• En mathématiques, les filles restent des inconnues - Libération
    http://www.liberation.fr/debats/2018/06/21/en-mathematiques-les-filles-restent-des-inconnues_1660876

    C’est ensuite que tout se complique. Lola se voit reléguée tout au fond la classe  : 35e, 35e, 36e aux trois premiers contrôles. En janvier, elle doit choisir entre faire autre chose ou s’accrocher. A la maison, son père ne cesse de lui répéter que les filles sont meilleures que les garçons. Le stéréotype qui veut que les mathématiques ne sont pas faites pour les filles tourne dans l’autre sens. « J’ai repris les bases, repassé les programmes de 1ère et de TS, quand le professeur était déjà passé au programme de math sup. » C’est à ce moment qu’elle découvre le sexisme très ordinaire qui traîne dans les couloirs d’un grand lycée parisien. « On pardonne très facilement aux garçons de ne faire que des maths. Ils peuvent s’enfermer dans le travail, ne faire que bosser, passer de l’internat aux salles de cours en peignoir, en survêtement ou même en pyjama. C’est presque normal. On dira  : “C’est un bosseur”. Des filles, on attend autre chose. Il faut qu’elles soient sympathiques, qu’elles préparent le buffet pour les fêtes, qu’elles s’investissent dans la vie de la classe. Elles doivent “jouer les princesses” et passer du temps à se préparer. On perd un temps fou, et pendant ce temps, les garçons bossent et passent devant. Moi, je descendais comme j’étais, et tant pis si ça provoquait des remarques », s’agace Lola qui refuse la division surhommes et princesses, nouvelle version du « Sois belle et tais toi  ! ».

    #sciences #sexisme #beauté_fatale

    https://seenthis.net/messages/703974 via Mona



  • Sexist Comments Flourish on Airbnb in China - Bloomberg
    https://www.bloomberg.com/news/articles/2018-05-29/sexist-comments-flourish-across-airbnb-reviews-in-china

    Women are judged on their looks, including on rival Xiaozhu
    Public outcry ensued after a woman using Didi was murdered

    Sexist Comments Flourish on Airbnb in China

    Airbnb bans trolling, discrimination and profanity. Yet if you’re a female user, expect a few choice remarks about your looks while using it in China.

    Once regarded as a fun social aspect of online services in China, the proliferation of reviews talking about women’s looks — from guests being called “a babe” to comments on a host’s sex appeal — is now drawing fire as a potential safety hazard. While China has long tolerated sexism, recent scandals in the sharing economy have triggered a backlash.

    “In the past, I felt such comments were compliments and even felt a sense of pride,” said Sun Qian, a frequent user of Airbnb who has had comments made about her appearance. “But recent events got me thinking how too much of my personal information is exposed on these platforms.” The 30-year-old from Beijing has even been offered discounts if she agreed to refer good-looking friends to the properties as hosts try to generate buzz.

    While Airbnb highlights a detailed content policy listing dozens of prohibitions, pointed comments can be found in reviews across its site in China. In one, a user said “what long legs this lovely little sister has,” the guest at another home described the owner as “a legendary beauty, both sexy and passionate” while a third wrote that “the landlady and her mom are both babes.”

    The company promises to remove views that “may pose a personal safety risk to an Airbnb community member” or infringes on “privacy rights.”

    Airbnb to Share Information With Authorities on Guests in China

    “Bullying and harassment are unacceptable violations of our community commitment and our policies,” the San Francisco-based startup said in a statement on Tuesday. “Our community’s safety, both online and offline, is our priority.”

    Rating women by their looks wouldn’t be accepted in much of the world but Chinese culture is far more liberal about such public appraisals, with anything from wealth to weight and social status considered fair game.

    “I don’t think there is consensus among Chinese women that they think it’s offensive. That’s where the disconnect is,” said Rui Ma, an angel investor in Chinese startups whose career has seen her spend time in both China and Silicon Valley. “It’s been normalized, and it’s going to be extremely hard to fight against.”

    The amount of information about women on platforms such as Airbnb and local rival Xiaozhu has come into focus since a female user of Didi Chuxing’s car-pooling service was murdered this month, allegedly by a driver who picked her up after noting what others said about her appearance. Didi has since taken precautions to limit the commentary on people’s looks, such as by deleting personalized tags.

    Didi Shakes Up Car Pooling Safety After Passenger Murdered

    Airbnb said it takes appropriate action whenever it is made aware of such incidents, yet the comments continue to appear. “This girl has a real aura of elegance,” read one posting.

    The issue isn’t restricted to Airbnb, with similar comments on rival Xiaozhu. “You have a great figure. Not fat at all, very sexy and charming,” read one review.

    Xiaozhu says it doesn’t provide label tags for users and incorporates an automatic key word filtering system for specific phrases it says are vulgar, obscene or violent. The company also has censors to evaluate whether comments are appropriate, according to spokesman Pan Caifu.

    As China’s Tourists Go Global, Its Companies Follow: Adam Minter

    But the tide is turning after the Didi killing, which triggered concerns among women about their personal information. The crime has prompted many to seek greater responsibility in safeguarding their privacy from online services and prompted many women to change their head-shots and descriptions.

    Yasmina Guo said she’s seen female acquaintances replace their profiles overnight with cartoon pictures or — at the other extreme — menacing-looking old men described as “butchers.”

    “From a very young age, we’ve been exposed to this kind of environment where people feel very comfortable commenting about your appearance, and this is spilling into the online world,” the 24-year-old Airbnb devotee said. “However, on social media, it can present a real danger and people are becoming more aware.”

    #Airbnb #Chine #sexisme

    https://seenthis.net/messages/701437 via klaus++


  • Le film « Bécassine » ravive de mauvais souvenirs en Bretagne | Slate.fr
    http://www.slate.fr/story/162324/bretagne-film-becassine-boycott

    On est donc très loin du commentaire social que les membres de Dispac’h aimeraient voir. Pour eux, ce n’est qu’à cette condition que le personnage offensant de Bécassine devrait être utilisé, comme ils l’expliquent dans leur communiqué : « Opprimées parce que femmes, stigmatisées parce que Bretonnes, exploitées parce que prolétaires, voilà la seule réalité qui s’applique à Bécassine. Si vous voulez montrer Bécassine à l’écran laissez-la parler, montrez ses souffrances et ses révoltes ». Podalydès rétorque : « Mais Bécassine, ce n’est pas la Marianne de la Bretagne ! ». Défendant logiquement son film, le réalisateur estime que le boycott dessert sa propre cause. « Il n’y a rien contre la Bretagne dans le film, insiste-t-il. Ce qui est dommage avec ces réactions un peu braquées, c’est que ça réveille des vieux trucs pas terribles. Comme quelqu’un qui m’a dit : “Ils sont cons ces Bretons”. Je trouve que ce n’est pas un service rendu à la Bretagne. »

    Néanmoins, le réalisateur reconnaît dans l’affaire un point positif : l’appel au boycott a permis de faire parler de l’histoire des migrant E s breton NE s. Soit déjà une petite victoire pour Dispac’h. « En Bretagne, comme en Corse ou au Pays Basque, on ne nous apprend pas l’histoire de nos territoires, conclut Ewan Thébaud. On apprend seulement l’histoire de France. Ainsi, beaucoup de Bretons ne connaissent pas l’histoire de cette migration. C’est aussi l’occasion pour nous d’en faire parler. »

    #sexisme #classissme #parisianisme #paysannerie #cinema

    https://seenthis.net/messages/697921 via mad meg


  • Toni Morrison : aux origines du racisme, la violence du langage - regards.fr
    http://www.regards.fr/idees/article/toni-morrison-aux-origines-du-racisme-la-violence-du-langage
    http://www.regards.fr/IMG/jpg/8596905581_4779bea315_k.jpg

    « le #langage de l’#oppression représente bien plus que la #violence ; il est la violence elle-même ; il représente bien plus que les limites de la connaissance ; il limite la connaissance elle-même ». Le langage fait bien plus que représenter, refléter les choses et les personnes. Il est un acte, une performance, qui façonne violemment le monde et ce que l’on peut en connaître. Et le langage raciste, sexiste, classiste, n’est pas une représentation parmi d’autre du #racisme, du #sexisme, du #classisme ; il est le racisme, le sexisme, le classisme eux-mêmes.

    https://seenthis.net/messages/695641 via Agnès Maillard


  • À Paris, le restaurant L’Avenue ne veut ni Arabes ni femmes voilées
    https://www.buzzfeed.com/davidperrotin/a-paris-le-resto-des-stars-ne-veut-ni-arabes-ni-femmes
    https://img.buzzfeed.com/buzzfeed-static/static/2018-05/17/5/enhanced/buzzfeed-prod-web-03/original-26148-1526550049-2.jpg?crop=1600:838;0,0
    C’est marrant, quand même : généralement le #racisme et le #sexisme vont souvent très bien ensemble…

    Pour vérifier ce point, nous avons tenté de faire une réservation depuis le Qatar au nom de « Ahmed ». Nous voulions réserver une table pour 4 personnes le mardi 1er mai à 12 h 30. « Malheureusement, mardi, c’est déjà complet, mais j’ai 22 h 30 », nous a répondu l’hôtesse. Nous avons alors demandé s’il était possible de réserver pour le déjeuner le lendemain. Impossible selon l’hôtesse, le restaurant étant complet. Nous avons donc demandé de réserver pour le déjeuner du jeudi 3 mai. Même réponse. L’hôtesse a prétexté des réservations effectuées par « de gros clients de New York ». Mais, lorsque nous avons rappelé un peu plus tard depuis Paris, au nom cette fois de « Yann », miracle : la réservation pour 4 personnes du mardi 1er mai a immédiatement été acceptée. Après vérification, le restaurant n’était absolument pas complet lors des créneaux sollicités.

    #discrimination

    https://seenthis.net/messages/695057 via Agnès Maillard


  • Ce n’est pas seulement l’#histoire_des_femmes qui a été longtemps ignorée, mais aussi, par exemple, l’étude des femelles chez les #oiseaux : « Scientists remind their peers : Female birds sing, too »
    https://www.sciencedaily.com/releases/2018/03/180314092348.htm

    When North American ornithologists hear a bird singing, they’re likely to assume it’s a male. But in many species, the females sing too — and a new commentary in The Auk: Ornithological Advances argues that a better understanding of these unappreciated female songs could lead to advances in many aspects of bird biology.

    Authors #Karan_Odom of #Cornell_University and #Lauryn_Benedict of the #University_of_Northern_Colorado both discovered the world of female birdsong through their own research. “I started studying California towhees 17 years ago, and I was fascinated by the duet vocalization given by females and males,” says Benedict. “That led me to start looking for female song in other North American bird species, and I was surprised to learn that it was much more common than I expected. The reports of female song are buried in odd corners of the literature, but when you put them all together, you start to see some interesting patterns.”

    Remarque linguistique incidente : le terme #oiselle fait partie de ces nombreux mots du langage courant qui marquaient simplement le féminin et se sont vus assigner une connotation extrêmement péjorative pour cette seule raison.
    Selon le Larousse : « jeune fille, naïve, niaise ».
    Selon le Littré : « Femelle d’oiseau. »

    #sexisme_scientifique #ornithologie

    https://seenthis.net/messages/694285 via intempestive


  • Raphaël Liogier : « Tant d’hommes sont sexistes sans même s’en rendre compte » - Le Temps
    https://www.letemps.ch/societe/raphael-liogier-tant-dhommes-sexistes-meme-sen-rendre-compte
    https://assets.letemps.ch/sites/default/files/styles/share/public/media/2018/05/04/file6zzazdhg9b48o46pejm.jpg.png?itok=P8o50WMq

    Je crois que les hommes ont peur que les femmes se mesurent à eux. Françoise Héritier, là encore, parlait déjà de cette fascination masculine pour le pouvoir reproductif des femmes. J’essaie de montrer dans mon livre qu’à cela s’ajoute la volonté de contrôle de la jouissance des femmes en leur imposant la pudeur, le retrait, voire le silence. Cette dévalorisation systématique des femmes m’a mené à penser que le complexe de castration est en réalité masculin, contrairement à ce qu’a affirmé Freud : ce sont les hommes qui craignent d’être impuissants (d’où le sens d’abord sexuel de l’impuissance) face aux femmes, et c’est pour ça qu’ils cherchent à les empêcher de participer à la compétition sociale. Comme l’écrit Simone de Beauvoir : « Nul n’est plus arrogant à l’égard des femmes, agressif et dédaigneux, qu’un homme inquiet de sa virilité. »

    #sexisme

    https://seenthis.net/messages/694265 via Agnès Maillard



  • Les jeunes avocates, harcelées et sans recours | Libertés surveillées
    http://libertes.blog.lemonde.fr/2018/05/04/les-jeunes-avocates-harcelees-et-sans-recours

    A mesure qu’elle raconte son harcèlement, elle hésite, s’essouffle, puis reprend avec peine son récit. A., comme la plupart des avocates, tient à l’anonymat pour avoir une chance de garder une place dans la profession. Jeune collaboratrice dans un grand cabinet d’affaires, elle est rapidement devenue la cible d’un associé du patron. D’abord sur le ton de la plaisanterie, puis les remarques se sont faites plus dégradantes, les gestes plus pesants. Il est allé jusqu’à se déshabiller devant elle alors qu’ils étaient seuls au bureau, sous prétexte de changer de tenue. Le harcèlement sexuel est devenu moral lorsque l’associé a compris qu’elle ne céderait pas.

    Cernée, Me A pouvait difficilement se tourner vers les autorités : « Les ressources humaines ont été prévenues de certains dérapages, mais personne n’intervient parce que l’associé « fait du chiffre » ». Fin manipulateur, « il a détruit ma confiance en moi. Il a tout fait pour m’isoler et bloquer mes perspectives d’évolution. Il m’a tendu un piège pour tenter de saboter mon avenir professionnel ». Comme elle, Me B. décrit le « contexte libidineux » de sa première collaboration. Elle n’y est restée qu’un mois à mi-temps, tant la situation devenait insupportable. Elle avait « la boule au ventre en allant au cabinet. C’était un climat oppressant, dégueulasse ». Un jour, la jeune femme cherchait accroupie quelque chose dans son sac et a entendu un associé lui lancer, « ce n’est pas la peine de te mettre à genoux ; je l’ai déjà signé ton contrat ».
    Le ténor sûr de lui et dominateur

    Si la féminisation de la profession ne cesse d’augmenter avec 55,4% de femmes avocates en 2017 contre 49,7% il y a dix ans, elle se heurte à la figure bien ancrée du ténor sûr de lui et dominateur, particulièrement au pénal. Le pénaliste reste « la rock star du barreau avec ses groupies », indique Me Elise Arfi. L’image de « l’homme à femmes, libertin en duo avec une collaboratrice sexy en jupe » participe de cette dépréciation de l’avocate. Me Solène Debarre remarque que « lors du ‘‘procès Jawad’’, vous avez retenu quel avocat ? Xavier Nogueras, alors qu’il avait aussi une avocate, Marie-Pompei Cullin ». Cette schizophrénie de la profession n’étonne personne. Pourtant, qui de mieux qu’une avocate connaît le système judiciaire et les recours possibles ? Il n’y en a en réalité fort peu : dénoncer un confrère, c’est tirer une croix sur sa carrière. « Dénoncer un harcèlement est souvent un suicide professionnel, explique Me D., on est définitivement grillé dans la profession. Personne ne nous acceptera dans un cabinet puisque tout le monde se connaît ».

    Les critères physiques des jeunes avocates sont d’ailleurs parfois davantage retenus que leurs compétences. Me Adèle Vidal-Giraud raconte son quotidien de remarques sexistes sur sa tenue, sa coiffure ou sa démarche lorsqu’elle était collaboratrice. Elle ne pouvait faire aucun commentaire sur un dossier sans qu’on lui réponde avec violence, « et toi, habillée comme tu es, si tu vas en prison, les gars pourront se branler sur toi comme ils se branlent sur une actrice porno. Il n’y aura aucune différence ». La collaboratrice est en effet devenue un faire-valoir, un objet de prestige : « c’est la première fois que je me paye une collaboratrice ! » se vantait le patron de Me B. Mais le harcèlement sexuel peut également venir d’un client, parfois couvert par le patron. Me C. a ainsi fait les frais des désirs d’un client qui n’hésitait pas à lui caresser le cou pendant la signature du contrat ou à lui réclamer sans cesse un déjeuner en tête à tête. Lorsqu’elle s’en est plainte, son patron a balayé l’accusation : « ma petite, il ne faut pas prendre ses désirs pour des réalités ».

    « Plaider, c’est bander »

    Les jeunes collaboratrices sont d’ailleurs souvent considérées au pénal comme incapables de porter la robe d’avocat, qui passe curieusement pour un attribut masculin : « Plaider, c’est bander ; convaincre, c’est jouir », n’a pas craint de déclarer au Point Me Dupond-Moretti, en reprenant la vieille formule d’Henri Torrès. Me Julia Katlama s’en est vite rendue compte. Alors qu’elle était désignée dans une affaire d’homicide entre bandes rivales, un confrère commis par l’Ordre s’est présenté à sa place le jour des assises et a fait un incident à l’audience. L’accusé a confirmé vouloir garder Me Katlama, mais son confrère, humilié, a quitté la salle en lui glissant à l’oreille « t’as raison de faire la pute, ça rapporte plus ». Abasourdie, l’avocate n’a pas réagi et n’a pas poursuivi son confrère, ce qu’elle regrette aujourd’hui. Mais sa carrière venait de commencer. Elle reconnaît que « cette remarque en dit long sur le sexisme de la profession. Comme si au pénal, une femme ne pouvait pas avoir de gros dossiers sans coucher ».

    Pourquoi ce silence ? L’opacité sert parfois à contourner les situations de harcèlement.
    Solenne Brugère, membre du conseil de l’Ordre parisien, remarque que jusqu’à présent certaines plaintes se soldaient par des « conciliations à l’amiable », sans poursuites disciplinaires ou judiciaires. « Cette ère devrait être révolue. Nous qui sommes les premiers à monter au front pour défendre les intérêts des justiciables, et nous sommes déterminés pour ne plus laisser passer de tels actes », affirme l’avocate. Pourtant, saisir le bâtonnier de l’Ordre s’avère parfois inutile. « J’ai travaillé dans cinq cabinets en trois ans et demi, tant ça s’est mal passé, raconte Me Adèle Vidal-Giraud. J’ai vécu dans une ambiance immonde ». Harcelée et impayée lors d’une collaboration chez un pénaliste, elle s’est tournée vers l’Ordre. Après deux longues années de procédure, sa demande n’a débouché sur rien de significatif.
    Serrer les dents

    Dans le cas du harcèlement, « on en revient souvent au problème majeur : c’est parole contre parole », résume Me Avi Bitton. Cette parole se fait d’autant plus fragile qu’elle est menacée par la précarité : « Les collaborateurs relèvent du statut de profession libérale, donc ils ne bénéficient pas du code du travail. En conséquence, la rupture de leur contrat peut se faire sans motif, du jour au lendemain ». Isolées, les collaboratrices maltraitées se sentent coupables, humiliées et souvent ne réagissent pas. « Lorsque j’avais 26 ans et que j’ai subi un harcèlement sexuel, j’étais pétrie de culpabilité. Je n’osais même pas en parler à mon compagnon, se souvient Me Céline Giraud. C’est ce qui est pernicieux dans ce système de harcèlement. Aujourd’hui, avec la maturité, ce serait différent. Non, ce n’est pas une honte d’avoir été harcelée. Cela ne fait pas de moi une coupable ».

    La précarité du statut assoit la domination des harceleurs qui jouent du rapport de force. Une jeune stagiaire sans carnet d’adresses qui veut obtenir un stage de fin d’étude ne peut qu’accepter ce qu’on lui propose. Me C. a ainsi poussé la porte du bureau des stages à l’EFB (l’Ecole de formation du barreau), dans les années 1990 : « l’homme qui m’a reçu m’a regardé de la tête aux pieds et m’a lancé , ah, vous ! Je sais où je vais vous envoyer ». Chez un grand avocat, spécialiste en droit des affaires dont la réputation de coureur de jeunes jupons était bien connue de l’EFB. « J’ai d’abord refusé mais on m’a répondu que je n’avais pas le choix. » L’homme n’a cessé de la harceler pendant ses six longs mois de stage. Il a même prétexté un entretien avec un juge pour coincer sa stagiaire dans un coin du tribunal et « se jeter » sur elle. Il est revenu à la charge quelques semaines plus tard dans son bureau. Excédée, la jeune femme a voulu quitter le cabinet, mais la validation de son diplôme était en jeu et le harceleur « était haut placé à l’EFB ». L’élève-avocate n’a d’autre choix que de « serrer les dents » jusqu’à la fin du stage. « J’ai été jetée dans la gueule du loup alors que j’avais dit non. Cet homme s’est servi de son pouvoir pour me piéger. »
    L’Ordre est d’un faible secours

    L’amorce d’une libération de la parole incite dorénavant les institutions à réagir. Marie-Aimée Peyron, nouveau bâtonnier de Paris, a fait de la discrimination des femmes l’un des piliers de son mandat avec des mesures annoncées le 8 mars pour lutter contre « les violences, le sexisme et les inégalités ». A lui seul, le barreau de Paris représente 42% des avocats, mais il n’est évidemment pas le seul concerné. Lyon a mis en place une ligne d’écoute anonyme et indépendante, Bordeaux un « pôle confraternel ». Pour autant, beaucoup de victimes ne saisissent pas l’Ordre. Le dernier sondage du syndicat Avocats Conseils d’Entreprises en mai 2017 révèle en effet que sur 2 242 réponses, seules 28,2% des avocates affirment avoir subi un harcèlement, dont moins de 5% uniquement sexuel. Me Solenne Brugère juge ces chiffres sous-estimés, d’autant que peu de consœurs ont répondu : « Cela témoigne d’une vraie difficulté à en parler. N’oublions pas que c’est la première fois que cette question a été posée dans la profession, et l’omerta semble encore très forte, le sujet reste tabou ».

    Il n’est pas plus simple de saisir un procureur qui pourrait envoyer les gendarmes au cabinet. Ainsi, dans une grande solitude, des avocates harcelées tentent de trouver des parades sans recourir à la loi. Me C. explique comment elle s’est enlaidie pour repousser son harceleur pendant son stage de fin d’étude : « Je ne pouvais pas me plaindre, donc j’ai mis en place une stratégie. Je mettais tous les jours mes lunettes à double foyers, pas de maquillage, pas de talons, pas de jupes et que des pantalons histoire d’être la moins féminine possible ». D’autres décident de claquer la porte et de se mettre à leur compte, comme Me Céline Giraud qui « ne veut plus dépendre d’un rapport de force », son indépendance étant « trop précieuse », mais l’opération est risquée et il n’est pas facile de trouver une clientèle.

    La vague #metoo a posé un nouveau regard sur les rapports homme-femme, et jusque chez les avocats. La vision foncièrement conservatrice du métier est aujourd’hui remise en cause : « ce sont souvent ces avocats anciens qui utilisent leurs contacts et leur puissance pour faire taire toute contestation, affirme Me D. Nous, on représente une nouvelle génération qui bouleverse les codes de la profession ». Et la présidente de la commission Egalité-Diversité du Conseil national des barreaux, Me Valérie Duez-Ruff, se souvient de « la douche froide au Conseil de l’Ordre de Paris » lorsqu’elle a proposé une modification du règlement intérieur sur le harcèlement.

    #sexisme #discrimination #misogynie #injustice #harcèlement #culture_du_viol

    https://seenthis.net/messages/692011 via mad meg



  • #Lycée_militaire de #Saint-Cyr : une machine à broyer les femmes - Libération
    http://www.liberation.fr/france/2018/03/22/lycee-saint-cyr-une-machine-a-broyer-les-femmes_1638211

    « Libération » a enquêté sur le #sexisme érigé en système au sein des #classes_préparatoires militaires par un puissant groupe d’élèves : les « tradis ». Entre humiliations et #harcèlement_moral, tout est fait pour saper les ambitions des étudiantes.

    #armée #misogynie

    https://seenthis.net/messages/678952 via AF_Sobocinski


  • Pourquoi Matilda ?
    https://matilda.education/app/mod/page/view.php?id=194

    C’est pas déjà sur Seenthis ce site ? Comment ?
    https://matilda.education

    Matilda c’est quoi ?

    Plus de 80 vidéos, accompagnées de ressources pédagogiques, sur les thématiques de l’égalité entre les sexes, dans tous les domaines. Matilda c’est également une plate-forme collaborative qui permet d’échanger des idées, des questionnements et des réalisations.

    Qui est Matilda ?

    L’association v.ideaux est à l’initiative de ce projet. Matilda, née le 1er février 2017, a été conçue grâce à une équipe de plus de 50 personnes, réunion des compétences et de l’enthousiasme d’enseignant.e.s de l’école primaire, collège, lycée, université, de vidéastes, musiciennes, professionnelles du numérique, et d’associations.

    Matilda a été soutenue par qui ?

    Département du développement et de la diffusion des ressources numériques ainsi que par la Direction générale de l’enseignement scolaire du Ministère de l’Éducation nationale, le Ministère de la Culture, et le Ministère des Familles, de l’Enfance et des Droits des femmes.

    Une plate-forme vidéo éducative sur l’égalité des sexes est-elle encore nécessaire au 21e siècle ?

    Les femmes et les hommes représentent une part presque égale de la population. Il semble légitime de vouloir que l’espace soit partagé de façon égale aussi, que ce soit au niveau économique, culturel, intellectuel, symbolique, spatial, domestique. Il faudrait pour cela sans doute que les droits de l’homme deviennent enfin les droits des êtres humains. Il faudrait aussi que le sexe biologique reprenne sa place, comme simple partie du corps, sans surdéterminer les rôles des un.e.s et des autres dans la société. Ainsi les filles et les garçons pourraient se projeter librement dans tous les champs des savoirs et des pratiques.

    L’égalité, on en parle beaucoup. Beaucoup la souhaitent et pourtant, dans les faits, les résistances sont grandes. Pourquoi ?

    Est-ce simplement un défaut d’imagination, empêchant de se projeter dans un ailleurs qui n’existe pas encore ? Un manque d’optimisme : comment changer ce qui est ancré si profondément et depuis si longtemps ? Ou la difficulté d’admettre que vouloir l’égalité, c’est aussi accepter de renoncer à certains avantages ?

    Notre avenir ?

    Matilda croit dans le pouvoir de l’imagination, de l’optimisme et dans le sens de la justice des êtres humains. C’est donc muni.e.s de ces trois « pouvoirs magiques » que nous vous invitons à rentrer dans l’univers de Matilda avec vos classes (ou autres), à vous approprier nos vidéos et les outils qui les accompagnent (scénarios pédagogiques, quiz, etc.). Cette plate-forme est une co-construction ; nous comptons sur vous pour enrichir ce projet de vos idées et de vos créations dans l’espace collaboratif qui vous est dédié.
    Les jeunes seront les citoyen.n.e.s de demain. L’école n’est-elle pas là pour leur donner les outils et les forces d’être elles-mêmes/eux-mêmes et les capacités de construire un monde juste où il ferait bon vivre ? Matilda aimerait, à son niveau, y contribuer avec vous.

    Et pour finir : d’où vient le nom de Matilda ?

    Du souhait de créer un antidote à l’effet Matilda, qui désigne communément, le déni ou la minimisation systématique de la contribution des femmes à la recherche (en particulier scientifiques), dont les découvertes sont souvent attribuées à leurs collègues masculins. Son nom vient de la militante des droits des femmes américaine Matilda Joslyn Gage, qui a, la première, observé ce phénomène à la fin du XIXe siècle. Cet effet a été mis en lumière en 1993 par l’historienne des sciences Margaret W. Rossiter.

    #pédagogie #ressources_pédagogiques #sexisme #égalité #science #vidéos

    https://seenthis.net/messages/678077 via RastaPopoulos


  • Inégalités entre les femmes et les hommes dans les arts et la culture
    La proportion des femmes artistes représente

    • 6/10ème des étudiant.e.s
    • 4/10ème des artistes effectivement actif.ve.s
    • 2/10ème des artistes aidé.e.s par des fonds publics
    • 2/10ème des artistes programmé.e.s
    • 2/10ème des dirigeant.e.s
    • 1/10ème des artistes récompensées

    Voir le graphique page 3, assez parlant...
    http://www.ladocumentationfrancaise.fr/var/storage/rapports-publics/184000096.pdf

    #inégalité #féminisme #art #sexisme #patriarcat

    https://seenthis.net/messages/677506 via soseen


  • Certaines petites filles disent « moi je n’ai pas de problème à aller sur un terrain de foot, si je veux y aller je n’ai qu’à m’imposer ». Pour les garçons, aller dans le monde des filles, c’est la honte. | Dès l’école, le mélange entre filles et garçons n’est pas la norme http://www.liberation.fr/debats/2018/03/08/des-l-ecole-le-melange-entre-filles-et-garcons-n-est-pas-la-norme_1634668 #sexisme #patriarcat


  • Les nonnes du Vatican dénoncent leurs conditions de travail proches de l’esclavage
    https://www.marianne.net/societe/les-nonnes-du-vatican-denoncent-leurs-conditions-de-travail-proches-de-l-e
    https://www.marianne.net/sites/default/files/000_ym0qo.jpg

    C’est dans le supplément mensuel de L’Osservatore Romano que les protestations ont émergé. S’il est encore trop tôt pour parler de révolte, l’enquête publiée jeudi 1er mars dans le quotidien officiel du #Vatican fait le récit des #conditions_de_travail - pour le moins précaires - des religieuses du Vatican. Alors que celles-ci n’hésitent pas à comparer leur quotidien à une forme d’#esclavage au service des cardinaux et des évêques, la plupart de celles qui témoignent ont souhaité le faire de façon anonyme.

    L’une d’elle raconte : « Les #nonnes ne disposent pas dans cette sorte de ’servitude’ d’heures de travail fixes à l’inverse des travailleurs séculiers et leur salaire est arbitraire et souvent très modeste », avant de pointer le risque de plus en plus prégnant d’une « rébellion interne ». Sœur Marie fait le récit d’un quotidien dominé par les tâches ménagères : « Elles se lèvent à l’aube, préparent le petit-déjeuner et ne vont se coucher qu’une fois que le dîner a été servi, la maison rangée, le linge lavé et repassé ». Selon son témoignage, certaines nonnes, effrayées à l’idée de mettre leurs familles dans l’embarras en dénonçant les #religieux qu’elles servent, parviennent à s’accommoder de ce quotidien « grâce à la prise d’#anxiolytiques ».

    #esclavage_moderne #sexisme #femmes

    https://seenthis.net/messages/674541 via odilon


  • « On a chopé la puberté », le bouquin sur les pré-ados qui donne des boutons (20 minutes)
    https://www.20minutes.fr/culture/2230879-20180302-chope-puberte-bouquin-pre-ados-donne-boutons

    Après la sortie d’un livre destiné aux pré-ados aux éditions Milan, de nombreuses critiques ont déferlé sur les réseaux sociaux pour dénoncer son « discours sexiste »…

    Le post sur Facebook de “The Nasty Uterus - La rage de l’utérus”
    https://www.facebook.com/LaRageDeLUterus/posts/1972115923001337

    Aujourd’hui, le collectif en colère découvre la publication des éditions Milan. Un ouvrage imprégné de la culture du viol alors même qu’il est écrit par des femmes. Et la colère est là, proche de la sidération tant certains conseils donnés aux jeunes filles sont consternants.
    D’abord on notera la diversité des personnages choisis. *Spoiler * non. Que des filles blanches, minces, cis genres, valides et bien entendu hétérosexuelles. Faut croire que les personnes en situation de handicap, noires, grosses, bisexuelles, homosexuelles ou trans ne sont pas concernées par la puberté.*Spoiler** si ! Mais pas dans ce livre moisi de stéréotypes.
    Porter du maquillage, des chaussures à talons et attirer les regards concupiscents à grands coups de décolletés, c’est donc à ça que sont censées aspirer nos enfants ? C’est bien connu c’est hyper épanouissant le maquillage, les chaussures et les décolletés pour des enfants de 9 ans. Notre but à toutes dans la vie c’est d’être belle, d’avoir des Louboutins et des gros seins pour plaire aux garcons. *spoiler* non. Les filles n’existent pas pour plaire aux garçons, ce sont *spoiler* des personnes, si, si ! Et alors quoi, on pourrait plaire seulement aux garçons et que si on a des gros seins ?
    C’est un festival de slutshaming où on enseigne aux enfants que c’est ’la honte’ d’avoir les tétons qui pointent, que ce n’est ’pas très gracieux’ (sic) et qu’on doit se cacher en empilant des tee-shirts (re sic). Et je vous parle même pas de la grossophobie quand on explique que tu peux avoir l’impression de grossir et que ouf ce n’est pas le cas, c’est juste l’élargissement de tes hanches. Manquerait plus qu’on soit grosse, le comble de la honte surement. Et puis on pourrait profiter de ce bouquin pour dénoncer le harcèlement et donner des outils pour se défendre ? Non, disons leur de se cacher, c’est mieux. Histoire qu’elles comprennent bien,dès 9 ans, qu’elles ont responsables quand elles sont harcelées...
    Et dites donc Milan, puisque vous parlez règles douloureuses, ça vaudrait peut-être le coup, plutôt que de ’sécher le sport’, de conseiller de consulter ? On rappelle qu’une femme sur 7 est atteinte d’endométriose et que les diagnostics se font parfois après des années de souffrance. Donc parfois, quand on a mal on va pas juste ’faire avec’, souffrir en silence contre sa bouillotte. D’ailleurs, on observe que le message en 2018 c’est toujours que les règles c’est sale, on préconise de se cacher pour attraper une protection ? Pourquoi ?
    Sérieusement Milan, vous vous rendez compte que vous sexualisez des ENFANTS quand vous éditez des trucs pareils ? Comment s’étonner après que des gamines suivent des inconnus qui les séduisent ? Comment s’étonner du sentiment de culpabilité chez les femmes agressées quand on invite des gamines de 9 ans à sortir les seins pour se faire remarquer ?

    Du coup, y’a une pétition sur internet…

    Retirer du marché le livre sexiste et dégradant « on a chopé la puberté » (Change.org)
    https://www.change.org/p/éditions-milan-retirer-du-marché-le-livre-sexiste-et-dégradant-on-a-chopé-la

    Mais les éditions Milan protestent que pas du tout…

    À propos du livre « On a chopé la puberté » (Blog éditions Milan)
    http://www.editionsmilan-leblog.com/2018/03/01/a-propos-livre-on-a-chope-puberte

    Le livre rejette tout ce qui empêche les filles de grandir sereinement, dans le respect de leur identité et de leur corps. Les auteurs expliquent simplement, et au second degré, ce qui se passe dans le corps et la tête des adolescentes durant cette période… et aborde également ce qui se passe chez les garçons. Parce que la puberté, ça n’arrive pas qu’aux filles.

    L’univers des Pipelettes a suscité depuis plusieurs années une vraie communauté de filles (et même de garçons) intelligentes, vives, drôles et qui se questionnent sur elles-mêmes et le monde qui les entoure.
    […]
    Milan est, depuis toujours, un éditeur engagé aux côtés des filles et des garçons, pour les accompagner dans leur découverte du monde, sans dogmes ni prédicats, à hauteur d’enfants et d’adolescents qui ont le droit de se poser toutes les questions qu’ils souhaitent.

    Et Madmoizelle est plutôt d’accord…

    « On a chopé la puberté », une polémique et une pétition, mais est-ce justifié ? (Madmoizelle)
    http://www.madmoizelle.com/on-a-chope-la-puberte-polemique-894247

    #éducation #édition_jeunesse #documentaire #puberté #sexisme

    https://seenthis.net/messages/673477 via Pierre Coutil




  • Claude François :

    J’aime les filles jusqu’à 17-18 ans, après je commence à me méfier. Dieu si j’ai des aventures au delà de 18 ans, bien sûr, heureusement. Mais après 18 ans, je me méfie parce qu’elles commencent à réfléchir, elles sont plus naturelles. Cela commence même quelque fois avant.

    #amour #hétérosexisme #misogynie #citation #âgisme #sexisme #domination_masculine #grand_homme #prédation #domination #pédophilie

    https://seenthis.net/messages/665398 via mad meg


  • The Dirty War Over Diversity Inside Google | WIRED
    https://www.wired.com/story/the-dirty-war-over-diversity-inside-google
    https://media.wired.com/photos/5a6932fc13a7916ca17dce02/191:100/pass/GoogleHarassment-131586587.jpg

    It began subtly. Coworkers peppered mailing lists and company town halls with questions: What about meritocracy? Isn’t improving diversity lowering the bar? What about viewpoint diversity? Doesn’t this exclude white men?
    (…) That’s when it clicked: perhaps some of her coworkers’ questions had not been in good faith. “We didn’t realize that there was a dirty war going on, and weren’t aware of the tactics being used against us,”

    #trolls #manipulation #racisme #sexisme #transphobie #trumpisme #google

    https://seenthis.net/messages/666209 via Fil



  • « L’Opus Dei est devenue une multinationale financière »  Elodie Blogie | Le Soir (30.01)

    http://plus.lesoir.be/137079/article/2018-01-30/philippe-lienard-lopus-dei-est-devenu-une-entreprise-de-conquete-du-pouv

    Si l’institution catholique est en déclin, son pouvoir économique est immense
    ELODIE BLOGIE Entretien

    Philippe Liénard, juriste de formation, franc-maçon revendiqué (auteur de nombreux ouvrages sur ce thème), publie un livre sur l’Opus Dei. Il tente d’y faire la lumière sur le pouvoir réel de « l’Œuvre ».

    L’Opus Dei est plutôt sur le déclin...
    On observe une chute des vocations de prêtres, car cela implique des contraintes qui ne sont plus compatibles avec une vie au XXI e siècle : porter le cilice, faire cinq prières par jour, etc. Mais c’est précisément car il y a une chute des vocations que l’Opus Dei a multiplié les centres de formation. On en trouve 80 en France, une vingtaine en Belgique. Il y a une volonté de formater la jeunesse. On trouve par exemple deux résidences à Bruxelles, un à Liège, un près de Walcourt, etc. Cela représente quelques centaines de jeunes. Ce qu’on demande à ces enfants en termes de pression scolaire, d’obligations spirituelles est lourd. Or formater la jeunesse, c’est formater l’avenir.

    Au-delà des fantasmes, vous dites que le pouvoir de l’Opus Dei est surtout financier.
    L’Opus Dei est devenue aujourd’hui une multinationale financière très bien structurée. Selon ses statuts, l’Œuvre doit être « pauvre ». Or, l’Opus Dei n’ayant rien mais possédant beaucoup, il y avait une incohérence. La réponse est à chercher du côté de cette galaxie de personnes morales, d’associations, de fondations que l’Opus Dei a développée partout, en Espagne, en France, beaucoup en Suisse, mais aussi en Belgique. Ensuite, à travers ses coopérateurs, l’Opus Dei a pu engranger des sommes extraordinaires. Ces coopérateurs ne sont pas membres ; ils vivent dans la société civile, sont mariés, pères de famille, chefs d’entreprise, mais sont proches des idées de l’Opus Dei et y versent des dons.

    Vous citez les noms d’Etienne Davignon, de Maurice Lippens. Sur quoi vous fondez-vous pour soupçonner qu’ils sont des coopérateurs ?
    Dans les deux cas, je peux développer les sources et faire la démonstration. Je ne le fais pas dans ce livre car je ne voulais pas en faire un livre à scandale. J’ai beaucoup de respect pour ces deux messieurs. S’ils veulent attaquer le livre, ils peuvent le faire. Mais dans l’ouvrage, j’use du conditionnel et de beaucoup de précautions : je ne dis rien qui offre le profil d’une certitude absolue.

    Ces coopérateurs usent de leur position pour faire avancer les idées de l’Opus Dei ?
    En Belgique, l’Œuvre est présente dans le monde judiciaire, dans celui des entreprises, dans la politique aussi, mais de façon marginale, c’est-à-dire uniquement par personne interposée. Dans tous ces cas, les coopérateurs et proches de l’Opus Dei véhiculent évidemment un projet de société particulier et se servent de leur fonction pour le faire aboutir, d’une façon ou d’une autre. L’Œuvre est sortie de son rôle spirituel « pur jus » : c’est devenu une entreprise de conquête d’un pouvoir économique. J’ai chiffré les recettes de l’Œuvre à 100 millions de dollars par jour. L’Opus Dei a compris avant tout le monde que les Eglises avaient une durée de vie et qu’il fallait que l’Œuvre survive à l’Eglise. Or, dans nos sociétés de consommation, le pouvoir de demain appartient à ceux qui ont des sous. Un peu plus de la moitié des entreprises du CAC 40 sont dirigées par des proches de l’Opus Dei. L’entreprise Renault, par exemple, a toujours été dirigée par des proches, voire par des membres, dont certains ne se cachent pas.

    En Belgique, le terreau n’est pas très fertile... Vous comparez – pour mieux les opposer – franc- maçonnerie et Opus Dei. Le lobbying franc-maçon n’a-t-il pas plus de portée que le lobbying opusien ?
    On parle beaucoup de la maçonnerie comme pouvoir d’influence, mais c’est parce que les franc- maçons ne sont pas secrets (contrairement à l’Opus Dei), juste discrets. Si vous connaissiez les difficultés rencontrées par les loges pour payer les factures d’électricité, vous comprendriez qu’on est loin du grand complot mondial. L’Opus Dei, par contre, a développé des structures mondiales. Les tentatives d’être présent sur le terrain politique existent, en Belgique aussi. L’Opus Dei joue-t-il un rôle politique majeur et décisif pour autant ? Non. Mais la Belgique n’est pas une île, elle subit les influences de ses voisins. Il faut comprendre que l’Opus Dei vit dans l’intemporalité. Ils ont tout le temps. Ce qui n’est pas le cas de nos politiques. Je ne connais aucune institution qui ait une telle vision froide, sur le long terme, avec une redoutable efficacité de ramification dans tous les milieux.

    #opus_dei #argent #pouvoir #religion #Michelin #extrême_droite #sexisme #école #France #Suisse #Belgique #Espagne #finance #multinationale #Bilderberg #pouvoir-économique #cac40 #renault #secte #opus_dei #esclavage #traditionalistes

    #etienne-davignon #Commission-européenne #bilderberg #Suez-Tractebel #Brussels-Airlines
    https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89tienne_Davignon

    • Président de la Table ronde des industriels européens ( #ERT ), de l’AG et du CA de l’ICHEC Brussels Management School de la Société générale de Belgique, Union minière du Haut Katanga (UMHK), de la Compagnie maritime belge, de la Compagnie des wagons-lits, Recticel, SN Airholding.
    • Vice-président d’Accor, Arbed, Tractebel, Fortis Belgique, Umicore, Sibeka.
    • Membre du conseil d’administration de Anglo American Mining, Gilead Sciences, ICI, Pechiney, Foamex, Kissinger Associates, Fiat, Suez, BASF, Solvay, Sofina, Recticel, CMB, Cumerio, Brussels Airlines, BIAC, Petrofina, Real Software.
    • Président de l’Association pour l’union monétaire en Europe depuis 1991, de la Fondation Paul Henri Spaak et d’EGMONT.
    • Membre de la Commission Trilatérale et de la Fondation Ditchley.
    • Membre du directoire du think tank Centre for European Policy Studies.[1] [archive] Ainsi que président de Friends of Europe, un think tank influent.
    • Président du comité de direction du groupe Bilderberg de 1998 à 2010

    #Maurice-Lippens #suez #total #Bilderberg
    https://fr.wikipedia.org/wiki/Maurice_Lippens
    RAPPEL :
    https://seenthis.net/messages/137701
    https://seenthis.net/messages/628373
    https://seenthis.net/messages/407809
     
     
     
     

    https://seenthis.net/messages/665460 via BCE 106,6 Mhz


  • Marseille : Une patiente « accouche » d’un gant et de compresses oubliés par un chirurgien
    http://www.20minutes.fr/sante/2207431-20180123-marseille-patiente-accouche-gant-compresses-oublies-chiru

    Des gants et des compresses à la place d’un utérus. Le 6 avril dernier, Sylvie, 48 ans, se fait opérer à Marseille ( Bouches-du-Rhône) par le docteur Guy Achache pour une hystérectomie, une ablation de l’utérus. Dès son réveil, la patiente se plaint de fortes douleusr. Elle raconte son calvaire à 20 Minutes : « Je n’arrivais plus à uriner et j’avais une pointe du côté droit du ventre. »

    Le chirurgien ne prend pas au sérieux les douleurs dont elle souffre et ne l’ausculte pas, alors qu’elle est toujours hospitalisée. « Il m’a dit que j’étais une douillette et m’a uniquement donnée des antidouleurs », ajoute Sylvie. Jusqu’à sa sortie, elle ne subit aucune échographie, ni aucune auscultation.

    >> A lire aussi : Eure-et-Loir : Un anesthésiste reconnu responsable de la mort d’un enfant de deux ans
    « Comme si j’accouchais »

    Elle regagne finalement son domicile, et reste alitée à cause de ces fortes douleurs. Le lendemain, soit trois jours après l’opération, Sylvie commence à ressentir des contractions.

    « J’avais toujours mal, je suis allée aux toilettes et là, un gant ainsi que des compresses sont sortis dans une mare de sang. C’était vraiment comme si j’accouchais. »

    Toujours dans un état lamentable, elle retourne à la clinique. « Le chirurgien est arrivé comme si de rien n’était, comme s’il venait boire l’apéro à la maison. Il a remis la faute sur les infirmières et s’est empressé de jeter le gant et les compresses. Heureusement, mon mari avait pris une photo », ajoute Sylvie.

    La seule réponse du chirurgien, lorsque la patiente lui demande des comptes après plusieurs jours de souffrance, aurait été la suivante :

    « Si vous n’êtes pas contente, vous n’avez qu’à saisir ma compagnie d’assurances, je suis très bien assuré. »

    Et pour cause, lorsque Me Patrice Humbert, l’avocat de la patiente, contacte l’assurance, il apprend que le docteur Achache est normalement le médecin en charge des expertises.

    >> A lire aussi : Rennes : La patiente a vécu pendant neuf ans avec deux compresses dans le ventre
    « Aucun comptage des compresses »

    Sa responsabilité semble engagée, comme l’explique Patrice Humbert :

    « L’examen du dossier médical démontrera qu’aucun comptage des compresses n’a été effectué après l’intervention alors que le chirurgien disposait d’une check-list de sécurité pour éviter cette grave erreur. »

    La patiente a saisi le président du tribunal de grande instance de Marseille qui a désigné en procédure de référé un expert pour évaluer les fautes ainsi que ses préjudices. « J’espère qu’il sera puni et qu’il ne pourra jamais reproduire ce qu’il m’a fait », clame Sylvie.

    Depuis sa terrible mésaventure, elle est suivie par un psychiatre qui lui prescrit des médicaments pour pouvoir dormir et a été arrêtée près de six mois, en tout. Contacté par 20 Minutes, l’avocat de Guy Achache n’a pas souhaité s’exprimer sur le sujet.

    #violence_medicale #sexisme_medicale #maltraitance

    https://seenthis.net/messages/662647 via mad meg


  • Catherine Vidal : « Les stéréotypes de genre jouent sur l’attitude des médecins comme des patients » (L’Obs)
    https://www.nouvelobs.com/sante/20180111.OBS0488/les-stereotypes-de-genre-jouent-sur-l-attitude-des-medecins-comme-des-pat

    Les femmes vivent en moyenne plus longtemps que les hommes. Pourtant elles vivraient en moins bonne santé. Comment l’explique-t-on ?

    Cela s’explique d’abord par la précarité économique. Il faut quand même rappeler que 70% des travailleurs pauvres sont des femmes [chiffres de l’Insee, NDLR]. Elles ont des petites retraites, vivent souvent seules ou dans des familles monoparentales… Face à cette précarité, les femmes vont plus facilement renoncer aux soins.

    Cela peut aussi s’accompagner d’une mauvaise hygiène de vie, d’une consommation d’alcool, du surpoids. Ajoutez à cela le fait que les femmes sont les premières victimes de violences et d’agressions sexuelles. Ces violences se répercutent sur leur santé morale et physique. Enfin, il y a le poids des stéréotypes de genre qui influencent encore nos pratiques médicales et la recherche.

    #santé #inégalités #genre #sexisme

    https://seenthis.net/messages/659574 via Pierre Coutil