que d’autres puissent exploiter les #sans-papiers dans des conditions difficiles, sur certains #chantiers ou dans les sites touristiques de ski en montagne, ou dans les travaux de #ménage. Depuis quelques mois à Grenoble, des personnes exploitées et sans papiers font de la #livraison de nourriture sur des #vélos. Ils sont mal payés et la cible de #Uber et des Etats, qui autorisent que le #droit_du_travail soit réduit à rien. C’est comme si les personnes donnaient toute leur énergie pour ne rien avoir.

    « C’est comme dans le domaine de la #sécurité. Dans la sécurité, c’est 12 voire 15 euros de l’heure pour la nuit. Celui qui te sous-traite va te payer 7 ou 8 euros par heure. Toi tu es sur le terrain. C’est parfois mieux que rester toute la journée à ne rien faire. Dans l’attente des papiers, beaucoup deviennent fous. Etre exploité devient préférable pour ne pas rester assis, passer toute la journée sans rien faire pendant des années, sans savoir quand le papier viendra. Ce sont les Etats et les entreprises qui se servent de la #main-d’œuvre qui sont responsables, en n’autorisant pas à travailler. C’est un #cercle_vicieux : pour se régulariser, il faut du travail ; pour avoir du travail, il faut des papiers.

    « Créer un syndicat sans-papiers permettrait de réduire le taux de chômage. En France, la #clandestinisation des travailleurs permet de réduire le #coût_du_travail, aux bénéfices des patrons et de leurs sous-traitants qui ainsi échappent à l’impôt.

    « Il faut respecter l’homme. C’est l’homme qui fait le papier, pas le papier qui fait l’homme.

    « L’exploitation des sans-papiers en Europe entre en écho avec l’exploitation de la main-d’œuvre dans les #mines en #Guinée. Ce sont les mêmes personnes qui exploitent et ce sont les mêmes personnes qui sont exploitées. Un mineur d’or ou de bauxite, en Guinée, peut parvenir à rejoindre la France pour travailler dans des conditions plus précaires encore que la mine. Dans les mines, les patrons sont souvent étrangers. Tout ce qui est exploitable en Guinée est exporté en tant que matière première à l’extérieur : Canada, Etats-Unis, pays d’Europe, comme la France, l’Allemagne… Dans la mine, il y a beaucoup de pollution, qui entraîne des maladies : sinusite, cancer du foie… La poussière mélangée aux produits chimiques crée des colonnes de plusieurs kilomètres, ce qui pollue les cours d’eau. L’eau est puisée par les populations. Les employés des mines ne sont pas bien payés. »

    https://medias.liberation.fr/photo/1243491-afp_1jg5o0jpg.jpg?modified_at=1570026937&width=960#.jpg
    https://www.liberation.fr/debats/2019/10/02/flexibiliser-le-travail-et-produire-des-vies-illegales_1754677
    #travail #exploitation #illégalisation #asile #migrations #réfugiés #flexibilisation #tourisme #extractivisme #continuum_colonial #post-colonialisme #économie

    ping @albertocampiphoto @reka @karine4

    https://seenthis.net/messages/805113 via CDB_77



  • Soins psychiques : l’État va-t-il exclure du service public la majorité des enfants et adolescents ?
    https://www.bastamag.net/Etat-ARS-demanteler-CMPP-centres-psychologiques-enfants-adolescents

    En Nouvelle Aquitaine, l’Agence régionale de #Santé_veut obliger les centres psychologiques pour enfants et adolescents à changer de fonctionnement. Et à exclure du soin des milliers d’enfants, pour les renvoyer vers le secteur privé. Le conflit est révélateur d’un tournant pris depuis plusieurs années par les instances du secteur public de la psychiatrie. Fin 2019, en Nouvelle Aquitaine, l’Agence régionale de santé (ARS) a transmis un nouveau « cahier des charges » aux directions des centres (...) #Résister

    / Quel avenir pour nos protections sociales ?, Santé , #Services_publics, A la une

    #Quel_avenir_pour_nos_protections_sociales_ ?
    https://www.bastamag.net/IMG/png/capture_d_e_cran_2020-02-17_a_20.54.57.png
    https://www.bastamag.net/IMG/png/capture_d_e_cran_2020-02-17_a_20.55.55.png
    https://www.bastamag.net/IMG/png/aaa_2.png
    https://www.bastamag.net/IMG/png/aaa_fin.png
    https://www.bastamag.net/IMG/jpg/tract_partenaires_8-02.jpg

    https://seenthis.net/messages/827251 via Basta !


  • Rançongiciels, cryptovirus, les nouvelles maladies de l’hôpital
    https://www.franceinter.fr/emissions/le-zoom-de-la-redaction/le-zoom-de-la-redaction-06-fevrier-2020

    Ces derniers mois, plusieurs hôpitaux français ont été touchés par des « rançongiciels », des virus informatiques qui cryptent les données de leurs victime et exigent une rançon. Le phénomène inquiète les autorités, qui encouragent à relever le niveau de sécurité informatique. Tout commence par un simple message texte, localisé dans la nuit du 3 au 4 octobre 2019 sur l’un des serveurs du Centre Hospitalier d’Issoudun dans la Nièvre (58). Le message, en anglais, réclame une rançon de 900 $, pour décrypter des (...)

    #algorithme #malware #ransomware #santé

    ##santé
    https://cdn.radiofrance.fr/s3/cruiser-production/2020/02/ba07292c-eb53-4157-8b17-d78cb1fbcfe9/1200x680_crypto_1.jpg

    https://seenthis.net/messages/827219 via etraces


  • Enquête sur Didier Lallement, le préfet de police à poigne d’Emmanuel Macron*, Ariane Chemin et Nicolas Chapuis
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/02/23/enquete-sur-didier-lallement-le-prefet-de-police-a-poigne-d-emmanuel-macron_

    C’est Emmanuel Macron en personne qui, au cœur de la crise des « gilets jaunes », l’a choisi pour devenir préfet de police de Paris. Républicain autoritaire et fan de la Légion étrangère, Didier Lallement est aussi un habile politique.

    Une casquette. Elle devance l’homme, comme le prolongement de l’être. Large visière arrimée à une coiffe bleu nuit brodée de feuilles de chêne et de laurier en cannetille dorée : depuis un an, elle mange le visage allongé et osseux de Didier Lallement – tour de tête 56 cm : un petit coiffant, comme on dit. Lorsqu’il descend dans la rue, impossible de le rater : le couvre-chef le dévore, comme une galette trop grande pour lui. « La taille réglementaire », assure le préfet de police de Paris.
    Il faut le prendre au pied de la lettre : en matière d’uniformes, il s’y connaît. « La circulaire Castaner qui nous fait changer d’habit, c’est quand même à cause de lui ! », s’amuse un préfet de la région parisienne en citant l’arrêté de novembre 2019 qui propose une « tenue opérationnelle » aux hauts fonctionnaires allant sur le terrain. Il fallait quand même une alternative au « veston croisé de cérémonie », cette tenue officielle, vieille de Vichy, « période amiral Darlan » ! Didier Lallement préfère la veste droite, façon Jean Moulin. En 2012, l’ex-secrétaire général du ministère de l’intérieur avait déjà tenté de faire valoir ses talents de créateur de la préfectorale devant le cabinet de Manuel Valls, mais le locataire de Beauvau avait d’autres priorités.
    Sur les réseaux sociaux des « gilets jaunes », la casquette du préfet Lallement est devenue un mème, détournée, agrandie, moquée. Comme une métonymie du nouvel ordre policier incarné par cet homme jusque-là inconnu du grand public. A 63 ans, ce père de deux enfants a réalisé son fantasme : « PP » pour préfet de police, comme on dit « PR » pour le président de la République : le Graal de la préfectorale. En 2015, au cœur des attentats, le visage de François Molins, procureur de la République de Paris, avait incarné aux yeux des Français le bouclier de la justice face au terrorisme. Celui, raide et austère, de Didier Lallement symbolise désormais le maintien de l’ordre à Paris.

    « Je ne mets aucun affect dans mes relations professionnelles »
    Le temps est à l’orage social et le président de la République raffole des grandes gueules. Didier Lallement n’a pas besoin de forcer son caractère pour jouer le « bad cop », le méchant. Sur la route de ses affectations, il laisse des souvenirs de colères froides et de mots cinglants. Parmi les scènes épiques, cette réunion à la préfecture de Bordeaux, début 2018. Lallement est alors préfet de la région Nouvelle-Aquitaine. Il est mécontent du travail d’un des services de police. « Vous allez finir sur un croc de boucher », lance-t-il à l’un des commissaires du service lors d’une réunion hebdomadaire de sécurité intérieure. Silence pétrifié. « Le lendemain, on a tous regretté de ne pas s’être levés », raconte l’un des fonctionnaires présents.
    « Je ne veux plus vous voir ! » A son arrivée sur l’île de la Cité, le 20 mars 2019, six mots lui ont suffi pour congédier l’un des collaborateurs de Michel Delpuech, son prédecesseur. A la Préfecture de police de Paris, les secrétaires apprennent à courber l’échine. « C’est un homme qui fait pleurer », regrette l’un de ses amis. « Je ne mets aucun affect dans mes relations professionnelles », tranche Lallement devant la directrice adjointe de son cabinet. « Moi, ce qui m’émeut, c’est le drapeau tricolore qui flotte au vent, le visage des hommes et des femmes qu’on passe en revue… »

    « Pour nourrir la geste des “gilets jaunes”, Lallement est parfait », sourit l’ancien ministre chiraquien Dominique Perben, qui a guidé sa carrière. Le chef des « insoumis », Jean-Luc Mélenchon, l’a traité de « préfet psychopathe » et accusé d’« organiser le désordre et la pagaille » dans les rues de la capitale. Maxime Nicolle, alias Fly Ryder, a porté plainte contre le PP après une garde à vue jugée arbitraire, le 14 juillet 2019. Une autre figure des « gilets jaunes », Jérôme Rodrigues, parle même de la « Gestapo de Lallement »…
    Le pouvoir apprécie : un vrai paratonnerre. Sur les pancartes, c’est le portrait du préfet, casquette vissée sur la tête, qu’on brandit pour dénoncer les violences policières. « Tant mieux », commente-t-il, bravache : « Pour se prendre pour Jules Vallès, il faut avoir son Galliffet », ce général de brigade surnommé le « Massacreur de la Commune ». 

    Didier Lallement est là pour mater les black blocks, empêcher les « gilets jaunes » de monter à l’assaut de l’Elysée et « permettre aux manifestants d’arriver à destination, quand les précortèges les en empêchent ». Et tant pis s’il faut noyer les défilés sous les lacrymos, comme le 1er mai 2019. « Cette crise, il la vit comme une sorte d’opportunité. Il se veut le rempart contre le désordre et un climat insurrectionnel, comme sous la IIIe République », analyse l’historien de la Préfecture de police, Olivier Renaudie, par ailleurs professeur de droit à l’école de La Sorbonne.

    « Je suis là pour protéger le président »
    « Alors, vous n’avez pas peur de pénétrer dans l’antre du dragon ? », aime provoquer M. Lallement en fermant la porte de son bureau. En ce début février, il reçoit Le Monde dans une salle de réunion. Commence par s’étonner qu’on ait servi un café matinal, un simple verre d’eau aurait suffi. Poursuit par cette scène peu banale : « Ce n’est pas vous qui allez poser les questions, c’est moi qui vais parler. Pour comprendre qui je suis, c’est ici », lance-t-il en faisant glisser sur la table une carte en plastique. Au verso du portrait héroïque d’un « képi blanc », les sept articles du code d’honneur de la Légion étrangère. « Lisez le 6 : “La mission est sacrée, tu l’exécutes jusqu’au bout et, s’il le faut, en opérations, au péril de ta vie.” » Explicite, en effet.

    Le président Macron et le préfet Lallement, lors de la commémoration du 11-Novembre, en 2019, à Paris. LUDOVIC MARIN / AFP
    « Evidemment, je ne suis pas à Camerone [défaite concédée au XIXe siècle par une soixantaine de « képis blancs » face à plus de 2 000 soldats mexicains]. Et je ne vais pas mourir, ajoute le préfet, encore que… » Trois mois avant sa nomination en remplacement de Michel Delpuech, le palais de l’Elysée a manqué de « tomber », en décembre 2018. Plus aucun « gilet jaune » ne doit ainsi s’en approcher. « Quand je l’ai reçu dans mon bureau, confie la maire de Paris, Anne Hidalgo, j’ai été frappée par cette phrase qu’il m’a lâchée : “Je suis là pour protéger le président.” »
    Dans le secret de son bureau, Didier Lallement désapprouve par exemple l’emploi du controversé lanceur de balles de défense (LBD) lors des opérations de maintien de l’ordre
    Didier Lallement est venu rétablir l’ordre face à la « chienlit », comme disait le général de Gaulle, un auteur qu’il aime lire entre deux livres de science-fiction. Un de ses modèles, avec « le Tigre », Georges Clemenceau – « l’homme le plus détesté de la IIIe République, mais qui a sauvé la France ». Il aime autant les blagues de l’ancien président du conseil – « Pour mes obsèques, je ne veux que l’essentiel, c’est-à-dire moi » – que son sens du devoir. « Je suis le commissaire du gouvernement auprès de la Fondation Musée Clemenceau », glisse-t-il fièrement.

    « La main de Clemenceau n’a jamais tremblé quand il s’agissait de se battre pour la France, la vôtre ne devra pas trembler non plus devant les réformes que vous devrez mener. » Christophe Castaner ne pouvait pas trouver meilleure citation le jour de l’intronisation de Didier Lallement. « Ça m’a plu », convient le PP. Même s’il n’a pas l’air pressé d’appliquer la « réforme » qui lui a été confiée en plus du maintien de l’ordre : délester la Préfecture de police d’une partie de ses immenses prérogatives. Seul changement pour l’instant, le logo. Il est désormais surmonté du sigle du ministère de l’intérieur, façon d’assurer symboliquement la loyauté de cette institution souvent qualifiée d’« Etat dans l’Etat ». Décidément, Didier Lallement aime marquer de son fer l’imagerie de la République.

    Le maintien de l’ordre n’est pas sa spécialité
    Les caricatures dans lesquelles on s’enferme découragent parfois d’aller au-delà. Dans le secret de son bureau, Didier Lallement désapprouve, par exemple, l’emploi du controversé lanceur de balles de défense (LBD) lors des opérations de maintien de l’ordre, « une arme du faible au fort », lâche-t-il. Certains l’ont même entendu parler d’« arme à la con ». Au passage, il livre sa version personnelle – et saugrenue – des nombreuses blessures à la tête lors des défilés de « gilets jaunes » : la vitesse du projectile est inférieure à celle du son et pousserait la cible à se baisser en entendant la détonation…
    Contrairement à l’image qui lui colle à la peau, le maintien de l’ordre n’est pas sa spécialité. L’idée des fameuses BRAV-M, ces brigades de répression de l’action violente motorisées, sorte de pelotons de voltigeurs dépossédés du « bidule », leur longue matraque en bois, n’est, en réalité, pas la sienne. C’est Michel Delpuech, limogé du jour au lendemain après le saccage du Fouquet’s, le 16 mars 2019, qui avait créé les détachements d’action rapide (DAR). Didier Lallement s’est seulement chargé d’améliorer l’efficacité du dispositif et d’y apposer un nouveau sigle.

    Dans le petit cénacle de la haute fonction publique, il était connu pour la création de toutes pièces, entre 2007 et 2010, du grand ministère de l’écologie, dont il fut secrétaire général sous Jean-Louis Borloo. Et, surtout, pour son expertise de la mécanique interne de l’Etat. « Didier a été directeur de cinq administrations centrales, c’est rare pour un préfet, rappelle l’ancien patron de l’Inspection générale de l’administration, Marc Abadie, qui l’a choisi pour témoin de mariage et parrain républicain de l’un de ses enfants. Il peut vous disséquer un programme budgétaire et vous expliquer ce qui va “bouger” entre le titre 2 et le titre 3. » L’orfèvre des codes administratifs est aussi l’un des fondateurs de l’intercommunalité. « Avec François Lucas, il est de ceux qui m’ont aidé à mettre en place la loi de 1999 qui a redessiné le paysage français », rappelle l’ancien ministre de l’intérieur, Jean-Pierre Chevènement.

    C’est lui, le « Che », qui lui permet de « prendre la casquette », comme on dit. C’est même la dernière nomination de préfet du ministre Chevènement : en 2000, il offre à Lallement son premier poste dans l’Aisne, juste avant trois années passées à la tête de l’administration pénitentiaire. La maison est réputée difficile : « Un milieu où tout est plus intense qu’ailleurs », glisse le préfet, qui n’a oublié aucun détail de la « belle » d’Antonio Ferrara, exfiltré à l’explosif de la prison de Fresnes par un commando. C’est durant ces années 2001-2004 qu’apparaît pour la première fois le nom de Lallement en « une » du Journal du dimanche, inscrit sur… les banderoles des puissants syndicats de la pénitentiaire. Didier Lallement quitte les prisons en laissant derrière lui la création des Eris, ces unités d’élite chargée d’intervenir en milieu carcéral. Et, tiens, un drapeau de l’institution, dessiné à sa demande…

    Il collectionne les médailles
    « Cet homme a une carapace. Sous la casquette, il y a un mystère », souffle un préfet. Reprenons les étapes qui ont forgé ce « républicain autoritaire ». « En 1979, j’étais permanent des jeunes du CERES, ce centre d’études de l’aile gauche du Parti socialiste [PS] dirigé par Chevènement. Lui en était un des chefs et un bon organisateur », raconte Guillaume Duval, rédacteur en chef du mensuel Alternatives économiques. « Il adorait les opérations de maintien de l’ordre », assure un des animateurs du Crayon entre les dents, le journal des étudiants. « Il frappait surtout par son profil sévère, sérieux, pas très rigolo : “social triste”, on disait à l’époque », ajoute le journaliste Eric Dupin. « Le CERES a été un moule à moines soldats rugueux et souvent insensibles au fait d’être minoritaire ou incompris », note le patron de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII), Didier Leschi, un autre ancien.

    Jusqu’à la guerre du Golfe, en 1991, Didier Lallement a sa carte du PS. Et pour le « petit banlieusard » de la région parisienne, la vie étudiante – il est inscrit à l’Ecole supérieure de gestion –, c’est d’abord « la découverte de l’intelligentsia ». Ses parents sont, en effet, « des gens modestes qui n’avaient pas le bac », confie-t-il. Son père est représentant de commerce (« on a déménagé 18 fois »), sa mère a fini « chef des caisses de La Samaritaine ». Après les jeunes du CERES, les « frères » maçons du Grand Orient de France sont ses écoles de formation.

    « Dans ma famille, la réussite, c’était d’avoir le badge rouge, raconte le préfet. “Si un jour tu deviens chef de rayon, tu l’auras”, me disait ma mère. » Une clé pour tenter de comprendre l’énigme Lallement ? Sur le revers de son costume, le préfet de police porte la rosette de commandeur de l’Ordre national du mérite – bien mieux que le badge rouge. Déjà, au secrétariat d’Etat à la jeunesse et aux sports, sous François Mitterrand, on se souvient combien ce jeune chef de cabinet raffolait des cérémonies de remise de médailles. Il collectionne lui-même les breloques en tout genre, mais refuse d’en livrer le chiffre précis : « Vous savez bien que le nombre de décorations est inversement proportionnel à la santé de la prostate. » Une blague de corps de garde, on ne se refait pas. Cet amateur de grosses bécanes a fait graver l’insigne de la Légion étrangère sur la plaque d’immatriculation de sa dernière Harley-Davidson.

    « Je suis fana mili », rit-il souvent. En 1984, en soutien à la révolution sandiniste, Lallement s’était rendu au Nicaragua : comme une partie de l’extrême gauche, le CERES y envoyait les jeunes aider à résister à l’impérialisme américain. Pourquoi donc n’avoir pas « fait » l’armée, plutôt qu’une école de commerce ? Faute de guerre. Les trois générations qui l’ont précédé ont eu chacune la leur. Son arrière-grand-père a combattu en 1870, son grand-père en 1914 – le préfet a gardé ses courriers adressés au ministère de la guerre au sujet d’une Légion d’honneur qui ne venait pas –, son père durant la seconde guerre mondiale. L’imaginaire de Didier Lallement est peuplé de fantômes. « Verdun, Chartres… Il y a des ossements de Lallement partout, même en Italie. »

    Un oncle à Monte Cassino
    Ils ont failli lui coûter cher. Le samedi 16 novembre 2019, acte 53 des « gilets jaunes », des manifestants s’en prennent à la stèle du maréchal Juin, aux abords de la place d’Italie. Quoi ? Ils ont profané un héros de la guerre d’Italie ! Dans la salle de commandement de la Préfecture de police où il prend désormais place tous les samedis, face aux écrans de contrôle, le sang du préfet Lallement ne fait qu’un tour : l’un de ses oncles a été tué lors de la bataille de Monte Cassino, en 1944, sous les ordres de celui qui dirigeait le corps expéditionnaire français. Didier Lallement ne connaissait pas le monument mais, dès le lendemain, il décide de venir rendre les honneurs sur place, blouson sur le dos, casquette sur la tête, au garde-à-vous.

    Alors qu’il s’éloigne, une femme l’interpelle. « Je savais que c’était le préfet de police, on le voit partout à la télé, raconte au Monde Laetitia Bezzaouia, 61 ans, qui se présente comme responsable d’une association d’aide aux victimes. Moi, je parle à tout le monde. » Cette habitante du XIIIe arrondissement s’apprête à attraper un bus pour faire son marché à La Courneuve, où « il y a des supertrucs pas cher ». Le préfet tend sa main. « Comment ça se fait que vous arrivez pas à les arrêter les black blocks ? », interroge Mme Bezzaouia. « On les a arrêtés », répond Lallement. Le dialogue s’engage quand, tout à coup, l’œil du préfet aperçoit un pin’s « gilet jaune » sous l’écharpe de son interlocutrice, et son sac fluo « I love Paris ».
    – Vous avez un joli gilet jaune, lance le préfet, comme s’il s’était fait prendre.
    – Oui, je suis “gilet jaune”, répond Mme Bezzaouia.
    – Eh bien, nous ne sommes pas dans le même camp, madame, cingle Didier Lallement, qui reprend illico sa route et jette un « ça suffit » martial en guise de salut.

    Une équipe de BFM-TV a surpris la longue silhouette de Didier Lallement. La scène tourne en boucle sur les réseaux. Une amie fidèle gronde le préfet : « A quoi ça sert de jouer le caïman à sang froid si c’est pour prendre un coup de chaud à la première occasion ? » Ceux qui n’ont pas oublié que Lallement ne vient pas de l’Ecole nationale d’administration (ENA) et du sérail, les jaloux et ses nombreux ennemis s’en donnent à cœur joie : enfin, la saynète montre sa vraie nature. « Que voulez-vous, il les a coiffés au poteau en se montrant odieux avec tout le monde », s’amuse une préfète. « Lallement est un stratège sans manières. Il sait affirmer la place de l’Etat mais a des manières de brute », résume un commissaire.

    « S’il faut descendre dans les tranchées, je descends les tranchées », aime à dire le préfet de police.
    Aux réunions du conseil de Paris, on se fait mal à sa nonchalance. Le préfet de police est contraint, statutairement, d’y assister : il reçoit une partie de son financement des caisses de la mairie. Dire que Didier Lallement s’y ennuie est un euphémisme. Il s’y morfond. Pouce dans la ceinture, vaguement avachi, œil vague dernière ses fines lunettes, il répond négligemment aux questions des élus sans prendre aucune note. Ses relations avec Anne Hidalgo deviennent vite exécrables. « Mon patron, c’est le ministre de l’intérieur, ce n’est pas la maire de Paris », oppose-t-il. D’ailleurs, il juge « surannée » cette présence imposée au conseil municipal de la capitale.

    Le temps d’un drame, Anne Hidalgo et lui ont pourtant fait la paix. Une vraie trêve. Le 3 octobre 2019, six mois après l’installation de Lallement, Mickaël Harpon, l’un des agents de la direction du renseignement, est abattu dans la cour de « sa » Préfecture, après avoir assassiné quatre fonctionnaires au couteau. Didier Lallement débarque immédiatement sur la scène de crime. « S’il faut descendre dans les tranchées, je descends les tranchées », aime-t-il dire. Le spectre d’une infiltration islamiste au cœur de l’institution censée incarner la sécurité se met à planer sur l’île de la Cité.

    Trois mois plus tard, Cédric Chouviat, livreur à moto, père de cinq enfants, meurt après un plaquage au sol par quatre fonctionnaires lors d’un banal contrôle routier. En ce mois de janvier 2020, la polémique sur les violences policières repart de plus belle et Didier Lallement se retrouve pointé du doigt, d’autant que l’épisode de la place d’Italie n’est pas oublié. A l’issue de ses vœux à la presse, le 15 janvier, Emmanuel Macron lui décoche un petit blâme : « La police, ce n’est pas un camp », confie le chef de l’Etat à quelques journalistes qui l’interrogent sur le préfet. « Une faute », reconnaît ce dernier devant Le Monde. Vite pardonnée.

    Depuis 2002, Dominique Perben fait sa carrière
    « Aucun problème Lallement », assure son ministre de tutelle, Christophe Castaner, le 19 février. Didier Lallement fait partie de ces grandes gueules volontiers impolies, irrespectueuses ou « provos » que la macronie dit « disruptives », dont Emmanuel Macron raffole, et qui peuplent déjà le quinquennat. Entre le général Jean-Louis Georgelin, chargé de surveiller les travaux de reconstruction de Notre-Dame, et le nouveau préfet de police de Paris, flotte un air de famille. Le nouveau pouvoir excuse facilement leur mépris des politiques ou des experts et leurs excès, puisqu’ils sont là pour ça. Et eux savent qui les a nommés.
    L’histoire était restée secrète. Nous sommes le samedi 16 mars 2019. Dominique Perben rentre chez lui, près de la place de l’Etoile. Excédé. Une nouvelle fois, c’est l’émeute dans son quartier. La tenture du Fouquet’s, la fameuse brasserie des Champs-Elysées, a pris feu. Vers 19 heures, l’ancien ministre de la justice, un RPR devenu macroniste, dégaine son téléphone et envoie un message sur le numéro privé du chef de l’Etat. « Monsieur le Président… » Comment, avec les hommes qu’il a, peut-il rétablir l’ordre ? Deux minutes plus tard, petit bip, message : « Qui voyez-vous ? »

    Dominique Perben ne met pas longtemps à répondre. Depuis 2002, il fait la carrière de Didier Lallement. A son arrivée place Vendôme, Lallement est le seul directeur à rester en place, aux prisons. Deux ans plus tard, Perben supplie Nicolas Sarkozy de lui redonner un poste de préfet. « Ton mec, il est de chez Chevènement ! », râle le ministre de l’intérieur. « Alors nomme-le chez moi en Saône-et-Loire », répond Perben, qui l’accueille à Mâcon. En 2005, Perben lui propose de diriger son cabinet au ministère de l’équipement et des transports. « Il faut que j’en parle à Chevènement », répond Lallement. « Moi à Chirac », rit Perben. A l’équipement, Lallement supprime la direction des routes, fusionne le corps des ponts et du génie rural, impressionne son ministre. Ce 16 mars 2019, sur son téléphone, Perben glisse donc un nom à Macron : « Lallement ».

    Campagne et visite de courtoisie
    Emmanuel Macron connaît déjà le bonhomme : il l’a reçu en 2017, après l’élection présidentielle. Les hauts fonctionnaires aguerris se comptent sur les doigts d’une main, et le nouveau chef de l’Etat se mêle personnellement de la nomination des directeurs comme des préfets. Lallement est alors à la Cour des comptes. Il a quitté depuis trois ans le secrétariat général de la Place Beauvau. Avec Manuel Valls, les affaires roulaient, même si la relation avec Thierry Lataste, son directeur de cabinet, était tendue. Mais sous Bernard Cazeneuve, le courant ne passait pas. Ses visites de courtoisie à l’Elysée, Matignon ou l’intérieur pour gagner l’île de la Cité après la retraite de Bernard Boucault, à l’été 2015, avaient agacé tout le monde. « Mener une vraie campagne pour devenir PP, ça ne se fait pas du tout », rapporte un témoin. Ses efforts ne paient pas, et Lallement négocie seul sa nomination à la Cour, où il ronge son frein.
    La victoire d’Emmanuel Macron lui offre la chance de sortir du purgatoire. « L’Etat que je rencontre en 2017 me plaît, dit-il. Il a le souci des réformes. » Comme tout le monde, le nouveau président de la République a entendu parler des ambitions de Didier Lallement. Il pourrait lui confier les Pays de la Loire, où les zadistes de Notre-Dame-des-Landes donnent du fil à retordre à l’Etat, ou bien la région PACA. Jean-Claude Gaudin, le maire de Marseille, n’est pas chaud. Bordeaux, alors ? Averti, son maire Alain Juppé sonne Perben, qui l’a aidé lors de sa campagne des primaires du parti Les Républicains : « Dis donc, il paraît qu’on m’envoie un nazi ? » Perben éclate de rire et tresse l’éloge de son ami.

    La fin du récit, on peut la lire dans l’escalier qui mène à son bureau. Le nouveau venu y a fait installer côte à côte tous les portraits de ses prédécesseurs, comme c’est l’usage dans les autres préfectures, et déjà ajouté le sien. « Regardez les dates des nominations, glisse-t-il à un visiteur. Notez que cela correspond souvent à des moments de crises dans l’histoire de la République. » En 2017, c’est une banale chute de vélo de Michel Cadot, le préfet en place, qui avait propulsé Michel Delpuech. Le nouveau PP est certain de ne pas être le fruit d’un accident, mais l’homme du moment. Il fouille dans sa formation de base pour citer Marx dans Le 18 Brumaire de Louis Bonaparte : « Les hommes font l’histoire, ils ne savent pas l’histoire qu’ils font. »

    #Police #maintien_de_l'ordre #répression #paratonnerre

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  • Khrys’presso du lundi 24 février 2020
    https://framablog.org/2020/02/24/khryspresso-du-lundi-17-fevrier-2020-2

    Comme chaque lundi, un coup d’œil dans le rétroviseur pour découvrir les informations que vous avez peut-être ratées la semaine dernière. Brave New World “Ceci pourrait être mon dernier texte” : pendant l’épidémie de Covid-19, les lanceurs d’alerte disparaissent les uns … Lire la suite­­

    #Claviers_invités #Internet_et_société #Libr'en_Vrac #Libre_Veille #Non_classé #GAFAM #Internet #Revue_de_web #Revue_hebdo #Surveillance #veille #webrevue


  • Arnaque à l’INSEE : le point ne sera pas indexé sur les salaires #réformedesretraites
    https://www.initiative-communiste.fr/articles/luttes/arnaque-a-linsee-le-point-ne-sera-pas-indexe-sur-les-salaires-

    https://www.initiative-communiste.fr/wp-content/uploads/2020/02/insee-300x300.jpeg

    C’est l’une des (mauvaise) surprise de l’examen du projet de loi à l’Assemblée Nationale : contrairement à ce qu’avait claironné le gouvernement, la valeur de service du point ne sera pas indexé sur l’évolution des salaires Cette indexation, sur un indice censée être plus favorable que l’inflation, devait être la garantie contre une baisse brutale […] L’article Arnaque à l’INSEE : le point ne sera pas indexé sur les salaires #réformedesretraites est apparu en premier sur INITIATIVE COMMUNISTE.



  • Les personnels et étudiant·e·s de l’Université de Strasbourgs ont-ils mis sous #surveillance ?
    (Communiqué de presse du 20 février 2020)

    Les départements de sûreté intérieure se multiplient dans les #universités, les sociétés de sécurité privées s’établissent sur les #campus, la #surveillance_vidéo se généralise, alors que les franchises universitaires sont régulièrement bafouées par la présence de la #police dans les établissements. L’Université de #Strasbourg, qui s’est singularisée ces dernières années par une anticipation et une application zélée de toutes les réformes, se veut probablement à la pointe des #dispositifs_de_surveillance et d’anticipation des mouvements sociaux. Face à plusieurs dérives qui pourraient remettre en cause nos #libertés_fondamentales, les organisations signataires estiment qu’il est aujourd’hui de leur #responsabilité d’alerter les personnels sur les informations dont elles disposent et sur les démarches qu’elles ont engagées. Dans un courrier du 4 février dernier (à lire et télécharger ICI : https://drive.google.com/file/d/1oLOje91aiU_T1p7VDBMIXSk5oaV4w2eL/view), nos organisations ont interrogé le Président de l’université et le Directeur général des services sur des faits dûment constatés ou méritant d’être vérifiés. Tout d’abord sur des pratiques de la société de #sécurité_privée prestataire de notre établissement. Notre inquiétude portait notamment sur une possible pratique de #fichage d’étudiant·e·s et de #personnels. Nous avons demandé la mise en place de mesures permettant, soit de lever ces suspicions, soit de les confirmer. Nous précisons que si le prestataire de sécurité privée a très récemment changé, les salariés restent, pour beaucoup, les mêmes. Or des comportements similaires ou tout aussi graves, ont été constatés. A titre d’exemple, le jeudi 6 février, plusieurs témoins ont fait état de la présence d’au moins un salarié de la société de sécurité privée aux abords de la manifestation intersyndicale au niveau de la Place de la République. Des étudiant·e·s sont allés à sa rencontre pour savoir s’il était en service, ce qu’il a reconnu avant de justifier sa présence en dehors du campus en disant qu’il avait des ordres. De qui émanaient ces ordres ? Notre courrier s’interrogeait ensuite sur les missions du fonctionnaire-adjoint de sécurité et de défense de notre université, sur la nature des rapports qu’il rédige suite à ses tâches de surveillance des AG ainsi que sur les destinataires de ses rapports. Enfin nous demandions que toute la lumière soit faite sur les décisions et les ordres éventuels qui ont pu mener à de telles dérives, mais aussi sur l’utilisation et le devenir des #données_personnelles collectées par les sociétés de sécurité privées et par le fonctionnaire-adjoint de sécurité et de défense. Le mercredi 12 février, nos organisations ont été destinataires d’un courrier émanant du Directeur Général des Services qui apportait, au nom du président et en son nom propre, des éléments de réponse à nos questions et demandes. Ces réponses, que nous publions avec l’accord des auteurs (à lire ICI : https://drive.google.com/file/d/1TDoB-ln6BX3B8Qm2e1CzcdkK0EnS4ya_/view), nous semblent lacunaires. Nous invitons donc le Président #Michel_Deneken à prendre nos questions avec plus de sérieux et à y répondre publiquement avec précision, afin de rassurer notre communauté de recherche et d’enseignement sur la préservation de nos libertés fondamentales.

    L’intersyndicale de l’Université de Strasbourg,CNT-STP67, DICENSUS, FO-ESR, SNCS-FSU, SNASUB-FSU, SNESUP-FSU, Solidaires Étudiant•e•s Alsace, Sud Éducation Alsace.

    https://fsusupalsace.files.wordpress.com/2020/02/communiquec2b4-intersyndical-sur-la-sec2b4curitec2b4-a
    #vidéosurveillance

    ping @etraces
    #Deneken

    https://seenthis.net/messages/827175 via CDB_77