• ILS M’ONT FRAPPÉ, J’ÉTAIS COMME UN BALLON DE FOOT : le témoignage de Samir
    https://la-bas.org/6071

    « UN BICOT COMME ÇA, ÇA NAGE PAS ». Le 26 avril, une #Vidéo montrait de nouvelles violences policières et des insultes racistes contre un homme qui s’était jeté dans la Seine pour échapper aux policiers. L’affaire est montée jusqu’au ministre de l’Intérieur et deux policiers ont été « suspendus ». Mais l’affaire ne s’arrête pas là. Nous avons retrouvé la victime. Il s’appelle SAMIR, il témoigne. RETOUR SUR LES FAITS Le 26 avril, à deux heures du matin, à L’Île-Saint-Denis (93), un homme poursuivi par la police s’est jeté dans la Seine. Selon une vidéo tournée par un témoin, l’homme, une fois repêché, a fait l’objet d’insultes racistes et de violences policières : « UN BICOT COMME ÇA, ÇA NAGE PAS ! » ou encore « T’AURAIS DÛ ACCROCHER UN BOULET AU PIED ! ».Continuer la (...)

    #Répression
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  • La musique, nouvelle responsable du Covid-19 - Le Point
    https://www.lepoint.fr/debats/la-musique-nouvelle-responsable-du-covid-19--02-05-2020-2373825_2.php
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    VIDÉO. Le 1er mai, le confinement est monté d’un cran dans le 18e arrondissement de Paris, où les forces de l’ordre ont fait taire la musique dans un appartement. Par Christophe Ono-dit-Biot
    Modifié le 02/05/2020 à 18:04 - Publié le 02/05/2020 à 13:30 | Le Point.fr

    On connaît désormais une nouvelle cause de propagation du Covid-19 : écouter de la musique. Et on est donc priés de la faire taire. Tenez-vous-le pour dit. Enfin, si vous habitez dans le 18e arrondissement. Pour commencer ? C’est la désagréable expérience faite, vendredi soir, le 1er mai, par les habitants d’un square. Gentiment confinés depuis le 16 mars, étouffant comme la plupart des citadins entre les quatre murs de leur appartement forcément sans jardin – c’est plutôt rare, en ville, d’avoir son jardin –, ils attendaient sur leur balcon, comme chaque vendredi soir, après avoir applaudi les soignants, que la voisine se mette au sien, décoré de guirlandes électriques, pour passer de la musique sur sa platine. Elle en fait profiter tout le monde, car tout le monde adore, les gosses, les parents, les anciens. Personne ne songerait à s’en plaindre, mais plutôt à la remercier d’avoir eu cette jolie initiative.

    À 20 h 5, à peu près, et jusqu’à 22 heures, chaque semaine, c’est devenu le rituel. La promenade (immobile) de santé. Chacun chez soi, dans son appartement, mais fenêtre ouverte, un peu avec les autres, un verre à la main. Le square est rond, les arbres seuls, bouclés, mais d’un immeuble à l’autre, on se salue, on se regarde, on se sourit. Mieux que l’apéro virtuel sur Google Meet ou Zoom, un peu plus humain, surtout que la musique est bonne, comme dirait l’autre. Gloria Gaynor, Depeche Mode, de l’électro brésilienne, des standards italiens, ou « La Bohème » d’Aznavour… C’est éclectique, ouvert sur le monde et le patrimoine, la culture musicale, des enfants en profitent, ça ne fait de mal à personne, ça fait même plutôt du bien. Les enfants dansent au balcon, les adultes aussi. Parfois, ils pleurent un peu. Le lendemain de la mort de Christophe, par exemple, quand la voisine a passé « Les Mots bleus ». L’émotion a tendance à sacrément se concentrer, dans un salon, alors quand elle peut s’exprimer…

    Lire aussi Michel Schneider – Déconfinement sans fin : on nous prend pour des enfants !
    Et puis soudain, la musique se tait

    Sauf ce vendredi. Quand une voiture de police, tous gyrophares dehors, s’arrête devant la porte de l’immeuble d’où provient la musique. Quatre officiers en sortent. Les habitants sont éberlués. « Qu’est-ce qui se passe ? » dit un retraité. « Il y a la police », lui répond son voisin en passant sa tête entre les bacs à fleurs. « Quoi ? C’est dingue ! » Oui, c’est dingue. Ils se font ouvrir la porte, disparaissent dans le hall. Tout le monde s’inquiète. « Ils montent chez elle. » « Mais qu’est-ce qu’elle fait de mal ? » Tout le monde a compris. La déception est palpable, la tristesse monte dans le square, la colère, aussi. On entend des huées, et puis des cris fuser : « Laissez-nous au moins la musique ! » « On étouffe, on n’a plus que ça ! » « On n’est pas dehors, elle ne fait rien de mal ! » Les minutes passent. Le temps sans doute pour les forces de l’ordre de monter. L’immeuble fait sept étages.

    Et puis soudain, la musique se tait. Ne restent que les guirlandes qui clignotent. Plus personne au balcon. Du moins, à ce balcon-là. En effet, aux autres, les gens se sont massés. Et quelqu’un se met à chanter, et puis les autres reprennent. La Marseillaise. Face à l’excès de zèle, à ce « fantasme de l’ordre retrouvé », aurait dit le philosophe Sloterdijk, dans les colonnes du Point, dès le 18 mars, ils chantent. Des drapeaux se montrent aux fenêtres, brandis par des mains d’enfants, d’adultes, de personnes âgées. Des drapeaux français, américains, italiens… Et les gens chantent la Marseillaise.

    Lire aussi Sloterdijk : « Le système occidental va se révéler aussi autoritaire que celui de la Chine »

    Les forces de l’ordre redescendent enfin et se dirigent vers leur véhicule. Depuis les balcons, les gens les interpellent, certains les supplient : « Pourquoi vous coupez la musique ? C’est tous les vendredis, c’est notre bouffée d’oxygène ! » On interroge les policiers. Ils sont quatre. Quatre, pour un peu de musique. « Il y avait un attroupement dans la rue », justifie l’un d’eux. Quelques personnes passaient, oui, pas plus que dans la journée, et certains prenaient des photos, à plus d’un mètre l’un de l’autre, on les a vus, et absolument rien à voir avec l’irresponsable « bal » de rue improvisé dans un autre quartier la semaine précédente, au mépris de tous les gestes barrières, et justement condamnable. Là, il n’y a plus personne, et les policiers sont quand même entrés dans un immeuble. Parce qu’il y avait de la musique… On le fait remarquer. « Vous ne dispersez pas un attroupement, là, vous êtes montés dans un appartement… » « S’il y a de la musique, ça va faire des attroupements », répond-il. « Oui, mais les gens respectent la loi, ils ne sont pas dehors, ils sont chez eux, confinés, à leur balcon, pour écouter. Ce n’est pas verbalisable, d’écouter de la musique ? » « Si, c’est verbalisable. » On s’étonne. « Ah bon ? Mais quelqu’un s’est plaint ? » Un autre policier s’approche, échauffé : « Vous avez eu le Covid ? » On ouvre de grands yeux : « Quel rapport ? » « Vous avez eu le Covid ? reprend-il. C’est à cause de choses comme ça qu’il se répand. » « À cause de la musique ? » « À cause de la musique qui crée des attroupements… »
    Tout ça, à cause de Gloria Gaynor et d’Aznavour…

    On est abasourdi. Les forces de l’ordre s’engouffrent dans leur véhicule et repartent sous les bruits de casserole. Un long moment, les gens restent à la fenêtre, espérant encore que la musique reprenne. En vain. Alors, les fenêtres se ferment, enfants, parents retournent à leur enfermement, consternés par ce beau moment gâché. Respecter les consignes, bien sûr, prendre soin des autres, bien entendu, mais ne pas pouvoir écouter de la musique à son balcon, bon sang ? On pense, et on sait qu’on a tort, que c’est trop, qu’on exagère, mais on y pense, c’est comme ça, à ces pays sans libertés, aux lois contre la musique qu’on n’avait pas le droit d’écouter, avec, toujours, toujours, la justification que c’est pour votre bien. Pour ne pas aller en enfer… ou à l’hôpital. On pense à la parole de l’abbé dans Le Nom de la rose, d’Umberto Eco : « Le rire déforme les traits du visage. » Ça commence comment ? Surveiller et punir, disait Foucauld. Je sais mieux que vous ce qui est bon pour vous. Infantilisation et menace de répression. « Vous avez eu le Covid ? » Tout ça, à cause de Gloria Gaynor et d’Aznavour.

    La musique n’a pas repris. La voisine a dû avoir peur, et on peut la comprendre. Circulez, ou plutôt ne circulez pas, il n’y a rien à voir. Rien à entendre, non plus, faut croire. Éclairé par quelques réverbères et les lumières des appartements, guère désertés, dans ce quartier, le square est resté silencieux. Tout juste si on a pu percevoir, venu d’un autre balcon au son, hélas, moins prodigue, le début de « Résiste », de France Gall, paroles et musiques de Michel Berger : « Si on t’organise une vie bien dirigée/Où tu t’oublieras vite… » C’est quoi la suite ?

    #Musique #Cinfinement #Répression_policière #After

    https://seenthis.net/messages/850128 via Articles repérés par Hervé Le Crosnier


  • « UN BICOT COMME ÇA, ÇA NAGE PAS ! »
    https://la-bas.org/6055

    Le 26 avril, à deux heures du matin, à L’Île-Saint-Denis (93), un homme poursuivi par la police s’est jeté dans la Seine. Selon une #Vidéo tournée par un témoin, l’homme, une fois repêché, a fait l’objet d’insultes racistes et de violences policières. Dans un message adressé à l’AFP, la préfecture de police a affirmé saisir l’IGPN afin de « déterminer l’identité des auteurs des propos entendus ». Éric Coquerel, député La France insoumise de Seine-Saint-Denis, a réagi en rappelant les massacres par noyade du 17 octobre 1961 dans ces mêmes lieux.Continuer la lecture…

    #Répression
    https://la-bas.org/IMG/arton6055.png?1587929818




  • « JE VOUDRAIS CHOPER LE COVID ! » Révoltes au Centre de Rétention Admnistrative du Mesnil-Amelot
    https://la-bas.org/6041

    La plupart des Centres de Rétention Administrative (CRA) ont été vidés de leurs occupants, risque sanitaire oblige. Mais des personnes en situation irrégulière y sont encore retenues, au total 184, entassés, sans hygiène et sans protection, comme au CRA du Mesnil-Amelot, près de l’aéroport de Roissy. Samedi 11 avril, la pression est montée, la cinquantaine de retenus se sont révoltés.Continuer la lecture…

    #Radio #Paris_et_banlieue #France #Répression #Santé
    https://la-bas.org/audio.api/free/aW5sYnM6Ly9mb2xkZXItNDI0MTkvbXAzLTQ3Ni80ODgwMS1wYWRfY3JhX21lc25pbF9hbWVsb3RfZXh0cmFpdC5tcDM=/48801-pad_cra_mesnil_amelot_extrait.mp3




  • JE T’ATTENDS À CHARONNE
    https://la-bas.org/5951

    8 février 1962. La police charge, les manifestants s’écrasent dans l’escalier du métro Charonne, les flics cognent et balancent des grilles d’arbres sur la foule. Neuf morts, des dizaines de blessés. Une émotion énorme. Mais qui est responsable ? Qui a donné l’ordre ? Qui a tué ? On ne saura jamais. Massacre d’État, violences policières, combien de temps accepterons-nous encore l’impunité ?Continuer la lecture…

    #Radio #France #Paris_et_banlieue #Répression #Mémoire
    https://la-bas.org/IMG/arton5951.jpg?1582651542


  • CHARONNE, UN MASSACRE D’ÉTAT
    https://la-bas.org/5919

    Ni banderoles, ni slogans. Une marche funèbre au loin, les portraits des victimes et le silence innombrable des pas. Jamais Paris n’avait vu autant de fleurs, autant de foule, autant de visages graves. Nous sommes un million, disait Pierrot, au moins un million. On était là, le cœur battant entre la République et le cimetière du Père-Lachaise pour l’enterrement des huit tués par la police au métro Charonne. Huit morts. Et un neuvième, mort de ses blessures trois mois plus tard. Une des plus profondes émotions d’un peuple ce 13 février 1962, une des plus profondes communions. L’ami Pierrot n’est plus, mais quelle trace de tout cela nous reste aujourd’hui ? Quelle trace a laissé ce massacre à jamais impuni ? Il faut laisser sa part à l’oubli et à la gomme du temps. Et d’autres crimes attendent en (...)

    #Articles #Histoire_coloniale #Répression
    https://la-bas.org/IMG/arton5919.jpg?1581717182


  • Enquête sur Didier Lallement, le préfet de police à poigne d’Emmanuel Macron*, Ariane Chemin et Nicolas Chapuis
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/02/23/enquete-sur-didier-lallement-le-prefet-de-police-a-poigne-d-emmanuel-macron_

    C’est Emmanuel Macron en personne qui, au cœur de la crise des « gilets jaunes », l’a choisi pour devenir préfet de police de Paris. Républicain autoritaire et fan de la Légion étrangère, Didier Lallement est aussi un habile politique.

    Une casquette. Elle devance l’homme, comme le prolongement de l’être. Large visière arrimée à une coiffe bleu nuit brodée de feuilles de chêne et de laurier en cannetille dorée : depuis un an, elle mange le visage allongé et osseux de Didier Lallement – tour de tête 56 cm : un petit coiffant, comme on dit. Lorsqu’il descend dans la rue, impossible de le rater : le couvre-chef le dévore, comme une galette trop grande pour lui. « La taille réglementaire », assure le préfet de police de Paris.
    Il faut le prendre au pied de la lettre : en matière d’uniformes, il s’y connaît. « La circulaire Castaner qui nous fait changer d’habit, c’est quand même à cause de lui ! », s’amuse un préfet de la région parisienne en citant l’arrêté de novembre 2019 qui propose une « tenue opérationnelle » aux hauts fonctionnaires allant sur le terrain. Il fallait quand même une alternative au « veston croisé de cérémonie », cette tenue officielle, vieille de Vichy, « période amiral Darlan » ! Didier Lallement préfère la veste droite, façon Jean Moulin. En 2012, l’ex-secrétaire général du ministère de l’intérieur avait déjà tenté de faire valoir ses talents de créateur de la préfectorale devant le cabinet de Manuel Valls, mais le locataire de Beauvau avait d’autres priorités.
    Sur les réseaux sociaux des « gilets jaunes », la casquette du préfet Lallement est devenue un mème, détournée, agrandie, moquée. Comme une métonymie du nouvel ordre policier incarné par cet homme jusque-là inconnu du grand public. A 63 ans, ce père de deux enfants a réalisé son fantasme : « PP » pour préfet de police, comme on dit « PR » pour le président de la République : le Graal de la préfectorale. En 2015, au cœur des attentats, le visage de François Molins, procureur de la République de Paris, avait incarné aux yeux des Français le bouclier de la justice face au terrorisme. Celui, raide et austère, de Didier Lallement symbolise désormais le maintien de l’ordre à Paris.

    « Je ne mets aucun affect dans mes relations professionnelles »
    Le temps est à l’orage social et le président de la République raffole des grandes gueules. Didier Lallement n’a pas besoin de forcer son caractère pour jouer le « bad cop », le méchant. Sur la route de ses affectations, il laisse des souvenirs de colères froides et de mots cinglants. Parmi les scènes épiques, cette réunion à la préfecture de Bordeaux, début 2018. Lallement est alors préfet de la région Nouvelle-Aquitaine. Il est mécontent du travail d’un des services de police. « Vous allez finir sur un croc de boucher », lance-t-il à l’un des commissaires du service lors d’une réunion hebdomadaire de sécurité intérieure. Silence pétrifié. « Le lendemain, on a tous regretté de ne pas s’être levés », raconte l’un des fonctionnaires présents.
    « Je ne veux plus vous voir ! » A son arrivée sur l’île de la Cité, le 20 mars 2019, six mots lui ont suffi pour congédier l’un des collaborateurs de Michel Delpuech, son prédecesseur. A la Préfecture de police de Paris, les secrétaires apprennent à courber l’échine. « C’est un homme qui fait pleurer », regrette l’un de ses amis. « Je ne mets aucun affect dans mes relations professionnelles », tranche Lallement devant la directrice adjointe de son cabinet. « Moi, ce qui m’émeut, c’est le drapeau tricolore qui flotte au vent, le visage des hommes et des femmes qu’on passe en revue… »

    « Pour nourrir la geste des “gilets jaunes”, Lallement est parfait », sourit l’ancien ministre chiraquien Dominique Perben, qui a guidé sa carrière. Le chef des « insoumis », Jean-Luc Mélenchon, l’a traité de « préfet psychopathe » et accusé d’« organiser le désordre et la pagaille » dans les rues de la capitale. Maxime Nicolle, alias Fly Ryder, a porté plainte contre le PP après une garde à vue jugée arbitraire, le 14 juillet 2019. Une autre figure des « gilets jaunes », Jérôme Rodrigues, parle même de la « Gestapo de Lallement »…
    Le pouvoir apprécie : un vrai paratonnerre. Sur les pancartes, c’est le portrait du préfet, casquette vissée sur la tête, qu’on brandit pour dénoncer les violences policières. « Tant mieux », commente-t-il, bravache : « Pour se prendre pour Jules Vallès, il faut avoir son Galliffet », ce général de brigade surnommé le « Massacreur de la Commune ». 

    Didier Lallement est là pour mater les black blocks, empêcher les « gilets jaunes » de monter à l’assaut de l’Elysée et « permettre aux manifestants d’arriver à destination, quand les précortèges les en empêchent ». Et tant pis s’il faut noyer les défilés sous les lacrymos, comme le 1er mai 2019. « Cette crise, il la vit comme une sorte d’opportunité. Il se veut le rempart contre le désordre et un climat insurrectionnel, comme sous la IIIe République », analyse l’historien de la Préfecture de police, Olivier Renaudie, par ailleurs professeur de droit à l’école de La Sorbonne.

    « Je suis là pour protéger le président »
    « Alors, vous n’avez pas peur de pénétrer dans l’antre du dragon ? », aime provoquer M. Lallement en fermant la porte de son bureau. En ce début février, il reçoit Le Monde dans une salle de réunion. Commence par s’étonner qu’on ait servi un café matinal, un simple verre d’eau aurait suffi. Poursuit par cette scène peu banale : « Ce n’est pas vous qui allez poser les questions, c’est moi qui vais parler. Pour comprendre qui je suis, c’est ici », lance-t-il en faisant glisser sur la table une carte en plastique. Au verso du portrait héroïque d’un « képi blanc », les sept articles du code d’honneur de la Légion étrangère. « Lisez le 6 : “La mission est sacrée, tu l’exécutes jusqu’au bout et, s’il le faut, en opérations, au péril de ta vie.” » Explicite, en effet.

    Le président Macron et le préfet Lallement, lors de la commémoration du 11-Novembre, en 2019, à Paris. LUDOVIC MARIN / AFP
    « Evidemment, je ne suis pas à Camerone [défaite concédée au XIXe siècle par une soixantaine de « képis blancs » face à plus de 2 000 soldats mexicains]. Et je ne vais pas mourir, ajoute le préfet, encore que… » Trois mois avant sa nomination en remplacement de Michel Delpuech, le palais de l’Elysée a manqué de « tomber », en décembre 2018. Plus aucun « gilet jaune » ne doit ainsi s’en approcher. « Quand je l’ai reçu dans mon bureau, confie la maire de Paris, Anne Hidalgo, j’ai été frappée par cette phrase qu’il m’a lâchée : “Je suis là pour protéger le président.” »
    Dans le secret de son bureau, Didier Lallement désapprouve par exemple l’emploi du controversé lanceur de balles de défense (LBD) lors des opérations de maintien de l’ordre
    Didier Lallement est venu rétablir l’ordre face à la « chienlit », comme disait le général de Gaulle, un auteur qu’il aime lire entre deux livres de science-fiction. Un de ses modèles, avec « le Tigre », Georges Clemenceau – « l’homme le plus détesté de la IIIe République, mais qui a sauvé la France ». Il aime autant les blagues de l’ancien président du conseil – « Pour mes obsèques, je ne veux que l’essentiel, c’est-à-dire moi » – que son sens du devoir. « Je suis le commissaire du gouvernement auprès de la Fondation Musée Clemenceau », glisse-t-il fièrement.

    « La main de Clemenceau n’a jamais tremblé quand il s’agissait de se battre pour la France, la vôtre ne devra pas trembler non plus devant les réformes que vous devrez mener. » Christophe Castaner ne pouvait pas trouver meilleure citation le jour de l’intronisation de Didier Lallement. « Ça m’a plu », convient le PP. Même s’il n’a pas l’air pressé d’appliquer la « réforme » qui lui a été confiée en plus du maintien de l’ordre : délester la Préfecture de police d’une partie de ses immenses prérogatives. Seul changement pour l’instant, le logo. Il est désormais surmonté du sigle du ministère de l’intérieur, façon d’assurer symboliquement la loyauté de cette institution souvent qualifiée d’« Etat dans l’Etat ». Décidément, Didier Lallement aime marquer de son fer l’imagerie de la République.

    Le maintien de l’ordre n’est pas sa spécialité
    Les caricatures dans lesquelles on s’enferme découragent parfois d’aller au-delà. Dans le secret de son bureau, Didier Lallement désapprouve, par exemple, l’emploi du controversé lanceur de balles de défense (LBD) lors des opérations de maintien de l’ordre, « une arme du faible au fort », lâche-t-il. Certains l’ont même entendu parler d’« arme à la con ». Au passage, il livre sa version personnelle – et saugrenue – des nombreuses blessures à la tête lors des défilés de « gilets jaunes » : la vitesse du projectile est inférieure à celle du son et pousserait la cible à se baisser en entendant la détonation…
    Contrairement à l’image qui lui colle à la peau, le maintien de l’ordre n’est pas sa spécialité. L’idée des fameuses BRAV-M, ces brigades de répression de l’action violente motorisées, sorte de pelotons de voltigeurs dépossédés du « bidule », leur longue matraque en bois, n’est, en réalité, pas la sienne. C’est Michel Delpuech, limogé du jour au lendemain après le saccage du Fouquet’s, le 16 mars 2019, qui avait créé les détachements d’action rapide (DAR). Didier Lallement s’est seulement chargé d’améliorer l’efficacité du dispositif et d’y apposer un nouveau sigle.

    Dans le petit cénacle de la haute fonction publique, il était connu pour la création de toutes pièces, entre 2007 et 2010, du grand ministère de l’écologie, dont il fut secrétaire général sous Jean-Louis Borloo. Et, surtout, pour son expertise de la mécanique interne de l’Etat. « Didier a été directeur de cinq administrations centrales, c’est rare pour un préfet, rappelle l’ancien patron de l’Inspection générale de l’administration, Marc Abadie, qui l’a choisi pour témoin de mariage et parrain républicain de l’un de ses enfants. Il peut vous disséquer un programme budgétaire et vous expliquer ce qui va “bouger” entre le titre 2 et le titre 3. » L’orfèvre des codes administratifs est aussi l’un des fondateurs de l’intercommunalité. « Avec François Lucas, il est de ceux qui m’ont aidé à mettre en place la loi de 1999 qui a redessiné le paysage français », rappelle l’ancien ministre de l’intérieur, Jean-Pierre Chevènement.

    C’est lui, le « Che », qui lui permet de « prendre la casquette », comme on dit. C’est même la dernière nomination de préfet du ministre Chevènement : en 2000, il offre à Lallement son premier poste dans l’Aisne, juste avant trois années passées à la tête de l’administration pénitentiaire. La maison est réputée difficile : « Un milieu où tout est plus intense qu’ailleurs », glisse le préfet, qui n’a oublié aucun détail de la « belle » d’Antonio Ferrara, exfiltré à l’explosif de la prison de Fresnes par un commando. C’est durant ces années 2001-2004 qu’apparaît pour la première fois le nom de Lallement en « une » du Journal du dimanche, inscrit sur… les banderoles des puissants syndicats de la pénitentiaire. Didier Lallement quitte les prisons en laissant derrière lui la création des Eris, ces unités d’élite chargée d’intervenir en milieu carcéral. Et, tiens, un drapeau de l’institution, dessiné à sa demande…

    Il collectionne les médailles
    « Cet homme a une carapace. Sous la casquette, il y a un mystère », souffle un préfet. Reprenons les étapes qui ont forgé ce « républicain autoritaire ». « En 1979, j’étais permanent des jeunes du CERES, ce centre d’études de l’aile gauche du Parti socialiste [PS] dirigé par Chevènement. Lui en était un des chefs et un bon organisateur », raconte Guillaume Duval, rédacteur en chef du mensuel Alternatives économiques. « Il adorait les opérations de maintien de l’ordre », assure un des animateurs du Crayon entre les dents, le journal des étudiants. « Il frappait surtout par son profil sévère, sérieux, pas très rigolo : “social triste”, on disait à l’époque », ajoute le journaliste Eric Dupin. « Le CERES a été un moule à moines soldats rugueux et souvent insensibles au fait d’être minoritaire ou incompris », note le patron de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII), Didier Leschi, un autre ancien.

    Jusqu’à la guerre du Golfe, en 1991, Didier Lallement a sa carte du PS. Et pour le « petit banlieusard » de la région parisienne, la vie étudiante – il est inscrit à l’Ecole supérieure de gestion –, c’est d’abord « la découverte de l’intelligentsia ». Ses parents sont, en effet, « des gens modestes qui n’avaient pas le bac », confie-t-il. Son père est représentant de commerce (« on a déménagé 18 fois »), sa mère a fini « chef des caisses de La Samaritaine ». Après les jeunes du CERES, les « frères » maçons du Grand Orient de France sont ses écoles de formation.

    « Dans ma famille, la réussite, c’était d’avoir le badge rouge, raconte le préfet. “Si un jour tu deviens chef de rayon, tu l’auras”, me disait ma mère. » Une clé pour tenter de comprendre l’énigme Lallement ? Sur le revers de son costume, le préfet de police porte la rosette de commandeur de l’Ordre national du mérite – bien mieux que le badge rouge. Déjà, au secrétariat d’Etat à la jeunesse et aux sports, sous François Mitterrand, on se souvient combien ce jeune chef de cabinet raffolait des cérémonies de remise de médailles. Il collectionne lui-même les breloques en tout genre, mais refuse d’en livrer le chiffre précis : « Vous savez bien que le nombre de décorations est inversement proportionnel à la santé de la prostate. » Une blague de corps de garde, on ne se refait pas. Cet amateur de grosses bécanes a fait graver l’insigne de la Légion étrangère sur la plaque d’immatriculation de sa dernière Harley-Davidson.

    « Je suis fana mili », rit-il souvent. En 1984, en soutien à la révolution sandiniste, Lallement s’était rendu au Nicaragua : comme une partie de l’extrême gauche, le CERES y envoyait les jeunes aider à résister à l’impérialisme américain. Pourquoi donc n’avoir pas « fait » l’armée, plutôt qu’une école de commerce ? Faute de guerre. Les trois générations qui l’ont précédé ont eu chacune la leur. Son arrière-grand-père a combattu en 1870, son grand-père en 1914 – le préfet a gardé ses courriers adressés au ministère de la guerre au sujet d’une Légion d’honneur qui ne venait pas –, son père durant la seconde guerre mondiale. L’imaginaire de Didier Lallement est peuplé de fantômes. « Verdun, Chartres… Il y a des ossements de Lallement partout, même en Italie. »

    Un oncle à Monte Cassino
    Ils ont failli lui coûter cher. Le samedi 16 novembre 2019, acte 53 des « gilets jaunes », des manifestants s’en prennent à la stèle du maréchal Juin, aux abords de la place d’Italie. Quoi ? Ils ont profané un héros de la guerre d’Italie ! Dans la salle de commandement de la Préfecture de police où il prend désormais place tous les samedis, face aux écrans de contrôle, le sang du préfet Lallement ne fait qu’un tour : l’un de ses oncles a été tué lors de la bataille de Monte Cassino, en 1944, sous les ordres de celui qui dirigeait le corps expéditionnaire français. Didier Lallement ne connaissait pas le monument mais, dès le lendemain, il décide de venir rendre les honneurs sur place, blouson sur le dos, casquette sur la tête, au garde-à-vous.

    Alors qu’il s’éloigne, une femme l’interpelle. « Je savais que c’était le préfet de police, on le voit partout à la télé, raconte au Monde Laetitia Bezzaouia, 61 ans, qui se présente comme responsable d’une association d’aide aux victimes. Moi, je parle à tout le monde. » Cette habitante du XIIIe arrondissement s’apprête à attraper un bus pour faire son marché à La Courneuve, où « il y a des supertrucs pas cher ». Le préfet tend sa main. « Comment ça se fait que vous arrivez pas à les arrêter les black blocks ? », interroge Mme Bezzaouia. « On les a arrêtés », répond Lallement. Le dialogue s’engage quand, tout à coup, l’œil du préfet aperçoit un pin’s « gilet jaune » sous l’écharpe de son interlocutrice, et son sac fluo « I love Paris ».
    – Vous avez un joli gilet jaune, lance le préfet, comme s’il s’était fait prendre.
    – Oui, je suis “gilet jaune”, répond Mme Bezzaouia.
    – Eh bien, nous ne sommes pas dans le même camp, madame, cingle Didier Lallement, qui reprend illico sa route et jette un « ça suffit » martial en guise de salut.

    Une équipe de BFM-TV a surpris la longue silhouette de Didier Lallement. La scène tourne en boucle sur les réseaux. Une amie fidèle gronde le préfet : « A quoi ça sert de jouer le caïman à sang froid si c’est pour prendre un coup de chaud à la première occasion ? » Ceux qui n’ont pas oublié que Lallement ne vient pas de l’Ecole nationale d’administration (ENA) et du sérail, les jaloux et ses nombreux ennemis s’en donnent à cœur joie : enfin, la saynète montre sa vraie nature. « Que voulez-vous, il les a coiffés au poteau en se montrant odieux avec tout le monde », s’amuse une préfète. « Lallement est un stratège sans manières. Il sait affirmer la place de l’Etat mais a des manières de brute », résume un commissaire.

    « S’il faut descendre dans les tranchées, je descends les tranchées », aime à dire le préfet de police.
    Aux réunions du conseil de Paris, on se fait mal à sa nonchalance. Le préfet de police est contraint, statutairement, d’y assister : il reçoit une partie de son financement des caisses de la mairie. Dire que Didier Lallement s’y ennuie est un euphémisme. Il s’y morfond. Pouce dans la ceinture, vaguement avachi, œil vague dernière ses fines lunettes, il répond négligemment aux questions des élus sans prendre aucune note. Ses relations avec Anne Hidalgo deviennent vite exécrables. « Mon patron, c’est le ministre de l’intérieur, ce n’est pas la maire de Paris », oppose-t-il. D’ailleurs, il juge « surannée » cette présence imposée au conseil municipal de la capitale.

    Le temps d’un drame, Anne Hidalgo et lui ont pourtant fait la paix. Une vraie trêve. Le 3 octobre 2019, six mois après l’installation de Lallement, Mickaël Harpon, l’un des agents de la direction du renseignement, est abattu dans la cour de « sa » Préfecture, après avoir assassiné quatre fonctionnaires au couteau. Didier Lallement débarque immédiatement sur la scène de crime. « S’il faut descendre dans les tranchées, je descends les tranchées », aime-t-il dire. Le spectre d’une infiltration islamiste au cœur de l’institution censée incarner la sécurité se met à planer sur l’île de la Cité.

    Trois mois plus tard, Cédric Chouviat, livreur à moto, père de cinq enfants, meurt après un plaquage au sol par quatre fonctionnaires lors d’un banal contrôle routier. En ce mois de janvier 2020, la polémique sur les violences policières repart de plus belle et Didier Lallement se retrouve pointé du doigt, d’autant que l’épisode de la place d’Italie n’est pas oublié. A l’issue de ses vœux à la presse, le 15 janvier, Emmanuel Macron lui décoche un petit blâme : « La police, ce n’est pas un camp », confie le chef de l’Etat à quelques journalistes qui l’interrogent sur le préfet. « Une faute », reconnaît ce dernier devant Le Monde. Vite pardonnée.

    Depuis 2002, Dominique Perben fait sa carrière
    « Aucun problème Lallement », assure son ministre de tutelle, Christophe Castaner, le 19 février. Didier Lallement fait partie de ces grandes gueules volontiers impolies, irrespectueuses ou « provos » que la macronie dit « disruptives », dont Emmanuel Macron raffole, et qui peuplent déjà le quinquennat. Entre le général Jean-Louis Georgelin, chargé de surveiller les travaux de reconstruction de Notre-Dame, et le nouveau préfet de police de Paris, flotte un air de famille. Le nouveau pouvoir excuse facilement leur mépris des politiques ou des experts et leurs excès, puisqu’ils sont là pour ça. Et eux savent qui les a nommés.
    L’histoire était restée secrète. Nous sommes le samedi 16 mars 2019. Dominique Perben rentre chez lui, près de la place de l’Etoile. Excédé. Une nouvelle fois, c’est l’émeute dans son quartier. La tenture du Fouquet’s, la fameuse brasserie des Champs-Elysées, a pris feu. Vers 19 heures, l’ancien ministre de la justice, un RPR devenu macroniste, dégaine son téléphone et envoie un message sur le numéro privé du chef de l’Etat. « Monsieur le Président… » Comment, avec les hommes qu’il a, peut-il rétablir l’ordre ? Deux minutes plus tard, petit bip, message : « Qui voyez-vous ? »

    Dominique Perben ne met pas longtemps à répondre. Depuis 2002, il fait la carrière de Didier Lallement. A son arrivée place Vendôme, Lallement est le seul directeur à rester en place, aux prisons. Deux ans plus tard, Perben supplie Nicolas Sarkozy de lui redonner un poste de préfet. « Ton mec, il est de chez Chevènement ! », râle le ministre de l’intérieur. « Alors nomme-le chez moi en Saône-et-Loire », répond Perben, qui l’accueille à Mâcon. En 2005, Perben lui propose de diriger son cabinet au ministère de l’équipement et des transports. « Il faut que j’en parle à Chevènement », répond Lallement. « Moi à Chirac », rit Perben. A l’équipement, Lallement supprime la direction des routes, fusionne le corps des ponts et du génie rural, impressionne son ministre. Ce 16 mars 2019, sur son téléphone, Perben glisse donc un nom à Macron : « Lallement ».

    Campagne et visite de courtoisie
    Emmanuel Macron connaît déjà le bonhomme : il l’a reçu en 2017, après l’élection présidentielle. Les hauts fonctionnaires aguerris se comptent sur les doigts d’une main, et le nouveau chef de l’Etat se mêle personnellement de la nomination des directeurs comme des préfets. Lallement est alors à la Cour des comptes. Il a quitté depuis trois ans le secrétariat général de la Place Beauvau. Avec Manuel Valls, les affaires roulaient, même si la relation avec Thierry Lataste, son directeur de cabinet, était tendue. Mais sous Bernard Cazeneuve, le courant ne passait pas. Ses visites de courtoisie à l’Elysée, Matignon ou l’intérieur pour gagner l’île de la Cité après la retraite de Bernard Boucault, à l’été 2015, avaient agacé tout le monde. « Mener une vraie campagne pour devenir PP, ça ne se fait pas du tout », rapporte un témoin. Ses efforts ne paient pas, et Lallement négocie seul sa nomination à la Cour, où il ronge son frein.
    La victoire d’Emmanuel Macron lui offre la chance de sortir du purgatoire. « L’Etat que je rencontre en 2017 me plaît, dit-il. Il a le souci des réformes. » Comme tout le monde, le nouveau président de la République a entendu parler des ambitions de Didier Lallement. Il pourrait lui confier les Pays de la Loire, où les zadistes de Notre-Dame-des-Landes donnent du fil à retordre à l’Etat, ou bien la région PACA. Jean-Claude Gaudin, le maire de Marseille, n’est pas chaud. Bordeaux, alors ? Averti, son maire Alain Juppé sonne Perben, qui l’a aidé lors de sa campagne des primaires du parti Les Républicains : « Dis donc, il paraît qu’on m’envoie un nazi ? » Perben éclate de rire et tresse l’éloge de son ami.

    La fin du récit, on peut la lire dans l’escalier qui mène à son bureau. Le nouveau venu y a fait installer côte à côte tous les portraits de ses prédécesseurs, comme c’est l’usage dans les autres préfectures, et déjà ajouté le sien. « Regardez les dates des nominations, glisse-t-il à un visiteur. Notez que cela correspond souvent à des moments de crises dans l’histoire de la République. » En 2017, c’est une banale chute de vélo de Michel Cadot, le préfet en place, qui avait propulsé Michel Delpuech. Le nouveau PP est certain de ne pas être le fruit d’un accident, mais l’homme du moment. Il fouille dans sa formation de base pour citer Marx dans Le 18 Brumaire de Louis Bonaparte : « Les hommes font l’histoire, ils ne savent pas l’histoire qu’ils font. »

    #Police #maintien_de_l'ordre #répression #paratonnerre

    https://seenthis.net/messages/827194 via colporteur


  • Le gouvernement a créé une #cellule_militaire pour surveiller les opposants à l’agro-industrie
    https://m.reporterre.net/local/cache-vignettes/L720xH480/arton19447-da8ed.jpg?1579023156#.jpg

    Le gouvernement veut « faire taire tous ceux qui mènent des actions symboliques contre le système de l’#agriculture_industrielle », dénoncent de multiples défenseurs de l’#agriculture_paysanne et biologique, réunis dans cette tribune. Ils s’inquiètent fortement de la création de la #cellule_de_renseignement #Demeter, lancée fin octobre, soi-disant destinée à lutter contre l’« #agribashing ».

    Il y aura un avant et un après Demeter. Le 13 décembre, le ministre de l’Intérieur de la République française Christophe #Castaner s’est rendu dans le Finistère en compagnie de la présidente de la #FNSEA #Christiane_Lambert. Dans le cadre d’une #convention signée entre son ministère et ce #syndicat_agricole. Cette première anomalie démocratique — depuis quand la #police républicaine est-elle aux ordres d’une structure privée ? — n’est pas la dernière, de loin.

    En effet, ce voyage avait pour but principal de lancer une cellule de la #gendarmerie_nationale appelée Demeter, la déesse grecque des moissons. Et marque reconnue, depuis des lustres, de l’agriculture sans pesticides. Quel en est le but affiché ? La lutte contre « l’agribashing ». Ce terme est une invention des communicants de la FNSEA, qui prétend sans en apporter la moindre preuve qu’on assisterait en #France à une entreprise concertée de dénigrement du monde agricole. Elle permet à ce syndicat de maintenir ce qu’elle fait depuis des dizaines d’années : une pression lobbyiste pour obtenir en retour des avantages économiques.

    Le ministre, confronté avec son gouvernement à une situation politique difficile, a donc décidé de jouer ce rôle dangereux, affirmant par exemple : « Depuis quelques années, un phénomène grandit, inacceptable. De plus en plus, nos agriculteurs sont visés par des intimidations, des dégradations, des insultes. »

    Empêtré dans cette imprudente déclaration, le ministre démontre dans le même texte qu’il est incapable de prouver par le moindre fait la réalité de ce phénomène. Les #chiffres qu’il cite pour 2019 parlent d’eux-mêmes : sur la base de 440.000 exploitations agricoles, les plaintes portent sur 314 tracteurs volés, 24 vols avec violence, 657 voitures dérobées.

    Encore faut-il préciser que les vols avec violences ont diminué en un an de 31,4 %. La plupart des centres urbains se damneraient pour de telles #statistiques. Il est visiblement plus simple de mobiliser la police que de régler la situation dramatique de la #paysannerie française.

    Il y a encore plus grave. Volontairement, n’en doutons pas, M. Castaner mélange dans un stupéfiant gloubi-boulga la #délinquance vile — cambriolages, vols de matériel, incendies, dégradations —, les #occupations_de_terres_agricoles par des #gens_du_voyage, les actions antifourrure ou antichasse. C’est mettre sur le même plan criminel le vol, le droit des populations nomades, celui de la critique sociale et politique.

    Il y a encore plus grave. M.Castaner entend s’attaquer dans le cadre de Demeter, ainsi qu’il l’écrit, aux « actions de nature idéologique, qu’il s’agisse de simples #actions_symboliques de #dénigrement du milieu agricole ou d’#actions_dures ayant des répercussions matérielles ou physiques ». Cette fois, on aura compris : il s’agit de faire taire tous ceux qui mènent des actions symboliques contre le système de l’agriculture industrielle, dont la FNSEA est le principal soutien.

    La #démocratie, ce n’est pas pactiser avec les #lobbies dans le dos de la société

    Qui mène « des actions symboliques » contre ce système ? Le mouvement des #Coquelicots, qui réclame la fin des #pesticides, soutenu par un million de citoyens. Les #maires qui prennent des arrêtés contre ces poisons chimiques. Des dizaines de milliers de paysans qui ont déjà choisi l’agriculture biologique. Beaucoup d’autres, qui défendent le modèle de l’agriculture paysanne contre les projets délirants d’usines à vaches, à cochons ou à poulets. Et au total des centaines de milliers de citoyens engagés contre l’importation massive de #soja_transgénique et donc l’#élevage_industriel, contre la mort des oiseaux et des insectes, pour des rivières débarrassées de la pollution et des rivages sans algues vertes, enfin pour une #alimentation de haute qualité.

    Il ne fait aucun doute, à nos yeux, qu’une ligne a été franchie. La démocratie, ce n’est pas pactiser avec les lobbies dans le dos de la société. Et quand le ministre parle « d’améliorer [la] coopération avec le monde agricole et de recueillir des renseignements », chacun comprend ce que cela veut dire. Cela signifie l’#intimidation accrue de tous les adversaires décidés de la FNSEA, qui passe nécessairement par la #surveillance_électronique et informatique, d’éventuelles #écoutes_téléphoniques, voire des #filatures, des #infiltrations, ou pire encore, la #délation.

    Nous prévenons solennellement le gouvernement que nous refusons cette #criminalisation et que nous demandons le démantèlement de la cellule Demeter. Notre contestation de l’agriculture industrielle, non-violente, se fait et se fera au grand jour, dans la conviction d’exprimer la volonté majoritaire de la société française. Nous voulons beaucoup de paysans, beaucoup plus de paysans, heureux et fiers de leur métier, enfin payés au prix convenable pour leur participation au bien commun. C’est en effet un autre monde que celui de la FNSEA.

    https://m.reporterre.net/Le-gouvernement-cree-une-cellule-militaire-pour-surveiller-les-opposan
    #répression #surveillance #résistance #industrie_agro-alimentaire #agriculture_biologique

    ping @davduf @odilon @fil @etraces
    @mathieup @daphne @albertocampiphoto

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  • Des #lycéens interdits de se présenter à une épreuve de contrôle continu du bac pour avoir manifesté

    Dix-sept élèves d’un #lycée de #La_Rochelle n’ont pas eu le droit de participer à une épreuve de #rattrapage en histoire-géo, après avoir manifesté et tenté de bloquer leur lycée le 20 janvier.

    https://medias.liberation.fr/photo/1290391-capture-d-ecran-2020-01-31-a-005120.jpg?modified_at=1580428337&width=960#.jpg
    https://www.liberation.fr/checknews/2020/01/31/des-lyceens-interdits-de-se-presenter-a-une-epreuve-de-controle-continu-d

    #résistance #répression #blocage #enseignement #éducation

    https://seenthis.net/messages/823398 via CDB_77


  • JUAN BRANCO POUR JULIAN ASSANGE
    https://la-bas.org/5908

    Le 24 février s’ouvre à Londres le procès en extradition de Julian Assange, « réclamé » par les États-Unis pour dix-huit chefs d’inculpation. Assange risque une peine de 175 ans de prison. Que s’est-il passé pour qu’un héros de la liberté devienne l’ennemi public numéro un ? En s’appuyant sur son expérience au sein de l’équipe juridique d’Assange, Juan Branco retrace le parcours incroyable du plus grand lanceur d’alerte de notre époque, « qui s’est peut-être brûlé les ailes, mais que nous pouvons encore sauver. »Continuer la lecture…

    #Vidéo #Répression
    https://la-bas.org/IMG/arton5908.jpg?1580837843



  • Macron envoie ses policiers contre les pompiers
    https://la-bas.org/5890

    Il n’y a plus un jour sans manifestation : aujourd’hui, mardi 28 janvier, se tenait à Paris une manifestation nationale des sapeurs-pompiers. En fin de manifestation, des affrontements ont eu lieu entre pompiers et policiers.Continuer la lecture…

    #Vidéo #Luttes #Répression #France #Paris_et_banlieue
    https://la-bas.org/IMG/arton5890.jpg?1580229653


  • #Répression contre les grévistes de la RATP, François tente de se suicider.
    https://la-bas.org/5880

    Tragédie sur le piquet de grève : ce lundi 27 janvier au matin, François, agent de maintenance sur le dépôt RATP de Vitry qui reprenait le travail aujourd’hui après 52 jours de grève, a tenté de mettre fin à ses jours.Continuer la lecture…

    #Articles #Luttes #France #Paris_et_banlieue #Précarité_-_chômage
    https://la-bas.org/IMG/arton5880.png?1580219293


  • Didier Porte prend un cours de syndicalisme policier
    https://la-bas.org/5875

    Ami abonné qui, tel ton serviteur, détestes au plus haut point l’arbitraire et son alliée de toujours, la violence, tu apprécieras sûrement d’apprendre que le journaliste citoyen David Dufresne n’est plus seul à dénoncer avec une légitime indignation la multiplication des bavures policières. Depuis quelques semaines, il a été rejoint dans son juste combat par un certain Emmanuel Macron, qui en connaît un rayon en matière de bavures, puisque c’est lui-même qui, pendant plus d’un an, a demandé à son ministre de l’Intérieur, le très rustique Christophe Castaner, d’autoriser ses forces de l’ordre à se faire franchement plaisir pendant les manifs, en donnant libre cours à leur imagination et leur créativité spontanée dans les domaines de la création d’hématomes, de l’énucléation à distance et de l’arrachage (...)

    #Vidéo #Didier_Porte_Hebdo #Répression #Politique
    https://la-bas.org/IMG/arton5875.jpg?1579801951


  • Macron, l’exfiltré
    https://la-bas.org/5866

    Il y a deux choses que nous conseillons au président de la République Française s’il veut ramener la concorde et la prospérité en #France tout en emmenant tranquillement sa charmante épouse au théâtre : la première chose c’est de retirer au plus vite sa réforme des retraites, la seconde c’est de libérer Taha immédiatement.Continuer la lecture…

    #Articles #Répression #Médias
    https://la-bas.org/IMG/arton5866.jpg?1579339100


  • A quoi sert la gréve ?
    [part1] A faire un boulot de dingue que nos « patrons » ne nous demandent pas ;) Voir par exemple la base de données caféïnée par Maxime Reynié : MAINTIEN DE L’ORDRE

    Doctrine | Grenades | Lanceurs | Effectifs
    Tout comprendre sur le maintien de l’ordre
    http://maintiendelordre.fr
    http://maintiendelordre.fr/wp-content/uploads/2019/12/MATRAQUE-LBD-1-731x1024.jpg

    Ce site a pour objectif d’apporter le plus d’informations possible sur le maintien de l’ordre français pour que tout le monde puisse s’y documenter et le comprendre facilement. Il sera régulièrement mis à jour pour apporter les dernières informations et modifications sur les éléments du maintien de l’ordre.

    Précisions de @Maxime_Reynie sur twitter :

    Ce n’est pas entièrement fini, il doit rester plusieurs coquilles me connaissant mais voilà, c’est un début ❤️
    On va dire que c’est une béta.
    Je compte aussi rajouter l’armement des polices municipales avec les lanceurs 44mm. Comment s’organise le maintien de l’ordre à Paris avec toutes les unités qu’on y retrouve. etc etc etc etc
    Pour ce qui est des coquilles je vous invite à me DM si vous en trouvez. <3 [ou mail sur le site, note]
    Dernière chose. Le site est lent, même très lent. J’ai pris l’hébergement le moins cher par défauts donc ça risque de ramer si vous êtes plus de 2.
    Pour le COUGAR, un équivalent plus petit existe me rappelle @akraland, ça sera corrigé asap
    /.../ Pour « sources et documents » c’est pas complet encore, je dois m’y retrouver dans les 9798678 pdf que j’ai stocké /.../

    https://twitter.com/Maxime_Reynie/status/1216355277416620037

    Bon par contre, contrairement à ce qu’il dit sur twitter, ça n’est pas un wikipedia, sa mise à jour dépend donc uniquement de lui et sa disponibilité !
    Un gros boulot donc qui vient esthétiquement compléter celui du collectif Desarmons-les https://desarmons.net qui est sans surprise sa première source ! Desarmons-les qui lance une initiative essentielle : une collecte transparente pour les mutilé-e-s : https://desarmons.net/index.php/2019/01/13/collecte-de-desarmons-les-pour-les-blesse-es-par-des-armes-de-police (je vais faire un billet à part pour plus de visibilité)

    #maintien_de_l'ordre #armes #armes_non_letales #armement #police #CRS #repression #violences_policieres #flashball #LBD #grenades #lacrymo #Maxime_Reynié

    https://seenthis.net/messages/820252 via ¿’ ValK.


  • « Je suis le père de Cédric, mon fils a été assassiné »
    https://la-bas.org/5837

    Le 3 janvier, à Paris, Cédric Chouviat est interpellé sur son scooter pour un banal contrôle de police. Plaqué au sol, Cédric fait un arrêt cardiaque. Il décédera dans la nuit de dimanche à lundi, laissant une veuve et 5 enfants.Continuer la lecture…

    #Articles #Répression #France
    https://la-bas.org/IMG/arton5837.jpg?1578395334


  • #FreeOmar ! Au #Maroc, le journaliste Omar Radi emprisonné pour un tweet critiquant une décision de justice
    Son arrestation a suscité une vague d’indignation sur les réseaux sociaux, et a été dénoncée par Reporters sans frontières.
    https://www.huffingtonpost.fr/entry/au-maroc-le-journaliste-omar-radi-emprisonne-pour-un-tweet-critiquant

    Free Omar Radi : soutiens :
    page facebook : @freeomarradi
    compte twitter : @FreeOmarRadi

    Vidéo récente où il parle justement de son métier, de sa spécialisation sur la corruption et d’une de ses dernières enquêtes : Expropriation des terres tribales et son impact sur le Maroc et son peuple ?
    https://youtu.be/fZtdufgg-2U

    #répression #journalisme #liberté_de_la_presse #Droit_d'informer

    https://seenthis.net/messages/817629 via ¿’ ValK.


  • « c’est ballot ! »
    https://nantes.indymedia.org/articles/47882
    https://nantes.indymedia.org/system/photo/2019/12/15/24086/c_est_ballot_-medium.jpg

    Gendarmerie et justice ont plus de temps pour essayer d’intimider et criminaliser des manifestants que pour enregistrer des plaintes pour violence conjuguale ou défaut de pension alimentaire, par exemple... Comble de l’histoire : les ballots de paille, pourtant au coeur de la procédure, n’ont jamais été entendus, ni même convoqués !!

    #violences_judiciaires #Gilets_Jaunes #repression

    https://seenthis.net/messages/815946 via ¿’ ValK.


  • Didier Porte soutient l’intrépide Taha Bouhafs !
    https://la-bas.org/5746

    Ami abonné, tu dois être informé qu’un de nos jeunes collaborateurs au tempérament bien trempé, Taha Bouhafs, pour ne pas le nommer, a un léger contentieux avec les fonctionnaires de police qui l’ont interpellé de façon musclée il y a quelques semaines.Continuer la lecture…

    #Vidéo #Luttes #Répression #Politique #France #Didier_Porte_Hebdo
    https://la-bas.org/IMG/arton5746.jpg?1575039630


  • Manu, Gilet jaune éborgné : « Je serai toujours là ! »
    https://la-bas.org/5743

    Samedi 16 novembre 2019, manifestation à Paris pour les un an du mouvement des Gilets jaunes. Manu est descendu de Valenciennes avec sa compagne Séverine. Il se trouve là, place d’Italie, à échanger avec d’autres manifestants. Soudain, une grenade de désencerclement lancée en l’air lui arrive directement dans l’œil gauche. La scène ultra-violente est saisie par une caméra en direct. Manu est emmené par les secours, son oeil est perdu.Continuer la lecture…

    #Vidéo #Luttes #Répression #Portrait #France
    https://la-bas.org/IMG/arton5743.jpg?1574841914